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Astrid et Raphaëlle
#104 : Chambre close

Un célèbre écrivain est retrouvé mort empoisonné chez lui. Raphaëlle est convaincue qu'il s'agit d'un meurtre. Pourtant, l'appartement est fermé de l'intérieur ! Pour résoudre ce mystère de chambre close, Astrid et Raphaëlle vont devoir ferrailler avec les personnalités hautes en couleur du monde de l'édition. Cela les amène sur la piste d'un tragique incendie qui pourrait être à la source d'une vengeance machiavélique...

Popularité


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Première diffusion
14.03.2020

Première diffusion en France
20.03.2020

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France (inédit)
Vendredi 20.03.2020 à 21:55
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Jeudi 19.03.2020 à 21:30

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Suisse (inédit)
Samedi 14.03.2020 à 23:00

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Réalisateurs : Hippolyte Dard & Elsa Bennett
Scénaristes : Alexandre de Seguins & Laurent Burtin

[Dans la cage d’escalier d’un immeuble]

*Un homme portant un sac en bandoulière monte les escaliers. Il s’arrête devant la porte d’un appartement et pose le sac par terre puis l’ouvre pour en sortir un pied-de-biche qu’il pose au sol. Il sort également un kit de crochetage de serrure et tente d’ouvrir l’appartement. Après avoir passer un certain temps à essayer de crocheter la serrure sans succès, l’homme retire le matériel de crochetage de la serrure en soupirant et essaye d’ouvrir la porte mais celle-ci ne s’ouvre pas. Il récupère alors le pied-de-biche par terre, le place dans la porte et fait levier pour l’ouvrir de force. L’homme entre dans l’appartement et passe de pièce en pièce visiblement à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un. Quand il arrive dans le salon, il voit le corps d’un homme sur le sol*

Gardien s’approchant du corps : Monsieur Francoeur ?

 

{Générique}

[Au commissariat]

Raphaëlle à un collègue qu’elle croise en arrivant : Bonjour.

Collègue 2 : Bonjour.

Raphaëlle lui répond : Ça va ? *en passant vers les bureaux d’autres collègues en allant vers les casiers* Salut les gars. Ça va ?

 

[Au commissariat – Dans la salle des casiers]

Raphaëlle : Bonjour Arthur.

Arthur refermant son casier : Bonjour Commandant.

*Raphaëlle ouvre son casier pour y mettre ses affaires et Arthur s’approche d’elle*

Arthur : Vous lui avez toujours pas dit ?

Raphaëlle : Hein ?

Arthur : À Astrid. Que vous aviez retrouvé sa mère.

Raphaëlle soupire : J-je crois que c’est pas à moi de lui dire en fait.

Arthur : Ben franchement moi j’ai l’impression que c’est ce qu’il faudrait faire mais j-je…

Raphaëlle le coupe : T’as pas envie de t’en mêler. Et t’as bien raison. Astrid a beaucoup de mal à gérer les émotions, les imprévus alors je sais pas ce qu’elle ferait de cette bombe. Et puis je suis qui moi pour entrer dans sa vie comme ça, c’est vrai quoi.

Arthur : Je sais pas… Son amie ?

*Arthur part laissant Raphaëlle réfléchir. Le téléphone de cette dernière sonne*

Raphaëlle regarde son téléphone et décroche avant de partir en direction de son bureau : Oui mon chat. *pause* Quoi ? Tu veux rester avec papa ce soir?! Mais c’était notre soirée. *pause* Un concert ? Un concert de qui ? *pause* Ah non ça me dérange pas lapin vas-y. *pause* Oui mon cœur, amuse-toi. Je t’embrasse. Bisous, je t’aime. Mwah, mwah. Bisous.

*Raphaëlle raccroche et soupire déçue que Théo ne vienne pas le soir. Le téléphone de son bureau sonne*

Raphaëlle décroche : Oui Commissaire. J’espère que c’est une bonne nouvelle parce que là je suis pas d’humeur. *pause* Oui j’arrive.

*Raphaëlle raccroche, se lève et part*

 

[Dans l’appartement de la victime]

*Raphaëlle entre dans l’appartement suivie d’Astrid. Elles observent toutes les deux l’appartement en se dirigeant vers la scène de crime*

Fournier au Commissaire à voix basse : Bon tout le labo est sur le coup, d’ici un quart d’heure maximum on s’en va hein.

Commissaire Bachert mettant fait à leur conversation en voyant Raphaëlle arriver : D’accord. Excusez-moi. *va à la rencontre de Raphaëlle* Coste.

Raphaëlle : Ah Commissaire. Aussi loin de votre bureau ?! Ça doit être vachement important.

Commissaire Bachert : C’est un suicide mais c’était une célébrité alors faut régler ça rapidement.

Raphaëlle jette un coup d’œil derrière lui puis relève la tête : Oh vous me connaissez, je suis pas du genre à chercher la petite bête. Alors, c’est qui notre VIP ?

Commissaire Bachert : Henri Francoeur.

Raphaëlle : Inconnu au bataillon.

Astrid : Henri Francoeur né le 2 octobre 1970, plus connu sous le pseudonyme d’Erik Ernest, auteur de romans dits policiers.

Raphaëlle : Ouais je le connais de nom. Je savais pas à quoi il ressemblait par contre.

Commissaire Bachert : Mouais, il était plutôt discret mais ça l’empêchait pas d’avoir du succès hein. 10 ans de carrière, 30 bouquins tous des cartons, détesté par les critiques littéraires, adulé par ses lecteurs…

Raphaëlle : C’est quand-même bizarre de se foutre en l’air quand on a un succès pareil non ?

Commissaire Bachert : Coste, vous commencez pas, hein. Il était enfermé chez lui par deux verrous intérieurs, c’est un suicide, point barre. On fait un rapport, on classe et on passe à autre chose. Ok ?

*Le Commissaire Bachert part. On voit Astrid dans le bureau observant autour d’elle*

Astrid en se penchant vers un papier au sol : Page 96.

*Astrid continue à observer et revient dans la pièce où se situe le corps*

Raphaëlle : Oui… *s’agenouille à côté du corps pour l’examiner* Ben c’est pas étonnant qu’on ait jamais vu de photo de lui.

Astrid : Il y a des traces de sang près de la bouche, les lèvres et les ongles ont tournés au rose-violet, il y a un faisceau d’indices concordants qui laisse penser que cet homme a été empoisonné au cyanure de potassium.

Fournier arrivant près des deux femmes : Bon le labo est en mode turbo hein sur ce coup-là. Votre gars a été empoisonné au KCN.

*Raphaëlle regarde Astrid surprise que le nom de poison que vient de donner Fournier soit pas celui qu’Astrid venait de citer*

Astrid : Connu aussi sous le nom de cyanure de potassium.

Fournier : Voilà. On en a retrouvé dans son sang et il y avait des résidus dans le verre qui était à côté du corps. La victime l’avait mélangé à son whisky. Et il risquait pas de se louper, il y avait une dose à terrasser un bœuf hein.

Arthur en arrivant dans la pièce : Commandant. Le type qui a trouvé le corps est dans la cuisine. C’est le gardien de l’immeuble, il est un peu sous le choc.

*Raphaëlle se relève et hoche de la tête*

Raphaëlle se tournant vers Astrid : Vous venez avec moi Astrid ?

Astrid : J-je voudrais préciser un élément avec le Docteur Fournier.

Raphaëlle à voix basse : Ménagez-le quand-même hein ?

Astrid : Je ménage le Docteur Fournier. Je me conduis même de façon pédagogique avec lui.

Raphaëlle : Oui mais… des fois, et sans le faire exprès, il vous arrive de… rabaisser un peu.

Astrid : Ah.

Raphaëlle : Faites attention.

*Raphaëlle part en direction de la cuisine*

Astrid après avoir réfléchi quelques secondes : Donc vous avez retrouvé du poison dans le verre ?

Fournier s’approchant d’elle en haussant les épaules : Ben… oui, c’est ça. Oui… Euh comme j-je vous l’ai dit à l’instant.

Astrid : D’accord. Y en avait-il dans la bouteille ?

Fournier réfléchit un instant avant de hausser les épaules une nouvelle fois : Je sais pas. Pourquoi ?

Astrid : Parce que s’il y en avait dans le verre mais pas dans la bouteille, cela signifie que le poison a été versé directement dans le verre.

Fournier : Euh… Oui, ça oui, c’est évident, oui. Ben vous pourriez être plus claire là au lieu de tourner autour du pot ?

Astrid : J’essaie de vous ménager Docteur Fournier pour que vous ne vous sentiez pas rabaissé.

Fournier : Ben merci.

Astrid : Je vous en prie. Huhu.

Fournier : Bon. Ben allez-y, à quoi vous pensez ?

Astrid : S’il y avait du poison dans le verre mais qu’il n’y avait pas de poison dans la bouteille, cela signifie que le poison a été versé directement dans le verre. Donc vous auriez dû retrouver le contenant du poison. Avez-vous retrouvé le contenant du poison Docteur Fournier ?

*Fournier marque un temps de pause puis sort son téléphone*

Fournier au téléphone : Ouais Laurent ? Ouais, c’est Fournier. Y-y avait du KCN dans le prélèvement de la bouteille ou pas ? *pause* Oui ben vérifie, vérifie, oui j’attends.

*Fournier raccroche avant de revenir vers Astrid*

Fournier : C’est en… c’est en cours… Je… Voilà, on vérifie. Rien d’autre ?

Astrid : Rien d’autre. C’est très bien Docteur Fournier.

Fournier : Merci beaucoup, ça me fait… ça me fait bien plaisir.

 

[Dans la cuisine de l’appartement de la victime]

Gardien : Je me suis tout de suite douté que quelque chose allait pas. J’ai essayé d’ouvrir, je suis aussi serrurier mais y avait les deux verrous à l’intérieur alors…

Raphaëlle : Pourquoi il s’enfermait comme ça ?

Gardien : Pfff… C’était un drôle de type… euh… il était à moitié agoraphobe. Il mettait pratiquement jamais les pieds dehors. Remarquez, vu les traces sur son visage… c’est compréhensible. En plus, il avait du mal à marcher, il était handicapé, hein.

Raphaëlle : Vous savez ce qui lui est arrivé ?

Gardien : Non. Il m’en a jamais parlé hein…

Raphaëlle : Il recevait des visites ?

Gardien : Quasiment pas. Monsieur Francoeur avait même refusé une infirmière alors qu’il y avait droit. Il préférait galéré tout seul que laisser quelqu’un rentrer chez lui.

Fournier arrivant dans la cuisine et se raclant la gorge : Commandant, je crois qu’on a un problème…

 

[Au commissariat – Dans le bureau du commissaire]

Commissaire Bachert en regardant le rapport de Fournier : Et vous n’avez rien retrouvé qui aurait pu contenir ce foutu poison ?

Fournier : Non rien du tout Commissaire. Et les gars de l’IJ ont passé l’appart au peigne fin.

Raphaëlle : Bon. Ce poison il est pas arrivé par miracle dans le verre hein. Si Francoeur l’avait versé lui-même, on aurait retrouvé le contenant, c’est que quelqu’un d’autre l’a versé et est reparti avec le flacon.

Astrid secouant la tête : Hun hun.

*Le Commissaire Bachert regarde Fournier pour avoir sa confirmation*

Fournier : Hum hum.

Commissaire Bachert : Ok. Et comment ce quelqu’un serait parvenu à sortir d’un appartement fermé de l’intérieur ?

Astrid : C’est un mystère de chambre close. C’est une figure classique du roman à énigme quand-même.

Commissaire Bachert : Sauf que là on n’est pas dans un polar, alors je vous laisse jusqu’à ce soir pour trouver quelque chose de plus solide.

*Le Commissaire tend le dossier à Fournier*

Fournier en récupérant le dossier : Merci.

Commissaire Bachert : Jusqu’à preuve du contraire, c’est un suicide.

Astrid : Hum hum.

*Le commissaire s’assoit, Raphaëlle sort du bureau suivie par Astrid puis Fournier*

 

[Chez Michel]

*Raphaëlle ouvre la porte, rentre et tient la porte à Astrid qui rentre à son tour*

Raphaëlle : J’ai prévenu les autres, ils vont nous rejoindre après.

*Astrid semble mal à l’aise*

Raphaëlle : Vous inquiétez pas Astrid, à cette heure-ci on est certaines d’être tranquilles et Michel ne met jamais de musique dans son bar. Vous voyez, c’est un peu comme ma salle du papier à moi. C’est un endroit qui m’aide à réfléchir. *s’arrêtant au bar* Ça va Michel ?

Michel : Ça va.

Raphaëlle : Tu me mets comme d’hab.

Michel : Hum.

Raphaëlle se retournant vers Astrid : Qu’est-ce que vous voulez boire Astrid ?

Astrid : Un verre d’eau.

Raphaëlle se retournant la tête vers Michel : Et un verre d’eau.

Michel : Un verre d’eau.

Astrid : Minérale.

Raphaëlle : Minérale.

Michel : Minérale.

Raphaëlle à Astrid en se dirigeant vers une table : Vous avez l’air d’en connaitre un rayon sur les polars vous ?

Astrid la suivant : Je préfère les appeler romans à énigmes. *Raphaëlle l’invite à s’assoir sur une banquette à une table* C’est chercher à résoudre l’enquête avant le protagoniste qui m’intéresse.

*Elles s’assoient l’une en face de l’autre*

Raphaëlle : Oui donc les histoires d’amour impossible euh… les destins de femmes fortes et indépendantes, tout ça, ça… vous intéresse pas du tout.

Astrid : Pas du tout. Quand j’ai trouvé la solution, je referme le livre ou quand l’auteur triche. J’aime être à égalité avec l’enquêteur quand je joue. Hum.

Raphaëlle : Quand vous jouez ?

Astrid : Oui.

Raphaëlle : C’est comme des puzzles pour vous ?

Astrid : Exactement. Et les enquêtes d’Erik Ernest sont particulièrement rigoureuses et complexes. Je les ai tous lus. En entier.

Raphaëlle : Va falloir quand-même me dire un jour d’où ça vous vient cette passion pour les puzzles.

*Michel arrive avec leur commande. Raphaëlle lui fait signe de tête pour le remercier*

 

[Flashback – Dans la chambre de l’appartement d’Astrid et son père]

*Astrid est en train de s’intéresser à une sorte de boîte en bois*

Angus : Ça t’intéresse ? On appelle ça un himitsu-bako, c’est japonais. *pause* C’est une boite à secret. *pause* Et pour l’ouvrir il faut que tu fasses une série de manipulations… le mécanisme est caché. Tiens je vais te montrer.

*Angus tend la main pour récupérer la boîte des mains d’Astrid mais elle se détourne pour garder la boîte*

Angus : Tu sais Astrid… Ça peut prendre des heures à des grandes personnes pour trouver comment ouvrir ce truc, t’es certaine que tu veux pas que je t’aide ?

Astrid (jeune) : Je vais le faire toute seule. Toute seule.

*Angus hoche la tête et sort de la chambre, laissant Astrid essayé d’ouvrir la boîte*

 

[Fin du flashback – Retour au présent Chez Michel]

*Nicolas et Arthur arrivent*

Nicolas : Salut.

Raphaëlle : Tiens !

Nicolas en lève sa veste et la met sur le dossier de sa chaise : Bon. J’ai reconnu le mode opératoire. C’est un coup Dutilleul c’est sûr.

Arthur s’assoit : Dutilleul ? Attendez on a un suspect ? T’as fait des recherches dans le fichier ?

Nicolas : Non, non Arthur. Dutilleul c’est le nom du Passe-Muraille de Marcel Aymé. *Arthur tend le bras sur le dossier de la banquette et donc derrière Astrid* Parce que ton suspect à part traverser les murs, je-je la trouve un peu tirée par les cheveux ton histoire. *Astrid se retourne pour regarder la main d’Arthur dans son dos* Francoeur était enfermé chez lui à double tour.

Raphaëlle : L’assassin a pu sortir entre le moment où il a empoisonné sa victime et le moment où le poison a fait son effet.

Astrid : Impossible. Le cyanure de potassium a un temps de latence très court, quelques secondes à peine.

Raphaëlle : Y a forcément une explication sensée. Doit y avoir une autre sortie dans cet appart.

Astrid : Encore impossible. *sort un document d’une pochette* Je me suis procurée les plans de l’appartement et les plans de l’immeuble, tout correspond. Pas de place pour une double cloison ou pour un passage secret d’aucune sorte.

*Nicolas tend le bras pour récupérer le plan*

Arthur : Dans ce cas-là, le coupable aurait pu mettre le poison dans le verre et sortir avant que Francoeur ne le boive.

Nicolas : J’y ai pensé mais ça colle pas. Le gardien a fait le tour des locataires dans la cage d’escaliers pendant au moins une heure *Astrid récupère le document* il l’aurait vu.

Astrid : L’auteur John Dickson Carr a recensé 7 types de solutions différentes aux mystères de chambres closes. 1. Le meurtre a été commis à l’aide d’un dispositif mécanique dissimulé. 2. On pense que la victime est morte dans la chambre close mais elle est encore vivante. 3. On pense qu’il s’agit d’un meurtre mais il s’agit d’une série de coïncidences qui laisse penser à un meurtre. 4. On pense qu’il s’agit d’un…

Nicolas la coupe : Oui bon c’est bon, on a compris l’idée.

Astrid : Je n’ai pas terminé.

Nicolas : En tout cas, si coupable il y a, il est forcément rentré dans l’appartement à un moment ou à un autre.

Raphaëlle : L’éditeur des livres d’Erik Ernest, Paul Junot. D’après le gardien, c’était une des seules personnes à lui rendre visite. On peut peut-être commencer par là.

Nicolas à Arthur : Tu veux un café ?

Arthur : Ouais.

Nicolas se tournant vers le bar : Deux cafés Michel s’te plait.

 

[Au commissariat – Au bureau de Raphaëlle]

*Paul Junot est assis en face de Raphaëlle*

Raphaëlle : Qu’est-ce que vous pouvez me dire sur lui ?

Junot : Pas grand-chose. Je passais une fois par mois pour régler les affaires courantes. Il m’a jamais parlé de sa vie privé hein.

Raphaëlle en montrant son visage : Même pas de ce qu’il lui est arrivé pour euh… si marqué ?

Junot : Ah bah je connaissais la légende mais… Il aurait été blessé lors d’un incendie où aurait péri son amour de jeunesse alors ça l’aurait rendu agoraphobe. Ça a nourri son œuvre aussi. Mais… pfff… j’ai jamais su ce qui était vrai en fait.

Raphaëlle : Romanesque en tout cas. Et dans son comportement au quotidien, vous avez noté des choses… qui sortaient de l’ordinaire ?

Junot : Ben tout sortait de l’ordinaire chez lui. C’était un génie, avec toutes les bizarreries que ça comporte hein. Il écrivait sur une très vieille machine à écrire, uniquement là-dessus. Et il écrivait d’un trait, sans jamais se relire. Puis alors il fallait lui verser ses droits d’auteurs sur un compte en banque offshore, loin. Il n’aimait que le whisky écossais. J’ai eu la mauvaise idée un jour de lui offrir, je voulais lui faire plaisir, une bouteille de bourbon très bonne. Il s’est foutu dans une colère noire, il me l’a jetée à la gueule. C’était un personnage hors norme.

 

[Au commissariat – Dans la salle de repos]

*Nicolas se sert un café*

Nicolas en allant vers la table où se trouve Astrid et Raphaëlle : Je commence à mieux comprendre le pseudo d’Henri Francoeur.

Raphaëlle mange un biscuit : Erik Ernest ?

*Astrid part à son tour se servir*

Nicolas : Erik c’est le nom du fantôme de l’opéra, Ernest c’est celui d’un pianiste dont Gaston Leroux a dit s’être inspiré. Défiguré dans un incendie d’une salle de spectacle dans lequel une danseuse dont il était follement amoureux avait perdu la vie.

Raphaëlle toujours en train de manger son biscuit : Hum… Ça ressemble vachement à la légende de Francoeur ça.

Nicolas : Hum.

Raphaëlle : Bon, reste à savoir si elle est vraie.

Astrid : Si cela c’est réellement produit, je trouverai une trace à la documentation criminelle. Il y a toujours une trace.

*Le téléphone de Raphaëlle sonne*

Raphaëlle regardant le message : Ce sera pas pour tout de suite. Fournier veut me voir et il insiste pour que vous veniez avec moi.

*Nicolas part pour retourner se mettre au travail*

Astrid : Ah.

Raphaëlle en partant à son tour : Qu’est-ce qui mijote encore celui-là ?

*Astrid pose sa tasse sur la table, prend un gâteau puis suit Raphaëlle*

 

[À l’institut médico-légal]

*Astrid et Raphaëlle sont assises dans le bureau de Fournier*

Fournier récupérant un dossier avant de venir s’assoir en face d’elles : Alors suite à votre remarque, je me suis demandé comment le poison avait pu se déposer dans le verre de Francoeur. Alors j’ai cherché des traces de poison sur les mains de la victime. Et j’en ai trouvé sur le pouce et sur l’index.

Raphaëlle : Et ?

Fournier : Et ben ils ont dû se déposer quand Francoeur tenait le flacon. Alors je suis désolé Mademoiselle Nielsen hein, on n’a peut-être pas trouvé le flacon du poison mais c’est bien Francoeur qui a versé lui-même le poison dans son verre. C’est un suicide, CQFD.

Astrid secouant la tête : Hun hun. Ce n’est pas logique. Vous auriez dû retrouver le contenant du poison.

Raphaëlle : Mais on a la preuve qu’il en avait sur les doigts donc… Ou alors c’est qu’il y a jamais eu de contenant.

Astrid en faisant semblant de tenir quelque chose entre son pouce et son index : Impossible. Le cyanure de potassium ne se présente sous aucune forme suffisamment solide pour être manipuler tel quel… *regarde ses doigts* Ah. *Raphaëlle et Fournier la regarde étrangement ne comprenant pas ce qu’elle venait de trouver* Sauf…

Raphaëlle en pointant les doigts d’Astrid : Sauf si on l’a rendu solide.

Astrid : Exactement. Huhu… Bravo.

 

[Au commissariat – Dans le bureau du commissaire]

*Le Commissaire est debout et jette un bac à glaçons emballé dans un sac à preuve sur son bureau*

Commissaire Bachert se rapprochant de Raphaëlle : Un bac à glaçons ? Vous deviez me voir en urgence pour me montrer un bac à glaçons.

Raphaëlle : Pas n’importe quel bac à glaçons. Celui qui était dans le congélateur de Francoeur et dans lequel l’IJ vient de trouver du cyanure.

Commissaire Bachert : Il aurait empoisonné son whisky avec un glaçon au cyanure ?

Raphaëlle : Non. Il savait pas que le glaçon était empoisonné. Henri Francoeur a été assassiné.

 

[Au commissariat – Aux bureaux d’Arthur et Nicolas]

*Arthur est en train d’effectuer des recherches sur son ordinateur*

Raphaëlle : Le cyanure pouvait être là depuis des semaines. Du coup on peut pas savoir à quel moment l’assassin est passé dans l’appartement. T’as avancé sur le compte offshore dont l’éditeur nous a parlé ?

Arthur : Ouais, c’est mort. On aura aucune info, même avec un mandat d’arrêt international. La joie des paradis fiscaux…

Raphaëlle soupire : Et merde.

Arthur en prenant un document qu’il tend à Raphaëlle : Sauf que j’ai autre chose. Francoeur a ouvert un compte dans une banque bien française, il y a 2 mois. *Raphaëlle prend le document* Il l’a ouvert avec un sacré versement.

Raphaëlle : Et beh… C’est un mobile autant de fric. Même moi j’aurais pu tuer pour une somme pareille. *Arthur rit* Et elle vient d’où cette fortune ?

Arthur : C’est là que ça devient intéressant. C’est un virement de Paname, la grosse maison d’édition. Je les ai contactés et ils ont versé cette somme suite à la signature d’un très gros contrat. Ils avaient acheté le prochain Erik Ernest.

Raphaëlle : C’est une commande. Et ben j’en connais un qui a pas dû aimer se faire chourer son poulain.

 

[Au service de documentation criminelle]

*Astrid se dirige vers son bureau, un carton de dossier dans les mains*

Gaillard assis sur le bureau d’Astrid : J’ai fait le nécessaire pour t’obtenir une accréditation temporaire. Tu pourras faire ta recherche.

Astrid : Merci beaucoup.

Gaillard : Es-tu certaine que ce que tu cherches se trouve dans ce département ? Ils ne gardent là-bas que des pièces administratives. Il n’y a aucune affaire criminelle.

Astrid : Pas d’affaire criminelle. Je cherche des renseignements sur un accident. Un incendie.

Gaillard : Hum.

Astrid : V-vous êtes assis sur mon bureau.

 

[Au commissariat – En salle d’interrogatoire]

Raphaëlle se rapprochant de Junot après un long moment de silence : Ça a dû vous faire mal de découvrir qu’il vous avait trahi.

Junot : Mais j’étais au courant de rien.

Raphaëlle s’assoit : Quand Erik Ernest vous envoie son premier manuscrit, il est personne mais vous acceptez de le publier avant même de le rencontrer.

Junot : Allez, arrêtez.

Raphaëlle : Et puis, vous rencontrez l’homme derrière le pseudo. Henri Francoeur vit recru, il est difficile mais vous grandissez ensemble. Il a peut-être le talent mais c’est vous qui en faites une star. Il veut pas sortir de chez lui ? Très bien, autant en faire un mythe. Les journaux vont adorer et le mystère va contribuer à la légende d’Erik Ernest.

Junot : Vous ne savez pas ce que ça représente comme sacrifice.

Raphaëlle : Et puis, il vous lâche. Il profite de la notoriété que vous lui avez donné pour se vendre une fortune à votre concurrent, un puissant. Tout ce que vous n’êtes pas.

Junot : Ouais, c’est vrai. Quand j’ai vu qu’il avait signé un livre avec Paname sous le nom d’Erik Ernest, ça m’a dégouté, ça m’a rendu fou. Mais je l’aurais pas tué. Ça me rapporte quoi à moi qu’il soit mort ? J’ai pensé que ça serait une passade et qu’il reviendrait très vite bosser avec nous.

Raphaëlle : Malheureusement, vous étiez le seul à lui rendre visite. Et puis vous avez un mobile.

 

[Au service de documentation criminelle]

*Astrid et Raphaëlle circulent entre les étagères de dossiers*

Raphaëlle : Tout accuse l’éditeur mais je suis à peu près certaine que c’est pas lui. Francoeur l’avait fait cocu mais Junot l’aimait encore ça se voit.

Astrid : Ce n’est jamais le premier suspect.

Raphaëlle : Quoi ?

Astrid : Le premier suspect n’est là que pour détourner l’attention.

Raphaëlle : Comment ça ?

Astrid : Dans les livres d’Erik Ernest, tout l’art de l’énigme est de détourner l’attention du lecteur, de brouiller les pistes.

Raphaëlle : En tout cas, moi j’ai rien trouvé sur l’accident de Francoeur.

Astrid : C’est normal, il n’y a pas eu d’enquête.

Raphaëlle : Ah oui ?

Astrid : Mais j’ai trouvé autre chose. Un rapport d’intervention de la brigade des sapeurs-pompiers de la ville de Bourg d’Oisans dans les Alpes datant du 12 décembre 1987. Un chalet qui hébergeait des saisonniers de l’Alpe d’Huez a été détruit dans un incendie. Henri Francoeur comptait parmi les victimes.

Raphaëlle : Y a pas eu de morts ?

Astrid : Un seul décès, celui d’une jeune femme Sophie Nobel. Peut-être le grand amour de la légende.

Raphaëlle : Attendez, il y a eu un décès mais il y a pas eu d’enquête. Vous êtes sûre de vous ?

Astrid : Absolument. Il y a une autre personne qui a été blessée mais elle n’a été touchée que très superficiellement. Un certain Alain Lamarck. Tout est là. *Astrid ouvre le dossier qu’elle tient dans les mains*

 

[Au commissariat]

*Nicolas est en train de lire un tapuscrit quand Raphaëlle arrive suivie d’Astrid*

Raphaëlle voyant le tapuscrit dans les mains de Nicolas : Ce sont les papiers qui étaient chez la victime ça ?

Nicolas se lève de sur son bureau : Ouais. On espérait trouver une trace du livre promis à Paname.

*Nicolas repose les feuilles en tas sur son bureau*

Raphaëlle : Et alors ?

Nicolas : Alors, on a 4 manuscrits.

Raphaëlle : Tapuscrits.

Nicolas : Hein ?

Raphaëlle : Manuscrit c’est quand c’est écrit à la main, tapuscrit c’est quand c’est tapé à la machine. Pas vrai Astrid ?

Astrid : Exactement Commandant Coste.

Nicolas : Ok. Bon en tout cas on a 4…

Astrid : Tapuscrits.

Nicolas : … euh tapuscrits qui sont 4 romans édités chez Junot ces dernières années sous le pseudo d’Erik Ernest. *prend un sac à preuve contenant une page de tapuscrit* Mais il y avait ça. C’était la seule page isolée.

*Raphaëlle prend le sac à preuve*

Astrid : La page 96.

Raphaëlle : C’est une des pages du livre promis à Paname ?

Nicolas : C’est probable, ce qui chargerait encore plus l’éditeur. *Raphaëlle tend le sac à preuve à Astrid pour qu’elle puisse l’examiner* Junot l’aurait tuer pour piquer son manuscrit pour pouvoir l’éditer chez lui.

*Astrid lit la page*

Raphaëlle : Ouais mais pour éditer un bouquin, il suffit pas de l’avoir, il y a des contrats pour ça. *en partant vers son bureau* Tu demandes à Arthur de creuser sur les autres victimes.

Nicolas : Hum hum.

Raphaëlle : Y a Sophie Nobel, la jeune femme qui est morte dans l’incendie et y a un autre type euh… comment il s’appelle… *à Astrid* comment il s’appelle déjà ?

Astrid : Alain Lamarck…

Raphaëlle : Voilà.

Astrid : … caucasien, né le 24 janvier 1967.

Nicolas : Vous plaisantez ?

Astrid : Non.

Raphaëlle : Non.

Nicolas : Lamarck ? Vous connaissez pas Alain Lamarck, l’écrivain ?

Raphaëlle : Non.

Nicolas : Euh… L-l-la *claque des doigts quand le nom lui revient* Montagne d’Adam ! Ça vous dit rien ?

Raphaëlle : Non.

Nicolas : C’est son dernier bouquin. Il a défrayé la chronique dans les milieux littéraires.

Raphaëlle : C’est pas vrai ?!

Nicolas : Non, mais ce bouquin est incroyable. C’est la chronique crue d’une passion qui mène inexorablement à la folie. C’est bouleversant. Lis-moi ça Raph.

Raphaëlle : Ah ouais, ouais, j’adore moi ça en plus. Bon ben on va lui rendre une petite visite. Francoeur et lui étaient dans le même incendie, ils sont peut-être restés en contact. J’ai l’adresse Astrid on y va.

*Raphaëlle se lève et part. Astrid ne semble pas savoir quoi faire de la preuve qu’elle a toujours dans les mains et finit par la poser sur le bureau de Raphaëlle avant de suivre cette dernière*

 

[Chez Alain Lamarck]

*Astrid et Raphaëlle sont dans le jardin et se dirigent vers la porte d’entrée. Arrivées devant la porte, Raphaëlle sonne et essaye de regarder à l’intérieur pour voir si quelqu’un arrive. Quand elle voit Alain Lamarck arriver, elle lui fait signe de la main. Lamarck ouvre la porte*

Raphaëlle : Monsieur Lamarck ?

Lamarck : Oui. Qui vous a autorisé à rentrer chez moi ?

Raphaëlle : Le portail était ouvert. On aimerait vous poser quelques questions.

Lamarck : Attendez, si c’est pour une interview, vous faites comme tout le monde, vous passez par mon bureau de presse.

Raphaëlle : Oui, ben j’y penserai plus tard, merci. *sort sa carte* Commandant Coste, brigade criminelle. Vous avez revu Henri Francoeur depuis l’incendie des Alpes ?

Lamarck : Mais de quoi vous me parlez là, l’incendie des Alpes, c’était y a un siècle.

Astrid : Non. C’était le 12 décembre 1987.

Raphaëlle : Monsieur Lamarck. Henri Francoeur est mort.

Lamarck se décalant pour les laisser passer : Entrez, entrez.

*Astrid et Raphaëlle entrent et Lamarck referme la porte derrière elles*

 

[À l’intérieur de la maison d’Alain Lamarck]

*Lamarck est assis sur un canapé, il a l’air sous le choc*

Lamarck : C’est épouvantable. J’arrive pas à y croire. Henri était comme mon frère.

Raphaëlle : Votre frère ?

Lamarck : Après l’horreur qu’on a traversée, vous imaginez. On était déjà amis avant l’incendie, ça… ça nous a énormément rapprochés.

Astrid en montrant une photo : Cette photo. Il y avait la même chez Henri Francoeur. Là.

*Raphaëlle s’approche pour prendre le cadre et regarder la photo*

Lamarck : Elle a été prise dans les Alpes. *se lève et va jusqu’à son bureau à l’autre bout de la pièce* On bossait comme saisonniers. Henri était solaire à l’époque. Je dirais heureux même. Il a jamais encaissé la mort de Sophie, ç-ça l’a détruit.

Raphaëlle montrant la photo : Sophie ? Sophie Nobel ?

Lamarck : Ouais.

Raphaëlle : La jeune femme qui est morte dans l’incendie. C’était pas une légende.

*Astrid explore la pièce*

Lamarck : On se retrouvait chaque hiver. Henri l’aimait comme on aime à cet âge. On s’imagine que c’est pour la vie.

Raphaëlle : Vous vous voyiez souvent ?

Lamarck : Aussi souvent que possible, c’est-à-dire pas beaucoup. Vous savez je suis-je suis très sollicité et Henri était pas très sociable.

*Astrid remarque les nombreux livres signés Erik Ernest possédés par Lamarck et la machine à écrire de Lamarck*

Raphaëlle : Il vous avait parlé d’un bouquin en préparation ? On a retrouvé une page de tapuscrit isolée chez lui.

Lamarck : Non, non non, du tout. On parlait de tout mais jamais de notre travail. Le simple fait d’être ensemble nous suffisait. On… on se ressemble énormément.

Raphaëlle : Hum hum. Si ce n’est qu’il était boudé par les critiques, et vous par le public. Oui, je me suis renseignée avant de venir. J’ai l’impression que vos bouquins se vendent pas très bien contrairement aux siens.

Lamarck se lève et s’approche de Raphaëlle : Les siens se vendent dans les supermarchés, voilà sa clientèle. Henri écrivait des romans de gare, si tôt lus, si tôt oubliés. Moi j’écris pour laisser une trace.

Raphaëlle : Excusez-moi je voulais pas vous vexé.

Lamarck : J’ai toujours privilégié la qualité à la quantité. C’est la même chose avec le vin. Vous avez les vins de table ordinaires et puis des choses plus… *frottent ses doigts entre eux* … plus subtiles. Les grands crus.

Raphaëlle : Vous écrivez des grands crus.

Lamarck se déplace vers son bureau pour prendre 2 copies de son livre : Je vais vous l’offrir. *tend une copie à Raphaëlle puis l’autre à Astrid* Vous jugerez sur pièce.

Astrid en prenant le livre : Merci beaucoup, c-c’est un grand plaisir.

*Astrid commence à lire le résumé*

Lamarck : L’affection que j’avais pour Henri était profonde, sincère. On faisait simplement pas le même métier. Maintenant si vous avez pas d’autres questions, je vous retiens pas. Je suis fatigué, j’ai du travail.

*Lamarck part en direction de la sortie suivi par Raphaëlle alors qu’Astrid est occupée à lire les premières pages du livre*

 

[À l’extérieur de la maison d’Alain Lamarck]

*Astrid et Raphaëlle sont sur le seuil*

Lamarck avant de fermer la porte : Mesdemoiselles.

*Astrid et Raphaëlle partent, chacune son livre dans les mains*

Raphaëlle : Je le sens pas ce type. *regarde le livre*

Astrid : Est-ce que dévaloriser un témoin en lui parlant de ses mauvaises ventes n’est pas inconvenant socialement ?

Raphaëlle relève la tête : Ah mais j’ai fait exprès.

Astrid : Ah. *Raphaëlle feuillette le livre* Pour quelles raisons ?

Raphaëlle : Ben… Pour savoir à qui j’avais à faire. Et maintenant je connais son point faible. C’est l’orgueil.

*Le téléphone de Raphaëlle sonne. Elle le sort pour regarder le message. Lamarck les observe depuis une fenêtre*

Raphaëlle : Oh non… Théo devait venir à la maison ce soir, ça fait 2 jours que j’attends ça et-et son père l’achète avec des conneries de places de concert… Maintenant je me retrouve toute seule. Pfff…

Astrid : Pourquoi me dites-vous cela ? Est-ce que ça a un rapport avec l’enquête ?

Raphaëlle : Ben non non, j-je vous dis ça comme ça. Pardon, je voulais pas vous ennuyer.

Astrid : Je ne peux rien faire pour vous aider. Je ne connais même pas le père de Théo.

Raphaëlle : Pardon, j’ai besoin de me confier.

Astrid : Pourquoi ?

Raphaëlle s’arrête : Pourquoi quoi ?

Astrid : Pourquoi avez-vous besoin de vous confier ?

Raphaëlle : Mais je-je sais pas Astrid. Parce que… parce que… parce que je vous fais confiance.

Astrid : Ah. Très bien. *pause* Au revoir Commandant.

*Astrid part*

Raphaëlle : C’est fou cette manie de planter les gens comme ça en pleine conversation… C’est… *regarde Astrid s’éloigner* … complètement insensé ça.

*Raphaëlle va vers sa voiture, l’ouvre, jette le livre sur le siège passager et monte*

 

[À l’atelier d’Aptitude Sociale]

William : C’est ce que font tous les neurotypiques. Ils parlent d’eux-mêmes pour établir un contact.

Max : C’est absurde. Je vois pas l’intérêt.

Alice : Moi je comprends. J’arrive pas toujours à avoir la réponse adéquate mais quand mes amis neurotypiques le font, je les laisse faire.

Max : E-et comment répondre ?

William : Peut-être en se confiant à son tour non ?

Astrid : En se confiant à son tour… C’est que moi je suis plus à l’aise quand on parle de l’enquête. C’est plus logique.

Alice : Vous enquêtez sur quoi cette fois-ci ?

Astrid : Je n’ai rien le droit de dire.

Max : Allez, Astrid. On répétera rien.

Astrid : Je n’ai rien le droit de dire.

Alice : C’est ton intérêt spécifique, ne me dis pas que t’as pas envie d’en parler.

Astrid : Mais je n’ai pas le droit. *pause* Cela dit, nous avons tous signé un accord stipulant que ce qui se disait ici ne devait pas en sortir.

Max : Ben oui.

Astrid : Alors…

William : Alors ?

 

[Chez Raphaëlle]

*Raphaëlle joue avec les grains de riz du plat préparé qu’elle a fait réchauffer*

Raphaëlle au téléphone : Oui, oui ça va être super. *pause* Ben oui oui. *pause* Mais non ! T’inquiètes pas pour moi. Attends. Ouais, je vais sortir… Je vais boire des coups avec des collègues, rentrer à pas d’heure. Tu me connais. *rit* Oui, je me suis fait à manger. *pause* Mais ça va me faire du bien de passer une soirée sans enfant, tu sais. *pause* Ok mon cœur. *pause* Oui. *pause* Moi aussi. Je t’aime. Mwah.

*Raphaëlle raccroche et pose son téléphone sur la table. Elle regarde son plat, regarde autour d’elle puis son regard tombe sur le livre de Lamarck. Elle le prend et commence à le lire*

 

[Au service de documentation criminelle – Dans la salle du papier]

*Astrid écoute de la musique classique tout en observant les 5 documents déposés sur le sol devant elle*

 

[Flashback – Dans la chambre de l’appartement d’Astrid et son père]

*Astrid est en train d’essayer de résoudre l’himitsu-bako*

Angus vient jusqu’à Astrid un verre d’eau à la main : Astrid. T’as rien mangé depuis hier. *pause* Faut que tu passes à autre chose. Ç-ça devient une obsession cette boîte. *prenant la boîte des mains d’Astrid* Bon allez, arrête.

*Astrid commence à secouer ses mains maintenant vides et à respirer fort. Elle s’allonge les mains sur la tête et se balance*

Angus essayant de la maintenir sur le lit : Astrid arrête. Arrête, arrête.

*La crise d’Astrid ne s’arrête pas*

Angus prend l’himitsu-bako et le tend à Astrid : Tiens. Astrid, Astrid.

*Astrid prend la boîte et commence à se calmer en recommençant à chercher le mécanisme d’ouverture*

Angus : Laisse-moi au moins t’aider.

*Astrid pousse une partie de la boîte, commençant ainsi à l’ouvrir*

 

[Fin du flashback – Retour au présent dans la salle du papier]

*Astrid semble avoir trouvé quelque chose et prend un des documents*

 

[Au service de documentation criminelle – Au bureau d’Astrid]

*Raphaëlle est assise à côté d’Astrid et regarde les dossiers présents sur le bureau*

Astrid : Je pense qu’il y a un lien entre la page 96 et l’incendie. La page isolée qu’on a retrouvé chez Francoeur, je pense qu’elle fait référence à l’incendie du 12 décembre 1987.

Raphaëlle : Francoeur écrivait un livre sur son accident ?

Astrid : Il y a un faisceau d’indices concordants qui le laisse penser. Sur la page 96, il y a un nom qui a attiré mon attention, Monsegny. De Monsegny, pour être plus précise. Ce nom ne figure pas dans le rapport d’intervention des sapeurs-pompiers mais en approfondissant mes recherches, j’ai découvert qu’il s’agissait du propriétaire du chalet qui a brûlé.

Raphaëlle : Vous avez eu une soirée bien productive.

Astrid : Hum hum.

Raphaëlle : Et ben moi j’ai lu les deux premiers chapitres du livre d’Alain Lamarck, La Montagne d’Adam. J’ai pas vraiment réussi à rentrer dedans.

Astrid : Rentrer dedans ?

Raphaëlle : Oui, pardon. Ça m’a pas beaucoup intéressée.

Astrid : Ah. Bien sûr.

Raphaëlle : Vous avez commencé à le lire vous aussi ?

Astrid : Je l’ai terminé. Cette nuit après ma découverte, je n’ai pas réussi à dormir.

Raphaëlle : C’est vexant. J’ai à peine commencé les deux premiers chapitres et vous, vous venez de le terminer. Vous n’avez rien manqué. C-c’est extrêmement ennuyeux. C’est l’histoire d’un garçon qui aime une fille qui ne l’aime pas. Elle lui dit dès le début, elle est très clair, pourtant le garçon s’obstine tout le livre. C’est absurde.

Raphaëlle : Ah… ça arrive parfois. L’amour c’est un sentiment… compliqué.

Astrid : Non. Il l’aime, elle ne l’aime pas, tout est dit dans les premières pages. Aucun mystère, aucune énigme.

Raphaëlle : Bah euh… Pourquoi vous l’avez lu jusqu’au bout alors s’il y avait aucune énigme à résoudre ?

Astrid : Parce qu’en fait il y en avait une… Huhu. Je voulais essayer de comprendre pourquoi Henri Francoeur avait écrit un tel ouvrage, c’est si différent de ce qu’il écrivait sous le pseudonyme d’Erik Ernest.

Raphaëlle : Attendez, attendez, je suis perdue là. Euh… La Montagne d’Adam, c’est Lamarck qui l’a écrit ?

Astrid : Non. C’est indiscutable. Il y a les mêmes schémas d’écriture et les constructions syntaxiques sont identiques, c’est comme une empreinte digitale. Sur la couverture, il y a le nom Lamarck mais La Montagne d’Adam a été écrite par Henri Francoeur.

 

[Au commissariat]

*Arthur est assis à son bureau et fait tourner son surligneur dans sa main avant de surligner quelque chose sur le document devant lui*

Astrid : Je ne comprends toujours pas en quoi cela peut constituer un mobile de meurtre.

Raphaëlle : Mais si Astrid, si. Francoeur débitait du roman de gare au kilomètre. Quand il a voulu faire publier son livre « sérieux », les éditeurs ont dû lui rire au nez. Pour eux, il était Erik Ernest, un auteur bas de gamme.

Nicolas : Il aurait demandé à Lamarck d’être son prête nom. Peut-être pour se moquer un petit peu des milieux littéraires. Comme Romain Gary qui l’a fait avec son neveu Paul Pavlowitch a qui il a demandé d’incarner son Émile Ajar.

Raphaëlle : Sauf qu’on peut imaginer que lorsque Francoeur a voulu révéler la supercherie, Lamarck s’était habitué à son rôle d’auteur génial. Il a pas voulu lâcher le costume. Il l’aurait tué pour préserver le secret et continuer à profiter du succès en toute tranquillité. Ça se tient ça non ?

Nicolas : Seulement, il nous manque un élément pour étayer cette hypothèse. *pause* Astrid, je veux pas remettre en cause votre analyse mais le Commissaire va vouloir des choses concrètes, pas seulement deux écritures similaires.

Astrid : Identiques. Deux écritures identiques.

Arthur tenant un document devant lui : Ah et ben voilà, merci Arthur !

Raphaëlle : Qu’est-ce qu’il y a ?

Arthur : Je suis en train de regarder un truc qui va vous plaire là. Le compte en banque sur lequel Lamarck fait virer ses droits d’auteur par sa maison d’édition.

Raphaëlle : Un compte off-shore comme Francoeur ?

Arthur : Encore mieux. Le même compte off-shore.

 

[Au commissariat – En salle d’interrogatoire]

*Lamarck est assis et regarde la table devant lui. Raphaëlle est debout sur le côté*

Lamarck : Henri m’a parlé de son plan il y a 2 ans, j’ai pas pu refuser.

Raphaëlle commence à marcher passant ainsi derrière Lamarck : Pourquoi ? Pour l’argent ?

Lamarck : Non pas seulement. Je l’ai fait pour lui.

Raphaëlle : Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Lamarck : Henri écrivait sous le nom d’Erik Ernest depuis des années. Quand il a écrit un livre plus personnel, personne n’en a voulu. Alors il a eu l’idée de le publier sous mon nom et là c’est… c’est devenu un classique, 5 prix littéraires.

Raphaëlle étant revenue sur ses pas : Oui, ça je l’avais deviné. Non, ce que je veux savoir c’est ce qui s’est passé quand il a voulu révéler la supercherie.

Lamarck regardant Raphaëlle : Mais il voulait pas la révéler. Vous comprenez pas. La seule chose qui comptait pour lui, c’était l’écriture. Il vivait comme un ermite.

Raphaëlle : Ça n’empêche pas de vouloir la reconnaissance qu’on mérite.

Lamarck : Il s’en fichait de la reconnaissance. Totalement. Ça faisait même parti du deal. À moi les diners, les honneurs, les courbettes… Lui il voulait juste écrire. Rester seul et écrire. C’était sa vie. Enfin, réfléchissez, j’avais aucune raison de le tuer. Il m’a donné la gloire, la reconnaissance. Il me payait très cher pour ça. Aujourd’hui, j’ai plus rien. J’ai jamais écrit une ligne. *pause* Je suis foutu.

Raphaëlle s’assoit en face de lui et pose le sac à preuve contenant la page 96 sur la table : Monsegny, c’était votre logeur à l’époque de l’incendie. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?

Lamarck : Francis de Monsegny. Une belle ordure. Il emmerdait toutes les saisonnières qui logeaient chez lui.

Raphaëlle : Comment ça ?

Lamarck : Il avait la main baladeuse quand c’était pas pire. Je sais pas ce qu’il a fait à Sophie mais elle voulait porter plainte contre lui. Mais bon, c’était les années 80, on balançait pas son porc à l’époque.

Raphaëlle : Et tout s’est arrêté avec l’incendie ?

Lamarck : Oui. Enfin au début… Henri a voulu entamé une procédure en mémoire de Sophie et pfff… Il était anéanti, à bout. Et puis Monsegny avait des connexions, il connaissait du monde. Après le temps a passé, l’affaire a été prescrite, il y avait plus rien à faire.

Raphaëlle : Oh si, on pouvait faire quelque chose. Écrire un livre pour témoigner et dénoncer. Henri Francoeur venait de le faire.

*Lamarck la regarde puis prend le sac à preuve sur la table et lit la page qu’il contient. Quand il a finit, il repose la page devant Raphaëlle*

 

[Au commissariat – En haut des escaliers, en direction des bureaux]

Nicolas : Monsegny est dans le fichier, il y a eu plusieurs plaintes pour harcèlement contre lui, elles ont toutes été classées sans suite.

Raphaëlle : Il est tombé à pic cet incendie pour Monsegny quand-même. Sophie Nobel allait porter plainte contre lui.

Nicolas : Euh… Où tu veux en venir là ?

Raphaëlle : Écoute, Francoeur a été tué alors qu’il écrivait un livre sur l’incendie dans lequel Sophie Nobel a trouvé la mort. C’est difficile de pas y voir un lien.

Nicolas soupire : Tu brodes Raph là. Il faut des preuves pour accuser des gens comme ça.

Raphaëlle : Tu veux des preuves ? Et ben je vais t’en trouver des preuves.

Nicolas l’invitant d’un geste de la main à aller vers son bureau : Allez.

Raphaëlle : Hum.

 

[Dans un bus]

*Astrid est assise dans le bus son casque anti-bruit sur les oreilles. Elle observe les gens autour d’elle notamment un jeune homme debout non loin d’elle, les yeux rivés sur son téléphone*

 

[À l’institut médico-légal]

*Astrid frappe à la porte du bureau de Fournier*

Fournier : Oui, entrez.

*Astrid entre. L’assistant de Fournier recouvre le corps présent sur la table d’autopsie*

Fournier retirant ses gants et faisant quelques pas vers Astrid : Oh. Ben qu’est-ce que vous voulez ? Je me suis trompé sur un truc ? Je suis passé à côté d’une info ? J’ai loupé le mode opératoire ?

Astrid : Je ne sais pas. Huhu. Je voudrais vous demander votre aide.

Fournier : Ah ?

Astrid : Hum.

 

[Au commissariat – Au bureau de Nicolas]

*Arthur arrive vers le bureau où sont assis Nicolas et Raphaëlle*

Arthur : Bon j’ai pu parler aux parents de Sophie Nobel. Henri Francoeur les a contactés il y a un mois.

Nicolas : Il les a appelés pour quoi ?

Arthur : Il leur a posé plein de questions sur leur fille. Il voulait soi-disant rétablir la vérité sur sa mort.

Raphaëlle à Nicolas : Je brode toujours là ? Henri Francoeur a mené une enquête et il voulait en faire un livre.

Nicolas : Mais qu’est-ce que tu veux qu’il ait découvert 30 ans après ?

Fournier arrivant avec Astrid : Ben peut-être le fait que Sophie Nobel a été assassinée. Mademoiselle Nielsen est venue me voir avec les éléments dont elle dispose. Le compte-rendu d’intervention n’a rien à voir avec un procès-verbal de scène de crime, hein.

Astrid : Mais il y a un faisceau d’indices concordants qui tend à prouver que Sophie Nobel était déjà morte quand l’incendie s’est déclenché.

Nicolas : Ok… Ça change tout.

Fournier en regardant Astrid en souriant : Voilà.

 

[Au commissariat – Dans le bureau du Commissaire]

*Le Commissaire regarde la brigade par la fenêtre de son bureau*

Raphaëlle : Je pense que le livre qu’écrivait Francoeur raconte la vérité sur ce qui s’est passé il y a 30 ans. *le Commissaire Bachert va vers son bureau* Une vérité qui accuse Monsegny de la mort de Sophie Nobel.

Arthur : On a envoyé une équipe chez la victime. Le gardien a formellement reconnu la photo de Monsegny. Il est passé dans l’immeuble il y a quelques jours.

Commissaire Bachert levant les yeux de la photo du suspect sur son bureau : Il aurait tué Francoeur pour le faire taire ?

Raphaëlle : Et lui voler son tapuscrit à charge contre lui. Sauf que la page 96 a été oubliée sur les lieux. Et Monsegny s’en est pas rendu compte.

Commissaire Bachert : Ok. Et pourquoi Francoeur aurait attendu aussi longtemps pour écrire ce témoignage ?

Raphaëlle : Parce qu’il a découvert la vérité récemment. Je sais pas ce qui lui a mis la puce à l’oreille, mais il a mené une véritable enquête.

Arthur : On a demandé aux pompiers de Bourg d’Oisans dans les Alpes si Francoeur les avait contactés. Et il y a un mois, il a déposé une demande pour avoir le compte-rendu d’intervention de la nuit de l’incendie.

Raphaëlle : Il a dû en arriver aux mêmes conclusions qu’Astrid et Fournier.

Commissaire Bachert : Ça se tient. Vous avez localisé Monsegny ?

Arthur : J’ai parlé à nos collègues savoyards. Et la femme de Monsegny leur a dit que son mari était parti pour Paris hier et elle est sans nouvelles de lui depuis.

Commissaire Bachert : Ok. Cherchez son téléphone, sa carte bleue. Le type a pas pu se volatiliser.

*Raphaëlle est déjà sortie du bureau et Arthur sort à son tour*

 

[Devant le service de documentation criminelle - Dans la voiture de Raphaëlle]

Raphaëlle : Je vous tiens informée. Merci Astrid.

Astrid : Hum hu.

*Astrid tend la main à Raphaëlle. Cette dernière est surprise mais la prend et lui serre la main. Quand Raphaëlle lâche la main d’Astrid, celle-ci regarde sa main puis se détache et sort de la voiture. Elle s’arrête avant de passer devant la voiture et se baisser de manière à voir Raphaëlle*

Raphaëlle lui faisant signe de la main : Oui. Euh… Au revoir. Voilà.

*Astrid revient s’assoir dans la voiture fermant la portière derrière elle*

Raphaëlle regardant Astrid intriguée : Oui ?

Astrid : Je ne comprends pas encore en quoi cela peut vous être utile d’échanger des choses personnelles en dehors de leur contexte. Mais je veux bien essayer de le faire pour tenter de m’adapter à vos traits neurotypiques.

Raphaëlle hochant la tête : Hum.

Astrid : Voilà. Mon intérêt pour les puzzles date du départ de ma mère. Quand elle a quitté la maison, elle a laissé un objet derrière elle. Un seul objet que mon père avait conservé.

 

[Flashback – Dans la chambre de l’appartement d’Astrid et son père]

*Astrid est assise sous le bureau en train de résoudre le puzzle et donc d’ouvrir la boîte à secret. Quand elle retire le couvercle, elle est heureuse car elle est arrivée à ouvrir l’himitsu-bako, mais son sourire laisse place à de la frustration quand elle se rend compte que la boîte est vide. Elle regarde autour d’elle et secoue la boîte à plusieurs reprises*

 

[Fin du flashback – Retour au présent dans la voiture de Raphaëlle]

Raphaëlle après avoir pris le temps d’intégrer l’histoire d’Astrid : Vous espériez vraiment trouver une réponse dans cette boîte ?

Astrid : J’ai trouvé une réponse dans cette boîte. Elle était vide. Il n’y avait pas de raison au départ de ma mère. Elle est partie, c’est tout.

Raphaëlle : Astrid, il faut vraiment que je vous dise quelque chose de très important.

Astrid tourne la tête vers Raphaëlle alors qu’elle avait le regard fixé droit devant elle jusque-là : Hum.

*Raphaëlle s’apprête à parler quand son téléphone sonne. Elle soupire et regarde qui appelle. Elle regarde ensuite Astrid et finit par prendre l’appel*

Raphaëlle au téléphone : Oui Nicolas ?

 

[Au commissariat]

Nicolas prend son arme : Raph, on a repéré Monsegny, il est dans une chambre d’hôtel à Montmartre. *à ses collègues* Allez les gars !

 

[Devant l’hôtel – Dans la voiture de Raphaëlle]

*Astrid est installée sur le siège passager et résout calmement un de ses puzzles*

 

[Dans l’hôtel]

*L’équipe monte les escaliers, les uns derrière les autres, l’arme à la main. Un premier policier s’arrête dans un coin arme devant lui pour laisser passer Nicolas et Raphaëlle puis il avance vers la porte de la chambre et l’ouvre grâce à une carte. Nicolas pointe son arme devant lui, prêt à tirer, Raphaëlle est juste à côté de lui l’arme pointée vers le sol et est suivie d’autres collègues. Nicolas entre le premier dans la chambre, suivi par Raphaëlle. Ils s’assurent qu’il n’y a personne dans la salle de bain puis se dirigent vers le lit. Nicolas va vérifier le pouls de Monsegny alors que Raphaëlle le garde en ligne de mire au cas où*

Nicolas après avoir vérifié le pouls : Ça va être complexe de l’interroger là.

*Nicolas range son arme, Raphaëlle soupire puis range la sienne à son tour*

 

[Dans la chambre d’hôtel]

*Nicolas feuillette un tapuscrit retrouvé dans la chambre alors que la police scientifique effectue ses relevés et prend des photos de la scène de crime. Astrid lit le tapuscrit par-dessus l’épaule de Nicolas. Celui-ci s’en rend compte et lève la tête avant de reposer les yeux sur le tapuscrit*

Fournier agitant une fiole : KCN. C’était encore dans la main de Monsegny. Ça vient d’Europe de l’Est. *emballe le flacon dans un sac à preuve* On trouve cette saloperie sans difficulté si on sait fouiller le dark-web hein.

Raphaëlle : Il s’est suicidé avec le poison qui a servi à tuer Francoeur…

Nicolas se levant du bureau où il était assis, le tapuscrit à la main : Hé ! J’ai trouvé le tapuscrit de Francoeur. Et il manque bien la page 96. Ça a l’air d’être une vraie plaidoirie contre Monsegny. Il aurait tué Sophie et foutu le feu pour camoufler son crime.

Raphaëlle en regardant Astrid : Ben voilà. Le puzzle est à nouveau complet. Vous devez être contente Astrid.

Astrid secouant la tête : Hun hun.

Raphaëlle : Qu’est-ce qui ne va pas ?

Astrid : Je ne sais pas mais quelque chose ne fonctionne pas. L-les pièces du puzzle s’assemblent mal. Il a gardé ses chaussettes…

 

[Chez Raphaëlle]

*Raphaëlle est assise à table, Théo en face d’elle en train de griffonner sur un cahier*

Théo : Le concert avec papa c’était dingue ! T’aimes pas ISIOW peut-être ?

Raphaëlle : ISIOW ? Pfff… C’est du métal. C’est pas de ton âge. Et puis même moi je trouve ça un peu ringard maintenant. *regarde le cahier sur lequel Théo est en train d’écrire* Et puis c’est moisi.

Théo : Arrête, tu peux pas dire ça. Je sais très bien que t’as tous leurs albums. Tu serais pas un peu jalouse surtout ?

Raphaëlle hausse les épaules et sourit : Non, regarde c’est moisi. *montre le cahier à son fils* Regarde, c’est écrit là « MOISI ».

Théo retourne son cahier et regarde là où il avait écrit « ISIOW » : Ah, j’avais jamais vu, c’est dingue ! C’est un ambigramme ! On peut le lire des 2 côtés.

*Raphaëlle semble perdue dans ses pensées*

Théo : C’est dingue.

Raphaëlle vient de trouver quelque chose : Un ambigramme… Et merde alors.

Théo ne comprenant pas ce qui se passe : Quoi ?

Raphaëlle : Mais t’es un génie toi. J’appelle la voisine, je risque de rentrer tard ce soir. *se lève*

Théo : Pfff… Sympa.

Raphaëlle haussant les épaules sa tasse dans une main et son téléphone dans l’autre : Désolée mon chat. Chacun son tour hein.

*Théo retourne à ses devoirs et soupire*

 

[À l’atelier d’Aptitude Sociale]

William : Bon. Est-ce que quelqu’un veut encore partager quelque chose ?

Max levant la main : M-moi. J’ai un nouveau travail.

*On voit Raphaëlle descendre les escaliers*

William : Ah, tu as changé d’entreprise.

Max : Non, je suis toujours dans la même mais je suis plus à l’entretien. *Raphaëlle est arrivée en bas des escaliers et essaye d’obtenir l’attention d’Astrid* C’est grâce à vous. J’ai réussi à parler à un de mes collègues et… *Raphaëlle fait des signes en direction d’Astrid tout en avançant le plus discrètement possible vers le groupe* … j’ai été pris au service informatique.

William : Félicitations Max. Nous sommes tous, tous très…

*Raphaëlle fait tomber un banc en passant à côté et se rattrape à des barres pour ne pas tomber. Elle se retourne vers le groupe et lève les mains en guise d’excuse*

William : Raphaëlle, bonsoir.

Raphaëlle embêtée de les avoir dérangés : Bonsoir. Je suis désolée, je voulais vraiment pas vous déranger. Je…

William : Asseyez-vous.

Raphaëlle s’assoit à côté de William : Merci. Je suis venue voir Astrid mais ça peut attendre.

*William allait se retourner vers le groupe pour recommencer à parler*

Raphaëlle le coupe : En fait non, ça peut pas attendre.

William : Astrid, tu peux y aller si tu veux.

Astrid : Ce n’était pas prévu.

Raphaëlle : Oui, je sais Astrid mais… c’est urgent. *regarde le groupe autour d’elle* Écoutez euh… j-je peux pas en parler ici mais euh… Je me demande si on a pas pris euh… l’histoire à l’envers depuis le début. Qui vous savez n’est peut-être pas qui on croit.

Astrid : Hum.

Alice : Attendez, ce serait Alain Lamarck et pas Henri Francoeur qui se cacherait derrière le pseudo Erik Ernest ?

*Raphaëlle regarde la femme ayant pris la parole puis elle regarde Astrid*

Astrid : J-J’ai parlé de l’enquête avec les membres de l’atelier. Je suis désolée, ce n’est pas protocolaire, ce n’est pas protocolaire du tout.

Raphaëlle : Oui, c’est le moins qu’on puisse dire. Ça m’étonne de vous Astrid.

Astrid : Moi aussi, ça m’étonne de moi. Je ne sais pas si vous avez une très bonne influence sur moi Commandant Coste.

Raphaëlle choquée : Ah. Ben… On en parlera plus tard. Mais là, il faut aller chez Lamarck. J’ai l’impression qu’il nous balade et si c’était lui qui écrivait tout depuis le début ? Si c’était Francoeur l’homme de paille ? Ce serait possible non ?

Astrid : Techniquement oui. J-j’ai reconnu qu’il s’agissait de la même écriture mais cela fonctionne dans les deux sens.

Raphaëlle : Un ambigramme.

Astrid : Pas tout à fait, non.

Max levant la main pour prendre la parole : Alors là, vous m’avez perdu.

Alice : Mais si, Lamarck écrit des romans pointus qui sont pas très lucratifs, ça pourrait être aussi lui qui se cache derrière le pseudo Erik Ernest pour écrire des romans policiers mais pour sauver la face, il aurait demandé à son ami Francoeur d’endosser le rôle.

Raphaëlle : Voilà. Bon, tout ça reste bien entre nous, on est bien d’accord.

William : Soyez sans crainte Raphaëlle. Un secret ne peut pas être aussi bien garder qu’entre les mains d’une personne autiste.

Raphaëlle hochant la tête en souriant : Hum.

Max : À condition de bien préciser que s’en est un parce que des fois avec les neurotypiques euh… c’est pas clair hein.

Raphaëlle : Ok. Alors là, c’est un secret très très secret. D’accord ? Hum ?

*Max hoche la tête*

Raphaëlle : Voilà. *se tournant vers Astrid* Uhm… *se lève et va vers Astrid* Astrid, faut y aller maintenant parce que… *s’assoit sur la chaise vide à côté d’Astrid* … on a très peu de temps pour l’interroger légalement avant qu’il soit trop tard.

Astrid : Hum. Hum.

Raphaëlle la regardant : On y va ?

Astrid : Êtes-vous certaine d’avoir besoin de moi ?

Raphaëlle : Ben oui j’ai besoin de vous Astrid. Vous voyez des choses que je vois pas.

Astrid : Ah.

Raphaëlle : On y va.

*Raphaëlle se lève et commence à partir suivie d’Astrid*

Raphaëlle en partant : Merci, merci bien.

Astrid en passant devant William : Au revoir.

William : Au revoir.

Astrid : Désolée.

 

[Chez Lamarck]

*Raphaëlle sonne à la porte*

Lamarck ouvre la porte : Commandant Coste, Mademoiselle Nielsen. *retourne dans le salon en laissant la porte ouverte derrière lui pour les laisser entrer* Vous arrivez à l’heure limite des visites légales de la police.

*Raphaëlle ferme la porte derrière Astrid qui suit Lamarck*

Astrid en regardant sa montre : I-il nous reste… un peu moins de 34 minutes.

*Astrid commence à faire le tour du salon*

Lamarck : Une demi-heure, va falloir être concises.

Raphaëlle : Concise ? Je sais que c’est vous Erik Ernest.

Lamarck : Ça vous en a pris du temps.

Raphaëlle : Vous niez pas ?

Lamarck : Ça ne fait pas de moi un assassin.

Raphaëlle : Quel est l’intérêt pour vous de toute cette mise en scène ? Faire croire que Francoeur écrivait vos polars ?

Lamarck : Ses livres se vendent comme des petits pains. Littéralement je veux dire. On les trouvent en supermarchés entre les lingettes et les biscuits apéritifs.

Raphaëlle : Et alors ?

Lamarck : Et alors, vous pensez bien qu’un succès pareil ça aiguise la curiosité, tout le monde a voulu savoir qui était Erik Ernest.

Raphaëlle : Ça pouvait pas être vous évidemment.

Lamarck : Bien sûr que non. Henri incarnait le candidat idéal : discret, invisible, sans cesse terré chez lui, un ermite…

Raphaëlle : Hum. Il risquait pas de dore des conneries en interview ou de faire n’importe quoi en votre nom.

Lamarck : Sans compter qu’il ne me coutait pas très cher. Une bouteille de bon whisky de temps en temps et il était content.

Raphaëlle : Whisky que vous avez empoisonné au cyanure.

Lamarck : Faites attention Commandant. Je pourrais vous trainer en justice pour diffamation.

*Astrid s’intéresse de près à la machine à écrire de Lamarck et remarque un détail concernant la lettre « e »*

Lamarck se tournant vers elle : Ne touchez pas à cette machine !

*Lamarck s’approche d’Astrid et de la machine*

Astrid : Commandant Coste. *Raphaëlle s’approche à son tour* Vous pouvez mettre cette machine à écrire sous scellé, elle est la preuve de la culpabilité d’Alain Lamarck.

 

[Au commissariat – Au bureau de Raphaëlle]

*Raphaëlle est assise à son bureau, Nicolas sur une chaise en face d’elle et Astrid est debout à côté de Raphaëlle*

Astrid : J’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas dans le tapuscrit retrouvé près du corps de Francis de Monsegny. Mais je n’ai pas compris quoi. C’est en voyant la machine à écrire d’Alain Lamarck que tout est devenu évident. Il y a un défaut à la lettre « e » de la page 96. C’est un peu comme une empreinte digitale de la machine à écrire dont le texte est sorti.

Nicolas tenant une page de tapuscrit : Et pourquoi deux tapuscrits ?

Raphaëlle : Le premier a été volé chez Francoeur… il a perdu sa page 96. Celui qu’on a retrouvé dans la chambre d’hôtel près du corps de Monsegny est un faux réécrit par Lamarck autour de la page 96 pour faire croire que c’était l’original.

Nicolas : Il a réécrit un livre en une nuit ?

Raphaëlle : Hum. Une centaine de pages qu’il a sans doute recopier en majorité sur l’original.

Nicolas : Mais pourquoi il aurait fait ça ?

Raphaëlle : Parce que l’original tapé par Francoeur raconte une toute autre histoire sur ce qui s’est passé il y a 30 ans. Une histoire dans laquelle le coupable du meurtre de Sophie Nobel et de l’incendie n’est pas Monsegny mais Alain Lamarck.

Nicolas : Mais attends, sur quoi tu te bases pour dire ça ?

Raphaëlle : Pourquoi faire un faux tapuscrit ? C’est parce que le premier l’accusait.

Nicolas : Attends Raph, c’est pas suffisant, il va falloir des aveux là.

Raphaëlle : Je peux les obtenir facilement. Je connais son point faible.

Nicolas : C’est quoi ? C’est l’orgueil ?

Raphaëlle secouant la tête : Sophie Nobel.

Astrid prenant le cadre photo sur le bureau de Raphaëlle et le tendant à Nicolas : Le grand amour de la légende. Là.

*Nicolas prends le cadre et regarde la photo*

 

[Au commissariat – En salle d’interrogatoire]

Raphaëlle : J’ai lu votre bouquin vous savez. La Montagne d’Adam. Une histoire d’un amour passionnel non partagé qui pousse un homme à la folie…

Lamarck souriant : Et ça vous a plu ?

Raphaëlle : Pas beaucoup pour être honnête. *le sourire de Lamarck disparait* Et ça a pas du plaire beaucoup à Henri Francoeur non plus.

*Astrid suit l’interrogatoire sur les caméras dans la salle adjacente et est assez surprise de la façon dont Raphaëlle mène l’interrogatoire*

Raphaëlle : C’est ça qui lui a mis la puce à l’oreille et qui l’a poussé à mener une enquête sur ce qui s’est réellement passé il y a 30 ans. Cette photo qu’il avait sous les yeux depuis tout ce temps *fait glisser le cadre photo devant Lamarck* il a commencé à la voir autrement. Il s’est demandé si elle racontait pas une autre histoire. Votre main comme une serre sur l’épaule de Sophie.

Lamarck : Pfff… C’est absurde. *pousse le cadre photo sur le côté*

Raphaëlle : Il suffit de relire le manuscrit qu’on a trouvé près du corps de Monsegny et de remplacer votre nom par le sien pour comprendre ce qui s’est passé.

Lamarck : Je vois pas de quoi vous parlez.

Raphaëlle : Je parle du fait que vous avez assassiné Sophie Nobel et que pour camoufler votre crime, vous avez mis le feu au chalet. Le corps de votre victime calciné, votre rival blessé et défiguré, le… crime parfait. *Lamarck laisse échapper un petit rire* Vous avez jamais été inquiété pour ça. Et vous avez gardé Henri Francoeur sous votre emprise jusqu’à ce qu’il découvre la vérité et décide de la publier dans un livre.

Lamarck : C’est une très belle histoire. Vous devriez écrire des polars Commandant.

Raphaëlle : La partie est déjà perdue Monsieur Lamarck. *s’assoit* Ça va être difficile d’expliquer comment un tapuscrit tapé avec la machine à écrire de votre bureau s’est retrouvé sur une scène de crime. Sophie Nobel, vous l’aimiez n’est-ce pas ?

Lamarck : Oui. Je l’aimais comme on aime à cet âge. On pense que c’est pour la vie.

Raphaëlle : Mais elle c’est Henri Francoeur qu’elle aimait. Alors vous lui avez pris de force ce qu’elle refusait de vous donner. Vous l’avez violée et vous l’avez tuée pour la faire taire. Il y a une chose qui m’échappe, c’est comment vous avez su qu’Henri Francoeur préparait un livre contre vous ?

Lamarck : Uh… C’est assez truculent, je déjeune régulièrement avec le patron des éditions Paname. Dès l’entrée il a lâché le morceau, bien trop fier pour tenir sa langue. Il avait signé à prix d’or le prochain Erik Ernest. Vous pensez si j’étais surpris. Erik Ernest c’est moi.

Raphaëlle : Vous avez volé le manuscrit mais vous avez oublié la page 96 sur les lieux. Sans cette page, on serait jamais remonté jusqu’à vous. C’est la différence avec vos polars. Vous maîtrisez pas tous les éléments.

Lamarck : Oui je… j’avoue avoir été contrarié. Après votre première visite, j’ai tout de suite vérifié dans le manuscrit et il manquait bien la page 96. Mon plan menaçait d’échouer pour une simple étourderie. J’ai vite trouver la parade, il fallait inventer, improviser. Surprendre le lecteur.

Raphaëlle : C’est là que vous avez pensé à accuser Monsegny à votre place.

Lamarck : Exactement. On peut rien vous cacher. Jai recopié le manuscrit dans la nuit en changeant les éléments qui m’accusaient et en améliorant le style désastreux d’Henri, bien sûr il y avait du boulot. Après, le reste était un jeu d’enfant, faire venir Monsegny à Paris en lui disant qu’Henri allait l’accuser lui faire boire le poison et effacer tous les éléments, toutes traces de la scène de crime. Le b.a.-ba du métier. Le prochain Erik Ernest va être mon plus grand succès, inspiré de faits réels, écrit par un meurtrier. Les gens vont se jeter dessus. Vous et votre collègue qui est un petit peu… *secoue sa main à côté de sa tête* … allez devenir des personnages de polars incroyables… sensationnelles. Des stars !

Raphaëlle : Vous êtes un grand malade. Et vous allez finir votre vie en prison.

*Lamarck laisse échapper un rire*

 

[Au commissariat – Dans les escaliers]

*Astrid et Raphaëlle descendent les escaliers ensemble*

Astrid : Croyez-vous que nous sommes des personnages de polars ?

Raphaëlle laissant échapper un rire : Mais non. Lamarck est complètement mégalo.

Astrid : Hier soir vous avez dit que vous aviez quelque chose d’important à me dire.

Raphaëlle : Uhm… Oui. *s’arrête et se retourne vers Astrid* J’ai retrouvé votre mère Astrid.

Astrid : Ah. C’est ça. J’ai eu peur, j’ai cru que c’était quelque chose d’important.

Raphaëlle surprise : Ah… C’est important ça quand-même…

Astrid : Non. Enfin je… je ne crois pas.

Raphaëlle : Ok. Je comprends, vous lui en voulez, c’est une réaction tout à fait normale ça, c’est…

Astrid la coupe : Non, je ne peux pas lui en vouloir puisque je ne l’ai pas connu.

Raphaëlle : Et ben justement, vous avez pas envie de… savoir qui c’est, de comprendre pourquoi elle est partie, de… choisir de lui en vouloir ou de lui pardonner ? De sortir toute cette colère qu’il y a en vous ? Ça pourrait vous faire du bien.

Astrid : Je n’ai pas de colère en moi Commandant Coste. Et je suis vraiment désolée mais je ne vois pas en quoi cela pourrait être pertinent. Cette femme est sortie de ma vie il y a plus de 30 ans, je ne vois pas de raisons de changer ça maintenant. C’est simplement du bon sens. Encore bravo pour l’affaire Francoeur Commandant Coste. Sans vous, nous n’aurions jamais compris que nous lisions les éléments à l’envers. Au revoir. Hun hun.

*Astrid part et Raphaëlle la regarde s’éloigner sans comprendre sa réaction*

 

[Au service de documentation criminelle]

*Astrid arrive à son bureau, elle regarde un des tiroirs puis décide de l’ouvrir et en retire la boîte à secret de sa mère qu’elle s’empresse d’ouvrir pour la trouver vide puis elle la referme*

Kikavu ?

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