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3x01 - The beach is back

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 02.06.2009 à 19h55
Auteur : lili59 
Statut : Terminée

« Plus de détails dans le premier paragraphe! » lili59 

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Votre accueil pour Happiness is a sad song a été tellement chaleureux que je ne résiste pas à la tentation d'ouvrir une nouvelle fic!

C'est donc parti pour un 3x01 ... que ceux qui n'ont pas visionné la saison 2 s'abstiennent pour cause de spoilers!

Je ne sais absolument pas où je vais, tout ce que je sais c'est que cette fois-ci je ne me limiterai pas à quelques personnages, j'essaierai de tout mener de front. Je n'ai quasiment aucun paragraphe en réserve, je me lance à l'aveuglette comme à mes débuts donc je ne garantis rien de rien!

XoXo

Lili Girl ^^


lili59  (02.06.2009 à 19:57)

Salut jeunesse dorée de l'Upper East Side ! Tiens-toi prête, voici le scoop de ce début de vacances : repérée à l'aéroport JFK, Blair Waldorf attendant un vol pour une destination inconnue.

Mystère et boule de gomme sur le pourquoi du comment : dix jours après son baiser en pleine rue et à pleine bouche avec Chuck Bass, qu'est-ce qui a poussé notre Queen B. à plier bagage ? Car nul chevalier servant n'était là pour porter ses valises... Alors Blair, besoin d'un petit voyage pour te changer les idées après une énième rupture ?

La suite nous le dira, j'attends ton retour avec impatience !

XoXo...

Gossip Girl


lili59  (02.06.2009 à 19:58)

S'emparant de son vanity sur le tapis roulant, Blair l'ouvrit avec un empressement non dissimulé. Elle jeta un œil sur le miroir de poche et réprima un juron grossier. Il fallait s'y attendre : elle s'était endormie juste après l'escale à Los Angeles et son maquillage avait coulé. Crétine d'hôtesse de l'air qui avait refusé qu'elle prenne sa trousse de toilette avec elle ! Résultat : vingt d'heures d'avion sans manucure, une migraine épouvantable dûe à ces affreux gamins qu'on ne trouve qu'en seconde classe, et un teint digne de Steve Buschemi au réveil !

Elle referma le vanity d'un coup sec et jeta un coup d'œil alentour : et avec ça, aucun commis pour porter ses bagages ! C'était le pompon... Cette fois-ci, c'en était trop : elle s'assit sur une de ses deux valises, et plongea la tête dans ses mains, massant ses tempes douloureuses.

- Besoin d'un coup de main ?

Elle releva la tête et découvrit un charmant jeune homme brun, le regard pétillant et tout sourire. Le visage de Blair se décomposa.

- Toi ?

- Oui, moi... Je me suis dit que tu apprécierais peut-être une présence masculine à ton arrivée. Je te connais : tu n'es pas du genre à voyager léger ... et tu n'es pas sans connaître mes muscles légendaires !

Blair grimaça et se leva. Sans se laisser démonter, le jeune homme passa le sac de voyage en bandoulière autour de son torse, puis s'empara d'une valise dans chaque main.

- Tu te sens la force de porter le vanity ? lança-t-il à Blair avec un sourire espiègle.

La brunette réprima son envie de lui tirer la langue. Mais elle était tellement lasse qu'elle ne se sentait même pas la force de riposter. Bon sang mais qu'est-ce qu'elle faisait là déjà ?

- J'ai graissé la patte aux militaires du poste de sécurité nord, indiqua le jeune homme en tendant le menton vers l'une des quatre portes de sortie. Ils ont augmenté les contrôles depuis les événements d'avril dernier. Ca t'évitera une fouille corporelle ... mais si tu le regrettes, je pourrais m'en charger en arrivant à l'hôtel !

Même éreintée, elle ne pouvait pas laisser passer ça. Plantant ses yeux dans le regard bleuté, elle contre-attaqua :

- Voyons, nous savons tous les deux que je préfère la matraque d'un soldat au crayon d'un gratte-papier !

Et sans plus le regarder, elle marcha d'un pas conquérant vers le poste de sécurité sud, un sourire victorieux aux lèvres.


lili59  (02.06.2009 à 20:00)

Repérée : Jenny Humphrey perchée sur ses talons aiguilles et entrant au Cafe Gray pour un déjeuner chic. Y aurait-il un nouveau Jack McPhee dans l'air ? Attention Little J. : à peine promue reine, il serait dommage de perdre ta couronne dans un tête à queue raté !


lili59  (02.06.2009 à 22:42)

- Bon, vous allez enfin me dire ce qui se passe ?

Tout en posant la question qui lui brûlait les lèvres depuis des heures, Jenny s'assit sur la banquette moelleuse et toisa ses interlocuteurs.

- Bonjour à toi aussi Jenny, souffla Lily avec un doux sourire.

La vivacité et le bagout de l'adolescente n'étaient pas sans lui rappeler quelqu'un. Une autre blondinette qui était parvenue à faire ses propres choix lorsqu'elle était entrée dans l'âge adulte, une autre jeune femme qui avait su dire non à ce qu'on avait voulu lui imposer. Une certaine Lily Rhodes... Sauf qu'aujourd'hui, il ne fallait pas que Jenny dise non. Le bonheur de la famille toute entière en dépendait.

- Bonjour Lily... reprit Jenny avec un petit sourire contrit. Excuse-moi, j'ai tendance à te prendre comme un membre de la famille, comme si tu vivais déjà avec nous.

- Mais je n'attends que ça... répliqua Lily en lançant un regard amusé à son voisin.

- Oui mais nous on ne fait pas ça avant le mariage, c'est bien connu ! rétorqua Rufus sur le même ton.

Lily gloussa et attrapa la main de son fiancé posée sur la table.

- Eh ! N'essayez pas de changer de sujet vous deux, je vous vois venir ! Bon, je pourrais enfin savoir pourquoi il fallait qu'on se voie dans « un endroit neutre » pour parler « de quelque chose de très-très-très important » ? demanda Jenny en singeant les paroles que son père avait prononcées le matin-même.

- Jenny...

Rufus fut interrompu par un serveur en costume trois pièces qui, sans un mot, tendit un menu bariolé à chacun d'eux. Le jeune homme avait à peine tourné le dos que Jenny posait déjà la carte sur la table, avec une petite moue signalant son exaspération. Rufus et Lily éclatèrent de rire, bonne humeur qui disparut presque aussitôt. Ils échangèrent un regard anxieux, et Jenny fronça les sourcils.

- Vous savez que vous commencez à me faire peur ?

Ce fut Lily qui prit la parole.

- Jenny, ma chérie... Tu sais que ton père et moi allons nous marier dans quelques semaines.

- Heu... Effectivement, à bien y réfléchir, je crois que Gossip Girl a dû en toucher deux mots... ironisa la jeune fille.

- Et tu sais que ce jour-là, nous ne serons pas les seuls à nous unir, continua Lily sans prêter attention à son sarcasme. Nos familles respectives seront liées par la même occasion.

- Jusque là, je crois que je pige plutôt bien...

Lily passa sa langue sur sa lèvre supérieure et serra un peu plus fort la main de Rufus sur la table. Jenny déglutit difficilement. Mais qu'est-ce que ces deux-là pouvaient bien manigancer ? Une certaine forme de panique s'empara d'elle tout à coup.

- Et il nous a semblé évident que, pour marquer cette alliance, je devais prendre Dan comme témoin et Rufus Serena.

La boule dans l'estomac s'évanouit aussitôt. Ce n'était donc que ça ? Jenny éclata de rire.

- C'est donc pour ça tout ce cinéma ? Vous aviez peur que je sois jalouse ? Mais j'étais déjà au courant, Dan me l'a dit hier ! Ne vous inquiétez pas, je me contenterai d'être demoiselle d'honneur et Eric m'accompagnera !

Elle se ravisa tout à coup.

- A moins que... Oh...

Lily et Rufus se dévisagèrent. Ils n'auraient jamais pensé qu'elle comprenne si vite.

- A moins que vous ne me vouliez pas comme demoiselle d'honneur... murmura Jenny dans un souffle.

Lily éclata de rire et lâcha la main de Rufus pour s'emparer de celle de la blondinette.

- Bien sûr que si !

- Mais alors c'est quoi le problème au juste ? cria Jenny, au comble de l'énervement. C'est bien, tous les enfants ont leur place, qu'est-ce qui cloche ?

Lily grimaça et poussa un soupir.

- Eric a refusé d'être mon témoin Jenny. Il a déclaré qu'il nous réservait une surprise, en lien avec ses « vacances mystères ». Ce qui tombe plutôt bien car... Rufus et moi n'avons pas quatre enfants, Jenny.

Jenny fronça les sourcils.

- Réfléchis bien... J'ai un deuxième fils. Et j'aimerais, si tu l'acceptes, que ce soit lui qui t'escortes à l'autel le jour du mariage...

Jenny eut le souffle coupé. Abasourdie, elle chercha une confirmation dans le regard de son père qui acquiesça légèrement de la tête.

- Messieurs dames ont-ils fait leur choix ? demanda le serveur qui s'était glissé à pas de velours à leurs côtés.

Lâchant la main de Lily, Jenny tendit la carte au jeune homme.

- Merci, mais je n'ai plus faim. On vient de me couper l'appétit...


lili59  (02.06.2009 à 22:46)

- Je croyais que tu avais abandonné Yale pour NYCU, pas pour un BEP peintre en bâtiment !

Le front plissé, Dan délaissa son pan de mur à moitié peint et fit volte-face. Il se dérida lorsqu'il découvrit l'identité de son interlocuteur et laissa un demi-sourire éclairer son visage.

- Et moi je croyais que tu avais délaissé une députée pédophile pour un jolie hongroise, pas pour un beau brun ténébreux !

Nate éclata de rire et s'approcha. Les deux jeunes gens se firent l'accolade et Dan invita d'un signe de la main son invité vers la cuisine américaine.

- Tu veux boire quelque chose ?

- Je veux bien un verre d'eau.

Tandis que Dan s'activait derrière le comptoir, le portable de Nate émit le signal caractéristique des mauvaises nouvelles. Deux secondes plus tard, celui de Dan lui fit écho. Nate poussa un soupir et sortit son téléphone de la poche intérieure de sa veste en lin beige. De l'autre côté du bar, Dan s'empara du sien, délaissé sur le comptoir.

Repéré : Nate Archibald arpentant les rues de Brooklyn au lieu de celles de Kiev. Le duo avec Dumbo aurait-il volé ... en éclats ? Le bunker entourant le couple maudit n'aura pas résisté aux bombes russes. Normal : les hommes préfèrent les blondes, c'est bien connu !

La mâchoire carrée, Nate referma son portable d'un coup sec. Avec une petite moue, Dan versa le contenu du verre dans l'évier et sortit une bouteille de rhum d'un placard en hauteur. Sa plaisanterie arracha un sourire à Nate qui acquiesça d'un hochement de tête. Les deux jeunes gens trinquèrent et avalèrent cul-sec le breuvage incolore, ce qui arracha une grimace à l'apprenti peintre.

- Tu veux en parler ? demanda-t-il en s'essuyant les lèvres.

- Si tu veux... soupira Nate.

Dan arqua un sourcil, attendant la suite.

- A vrai dire, le bunker a très bien su résister aux bombes russes, qu'elles soient blondes ou brunes... Mais pas aux soldats de l'armée rouge.

Dan se mordit les lèvres, hochant la tête d'un air surpris et ... un peu épaté.

- Enfin je veux dire, on y était allé en amis et c'était vraiment ce que je voulais, reprit Nate. C'est juste que jouer la chandelle... Très peu pour moi.

Cette fois-ci c'en était trop : Dan éclata de rire. Il plaça son poing serré devant sa bouche, essayant de se calmer.

- Excuse-moi, c'est juste que si on m'avait dit ... ça !

- Ouais ben fais pas le malin, parce que toi la seule chandelle que tu portes, c'est entre ton pinceau et ton pot de peinture.

- Ouch ! Touché... grimaça Dan avec un léger mouvement de tête sur le côté.

Nate sourit et, inspectant l'appartement du regard, reprit :

- Bon alors, sérieusement, c'est donc ça tes projets de vacances ? Repeindre le loft familial ?

- Oui, enfin là j'ai presque fini. Mon père voulait lui donner un coup de neuf. Il l'a pas dit clairement, mais je pense qu'il va le vendre...

- Le vendre ? s'étonna Nate.

- Je vois mal Lily Bass et Rufus Humphrey faire chambre à part une fois que le mariage aura été consommé... ironisa Dan.

Nate éclata de rire.

- Ce qui signifie que tu es bientôt libre ?

- Heu... Tout dépend ce que tu entends par le mot « libre ». Je veux dire, je le suis déjà -et depuis un bail-, mais je suis désolé...

Nate fronça les sourcils.

- Tu n'es pas mon type... expliqua Dan.

- Crétin ! rigola le blondinet. Je pensais plutôt à un road trip entre mecs... Tu sais, genre tequila / nanas...

- Tu es sûr ? Parce que je ne voudrais pas que tu reviennes la queue entre les jambes après dix jours de chandelle !

Nate se pencha sur le comptoir et donna un léger coup de poing dans l'épaule de son ami.

- T pas cap...

Dan haussa un sourcil, une mine incrédule sur les lèvres.

- Tu as peut-être joué une fois ou deux au gigolo avec une femme mariée Mr Archibald... Mais je te rappelle que j'ai quand même couché avec mon professeur de littérature et, accessoirement, passé quelques heures derrière les barreaux !

- Ca veut dire oui ?

- Et pas qu'un peu !

Une mine victorieuse sur les lèvres, les deux jeunes gens se tapèrent dans la main.


lili59  (03.06.2009 à 10:06)

 

 

*   *   *   Générique   *   *   *

 

 


lili59  (03.06.2009 à 19:07)

La voiture se gara sur le parking du motel dans un crissement de pneus suraigu.

- Tu te prends pour Jack Bauer ? se moqua Blair.

- Exactement. Et dépêche-toi de sortir, il ne nous reste plus que vingt-trois heures et dix-huit minutes… rétorqua le jeune homme aux yeux clairs.

Blair fronça les sourcils et, jetant un coup d’œil à l’enseigne lumineuse, protesta :

- Non mais est-ce que tu m’as bien regardée ? Est-ce que tu crois vraiment que Blair Waldorf est du genre à loger dans un bouiboui ? Ou dans un hôtel de passe ?

- Arrête de faire ta mijaurée, riposta le jeune homme en sortant de la voiture. Allez, elle t’attend.

Blair poussa un soupir et leva les yeux au ciel. Elle se décida enfin à sortir du véhicule de location et à suivre la silhouette masculine chargée de paquets. En rejoignant l’étage de la bâtisse, Blair prit garde - une grimace de dégoût peinte sur le visage - à ne pas toucher la balustrade. Dieu savait quels doigts l’avaient touchée auparavant ! Enfin, le jeune homme s’arrêta devant une porte annonçant la chambre 81 et frappa. En attendant la réponse, il se tourna vers Blair et l’avertit.

- Prépare-toi à du changement…

- Le seul changement qui pourrait me surprendre, c’est que tu deviennes quelqu’un de bien Carter.

La porte s’ouvrit à la volée et une boule de cheveux roux se précipita sur Blair, l’enlaçant avec fougue.

- B ! Je suis tellement contente de te voir !

Avec une mine horrifiée, Blair prit les poignets de la rouquine et l’éloigna d’elle.

- Serena ! Mon Dieu mais qu’est-ce que tu as fait à tes cheveux ?

Serena jeta un regard complice à Carter, qui lui retourna un sourire éclatant.

- C’est une longue histoire… Mais entre, il ne faut pas qu’on nous voie ici.

- Hein ?

Blair n’eut pas le temps d’obtenir davantage d’informations : Carter la poussait déjà à l’intérieur de la chambre.

- Allez Blair, tu n’es pourtant pas du genre à riposter quand on te propose d’entrer dans une chambre d’habitude !

- Carter ! cria Serena.

- Désolé… sourit le jeune homme.

- Tu as promis… rappela-t-elle.

- Je sais je sais…

Plissés par la surprise et l’incompréhension, les yeux de Blair passaient de l’un à l’autre, suivant cette joute verbale incompréhensible et qui n’aggravait qu’un peu plus sa migraine.

- Bon, il est bientôt fini votre match de ping-pong verbal à la Jack et Jen ? Parce que moi je voudrais bien comprendre ce qui se passe !

Se tournant vers Carter, elle explosa :

- Toi tout d’abord ! Je pourrais savoir pourquoi tu te retrouves aux îles Fidji avec ma meilleure amie ? Et pourquoi tu l’obliges à loger dans un motel bas de gamme ?

Faisant volte-face, elle s’attaqua à Serena :

- Et toi alors, n’en parlons pas ! Tu m’appelles il y a deux jours en me demandant de te rejoindre le plus vite possible à Nadi, et ce sans me donner la moindre explication !

Elle poursuivit, une mine dégoûtée sur le visage :

- Tu sais qu’à cause de toi j’ai dû voyager en deuxième classe ? J’ai cru étouffer sous les odeurs d’eau de toilette bon marché ! Et tout ça pour quoi, hein ? Pour retrouver une sorte de Gerry Halliwell version 90’s affublée d’un George Mickael tout juste sorti des toilettes publiques !

- Hé ! riposta Carter. Il me semble que George Mickael a su te…

- Assez ! cria Serena, les mains plaquées sur ses oreilles.

Blair et Carter se tournèrent vers la jeune femme, surpris par son éclat de voix. Serena reprit une posture normale et, retrouvant son ton fluet, affirma :

- Vous allez vous calmer tous les deux, et tout de suite.

Prenant une grande inspiration, elle prit la main de Blair et l’invita à s’asseoir sur le lit. Blair fronça le nez, écœuré à la simple idée que sa robe Versace puisse toucher de vulgaires draps en coton. Mais, découvrant le regard réprobateur de Serena, elle finit par s’exécuter avec un soupir résigné. Carter quant à lui alla s’adosser au coin opposé de la chambre.

- B… Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait pour moi. Quitter New York du jour au lendemain, sans la moindre explication, et dans des conditions de voyage qui visiblement ont été pénibles… Je ne peux même pas imaginer ce que tu as enduré. Tu es une véritable amie.

Dans l’angle, Carter réprima un sourire. Décidemment, Serena connaissait Blair par cœur et elle savait très exactement comment s’y prendre pour l’amadouer. La preuve : la brunette se détendait déjà, un sourire ravi au coin des lèvres.

- Mais tu dois savoir, reprit Serena, que jamais je ne t’aurais demandé de venir ici si je n’avais pas eu une bonne raison. Une excellente raison même.

Serena eut un regard en biais pour Carter, qui lui envoya un clin d’œil d’encouragement. Elle prit une courte inspiration.

- Il y a dix jours, alors que je m’apprêtais à partir en voyage, Carter est venu me trouver. Il avait une information capitale à me donner : il avait retrouvé quelqu’un aux îles Fidji, quelqu’un de très important pour moi et que je n’ai pas vu depuis des années.

- Qui ? l’interrompit Blair, la curiosité piquée au vif.

- Mon père.

Blair ouvrit la bouche de stupeur. Le père de Serena… Elle n’en gardait qu’un vague souvenir. La plupart du temps en voyages d’affaires, et qui avait mystérieusement disparu quatre ans plus tôt. Se tournant vers Carter, elle lui demanda, soupçonneuse :

- Et comment tu as appris ça toi ?

- J’ai engagé un détective privé.

- Et en quel honneur ? reprit la brunette.

- Ca suffit Blair ! s’emporta Serena. Je me fiche des motivations de Carter… Tout ce qui compte, c’est que mon père est ici. Nous avons loué une villa au Vomo Resort, une résidence hôtelière où il loge. Mais je n’ai pas pu entrer en contact avec lui.

Blair fronça les sourcils.

- Tu veux dire qu’il n’a pas voulu te voir ?

- Non, je veux dire que je n’ai pas pu entrer en contact avec lui ! Pourtant je sais exactement quel pavillon il loue, mais il y a deux gardes du corps qui en gardent l’accès. J’ai essayé de les convaincre, Carter a tenté de les acheter… Rien n’y a fait.

Un sourire moqueur aux lèvres, Blair déclara :

- Excusez-moi de vous interrompre très chers Veronica et Wallace mais …

- Logan, je préfère… l’interrompit Carter.

- … mais vous n’avez pas pensé à lui passer tout simplement un coup de fil ? reprit Blair en l’ignorant de toute sa superbe. Je veux dire, il doit bien y avoir une réception avec un service de messages ! Ou alors vous pourriez l’intercepter lorsqu’il sort ?

- Merci Miss Marple mais on y a déjà pensé figure-toi, railla Carter.

- Sauf qu’on nous a indiqué que le « locataire » ne souhaitait être dérangé sous aucun prétexte, expliqua Serena. Et il ne sort pas de son pavillon.

- Il ne sort pas de son pavillon ? s’étonna Blair.

- Non.

- C’est louche… grogna la brunette. Bon et je peux savoir pourquoi tu te retrouves tout à coup avec les cheveux rouges ? Et ce que je viens faire dans toute cette histoire ?

Serena se pinça les lèvres mais poursuivit néanmoins son récit :

- Il y a deux jours, j’ai appris qu’une des femmes de ménage de l’hôtel était tombée malade. J’ai teint mes cheveux et je me suis présentée à un entretien d’embauche sous une fausse identité. Le but était, bien entendu, de pouvoir pénétrer le pavillon de mon père. Mais le directeur n’a pas été dupe, et il a pensé que c’était là la nouvelle extravagance de la fameuse Serena Van Woodsen.

Blair ne disait plus rien. Serena lui jeta un regard en coin, et comprit qu’il était inutile d’aller plus loin : elle avait compris… Un silence pesant s’installa.

- Hé Blair ! lança finalement Carter. Tu sais que j’ai toujours rêvé de te voir en tenue de soubrette ?

- Pas étonnant, ça te permettrait d’avoir le dessus pour une fois ! riposta Blair à brûle-pourpoint.

Elle se tourna vers Serena et plongea dans ses yeux azur. Derrière la crinière fauve, elle retrouvait la fragilité coutumière de sa meilleure amie. Pourtant, Serena n’avait pas toujours été ainsi. Enfant, elle était même forte et intrépide. C’est lorsque son père avait disparu qu’elle avait changé… Et aujourd’hui, elle faisait une fois encore appel à elle, Blair Waldorf, pour régler un problème qui la dépassait. Sa meilleure amie, sa sœur…

- Très bien… soupira la brunette.

- C’est vrai ? demanda Serena en bondissant. C’est vrai ? Oh Blair, tu es vraiment géniale !

Elle applaudit de joie et, sortant un sac à dos du placard, poursuivit :

- Carter s’est chargé de te créer de faux papiers d’identité. Et moi je me suis occupée de te réserver une chambre ici pour toute la semaine.

- Pardon ? s’exclama Blair. Tu veux dire que je dois loger ici ?

Le ton de sa voix ne laissait rien présager de bon. Serena s’arrêta net et la regarda :

- Voyons B, ce ne serait pas crédible qu’une femme de ménage loge dans un cinq étoiles !

Le visage de Blair était déformé sous l’effet de la torture. Une main sur la bouche, comme si elle était prête à vomir, elle fit signe à Serena de poursuivre néanmoins.

- Bon, et je me suis aussi chargée de te créer une nouvelle garde-robe…

- Quoi ? s’égosilla Blair.

Bondissant du lit à son tour, elle s’empara du sac à dos et en déversa le contenu sur le lit. A sa mine horrifiée, Serena essaya de temporiser :

- C’est simple, mais de bon goût Blair, ne t’inquiète pas ! Un jean…

- Diesel ?

- Non, Levis…

Blair leva les yeux au ciel.

- Un chemisier blanc…

- De la soie j’espère ?

- Non, du coton. Tu es censée être une étudiante qui cherche à se faire payer ses vacances, pas une Waldorf !

Blair poussa un soupir.

- Et une paire de Converse… conclut Serena.

- Quoi ? Mais il n’y a même pas de talon !

- Mais Blair…

- Non, là ça suffit ! Est-ce que tu imagines ce qui se passerait si ma pauvre mère me voyait habillée comme ça ? Elle ferait une attaque, rien de moins ! Pourquoi ne pas me faire porter un slim et un chapeau tant que tu y es ? Je pourrais m’acoquiner avec Pete Doherty !

- Blair s’il te…

- Non !

Serena et Carter échangèrent un regard. Si Serena semblait prise au dépourvu, Carter pour sa part paraissait blasé.

- Je t’avais bien dit qu’elle te laisserait tomber…

- Je ne la laisse pas tomber !

Se calmant un peu, Blair saisit les mains de son amie dans les siennes et murmura :

- Ma chérie… Pourquoi chercher à me faire jouer un odieux rôle de composition, lorsqu’on peut faire appel à une professionnelle ?


lili59  (03.06.2009 à 19:16)

Un air de jazz résonnait dans le hall de la Bedford Avenue Gallery, soulignant l’ambiance feutrée et décalée de l’endroit. Sans se soucier de la nouvelle exposition disponible à sa droite, Dan tourna dans l’aile est, s’engouffrant ainsi dans le bar aux couleurs chatoyantes. Une vague de bien-être l’emplit : avec ses placards muraux, son bar américain et ses lampes multicolores, l’endroit ressemblait davantage à l’appartement de Monica Geller qu’à un bar lounge snobinard.

Aujourd’hui, les lieux étaient pratiquement déserts, vacances estivales obligeaient. Néanmoins, Rufus était bien là, fidèle au poste, griffonnant il-ne-savait-quoi sur un bout de papier. Quelques tables plus loin, une silhouette désormais familière se profilait : Scott. En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, il était devenu le client le plus régulier de la galerie. Il venait tous les jours, toujours seul, un nouveau livre à la main. Comme d’habitude, Dan et lui échangèrent un geste amical de la main, avant que le jeune homme ne rejoigne en quelques enjambées son père qui releva la tête.

- Hé ! l’apostropha-t-il.

- Salut fils ! répondit Rufus. Que me vaut l’honneur de la visite de Michel Ange ?

- On est dans une galerie d’art me semble-t-il…

- Désolé, mais tu n’es pas assez tendance pour les bobos de Brooklin, plaisanta son père.

- Eh bien dans ce cas, il ne me reste plus qu’à raccrocher mon tablier et à aller me saouler dans les tavernes malfamées de Miami…

Rufus éclata de rire. Mais, avisant le regard gêné de Dan, il se calma aussitôt.

- Tu es sérieux ?

- Les projets de vacances de Nate ont tourné court, il m’a proposé une virée virile à laquelle je n’ai pas pu dire non. Mon honneur de mâle était en jeu…

Rufus ouvrit la bouche, mais Dan ne lui laissa pas le temps de parler :

- Rassure-toi, il m’a aidé à finir la peinture ! Et Chuck lui a prêté son jet privé pour tout l’été, ça ne coûtera rien.

Rufus plissa les yeux et fit mine de parler. Peine perdue.

- Allez p’pa ! A mon âge tu passais le plus clair de ton temps dans des boîtes malfamées pour tes tournées ! Tu ne peux pas m’en vouloir d’avoir envie d’essayer un peu de ton ancienne vie ! Et puis de toute façon je n’ai pas vingt et un an donc pas d’alcool, sans oublier que…

- Stop ! l’interrompit Rufus en levant un doigt pour réclamer une trêve.

Dan poussa un soupir et attendit. Rufus prit son temps, un sourire amusé au coin des lèvres. Dan était vraiment un homme bien : s’il lui demandait de rester, il le ferait. Il était intrépide, mais respectait les règles. Il veillait constamment à ne pas blesser les autres. Et lorsqu’il le faisait, il tentait par tous les moyens de rattraper son erreur. Une bouffée d’orgueil envahit Rufus : il était fier d’être le père d’un tel homme.

- Dan…

De l’autre côté du bar, Dan attendait fébrilement, la bouche entrouverte, les sourcils arqués. Rufus réfléchit une seconde à la possibilité de le laisser mariner quelques secondes supplémentaires. C’était tentant… Mais le moment n’était peut-être pas le mieux choisi.

- Je pense que c’est une excellente idée.

Dan poussa un soupir de soulagement, ses épaules et sa nuque se détendant instantanément.

- J’ai pleinement confiance en toi et…

- Eh bien moi je ne suis pas d’accord !

Dan se retourna et chercha des yeux l’imposteur. A l’autre bout de la salle, poings serrés, Jenny fulminait.

- Désolé sœurette, mais on n’est pas à un mariage… On ne demande pas aux invités si quelqu’un s’oppose à l’union des mariés !

- Et toi ne me parle pas de mariage ! Suis-moi ! aboya Jenny.

Elle fit demi-tour et alla se planter dans la salle d’exposition, plusieurs mètres plus loin. Dan se tourna vers son père, un air éberlué sur le visage, cherchant une réponse à cet accès de furie inopiné. Rufus hocha la tête et expliqua :

- Lily et moi avons demandé à Jenny d’être notre demoiselle d’honneur.

- Et quel est le problème ?

- Nous voudrions que Chuck l’accompagne.

Poussant un soupir, il continua :

- Et le pire, c’est qu’elle ne sait pas tout…

- C'est-à-dire ?

- Serena, Eric et toi partez en vacances, seuls Jenny et Chuck restent à New York. Ce qui veut dire que ce sera à eux de s’accorder pour organiser notre enterrement de vie de jeune homme et de jeune fille. On veut le faire ensemble…

Dan plissa les sourcils. Il réfléchit très vite à ce que cela signifiait et, subitement, il n’eut plus la moindre envie de rejoindre Nate dehors, dans la voiture qui devait les conduire à l’aérodrome.

- Papa je crois que tu devrais savoir…

- Non Dan, le coupa Rufus. Je sais que vos rapports avec Chuck ne sont pas au beau fixe, et que ça date depuis près de deux ans. Mais justement, c’était il y a deux ans ! Chuck a changé et, quoiqu’il en soit, il intégrera bientôt notre famille. Il est temps de tourner la page…

Dan réfléchit à la vitesse de l’éclair. C’était vrai, Chuck avait changé. Les épreuves qu’il avait traversées cette année semblaient l’avoir métamorphosé. Plus mature, plus sérieux… Et, sincèrement, il ne pensait pas que Jenny soit en danger en sa présence. Il ne la toucherait pas.

Il regarda son père, qui le fixait intensément. Intéressant… Les rôles étaient inversés, et c’était désormais son paternel qui attendait son consentement. Ce mariage signifiait tant pour lui… Il ne l’avait pas vu aussi heureux depuis… Depuis quand d’ailleurs ? Des années. Lorsque le mariage entre sa mère et lui avait encore du sens.

- Très bien… soupira Dan. Je vais tenter de la raisonner.

Jetant un regard par-dessus l’épaule de son fils, Rufus constata :

- Ce ne sera peut-être pas la peine…

Dan se détourna. Au centre de l’exposition, Jenny était en grande conversation avec Nate.


lili59  (05.06.2009 à 10:55)

- … et voilà comment je me vois affublée d’un vampire ! J’en suis à me demander si Dracula ne me mordra pas avant qu’on arrive à l’autel !

Nate éclata de rire.

- Tu ne crois pas que tu exagères un peu Jenny ? Chuck n’est pas si diabolique !

- Forcément, tu le défends : c’est ton meilleur ami !

L’éclat de rire de Nate s’évapora.

- Non Jenny. Je le défends car tu le juges mal. Chuck m’a raconté ce qui s’était passé sur le toit il y a deux ans… Ca lui a coûté de me raconter ça, tu peux me croire. Il n’était pas fier…

Jenny fit une petite moue et croisa les bras.

- Chuck a changé Jenny. Son père est mort, son oncle l’a trahi… Ca lui a fait mal. Mais ça lui a aussi permis, pour la première fois de sa vie, de se demander ce qui comptait pour lui. Quel homme il voulait devenir… Lorsque tu l’as rencontré, c’était un ado seul, rejeté par son père, bourré de complexes qu’il oubliait dans le sexe et l’alcool. Mais regarde un peu ce qu’il est aujourd’hui : un jeune homme prêt à reprendre l’entreprise paternelle, vivant en harmonie avec sa famille et…

Nate se tut un instant. Avec un petit sourire gêné et triste, Jenny poursuivit pour lui :

- … amoureux.

- Oui, acquiesça Nate. Sauf si on en croit les rumeurs propagées par Gossip Girl bien sûr...

- Ce ne sont que des rumeurs alors ?

- Aucune idée, je ne suis pas arrivé à le joindre. Et, très sincèrement, même si je suis très content pour eux, je préfère ne pas me mêler de leur histoire.

- Je comprends.

Jenny baissa la tête et un silence gêné s’installa. Enfin, Nate leva la main et la posa sur l’épaule de la petite blonde. Elle releva les yeux.

- Et enfin Jenny, si tu crois que je défendrais Chuck si j’avais le moindre doute pour ta sécurité… Tu te trompes lourdement.

Jenny eut le souffle coupé. Nate ne la lâchait pas du regard. Elle n’avait pas encore retrouvé totalement ses esprits lorsque Dan les rejoignit.

- Alors, tu as réussi à calmer le fauve ?

La main de Nate la lâcha instantanément. Dan le regarda, une pointe de défi et de soulagement dans les prunelles. Après la furie de la lionne, on passait au combat de coqs ! Jenny préféra intervenir :

- Tout à fait. Excusez-moi, je dois aller parler à papa.

- Prépare-toi, conseilla Dan, il a autre chose à t’annoncer…

Jenny leva les yeux au ciel : elle s’attendait à tout maintenant ! Mais, croisant le regard bienveillant de Nate, elle se sentit tout à coup rassérénée … et affreusement gênée.

- Bonnes vacances les garçons… chuchota-t-elle.

Elle se mit à courir, plutôt que marcher, jusqu’au bar.


lili59  (05.06.2009 à 11:29)

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