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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 02.06.2009 à 19h55
Auteur : lili59
Statut : Terminée
« Plus de détails dans le premier paragraphe! » lili59
Cette fanfic compte déjà 32 paragraphes
Le cœur battant, la nuque raide, Chuck patientait au fin fond du terminal E. Blair allait franchir le portique de sécurité d’un instant à l’autre, et chaque minute supplémentaire était une véritable torture, un combat contre lui-même pour ne pas céder à la tentation de rejoindre sa limousine qui le déposerait dans le bar le plus proche.
Pourquoi avait-il fallu qu’il écoute Serena ? A bien y réfléchir, il y avait toutes les chances qu’elle se soit trompée au sujet de Blair... Ou pire : qu’elle ne se soit pas trompée, mais que Blair ait changé d’avis durant ses vingt heures de vol, réalisant combien leur couple était une chimère, une erreur.
Et pendant ce temps, lui l’attendait là, le cœur sur la main, prêt à se faire briser d’un seul mot ?
Tournant la tête, il avisa le flot des voyageurs qui commençait à s’écouler dans la salle : des parents tenant fermement leur marmaille par la main, des touristes affolés cherchant la sortie, des porteurs poussant le chariot des voyageurs les plus fortunés…
Chuck déglutit. S’il voulait fuir, c’était maintenant ou jamais… La perspective était pour le moins alléchante : gagner quelques heures, quelques jours, avant d’apprendre la vérité… Blair changerait peut-être d’avis entre temps, décidant finalement de laisser une nouvelle chance à leur couple ? Elle était forte, elle en était capable.
Le jeune homme secoua lentement la tête : il se torturait pour rien. Car il le savait, il le sentait au plus profond de lui-même : il serait incapable de quitter cet aéroport sans elle. La seule perspective de devoir attendre quelques minutes de plus avant de la retrouver était insupportable. La voir, l’entendre, la sentir… Avec un peu de chance, la toucher.
Oh que oui elle lui avait manquée, plus qu’il ne l’aurait imaginé même. Il n’aurait su dire ce qui avait été le plus pénible : la peur de la perdre ou le manque ? Deux tortures pour le prix d’une… Les premières heures, la douleur avait été … surprenante. Il s’était fait violence, la repoussant de toutes ses forces. Devant l’inutilité de ses efforts, il avait rationnalisé : il fallait seulement laisser un peu de temps s’écouler, cela passerait… Mais non. Chaque heure s’était révélée plus dure, chaque minute loin d’elle était une nouvelle épine qui le saignait à blanc. Alors il avait accepté, essayant d’apprendre à vivre avec, ou tout du moins donnant le change pour que Lily cesse de s’inquiéter, pour que Jenny cesse d’être terrifiée, pour que…
Ce fut à cet instant qu’il la vit.
Ses cheveux détachés, seulement maintenus par un bandeau rouge, virevoltaient autour de son doux visage à chaque pas qu’elle esquissait. Dans sa courte robe noire relevée par un gilet rouge, elle était encore plus belle que dans ses souvenirs. Même sa démarche un peu raide et son visage fermé ne parvenaient pas à rompre la grâce qui émanait de tout son être.
Instinctivement, il fit un pas en avant. La sentir, la toucher…
Le visage de Blair se tourna vers la source du mouvement. Lorsqu’elle le reconnut, elle s’arrêta net. Sa bouche s’entrouvrit sous le choc tandis qu’elle le regardait, l'air éperdu. Ils restèrent ainsi, à s’observer, lui le cœur battant la chamade, elle le souffle coupé.
Reprenant ses esprits, Blair ferma la bouche et pinça les lèvres d’un air contrarié.
Chuck carra la mâchoire. Cette grimace... C'était un mauvais présage. Mais il ne devait pas, ne pouvait pas, se montrer lâche. Il lui fallait faire un pas vers elle, même si elle risquait de prendre les jambes à son cou. Oser. Oser, pour elle. Parce qu’il la voulait. Parce qu’il n’avait pas le choix.
Prenant une grande inspiration, il avança vers la jeune fille dont la poitrine se soulevait et s’abaissait de plus en plus vite. Par crainte ? Par dégoût ? Par envie ? Il n’allait pas tarder à le savoir...
Il s’arrêta à un mètre de la gracieuse silhouette et plongea dans ses prunelles. La contrariété dans les yeux noisette avait laissé place à l’incrédulité. Visiblement, elle cherchait à comprendre. C’était plutôt bon signe … non ?
Tout doucement, il sortit de derrière son dos une unique rose rouge. Le visage de Blair se décomposa : elle se contenta de fixer la fleur, bouche bée. Elle releva finalement la tête, sondant les intentions de Chuck dans ses yeux. Elle avait l’air tellement … perdue. Et émue. Cela pouvait-il signifier que Serena avait raison ?
Un sentiment de bien-être, de bonheur, l’envahit tout à coup. Ses lèvres se fendirent en un large sourire, improbable, irréfléchi, libérateur. A leur tour, les lèvres de Blair se retroussèrent, s’affaissèrent, se soulevèrent un peu plus, jusqu’à ce qu’un sourire rayonnant éclaire son visage.
Elle ne le rejetait pas. Elle ne le rejetait pas !
D’un seul mouvement, tous deux s’approchèrent et leurs lèvres se rencontrèrent fougueusement. Un baiser total, à l’image de la douleur, du manque, qu’il avait ressentis durant ces quelques jours.
Le front plissé par l’avalanche d’émotions qui le submergeait, il passa sa main derrière la nuque de Blair, l’approchant encore plus de ses lèvres, les plaquant contre les siennes dans un besoin rageur, dans un soulagement consumant. Il sentit les mains de Blair se placer sur chacune de ses joues, approchant sa mâchoire jusqu’à elle, encore et encore…
Que ce moment ne s’arrête jamais… Qu’elle ne le quitte plus jamais…
Ce baiser aurait pu durer une éternité s’il n’avait pas ressenti le besoin soudain de prendre une bouffée d’air. Il s’éloigna à regret, le souffle court. Ni l’un ni l’autre ne souriait, ils se dévoraient littéralement des yeux. Cette soif, cette faim d’elle… Il la voulait. Il la voulait tellement… Maintenant. Et sa manière de le regarder en retour… Il aurait juré qu’il en était de même pour elle. Alors il se lança :
- Taxi ou limousine ?
Le regard de Blair se fit félin. Sans prendre la peine de lui répondre, elle fit un signe de tête au porteur derrière elle pour qu’il les suive. Ils se mirent en route, zigzagant entre les passants qui l’empêchaient de rester juste à côté d’elle. Il aurait tellement voulu, pourtant… A dire vrai, une drôle d’envie le taraudait : lui prendre la main. Chuck Bass mourant d’envie de prendre la main d’une fille ! On aurait tout vu… Mais à vrai dire, il s’en fichait complètement. Plus rien n’avait d’importance, si ce n’était elle, sa peau, son parfum…
Le trajet jusqu’à la voiture lui parut interminable. Il soupira devant la lenteur qu’il fallut au bagagiste pour charger les bagages dans le coffre. Il lui tendit un billet de cent dollars avant qu'il n'ait terminé, et se précipita sur la portière qu’il ouvrit à Blair. Lui jetant un coup d’œil amusé, celle-ci monta dans la limousine où il la suivit prestement. Le chauffeur n’avait pas encore refermé la porte derrière eux qu’il se jetait déjà sur elle, embrassant ses épaules, sa nuque, son besoin d’elle encore aggravé par les soupirs qui se dégageait de la gorge féminine. Blair releva sa tête, plaquant ses lèvres contre les siennes, passant une main dans ses cheveux…
Tout à coup, un bip résonna dans l’habitacle.
- Laisse… susurra Chuck en se détachant une seconde de la bouche de la jolie brune.
Elle lui rendit un instant son baiser avant de l’éloigner en riant.
- C’est Serena ! Je lui avais promis de l’appeler en arrivant, elle doit s’inquiéter.
Chuck se rassit avec un soupir frustré. Blair pouffa de rire et ouvrit son portable. Elle fronça les sourcils au moment où son propre téléphone se mit à sonner. Il le sortit de sa poche et découvrit un nouveau sms :
Vous ne m’aviez pas oubliée tout de même ? J’étais seulement partie à la pêche … aux ragots bien sûr ! Opération guère fructueuse jusqu’à ce qu’un gros morceau morde à l’hameçon : car, accrochez-vous, mais il semblerait que Chuck Bass se soit vite remis du départ de sa morue pour se trouver une jolie sirène ! En témoigne ce cliché pris devant son appartement où il remet une coquette somme à la belle pour ses chants … voluptueux ! Bravo Chuck, j’en étais presque arrivée à douter de tes goûts en matière de femmes !
Lorsqu’il releva la tête, une silhouette sortait en courant de la voiture par la portière donnant sur la rue.
- Non !
Fin de l'épisode
Retrouvez prochainement la suite dans le ...
3x02 - Explain me if you can