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3x02 - Explain me if you can

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 28.06.2009 à 19h30
Auteur : lili59 
Statut : Terminée

« Suite du 3x01 - The beach is back ... en espérant vous retrouver aussi enthousiastes après la courte page de pub! ;-) » lili59 

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L’esprit ankylosé, elle courut pendant près d’un kilomètre avant que son talon gauche ne casse net. Pour de vrai, cette fois…

Elle se laissa glisser sur le trottoir, elle se laissa glisser dans l’horreur. Pleurs, sanglots… Réaction incontrôlable. Un tourbillon incompréhensible, irrésistible, l’entraînait vers le vide et le chaos. Elle ne pensait pas, elle ne pensait plus. C’était trop dur… Seuls ses nerfs la guidaient. Ses nerfs, et le vide.

Relevant la tête, elle avisa une brasserie un peu plus loin. Sans prendre la peine de sécher ses larmes, elle se redressa, ouvrant la bouche pour respirer, titubant sur sa chaussure brisée. Elle entra dans le restaurant, ne prêtant aucune attention aux clients qui observaient, stupéfaits, cette fille en larmes, bien trop chic pour ce genre d’endroit.

Elle ne pouvait pas attendre. Elle se dirigea vers le comptoir, passa commande. Uniquement des plats froids, qu’elle emporta rapidement sur un plateau. Elle n’aurait pas su dire à quoi ressemblait la serveuse… Elle n’avait pas fait attention. Ou bien elle avait déjà oublié…

Elle s’assit sur une banquette dans un coin, tournant le dos au reste du restaurant. Elle déballa tous les aliments et les déposa devant elle, puis s’arrêta.

Elle ne pouvait pas faire ça… Non. Ce n’était pas possible… Pas maintenant, pas après tous les efforts qu’elle avait fournis pour s’en sortir. Non. Non. Non !

Elle passa une main sur son visage, sanglotant doucement.

Mais elle avait si mal… Si mal… Ce n’était pas possible, pas possible d’avoir si mal. Et ce vide… Il fallait combler ce vide.

Elle expira doucement.

Oh oui… Oui, être pleine, ne plus avoir mal. Oh oui, s’il vous plaît… Faites qu’elle n’ait plus mal, plus mal, plus mal…

Elle s’empara de l’énorme part de browni et la croqua, tendant déjà la main vers la tarte aux fraises. Elle fit passer le tout par une gorgée de soda fortement sucré, se laissant aller au bien-être éphémère provoqué par la libération des endorphines. Elle avait du mal à respirer, mais que c’était bon… Que c’était bon de ne plus penser à autre chose qu’à la prochaine part, qu’à la prochaine portion source de bien-être.

Ce n’était pas qu’elle refusât de penser à ce qui aller se passer ensuite. Non… Elle ne pensait pas, tout simplement. Son cerveau s’était mis en mode automatique durant cette situation de crise. Il avait trouvé tout seul ce qui le soulagerait… Car oui, elle se sentait soulagée… Encore une bouchée, encore une, juste une… Et une autre. Ne pas penser. Oui. Ne plus jamais penser, jamais.

Jamais.


lili59  (28.06.2009 à 19:31)

 

 

*   *   *   Générique   *   *   *

 

 


lili59  (28.06.2009 à 19:32)

Il y a encore quelques heures, les vacances d’été battaient leur plein et toi, cher lecteur, tu réclamais à corps et à cris les scoops de Gossip Girl…

Sois rassuré : il semblerait que presque tous les oiseaux aient rejoint le nid new-yorkais… A commencer par Queen B qui est apparemment rentrée à la maison juste à temps pour apprendre les ébats de son chevalier servant, à en juger par la manière dont ce dernier a arpenté Manhattan sur son destrier noir la nuit dernière pour la retrouver…

Tu t'ennuyais de mes potins ? Il suffisait de demander ! Merci qui ? Merci GG !


lili59  (29.06.2009 à 19:36)

« Salut ! Bien entendu tu cherchais à joindre Blair Wal… »

Chuck ferma rageusement le clapet de son téléphone en jurant entre ses dents.

- Je tombe mal ?

Il se détourna. Dans l’embrasure de la porte ouverte se tenait Jenny, raide comme un piquet et visiblement mal à l’aise.

- Oui… marmonna le jeune homme.

Aucune envie de faire des efforts. Il n’avait pas dormi de la nuit, cherchant tout d’abord Blair aux alentours de l’aéroport, écumant ensuite les endroits qu’elle préférait à New York. Il avait longé son appartement également, mais il savait que c’était peine perdue : il n’y avait pas de lumière. Bien entendu, il avait tenté de lui téléphoner une bonne dizaine de fois, mais elle n’avait jamais décroché. Et depuis deux heures, il tombait directement sur son répondeur, signe qu’elle avait éteint son portable.

- Est-ce que… Est-ce que je peux faire quelque chose pour t’aider ?

- Mis à part si tu as des dons de prestigitatrice et que tu peux faire apparaître qui je veux, non.

Il grognait plus qu’il ne parlait, songea Jenny. Mais, bizarrement, elle ne ressentait aucune peur. Trois jours plus tôt, elle aurait pris les jambes à son cou s’il avait agi de la sorte. Mais Chuck avait perdu un peu de son emprise sur elle, tout simplement parce qu’elle avait perçu l’être humain qui se cachait derrière ces allures de bête. Il ne montrait les crocs que parce qu’il avait mal, et aujourd’hui plus que jamais. Et il n’y avait pas trente mille raisons qui pouvaient expliquer un tel état.

- C’est Blair, c’est ça ?

La question était purement rhétorique. Lorsqu’elle avait lu la rumeur propagée par Gossip Girl la veille, elle avait immédiatement compris les conséquences que ce simple message aurait sur leur couple. C’était pour ça qu’elle était passée ce matin, pour voir comment irait Chuck. Elle se sentait étonnamment … concernée par ses problèmes. Il essayait vraiment de faire des efforts, et finalement tout se cassait la figure à cause de Gossip Girl. Et puis elle avait de la peine pour lui aussi. Bizarre, hein ?

- C’est dégueulasse ce qu’a écrit Gossip Girl…

- Elle a seulement retranscrit ce qu’a cru voir un de mes « petits camarades », susurra Chuck d’une voix néanmoins haineuse.

- Mais pourquoi tu n’as pas tout expliqué à Blair ?

Chuck lui lança un regard acerbe. Forcément, pensa Jenny, il n’avait pas envie de se confier à elle… Mais sincèrement, à qui d’autre pourrait-il parler ? Pas à Nate à Miami, ni à Serena on-ne-savait-où, et encore moins à Blair… Mais il fallait qu’il parle à quelqu’un, Jenny en était convaincue. Elle se contenta donc de hausser un sourcil, signalant ainsi que sa tentative d’intimidation n’avait absolument aucune prise sur elle. Chuck l’observa un instant puis capitula :

- Pour lui expliquer, il faudrait déjà que je l’attrape…

- Et tu penses vraiment avoir tout fait pour ça ?

- Je ne vais pas me mettre à genoux ! siffla –t-il. Ce n’est pas mon genre, et encore moins quand je n’ai rien à me reprocher…

C’était vrai : il n’avait rien à se reprocher ! Rien du tout !

- Oui, mais elle ne le sait pas...

Touché, pensa-t-il. Mais ça ne changeait rien. Il avait fait suffisamment d’efforts : il avait été à l’aéroport, il l’avait cherchée, il l’avait appelée… Il refusait de devenir le caniche de madame. Il ne s’abaisserait pas à ça, jamais.

- C’est toi qui vois Chuck… dit calmement Jenny. C’est ton couple qui est en jeu après tout, pas le mien.

Elle fit volte-face, s’arrêtant cependant presque aussitôt. Elle tourna la tête sur la gauche et reprit :

- Mais juste une chose… Si les rôles étaient inversés, si c’était toi qui pensais que Blair t’avait trompé, crois-tu franchement que tu te laisserais si facilement attraper ?

Sans plus le regarder, elle sortit de la pièce, laissant Chuck avec ses pensées.


lili59  (29.06.2009 à 19:39)

- Salut...

A moitié nue sous le drap satiné, Serena sourit dans un demi-sommeil. Le matin était son moment préféré de la journée : l'air n'était pas encore étouffant et elle pouvait profiter à loisir des rayons de soleil qui caressaient sa peau à travers les persiennes entrouvertes. Ce moment était encore plus agréable ce matin, grâce au délicieux arôme de café qui emplissait l'air et aux doigts masculins qui lissaient ses cheveux emmêlés.

Se détournant, elle découvrit Carter qui lui souriait, une tasse de café à la main.

- Bonjour... murmura-t-elle d'une voix encore endormie.

Elle se redressa, prenant garde à ce que le drap ne glisse pas.

- Bien dormi ? demanda Carter.
- Très... Je dois avoir une de ses têtes ! se plaignit Serena en se frottant les yeux.

La main de Carter quitta ses cheveux et se posa sur les siennes.

- Je te trouve très belle... chuchota-t-il.

Un immense sourire vint éclairer le visage boudeur de Serena. Elle posa rapidement ses lèvres contre celle du jeune homme en guise de remerciement et tendit la main vers la tasse de café.

- C'est trop gentil de m'apporter le café au lit...
- Hé ! rigola le jeune homme. Pas touche !

Serena fronça les sourcils.

- Ce n'est pas pour moi ?
- A la base, si. Mais vu à quel point il est infect, j'ai préféré me sacrifier et laisser à Dorota le soin d'en préparer un autre pour toi.
- Carter ! Dorota est en vacances, elle est mon invitée !
- J'y peux rien ! C'est elle qui a insisté !

Serena éclata de rire.

- Ca ne m'étonne pas...

Reprenant son sérieux, elle poursuivit :

- En tout cas, c'est gentil d'avoir essayé...
- Hum, grimaça Carter. J'ai encore des progrès à faire...

Il déposa son index contre l'épaule de la jeune femme et le laissa dériver le long de son buste.

- Mais après la nuit que tu m'as fait passer, c'était bien le moins que je pouvais faire...

Serena eut un mouvement de recul.

- Quoi ? demanda Carter, surpris.

Serena l'observa quelques instants, bouche entrouverte, avant de secouer la tête en souriant.

- Non, rien. Excuse-moi, c'est juste que... Dis comme ça, ça sonnait un peu comme le client satisfait de la prestation de sa call girl préférée...

Le visage de Carter se décomposa. Le regard vide, il fixait Serena comme si un coup de massue venait de lui tomber sur la tête.

- Excuse-moi, ce n'est pas ce que...

Il ne put poursuivre : Serena avait posé un doigt sur sa bouche.

- Chut... Tout va bien...

Toujours souriante, elle ôta son doigt pour l'embrasser. S'il lui rendit son baiser, elle sentit de sa part un certain manque d'enthousiasme qui la surprit. Rouvrant les yeux, elle recula un peu et grimaça.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Carter planta son regard dans le sien. Il la regardait bizarrement. Il avait l'air ... triste. Et en colère aussi. C'était bizarre.

Le jeune homme finit par secouer la tête.

- Rien. Est-ce que tu te sens prête ?

Serena baissa la tête. Ces dernières heures avaient été si belles qu'elle en avait presque oublié la raison de son séjour aux îles Fidji : la veille au soir, elle avait décidé qu'il n'était plus temps de tergiverser et qu'elle irait dès le lendemain voir son père. Et le lendemain, c'était aujourd'hui...

Elle eut soudain la nausée. Tant que cette visite avait été de l'ordre du projet, elle s'était senti le courage d'une lionne. Mais maintenant qu'elle y était, elle se sentait plutôt la force d'un chaton.

Elle sentit une main lui caresser le dos. Se détournant, elle vit Carter qui lui souriait gentiment.

- Tu n'as rien à craindre... Je suis là.

Serena lui rendit un pauvre sourire et hocha la tête.

 


lili59  (03.07.2009 à 13:33)

Jenny remonta le couloir, l’esprit préoccupé. Avait-elle bien fait de lui dire ça ? Après tout, elle n’était qu’une gamine, ses opinions n’avaient aucun intérêt pour Chuck Bass… Et, en imaginant qu’elles en aient, il y avait toutes les chances qu’il fasse l’inverse de ce qu’elle lui avait conseillé, uniquement pour la contrarier.

Elle était tellement perdue dans ses pensées qu’elle ne remarqua pas l’ombre qui se dessinait à l’angle du couloir. Elle ne ressentit que l’onde de choc tandis qu’elle perdait l’équilibre. Heureusement, une main ferme la maintint en place avant qu’elle ne s’écroule. Jenny releva la tête.

- Nate ?

En face d’elle, le jeune homme blond lui souriait gentiment. Ce sourire tellement particulier, celui qui ne se cachait pas… Depuis leur rupture, elle avait toujours senti Nate sur la défensive, redoutant sans doute les attaques de Dan. Mais là, il était naturel … et beau à en couper le souffle. Sans compter que cette rencontre était le digne stéréotype des séries pour ados où le garçon bouscule la fille et l’aide ensuite à ramasser ses manuels scolaires éparpillés sur le sol ! Bon sang, pourquoi n’avait-elle pas pris de bouquins ?

- Salut sœurette !

Jenny détourna la tête et découvrit Dan, un petit sourire au coin des lèvres. Elle se sentit rougir des pieds à la tête.

- Dan !

La surprise passée, elle fronça les sourcils. Son regard passa de l’un à l’autre, interrogateur. Nate lui aussi jetait un coup d’œil discret à Dan, mais celui-ci se contenta d’esquisser une mimique du genre « tu vois, je t’avais prévenu ! ». C’était à n’y rien comprendre…

- Mais qu’est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle. Je vous croyais à Miami ?

- On y était… répliqua Nate. Jusqu’à ce que…

Il se tourna vers Dan. Celui-ci réfléchit l’espace d’un instant et, tendant les mains, il continua précipitamment :

- … jusqu’à ce qu’on se rende compte que rien ne valait les new yorkaises…

Les mains sur les hanches, Jenny leva les yeux au ciel.

- Dan, il va vraiment falloir que tu apprennes à mentir… Tu n’es pas crédible une seule seconde !

- Et toi, rétorqua une voix rauque derrière elle, il va vraiment falloir que tu apprennes à ne pas te mêler de ce qui ne te regarde pas…

Jenny se pinça les lèvres et, sans même prendre la peine de se retourner, répliqua :

- J’arrêterai de me mêler des affaires des autres le jour où ils seront capables de réfléchir autrement que comme des gamins de trois ans !

Aucune voix ne répondit. Un petit sourire victorieux sur les lèvres, Jenny reprit d’une voix ironique :

- Sur ce, messieurs, si vous voulez bien m’excuser…

C’est d’un pas assuré qu’elle traversa le salon et remonta le dernier couloir. Au moment où les portes de l’ascenseur se refermaient derrière elle, elle entendit Nate éclater de rire et dire :

- On peut dire qu’elle soigne ses sorties !

Chuck et Dan lui lancèrent un regard noir.

- Oh allez, ne le prenez pas mal ! rigola Nate. Après tout, ce ne serait pas vraiment votre petite sœur si elle ne vous faisait pas tourner en bourriques !

Dan et Chuck se lancèrent un regard horrifié. Ils en avaient presque oublié que, d’ici peu, ils partageraient la même sœur … ce qui signifiait qu’ils seraient bientôt frères.

Chuck fut le premier à se ressaisir. Reprenant son habituel visage fermé -yeux plissés, mâchoire carrée-, il changea de sujet :

- Trêve de mauvaise plaisanterie… Pourrais-je savoir ce que vous faites ici ?

- Je croyais qu’il ne fallait pas se mêler de ce qui ne vous concernait pas ? se moqua Dan.

- Je ne vois pas pourquoi le doux agneau prendrait la peine de se jeter dans la gueule de loup s’il n’avait pas besoin de ses services… répliqua Chuck d’une voix aussi moqueuse que menaçante.

Nate éclata de rire.

- Allez, c’est bon les gars ! Tu as raison Chuck, on a besoin de toi. Il nous est arrivé quelque chose à Miami, et j’ai suggéré à Dan que seul le « magicien » des intrigues pouvait nous aider…

Chuck esquissa un demi-sourire, flatté. Il tendit une main, invitant Nate à s’asseoir. Dan leva les yeux au ciel et s’assit également sur l’élégant canapé en cuir. Cela ne changea rien : Chuck l’ignora totalement, s’adressant à Nate pour lui demander davantage d’explications :

- Je t’écoute…

- Oh, ça va aller vite ! Figure-toi que, depuis deux semaines, un garçon dénommé Scott passe son temps dans la galerie du père de Rufus. Rien de bien étonnant, sauf que nous l’avons surpris en train de nous guetter devant notre hôtel à Miami. Peu de chance que ce soit une coïncidence, il a dû apprendre que nous y séjournions car Dan et son père ont échangé une conversation téléphonique à ce sujet… Nous sommes donc partis sans laisser d’adresse pour te demander conseil.

Les mains jointes, Chuck fronça les sourcils.

- Et Dan est sûr de ne pas le connaître ?

- Oui… répondit Nate tandis que Dan levait les yeux au ciel, agacé par le peu de considération de Chuck.

- Connaît-il son nom de famille ?

Nate se tourna vers Dan qui fit un signe de tête.

- Apparemment non.

- Hum…

Chuck garda le silence un instant, réfléchissant.

- Sans son nom de famille, difficile de faire des recherches à son sujet. Et, si vous le lui demandez, il y a toutes les chances qu’il se méfie. Dans ce cas, soit il mentira soit il disparaîtra dans la nature… Je ne vois donc qu’une seule possibilité.

- Laquelle ? demanda Dan.

- Engager un détective privé. A mon avis, dès que Scott aura remarqué votre départ, il reviendra à New York pour tenter de glaner de nouvelles informations à la galerie. C’est là que le détective devra l’attendre, afin de le suivre et de découvrir son identité.

- Je n’ai pas les moyens ! s’exclama Dan. Tu crois que tout le monde a une fortune à gaspiller dans des futilités ou quoi ?

 - Si tu estimes que découvrir pourquoi ce Scott te suit est une futilité, je ne vois pourquoi je perds mon temps…

Chuck se leva lentement, témoignant ainsi son désir de parachever la conversation.

- Oh les gars, ça va ! les interrompit Nate.

Il se leva à son tour, imité par Dan. Il réfléchit un instant avant de reprendre :

- Vous avez raison tous les deux… Il nous faut un détective, mais Dan n’a pas la somme nécessaire. Alors…

- Hors de question que tu payes pour moi ! l’interrompit Dan.

- Ce n’est pas ce que j’allais proposer, répliqua Nate. A vrai dire, quitte à être coincés à New York, je me disais que nous pourrions peut-être tenter une nouvelle expérience…

Chuck et Dan froncèrent les sourcils. Nate contint un sourire amusé : ces deux-là se ressemblaient plus qu’ils ne l’imaginaient !

Reprenant son sérieux, il explicita son propos :

- Vous connaissez le dicton « On n’est jamais mieux servi que par soi-même » ?


lili59  (04.07.2009 à 10:38)

Repéré : Chuck Bass au garde-à-vous devant la résidence Waldorf.

Queen B. aurait-elle la nostalgie de son règne passé au point de vouloir convertir ses anciens amants en hallebardiers ?

Dommage pour toi Little B. : il y a déjà un bon moment que Cupidon ne fait plus partie de ta haie d’honneur !


lili59  (17.08.2009 à 16:05)

La sonnerie du sms se noya dans le tapage de l’avenue. Raide comme un i, Chuck resta résolument concentré sur l’interphone qui lui faisait face tandis que son visage se fendait en un sourire amer : ironie du sort, il s’était trouvé dans la même posture moins de vingt-quatre heures plus tôt. A l’aéroport, il avait attendu le bon vouloir de Melle Waldorf, une rose dans la main, son cœur dans l’autre. Un cœur qui s’était remis à battre l’espace d’un instant, juste assez longtemps pour se rappeler à lui avant de l’abandonner…

Cela faisait maintenant plus de dix minutes qu’il était là, devant cet interphone, à ne savoir que faire. Encore une fois il devait se mettre à nu, encore une fois il devait ravaler sa fierté. Et il ressentait un profond sentiment d’injustice : quelques mois plus tôt il s’était battu, pour elle. Puis il avait changé, pour elle. Et alors qu’elle l’avait enfin jugé digne de sa personne, alors qu’il se montrait enfin digne de sa confiance, on essayait de lui reprendre cette dignité ! Il ne voulait pas s’agenouiller, il n’avait aucune raison de le faire. Il était Chuck Bass !

Son sourire cynique disparut : mais à quoi servait-il d’être Chuck Bass s’il l’était sans Blair Waldorf ? Ils étaient un ensemble, un tout, un atome qui avait besoin de son électron négatif comme de son noyau positif pour s’électriser. Aussi humiliant que cela fût, il avait besoin d’elle.

Expirant un peu d’air entre ses lèvres pincées, il appuya sur la sonnette.

 

*


Elle éclata en sanglots.

Son portable à la main, elle ne parvenait plus qu’à voir le nom « Chuck Bass » dans le message de Gossip Girl. Grâce à cette missive, aucun doute n’était possible sur l’identité de son visiteur.

Ainsi Chuck avait sonné… Il avait osé. Elle l’imaginait, juste là, quelques mètres en dessous d’elle…

Les sanglots se mêlèrent à un rire nerveux, le tout secouant sa poitrine avec une force qui frôlait l’hérésie.

Bien sûr qu’il avait osé ! Une fois qu’il avait découvert le message de Gossip Girl, il s’était retrouvé piégé, il n’avait plus eu le choix au risque de se faire traiter de lâche … encore une fois ! Car ce n’était que ça, que ça. Avec Chuck, tout n’était qu’une question d’image.

Les idées qu’elle ressassait depuis des heures lui revinrent, confuses. Au milieu de sa détresse, au milieu de l’appartement sombre, elle avait tenté d’organiser son chaos intérieur pour donner un sens à cette trahison. Cette trahison qu’elle avait pressentie sans se l’expliquer, et ce quoiqu’en ait dit Serena… Elle la revoyait sur la plage, lui disant que Chuck l’aimait… Se pouvait-il que cette scène n’ait eu lieu que trente-six heures plus tôt ? Trente-six heures avaient-elles réellement suffi à briser définitivement Blair Waldorf ? N’en fallait-il donc pas plus ?

Et voilà qu'après ces heures de questionnements nocturnes, elle comprenait enfin : non, cette décrépitude ne s’était pas jouée en une seule journée. Tout ce qui lui était arrivé cette année l’avait fragilisée. Quant à Chuck, sa trahison n’était pas le fruit de leur querelle de pacotille avant son départ pour les îles Fidji. Non, au contraire, tout ceci n’était que la suite logique de l’évolution du jeune homme. Et elle ne parlait pas que de son … inconstance. Non, elle parlait surtout d’avant, du moment où il avait soi-disant voulu bâtir une relation sérieuse avec elle.

Chuck était ce qu’il était : un enfant brisé, assoiffé de reconnaissance. Le lycée touchant à sa fin, il avait réalisé que sa réputation d’ado rebelle était un peu dépassée. Celle de l’homme d’affaires devenait plus branchée. Alors il avait modifié son comportement, se donnant des airs respectables. Et il l’avait utilisée comme un accessoire ; il l’avait prise à son bras comme elle exhibait son dernier Vuitton.

Elle essuya du revers de la main les larmes qui roulaient le long de ses joues. La colère prenait l’ascendant sur son désarroi. Il s’était servi d’elle. Oui, il s’était servi d’elle dans sa quête de respectabilité. Jamais il n’avait été question d’histoire d’amour, jamais. Il lui avait menti. C’était ça, oui ! Oh, peut-être avait-il ressenti quelque chose, ça, c’était possible… Mais jamais il n’avait réellement souhaité construire une relation avec elle.

Et même s’il l’avait voulu, ça se serait avéré impossible… Qu’est-ce que Gossip Girl avait dit la veille déjà ? Question idiote… Ce message, elle le connaissait par cœur. Elle l’avait lu et relu, jusqu’à ce que son cœur se vide du dernier espoir : elle était une morue. Une morue…

Elle n’était pas assez bien. Elle n’était jamais assez bien, pour personne. Pas assez aimante pour son père…  Pas assez belle pour que sa mère… Pas assez respectable pour la nouvelle Serena … Et tout simplement pas assez pour Chuck. Car si elle l’avait été, elle aurait su le retenir… Elle n’était pas assez, pas assez… Et elle ne le serait jamais.

 

Nouveau coup de sonnette.

Un éclair déchira son esprit avant de laisser place aux ténèbres.

Vide, néant, trou noir.

Bouche ouverte, elle regarda devant elle sans qu’aucune image ne se grave sur sa rétine pour autant, avec cette impression vertigineuse d’un tourbillon noir à l’intérieur de son corps qui aspirait ses pensées, ses émotions, sa raison.

Pourquoi sonnait-il à nouveau ?

Ca n’avait pas de sens : sa réputation était sauve, il n’avait nul besoin de se manifester à nouveau…

Pourquoi sonnait-il à nouveau ? Quel intérêt ?

Sa tête se mit à remuer dans tous les sens sans qu’elle le voulût. Comme réveillé par les soubresauts de son corps, son esprit se remit en marche. Trop tard… Elle le savait, elle le sentait : ça allait recommencer. Cette dichotomie entre sa volonté et ses actions, entre son esprit et son corps... Le pilote automatique était à nouveau en marche et la fin inéluctable…

Mais pourquoi avait-il sonné, pourquoi ? Pourquoi lui imposait-il cela ? Par pitié, ne pouvait-on pas la laisser sombrer seule, tranquillement ?

Les soubresauts la malmenaient de plus en plus violemment, ils étaient comparables à ceux d’une crise d’épilepsie désormais. Ca allait arriver… Même si elle ne l'avait pas voulu, ça arriverait… Autant éviter de salir le carrelage de la salle de bain… 

Elle se mit à genoux et, retenant ses cheveux d’une main, posa l’autre sur l’extrémité de la cuvette pour se retenir. Elle plongea son regard dans l’eau bleutée au fond du réceptacle tandis que ses doigts menus partaient à la recherche du fond de sa gorge.

 

Ici…

Son diaphragme se souleva immédiatement, et elle retira ses doigts juste à temps.

La crise dura plusieurs minutes, plusieurs salves de vomissements se succédant à un rythme effréné. Lorsqu’elles ne s’enchaînaient pas assez vite, Blair repartait à la recherche du fond de sa gorge…

Ce n’était pas que la sensation fût agréable en elle-même, loin de là… Mais justement. Justement, son corps était enfin en harmonie avec ses états d’âme : elle le faisait souffrir tout comme son âme souffrait… Et c’était bon… Oui, il y avait une forme de plaisir dans cette douleur. Se faire mal. C’était tout ce qu’elle méritait de toute façon… Elle n’était qu’une morue, qu’une morue qui se délestait d’un peu du poids de sa peine…

Qu’y avait-il de mal à cela après tout ? Pourquoi avoir autant de scrupules à se faire du bien ? Pour elle ? Voyons, tout ce qu’elle risquait c’était de perdre un peu de poids et redevenir la sirène qui avait envoûté Chuck de ses chants... Pour les autres ? Allons allons… Qui s’en souciait ? Serena roucoulait avec Carter aux îles Fidji, sa mère avec Cyrus à Rome…

Et puis, même s’ils l’apprenaient, même si elle les décevait, ce ne serait pas la première fois, hein ?

Elle était Blait Waldorf.

Elle n’était pas assez.

 


lili59  (19.08.2009 à 11:40)

Il devait s’attendre à ce qu’elle revienne car, contrairement à l’avant-veille, il était rasé de près. Son visage semblait un peu plus juvénile ainsi, plus conforme aux souvenirs de Serena… Malgré tout, la différence était toujours là : les rides, les yeux tristes… Quatre années avaient marqué le visage de son père tout comme elles avaient marqué une rupture dans leur relation.

Se sentant sans doute observé, Keith tourna la tête en sa direction. Serena rougit et s’empressa de détourner le regard. Elle but une nouvelle gorgée de soda pour se donner une contenance.

- Et si nous nous installions sur la terrasse ? proposa-t-elle, soudain désireuse de sentir l’air frais sur son visage. Il ne fait pas encore trop chaud, et ce serait dommage de ne pas profiter de la vue…

Keith observa furtivement Brett et Devon à travers la baie vitrée avant de concentrer à nouveau son attention sur sa fille.

- A vrai dire, ce n’est pas très conseillé… Il vaut mieux éviter que je sois vu, surtout si près du procès… bredouilla-t-il en guise d’excuse.

- Oh… murmura Serena. Je comprends.

Un silence gêné s’installa dans la pièce. Père et fille s’évitaient soigneusement du regard. Serena se sentait affreusement embarrassée : qu’était-on censé dire à son père lorsqu’on venait de le retrouver après quatre ans d’absence ? Qui plus est quand on venait d’apprendre que ce père était un ancien toxicomane aujourd’hui protégé par le FBI parce qu’il n’avait osé dénoncer un meurtre onze ans plus tôt ?

- Comment ça va l’école ?

Serena tourna la tête, surprise. Comme lors de sa première visite, elle eut la désagréable sensation que son père souhaitait faire comme si la situation était normale. Or la situation était tout sauf normale.

Serena ouvrit la bouche, prête à lui balancer une réplique cinglante, lorsqu’elle remarqua que Keith se dandinait sur son siège. Apparemment, lui non plus n’était pas très à l’aise… Elle poussa un soupir.

Après tout, pourquoi ne pas commencer par échanger quelques banalités ? Parler de ses études était toujours plus intéressant que disserter sur la pluie et le beau temps… Et puis, ça lui donnait l’occasion d’annoncer à son père son entrée à l’université, de le rendre fier d’elle… Une bouffée d’orgueil l’envahit et c’est même avec un sourire qu’elle répondit enfin :

- Ca va… J’ai reçu mon diplôme le mois dernier, et j’ai été acceptée à Brown.

- Oui, je suis au courant.

Le visage de la jeune femme se défit.

- Comment ça, « tu es au courant » ?

- Je te l’ai dit, tu es surveillée par le FBI. Et ils me donnent régulièrement de tes nouvelles. De toi, mais aussi d’Eric et de ta mère bien sûr…

- Bien sûr.

Son ton avait été sec. Elle se pinça les lèvres pour ne pas poursuivre. Elle avait très envie de demander à son père pourquoi il lui avait posé la question étant donné qu’il en connaissait déjà la réponse, lui qui était si bien renseigné !

Et puis après tout, qu’est-ce qui l’en empêchait ? C’était lui le méchant, pas elle ! Elle avait bien le droit de lui dire ses quatre vérités, ce n’était pas comme s’il avait fait preuve d’une attitude suffisamment exemplaire pour qu’elle lui doive un respect inconditionnel !

Sa résolution était prise lorsqu’une voix masculine s'éleva dans les airs :

- Ce que vous ne savez sans doute pas Mr Van Woodsen, c’est que Serena souhaite devenir architecte…

Serena tourna la tête vers la silhouette masculine assise à côté d’elle sur le canapé mais Carter gardait la tête résolument tournée.

- Vraiment ? demanda Keith.

Visiblement, le sujet l’intéressait : il s’était redressé sur son fauteuil et attendait clairement la suite.

- Oui. Et elle est très douée vous savez. Enfin, pour l’instant elle n’a rien créé. Tout du moins, pas à ma connaissance... Mais lorsque nous vous avons cherché à Santorini, elle m’a épaté dans sa manière de parler des constructions. Elle a l’œil, vraiment.

- Ca ne m’étonne pas ! s’exclama Keith, visiblement très fier de sa progéniture. Nous avons toujours été doués dans les arts visuels dans ma famille. Ce doit être dans les gênes !

Il éclata de rire.

- Dans ce cas, conclut Serena, j’espère que tes gênes ne m’auront pas également transmis un certain penchant pour la coke et la couardise.

Le sourire de Keith s’évanouit aussitôt.

- Serena, s’il te plaît, ne gâche pas tout… la supplia-t-il.

- Tout gâcher ? répéta-t-elle avec un hoquet de surprise. Parce que c’est moi qui vais tout gâcher ?

- Serena, je me suis déjà excusé pour…

- Et tu crois vraiment que c’est suffisant ? le coupa-t-elle. Tu penses vraiment que le sujet est clos et que nous allons pouvoir reprendre une vie de famille normale en deux temps trois mouvements ?

Elle se leva, au comble de l’énervement.

- Tu veux une preuve que la situation n’est pas normale papa ? Il te suffit de regarder dehors ! cria-t-elle en tendant l’index en direction de la baie vitrée. La situation est tellement anormale que nous ne pouvons même pas sortir sur la terrasse pour boire un soda, voilà la vérité ! La situation est tellement anormale que je suis suivie à mon insu depuis des années ! Non mais tu te rends compte ? Tu as sans doute appris des choses sur moi que je n’aurais jamais voulu que tu saches ! Comment as-tu pu bafouer ainsi ma vie privée, mon intimité ? En fait, tu n’es qu’une espèce de pervers cloîtré chez lui et qui vit à travers la vie de ses enfants !

- Serena, je te prierais de surveiller ton langage ! cria Keith, se levant à son tour.

Serena éclata de rire.

- Et en quel honneur dis-moi ? Parce que tu es mon « père » ? Voyons, ça fait quatre ans que je n’ai plus de père, tu es bien placé pour le savoir !

Carter se leva à son tour et essaya d’assainir la situation :

- Serena, calme-toi… murmura-t-il d’une voix douce en posant sa main sur l’épaule de la jeune femme. Tu risques de dire des mots que tu regretteras par la suite.

Serena se dégagea d’un coup d’épaule de son emprise.

- Et alors ?

Elle se tourna vers son père et poursuivit :

- Ce ne serait pas grave : il me suffirait de demander pardon et on ferait ensuite comme si rien ne s’était passé, hein papa ?

- Serena, tu dépasses les bornes… grommela son père. Je t’ai demandé pardon, mais visiblement tu n’es pas prête à accepter mes excuses. Or, je ne peux rien faire de plus. Alors, tant que tu ne seras pas véritablement prête à me pardonner, je crois que nous serons dans une impasse.

Contournant la table basse, il traversa le salon à grandes enjambées.

- Où est-ce que tu vas ? demanda Serena, sous le choc.

Keith s’arrêta un instant et tourna la tête vers sa fille.

- Je te l’ai dit Serena, nous sommes visiblement dans une impasse, et te laisser m’insulter n’y changera rien. Je sais que j’ai fait des erreurs, et je suis prêt à tout faire pour me racheter. Je suis prêt à te donner du temps, de l’attention. Je suis prêt à tout, mais à une condition : que cela nous fasse avancer. Or, pour le moment, je ne vois qu’une gamine en colère qui veut se venger, pas une jeune femme désireuse de prendre un nouveau départ.

Il reprit sa route, imperturbable, tandis que Serena l’observait bouche bée. Juste avant de tourner à l’angle du couloir, il s’arrêta et murmura sans se retourner :

- Sache en tout cas que je ne t’en veux pas, Sery, et que le jour où tu auras vraiment envie de renouer le contact avec moi, ma porte te sera toujours ouverte…


lili59  (28.08.2009 à 09:06)

- Imperméable ?

- Ok !

- Chapeau à larges bords ?

- Ok !

- Lunettes de soleil ?

- Ok !

- Loupe ?

Dan se gratta la tête.

- Heu… Tu crois vraiment que c’est utile ? Je veux dire, j’ai pas l’intention de m’infiltrer dans les fichiers du FBI pour y rechercher les empreintes de Scott !

- Oh, allez quoi ! râla Nate. Déjà que nos vacances à Miami sont tombées à l’eau, ne gâche pas le peu de fun qu’il nous reste en faisant ton rabat-joie ! On est des détectives, oui ou non ?

- Oui… reconnut Dan en ouvrant de grands yeux moqueurs. Mais version NCIS, pas Colombo !

Le jeune Humphrey plissa les yeux et, faisant mine de retirer une pipe de sa bouche, imita la célèbre enquêteur :

- Je vous trouve un peu jeune pour avoir une femme, M. Archibald !

Nate éclata de rire.

- On fait pas un remake de Colombo ! D’Alias plutôt !

Dan arqua un sourcil et rétorqua :

- Tu te prends pour Jennifer Garner maintenant ?

- Non… Je me prends pour Mickael Vartan ! Mais je veux bien être accompagné par Jennifer Garner … à condition qu’elle soit nue sous son imper !

Les deux jeunes gens éclatèrent de rire.

- Tu veux un Donut ? demanda Nate tout en ouvrant son sac à dos.

- Parce qu’en plus tu as apporté des Donuts ! s’exclama Dan.

- Ben quoi ? On est dans une voiture en train de guetter le moment où Scott entrera dans la galerie de ton père, faut bien manger ! Et puis une planque n’est pas une planque sans Donut !

Et il se donna raison en croquant un morceau de la pâtisserie. Dan le regarda faire en souriant.

- Je te trouve de bien bonne humeur cette après-midi… remarqua-t-il. Je veux dire, jamais je ne t’aurais cru capable d’un esprit aussi…

Comme il hésitait sur l’adjectif opportun, Nate lui vint en aide :

- Imaginatif ?

- Non, c’est pas tout à fait ça…

- Méticuleux ?

- Non plus.

- Heu… Doué ?

- Je sais ! s’exclama Dan. Puéril !

Nate fit la moue quelques instants avant qu’un doux sourire n’éclaire son visage.

- Je sais pas, je me sens … bien. Oui, je me sens bien. Ca faisait longtemps que ça n’était pas arrivé d’ailleurs !

- Hein hein…

Le ton que Dan avait employé était amusé, ironique et un brin caustique. Nate fronça les sourcils.

- Quoi ? demanda-t-il.

- Rien rien… déclara Dan en piochant un Donut dans le sachet. Disons que je trouve ça « étrange » que cette euphorie ait commencé juste après que nous soyons allés chez Chuck…

Nate rigola.

- La seule façon que connaît Chuck pour me rendre euphorique, c’est de verser du whisky dans mon verre… Or il ne nous a rien proposé à boire, continua-t-il pour lui-même.

- Tu crois que c’est parce que j’étais là ? s’enquit Dan.

- Non, il avait l’air contrarié avant même de s’apercevoir de ta présence. Non, c’était autre chose… murmura-t-il.

Le jeune homme s’était rembruni en un instant.

- Mais de toute façon je ne parlais pas de Chuck… répliqua Dan pour le sortir de ses pensées.

Nate se tourna vers lui, intrigué.

- De qui parlais-tu alors ?

- Tu ne vois vraiment pas ?

Nate hocha la tête lentement en ouvrant de grands yeux pour signaler son incompréhension. Dan poussa un soupir et explicita ses pensées :

- En arrivant chez Chuck, nous avons croisé Jenny…

Le visage de Nate se décomposa. Dan lui lança un regard amusé et, croquant un morceau de Donut, il reporta son attention sur la façade de la Bedford Avenue Gallery. De toute façon, mieux valait se taire : Nate avait de quoi réfléchir pour les prochaines heures, et ce avec ou sans beignet.


lili59  (29.08.2009 à 22:35)

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