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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 31.08.2009 à 20h26
Auteur : michou15
Statut : Terminée
« cet épisode se déroulerait après la saison 3, ce qui me permet de prendre davantage de libertés. je préfère l'écrire seule, merci. » michou15
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2 mois plus tôt
Vanessa avait réfléchi toute la nuit, c’était la seule solution même si cela lui déplaisait de devoir lui demander de l’aide, à elle. L’attitude de Scott l’effrayait, il devenait obsédé par Dan, Serena et même Jenny, il posait sans cesse des questions sur eux. Vanessa savait que Scott était leur demi-frère mais elle ne comprenait pas son obsession, de plus l’attaque qu’a subie Serena le mois derniers avait éveillé ses soupçons, Et si c’était Scott ? Il n’y avait pas d’autres solutions, seule Blair aurait l’attitude qu’il fallait pour gérer cette situation. Vanessa entra dans l’ascenseur et se laissa aller contre le mur, Depuis quand ne lui ai-je pas parlé ?
_ Miss Blair, il y a une personne qui vous demande. Elle dit que c’est urgent ! Dorota invita Vanessa à se rendre dans le salon puis s’éclipsa tel un miroitement de lumière. Les pas de Blair résonnèrent dans les escaliers puis s’arrêtèrent nets.
_ Pour une surprise, c’est une surprise. Elle avança vers Vanessa la jaugeant du regard à la recherche du moindre indice pouvant lui révéler l’objet de sa présence. Vanessa ne broncha pas, elle savait qu’elle devait faire profil bas si elle voulait que Blair accepte de l’aider. Et bien assis toi ! Je suppose que tu veux me demander quelque-chose et sûrement pas de mes nouvelles. Elle souriait, persécuter Vanessa lui procurait toujours une certaine joie, malsaine certes, mais de la joie quand même.
_ J’ai besoin de ton aide Blair, pour me débarrasser de Scott. C’était clair et direct, même Blair fût décontenancée.
Elle ne savait pas réellement pourquoi elle avait accepté de lui fournir son aide, mais Vanessa avait su trouver les mots justes pour la convaincre. Elle n’avait que des soupçons, des suspicions sur Scott, mais on ne pouvait se permettre d’attendre de le prendre la main dans le sac, la sécurité de Serena était en jeu, ainsi que celle de Dan et Jenny. Elle prit son portable et l’appela, son esprit machiavélique lui serait précieux.
_ Blair ? Que me vaut cet appel ? On sentait l’ironie pointer dans la voix de la jeune femme.
_ Serais-tu tentée pour une nouvelle aventure Georgina ? Blair souriait également, des liens étranges s’étaient tissés entre Georgina et elle. Elle lui expliqua la situation et bizarrement le fait que Dan puisse être danger avait convaincu la jeune femme d’être de la partie, et ça tombait bien puisqu’elle avait déjà une idée.
Blair patientait devant l’ascenseur, il ne lui restait qu’un petit détail à régler et alors elle pourrait s’occuper de ce Scott, Je ne l’ai jamais aimé celui-là, trop étrange, trop mystérieux. Elle pénétra dans l’ascenseur se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir inventer pour justifier à Chuck sa volonté de repousser leur départ en vacances. Elle n’arrivait plus à lui mentir, il semblait lire en elle comme dans un livre ouvert, Ca ne va pas faciliter les choses . . . Elle entra dans l’appartement et le chercha du regard. Il se tenait debout face à la fenêtre, un verre de scotch à la main, l’autre dans la poche, l’épaule appuyée contre le mur. Il semblait sourire. Il était beau. Blair s’approcha furtivement de lui et passa ses bras autour de sa taille, sa tête posée entre ses omoplates,
_ Tu m’attendais ? lui demanda-t-elle
_ Je t’attends toujours, susurra-t-il. Elle sourit et alors qu’il se retournait plongea son regard dans le sien. Elle n’y voyait que bonheur, alors elle se pelotonna dans ses bras. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes. Elle décida alors de se lancer, et lui dit dans une moue inimitable,
_ Je sais que tu vas m’en vouloir mais je t’assure que ce n’est pas de ma faute. Elle savait qu’il sauterait sur le sous entendu, ainsi le soulagement d’avoir évité le pire l’empêchera de se poser trop de questions. En effet Chuck la lâcha et la regarda dans les yeux à la recherche d’une trace de culpabilité. Blair s’en voulut de lui infliger ça, lui qui avait fait tant d’efforts, mais c’était un mal nécessaire. D’un geste il l’invita à continuer,
_ Ma mère est dans un état épouvantable à cause de cette histoire avec Cyrus. Déjà le soulagement se lisait sur le visage de Chuck, il ne l’écoutait plus, lui faisant totalement confiance. Je crois que je vais devoir rester un peu avec elle, et donc tu comprends, reporter notre départ en vacances. Elle avait baissé la tête en disant ça, montrant combien cela l’attristait. Pour toute réponse Chuck lui prit le menton entre les mains et l’embrassa. Alors qu’elle s’agrippait à lui, il l’emmenait déjà dans la chambre.
Leurs souffles se mêlèrent, leurs lèvres se frôlèrent, leurs langues se cherchèrent, se provoquèrent. Elle lui effleura le visage, il lui caressa la nuque. Elle lui ôta sa veste, le débarrassa de sa chemise qui tomba sur le parquet. Il lui entrouvrit sa robe et la fît glisser le long se son corps. Il lui lécha les épaules, goûta sa peau, elle reconnût son odeur, se noua à lui. Leurs regards se cherchèrent. Il l’attira, s’arrêta pour la contempler à la lueur des lumières de NY, son corps brillait dans la nuit et éclairait son visage. Elle lui souriait, se voulait rayonnante pour lui. Elle lui passa les mains dans les cheveux tandis qu’il laissa sa langue fureter sur sa poitrine. Rien n’aurait pu les séparer cette nuit là, non vraiment rien.
I was her she was me, we were one we were free, and if there is somebody calling me on, she is the one. We were young we were wrong, we were fine all along, if there is somebody calling me on, she is the one. When you get to where you wanna go and you know the things you wanna know, you are smiling. ( She is the one, Robbie Williams )
Chuck fulminait en relisant encore et encore le post de GG. Il le connaissait par cœur mais ne pouvait s’en empêcher comme s’il espérait qu’à force de le relire la douleur serait moins vive. Chuck n’en revenait tout simplement pas. Comment avait-elle pu lui mentir ? Comment avait-elle pu reporter leurs vacances pour ensuite passer du bon temps avec . . . Scott ?! Tout cela relevait du surnaturel, et pourtant Chuck y croyait dur comme fer. Il prit son portable et l’appela,
_ Vous êtes bien sur la messagerie de Blair Waldorf. Je suis très occupée alors laissez moi un message . . . Il rigola amèrement, Occupée ?
_ Puisque tu ne prends pas la peine de me répondre je vais être bref Blair, je ne veux plus perdre mon temps dans cette relation à sens unique, presque futile. Mes efforts ne sont apparemment rien à tes yeux alors passe du bon temps avec Scott mais ne cherche pas à me revoir. Adieu Blair.
Présent
Il était effaré. Maintenant qu’il connaissait la vérité il voyait à quel point il avait tout gâcher, il avait précipité les événements, le départ de Blair. Vanessa le regardait impuissante, ne pouvant soulager sa douleur. Mais Chuck ne voulait pas de sa pitié, et comme une illumination il comprit soudainement que pendant tout ce temps Vanessa lui avait caché cette vérité,
_ Bien évidemment il ne t’est jamais venu à l’idée de me dire ça plus tôt, son ton était brusque presque menaçant. Suis-je bête, pourquoi l’aurait tu fais alors qu’au final la situation t’arrangeait bien. Tu savais pertinemment que j’aurais tout fait pour la rejoindre si je l’avais appris. Tu as voulu me garder ici, m’éloigner d’elle. Vanessa était ouvrit grand les yeux surprise par la tournure que prenait la situation. Comment pouvait-il faire preuve d’autant de mauvaise foi ?
_ Parce-que tu crois que cela aurait changé quelque-chose ? lui demanda-t-elle. C’est toi qui es responsable Chuck, pas moi. Te dire la vérité n’aurait fait que t’enfoncer un peu plus dans ton chagrin chose que je ne voulais pas.
_ Oh arrête avec ton affection à la con ! Il avait crié plus que parlé. Mais il savait qu’elle avait raison et que la suite n’allait pas lui plaire.
_ Bien alors imaginons que je t’ai dit la vérité, tu crois réellement que tu serais allé la rejoindre ? Non bien sûr que non, parce-que tu es trop lâche pour ça, Chuck. Les mots étaient sortis tous seuls, peut-être un peu trop cassants.
_ Je te déteste d’oser dire ça, grogna-t-il. Tu . . . Vanessa le coupa,
_ Et pourtant ça aussi c’est la vérité ! dit-elle en martelant ses paroles. Monsieur a été vexé. Monsieur a vu sa petite dignité de mec bafouée et il ne l’a pas supporté. Alors Monsieur s’est enfermé dans sa colère et a décidé de bouder sans même demander d’explications à Blair!
_ Quelles explications ? Elle m’avait brisé le cœur !
_ Non Chuck, c’est toi qui as bien voulu te le briser tout seul ! Et en le faisant tu as aussi brisé le sien !
Chuck grogna, se retint de frapper le mur derrière lui. Elle avait raison ! Totalement raison, il était responsable de la fin se son couple avec Blair, de sa crise de boulimie qui avait failli lui coûter la vie, de son départ, de son cœur brisé . . . De nos cœurs brisés. Mais comment avait-il pu faire ça ? Comment ? Il ne lui avait même pas laissé l’occasion de s’expliquer, alors que s’il avait attendu qu’elle se réveille ce matin-là, s’il avait attendu. Son cœur se serra un peu plus, il avait besoin de marcher, de réfléchir, de dissiper la douleur. Il s’engagea dans la rue, puis se retourna vers Vanessa toujours immobile,
_ Je ne pense pas que notre relation puisse continuer après ça Vanessa. Sans un regard, il partit. La jeune femme, elle, hocha la tête médusée et affectée par les paroles de Chuck. Mais ne s’y attendait-elle pas ?
Elles avaient décidé de tout de même aller prendre leur petit-déjeuner ensemble, préférant cependant un petit endroit cosy et calme afin de bénéficier d’une ambiance sereine. Elles en avaient besoin toutes les deux. Serena observait manger son amie, elle était précautionneuse, répétait les mêmes gestes tel un automate, évitait certains plats. Blair semblait manger selon un rite, un code qu’on lui aurait implanté dans le crâne. Cela intriguait Serena qui se décida à lever le voile sur le séjour de Blair en France.
_ Blair ? La jeune femme leva ses yeux rougis par les pleurs vers son amie. Blair, je sais que tu ne veux sûrement pas en parler mais j’aimerais que tu me dises ce que tu as fait en France. Visiblement tes problèmes de santé se sont arrangés, mais tu ne m’as pas dit comment tu y es parvenue. J’aimerais savoir Blair. Elles s’observèrent, l’une attendant, l’autre se souvenant.
Il y a 2 mois, en France.
Grincement de pneus dans une cour de parking privé, centre de repos Les Pervenches, soleil de Midi sur un parc d’arbres et d’oiseaux. Elle leva le nez vers un bâtiment clair, un balcon, un regard. Elle n’avait jamais vu ce regard et pourtant il lui sembla qu’il l’attendait. Il la fixa, la jaugea, l’évalua. Il avait les cheveux noirs, bouclés à hauteur des épaules, était allongé sur une chaise longue, écoutait de la musique qu’elle ne perçevait pas, tenait à la main un livre qu’elle ignorait. Il observait chacun de ses gestes, elle le sentait dans sa nuque en prenant son sac dans le coffre, sur ses cheveux bruns, qui balayaient son dos. En se retournant pour dire au revoir à son père, elle le sentait toujours qui cherche ses yeux.
Elle marcha en direction de cet escalier de pierre, sous le soleil de juin, entre deux regards. Celui du père qu’elle fuyait, celui de cet inconnu qui . . . M’attire ? Elle ne comprenait pas ce qu’elle faisait là, pourquoi son père l’y avait conduit, mais plus que tout elle ne comprenait pas cette étrange palpitation au creux de sa poitrine à la pensée de cet inconnu. C’est si beau le mystère, si éphémère et si violent de douceur comme un échange silencieux entre deux personnes.
Blair rêve sa vie depuis l’enfance. Elle voudrait s’aimer, être belle, calme, inaccessible, le genre de fille que l’on respecte, que l’on approche par précaution, que l’on aime par-dessus tout. Et par-dessus tout elle voudrait que l’on l’aime, J’avais obtenu tout ça, le véritable amour, le respect, la reconnaissance et pourtant . . . Et pourtant Blair se retrouve aujourd’hui dans une clinique de repos afin de résoudre un problème . . . «Psychologique » avait dit père ! Me croit-il folle à liée ? Bonne pour l’internement ? S’il savait ! S’il savait que c’est son manque d’attention qui m’a poussé à me détruire, s’il savait que c’est ses trop longues absences qui m’ont poussé à me détester, s’il savait que c’est ce qu’il a fait à mère qui m’a conduit à me méfier des hommes. Et maintenant j’ai perdu le seul homme que j’ai jamais aimé autant que lui !
Blair se retourna, elle voulait croiser son regard une dernière fois, elle voulait savoir qu’il serait toujours là, qu’il ne lui en voulait pas. La voiture avait disparu, seule une traînée de poussière prouvait qu’elle se tenait là quelques instants plus tôt.
Présent
_ Dans une clinique ? Ton père t’as envoyé dans une clinique ? Serena semblait sincèrement mortifiée à l’idée d’une telle chose. Blair tu aurais du m’en parler, on aurait pu te sortir de là. La compassion de son amie, les événements de la matinée, sa profonde lassitude poussèrent Blair à se confier, à se décharger de ce lourd secret.
Alors elle lui raconta ce sentiment de trahison qui était né en elle à l’égard de son père et qui lui pourrissait l’existence, elle lui raconta la solitude de ses journées passées sous les tilleuls verts, elle lui raconta ces repas prit dans le réfectoire sous les regards inquisiteurs des autres pensionnaires majoritairement tous là pour maigrir ou grossir, elle lui expliqua son régime alimentaire, la surveillance accrue après son refus de vivre cet enfer, elle lui raconta ses crises d’angoisse le soir seule dans sa chambre mal éclairée, elle lui raconta son mutisme lors des séances avec la psy.
Qu’aurais-je bien pu lui dire à cette psy ? Ce que je pense vraiment de moi ? Que je m’efforce toujours dans la rue de marcher la tête haute, d’avoir une allure, de me grandir, afin de montrer aux autres que je ne suis pas n’importe qui, que l’on ne peut pas m’aborder comme ça en claquant des doigts ou en me sifflant ? Que mon attitude n’est que révolte ? Que je suis fière par exigence, possessive par besoin, rêveuse par nécessité, apeurée en secret ? Qu’aurais-je donc du lui dire à cette psy ? Que je n’aime de moi que l’idée que l’on m’aime ?
Non elle n’avait rien à lui dire à cette psy. Sauf qu’elle se jette sur une assiette lorsqu’elle a peur, lorsqu’une situation lui échappe, lorsqu’elle a mal au cœur, au corps afin de sentir la nourriture panser ses plaies, remplir le vide qui subsiste en elle depuis l’enfance. Sauf qu’elle se fait vomir parce qu’elle ne s’aime pas assez elle-même, parce que la culpabilité est un poids encore plus lourd, parce que ses épaules sont encore trop fragiles pour supporter le poids du monde. Puis elle lui raconta Andrea, cet inconnu qui rôdait toujours près d’elle, patientant, cherchant, attendant le bon moment pour l’aborder, elle lui raconta leur rencontre un beau jour de pluie d’été, leurs discussions jusque tard dans la nuit, leurs fous rires qui étaient comme un baume au cœur, elle lui raconta ce qu’il lisait, ce qu’il écoutait, elle lui expliqua son allure de mauvais garçon qui dissimulait une grande sensibilité, elle lui raconta leurs disputes parfois de plusieurs jours car comme elle, il avait du caractère, elle lui dit que toujours comme elle, il avait connu trop de désillusions, que sa vie était parfois un calvaire, elle lui expliqua qu’il avait voulu en finir mais que finalement la vie était trop belle pour être bafouée ainsi. Enfin elle lui confia que la présence d’Andrea avait été déterminante pour elle, elle lui dit comment il l’avait aidé à prendre du recul sur elle-même, à s’aimer comme elle était, elle lui raconta comment sa bonne humeur lui avait redonné le sourire.
« Cendrillon pour ses vingt ans est la plus jolie des enfants, son bel amant le prince charmant la prend sur son cheval blanc. Elle oublie le temps dans son palais d’argent, pour ne pas voir qu’un nouveau jour se lève, elle ferme les yeux, et dans ses rêves, elle part. » (Cendrillon, Téléphone)
Nate se réveilla en sursaut. Il s’était endormi, trop fatigué pour réussir à suivre le match qui passait à la télé. Il s’était laissé entraîner la nuit précédente par Jenny dans l’une de ces fêtes auxquelles il espérait ardemment ne plus assister en quittant le lycée, et était rentré chez lui au petit matin. Il pourrait se mentir à lui-même en disant qu’il s’était amusé mais ce n’était pas le cas. Etre entouré de jeunes tout aussi futiles et inintéressants les uns que les autres n’était plus une de ses priorités, et pourtant Jenny faisait partie intégrante de sa vie, Parfois j’ai l’impression de revenir 4 ans en arrière alors que je sortais encore avec Blair . . .
La pensée de la jeune femme lui rappela ce qui l’avait réveillé si brusquement. Il avait encore rêvé de Vanessa, le dernier post de GG le préoccupait quant à l’état dans lequel elle devait se trouver en ce moment. Nate ignorait tout de ce qui s’était passé mais il savait que Vanessa allait faire les frais de la relation épineuse entre Chuck et Blair, et aurait voulu être là pour elle. Cependant elle n’avait répondu à aucuns de ses appels, de plus l’omniprésence de Jenny ne lui facilitait pas les choses, les deux jeunes femmes s’étaient évitées tout l’été,
Je ne comprends décidément rien à l’attitude des femmes . . . Il sourit, se rappelant ses discussions jusque tard dans la nuit avec Chuck sur les femmes, leurs manies et tout ce qui pouvait les caractériser. Il fût alors frapper par une évidence, Les discussions se tournaient tous inévitablement sur Blair . . . Etait-il déjà sous son charme ? Est-il parvenu à cacher son attirance pendant tout ce temps ? Nate ressentit une pointe d’admiration pour son ami ainsi que du respect. Leur bagarre devant le lycée alors que la relation de Chuck et Blair avait été révélée par GG, lui revînt également en mémoire, il ressentit du regret de s’être emporté ainsi alors que son ami devait souffrir de l’indifférence de Blair . . . Tout comme il doit souffrir aujourd’hui de l’avoir peut-être perdue encore une fois.
Nate regarda le score du match, son équipe gagnait largement, Ils n’ont pas besoin de mon soutien apparemment. Il se leva et se décida à aller faire parler Chuck coûte que coûte, Même si je dois recourir à la torture ! Il rit et sortit.
Les questions se bousculaient dans sa tête mais elle ne parvenait pas à y répondre. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était si triste de leur séparation, était-elle amoureuse de Chuck ? Jusque là Vanessa avait cru avoir réussi à dominer ses sentiments mais maintenant ils la submergeaient, chaque nouvelle vague était plus forte, plus violente et l’empêchait de reprendre son souffle avant la prochaine tasse. Elle avait erré toute la semaine entre NY et Brooklyn ne sachant où était sa place, ses amis. Et pourtant elle s’était jurée de ne pas se laisser avoir par ce monde hypocrite, sans foi ni lois de l’Upper East Side, elle avait toujours été fière de ses origines, de son appartenance à Brooklyn mais voilà que maintenant, elle ne savait même plus qui elle était, ce qu’elle voulait, ce qu’elle aimait, qui elle aimait.
Oui qui aimait-elle ? Elle se surprenait parfois à penser à Nate, aux moments qu’ils avaient passé ensemble, si courts, si éphémères et elle avait l’impression d’avoir gâché leur relation par sa jalousie, sa fierté, Je peux critiquer Chuck, je ne vaux pas mieux que lui. Nate semble heureux avec Jenny aujourd’hui. Et pourtant Nate l’avait appelé à plusieurs reprises après le post de GG, sûrement parce qu’il s’inquiétait pour elle, Pour moi . . . Mais elle n’avait pas osé répondre, ne sachant quoi répondre aux questions qu’elle devinait déjà, ne sachant lui dire si oui ou non elle était triste, ne voulant lui avouer la vérité sur les derniers événements.
Chuck était également présent voir omniprésent dans ses pensées. Vanessa avait passé deux mois magnifiques à ses côtés, à partager son bonheur, Son amour ? Chuck était-il amoureux de moi ? La réponse était claire pour elle, Non il ne m’aimait pas, il ne m’a jamais aimé. Nous nous sommes accrochés l’un à l’autre, lui pour éviter de sombrer, moi pour que l’on ne m’oublie pas, pour pouvoir continuer à exister dans leur monde, et finalement . . . Finalement Vanessa s’est pris à son propre piège en tombant amoureuse de celui qu’elle croyait duper, et s’est faite jeter. La jeune femme avait encore erré sans réellement faire attention autour d’elle.
Elle sortie de ses pensées et leva la tête, elle se trouvait devant l’entrée de Nate. Lasse, ne voulant continuer à fuir, elle s’assit sur le palier, Il finira bien par passer par là.
_ Vanessa ? Nate était surpris, il ne s’attendait pas à voir la jeune femme assise sur son palier. Il l’observa, elle semblait fatiguée, désemparée.
_ Bonjour Nate. Elle se leva précipitamment, les jambes engourdies par l’attente, l’esprit endormi par ses rêveries. Tu pars quelque part ? Si je te dérange je peux . . . Elle s’arrêta, Nate lui avait pris le bras en souriant. Elle le regarda et toutes ses peurs, ses questions s’évanouirent, il était là pour elle, elle n’était plus seule.
_ Rentrons, t’as besoin de te reposer et surtout d’une bonne boisson chaude. Devinant ses pensées, il ajouta, Je n’ai pas eu le temps d’aller racheter de la bière, on ne pourra pas se soûler aujourd’hui ! Il rigola, détendant l’atmosphère.
_ Un bon chocolat chaud fera aisément l’affaire, merci.
Nate s’affairait en cuisine, tandis que Vanessa installée dans le salon, cherchait ses repères là où il y a encore un an elle passait son temps avec lui. Elle remarqua quelques changements, plus ou moins surprenants, qui devaient être l’œuvre de Jenny. Une pointe de jalousie monta en elle comme un foyer ardent qui ne demandait qu’à être ravivé. Elle chassa ses idées noires et remarqua que Nate se tenait dans l’embrasure de la porte, l’observant.
_ Jenny a apporté une petite touche personnelle à la déco. Encore une fois il avait deviné les pensées de Vanessa. Il sourit et vînt s’installer à ses côtés. Alors, comment, je suppose que tu n’as pas échoué devant chez moi par hasard. Si tu as besoin de . . . Vanessa le coupa,
_ Je ne suis pas venue faire l’aumône Nate ! Son ton était plus sec qu’elle ne l’avait voulu, son visage s’était rembruni, elle baissa les yeux. Nate repris,
_ Si tu m’avais laissé finir, je t’aurais tout simplement proposé mon soutient car visiblement tu n’es pas bien Vanessa. Il resta silencieux un moment, l’observant encore, cherchant des traits familiers. Il ne voyait qu’anxiété, tristesse et . . . douleur. Est-elle si attachée à Chuck ? Nate fronça les sourcils mais détournât la tête. Il ne comprenait pas comment ni pourquoi elle avait tant changé. Ne refusait-elle pas tout ce qui pouvait l’associer à l’Upper East Side quelques années plus tôt ? Ne revendiquait-elle pas son appartenance à Brooklyn ? Décidément il s’était trop éloigné de ses amis ces derniers temps. Soudainement il senti une main sur la sienne tandis que Vanessa posait sa tête sur son épaule. Il l’a regarda, chercha ses yeux mais elle gardait visage baissé.
_ Tu sais ce qui m’attriste le plus ? Vanessa avait plus murmuré que parlé. C’est cette impression de n’avoir fait que des conneries ces derniers temps. Enfin elle leva les yeux vers Nate. Son regard était pénétrant, presque effrayant. Le jeune homme ne savait que répondre, elle continua,
_ Je ne sais plus qui je suis Nate ! J’ai cherché désespérément à continuer à exister après notre séparation, par tous les moyens. Et pourquoi ? Vanessa ria amèrement, Pour pas que l’on ne m’oublie, pour pas être reléguée au simple titre d’ex copine. Elle ria encore, entrant dans une transe que seul les ivrognes côtoient. Quand je pense que j’ai passé mon enfance à me moquer de ces filles comme Blair qui cherchent encore et toujours la reconnaissance de la société, de ceux qui l’entourent. Je suis devenue comme elles ! Elle ne riait plus, elle avait le visage dur, le regard perçant. Tout doucement ses yeux s’emplirent de larmes qui s’écoulèrent au ralentie. N’y tenant plus elle se leva mais Nate la retînt et la cueillit dans ses bras,
_ Tu n’as pas à te considérer comme un monstre Vanessa, parfois on ne peut rien faire contre les événements, c’est comme ça. Tu n’y es pour rien, tu es toujours la même, toujours aussi pure au fond de toi malgré la carapace.
Vanessa pleura de plus belle, la douleur irradiait tout son corps. Elle aurait voulu se détendre, se laissait aller. Elle était en sécurité, elle était dans les bras de Nate. Mais elle n’y arrivait pas, elle ne méritait pas sa compassion, Je suis loin d’être pure. D’ailleurs ce fourmillement qu’elle ressentait au creux du ventre alors que Nate la touchait ne le prouvait-il pas ? C’est alors que la douleur laissa place à l’envie, au désir de sentir Nate plus prêt d’elle, de toucher ses lèvres, d’y goûter encore une fois, juste une dernière fois. Elle bougea imperceptiblement la tête, son nez rencontra celui du jeune homme, qui l’enserra plus fort, leurs lèvres n’eurent pas à se chercher, se rencontrant dans un baiser fougueux, un peu violent. Leurs esprits étaient ailleurs, enivrés par cette sensation si douce, si forte, si éphémère qu’est le désir, surpris aussi par la rapidité par laquelle il pouvait prendre possession du corps, de leurs corps. Ils auraient pu rester ainsi toute la journée, toute la nuit, toute une vie. Oui ils auraient pu si la porte de l’appartement n’avait pas claqué. Oui ils auraient sûrement poursuivi leur baiser si une voix n’avait pas retenti dans l’air comme un coup de fouet.
_ Surtout ne vous dérangez pas pour moi ! Jenny venait de claquer la porte, son visage était blême mais on y devinait une nuance de colère farouche.
_ Jenny laisse moi t’expliquer s’il te plaît. Nate savait que ces mots ne calmeraient pas la jeune blonde mais ils étaient sortis de s abouche qu’ils puissent les contrôler. Peut être aurait-il mieux fait,
_ M’expliquer ? Jenny ria, Mais vas-y mon chéri, explique moi comment Vanessa et toi vous vous êtes retrouvés collés l’un à l’autre par simple incarnation du saint esprit ! Nate fut surpris par la réplique de Jenny, mais l’ironie n’était qu’une façade. Encore quelques minutes et la jeune fille ne pourrait plus contenir sa colère. Vanessa prit le relais,
_ Jenny, ne lui en veut pas, il n’est pas responsable. Tout est de ma faute, mais ce n’est pas ce que je voulais en venant le voir.
_ Ah oui, vraiment ? Quelle nouvelle, me voila rassurée, Vanessa ne voulait pas se taper mon petit ami derrière mon dos ! Non bien sûr elle voulait juste du réconfort n’est ce pas ?
_ Jenny ! Nate intervint ne pouvant la laisser insulter Vanessa. Ce n’est pas disant n’importe quoi que l’on va arranger la situation.
_ Arranger la situation ? Il n’y a rien à arranger Nate, je ne veux plus entendre parler de cette salope ! Mais bien sûr c’est encore moi qui vais passer pour la méchante, vous avez la mémoire courte mais moi je me rappelle de cette lettre que tu m’avais écrite et qu’elle a dissimulée ! C’est une manie chez elle de briser les couples, Dan et Serena quand elle n’acceptait pas que mon frère puisse en aimer une autre, Chuck et Blair pour se venger, et nous évidemment !
_ Jenny je ne suis pas . . . Jenny coupa Vanessa
_ Epargne moi ton discours de sainte ni touche Vanessa. Chaque fois tu m’as dit ne pas être quelque chose c’était pour mieux me poignarder pas derrière alors maintenant tu sors de ma vie ! Maintenant !
Vanessa ne bougea pas tout de suite espérant peut être que Nate la retiendrait mais le jeune homme ne savait pas quoi faire. S’il le faisait il perdrait Jenny, mais il restait immobile il perdrait alors Vanessa. Qui aimait-il réellement ? Jenny lisait sur son visage son indécision, lisait sur celui de Vanessa l’espoir. Sur le sien la douleur prit place chassant la colère. Alors les larmes montèrent doucement s’apprêtant à déverser un déluge mélangé de mascara et de Knoll. Elle croisa le regard de Nate, il semblait lui demander pardon. Elle ne comprit pas tout de suite mais lorsqu’il se retourna vers Vanessa elle ne pu en supporter davantage. Elle sortit en hâte et courut dans la rue.
Vanessa n’y croyait pas, Nate l’avait choisit elle ! Elle voulut s’approcher du jeune homme mais il la repoussa gentiment,
_ Je ne voulais te faire subir cette humiliation, Jenny n’avait pas à t’exiger de partir. Mais maintenant j’ai besoin d’être seul, il faut que je réfléchisse.
Vanessa l’observa un instant, Réfléchir à quoi ? A nous, à ton couple avec Jenny ? Je ne crois pas qu’elle te pardonnera c e coup bas.
Nate fut abasourdi. Coup bas ? T’es pas un peu gonflée là Vanessa ? Le jeune semblait en colère, déçu aussi. Peut être qu’elle avait réellement changé. Je crois que tu ferais mieux de partir maintenant je n’ai pas envie de me prendre la tête avec toi, pas maintenant.
_ Bien , j’y vais. Elle s’avança jusqu’à la porte mais marqua un temps d’arrêt. Peut être ne devrions nous pas nous revoir finalement, on a déjà essayé une fois Nate et ça n’a pas marché. Je ne veux pas recommencer, je voulais juste être un peu avec toi.
_ Alors je suis un bouche trou ? Nate n’avait pas pu contrôler sa voix, il avait crié. Mais qu’est ce que tu crois Vanessa ? Que tu peux venir me voir en amie, te rapprocher de moi bien que moi aussi je l’ai voulu, si bien que mon couple vient d’être briser et m’annoncer ensuite que non je ne suis pas l’homme qu’il te faut ? Et bien d’accord alors non Vanessa nous ne sommes pas fait pour être ensemble, tu n’es pas celle qu’il me faut, ce n’est pas pour rien je ne m’étais tourné vers Blair à l’époque où on sortait ensemble ! Le jeune savait que c’était mesquin de rappeler ce fait mais il voulait lui faire comprendre qu’elle ne pouvait pas tout se permettre sans en payer le prix. Ils se toisèrent l’un et l’autre un instant, puis tout deux eurent les larmes qui montèrent aux yeux, tous deux détournèrent le regard. Soudainement une porte se claqua, elle était partie.