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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 31.08.2009 à 20h26
Auteur : michou15
Statut : Terminée
« cet épisode se déroulerait après la saison 3, ce qui me permet de prendre davantage de libertés. je préfère l'écrire seule, merci. » michou15
Cette fanfic compte déjà 85 paragraphes
“Is there somebody who still believes in love? I know you’re out there, There’s got to be somebody, I search around the world, But I can’t seem to find Somebody to love” ( Somebody to Love de Leighton Meester)
Une semaine avait passé, Blair était étonnée de la rapidité avec laquelle Serena s’était remise de son chagrin. Elle avait cependant une bonne raison, elle était retombée amoureuse ! Même si elle refusait de l’admettre, Blair avait bien compris que le mystérieux ange tombé du ciel lui avait tapé dans l’œil et surtout dans le cœur. Décidément son amie était un vrai cœur d’artichaut, Si cela l’aide à se sentir mieux. . .
Au contraire Blair ne cessait de penser à Chuck, leur entrevue dans le hall de l’hôtel l’avait marquée, le sentir tout près d’elle, humer son parfum, laisser son regard la dévorer. Son regard. La jeune femme avait tenté de décrypter le regard qui lui avait lancé, mais elle n’y arrivait pas. Voulait-il vraiment jouer avec elle malgré ce qu’il s’était passé ? Croyait-il qu’elle pouvait tout oublier ? Blair se sentait lasse, elle ne pouvait pas toujours faire comme si rien ne s’était passé, les épreuves de l’été ne l’avaient pas laissé indemne. Et puis elle avait mal. Mal d’avoir été trahie par Chuck qui était allé voir Vanessa pour se réconforter. Vanessa ! Tout de même il ne pouvait pas choisir pire que cette fille. Elle soupira, il fallait qu’elle se calme, elle était trop souvent nerveuse ses derniers temps, ne s’était pas bon pour son teint, et pour son moral.
La jeune femme déambulait dans Park Avenue en direction du Rockefeller center. Elle aimait traverser New York, à pied, en voiture, peu importait, tant qu’elle prenait son temps et pouvait posait son regard sur les trésors de cette ville. Elle avait de la chance ce jour-là, le soleil s’était installé durablement, malgré le froid glacial, ainsi elle pouvait en profiter tout en se laissant baigner par le soleil. Elle traversa la rue afin de rejoindre Lexington Avenue, c’est alors qu’elle remarqua que deux hommes obliquèrent immédiatement dans la même direction. En temps normal cela ne l’aurait pas intrigué, cependant ce n’était pas la première fois cette semaine qu’elle remarquait ces hommes en costume cravate noirs. Ce matin même deux autres hommes stationnaient devant Macy où elle faisait quelques achats, et dès lors qu’elle avait quitté le magasin ils avaient également quitté leur poste d’observation. Blair sentit son cœur s’emballer, tandis qu’elle accéléra le pas, son instinct étant partagé entre la dérision et l’inquiétude.
Quelques instants plus tard elle entra dans le Rockefeller center, et se dirigea droit vers l’ascenseur. Un miroir en face d’elle lui permit de voir que les deux hommes n’étaient pas entrés, cependant ils conversaient avec un troisième. Ce dernier tranchait le style des deux autres, sa posture et son attitude relevaient d’un genre plus distingué. Blair s’arrêta net dans le hall, ayant une impression de déjà vu. Cet homme ne lui était pas inconnu, elle était persuadée l’avoir déjà rencontré. Quelqu’un d’aussi singulier ne s’oublie pas surtout à New-York. Un coup d’œil dans le miroir lui indiqua que les hommes étaient dans une conversation animée, son instinct lui conseilla de profiter de leur inattention pour ressortir du Rockefeller center, et ainsi essayer de leur échapper. Pendant un instant elle se sentit ridicule, comment pouvait-elle imaginer que l’on avait ordonné de la suivre ?
Pourtant son malaise ne se dissipa pas, alors elle tourna les talons et se dirigea vers la sortie, elle passa devant les trois les hommes qui ne détournèrent même pas la tête. La jeune femme sourit et accéléra le pas, cependant alors qu’elle se retourna pour s’assurer que son stratagème avait fonctionné elle constata que désormais c’était l’homme étrange qui l’a suivait. Dans la panique Blair héla un taxi et s’y engouffra avec hâte. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait cette vague impression que cet homme ne lui était pas inconnu, mais cela la mettait décidément mal à l’aise. Elle regarda par la vitre arrière et vit sans surprise qu’il était lui-même monté dans un taxi. Blair soupira, elle devait bien l’avoir rencontré quelque part ! Elle tenta alors de se rappeler, quand un geste qu’il avait eu tout à l’heure fit ressurgir dans son esprit l’inimaginable.
Flash back
_ Je suis heureux que vous ayez fait appel à moi Mr Chuck. Vous ne saurez pas déçu.
_ J’en suis certain Gautier.
Blair se tenait en retrait à la demande de Chuck, apparemment le jeune homme ne voulait pas qu’elle sache exactement qu’elle était cette affaire, mais elle ne s’en inquiétait pas. Elle ne s’inquiétait de plus rien maintenant qu’elle était avec lui. Cependant l’interlocuteur de son bien aimé l’intriguait, il était pour le moins singulier vêtu d’un costume en satin bleu nuit, mais surtout avec ses gestes si raffinés comme au ralentit. Blair pensa qu’il ne devait jamais perdre son sang froid, toujours rester humble. Gautier eut alors un geste qui manqua de la faire rire tant il était surprenant venant d’un homme. Il venait en effet d’inspectait ses ongles comme si sa manucure l’inquiétait davantage que sa discussion avec Chuck. Ce dernier avait lui-même esquissé un sourire. Soudain une voiture noire s’arrêta à la hauteur des deux hommes. Gautier s’y approcha tout en continuant de discuter avec son interlocuteur, puis ils se saluèrent. Avant d’ouvrir la portière Gautier se tourna vers la jeune femme et s’inclina,
_ Bonne soirée à vous Mademoiselle. Blair fût surprise par tant de distinction, elle n’eut cependant pas le temps de lui rendre la politesse, la voiture démarrait déjà. Elle s’approcha de Chuck qui la prit par la taille,
_ Un peu trop français non ? Blair avait exposé ce constat de façon neutre mais son visage trahissait sa véritable pensée.
_ Qu’est ce que tu entends par un peu trop français ? Le ton était quelque peu amusé
_ Seulement que les bonnes manières peuvent cacher la pire fourberie ! Chuck sourit,
_ Tu es sûre que l’on parle toujours de Gautier ? Blair lui administra une tape sur l’épaule, mais Chuck s’écarta de justesse. Ils se regardèrent un instant, puis ne pouvant rester éloignés l’un de l’autre Chuck la prit dans ses bras et l’embrassa avec passion.
_ Oublions Gautier et tachons de passer une agréable soirée. Chuck avait murmuré ses paroles à l’oreille de Blair qui ne put que s’abandonner à lui, cependant elle ne pouvait empêcher un petit coin de sa tête d’imprimer l’image de Gautier.
Présent
_ Gautier !
_ Pardon ? Le chauffeur de taxi avait sursauté surpris par le cri de la jeune femme assise à l’arrière de son véhicule. Décidément elle était bizarre cette femme, belle mais bizarre.
_ Non rien. Occupé vous de votre route bon sang ! La colère bouillonnait en Blair dans un méli mélo de ressentiments, oscillant entre haine profonde et frustration. Les mains de la jeune femme tremblaient, tout son corps tremblait tant elle était en colère. Elle devait sortir de ce taxi maintenant,
_ Arrêtez-vous ! Là !
_ Mais je suis en plein milieu d’une double file !! Blair ne l’écoutait déjà plus, elle lui paya la course et descendit en toute hâte, zigzaguant entre les voitures qui klaxonnaient. Si elle n’avait pas été élevée dans les bonnes manières elle les aurait sûrement injuriées et adressées des gestes obscènes. Elle tourna à la première intersection tout en vérifiant que Gautier la suivait, ce qui était le cas. Elle sourit d’un air mauvais,
_ Je vais peut être pouvoir m’amuser un peu. Il va voir ce qu’il lui attend. Pourtant elle n’avait pas l’intention de déverser sa colère sur lui, non elle garderait ça pour quelqu’un d’autre.
Blair était remonté dans un taxi qui filait à toute allure à travers New York. Le pourboire promit par la jeune femme avait largement convaincu le chauffeur de prendre quelques risques, cela valait même le coup de souhaiter plus de clients comme elle. Blair était dans ses pensées, elle ne prenait même pas la peine de regarder par la défiler la ville par la vitre, chose qu’elle faisait en temps normal depuis qu’elle était toute petite. Cette manie lui avait été inculquée par son père, ce père dont elle n’avait pas eu de nouvelles depuis qu’elle était rentrée. Elle surprit à penser soudainement à lui, il n’y avait là pas de nostalgie de sa présence, ni de douleur face à son mutisme, non Blair était apparemment prête à couper ce lien qui guider ses pas jusque là, ce qui la poussait à faire telle ou telle chose pour que son père soit fier d’elle. Il ne serait jamais satisfait, alors elle ne chercherait plus à le satisfaire. Lui et plus aucun homme puisqu’ils en venaient tous à la décevoir. Cette pensée la ramena brusquement à la réalité . . . Chuck ! Il ne perd rien pour attendre ! Je m’occupe de ce béat de Gautier et après je lui rendrais une petite visite. Elle sourit, elle allait enfin pouvoir déverser toute cette frustration qu’elle retenait en elle ces dernières semaines.
Soudainement un avertissement sonore retentit, c’était celui de la police. Parfait ! Blair n’avait pas demandé au chauffeur de faire abstraction des restrictions routières pour le plaisir, elle savait pertinemment que Gautier en demanderait de même à son propre chauffeur lorsqu’il se rendrait compte de l’attitude de son propre taxi. Or deux taxis mettant en danger les New Yorkais par un comportement irresponsable attireraient forcément la police new yorkaise. Son taxi commença à ralentir et serra à droite afin de s’immobiliser. Un coup d’œil à l’arrière informa Blair que le deuxième taxi en fît de même. La jeune femme inspira à fond et afficha un air affolé. Elle était prête pour son rôle.
Quelques instants plus tard, deux policiers demandaient au chauffeur et à Blair de sortir du taxi après avoir ordonné à Gautier et son propre chauffeur de rester dans le véhicule. Blair semblait trembler comme une feuille ce qui lui donnait un air de petite fille innocente. Le chauffeur nota ce détail et se promit de se méfier dorénavant des jeunes brunes au joli minois. Le policier qui l’interrogea ne semblait avoir fait cette promesse lui,
_ Mademoiselle vous allez bien ? Pouvez m’expliquer pourquoi votre chauffeur roulait à cette allure ?
D’une petite voix chevrotante Blair répondit,
_ C’est moi . . . C’est moi qui ait lui ait demandé Monsieur l’agent. Je suis désolée.
_ Comment ça c’est vous qui lui avez demandé ? Expliquez-vous.
_ J’ai eu peur, je . . . L’agent l’interrompit, il savait bien que cette jeune demoiselle ne pouvait pas mettre en danger autrui sans raison valables,
_ Peur ? Que vous est-il arrivé ? Blair sourit intérieurement mais sur son visage une expression affolée s’afficha tandis qu’elle ouvrait de grands yeux.
_ C’est l’homme là. Elle détournait son regard vers le deuxième taxi et fixa Gautier intensément. Cet homme me suivait dans Park Avenue, alors j’ai prit peur et je suis montée dans le taxi afin de m’en éloigner mais il en a fait de même. Paniquée j’ai expliqué la situation au chauffeur et lui ai demandé de le semer. Il a gentiment accepté. Blair adressa alors un sourire appuyé au chauffeur qui s’empressa de confirmer la version de la jeune femme, décidément très impressionnante.
_ Hum je vois mademoiselle. Et bien vous n’avez plus rien à craindre, nous allons nous occuper de lui. Il donna des instructions à son collègue qui se dirigea vers l’autre taxi, puis se retourna vers Blair et le chauffeur. Voulez vous que l’on vous raccompagne quelque part Mademoiselle ?
_ Oh je ne voudrais pas vous importuner, je . . . Blair s’arrêta, le deuxième policier venait de faire sortir Gautier du véhicule, mais ce dernier semblait vouloir protester. Elle devait partir au plus vite. Voyant que la situation risquait de se compliquer le chauffeur lui vint en aide,
_ Mr l’agent je pense que je pourrais terminer la course de Mademoiselle, comme cela elle se sera pas importunée par cet homme pendant que vous l’interrogez. L’agent acquiesça, déjà concentré sur les questions qu’il allait poser à l’homme, un peu trop remuant et bizarre à son goût. Blair et le chauffeur remontèrent au plus vite dans le taxi et partirent.
_ Je vous remercie, vous avez évité que la situation ne dégénère. Le pourboire sera conséquent ne vous inquiétez pas. Blair avait subitement perdu son air affolé, affichant désormais un visage triomphant. Le chauffeur semblait également satisfait,
_ Ne me vexez pas Mademoiselle ! Je n’ai jamais eu affaire à une jeune femme aussi formidable, et puis on peut dire que vous avez égayé ma journée, ce n’est pas tous les jours que l’on peut prendre parti à ce genre de petites machinations. Il rit d’un rire sonore, contagieux, au point que Blair elle-même se laissa à rire. Je vous dépose quelque part ?
_ Hum oui, aux bureaux de la compagnie Bass, 5eme avenue. Son sourire ne s’effaça pas mais il devint menaçant.
Chuck était au téléphone avec un coopérateur fort agaçant. Le jeune homme n’aspirait qu’à une chose s’était de l’envoyer promener et de pouvoir se servir un bon verre de scotch, mais il devait se montrer patient. Très patient. Il se contentait donc de répondre par des monosyllabes tandis que son attention dérivait vers d’autres horizons.
Gautier était venu le voir hier pour faire le point sur la filature de Blair (il fallait appeler ça une filature puisque s’en avait tout l’air). Il n’y avait rien de bien important à signaler, Blair passait le plus clair de son temps en compagnie de Serena, tandis que Carter avait mystérieusement disparue. Serena avait refusé de lui dire quoique soit lorsqu’il l’avait interrogé sur ce point. Autrement Blair organisait son temps entre rendez-vous, shopping. En tout cas il n’y avait pas de traces de Scott, Chuck s’était renseigné, il était parti à Los Angeles. Devait-il donc toujours demander à Gautier d’assurer sa sécurité ?
Il n’eu pas le temps de répondre à sa propre question qu’il entendit des voix agitées dans le couloir. Le jeune homme reconnut les voix des hommes de la sécurité mais il y avait également une voix de femme . . . Blair. . . A peine reconnut-il la jeune femme que celle-ci entra en trombe dans son bureau manquant de démolir sa porte en chêne,
_ Chuck Bass !! Si toutefois quelqu’un n’aurait pas décelé la fureur de Blair dans sa voix, son visage n’y laissait aucun doute. Ses yeux lançaient littéralement des éclairs, tandis que ses traits étaient tirés en une expression d’énervement intense. Chuck avait faillit lâcher le combiné du téléphone à son entrée, ainsi préféra-t-il congédier son interlocuteur. Il regarda sa belle et dit d’une voix plus ou moins rassurée,
_ Salut Blair.
Elle se campa devant son bureau et laissa exploser tout ce qu’elle contenait en elle depuis bien trop longtemps,
_ Tu n’es qu’un sale crétin ! Un idiot fini, un emmerdeur de première ! Comment as-tu pu oser d’immiscer ainsi dans ma vie ? Si tu voulais savoir ce que j’en faisais tu n’avais qu’à me demander, mais pas me faire suivre ! Blair avait presque hurlé le dernier mot. S’était donc ça, Blair avait découvert que Gautier la suivait et avait fait le rapprochement avec lui.
_ Blair s’il te plaît calme-toi, cela ne sert à rien de t’énerver ainsi, je vais tout t’expliquer. Chuck se voulait conciliant et posé mais il se doutait qu’il ne s’en tirerait pas comme ça. En effet la jeune femme ne se démonta pas,
_ Tais toi Chuck !! Tout ce que tu diras ne fera qu’exacerber ma colère, et Dieu sait qu’elle atteint déjà son paroxysme ! Blair planta ses prunelles dans celles de Chuck, Je me demande sincèrement si tu imagines ne serait-ce qu’une seule seconde à quel point tu peux te montrer agaçant, énervant, irritant ! Si tu imagines à quel point tes agissements sont puérils ! Je. . . Agacée Blair tapa du point le bureau de Chuck, Un crétin ! Voilà ce que tu es Un Crétin ! Chuck distingua nettement les majuscules, cependant il ne réagit pas, trop occupé à rester calme car bizarrement lorsque Blair s’énervait ainsi, et contre lui, c’est tout autre chose qui lui venait à l’esprit. Blair elle ne semblait pas avoir tari son flot de paroles,
_ Et n’’essaye même pas de formuler tes excuses bidons, je n’en ai strictement rien à faire. Non ce que je veux c’est que tu arrêtes de me prendre pour une idiote, que tu cesses d’être en travers mon chemin ! Blair sentait qu’elle allait bientôt perdre le contrôle. Ses mains commençaient à trembler, sa voix devenait plus aigüe et ses yeux se remplissaient petit à petit de larmes. Elle était venue ici sur un coup de tête mais elle n’avait pas pensé que sa venue allait la conduire à s’expliquer enfin avec Chuck, à se poser La bonne question, voulait-elle encore être avec lui ? Pouvaient-ils encore croire au bonheur ensemble?
Blair se détourna mais son malaise n’échappa à Chuck qui lui sentit son cœur se serrer. Encore une fois elle souffrait par sa faute. Il se leva de sa chaise et vint vers la jeune femme, pas trop près pour ne pas la brusquer mais assez proche pour que sa présence l’apaise. Car oui Blair se sentait toujours en sécurité, apaisée lorsque le jeune homme était là.
_ Blair . . . Ecoute moi s’il te plait et calme toi. Mon intention n’était pas de te suivre mais de te protéger. Je . . . Blair se retourna pour lui faire face, se retrouvant pratiquement nez à nez avec Chuck,
_ Me protéger ? Sa voix était presque un murmure. Mais de quoi devrais-je être protégée à part de ceux qui ne cessent de me briser le cœur ? Le silence régna quelques minutes, les deux jeunes gens se toisèrent, Blair attendant que Chuck est le culot de répliquer à ça. Elle reprit enfin voulant s’écarter finalement de ce sujet dangeureux, Et puis sincèrement il y a plus efficace que Gautier pour la protection, et je ne parle pas de ses gorilles qui sont aussi discrets qu’un troupeau de bœuf ! La jeune femme se détourna alors et s’avança jusqu’à la fenêtre. Chuck ne bougea pas,
_ Et pourtant c’est la stricte vérité. Et tu devrais toi-même être inquiète ! Blair ria, sarcastique,
_ Inquiète ? De quoi du grand méchant loup ? Chuck fronça les sourcils et arqua les mâchoires, signe que l’indifférence de Blair quant à sa propre sécurité l’agaçait,
_ Tu devrais t’inquiéter quant à la possible vengeance de Scott après le coup tordu que tu as monté contre lui pour qu’il déguerpisse ! Je ne devrais pas avoir à te rappeler qu’il a agressé Serena l’année dernière, fait suivre Jenny et servit de Vanessa pour approcher Dan et compagnie ! Alors oui tu devrais être inquiète, mais à défaut de ta coopération j’ai engagé des hommes pour assurer ta sécurité, que ça te plaise ou non. Chuck regretta aussitôt cette dernière phrase en voyant Blair blêmir,
_ Qu’est ce que tu crois Chuck ? Que tu peux sortir de ma vie comme ça et après décider d’y réapparaître comme figurant ? C’est avant qu’il fallait t’en inquiéter de ma sécurité Chuck, avant de décider sur un coup de tête de me laissait un message pour me quitter ! Elle avait recommençait à crier, s’en était trop pour elle, les larmes coulaient. Chuck restait silencieux, son visage fermé par la douleur et le mépris de lui-même. Ils se regardèrent un instant, leurs regards cherchant une réponse dans l’autre, cherchant un espoir auquel se raccrocher. Mais n’ayant plus d’espoir eux-mêmes ils n’y trouvèrent que le vide du désespoir.
_ Tu dois me comprendre Chuck, je ne veux pas que tu diriges ma vie. Je dois avancer, seule, sinon je crois que je vais devenir folle. Cet été a été une épreuve compliquée et douloureuse, même si je suis revenue je n’en suis pas totalement guérie alors je dois pouvoir dépasser ça et rien de doit me retenir. Surtout pas toi Chuck. Or chaque fois que tu interviens dans ma vie tu me retiens un peu plus, car malgré moi tout me raccroche à toi. . . Mais j’ai trop mal pour ça. Blair sanglotait la plaie de son cœur grande ouverte. Elle sanglotait sa douleur, parfois si intense parfois si chétive, elle sanglotait sa frustration, sa déception. Elle sanglotait tout simplement son amour perdu, cet amour auquel elle ne croyait plus. Il avait fallu qu’elle vienne ici pour le comprendre. Elle voulut partir mais Chuck, qui s’était rapproché d’elle, lui prit les mains. Il plongea son regard, intense presque brulant dans les yeux humides de la jeune femme, passa une main sur sa joue essuyant ses larmes,
_ Je t’ai fait la promesse de ne pas t’oublier avant que tu ne partes en France. Et je ne t’oublis pas Blair, je ne t’oublierais jamais. Laisse moi être là pour toi, être là pour t’aider à ton envol et non te retenir. Ils se regardèrent, si proches, si vulnérables. Un geste aurait suffit pour les réunir à nouveau mais une parole les sépara pour de bon,
_ Tu ne peux pas être mon héros Chuck, Je te délie de ta promesse. Blair quitta le bureau rompant le dernier lien qu’il lui restait avec l’homme qu’elle avait si ardemment aimé, tandis que Chuck regardait partir la femme qu’il aimerait encore plus ardemment maintenant qu’elle lui était inaccessible. Mais n’y a-t-il réellement aucun avenir pour Blair et Chuck ? Ou est-ce eux qui refusent cet avenir ?
Hello ici Gossip Girl ! L’Upper East Side se transformerait-il en décor d’un mauvais film de série B ? En tout cas entre course poursuite en taxis, yeux doux aux policiers et aller-retour dans les bureaux d’un amant déchu, B semble vivre sa vie telle une héroïne. Mais attention la chute ne prévient pas . . . Mais n’es-tu pas déjà à terre B ? Xoxo Gossip Girl !
La nuit était tombée, on pouvait voir au loin les derniers rayons de soleil qui régnaient sur New-York. Chuck les observaient derrière la baie vitrée de son bureau, il se tenait là depuis le départ de Blair, repassant en boucle dans son esprit ses dernières paroles, Tu ne peux pas être mon héros Chuck . . . Comment des mots pouvaient-ils faire si mal ? Lui qui ne voulait qu’une seule chose depuis des années, le bonheur de Blair, voilà que de simples mots lui retirent se privilège, faire le bonheur de Blair. Car rien n’était plus beau à regarder que le visage heureux de Blair, rien n’est plus rayonnant que son sourire, rien n’est plus attractif que ses yeux rieurs. Non rien. Depuis des années il est resté dans son ombre afin de la porter, de la relever, de la consoler afin de s’assurer qu’elle soit toujours heureuse que ce soit lors de ses disputes avec Nate, du départ de Serena, du départ de son père. Puis il a voulu gouter à ce bonheur car il voyait bien que Blair n’était pas la même avec lui, mais il a tout gâché, tout détruit, pour tout reconquérir. Il lui a fait mal, l’a fait souffrir pour lui offrir une année de bonheur. Jusqu’à cet été, si meurtrier pour leur amour, si destructeur pour leurs âmes. Un dernier rayon vint frapper la vitre avant de mourir derrière l’horizon. Chuck baissa la tête, il sentit quelque chose d’humide rouler sur sa joue, quelque chose de désagréable. D’un geste rageur il essuya la larme, il allait abattre son poing sur la vitre, mais la sonnerie du téléphone le surprit.
_ Allo ? Son ton était sec et froid, tant pis si c’était un collaborateur, au moins il ne perdrait pas de temps en politesse
_ Mr Chuck ? C’est Gautier ! L’homme semblait au bord de la panique, ce qui malgré la situation fit sourire Chuck. Blair avait du sacrément le malmener. Mr Chuck je dois vous prévenir, Miss Blair devrait arriver chez vous d’une minute à l’autre !! Elle m’a démasqué !! On sentait dans sa voix que cela lui laissait un goût amer dans la bouche.
_ Gautier calmez vous voyons. Je suis au courant, elle est déjà passée par mon bureau. Mais dites moi exactement ce qu’il vous est arrivé Gautier.
Gautier se lança dans un long récit, ponctué de petites anecdotes. A la fin Chuck rit. Un rire franc certes mais tellement triste. Ce que Blair avait manigancé contre Gautier montrait à quel point elle était exceptionnelle, et Chuck ne pouvait se résoudre à l’oublier, c’était tout simplement impossible, au dessus de ses forces.
_ Et bien Gautier vous aurez au moins tenu une semaine. Il ponctua sa phrase d’un petit rire mais redevint aussitôt sérieux, Mais vous saurez vous montrer prudent maintenant.
_ Pardon ? La voix de Gautier montait sensiblement dans les aigus. Vous voulez que je continus à la suivre ? Mais Mr Chuck ce n’est pas sérieux ? Elle va me . . .
_ Gautier ? Je me fiche que Miss Blair vous fasse peur, je veux que vous la suiviez point ! Et cette fois ci en équipe réduite, et évitez vos gorilles aussi, il y a mieux pour la discrétion.
_ Bien Mr Chuck je vous tiens au courant alors. Chuck allait raccrocher mais Gautier le retint une minute de plus, Mr Chuck ? Dites lui tout de même de ne plus me faire arrêter, les cellules sont vraiment dans un état pitoyable et pour un esprit fragile comme le mien . . .
Chuck ria une fois de plus et raccrocha. Décidément ce Gautier savait lui redonner le moral, cependant son cœur était ailleurs. Peut être était-il parti avec Elle.
Georgina referma son portable et regarda Dan. Le couple se trouvait dans un petit café de Greenwich village afin d’y passer le début de soirée, mais surtout pour être sûrs que le studio serait désert à leur arrivée plus tard.
_ Notre petit moment ensemble va être perturbé par Blair ! C’était elle au téléphone, elle veut, je cite, absolument me parler. La jeune femme rit.
Dan sourit, il se demandait comment Blair et Georgina en étaient venues à se supporter même à devenir amies.
_ Et bien profitons de nos dernières minutes de tranquillité. Dan avait dit ça avec un air malicieux tandis que sa main glissait sur la taille de Georgina. Les deux jeunes gens passèrent ainsi le reste de leur temps à s’embrasser. Du moins ils l’auraient fait si une autre personne ne vint pas les déranger.
_ Et bien vous passez votre temps accrocher ensemble vous deux ! Jenny tenta d’afficher un sourire pour accompagner sa remarque mais celui-ci était faible. Elle s’assit en face de son frère qui la toisa d’un œil inquiet.
_ Tu n’as pas beaucoup dormi toi ! Mais avant qu’il ne puisse ajouter quelque chose, sa sœur le coupa d’un geste de la main, signe que la discussion était inutile. Dan leva les deux mains en signe de capitulation déclenchant l’hilarité de Georgina et de Jenny.
_ Vous faites quoi alors les amoureux ? Je vous informe que le studio est vide donc . . . Cette fois ci son sourire n’était pas feint.
_ Merci pour ta discrétion petite sœur, et pour l’info au passage. Georgina ponctua la phrase de Dan d’un clin d’œil à Jenny. Un nouvel élan d’hilarité la gagna, décidément ces deux là devenaient imparables ! Jenny en venait même à penser que son frère était plus heureux, plus lui-même que lorsqu’il était avec Serena. Georgina reprit la conversation,
_ Nous restons encore un moment car Blair doit arriver d’une minute à l’autre.
_ Blair ? Jenny avait tenté de cacher son intérêt, mais elle cherchait à parler à la jeune femme depuis un moment et voilà que l’occasion se présentait enfin.
Blair referma son portable. Elle n’était pas loin de Greenwich Village elle pourrait y aller à pied. Elle avait besoin de marcher de toute façon, trop de sentiments prenaient l’assaut de son pauvre esprit. La jeune femme se demandait ce qui avait bien pu lui prendre d’aller dans l’antre du loup. M’enfin c’était totalement insensé, elle aurait du se douter que cela aller les conduire à Ca ! A ce déballage de sentiments, de frustrations ! Que cela aller ouvrir les vannes à larmes, que cela aller déshabiller son cœur, le rendre vulnérable. Cependant jamais elle ne serait douter que Chuck allait tenter de la retenir ainsi, qu’il allait lui ouvrir son cœur. Tu ne peux pas être mon héros Chuck, une phrase si assassine, de celles dont elle avait le secret. Pourquoi à Chuck ? Devait-elle vraiment lui faire ça ? Devais-je vraiment me faire ça ?
Le cœur démolit Blair descendait la 5eme Avenue. Etrangère à la vie elle se laissa porter par le flux des passants. Pour la première fois l’énergie de New York la détruisait. Elle ne la portait pas non, elle l’enfonça. C’était-elle un jour cru à l’abri de ça : des sentiments si forts qu’ils vous consument, de l’amour si intense qu’il se nourrit de vous, de la souffrance si oppressante qu’elle ne vous quittera jamais. Mais au final lorsque l’on perd ça, on a tout perdu. Blair se surprit à éviter les regards, les couples qui s’embrassent, ceux qui se tiennent par la main. A la vue de Dan et Georgina se souriant, rayonnant de bonheur elle faillit même rebrousser chemin, mais parfois c’est dans la douleur que l’on apprend le plus sur soi même, et Blair comprit qu’elle ne serait pas facile à abattre, après tout elle était une Waldorf.
_ C’est moi ! Jenny sursauta sur son siège, Blair se tenait derrière elle. Elle souriait mais la tristesse de son regard n’échappa à personne, mais Jenny devait sûrement à être la seule à percevoir autre chose comme de la détermination. La jeune blonde sourit à son tour, croisa le regard de Blair, toutes deux comprirent qu’elles allaient avoir besoin l’une de l’autre dans les prochains jours.
_ Je peux m’asseoir ? Le ton de Blair était poli, je ne voudrais pas vous déranger.
_ Qui te parle de déranger ? Cela fait tellement longtemps que l’on ne t’as pas vu qu’on aurait presque pu croire que tu étais repartie ! Et moi qui croyait que l’on était des amis maintenant ! Dan leva les yeux au ciel et soupira. Son entrée théâtrale fit sourire Blair qui se laissa même à lui faire la bise. Après tout c’est vrai qu’ils étaient devenus amis, bien qu’elle ne sache plus réellement comment.
_ Je suis contente de vous revoir mais j’avoue que j’étais initialement venue parler à Georgina. Elle regarda cette dernière qui comprit aussitôt de quel sujet il s’agissait.
_ Je te rassure tu peux parler devant eux, Dan est plus ou moins au courant, et Jenny a sûrement du en avoir eu vent. Blair regarda les deux frères et sœurs pensant détecter une pointe de colère face à ce qu’elle avait fait à leur frère potentiel, mais ils se contentaient de lui sourire.
_ Bien, je voulais savoir si tu avais des informations sur Scott, où il était en ce moment ?
Sa question surprit Georgina tout autant que Blair elle même ne croyant pas une seule seconde que Scott pouvait lui faire quelque chose mais Chuck avait éveillé ses soupçons. Les regards interrogateurs de ses interlocuteurs la poussa à s’expliquer davantage,
_ En fait Chuck (prononcer son nom la terrassait) est persuadé que Scott pourrait avoir l’intention de se venger. Je préfère donc m’assurer qu’il n’y a aucun danger, or c’est toi qui devais garder un œil sur lui après son départ.
Blair regarda furtivement Dan mais celui-ci ne tiqua pas, il semblait également au courant de ce détail.
_ Exactement j’ai gardé un œil sur lui jusqu’à ce qu’il emménage à Los Angeles pour assouvir sa passion pour le cinéma. Il s’est inscrit dans une Ecole de comédie en fin d’année, et il s’est installé dans la ville en janvier. Georgina souriait de toutes ses dents visiblement satisfaite, Blair ressentie elle un profond soulagement mais n’en montra rien.
_ Et bien je vois que tu as pris ça au sérieux. Bon je crois que tout cela n’était finalement que ridicule, il n’y a aucun risque.
Elle sourit, puis le silence s’installa, l’un et l’autre ne sachant quoi ajouter. Dan voyait bien que Blair n’était dans son assiette, Jenny cherchait désespérément un moyen de se retrouver seule avec Blair, celle-ci se sentant en marge du groupe. Finalement Blair prétexta une obligation urgente, et se leva. Elle les embrassa, et parti non sans remercier une dernière fois Georgina. Lorsqu’elle eut franchi la porte, Jenny se leva précipitamment et la suivit.