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3x04 - Mouths Wide Shut

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 23.04.2011 à 11h03
Auteur : lili59 
Statut : Terminée

« Dernier opus de ma saga GG. Les 3 tomes précédents à lire pour comprendre ce volet: 3x01 - The beach is back, 3x02 - Explain me if you can, 3x03 - Very Sad Things. Enjoy! » lili59 

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- Anton! Merci de me recevoir!

- Je t'en prie Carter, c'est toujours un plaisir...

 

Anton Camden serra cordialement la main du jeune homme avant de lui désigner un des deux sièges face à son bureau.

 

- Un petit café?

- Volontiers.

 

Tandis qu'il appuyait sur la touche rouge de son haut-parleur et passait commande auprès de sa secrétaire, Carter en profita pour le détailler. Le quadragénaire légèrement bedonnant n'avait pas changé: ses yeux gris brillaient toujours de la même intelligence tandis que ses fines lèvres se plissaient toujours en un sourire légèrement condescendant.

 

- Bien. Que puis-je faire pour toi? Car je suppose que tu n'as pas solicité ce rendez-vous pour prendre simplement de mes nouvelles...

- Certes non, les gentlemen n'ont pas de temps à perdre...

 

Anton lui rendit son sourire entendu.

 

- A vrai dire, je suis venu vous demander une faveur.

- Je m'en doutais un peu. Mais tu as frappé à la bonne porte: depuis que tu t'es chargé de faire disparaître Elle, la Société t'est redevable. Laisse-moi deviner... Tu souhaites faire entrer un de tes amis?

 

Une lueur traversa les iris du jeune homme.

 

- Ce serait possible?

- Eh bien tout dépend de l'identité de cette personne... Mais si il ou elle est de bonne famille, il ne devrait pas y avoir de problème...

 

Carter hocha la tête.

 

- Hum... C'est une proposition alléchante... Mais croyez-vous que la reconnaissance de la Société pourrait aller jusqu'à me donner le droit à deux récompenses?

 

Anton Camden éclata de rire.

 

- Tu es gourmand, j'adore ça!

 

A cet instant on toqua discrètement à la porte et une magnifique jeune femme indienne, fière comme un paon, entra dans la pièce, un plateau dans les mains. Carter ne put s'empêcher d'admirer ses formes voluptueuses lorsqu'elle posa devant lui son café. Puis, toujours sans un mot, elle installa une tasse fumante devant son patron, accompagnée d'une liasse de papier.

 

- Le dossier MEYER, à renvoyer signé avant 15h, déclara-t-elle d'un ton légèrement autoritaire.

- Merci Amaïdhi.

 

La jeune femme hocha la tête, satisfaite, et se retira à pas de velours.

 

Carter réussit à contenir le sourire en coin qui menaçait de fendre son visage: lors des soirées auxquelles il avait participé, il avait entendu de nombreuses personnes glousser à propos d'Anton - le seul membre dont l'identité était connue au sein de la Société puisqu'il en était le visage officiel. Apparemment, celui-ci avait tendance à se laisser mener par le bout du nez par les femmes. Et visiblement, cette fâcheuse habitude persistait même une fois sortis du lit... Dans tous les cas, Carter aurait mis sa main à couper que les jolies cuisses d'Amaïdhi avaient déjà été grandes ouvertes sur ce bureau.

 

- Votre épouse? demanda-t-il en s'emparant d'un cadre sur la table.

 

Le cliché représentait une femme sans âge, dont le chignon strict accentuait les traits sévères. Ses lèvres étaient plissées en un sourire sans joie, quoiqu'elle tînt dans ses bras une adolescente un peu fade.

 

- Oui, déclara Anton avec fierté. Martha.

- Son visage me dit vaguement quelque chose...

- Sans doute l'auras-tu vue aux informations. Elle est en pleine campagne pour les sénatoriales...

- Parti républicain?

- Bien évidemment.

- Et... Martha est-elle au courant de votre appartenance à la Société des Gentlemen?

 

La conversation changea aussitôt de ton. Le sourire de Mr Camden se figea et le semblant de complicité dans ses yeux se mua en méfiance.

 

- Et ta petite-amie, elle le sait? J'ai entendu dire que tu fréquentais Serena Van Der Woodsen depuis quelques temps...

 

Aucun doute: il n'y avait plus la moindre trace de cordialité chez Anton Camden.

 

- Bien sûr que non... mentit Carter. Vous savez bien que le secret est la règle d'or dans le club.

- Pourtant, étant donné que tu t'es révélé à Charles Bass...

- Eh bien c'est justement l'objet de ma visite.

 

Voilà qui était totalement improvisé, mais Carter n'avait pas le choix: il avait essayé d'amener doucement la conversation vers le club mais Camden s'était aussitôt fermé. Cet homme était rusé comme un renard, il fallait s'y attendre...

 

- Chuck menace de révéler à Serena mon appartenance au club si je ne lui donne pas ce qu'il veut.

- Et que veut-il?

- Savoir si son père avait un ennemi au sein de la Société.

 

Anton s'installa au fond de son fauteuil et, posant ses coudes sur les accoudoirs, joignit le bout de ses doigts

 

- Et cet ennemi aurait-il un nom?

 

Carter hésita. Il n'était pas censé aller aussi loin... Mais avait-il le choix?

 

- Hank Pioneer? suggéra-t-il.

 

M. Camden fronça les sourcils.

 

- Y a-t-il quelque chose qui justifie ces soudains soupçons?

- Vous connaissez la loi, Anton: le secret est la règle d'or...

 

Celui-ci l'observa un instant en silence et, soudain, partit en un franc éclat de rire. Quoiqu'un peu surpris, Carter savoura sa victoire.

 

- Eh bien tu diras à ce cher Charles que, pour autant que j'en sache, je n'ai jamais entenu parler d'un quelconque conflit, qu'il soit ouvert ou latent, entre Bart et Hank.

- Mais vous confirmez que Hank faisait partie de la Société...

 

Camden sourit.

 

- Je n'ai pas dit ça non plus. L'identité de nos membres est confidentielle Carter, ce n'est pas pour rien que nous portons tous des masques... Qui sait? Ce matin, tu as peut-être serré la main d'une femme avec laquelle tu as déjà couché et tu n'en as pas la moindre idée...

 

Carter arqua un sourcil avant de répliquer, un sourire entendu au coin des lèvres:

 

- Et c'est précisement la raison pour laquelle appartenir à la Société est aussi excitant...

 


lili59  (15.05.2011 à 14:51)

Pressée, Jenny enfila la première manche de sa veste sans s'arrêter de marcher. Sur le comptoir de la cuisine elle attrapa une brioche qu'elle cala fermement entre ses dents et reprit son chemin. Alors qu'elle enfilait la deuxième manche, elle scanda du mieux qu'elle put:

 

- A pluch!

 

Elle avait déjà la main sur la poignée de la porte d'entrée lorsque la tête de Rufus apparut, penchée derrière le comptoir.

 

- On peut parler?

- Sépaltant!

- Pardon?

 

Ôtant la brioche de sa bouche, Jenny fit volte-face et répéta:

 

- J'ai pas l'temps!

- Tu dois rejoindre Nate?

- Yep! Tu pourras dire à Lily qu'il sera là pour dîner? Merciii!

 

La porte était déjà grande ouverte.

 

- Jenny attends!

- Papa!!!

- Je suis désolé, mais ça ne peut pas attendre.

 

Jenny leva les yeux au ciel, trépignant sur place.

 

- Mais...

- Il n'y a pas de « mais » Jenny. Viens t'asseoir.

 

De fait, Rufus fit le tour du bar et s'assit sur le canapé du loft, comme il l'avait fait quelques heures plus tôt avec une autre blonde. Jenny l'y rejoignit, lâchant son sac avec une exaspération notoire.

 

- Bon... Qu'est-ce qu'il y a d'aussi urgent?

- Eh bien...

 

Rufus hocha la tête.

 

- Je me disais que ça faisait longtemps que toi et moi n'avions pas eu une conversation. Je voulais savoir si tout allait bien dans ta vie...

- Ma vie est géniale. Je peux y aller maintenant?

 

Ignorant la question, Rufus poursuivit.

 

- C'est vrai que, ces derniers jours, il y a eu pas mal de changements... Bien sûr je suis conscient de ma responsabilité: en te demandant d'organiser la fête avec Chuck, c'est moi qui t'ai poussé à te rapprocher de lui...

- Tout roule entre Chuck et moi p'pa. Nate avait raison: il a changé.

- Ah! Bon eh bien si c'est Nate qui le dit... rétorqua Rufus, passablement agacé.

 

Jenny planta son regard dans le sien.

 

- Nous y voilà.

- Hum?

- Oh s'il te plaît p'pa, ne me prends pas pour une imbécile! Tu crois que je ne t'ai pas vu venir avec tes gros sabots? Ce dont tu veux parler, c'est de ce que Dan a surpris hier...

 

Rufus se racla la gorge.

 

- Eh bien... Si tu mets le sujet sur le tapis...

- Rassure-toi, on n'a encore rien fait.

 

Rufus poussa un soupir de soulagement, mais très vite ses sourcils se froncèrent.

 

- ''Encore''?

- Papa!!! J'ai seize ans tu sais, je vais entrer en Terminale!

- Oh oui, c'est vrai que seize ans c'est un âge tout à fait respectable pour avoir des relations sexuelles!

 

Le regard de Jenny se durcit.

 

- A mon âge, Dan l'avait déjà fait depuis belle lurette avec Serena et tu n'avais rien trouvé à redire.

- Ce n'est pas pareil...

- Pourquoi? Parce que je suis une fille?

- Oui. Enfin non...

 

Jenny eut un hoquet scandalisé.

 

- Non mais je rêve! J'ai l'impression d'être au XIXème siècle!

- Ce n'est pas que ça Jenny... C'est aussi...

 

Rufus rassembla ses idées et reprit plus sereinement:

 

- Tu as raison. Je ne devrais pas faire de différence entre toi et ton frère quant à votre… votre...

- … ''baptême sexuel''? l'aida sa fille, non sans malice.

- Si tu veux, grogna-t-il. Bref, toujours est-il que, lorsqu'il a commencé à sortir avec Serena, je lui ai aussi dit qu'il fallait qu'il prenne son temps.

- Et ce n'est pas ce que je fais?

- Je n'en suis pas sûr.

- Nate ne me force pas!

- Je le sais bien! Ce que je redoute, c'est que tu te forces toute seule.

 

Jenny éclata de rire.

 

- Alors celle-là c'est la meilleure!

- Jenny, je te connais... Tu fais toujours tout ce qu'il faut pour t'intégrer lorsque tu entres dans des milieux qui ne te sont pas familiers. Tu l'as fait à Constance, tu l'as fait pour ton stage...

- Je ne vois pas le rapport.

- Nate a dix-huit ans, c'est un garçon qui a beaucoup plus d'expérience que toi et tu le sais. J'ai peur que tu ne te brusques par peur de le voir fuir si tu ne le satisfais pas de ce point de vue là.

- C'est n'importe quoi!

 

Néanmoins, force lui fut de constater que ses jambes tremblaient légèrement lorsqu'elle se leva, ce qui l'agaça profondément.

 

- J'aime Nate. Je l'aime depuis des mois et je suis plus que prête, rétorqua-t-elle pourtant.

 

Rufus l'observa sans rien dire un instant, comme s'il la sondait. Jenny gigota, mal à l'aise. Enfin, son père se leva à son tour et posa ses mains sur ses épaules, plantant ses prunelles dans les siennes.

 

- Alors dans ce cas... Il ne me reste plus qu'à te recommander d'être prudente.

 

Jenny vacilla. Son père était … d'accord? Bizarrement, ce consentement l'effrayait bien plus que son refus. Déglutissant avec difficulté, elle se hâta de sauver la face en répliquant:

 

- T'inquiète. J'ai jamais aimé les décapotables...

 

Et, sans lui laisser le temps de répondre, elle fit demi-tour, reposant la brioche sur le bar au passage: finalement, elle n'avait plus très faim...


lili59  (17.05.2011 à 10:16)

Sa paire de lunettes Dior sur le nez, Lily feuilletait le New York Times en savourant son habituelle deuxième tasse de café du matin.

 

En haut des escaliers, Serena poussa un énorme soupir avant de se décider à la rejoindre.

 

- Bonjour maman!

- Serena! Tu es bien matinale pour un jour de vacances!

 

Tandis qu'elle posait son journal et ses lunettes, sa fille s'installa et se laissa servir une tasse de thé vert bio par un domestique.

 

- Est-ce que tout va bien? demanda Lily.

 

Serena marmonna un ''oui'' inaudible en touillant son breuvage, le regard dans le vague. Lily poussa vers elle une assiette remplie de petits biscuits secs.

 

- Des Cookies Ferrerra ! s'exclama l'adolescente, ravie.

- Vanya a été les chercher ce matin à Little Italy, sourit Lily. Ils sont frais du jour.

 

Serena tendit la main, prête à s'emparer d'une énorme poignée de ses biscuits préférés. Mais, au moment où ses doigts touchèrent l'assiette, la jeune fille grimaça et ne prit finalement qu'une seule friandise, qu'elle entreprit de grignoter du bout des lèvres.

 

- Quelque chose ne va pas chérie? demanda Lily, inquiète.

- Si. Enfin non, tout va bien. C'est juste que je n'ai pas très faim finalement...

 

Lily continua à dévisager sa fille et finit par poser la main sur son bras.

 

- Serena...

 

L'adolescente releva la tête.

 

- Tu sais que tu peux tout me dire n'est-ce pas?

 

Serena agréa.

 

- C'est juste que... hésita-t-elle. Ce que j'ai à te demander n'est pas facile...

 

Lily hocha la tête pour l'encourager. Comme Serena cherchait ses mots, elle entreprit de l'aider:

 

- Je suppose que ça a un rapport avec ton père?

 

Les sourcils de Serena s'arquèrent.

 

- Avec papa?

- Chérie, tu n'as pas à te sentir responsable de ce qui s'est passé... murmura Lily. Certes tu aurais dû nous mettre au courant de ta démarche, mais ce qui s'est passé cette nuit-là n'est pas de ta faute. Ton père est le seul coupable. Il a toujours été ainsi, agissant égoistement et sans réfléchir aux conséquences pour les autres...

 

Serena baissa la tête.

 

- Oui mais si je n'avais pas été le chercher, rien de tout cela ne serait arrivé...

 

Lily posa doucement la main sur la joue de sa fille.

 

- Si tu n'étais pas allée le chercher, il serait venu de lui-même à New York pour le procès et il aurait quand même fait irruption lors de la fête.

- Tu crois?

 

Lily haussa les épaules.

 

- De toute façon ce qui est fait est fait, il n'y a rien à regretter. Qui sait, peut-être le ciel nous a-t-il envoyé un signe en son intervention?

 

Serena fronça les sourcils.

 

- Un signe?

 

Comme Lily ne réagissait pas, Serena poursuivit:

 

- Maman... Tu n'envisages quand même pas d'accepter sa demande?

 

Le regard de Lily resta un instant vague avant de se planter, incisif, dans celui de sa fille.

 

- Tu serais contre?

 

Serena était bouche bée.

 

- Mais... finit-elle par articuler. Mais... Et Rufus?

 

Lily resta stoïque. Finalement, son regard s'adoucit et un sourire illumina son visage.

 

- Ce n'était qu'une supposition Serena...

 

Cette dernière poussa un énorme soupir et s'avachit sur sa chaise.

 

- Tu m'as fait une de ces peurs!

 

Le sourire de Lily se fit plus taquin.

 

- Ce serait si affreux que ça? Voir ton père et ta mère réunis?

 

Serena secoua la tête.

 

- Bien sûr que non, c'est juste que ce serait un ... tremblement de terre!

 

Les deux femmes échangèrent une sourire complice.

 

- Dans tous les cas, reprit Lily, j'espère que tu es désormais rassurée.

- Oui. Mais enfin... Ce n'était pas de ça dont je voulais te parler à vrai dire... Même si je suis très contente que nous ayons eu cette conversation en l'occurence!

 

Ce fut au tour de Lily de hausser les sourcils.

 

- Vraiment? De quoi voulais-tu me parler dans ce cas?

- Eh bien tu sais...

 

Serena avala une nouvelle gorgée de thé, gagnant quelques secondes de répit supplémentaires.

 

- Avec toutes ces histoires de procès, de meurtres, de parties fines.... J'ai mon imagination qui s'emballe. Et je me demandais si, par hasard...

 

Serena grimaça et poussa un soupir exagérement agacé.

 

- Serena, qu'est-ce que tu cherches à...

- Est-ce que Bart et toi participiez à des orgies?

 

La phrase avait été lancée tout à coup, et Lily, la bouche et les yeux ronds, resta immobile, stupéfaite, tandis que Serena attendait tête basse la réponse.

 

Tic tac tic tac...

 

Etait-ce une impression ou le temps passait-il au ralenti?

 

Finalement l'air fut déchiré par un bruit.

 

Serena releva doucement la tête vers la source sonore et découvrit, de l'autre côté de la table, sa mère qui riait aux éclats. Incapable de s'arrêter, Lily porta délicatement sa serviette à ses yeux pour sécher les larmes de rire qui s'en écoulaient.

 

Voilà qui avait le mérite d'être clair!

 

Serena posa la main sur son coeur, soudain libéré de son étau, et joignit son joli rire à celui de sa mère. Enfin, un grand sourire aux lèvres, elle plongea la main dans l'assiette de biscuits: bizarrement elle avait retrouvé l'appétit!

 


lili59  (19.05.2011 à 16:34)

Il n'a pas enfilé son imper de Colombo, mais Nate Archibald a encore agi de manière bien étrange ce matin, surveillant ses arrières avant de disparaître dans la jungle new-yorkaise! Nate, Nate... Dis-moi ce que tu caches-caches!?!


lili59  (21.05.2011 à 18:39)

Nate ouvrit un rideau et prit le temps d'observer le paysage. L'appartement était idéalement situé le long de l'East River dans Long Island City, un ancien quartier industriel grisâtre du Queens qui, grâce à la rénovation de ses docks classés depuis monuments historiques, avait connu un boom immobilier. Derrière lesdits docks, Manhattan s'étendait, plus sombre que jamais, sous le ciel menaçant.

 

Après avoir ouvert la fenêtre, Nate fit volte-face et inspecta l'appartement secret de Keith Van Der Woodsen. L'odeur de renfermé et la couche de poussière attestaient l'absence totale de visiteur ces quatre dernières années, le père de Serena ayant poussé la prudence au point de ne pas embaucher de femme de ménage pour entretenir le studio. Il devait vraiment craindre pour sa vie, réalisa soudain Nate, toute cette histoire n'était pas un jeu.

 

La pièce était un trou de souris, mais offrait toutes les commodités d'usage pour un homme de l'Upper East Side. Face à lui, une cuisine américaine équipée donnait sur un salon composé d'un canapé d'angle et d'un ensemble home cinema entouré d'une vidéothèque garnie d'une centaine de DVD encore emballés. De quoi s'occuper en cas de retraite précipitée, comprit Nate. Il aurait mis sa main à couper que les placards de la cuisine débordaient de boîtes de conserves. A sa droite, un lit double sur lequel était pliée une couette neuve jouxtait un placard dont une porte était ouverte. Nate pouvait y voir des vêtements d'homme impeccablement alignés. A gauche du placard, une porte conduisait sans doute à la salle de bain.

 

Enfin, sur le mur s'étirant juste à sa droite, entre les deux fenêtres de la pièce, se dressait un bureau. Dessus, rien que de très banal: un ordinateur portable et une imprimante (dans leur carton d'origine), une ramette de papier, des stylos et une agraffeuse. Petite touche personnelle: dans un cadre posé sur la table de travail, une photo représentait la famille Van Der Woodsen au grand complet lors d'un voyage à Walt Disney. Serena devait avoir cinq ans, Eric trois, et par cette belle journée de printemps toute la famille souriait autour de Mickey.

 

Mais le regard de Nate revint très vite à ce qui l'intéressait le plus: au dessus du bureau, comme l'avait prédit Chuck, se trouvait une reproduction des Demoiselles d'Avignon de Picasso. Nate sourit: il était amusant que les bandes vidéos de ces soirées interdites se trouvent derrière la représentation la plus célèbre d'un bordel...

 

Ôtant précautionneusement le tableau de la paroi, il découvrit sans surprise un coffre derrière. Le jeune homme sortit de sa poche le bout de papier remis par Chuck, composa le code, et le coffre s'ouvrit avec un petit « bip ». A l'intérieur, plusieurs liasses de billets (à vue de nez, il estima qu'il devait y avoir dans les 50.000 dollars), un porte-document et … des bandes vidéos. Nate s'en empara et referma le coffre. Il récupérerait le porte-document avant de partir et le remettrait à... A qui d'ailleurs? Chuck n'avait pas parlé de ça, peut-être que ces documents n'avaient rien à voir avec l'affaire et qu'ils contenaient quelque chose de privé? D'un autre côté, Mr Van Der Woodsen n'avait pas non plus fait référence à ces feuillets, leur divulgation ne devait donc pas le gêner outre mesure...

 

Secouant la tête, Nate reporta ce dilemme à plus tard et s'approcha du home cinema. Comment allait-il visionner ces antiques cassettes sur l'appareil high-tech? C'est en parcourant la vidéothèque des yeux que la solution lui apparut en la présence d'une vieille caméra.

 

Quelques minutes plus tard, cette dernière était reliée à la télévision et, alors qu'il plaçait la cassette à l'intérieur du camescope, Nate croisa les doigts pour que l'installation fonctionne. Il appuya sur la touche « play » et, aussitôt, une image apparut sur l'écran.

 

Néanmoins son soulagement se mua très vite en incrédulité et, avec une grimace, il tourna légèrement la tête pour comprendre le contorsionnement auquel il était en train d'assister.

 

*

 

On toqua à la porte.

 

Nate éteignit précipitamment la télévision, tendu, l'oreille aux aguets. Peut-être avait-on frappé chez le voisin?

 

Mais, lorsque le son se produisit à nouveau, plus aucun doute ne fut permis. Se levant doucement du canapé, il rejoignit la porte à pas de velours, maudissant Keith de ne pas avoir installé de judas. Cet appartement était censé être secret, qui pouvait bien...

 

- Nate c'est moi! chuchota une petite voix.

 

Nate poussa un soupir soulagé et, retirant la chaîne de sécurité, ouvrit.

 

- Qu'est-ce que tu fais là? râla-t-il tandis qu'un tourbillon doré pénétrait dans le studio.

 

Il jeta un coup d'oeil sur le palier, vérifiant que tout allait bien, avant de refermer.

 

- Je suis venue t'aider tiens! s'exclama Jenny, ravie.

- Comment tu as eu l'adresse? C'est Chuck qui te l'a donnée? s'étonna Nate.

- Comme si! rigola l'adolescente. J'ai juste regardé au-dessus de ton épaule hier lorsque tu as lu le papier!

- Tu es impossible!

- Ca t'embête que je sois là?

- Ce n'est pas ça mais... Je ne suis pas sûr que ce soit très … approprié.

 

Jenny s'approcha doucement de son petit-ami et, une lueur coquine au fond des yeux, passa ses bras autour de son cou.

 

- Aurais-tu peur de te retrouver seul avec moi dans un endroit où on est sûr que Dan ne viendra pas nous déranger?

 

Nate sourit et profita de cet instant de répit pour l'embrasser longuement. Enfin, il s'éloigna et colla son front à celui de la jolie blonde.

 

- Jen...

- Hum?

- Tu veux me faire plaisir?

 

Le sourire de Jenny voulait tout dire.

 

- Rentre chez toi. Je ne crois pas que tu devrais regarder ces vidéos.

 

Le beau sourire se mua en une expression incrédule et elle se détacha de Nate.

 

- Quoi?

- Ces sex tapes... Ce ne sont pas des enfantillages tu sais.

- Des … ''enfantillages''?

- Je n'exagère pas Jen. En gros, ces gens font tout ce qu'on n'ose habituellement pas faire avec son mari ou sa femme.

- Des ''enfantillages''?

- Jen...

- Non! l'arrêta-t-elle, tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Pour qui est-ce que tu me prends Nate? Pour une gamine?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit.

 

Jenny serra les poings.

 

- Mais c'est ce que tu penses! Okay je n'ai peut-être pas l'expérience de Serena, de Blair, de Vanessa ou encore de la femme de l'autre baron là...

- Catherine...

- On s'en fiche de son nom! Ce qui importe c'est que, même si je n'ai pas leur tableau de chasse, je ne suis pas pour autant une enfant, je ne suis plus Little J!

- Je le sais bien! C'est juste que...

 

Mais l'adolescente n'écoutait plus. Elle fit volte-face et, d'un pas décidé, alla s'installer sur le canapé. Elle croisa les bras, l'air calme et décidé.

 

- J'attends.

- Jen!

- Nate.

 

Les deux jeunes gens se toisaient du regard. Finalement, le garçon poussa un soupir.

 

- Je t'aurais prévenue, maugréa-t-il en s'installant à ses côtés.

 

Un petit sourire victorieusement satisfait fendit le visage de Jenny. Tandis que Nate s'emparait de la télécommande, elle s'autorisa à fanfaronner.:

 

- Qui sait? Peut-être que ça nous donnera des idées?

 

Nate la regarda, interloqué.

 

- Quoi? continua-t-elle. Il y a plein de couples qui le font en regardant des films x! Quel meilleur moyen de progresser?

 

Le désarroi de Nate se transforma en un gloussement et Jenny pouffa à son tour.

 

La crise était passée.

 

Nate se pencha doucement vers elle et, arrivé à quelques millimètres de de sa bouche, murmura:

 

- Tu es incroyable...

- Je sais. T'es pas mal non plus dans ton genre.

 

Ils échangèrent un sourire, puis le visage de Nate redevint sérieux. Il plongea son regard dans celui de sa petite-amie et celle-ci ne put réprimer un frisson en y voyant tout l'amour qui y brillait.

 

Nate leva la main et, délicatement, replaça une mèche de cheveux blonds derrière la petite oreille. Puis ses doigts dérivèrent le long de sa joue pour arriver à ses lèvres entr'ouvertes qu'il caressa du pouce.

 

Lorsque Jenny referma sensuellement la bouche pour embrasser son doigt, Nate sentit son pouls s'emballer sous l'effet du désir. Il observa une dernière fois Jenny, l'air plus déterminée que jamais, et se lança. Il se rapprocha d'elle et, fermant les yeux, se mit à l'embrasser, de plus en plus vite, de plus en plus fort, encouragé par les soupirs de la jeune fille.

 

Il recula pour se calmer, mais elle le saisit par le col de sa chemise et le ramena à elle, plus près encore. Il était désormais à califourchon sur Jenny -toujours assise sur le canapé-, l'esprit vide, emporté par son désir. Tous ses sens étaient à la fois éteints au monde extérieur et décuplés sur le noeud de leurs corps.

 

Ses petits seins collés à son torse...

L'odeur vanillée de sa peau mêlée à celle de son shampooing...

Le mouvement quasiment imperceptible de son bassin contre son bas ventre...

 

Décollant ses lèvres des siennes, il retira précipitamment la veste féminine et entreprit de défaire les premiers boutons de son chemisier. Puis sa bouche retrouva la peau laiteuse de son cou et descendit peu à peu vers son corsage.

 

C'est alors que ses lèvres découvraient pour la première fois la petite poitrine que Nate réalisa que quelque chose n'allait pas. Le coeur de Jenny ne battait plus la chamade, son mouvement de bassin s'était arrêté et ses soupirs évaporés.

 

Haletant, les cheveux ébouriffés, il se détacha d'elle.

 

- Ca ne va pas?

 

Mais Jenny ne le regardait pas: son regard, fixe, était braqué droit devant elle. Nate secoua la main, doigts écartés, pour la réveiller.

 

- Ohé!

 

Jenny, légèrement pâle, se tourna enfin vers lui. Elle déglutit doucement et, avec un rire forcé, tenta de plaisanter:

 

- Ah oui quand même!

 

Le souffle toujours court, Nate fronça les sourcils. Pivotant la tête à cent quatre-vingt degrés, il comprit enfin: lorsqu'il l'avait déshabillée, son coude avait malencontreusement appuyé sur la touche « on » de la télévision.

 

Ce n'était peut-être pas les soupirs de Jenny qu'il avait entendus finalement...

 

Nate poussa un petit soupir frustré et, se rasseyant convenablement, éteignit le téléviseur. Jetant un coup d'oeil derrière lui, il remarqua que Jenny avait déjà reboutonné son chemisier et, droite comme un i, regardait résolument ses chaussures.

 

- Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenue!


lili59  (21.05.2011 à 18:45)

Ce qui le frappa en premier, ce fut le vacarme.

 

Le bruit des pièces tombant dans les machines à sous, plus rarement le bling bling annonciateur du jackpot, les mises annoncées à tue-tête par les croupiers, le jacassemment incessant de la foule alcoolisée quoiqu'il ne fût ici que dix heures et demi du matin...

 

Viva Las Vegas.

 

Il dépassa une table de poker, sur laquelle un homme faisait tapis, puis une autre de blackjack où un joueur en nage réclamait une carte supplémentaire au croupier. Il s'arrêta un instant au niveau de la roulette pour observer un couple de touristes pousser des cris de joie en attendant que la bille cesse sa course folle. Bien entendu, elle ne s'arrêta pas sur le 7 escompté et leur bonne humeur éclata comme un ballon de baudruche.

 

Il releva la tête et laissa son regard errer lentement, jusqu'à s'arrêter sur une femme au bar dont les formes parfaites étaient mises en valeur par la robe moulante jaune pâle. Il s'approcha lentement et s'assit à ses côtés.

 

- Bonsoir Elle...

 

L'ancienne membre de la Ligue des Gentlemen tourna la tête. A ses côtés, Chuck Bass la gratifiait de son sourire le plus sensuel … et le plus carnassier.


lili59  (23.05.2011 à 10:37)

Les enfants VDWBH se sont peut-être tous réunis au Victrola, mais mon petit doigt me dit que l'ambiance ne sera pas à la fête comme il y a quelques jours! Alors, lequel d'entre eux sera littéralement enterré ce soir?

 


lili59  (25.05.2011 à 16:16)

Ils s'étaient discrètement passé le mot durant le repas, morose, à Manhattan, et étaient désormais confortablement installés sur l'immense canapé central en cuir orangé du Victrola. Devant eux, Chuck, en parfait chef d'orchestre, distribuait la parole à tour de rôle.

 

- Serena?

 

La jeune fille retira de sa bouche la paille de son smoothie.

 

- Hum, pardon... Donc... Autant te dire que ça n'a pas été une partie de plaisir et que, si le ciel a écouté mes prières, tu iras brûler en enfer avant tes vingt-et-un ans...

 

Chuck haussa les épaules.

 

- Je suis Chuck Bass...

 

Quelques rires discrets montèrent du groupe.

 

- Mais bon, reprit-elle avec un sourire, j'ai fini par l'interroger et, vue sa réaction, je suis certaine qu'elle ne m'a pas menti en déclarant que jamais ton père et elle n'avaient participé à de parties fines...

- Ce qui veut donc dire que mon père se rendait seul à ces soirées... conclut-il.

- Mais est-ce que tu es sûr qu'il y allait au moins? demanda Jenny.

 

C'est Dan qui lui répondit:

 

- Tu crois qu'ils auraient continué à lui envoyer des invitations pendant neuf ans si ça n'avait pas été le cas, espèce de débile?

- Débile toi même! rétorqua Jenny.

 

Tandis que Nate poussait un petit soupir las à ses côtés, elle se morigéna: belle preuve de mâturité Jenny, bravo!

 

Heureusement Chuck vint involontairement à sa rescousse en détournant l'attention de son petit-ami.

 

- Nathaniel? l'interrogea-t-il.

 

Ce dernier sortit les bandes vidéos de sa poche et les poussa sur la table en direction de Chuck.

 

- J'ai tout visionné. Deux fois.

- Impressionnant hein? rigola Carter.

 

Tandis que Jenny se ratatinait sur son siège, Serena, elle, se dressait comme un ressort.

 

Nate eut un sourire en coin.

 

- Instructif... se contenta-t-il de répondre d'une voix amusée.

 

Jenny eut l'impression de se transformer en flaque.

 

- Et, mis à part ces cours d'éducation sexuelle gratuits, les interrompit Chuck, tu as trouvé quelque chose d'intéressant?

 

Nate secoua la tête.

 

- Rien. Tous les protagonistes sont masqués.

- C'est encore le cas aujourd'hui, enchaîna Carter. A une différence près: la Société a dû se trouver un « visage » car il y avait visiblement des problèmes de communication au début: les membres ne savaient pas vers qui se tourner en cas de problème.

- C'est cette personne que tu as été interroger? demanda Chuck.

 

Carter acquiesça.

 

- Oui, Anton Camden. Ce type est malin comme un singe. J'ai dû lui donner plus d'informations que prévu.

 

Chuck lui lança un regard noir.

 

- Que lui as-tu dit exactement?

- Je lui ai parlé de Hank Pioneer.

- Quoi?! s'exclama Serena. Pourquoi tu as fait ça?

- Je n'avais pas le choix... se justifia-t-il. Soit je lui disais, soit je repartais bredouille.

- Ce n'était pas à toi de prendre cette décision! s'emporta-t-elle. Il s'agit du père de Chuck! Et, en parlant de Hank, de mon père aussi!

 

L'héritier Bass leva la main pour les interrompre.

 

- Qu'a-t-il dit? se contenta-t-il de demander.

- Ca l'a fait marrer. Il a dit qu'il n'avait jamais entendu parler d'un quelconque conflit entre Hank et ton père.

- Ce qui confirme que Hank faisait bien partie de la société! triompha Chuck.

 

Carter secoua la tête.

 

- Non. Camden n'a pas voulu confirmer ce point. C'était plutôt du genre: « si jamais Hank a bel et bien fait partie de la Société, ce que je ne confirme ni n'infirme, je n'aurai pas eu vent de cette affaire... »

 

La vague espoir qui brillait dans les yeux de Chuck s'évanouit.

 

- Nous sommes donc toujours au point de départ, grommela-t-il.

 

Un silence s'abattit sur l'assistance.

 

- Pas tout à fait... reprit Carter.

 

Tous les regards convergèrent vers lui.

 

- En guise de remerciement pour mes bons et loyaux services avec Elle, Camden m'a proposé de faire entrer la personne de mon choix dans la Société. En sachant que la prochaine soirée est, comme par hasard, programmée pour demain soir...

 

Un coin des lèvres de Chuck se releva.

 

- Tu penses à ce que je pense?

- Une infiltration, acquiesça Carter.

 

Tandis que la petite assemblée faisait les yeux ronds, Chuck réfléchit et secoua la tête.

 

- Je suis trop impliqué, ils ne me laisseront jamais entrer, conclut-il.

 

Il fixa alors les jeunes qui lui faisaient face.Tout le monde retint son souffle.

 

Son regard se posa d'abord sur Serena.

 

- Même chose pour toi: trop impliquée... trancha-t-il.

 

Il observa ensuite Eric et Jonathan.

 

- Trop gay...

- Ce n'est pas incompatible... rappela Carter.

- A en juger par les vidéos, c'est même plutôt commun, confirma Nate.

 

Chuck reporta son attention sur son jeune frère et son petit-ami. Si Eric ne semblait guère rassuré, Jonathan, lui, paraissait franchement terrorisé.

 

- Non, trancha-t-il avant de reprendre son inspection.

 

Ses yeux se posèrent sur Jenny.

 

- Trop vierge...

- Hey! rougit Little J.

 

Chuck ne lui prêta pas attention et passa à Dan.

 

- Trop ... Brooklyn...

 

Dan leva les yeux au ciel tandis que ceux de Chuck trouvaient enfin leur cible.

 

- Il ne reste plus que toi... dit-il à Nate.

- Non! cria Jenny.

 

Tous les regards convergèrent vers elle. Elle s'empourpra violemment et ses épaules s'affaissèrent.

 

- Je veux dire... Ca pourrait être dangereux! se justifia-t-elle.

- C'est vraiment à cause de ça, ou tu as tout simplement peur que Nate goûte au fruit défendu? se moqua Carter.

- Pourquoi? l'interrompit Serena. Moi je devrais avoir peur?

 

Sa voix n'était pas des plus cordiales.

 

- Je le ferai.

 

L'attention se porta à nouveau sur Nate tandis que Jenny se mordait l'intérieur des joues.

 

- Tu peux compter sur moi... confirma-t-il à Chuck.

 

Le hochement de tête de celui-ci traduisit sa reconnaissance.

 

- Encore une fois je pars à l'aveugle? demanda le jeune Archibald. Je ne sais pas ce que je dois chercher mais je cherche?

- Cette fois-ci, c'est un peu plus précis, déclara Chuck. Tu pourrais essayer d'interroger discrètement les membres sur Hank... Qui sait, il a peut-être involontairement révélé son identité à quelqu'un?

- Et puis bien sûr tu peux essayer d'entrer dans la chambre close, ajouta Carter comme s'il s'agissait là d'une évidence.

 

Silence.

 

- La chambre close? répéta Chuck.

- Je ne t'en ai pas parlé? s'étonna le jeune homme. Ah, au temps pour moi... A chaque réunion, une pièce de la maison est condamnée. Personne ne sait ce qui se trouve à l'intérieur. J'ai entendu les rumeurs les plus folles à ce sujet, comme quoi c'était la pièce réservée à une star présumée morte, ou alors une antre dédiée au sado-masochisme...

- Parce que vous trouvez le temps de parler entre vos pirouettes? se gaussa Serena.

 

Derrière la plaisanterie, le ton était assez amer. Carter fronça les sourcils, interloqué, et décida de poursuivre comme si de rien n'était.

 

- Personnellement je pense plutôt qu'il s'agit d'un bureau.

- Un bureau?

- Oui. J'ai remarqué que Camden rentrait dans cette pièce plusieurs fois lors de chaque soirée. Je me dis qu'il va peut-être faire son rapport au ''vrai'' boss.

- Pourquoi Anton Camden ne serait-il pas le « vrai boss »? demanda Eric.

- Trop exposé, répondit Chuck. Le grand patron doit rester dans l'ombre...

- Ou alors, reprit Dan, il est vraiment le grand patron et c'est justement cette surexposition qui le préserve des soupçons...

- Parce que personne n'irait soupçonner un président aussi évident? demanda Serena.

 

Dan hocha la tête. Carter et Chuck échangèrent un regard et finirent par acquiescer.

 

- Ca se tient... admit Chuck à contre-coeur.

- Dans tous les cas, reprit Nate, pénétrer dans cette chambre close pourrait apporter de nouveaux éléments donc il n'y a pas à hésiter: j'irai.

- Enfin... le contra Carter. Si ta petite-amie te donne la permission bien sûr!

 

Jenny lui lança un regard noir tandis qu'elle se retrouvait elle-même au centre de l'attention.

 

- Je m'en fiche qu'il appartienne à ce club débile! répondit-elle en priant pour avoir l'air crédible. Je pensais seulement à sa sécurité en m'opposant à cette idée tout à l'heure! Vous l'imaginez, tout seul là-bas?

- Je serai là, rappela Carter.

- Ah bon? le ferra Jenny. Tu as eu la permission de Serena?

 

Quelques ricanements montèrent du groupe: il l'avait bien cherché...

 

- Et puis, reprit-elle, dans ce cas-là pourquoi ce n'est pas toi qui pénétrerais dans la pièce?

- Parce qu'il est notre principal atout, la contra Chuck. Si jamais Nate se fait prendre, il nous restera toujours une carte à jouer...

- N'empêche! répondit Jenny. Je ne trouve pas ça prudent de l'envoyer seul dans la gueule du loup...

- Et s'il n'était pas seul? rétorqua Chuck.

 

Jenny resta bouche bée.

 

- Heu... Eh bien, dans ce cas...

 

Elle était à court d'arguments. Si elle persistait, elle perdrait définitivement la face.

 

- Je crois que ça irait... finit-elle par concéder.

- Chuck... les interrompit Nate. Tu es au courant que Jenny n'est pas ma mère et que je n'ai pas besoin de sa permission pour sortir n'est-ce pas?

 

Jenny n'en revenait pas: où était passé son parfait petit-ami?

 

- Certes... sourit Chuck. Mais tu as besoin de sa permission pour aller forniquer ailleurs...

- Je n'ai pas l'attention de forniquer avec qui que ce soit.

- Ravi de l'apprendre! s'exclama Dan.

 

Eric et Serena pouffèrent tandis que Dan, levant les mains en l'air, reprenait:

 

- Désolé, c'est sorti tout seul...

 

Chuck leva les yeux au ciel.

 

- Pouvons-nous cesser ces interminables digressions et en revenir à l'essentiel? demanda-t-il.

- Ca te va bien de dire ça! rétorqua Dan. Dois-je te rappeler que, avant que vous ne deveniez les meilleurs amis du monde grâce à l'enquête, ça t'allait bien d'interrompre Carter toutes les deux secondes?

- Tu parles de quand? demanda Eric, perdu.

- Tu sais bien! Au Victrola, lorsque nous avons parlé de sa boulimie à Bl...

 

Sa voix mourut et, le temps d'un battement de cils, ses yeux s'étaient posés sur Chuck. Dans la salle, le silence était assourdissant. Chacun attendait la réaction du principal intéressé.

 

- Qu'est-ce qui vous prend? demanda enfin Chuck. Blair n'est pas morte que je sache, elle ne m'a pas quitté... Pourquoi son nom serait-il tout à coup devenu tabou?

 

Tandis que le soulagement gagnait le groupe face à une réaction aussi pondérée, Serena offrit à son demi-frère son plus joli sourire. Même s'il faisait le fort, elle se doutait bien que Blair lui manquait énormément et qu'entendre son nom lui avait fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.

 

- Tu disais donc que Nate n'avait pas à y aller seul? demanda-t-elle.

 

Chuck lui rendit un sourire en coin, comprenant qu'elle l'aidait à changer de sujet.

 

Se tournant de trois-quart vers la scène du Victrola où le rideau remuait légèrement, il annonça comme un maître de cérémonie:

 

- Mesdames et messieurs... Notre arme secrète!


lili59  (25.05.2011 à 16:23)

- Serena!

 

Sur le seuil du Victrola, un pied déjà dehors, la jeune femme se retourna.

 

- Je peux te parler une minute? lui demanda Nate.

 

Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il lui prenait déjà le bras et la ramenait dans le couloir obscur.

 

- Qu'est-ce qui se passe? demanda-t-elle.

- Tiens, dit-il en lui tendant un porte-document. Je l'ai trouvé dans le coffre avec les bandes vidéo.

 

Serena s'empara du classeur, quelque peu perplexe.

 

- Il faut que quelqu'un le feuillette au cas où ça aurait un rapport avec l'affaire mais, si ça n'en a aucun, Chuck et moi n'avons pas à nous mêler de ce qui ne nous regarde pas... J'ai donc pensé que tu pouvais t'en occuper.

 

Serena hocha la tête avec un faible sourire.

 

- C'est très prévenant de ta part Nate, merci. Et tu peux compter sur moi, je regarderai ça ce soir avant de me coucher...

 

Face à elle, Nate hésitait.

 

- Il y a autre chose... Tu sais, depuis que j'ai appris pour ton père...

 

Les deux jeunes gens baissèrent la tête, aussi gênés l'un que l'autre.

 

- Enfin je voulais juste te dire que je comprends ce que tu traverses. Et que je suis là si tu as besoin d'en parler à quelqu'un...

 

Serena releva la tête, sourcils froncés, tandis que Nate explicitait ses propos:

 

- Moi aussi j'avais pour père un super héros qui s'est tout à coup révélé être un toxicomane embourbé dans tout un tas d'affaires louches...

 

Serena hocha la tête tandis qu'il poursuivait:

 

- Je sais ce que ça fait: non seulement tu perds un point de repère primordial dans ta vie, mais en plus tu te sens super seul...

 

La voix légèrement blanche, Serena acquiesça:

 

- C'est vrai qu'on ne s'est pas vraiment bousculé au portillon pour savoir comment je me sentais ces derniers temps... Dans la famille c'est tabou, et du côté des amis... Les amis je pense qu'ils s'en fichent, tout simplement.

 

Nate secoua la tête.

 

- Ne crois pas ça. C'est juste qu'ils ne savent pas comment aborder le sujet. Même moi qui ai vécu la même chose j'ai mis plus d'une semaine avant d'oser franchir le pas!

 

Serena sourit.

 

- Mais tu as fini par le faire... le rassura-t-elle. Merci Nate. Ca fait du bien de se sentir … comprise.

- Tu veux qu'on aille boire un verre pour en parler?

 

Serena regarda par-dessus son épaule.

 

- Et Carter et Jenny?

- Hum... grimaça Nate. Eh bien, raccompagnons-les chacun de notre côté et rejoignons-nous après? 22h30 au Bin 71?

 

Serena sourit.

 

- A tout à l'heure Nate...

 

Tandis qu'ils s'engouffraient ensemble dans la rue, deux silhouettes sortirent de l'ombre d'une porte.

 

Jenny et Carter échangèrent un regard lourd avant de se séparer.


lili59  (27.05.2011 à 16:40)

Quelque part... Dans le noir...

 

- Lily?

- Hum?

- Ce soir, pendant le dîner... Pourquoi n'as-tu pas dit aux enfants que le mariage était maintenu?

- …

- Je croyais que nous avions réglé le malentendu à propos de Keith, aurais-je...

- Justement, à propos de Keith... Verrais-tu un inconvénient à ce que les enfants et moi le rencontrions à l'issue du procès demain? Je pense qu'il nous doit une explication. Serena a peut-être eu l'occasion de régler ses comptes avec son père mais pas Eric. J'ai peur que toute cette rancoeur ne finisse par le blesser.

- …

- Rufus?

- Et tu annonceras le maintien du mariage après?

- Oui.

- Demain soir, lors du dîner?

- Oui.

- Très bien... Si tu estimes que c'est la bonne marche à suivre...

- Merci pour ta compréhension. Bonne nuit Rufus...

- Bonne nuit Lily.

 

*

 

Autre part... Dans le noir...

 

- Je ne sais pas pourquoi je te laisse ce message: je sais que tu n'as pas accès à ton portable. Je crois que j'avais juste envie d'entendre ta voix... Tout va très vite ici... En temps habituel tu aurais été mon point de repère, et sans toi j'ai le vertige... J'ai besoin de toi Blair... Soigne-toi vite et reviens-moi.

 


lili59  (27.05.2011 à 16:41)

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