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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 09.08.2011 à 19h35
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Voici ma toute première fic. Attention, je suis une inconditionnelle du CHAIR, elle porte donc sur C/B et commence fin de saison 4 J'espère que ça plaira aux proCHAIR et peut-être même aux autre » katido
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
21. Le bonheur des uns
C se réveilla, la tête lourde, il avait mal partout et spécialement sous les côtes, du côté gauche. Il regarda autour de lui de son œil droit, sa paupière gauche encore trop enflée pour lui permettre de l’ouvrir, et tenta de reconnaître l’endroit. Il avait la vue brouillée et constata que sa main droite était emprisonnée dans des menottes attachées à son lit, il avait une perfusion dans le bras.
Tout lui revint en mémoire, son sourire, son regard, lorsqu’elle avait compris qu’il était venu pour la reconquérir. La douceur de ses lèvres et la chaleur de son corps contre le sien. Louis, la bagarre et le poste de Police. Blair ! Il espérait de tout son cœur qu’ils allaient bien elle et le bébé. Où était-elle ? Il aurait voulu pouvoir glisser sa main dans la sienne.
Une infirmière entra dans la pièce, elle lui lança un regard haineux. Elle avait sans soute vu les nouvelles. Sans un mot et sans ménagement, elle retira l’aiguille de son bras et y appliqua un sparadrap. Elle ressortit de la chambre. Sa tête lui faisait mal, il referma son œil valide et se sentit glisser dans le vide.
******
Blair s’avançait dans l’allée du parc de la grande cathédrale, magnifique dans sa robe blanche décolletée dans le dos. Les pierres incrustées étincelantes de mille feux sous le soleil de ce jour de fête.
Nate ne pu s’empêcher de penser à son ami, prisonnier. Dans quelques instants, Blair serait enchainée elle aussi.
S admira son amie, elle marchait d’un pas royal, c’était l’occasion de le dire. La tête haute, le regard fixé sur l’autel, un sourire plaqué sur son joli visage. Toutes traces des angoisses et des pleurs de la nuit avaient disparues. Il faut dire que c’est à ça que sert le maquillage et celui qui coûte des centaines de dollars était des plus efficaces. Sans doute, avait-il été conçu spécialement pour ça. Chacun savait l’importance des apparences dans les hautes sphères.
Blair avançait au rythme de la marche nuptiale, au bras de son père. Elle ne pensait qu’à Chuck. Elle revoyait son visage tuméfié, le sang qui traversait sa chemise. C’était ce qui lui donnait la force de mettre un pied devant l’autre. Elle le sauverait, quoi qu’il lui en coute. Après tout, c’était elle qui avait amené Louis dans leurs vies. C’était elle qui avait toujours voulu devenir princesse.
******
La porte de la chambre d’hôpital s’ouvrit quelques heures plus tard, ce qui réveilla Chuck, sa tête le faisait toujours souffrir. Il vit un policier en uniforme s’approcher de lui de son seul œil valide. Ce dernier était suivi de son avocat et d’un médecin.
- Alors vous, on peut dire que vous avez de la chance ! dit le l’officier en lui jetant un mauvais regard. Profitez bien de la bonté de notre Prince, ça n’arrivera pas tous les jours !
Il inséra une clé dans les menottes et les glissa dans sa poche avant de ressortir se poster devant la porte. Chuck frotta son poignet endolori, des ecchymoses s’étaient formées sur ses jointures.
Il regarda son avocat d’un air interrogatif
- Le prince Louis a décidé de retirer sa plainte et d’oublier l’incident d’hier.
Il sourit, il savait pertinemment à qui il devait se retournement de situation. Seule B pouvait réaliser un tel tour de force. Cela voulait donc dire qu’elle allait bien. Mais pourquoi n’était-elle pas là ? Sans doute quelques menus détails à régler pour s’assurer que tout se déroulait selon son plan.
- Bien entendu, vous imaginez bien que cela est assorti de certaines conditions de sécurité, continua le petit homme chauve.
- La première étant que vous ne vous approchiez plus d’aucun membre de la famille princière à moins de cinquante mètres. Une ordonnance restrictive a été en émise dans ce sens en accord avec votre consulat, elle s’applique également sur le territoire des Etats Unis.
- Ensuite, dés que votre médecin, ici présent, vous aura informé de votre état de santé, jugé suffisamment stable pour que vous voyagiez, les policiers devant votre porte vous accompagneront jusqu’à l’aéroport de Nice et s’assureront que vous montiez bien dans le premier avion à destination des USA.
- Inutile de préciser que vous n’êtes plus le bienvenu sur le rocher monégasque, l’accès à celui-ci vous est formellement interdit sous peine d’emprisonnement immédiat.
Comme s’il avait l’intention de jamais remettre les pieds sur ce maudit rocher ou de côtoyer un quelconque membre de cette famille de cafard !
Le médecin pris ensuite la parole, il s’exprimait dans un français très rapide et Chuck avait du mal à suivre les termes médicaux. Heureusement pour lui, Maître Vaguet, traduisit les recommandations. Il avait subit une chirurgie minime pour stopper l’hémorragie et il devait se rendre chez un médecin dés son arrivée sur le sol américain. Les prises des médicaments étaient indiquées sur les flacons, il lui suffisait de les respecter.
Une heure plus tard, il passait le portique de sécurité. L’officier qui lui avait ôté les menottes lui remit ses effets personnels. Sa première réaction fut d’appeler Blair. Il alluma son I-phone qui vibra au même moment.
Le message de Gossip Girl s’afficha sur l’écran. Chuck sentit le sol se dérober sous ses pieds, il s’agrippa au rebord de la fenêtre toute proche et s’adossa au mur pour ne pas s’écrouler.
22. Le malheur des autres
- Monsieur, avancez, vous ne pouvez pas rester là !
Mais Chuck ne l’entendait pas, iI ne pouvait détacher ses yeux de lécran. Il avait l’impression que son cœur se déchirait dans sa poitrine. Il avait du mal à respirer. Ses mains tremblaient et ses jambes ne le portaient pratiquement plus. Il était incapable de bouger. C’était ça son plan ? Pourquoi ? Comment avait-elle pu faire une chose pareille ? La veille, ils étaient pourtant si proches.
- Monsieur ! appela encore une fois l’agent de sécurité, agacé. Si vous ne bouger pas, je serai forcé de rappeler les agents qui vous ont amené.
Nate passa, lui aussi, le portique, il aperçu Chuck appuyé contre le mur du fond, il avait le visage tuméfié par les coups de la veille mais ce n’était pas ce qui inquiétait le plus son ami. Il était complètement prostré, hypnotisé par l’écran de son gsm.
Il avait reçu le message de GG, accompagné de la photo, lui aussi. Blair et Louis, encore vêtus de leurs habits de mariage, échangeaient un baiser au balcon du palais princier.
Il récupéra son bagage à main et s’approcha de Chuck. L’agent qui avait interpellé Chuck lui jeta un regard suspect.
- Nous partons, lui dit Nate, voulant éviter d’autres ennuis.
- Chuck ?! souffla-t-il en posant sa main sur l’épaule de son meilleur ami.
Ce dernier releva la tête, le regard complètement hébété, signe qu’il ne comprenait pas ce qui se passait. Nate, avait mal pour lui.
- Elle n’avait pas le choix ! lâcha-t-il tout bas. Elle était terrorisée à l’idée de ce qui aurait pu t’arriver, elle a fait ça par amour pour toi.
- MESSIEURS !!!! DERNIER AVERTISSEMENT !! hurla le garde.
Nate pris Chuck par le coude qui se laissa guider le long du couloir menant aux salles d’embarquement. Tout s’embrouillait dans sa tête, son cerveau ne pouvait pas enregistrer les informations. Il ne Voulait pas. C’était donc ça son super plan ? S’enchaîner à cet horrible type jusqu’à la fin de sa vie pour le sauver ? Il aurait encore préférer mourir. Il s’assit sur la chaise métallique devant laquelle son ami l’avait amené. Nate s’éloigna pour prendre un café au distributeur. Cela ne pourrait lui faire que du bien à Chuck ! se dit-il.
Une voie annonça aux voyageurs en partance pour New York qu’ils devaient se présenter à la porte 6. Chuck regarda autour de lui comme s’il se réveillait, mais le cauchemar était bien réel. Les journaux abandonnés ici et là sur les sièges relataient tous le mariage princier, une photo du couple en première page. Elle avait été prise lors de la soirée à l’embassade à New York.
Quel idiot ! Pourquoi avait-il mit autant de temps à réagir ? Elle était venu jusqu’à L.A. pour lui annoncer qu’elle portait son enfant et il l’avait laissée partir.
Mais cette fois il ne l’abandonnerait pas, il était hors de question que ce type la garde prisonnière et qu’il élève son enfant par-dessus le marché. Il ne savait pas encore comment mais il allait régler ça et vite. Il était Chuck Bass ! Il était le ROI de l’Upper East Side ! Il n’allait surement pas capituler devant un misérable prince européen dont le pays était le plus petit du monde après le Vatican.
Il ramassa ses affaires posées sur le siège à côté de lui. Nate qui revenait avec un gobelet de mauvais café, le lui tendit mais il l’ignora superbement et passa devant lui. Plus déterminé que jamais, il se dirigea vers la porte 6
- Alors tu viens ou quoi Archibald ? On va finir par rater notre avion à cause de toi ! cria-t-il à son intention sans se retourner.
Son ami resta stupéfait une seconde avant de saisir son bagage, que Chuck avait laissé là sans s’en préoccuper, il le suivi, le sourire aux lèvres. Comment faisait-il ça ?
23. Expulsion
Chuck regarda son billet, place 22C. Il s’installa dans le siège et grimaça de dégoût. Comment pouvait-on supporté ça ? La promiscuité, les odeurs et le brouhaha du petit peuple étaient tout simplement infects.
Les vols publics aurait du être interdits pour raison de danger de pandémie. Il vit Nate et Serena passer à sa hauteur et s’asseoir quelques rangées plus loin. Pourquoi n’avaient-ils pas demandé au jet de venir les chercher ? Ca le dépassait.
- Tu crois que ça va aller ? questionna la belle à son amoureux.
Elle était arrivée à l’aéroport à la dernière minute car il n’était pas prévu que leur retour se passe comme ça. Mais devant l’urgence de la situation et l’inquiétude de Blair, elle lui avait promis qu’ils veilleraient sur l’amour de sa vie.
-Il a l’air d’avoir accusé le choc maintenant. J’ai bien cru que l’agent de sécurité allait le ramener à la case départ en arrivant à l’aéroport.
Il glissa sa main dans celle de Serena et l’embrassa sur les lèvres. Un coup dans son dossier brisa cet instant. Un enfant de 4 ans refusait de rester assis dans le siège derrière lui. Il grinça des dents et Serena émit un petit rire, elle lui rendit son baiser.
- Mon héro, murmura-t-elle.
*****
Le vol se passait plutôt bien malgré la promiscuité, le petit garçon derrière Nate s’était endormi peu après le décollage.
Chuck aussi s’était assoupi, épuisé par les événements de ces deux derniers jours et ses émotions.
L’hôtesse, le secoua avec douceur.
Il entendit une voix qui l’appelait dans le lointain.
- Excusez-moi Monsieur, mais c’est l’heure du repas.
Il se frotta les yeux et réveilla la douleur de son cocard. Elle passa un plateau à son voisin, un vieux monsieur d’environ 65 ans qui, lui-même, le passa à la dame assise près du hublot.
- Voulez-vous bien ouvrir votre tablette ? demanda l’hôtesse toujours sur le même ton.
Chuck la regarda d’un air mauvais et ne réagit pas, il n’avait aucune envie de manger, tout ce qu’il voulait c’était qu’on le laisse tranquille.
Son voisin interpréta mal son inaction, le voyant mal en point, il en déduisit qu’il avait sans doutes quelques difficultés à faire ce que la jolie rousse lui demandait.
- Attendez, laissez-moi vous aider, dit-il en pivotant le loquet qui retenait la tablette du prince noir contre le siège.
- Je n’ai besoin de personne ! grogna Chuck, tandis que la tablette tombait sur ses genoux.
- Gustave voyons ! Laisse ce jeune homme tranquille ! le sermonna la femme depuis le hublot. Tu vois bien que tu le déranges.
- Voulez-vous du vin avec votre repas ? demanda la rousse en s’adressant au vieux monsieur, après avoir déposé un plateau devant Chuck.
- De l’eau! répondit pour lui, la vielle dame.
- Simone ! grimaça Gustave.
- Tu sais parfaitement ce que t’as dit le médecin ! Et je n’ai aucune intention de revivre le passer, gronda-t-elle gentiment.
- Super, voilà que je vais avoir droit à une scène de ménage, pensa Chuck
Mais, contrairement à ce qu’il avait prédit, Gustave fit un grand sourire à l’hôtesse qui lui passait deux bouteilles d’eau, avant de répliquer sur le ton de la confidence
- Surtout ne lui dites pas mais elle toujours raison !
- Ne l’écoutez pas Mademoiselle, repris Simone qui ne portait pas son appareil auditif à cause de la pressurisation de l’appareil, il faut toujours qu’il teste ses charmes sur les jolies femmes. Vous savez comment sont les hommes n’est-ce pas ? Tellement peu sur d’eux qu’ils ont toujours besoin de jouer les jolis cœurs. C’est le rôle de leur femme de les rassurer, et de les amener sur le chemin qui les conduira jusqu’à elle, finit-elle avec un regard tendre pour son mari.
Gustave lui rendit son regard et ouvrit sa bouteille d’eau, il en versa d’abord dans le verre de Simone avant de se servir.
L’hôtesse demanda à Chuck, circonspect, ce qu’il voulait boire et s’éloigna avec son chariot après lui avoir donné une bouteille d’eau à lui aussi. Il avait des médicaments à prendre et le whisky était surement tout sauf du whisky à bord de cet appareil.
Il regarda son plateau repas. « Repas » ?! Non mais, c’était une plaisanterie ! Avait-elle cru qu’il était incapable de mâcher ? Elle avait du intervertir son plateau avec celui de son voisin, il avait surement besoin d’un dentier à son âge. Il y jeta un œil à la dérobé et constata qu’il était identique au sien. Il était consterné.
Il repoussa son plateau aussi loin qu’il le pu et avala ses pilules avant de refermer son œil droit. Il ne l’admettrait jamais à haute voix, mais il aurait vendu son jet sur le champ, si, ça avait pu lui assurer que Blair et lui prendraient un avion de ligne identique à celui-ci dans 40 ans. Il soupira,il fallait absolument qu’il trouve un moyen de briser ce mariage de pacotille.
24. Message en absence
La limousine attendait devant JFK, ils s’installèrent à l’intérieur tandis qu’Arthur se chargeait des bagages de Nate et Serena. On était au milieu de la nuit à New York. La voiture pris la direction de l’Empire.
Enfin confortablement assis, chacun ralluma son portable. Chuck tressaillit lorsqu’il vit que l’écran affichait un message en absence de Blair. Il regarda Serena avant de consulter sa messagerie.
Elle ne lui avait rien appris qu’il ne sache déjà à la sortie de l’avion. Se sentant observée, celle-ci releva la tête et vit Chuck appuyé sur la touche rappel de sa messagerie. Elle donna un coup de coude discret à Nate.
Vous avez 1 message en absence, aujourd’hui à 2 heures 25 :
- Chuck, c’est moi, murmurait la jolie voix, j’espère que tout va bien pour toi. Ton téléphone est éteint, donc, je suppose que tu es dans l’avion. J’ai passé la journée la plus horrible de ma vie hier, mais je vais bien ne t’inquiète pas.
- Blair ? il reconnu distinctement la voix de Louis.
- Je dois te laisser, je t’aime.
- Blair, où es-tu ?
- J’arriiive, la voix de B résonna plus fort dans le combiné.
Un bip se fit entendre, indiquant que le message était terminé.
- Qu’est ce qu’elle dit ? questionna Serena car Chuck gardait le silence.
- Qu’elle va bien et que je ne dois pas m’inquiété, répondit-il d’une voie blanche
- Et c’est tout ?
- Ca doit pas être évident pour elle de nous appeler, observa Nate
Un silence lourd s’installa dans la limousine qu’aucun d’entre eux n’osa rompre.
*****
Ils sortirent de l’ascenseur. Nate et Serena déposèrent leurs bagages sur le canapé et proposèrent de commander quelque chose au room service. Eux non plus n’avaient pas apprécié le plateau dans l’avion.
Chuck déclina, il n’aurait rien pu avaler de toute manière, il se rendit dans son ancienne chambre. Rien n’avait changé depuis que ses amis s’étaient installés. Ils s’attendaient sans doute à son retour à Manhattan.
Il repensa au message de B, « j’espère que tout va bien pour toi » comment cela pourrait-il aller bien pour lui étant donné la situation ? Il s’admonesta silencieusement, il avait réfléchi tout le reste du vol mais il n’avait toujours pas le début d’une idée sur la
manière dont il allait pouvoir faire évoluer la situation.
Il s’allongea sur son lit, à nouveau en proie au désespoir. Il resta là un long moment, se remémorant les moments qu’ils avaient partagés ici même. C’était la période la plus heureuse de toute sa vie.
*****
Après avoir englouti son sandwich au pastrami et son soda à la cerise Serena laissa un message à Lili pour l’informer de leur arrivée comme convenu. Elle l’avait appelée pour lui expliquer la situation en rejoignant l’aéroport de Nice. Bien sur, elle avait tu certains aspects de leur aventure, se concentrant sur l’état de santé et l’arrestation, puis la « libération » de son demi-frère, relatée dans toute la presse.
Nate était sous la douche, elle décida de l’y rejoindre, elle avait besoin de se retrouver dans ses bras, il saurait la réconforter, à défaut de la rassurer, sur l’avenir de sa meilleure amie. Elles ne s’étaient quittées qu’une quinzaine d’heures plus tôt mais elle lui manquait déjà horriblement. Elle avait un mauvais pressentiment.
*****
Chuck, lui, n’avait pas bougé, il entendit sa demi-sœur ouvrir la porte de la salle de bain, Nate y était déjà. Il se releva et décida de réécouter le message de B. Il l’écouta en boucle une bonne dizaine de fois. « Hier était la journée la plus horrible de ma vie » cette phrase était une véritable torture, mais ce n’était rien en comparaison de l’idée qu’il se faisait de la nuit qui suivrait.
Sa nuit de noce, chaque mot était comme une aiguille qui s’enfonçait profondément dans son cœur. Il avait la nausée en imaginant son corps parfait caressé par un autre que lui. L’image qui se formait dans son esprit était insupportable. Il avait l’impression qu’elle augmentait encore la migraine qui ne l’avait pas quitté depuis son réveil à l’hôpital le matin même. Le matin même ! Pourquoi B parlait-elle d’hier ?
Tout à coup, tout devint limpide, son cerveau fonctionnait à plein régime, malgré la douleur qui en irradiait. Un faible sourire se dessina au coin de sa bouche. Il attrapa son gsm et appela son opérateur. Un homme décrocha à la troisième sonnerie, cela lui avait paru interminable. Il ne prit pas la peine d’écouter son message de bienvenue, ni de le saluer.
-J’ai reçu un message il y a quelques heures, j’ai besoin de savoir d’où il provient exactement.
-Si c’est pour un problème de facturation…… commença poliment l’homme
-Je vous demande juste de faire votre boulot si vous tenez à le garder, fulmina Chuck, dites moi d’où venait ce message
-Pouvez-vous me confirmer que vous êtes bien Charles Bass et que votre nu…demanda une voie tremblante à l’autre bout du fil.
-Vous avez trente secondes pour me donner cette information, hurla-t-il
Une petite musique d’attente tinta à ses oreilles. Il sentait le sang affluer à ses tempes. Son cœur battait à tout rompre.
-Le message a été émis des Iles Fidji Monsieur, j’espère que cela répond à …
Chuck coupa la conversation
-Nate, Serena sortez de là, on part pour les Fidji dans moins d’une heure tambourina-t-il à la porte de la salle de bain avant d’appeler Anton, son pilote.
25. Noce de sang
Situé sur une des nombreuses îles, le complexe hôtelier était magnifique. Les chambres étaient regroupées en petites villas, disséminées dans toute la montagne, entourée par la végétation luxuriante.
Depuis le balcon de la chambre nuptiale, située au dernier étage de l’une d’entre elle, la vue était imprenable. Surplombant directement l’étendue d’eau turquoise, elle pouvait y voir les pentes escarpées de la montagne, recouverte par la forêt tropicale, se jeter dans l’océan pacifique où se mirait le coucher du soleil qui touchait déjà à sa fin.
Mais Blair, debout devant la balustrade, n’y trouvait pourtant rien d’attrayant. Elle aurait voulu pouvoir admirer les lumières de Manhattan depuis les fenêtres de l’Empire et sentir les bras de Chuck autour de sa taille.
Elle s’en voulait tellement de tout ce qui s’était passé depuis ce soir là. Elle savait que la famille Grimaldi ne le laisserait pas l’emmener mais elle n’avait jamais imaginé que cela prendrait une telle tournure.
Louis toussa sur le canapé et elle sortit de sa rêverie. Elle constata qu’il s’était enfin assoupi, après avoir vidé toutes les bouteilles de champagnes, offertes pour l’occasion aux jeunes mariés. Comme elle ne buvait pas d’alcool en ce moment et qu’il n’avait rien d’autre à faire, excepté se disputer avec elle, il avait eu tout le loisir de s’enivrer.
Ce n’était pas pour lui déplaire de toute façon, ainsi elle avait un peu la paix. Elle en profita pour se rendre dans la salle de bain, sans allumer la lumière malgré la pénombre, son portable à la main. Elle referma soigneusement la porte et appuya sur la touche d’appel rapide numéro 1, le téléphone composa automatiquement celui de Chuck.
Elle ne savait pas trop quelle heure il était à New York mais, étant donné le nombre d’heures écoulées depuis leur départ pour leur « lune de miel », il devrait à peu près y être. Elle espérait en tout cas, de tout son cœur, qu’il y arrive bel et bien, sain et sauf.
Elle avait demandé à Nate et Serena de veiller sur lui, même si elle savait qu’il ne les laisserait pas le faire. Elle tomba sur sa messagerie, sans doute l’avion qui était parti de Nice était-il en phase d’atterrissage. Ce devait être bon signe, réussi-t-elle à se convaincre.
Elle lui laissa un message, trop rapide à son goût, car Louis s’était réveillé. Elle raccrocha précipitamment et sorti de la salle de bain, sans oublié de tirer la chasse d’eau et de cacher son portable sous le lavabo, parmi les serviettes de bain de réserve.
-Qu’est ce que tu faisais ? demanda-t-il
- J’avais un besoin pressant. Pourquoi, il faut que je te demande la permission pour y aller maintenant qu’on est marié ? aboya-t-elle.
- Non, mais j’aime bien prendre soin de toi et savoir où tu es !
Il avait dit ça d’un air coquin et posa une main sur la cambrure de ses reins
- Non, mais ça va pas non ! cria-t-elle en s’éloignant
- C’est notre nuit de noce !
- Dans tes rêves, oui ! On est peut-être marié mais ne compte pas sur moi pour accomplir mon devoir conjugal.
-Tu es toujours fâchée ?
Les yeux de B lancèrent des éclairs mais il n’en tint pas compte, au contraire.
-Tu sais que je te trouve irrésistible quand tu es en colère !
Blair pris tout à coup conscience du danger qu’elle-même encourait. Ils étaient en lune de miel, seuls, au milieu d’une île paradisiaque, autant dire de nulle part, à des milliers de kilomètres de leur famille et de leur lieu de vie respectif. Elle aurait souhaité voir sa belle-mère entrer dans la chambre pour une fois.
Mais personne ne viendrait frapper à la porte, elle le savait. Elle recula prudemment en le voyant s’approcher mais se retrouva coincée contre le mur. Il la regarda et elle vit danser une lueur de folie dans ses yeux.
- C’est toi et moi maintenant, lui dit-il, s’approchant encore plus près.
Elle s’esquiva en glissant contre le mur et couru vers la porte, mais il fut plus rapide qu’elle.
- Tu veux t’amuser d’abord ! lui dit-il en souriant
- Laisse-moi ! répondit-elle
- Tu dis ça, mais tu ne le penses pas vraiment ! C’est juste parce que tu aimes les jeux et les mauvais garçons.
Il contourna la petite table, derrière laquelle elle s’était réfugiée, tout en prenant soin de lui couper la route vers la porte. Elle attrapa la lampe qui y était posée et frappa de toutes ses forces. Il recula, tentant d’esquiver son geste et leva la main pour se protéger. La lampe se fracassa à terre, non sans lui laisser une vilaine coupure au bras
droit.
-Salope ! hurla-t-il en essuyant le sang qui coulait.
Elle couru jusqu’au lit et lui jeta tous les objets qu’elle pu trouver au passage. Elle réussit à lui entailler le visage, juste sous la pommette droite.
Mais ce n’était pas assez pour l’arrêter, elle fit mine de passer par-dessus le lit et il bondit pour l’attraper, mais au dernier moment, elle fit marche arrière et arracha les couvertures avant de les rabattre sur lui. Il se débattu un instant, comme empêtré dans une toile et elle en profita pour se glisser par la porte fenêtre, restée ouverte. Déjà, il se relevait, elle referma la porte et la bloqua avec la petite table.
Il faisait nuit maintenant. Elle regarda l’étendue noire sous le balcon. Elle n’avait aucune idée de la profondeur de l’océan ni des courants à cet endroit. Il brisa la vitre avec une chaise. Elle n’avait aucune autre issue. Elle grimpa sur la rambarde et sauta dans le vide.
26. Voyage Initiatique
Chuck essaya de se concentrer sur la carte des îles Fidji qu’il avait devant lui. Ils devraient bientôt arriver maintenant. Il avait étudié ces îles une bonne partie de la nuit, il était incapable de dormir de toute façon alors, autant occupé son temps utilement.
Il se demandait encore ce qui avait bien pu passer par la tête de Blair pour choisir cette destination. Il n’y avait que des ilots perdus recouverts de forêt sans grand intérêt touristique. Mais bien sur, ce n’était pas l’attrait principal lorsqu’on était en lune de miel.
Il grimaça encore une fois en pensant à ce que ses mots impliquaient pour tous les jeunes mariés. Blair avait-elle vraiment l’intention d’honorer son « mariage » ? Il pria intérieurement pour que ce ne soit pas le cas et tenta de chasser l’image abominable qui se formait dans son esprit.
Ses amis étaient assis en face de lui.
- Tu en veux ? demanda Nate à Serena en remplissant le verre de sa belle avant de se verser un verre d’eau à lui-même.
Le souvenir du vieux couple assis à côté de lui dans l’avion pour JFK lui revint en mémoire.
« C’est le rôle de leur femme de les rassurer, et de les amener sur le chemin qui les conduira jusqu’à elle » disait la vielle dame avec un regard tendre pour son mari.
Chuck sourit, elle avait raison, c’est Blair qui l’avait guidé jusqu’ici, grâce à son message. L’avait-elle fait exprès ? Sans doute, elle était si intelligente !
Le jet de Bass industrie atterrit enfin à Nadi. Aucun d’eux n’avait eu de nouvelles de Blair depuis leur départ de New York. Eleanor Waldorf avait simplement confirmé à Serena que les jeunes mariés étaient bien arrivés à leur hôtel.
Chuck descendit le premier, il avait réservé un hydravion pour se rendre à Mamanucas, c’est de là qu’ils seraient le plus près de Yasawa Island, entouré de toute part par l’océan pacifique où séjournait « l’heureux couple » Il passa une main sur son front, il avait toujours cette fichue migraine, elle ne l’avait pas quittée depuis qu’il s’était réveillé à la clinique de Monaco, deux jours plus tôt.
Serena et Nate, descendirent à leur tour de l’avion. Il faisait une chaleur accablante pour des New Yorkais.
- Tu crois qu’on a bien fait de venir ? demanda Serena
- On n’avait pas trop le choix de toute façon, on n’allait quand même pas le laisser s’aventurer ici tout seul ! répondit Nate
- C’est justement de ça que je parle, il est sorti de clinique il y a à peine deux jours et il aurait du aller voir un médecin directement en rentrant chez nous, ce qu’il n’a pas fait, je te le rappelle.
- Et bien, tu pouvais toujours essayer de le résonner ! Pourquoi ne l’as-tu pas fait ?
- Très drôle Nathaniel ! dit-elle ironiquement, en imitant de Chuck
- Vous n’avez pas fini de traîner, cria le sujet de leur discussion depuis la bicoque qui servait d’aéroport. Vous croyez qu’on est venu faire du tourisme ou quoi ?
Ils hâtèrent le pas et le suivirent le long du bâtiment. Il se dirigea tout droit vers un homme qui attendait à côté… d’une jeep ? Chacun monta dans le véhicule. Serena s’abstint de tout commentaire pendant le voyage malgré son envie de vomir toute les cinq minutes. Ils étaient brinqueballés de tous côtés, la jeep se frayant un passage au milieu des routes de forêt. N’y avait-il donc que des arbres ici ?
La jeep ralentit et S se dit qu’ils allaient enfin trouver un peu de civilisation, mais au lieu de ça, elle s’arrêta sur la plage, au milieu du sable, face à un embarcadère. Ils s’installèrent à bord d’un hydravion et s’envolèrent pour une autre ile. De là-haut, elle pu effectivement le constater par elle-même, il n’y avait que des arbres.
Finalement, ils arrivèrent à leur hôtel et un garçon se chargea de prendre leur bagage tandis qu’ils rejoignaient leurs chambres. Après une bonne douche, elle retrouva les garçons au bar, elle avait faim et espérait qu’il y avait, au moins, un buffet continental. Mais sa faim s’évanouit bien vite en voyant la tête de ses amis.
On aurait dit qu’ils avaient vu un fantôme, Chuck était blanc comme un linge, sous ses ecchymoses et son petit ami n’en menait pas large lui non plus
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Il y a des rumeurs, à propos d’un accident sur Yasawa Island, répondit Nate
- Et ? C’est quoi Yasawa Island ?
- L’ile ou est Blair, répondit toujours N. En fait c’est un grand complexe hôtelier, il paraît qu’une jeune mariée aurait disparue dans l’océan. Elle aurait sauté ou serait tombée du balcon, les versions varient.
Serena enregistra lentement les informations mais son cerveau refusait de croire qu’une telle éventualité soit possible.
- Mais, ce n’est qu’une rumeur n’est-ce pas ? Et même, il y a sans doute des tas de couples qui choisissent cette destination pour leur lune de miel.
- Mais combien de mariée épouse un tordu pour en protégé un autre ? questionna Chuck en regardant au fond du verre qu’il n’avait pas touché.
- Monsieur Bass ? demanda un jeune type au teint mat
Chuck se leva d’un bond et se dirigea vers lui.
- Il va nous emmener sur Yasawa Island, dit Nate
- Maintenant ? Mais il fera bientôt nuit, vous n’avez pas mangé et à peine dormi ! Et à quoi ça va servir ? On ne connaît même pas la région !
- Je sais, mais il ne peut pas rester comme ça et il vaut mieux que je l’accompagne. Quand à toi, tu devrais rester ici, on ne sait jamais.
- Il se leva et rejoignit son ami après l’avoir embrassée passionnément.
- Vous ne croyez quand même pas que vous allez vous débarrasser de moi aussi facilement Nathaniel Archibald ! dit-elle en se levant à son tour.
27. Behind the scene
L’hydravion amerrit et les trois New Yorkais posèrent pied sur le ponton. S espéra que ce serait le dernier voyage de la journée, et même jusqu’à leur départ pour les USA.
Ils se présentèrent à la réception et Chuck se chargea des chambres. Mais l’employé derrière le comptoir, un grand type maigre au regard fuyant, n’était apparemment pas très coopératif. Très vite les éclats de voix fusèrent.
-Non mais, vous vous foutez de moi ? dit C
-Je suis vraiment désolé Monsieur, mais… sans réservation, ….je vous assure que l’hôtel est complet, je ne peux pas vous donner de suite, ni de chambre, d’ailleurs.
-Ecoutez mon vieux, lui dit-il d’un ton mauvais, ne me prenez pas pour un imbécile ou ça se terminera mal pour vous !
-Mais, je vous assure, Monsieur, que….
-Appelez-moi le directeur de cet établissement !
-Mais, Monsieur, il ne vous ….
-Je n’ai pas le temps pour ces conneries, s’emporta Chuck, en décrochant son téléphone.
Il rejoignit ses amis assis sur un sofa un peu plus loin dans le hall.
-C’est quoi cette histoire encore ? demanda S, qui commençait vraiment à se dire que les voyages en dehors de la Jet Set ressemblaient à l’enfer sur terre.
Chuck leva la main pour lui signifier qu’il était occupé.
-Ernest, ici Chuck Bass.
-Non, je ne sais pas l’heure qu’il est et encore moins dans quelle partie du monde tu te trouves, mais je peux te dire où moi je suis, répondit-il à son interlocuteur.
Serena regarda Nate avec un regard interrogatif mais il se contenta de hausser les épaules en signe d’ignorance.
-Je suis au Yasawa Island, qui, si je ne m’abuse, fait partie de la chaîne d’hôtel que vient de racheter ton conseil d’administration.
Chuck faisait les cents pas et ses amis ne suivirent pas le reste de la conversation mais ils n’en avaient pas besoin pour savoir que le pauvre type de l’accueil exécutait ses dernières heures de travail.
Chuck vint s’asseoir près d’eux quelques minutes plus tard, et passa sa main sur son visage couvert de blessures. Pas étonnant que le type de l’accueil ne l’ait pas pris au sérieux, se dit-il, mais tant pis pour lui. Sa paupière gauche avait dégonflée, lui ermettant de recouvrir l’usage de ses deux yeux.
Mais, il n’avait pas dormi depuis le vol qui l’avait ramené de Monaco et il commençait vraiment à ressentir les effets de la fatigue. Il avala un comprimé, qui était censé faire disparaître sa migraine, et regarda autour de lui avec l’œil de celui qui connaît les coulisses.
-Tout à l’air calme, dit Serena, les rumeurs n’étaient sans doute pas fondées
-Ou alors, on n’est pas au bon endroit, lui répondit Nate
-Non, nous y sommes, répliqua Chuck, il se passe quelque chose ici
-Et à quoi tu vois ça toi ? questionna sa sœur dubitative
-Aux employés, ils sont sur le qui vive,… anxieux. Ils se sentent surveillés.
28. Les jeux sont faits
Un petit bonhomme rondouillet, avec une calvitie naissante, portant un costume bien coupé entra dans le hall. Chuck se leva en l’apercevant et s’avança vers lui avec un sourire de victoire.
-Monsieur Bass ? balbutia l’autre, intimidé.
Chuck fit un signe d’assentiment de la tête.
-Je suis John Goodline, le directeur de cet hôtel, si vous voulez bien me suivre dans mon bureau, j’ai cru comprendre qu’il y avait eu un petit malentendu.
Le petit groupe passa devant l’accueil et l’employé blêmit.
Désirez-vous quelque chose à boire ou à manger ? demanda John Goodline qui n’en menait pas large.
-Ce que je veux, c’est savoir ce qui se passe ici, tonna Chuck
-Et bien, en fait, l’employé ne vous a pas menti, répondit le directeur en avalant sa salive, il est exact que toutes nos chambres ont été réservées. Nous avons, comme qui dirait, été envahi cet après-midi et …
-Monsieur Goodline, dit le roi de New York en le menaçant ouvertement, je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas faire la même erreur que votre employé.
-Je vous assure, Monsieur Bass, que je vous dis la vérité, toutes non chambres ont été réservées et…
-Réservées mais pas occupées n’est-ce pas ?
-Comme je vous le disais, de nombreux Européens sont arrivés depuis ce matin …
-Cela aurait-il quelque chose à voir avec la jeune mariée qui a disparue ? demanda Chuck, la gorge sèche.
-Co…Comment …
-Le petit personnel parle John, vous devriez le savoir.
John devint aussi blême que l’employé de l’accueil tout à l’heure.
-Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas parlé de tout ceci à Ernest Hathaway, mais je veux une chambre pour moi et mes amis et je veux savoir ce qui se passe exactement.
-Je ne le sais pas vraiment moi-même, Monsieur Bass, je vous assure. Tout ce que je peux vous dire, c’est que les mariés sont des gens très, très importants. Ils n’ont même pas réservés sous leurs noms véritables, pour ne pas être retrouvés par les médias. Et même moi, j’ignorais tout jusqu’à ce drame affreux. Vous n’ignorez pas l’importance de la discrétion dans notre branche alors, quand le mari m’a demandé de ne pas alerté les autorités, ….après tout, elle n’a disparu que depuis, à peine, 24 heures….
Chuck frappa du poing sur le bureau, ce qui fit sursauter John Goodline.
-Bien entendu, continua courageusement celui-ci, devant son regard assassin, suite à votre intervention, j’en ai référé à Monsieur Hathaway qui est d’accord avec moi sur ce point.
-Bien entendu, siffla Chuck entre ses dents, en proie au martyr, tout comme Serena
-Et qu’est-ce que vous espérez au juste ? Qu’on retrouve son corps flottant dans l’océan ? Comment vous expliquerez ça, après ? hurla-t-elle
Chuck sursauta à son tour, la violence des paroles de sa sœur, qui exprimait tout haut ce que chacun redoutait tout bas, le déstabilisèrent un instant.
-Ne croyez pas ça, Mademoiselle, poursuivit Goodline, il est évident que si rien n’avait été entamé dans ce sens, j’aurais, personnellement, prévenu la police dés les remières 48 heures. Mais, comme je vous l’ai dit de nombreux Européens sont arrivés et ont envahi l’hôtel. Le mari a une véritable armée de plongeurs à sa solde qui la recherchent
activement.
******
Deux heures plus tard, Serena défaisait sa valise pour la seconde fois de la journée.
Chuck avait payé John Goodline pour cette double chambre minuscule, très éloignée du bâtiment principal. Après tout, aucun d’entre eux ne voulait que le riche et puissant mari soit au courant de ce qui se passait.
On frappa à la porte et un garçon d’étage entra avec un chariot rempli de fruits et de boisson en tout genre.
-Avec les compliments de la maison, dit-il
Serena le remercia et prit une prune, elle avait oublié qu’elle mourait de faim.
Elle entendit Nate ouvrir l’eau de la douche et se dirigea vers la porte communicante, il était temps pour elle de parler à son frère. Elle frappa mais ne reçu aucune réponse. Elle ouvrit prudemment la porte
-Chuck ? cria-t-elle en entrant dans la chambre contigüe
Il sortit de la salle de bain vêtu seulement de son pantalon. Un grand pansement lui barrait le torse, au niveau inférieur des côtes.
-Nate sait que tu viens me reluquer sous la douche ? demanda-t-il avec un sourire salace à sa demi-sœur en enfilant une manche de sa chemise
-Ah ah, très drôle Chuck ! Attend ! dit-elle en le voyant commencer à la boutonner.
Elle s’approcha de lui et en saisi les deux pans qu’elle releva.
-Hey! protesta Chuck
-Hey ! Quoi ? fit-elle sérieusement, en inspectant le bandage. Je veux retrouver ma meilleure amie et pour ça, tout le monde doit être d’attaque.
-J’ai pas l’intention d’attraper une septicémie, je sais changer un bandage.
-Tant mieux, parce que je n’ai pas besoin d’un malade sur les bras en plus du reste.
Elle retourna à la porte, elle savait qu’il souriait maintenant qu’elle lui tournait le dos. Elle sortit un objet métallique de sa poche et leva la main pour le lui montrer.
-Pas la peine d’espérer nous reluquer, c’est moi qui ai la clé, dit-elle en refermant la porte sans se retourner.
*****
On frappa à la porte de Chuck également, le même serveur amena un chariot identique à celui qu’il avait livré quelques minutes plus tôt.
-Merci, dit Chuck, en attrapant sa veste de costume, alors que le jeune homme était déjà sur le pas de la porte.
Il sortit une liasse de billets de cent dollars de la poche intérieure et lui en tendit un.
-J’aurais besoin d’un petit service, dit-il en posant la liasse sur le chariot, bien en évidence.
Le garçon fit un pas à l’intérieur de la chambre et ferma la porte derrière lui.
29. CSI NY
Serena avait presque terminé de manger quand Nate sortit de la salle de bain, une serviette autour de la taille. Elle était assise sur le lit et sourit à la vision qui s’offrait à elle, mais l’heure n’était pas aux réjouissances. Il vit son visage triste et s’approcha pour l’embrasser. Il se laissa tomber assis à côté d’elle et l’enlaça avant de déposer un baiser sur sa chevelure blonde. Elle posa sa tête dans le creux de son épaule, laissant la chaleur de ses bras la réconforter.
Chuck frappa à la porte communicante et entra sans attendre la réponse. N et S sursautèrent en même temps.
-Je croyais que tu devais fermer à clé, dit-il à sa sœur avec un sourire ambigu.
-Chuck, tu es vraiment impossible, dit-elle, trop inquiète pour son amie pour être vraiment fâchée contre lui.
-Qu’est-ce que tu veux ? soupira Nate. Tu ne crois pas que tu devrais essayer de dormir un peu ?
-Je dormirai plus tard ! Pour l’instant, nous avons mieux à faire. Habille-toi Archibald ! On a une petite visite à faire.
Nate fronça les sourcils, à voir sa tête, il avait trouvé quelque chose. Restait à savoir si ce serait positif.
******
Quelques minutes après, Nate, habillé, entrait dans la chambre de Chuck qui tournait en rond. Il les emmena jusqu’à la route qui passait devant la villa où étaient abritées leurs chambres. Un véhicule alluma le moteur, tous feux éteints. Ils embarquèrent tous les trois et la voiture démarra. Serena reconnu le chauffeur, c’était le garçon qui avait amené le chariot dans la chambre.
Ils se retrouvèrent vite dans une autre villa, dans laquelle se trouvait la chambre nuptiale, et prirent l’ascenseur de service, histoire de ne pas être vu. Le garçon, qui se prénommait Vanua, avait assuré que Louis était absent. Il était au lounge bar avec les équipes de professionnels. Ils faisaient le point sur les recherches de la journée.
Les plongeurs n’avaient rien trouvé dans les eaux aux alentours du balcon. Mais les courants étaient capricieux dans cette partie de l’océan, ce n’était pas pour rien si la plage de l’hôtel se trouvait sur un autre versant de l’île, là où il y avait moins de danger pour les touristes.
Vanua ouvrit la porte de la suite avec son pass et resta dans le couloir pour faire le guet tandis que les trois amis s’engouffraient dans la pièce principale de la chambre nuptiale.
-Je ne vois pas bien ce qu’on cherche, dit Serena, de toute évidence la femme de ménage est déjà passée par là.
-Je n’en sais rien, répondit Chuck avec humeur, s’appliquant à fouiller minutieusement chaque tiroir.
Il alluma dans la salle de bain et farfouilla dans les affaires de Blair. Chaque objet lui rappelait cruellement la vie qu’ils avaient partagée à l’Empire. C’était il y a tellement longtemps. Les images de leur bonheur perdu affluaient à sa mémoire.
Ils cherchèrent pendant plus d’une heure mais, manifestement, il n’y avait rien à trouver ici. Vanua, qui s’impatientait, frappa à la porte pour leur demander de se presser. Mais, quand il entra dans la pièce à son tour, il fut ébahi par ce qu’il voyait. Il ressortit dans le couloir et vérifia le numéro sur la porte.
-C’est pas la bonne chambre ? demanda Nate en voyant le manège du jeune homme
-Si, mais ils ont tout changé, dit-il en regardant autour de lui.
-Comment ça ? Ils ont tout changé ! demanda Chuck.
-Les meubles, dit Vanua, ils ne doivent pas être comme ça ! Le lit va de l’autre côté de la pièce et la petite table, là, elle se trouve normalement le long de ce mur et…
- Et ? dit Serena qui ne comprenait l’intérêt de déplacer les meubles sauf pour cacher une tâche. Oh mon Dieu ! ajouta-t-elle en ouvrant de grands yeux.
Vanua, s’approcha de la porte fenêtre.
-J’ai déjà inspecté le balcon, dit Nate, qui avait voulu épargner à chacun des deux autres la douleur de se retrouver au dernier endroit où avait été aperçu leur amie.
-Elle a été changée, continua Vanua sans l’écouter. Cette partie de la porte, elle est neuve. L’ancienne a été repeinte quand on a changé de système de sécurité.
-Aide-moi ! dit Chuck à Nate, en poussant le lit pour le remettre à sa place d’origine.
Mais, il n’en eut pas besoin. Le lit éloigné du mur, il vit clairement apparaître des tâches sombres sur le tapis qui avait été nettoyé.
Il resta pétrifié, n’osant imaginer ce qui s’était passé dans cette chambre. Il n’était pas le seul d’ailleurs, Serena tremblait maintenant de tous ses membres malgré les bras de Nate autour d’elle.
C’est cet instant que choisi Louis pour faire son entrée. Il s’immobilisa une seconde, lorsqu’il aperçut le petit groupe et la scène qui se déroulait devant lui. Cette seconde lui fut fatale. Chuck se rua sur lui et le propulsa contre la porte de la salle de bain avant de placer son bras sur sa gorge et de lui écraser la pomme d’Adam.
-Je vais te tuer, écuma-t-il, ivre de douleur, de colère et de rage trop longtemps contenues.
30. Lost
Blair marchait depuis des heures dans la forêt tropicale, sans savoir si elle allait dans la bonne direction. Ses pieds, nus, étaient en sang et son corps était couvert de piqures d’insectes en tout genre. Chacun de ses muscles la faisaient souffrir. Epuisée, elle s’assied contre le tronc d’un arbre immense. Elle avait besoin de reprendre des forces. Elle ferma les yeux un instant et repensa à ce qu’elle venait de vivre.
Elle se rappela la chute, interminable, et la violence du choc avec les flots. Elle avait bien cru se noyer et ne savait pas par quel miracle elle était parvenue à sortir la tête de l’eau. Luttant contre les vagues, qui s’écrasaient contre les rochers au pied du balcon d’où elle avait sauté pour lui échapper, elle nagea, encore et encore, pour trouver un endroit de la côte un peu moins escarpé que les autres.
A bout de force, elle avait tout de même réussi à se hisser sur d’énormes rochers, non sans s’écorcher les avant bras. Elle ne savait pas combien de temps elle était restée là, étendue, à l’abri de l’océan. Elle avait sombré dans un sommeil plein de cauchemars et s’était réveillée avec les premières lueurs de l’aube. Elle s’était mise à marcher, sans se poser de question. Que pouvait-elle faire d’autre de toute façon ?
*****
Nate et Vanua n’avaient pas été trop de deux pour empêcher Chuck de mettre sa menace à exécution. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui avait manqué de le laissé faire.
Nate regarda son ami, assis sur le balcon de leurs chambres, il scrutait l’horizon.
-Tu devrais vraiment essayer de dormir, lui conseilla-t-il
C ne répondit pas, il ne lui avait pas dit un mot depuis l’épisode de la veille.
-Laisse le tranquille Nate, répliqua Serena, qui était toujours sous le choc de ce qu’ils avaient découvert elle aussi.
-Ecoute S, je suis inquiet moi aussi et je n’approuve pas plus que vous ce qui a pu se passer dans cette chambre.
-Dans ce cas, pourquoi ne m’as-tu pas laissé le tuer ? lui demanda enfin Chuck, sans pour autant quitter du regard la forêt qui n’en finissait pas en contrebas.
-Peut-être pour t’éviter de finir en prison ! Parce que, au cas où tu l’aurais oublié, je te signal que je suis ton ami et aussi celui de Blair. Et que la dernière chose qu’elle m’ait demandé, c’est de veiller sur toi ! Alors, jusqu’à ce qu’elle soit là, ce sera comme ça, un point c’est tout ! explosa Nate.
Chuck se tourna vers son meilleur ami et comprit qu’il n’était pas juste avec lui. Nathaniel aussi souffrait de cette situation. Il était resté l’ami de Blair quand lui-même l’avait poussé dans les bras de ce sale type. C’était lui qui l’avait soutenu tout cet été. Et c’était lui qui l’avait convaincu de se rendre à Monaco pour la récupérer. Il n’avait jamais laissé tomber. En fait, il ne laissait jamais tomber personne, pas même lui, qui pourtant le méritait.
-Excuse-moi Nathaniel, dit Chuck, c’est toi qui a raison, ça n’aiderait pas Blair.
Quelqu’un tambourina soudain à la porte et Serena alla ouvrir. C’était Vanua
-Ve…nez ….vi…te, haleta-t-il. Ils … ont… trou…vé… quel…que….cho…se.
Il ne leur laissa pas le temps de poser de question et repartit, en courant, le long du corridor, les trois New Yorkais sur ses talons.
Arrivé à la route, il les fit monter dans une camionnette et dit quelques mots incompréhensibles au chauffeur qui démarra en trombe. Il dépassa les grilles du complexe hôtelier et s’engagea sur une route poussiéreuse menant dans la forêt.
-C’est mon cousin, Levu, leur expliqua Vanua, après avoir repris son souffle. Il n’a pas beaucoup d’instruction et ne parle qu’hindoustani. Il ne travaille pas vraiment ici, enfin pas officiellement je veux dire, il me donne juste un coup de main de temps en temps. Il paraît qu’une femme de son village a trouvé un bout de tissu déchiré dans la jungle tropicale ce matin.
Les trois amis échangèrent un regard n’osant imaginer ce que cela signifiait.
******
Débouchant de la forêt, la camionnette s’arrêta enfin dans un village qui se dressait au milieu d’une clairière improbable. Le lieu paraissait aussi irréel que la situation mais Chuck ne s’attarda pas à ces considérations.
Levu s’adressa à une vielle femme en hindoustani, elle lui indiqua une petite cahute en bois, à une centaine de mètre de là. Une autre vieille femme, édentée, leur ouvrit la porte quand Vanua y frappa. Il s’entretint avec elle pendant de longues minutes puis la grand-mère disparu dans la « maison » une autre poignée de secondes nterminables. Elle en ressortit avec un morceau de tissu bleu ciel dans une main qu’elle tendit à son interlocuteur.
- Est-ce que ça pourrait appartenir à votre amie ? questionna Vanua
Serena pris le morceau de tissu qui n’était plus qu’un chiffon et le déplia devant elle.
- C’est une robe Gucci !, dit-elle déconfite
- Dis plutôt c’était ! commenta Nate, qui s’en voulu aussitôt en apercevant le regard de Chuck rivé sur le bout de tissu en lambeau.
- Où a-t-elle trouvé ça ? questionna nerveusement ce dernier à l’adresse de Vanua
- Dans la forêt, répéta l’homme qui se souvenait parfaitement l’avoir déjà expliqué.
- Mais où dans la forêt ? questionna Chuck, le regard perçant.
- Vous… vous ne songez tout de même pas…. Monsieur Chuck… ce ne serait pas raisonnable, je vous assure. La jungle est dangereuse, même pour nous alors pour un étranger…. Il faudrait qu’il soit fou pour s’y aventurer.