HypnoFanfics

Echec et Mat

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 09.08.2011 à 19h35
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Voici ma toute première fic. Attention, je suis une inconditionnelle du CHAIR, elle porte donc sur C/B et commence fin de saison 4 J'espère que ça plaira aux proCHAIR et peut-être même aux autre » katido 

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31. Chasse au trésor

Le roi de l’Upper East Side regarda l’assemblée avec un air de défi.

- Chuck ! souffla S qui commençait sérieusement à douter de la santé mentale de son frère.

- Elle y est elle ! explosa-t-il. Tu ne crois quand même pas je vais l’y abandonner ?!

- Personne ne parle de l’abandonner, on va appeler du secours…, tenta Nate

- Faites ce que vous voulez, mais moi je n’attendrai pas une minute de plus.

Le regard de Chuck était plus déterminé que jamais.  Nate et Serena comprirent qu’ils ne réussiraient pas à le faire changer d’avis.

- Monsieur, tenta encore une fois Vanua, je me rends bien compte que vous aimez cette fille mais sans vouloir vous faire peur.  Vous ne connaissez rien à cette jungle, y survivre seule, pour une étrangère, ce serait un miracle.

- Et toi tu ne connais pas Blair Waldorf, dit Chuck refusant de céder au désespoir.

Il partit en direction du sentier qui s’enfonçait entre les arbres bordant le village.

- Attendez ! cria Vanua

- Si vous êtes vraiment décidé, vous ne pouvez pas y aller seul, je viens avec vous.

Il s’adressa à nouveau à Levu et à la vielle femme en hindoustani avant de déclarer.

- Mon cousin va nous accompagner, c’est un très bon chasseur, il connaît bien cette partie de la forêt. Teneria dit qu’elle a trouvé le linge près de la source à environs trois heures de marche d’ici.

- Chuck ! appela encore une fois Serena en larmes.

Il ne lui accorda même pas un regard.

- J’ai déjà peut-être perdu ma meilleure amie, renifla-t-elle en lui agrippant le bras.  Je ne veux pas aussi risquer de perdre mon frère.

- Je suis déjà perdu sans elle ! siffla-t-il entre ses dents, le regard plus douloureux que jamais. Blair est toujours là, quelque part dans cette jungle ! Et toi tu voudrais que je reste là, les bras croisés, pendant qu’elle se bat pour survivre là dedans ?!

- Ce n’est pas ce que j’ai dit, c’est juste que…

- juste que quoi ?

- La forêt est dangereuse même pour les autochtones et …

- Raison de plus pour ne pas tergiverser plus longtemps, dit-il d’un ton qui mettait fin à toute discussion.

Serena ne répondit plus rien, elle savait que toute argumentation serait vaine, rien ne pourrait lui faire entendre raison.

- On va rester ici nous, dit Nate qui ne voulait pas faire courir de risques supplémentaires à S, on va prévenir les autorités.

 

******

La chaleur et l’humidité étaient étouffantes, Chuck suivait les deux cousins du mieux qu’il pouvait. Il n’était pas habitué à marcher, même à New York, et le sport ce n’était pas vraiment son genre, sauf le sport en chambre bien entendu. Il songea que la marche à travers la jungle devrait être classée discipline olympique.

La douleur martelait plus fort que jamais dans son crane et sa cicatrice sous les côtes le faisait atrocement souffrir. Dans la précipitation, il n’avait pas pris ses médicaments avec lui. Et quand bien même ! Il avait enlevé la sangle gauche du sac à dos, rempli de provision et matériel en tout genre, que Levu lui avait tendu avant le départ car il lui brûlait la peau à chaque mouvement.

Vanua aussi avait du mal à suivre Levu.  Il avait perdu l’habitude de parcourir la jungle depuis son enfance. Ses parents s’étaient installés « en ville » alors qu’il avait à peine 10 ans, son père ayant trouvé du travail sur un chantier de construction de l’hôtel. Ce qui lui avait permis d’aller à l’école jusqu’à 16 ans et de se trouver une bonne place lui aussi. Il cria quelque chose dans sa langue natale à son cousin qui lui répondit en maugréant mais ralentit l’allure.

- Levu a peur que nous ne soyons pas rentrés au village avant la nuit, expliqua Vanua à Chuck.  Dés que le jour tombera, il fera trop noir pour nous déplacer parmi la végétation.  En plus, si la saison des pluies est en retard cette année, elle a néanmoins,
théoriquement, déjà commencée et si nous sommes pris dans un orage, nous n’aurons aucun abri.  Il est pratiquement impossible d’avancer lorsque le sol de la jungle se transforme en boue et de dangereux sables mouvants peuvent se former n’importe où dans ces cas là.

Chuck ne répondit rien.  Il se fichait bien du cours de sciences naturelles de Vanua. La seule chose qui lui importait c’était de retrouver la femme de sa vie saine et sauve, ainsi que l’enfant qu’elle portait. Il était prêt à périr dans un orage ou a être engloutit par des sables mouvants si cela pouvait les mettre à l’abri du danger. 


Il était déjà mort sans elle de toute façon.  Il ne supporterait pas que la vie la lui  reprenne.  Il avait déjà trop souffert de l’absence des vivants et des morts. Peu lui importait de vivre si elle n’était plus à ses côtés pour partager ses joies et ses peines.

 

*****

Ils marchaient depuis bien plus de trois heures lorsqu’ils arrivèrent enfin à la source dont avait parlé la vieille femme édentée.  Levu déposa son barda et s’agenouilla pour boire, signe que le moment de la pause était venu.

Mais le roi de l’Upper East Side n’avait aucunement l’intention de se reposer.  Maintenant qu’il était là, il n’avait qu’une idée, trouver un indice qui les mènent sur la piste de sa reine.  Il s’assied sur une racine qui dépassait du sol et regarda tout autour de lui, il n’y avait que des arbres et du vert à perte de vue.  Il était certain qu’il détesterait cette couleur jusqu’à la fin de ses jours.

Pourtant, il du bien s’avouer qu’il n’en pouvait plus. Il avait presque épuisé ses dernières forces. Sa tête était prête à exploser et il avait mal chaque muscle de son corps, sans parler de sa cicatrice qui le brûlait comme si on lui avait enfoncé un fer rougi sous la peau.

Mais ce n’était rien en comparaison de la douleur qu’il ressentit dans sa poitrine lorsqu’il se pencha au dessus de l’eau fraîche pour s’asperger le visage.  Au fond du courant clair, un objet scintillait dans un rayon de soleil qui se frayait un chemin entre les feuillages.


katido  (30.09.2011 à 17:55)

32. Jeu de piste

Chuck saisit l’objet d’une main tremblante, certain de l’avoir déjà vu au doigt de Blair.  C’était la bague de fiançailles que ce crétin lui avait offert. Il se saisit du rubis, il n’y avait aucun doute possible. 

Son cœur s’affola. Comment la bague était-elle arrivée là ? Pourquoi B s’en serait-elle débarrassée ?  Cela n’avait aucun sens.

Il inspecta les abords de la rivière autour de lui plus en détails, une alliance reposait non loin, sur des rochers immergés par l’ondée.

Il se releva si brusquement qu’il en eut le tournis.  Il fit quelques pas et tandis le bras avant de s’effondrer contre un arbre. 

- Monsieur ? s’inquiéta Vanua

Chuck regarda son « guide » et lui montra les joyaux dans la paume de sa main.  Sa respiration était pantelante, il lui fallu plusieurs minutes pour reprendre son souffle.

 - C’est à votre amoureuse ?

Le prince noir fit un signe affirmatif de la tête, encore incapable de parler.    

Vanua ne savait pas quoi penser de cette découverte.  Il appela son cousin qui tentait de repérer des traces à quelques mètres de là.  Ils échangèrent quelques phrases que Chuck ne comprenaient pas, ce qui le mit hors de lui.

- Qu’est ce qui se passe ? haleta-t-il, ulcéré 

- Levu a trouvé des traces de lutte de ce côté, indiqua Vanua en levant la main vers un bosquet d’arbre d’où émergeait une sorte de dolmen miniature.

Le cœur de Chuck bondit dans sa poitrine. 

- Comment ça des traces de lutte ? questionna-t-il, rongé par l’inquiétude

- Je ne sais pas mais l’herbe est tout aplatie et il y a du sang sur les cailloux qui bordent la rive.

La tête de C se mit à tourner de plus en plus vite, en rythme avec les pulsations qui résonnaient dans chacune des fibres de son corps.  Il ferma les yeux et tenta de reprendre le contrôle.  Ce n’était pas être possible. NON ! Ca ne pouvait pas finir comme ça !

Il s’avança vers l’endroit désigné d’un pas chancelant. Il devait le voir de ses propres yeux.  Levu et Vanua se portèrent à son secours pour le soutenir mais il se dégagea d’un coup d’épaule. Il ne voulait pas de leur aide, il voulait juste la serrer dans ses bras. 

Arrivé tout à côté du bosquet, là où la source tombait en cascade du haut d’une paroi rocheuse pour former une étendue d’eau claire avant de courir au milieu de la forêt, il vit l’herbe écrabouillée sur plusieurs mètres. Sur les galets gris qui tapissaient la grève, des formes rondes et rouges sombres, presque brunes ne laissaient aucun doute possible.  Il s’agissait bien de sang séché.

- BLAIR, hurla Chuck sans même réfléchir

Mais seul l’écho ricochant sur la roche grise au dessus du bassin translucide lui répondit.

- BLAIR, s’égosilla à nouveau le jeune homme qui ne savait plus à quoi se raccrocher.

A nouveau, seul le son de sa voix lui revint en guise de réponse.

- BLAIR, s’époumona-t-il une troisième fois, le cœur et l’âme déchirés.

- Monsieur, elle n’est pas ici, dit doucement Vanua derrière lui.

Mais Chuck ne l’entendait pas.  Il ne ressentait qu’une immense souffrance  qui lui glaçait le sang.  Il avait froid, si froid, il tremblait de tous ses membres.  


*****

Recroquevillée dans un coin de la caverne minuscule, Blair tentait de se positionner de la meilleure façon qui soit pour soulager sa cheville enflée et son poignet blessé.

Lorsqu’elle cru entendre son prénom à  travers la cascade qui se fracassait quelques mètres plus bas, elle pensa d’abord à une hallucination.  Mais la deuxième fois, son esprit se remit en alerte.  Il y avait bien quelqu’un qui l’appelait depuis l’autre côté.

Elle s’extirpa du trou exigu où elle avait trouvé refuge, se contorsionnant du mieux qu’elle le pouvait, s’écorchant une épaule contre le mur rugueux et posa prudemment son pied sur la pierre détrempée pour se laisser glisser sur les fesses.  

Son prénom résonna une troisième fois, déformé bizarrement, mais sans plus aucun doute à présent.  Elle accéléra sa progression, rampante, et s’avança jusqu’au surplomb au dessus de la nappe d’eau.

Ses yeux mirent un peu de temps à s’habituer à la clarté car la grotte était sombre.

Elle fouilla l’endroit du regard et l’aperçu sur le bord de la rivière. Elle resta stupéfaite, un instant médusée de le voir là.  Puis, un grand sourire illumina son visage, barbouillé par les larmes qu’elle avait versées quelques heures plutôt, en proie au désespoir.

- Chuuuck ! s’égosilla-t-elle si fort qu’elle cru que ses cordes vocales allaient se rompre.

Il releva la tête et son cœur se remit à battre.  Blair était là ! Assise sur les rocs d’où tombait la cascade, telle une sirène apparaissant au naufragé qu’il était. C’était comme si la vie s’insufflait à nouveau en lui.

Elle descendait le long des rochers, glissant comme une anguille tandis qu’il traversait le lagon pour la rejoindre, leurs cœurs battant, comme jamais encore au par avant.

Il nagea jusqu’au pied de la paroi sans la quitter du regard.  Elle ne prit pas le temps de descendre jusqu’au bout et se laissa tomber dans l’eau, à côté de lui, dés qu’elle jugea la hauteur raisonnable. Une douleur lui transperça la cheville mais elle n’y prêta pas attention.  Elle se colla contre lui, passant ses bras autour de son torse.  Il lui enserra la taille et l’attira tout contre son corps.  Leurs lèvres se joignirent dans un baiser passionné tandis que leurs langues s’emmêlaient l’une à l’autre. 

- Tu es là ! …..Tu es là ! murmura-t-elle, reprenant son souffle tandis que des larmes de joies inondaient son visage.

- Plus jamais, plus jamais, je te le promets ! chuchota-t-il à son oreille.

Il la serra plus étroitement encore, et posa à nouveau ses lèvres sur celles de sa reine.


katido  (01.10.2011 à 13:43)

33. L’épopée fantastique 

Sa reine était là, dans ses bras, vivante et riante, rien d’autre n’avait d’importance.  Il ne ressentait plus de maux de tête, ni même la brûlure de sa cicatrice.  Elle soignait toutes ses douleurs, même physiques.  Sa seule présence suffisait à son bonheur et le comblait de joie.

Ils nagèrent jusqu’à la rive, main dans la main.  Aucun d’eux ne voulait briser le lien qui les réunissait enfin. Arrivant à l’endroit où il avait pied il se mit debout et l’attira plus près de lui.  Elle sautilla sur une jambe, se raccrochant à lui jusqu’à ce qu’ils sortent enfin de l’eau. 

Levu et Vanua les accueillirent sur la grève, ils n’en croyaient pas leurs yeux.

-  Les villageois ne nous croiront jamais, dit l’employé de l’hôtel en tendant une main à Blair.

Elle la saisit et boitilla jusqu’à un tronc couché, sans lâcher celle de Chuck.  Il s’assied à côté d’elle et passa son bras droit autour des épaules de sa belle.

- Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-il enfin en la couvant du regard.

- A part cette fichue cheville et mon poignet entaillé, je crois que ça va, dit-elle en désignant son pied gauche qui avait doublé de volume.

Il l’embrassa sur la tempe et ferma les yeux en frissonnant.  Il n’osait pas lui demander si le bébé allait bien.

- Et toi, tu vas bien ? demanda-t-elle le regardant au fond des yeux. 

- Mieux que jamais maintenant que je tu es dans mes bras, répondit-il sincèrement.

Elle caressa sa tempe et laissa sa main glisser le long de son visage qui portait encore les traces laissées par les gardes du corps de Louis. Elle frissonna elle aussi.

Il resserra son étreinte tandis qu’elle embrassait sa joue meurtrie du bout des lèvres. Chuck se souvint qu’elle ne l’avait pas revu depuis l’épisode au commissariat de Monaco. Depuis qu’elle avait épousé ce sale type.  Il sentit la colère monter en lui.

- Qu’est-ce qui s’est passé depuis ta nu…,

Il ne pouvait pas prononcer ces mots là.

- Depuis que tu as disparue, reprit-il

Elle se blottit contre lui au souvenir de cette horrible soirée où elle avait choisit de plonger dans l’océan.

- Monsieur, il faut qu’on y aille si on ne veut pas être surpris par la nuit, les interrompit Vanua.

Blair dévisagea le jeune fidjien.

- Je te présente Vanua, dit Chuck qui venait de réaliser que B ne savait pas qui étaient ces deux types.  Il travaille à l’hôtel, c’est grâce à lui et à son cousin, Levu, si je suis arrivé jusqu’ici.

Vanua lui fit un grand sourire tandis que Levu grommelait dans son coin.

Blair ne comprit pas un traitre mot de ce qu’il baragouinait mais se leva maladroitement et passa son bras sous celui de Chuck.  Levu lui tendit un grand bâton qu’il avait cassé en deux pour lui faire une sorte de béquille. Etant donné la grosseur de la branche, elle se demanda comment il avait bien pu la briser et se dit qu’il valait mieux obtempérer.

Elle profita du retour pour expliquer son aventure depuis le moment où elle avait sauté du balcon pour échapper à son mari jusqu’à celui où ils l’avaient retrouvée.

Après avoir lutté contre le courant de l’océan, elle s’était retrouvée dans la jungle et avait marché encore et encore à l’aveuglette, entre les arbres qui se ressemblaient tous, jusqu’à ce qu’elle tombe sur un cours d’eau. 

Etant donné la chaleur, et ne sachant combien de temps elle errerait dans la forêt, elle en avait conclu qu’il valait mieux avoir de l’eau fraîche à sa portée. Elle avait donc entreprit de remonter la rivière pensant qu’elle tomberait forcement, à un moment ou un autre, sur une infrastructure qui l’exploiterait. Mais elle avançait en réalité en sens inverse du village et avait fini par se retrouver à la source.

Avant de rebrousser chemin, elle avait entreprit de se rafraichir et puisque le lagon était tout près, il n’y avait pas de raison de s’en priver. Sa robe déchirée étant plus que superflue, elle l’avait tout simplement ôtée pour se baigner. 

Les problèmes s’étaient posés lorsqu’elle avait été « attaquée » par un horrible iguane rayé géant.  Elle avait eu si peur qu’elle avait glissée sur les galets en courant pour sortir de la rivière et qu’elle s’était tordu la cheville.  S’étalant de tout son long sur la berge, elle s’était entaillée le poignet sur une roche coupante.

De rage, elle avait jeté ses bagues dans l’eau, avant de chercher un endroit pour se protéger de ses horribles reptiles.  Toute possibilité de refaire le chemin parcouru étant réduite à néant, elle ne voulait pas passer une autre nuit exposée aux bêtes sauvages qui erraient dans la jungle.

Vanua sourit lorsqu’il l’entendit raconter la partie où elle avait été « attaquée » par un iguane et Levu éclata franchement de rire lorsque son cousin lui traduisit.  Puis, d’un coup, il cessa de rire et la considéra d’un œil stupéfié. 

- Vous avez dit que vous aviez vu un iguane « rayé » ? questionna Vanua qui traduisait toujours.  Vous en êtes certaine ?

- Evidement que j’en suis sûre, cet horrible chose, immense, était juste à côté de moi, perché à une branche, prêt à se joindre à moi pour une petite baignade ! S’il n’avait pas été si vert, je l’aurais sans doute aperçu plutôt.  Mais tout est vert ici !  Je étesterai cette couleur jusqu’à la fin de ma vie, répondit-elle avec une moue dégoutée.

Chuck sourit et l’embrassa sur la joue.  Elle le regarda, sans comprendre.

- Je t’aime, lui glissa-t-il au creux de l’oreille.

- Moi aussi, répondit-elle en lui effleurant les lèvres.

Levu se stoppa net et se retourna vers le couple, les yeux écarquillés.

- Vous ne vous en rendez pas compte, expliqua son cousin, mais ce que vous avez vu, s’il est bien comme vous le décrivez, c’est un iguane rayé.  C’est une espèce protégée. Il n’en n’existe pratiquement plus aucun spécimen sur cette île.

- Et bien celui-là existe bel et bien, je vous assure et franchement, je ne vois pas pourquoi on le protègerait !

- En tout cas, la légende dit que les personnes qui en croise un auront de la chance et du bonheur  jusqu’à la fin de leur vie, termina Vanua.

- Pour un peu, il va me dire que c’est ce lézard qui m’a sauvé, bougonna B.

- C’est un peu vrai, renchérit Chuck en souriant.  Si tu avais suivi le cours d’eau dans l’autre sens, tu n’aurais plus été là au moment où on est arrivé.

- Vous voyez ! commenta le jeune Fidjien.

Un coup de tonnerre résonna dans le lointain. Blair se pressa tout contre celui qu’elle tenait pour son véritable sauveur. Levu reprit la route sans attendre.


katido  (02.10.2011 à 10:01)

34. Le village

Ils marchaient à travers la jungle depuis des heures. Le crépuscule commençait à poindre le bout de son nez. Le vent s’était levé et l’air, en plus d’être chaud et humide avait recouvré cette ambiance électrique qui caractérisait les débuts d’orages. Dans le ciel, zébré par moment d’énormes éclairs, grondait le tonnerre.

Blair, soutenue par Chuck, progressait lentement sur le sol jonché de lianes rampantes et de racines. La béquille improvisée lui sciait l’aisselle et son pied nu était à nouveau en sang.

Ils n’avaient fait que quelques haltes depuis qu’ils avaient quittés la source. Levu les pressants sans cesse de rentrer au plus vite. Elle n’aurait jamais cru être aussi loin du village. Et dire que Chuck avait fait tout ce chemin dans la jungle, sous la chaleur et l’humidité accablantes pour venir la secourir.

Elle l’observa du coin de l’œil. Il n’en menait pas large lui non plus. Elle sentait son bras dans son dos et sa main droite posée sur sa taille. Il la maintenait fermement contre lui, la serrant au plus près, de façon à l’aider à avancer à chaque fois qu’il faisait un pas. En fait, il la portait plus qu’il ne la soutenait. Elle se raccrochait à lui de toutes ses forces.

Les premières goutes tombèrent alors qu’ils arrivaient enfin à l’orée du bois et B vit se dessiner devant elle de minuscules bicoques disséminées dans une clairière incongrue au milieu de ces arbres immenses. Le paysage était surréaliste, comme toute cette histoire.

Ils s’arrêtèrent à l’entrée, entourés par les autochtones qui les regardaient, éberlués. Elle se laissa tomber sur la première souche d’arbre venue. Une vieille femme s’approcha d’elle et lui caressa les cheveux. Blair recula instinctivement. Tous ces énergumènes lui faisaient peur.

Elle avait l’impression d’être une bête de foire. La femme lui fit un sourire édenté et lui tendit une loque bleue ciel, qu’elle déposa sur ses genoux, quand B refusa de la prendre. Chuck s’agenouilla à ses côtés et passa son bras autour d’elle, protecteur, ce qui la rassura un peu. Elle enfoui son visage dans le creux de son épaule comme pour leur échapper.

Tout à coup, un coup de tonnerre plus fort que les autres roula dans les nuages déchirés. Immédiatement après, un arc de lumière illumina tout le hameau. Les villageois se dispersèrent en une fraction de seconde.

- Venez, dit Vanua, il faut se mettre à l’abri.

- Grimpe, ordonna Chuck en lui offrant son dos.

Blair passa ses bras autour de son cou et il l’emporta à la suite des deux cousins jusqu’à une cahute en bois.

Une fois à l’intérieur, C la laissa glisser lentement jusqu’à ce qu’elle reprenne pied. Levu disparu par la porte d’où il venait d’entrer.

- Il va chercher Vétu, la guérisseuse, expliqua Vanua. En attendant installez-vous comme vous pouvez, je sais que ça n’a rien à voir avec les suites de l’hôtel mais c’est tout ce que nous avons pour l’instant.

- Ca ne peut pas être pire que ce je viens de traverser, grommela B, tout de même déconfite en observant l’endroit.

Après la jungle et la grotte, l’habitation, plus petite que son dressing, qui ne contenait que trois pièces en tout et pour tout, lui paraissait néanmoins rassurante, à défaut d’être accueillante.

- Où sont nos amis ? s’enquit Chuck

- Je vais me renseigner, répondit Vanua en disparaissant lui aussi par la porte.

B tressaillit quand le tonnerre résonna à nouveau. L’éclair qui suivit éclaira la pièce d’une lumière lugubre. Chuck l’attira contre lui et l’embrassa dans le cou.

- Tout ira bien maintenant, dit-il d’une voix qu’il voulait convaincante.

Elle se blottit contre lui et passa une main sur son torse, lui arrachant un petit gémissement lorsqu’elle frôla ses côtes.

- Tu vas bien ? s’inquiéta-t-elle

Il l’embrassa tendrement en guise de réponse.

- Non, je suis sérieuse, reprit-elle en s’écartant de lui.

En équilibre sur une seule jambe, elle perdit de sa stabilité et il la rattrapa in extremis.

- Il vaudrait mieux qu’on s’assoit, dit-il en avisant des coussins dans le coin de la pièce.

Levu revint quelques minutes plus tard, il était accompagné d’une jeune fille, aux cheveux noirs et au teint mat, à peine plus âgée qu’eux. Cette dernière leur fit un sourire de bien venue et d’encouragement en déposant des fioles sur l’unique petite table, au centre de la pièce.

Elle s’agenouilla auprès de B qui s’était lovée contre Chuck, sur les coussins. La guérisseuse frotta délicatement la cheville enflée avec une espèce d’onguent qui avait une forte odeur mentholée avant de l’emballée dans de grandes feuilles dont les deux New Yorkais étaient bien incapable de répété le nom qu’elle avait prononcé.

Elle donna ensuite à la brunette une petite fiole qui contenait un liquide verdâtre et lui indiqua par geste qu’elle devait en recouvrir les écorchures de ses pieds et l’entaille de son poignet.

- Encore du vert, râla B qui ne se fit tout de même pas prier pour suivre les conseils de la jeune inconnue.

Chuck attrapa la fiole et en appliqua un peu sur l’épaule qu’elle s’était râpée en sortant de l’antre. Blair frissonna au contact de la caresse de ses doigts sur sa peau nue.


katido  (03.10.2011 à 18:52)

35. Nuit de tempête 

La porte s’ouvrit sur un Vanua trempé, dehors la tempête faisait rage.

- Vos amis sont partis voir la police avec Tamura, un des fils de notre chef, les informa-t-il, ils ne reviendront pas ici avant demain matin.  Personne ne se risquera dans la jungle par une nuit d’orage.

Vétu échangea quelques informations en hindoustani avec lui avant qu’il ne reprenne à l’adresse de Blair.

- Essayez de garder votre pied surélevé.  L’onguent devrait faire effet pour atténuer la douleur.  Demain je vous conduirai à l’hôpital, à quelques heures d’ici. Nous prendrons le premier hydravion.  La sève d’aloé vera devrait aider à cicatriser vos blessures.  Vous pouvez en appliquer autant que vous voulez, Vétu vous laisse la fiole.

- Et pour Chuck ? questionna B, toujours inquiète, en lui jetant un regard en coin car elle savait qu’il désapprouverait son intervention.

Elle le vit grimacer mais il ne riposta pas.

Sa reine s’écarta de lui et tira sur le pan de sa chemise tandis que Vétu s’approchait du jeune homme. Elle inspecta la plaie qui avait prit une couleur écarlate sous le pansement.  Les bords de la cicatrice étaient anormalement gonflés par les efforts qu’il avait procurés lors de leur petite expédition dans la jungle. 

Elle désigna la petite fiole qu’elle leur avait laissée et déposa une grande feuille, semblable à celle qu’elle avait utilisée pour sa cheville, dans la main de la jeune américaine avec un sourire bien veillant. Puis, Les trois autochtones quittèrent la pièce, laissant les deux amoureux seuls pour la nuit.

- Je vais bien, dit le prince noir sur un ton brusque qu’il regretta aussitôt

- Tant mieux ! Pourvu que ça continue alors ! répliqua B en lui jetant un regard perçant.

Il prit son visage entre ses mains et effleura son menton avec son pouce.

- Je ne veux pas que tu t’inquiètes pour moi, expliqua-t-il sur un ton radoucit.

- Je sais, mais tu ne peux pas m’en empêcher, et moi non plus, murmura-t-elle en plantant son regard dans le sien avant de l’embrasser du bout des lèvres.

Il ferma les yeux et insinua sa langue dans sa bouche à la recherche de celle de B. Tandis qu’elle laissait courir sa main sur sa peau, il sentit le désir monter en lui. Arrivée à hauteur de ses côtes, elle arracha ce qui restait de pansement tellement vite qu’il n'eut pas la temps de réagir.  Elle s’écarta de son étreinte avec un air de victoire.

- Hé ! protesta-t-il plus étonné qu’autre chose

Elle le regarda avec défi, un sourire narquois affiché sur son beau visage.

- Tu ne crois pas que tu vas t’en tirer comme ça ? se piqua-t-il au jeu.

Il retrouvait enfin la vraie Blair et il adorait ça. Il l’embrassa à nouveau passionnément, mais elle mit fin à ce petit jeu bien trop tôt au gout du jeune homme.

- N’essaie pas de m’embrouiller, résista-t-elle en se penchant pour attraper la petite fiole remplie de sève.

- Qui ça moi ? s’indigna-t-il faussement.

Elle ne répliqua pas et versa un peu de liquide sur la paume de sa main

- Maintenant, voyons ça de plus près, dit-elle en se courbant pour l’appliquer sur la cicatrice rougie.

Elle passa ses doigts délicats sur sa peau entaillée, Chuck en eu la chair de poule.

- Désolée si je te fais mal, s’excusa-t-elle 

- Tu ne me fais pas mal, au contraire, tu n’imagines pas le bien que tu me fais, déclara-t-il d’une voix rauque.

Elle couvrit la plaie avec les feuilles géantes que lui avait confiées Vétu et les noua autour de la taille de son roi comme elle l’avait vu le faire. Puis, les yeux embués, elle posa son front contre le sien.

- Pardon, souffla-t-elle tout bas.

Il se recula, estomaqué.

- Pardon de quoi ?

Elle baissa les yeux vers son torse

- Tout ça c’est ma faute, murmura-t-elle

Il déglutit avant de répondre d’une voix amère

- Le seul responsable de tout ça c’est ce connard que tu as cru bon d’épouser pour me protéger.  Et si quelqu’un est à blâmer ici, c’est moi! Si je ne t’avais pas poussé dans ses bras, on en serait pas là ! Comment ais-je pu croire qu’il te rendrait heureuse ? se reprocha-t-il.

Elle releva le menton pour le fixer, il y avait tant de souffrance dans ses yeux sombres. Elle lui caressa la tempe et passa ses doigts dans une mèche des cheveux de Chuck.

- Parce que je te l’ai dit, tout simplement, affirma-t-elle en soutenant son regard.

Elle posa à nouveau sa tête contre celle de Chuck et ferma les yeux puis reprit d’une voix suppliante, après un court silence :

- Ne laisse plus jamais personne nous éloigner l’un de l’autre, s’il te plait, pas même moi.

Elle laissa couler ses larmes en silence alors qu’il tentait de la rassurer.

- Après ce qu’on vient de vivre, tu crois encore que je pourrais laisser qui que ce soit nous séparer ?

Elle secoua la tête et l’enfouit dans son cou. Il la plaqua contre lui, si fort qu’elle pouvait sentir résonner le cœur de Chuck dans sa propre poitrine. Entre ses bras, elle se sentait désormais en sécurité. 

Elle fut bientôt secouée par d’énormes sanglots.  Elle avait eu si peur de se perdre, de le perdre.   Elle avait besoin de laisser s’échapper toute cette crainte, toute cette peine, qui la submergeait tout à coup.  Il lui caressa doucement les cheveux et y déposa un baiser tendre et fort à la fois.

Après avoir pleuré plusieurs heures, elle finit par s’endormir, cramponnée à lui, morte de fatigue.

Pourtant épuisé lui aussi, il ne pouvait se résoudre à fermer l’œil. Il avait trop peur qu’elle ne disparaisse durant son sommeil. Dehors, il entendit le silence s’instaurer, les éléments, déchainés, se turent petit à petit, le calme revenait après la tempête.  


katido  (04.10.2011 à 17:19)

36. Les 4 mousquetaires

B s’éveilla au petit matin et sourit en l’observant dormir.  Il était si beau, même si son visage portait encore les traces des derniers évènements.  « Je me battrai pour toi » avait-il dit.  Et le mieux c’est qu’il l’avait fait, pour de vrai.  Il était venu la chercher à des milliers de kilomètres de Manhattan, en pleine jungle, bravant tous les dangers pour la rejoindre. 

Elle jubila intérieurement. Elle ne pourrait plus jamais douter de son amour, parce que là, il battait des records de prouesses.  Lui qui avait mis tant de temps à lui avouer ses sentiments. Jamais elle n’aurait osé en espérer autant de sa part. Chuck Bass, cette fois tu es à ma merci, pensa-t-elle.

Un petit coup à la porte lui fit tourner la tête.  Vétu s’approcha en silence et s’agenouilla pour ausculter sa « patiente » Elle ôta la feuille géante de la cheville de B et constata que celle-ci avait reprit un volume normal. Elle lui sourit amicalement et l’invita à la suivre d’un geste de la main. 

Aidé par la jeune guérisseuse, Blair se mit debout et posa  précautionneusement son pied au sol, la douleur avait presque disparue. La jeune fille au teint mat l’entraîna  au dehors. Elle la suivit à contre cœur, mais se résonna.  Il valait mieux laisser Chuck dormir encore un peu.  Après tout, il l’avait bien mérité et puis, le repos du guerrier, c’était sacré non ?  

*****

Un bruit sourd sortit Chuck de son sommeil.  Il se redressa brusquement en réalisant qu’elle n’était plus à ses côtés.  Il regarda autour de lui, une grande feuille ointe était posée sur la table.  Elle ne pouvait pas être loin avec sa cheville en mauvais état, se dit-il pour se rassurer.

Il se leva prestement et dénoua les feuilles-pansements que Blair avait nouées autour de son corps.  Au moins il n’avait pas rêvé, des éléments matériels concrétisaient les événements  de la veille.

Il quitta la cabane et se retrouva nez à nez avec Vanua qui transportait des branches. 

- Bonjour, vous avez bien dormi ?

Un vacarme assourdissant parvint à leurs oreilles depuis la forêt.  Chuck  en repéra l’origine et constata que plusieurs hommes s’attelaient à abattre un arbre. C’était ce qui l’avait réveillé.

- L’orage a fait pas mal de dégâts, commenta le jeune fidjien.

- Tu sais où est Blair ? demanda le roi de l’Upper East Side qui se fichait de la forêt comme d’une guigne.

- Elle est chez Vétu, répondit Vanua, en l’y emmenant.

Il frappa à la porte et la propriétaire des lieux vint ouvrir la porte.  Elle les accueillit avec un grand sourire et les invita à entrer dans sa demeure. Chuck pénétra dans la cahute minuscule.  Vétu l’invita à pénétrer dans la deuxième pièce avec un autre grand sourire. Il s’exécuta, elle était là, assise par terre, mangeant une sorte de bouillie orangée avec une cuillère en bois.

- Tu as faim ? l’interrogea Blair. C’est délicieux tu sais, ajouta-t-elle devant son air sidéré.

Elle rit, puis se leva et claudiqua jusqu’à lui. Elle se coula dans ses bras, nouant les siens autour de son cou. Leurs lèvres jointes dans un baiser passionné, il la serra tout contre lui.

-Eh, ça suffit comme ça ! laissez-en pour tout à l’heure ! dit tout à coup S.

Blair regarda par-dessus l’épaule de son roi et vit ses amis, debout dans l’embrasure de la porte.

- Nate ! Serena ! cria-t-elle en les enlaçant tour à tour.

Sa meilleure amie se mit à pleurer comme une madeleine, refusant de la lâcher.  B aussi versa sa petite larme, mais plus discrètement.  Ce n’est pas parce qu’elle se laissait aller avec l’homme qui faisait battre son cœur qu’elle devait abandonner toute dignité, même au milieu d’une bande de paysans des îles Fidji.

Nate adressa un regard complice à son meilleur ami qui avait retrouvé le sourire. Chuck lui adressa un petit signe de tête, en toute discrétion.

- Raconte moi tout ce qui s’est passé, je veux tous les détails, réclama S à la reine de l’Upper East Side.

Ils s’assirent autour de la petite table de Vétu pour partager le petit déjeuné raditionnel du village. Une sorte de bouillie orangée, composée d’ignames et de racine de taro, dont le gout se rapprochait de la purée de châtaigne.

Installée tous les quatre, ils étaient à nouveau réunis comme avant. Nate et Serena écoutaient leur amie raconter comment elle avait échappée à Louis, puis à une mort certaine au fond d’une caverne lugubre. 

Chuck, lui, serrait les dents, revivant chaque instant à mesure que les mots se bousculaient dans la bouche de la femme qu’il aimait. Il sentait la colère monter en lui, regrettant de ne pas avoir tué ce taré quand il en avait eu l’occasion. 

Nate, qui n’imaginait que trop bien ce qu’il ressentait, gardait son ami à l’œil. Si ça avait été Serena, il aurait surement descendu ce salopard.  Il n’ignorait pas que Chuck voudrait se venger du Prince, pour lui-même et pour Blair. Quand à Queen B, elle semblait redevenue elle-même, et ne raterait donc pas l’occasion de rendre la monnaie de sa pièce à son mari.

- Bon alors, c’est quoi le plan ? intervint l’héritier des Archibald quand le brune eut terminé son récit.

Une lueur maléfique passa dans les prunelles du prince des ténèbres lorsqu’il prit la parole.  Les yeux de sa reine brillaient, tandis qu’il exposait son plan.  Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas mis au point un bon petit complot.  Elle en était survoltée.  Ce dégénéré allait voir ce qu’il en coûtait de s’en prendre à Blair Waldorf. Même Serena ne demandait qu’à le réduire en poussière.

 

*****


Vanua apparu sur le seuil alors qu’ils venaient à peine de régler les derniers détails de leurs représailles. Les quatre amis se raidirent et le visage de Chuck se ferma instantanément. Blair et lui se levèrent en même temps. 

Serena encouragea son amie d’un demi-sourire qui lui sourit en retour, avec anxiété et glissa sa main dans celle de C. Il serra la main B et l’emmena à la suite de leur guide.  Les deux autres amoureux leur emboitèrent le pas.

Un silence pesant régnait dans la camionnette de Levu, qui emmenait la rescapée vers la clinique de la capitale.  S posa une main sur le bras de sa meilleure amie qui tentait d’être brave, mais l’angoisse transparaissait dans les yeux de la brunette.


katido  (05.10.2011 à 20:12)

37. Concert Privé

-Comment va-t-elle ? demanda Chuck, au médecin qui sortait de la chambre de Blair.

-Elle va bien, des contusions et des ecchymoses ainsi que des coupures et piqures d’insectes divers en plus d’une cheville foulée, mais compte tenu de la situation, elle a beaucoup de chance. Les remèdes que lui a appliqués la jeune fille du village sont très efficaces.  Néanmoins, je lui ai prescrit des antihistaminiques, en rapport avec sa grossesse, bien entendu. Compte tenue de celle-ci, elle ne peut prendre aucun anti-inflammatoires, il faut donc qu’elle ménage son pied le plus possible dans les deux semaines à venir.

-Comptez sur moi, elle se reposera, lui assura C.

-A première vue, tout va bien pour le bébé aussi, mon collègue obstétricien vous donnera un diagnostique plus complet quand il passera tout à l’heure.

Son bip sonna et il s’excusa en s’éloignant.

 

******


Assise en tailleur sur son lit, Blair observa Chuck entrer et s’installer en face d’elle.  Il était aussi angoissé qu’elle. Elle se pencha vers lui et caressa les marques sur son visage, avant de poser tendrement ses lèvres sur sa bouche. 

- Quelque soit le résultat des examens, tu es mon héro, lui dit-elle le plus sérieusement du monde

- On m’a déjà traité de toute sorte de nom,  mais surement jamais celui-là ! tenta-t-il de plaisanter avec un sourire nerveux.

-Il y a un début à tout ! répliqua-t-elle

Il l’embrassa à nouveau.

-Et puis, de toute manière, tu es le mien, rien qu’à moi ! Et je ne partage pas ! répondit-elle encore, à la manière d’une petite fille boudeuse, pour tenter de détendre l’atmosphère.

-Tant mieux, parce que, moi non plus, je ne partage pas !

Elle l’embrassa encore et il l’enlaça.  Il était si tendu qu’elle sentit son corps qui tremblait.

-Hum hum, je suis le docteur Kwan, obstétricien, se présenta un homme d’une quarantaine d’année. Nous allons procéder à une échographie pour être sur que tout va bien pour vous et votre bébé, dit-il en s’approchant.

Chuck, maintenant debout près du lit, vit entrer une jeune femme avec l’appareil en question.

B remonta sa blouse d’hôpital et le médecin appliqua du gel sur son ventre.

-Nous allons commencer par vérifier qu’il n’y pas de décollement du placenta, ni de perte de liquide amniotique.

Blair attrapa la main de Chuck, avant que le médecin n’appose l’embout caoutchouteux sur sa peau, et il entrelaça ses doigts dans les siens.

Vous venez d'entamer laseconde moitié de votre grossesse selon votre dossier médical, indiqua le docteur Kwan.

Blair acquiesça en silence, tandis qu'il baladait l’embout sur son corps et observait l’échographe plusieurs longues minutes, avant de déclarer :

-Tout ça est très bien, il n’y a aucun signe de lésion.

B et C poussèrent tout les deux un profond soupire de soulagement.

Le médecin manipula une molette, sur le côté de la machine et déplaça l’embout sur son ventre, jusqu’à ce qu’apparaissent les formes d’un petit être qui gigotait.  Elle sentit les doigts de Chuck enserrer les siens un peu plus fort. 

-Connaissez-vous déjà le sexe, où bien voulez-vous garder la surprise ?

Les futurs jeunes parents échangèrent un regard interrogatif et complice avant que Blair ne réponde par la négative aux deux questions.

-Alors, toutes mes félicitations, vous allez avoir un beau petit gars ! dit l’obstétricien avec un grand sourire.

Un sentiment inconnu explosa dans le cœur de Chuck.

- Et maintenant, le clou du spectacle, c’est le moment préféré des futures mamans en général, indiqua le médecin.

Il tourna à nouveau la molette de l’appareil et l’image disparue.  Le son d’un cheval au galop se fit entendre, d’abord faiblement puis de plus en plus fort à mesure que l’embout se déplaçait.

-Que... Est-ce que c’est … ? demanda Blair qui sentait monter du plus profond d’elle-même une émotion encore jamais ressentie.

-Les battements de son cœur, oui, termina le médecin.

-Ils sont si rapides !commenta-t-elle.

-C’est parce que son cœur est encore tout petit, expliqua le Docteur Kwan

Il éteignit la machine et en sortit un CD qu’il tendit à sa patiente.

-Tenez ! Cadeau ! C’est quand même mieux comme souvenir que votre aventure au milieu de la jungle tropicale, non ?

- Oui, mais le sauvetage était mémorable, répondit Blair qui se saisit de l’objet avec une sourire radieux.

Le médecin à peine sortit de la pièce, elle s’agenouilla sur son lit et se jeta au cou du futur papa.

-Tu as entendu ça ? rit-elle en « sautillant » sur les couvertures avec excitation

-J’ai entendu, oui, répondit-il, en l’embrassant passionnément, avant de poser une main sur son ventre.

Il la serra à nouveau tout contre lui et posa ses lèvres dans son cou, juste en dessous du lobe de son oreille.  

Elle eut un mouvement de recul. 

Il desserra son étreinte pour l’observer.  Elle aimait ça d’habitude.

-Qu’est ce qui se passe ? 

Elle ne répondit pas mais un immense sourire naquit à nouveau sur son visage, en même temps qu’un gloussement se faisait entendre dans sa gorge.  Il resta interdit, décontenancé, par son attitude.

-Il à bougé !

-Quoi ? dit-il car il ne comprenait pas de quoi elle parlait.

-Le bébé … il bouge ! Donne ta main, vite !

Elle apposa la main de C sur son abdomen, là où elle avait ressentit comme une espèce de chatouillis intérieur.

-Je ne sens rien, tu es sur que ….?

-Chut ! Attend ! lui fit-elle.

Elle déplaça un peu sa main sur la gauche. 

-Là, …tu sens ? demanda-t-elle visiblement aux anges. 

Mais lui ne percevait rien.

Soudain, il décela comme un coup très faible qui effleurait la paume de sa main et glissait le long de ses doigts.  C’était pratiquement imperceptible, mais il était certain de ne pas l’avoir imaginé.  Un large sourire éclaira son visage à lui aussi.

-Tu l’as senti ?

Il acquiesça en silence.

Son fils grandissait en elle, elle était merveilleuse.

-Merci, chuchota-il à son oreille.


katido  (06.10.2011 à 20:18)

38. Game Over

Blair s’éveilla lentement, dans la chambre minuscule.  Elle sentait son bras autour de ses épaules. La tête posée sur la poitrine de Chuck, elle écouta son cœur battre.  Il remua un peu, mais elle ne bougea pas, elle ne voulait pas que ce moment se termine.  Il déposa un baiser sur ses cheveux et elle sourit, sans ouvrir les yeux. 

-Bonjour, soleil de ma vie, dit-il, la voix encore endormie

-Bonjour, héro de mes nuits, répondit-elle d’une voix identique

Il caressa sa main et la porta à ses lèvres, profitant encore de la chaleur de son corps contre le sien.

Dans a chambre contigüe, Nate regardait Serena.

-Ca fait plus de douze heures, dit-il

-Ils ont encore besoin de récupérer, lui répondit-elle en écoutant à la porte

-Je ne te demanderai même pas quel sens tu donnes à cette phrase !

- Chut !

-Tu entends quelque chose ?

-Rien du tout.

-On devrait peut-être aller voir !

Elle tourna la clé dans la serrure et entrouvrit la porte, le silence régnait dans la pièce voisine.  Elle s’y glissa furtivement, suivie de son petit ami et sourit en les voyants tendrement enlacés.

-Il faut vraiment que je récupère cette clé, ironisa Chuck en passant une main dans ses cheveux et en s’étirant.  Blair se releva sur un coude, boudeuse.

-Quelle heure est-il ? demanda-t-elle à son amie

-L’heure du brunch, Vanua ne va plus tarder, répondit la belle blonde.

La brune se leva, imitée par son petit ami, il était plus que temps de se venger.

 

*****


Nate frappa à la porte du Prince Louis.  Ce dernier l’accueilli avec un regard glacial.

-Je suis venu en paix, dit le New Yorkais en levant les mains, n’oublie pas que je t’ai sauvé la vie.

-Ou est ton ami le crétin ?

-Il cuve dans sa chambre. Et, ce n’est plus mon ami depuis longtemps, mais il reste malgré tout le frère de ma petite amie, souligna-t-il

-Qu’est-ce que tu veux ? demanda Louis, méfiant

-Je viens aux nouvelles, B est toujours mon amie, elle.  Donc, si jamais je peux être utile... Je suis passé dans la salle qui sert de Q.G. mais personne n’a voulu me parler.  Alors, je m’adresse au seul qui maîtrise un tant soi peu la situation.

Louis fit signe à son garde du corps de quitter la pièce et sortit deux petites bouteilles du mini bar, il avait peut-être bien trouvé un allié inattendu.

 

******

 

Au même moment, l’officier de police la capitale, qui avait été alerté de la disparition d’une jeune fille par un couple de New Yorkais avant le terrible orage, prenait note de la déposition de Mademoiselle Blair Waldorf.  Il avait accepté, par amitié pour un de ses
anciens camarades de classe, d’attendre un peu avant d’entreprendre quoi que ce soit lorsque la jeune fille en question avait été retrouvée saine et sauve.

Chuck, de son côté, avait un long entretien téléphonique avec Ernest Hathaway tandis que Serena appelait un éditeur californien qu’elle connaissait bien, pour lui proposer une biographie, un peu atypique, de la famille Grimaldi.

 

******


A 19h30, Nathaniel Archibald frappa à nouveau à la porte du Prince de Monaco.

-Nate ? On ne devait pas se retrouver au Q.G. dans une heure ? demanda Louis

-Il faut que je te parle, répondit-il, en pénétrant dans la suite

-Ou, plus exactement, il faut que, Nous parlions, repris Serena, qui s’invita elle aussi.

Louis, flairant un piège, voulu sortir de la pièce, mais Chuck y entra à son tour et claqua la porte derrière lui. Son ennemi recula, instinctivement, de quelques pas. 

-Tu veux t’amuser ? demanda C avec un sourire sadique

Louis porta la main à son poignet.

-C’est ça que tu cherches ? interrogea N, en désignant la montre qu’il avait à la main.  Je te l’ai empruntée tout à l’heure, j’espère que ça ne te dérange pas.

- C’est toi et nous maintenant ! dit S, s’approchant plus près de lui.

Louis ouvrit des yeux ronds. Comment pouvaient-ils savoir ? 

Il recula encore et se retrouva dos au mur près de la porte de la salle de bain, exactement comme Blair l’avait été ce soir là. Mais, les meubles déplacés, lui coupaient toute échappatoire. 

-Mon garde du corps sera là d’une minute à l’autre, haleta-t-il

-Je ne crois pas, non ! dit C qui jubilait maintenant.

N et C empoignèrent le Prince et l’emmenèrent, de force, sur le balcon, tandis qu’il se débattait, les imaginant déjà le jeter dans l’océan pour venger la disparition de B.

-C’est elle qui a sauté, cria-t-il, comme si ça allait changer quelque chose.

-Regarde, dit Chuck, l’obligeant à se pencher dangereusement au-dessus de la balustrade. 

Dans les eaux sous le balcon, stationnait un bateau de la police locale avec, à son bord, une fille brune qui semblait donner des explications aux agents en uniforme.  Blair Waldorf leva la tête et fit un petit signe de la main à ses amis avec un grand sourire. Louis n’en cru pas ses yeux, mais d’où sortait-elle ?

Chuck le fit basculer encore un peu plus au dessus de l’océan, manquant le faire tomber pour de bon.

Si jamais, tu tentes encore de l’approcher, ou même d’entrer en contact avec elle, de quelque manière que ce soit, je te jure que je te tue, lui glissa-t-il à l’oreille.

 

*****


Quelques heures plus tard, les médias relayaient l’information selon laquelle le Prince Louis Grimaldi avait été arrêté par la police de Fidji.

Elle referma son téléphone, après avoir envoyé un tas d’informations croustillantes. 

Echec et Mat ! se dit-elle, se sentant, enfin, redevenue Blair Waldorf.  

Elle rejoignit ses amis dans la chambre voisine

-Qu’est-ce que tu as promis à Hathaway en échange de la coopération de Goodline ? demandait Nate à Chuck.

-Ma dernière acquisition, que je lui avais soufflée à Los Angeles. De toute manière, j’ai horreur de ce climat.  Rien ne vaut New York, dit-il, en levant son verre.

-A New York ! Répétèrent les trois autres en levant leur verre à leur tour


katido  (07.10.2011 à 17:49)

39. Retour Gagnant

Deux jours plus tard, Blair terminait sa valise. Elle la ferma d’un coup sec et jeta un regard circulaire autour la pièce. Elle sentit une goutte de sueur couler entre ses omoplates en repensant à ce à quoi elle avait échappé depuis son arrivée sur l’île. 

Elle revit le regard assassin de son mari, encadré par les deux policiers qui l’emmenaient vers le commissariat le plus proche. 

- Tu es prête ? demanda Chuck qui venait de la rejoindre dans la suite nuptiale.

Elle acquiesça sans dire un mot, la gorge serrée. Elle ne doutait pas que la famille Grimaldi viendrait à la rescousse du Prince de Monaco.  

- Tout ira bien maintenant, dit-il en lui prenant les mains.

B frissonna, il constata que ses doigts étaient glacés malgré le climat tropical qui régnait dans la pièce.

- C’est fini ! Ce taré ne s’approchera plus jamais de toi, je ne le laisserai plus te faire de mal, déclara le roi de l’Upper East Side, en remettant une mèche de cheveux derrière l’oreille de sa belle.

Elle arrêta son geste pour profiter de la sensation de la paume chaude de Chuck contre sa joue froide.  Fermant à demi les yeux, elle y puisa la force nécessaire pour reprendre le dessus.

- Emmène-moi loin d’ici, dit-elle fermement. Je veux rentrer chez nous.

- Vos désirs sont des ordres ma reine, répondit-il avec le petit sourire en coin qui la faisait tant craquer.

Il passa un bras autour de ses épaules et l’entraîna dans le couloir. 

En passant devant la réception, Chuck serra la main de Vanua, qui avait refusé le chèque qu’il lui proposait avec dignité, mais avait accepté le poste de sous directeur que lui avait gracieusement proposé John Goodline sur l’ordre d’Hathaway.

Nate et Serena attendaient leurs amis près de la jeep qui devait les emmener à l’embarcadère pour prendre l’hydravion. N fit un petit signe de la main à Levu qui nettoyait le parterre de fleur devant l’entrée principale.  Il arborait fièrement le badge des employés de l’hôtel sur son gilet de travail et lui répondit par un hochement de tête.

 

*****


Dans l’avion privé qui les ramenait vers Manhattan, Nate observait Blair et Serena qui riaient et papotaient. Confortablement installées dans leur fauteuil en cuir, elles consultaient les dernières infos croustillantes de Gossip Girl, sans se priver des commentaires acerbes qui les accompagnaient.

- On dirait que les choses rentrent dans l’ordre, dit Chuck en lui tendant un verre de scotch.

- On dirait bien, oui.  Pourvu ça continue comme ça, répondit-il avec un regard lourd de sens.

- J’y veillerai, compte sur moi.

- Je sais,… mais elle est toujours mariée, hésita-t-il.

Chuck le fusilla du regard.

- Tu crois peut-être que j’ai oublié ce « détail », répliqua-t-il, amer.

Nate était désolé pour lui, il ne voyait pas bien comment il allait pouvoir résoudre ça tout en protégeant B, quand bien même il était Chuck Bass.

- Merci, dit tout à coup C entre ses dents.

Nate le dévisagea, déconcerté.  C’était bien la première fois qu’il l’entendait remercier sincèrement qui que ce soit.

- Merci d’avoir veillé sur elle depuis tout cet été et d’être resté son ami … et le mien, termina-t-il sans le regarder vraiment.

- Les amis sont faits pour fait pour ça, non ? répliqua Nate en levant son verre.

- Alors aux amis, reprit C en portant le verre à sa bouche.

 

******


- Monsieur Chuck, claironna Dorota en accourant vers lui avec un grand sourire.

Elle posa une main sur son bras avant de se rendre compte de ce qu’elle faisait.

- Je suis désolée, s’excusa-t-elle, je sais que c’est un geste déplacé mais je suis tellement contente de vous revoir.  Ce que vous avez fait pour Miss Blair, c’est si romantique.

Son accent polonais donnait une résonnance encore plus particulière au dernier mot.

- Elle est là ? interrogea C sans prendre la peine de relevé la remarque.

- Elle se repose, la matinée a été plutôt agitée, répondit-elle

C grimpa les escaliers quatre à quatre. Il se sentait coupable de l’avoir laissée à peine une semaine après leur retour, mais il avait été obligé de se rendre à Los Angeles pour entériner la vente de l’hôtel qu’il avait promis à Hathaway. Et N et S avaient promis de ne pas la laisser seule. Ils étaient même venus dormir chez les Waldorf avec elle.


katido  (08.10.2011 à 17:02)

40. Est-ce que tu me suis ?

La chambre était plongée dans la pénombre, B était allongée sur son lit, pensive.  Il l’observa un instant, elle était tellement belle.  Elle s’assied et lui fit un grand sourire lorsqu’elle l’aperçu.  Il se laissa tomber sur le lit, à côté d’elle et l'embrassa  passionnément.

- Tu m’as manquée, dit-il

- Toi aussi, répondit-elle en l’embrassant à son tour. Tu as fait bon voyage ?

- Trop long, beaucoup trop long sans toi.  J’en ai profité pour ramener toutes mes affaires.

- Tant mieux, je n’ai pas envie que tu repartes encore.

- Moi non plus, dit-il, basculant avec elle sur le matelas.

L’I-phone de B sonna et il sentit le corps de la jeune fille se raidir.  Elle se releva brusquement et coupa la musique.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Chuck, les sens en alerte.

Elle lui tendit l’appareil, son sang ne fit qu’un tour, l’écran affichait 25 appels en absences de Louis ainsi qu’une bonne dizaine d’un autre numéro non enregistré et autant de messages qu’elle avait ignorés.

- Je vais tuer ce salopard, grinça-t-il entre ses dents.

Il se leva, hors de lui et passa une main nerveuse dans ses cheveux. Il se mit à faire les cents pas devant le lit de B.  Celle-ci lui apporta un journal et y désigna un article d’une main
tremblante.

- Quoi ? s’étrangla-t-il, le président français a obtenu l’extradition de ce dégénéré ?

- Grâce à l’appui du premier ministre britannique, indiqua B d’une petite voix.

Dans ses yeux brillaient à nouveau la crainte, Chuck l’enlaça.

- C’est mon mari, déclara-t-elle au bord des larmes.

Une lueur douloureuse dans le regard du prince noir la fit encore plus culpabilisée.  Elle aurait tout aussi bien pu lui enfoncé un pieu dans le cœur.

L’I-phone chanta à nouveau et C, l’attrapant à la volée, le porta à son oreille.

- Blair ? dit la voix de Louis à l’autre bout du fil

- Je croyais t’avoir dit de ne plus entrer en contact avec elle de quelques manières que ce soit ! fulmina Chuck.

- C’est ma femme, répliqua le Prince, sans se démonter.

- Elle ne le restera pas longtemps, aboya C

- Que tu crois ! Mais les divorces peuvent prendre des années quand les deux parties ne sont pas d’accord, ajouta Louis, cynique.  Tu ne crois quand même pas que je vais vous faciliter les choses !

- Ne joue pas à ça…

- Sinon quoi, le coupa Louis.  Que pourrais-tu bien me prendre que tu n‘ais déjà pris ? Je n’ai plus rien à perdre, pas même ma réputation après votre petit numéro aux Fidjies.  Maintenant, passe-moi cette salope.

- Tu peux toujours crever, dit Chuck en raccrochant. 

Il était blême, ce qui ne rassura pas B, bien au contraire.

- Il n’a pas l’intention de me laisser partir, n’est-ce pas ? demanda-t-elle, alors qu’elle connaissait parfaitement la réponse.

- On va trouver une solution.

- Laquelle ?

- Je ne sais pas encore mais je te jure que je vais trouver, j’engagerai tous les avocats de la terre s’il le faut.

- Tu dis ça mais tu n’y crois pas toi-même, pleura-t-elle.

Il la prit par les épaules et plongea son regard dans le sien.   

- Tu as confiance en moi ? l’interrogea-t-il

- Oui, souffla-t-elle, en se pelotonnant tout contre lui.

- Alors donne-nous un peu de temps et je te promets qu’on y arrivera. Je suis Chuck Bass et tu es Blair Waldorf. Ensemble nous sommes indestructibles, ne l’oublie pas.

- Je ne l’oublie pas, mais j’ai si peur de te perdre encore.

- Tu ne me perdras pas tant que tes yeux chercheront les miens, le tout est de savoir si tu me suis.

- Jusque dans les nuits d’ambres quand le phare est éteint, répondit-elle, se référant à la chanson qu’il citait, une de ses préférées.

 

*****

- Que puis-je faire pour vous ? questionna le détective Andrew Tyler en reconnaissant le numéro d’un de ses plus riches clients.

On était au milieu de la nuit mais il n’allait pas oser ignorer l’appel de Chuck Bass.

- Je voudrais que vous retrouviez tout ce qu’il y a à savoir sur la personne à qui appartient le numéro de téléphone suivant, commanda Chuck en égrenant les chiffres dans le combiné.

Il raccrocha d’un coup sec avant d’appeler son avocat, il fallait qu’il trouve une solution légale à cette situation.

 

*****


Moins de 24 heures plus tard, le détective privé passait les portes de l’Empire pour faire son rapport. 

- Alors ça donne quoi ? demanda Chuck, entrant directement dans le vif du sujet.

- C’est le numéro de Maître Antoine Wickler, avocat réputé de la principauté de Monaco.

- Il travaille pour les Grimaldi, conclu C

- Depuis des années.

- Bien, voyons un peu les squelettes que cet « homme de loi»  a dans son placard.  Je suis certain qu’il a du étouffer pas mal d’histoires depuis tout ce temps. 

- Quelques unes en effet, mais il est très habile et il a plutôt bien couvert ses traces.

- Il doit bien avoir une petite faiblesse comme tout un chacun et chacun à également un prix,  il suffit juste de les trouver.

- Et bien, il semblerait que son fils en ait une en tout cas.  A ce qu’on raconte il apprécierait tout particulièrement les jeunes Apollons des boîtes de nuit branchées. Au grand dam de son père, qui n’a rien trouvé de mieux que de l’envoyer en pensionna dans une école militaire américaine afin de l’aider à rentrer dans le droit chemin.

- Nous avons donc un sujet d’accroche, reste à voir si le fiston mordra à l’hameçon. Il est dommage de mettre les enfants en cage non ? Si on lui rendait sa liberté ! On pourrait même lui présenter quelques amis.

- Je suppose que l’idéal serait que ses amis ne soient pas trop pudiques devant une caméra.

- On pourrait sans soute dénicher quelques personnes qui on l’habitude d’être rétribuées pour ce genre de choses.

- Vous voulez dire qui travaille dans l’industrie du porno ? interrogea Tyler

- Ne prenez pas cet air choqué, commenta Blair en levant les yeux au ciel. Comme si vous n’aviez jamais profité des droits d’entrée de Bart dans ce milieu là.


katido  (09.10.2011 à 12:17)

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