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HISTOIRE DE FAMILLE

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 22.12.2011 à 18h49
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Cette fic se situe à la fin de la saison 4 Lorsque tout le monde ou presque rentre à N.Y. » katido 

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1.   1er contact

Chuck sortit de la salle de réunion du Palace plutôt content de lui. Faraday était à la hauteur de sa réputation, négocier avec lui n’était pas chose facile. Mais le Roi de l’UES avait plus d’un tour dans son sac et avait obtenu les conditions qu’il s’était fixées et même un peu plus.

- Monsieur Bass, entendit-il appeler lorsqu’il passa à hauteur de la réception.

Il se retourna et vit Oscar qui lui faisait signe de venir d’un petit geste de la main. Il fronça les sourcils et se dirigea vers l’homme d’une quarantaine d’années.  C’était un employé modèle depuis plus de dix ans et il ne se serait jamais permis d’importuner son patron si cela n’avait pas été important.

- Monsieur Bass, reprit-il presque en chuchotant lorsque celui-ci fut assez près, il y a là-bas une jeune fille qui demande à vous voir.

Chuck haussa un sourcil.  Oscar le dérangeait-il vraiment pour ça ?  Ce n’était pourtant pas la première fois et il connaissait parfaitement les consignes à appliquer.

- En temps ordinaire je ne vous aurais pas dérangé pour si peu, s’excusa l’employé mais cette fois, je crois que c’est différent.

Chuck regarda Oscar avec un air interrogateur.

- Elle n’est pas comme toutes les autres,… Disons qu’elle ne fait pas vraiment partie de vos groupies habituelles, continua l’homme, gêné,…. son style … est un peu ... différent….

- Comment ça différent ? demanda C, intrigué.

- Jugez par vous-même, dit Oscar en désignant une jeune fille brune aux cheveux longs, installée dans un fauteuil du hall d’entrée. Elle était absorbée à gribouiller dans un carnet.  Elle portait un jeans délavé et une T-shirt des Stones.  Un sac à dos minuscule trainait négligemment à ses pieds.  

C ouvrit de grands yeux.  Ca c’est sur, elle n’était pas le genre de la maison !

- Et elle refuse de comprendre, continua Oscar de plus en plus mal à l’aise.  C’est déjà le troisième jour qu’elle revient.  Elle est venue chaque matin depuis lundi.  Elle se présente ici et demande à voir Monsieur Bass puis, comme je lui réponds qu’il n’est pas possible de vous voir, elle dit qu’elle peut bien attendre encore un peu et s’installe dans le hall pour griffonner sur son carnet. Elle n’a pas l’air de craindre votre réaction.

-  Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir appelé la police pour l’expulser ?

- Je n’ai pas osé Monsieur, à sa manière de parler, on dirait que c’est plutôt … « personnel » hasarda-t-il, et puis elle est si gentille, elle ne fait de mal à personne…

 - Alors pourquoi ne pas m’avoir appelé avant ?

- Je n’ai pas osé non plus, confia Oscar en regardant ses chaussures, étant donné son look, je ne vois pas vraiment comment vous pourriez la connaître….  Je pensais qu’elle se lasserait mais maintenant j’avoue que je ne sais plus ce que je dois faire.

Chuck observa la jeune fille un instant, elle releva soudain la tête pour scruter le couloir qui donnait accès à la partie privée de l’hôtel.  D’origine asiatique, ses traits étaient fins et elle avait des yeux sombres et mélancoliques. De stature plutôt mince, elle était très belle. Sa peau était mate et un peu hâlée.  Une chose était certaine, elle n’était pas à New York depuis longtemps.

Leurs regards se croisèrent, celui de la jeune fille était franc et direct, dénué de tout subterfuge inhérent à l’Upper East Side. Il eu l’impression étrange qu’elle lisait en lui à livre ouvert. Elle lui sourit et replongea les yeux sur son carnet.  Si elle insistait pour le voir, elle ne le reconnaissait pas en tout cas.

- Dois-je faire intervenir la sécurité Monsieur ? demanda prudemment Oscar.

- Non, laissez, je vais m’en occuper, répondit Chuck en se dirigeant vers elle, intrigué autant par le fait qu’elle ne sache pas qui il était que par celui de savoir ce qu’elle lui voulait.


katido  (22.12.2011 à 18:51)

2.   Rencontre imprévue

Elle perçu quelqu’un près d’elle et releva la tête.  Le jeune homme à qui elle venait de sourire se tenait debout à côté de son fauteuil.  C’était sans doute quelqu’un d’important dans l’hôtel car elle avait vu le réceptionniste s’entretenir avec lui et, à la manière dont ils se comportaient l’un envers l’autre, il était évident qu’Oscar le craignait. Sa présence devait commencer à déranger.

Tant mieux ! C’était le seul moyen d’atteindre son but. Si ce type pensait qu’elle allait se décourager, il se fourrait le doigt dans l’œil.  Il ne l’impressionnait pas malgré son regard sombre comme l’ébène et froid comme la glace.

Elle retira les écouteurs plantés dans ses oreilles et coupa son MP4.

- Bonjour, dit-elle avec son plus joli sourire.

Après tout, elle ne savait pas à qui elle avait à faire et il valait mieux mettre toutes les chances de son côté.

- Il paraît que vous avez demandé à me voir !

Le visage de la jeune fille refléta l’incompréhension

- Pardon ? dit-elle en se levant et en posant ce qu’elle avait dans les mains sur la petite table devant elle.

- Vous vouliez me voir, alors me voilà ! Ce n’est pas un privilège accordé à tout le monde, reprit Chuck avec arrogance et un petit amusement intérieur, parfaitement certain maintenant qu’elle ne savait pas qui il était.

- Je crois qu’il y a erreur sur la personne, reprit la jeune brunette, totalement perdue. J’ai demandé à voir Monsieur Bass, le propriétaire de l’hôtel.

- C’est bien moi, se présenta-t-il avec un sourire carnassier et un regard perçant, Chuck Bass !

Elle eut l’impression que son regard la transperçait.  Tout se bousculait dans sa tête.

- Je ne m’attendais pas…, je… Ce n’est pas toi que je veux voir, réussit-elle enfin à articuler, celui que je cherche est plus âgé.

Chuck eut l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac, il la dévisagea à nouveau et cru y percevoir quelque chose de familier.

- Je suis vraiment désolée,… je ...n’aurai pas du venir,… je … je …n’avais pas pensé,… je n’ai jamais … imaginé…. Je m’excuse, bégaya-t-elle en attrapant ses affaires.  

Sous le coup de l’émotion, elle laissa tombée son carnet et des feuilles s’en échappèrent. Ses mains tremblaient quand elle se dépêcha de les ramasser.

- Monsieur Bass, cria Oscar en se dirigeant dans leur direction, heureusement que vous êtes encore là,  il y a un souci avec le fils du Gouverneur ….

Elle n’entendit pas la suite car elle se rua sur la porte et, à peine arrivée sur le trottoir, s’engouffra dans un taxi qui, par chance, déposait un client.  Ce n’était pas dans ses habitudes mais tant pis. Ses jambes ne la porteraient jamais jusqu’à la station de métro dans l’état où elle se trouvait.  Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Elle aurait du le prévoir ou au moins l’envisager.

Elle se flagella mentalement pendant tout le trajet qui la ramenait vers Chinatown. Lorsque le taximan lui annonça le prix de la course, elle faillit s’étrangler.  Elle chercha dans son sac et en sortit une petite bourse d’où elle extirpa les billets qu’elle tendit au chauffeur à regret. 

Elle rangea sa bourse et voulu attraper son carton à dessin et son MP4 sur le siège.  Elle sentit son sang se glacer dans ses veines.  Le carton était trop encombrant pour le glisser dans son mini sac à dos.  Elle les avait laissés là-bas !

Un couple s’approcha de la portière ouverte.

- Vous sortez ou quoi ? demanda l’homme impatient d’un ton bourru

Les larmes lui montèrent aux yeux.  Elle n’était vraiment qu’une idiote ! 

Elle sortit sur le trottoir et referma son sac avant de grimper les escaliers pour rejoindre la chambre qu’elle occupait au-dessus du restaurant où elle travaillait depuis peu.

Elle n’avait pas le temps de s’occuper de ça pour l’instant. Elle devait prendre son service dans une heure et elle avait déjà demandé plusieurs fois à changer avec une de ses collègues, elle ne pouvait plus se le permettre.

En plus, elle venait de gaspiller ses derniers dollars et elle n’avait pas encore payé l’autre moitié de son loyer. Peut-être que Madame Wong accepterait qu’elle fasse des heures supplémentaires.


katido  (28.12.2011 à 18:01)

3.   Si seulement

- Monsieur Bass, cria Oscar, heureusement que vous êtes encore là !  Il y a un souci avec le fils du Gouverneur, il a saccagé sa chambre et il est plutôt mal en point d’après Tony.  Nous avons appelé le Docteur Talbot mais je suppose que vous souhaiterez traiter cette affaire en personne.

Chuck reporta son attention sur son employé une seconde.

- Pas maintenant Oscar, lui intima-t-il. Venez me prévenir dés que le médecin aura terminé son diagnostic.

Il se retourna vers la jeune fille mais elle n’était plus là.  Il  la vit franchir la grande porte et couru à sa poursuite mais un groupe entra à ce moment là, l’obligeant à les laisser passer.  Lorsqu’il se retrouva sur le trottoir, elle avait disparue. 

Il regarda tout autour de lui mais il n’y avait aucune trace d’elle, un taxi s’éloignait.  Il jura et fit demi-tour.

- Monsieur Bass, je suis désolé, s’excusa Oscar quand il pénétra à nouveau dans le hall du Palace, mais apparemment le fils du Gouverneur va vraiment très mal. Le docteur Talbot à parlé d’une ambulance.

- Dites à Julio de se poster à la porte de derrière pour attendre les secours, aboya Chuck.

Il soupira et décrocha son portable pour appeler le Gouverneur Philips. Celui-ci n’avait surement pas envie que la rumeur se répande à propos de son crétin de fils qui avait fait une overdose dans une chambre d’hôtel.  Et Chuck non plus étant donné qu’il s’agissait de son hôtel !

La conversation avec le Gouverneur dura plus d’une demi-heure.  Comme il l’avait prévu, il importait plus au père que personne ne soit au courant que de savoir comment allait son fils.  Il donna des instructions bien précises pour que les urgentistes se rendent dans une clinique privée où il était certain que la discrétion serait assurée.

- Monsieur Bass ? demanda Oscar d’une voix un peu tremblante alors qu’il raccrochait.

Chuck lui décocha un regard noir, il en avait viré pour moins que ça et Oscar le savait.

- Je ….  Je m’excuse de vous déranger encore mais, … il baissa les yeux, laissant sa phrase en suspend

- Quoi ? tonna le prince des ténèbres.

- La demoiselle de tout à l’heure,… celle qui vous attendait assise dans le hall,… elle a laissé ça, dit-il en lui tendant un carton à dessin et un  MP4.

Chuck pris ce qu’Oscar lui tendait sans un mot et quitta le Palace excédé.

Dans la limo qui le ramenait à l’Empire il entreprit d’exploiter les infos qu’il avait sous la main.  Sa curiosité était piquée au vif, ainsi qu’autre chose d’indéfinissable.

Il ouvrit le carton à dessin, ce dernier était rempli de pages noircies de notes de musique et de textes, les mêmes pages que celles du carnet de la jeune fille. Mademoiselle se prenait pour une artiste !  Pas étonnant qu’elle soit habillée comme une pouilleuse !

Une feuille de format différent tomba sur le siège en cuir.  Une date manuscrite y était indiquée, « janvier 1990 », mais ce n’était pas la même écriture que sur les autres pages. Chuck retourna la feuille et son cœur rata un battement. C’était un dessin au fusain de son père encore jeune.

Il se remémora la scène qui s’était déroulé à peine une heure plutôt, l’estomac noué.

Il avait eu une étrange sensation dés l’instant où leurs regards s’étaient croisés. Pourquoi cette fille cherchait-elle son père ? Qu’est-ce qu’elle pouvait bien lui vouloir ? Ne vivait-elle donc pas dans le monde civilisé pour ignorer que Bart Bass était mort ?

Elle ne vivait pas dans le même monde que lui en tout cas, c’était une évidence. Et il aurait parié que c’était la première fois qu’elle mettait les pieds à New York.  Se pouvait-il qu’elle y soit venue pour voir Bart ? Qu’ignorait-il d’autre à propos de son père ?  Combien de chose lui avait-il encore cachées ? 

Il lui avait tellement mentit ! Jamais cependant il n’avait envisagé la possibilité qu’il puisse avoir d’autres enfants que lui. D’ailleurs aucun ne s’était présenté pour prétendre à sa part d’héritage. Encore heureux ! Il avait déjà assez à faire avec Jack.

Mais Bart l’avait bien laissé croire qu’il était responsable de la mort de sa propre mère. Et après l’épisode avec les Thorpes, il savait que rien n’était impossible finalement. 

Il regarda à nouveau la feuille marquée par l’usure du temps qui avait du être pliée et dépliée des milliers de fois avant de la remettre à sa place, derrière toutes les autres. 

Une autre page aussi était de format différent, et toute chiffonnée.  Il lu le texte et en eu le souffle coupé.  Il sentit quelque chose se briser en lui à mesure qu’il découvrait les mots couchés à l’encre bleue par la jeune fille qui s’était enfuie.

Il suffirait simplement (1)
Qu'il m'appelle,
Qu'il m'appelle,
D'où vient ma vie
Certainement pas du ciel

Lui raconter mon enfance
Son absence,
Tous les jours,
Comment briser le silence
Qui l'entoure...

[
Refrain] x1
Aussi vrai que de loin
Je lui parle,
J'apprends tout seul
A faire mes armes,
Aussi vrai qu' j'arrête pas
D'y penser
Si seulement
Je pouvais lui manquer

[Refrain] x1
Est-ce qu'il va me faire un signe
Manquer d'amour
N'est pas un crime,
J'ai qu'une prière à lui adresser
Si seulement
Je pouvais lui manquer

Je vous dirais simplement,
Qu'à part ça,
Tout va bien,
A part d'un père
Je ne manque de rien
Je vis dans un autre monde,
Je m'accroche tous les jours
Je briserai le silence
Qui m'entoure

[Refrain]1
Aussi vrai que de loin
Je lui parle,
J'apprends tout seul
A faire mes armes,

Aussi vrai qu' j'arrête pas
D'y penser
Si seulement
Je pouvais lui manquer

[Refrain]2 X2
Est ce qu'il va me faire un signe
Manquer d'un père
N'est pas un crime,
J'ai qu'une prière à lui adresser
Si seulement
Je pouvais lui
manquer

 

(1) Chanson de Calogero « Si seulement je pouvais lui manquer »

 (Cliquez sur le lien pour écouter la chanson si vous le souhaitez)


katido  (30.12.2011 à 21:55)

4.   Désillusions

Dorota aperçu son mari au loin et lui sourit.  Il lui rendit son sourire et lui fit un petit signe de la main.  Arrivée à la hauteur de Vania, elle l’embrassa puis lui déposa sa fille dans ses bras musclés.  Il prit son petit ange avec douceur et la cala bien contre lui.

- Profite en bien, lui dit Dorota

Vania terminait son service de nuit tandis qu’elle allait aider Miss Blair à choisir le gâteau aujourd’hui.  La journée promettait d’être longue ! Rien n’était jamais assez bien pour le mariage royal de Mademoiselle.

Dorota avait l’impression qu’elle était encore plus capricieuse qu’avant.  Il faut dire qu’il y avait de quoi stresser, et ça, c’était sa spécialité. Ce n’était pas un mariage comme tous les autres et Miss Blair ne s’accordait pas le droit à l’erreur.  Encore moins maintenant qu’elle était promise à devenir Princesse. 

Elle voulu embrasser son mari mais celui-ci lui fit un signe de la tête pour désigner quelque chose où plutôt quelqu’un à l’intérieur de l’immeuble.

Le sang de Dorota ne fit qu’un tour. Monsieur Chuck était assis dans l’entrée, le regard perdu dans le vide.

- Qu’est-ce qu’il fait là ? demanda-t-elle

- Il dit qu’il a besoin de parler à Mademoiselle Waldorf, répondit Vania, penaud.  Il savait que cela ne plairait pas à sa femme.

- Pourquoi l’as-tu laissé entrer ? le sermonna-t-elle

- Je n’allais pas le laissé dehors quand même, il fait un froid de canard.

- Ne parle pas de canard, l’avertit-elle

- Ca fait au moins deux heures qu’il est là, dit-il pour se défendre

- Mais il est à peine plus de six heures.

- Je sais bien mais je ne pouvais quand même pas appeler la police pour le faire embarquer.   

Anastasia se mit à pleurer un peu.

- Rentre, elle va avoir froid. Je vais m’en occuper, dit Dorota d’une voix sans appel.

Vania s’exécuta, il valait mieux ne pas contrarier sa femme en ce moment, et même Monsieur Bass risquait d’en prendre pour son grade.

- Monsieur Chuck ! l’interpella Dorota sur un ton de reproches. Qu’est-ce que vous êtes venu faire ici ? Et au milieu de la nuit en plus !

- Je sais Dorota mais il faut absolument que je parle à Blair, répondit-il en se levant.

La femme de chambre secoua la tête négativement.

- Est-ce que vous avez la moindre idée de l’heure qu’il est ? Et quand bien même ! Miss Blair est en pleine préparation du mariage et elle n’a pas une minute à elle.  Et encore moins pour vous.

- Je sais bien ce que vous vous imaginez Dorota, mais je vous assure que cela n’a rien à voir avec son mariage.  J’ai vraiment besoin de lui parler, je vous assure, elle est la seule qui puisse m’aider.

- Etant donné toutes les personnes à votre service, j’ai du mal à imaginer que vous ne trouviez pas quelqu’un qui puisse vous aider ! dit-elle sans se démonter, avant de poursuivre sur sa lancée. Je ne sais de quoi vous avez besoin, mais ce dont je suis certaine c’est qu’elle n’a pas besoin que vous veniez la perturber avec vos histoires en ce moment.  Elle a trouvé le bonheur auprès de sa majesté le Prince Louis et je ne vous laisserai pas venir tout gâcher et la rendre malheureuse encore une fois, dit-elle en se dirigeant vers l’ascenseur de service. 

Chuck regarda Dorota s’éloignée comme s’il la voyait pour la première fois.  Elle avait raison, il devait arrêter de se reposer sur B à chaque fois qu’il en avait besoin.  Elle serait bientôt la femme d’un autre et elle en était heureuse.

Il n’avait pas le droit de continuer à l’aimer.  Pourtant, il ne savait pas comment faire pour s’en empêcher.  Elle était la seule à savoir comment lui apporter le soutien nécessaire quand il perdait pied.  Elle était la seule à faire battre le cœur qu’il avait longtemps cru ne pas avoir.  Mais il en avait bel et bien un, même si il était en lambeau, et c’est pour ça qu’il trouverait la force de ne pas s’approcher d’elle.

Il avait foncé ici sans réfléchir, mu par un reflexe de protection. Il avait passé toute la nuit à lire et relire les textes de sa sœur potentielle.  Elle avait un réel talent mais ses chansons parlaient quasiment toutes de douleur et d’abandon. 

Il avait plié et déplié ce fichu dessin une bonne centaine de fois lui aussi et le texte qui parlait du manque de son père lui déchirait le cœur à chaque fois qu’il y pensait.  C’était comme si quelqu’un avait enfin réussi à mettre des mots sur ses souffrances d’enfant.

Il avait besoin de partager ça avec B. Elle était la seule à pouvoir comprendre sa peine et ses doutes. Il avait tellement peur que ses espoirs soient vains, encore une fois.  Fallait-il qu’il prenne le risque de s’exposer à nouveau ? 

Les retrouvailles avec sa mère avaient éveillées tant de joie en lui, mais s’étaient terminées dans la douleur la plus totale. A tel point qu’il avait détruit tout ce qu’il avait de plus précieux. Il s’était trompé de chemin, mettant à l’épreuve les sentiments que Blair lui portait.

Il avait voulu savoir jusqu’où elle serait capable de l’aimer.  Elle avait dit qu’elle le suivrait jusque dans les chemins les plus sombres de son âme. Mais elle n’était pas prête à le suivre jusque là. Il avait joué et il avait perdu.  Il avait perdu la seule personne qui l’ait jamais aimé malgré ce qu’il était.

Se pouvait-il que cette jeune fille, dont le cœur d’enfant avait été déchiré lui aussi, partage sa douleur avec lui ? Elle l’exprimait parfaitement en tout cas, mais pourquoi voudrait-elle avoir quoi que ce soit affaire avec lui ? D’ailleurs ne s’était-elle pas enfuie dés qu’elle avait su qui il était ?

Mais savait-elle vraiment qui il était ? A l’évidence, elle n’était pas d’ici. Elle ignorait même que Bart était mort.  Peut-être ne savait-elle rien de Chuck Bass et était-elle effrayée à l’idée d’avoir un frère tout simplement.

Quoi qu’il en soit, cette fois il devrait se débrouiller seul.  Blair ne veillerait pas sur lui.  Il ne se réfugierait pas dans ses bras. Elle avait quelqu’un d’autre sur qui veiller à présent. Il quitta l’immeuble de Blair sans se retourner. 


katido  (01.01.2012 à 14:02)

5.   Soirée de Gala : Part 1

Nate sortit de sa chambre prêt à partir.  Il fronça les sourcils en apercevant son meilleur ami toujours assis devant son pc.

- Qu’est-ce que tu fais encore là ? On doit passer prendre les filles dans moins d’un quart d’heure et tu ne t’es toujours pas changé.  Tu ne comptes quand même pas y aller comme ça ? Au cas où tu l’aurais oublié, c’est toi qui fais le discours d’ouverture.

Chuck lui jeta un mauvais regard

- Raison de plus pour prendre tout notre temps, la soirée ne commencera pas tant que je ne serai pas là.

Nate leva les yeux au ciel

- Mais qu’est-ce que tu as depuis une semaine ? Ne me dis pas que tu complotes pour empêcher le mariage…

- Arrête de dire n’importe quoi, je t’ai déjà dit que je ne m’y opposerais pas, je leur ai donné ma bénédiction.

- Ouais, ben désolé mais le fait que tu passes tout ton temps à faire je ne sais quoi dans ton coin sans vouloir m’en parler, ce n’est pas vraiment fait pour me rassurer. En général dans ces cas là, c’est que tu prépares quelques chose et tu as beau dire ce que tu veux, je sais bien que tu aimes toujours Blair.

- Je l’aime oui, et c’est bien pour ça que je ne ferai rien pour nuire à son bonheur alors lâche moi avec ça, je n’ai pas de compte à te rendre Archibald, explosa C

Il referma son pc d’un coup sec et se dirigea vers sa chambre dont il claqua la porte derrière lui.

Nate soupira, il savait parfaitement que son ami avait mal à en crever.  L’été avait été super, ils s’étaient retrouvés comme au bon vieux temps. Mais dés qu’ils avaient appris le retour de B et de son prince dans l’UES, Chuck s’était mit à ruminer. Plus le mariage approchait et plus ça empirait. Ces derniers jours avaient été pire que tout.

Il faut dire que les magasines regorgeaient d’articles à propos du mariage. A tel point que Gossip Girl elle-même avait du souci à se faire.  Elle avait intérêt à rester en alerte H24  si elle voulait rester à la hauteur de sa réputation.

*****

- Je vais nous chercher à boire, proposa Louis alors qu’ils venaient d’arriver à la soirée donnée en l’honneur du maire au Palace.

Blair portait une robe en mousseline écrue qui mettait en valeur sa silhouette.  Ses cheveux étaient retenus en un haut chignon lâche, d’où s’échappaient quelques mèches qui retombaient sur ses épaules et dans le creux de sa nuque.

Serena était radieuse au bras de son nouvel ami, Ethan, fraichement débarqué de L.A. Il correspondait parfaitement aux clichés californiens. Grand, blond, bronzé par le soleil et les embruns de l’océan à force de pratiquer le surf. 

Le jolie blonde, encore toute bronzée elle aussi, portait un bustier blanc qui mettait sa peau dorée en valeur sur un mini short bleu marine, dévoilant ainsi ses longues jambes parfaitement galbée dans des cuissardes blanches remontant jusqu’au dessus du genou.  Ses cheveux dansaient librement sur ses épaules nues.

- Je t’accompagne, dit Ethan à Louis

Il embrassa S passionnément avant de le suivre jusqu’au bar.  B ne pu s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie devant le bonheur de son amie.  Malgré son futur mariage avec un prince, elle avait toujours l’impression d’être dans son ombre. 

Force était de constater que cette dernière rayonnait et que le soleil de Californie lui donnait un avantage physique certain.  Mais il n’y avait pas que ça.  Depuis son retour S était plus épanouie que jamais.  Elle disait avoir enfin trouvé se voie et semblait vraiment heureuse.

B s’en voulait d’être toujours jalouse, comme lorsqu’elles étaient à Constance. Après tout, elle avait trouvé le bonheur la première et elle allait réaliser son rêve grâce à son prince, qui était plus que charmant.  S ne monterait jamais aussi haut dans l’échelle sociale.  Alors dans ce cas, pourquoi ne parvenait-elle pas à se réjouir pour sa meilleure amie ?

Elle fut interrompue dans ses pensées par l’arrivée de Nate et de sa cavalière, Macy Greenberg.  La famille de Macy était l’un des piliers de la communauté de l’UES.  Son grand-père et celui de Nate se connaissaient depuis toujours et les deux aïeux voyaient déjà l’union des deux tourtereaux qui permettrait de former une famille encore plus puissante. 

Macy était très jolie, plutôt grande, elle était métisse, de par sa mère et ses cheveux coupé court mettaient en valeur son visage anguleux, parfaitement symétrique ce qui lui donnait une beauté glacée comme dans les magasines.  Son maquillage, dans les tons ocre, rehaussait la couleur légèrement chocolaté de sa peau. 

- Bonsoir, dit l’héritier Archibald en plantant un baiser sur la joue de chacune de ses amies.

- Nate, s’écria Blair en l’enlaçant

Ils ne s’étaient pas encore vu depuis qu’elle était rentrée de Monaco, deux semaines au par avant.

- Vous vous souvenez de Macy ? demanda le jeune homme.

- Bien entendu, répondit S un peu trop vite

- Chuck n’est pas avec toi ? ne put s’empêcher de demander B.

- Il arrive, dit Nate en retenant un soupire. Macy le tira discrètement par la main mais pas assez pour que son geste échappe à B.

- Qu’est-ce qui se passe ? interrogea la future princesse.

Nate ne répondit pas à sa question car Louis et le grand blond que S avait ramené de Californie arrivaient avec des boissons. Il leur tendit la main pour les saluer et leur présenta sa cavalière.

La musique d’ambiance s’arrêta et Chuck Bass en personne apparût sur la scène pour faire le discours d’honneur au maire de la ville.

Il était percutant, comme à son habitude, mais B n’écoutait pas un mot de ce qu’il disait. Elle le trouvait encore plus beau que dans ses souvenirs. Ses cheveux étaient plus courts et son teint était encore un peu hâlé par le soleil.  Elle savait qu’il avait passé l’été à voyager et à s’amuser avec Nate.  Elle n’avait raté aucun post de GG depuis la France.


katido  (02.01.2012 à 12:13)

6.   Soirée de Gala : Part 2

Blair fut tirée de sa rêverie par Gillian Vanderbilt, la cousine de Nate qui rejoignit le petit groupe. B ne l’avait pas vue depuis plusieurs années.  Cela remontait à la dernière réunion des Vanderbilt à laquelle elle avait assistée, quand elle s’était remise avec Nate, avant le bal de promo.

Gillian avait un teint de porcelaine comme celui de B, clairsemé de tâches de rousseurs par ci, par là et ses cheveux étaient auburn.  Elle portait une robe courte vert pâle à col rond qui laissait tout loisir d’admirer le collier de diamants qui pendait à son cou.  Ses cheveux, relevés en chignon sur sa nuque et laissaient apparaître de longues boucles d’oreilles assorties.

La nouvelle venue attendit la fin du discours pour saluer tout le monde. Nate fit les présentations.  B se demandait ce qu’elle venait faire ici quand elle vit Chuck se diriger vers eux.  Elle sentit le bras de Louis se poser sur ces épaules.

- Je vois que tout le monde est là, lança C en s’intégrant au groupe.

- Je vais nous chercher quelque chose à boire, dit brusquement Nate en lui jetant un regard courroucé qui n’échappa pas non plus à l’ancienne reine de Constance.

Chuck ne réagit pas et sourit à Gillian lorsqu’elle passa son bras sous le sien.

- Tu viens ? dit la jolie rousse, j’ai envie de danser.

- Si tu veux, lui répondit C en l’emmenant sur la piste où il l’enlaça sur les premiers accords de « Hero » d’Enrique Iglesias que le groupe venait d’attaquer.

- Tu veux danser ? proposa Ethan à S

- Avec plaisir, répondit-elle tout sourire.

Ils rejoignirent la piste eux aussi et disparurent au milieu des couples qui dansaient langoureusement.  Y compris Chuck et Gillian, remarqua B avec un pincement au cœur.

- Le Prince Louis Grimaldi ! s’exclama soudain une voix sur leur droite.

- Comte de Bruckner, salua le prince, comment allez-vous. Laissez moi vous présenter ma fiancée, Mademoiselle Blair Waldorf et voici Mademoiselle Macy Greenberg.

Un homme d’une quarantaine d’année s’approcha d’eux et leur tendit une main visqueuse.  B retint une grimace de dégout lorsqu’il colla sa paume contre la sienne.

Nate revint quelques minutes plus tard et s’éclipsa bientôt avec sa cavalière lui aussi. 

Le couple princier resta seul à discuter avec le compte pendant plus de deux heures.  B avait mal aux joues à force de sourire à ses blagues idiotes.

- Si vous voulez bien m’excusez, murmura-t-elle n’y tenant plus, j’ai besoin de me repoudrer le nez.

Elle quitta les deux hommes rapidement pour se rendre aux toilettes où elle se lava les mains en repensant à la paume moite du comte Bruckner.

Elle se rendit sur la terrasse située à l’arrière du grand hall pour prendre un peu l’air. Elle s’arrêta sur le seuil en constatant qu’il était déjà là. Appuyé à la rambarde, il était seul. Elle hésita un instant puis sortit pour le rejoindre. 

Chuck sursauta et pivota sur lui-même quand elle posa une main sur son bras. Absorbé dans ses pensées, il ne l’avait pas entendue venir.

- Je suis désolée, je ne voulais pas te surprendre, s’excusa-t-elle

Elle croisa son regard  et son cœur se serra.

- Est-ce que tout va bien ? questionna-t-elle. Où est passée Gillian ?

- Ils sont partis au « 1 0AK »

- Qui ça, ils ?

- Serena, Nate, Macy et Gillian, ils voulaient jouer les guides touristiques pour Ethan.

- Et tu n’es pas parti avec eux ?

- J’avais une entrevue avec un investisseur ami du maire et du gouverneur.

- A cette heure ci ?

- C’est toujours dans les soirées comme celle-ci qu’on signe les meilleurs contrats, tu le sais bien.

- Qu’est-ce qui se passe entre Nate et toi ? Vous vous êtes disputés ?

- Si j’avais su que j’aurais droit à un interrogatoire en règle j’aurai préparé mes antis sèches, plaisanta-t-il.

- Je m’inquiète pour mes amis, j’en ai bien le droit non ? Et étant donné qu’aucun de vous n’a daigné passer me souhaiter la bienvenue depuis que je suis rentrée de Monaco, il faut bien que je me renseigne.

Chuck carra la mâchoire au souvenir de sa petite visite en pleine nuit. Visiblement, Dorota avait bien su tenir sa langue.

- On est toujours amis ?  s’inquiéta-t-elle

- Bien sur, quelle question ! répondit-il, alors qu’il mourrait d’envie de hurler qu’il ne pourrait jamais la considérer comme une simple amie.

Elle s’approcha d’un pas et posa à nouveau sa main sur son avant bras. Il aurait voulu l’attirer contre lui et goûter, juste une fois encore, la douceur de ses lèvres.

- Alors, si tu avais un souci tu m’en parlerais, n’est-ce pas ?

Elle le regardait, suspicieuse. Chuck avala sa salive avant de répondre.

- Tu n’as pas à t’inquiéter pour moi, tout va bien.

- Mais tu n’as pas répondu à ma question à propos de Nate. J’ai bien vu qu’il y avait un froid entre vous.  Vous vous êtes disputés ? A cause de Gillian ? hasarda-t-elle

Il sourit, il la reconnaissait bien là.  Toujours à la pêche aux informations. Prêcher le faux pour savoir le vrai, c’était la technique préférée de Queen B.  Mais il l’a connaissait trop bien pour tomber dans le piège. Et il s’était promis de la tenir à l’écart de ses soucis.  Aussi choisit-il une tactique différente et imparable, la vérité.

- Nate pense que je complote pour saboter ton mariage, déclara-t-il avec un petit sourire en coin.

- Et c’est le cas ? s’enquit-elle

- Pas du tout, non. Je t’ai dit que vous aviez ma bénédiction et je le pensais sincèrement.  Je suis certain que tu seras la nouvelle Grace Kelly, les Monégasques vont te manger dans la main.   

Une lueur de déception passa furtivement dans les yeux de B. Elle se pencha et l’embrassa sur la joue pour le remercier.  Elle l’enlaça quelques secondes de trop et il du user de toute sa détermination pour se dégager de son étreinte.  Il aurait voulu la garder serrée tout contre lui jusqu’à la fin des temps.

- Je suis contente que tout aille bien entre nous, mentit-elle en reculant de quelques pas car elle avait sentit le danger elle aussi.

- Moi aussi, sourit-il tandis que son cœur saignait.

- Blair, je te trouve enfin ! résonna soudain la voix de Louis depuis la porte fenêtre.

Le prince de Monaco se figea en constatant qu’elle était avec LUI et jeta un mauvais regard à son rival. Il savait parfaitement au fond de lui que sa fiancée avait toujours des sentiments pour Chuck Bass, bien qu’elle s’en défende.

Le prince noir soutint son regard sans ciller, il n’avait rien à se reprocher.

- J’avais besoin de prendre un peu l’air, dit innocemment B en rejoignant son fiancé.

Le téléphone de C sonna et il s’écarta pour décrocher.  Une expression étrange passa sur son visage et il quitta la terrasse précipitamment sans même accorder un regard aux amoureux.  B le regarda s’éloigner par-dessus l’épaule de Louis et su à cet instant précis que son ancien amant lui avait mentit.

La sonnerie de son téléphone retentit indiquant une nouveau post de GG.

«  Aperçu, la future mariée tendrement enlacée dans les bras du prince des ténèbres. On dirait bien qu’elle n’a pas encore trouvée la porte de sortie du purgatoire.  Mais la cherche-t-elle vraiment ? »


katido  (03.01.2012 à 06:30)

7.   Alice au pays des merveilles 

Chuck entra en trombe dans le hall et ralentit l’allure en s’approchant du comptoir des réservations.  Oscar lui fit un petit signe discret de la tête alors qu’il s’entretenait avec la jeune artiste.

- Je sais qu’il est tard, s’excusait-elle, mais comme j’ai vu qu’il y avait une réception. Je veux juste récupérer les affaires que j’ai oubliées la semaine passée, je n’ai pas pu venir avant, vous ne les avez pas jetées au moins ?

- C’est moi qui les ai, dit une voix grave dans son dos.

Elle se crispa, elle s’était préparée à cette éventualité cette fois.

Chuck congédia Oscar du regard qui se retira sans attendre.

- Je ne connais même pas ton nom, dit-il amicalement à l’adresse de sa « sœur »

- Lisa, …. Elisabeth, se reprit-elle, Elisabeth Nakamura.  Je sais, c’est un peu bizarre, continua la jeune asiatique devant l’air circonspect de son interlocuteur.  Je me demande bien ce qui s’est passé dans la tête de ma mère le jour où elle a choisit mon prénom, mais elle a toujours aimé les trucs insolites.

Chuck la dévisagea un instant en silence, perturbé par le fait qu’elle porte le même prénom que sa propre mère.  Ce ne pouvait pas être une autre coïncidence.

- Je peux récupérer mes affaires alors ?

Elle avait hâte de quitter cet endroit, elle n’aurait jamais du y mettre les pieds.

- Elles sont chez moi.  Mais j’aimerais qu’on discute un peu si tu veux bien.  Tu es partie tellement vite la dernière fois.

- Tu as ouvert le carton ? demanda-t-elle en plantant ses yeux dans les siens, le cœur battant.

Il fit signe que oui de la tête, sa gorge lui faisait mal tant elle était serrée.

- Je suis désolée, je ne veux pas faire d’histoire, je voulais juste…. J’aurais du mieux m’informer avant de venir. Hanck à raison, je suis vraiment trop stupide.

Chuck fronça les sourcils et déglutit

- Qui est Hanck ?

- Personne, répondit-elle sur la défensive. Alors mes affaires, tu me les donnes ?!

- Je ne les ai pas ici, je te l’ai dit, elles sont chez moi.  Mais on peut aller les chercher ensemble si tu veux, on pourra discuter en route.

Elle le suivit sur le trottoir et regarda, éberluée, une limousine s’avancer lorsqu’il fit un petit signe de la main.  Elle hésitait à monter dans le véhicule quand il lui ouvrit la portière. L’instant d’après, elle y grimpait avec un petit sourire en coin, ce monde là existait donc pour de vrai !

Elle s’installa sur le siège en cuir et écarquilla les yeux, l’espace intérieur était plus grand que la salle de bain commune du premier étage où elle logeait.

- A l’Empire, commanda Chuck au chauffeur avant de remonter la séparation intérieur.

Il observa Lisa, qui regardait tout autour d’elle.  Elle était ébahie et son visage trahissait la consternation.  Elle se reprit en voyant qu’il l’observait et se ferma aussitôt.  Il en fut peiné mais pas surpris.

- Si tu as des questions, commença-t-il

- Non ça va aller, depuis la semaine dernière j’ai eu le temps de me renseigner. Je te l’ai dit, je ne veux pas d’histoire, je veux juste récupérer mon carton.

Un nouveau post de GG fit résonner son gsm dans l’habitacle.  C’était déjà la deuxième depuis tout à l’heure.  Il fit coulisser le clapet et grimaça.

« On dirait bien que le roi a définitivement tirer un trait sur sa reine après tout. On sait qu’il a l’habitude de faire n’importe quoi dans ce cas là, mais, cette fois, il touche le fond. C’est encore pire que de coucher avec Jenny Humphrey. Depuis quand s’intéresse-t-il aux démunies ? A moins qu’il n’ai décidé de contribuer à sa façon à des œuvres caritatives »

Une photo de Lisa embarquant dans se limo illustrait le post.

Cette sale garce ne grandirait donc jamais ? Ils n’étaient plus au lycée, ils avaient passé l’âge de ces stupidités.

Il releva la tête, et s’aperçu que sa sœur consultait son téléphone elle aussi. Ainsi elle s’était inscrite au blog de GG, elle n’avait pas mis longtemps à s’adapter.

Elle claqua son téléphone et le rangea dans la poche de sa veste en jean, la tête haute, le défiant du regard. Il eut un instant l’impression de se retrouver devant un miroir.

- Tu comptes rester à New York ? s’enquit-il

Elle haussa les épaules avant de répondre

- Ici ou ailleurs ! De toute manière je n’ai pas les moyens de partir pour l’instant et puis j’attends une réponse pour les auditions de Julliard.

Il ouvrit de grands yeux, Julliard était une école de musique privée très réputée et très chère.  Comment pouvait-elle se payer l’inscription vu son accoutrement ?

- Je suis sur liste d’attente pour l’octroi d’une bourse, répondit-elle comme si elle lisait dans ses pensées.


katido  (04.01.2012 à 08:43)

8.   Raison et Sentiments

- Tu peux m’expliquer ce qui se passe exactement ? demanda Louis à Blair, à peine Chuck s’était-il ruer dans le hall de l’hôtel.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-elle de son ton le plus angélique.

Mais Louis commençait à bien la connaître à présent et il n’avait pas l’intention de la laisser continuer à le manipuler comme elle l’avait fait pendant tout l’été.

- Je parle de toi et de ton ancien amant, rétorqua-t-il froidement

- Chuck n’est qu’un ami, je te l’ai déjà dit. D’ailleurs tu étais présent lorsqu’il nous a souhaité tout le bonheur du monde à la soirée à Constance.

- Justement, je ne vois pas pourquoi tu avais besoin de son autorisation pour te marier avec moi.

- Ce n’étais pas une autorisation mais plutôt un traité de paix, je croyais que tu avais compris que nous avions eu une histoire compliquée, j’avais juste besoin de lui dire au revoir, c’est tout.

Le téléphone de B retentit et elle le consulta immédiatement, trop heureuse de pouvoir mettre un terme à la conversation.

Mais le post de Gossip Girl qu’elle lu n’allait pas arranger les choses, au contraire. Si elle avait pensé un instant avoir réussi à apaiser la méfiance de Louis, elle comprit en voyant la photo d’elle et Chuck enlacés qu’elle ne s’en tirerait pas aussi facilement cette fois.

Le regard courroucé de Louis lorsqu’elle se retourna lui fit un instant froid dans le dos. Il avait lu par-dessus son épaule et il avait tous les droits d’être en colère devant cette démonstration d’affection des plus équivoques.

Elle ragea intérieurement contre GG et pesta contre elle-même. Mais pourquoi n’avait-elle pas pu s’empêcher de le toucher ? Dés l’instant où elle avait sentit ses bras autour d’elle, elle n’avait plus eu qu’une envie, rester blottie contre lui pour ressentir la chaleur de son corps contre le sien.  Elle aurait voulu lui prendre la main et passer ses doigts dans ses cheveux mais au lieu de ça, elle s’était contentée de l’embrasser sur la joue.

- Tu vas encore me dire que tu ne vois pas de quoi je parle ? tonna-t-il, les yeux exorbités par ce qu’il venait de voir.

- C’était juste un baiser amical, se défendit B, tentant de se convaincre elle aussi.

- Non mais tu te moques de moi ? hurla-t-il. Tu me prends vraiment pour un crétin ! C’est évident que tu as toujours des sentiments pour lui. Il suffit de voir la manière dont tu le regardes. Tu serais prête à te jeter du haut de l’Empire State Building s’il te le demandait.

A la simple évocation de ce bâtiment, B sentit ressurgir une colère incommensurable du fond de ses entrailles. Le choc aurait été moins violent si Louis l’avait giflée en plein visage.  

- Tu dis n’importe quoi, s’emporta-t-elle contre Louis, alors qu’il n’était pourtant pas la raison du sentiment qu’il l’animait tout à coup. Combien de fois devrais-je te dire qu’il ne représente plus rien de ce genre pour moi, c’est juste un ami c’est tout. Mais étant donné le peu d’ami que tu as je comprends que cette notion t’échappe.

Elle se retourna et s’engouffra par la porte fenêtre d’où elle était venue, hors d’elle.

En pénétrant dans le hall, elle aperçu Chuck qui escortait une jeune fille asiatique au look plus que douteux.

- Blair, attend !  siffla Louis qui arrivait derrière elle.

Il l’attrapa par le bras tandis que Chuck et sa nouvelle « amie » passait la porte.

- Ne me touche pas, hurla-t-elle en se dégageant avec vivacité.

Louis la regarda interloqué.

- Mais qu’est-ce qui te prend ? explosa-t-il à nouveau. Tu crois que tu peux me balancer de telles ignominies à la figure et me laisser planter là comme si j’étais un de tes laquais ? 

Il ne l’avait jamais vue comme ça et il ne comptait pas passer l’éponge sur son attitude infamante. Après tout c’était elle qui avait embrassé son ancien amant et elle aurait du s’excuser de son comportement plutôt que de lui tenir tête et de l’insulter de surcroit.

B ouvrit la bouche pour répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps et poursuivit, furieux, lui aussi de l’affront qu’elle venait de lui faire et de sa désinvolture face à l’humiliation qu’elle lui faisait subir.

- Tu n’es qu’une sale petite peste prétentieuse et crois-moi, tu as intérêt à changer de comportement si tu veux devenir digne d’être une véritable princesse un jour.  Je n’ai peut-être pas beaucoup d’ami mais chacun d’eux sait se tenir en société en tout cas. Ils ne cèdent pas à chacune de leurs basses pulsions pour défrayer la chronique mondaine et être la risée de tous, ils ne m’ont jamais fait honte !

Pour toute réponse, B ramassa une coupe de champagne qui trainait sur le comptoir d’enregistrement et le lui jeta à la figure avant de tourner les talons et de se ruer sur le trottoir elle aussi.

Elle était outrée par les propos de Louis et elle sentit les larmes lui monter aux yeux tandis qu’elle regardait la limousine, dans laquelle Chuck venait de s’engouffrer avec cette petite garce en guenille, s’éloignée. Elle passa sa main sur son visage d’un geste rageur et héla un taxi.  Elle n’avait aucune intention de rester une minute de plus en compagnie de ce goujat qui lui servait de fiancé.  


katido  (05.01.2012 à 20:20)

9.   Miroir, mon beau miroir

La limousine s’arrêta devant l’Empire, Chuck et Lisa pénétrèrent dans le hall de l’hôtel. Il se dirigea vers l’ascenseur qui permettait de monter jusqu’à sa suite.

- Tu viens ? s’étonna-t-il en constatant qu’elle ne le suivait plus.

- Je préfère t’attendre ici, dit-elle le visage à nouveau fermé.

- Tu as peur de quoi au juste ? bougonna-t-il

- Je n’ai pas peur de toi si c’est ce que tu crois, même si je devrais surement, à en juger par ce que j’ai lu, répondit-elle sans baisser les yeux.

- Alors dans ce cas pourquoi ne veux-tu pas monter ?

- On a rien en commun ok, et nos vies ne vont plus se croiser alors autant arrêter les frais tout de suite !

Il fut surpris par la violence de sa réaction.  Il ne savait pas sur quel pied danser avec elle.  Elle soufflait le chaud et le froid. Elle avait l’air amicale un instant puis changeait tout à coup d’attitude et sortait ses griffes comme un animal traqué.

Il appuya sur le bouton et les portes s’ouvrirent. Le miroir du fond lui renvoya sa propre image.  Il comprit soudain qu’elle était aussi effrayée que lui.

-   Tu veux récupérer ton carton à dessin où non ? demanda-t-il en se retournant.

Elle le toisa, les yeux de son « frère » reflétaient sa propre incertitude mais il ne lui laissait pas le choix.  Le contenu de ce carton représentait toutes les choses importantes de sa vie, c’était ce qu’elle avait de plus précieux. Il lui paraissait impensable que ce gosse de riche puisse le comprendre. Pourtant, vu le sourire qu’il affichait, il savait qu’elle était prête à tout pour le récupérer.

Il avait avoué avoir regardé le contenu. Il avait compris ce qu’elle était venue faire ici. Pourtant, il n’avait fait aucun commentaire.  Il n’avait même pas prononcé le nom de leur père, ni poser de question sur sa mère.

Ce qu’elle avait lu sur lui était sans doute plus que justifié, il valait mieux qu’elle ne traîne pas dans ses pattes.  Elle n’avait aucune envie de faire les frais de ses célèbres frasques ni d’y être associée comme tout à l’heure. 

Et puis, elle se connaissait, elle serait bien capable de s’attacher à lui contre son gré. Il était le seul membre de sa famille encore vivant mais cela ne justifiait rien.  Si sa famille avait été composée de personnes sur qui elle pouvait compter pour s’épanouir elle n’en serait pas là aujourd’hui.

Elle le rejoignit à contre cœur et s’adossa à la paroi les bras croisés. Il posa la question qui lui brulait les lèvres depuis des jours.  Il connaissait la réponse mais il avait besoin d’une confirmation.

- Toutes ces chansons sont de toi ?

- Pourquoi ? Tu connais un producteur intéressé peut-être ? cingla-t-elle d’un ton ironique en le fusillant du regard.

Visiblement c’était un sujet sensible.

- Je posais juste la question, répondit-il sur le défensive lui aussi.

- Oui, et bien pour commencer, tu n’avais pas à l’ouvrir, rugit-elle

- Tu n’avais qu’as pas l’oublier.  Si tu ne tu n’avais pas eu si peur de moi…

- Je… n’ai… pas… peur de toi, c’est clair ! Je n’aurai jamais plus peur de personne hurla-t-elle en s’avançant vers lui.

Il recula d’un pas, les yeux de Lisa étaient aussi froids que de la glace et le transperçaient. Il ressentit comme une brûlure à l’intérieur.

- Je suis désolé, balbutia-t-il, je ne voulais pas…

- Non c’est moi qui suis désolée…, le coupa-t-elle, soudain moins agressive. Je veux juste récupérer mes affaires, c’est tout.

Les portes s’ouvrirent et il entra dans l’appartement. Le carton était dans sa chambre, à l’abri de Nate. 

- Je reviens tout de suite, dit-il sans se retourner. 

Il avait voulu lui forcer la main en l’obligeant à monter mais il le regrettait amèrement.  Il ne connaissait rien de la vie de Lisa,… Elisabeth, il ignorait même son prénom jusqu’à il y a une heure. Elle n’avait visiblement aucune envie de faire sa connaissance et cela valait sans doute mieux comme ça.

Lorsqu’il revint, Lisa était toujours dans la cage d’ascenseur. Il lui tendit ses affaires mais elle n’eu aucune réaction. Son regard, horrifié, était rivé sur la moto garée dans l’entrée.

- Lisa ? appela-t-il doucement

Elle tressaillit faiblement en entendant prononcer son prénom.  Des larmes brillaient dans ses yeux sombres. Elle avait perdu toute forme d’assurance.

- Lisa, est-ce que ça va ? s’inquiéta-t-il en posant une main sur son avant bras.

Elle le retira précipitamment comme si il l’avait blessée.

Reprenant ses esprits, elle désigna la moto du menton.

- Elle est à toi ?

- Oui, pourquoi ?

Elle secoua la tête et pris le carton à dessin resté dans la main de Chuck.

- Surtout sois prudent, dit Lisa d’une voix à peine audible tandis que les portes se refermaient sur elle.


katido  (06.01.2012 à 09:23)

10.   Mon héro

Lisa respira un grand coup lorsqu’elle se retrouva sur le trottoir devant l’Empire.  Les images de l’accident dansaient toujours devant ses yeux.  Elle tenta de chasser la vision de son visage en sang. Les larmes qu’elle avait réussi à retenir jusque là coulaient le long de ses joues.

Elle reprit une bouffée d’air et tenta de reprendre le contrôle de son corps et de son esprit.  Elle regarda autour d’elle, elle ne savait pas trop où elle était.  Elle ne s’était aventurée dans cette partie de la ville que pour se rendre au Palace.  Elle n’avait aucune idée de la direction à prendre pour rejoindre la station de métro la plus proche. Ni même combien elle devrait marcher pour y parvenir.

- Voulez-vous que je vous appelle un taxi ? demanda le portier de l’Empire

- Non merci, répondit Lisa en essuyant ses larmes. 

Elle n’avait nullement les moyens de prendre encore une fois un taxi.  Elle avait travaillé en heures supplémentaires toute la semaine pour réunir la somme qui paierait la deuxième moitié de son loyer. 

- Pouvez-vous m’indiquer où se trouve la station de métro la plus proche ?

Le portier la dévisagea comme si elle lui demandait à quelle heure était le prochain bus pour la planète mars. Un jeune homme hispanique sortit de l’hôtel au même moment.

- Bonsoir Georges, dit-il

- Bonsoir Esteban, répondit le vieil homme

- Je peux vous aidez ? s’enquit-il avec un léger accent auprès de la jeune fille désemparée.

- Mademoiselle veut prendre le métro ! expliqua le portier, ahuri

Le jeune Cubain la dévisagea un instant.

- Où voulez-vous aller ?  

- Chinatown, articula-t-elle.

- Je peux vous y amener si vous le désirez.

- Elle est arrivée avec Monsieur Bass, avertit Georges en ouvrant la porte à un riche client qui sortait en compagnie de deux jolies filles.

- En tout bien tout honneur, se pressa d’ajouter Esteban en levant les mains.

Lisa ne pu s’empêcher de sourire.  Ils avaient vraiment peur de lui.  Elle accepta l’offre, il n’oserait jamais tenter quoi que ce soit maintenant.


katido  (06.01.2012 à 09:28)

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