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HISTOIRE DE FAMILLE

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 22.12.2011 à 18h49
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Cette fic se situe à la fin de la saison 4 Lorsque tout le monde ou presque rentre à N.Y. » katido 

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11.   Dispute entre amis

Chuck resta un instant figé sur place après que les portes de l’ascenseur se soient refermées sur elle. L’idée de la poursuivre lui traversa l’esprit mais il se dit qu’il valait mieux la laisser tranquille.

Il ouvrit son pc et tapa le nom de sa sœur sur le clavier, bien décider à y trouver des informations mais ses recherches restèrent vaines. Lorsque Nate rentra au petit matin en compagnie de Macy, il n’avait toujours rien récolté de probant

Son ami lui décocha un regard lourd de sens et entraîna sa nouvelle copine dans sa chambre.  Le roi de l’UES, soupira et referma son ordinateur.  Il était temps de passer à la vitesse supérieure.  Il passa dans sa chambre lui aussi et s’étendit sur son lit.

Il était à peine 4h45 mais il s’en fichait éperdument, il appela son détective privé.

Il saisit une chemise plastique dans sa table de nuit et regarda encore une fois la copie du dessin de son père.  Il avait pris soin de reproduire le contenu du carton à dessin de Lisa.

Il ferma les yeux et songea à ce que Blair lui conseillerait de faire si elle était à ses côtés en cet instant.  Elle lui manquait infiniment. Il finit par sombrer dans un sommeil rempli de rêves étranges ou Blair et Lisa se côtoyaient maladroitement.

******

Chuck se réveilla quelques heures plus tard.  Il passa ses mains sur son visage et se leva en maugréant. Il se glissa sous une douche chaude et laissa l’eau couler su sa nuque.  Il avait mal dormi.  Il tenta de faire le point sur la situation.  Peut-être devrait-il parler de Lisa à Lili ?  Elle était toujours de bon conseil. Non, décida-t-il, cela ne la concernait en rien.

Il passait une chemise lorsque son téléphone sonna, annonçant un nouveau post de Gossip Girl.

«  Aperçus, nos jeunes mariés préférés en pleine dispute.  Y aurait-il de l’eau dans le gaz au sein du couple royal ? J’espère que la cérémonie ne sera pas annulée, mais il vaudrait mieux changer de marque de champagne, même s’il était délicieux, il n’était apparemment pas du goût de la future mariée »

La photo qui suivait montrait Blair jetant le verre de champagne en question au visage de Louis.

Il sourit malgré lui, une part de lui aurait voulu que ce mariage n’ait jamais lieu mais il chassa cette idée.  Il voulait le bonheur de B plus que tout.

Nate était dans le salon installé sur le canapé, une tasse de café posée devant lui sur la table basse.

- Tu es fière de toi ? demanda-t-il son téléphone à la main.

- Je n’ai rien à voir avec ça.

- On dirait pourtant ton œuvre ! 

Chuck leva les yeux au ciel, Nate commençait sérieusement à l’agacer avec ses suspicions.  Il n’avait pas besoin de l’avoir sur son dos en ce moment.

- Ce n’était pas toi sur la photo avec Blair hier soir ?

Le prince noir jeta un mauvais regard à son ami.

- C’est elle qui m’a embrassé, … sur la joue, précisa-t-il

- Et comme par hasard vous vous êtes retrouvez seul tout les deux.  Je croyais que tu avais une entrevue avec le maire.  C’est bien pour ça que tu ne nous as pas accompagné au one oak n’est-ce pas ?

- Ecoute Nate, tu commences vraiment à me fatiguer là ! l’avertit Chuck

- Tu ne peux donc pas la laisser tranquille ? continua Nate qui n’avait visiblement pas l’intention d’en rester là.

- Je n’ai rien à me reprocher, je n’ai rien fait, et B non plus alors occupe toi de ta copine et fout moi la paix.

- En parlant de copine, insista Nate, c’est quoi cette fille que tu as emmenée dans ta limo ?  Je reconnais qu’elle est sexy mais ce n’est pas vraiment ton genre. Qu’est-ce que tu traficotes avec elle ?

- Ca, ce ne sont pas tes affaires, dit Chuck en montant dans l’ascenseur. 

Il avait besoin de prendre l’air.  Nate le rendait fou et il songea sérieusement à l’expédier vivre ailleurs.

******

- Où va-t-on Monsieur ? demanda le chauffeur.

- Au parc, répondit-il sans réfléchir.

Il ne savait pas pourquoi, il avait dit ça, il se rendait plutôt dans des bars normalement. Mais la situation n’avait rien de normal et il avait besoin de garder les idées claires pour l’analyser.

Il ne pouvait pas en parler avec Blair et il ne n’avait aucune envie d’aborder le sujet avec son « meilleur ami »  En plus, il était au moins certain que Nate ne viendrait pas le chercher là.  Il en avait plus qu’assez de l’avoir constamment sur le dos.

Il avait besoin de calme pour reprendre ses esprits et il ne pouvait pas le faire avec lui dans l’appartement. 


katido  (07.01.2012 à 08:32)

12.   B a besoin d’air

Blair sortit de sa chambre et dévala les escaliers de son appartement de l’UES comme une flèche.

- Dorota, on y va, cria-t-elle dans le hall.

Elle n’en pouvait plus, elle avait l’impression d’étouffer. Elle venait de passer des jours à la préparation de son mariage. Les petits fours, le gâteau, la robe, la couleur des nappes, le placement des invités, tout était prise de tête.

Elle était pourtant réputée pour l’organisation des soirées et des fêtes les plus réussies de tout Manhattan. Mais pour un mariage royal, Son mariage, il fallait absolument que tout soit parfait.

Heureusement qu’elle avait réussi à renvoyer sa belle-mère et sa mère en France, sinon tout cela serait encore bien pire.  Elles n’avaient de cesse de se disputer sur chaque détail.

Queen B n’avait rien perdu de sa force de persuasion.  Elle avait reçu le soutient de Louis pour organiser seule le mariage comme elle l’entendait. Après tout c’était elle la mariée non ? Et elle entendait bien ne laisser personne l’oublier.  

De toute manière, Louis lui mangeait dans la main, enfin jusqu’à ces derniers jours du moins. Elle s’était plus ou moins réconciliée avec lui. Après la dispute de la veille et le dernier post de GG, elle l’avait appelé pour s’excuser.

Elle se rendait bien compte qu’elle était l’instigatrice de cette querelle et même si les mots de Louis résonnaient encore dans sa tête, elle savait que sa réaction irrationnelle n’était pas le fruit du comportement du prince.

Une seule personne était capable de la mettre dans un tel état et elle était rongée par la culpabilité de ne pas pouvoir s’affranchir totalement de cette emprise qu’il exerçait sur elle sans même ne rien avoir à faire pour y parvenir.

Qu’est-ce qui lui avait pris d’enlacer Chuck sur ce stupide balcon ?  Elle ne savait même pas pourquoi elle avait fait ça.  Elle n’avait tout simplement pas réfléchit à l’éventualité d’une telle situation. 

Lorsqu’elle l’avait vu se tenant devant elle, seul, elle n’avait pas pu résister. Elle avait bien remarqué qu’il se passait quelque chose entre Nate et lui, même s’il le niait. Et pourquoi lui mentait-il ? Pas à cause du mariage, elle en était persuadée.  Il leur avait donné sa bénédiction et il s’y tiendrait. Cette fois, c’était bel et bien fini entre eux.

Mais pourquoi était-il venu accompagné de Gillian ? Au moins elle appartenait à leur monde, par comme cette souillon avec qui il avait quitté la soirée, c’était déjà ça. Mais pourquoi Gillian ? Il y avait quantité de filles à Manhattan. Même si elle devait bien reconnaître, malgré elle, que la cousine de Nate était magnifique ce soir là. 

Elles se connaissaient bien toute les deux, ils se connaissaient tous d’ailleurs.  Ils évoluaient dans les mêmes sphères depuis qu’ils étaient enfants et elle et Gillian n’avaient jamais été très proches.  Cette dernière étaient trop manipulatrice, trop garce, trop mesquine, en un mot trop Blair pour qu’elles puissent s’entendre.

Était-il si désespéré qu’il se contentait d’une pâle copie d’elle-même ? Non, il était passé à autre chose et elle le savait mais, elle pressentait toutefois qu’il se tramait quelque chose et elle allait découvrir ce qui se passait, foi de Queen B.  

- Je suis là Mademoiselle Blair, dit Dorota en arrivant dans l’entrée chargée d’un panier de pain pour les canards.

- Ce n’est pas trop tôt, tu pétrissais la pâte toi-même ? demanda B en entrant dans la cage d’ascenseur.

Dorota ne répondit pas.  Il était inutile de contredire Blair de toute façon.  Elle était heureuse qu’elle ait trouvé un peu de temps pour aller au parc.  Cela la détendait toujours, et Dieu savait qu’elle en avait besoin.

Blair et Dorota se dirigèrent vers l’endroit où elles nourrissaient les canards comme elles en avaient l’habitude.

Elle jeta le pain sans conviction tandis que Dorota l’observait du coin de l’œil. L’employée de Blair voyait bien que quelque chose ne tournait pas rond.  Elle mettait ça sur le compte du mariage mais elle n’était pas certaine que cela soit vraiment ça.

- Voulez-vous encore un peu de pain ? demanda Dorota

- Merci, dit B en se saisissant du quignon que la bonne lui tendait.

Mais elle ne le distribua pas aux volatiles.  Au lieu de ça, elle se dirigea vers le sentier qui menait au petit pont. Dorota suivi le regard de Miss Blair et l’aperçut elle aussi.

Mais que faisait-il là ? se demanda la bonne. N’avait-il donc pas compris ?  Il lui avait déjà créé assez de problèmes à la dernière soirée.  Pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement la laisser tranquille ?

- Miss Blair, appela Dorota en courant pour rattraper la future mariée. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, souvenez-vous combien Monsieur le Prince a été irrité par les derniers post de Gossip Girl.

- Je suis encore capable de prendre mes propres décisions, la rabroua-t-elle sans ralentir l’allure. Va donc terminer de nourrir les canards pour nous deux et disparait de ma vue.


katido  (07.01.2012 à 19:49)

13.   Duel à Central Parc 

Elle passa le pont et s’approcha du banc où il était assis, visiblement perdu dans ses pensées. Elle sentit son cœur battre plus fort, sans doute parce qu’elle s’était dépêchée d’arriver jusqu’à lui.  Elle avait à en découdre avec lui, par pour le post de GG mais par ce qu’il lui avait mentit.

Chuck releva la tête en voyant quelqu’un arriver vers lui, son visage se ferma instantanément lorsqu’il la reconnu.  Il n’avait pas pensé aux canards en venant ici.  Ou bien était-ce inconscient ?

-  Blair Waldorf, Sainte patronne des canards, se moqua-t-il

- Chuck Bass, Archange des menteurs.

Il leva un sourcil interrogateur.

-  Qu’est ce que tu fais ici ? s’informa-t-elle

- J’avais envie de prendre l’air, grogna-t-il

- De l’air dénué de toute substance illicite et non loin de mon endroit préféré du parc ?

- Je ne passe pas ma vie à penser à toi, mentit-il, c’est un endroit public et je ne pouvais pas deviner que tu y viendrais aujourd’hui.  Tu n’as pas un truc à faire pour la préparation de ton mariage princier ?

- Louis et moi n’avons pas rompu si c’est ce que tu crois.

- Je n’ai rien dit de tel, se défendit-il.

- Je sais mais, c’est juste au cas où tu aurais dans l’idée que la date du 26 novembre serait à nouveau libre.

- Qu’est ce que tu lui as dit ? demanda-t-il encore, prenant soin de ne pas aborder la dispute relatée par Gossip Girl.

- La vérité, que nous sommes juste des amis.  Enfin si on considère que des amis se mentent, bien entendu.

- Et ça lui a suffit ? Si ça avait été moi...

- Mais ce n’est pas toi, le coupa-t-elle.

Il ne le savait que trop bien. Son I Phone sonna à ce moment là, lui permettant de faire diversion.  Il n’avait pas envie de se battre avec elle.  Il avait d’autres choses en tête.

- Tu ne décroches pas ? le sonda-t-elle en constatant que l’appel venait de Gillian.

Chuck ne répondit pas et coupa la mélodie.

- Tu vas te décider à me dire ce qui se passe entre Nate et toi ?

- Je te l’ai dit, il pense que je veux ruiner ton mariage.

- Vous vous êtes encore disputé ? C’est pour ça que tu caches ici ?

Il garda le silence.  Comment faisait-elle pour toujours tout deviner à son propos ?

-  Il y a autre chose que mon mariage. C’est à cause de Gillian ?

- Gillian n’a rien à voir là dedans.

- Alors pourquoi tu ne réponds pas à ses appels ? Est-ce que Nate est contre le fait que vous sortiez ensemble ? Ou bien est-ce à cause de cette sans abri que tu as ramenée dans ta limousine ?

Chuck se crispa et carra la mâchoire. B eut un pincement au cœur en reconnaissant cette attitude. C’était le signe que cette pouilleuse avait de l’importance à ses yeux. Elle n’était pas une personne quelconque pour lui.

- C’est compliqué, commenta-t-il

- Dans quoi tu t’es encore fourré cette fois ? soupira-t-elle.

Il vit Dorota de l’autre côté du pont qui jetait le pain aux canards en faisant de grands gestes.  Elle était surement contrariée de les voir là tous les deux.  Elle pensait sans nul doute qu’il y était venu exprès elle aussi. 

- Dans rien qui te concerne, répondit-il sèchement.

- Les amis…, commença-t-elle

- Je n’ai pas envie d’être ce genre d’ami avec toi ! Tu dois me confondre avec le paumé de Brooklyn.  C’est lui qui aime disserter et s’écouter parler, pas moi, la rembarra-t-il.

- Avec toi tout est toujours compliqué de toute façon. Tu ne peux pas t’empêcher de faire le vide autour de toi et de repousser les gens qui tiennent à toi. Tu es comme ton père, répliqua-t-elle, vexée.

Elle s’éloigna la tête haute, elle savait qu’elle l’avait blessé elle aussi. Un point partout, compta-t-elle avant de se rappeler qu’ils ne jouaient plus ensemble désormais.  Pratiquait-il ce jeu avec Gillian à présent ? Où avec cette souillon en veste de jeans ?   

Elle grimpa le petit pont pour rejoindre Dorota qui lui faisait de gros yeux.  Pourquoi avait-il encore cet impact sur elle ? Elle était pourtant libérée de lui !

Chuck rappela Gillian, celle-ci décrocha à la troisième sonnerie.

- Salut Chuck, dit-elle d’une voix complice

- Gillian, répondit-il résigné.

- J’aurais besoin de tes services, tu es libre pour la soirée de rentrée à Columbia ?


katido  (08.01.2012 à 16:36)

14.   Investigations 

Chuck était installé confortablement dans son canapé. Andrew Tyler, son détective privé, venait de s’asseoir dans le fauteuil d’en face, un épais dossier à la main.

- Vous avez trouvé quelque chose ?

- Il n’y avait rien de plus facile. On peut suivre cette fille à la trace, un vrai jeu de piste. 

- Elle a eu des problèmes ?

- Et pas qu’un peu,… à vous de choisir.

Andrew déposa le dossier de plusieurs pages sur la table devant Chuck

- Famille d’accueil, attouchement sur mineur, alcool, drogue, arrestation, …. La totale, un vrai cas social.

Le roi de l’UES sentit une boule se former dans son estomac. 

- Elisabeth Nakamura est née le 17 août 1991, elle a grandit dans le Vermont. Sa mère est morte d’une overdose quand la petite avait 6 ans. Elle est resté vivre avec son beau-père, Hanck Richmont, jusqu’à ses 10 ans. Puis une voisine a déposé plainte contre lui pour attouchement sur sa propre fille. Après enquête, Elisabeth a été placée en famille d’accueil. Elle en a fait une bonne dizaine jusqu’à ses 15 ans. Plusieurs fugues à son actif, mauvaises fréquentations, arrestations pour consommation d’alcool et détention de drogue. Elle a été envoyée dans une espèce de maison de correction par les services sociaux. 

Le détective jeta un coup d’œil au jeune homme qui le payait, il était livide.  Il hésita un instant puis continua sur un signe de tête de Chuck. 

- Visiblement ça a porté ses fruits puisqu’elle y a décroché son diplôme avec mention. Elle a demandé l’émancipation de sa majorité à ses 18 ans, ce qui lui a été accordé pour bonne conduite, et est sortie de l’institution il y a un peu plus de deux ans.  Elle s’est immédiatement installée avec un certain Tom Walters, qui avait fréquenté l’institution lui aussi et en était sortit trois semaines plus tôt.  Ils ont vécus ensemble à Burlington jusqu’à ce qu’il trouve la mort dans un accident de la circulation, il y a environs six mois.  La petite est arrivée ici il y a à peine un mois.  Elle travaille au « Joe’s Shanghai » de Chinatown et loge dans une des chambres que le propriétaire met à disposition des employés au dessus du restaurant.  

Chuck tenta de maîtriser ses émotions, mais sa voix tremblait légèrement lorsqu’il demanda :

- Et sa mère ?

- Yoko Nakamura, une artiste peintre japonaise qui était venu aux Etats-Unis pour suivre les cours de la « Nationale Academy» Votre père l’a fréquentée brièvement en même temps que votre mère. Elle a quitté brusquement New York quelques mois avant votre naissance.   Inutile de préciser pourquoi.

Le jeune homme ne répondit pas, trop bouleversé pour faire le moindre commentaire. Pour une fois, Chuck Bass ne trouvait rien à dire.  Il n’y avait aucun mot pour décrire ce qu’il ressentait en cet instant précis.

Il se contenta de regarder les clichés qu’ Andrew avait pris de sa sœur l’après-midi même devant le « Joe’s Shanghai ».  Il fronça les sourcils en reconnaissant le visage du jeune homme qui se tenait à ses côtés. C’était un des aides cuisiniers de l’Empire, Esteban Gutierrez.  Il l’avait embauché au début de l’été, juste avant de partir faire le tour du monde avec Nate.  

Chuck grimaça en repensant à ce que son « meilleur ami » s’imaginait des recherches qu’il faisait en ce moment.  Il aurait aimé pouvoir partager ça avec lui mais il ne savait pas vraiment comment aborder le sujet et, après ce qu’il venait de découvrir, il n’avait aucune envie que la vie de sa sœur soit étalée au grand jour. 

Tyler se leva pour partir.

- Continuez à la surveiller pour le moment, dit Chuck après un instant.

- C’est vous qui payez, répondit-il.

En quittant la pièce le détective croisa Nate qui lui jeta un regard suspicieux.

- Tu fais une enquête sur quelqu’un ? questionna le jeune homme qui revenait de la salle de gym.

- Ce n’est pas en rapport avec le mariage si c’est ça que tu veux savoir, répliqua son ami sur la défensive en se dirigeant vers le bar pour se servir un verre de scotch.

- Alors sur quoi ? interrogea Nate en soulevant le rabat du dossier posé sur la petite table. 

Chuck fit volte face et referma le dossier d’un coup sec

- Encore cette fille ? s’étonna Nate en observant une photo de Lisa qu’il avait eu le temps de subtiliser.

- Donne-moi ça ! rugit le prince noir en le fusillant du regard et en tentant de lui arracher le cliché des mains

Mais Nate fut plus rapide que lui.

- Plutôt sexy, mais ça je te l’ai déjà dit, et ça ne m’explique pas pourquoi tu t’intéresses à cette pauvre fille.

- J’ai mes raisons, commenta Chuck, hors de lui en lui reprenant la photo.

- Ne me dit pas que tu veux l’utiliser pour faire une crasse à Blair.

- Quoi ? demanda C, interloqué, les yeux étincelants de colère.

- Je te connais Chuck, et si tu comptes payer une fille pour coucher avec Louis… continua Nate, ignorant qu’il était sur un terrain glissant

- Non, mais t’es malade …, hurla Chuck.

- Je ne doute pas que cette fille soit prête à faire n’importe quoi pour gagner un peu d’argent, elle a l’air d’en avoir besoin mais….

Nate n’eut pas le temps de terminer sa phrase, Chuck lui décocha un coup de point à la mâchoire.  Du sang coula de sa lèvre supérieure.

- Mais qu’est-ce qui tourne pas rond chez toi ? cria-t-il en portant la main à son visage.

- J’en ai marre de toi et de tes accusations gratuites ! Tu as dix minutes pour rassembler tes affaires et dégager le plancher, s’époumona Chuck en récupérant le dossier et en disparaissant dans sa chambre, non sans en avoir claqué la porte violement.


katido  (09.01.2012 à 13:27)

15.   Désastre au menu

Chuck resta plusieurs minutes à observer la vitrine du «  Joe’s Shanghai » depuis le trottoir. Lisa servait des tables à l’intérieur, il hésitait à entrer.  Il repensa à la conversation qu’il avait eut avec B au parc. 

Finalement, il se décida. Il franchit les portes et s’installa dans la partie dont Lisa avait la charge.

Lisa, affairée par son service, se dirigea vers la table pour donner la carte au client suivant.  Elle eut un mouvement de recul en reconnaissant son frère.

- Qu’est-ce que tu fais là ? questionna-t-elle, interloquée de le voir là.  Ne me dis pas que tu traînes dans cette partie de la ville.

- Je voulais juste…

- Est-ce que tu me fais suivre ? interrogea-t-elle encore, en colère.

- Tu t’es bien renseignée sur moi, toi ! indiqua-t-il avec humeur

- J’arrive pas à y croire, dit-elle, hors d’elle en quittant la table.

- Lisa… attend, appela-t-il en la suivant

- Je travaille là, au cas où tu ne saurais à quoi ça ressemble, lâche-t-elle acerbe.

Elle lui tourna le dos pour s’éloigner.

- Alors, dis-moi quand, reprit-il en lui agrippant le bras pour la retenir un instant.

- Lâche-moi, cira-t-elle, de plus en plus furieuse.

Elle ne supportait pas qu’on s’approche d’elle ainsi, ni qu’on la touche, encore moins qu’on la prive de liberté de mouvement. Elle fit un geste brusque pour se dégager et cogna un verre sur la table tout près d’eux.

Celui-ci valdingua et retomba avec fracas sur une  table  voisine, à laquelle étaient attablés des clients.  Tous les verres se brisèrent et des morceaux coupants jaillirent dans tous les sens.  Les liquides se répandirent sur la nappe et les genoux d’un groupe d’hommes d’affaires  japonais. Heureusement, aucun d’eux ne fut blessé.

Lisa et Chuck restèrent pétrifiés devant le spectacle, tandis que Madame Wong arrivait de la cuisine en s’excusant milles fois dans sa langue natale auprès des clients trempés et de Chuck.

Reprenant ses esprits, Lisa, rouge de honte, s’inclina plusieurs fois pour s’excuser elle aussi auprès des hommes et de son employeur puis commença à ramasser les débris. Deux autres filles se pressaient déjà autour de la table pour réparer les dégâts.

L’une d’elle invita Chuck à se rasseoir à sa table alors que Madame Wong se tournait vers Lisa. Les yeux étincelants de colère, Elle lui intima de la suivre dans l’arrière salle, ce qu’elle fit sans attendre, les larmes aux yeux.

Chuck ne bougeait pas, il observait la scène, planter au milieu du restaurant, tandis que la jeune fille l’invitait à nouveau à reprendre place en lui tendant la carte que Lisa avait dans les mains quelques minutes plutôt.

Il ignora son geste et rejoignit sa sœur.  Les éclats de voix de Madame Wong lui parvinrent depuis l’autre côté de la porte.  Celle-ci s’ouvrit avant même qu’il n’ait pu l’atteindre, laissant place à Lisa qui passa à côté de lui, en larmes, telle une furie.

Elle s’engouffra dans le petit couloir attenant qui menait aux chambres des employés sans même un regard pour lui.

- Lisa, tenta-t-il à nouveau, alors que la propriétaire se rependait à nouveau en excuses devant lui.

- Nous sommes vraiment désolés pour cet incident Monsieur, le repas est offert par la maison bien entendu.

Chuck lui jeta un regard glacial.

- Où va-t-elle ? interrogea-t-il en désignant le couloir où s’était précipitée Lisa.

- Ne vous inquiétez pas Monsieur, cette jeune fille ne fait plus partie de notre personnel.

- Mais ce n’est pas sa faute, c’est la mienne ! plaida-t-il.   

Madame Wong secoua la tête, étonnée par l’attitude de ce client.

- Je suis certain qu’il doit y avoir un moyen de s’arranger, reprit-il en sortant son chéquier.

- Nous ne pouvons tolérer un tel comportement, quel qu’en soit le motif ! J’en suis désolée.  Ce n’est pas la première fois que cette jeune fille s’attire des problèmes. Il y en a plein d’autres qui ne demandent qu’à travailler.

Il savait pertinemment qu’il aurait eu exactement la même réaction si une telle chose s’était produite à l’Empire.  Du coin de l’œil, il vit Lisa descendre les escaliers avec un grand sac.  Il se dirigea vers elle sans attendre.

- Lisa, cria-t-il en s’engouffrant dans le couloir à son tour, alors qu’elle s’apprêtait à sortir par la porte latérale du restaurant.

Elle se retourna vers lui, le visage haineux.

- Fiche-moi la paix, hurla-t-elle

- Ecoute, je suis vraiment désolé,  s’excusa-t-il, ce n’est pas ce que je voulais …

- Voulu ou pas c’est comme ça, pleura-t-elle

- Je vais parler avec ton patron, je trouverai une solution…

- Avec de l’argent ! Tu croix que tu peux toujours tout effacer en payant pour faire oublier tes erreurs ?! cracha-t-elle

- L’argent peut tout acheter, affirma-t-il, sur de lui.

- Pas moi en tout cas ! Tu es un danger pour tous ceux que tu approches ! Je ne veux pas de toi dans ma vie ! Comment faut-il te le faire comprendre ? explosa-t-elle en claquant la porte derrière elle.

Chuck eu à nouveau l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac. Il demeura dans le couloir, paralysé par ses propos.

Quelques minutes plus tard, il sortit sur le trottoir, complètement abattu. Personne ne lui avait jamais dit en face ce qu’il ressentait pourtant au plus profond de lui depuis toujours, ce qu’il n’avait jamais oser dire tout haut lui-même.

Au coin de la rue, Lisa montait dans une petite Toyota bleue foncée un peu cabossée à l’avant droit.

Il l’observa le véhicule démarrer et monta dans la limousine qui le ramènerait tôt ou tard dans la suite de l’Empire d’où il avait chassé Nate.  Il se sentit plus seul que jamais.  Il avait fait le vide autour de lui, exactement comme son père l’aurait fait.

 « Aperçu : Chuck Bass dans Chinatown.  Décidemment, il aime le dépaysement en ce moment. Cela lui rappellerait-il la lointaine contrée où il s’était réfugié après la mort de son père ? Mais attendez, mon petit doigts ma dit qu’il y était seul ! Y aura-t-il une bonne âme pour s’en préoccuper cette fois-ci encore ? »


katido  (10.01.2012 à 08:26)

16.   Repas de famille

Nate embrassa Macy sur le bout des lèvres et la laissa s’en aller à regret.  Il devait se préparer pour le déjeuné avec son grand-père.  Il n’avait pas vu Chuck depuis plusieurs jours.  Il savait que celui-ci faisait tout pour l’éviter. 

Il aurait voulu aider son ami et surtout l’empêcher de se mêler du mariage de B.  Chuck avait beau assurer qu’il ne faisait rien dans ce sens, Nate n’arrivait pas à le croire.  Il savait parfaitement qu’il était toujours amoureux fou de la belle brune.  Et le prince noir n’était pas du genre à s’effacer.

Chuck ne l’avait encore jamais frappé. La seule fois où ils s’étaient battus c’était quand il avait dépuceler B à l’arrière de sa limo et c’était Nate qui l’avait empoigné.

En plus de ça, son ami avait un comportement encore plus étrange que d’ordinaire Depuis plusieurs jours maintenant, il était totalement obsédé par cette fille. Que pouvait-il bien lui vouloir si ce n’était pas en rapport avec B ?

Elle n’avait rien à voir avec eux.  Il n’y avait aucune raison pour qu’elle représente quoi que ce soit pour Chuck. Et quoi qu’il en dise, Nate savait qu’il avait B dans la peau.  Il l’avait entendu prononcer son prénom pendant son sommeil. 

Et ce n’était pas anodin si ce dernier avait demandé à sa cousine Gillian de l’accompagner aux dernières soirées mondaines. Il ne risquait pas d’y avoir une quelconque histoire entre eux, puisqu’elle préférait de loin les jolies blondes elle aussi. Chuck était parfaitement au courant de ce secret.

Peut-être l’avait-il mise dans la confidence, ils avaient eu l’air plutôt proche lors de la soirée pour le Maire. Il tenterait d’en savoir plus auprès d’elle pendant le déjeuner familial.

******

« Aperçu : Nate Archibald à une réunion de famille et sans sa petite amie ? Mais que se passe-t-il ? Le conseil de famille serait-il un conseil de guerre ? Il se murmure que chacune des familles prépare ses meilleures stratégies pour ne pas se faire déposséder par l’autre. »

- Tu sais très bien que Chuck ne fait pas facilement des confidences, lui répondit Gillian.

- Mais cette fille avec qui on l’a aperçu plusieurs fois, il n’en t’a jamais parlé ? questionna encore Nate.

-  Non et je ne vois pas pourquoi il m’en parlerait d’ailleurs.

- Parce que j’avais cru comprendre que vous aviez une sorte d’accord.  Vous vous affichez ensemble et grand-père ne fait pas pression sur toi pour que tu lui ramènes un nouveau prétendant. Mais si Chuck est vu avec une autre, cela ne lui plaira pas longtemps et il reviendra à la charge.

- Et bien, pour l’instant, tu ferais mieux de te préoccuper de la pression qu’il exerce sur toi. Sinon, tu risques bien de voir ta romance avec Macy voler en éclat.

- Ce qui ne serait pas pour te déplaire.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit sa cousine avec un regard innocent.

Nate releva un sourcil.

- Ne me la fait pas à moi, je vois bien comment tu l’observes lorsqu’elle ne te voit pas.

- Tu dis n’importe quoi, je te rappelle qu’on parle de Ta copine.

- Effectivement oui, mais ce n’est pas comme si l’un de nous deux avait vraiment eu le choix.  Au point où en sont nos deux familles, il ne restera bientôt plus rien d’aucune d’elle si on s’allie pas contre le Gouverneur Philips.

- Et le meilleur moyen d’éviter la trahison c’est de mettre tout le monde dans le même panier.

- Effectivement, répondit Nate, l’union de nos deux familles nous mettra tous à l’abri.

- Et qu’en pense Serena Van Der Woodsen ?

- Quelle rapport avec elle? demanda Nate.  On est plus ensemble depuis longtemps.  De plus elle a l’air d’avoir trouvé enfin un équilibre avec ce « beach boy ».

- Si tu le dis, répondit Gillian dubitative, vous aviez l’air de plutôt bien vous entendre en tout cas au « one oak » l’autre soir. 

- Autant que Macy et toi !  répliqua Nate

- En parlant d’amant de Serena, regarde qui vient d’arriver, dit-elle en désignant leur cousin respectif au bras de sa femme. 

- J’espère au moins que grand-père n’a pas eu la bonne idée de nous assoir l’un à côté de l’autre, bougonna-t-il.

- Ne t’inquiète pas, je viendrai m’interposer entre vous. Après tout, je te dois bien ça. C’est toi qui est venu accompagné de Chuck cet été, c’est donc grâce à toi que je peux préserver ma tranquillité. Et si tu gardes le silence pour moi, je peux bien t’aider aussi. D’autant que, cette fois, c’est toi qui a été choisit pour être sacrifié sur l’autel de la famille Archibald.

Elle s’éloigna pour aller saluer Trip et sa garce de femme avec un sourire de bienvenue éblouissant.  Il comprenait pourquoi elle et Chuck s’entendaient si bien. 


katido  (10.01.2012 à 08:30)

17.   Entretien avec un démon

Chuck raccompagna le Gouverneur Philips jusqu’à l’entrée de service de l’Empire. Il était venu en personne cette fois.  Il voulait s’assurer qu’il était toujours possible de compter sur la discrétion du propriétaire du Palace pour protéger les frasques de son héroïnomane de fils.  Il avait bien entendu remboursé tous les dégâts, mais il valait bien mieux être en bon terme avec l’héritier Bass s’il voulait avoir toutes ses chances aux prochaines élections.

- Je vous remercie pour votre compréhension, conclut le futur candidat en serrant la main de Chuck.

- A charge de revanche, répondit ce dernier qui comptait bien mettre à profit cette entente cordiale.

Esteban Gutierrez arrivait au même moment pour prendre son service de l’après-midi. Il conduisait une Toyota bleue qui aurait bien eu besoin des services d’un carrossier.

Il passa devant son employeur, tête basse, espérant pour que celui-ci ne lui prête pas plus d’attention que d’habitude.

Pas de chance pour lui ce jour là, le diable en personne avait décidé de se pencher sur son cas.

- Esteban !  l’interpella le prince noir.

Le cubain se retourna, la gorge sèche. Lisa lui avait raconté ses déboires professionnels et il pria Dieu pour ne pas être réduit au même sort qu’elle. Quoi qu’il n’aurait pas osé parier sur l’Eternel face à la colère de Chuck Bass. Il était même étonné ne pas avoir été impacté plus tôt par leur dispute à Chinatown.

- Monsieur ?  dit l’aide-cuisinier d’une voix tremblante.

- Tu sais où se trouve Lisa ? interrogea Chuck sans ambages.

- Oui, répondit-il, certain qu’il pouvait dés à présent ramasser ses affaires. 

- Elle va bien ?

Le jeune hispanique fut surpris par la question. L’ange des enfers se souciait-il vraiment de quelqu’un d’autre que lui-même ?  Il opina du bonnet, ne sachant si c’était une tactique de destruction. Il avait entendu dire que les prédateurs aimaient jouer avec leur proie avant de les dévorer.

- Tu sais où elle vit ?

- Je ne … je… elle …

- Je n’ai pas l’intention d’aller l’importuner.  J’ai bien compris le message.  Je voudrais juste être certain qu’elle a pu retomber sur ses pieds.  Si jamais elle a besoin de quelque chose…

Esteban se sentait cloué au pilori, comme écartelé entre sa nouvelle amitié avec la jeune fille et son besoin impérieux de travailler pour pouvoir survivre.  Il n’ignorait pas que si les portes de l’Empire se fermaient pour lui, il ne trouverait plus aucun travail dans l’Upper East Side.

- Ne vous inquiétez pas pour ça, répondit-il d’une voix tremblante, je veillerai à ce qu’il ne lui arrive rien.

Chuck le considéra avec intensité, circonspect. Est-ce que ce type lui avouait qu’il se tapait sa sœur ?

- En tout bien tout honneur, ajouta prestement Esteban, comprenant que ces paroles pouvaient porter à confusion.    

Chuck releva un sourcil, stupéfié par ce qu’il venait d’entendre.

- Je veux dire … c’est une chique fille… et je ne pouvais pas la laisser à la rue… alors elle squatte chez moi…. le temps de se retourner, se reprit le jeune cubain.

Son employeur eut un demi-sourire en coin et Esteban eut l’impression qu’on lui enlevait un poids de la poitrine.  C’était bon signe, non ?

- Une chique fille, hein ? répéta Chuck, ironique

Mais l’aide-cuisinier ne comprit pas la nuance dans le ton de sa voix.

- Et bien, on est tout les deux dans la musique et c’est pas si mal d’avoir une fille dans l’appart après tout. Ca change pas mal de choses bien sur mais…

Il s’interrompit, soudain conscient de ce qu’il venait de dire et à qui il venait de le dire. Il s’empourpra de la tête au pied, triturant ses clés de voiture dans ses mains.

Chuck éclata franchement de rire, Esteban ne savait plus où se mettre.  Son employeur décrocha son téléphone et il l’entendit dire au chef Ricardo de ne pas attendre l’aide-cuisinier aujourd’hui. 

Puis il lui fit signe de le suivre, mais au lieu de se diriger vers le bureau du responsable du personnel, il appuya sur le bouton de l’ascenseur qui menait directement à sa suite.   

Esteban hésita, se moquait-il de lui ?

Apparemment non, le prince des ténèbres l’attendait près des portes qui s’entrouvraient.  Il entra dans la cabine et se demanda s’il cachait une salle de torture quelque part dans l’hôtel.

Il resta tout l’après-midi avec son patron qui voulait connaître tout les détails de la vie de Lisa.  Enfin, tout ce qu’elle avait bien voulu lui confié car elle n’était pas vraiment du genre loquace sur sa vie personnelle.

Il ne comprit pas pourquoi Monsieur Bass avait sourit quand il lui avait dit ça. En tout cas, il était ressortit de l’Empire en lui promettant de ne pas dire à Lisa qu’ils avaient eu cette conversation.


katido  (10.01.2012 à 08:35)

18.   Préinscription à Columbia   

Serena Van Der Woodsen s’observait dans le miroir de la grande salle de bain qu’elle partageait avec Blair Waldorf.

Son bronzage avait presque disparu, il ne restait pratiquement plus aucune trace de son passage à L.A., excepté le souvenir qu’elle avait ramené dans ses bagages bien entendu.

Certaines achetaient des bibelots ou des boules à neiges, d’autres collectionnaient les cartes postales. Elle, préférait nettement un souvenir en chair et en os, surtout s’il était capable de lui faire oublier le gris de New-York par cette matinée qui avait des allures de début d’automne et de la meilleure des manières qui soit qui plus est.

Elle se sentait bien avec Ethan. Il ne se prenait pas la tête et surtout, ne lui prenait pas la tête. Il se fichait comme d’une guigne d’être ou non son énième petit copain et encore plus des étiquettes de l’UES  ou de rivaliser avec qui que se soit. Il s’assumait pour ce qu’il était, un point c’est tout. Il n’avait de compte à rendre à personne. Le fait qu’il l’ait suivie à New-York en était la preuve. Il était libre et c’est ce qu’elle appréciait le plus chez lui, en dehors de son corps d’apollon et de son endurance de sportif.

Elle avait d’ailleurs l’intention de profiter de ses performances encore un peu et s’apprêtait à le rejoindre dans les draps qu’elle avait quittés un peu plus tôt lorsque la porte qui donnait sur la chambre de B s’ouvrit.

Cette dernière entra dans la pièce et le calme qui y régnait un instant plutôt se transforma en tornade.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda S, dérangée dans sa quiétude.

- Comment ça ? Qu’est-ce qui se passe ?! Tu sais quel jour on est ? Comment peux-tu dormir ce matin !

- En fait, je ne dormais pas vraiment, répondit-elle avec un petit sourire qui en disait long.

 Mais B ne mordit pas à l’hameçon, elle n’était pas d’humeur amoureuse ce matin et n’avait aucune envie d’entendre Serena se répandre en détails salaces sur ses exploits sexuels avec le beach boy.  Elle avait concentré tout son temps sur la préparation de son mariage depuis son retour dans l’UES et résultat, elle avait négligé la préparation de sa rentrée à Columbia.

- Epargne-moi ton air d’extase, je t’en prie, je l’ai parfaitement entendu toutes les nuits depuis ton retour de L.A. D’ailleurs, je vous suggère de faire un break, ou de vous trouvez une chambre d’hôtel, parce que vous me perturbez dans mes préparatifs de rentrée universitaire.

- Rentrée universitaire ? Mais on est seulement…

- Le 1er septembre, ce qui veut dire que les préinscriptions pour les activités annexes sont ouvertes. En plus, le nouveau Doyen prend ses fonctions aujourd’hui donc il faut que je me présente sous mon meilleur jour pour lui faire bonne impression.

Bonne impression ? B faisait toujours bonne impression sur la gente des professeurs et autres acteurs de l’éducation, se dit S, qui n’était jamais parvenue à faire de même. La seule fois où elle avait été en bon terme avec un Doyen, c’était parce qu’il voulait utiliser sa popularité pour faire de la publicité à son université. Elle passa volontairement sur d’autres aspects de ses relations avec les professeurs.

- Tu y réussiras parfaitement comme toujours. En plus de ça, avoir la future princesse de Monaco dans ses rangs devrait combler Columbia de joie. Je suis certaine qu’une place de choix te sera réservée, dit S qui savait à quel point c’était important pour son amie.

- Je ne veux pas n’importe quelle place, je veux LA place qui me revient de part mon mérite et tant mieux si mon rang peut m’aider à y accéder.  Mais je n’en suis pas si certaine, d’après mes recherche Joseph Hartland est républicain dans l’âme.

- Mais je suis certaine que tu sauras l’attirer dans ton camp, répondit S avec un sourire.

B lui rendit son sourire, son amie avait vraiment évoluée depuis son petit tour en Californie, bien que cela l’agasse de devoir le reconnaître. Elle affichait une sérénité à toutes épreuves depuis son retour. Cet espèce d’homme auto bronzé y était-il pour quelque chose ?  En tout cas, il lui faisait du bien, ça elle en était certaine car elle était aux premières loges pour en attester.

Elle repensa à l’époque où ils partageaient plus ou moins la suite de l’Empire tous les quatre et un sourire rêveur effleura à nouveau ses lèvres. A l’époque S n’était pas la seule à passer des heures sous la couette… ou ailleurs d’ailleurs ! 

- Serena ? interpella la voix d’Ethan depuis la chambre

- J’arrive, répondit la belle blonde en passant à côté de B.

Cette dernière chassa les pensées qui venaient d’affluer à sa mémoire. Ce soir, elle réserverait une petite surprise à Louis. Cela leur permettrait ainsi de tirer un trait définitif sur les restes de rancunes de leur dernière dispute. Et surtout, elle en avait grand besoin.     


katido  (11.01.2012 à 10:22)

19.   Accord de fiançailles

Nate sortit de sous la douche. Il était pratiquement dix heures. 

- Nate, tu en as encore pour longtemps ? interrogea la voix de sa douce amie de l’autre côté de la porte.

Elle pénétra dans la pièce et l’observa dans le miroir en fronçant le nez.

- Allez, courage, ce n’est pas si terrible, il ya bien pire après tout, renchérit-elle en posant une main sur son épaule.

- Je sais, soupira-t-il

Il n’ignorait pas qu’elle pensait à des choses bien plus atroces qu’un brunch avec leurs familles. Son père la destinait à un brillant avenir de chirurgien mais si Macy suivait les cours de médecine s’était parce qu’elle voulait s’engager dans l’humanitaire avant tout.

Elle était toute fois bien trop maligne pour en souffler mot à son père ou à qui que ce soit d’autre. C’était aussi la raison pour laquelle elle ne s’opposait nullement à un éventuel mariage avec lui. Elle ne ferait rien qui puisse mettre ses plans en danger.

La solution de Macy était simple, se plier au désir de sa famille jusqu’à ce qu’elle ait atteint ses 21 ans et qu’elle puisse ainsi disposer de son argent comme bon lui semblerait. Ensuite, elle pourrait enfin donner à sa vie la direction qu’elle souhaitait.

Si lui-même connaissait ses intensions réelles c’est parce qu’elle les avait confiées à Gillian lors de leur petite sortie au One Oak. Comme quoi, il valait mieux avoir sa cousine dans son camp plutôt que dans celui d’en face, car elle arrivait toujours obtenir les informations qui pourraient lui être utiles, elle était redoutable à ce jeu là.

Nate ne savait pas s’il devait jouer carte sur table, après tout, ils étaient dans le même bateau et ils s’entendaient bien. Le mieux était sans doute de jouer en équipe, come le lui avait conseillé la jolie rousse. Et elle s’y connaissait dans ce genre d’arrangement. Celui qu’elle avait passé avec Chuck semblait porter ses fruits. Son Grand-père lui fichait la paix.

D’ailleurs, elle aurait été un bien meilleur fer de Lance pour la famille Vanderbilt que son cousin. Dommage qu’elle soit une fille comme elle le disait en plaisantant… dans tous les sens du terme. Du coup leur patriarche n’envisageait même pas cette éventualité.

Pourtant sa cousine était brillante et manipulatrice à souhait, tout à fait ce qu’il fallait pour assurer l’avenir de la famille. Mais une femme ne faisait pas son propre chemin pour William, qui était de la vieille école. Son rôle se bornait à épauler son mari, comme savait si bien le faire Maureen qui était une épouse si dévouée pour Trip et sa carrière. C’était bien ce qui attisait la tension entre sa famille et celle de Macy justement.

Il étudia le reflet de la jolie métisse qui se maquillait devant le lavabo, dans le coin opposé. Elle avait un corps de rêve et la tête pleine. Elle savait parfaitement ce qu’elle voulait et comment l’obtenir elle aussi. Après tout, il n’y avait pas de raison pour qu’il n’ait pas sa part du gâteau. 

Il en avait assez de se faire balader et de laisser les autres décider pour lui. Il avait déjà commis trop souvent cette erreur, cette fois il serait le maître des clefs, même s’il devait partager le trousseau avec sa future fiancée. Il essuya le reste de mousse à raser sur son visage et pris une profonde inspiration. 

- Je connais tes projets personnels, lâcha-t-il sans prévenir

Macy faillit s’éborgner avec son eyeliner. Elle se tourna vers lui estomaquée.

- De quoi parles-tu exactement ? feignit-elle, pas vraiment certaine de savoir où il voulait en venir.

- L’autre soir au OneOak , tu étais bien partie, reprit-il avec un sourire complice.

Macy se détendit un peu, il n’y avait aucune agressivité dans le ton de sa voix.

- Vous vous amusiez plutôt bien avec Gillian, vous avez l’air de bien vous entendre, continua-t-il, laissant planer l’insinuation.

- Ta cousine est très sympa oui, mais apparemment, les secrets ce n’est pas son point fort, grimaça-t-elle en se retournant vers le miroir.

Elle vit un sourire franc creuser deux petites fossettes sur les joues du jeune homme auquel sa famille la destinait, elle aurait pu tomber plus mal. Il était craquant et très doux, de plus il émanait de lui quelque chose de rassurant.

- Alors là, tu n’as jamais été aussi loin de la vérité, c’est tout le contraire justement. Gillian est la reine des faux semblants et elle ne fera rien pour réduire à néant tes espoirs. Elle sait trop ce que ça fait de devoir mener une double vie.

- Alors pourquoi a-t-elle partagé mes confidences avec toi ?

Macy passa une main nerveuse dans sa courte chevelure, tout en continuant à étudier le reflet de Nate. Elle s’en voulait de s’être laissée allée avec cette fille. Elle avait sincèrement cru trouver une amie qui la comprenait.  Pourtant elle savait depuis son adolescence que dans le panier de crabe de l’UES, il n’y a pas d’ami.

- Parce qu’elle a pensé que cela nous serait utile…. à tous les deux, dit l’héritier Archibald en s’approchant de la jeune femme. Je pense qu’elle a raison, Gillian dit que l’important c’est de faire des alliances équilibrées où chacun y trouve son compte. C’est bien plus fructueux que le chantage d’après elle. Et elle sait de quoi elle parle, je t’assure.

- Tu n’es donc pas amoureux de moi n’est-ce pas ?

- Pas plus que toi de moi, poursuivit-il maintenant lancé. Tu es très belle et intelligente et je t’apprécie énormément, je mentirais si je te disais le contraire. Je suis tombé sous ton charme dés notre première sortie, à mon plus grand étonnement. Et je suis heureux d’être tombé sur une future fiancée telle que toi considérant que ça aurait pu être une véritable horreur, mais je n’ai aucune intention de t’épouser moi non plus.

- Nous sommes donc bien d’accord là-dessus. Penses-tu que nous échapperons aux fiançailles ? Parce que personnellement je n’en espère pas tant. Les élections sont dans dix mois et c’est bien la raison de toute cette mascarade.

- Moi non plus, ils ne nous lâcheront pas tant que je ne t’aurai pas passé un gros caillou au doigt. Par contre, je pense qu’ils se calmeront une fois qu’on les aura à moitié contentés.

- Ca me va, étant donné que j’aurai 21 ans dans trois mois, pourquoi pas. On aura qu’à les laisser se débrouiller avec le contrat de mariage, pendant qu’on s’amusera.

- Alors marché conclu, on leur annoncera la nouvelle au brunch de tout à l’heure, dit-il en lui tendant la main pour sceller leur accord.

Macy se fendit d’un large sourire et déposa un baiser sur ses lèvres.

- J’ai bien l’intention de profiter de tous les avantages de mon fiancé pendant cette période, souffla-t-elle en passant une main dans la serviette qui lui enserrait la taille.


katido  (11.01.2012 à 10:33)

20.   Nostalgie

 « Aperçu, Macy Greenberg avec un énorme diamant à l’annulaire. Désolée  les filles mais Nate Archibald n’est plus sur la liste des cœurs à prendre. Visiblement, il a fait son choix et c’est un des meilleurs partis de l’UES. »

B reposa son I phone sur la table basse. Elle se demandait comment S allait prendre la nouvelle des fiançailles de Nate. Pour sa part, elle n’avait plus de sentiments amoureux pour lui depuis très longtemps.

Chuck lui avait fait oublier la relation platonique et longue durée qu’ils avaient pu avoir dans un tourbillon d’émotions intenses et passionnées. Elle avait parfois l’impression qu’il s’agissait d’une autre vie, une vie avant Chuck. Quand elle croyait encore à la petite souris, au père noël et aux contes de fée.

Elle ressentait néanmoins un sentiment étrange à l’idée que celui avec lequel elle avait projeté de passer sa vie depuis sa plus tendre enfance soit fiancé à une autre.

Elle avait toujours pensé au fond d’elle-même que, s’il devait en épouser une autre, ce serait Serena. Mais aujourd’hui, ils semblaient avoir dépassé ce stade eux aussi. Sans doute les amours de jeunesse étaient-ils tous destinés à finir en souvenirs dans une boîte à chaussure rangée au fond du placard. Ils avaient tous finir par grandir… à part Chuck.

Elle poussa un soupire de résignation, repensant à leur relation torride. Avec lui elle avait découvert le monde des vivants et avait ouvert les yeux. Chuck avait été comme un choc électrique dans sa vie. Il avait réveillé des choses inconnues en elle qu’elle ne soupçonnait même pas. Il lui avait fait prendre conscience que la vie pouvait être aussi rocambolesque que dans les films qu’elle regardait encore et encore.

Avec lui, elle n’avait pas besoin de vivre par procuration, elle vivait vraiment. Elle respirait, elle aimait, son cœur explosait de joie … et de peine aussi. C’était bien ça le problème justement. Car ressentir les choses jusqu’au plus profond de son âme était magnifique lorsque le soleil brillait, mais dés que les nuages arrivaient la douleur était tout aussi intense. C’était comme descendre au fond des enfers après avoir goûté au 7ème ciel, et la chute n’en était que plus dure. Vivre avec Chuck s’apparentait à faire des montagnes russes, mais ce n’était jamais elle qui était aux commandes et elle détestait ça.

Avec Louis au moins, elle avait les choses en mains. Et, cerise sur le gâteau, elle réalisait son rêve de princesse de conte de fée, celui auquel elle avait cru devoir renoncer en grandissant. Celui qu’elle avait toujours projeté pour elle et Nate. Mais finalement elle y avait gagné avec Louis. C’était un vrai prince, avec un vrai château et une vraie courre. Et ils vivraient heureux et auraient beaucoup d’enfants ….

- Mademoiselle Blair, intervint Dorota en passant la tête par la porte de la chambre.

Tout est prêt pour ce soir, je m’en vais si vous n’avez plus besoin de moi. Je vous souhaite une bonne soirée.

B revint à la réalité, elle avait tout concocté pour cette soirée romantique avec son prince. Raison rimait avec passion et elle ne voyait pas pourquoi elle ne pourrait pas avoir les deux.

*******

Louis rentra tôt dans la soirée, sa rencontre avec le prêtre Eduardo l’avait contrarié. Ce dernier avait été envoyé par sa mère depuis Monaco pour faire le point sur la cérémonie religieuse. Blair avait insisté pour s’occuper de l’organisation du mariage et il avait prié sa mère de la laisser faire. En contre partie, Eleanor serait tenue à l’écart elle aussi.

Mais comme cette dernière ferait la robe de la mariée, il avait estimé juste que Sophie puisse intervenir pour la cérémonie, qui devait, qui plus est, correspondre au protocole. Il connaissait parfaitement les réticences de la princesse mère mais il avait choisit de les ignorer.

Blair représentait pour lui l’exception. Pas en tant que femme, bien qu’elle soit exquise et pas du tout le genre auquel il avait été habitué. Mais surtout parce que c’était la première fois qu’il tenait tête à sa mère. Il avait été élevé depuis sa naissance en prévision de son potentiel accès au trône et il n’avait jamais envisagé un instant de remettre quoi que ce soit en cause, jusqu’à cette charmante américaine rencontrée au Louvre.

Mais il ne pouvait ignorer plus longtemps que Blair était quelque peu incompatible avec le protocole. Le père Eduardo lui avait bien fait comprendre qu’il devait obtenir d’elle qu’elle se convertisse au catholicisme et il pressentait que ce ne serait pas chose facile à lui faire faire. Cependant, il n’avait plus le choix. Jusque là, il l’avait laissée mener le jeu à sa façon mais, après le coup sur le balcon avec son ex, encore et toujours lui, il se rendait bien compte que la situation lui échappait totalement.

Il devait reprendre les rennes avant que le comportement de Blair ne vienne rendre toute union impossible entre eux.  Sa mère avait été très claire sur le sujet. Elle avait accordé sa chance à Blair, mais celle-ci devait se montrer à la hauteur de son rang. Aucun autre scandale ne serait plus toléré, c’était déjà le deuxième après le coup d’éclat de Chuck lors de leur soirée de fiançailles.

Quand il pénétra dans l’appartement, celui-ci était plongé dans la pénombre, seule une faible lumière provenant du salon lui permettait de retrouver son chemin. Dorota n’était pas là pour l’accueillir et lui prendre son manteau ?! Il se débarrassa et le suspendit donc lui-même au porte manteau.

Il devait également songer à parler à B à son sujet. Il avait besoin de personnel plus qualifié et surtout plus guindé. La propension qu’avait cette petite bonne femme à s’insinuer dans les conversations et la vie privée de ses employeurs était intolérable et l’irritait au plus au point, elle ne connaissait visiblement pas sa place.


katido  (12.01.2012 à 08:47)

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