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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 22.12.2011 à 18h49
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Cette fic se situe à la fin de la saison 4 Lorsque tout le monde ou presque rentre à N.Y. » katido
Cette fanfic compte déjà 88 paragraphes
21. Soirée romantique
B l’entendit arriver grâce au carillon de l’ascenseur. Elle ne l’attendait pas si tôt et n’eut que le temps de prendre la pose dans le sofa.
Lorsqu’il arriva à la porte du salon, Louis eut un hoquet de surprise. B était installée en petite tenue sur le canapé, dans une position des plus suggestive. Il sentit son pouls s’accéléré devant ce spectacle. Il déglutit avec peine, puis s’avança dans la pièce.
Il mit quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Il devait garder la tête froide. Ce n’était pas là des manières pour une dame de la haute société et aussi délicieuse soient les intentions de B, il devait lui faire comprendre que ce n’était pas une attitude appropriée pour une future princesse. Il n’osait penser à ce qui se serait passé si sa mère ou le frère Eduardo l’avait accompagné en cet instant.
B sentit que quelque chose clochait, elle avait pourtant veillé au moindre détail. Cependant, Louis ne semblait pas apprécier le spectacle. Elle se releva et se retrouva en guêpière et porte-jarretelles noires à dentelles devant lui, mais ce n’était pas ce qui la faisait se sentir vulnérable. Une flamme brûlait dans le regard de Louis, mais ce n’était pas celle du désir, c’était celle de la colère.
- Ca ne te plaît pas ? questionna-t-elle du bout des lèvres.
C’était la première fois qu’elle se livrait à ce genre de jeu avec lui. Elle pensait que chaque homme apprécierait que sa fiancée fasse des efforts pour pimenter leur vie sexuelle, mais elle n’en était plus aussi certaine tout à coup.
- Il faut qu’on parle, va t’habiller, dit-il d’une voix blanche.
Blair quitta le salon et grimpa les escaliers les larmes aux yeux. Elle avait l’impression d’être une catin. La désapprobation de son regard lui avait clairement indiqué qu’elle se comportait comme telle.
Elle s’enferma dans la salle de bain et se regarda dans le miroir. Elle était pourtant à son avantage. Chuck adorait quand elle portait ces sous vêtements. Elle se mordit la lèvre inférieure.
Louis n’était pas Chuck.
La boule qui venait de remonter dans sa gorge lui faisait atrocement mal. Elle sentit les larmes inondées ses joues et ne put retenir ses sanglots plus longtemps.
Elle redescendit moins d’une demi-heure plus tard, démaquillée et vêtue d’un pyjama en soie rose. Louis avait éteint les bougies et rallumer les lumières dans le salon.
- Assied-toi, dit-il à son adresse
- Je suis désolée, je pensais que ça te plairait, s’excusa-t-elle, se sentant vraiment misérable.
- Ca me plaît beaucoup, mais ce n’est pas la question.
- Alors quelle est la question ? l’interrogea-t-elle, tout à coup complètement perdue.
- Ce n’est pas le genre d’attitude qui convient à une future princesse de Monaco.
- Mais nous sommes entre nous, je ne vois pas où est le problème, si ça te plaît et que ça me plaît….
- C’est justement ça Blair, tu ne discernes jamais où est le problème et où sont les limites à ne pas dépasser.
- Comment pourrais-je connaître tes limites ? Tu ne m’en parles jamais, depuis presque six mois que nous sommes fiancés maintenant, tu ne m’as confié aucun de tes fantasmes intimes.
- Je croyais que tu étais satisfaite de nos ébats.
- Là, c’est toi qui t’égard. Je voulais juste épicé un peu nos relations, cela ne veut pas dire que je ne sois pas satisfaite.
- Et pourquoi vouloir les améliorer alors ?
- Je n’ai pas dit que ce serait meilleur … juste ….différent, se défendit-elle.
Le sentiment de honte qu’elle avait ressentit commençait à faire place à une colère sourde qui grondait en elle. Pourquoi fallait-il toujours qu’elle lui explique tout ce qui lui paraissait pourtant si évident ?
- Je ne suis pas comme lui et je ne veux pas l’être, siffla tout à coup Louis.
Blair le regarda sans savoir quoi répondre.
Louis se leva du canapé et sortit de la pièce. Elle entendit le carillon de l’ascenseur retentir à nouveau lorsqu’il quitta l’appartement.
*******
Plus tard, dans la nuit, elle sentit ses bras autour d’elle. Il déposa un doux baiser dans le creux de sa nuque. Elle frissonna de plaisir. Ses doigts courraient sur son corps et ses lèvres dévoraient sa peau. Elle sentit le désir s’enflammer en elle comme une traînée de poudre. Ses membres, engourdis par le sommeil quelques minutes plutôt, se réveillaient en même temps que tous ses sens. Il était tout ce qu’elle désirait, il lui donnait tout ce qu’elle voulait et elle n’avait qu’une envie, entremêler leurs corps jusqu’ils se fondent l’un en l’autre, plus près, encore plus près, toujours plus près, encore et encore.
- Je t’aime, murmura Chuck
B sursauta en entendant la voix basse et profonde et ouvrit les yeux.
Elle était seule dans son lit !
22. Bal de Rentrée
Serena et Ethan arrivèrent à la fête de rentrée de Columbia main dans la main. La belle blonde entendait bien démontrer à sa meilleure amie qu’elle se trompait à propos de son nouveau boy-friend. Il serait comme un poisson dans l’eau parmi les élèves de l’université. Ce n’était pas parce qu’il préférait faire une pause dans ses études qu’il était stupide.
- Nate, s’écria le blond au bronzage parfait en apercevant l’ami de sa copine.
Il lui tendit une main franche que Nate saisit avec une forte poigne.
- Bonsoir vous deux, content de vous voir, commenta-t-il au bras de sa fiancée.
- Bonsoir Serena, salua Macy avec un sourire radieux.
- Ouah, les fiançailles ont l’air de vous allez à ravir, déclara Ethan. Macy tu es vraiment superbe, aussi superbe que ce caillou qui brille à ton doigt. Nate ne s’est pas moqué de toi à ce que je vois.
- Merci, c’est gentil. Ta cavalière n’est pas mal non plus, souligna la jeune fiancée en rougissant.
- Bonsoir, dit Nate en se penchant pour embrasser la belle. C’est vraie tu es absolument sublime ce soir.
Leur regard se croisèrent un instant et il cru voir passer quelque chose dans ses yeux qui ressemblait à de la nostalgie.
- Vous voilà enfin ! s’exclama Blair qui revenait du bar avec Louis.
- On commençait à douter de vous voir arriver, indiqua Louis en serrant la main d’Ethan lui aussi.
- C’est ma faute, j’avoue, clama le surfer avec un regard en coin pour sa dulcinée et une sourire au bord des lèvres.
Blair leva les yeux au ciel. Ne pouvaient-ils s’abstenir seulement pendant quelques heures ?! Elle frissonna en repensant au rêve qu’elle avait fait quelques nuits plutôt.
- Bonsoir mes beautés, claironna la voix de Chuck au même moment.
Blair sentit le souffle lui manquer. Il était au bras de Gillian, resplendissante comme de bien entendu.
- Qu’est-ce que tu fais là ? Ne me dis pas que tu suis les cours cette année ? demanda-t-elle avec humeur.
- Lui, non, mais moi, oui, lui répondit Gillian avec un sourire mielleux. Et toi ? Tu vas trouver le temps pour tes cours avec tes nouvelles responsabilités de princesse ?
- Bien entendu, une femme de pouvoir doit savoir jongler entre plusieurs fonctions, répondit la brune avec assurance.
Louis fronça imperceptiblement les sourcils à ses côtés. Leur réconciliation était encore toute fraîche. Il ne voulait pas se disputer à nouveau. Il avait été dur avec elle ce soir là. Il comprenait que cette mise en scène partait d’une bonne intention et après tout, il savait qu’elle n’était pas une bonne sœur quand il s’était engagé avec elle.
Elle avait juste besoin de temps pour perdre ses mauvaises habitudes. Il aurait sans doute lui-même réagit différemment si le père Eduardo ne lui avait pas fait la morale quelques heures avant cette fameuse soirée.
Quoi qu’il en soit, elle avait pris sa demande de conversion en considération. Donc c’était un point en sa faveur et quand elle aurait appris tout de ses croyances, elle comprendrait combien elle se fourvoyait en s’investissant dans la luxure.
- Monsieur Bass, je suis content que vous ayez répondu à mon invitation, résonna soudain une voix un peu chevrotante.
- Mais je n’aurais pas manqué ça, répondit le roi de l’UES avec un sourire polit.
B se retourna et se retrouva nez à nez avec le Doyen Hartland. Elle vit Macy glisser un mot à l’oreille de Nate. Celui-ci sourit et ils s’éclipsèrent avec Serena et Ethan.
- Laissez-moi vous présenter mon amie et nouvelle étudiante de Columbia, Mademoiselle Gillian Vanderbilt.
- Bonsoir, dit la belle rousse.
- Bonsoir Mademoiselle Vanderbilt, j’espère que vous vous sentirez ici comme chez vous, c’est un honneur pour nous d’accueillir un deuxième membre de votre famille et amie de Monsieur Bass de surcroit, lui dit le vieil homme avec un sourire chaleureux.
- Mais tout l’honneur est pour moi, grand-père vous fait ses amitiés.
- Ce cher William, vous lui transmettrez les miennes également. Maintenant, si vous voulez bien m’excusez, j’ai d’autres invités à saluer.
B l’observa s’éloigner, dépitée. Il n’avait même pas jeté un regard vers elle. Le Doyen avait-il seulement noté sa présence ?
- Il ne porte pas vraiment la royauté dans son cœur, commenta Chuck avec un sourire narquois.
Tous les téléphones sonnèrent en même temps annonçant un nouveau blast de Gossip Girl.
« Aperçu, Gillian Vanderbilt sortir de la limousine de Chuck Bass au petit matin. On dirait que le roi de l’UES en a fini avec les œuvres caritatives. Aurait-il enfin retrouvé la raison et décidé de revenir dans le monde douillet de la civilisation et des mondanités ? Il se murmure que le fils du capitaine ne serait pas le dernier de la famille à avoir trouvé chaussure à son pied »
Gillian jeta un sourire à Chuck et l’entraina à l’écart par la main.
- Merci, souffla-t-elle au jeune homme.
- Mais, c’est moi qui devrais te remercier. Si tu ne m’avais pas si bien renseigné sur l’ami de grand papa, je n’aurais pas réussit à l’embobiner.
- Je suis certaine que tu aurais trouvé un autre moyen. J’espère que tu consentiras quand même à me dire un de ses jours pourquoi tu avais besoin d’une entrevue avec le Doyen d’une université où tu n’es même pas inscrit.
- J’avais simplement besoin de brouiller les pistes, c’est tout ce que tu sauras et tes précieuses informations m’ont permis d’obtenir ses faveurs.
- C’est donc pour ça, cette photo de moi sortant de ta limo ?
- Je n’aime pas te devoir quoi que ce soit et puis tu respectes plutôt bien ta part du marché donc, y à pas de quoi, répondit-il en lui tendant une coupe de champagne qu’il venait de saisir sur un plateau.
Blair le vit lever son verre à l’adresse de Gillian et repoussa au fond d’elle le sentiment qui la submergeait. Il ne respectait donc même plus leur passé. La limousine était un endroit sacré pour lui, il n’y avait pas si longtemps. C’était leur endroit, comment pouvait-il s’y vautrer avec une autre fille.
Gillian surprit son regard et lui décerna un sourire hypocrite avec un air de victoire qui lui donna la nausée.
23. Repas pour deux
Combien de chances y avait-il pour que son employeur ait pu ignorer qu’il était celui qu’elle avait appelé à l’aide ? Franchement aucune, se dit Esteban en montant les escaliers qui menait à son appartement de Brooklyn ce soir là.
Il était étonné par l’attitude de son employeur. Il avait pensé qu’à cette heure ci, il flotterait entre deux eaux dans un sac en plastique, lorsqu’il l’avait accompagné dans l’ascenseur.
Mais au lieu de ça, Chuck Bass l’avait amené dans sa suite pour le questionner à propos de Lisa. Il voulait savoir comment elle se débrouillait pour vivre maintenant qu’elle avait perdu son emploi.
Il entra dans l’appartement et fut accueilli par une bonne odeur de cuisine. Lisa avait du préparer le diner, comme à son habitude.
- Salut, dit-elle tout sourire
- Salut, lui répondit-il
- J’ai préparé du poulet au gingembre, j’espère que tu aimes.
- Et bien en fait, je n’ai pas très faim.
- Encore ? dit-elle en l’inspectant du regard.
C’était devenu une habitude chez lui, depuis une quinzaine de jours. La première semaine où elle s’était installée, il dévorait comme quatre.
- Tu n’aimes pas ma façon de cuisiner ? demanda-t-elle déçue.
Elle avait passé une bonne partie de la journée à faire le marché et à cuisiner. Elle avait acheté le poulet avec l’argent qu’elle avait récolté dans le métro contre quelques chansons. Heureusement qu’elle n’avait pas mis sa guitare aux clous.
Esteban s’aperçu de sa déception et se sentit coupable. Il n’aurait pas du lui mentir, mais il savait qu’il valait mieux se taire. Elle serait furieuse si elle apprenait que son patron l’invitait à partager ses repas pendant sa pause.
- Je vais bien trouver une petite place, lui sourit-il
Mais elle ne se contenta pas de sa réponse évasive.
- Bon, ok, qu’est-ce qui se passe ? l’interrogea-t-elle, avec le même regard suspicieux que celui auquel il faisait face tout les jours au déjeuner depuis près de deux semaines.
Esteban ouvrit la bouche sans répondre. Il n’en revenait pas de ce qu’il venait de voir.
- Tu vas rester longtemps comme un poisson hors de l’eau ? revint-elle à la charge.
- En fait, je me demandais,… tu ne m’as pas vraiment expliqué ce qu’il y avait entre toi et mon employeur, dit-il soudain poussé par la curiosité
Ses discussions avec Chuck avaient sans doute déteint sur lui.
- Il n’y a rien à dire, ce type est complètement cinglé, répondit-elle avec brusquerie.
- Et bien, j’ai entendu pleins de choses horribles à son propos, mais ce que je ne comprends pas c’est, où vous avez bien pu vous rencontrer ? En plus de ça, il n’est pas si horrible quand on le connaît un peu.
- Et comment le sais-tu ? questionna-t-elle sur la défensive.
- Je travaille pour lui, je le vois de temps en temps, quand il passe en cuisine, mentit à nouveau l’aide-cuisinier.
- Et tu trouves que c’est suffisant pour te faire une opinion sur lui ?
- Et toi ? Sur quoi te bases-tu pour tirer des conclusions à son propos ?
- Sur le fait qu’il m’ait fait virer du Joe’s Shanghai.
- Mais tu as dis toi-même qu’il voulait aller voir Madame Wong pour arranger les choses.
- Je n’ai pas besoin de lui, ni de son argent, tonna Lisa, hors d’elle.
Esteban ressentit une jalousie au fond du cœur qu’il ne se connaissait pas.
- Vous avez eu une histoire tout les deux ?
- Quoi ? demanda la jeune fille, atterrée.
- Si tu te mets dans des états pareils pour ce gars, c’est qu’il ne t’est pas indifférente. Sinon, pourquoi tu le détesterais autant ? A moins qu’en fait, tu ne le détestes pas du tout, au contraire.
- Tu dis n’importe quoi, hurla-t-elle
- Je croyais qu’on était amis, peut-être même plus, rétorqua-t-il amer, mais visiblement tu es aussi incapable que lui d’avoir une relation normale.
Il avait dit ça avec tellement de hargne que Lisa ne sut pas quoi répondre. Se pouvait-il que son hôte éprouve plus que de l’amitié pour elle ?
- Tu as raison, dit-elle soudain, je ne suis pas douée en ce qui concerne les relations humaines, quelles soient d’ordre amical ou autre. Mais je t’assure qu’il n’y a jamais rien eu de ce genre entre Chuck Bass et moi, on se connaît à peine.
- Alors pourquoi veut-il absolument tout faire pour t’aider ?
Elle releva la tête surprise.
- De quoi tu parles exactement ?
24. Pacte avec le Diable
Esteban se mordit la lèvre inférieure, les secrets ça n’avait jamais été son truc. Tout petit déjà, il était incapable de tenir sa langue. C’est deux dernières semaines avaient été un véritable enfer pour lui. Si ce n’avait été dans l’intérêt de Lisa, il lui en aurait parlé depuis longtemps. Les choses étaient faites maintenant, ça ne pouvait plus rien changer de toute façon.
- Qu’est-ce que ça veut dire ? cria-t-elle à nouveau. Qu’est-ce que Chuck a bien pu faire pour m’aider ? Je ne l’ai pas revu depuis que tu es venu me prendre à Chinatown !
Des flammes dansaient dans son regard, exactement comme celles qu’il avait déjà vu dans celui de son employeur. Encore une fois, il eut une étrange sensation. Il ne comprenait pas ce qui se passait entre ces deux là et il n’aimait pas ça du tout.
- Vous avez le même regard, lâcha-t-il d’un coup
Lisa eu un hoquet de surprise.
- Je ne lui ressemble pas, je ne suis pas comme lui !
Le jeune cubain était de plus en plus perdu. Comment s’était-il retrouvé dans cette situation ? Tout ça par ce qu’il avait voulu aider une fille belle à se damner ?!
- Si… tu lui ressembles, reprit-il lentement. Je ne sais pas comment, mais il y a un lien entre vous, et je ne veux plus me retrouver au milieu de vous deux.
- Comment-ça, tu ne veux plus ? Qu’est-ce que tu as fait ? Je croyais que je pouvais avoir confiance en toi !
- Et moi je croyais que je pouvais avoir confiance en Toi ! Mais visiblement tu n’es pas disposée à m’ouvrir ton cœur.
- Mais je ne t’ai pas menti moi, j’essaie juste de me préserver, dit-elle en plongeant son regard d’ébène dans celui du jeune homme.
Esteban en fut complètement déstabilisé, il n’y avait plus aucune trace de danger dans ses prunelles. Il s’approcha et lui prit la main.
- Je ne pourrai jamais te faire de mal, déclara-t-il. Si j’ai aidé Monsieur Bass c’était pour toi. Tu es une artiste exceptionnelle et tu mérites tellement d’entrer à Julliard.
- Mais qu’est-ce que tu raconte ? J’ai été acceptée à Julliard, j’ai reçu une bourse et elle comprend même le logement sur le campus pour toute l’année.
- Ce genre de bourse n’existe pas Lisa. Les bourses sont pour les frais d’admission et les cours uniquement. Il n’y en a que trois et tu ne faisais pas partie du lot, tu te souviens ?
- C’est vrai. Mais, le formulaire que ton cousin a ramené lors de la répétition ? Celui qui concernait l’autre bourse.
- Il n’y a pas d’autre bourse. C’est Monsieur Bass qui a payé ton admission, les cours et le logement sur le campus pour toute une année. Mais il savait que tu n’accepterais pas son aide, alors il a trouvé un autre moyen.
- Et comment a-t-il su que je n’avais pas reçu de bourse ? C’est toi qui le lui as dis ? Tu étais son complice pendant tout ce temps ?
- Je voulais juste t’aider à réaliser ton rêve. Et pourquoi est-ce si important pour toi de ne pas accepter son aide si tu en as besoin ?
- Par ce que je ne veux rien lui devoir.
- Tu ne lui dois rien puisque tu n’es même pas sensée savoir qu’il est derrière tout ça.
Lisa le regarda, pensive.
- Maintenant vas-tu enfin me dire ce qu’il y a entre vous, si ce n’est pas une relation qui a mal tournée ?
- C’est mon frère, dit tout bas la jeune fille. Enfin, je veux dire, mon demi-frère. Bart Bass était mon père.
Esteban faillit s’étouffé avec sa salive. Il était amoureux de la sœur de Chuck Bass !
*****
A l’autre bout de New York, deux autres jeunes filles discutaient aussi de leur rentrée à l’université, celle de Columbia.
- Tu t’es décidée pour le cours de littérature française ? demanda B à son amie
- Pas encore non, je crois que je préfère attendre de voir les suggestions des nouveaux cours de prépa anglaise.
- Tu veux dire que tu attends de voir comment sera le prof ?
- Je ne suis plus à la recherche d’un petit ami, j’en ai un, répliqua Serena en relevant ses cheveux en chignon. Je devrais peut-être retourner voir Vince non ? continua-t-elle en se regardant dans le miroir de la salle de bain. Il pourrait peut-être me proposer une nouvelle couleur.
- Tu espères vraiment me faire croire que tu as l’intention d’avoir une relation à long termes avec ce monsieur muscle décoloré ?
- Qu’est ce qui te dérange chez Ethan ?
- Et bien voyons, le fait qu’il soit californien d’abord et qu’il ait l’air de sortir d’une cabine à UV et ensuite qu’il ne comprenne rien à la hiérarchie de l’UES.
- Tu dis ça parce qu’il n’est pas impressionné par le titre de Louis et qu’il se fiche complètement des coutumes et du statut social si important de ce côté de Manhattan ?
- Exactement, oui, ce qui prouve que c’est un ignare. Je ne pensais pas que tu pourrais nous ramener pire qu’Humphrey et pourtant.
- En parlant de Dan, tu as de ses nouvelles ?
- Il est encore dans les Hampton, il a prolongé son séjour jusqu’à la rentrée de NYU, je pense que c’est pour rester avec sa peste de sœur. Elle a une très mauvaise influence sur lui !
- Tu veux dire que Jenny n’apprécie pas qu’il soit ami avec toi.
Leurs téléphones retentirent au même moment.
« Aperçu : la petite pauvresse de Chuck Bass qui tente elle aussi d’avoir sa part du gâteau. On croyait pourtant qu’il en avait fini avec les œuvres de charité. Mais dites moi, on ne m’avait pas dit que l’Empire était devenu le nouveau refuge des SDF »
B fit une moue dégoutée en découvrant la photo de Lisa qui entrait dans l’ascenseur particulier menant à la suite de Chuck.
- C’est qui cette fille, tu l’as connaît ? demanda-t-elle à S
- Je ne connais pas toutes les filles que Chuck invite dans sa chambre.
B la fusilla du regard.
- Je croyais qu’il sortait avec Gillian.
- Tu connais Chuck, l’une n’empêche pas l’autre !
S observa son amie, qui souriait à présent. Elle n’aurait pas voulu être à la place de cette fille. Si Queen B ne pouvait rien contre Gillian, il en était tout autre de cette pauvresse et elle allait surement payer l’addition pour deux.
- En quoi ça te concerne de toute façon ? questionna Serena
- J’aime savoir ce qui se passe tout simplement, il n’est pas question qu’une souillon viennent s’incruster parmi nous. Manquerait plus que Chuck ait la bonne idée de l’inviter à une de nos soirées.
- En parlant de soirée, dit S pour changer de sujet, tu es toujours décidée à participer à celle des auditions pour les parrainages de Julliard ?
- Bien sur, c’est le meilleur moyen d’impressionner le nouveau Doyen Hartland, c’est un mélomane et il tient beaucoup à raviver l’alliance entre nos deux écoles et ça doublera les points de mes activités extra scolaires. Il ne me reste plus qu’à trouver un pauvre musicien fauché pour qui je pourrai jouer les bonnes fées.
25. Relations amicales
Nate décida de passer à l’Empire. Il avait tourné ça dans sa tête toute l’après-midi, après une énième réunion de famille. Heureusement qu’il avait pu compter sur Gillian pour faire diversion, mais son grand-père avait quand même fini par le prendre en aparté pour lui parler mariage.
Il n’avait aucune envie de passer le reste de sa vie avec Macy, aussi gentille soit-elle. La situation prenait une tournure que les fiancés n’avaient pas envisagée. Le grand-père de Macy avait trouvé un accord avec William Vanderbilt plus facilement qu’ils ne le croyaient et certaine clauses du contrat de mariage stipulaient qu’ils perdraient la totalité leur héritage s’ils le mariage n’avait pas lieu, ou cas où une des parties se rétracterait à la dernière minute.
Cela les emprisonnait dans un mariage dont ils ne voulaient ni l’un, ni l’autre. Mais il savait que Macy ne faillirait pas et irait jusqu’au bout si cela lui permettait d’aboutir à ses envies de vagabondage dans le tiers monde. Il aurait une liberté totale mais il n’en serait pas moins bel et bien marié.
Il avait besoin de l’aide de Chuck pour coincer le gouverneur Philips. Mais étant donné la manière dont il l’avait jeté hors de sa suite, il avait intérêt à faire profil bas. Il ne l’avait pas revu depuis la soirée de rentrée de Columbia où ils s’étaient juste croisés. Chuck lui battait froid et passait plus de temps avec sa cousine qu’avec lui- même.
D’un autre côté, il ne pouvait pas le laisser bousiller le mariage de Blair par pur égoïsme. Au moins, s’il parvenait à rentrer dans ses bonnes grâces, pourrait-il continuer à le surveiller, plus discrètement cette fois, et éviter le pire. Car il ne pouvait compter sur Gillian sur ce coup là. Elle détestait Blair quand elle était avec lui et cette dernière le lui rendait bien. Elle ne l’appréciait pas plus maintenant, que du contraire.
C’était comme si Gillian se prenait sérieusement au jeu avec Chuck. On aurait dit la nouvelle petite amie jalouse de l’ancienne. Il savait pourtant que le roi de l’UES n’était pas son type mais, il y avait un attachement entre eux qu’il avait du mal à comprendre. Il avait tenté de demander à sa cousine ce qui la liait à son meilleur ami mais elle lui avait répondu avec un grand sourire mystérieux : « Tu ne peux pas comprendre Naty » comme s’il était encore un enfant.
Lorsqu’il pénétra dans le salon, celui-ci était désert.
- Chuck ? appela-t-il
Il fit le tour de l’appartement et s’apprêtait à le quitter quand son ami entra accompagné de Gillian.
- Qu’est-ce que tu fais là Archibald ? Tu as oublié que tu n’es plus le bienvenu ici ?
- Chuck, s’il te plait, laisse lui au moins une chance de s’excuser, intervint la jolie rousse.
- Si c’est pour que je t’aide à mettre le gouverneur hors course pour les prochaines élections ce n’est pas la peine, je le ferai déjà …. pour Gillian, alors tu peux t’en aller, répliqua le beau brun avec un regard mauvais.
Nate poussa un soupire de soulagement, il était certain que si c’est deux là s’y mettaient, Philips n’avait aucune chance de concourir.
Chuck passa devant lui et se servit un scotch.
- Tu connais la sortie, dit-il en désignant la porte à Nate.
- Je ne suis pas seulement venu pour ça.
- Alors pour quoi ? Tu as encore envie que je te frappe ? interrogea Chuck sur un ton ironique en s’installant dans le canapé.
- Je veux juste comprendre pourquoi mon ami agit comme un idiot.
- Je t’ai déjà dit cent fois que je ne m’interposerai pas au mariage de Blair et de son Prince.
- Je vais vous laisser, dit Gillian en s’éclipsant vers la sortie, on se voit plus tard.
Elle croisa Lisa en entrant dans l’ascenseur et lui décocha un regard ahuri. Un instant elle eu l’intention de faire demi-tour pour prévenir les garçons puis se ravisa.
La jeune fille aux longs cheveux pénétra dans l’entrée de la suite, elle ne savait pas trop bien par quoi commencer.
- Ok, alors dis moi ce qui se passe, parce qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond et si ça n’a rien à voir avec Blair, je ne vois pas ce que c’est, entendit-elle.
Elle voulu reprendre l’ascenseur mais il était trop tard. Elle appuya sur le bouton pour redescendre. Elle aurait du se faire annoncer. Elle était bien avancée maintenant !
Chuck se contentait de regarder les glaçons qui dansaient dans son verre.
- On est ami depuis longtemps, je croyais que tu avais confiance en moi, se plaignit Nate.
- C’est toi qui dis ça ? questionna la voix de son frère.
- Je sais que tu es toujours raide dingue de Blair et que si tu l’as laissée partir c’est parce que tu penses qu’elle ne sera jamais heureuse avec toi, mais je sais aussi que tu détestes perdre.
- Blair n’est pas un trophée, Archibald
- Content de te l’entendre dire. Alors dans ce cas pourquoi tu t’intéresses à cette fille sans le sou ?
- Tout ce que je fais n’est pas toujours en rapport avec B, se défendit Chuck.
- Qu’est-ce que tu traficotes avec elle au juste ? Explique, pourquoi tu ne veux rien me dire ?
- Tu me fatigues Nate, dit Chuck en se levant pour rejoindre sa chambre.
En apercevant Lisa devant les portes de l’ascenseur entre-ouvertes il se stoppa net.
- Salut, dit-elle, avec un sourire gêné, en levant la main.
- Salut, dit-il stupéfait.
- Salut, cria Nate en arrivant depuis le salon. Je suis Nathaniel Archibald et tu es ?
- Pressé de te voir partir, lui répondit Chuck en lui lançant un regard assassin.
- Ok, mais ne crois pas que j’abandonne pour autant, dit Nate en franchissant les portes de l’ascenseur qui venaient de s’ouvrir.
- Un ami à toi ? demanda Lisa lorsque celles-ci se furent refermées.
- Il paraît, bougonna Chuck.
Lisa répondit au sourire ironique de son frère par un exactement semblable.
- Tu allais te coucher ? hasarda-t-elle
- Je voulais surtout me débarrasser de lui. Pourquoi es-tu là ? Je pensais que tu ne voulais plus jamais me revoir.
Son regard la transperçait de part en part.
- Je suis désolée pour toutes les choses horribles que je t’ai dites.
- C’est la vérité, dit-il en haussant les épaules. Si c’est tout ce que tu avais à me dire, tu connais la sortie.
Il lui tourna le dos et referma la porte de sa chambre.
Lisa ressortit de l’Empire le cœur gros.
Le lendemain, Esteban attendit son employeur à sa pause déjeuné mais il ne vint pas.
26. Rapprochement familial
La jeune fille tressait ses cheveux devant le miroir. Elle était nerveuse. Allait-elle réellement faire ça ? Leur dernier échange remontait à une semaine et il n’avait pas vraiment été amical, mais il l’avait bien aidée à intégrer Julliard. Justement, il l’avait fait sans qu’elle ne lui demande rien, mais cette fois les choses étaient différentes, se dit-elle.
Comment réagirait-il ? Est-ce qu’il se moquerait d’elle ou savourerait le fait de la voir venir lui quémander une faveur ? Elle imaginait déjà le sourire carnassier qui éclairerait son visage lorsqu’elle l’informerait du but de sa visite.
Elle n’avait pas vraiment le choix de toute façon, elle ne connaissait que lui ici. Du moins, il était le seul qui avait une chance de pouvoir influencer le Recteur de Julliard en sa faveur. D’après Gossip Girl, il était apprécié du Doyen de Columbia, qui se trouvait être un très bon ami du Recteur Kratzfeld. S’il acceptait de lui faire cette lettre de recommandation, elle était certaine qu’elle pourrait se débrouiller.
Elle comptait sur son talent pour se trouver un parrain digne de ce nom qui supporterait sa candidature pour le concours William Schuman. L’enregistrement d’un album tout frais payés, plus la promo pour le lancement. Aucun artiste n’aurait pu rêver mieux pour débuter sa carrière ?
- Tu veux que je t’emmène ? suggéra Esteban depuis le canapé où il passait les nuits depuis qu’elle s’était installée. Je prends mon service dans une heure, ce serait bête de prendre le métro.
- Je veux bien oui, répondit-elle en le suivant jusqu’à sa voiture.
Le voyage se fit dans le silence le plus total. Elle lui était reconnaissante de ne pas la presser quant à leur relation. Elle avait compris, depuis le soir du dîner, qu’il avait de réels sentiments à son égard. Mais c’était encore trop tôt pour qu’elle puisse envisager une nouvelle relation.
Le souvenir de Tom était encore bien trop présent, même si cela faisait plusieurs moi déjà que la vie le lui avait repris. Elle ferma les paupières pour empêcher les larmes qui montaient à ses yeux de ruiner le maquillage qu’elle venait de réaliser.
Elle demanda à parler à Monsieur Bass à la réception, elle ne voulait pas commettre le même impair que la dernière fois, avec son ami. L’employé ne se fit pas prier pour avertir son frère, il l’avait déjà vu plusieurs fois en sa compagnie. Chuck la fit monter immédiatement.
Le cœur de Lisa se serra dans sa poitrine lorsqu’elle pénétra dans le hall. Cet horrible engin était toujours là ! Elle revit les images de l’accident. Tom qui l’embrassait pour lui dire au revoir, le coup de téléphone de l’hôpital. Un accident idiot ! Comme tous les accidents ! La chaussée était mouillée et glissante, Tom avait percuté un rail de sécurité en tentant d’éviter un autre véhicule. Mais ce genre d’obstacle était mortel pour les deux-roues. Ils préservaient peut-être les autres usagers mais pas les motards, et son petit ami n’avait pas échappé à la règle.
Pourquoi le monde était-il si cruel ? A quoi servait-il de s’attacher aux personnes s’il fallait les perdre de toute façon ? Elle avait l’impression que l’univers s’acharnait sur elle. Peut-être avait elle été une horrible personne dans une vie antérieur et le payait-elle par un mauvais karma. Elle y avait pourtant cru, il avait réussit à apprivoiser l’animal sauvage qui était en elle dans le centre fermé. Et elle avait aimé ça !
Lui aussi avait connu une vie plutôt chaotique et ils avaient finis par trouver l’un en l’autre ce qui leur avait toujours fait défaut, la confiance. Mais leur bonheur avait été de courte durée. Après sa mort, elle ne pouvait pas rester dans le Vermont. C’était trop dur. Elle entreprit donc de retrouver son père. Ils en avaient si souvent parlé avec Tom. Chacun d’eux affronterait son passé une fois sortit de cette prison, s’appuyant sur l’autre. Elle ne pouvait pas faillir à sa promesse, ce serait le trahir.
- Hé, dit Chuck
Elle tressaillit, elle avait un instant oublié où elle était et le pourquoi de sa venue.
Chuck la considéra avec insistance.
- Tu as demandé à me voir ? Tu n’es pas obligée de te faire annoncer, tu sais. Tu es la bienvenue…. Quand tu veux, précisa-t-il.
Elle lui fit un petit sourire timide. Demander une faveur n’était pas vraiment dans ses habitudes et vu tout ce qu’elle lui avait balancé à la figure quelques semaines plutôt, elle trouvait la situation plus qu’incongrue. Toutefois, il avait l’air plus avenant que la semaine précédente.
- Esteban n’a pas su tenir sa langue ? commenta-t-il, lui facilitant ainsi la tâche.
- Non et tant mieux, je suis contente qu’il m’ait dit la vérité avant que je ne la découvre par moi-même. J’ai grandi dans le mensonge et je n’accorde pas ma confiance facilement.
Il avait l’impression de s’entendre parler. Son cœur cognait dans sa poitrine, avait-il encore une chance d’avoir une famille ?
- Je ne voulais pas te causer d’ennuis, l’autre fois dans Chinatown, s’excusa-t-il.
- Tu l’as déjà dit, et je suis désolée de m’en être prise à toi, c’est juste que…
- Juste que quoi ?
- La famille, ce n’est pas mon truc, ça ne m’a jamais réussi alors, je ne veux pas que tu te fasses des idées.
Il sourit franchement.
- Moi non plus je ne suis pas trop du genre famille, mais je veux bien prendre le risque… pour toi.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, parce que je n’ai plus rien à perdre et que je suis un idiot sans doute !
- Alors dans ce cas on est deux, conclu-t-elle en souriant à son tour.
Il sentit un poids s’envoler de ses épaules. Il repensa aux conseils de Gillian, elle était une bonne amie après tout, meilleure que son cousin, en tout cas en ce moment. Il ne l’aurait pourtant jamais cru. Ils se connaissaient depuis toujours mais il avait toujours été du côté de Blair, même quand elle était la petite amie de Nate. La brune détestait cordialement la rousse et vice versa.
Mais aujourd’hui Blair n’était plus à ses côtés, alors peu importait. Elle partageait la vie d’un autre et il savait qu’ils ne pourraient plus jamais être amis comme avant leur histoire. Il ne supportait pas de la voir dans les bras de cet abrutit, ou de n’importe quel autre. Il savait pertinemment que cela la rendait heureuse, mais son cœur se déchirait à chaque fois qu’il voyait son visage, ce qui arrivait souvent, même lorsqu’elle n’était pas là.
- Je tombe peut-être mal, hasarda Lisa devant son silence prolongé.
Son sourire avait disparu et il semblait perdu dans ses pensées.
- Non, dit-il en se reprenant. Tu veux prendre un verre ou autre chose ? On peut commander à manger si tu veux.
- Merci, mais je ne suis pas à la rue, ni affamée. Esteban prend soin de moi mais ça, tu le sais déjà, vu que tu prenais tes repas avec lui.
Il sourit mais ne répondit pas à sa remarque.
- C’est toi qui décide, reprit-il en l’invitant à le suivre dans le salon.
- Ok, alors je choisis une pêche melba, avec plein de coulis de framboise.
Il la dévisagea un instant. Elle lui souriait, de ce petit sourire ironique qu’il affichait plus souvent qu’à son tour.
- Tu n’es pas le seul à savoir soutirer des informations à Esteban. Faut dire qu’il n’est pas très doué en mensonges et secrets. Je crois que ce n’était pas sa matière préférée quand il était enfant.
- Peut-être parce qu’il n’en voyait pas l’utilité, répondit C en plongeant ses yeux dans ceux de sa sœur.
- Alors tant mieux pour lui, murmura-t-elle à mi voix.
27. Auditions à Julliard
Blair évoluait sur le campus avec grâce et élégance comme toujours. Pourtant elle n’avait pas le cœur en joie aujourd’hui. La journée avait été harassante. Entre les cours et l’organisation de son mariage, elle n’avait pas une minute à elle et ce parrainage était une activité supplémentaire à son planning déjà plus que surchargé. Mais c’était plus que nécessaire si elle voulait entrée dans les bonnes grâces du Doyen Hartland.
Elle se demandait comment Chuck avait bien pu faire pour amadouer ce vieux grincheux. Il était quand même incroyable qu’il réussisse à se faire inviter personnellement à la soirée de rentrée de Columbia alors qu’il n’y était même pas inscrit.
Et puis d’abord que pouvait-il bien vouloir au Doyen ? Il n’était pas dans les habitudes du roi de l’UES de se pencher sur les gens de l’éducation. Il n’avait pas besoin de cela pour diriger Bass Industries et le Doyen ne pouvait lui être d’aucune utilité dans ses transactions. Elle s’était renseignée à propos de l’homme elle aussi.
Elle ne voyait donc qu’une seule explication, il avait fait ça pour Gillian et cela la mettait en rage. Il connaissait son aversion pour la cousine de Nate. C’était sans doute ce qui le motivait le plus dans cette petite manipulation. Mais la complicité qu’elle avait vue entre eux à cette horrible soirée la répugnait.
Plus aucun post n’avait filtré à son propos sur GG depuis celui concernant cette SDF, qui était sans doute revenue mendier auprès de lui. Elle plaignait presque cette pauvre fille. Elle avait du apprendre à ses dépends que Chuck Bass ne fait pas dans la nostalgie. Lorsqu’il n’a plus besoin de vos services, il vous jette comme un kleenex.
Elle faillit pratiquement percuter un étudiant en arrivant à la salle de spectacle C du Lincoln Center.
- Non mais tu ne peux pas faire attention ? s’écria-t-elle à l’adresse du jeune homme brun à lunettes qui ne lui prêta aucune attention. Il ne l’entendit même pas car il avait des écouteurs vissés dans les oreilles.
Elle pénétra dans le bâtiment où devait se retrouver les parrains pour le concours William Schuman. Peut-être écouter de la musique l’apaiserait-il un peu. Elle était à cran en ce moment et la musique adoucit les mœurs pensa-t-elle. Dans ce cas, elle en avait bien besoin, car il lui faudrait rester zen et déployer des trésors d’imagination pour réussir à canaliser Louis.
Elle ne savait pas ce qui lui prenait. Il la contredisait sans cesse depuis un moment. Depuis cette histoire de balcon en fait. Elle le soupçonnait de prendre conseil auprès du père Eduardo. Il était un grand ami de la princesse Sophie qui se retrouvait tout à coup bombardée maîtresse de la cérémonie religieuse de son mariage.
Elle pensait pourtant avoir réussi à tenir cette vipère à distance en la renvoyant en France. Mais cette mégère parvenait à obtenir tout ce qu’elle voulait depuis Monaco. Elle était pire que les sorcières de contes de fée, mais en l’occurrence c’était SON conte de fée. Et elle ne parvenait plus à avoir l’emprise nécessaire sur le prince charmant, qui, du coup, n’était plus aussi charmant.
Sa dernière trouvaille en date, lui faire porter un voile. Et pourquoi pas une burqa tant qu’il y était ? Elle avait déjà accepté de l’accompagné au catéchisme pour se convertir. Elle n’était pas vraiment croyante de toute manière, alors une religion ou une autre, peu lui importait. Mais elle ne comprenait pas pourquoi il y attachait tant d’importance. En plus, le prêtre avait bien insisté sur le pêcher de luxure la dernière fois. A tel point qu’elle soupçonnait Louis de lui avoir raconté l’épisode de la soirée romantique qu’elle avait organisée et qui s’était terminée par un fiasco.
Elle avait été tellement chamboulée par le rêve qu’elle avait fait cette nuit là qu’elle avait accepté ses excuses sans même le faire mariner un peu. Elle se sentait coupable d’encore désirer Chuck dans ses rêves.
Il faut dire que Louis ne faisait rien pour aider. On aurait dit qu’il le faisait exprès depuis cette nuit là. Il était réservé sur le sujet et lorsqu’ils avaient des rapports, il se comportait comme un novice. Il l’avait pourtant habituée à mieux. Ou était-ce parce qu’elle ne pouvait s’empêcher de s’imaginer dans les bras de son ancien amant dans ces moments là depuis, et que le prince de Monaco ne souffrait pas la comparaison avec le prince des ténèbres ?
- Messieurs, Dames, appela le Recteur Kratzfeld.
Tous les étudiants se pressèrent autour de l’estrade où il avait pris place.
- Je commencerai par m’adresser aux étudiants de Columbia qui ont bien voulu faire le déplacement jusqu’à nous. Vous êtes réunis ici pour parrainer une vingtaine de vos homologues de la Julliard School. Comme vous le savez, nos deux établissements visent à resserrer des liens qui se sont quelque peu détendus au fil des ans. Votre Doyen et moi-même, nous vous sommes donc reconnaissants de participer à ce nouvel élan. En récompense de votre implication, les points de vos attributions extra scolaires vous seront comptés doubles pour le prochain semestre. Comme vous le savez déjà, ces activités sont portées en compte dans votre dossier, et si elles n’influent pas directement sur vos notes, elles peuvent néanmoins influencer le conseil de direction.
La porte s’ouvrit au fond de la salle et tous les regards se tournèrent vers la malheureuse retardataire.
Un sourire se dessina sur le visage de porcelaine de Queen B. Elle n’osait croire à une telle chance. C’était trop beau pour être vrai.
Lisa s’avança dans la salle et rejoint le groupe en se faisant la plus discrète possible.
- Bien, reprit le recteur, après s’être éclaircit la gorge pour rappeler tout le monde à l’ordre. Comme je le disais avant d’être interrompu, vous êtes ici pour vous trouver un étudiant à parrainer. En ce qui concerne les étudiants de Julliard, vous disposez de deux heures pour faire connaissance et trouvez celui ou celle qui soutiendra le mieux votre candidature. Inutile de vous rappeler quel en est l’enjeu. Je vous souhaite bonne chance à tous. Que le meilleur gagne.
Le recteur descendit de l’estrade pour rejoindre la sortie. Il n’avait pas fait la moitié du chemin que Blair accostait Lisa avec un sourit mielleux à souhait.
28. On ne change pas
Elle était nerveuse, c’était bientôt à son tour. Elle se trouvait stupide d’être aussi angoissée de chanter devant ces étudiants nantis de Columbia. Elle avait chanté plus souvent qu’à son tour, dans la rue, pour quelques pièces, lorsqu’elle fuguait.
C’était sa ressource alors, et se nourrir le jour même était sa seule et unique priorité. Mais aujourd’hui, c’était son avenir qui se jouait sur cette seule prestation. Supporter la pression faisait partie du challenge, si elle n’était pas capable d’encaisser ce petit bout d’essai, elle serait incapable d’assumer une vie d’artiste où la pression ne se relâchait pratiquement jamais. C’était en tout cas l’avis du professeur Grant.
Elle l’appréciait et elle envisageait de lui demander de lui faire sa lettre de recommandation. Il n’y aurait là rien de bien original, la plupart des étudiants demandaient à un de leur professeur de les soutenir et elle avait l’impression que celui-là l’aimait bien. En tout cas c’était son préféré. Ca n’avait rien à voir avec la signature du grand Chuck Bass au bas du document, mais elle s’en contenterait. Son talent ferait le reste, à condition qu’elle réussisse à pincer les cordes correctement.
Et surtout qu’elle se trouve un parrain ! Blair Waldorf l’avait harponnée sans attendre et ne l’avait pas lâchée. Lisa n’était pas dupe, elle connaissait son passif avec son frère. Comment aurait-elle pu l’ignorer ? Elle était dans pratiquement chacune des publications de GG qui le concernait. Leur relation avait été plus que tumultueuse et la conversation qu’elle avait surprise entre Chuck et Nathaniel Archibald la concernait sans nul doute possible.
Il était plus qu’évident que son frère était toujours accro. Elle n’avait aucune envie de devenir le nouveau jouet de Queen B. Elle ne sentait que trop que cette dernière ne lui voulait pas de bien, même si elle en ignorait la raison. Mais elle n’avait pas le temps de s’en préoccuper pour l’instant. Pourtant c’était maintenant que tout se jouait. Elle devait ressortir avec un parrain et si elle avait réussi à tenir cette peste à distance, les autres étudiants de Columbia n’avaient pas osé s’approcher d’elle. C’était comme si la future princesse l’avait marquée au fer rouge à l’instant où elle avait jeté son dévolu sur elle.
- Elisabeth Nakamura, annonça celle qui s’était improvisée responsable de cette séance, pourtant informelle.
Installée au premier rang, parmi les tuteurs potentiels, Blair, s’était tout naturellement auto-désignée pour ce poste.
Lisa inspira un grand coup et constata que ces mains tremblaient lorsqu’elle fit coulisser le zip de son étui à guitare.
- Reprend toi, se sermonna-t-elle. Ce ne sont que de petits snobs….. qui ont ton avenir dans le creux de leur main !
Elle monta sur l’estrade et prit place sur le tabouret devant le micro. Elle leva la tête pour faire face à l’auditoire et sentit quelque chose l’inonder de l’intérieur. Un sourire s’accrocha à son visage sans même qu’elle ne s’en rende compte.
Adossé nonchalamment au mur du fond, Chuck l’observait. Elle ne l’avait pas entendu entrer. Pourtant, elle n’était pas passée inaperçue en arrivant après tout le monde, elle !
Elle ne savait pas pourquoi, mais cela lui faisait chaud au cœur qu’il soit là. Il lui fit un petit signe de la main et elle lui répondit par un petit signe de tête discret en grattant les premiers accords.
Ce petit signe, aussi discret soit-il, n’échappa néanmoins pas à Blair. Elle se retourna et l’aperçu elle aussi. Son cœur s’emballa à cette simple vision. Elle plongea le nez sur la fiche de préparation de Lisa. Il ne l’avait pas remarquée, trop hypnotisé par cette sans le sou.
Elle tenta de se concentrer sur la prestation de sa proie, mais les notes de la mélodie dansaient sur la page. Elle était incapable de distinguer un sol d’un mi. Sa vue se brouillait tandis qu’elle sentait son pouls résonner dans tout con corps. S’il avait vent de ce qu’elle prévoyait de faire, il serait furieux. Il n’aimait pas prêter ses jouets. Elle tourna la page pour donner le change et prendre connaissance du texte composé par l’artiste. Mais cela n’arrangea pas les choses, au contraire.
(Cliquez pour suivre le lien si vous souhaitez écouter la chanson)
On ne change pas
On met juste les costumes d'autres sur soi
On ne change pas
Une veste ne cache qu'un peu de ce qu'on voit
On ne grandit pas
On pousse un peu, tout juste
Le temps d'un rêve, d'un songe
Et les toucher du doigt
Mais on n'oublie pas
L'enfant qui reste, presque nu
Les instants d'innocence
Quand on ne savait pas
On ne change pas
On attrape des airs et des poses de combat
On ne change pas
On se donne le change,
On croit que l'on fait des choix
Mais si tu grattes là
Tout près de l'apparence tremble
Un petit qui nous ressemble
On sait bien qu'il est là
On l'entend parfois
Sa rengaine insolente
Qui s'entête et qui répète
On ne me quitte pas
On n'oublie jamais
On a toujours un geste
Qui trahit qui l'on est
Un prince, un valet
Sous la couronne un regard
Une arrogance, un trait
D'un prince ou d'un valet
Je sais tellement ça
J'ai copié des images
Et des rêves que j'avais
Tous ces milliers de rêves
Mais si près de moi
Une petite fille maigre
Marche à Charlemagne, inquiète
Et me parle tout bas
On ne change pas, on met juste
Les costumes d'autres et voilà
On ne change pas, on ne cache
Qu'un instant de soi
Une petite fille
Ingrate et solitaire marche
Et rêve dans les neiges
En oubliant le froid
Si je la maquille
Elle disparaît un peu,
Le temps de me regarder faire
Et se moquer de moi
Une petite fille
Une toute petite fille (2)
Chuck écoutait sa sœur chanter, complètement abasourdi par son talent. Il avait aimé les textes qu’il avait lus dans son carton à dessin mais il était loin de se douter que les entendre en musique lui ferait un tel effet. La mélodie résonnait dans l’amphithéâtre et sa voix s’envolait tel un rossignol au petit matin. Il était totalement subjugué et aussi complètement soufflé.
Si elle était tout aussi réservée que lui pour parler d’elle, elle avait trouvé un moyen d’exprimer la douleur qui était en elle d’une façon qu’il n’aurait pu envisagée. Il ne lui avait jamais traversé l’esprit que les mots chantés puissent avoir une telle force de résonnance pour les artistes. Comme une caisse pour les instruments. Les mots vibraient dans la gorge de sa sœur alors qu’elle dénudait son âme devant le public. Il aurait été incapable d’offrir une telle vulnérabilité à qui que ce soit.
(2) « On ne change pas » Céline Dion – Paroles et musique Jean Jacques Goldman
29. Liaison dangereuse
Les dernières notes de la chanson s’éteignaient lentement tandis que Lisa descendait du surplomb. Elle ne prit pas la peine de s’arrêter près des futures tuteurs, comme l’avaient fait les autres « candidats » Elle se rua jusqu’à son frère et se jeta dans ses bras, sans réfléchir, sous le coup de l’émotion.
Chuck, désarçonné par son attitude et ce qu’il venait d’entendre, resta figé quelques secondes, avant de lui rendre son étreinte finalement. Il n’était pas habitué aux démonstrations d’affection et pour ce qu’il en avait compris jusque là, elle non plus.
Elle s’éloigna d’un pas pour lui faire face, consciente que ses yeux brillaient un peu trop.
- Inutile de te demander qui t’a rencardé, dit-elle avec un sourire qu’elle voulait éblouissant.
Il s’éclaircit la gorge avant de répondre.
- J’ai cru comprendre que tu avais besoin de ça, dit-il, en sortant une enveloppe de la poche de sa veste.
Lisa s’en saisit sans répondre. L’espace d’un instant, elle avait totalement oublié le concours.
- Pourquoi tu ne m’as rien demandé l’autre fois, quand tu es venue ? questionna-t-il.
- Je trouvais qu’on passait un bon moment … Je ne voulais pas le gâcher … Je ne voulais pas que tu croies…
- Que tu étais revenue me voir uniquement parce que tu avais besoin de mes services, continua-t-il à sa place.
Pour la première fois depuis leur rencontre, Lisa baissa le regard. Elle fixa l’enveloppe qu’il venait de lui remettre à s’en brûler les yeux. Il posa une main sur les siennes.
- Ce n’est pas dans mes habitudes, hésita-t-il. Mais… Je veux que tu saches que je suis heureux de t’aider… Je serai là pour toi si tu en as besoin.
- Ne promets pas, dit-elle tout bas.
Chuck sentit quelque chose se briser en lui.
- Tu pourras toujours compter sur moi. Quelque soit l’heure ou le moment. Il te suffira d’appeler et je viendrai. C’est la promesse d’un frère et ça, ça compte tellement, reprit-il d’un ton ferme, après avoir déglutit.
Elle releva son visage vers lui, ses yeux étaient embués. Elle se fichait bien que son maquillage soit totalement ruiné à présent. Une larme déborda mais elle ne fit aucun geste pour la retenir.
Il l’attira contre lui et la serra dans ses bras. Elle était sa petite sœur et pour la première fois de sa vie, il se sentait investit d’une mission, celle d’un grand frère. Il ne permettrait plus à personne de lui faire du mal. Il la protègerait de son mieux du monde extérieur.
Blair observait la scène qui se déroulait au fond de la salle comme dans le brouillard. Les mots de la chanson de Lisa avaient touchés une corde sensible en elle, mais ce n’était rien à côté de ce qu’elle ressentait en cet instant.
Chuck enlaçai cette pouilleuse, et il ne faisait pas semblant. Elle n’y aurait sans doute pas accordé de crédit une seule seconde s’il n’avait pas eu cette lueur étrange dans le regard durant la conversation qu’ils venaient d’échanger.
Cette petite flamme, qui passait inaperçue quasiment aux yeux de tous, mais qu’elle connaissait si bien et qui s’allumait dans ses yeux quand les choses étaient importantes pour lui.
Et par importantes, elle pensait sentimentales. C’était assez rare chez lui pour que cela soit à prendre en considération.
Seules quelques personnes avaient cet effet sur lui et elle pouvait les compter sur une seule main. Lili, Nate, Serena, Eric et elle-même bien entendu, du moins jusqu’à il n’y avait pas si longtemps. Cette lueur éveilla en elle un sentiment de jalousie d’une force indescriptible tandis que la chanson de la concurrente suivante s’élevait dans la pièce.
(Cliquez pour suivre le lien si vous désirez écouter la chanson)
Elle doit avoir un peu de moi
Cette façon de penser qu’elle est ce qu’il te faut
Sait elle les choses que l’on se doit ?
Qu’on n’efface pas ce qu’on a dans la peau
Elle doit deviner tes silences
Là où j’avais besoin de mots
Quand la vie nous prenait à défaut
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
Y’a tant de choses qui me reviennent
Que le temps n’efface pas
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
J’ai tellement peur qu’elle te retienne
Juste peur, ne m’en veux pas
Est-ce qu’elle a lu dans ton regard
Des raisons de croire qu’elle porterait ton nom ?
Est-ce qu’elle est un nouveau départ ?
Ou bien juste un bout de ciel dans ta prison ?
Mais la voir soigner tes blessures
Me ramène à mes regrets
Pardon pour ce que je n’ai pas fait…
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
J’ai tellement peur qu’elle te retienne
Juste peur, ne m’en veux pas
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
Y’a tant de choses qui me reviennent
Que le temps n’efface pas
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
J’ai tellement peur qu’elle te retienne
Juste peur, ne m’en veux pas
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
Y’a tant de choses qui me reviennent
Que le temps n’efface pas
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
J’ai tellement peur qu’elle te retienne
Juste peur, ne m’en veux pas
Te passe pas de moi
Te passe pas de moi
Y’a tant de choses qui me reviennent
Que le temps n’efface pas (3)
(3) « Te passe pas de moi » Judith
30. Affrontement
Lisa se détacha doucement de son frère. Des traces de mascara zébraient son visage humide. Il releva une mèche de cheveux de son front et sortit un mouchoir de sa poche, qu’il lui tendit. Elle essuya les larmes qui avaient roulées en tapotant ses joues, tentant de préserver le peu de maquillage qui avait résisté, puis l’enroula autour de ses doigts.
Elle fut prise d’un petit rire nerveux en voyant le dessin tracé sur le carré de soie.
- Quoi ? la questionna-t-il devant sa réaction.
- T’es vraiment un personnage hors du commun, répondit-elle en lui souriant. Non mais sérieux, qui fait encore broder des mouchoirs à ses initiales en l’an 2011 ? A part toi bien entendu !
Il sourit et lui reprit le tissu des mains qu’il noua sur lui-même de manière à ce que les initiales en questions soient mises en évidence avant de le lui rendre.
- Pour que tu n’oublies pas que je suis là pour toi ! dit-il d’une voix encore enrouée par l’émotion.
- Aucune chance pour ça ! répliqua-t-elle sur le même ton.
L’étudiant suivant manqua de s’étaler de tout son long en grimpant sur la scène tant il avait le trac, ce qui attira leur attention.
Ce n’est qu’à ce moment qu’il se rendit compte de sa présence dans la salle. Elle les observait depuis son siège. Son cœur rata un battement.
- Elle va me parrainer, dit sa sœur qui avait suivi son regard.
- Quoi ? demanda Chuck, qui avait pourtant bien entendu.
- Elle a fait peur à tous les autres à la seconde où elle a montré un quelconque intérêt pour moi. Personne d’autre n’acceptera ! déclara Lisa sur un ton résigné.
Chuck la dévisagea, un peu hébété par la tournure que prenait la situation.
- Tu lui as parlé de moi ? interrogea-t-elle encore.
- Non, mais c’est inutile, les post de GG ont suffis à éveiller son attention.
- Mais elle n’est pas au courant pour nous n’est-ce pas ?
- Non, je n’en ai parlé à personne. Pourquoi ?
- Rien, c’est juste que je préfère rester dans l’ombre. Je ne veux pas que tout le monde sache que je suis la sœur de Chuck Bass. Mais ça n’a rien à voir avec toi, ajouta-t-elle précipitamment devant son air peiné.
Il ne posa pas plus de question car Blair approchait avec l’air du chat qui vient de croquer le canari. Il savait exactement ce qu’elle avait en tête et n’était pas disposé à la laisser s’en prendre à Lisa.
Lisa vit Chuck se raidir. Elle posa une main sur son bras pour tenter de l’apaiser mais il ne le remarqua même pas. Elle comprit qu’il se préparait à l’affrontement. Un mal-être remonta du fond de ses entrailles. Elle se sentait coupable, même si elle savait parfaitement qu’elle n’était pas l’instigatrice de ce conflit. Car elle n’ignorait pas non plus que Blair était celle à qui appartenait le cœur de son frère. Et rien que le fait qu’il soit prêt à sa battre contre sa reine pour elle-même la terrifiait.
- Chuck, souffla-t-elle en serrant son bras plus fort, alors que B se plantait devant eux.
Il ne lui accorda pas même un regard.
- Tu veux bien nous excuser un instant ! dit-il sur un ton glacial, qui n’était nullement une demande.
Si Blair avait pu la tuer d’un coup d’œil, elle serait morte sur le champ.
Instinctivement, elle recula de quelques pas, délaissant le bras de son frère pour l’abandonner à son propre sort tandis qu’il entraînait déjà la reine des glaces à l’écart.
- A quoi tu joues exactement ? attaqua Blair car c’était la meilleure des défenses à son sens.
- Toi ! A quoi tu joues ? lui reprocha-t-il, la voix coupante comme la lame d’un scalpel.
B se dit qu’elle n’avait pas adopté la bonne tactique. Il était vraiment hors de lui. Elle l’avait rarement vu dans cet état. Seul Jack arrivait à de tels résultats.
- Je cherche une étudiante pour valoriser mes notes et toi ? répondit-elle avec un regard noir.
Elle avait opté pour un virage à 180 degrés, dans l’intention de tenter de le déstabiliser.
- Ne te mêle pas de ça Blair, ça ne te regarde pas ! la prévint-il
- Non mais, est-ce que tu te rends compte du ridicule de la situation ? D’abord Gillian, puis cette petite garce ….
- Je n’ai plus aucun compte à te rendre, cingla-t-il
- Ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi ! Si c’est à cause de ta dispute avec Nate …
- Tu ne sais rien de ce qui se passe entre Nate et moi, ou qui que ce soit d’autre, la coupa-t-il
- Et à qui la faute ? C’est toi qui me mens en prétendant que tout va bien, alors que le contraire est plus qu’évident !
- Et à qui la faute ? lui retourna-t-il au bord de l’explosion.
Blair se figea, paralysée par la douleur qu’elle lisait au fond de ses yeux sous la colère qui brûlait à la surface.