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HISTOIRE DE FAMILLE

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 22.12.2011 à 18h49
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Cette fic se situe à la fin de la saison 4 Lorsque tout le monde ou presque rentre à N.Y. » katido 

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41.   King’s County

Le groupe arriva dans le hall des urgences du King’s County Hospital Center de Brooklyn et repéra immédiatement Lili, assise sur une banquette, droite comme un I.  Elle était vêtue d’un manteau Armani couleur crème et tenait sur se genoux un sac Vuitton mais, malgré son élégance habituelle, son visage reflétait l’inquiétude.

-  Maman, marmonna S en arrivant devant elle

Lili se tourna vers sa fille, aussi digne qu’elle le pouvait. Elle savait qu’elle devait prendre sur elle pour rassurer les amis de Chuck, mais la vérité, c’est qu’elle était terrifiée à l’idée de ce qui pouvait arriver maintenant.

-  Maman, murmura à nouveau S

- Excuse-moi ma chérie, dit Lili avec un petit sourire, j’étais perdue dans mes pensées.

- Comment va Chuck ? Que s’est-il passé ?

- Je ne sais pas encore, les médecins s’occupent de lui.  Tout ce que je sais c’est qu’il est question d’une bagarre, apparemment Chuck y serait impliqué.

Elle était consciente que ses propos paraissaient incohérents. Chuck n’était pas du genre à se mesurer physiquement à ses adversaires et elle avait été la première surprise en apprenant cette information de la bouche de l’infirmière assise derrière le comptoir de l’accueil.  Rien n’avait de sens ce soir, mais cela faisait un bout de temps qu’elle savait que la vie de Chuck  n’en avait plus vraiment.

Blair sentit ses jambes tremblées, elle s’installa dans un fauteuil, non loin de Lili, priant intérieurement pour que ce ne soit pas si grave. Mais le simple fait qu’ils se trouvent tous ici, dans ce hall, signifiait que c’était bien le cas pourtant.

Elle regarda autour d’elle pour se donner contenance tandis qu’elle s’efforçait de retenir les larmes qui lui montaient aux yeux.  Comment avaient-ils pu en arriver là ? se demanda-t-elle pour la seconde fois de la soirée.

S’il arrivait quelque chose à Chuck …. Non, elle ne pouvait pas l’imaginer, il faisait partie de sa vie, il faisait partie d’elle. Même si elle avait refusé d’avouer à Louis qu’elle l’aimait toujours, même si elle avait accepté de se fiancé à un autre, au fond d’elle, elle avait toujours su qu’il était le seul qui comptait vraiment et elle mesurait la véritable ampleur de ses sentiments en cet instant précis. 

Elle ne voulait pas renoncer à lui, elle ne voulait pas qu’on le lui enlève.  Elle frissonna dans sa robe bordeaux à bretelles.  Elle aurait voulu sentir les bras de Chuck autour d’elle et son souffle chaud dans son cou.  Elle aurait voulu pouvoir se blottir contre lui et entendre le son de sa voix. Elle aurait voulu plonger son regard dans le sien.

Elle eut soudain un mouvement de recul en apercevant un regard similaire à celui qui hantait ses pensées. Un regard sombre et douloureux qui reflétait une tristesse infinie venue du fond de l’âme.

Assise sur un fauteuil contre le mur, Lisa avait ce regard perdu, qui errait à travers le vaste hall, sans rien à quoi se raccrocher. Des traces de larmes séchées barbouillaient son visage et ses lèvres tremblaient.  Son T-shirt, acheté au supermarché du coin sans aucun doute, était maculé de sang. Elle tordait ses mains sans même se rendre compte de ce tic nerveux.

Blair eu instant pitié d’elle, elles ressentaient exactement la même douleur qui leur brûlait les veines en ce moment.  Mais elle se reprit bien vite. Cette fille était la nouvelle petite amie de Chuck et elle n’avait aucune intention de se laisser fléchir face à cette pseudo artiste qui avait si bien su embobiné Chuck qu’il ne voyait plus que par elle. Dire qu’il avait aidé cette souillon à intégrer Julliard et était même venu en personne pour la soutenir lors des présentations pour le concours. Il avait été jusqu’à demandé à Gillian de la parrainer à sa place.

Un jeune homme hispanique entra à son tour par les portes battantes des urgences et se dirigea droit vers Lisa.

- Esteban, cria la jeune chanteuse en se jetant dans ses bras. Le nouvel arrivé la serra contre lui pour la réconforter et passa une main dans ses cheveux tandis qu’elle se blottissait contre lui et éclatait en sanglots.

- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda le jeune homme après un moment.

Lisa essuya rageusement les larmes qui coulaient sur ses joues et repris son souffle dans un dernier hoquet.

- Chuck, articula-t-elle avec difficulté. Il …. Il …. Hanck …. hoqueta-t-elle à nouveau.

- Ton beau-père est ici ? demanda Esteban horrifié par le peu qu’il savait du personnage. Lisa refusait d’en parler mais toutes les nuits, c’est ce prénom qui revenait dans ces cauchemars et il n’avait pas besoin de connaître chaque détail pour savoir que cet homme lui avait fait beaucoup de mal, au point de la terrifier.

La jeune femme hocha la tête en guise de réponse, toute la peur et la colère qu’elle avait ressentit depuis le début de cette soirée jaillissait tout à coup du fond d’elle-même sans qu’elle puisse la contrôler.

 - Calme toi, ça va aller, je suis certain que tout va bien se passer

 - Je ne sais pas comment Hanck m’a retrouvée, dit-elle entre deux sanglots. Tout ça c’est ma faute, j’aurais jamais du rester dans sa vie, je savais que je devais m’éloigner de lui dés que j’ai compris qui il était. 

 Le sang de Blair se figea dans ses veines lorsqu’elle entendit prononcer ce prénom. Se pouvait-il qu’elle soit à l’origine de ce drame ?

Mais elle n’eut pas le loisir de se pencher plus avant sur cette question qui la taraudait soudain.


katido  (20.01.2012 à 07:33)

42.   La fille de Bart

 

- Madame Humphrey ? interpella un homme en blouse blanche en débouchant du couloir où se trouvaient les salles de soins.

- C’est moi, dit Lili un peu trop vite en se levant.

- Vous êtes la tutrice légale de Charles Bass ?

Lili se contenta d’opiner de la tête en silence, les traits encore plus tendus par l’inquiétude que tout à l’heure.

- Je suis le docteur Jones, néphrologue, c’est moi qui me suis occupé de votre fils à son arrivée.

- Comment va-t-il ? interrompit Blair qui n’y tenait plus, elle non plus.

Le médecin la considéra un instant, puis reprit à l’adresse du petit groupe qui s’était rassemblé autour de Lili.

- Et bien, il a perdu beaucoup de sang. Nous lui avons déjà administré plusieurs culots mais il y a eu des complications et ses reins ne fonctionnent plus comme ils le devraient. Malheureusement les dégâts occasionnés sont irréversibles. Pour l’instant nous allons dialyser son sang et il devra se plier à un programme strict, mais cela signifie qu’à terme il aura besoin d’une transplantation.

 - Une transplantation ? Mais ….  Je ne comprends pas … je veux dire … il est si jeune et …

- Je sais oui, mais certains coups de couteau ont pénétrés profondément et un de ses reins était déjà irrécupérable à son arrivée.

- Des coups de couteaux ?! répéta Lili, le regard ampli de douleur et de frayeur.

Elle avait l’impression de cauchemarder et elle n’était pas la seule.

- Je l’ai inscrit sur la liste des receveurs, mais celle-ci est très longue, comme vous vous en doutez surement.  Cela prendra plusieurs mois, voir plusieurs années avant de trouver un donneur compatible, à moins bien sur que quelqu’un ne se porte volontaire pour lui donner un de ses reins. Peut-être au sein de la famille ? Cela augmente les chances de compatibilités bien entendu.

Lili le regarda consternée, elle n’aurait pas d’autre choix que de demander à Jack et cela la fit frissonner malgré elle. Chuck et son oncle s’étaient rapprochés depuis l’affaire Thorpe mais de là à ce que Jack accepte de donner un rein.

- Elisabeth Fischer, souffla Blair à Serena sans même réfléchir au fait que personne ne savait où la mère biologique de Chuck se trouvait.

- Pourquoi voudrait-elle lui donner un rein alors qu’elle l’a trahi ? demanda Nate, abasourdi par la nouvelle lui aussi.

- C’est sa mère ! s’offusqua Blair qui ne pouvait pas croire que la situation était aussi désespérée.

- Madame Humphrey, intervint le docteur qui sentait venir le conflit.

Il savait par expérience que dans ce genre de situation les sentiments des proches étaient exacerbés.

- Je sais que toutes ces nouvelles sont déroutantes. Le mieux est de prendre un peu de temps pour les digérer et pour aviser l’avenir. Pour l’instant votre fils est stabilisé. Vous pourrez vous rendre à son chevet dés qu’il sera installé à l’étage, une infirmière viendra vous donner le numéro de sa chambre. Si quelqu’un veut passer les tests de compatibilités, il peut s’adresser à notre service dans les jours à venir.

- Moi, je veux faire les tests, dit une voix claire derrière le médecin.

Le docteur Jones pivota sur lui-même pour se retrouver nez à nez avec une jeune fille d’origine asiatique au regard déterminé.

- Excusez- moi, mais, vous êtes ? questionna le médecin, aussi surpris par cette intervention que tout un chacun.

Lisa s’était discrètement approchée du groupe pour entendre leur conversation sans qu’aucun d’eux ne s’en aperçoive.

- Elisabeth Nakamura, mon père s’appelait Bart Bass, reprit-elle sur un ton de défit qu’ils connaissaient tous pour l’avoir déjà entendu des centaines de fois dans la voix de Chuck.

En une fraction de seconde, ce qui avait échappé à tous devint aussi clair que de l’eau de roche.  En la regardant à présent, c’était si évident qu’aucun ne formula la moindre objection à son affirmation.

- Vous avez bien dit que le fait d’être de la famille augmentait les chances de compatibilité non ? questionna Lisa pour la forme.  Alors où dois-je me rendre pour savoir si je peux sauver la vie de mon frère ?

- Je vais prévenir une infirmière, elle viendra vous chercher dans quelques minutes pour tout vous expliquer répondit le docteur Jones en quittant le hall.

Chacun resta muet tant cette nouvelle les interpellait.  Seul Esteban s’approcha de Lisa, prenant ses mains dans les siennes.

- Tu es certaines que tu veux faire ça, tu sais il y a des risques pour les deux personnes et …

La jeune femme ne lui laissa pas le temps de continuer, ses yeux lançaient des éclairs.

- C’est mon frère, la seule famille que j’ai et le seul qui ne se soit jamais comporté comme tel de toute ma vie. De plus, c’est à cause de moi s’il est dans cet état.

- Comment ça ? Tu sais ce qui s’est passé ? demanda Nate, réalisant soudain que les vêtements de la jeune femme étaient couverts de sang.

- Tu m’adresses la parole maintenant ? cingla-t-elle

- Mais je n’ai  jamais…, balbutia Nate pris au dépourvu devant son agressivité.  Elle était presque pire que Chuck.

- Tu n’as jamais quoi ? Dit à Chuck qu’il m’utilisait comme une pute pour que je séduise le fiancé de Blanche Neige ? répliqua-t-elle en indiquant Blair qui tressaillit.

- Je … ce n’est pas …, reprit Nate de plus en plus mal à l’aise face à cette furie.

- Quoi ? Tu ne voyais pas pourquoi d’autre il aurait bien pu me fréquenter n’est-ce pas ? Une pauvre paumée qui ne s’habille pas en Prada et compagnie et qui a besoin d’argent pour vivre. Et par vivre, j’entends acheter de la nourriture.

- Lisa s’il te plaît, dit Esteban en posant une main sur son bras.

- Oui, dit Lili avec un regard sévère, s’il vous plaît, je voudrais savoir ce qui est arrivé à mon fils ce soir pour qu’il se retrouve poignardé aux urgences de cet hôpital.

Devant l’inquiétude de la mère adoptive de Chuck, l’agressivité de Lisa fondit comme neige au soleil.  Elle avait bien compris qu’elle avait une place toute particulière dans le cœur de son frère et qu’elle remplissait un peu le vide que leur père y avait laissé. Cependant elle n’avait aucune intention de baisser sa garde devant tous ces inconnus.

- Il est venu à mon secours et a été poignardé par l’homme qui m’attaquait, répondit-elle simplement, se contentant de s’en tenir aux faits sans les détailler.

- Mademoiselle Nakamura, appela une infirmière depuis le couloir où avait disparu le médecin quelques minutes plus tôt.

La jolie brune ne se fit pas prier pour disparaître aux regards interrogateurs du petit groupe. Elle savait qu’elle devrait donner des explications tôt ou tard, mais elle préférait que ce soit le plus tard possible.

Seule B avait les yeux au sol, elle pensait à la conversation qu’elle avait eu quelques jours plutôt à propos de cette fille. Car oui, le comble c’était qu’elle avait été jalouse de cette pauvre clodo car elle pensait qu’elle avait pris sa place dans le cœur de Chuck et surtout, elle arrivait à le faire sourire et à le rendre heureux alors qu’elle-même n’y était plus parvenue depuis longtemps.

A l’heure actuelle pourtant, elle aurait tout donné pour pouvoir le voir sourire encore à cette fille.


katido  (21.01.2012 à 01:04)

43.   Souvenirs de Famille

Lili s’avança dans le couloir et inspira un grand coup devant la porte de la chambre 2110.  

Chuck reposait sur le lit, anesthésié par les médicaments. Le dialyseur, installé à la tête du lit était un appareil imposant qui servait à purifier son sang.   

Lili s’approcha et posa une main sur celle de son fils. Il ne réagit pas, comme elle s’y attendait. L’infirmière lui avait dit qu’il pouvait dormir encore plusieurs heures et elle avait renvoyé ses amis chez eux pour la nuit. Ca ne servait à rien qu’ils passent tous la nuit à la clinique. Il valait bien mieux qu’ils reviennent voir Charles demain, quand il serait réveillé. Et surtout, elle voulait être celle qui lui apprendrait la nouvelle.

Elle approcha le fauteuil et s’installa du mieux qu’elle le pouvait. Peu importe le temps qu’elle passerait assise dans ce siège. Elle voulait être là pour son fils quand il se réveillerait. Elle ne voulait pas qu’il reste seul. Il l’avait déjà été bien trop longtemps, bien trop souvent.

Elle ne cessait de lui répéter qu’il faisait partie de la famille, mais il restait résolument à l’écart. Il assistait aux repas et réunions de famille plus par obligation que par envie. Obligation envers elle, elle n’était pas dupe, s’il venait c’était uniquement pour lui faire plaisir.

Car un lien invisible les unissait. Bart avait été amoureux d’elle au point de l’épouser, ce qui lui valait le respect de Charles. Mais surtout, elle l’aimait et le considérait comme son propre fils et il avait une tendresse particulière, pour ne pas dire autre chose, à l’égard de la mère de substitution qu’elle était. Sans doute parce qu’elle était en réalité la seule qu’il ait jamais eu.

Charles avait pourtant tout fait pour l’en dissuader. Mais il n’avait jamais réussi. Les relations parentales et familiales étaient quelque chose de compliquées à gérer pour lui. Et après avoir vécu avec Bart, elle comprenait très bien pourquoi.

C’est pour ça qu’elle s’entêtait à maintenir sa relation avec lui. Même après qu’il ait couché avec Jenny, elle avait tenu tête à Rufus. Il disait que Chuck était une cause perdue, mais elle savait que c’était faux.

Charles avait surtout besoin d’apprendre à faire confiance aux autres et spécialement aux adultes, qui l’avaient toujours délaissé dans sa vie. Quelque soit le côté où l’on se tournait, aucun n’avait jamais été là pour l’aider à grandir et à devenir un homme équilibré.   

La seule chose qu’il avait apprise de la confiance, c’est que, si tu l’accordes à quelqu’un, il s’en sert pour te blesser. Bart le lui avait enseigné très tôt et n’avait eu de cesse de le lui répéter. C’était comme une sorte de crédo qu’il appliquait dans ses affaires comme dans sa vie privée, y compris dans l’éducation de son fils.

 

Le pire dans cette tragédie, c’est que c’est à une de ces mêmes personnes, qui avaient si souvent fait défaut à Charles, qu’elle devrait demander de l’aide pour lui donner un organe et lui sauver la vie.

A moins que cette petite ne soit compatible. Elle n’était pas étonnée qu’elle soit la fille de Bart. En fait, elle était plutôt surprise qu’une quirielle de jeunes gens n’ait pas débarqué à l’ouverture du testament.

Mais il est vrai que Bart savait être plus que persuasif, et il obtenait toujours ce qu’il voulait, même de Charles. Le problème était qu’il ne le lui disait jamais. Il l’avait maintenu dans un sentiment d’échec toute sa vie, pensant que c’était la meilleure façon de le faire progresser et de faire de lui quelqu’un de fort et de puissant.

Bart ne voulait pas que son fils soit faible et il ne lui passait rien. Malheureusement pour Charles, l’amour et tous les sentiments en général faisait partie des faiblesses que condamnait son père.   

Chuck gémit et Lili s’approcha de lui, il remua un peu mais n’ouvrit pas les yeux. La douleur devait être affreuse et le voir relier à cette horrible machine lui serrait le cœur.

Un petit coup frappé à la porte attira son attention.

- Lili ? dit timidement Blair.

La timidité n’était pourtant pas un trait de caractère chez elle. Mais, les circonstances étant ce qu’elles étaient.

Lili connaissait les liens qui unissaient son fils à la jeune femme jusqu’à il n’y avait pas si longtemps. La voir se fiancer à un autre avait vraiment été une torture pour lui et elle savait qu’il en souffrait toujours, même s’il s’en défendait.

- Blair, dit la mère adoptive de Chuck en posant un regard un peu réprobateur sur celle qui faisait battre le cœur de son fils, je croyais que tu étais rentrée avec Nate et Serena.

B secoua la tête négativement, sans pouvoir émettre aucun son.

- Allez viens, dit Lili en lui adressant un  geste de la main

Elle n’avait jamais vu Blair aussi silencieuse et elle la connaissait pourtant depuis toujours.

- Puisque tu es là, je vais en profiter pour aller me chercher un petit café et me dégourdir un peu les jambes.

Lili se leva, complice, et quitta la chambre pour lui laisser un peu d’intimité avec Charles. Cela ne pourrait lui faire que du bien que la jeune fille dont il était éperdument amoureux soit venue à son chevet.  


katido  (21.01.2012 à 01:07)

44.   Point de Rupture 

B s’approcha du lit où Chuck reposait. Il était si pâle. Elle frissonna en pensant que sa vie ne tenait qu’à un fil de plastique. Il avait toujours été le grand Chuck Bass à ses yeux. Même quand elle le détestait. Même quand il était odieux. Elle n’avait jamais douté de sa puissance. Elle était aussi tombée amoureuse de lui pour ça.

Elle avait longtemps pensé qu’il n’avait pas de cœur. Avant de le découvrir, comme un trésor saccagé, enfuit au plus profond de lui, bien à l’abri des regards indiscrets. Et aujourd’hui, elle savait que s’il devait s’arrêter de battre, le sien s’arrêterait aussi.

Elle s’installa sur le siège et glissa sa main dans la sienne qui était glacée, puis,  posa sa tête sur son bras, au bord des couvertures pour ne pas le gêner ni le blesser plus qu’il ne l’était déjà.

C’est à peine si elle osait respirer. Elle ferma les yeux. Elle n’avait pas pu quitter la clinique avant d’être sur et certaine qu’il était bien vivant. Elle avait besoin de le voir, de le toucher, de lui faire savoir qu’elle était là, à ses côtés, qu’elle serait toujours là !

Chuck perçu une présence dans le brouillard. Il avait la tête dans du coton et ses paupières étaient lourdes. Sa bouche était pâteuse et une douleur lancinante se faisait sentir dans tout son corps.

Il sentit une main chaude se glisser dans la sienne et le parfum de ses cheveux parvint jusqu’à ses narines. Il savait que c’était elle. De son pouce, il caressa le dos de la main de sa bien-aimée et lutta contre lui-même pour ouvrir les yeux.

La lumière l’aveugla un instant, avant qu’il ne puisse distinguer les contours de son visage.

Elle avait relevé la tête et l’observait en retenant son souffle, les yeux noyés de larmes.

- Hey, dit-elle tout bas en constatant avec soulagement qu’il était réveillé.

- Hey, répondit-il avec un faible sourire.

Elle serra sa main un peu plus fort et la porta à ses lèvres. Puis, elle s’assied sur le bord du lit et caressa son visage.  

- Lisa ? s’inquiéta-t-il, alors que les dernières heures lui revenaient en mémoires.

- Chut ! dit Blair en posant un doigt sur les lèvres asséchées du jeune homme. Le médecin dit que tu dois garder tes forces, alors ne les gaspille pas. Lisa va bien, elle est en sécurité.

Il referma les yeux, rassuré sur le sort de sa sœur. Il était épuisé. Il sentit Blair déposé une série de baisers, sur son front, sa tempe, puis sa pommette.

- Surtout ne me laisse pas, l’entendit-il murmurer à son oreille avant de glisser à nouveau vers les abîmes. Ne me laisse pas, j’ai besoin de toi, je ne peux pas vivre sans toi.

*******

Blair rentra chez elle, épuisée elle aussi. La soirée avait été forte en émotions et elle sentait d’instinct que ce n’était pas prêt de se terminer. Elle ne serait pas tranquille tant que Chuck ne serait pas totalement sorti d’affaire. Le médecin avait beau se montrer rassurant sur son état de santé « stabilisé », il n’en restait pas moins qu’il était désormais en sursis.

Elle ne l’avait encore jamais envisagé, pas une seule seconde, même lorsqu’elle avait appris qu’il s’était fait tiré dessus, l’année précédente, car elle savait qu’il allait bien avant d’apprendre la nouvelle. Mais, cette fois, les choses étaient différentes.

Elle avait réellement peur de l’avoir perdu pour toujours. Et cela ne tenait pas seulement à l’éventualité que Lisa ou Jack ou qui que ce soit puisse lui procurer le rein dont il avait tant besoin, même si c’était la première des priorités.

Non, elle avait compris ce soir qu’il avait tiré un trait sur leur relation. Il était sincère, sur la terrasse et elle devrait batailler ferme pour le faire revenir sur sa décision. A la condition qu’il accepte encore de lui adresser la parole lorsqu’il aurait découvert comment le beau-père de Lisa avait retrouvé la trace de sa sœur.

Une douleur sourde lui étreint le cœur à l’idée que ses manigances pour éloigner la jeune fille soient à l’origine des blessures de Chuck. Elle ne se le pardonnerait jamais et redoutait la réaction de celui qu’elle aimait plus que tout et qui se battait pour sa vie en ce moment même.

Elle savait combien il pouvait se montrer cruel. Il serait furieux quand il comprendrait son implication dans cette histoire. Sa sœur aurait pu être blessée elle aussi … ou peut-être même pire. Elle n’osait imaginer ce qui se serait passé si Chuck n’était pas intervenu et ne connaissait que trop l’étendue des dégâts qui en découlaient.

Elle pénétra dans son appartement et remit son manteau à Dorota sans un mot.

- Votre prince vous attend dans le salon, Mademoiselle, dit la bonne d’un ton empressé et plein de reproches, vu l’heure à laquelle rentrait la propriétaire des lieux.  

Elle avait déjà pris son service depuis un quart d’heure au moins !

Blair tenta de faire disparaître la boule coincée dans sa gorge.  Elle se devait de prendre les problèmes dans l’ordre, les uns après les autres. C’était la seule façon de faire face à la situation.

- Où étais-tu ? interrogea Louis en l’apercevant depuis le sofa.

- A l’hôpital, j’y ai passé le reste de la nuit.

Une lueur d’inquiétude passa dans le regard du prince.

- Tu es malade ? questionna-t-il, ne constatant aucune blessure apparente sur le corps de sa fiancée.

- Pas moi, non. C’est Chuck, il y a eu …

Mais Louis ne l’écoutait plus. A la seconde même où il l’entendit prononcer le nom de Chuck, la colère remplaça le voile d’inquiétude dans ses prunelles.

- Je n’arrive pas à y croire, tonna-t-il. Tu es restée toute la nuit avec lui !

- Il est gravement blessé, voulu expliquer B, gagnée par la colère elle aussi.

- Ca m’est égal ! Quelle que soit la raison, tu trouves toujours une bonne excuse pour te retrouver auprès de lui. Et je ne vois qu’une seule explication à ton attitude.

- Je l’aime, cria Blair presque malgré elle.

Elle n’avait pas eu l’intention d’être aussi brutale mais elle était soulagée de pouvoir mettre fin à cette comédie.

- Je l’aime et je l’aimerai toujours… Je n’ai jamais aimé que lui, continua Blair sur sa lancée maintenant que le mal était fait.

Louis la dévisagea, interdit. Il le suspectait depuis toujours mais le fait qu’elle le reconnaisse donnait une réalité à ses sentiments contre laquelle il ne pouvait pas lutter.

- Je vois, dit-il d’un ton froid. J’enverrai quelqu’un récupérer mes affaires dés demain. L’attaché de presse du palais se chargera du communiqué concernant l’annulation du mariage.

- Je suis désolée, murmura B

- Moi aussi …. Je suis désolé… De t’avoir accordé ma confiance… Et mon amour… J’ai bousculé le protocole pour toi…. Il faut croire que ma mère avait raison à ton propos…. Maintenant, si tu veux bien me rendre ma bague.

Blair ôta le rubis qui lui enserrait le doigt et le tendit à Louis qui s’en saisit.

- J’espère que ses blessures le feront souffrir encore longtemps, ajouta-t-il amer en quittant la pièce.


katido  (21.01.2012 à 01:11)

45.   Amitiés

Sa gorge lui faisait mal et ses yeux larmoyaient à nouveau lorsqu’elle réussit enfin à quitter le salon.

- Mademoiselle Blair ? s’inquiéta Dorota.

Les reproches sous entendus dans sa voix quelques minutes plus tôt n’étaient plus que de lointains souvenirs devant la détresse de la jeune femme.

- Est-ce que Monsieur Chuck va bien ?

La gouvernante n’avait pas pu s’empêcher d’entendre la conversation avec le prince de Monaco.

Blair se contenta de secouer la tête, incapable d’articuler tant sa gorge était serrée.

- Vous devriez monter vous reposer, je suis certaine que tout ira bien.  Monsieur Chuck est quelqu’un de fort.

Blair acquiesça, mais ses larmes redoublèrent et sa fidèle domestique passa un bras dans son dos pour l’accompagner jusqu’à sa chambre.

Le téléphone de B retentit annonçant un nouveau post de Gossip Girl :

« Aperçu, le prince noir étendu sur une civière du King’s County. Il se murmure que les successeurs sont déjà sur la ligne de départ mais, patience Messieurs, le roi de l’Upper East Side n’est pas encore mort aux dernières nouvelles.»  

- C’est si grave que ça ? s’enquit Dorota, impressionnée par la photo de Chuck, couvert de sang, à son arrivée aux urgences, quelques heures au par avant.

Les sanglots de Blair reprirent de plus belle tandis qu’elle posait son téléphone sur sa table de nuit et s’allongeait sur son édredon.

Dorota fut prise de remords en repensant à cette fameuse nuit où Monsieur Chuck était venu voir Miss Blair. Son seul souci avait été de la protéger, mais elle se demandait à présent si elle n’aurait pas mieux fait de l’avertir de la présence du jeune homme dans le hall.  Il semblait perdu et avait dit que seule Blair pourrait l’aider. Un lien puissant unissait ces deux êtres et elle se reprocha d’être intervenue dans leur destinée.

Quoi qu’il en soit, ce n’était pas le moment pour en débattre ou pour en parler. Mieux valait passer sous silence cet épisode, sinon elle pouvait d’ores et déjà faire ses valises pour la Pologne.   

Elle quitta la chambre au moment où la porte de la salle de bain commune s’ouvrit sur Serena, qui n’avait pas du beaucoup dormi. Les grandes cernes qui s’étaient formées sous ses yeux et sa mine défaite témoignaient de son inquiétude pour la santé de son frère.

Les pleurs de sa meilleure amie avaient attiré son attention depuis la chambre qu’elle occupait. La jolie blonde avait suivi les recommandations de Lili et était rentrée avec Nate chez les Waldorf.

Ils avaient besoin de se retrouver tous les trois après ce qui venait d’arriver. Chuck était l’un des leurs. Peu importe s’ils se disputaient parfois, ils avaient grandis ensembles, dans cet univers où les enfants se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes et aucun d’eux n’avaient échappé à la règle, même s’ils n’avaient pas tous été impactés de la même façon.

De plus, les liens fraternels qu’elle avait développés avec Chuck s’étaient resserrés au fil du temps. Il était agaçant au possible et pouvait carrément se montrer ignoble mais il était toujours là quand elle en avait vraiment besoin. Que ce soit pour elle ou pour Eric, ou pour n’importe lequel d’entre eux.

Elle s’installa sur le lit et serra Blair dans ses bras, partageant son inquiétude et son chagrin.

Nate les rejoignit dans la chambre et s’assied de l’autre côté de Blair. Il posa la main sur l’épaule de son amie, incapable de parler lui non plus.

La seule chose qu’il pouvait faire pour son ami était de prendre soin de Blair. C’était ce que Chuck lui aurait demandé s’il avait été  là. Mais il n’était pas là, il était allongé sur un lit d’hôpital et, à l’instar du post de GG, il ne doutait pas que cela en réjouisse plus d’un. Chuck avait le don de se faire détester.

Un demi-sourire éclaira son visage à la pensée des sales coups que Chuck avait fait à la plupart de ces pairs. Le prince noir ne les avait jamais épargnés, souvent avec sa complicité et pas toujours avec son consentement d’ailleurs. Evidement qu’ils se pressaient au portillon pour prendre sa place !

Mais Chuck n’avait pas dit son dernier mot. Il connaissait la ténacité et l’entêtement de son meilleur ami et il comptait sur ceux-ci pour le sortir de ce mauvais pas. Il refusait de se laisser aller au pessimisme. Chuck Bass ne se laisserait pas abattre.

Les sanglots de B se muèrent peu à peu en lents gémissements au fur et mesure que sa respiration s’apaisait. Nate pivota un peu et s’installa sur l’édredon pour l’entourer de ses bras. Il posa sa main sur celle de sa petite amie qui enlaçait Blair de l’autre côté. Cette dernière pleurait maintenant doucement, la tête posée sur l’épaule de sa meilleure amie. 

Serena leva les yeux sur son petit ami. Ses yeux étaient rougis et son visage creusé par l’inquiétude qui le rongeait. Après avoir informé Gillian et Macy, Nate l’avait rassurée jusqu’à l’arrivée de Blair, mais elle n’ignorait pas qu’en son fort intérieur il était fortement ébranlé par ce qui s’était passé ce coir.

La jolie blonde connaissait le lien aussi étroit qu’étrange qui le liait à Chuck. Ce dernier était peut-être son frère adoptif, mais il était comme un frère pour Nate depuis leur plus tendre enfance. Et même s’ils avaient été en froid ces derniers temps, il ne faisait aucun doute qu’ils se réconcilieraient comme à leur habitude. Même si cette fois ce n’était pas autour d’un verre de scotch !

Blair finit par s’assoupir, apaisée par la présence de ses amis à ses côtés. Le silence  s’installa dans la chambre et Serena sombra dans le sommeil elle aussi. Nate ferma enfin les yeux, mais il ne pouvait trouver le repos. Les accusations qu’il avait proférées à l’encontre de Chuck ne cessaient de tournoyer dans son esprit.

Tout à l’heure ils iraient le voir et il s’excuserait à nouveau pour son attitude envers Chuck et envers Lisa. Il ne laisserait pas tomber son meilleur ami. Dans quelques semaines ils reprendraient tous le cours de leur vie et toute cette histoire ne serait plus qu’un mauvais souvenir.

Il s’enfonça lentement dans les limbes et rêva d’un voyage sur une île paradisiaque à l’autre bout de la terre où il n’était question que de plongée et de navigation sur un voilier qu’ils partageaient tous les quatre.


katido  (21.01.2012 à 09:17)

46.   Réveil  

Lisa poussa doucement la porte de la chambre 2110 de King’s County Hospital Center et s’avança en silence jusqu’à Chuck. Sa mère adoptive s’était assoupie sur son magasine de mode, dans le fauteuil installé de l’autre côté du lit.

La jeune fille effleura le bras de son frère, dans lequel les médecins avaient introduit une aiguille qui le reliait par un tube en plastique au dialyseur. L’appareil, qui devait l’aider à rester en vie jusqu’à la transplantation, était impressionnant.

Elle pria de toute son âme pour que les résultats des tests qu’avait effectués l’infirmière soient concluants. Le médecin avait insisté pour la garder en observation quelques heures après les prélèvements nécessaires et les évènements traumatisants de la nuit.

Des flashs du drame crépitaient sans cesse devant ses yeux. Elle revoyait les scènes encore et encore et le calmant que lui avait administré une autre infirmière n’y avait rien changé. Elle était incapable de suivre les conseils du personnel médical. Se reposer était impossible pour elle.

Pas tant qu’elle n’aurait pas vu Chuck ! Aussi, avait-elle décidé de mettre en quête de sa chambre, contre avis médical.  Au moins tant qu’elle était hospitalisée, elle n’était pas très loin de lui. Et elle n’avait aucune envie de rentrer dans l’appartement de toute façon.

Quelqu’un frappa doucement à la porte et Esteban apparu dans l’embrasure. Lisa posa son index sur ses lèvres et se dirigea vers lui à pas de loup, comme elle était venue.

- Est-ce que ça va ? demanda ce dernier à voix basse, une fois dans le couloir.

- Ca ira mieux quand je saurai que je peux aider mon frère ! Tu as trouvé ce que je t’ai demandé ?

Le jeune cubain acquiesça et lui tendit un sachet.

- J’ai du faire plusieurs drugstores, ça ne se vend pratiquement plus ces trucs là !

- Je sais, répondit-elle en sortant une boîte de carton qu’elle entreprit d’ouvrir.

- Pourquoi en voulais-tu absolument ? Tu n’as pas besoin de ça ici. Il y a tout ce qu’il te faut pour ça.

- C’est juste quelque chose qui me tient à cœur, dit Lisa en se dirigeant vers le bureau des infirmières.

Esteban la suivit sans rien comprendre à ses agissements.

- Excusez-moi, dit son amie à l’infirmière occupée à rédiger des notes dans un grand cahier quadrillé, auriez-vous un feutre indélébile à me prêter s’il vous plaît ?

La femme rondelette remonta ses lunettes et la considéra un instant avant de se mettre en quête de l’objet demandé par la jeune fille sous une pile de documents entassés sur le pupitre.

- Voici, dit-elle d’une voix qui résonnait comme un avertissement, mais il s’appelle revient !

- Pas de problème, lui sourit Lisa, je n’en n’ai que pour un instant.

Elle noua le bout de tissus qu’elle avait extirpé de la boîte en carton quelques instants plus tôt et y dessina ses initiales à l’encre noir.  

- Qu’est-ce que tu fais ? questionna encore Esteban

- Il faut que je retourne voir Chuck, c’est un truc entre nous, fut tout ce qu’elle lui donna comme explication.

Il la regarda s’éloigner dans la direction d’où ils venaient, après avoir remis le feutre en main propre à l’infirmière assise derrière le bureau.

- Attend !…  Il faut que j’y aille, dit-il un peu mal à l’aise de la laisser seule dans ce moment difficile. Mon proprio m’a appelé et la police aussi.

Lisa grimaça et se raidit lorsqu’il prononça le mot « police » Elle n’avait jamais été en bons termes avec les forces de l’ordre.

- Je suis désolée, se reprit-elle, ton appartement a été saccagé.

- Ce n’est pas ta faute !

- J’aurai du te prévenir que j’étais une fille à problèmes quand tu m’as proposé de me ramener le premier soir devant l’Empire.

- Ca, je m’en suis aperçu assez vite, dit-il en souriant.

Il posa sa main sur celle de la jeune fille qui se tourna vers lui et déposa un baiser timide sur les lèvres du jeune homme.

- Merci de m’avoir quand même accueillie, souffla-t-elle, avant de poursuivre son chemin.

Elle toqua fermement à la porte en entendant des voix dans la chambre.

Lili avait le visage grave et Chuck, qui s’était réveillé, regardait intensément la couverture. Sa  mère l’avait surement informé de son état de santé. Il leva la tête vers Lisa quand elle franchit le seuil de la chambre et une lueur éclaira un instant son regard sombre.

- Lisa, dit-il d’une voix un peu trop réjouie, avant de noter qu’elle portait une blouse d’hôpital sous son peignoir. Tu vas bien ?

- Je vais bien, oui ! Mieux que toi en tout cas ! dit sa sœur d’un ton triste.

Elle vint s’asseoir sur le bord du lit, d’où elle l’avait observé dormir.

Il posa sa main sur la sienne et leurs regards se croisèrent en silence. Elle glissa quelque chose dans sa paume en même temps qu’elle se penchait pour l’embrasser sur la joue.

- Merci d’être venu, reprit-elle tout bas.

- Toujours, répondit-il.


katido  (21.01.2012 à 09:21)

47.   Rattrapée par son passé   

Blair, Nate et Serena sortirent de la limousine pour s’engouffrer dans le hall de l’hôpital pratiquement en courant. Nate appuya nerveusement sur le bouton de l’ascenseur tandis que Blair trépignait à côté de lui.

Depuis leur départ de l’appartement des Waldorf, après le coup de fil de Lili à sa fille, aucun d’eux n’avait prononcé un seul mot. Serena n’avait cessé de broyer la main de son petit ami dans la voiture et Blair de se mordiller la lèvre inférieure. Quant à Nate, il s’était obligé à regarder les blocs d’immeubles défilants devant ses yeux pour se focaliser sur quelque chose. 

Le trajet jusqu’à la chambre de Chuck leur sembla durer une éternité. Ils y pénétrèrent l’un à la suite de l’autre pour constater de visu, avec soulagement, qu’il était bel et bien réveillé.

Il avait repris un peu de couleur et était assis dans son lit. Le dialyseur dans son dos était silencieux et l’aiguille d’un baxter remplaçait celle qui servait à le relier à l’appareil dans le cathéter que le médecin avait placé sur son bras.

Lili et Lisa s’entretenaient toutes les deux avec lui, chacune d’un côté du lit.

- Je vais vous laisser, dit la jeune fille en apercevant les nouveaux arrivants. Je repasserai tout à l’heure.

Elle jeta un coup d’œil à son frère qui lui répondit par un regard réprobateur.

- Non, reste ! dit-il en lui attrapant la main.

Blair déglutit avec peine avant de venir se placer aux côtés de Lili.

- Bonjour ma chérie, dit cette dernière à l’adresse de Serena. Vous avez pris le temps de passer prendre des affaires  à l’Empire ?

- C’est moi qui les ai, on y est allé hier soir, tout de suite après avoir quitté l’hôpital, répondit Nate en lui tendant un petit sac.

Lili prit le sac des mains de Nate et se dirigea vers la salle de bain attenante, heureuse de pouvoir échapper un instant à l’atmosphère lourde de la chambre.

- Hé, ne faites pas ces têtes, je ne suis pas encore mort, dit Chuck avec son petit sourire cynique.

- En tout cas, tu peux te vanter de nous avoir fait peur, ajouta Nate avec sérieux.

- Ca oui, renchérit Serena qui s’avança vers lui pour l’embrasser.

Passant devant sa meilleure amie, elle posa une main réconfortante sur l’avant bras de celle-ci pour apaiser son trouble.

Blair était tétanisée, elle sentait les larmes se former sous ses paupières et ses jambes tremblées. Elle faisait appel à toutes les forces de son corps pour ne pas s’effondrer, mais elle ignorait combien de temps elle tiendrait. Elle s’appliqua à respirer lentement pour évacuer la bouffée de stress qui la gagnait.

Elle croisa le regard de Lisa, en face d’elle, qui l’observait, et fut étonnée par la compassion qu’elle y découvrit, ce qui ne fit qu’accroître son sentiment de culpabilité et son mal être.

On frappa à la porte et un agent en uniforme se présenta sur le seuil de la pièce.

Blair vit Lisa se transformer sous ses yeux. L’inquiétude qui lui étreignait le cœur n’avait rien à envier à l’angoisse qui submergeait la sœur de Chuck en cet instant. Ses mains commencèrent à s’agiter et Lisa les serra l’une contre l’autre pour tenter de stopper le tremblement.

- Monsieur Bass ? interrogea le policier, sans attendre de réponse. Je suis l’agent Attaway et voici mon collège l’agent Borowski, dit-il en désignant son acolyte derrière lui. Nous avons besoin de votre déposition concernant les évènements qui vous ont amenés ici la nuit dernière. Savez-vous où se trouve Mademoiselle Nakamura ? Elle n’est pas dans sa chambre.

Chuck jeta un regard à sa sœur et constata qu’elle était livide. Il prit sa main dans la sienne pour la rassurer avant de répondre d’un ton ferme.

- Elle est ici avec moi, mais nous attendrons la présence de notre avocat pour répondre à vos questions.

Chacun échangea un regard circonspect avec les autres.

- Lili peux-tu te charger de l’appeler ? continua Chuck

- Bien entendu, répondit-elle en quittant la pièce, le gsm à la main.

-  Mais nous n’avons besoin que d’une déposition, plaida l’agent B.

- Et vous l’aurez, dés que Maître Jacquard sera là, s’entêta l’héritier Bass. En attendant, si vous voulez bien nous laisser. Je ferai part au maire de votre courtoisie.

L’agent A et l’agent B se retirèrent sans la moindre protestation. Ils savaient à qui ils avaient à faire et n’avaient aucune intention d’être affectés à la circulation jusqu’à la fin de leur carrière.

- Est-ce que ça va ? s’enquit Chuck en se tournant vers Lisa autant que ses blessures le lui permettaient.

Sa sœur secoua la tête, incapable de prononcer un seul son.

- Y a un problème ? s’alerta Nate, notant lui aussi les spasmes qui agitaient les mains de la jeune fille.

Aucun d’eux ne savait clairement ce qui s’était passé. Les explications de Lisa avaient été plus qu’expéditives pendant la nuit.

Cette dernière jeta un regard suppliant à son frère.

- OK, dit le roi de l’UES après un court silence.  Nate, j’ai besoin que tu contactes Andrew Tyler pour moi. Je veux tout ce qu’il y à savoir sur Hanck Richmont, il saura qui c'est, dans moins de 24 heures.

- C’est déjà fait, dit le beau brun en sortant de la pièce à son tour.

Une tonne de questions lui brûlait les lèvres, mais il avait une dette envers son meilleur ami et sa sœur. Et quoi qu’il se soit passé cette nuit, ce n’était apparemment pas le moment d’en discuter.  

- Tu as besoin d’autre chose ? questionna Serena, touchée elle aussi par le tourment visible de celle qui n’était qu’une inconnue pour elle mais qui comptait sans aucun doute possible pour son frère.

- Juste d’un petit aparté avec mon autre sœur, dit-il le plus sérieusement du monde. Pouvez-vous occupé Lili encore une quinzaine de minutes ?

La  blonde acquiesça et entraîna Blair, qui n’avait toujours pas bougé, à sa suite.

Cette dernière posa un pied devant l’autre sans trop savoir comment, jusque dans le couloir. Andrew Tyler allait forcément apprendre à Chuck que c’était elle qui avait appelé cet horrible type et qu’elle était responsable de tout ce qui en avait découlé.


katido  (21.01.2012 à 09:27)

48.   Remords

Serena se retourna vers B qui s’était adossée le long du mur du corridor en quittant la chambre de Chuck.

- Tu vas bien ?

Blair lui fit signe que oui et l’envoya au devant de Lili qui arrivait, d’un geste de la main.

En réalité, elle n’allait pas bien du tout. Son cerveau envisageait vainement toutes les solutions possibles pour se sortir de la situation à laquelle elle devrait bientôt faire face, sans qu’aucune ne soient valables. Le mieux était sans doute encore de lui dire la vérité avant que Chuck ne l’apprenne par son détective privé.

Elle ferma les yeux un instant et inspira profondément. Dés qu’il en aurait terminé avec sa sœur, elle irait le voir pour tout lui expliquer. Mieux valait qu’il l’apprenne de sa bouche.

- Tout se passera bien, entendit-elle depuis l’autre côté de la porte restée à peine entre ouverte.

- Pour toi, surement, répondit Lisa d’une voix tremblante. Mais moi, je suis déjà dans leurs fichiers et maintenant je suis majeure.

- Hé, c’était de la légitime défense ! Dieu sait ce que ce type t’aurais fait si...

La voix de Chuck se brisa aux souvenirs de l’agression de sa sœur durant la nuit précédente. Il reprit après quelques instants.

- Il n’est pas question que tu te retrouves enfermée à nouveau pour t’être défendue contre ce salopard. Je te promets que le seul à se retrouver derrière des barreaux  ce sera lui. Mon avocat y veillera. Je serais mort si tu ne m’avais pas sorti de là.

- Par ce que je t’ai appelé au secours, pleura-t-elle. C’est ma faute si tu es dans ce lit aujourd’hui. 

- Le seul responsable, c’est ce détraqué qui t’a servi de beau-père et a abusé de toi quand tu étais enfant. C’est lui qui m’a poignardé, pas toi, n’inverse pas les rôles, martela son frère sans appel.

- Peut-être, mais je n’aurai jamais du t’entraîner là dedans. Ni toi, ni Esteban.

- Ne te tracasse pas pour Esteban, je paierai son proprio pour les dégâts occasionnés et s’il faut, je lui louerai un studio bien mieux que celui là.

- Et qui te dédommagera toi pour le préjudice, hein ? Même si, par miracle, je suis compatible à 100 % et que je peux te donner un de mes reins, il n’en restera pas moins que tu devras en subir les conséquences toute ta vie et ça, même ton argent ne pourra rien y changer, explosa Lisa.  Et si jamais je ne suis pas compatible ?

Elle éclata en sanglots à l’idée de ce qui lui traversait l’esprit.

- Tout ira bien, dit-il pour la consoler autant que pour tenter de se convaincre lui-même. Des tas de gens vivent dans l’attente d’une greffe et des tas d’autres mènent une vie quasiment normale après.

- Et plein d’autres meurent avant de recevoir l’organe dont ils ont besoin, sanglota-t-elle de plus belle. C’est pas juste. Pourquoi faut-il que le malheur soit contagieux ? Pourquoi faut-il toujours que les gens que j’aime soient condamnés au pire ?

Chuck se releva malgré la douleur que lui infligeaient ses blessures. Elle n’était rien comparée à celle qui lui déchirait le cœur. Il comprenait parfaitement le désarroi de sa sœur. Il l’attira doucement contre lui. Elle se laissa faire, pleurant toutes les larmes de son corps sur son épaule.

- Ne sois pas si dure avec toi-même, murmura-t-il. Le malheur est mon compagnon depuis toujours, il ne t’a pas attendu pour s’inviter dans ma vie.

Il sortit le mouchoir sur lequel Lisa avait inscrit ses initiales, et qu’elle lui avait glissé dans la main, de sous l’oreiller où il l’avait enfuit et le lui présenta. Elle sourit à travers ses larmes.

- Merci, mais j’ai déjà le mien, dit-elle moitié pleurant, moitié riant, en sortant celui brodé aux initiales de son frère, de la poche de son peignoir. Il ne me quitte jamais depuis que tu me l’as donné. Et j’espère bien que tu conserveras celui-là, même si c’est vrai qu’il fait plutôt pitié à côté de celui que toi tu m’as donné.

- Pas du tout, il est parfait, répondit Chuck, sa voix trahissant son émotion, en lui souriant.

Lisa lui sourit en retour et tamponna ses larmes.

- Je vais me passer un peu d’eau sur le visage, dit-elle en s’éclipsant dans la salle de bain.

Dans le couloir, Blair passa sa main sur son visage elle aussi.  Mais elle n’eut pas le temps d’esquisser le moindre geste vers la porte, tout à côté. Lili revenait accompagnée de Serena et de Maître Jacquard,  flanqué d’un de ses collaborateurs.

Elle n’eût aucune occasion de parler à Chuck en tête à tête de tout l’après-midi. Après un entretien avec les avocats. L’agent A vint prendre sa déposition tandis que l’agent B prenait celle de Lisa dans la chambre de la jeune fille.

Puis Rufus et Dan passèrent prendre des nouvelles de Chuck avec Eric, qui avait pris le premier train dés la fin des cours de la matinée. Son université n’était qu’a un jet de pierre, au plus grand soulagement de Lili. Heureusement pour elle, Jenny n’avait pas eu le mauvais goût de se joindre à eux.

Blair pensa avoir enfin une chance de s’entretenir avec Chuck à leur départ, mais Nate fit sa réapparition avec Gillian et Macy. Il avait un dossier sous le bras et elle n’avait pas besoin de le lui demander pour savoir qu’Andrew Tyler avait remis un premier rapport sur Hanck Richmont.

Le détective privé était réputé pour son professionnalisme et avait l’habitude d’accorder une priorité absolue à l’héritier Bass. Ce qui n’était pas étonnant vu ce que ce dernier le rétribuait pour ses bons et loyaux services.

Elle n’avait plus le temps maintenant, il ne lui restait plus qu’à attendre sa sentence.

Queen B quitta le King’s County en début de soirée, le cœur plus lourd encore que lorsqu’elle y était entré le matin. Chuck avait l’air de tenir le choc. C’était la seule pensée qui la réconfortait un peu.  Mais elle tremblait intérieurement en imaginant sa réaction.

Elle n’osait pas l’affronter. Pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après ce qu’elle avait entendu. Elle ne s’était pas trompée quand elle avait compris qu’il était proche de Lisa, même si elle n’avait pas pensé à une relation fraternelle. Et finalement, c’était pire, par ce qu’elle ne pouvait pas lutter contre sa sœur.

Avoir une famille était ce qui lui avait toujours manqué. Ce qui l’avait toujours fait souffrir. Elle avait même cru un temps pouvoir combler ce vide. Et voilà qu’aujourd’hui c’était sa jalousie qui avait failli lui enlever Lisa et qui lui couterait peut-être la vie. Cette fois, elle était certaine de l’avoir perdu à jamais.


katido  (21.01.2012 à 09:33)

49.   Faute avouée 

Blair se réveilla en sursaut et mis quelques secondes avant d’être rattrapée par la réalité. Elle était bien dans la chambre de Chuck à l’Empire, mais il n’était pas là !

Elle replongea la tête dans l’oreiller qui avait recueilli ses larmes pour respirer encore son odeur. Elle avait besoin de lui plus que jamais, mais elle savait que c’était impossible maintenant. Elle ferma les yeux pour mieux se retrouver au creux de ses bras, dans ses souvenirs.

******

Lisa entra à l’Empire et prit l’ascenseur qui menait directement au penthouse. Esteban avait dit qu’il lui déposerait ses affaires en venant prendre son service dans deux heures.

Elle n’avait pas le courage de repasser à l’appartement du jeune homme. Aussi avait-elle préféré qu’il la dépose directement ici. Chuck lui avait proposé de s’installer chez lui, dans l’ancienne chambre de Nate, qui logerait pour l’instant avec Serena chez les Waldorf. Esteban pouvait disposer de la chambre qui lui plairait dans l’hôtel.

Elle ouvrit la porte de la chambre de son frère pour y prendre les quelques effets qui lui manquaient et s’arrêta sur le seuil.

Queen B se leva d’un bond et lissa ses vêtements, dans lesquels elle s’était endormie la veille, après avoir appelé sa meilleure amie pour lui dire de ne pas l’attendre.

- Je ne savais pas que tu étais là, dit la nouvelle venue, gênée. Chuck ne m’avait pas dit que tu dormais ici.

- Il ne le sait pas, répondit Blair, un peu embarrassée elle aussi car elle se sentait prise en défaut.

- Je vois, commenta Lisa

- Tu vois quoi ? s’emporta Blair, agacée par cette fille qui l’éloignait de celui qu’elle aimait par-dessus tout.  Tu crois tout savoir parce que tu es sa sœur ! Mais tu ne sais rien du tout de ce qu’il y a entre Chuck et moi !

- Je sais ce que j’ai lu sur Gossip Girl, répondit Lisa d’un ton froid. Je sais que tu l’as laissé pour te fiancé à un autre. Et je sais que ça le fait souffrir plus que tout, parce qu’il t’aime comme un fou, même si je ne comprends pas pourquoi. Et je sais que tu l’aimes aussi, étant donné tout ce que j’ai vu et tout ce que tu étais prête à faire contre moi.

Blair voulu répondre mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Cette petite peste savait faire mouche aussi bien que son frère. Que pouvait-elle dire pour sa défense ? Rien ne pouvait excuser ce qu’elle avait fait.

Elle ramassa son sac et son manteau pour sortir de la chambre.

- Surtout prend bien soin de lui, dit-elle en passant à la hauteur de Lisa.

Cette dernière mit plusieurs secondes à réaliser la portée des propos de Blair. Elle la rattrapa par le bras alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans l’ascenseur.

- Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ? questionna Lisa  

B se tourna vers elle, interloquée.

- J’ai vu l’annonce dans le journal ce matin, à propos de l’annulation de tes fiançailles, reprit la sœur de Chuck. Tu l’aimes, il t’aime, alors qu’est-ce qui vous empêche de vous retrouver ?

- Demande à ton frère, jeta Blair sur un ton de défi.

- Tu crois vraiment que vous avez le temps de jouer à ça ?

Blair sentit à nouveau les larmes lui monter aux yeux.

- Il est déjà trop tard, j’ai tout gâché. Il ne me pardonnera jamais d’avoir attiré ce malade ici …. et moi non plus, répondit-elle d’une toute petite voix qui ne ressemblait pas à Blair Waldorf.

Lisa la regarda, ahurie.

-  Tu veux dire que … c’est toi qui a passé ce coup de fil à Hanck depuis New York ?

- J’étais persuadée que tu l’utilisais et … J’ai cru qu’il était tombé amoureux de toi et…  Je voulais lui prouver que tu n’étais pas digne de confiance et …. Et surtout …. Que tu ne pourrais jamais le rendre plus heureux qu’il ne l’a été avec moi. … Je suis vraiment désolée… Pour tout… En passant ce coup de fil….Je n’ai jamais imaginé…  dit B, qui ne pouvait plus retenir ses larmes.

- C’est pour ça que tu viens te cacher ici, au lieu d’être auprès de lui quand il a désespérément besoin de ta présence à ses côtés ? demanda Lisa d’une voix plus douce.

Blair releva son visage vers la jeune fille qui lui faisait face. Il n’y avait plus aucune trace de colère dans ses prunelles. Juste la même compassion que celle qu’elle avait vu le jour précédent dans son regard sombre, qui lui rappelait tant celui de Chuck.

- Moi aussi, je me sens coupable, reprit Lisa. Coupable de l’avoir appelé à l’aide, de l’avoir mêlé à mes problèmes. Mais la vérité, c’est que c’est Chuck qui a raison. Le seul coupable dans cette histoire, c’est mon beau-père. Il était déjà à New-York quand il a reçu ton coup de fil. Il a été renseigné par une entreprise de pompes funèbres du Vermont, à qui je devais encore de l’argent et qui avait ma nouvelle adresse à Brooklyn. Et ce n’est pas non plus de leur faute, ni la tienne. Tu n’es en rien responsable de ses blessures, pas plus que de l’agressivité de ce dégénéré.

B sentit un poids s’envoler de sa poitrine. Chuck n’avait plus aucune raison de lui en vouloir. Elle pouvait à nouveau le regarder en face et tenter de le convaincre qu’ils étaient faits pour être ensemble. 

- Tiens, dit Lisa, en lui tendant les objets personnels qu’elle devait ramener à son frère. Tu les lui donneras pour moi.

Blair acquiesça et monta dans l’ascenseur sans dire un mot, le sourire aux lèvres.


katido  (21.01.2012 à 09:38)

50.   Attraction fatale

Chuck somnolait sur son lit d’hôpital quand elle entra dans la chambre. Elle s’approcha sans bruit, pensant qu’il dormait.

Elle était repassée chez elle pour se changer et avait passé tout le trajet à préparer ses arguments. Elle n’espérait même pas qu’il soit facile à convaincre et avait bien l’intention d’utiliser tous les moyens dont elle disposait.

Elle posa le coffret contenant son gel douche, son parfum et autres, que Nate avait oublié dans l’angoisse de cette horrible nuit, sur la tablette de la table de nuit, trop impatiente de le toucher. Elle leva les yeux sur lui et constata qu’il ne dormait pas. Il la regardait intensément, de ce regard qui lui faisait chavirer le cœur.

Chuck avait senti son cœur s’emballer à la seconde où il avait reconnu son parfum. Il connaissait ses intentions. Il savait que la conversation qu’ils avaient eue avant que Lisa ne l’appelle à l’aide n’était pas terminée pour elle.

Il avait du s’occupé de Lisa la veille et elle avait respecté cette priorité. Il l’avait même trouvée étrangement silencieuse et discrète, contrairement à ses habitudes. Mais il n’ignorait pas que ce répit ne durerait pas. Surtout maintenant qu’il était en sursit. Elle ne se contenterait pas d’un non. Et elle n’hésiterait pas à exploiter chacune de ses faiblesses pour gagner la partie. Mais lui ne voulait plus jouer. Il n’avait plus le temps pour ça.

La phrase qu’elle avait prononcée le soir où il avait été amené ici, alors qu’il était à moitié conscient, résonnait encore dans sa tête. Il savait qu’elle était sincère. Et c’est aussi ce qui confirmait sa décision. Il ne pouvait pas lui faire ça, il n’en avait pas le droit. Plus vite elle passerait à autre chose, mieux ce serait pour elle.

- J’ai croisé ta sœur, dans ta chambre, ce matin en me réveillant, dit-elle tout de go en plongeant son regard dans le sien.

Elle avait bien l’intention de prendre l’avantage dés le départ. Elle s’assied sur le bord du lit et passa une main dans ses cheveux  tout en se penchant un peu vers lui pour qu’il puisse profiter de la vue imprenable sur son décolleté.

- Blair, arrête ça, murmura-t-il la bouche sèche.

- Arrêter quoi, minauda-t-elle en se penchant encore un peu plus pour l’embrasser sur la joue.

Il stoppa son geste de la main et elle en profita pour nouer ses doigts aux siens.

Il devait réussir à échapper à son attraction s’il voulait avoir la moindre chance de résister. Elle avait relevé ses cheveux pour dégager sa nuque, ça le rendait fou.

- Où est passé ton prince ? Est-il repartit à Monaco comme le laissait croire le dernier post de Gossip Girl ? tenta-t-il pour la détourner de son objectif. Mais la réponse qu’elle lui donna se retourna contre lui.

- Il y est oui. Tu n’as pas vu les journaux ce matin ? Les choses se sont dégradées entre nous, nous avons rompu nos fiançailles. Ces dernières semaines ont été horribles, on n’a pas cessé de se disputer. Louis avait compris que j’aurais toujours des sentiments pour toi, bien avant que je ne le reconnaisse.

Chuck fut tétanisé par ce qu’elle venait de lui dire. Le contact de sa main, qu’elle n’avait pas lâchée, le brûlait presque.

- Blair … dit-il le souffle court, sur un ton presque suppliant. Le jour du mariage approche et tu commences à paniquer mais …

- Il n’est plus question de mariage, je viens de te le dire. Si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à vérifier par toi-même.

Elle s’éloigna pour prendre le journal du matin, qui avait été déposé sur la table plus loin dans la pièce et qu’il n’avait pas encore pris le temps de consulter.

Il en profita pour récupérer une plus grande liberté de mouvement, il avait horreur d’être coincé dans ce lit, surtout en cet instant. Il avait besoin de pouvoir s’écarter d’elle pour ne pas être à sa merci. Il inspira une grande bouffée d’air avant de se mettre debout.

Elle revint vers lui pour lui présenter le journal qui faisait la Une avec l’annulation de son mariage royal.

- Mais … Qu’est-ce que tu fais ? questionna-t-elle en constatant qu’il s’était levé.

- Toi, qu’est-ce que tu fais ? répliqua-t-il en lisant les gros titres de loin. Tu as dit qu’il te rendait heureuse, qu’il rendait ta vie lumineuse…. tandis que moi …

- Tu as tes démons et ton côté sombre c’est vrai, mais Louis avait les siens lui aussi, tout comme moi. Et tu peux me croire, la lumière n’a pas durée bien longtemps. C’est même le noir total à présent et la seule flamme que j’entraperçois, c’est celle qui brûle pour toi dans mon cœur.

Il s’obligea à respirer lentement. Ses blessures le faisaient souffrir atrocement et il recula d’un pas pour prendre appui sur le bord du lit qu’il venait de quitter.

- Chuck, dit-elle à mi-voix devant la douleur évidente qui transparaissait sur son visage.

Elle s’approcha et voulu le prendre dans ses bras pour l’aider, mais il tituba de quelques pas pour se tenir à distance et reprendre son souffle. Lorsqu’il releva son visage vers elle, il s’aperçut qu’une larme roulait sur sa joue.    

- Arrête ça, dit-elle, au supplice de le voir dans cet état.

Une douleur sourde, provenant de son cœur, vint s’ajouter à celle qui irradiait dans le reste de son corps mais il n’en écouta aucune. Il venait de voir une faille dans le jeu de sa reine et il n’avait d’autre choix que de l’exploiter. Il devait tenter le tout pour le tout s’il voulait qu’elle s’avoue vaincue.

- Mais qu’est-ce que tu espères de moi ? l’interrogea-t-il avec difficulté. Tu ne vois donc pas que c’est ce que je suis maintenant ? Je suis condamné. Je suis peut-être déjà mort. 

Il avait dit ça d’un trait, presqu’en criant, car c’était la triste réalité.

- Tais-toi, hurla-t-elle en se jetant à son cou. Tais-toi, t’as pas le droit de dire ça, tu m’entends !

Chuck aurait souhaité mourir sur le champ. Il ne pouvait pas endurer la torture plus longtemps. Son cœur se débattait comme un fou dans sa poitrine. Il sentait son corps qui tremblait contre le sien qui tremblait aussi. Chacune de ses fibres n’aspiraient qu’à la prendre dans ses bras pour la serrer tout contre lui. Il aurait voulu pouvoir consoler sa peine, lui dire qu’il l’aimait et que tout irait bien, mais c’était impossible.

Elle prit son visage entre ses mains pour l’obliger à la regarder et plongea à nouveau ses yeux dans les siens. Il eut l’impression de se noyer, le souffle lui manquait à nouveau.

- Tu n’es pas encore mort…. Et si tu crois que tu vas me convaincre de renoncer à toi de cette manière, tu te trompes, reprit-elle, du ton le plus ferme qu’elle pu. Je ne cesserai pas de lutter, jusqu’à ton dernier souffle, ou le mien, tu m’entends. Que ce soit demain, ou dans une semaine, ou dans cents ans. Alors si tu choisis de te battre, tu as intérêt à être résistant, parce que je ne te ferai pas de cadeau.

Elle reprit son souffle, elle aussi, avant de reprendre, tandis que Chuck sentait son armure s’effriter.

- Ensemble nous sommes indestructibles, mais cela ne fonctionne que lorsqu’on joue dans la même équipe, c’est toi qui me l’as dit.  Et tu m’as dit aussi un jour que si j’oubliais que j’étais Blair Waldorf, je devais me souvenir que tu étais Chuck Bass, alors toi, n’oublie pas qui je suis, dit-elle pour tenter de le convaincre encore.

Sa carapace fondait comme neige au soleil, mais il n’osait plus croire à leur histoire malgré leur promesse de s’aimer toujours. Il ne supporterait pas de la perdre à nouveau, il savait que cette fois, il n’y survivrait pas et cela n’avait rien à voir avec la transplantation d’organe.

- Je ne l’oublie pas, mais je me suis promis que je ne te ferais plus jamais de mal et j’ai si peur de te perdre encore, lui confia-t-il la mort dans l’âme.

Elle le sentit faiblir et passa un bras autour de sa taille pour l’obliger à venir s’asseoir sur le lit. De l’autre main, elle puisa dans le coffret qu’elle avait ramené, pour lui donner une boîte minuscule qu’elle lui fit signe d’ouvrir du menton.

- Tu ne me perdras pas, tu ne m’as jamais perdue, je n’ai jamais cessé de t’aimer depuis cette nuit là, au Victrola, pas même une seule seconde. Et rien ne peut me faire plus de mal que lorsque tu me tiens à distance, comme en ce moment.

Chuck avait les yeux brillants, il contemplait le contenu du boitier comme un trésor. Il ne connaissait que trop bien la signification de cet objet pour sa dulcinée.

Blair prit le petit cœur en or et l’épingla à sa blouse d’hôpital.

- Je l’ai retrouvé, dans une boîte à chaussure pleine de vieux souvenirs, quand Nate à annoncé ses fiançailles et je me suis rendue compte que je ne l’avais jamais donné à celui à qui appartenait réellement mon cœur …. et mon âme.

Elle caressa son visage et déposa un baiser tendre sur les lèvres de Chuck.  Il lui rendit son baiser et l’attira, enfin, dans ses bras pour la serrer tout contre lui, comme le lui réclamait chaque cellule de son corps, qui continuait de trembler.

- Ne m’abandonne plus jamais ou j’en mourrai, souffla-t-il tandis qu’il resserrait son étreinte autour de la femme qu’il aimerait toujours.

- Plus jamais, je te le promets.

Elle posa à nouveau ses lèvres sur les siennes et Chuck sentit son cœur exploser du bonheur de la tenir entre ses bras. Peu importe ce qui se passerait dans les jours à venir, ce moment étaient à eux et il se promit qu’il vivrait chaque instant comme si c’était le dernier. Il n’avait plus de temps à gaspiller à être malheureux.


katido  (21.01.2012 à 09:47)

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