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HISTOIRE DE FAMILLE

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 22.12.2011 à 18h49
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Cette fic se situe à la fin de la saison 4 Lorsque tout le monde ou presque rentre à N.Y. » katido 

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51.   Recommandations Médicales 

Nate et Serena arrivèrent au King’s County en début d’après-midi.

- Tu as des nouvelles de B ? s’inquiéta le jeune homme.

- Non, pas depuis hier soir, quand elle m’a dit qu’elle dormait à l’Empire, et tu sais comme moi qu’il n’y a personne là-bas, puisqu’on en vient.

- On aurait peut-être du l’y rejoindre.

- Elle avait envie d’être seule, sinon elle serait rentrée à l’appartement

- Si tu tentais de la joindre à nouveau, proposa Nate.

- Elle ne décroche pas son téléphone. Je tombe directement sur sa messagerie, elle a du l’éteindre.

- Ca ne lui ressemble pas pourtant.

- Sauf quand elle est avec Chuck !

- J’espère bien, par ce que j’ai pas envie de lui dire qu’on a « perdu » Blair

- T’as pas un peu l’impression de dramatiser là ? B est une grande fille.

- Je sais, mais il m’a demandé de garder un œil sur elle et après ce qui s’est passé…

Serena se tourna vers son petit ami et le prit par les épaules. Nate avait été vraiment secoué par toute cette histoire et il était encore sous le choc de ce qui arrivait à son meilleur ami. Elle savait qu’ils avaient une amitié très forte, mais elle ne s’était jamais rendu compte à quel point Nate « dépendait » de Chuck. 

- Ecoute, je sais que tu es vraiment affecté par la situation, nous le sommes tous, mais nous devons être fort pour Chuck. On ne peut pas se laisser aller au pessimisme ok ! Lisa a passé les tests et Jack doit arriver d’ici trois heures donc, on avisera en temps voulu. Mais d’ici là, haut les cœurs !

Elle l’embrassa et il la serra contre lui, elle était aussi inquiète que lui, même si elle tentait de le dissimuler.  Il lui rendit son baiser et ils entrèrent dans la chambre de son ami, main dans la main. Un large sourire éclaira le visage de Nate à la vue de la scène qui s’offrait à eux.

- Tu vois bien que tu te faisais du mouron pour rien, chuchota la blonde.

Blair et Chuck dormaient paisiblement. Queen B était allongée tout contre son roi, dans le petit lit d’une personne. Elle lui tenait la main et avait pris soin de s’installer de manière à ne pas s’appuyer sur les cicatrices encore fraîches de son abdomen, là où ce fou l’avait poignardé à plusieurs reprises.

Serena dégaina son portable et prit une photo, ce qui réveilla sa meilleure amie.

- Désolée, articula-t-elle silencieusement dans un immense sourire

Blair lui jeta un regard excédé et leva les yeux aux ciels avant de se tourner vers Chuck, qui remuait lui aussi.

Le roi de l’UES ouvrit les yeux pour se retrouver nez à nez avec son meilleur ami, qui continuait à sourire comme un enfant.

- Qu’est-ce que tu veux Archibald ? bougonna-t-il

- Bien dormi ? questionna Nate

- Pas assez, grâce à vous, dit-il en se relevant sur un coude car Blair quittait déjà le lit.

Il grimaça sous la violence de la douleur qui lui scia les côtes. En relevant la tête, il s’aperçu qu’ils le regardaient tous avec inquiétude.

- Je vais bien, dit-il d’un ton agacé.

- Si tu le dis, commenta Nate, pas du tout convaincu.

Leurs téléphones résonnèrent tous en même temps et Serena, qui avait le sien à la main, fut la première à découvrir le dernier blast de GG.

« Aperçu, le petite va nu pied de Chuck Bass, qui emménage au royaume de sa majesté. Aurait-il aussi couché sa dernière conquête sur son testament ? En tout cas, personne ne l’a revu depuis son arrivée aux urgences d’un hôpital de Brooklyn. Les paris sont ouverts ! Mais la question à un million de dollars est : Que faisait-il dans cette partie de la ville ? »

- Elle ne sait toujours pas qui est Lisa, ni ce qui s’est passé en tout cas, commenta la belle blonde pour faire abstraction du reste du message.

Nate attrapa sa main à l’abri du regard de son ami.

Blair, qui avait lu par dessus l’épaule de Chuck, serra son bras et pressa ses lèvres sur le bas de sa nuque.

 - Tant mieux, répondit ce dernier. La dernière chose dont elle a besoin, c’est que cette sale petite peste, étale sa vie sur la place publique.

 Une infirmière entra dans la pièce, porteuse d’une bonne nouvelle.

 - Monsieur Bass, le docteur Jones, a signé votre bon de sortie. Vous pourrez rentrer chez vous après que j’ai changé vos pansements et avoir subi une nouvelle dialyse. Vous devrez vous y soumettre deux à trois fois par semaine jusqu’à l’intervention chirurgicale. Ce petit bipper doit rester allumé et à porté de votre main en toutes circonstances. Vous devez également respecter un régime strict, pas d’alcool, ni aucune substances hallucinogènes. Le médecin vous donnera plus d’explications et une liste restrictive des aliments que vous pouvez ingérer quand il viendra vous voir tout à l’heure, récita-t-elle laconiquement.

 - Super ! commenta Chuck entre ses dents, saisissant le petit appareil qu’elle lui tendait.

 - Au moins tu sors d’ici, répondit Serena avec un sourire enthousiaste.

 - Et t’inquiètes pas pour le « 15 ans d’âge » que tu gardes pour les grandes occasions,  on le finira quand tu auras un nouveau rein tout neuf, renchérit Nate.

 - Ca, c’est sur ! répondit son ami.


katido  (22.01.2012 à 00:05)

52.   Ras de marée

Blair raccompagna Nate et Serena jusqu’au bout du couloir tandis que l’infirmière s’appliquait à changer les pansements de Chuck.

- Comment il va en vrai ? demanda Nate à la  jolie brune

- Il tient le coup.

- Et toi ? questionna sa meilleure amie

- Ca ira, répondit Blair, sur un ton qu’elle voulait convaincant. Tout ira bien !

- Bien sur que tout ira bien, c’est Chuck ! Si quelqu’un peut passer à travers ça, c’est bien lui, acquiesça S qui n’était pourtant pas dupe du jeu de Blair.

- Serena a raison, conclu Nate. Chuck est le plus fort d’entre nous. Je suis certaine qu’il nous tapera sur les nerfs encore longtemps.

- Y a aucun doute là-dessus, reprit Queen B avec un sourire forcé.

L’ascenseur arriva et Serena enlaça longuement Blair, puis Nate l’embrassa tendrement sur la joue.

- Tout ira bien, il ne peut pas en être autrement, lui chuchota-t-il.

Elle acquiesça tandis que ses deux amis montaient dans l’ascenseur puis tourna les talons pour rejoindre Chuck. Il rentrait aujourd’hui. Ce soir, ils dormiraient enfin dans le même lit. Il fallait qu’elle organise ça.

Elle avait des cours à rattraper mais, pas question de le laisser se débrouillé seul. Elle ferait un planning, avec Nate et Serena, et sans doute Lili. Et elle pouvait compter avec Dorota, en dernier recours. Peut-être Lisa aussi ?  Elle avait l’air d’être de son côté tout compte fait. En tout cas, elle était de celui de son frère et elle avait l’air digne de confiance finalement. Le plus important étant que Chuck ne s’en rende pas compte. Elle imaginait déjà ses propos, il n’accepterait jamais une baby-sitter !

Elle pénétra dans la chambre, le sourire aux lèvres. Le dialyseur émettait un ronron monotone en fond sonore. Elle s’approcha et prit la main de Chuck, qui lisait le journal.

- Tu es revenue, dit-il sans détourner les yeux de l’article.

Blair fronça les sourcils.

- Où voulais-tu que j’aille ? s’étonna-t-elle.

- Je pensais que tu avais peut-être des choses à faire, répliqua-t-il sur un ton indifférent.

 Mais il n’avait toujours pas levé le nez de sa feuille de choux.

- Ne dit pas n’importe quoi, répondit-elle sur un ton indigné, avant de grimper sur le lit pour reprendre la place initiale qu’elle occupait avant que Nate et Serena ne débarquent.

Elle posa une main sur la sienne, qui tenait toujours le journal, ouvert sur l’article qui annonçait l’annulation de son mariage.

- Ma place est ici et nulle part ailleurs, reprit-elle en se collant à lui.

Il daigna enfin tourner son visage vers elle.

- Tu n’es pas obligée de subir tout ça, tu sais, dit-il en désignant l’appareil qui ronronnait. Je suis le seul à être attaché à ce truc

- Mais, moi, je suis attachée à toi, répliqua-t-elle sans appel.

Elle plongea son regard dans le sien et il eut l’impression de s’y noyer une nouvelle fois.

- Je t’aime, reprit-elle encore en caressant son visage.

- Je t’aime aussi, répondit-il en  l’embrassant passionnément.

******

Cinq heures plus tard, Blair s’impatientait. Le dialyseur avait terminé son travail depuis au moins dix minutes et aucune infirmière n’était encore apparue à la porte, malgré le fait qu’elle ait sonné au moins déjà trois fois.

- Non, mais c’est incroyable, râla-t-elle. C’est hôpitaux pour pauvres sont vraiment en dessous de tout, niveau service. Pas étonnant que le système de santé périclite avec un tel manque de professionnalisme.

Chuck sourit en l’observant faire de grands gestes, si elle pestait autant c’est que ses craintes s’étaient apaisées. Il détestait qu’elle s’inquiète pour lui.

- Je vais voir ce qui se passe, lui dit-elle en sortant en trombe de la chambre.

Elle s’apprêtait à passer un savon à une des infirmières, voire à toutes, quand elle vit Lisa qui quittait le bureau du docteur Jones, suivie de près par celui-ci.

Cette dernière venait dans sa direction, la mine complètement déconfite.  Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, Blair constata que les yeux de la jeune fille étaient bien trop brillants.

- Lisa, dit-elle d’une petite voix

Mais cette dernière ne répondit rien. Elle était incapable d’articuler tant sa gorge était serrée. Elle se contenta de secouer la tête négativement en essuyant une larme qui perlait au coin de ses yeux. Puis repris son chemin vers la sortie.

Blair resta stupéfaite, du coin de l’œil, elle vit le médecin entrer dans la chambre qu’elle venait de quitter.

Sa gorge se serra à elle aussi et elle eut l’impression que le sol s’ouvrait sous ses pieds. Elle était complètement paralysée par la peur qui lui nouait le ventre et se propageait dans tous le reste de son corps.

Lili et Jack arrivaient dans le couloir en sens inverse de Lisa. Ils marquèrent un arrêt à sa hauteur mais cette dernière accéléra le pas et se rua dans les escaliers. La jeune fille avait besoin de se retrouver seule. Elle ne pouvait pas affronter leurs regards en cet instant et surtout pas le sien.

- Il y a un problème ? s’alarma Lili en arrivant près de Blair, qui était toujours immobile devant le bureau des infirmières.

- Ma nouvelle nièce à l’air plutôt sauvage, dit Jack sur un ton provocateur. …. presque autant que toi Bl…

- La ferme, Jack, le coupa Blair, d’une voix aussi blanche que l’était son visage.

Au même moment Lili vit le docteur Jones sortir de la chambre de Chuck.

- Oh mon Dieu, souffla-t-elle en comprenant la situation.

La douleur déforma un instant son visage et même Jack s’abstint de tout autre forme de commentaire. La tension venait de monter de plusieurs crans au milieu du couloir.

- Donnez nous quinze minutes, demanda Blair en adressant à Lili un regard désespéré.

- Prend tout le temps qu’il te faut, acquiesça la mère de Chuck, qui sentait le souffle lui manquer. Elle avait besoin de temps pour se remettre avant de voir son fils.

Blair tourna les talons sans plus attendre. 

- Je crois qu’il ne me reste plus qu’à aller voir l’infirmière pour faire ces fichus tests, commenta Jack.

C’est d’une main tremblante que Queen B fit pivoter la poignée de la porte 2110.

Un silence pesant régnait dans la pièce. L’appareil de dialyse était éteint.

Assis sur le bord de son lit, Chuck avait le regard rivé sur ses mains, qui tremblaient elles aussi.  Elle s’approcha doucement de lui et effleura ses doigts avant de les emmêlés aux siens.

Il leva son visage vers elle et elle l’attira tout contre elle.

- Jusqu’à ton dernier souffle, murmura-t-elle, s’accrochant à lui de toutes ses forces.

- Jusqu’à mon dernier souffle, répéta-t-il, la serrant contre lui, si fort, que ses cicatrices le faisaient souffrir.

Mais la douleur, c’est la vie !

Ils restèrent là, agrippés l’un à l’autre, comme des naufragés en haute mer, attendant les secours. 


katido  (22.01.2012 à 00:20)

53.   On s’aimera quand même  

Lisa leva le nez de ses compositions au tintement de l’ascenseur. Elle sentit son cœur se serrer en apercevant son frère sortir de la cabine, Blair sur ses talons.

Elle descendit du tabouret où elle s’était installée et s’avança vers lui, qui avait déjà pénétré dans le salon.

- Je suis désolée, murmura-t-elle en le regardant au fond des yeux.

- Personne n’y peut rien, répondit-il sans la lâcher du regard.

- Je sais, souffla-t-elle.

- Jack est arrivé, dit Blair derrière eux.

Lisa vit son frère se raidir à l’énonciation du prénom de leur oncle. Elle avait lu les anciens messages de Gossip Girl et connaissait leur lourd passif. Mais Jack restait le meilleur espoir de Chuck maintenant qu’elle était hors course. Elle était contente d’avoir réussi à reprendre contenance avant de le voir. 

- Je vais ranger tout mon bazar, dit-elle en se dirigeant vers le comptoir. Je ne savais pas que tu rentrais aujourd’hui.

-  Non, laisse, je t’ai invité à t’installer ici, alors, fait comme chez toi.

Lisa se mit à rire.

- Toi, tu n’as jamais partagé de location avec une artiste, s’exclama-t-elle.

- Il n’a jamais partagé de location avec qui que ce soit, grimaça Blair d’un air dégouté.

Chuck  éclata de rire à la vue du visage pourpre de sa sœur qui intégrait ce que B venait de dire.

- Ce que je voulais dire, bafouilla Lisa, c’est …..

- On a compris, dit Chuck en souriant, ne t’inquiète pas pour le désordre, la femme de chambre passe tous les après-midis.

- Hé mais, personne ne touche à mes textes et partitions, protesta Lisa le plus sérieusement du monde.

- Dans ce cas, on t’arrangera un coin pour toi dés demain, où la femme de ménage sera interdite, répondit Chuck. 

Il savait combien c’était important pour sa sœur.

- En attendant, n’hésite pas à t’étaler à ton aise, on n’a pas l’intention de quitter la chambre ce soir, reprit-il.

Lisa le regarda se diriger vers la chambre où avait déjà disparu Blair. Ils avaient besoin de se retrouver un peu seul tous les deux et elle n’avait aucune envie de tenir la chandelle pour son frère et Blair. Même si elle était convaincue de l’amour que la jeune femme éprouvait pour lui, elle n’était pas prête à passer sa soirée avec Blair Waldorf, surtout dans ce contexte.

- Ok, si tu n’as pas besoin de moi, alors, je sors. Le groupe d’Esteban a besoin d’une nouvelle bassiste.

- Dis lui bonjour pour moi, lança Chuck avant de gagner sa chambre.

Blair ressortait de la salle de bain attenante.

- Ca va ? le questionna-t-elle.

- Arrête de me demander ça, dit-il en la prenant dans ses bras. Je t’assure que je vais bien.

Il l’embrassa passionnément et elle lui rendit son baiser brûlant. Elle sentit ses mains remonter le long de son dos, et tenter d’ouvrir la fermeture éclaire de sa robe tandis qu’il l’embrassait langoureusement dans le cou, juste sous le lobe de l’oreille.

- Qu’est-ce que tu fais ?! dit-elle en s’écartant de lui.

- Ce n’est pas évident ?! répondit-il

- Je te rappelle que tu sors à peine de l’hôpital.

- Et moi je te rappelle que je me suis passé de toi pendant des mois, reprit-il avec un petit sourire en coin. 

Ses yeux étaient de braise et Blair détourna le visage pour ne pas se jeter sur lui.

Il attrapa sa main et l’attira à nouveau à lui, dévorant son cou de baisers sensuels.

- Chuck, murmura-t-elle.

- Je te promets que je ne courre aucun risque. Tu n’es pas sur la liste des substances proscrites, susurra-t-il en happant le lobe de son oreille entre ses lèvres.

Tous ses sens étaient en fusion et elle sentait la raison s’évanouir. Il passa une de ses mains dans ses cheveux, faisant courir l’autre sur sa peau et elle rendit les armes.  

********

Au petit matin, Blair ouvrit les paupières dans les bras de son bien aimé. Elle entendait le cœur de Chuck cogner dans sa poitrine et elle referma les yeux pour mieux l’écouter et savourer ce moment.

- Il bat pour toi, dit-il doucement.

Elle embrassa sa peau nue et effleura les pansements qui recouvraient son abdomen. Elle refoula ses larmes, elle ne voulait pas gâcher cet instant si précieux. Ils s’étaient  enfin retrouvés et leur nuit avait été magnifique.

- Je t’aime tant, se contenta-t-elle de murmurer.

Il resserra son étreinte autour de sa reine. Il n’en revenait toujours pas qu’elle ait renoncé à son mariage avec un prince pour lui. Il avait pourtant bien cru l’avoir perdue pour toujours. Il lui avait rendu sa liberté. Mais elle était revenue vers lui, elle s’était battue pour le récupérer, pour lui prouver que tout était encore possible.

Il ferma les yeux et respira son parfum, il l’enivrait. Oui, tout était possible, leur amour pouvait triompher de tout, même de la mort. Il ne se laisserait pas faire. Il se battrait jusqu’au bout, parce que c’était le moins qu’il puisse faire pour elle. Il ne la décevrait plus jamais.

- Je suis là, répondit-t-il. Je suis là.      

Une musique étouffée, provenant du salon, s’insinua dans la chambre, baignée par la lumière du jour naissant. Mais aucun d’eux ne bougea, aucun d’eux ne voulait briser cet instant parfait.

Chuck sentit Blair se blottir encore un peu plus contre lui au son des premières notes. Il déposa un doux baiser sur sa chevelure et retint son souffle aux premières paroles de la chanson.

(Cliquer pour suivre le lien si vous désirez écouter la chanson)

Pas sans toi, jamais plus sans toi (5)
Plus d’amour si ce n’ est pas toi
Qui me le donne
Toi ou personne

Mes nuits, mes jours, je les passe
Comme s’il n’y avait au monde aucune place
Loin de toi
Nulle part pour moi

C’est cet amour qui nous rassemble
Une envie de vaincre ensemble
L’irréversible
Impossible

Qu’on soit fait ou pas l’un pour l’autre
Quand l’amour est là

On se donne l’un à l’autre
Et ça nous dépasse
Une histoire de peau

Un frisson qui passe

L’amour est un don
Jamais une question

Qu’importe où ça mène
On s’aimera quand même

Puisque l’amour est plus fort que nous
Puisqu’il nous conduit à tout
Suivons-le
Tant qu’on peut

Avec toi, n’importe où
Je m’en irai puisque j’ai tout

Si je t’ai, Si je t’aime
Et que tu m’aimes

Puisque l’amour nous ressemble
Bien plus qu’il ne semble
Laissons-nous prendre
Sans nous défendre

Qu’on soit fait ou pas l’un pour l’autre
Quand l’amour est là

On se donne l’un à l’autre
Et ça nous dépasse
Une histoire de cœur

Que personne n’efface

L’amour est un don
Jamais une question

Qu’importe où ça mène
On s’aimera quand même

Qu’importe où ça mène
On s’aimera quand même

On s’aimera quand même

Qu’importe où ça mène

Qu’importe où ça mène
On s’aimera quand même

On s’aimera quand même

Qu’importe où ça mène

Qu’importe où ça mène
On s’aimera quand même….

(5) « On s’aimera quand même » Cléopatre, la dernière reine d’Egypte – Soffia Essaïdi et Florian Etienne


katido  (22.01.2012 à 14:39)

54.   Visite matinale

Blair se réveilla pour la deuxième fois de la matinée. Elle était seule dans le lit de Chuck et la chambre était silencieuse. Elle frissonna et se leva pour passer quelque chose au dessus de sa nuisette en soie.

Arrivant dans la cuisine, elle eut la désagréable surprise de trouver Chuck en compagnie de Gillian. Ils conversaient tous les deux devant un petit déj. Blair fronça les sourcils, que venait faire cette importune au petit matin ?

En consultant l’horloge, elle constata qu’en fait, on était déjà au milieu de la matinée. Elle aperçu également Lisa, plus loin sur le canapé, toujours penchées sur son carnet, qui gribouillait des notes et se détendit un peu.

- Bonjour Blair, dit Gillian à sa vue.

Chuck tourna le visage vers elle, et lui sourit. Il avait l’air tout à fait détendu, comme s’il était normal de prendre le petit déjeuné avec son ancienne maîtresse pendant qu’elle dormait dans la pièce d’à côté.

- Bonjour ma belle, bien dormie ?

- Bonjour mon amour, susurra-t-elle. Oui, il faut croire que j’avais du sommeil à rattraper après la nuit qu’on a passée.

Elle s’approcha de lui et l’embrassa intensément, histoire que le message soit bien clair pour Gillian, au cas où elle aurait eu un doute quelconque.

- Gillian ! dit-elle d’un ton sec en s’asseyant à côté de Chuck et en piquant un grain de raisin dans l’assiette qui était devant lui d’un geste tout ce qu’il y a de plus innocent.

Chuck passa un bras autour de sa taille avec un petit sourire amusé.

- Je vais vous laisser, dit la rousse flamboyante avec un regard entendu pour son hôte. A ce soir Lisa, cria-t-elle en  direction du salon.

- Tu viens ce soir ? demanda la sœur de Chuck en relevant enfin le nez pour atterrir dans le monde réel.

- Bien sur, je ne vais pas rater ça. Je suis ta marraine, non ? répondit Gillian avec un sourire mielleux en se dirigeant vers la sortie.

Blair tressaillit sur sa chaise. Complètement absorbée par la situation avec Chuck, elle avait éclipsé l’épisode du concours.

- Bonjour Blair, la salua Lisa avec un petit geste de la main avant de retourner à sa feuille.

- Bonjour, répondit Queen B en affichant un grand sourire elle aussi.

Chuck l’embrassa sur la joue. Il avait sentit son corps réagir.

- Est-ce que ça va ? questionna-t-il

- Oui, balbutia sa petite amie sans le regarder.

Elle se trouvait idiote d’être si possessive.

- Blair !  soupira-t-il en se tournant vers elle.

- Ca va, je t’assure, c’est juste … rien d’important, dit-elle en faisant un geste vague de la main.

- Ecoute, je sais que tu n’apprécies pas Gillian, mais elle est juste passée pour parler à Lisa.

Blair jeta un œil sur la jeune fille en question, qui évoluait à nouveau dans son univers.

- Pourtant c’est avec toi qu’elle prenait son café, marmonna-t-elle entre ses dents.

Il passa la main sous son menton pour l’obliger à le regarder.

- Excuse-moi, dit-elle. J’ai horreur que Gillian tourne autour de toi.

- Je n’ai pas couché avec elle, indiqua-t-il. Il ne s’est jamais rien passé de cet ordre entre nous.

- Tu espères vraiment me faire croire ça ?  Après la photo de la limo !

- C’était un faux, expliqua-t-il, regrettant la peine qu’il lissait dans le regard de sa reine. C’est moi qui ai fait envoyer l’info à Gossip Girl pour brouiller les pistes avec le grand-père de Nate.

Blair se sentit soulagée. Et leur lieu sacré était intact !

- Le grand-père de Nate ? questionna-t-elle sur un ton plus léger.

- Je ne suis pas du tout le genre de Gillian, tu peux me croire, se contenta-t-il de dire à ce sujet, avant de l’embrasser tendrement. Et je ne pourrais jamais emmener aucune autre femme à l’arrière de ma limousine.

- T’as plutôt intérêt, reprit-elle avant de l’embrasser passionnément.

- J’adore quand tu es jalouse, souffla-t-il les lèvres soudées au siennes.

Elle passa son bras autour de sa taille et il ne put retenir un petit gémissement de douleur.

- Pardon, excuse-moi, dit-elle en s’écartant précipitamment.

- J’adore quand tu es jalouse, mais je déteste ça ! dit-il dépité.

- Quoi ? Ca ?

- Cette inquiétude dans tes yeux, quand tu les poses sur moi,  reprit-t-il en secouant la tête. Je voudrais juste…. être celui que j’étais avant pour toi... Je voudrais juste… pouvoir être Chuck Bass.

- Tu ES toujours Chuck Bass, affirma-t-elle en plongeant son regard dans le sien, empli de tristesse. Et si je hais ce qui nous arrive, j’aime cette nouvelle vulnérabilité en toi. Ca ne signifie pas que tu es faible… simplement que tu es humain. Je sais que c’est difficile pour toi, car cette fois tu ne peux pas la cacher au plus profond de toi. Mais ça me fait juste t’aimer encore plus, si c’était possible.

Chuck assimila ce que B venait d’énoncer comme une évidence. Elle avait raison, cette fois, il ne pouvait pas enfermer ses tourments et se tapir dans sa tour d’ivoire. Il devait affronter ses peurs et ses faiblesses. Car contrairement aux douleurs de l’âme, les souffrances physiques, ne se s’estomperaient pas en les reléguant dans un coin de sa tête, avec de l’alcool et autres substances illicites.    

- En fait, je trouve ça vraiment sexy, reprit Blair avec un petit sourire coquin, en l’attirant à elle avec sa cravate.

- Sexy, hein ? répéta-t-il en collant ses lèvres aux siennes.

Elles étaient si douces, de loin le meilleur des remèdes auquel il ait jamais goûté.

- Très, très sexy, répondit Queen B, en se levant de sa chaise pour l’entraîner dans la chambre, sans décoller ses lèvres ni lâcher sa cravate alors qu’il passait ses doigts dans la ceinture de son peignoir en soie.


katido  (22.01.2012 à 21:25)

55.   Conseil de Guerre

« Aperçu : Le roi et la reine de l’Upper East Side rejoindre l’Empire. On dirait bien que l’ex future princesse de Monaco n’a pas mit longtemps à se glisser à nouveau dans les draps du prince des ténèbres. Mais un prince reste un prince non ? Même si c’est celui des enfers ! Et qui a réellement cru que c’est deux là pourraient rester loin l’un de l’autre pendant longtemps ? Pas moi en tout cas ! Donc, désolée pour tous ceux qui s’étaient déjà prit à rêver mais, il semblerait bien que vous ayez perdu vos paris. Chuck Bass n’est pas prêt d’abandonner son royaume, au contraire, il se murmure que le penthouse se serait mu en harem. On n’y a jamais vu autant de ses conquêtes en même temps. Après cette petite artiste en guenilles, c’est Gillian Vanderbilt en personne qu’on a vu sortir ce matin et ce n’était pas pour voir son charmant cousin, puisqu’il séjourne actuellement dans les appartement de la reine des milles et une nuits avec sa boucle d’or préférée »   

Blair fit coulisser le clapet de son smart phone. Elle aurait sauté à la gorge de GG si elle l’avait eu sous la main. Le carillon de l’ascenseur résonna et c’est une autre personne qu’elle du se retenir de ne pas étrangler. Son bonheur dépendait de lui à présent et bizarrement, elle le détestait encore plus pour ça.

- Blair, la plus belle d’entre toutes, s’exclama Jack avec son petit sourire salace.

- Economise ta salive Jack !

- Quoi, c’est comme ça que tu accueilles celui qui représente le dernier espoir de Chuck ? Tu ne crois pas que tu devrais plutôt songer à la manière dont tu vas me remercier ? fit-il, plein de sous-entendus équivoques, en la déshabillant du regard.

- Ca suffit Jack, dit Chuck, qui arrivait dans l’entrée.

- Mon neveu préféré, répondit Jack en le toisant. Dire que je pensais presque être débarrassé de toi et voilà que j’apprends que j’ai un autre rejeton de Bart dont je dois m’occuper.

- Très drôle, dit Blair en le foudroyant du regard.

Si la vie de l’homme qu’elle aimait n’avait pas dépendue de celle de ce type, elle lui aurait arraché sa langue de serpent venimeux.

- Blair, tu devrais peut-être repasser chez toi quelques heures, dit Chuck, en la prenant par la taille, ignorant la remarque acerbe.

Il l’embrassa tendrement sur la joue. Il préférait l’éloigner de son oncle autant que possible. Même si ce dernier l’avait aidé dans l’affaire Thorpe et qu’ils s’étaient en quelque sorte rapprochés, Jack n’allait pas rater une occasion de jouer la provocation et de se délecter de sa position dominante. Il voulait épargner ça à Blair.

Elle hésita un instant, elle n’avait pas envie de le laisser. Jack allait profiter de la situation. Mais il n’y avait rien qu’elle puisse faire, à part épargner elle-même un peu l’égo de Chuck.

  - Ok, je te vois tout à l’heure, un peu de shopping avec Serena me fera du bien, répondit-elle en posant ses lèvres sur les siennes.

- Si c’est pas mignon, se moqua Jack.

Blair attrapa son sac et son manteau et se dirigea vers l’ascenseur en lançant un regard noir à l’horrible Tonton. Chuck la suivit du regard, sans un mot, alors que son oncle se servait un verre et s’installait dans le canapé.

Elle croisa Lisa qui arrivait, avec sa guitare.

- Viens avec moi, souffla Queen B en l’attrapant par le bras.

- Quoi ? Mais pourquoi ? demanda celle-ci.

- Je t’expliquerai, dit B en l’entraînant avec elle dans la cage.

Elle jeta un œil en direction de Chuck qui la remercia d’un regard. Lisa n’était pas prête à rencontrer son oncle. Il aurait du prendre le temps de la briefer. Heureusement B allait s’en charger. Même si elle était du genre à savoir se défendre, Lisa ne connaissait pas les codes de la haute société et il ne voulait pas que Jack s’amuse à ses dépends, ce qu’il ne manquerait pas de faire.

*******

 - Où est-on ? demanda Lisa en pénétrant dans l’immeuble.

- Chez-moi, répondit Queen B.

Blair lui avait expliqué en chemin les travers de son oncle Jack et elle en avait pris bonne note. Elle n’était plus une enfant et même lorsqu’elle l’était, elle avait eu affaires à des pervers d’une autre trempe que celle de Jack.

Elle sentit une boule remontée dans sa gorge en repensant à son beau-père. Elle était soulagée de le savoir en prison. Chuck avait eu raison de lui dire de ne pas s’inquiéter. L’affaire judiciaire n’avait pas traînée. Après leur déposition respective en compagnie de l’avocat. Un coup de fil de Chuck au maire et au gouverneur avait suffit pour que Hanck ait droit à une procédure accélérée, en toute discrétion.

Elle commençait à entrevoir l’étendue réelle du pouvoir de son frère. Il évoluait dans un monde qui lui était totalement inconnu et elle n’était pas certaine d’avoir envie d’en faire partie. Mais elle voulait que, lui, fasse partie de sa vie et elle pria intérieurement pour que ce soit le plus longtemps possible.

Néanmoins, elle ne voyait pas comment échapper à l’un et avoir tout de même l’autre. Elle était donc reconnaissante à Blair de lui expliquer les rudiments de l’Upper East Side. Finalement, elle n’était pas si peste quand on la connaissait. Enfin fallait-il encore faire partie de ses proches. Elle n’oubliait pas qu’elle avait été de l’autre côté de la barrière. Et elle avait connu assez de prédateurs au cours de sa vie tumultueuse pour en reconnaître un quand il était devant elle.

Chuck aussi en était un du reste, mais ça ne l’empêchait pas de protéger ceux auxquels il tenait, exactement comme Blair.

Après une après-midi passée avec « Queen B » comme on la surnommait, elle comprenait mieux pourquoi son frère était amoureux d’elle. Et elle n’avait aucun doute sur l’amour réciproque et démesuré que la jeune femme lui portait.

Ce qu’elle ne comprenait pas par contre, c’est pourquoi B la traînait jusqu’à son appartement.

Une petite femme boulote se pressa autour d’elles pour les débarrasser à leur arrivée dans le hall d’entrée.

- Comment-va Monsieur Chuck ? demanda-t-elle à Queen B avec un accent étranger que Lisa ne pouvait définir.

- Il va être obligé de recevoir le rein de son taré d’oncle pour pouvoir vivre, comment veut-il qu’il aille ? répondit-elle mordante.

Pourtant en y regardant de plus près, Lisa vit que ses yeux étaient humides. Mais Blair cligna des paupières et toute trace de désespoir avait disparu la seconde suivante.     

- Tout est prêt Dorota ? demanda encore la reine à sa servante.

- Oui, Miss Blair, dit la femme avec une grande compassion dans le regard.

Elle savait sans doute ce que sa patronne cachait à l’intérieur d’elle-même.

L’ascenseur annonça une nouvelle arrivée et Lili sortit de la cage accompagnée de Serena et Nate.

- Très bien, tout le monde est là. Alors, conseil de guerre ! dit la reine de l’UES en frappant dans ses mains, pendant que Dorota prenait les manteaux des nouveaux arrivants.

Cet après-midi là, Lisa appris que si l’UES semblait superficiel et vide, sous les paillettes et le glamour, existaient des êtres-vivants de chair et de sang qui s’aimaient les uns les autres et savaient s’unir pour faire front commun quand l’un d’entre eux était en difficulté.


katido  (22.01.2012 à 21:38)

56.   Aime-moi 

Lisa et Blair arrivèrent à l’Empire en début de soirée. La nouvelle arrivée à Manhattan commençait à apprécier le monde de son frère. Peut-être réussirait-elle enfin à se faire une place quelque part finalement. Elle qui n’était jamais restée en place plus d’un an, sauf contrainte et forcée, envisageait de rester à New-York. Après tout, Chuck était sa seule famille, nonobstant, l’oncle Jack. Et puis il y avait Esteban.

Les jeunes femmes croisèrent  Maître Jacquard en sortant de l’ascenseur.

Lisa le salua et entra dans sa chambre immédiatement. Elle devait se préparer pour la soirée et elle préférait laisser de l’intimité à son frère et Blair. Cette dernière avait beau être un caporal en chef, il était plus qu’évident que s’organiser pour entourer Chuck était la seule chose qu’elle pouvait faire pour avoir l’illusion de maîtriser la situation. Ce qui devait la frustrer au plus au point car elle devait être à la torture de ne pas être le maître des clefs, surtout vu l’enjeu.    

La surprise de Lisa fut des plus totales quand elle se rendit compte que ses affaires avaient disparues de la chambre qu’elle occupait. Elle ressortit dans le salon où Blair était blottie dans les bras de Chuck.

Elle s’éclaircit la gorge pour signaler sa présence. Son frère ouvrit les yeux et lui sourit en se détachant des bras de Blair. A regret, pensa-t-elle.

- Viens, dit-il en passant à ses côtés. J’ai une surprise pour toi.

Il passa par la porte de service et Lisa le suivit dans le couloir de l’Empire. Il s’arrêta devant une porte non loin de sa suite et lui tendit une carte magnétique.

- Tiens, lui dit-il, content de lui.

Lisa ouvrit la porte et s’arrêta à l’entrée de la suite. Elle se tourna vers son frère et rencontra le regard de B, aussi surprise qu’elle apparemment. La chambre était aménagée en mini studio de répétition. Le matériel musical était dernier cri.

- Je me suis dit que tu serais plus à ton aise ici, dit Chuck. Tu peux jouer autant que tu veux, à n’importe quelle heure, la pièce a été insonorisée.

Lisa le regarda, perplexe. Elle restait là, bouche bée. Comment était-il possible de faire ça en si peu de temps ? Elle n’avait vu aucun ouvrier ou autre employé, n’avait rien entendu, ni vu, aucun signe de travaux ou de transformations depuis qu’elle était là.

- Tu n’aimes pas ? questionna Chuck.

- Tu rigoles ou quoi ? C’est génial, dit Lisa en lui sautant au cou. Mais comment ? Enfin, je veux dire, c’est impossible de faire un truc pareil en à peine deux jours.

- Un après-midi, corrigea son frère tout sourire.

- Tu es un vrai magicien ! s’exclama Lisa rayonnante.

- J’ai dis au personnel de déposer toutes tes affaires dans la grande chambre et ton carton n’a pas été ouvert, précisa-t-il.

- Merci, dit-elle en l’enlaçant à nouveau.

Il la serra contre lui puis reprit

- Il faudra qu’on parle, j’ai des papiers à te faire signer aussi. Je passerai dés que Maître Jacquard me les aura fait parvenir.

- Je croyais que le sort de Hanck était réglé, s’inquiéta Lisa

- C’est juste de la paperasse, ton beau-père n’est pas près de sortir de là où il est, la rassura Chuck. Je t’expliquerai plus tard.

Sa sœur haussa les épaules et partit à la découverte de son nouveau lieu de vie. Oui, elle commençait vraiment à apprécier l’Upper East Side !

Chuck et Blair regagnèrent leur suite bras dessus bras dessous.

- De la paperasse, hein ? demanda-t-elle suspicieuse, à peine se fut-il installé dans le canapé.

- Blair, soupira-t-il.

- Elle ne comprend peut-être pas ce que tu fais, mais moi, Oui, explosa-t-elle.

- Ecoute, je veux juste m’assurer qu’elle sera à l’abri de Jack … et toi aussi.

Blair accusa le coup. Elle sentit la colère montée en elle. Comment pouvait-il faire ça ?

- C’est Jack, n’est-ce pas ? Il a réussit à s’insinuer dans ta tête, comme il le fait toujours, pour te déstabiliser.

- Blair ….

- Je le déteste ! le coupa-t-elle, hors d’elle.

- Ce n’est pas Jack … Je fais juste ce qui doit-être fait !

- Ce qui doit être fait ? éructa-t-elle. Il n’y a aucune raison de prendre des dispositions pour ton testament !  Tu seras là pour protéger Lisa….Et tu seras là pour moi. C’est un serpent continua-t-elle, les larmes lui montant aux yeux. Il est trop content de pouvoir jouir de la situation et …

- Blair, arrête ! Ce n’est pas Jack ! cria brusquement Chuck en la prenant par les épaules.

Blair  s’arrêta de parler et le regarda un instant au fond des yeux.

- Ce n’est pas Jack…. répéta-t-il tout bas en secouant la tête.

Elle sentit le souffle lui manqué, ses mains devinrent glacées et elle se mit à trembler de tout son corps.

- Non, articula-t-elle d’une voix à peine audible, les prunelles emplies d’horreur.

Chuck la serra tout contre lui. Il se haïssait de lui faire ça.  Il aurait du lui résister quand elle avait insisté. Mais il était trop faible devant elle. Ses bras avaient été incapables de la repousser comme le lui avait conseillé son cerveau. Il était trop tard maintenant, il ne pouvait plus se détacher d’elle. Elle ne lâcherait pas prise et il avait besoin d’elle.

- Ce n’est pas possible, c’est trop tôt. Il a seulement fait les tests hier. Et il a fallu deux jours pour obtenir les résultats pour Lisa, s’entêta-t-elle après un instant en se dégageant de ses bras.

Elle ferma les yeux, une larme s’échappa et roula sur sa joue.

- Le docteur Jones à téléphoné peu après que tu sois partie. Pas besoin de tests approfondis. Apparemment, je n’ai rien en commun avec Jack, ironisa-t-il du mieux qu’il pu, les yeux brillants lui aussi.

Le barrage céda en Blair et tous les flots se déversèrent en même temps.

- Je suis désolé, souffla-t-il alors qu’elle s’effondrait dans ses bras, secouée par d’énormes vagues de sanglots.

- Aime-moi…, murmura-t-elle à son oreille d’une voix étouffée en reprenant son souffle pour dévorer son cou de baisers. Aime-moi encore.

Ses lèvres glissèrent sur l’arête de son visage, à la recherche de sa bouche tandis que ses mains dénouaient son col et s’agrippaient à sa chemise.

- Me laisse pas, je t’en supplie, me laisse pas, aime-moi, répéta-t-elle en l’embrassant passionnément.      

Chuck répondit à son baiser par un autre, torride. Enroulant sa langue autour de la sienne, une de ses mains caressa son dos, remontant le long de son échine, jusqu’à la nuque de la jeune femme qu’il adorait, l’autre s’arrêtant dans le creux de ses reins. Il sentait les larmes ruisseler sur les joues de Blair tandis que leurs corps s’embrasaient.


katido  (23.01.2012 à 12:26)

57.   Le cœur d’une mère  

L’alarme du portable de Blair claironna à 6h00. Elle n’esquissa aucun mouvement pour l’éteindre.

- Il est l’heure, dit Chuck, en décollant à peine sa bouche de celle de la jeune femme.

Mais Blair continua à l’embrasser comme si elle ne l’avait pas entendu.

- Blair, souffla-t-il entre deux baisers.

Pour toute réponse elle caressa son torse, laissant sa main descendre jusqu’à son ventre.

- Blair, répéta-t-il en  stoppant la progression de ses doigts. Il faut que tu y ailles.

- Qui a dit ça ? marmonna-t-elle en l’embrassant sur la clavicule, sa main cheminant à nouveau vers son objectif.

- Moi, dit-il en s’écartant d’elle à regret.

Elle plongea la tête dans l’oreiller, boudeuse.

- Je ne veux pas y aller, grommela-t-elle comme une petite fille.

- Blair, s’il te plait, reprit doucement Chuck en posant sa tête contre la sienne. Depuis combien de temps n’es-tu pas allée en cours ?

- Seulement quelques jours, répondit-elle en le suppliant du regard.

Ils avaient passé toute la nuit à s’aimer et elle ne voulait pas que ça se termine. Elle ne voulait pas revenir dans le monde réel. Elle voulait juste rester là, pour respirer l’odeur de sa peau et s’enivrer des caresses de ses doigts sur son corps.

- Depuis que j’ai été blessé, s’exclama-t-il à mi voix.

- Embrasse-moi, dit Blair d’un ton suave en caressant son épaule.

Il passa une main dans les cheveux de la jeune fille et pressa ses lèvres contre sa tempe.

- Tu ne peux pas rester ici, regretta-t-il.

- Pourquoi ? Bien sur que si, s’entêta-t-elle

- Bien sur que non, répondit Chuck. Tu es Blair Waldorf et tu vas à Columbia. Tu vas avoir un futur brillant et je ne vais pas te laisser torpiller ton avenir.

- L’avenir ? questionna-t-elle, une douleur incommensurable au fond des yeux.

- Ne m’enterre pas si vite, commenta-t-il. Jack n’est peut-être pas compatible lui non plus, mais je ne suis pas encore dans la tombe. Je ne vais pas cesser de me battre …..

- Jusqu’à ton dernier souffle, termina-t-elle en souriant alors que des larmes perlaient au coin de ses paupières.

Elle se lova au creux de lui et ramena le bras de Chuck autour d’elle.

- D’accord, mais donne moi juste aujourd’hui encore. Juste un jour. Pénélope me passera ses notes pour me remettre à jour... demain, quémanda-t-elle.

Elle était dévastée par la nouvelle autant que lui et il n’avait pas le cœur, ni l’envie, de l’éloigner de lui, mais il ne voulait pas qu’elle gâche son avenir parce que lui n’en n’avait peut-être pas.

- Demain, promis ? demanda-t-il

- Promis ! affirma-t-elle

- OK, céda-t-il. Mais par pitié éteint ce truc !

Il sortit du lit pour s’emparer du téléphone qui sonnait toujours et le lui tendit.

Elle coupa la sonnerie et l’attira sous les draps avec elle. Demain se répéta-t-elle, en frissonnant sous l’effet de la langue de Chuck qui agaçait le lobe de son oreille. 

*******

Lili arriva à l’Empire vers 9 heures. Il avait été convenu qu’elle prendrait le petit déjeuné avec son fils, une fois que Blair serait partie en cours. Elle sourit en repensant à Blair.

Elle devait reconnaître que la jeune femme savait mener les troupes, ce dont elle n’avait jamais douté d’ailleurs. Mais jusqu’ici, elle ne l’avait jamais réellement vu en action. Elle devait tenir ça d’Eléanor. Serena lui ressemblait-elle à ce point ? C’était le cas concernant la collection de ses petits amis ! Elle espérait bien qu’elle avait d’autres points communs avec sa fille.

Lili avait été extrêmement touchée de voir à quel point ils étaient tous si proches. Elle savait qu’ils étaient amis, même s’ils se détestaient parfois. Elle se rappelait combien Serena avait pu pester contre Charles lorsqu’ils avaient emménagés avec Bart.

Et cela lui avait fait d’autant plus chaud au cœur de voir que sa fille comptait avec elle pour s’occuper de Charles. Ou plutôt Blair. Peu importait, le principal était que Nate et elles se relaieraient pour veiller sur lui. Et cela le plus discrètement et le plus naturellement possible !  

Elle pénétra dans le salon de son fils, mais il n’était pas là.

- Charles ? appela-t-elle en déposant son manteau sur le canapé.

Elle ne put s’empêcher de noter le cardigan Chanel de Blair, qui traînait à même le sol, les manches à l’envers. Son fils devait manifestement aller beaucoup mieux ! Elle s’inquiéta un instant qu’il ne soit sortit entre le moment où Blair partait en cours et son arrivée. Le timing ne devait pas être trop serré s’ils voulaient que cela reste crédible aux yeux de Charles. 

Elle l’appela encore une fois en faisant le tour de la pièce avant d’admirer un instant la vue depuis les fenêtres de L’Empire.

- Lili ? demanda Chuck en quittant sa chambre ….et les bras de Blair.

- Oh ! Charles, je suis désolée si je t’ai réveillé, s’excusa-t-elle en le voyant sortir de sa chambre. Je me suis dit que, comme tout le monde était en cours, on pourrait peut-être prendre le petit déjeuner tout les deux.

- Et bien …, commença Chuck

- Mais, visiblement … Je me suis trompée, ajouta-t-elle en apercevant Blair, dans la chambre derrière lui, qui enfilait ses escarpins. 

Elle ne s’imaginait pas que Charles et Blair en soient au stade des simples baisers mais là, elle ne comprenait plus rien. S’était-elle trompée de jour ? Le planning était pourtant très clair.

- Bonjour Lili, dit Blair, un peu gênée, en entrant dans la pièce à son tour.

- Bonjour Blair, si tu cherches ton cardigan, il est par terre à côté du sofa, dit la mère adoptive de son petit ami d’un air presque naturel. Mais dis-moi, tu n’es pas censée avoir cours ce matin ?

- Si…. mais, … il y a eu … un changement de plan, dit-elle, en regardant Chuck à côté d’elle.

Lili reporta son attention sur son fils.

- Le néphrologue à téléphoné hier, Jack ne peut rien pour moi, lâcha le jeune Bass sur un ton résigné.

Sa mère mit quelques instants pour accuser le choc.

- Mais…. il doit bien avoir une solution, commenta-t-elle lorsqu’elle pu enfin parler.

- La seule solution c’est d’attendre que quelqu’un de compatible meurt, répondit Chuck sarcastique. 

Lili s’avança de quelque pas et le prit dans ses bras.

- Viens là, dit-elle, je sais que tu détestes les démonstrations d’affection, mais là, moi j’en ai besoin.

Elle le serra contre son cœur de mère, les yeux embués de larmes.

Contre toute attente, son fils répondit à son étreinte. Il avait vraiment besoin de tout le soutien qu’il pouvait trouver en ce moment et celui de Lili était plus qu’apprécié. Elle était la seule mère qu’il n’ait jamais connue, la seule adulte qui ne l’ait jamais déçu, ni blâmé, malgré son comportement provocateur et destructeur.

- Moi aussi, dit-il simplement en l’enlaçant à son tour.


katido  (23.01.2012 à 12:34)

58.   Troubles en Europe   

Il était un peu plus de 13 heure quand Esteban Gutierrez pris le chemin de la suite de son employeur. Il ne l’avait pas revu depuis ce fameux soir où il avait avoué la vérité à Lisa, ou tout juste aperçu de loin.

D’une certaine manière il regrettait leurs déjeuners en commun. Il ne s’imaginait pas qu’ils soient devenus amis ou qu’il y ait une quelconque relation autre que professionnelle entre eux, bien sur, mais il était amoureux de sa sœur. Et ça, son patron le savait.

Il pénétra dans la suite par l’entrée de service. Apporter le déjeuné lui fournirait une excuse toute trouvée pour pouvoir lui parler. Il n’ignorait rien de la situation médicale de ce dernier. Lisa lui avait procuré une liste des aliments proscrits par le médecin et il mettait un point d’honneur à préparé lui-même les repas du frère de son amie.

- Bonjour Monsieur Bass, dit-il avec un peu d’appréhension.

- Esteban ! dit Chuck un peu surpris. Tu fais le service maintenant ?

Evidemment, il aurait du se douter qu’il se ferait caler à peine arrivé !

- Je voulais vous parler, continua-t-il tout de même, courageusement.

Son employeur fronça imperceptiblement les sourcils mais quitta l’écran de son ordinateur portable des yeux et lui accorda toute son attention.

- Je voulais vous remercier… pour la chambre …, commença-t-il en se dandinant un peu.

- Et bien, si tu veux avoir ta carte verte, il te faut un logement pour travailler. Et vu que le tien n’était plus vraiment en état, se contenta de dire Chuck, impassible.

- Justement, à propos de ça ….

Puisqu’il était lancé, autant se jeter dans l’arène, après tout, il avait survécu à son premier passage dans cette suite.

- Il y a un problème ? questionna le jeune Bass.

- Non, au contraire, en fait …. Je voulais vous dire aussi …. Merci … pour Lisa … enfin... je veux dire … je sais que c’est votre sœur mais …. elle est importante pour moi aussi … et si vous n’étiez pas arrivé…  

Esteban ne termina pas sa phrase, il avait du mal à trouver les mots face à son employeur, qui l’impressionnait beaucoup. Il ne savait pas s’il allait trop loin, mais il ne pouvait pas faire comme si de rien était. Ca aurait été contraire à son sens de l’honneur.

Chuck sourit avec bienveillance devant le malaise de l’aide-cuisinier.

- Tu étais là pour elle quand elle en avait besoin. Si tu ne m’avais pas aidé, je n’aurais pas retrouvé ma sœur, je n’aurais pas pu intervenir alors, disons qu’on est quitte... Et je ne crois pas me tromper en disant que tu es important pour elle toi aussi, ajouta-t-il après un instant.

- Bien, dit le jeune cubain, qui ne savait pas trop comment il devait le prendre. Est-ce que cela voulait dire qu’il lui donnait sa bénédiction pour qu’il tente sa chance avec Lisa ?

- Esteban, dit encore Chuck, sans cacher la menace dans sa voix, si jamais tu la fais souffrir …

- Ca n’arrivera pas, répondit-il prestement

- Qu’est-ce qui n’arrivera pas ? demanda B qui sortait de la chambre.

Elle s’était éclipsée pour que Chuck et Lili puissent avoir une conversation mère-fils et elle s’était endormie, épuisée par les émotions et une nuit sans sommeil.

- L’oubli de ton déjeuner, répliqua son petit ami en jetant un regard complice à son employé.

- Je vous ramène ça tout de suite, dit Esteban en quittant la pièce par où il était venu.

- Qu’est-ce que tu fais ? interrogea B en prenant place à côté de lui sur le sofa. Tu travailles ?

- Bass industrie ne va pas se gérer tout seul. Et avec Jack dans les parages, je préfère couvrir mes arrières. Quoi qu’il a l’air d’être revenu à de meilleures intentions. Il doit se dire qu’il lui suffit d’être patient, ironisa l’héritier.

- Tu n’es pas drôle, le rabroua-t-elle. Lili s’assurera de la charge de l’intérim, tu devrais te reposer.

- Je croyais pourtant que tu t’étais rendue compte que j’avais toutes mes capacités, lui dit-il avec un petit sourire en coin.

- Oui, ben justement, tu devrais recharger tes batteries, parce que j’ai bien l’intention de les épuiser, répondit-elle taquine, en l’embrassant.

- Je t’aime, dit-il encore en répondant à son baiser, la serrant contre lui.

- Moi aussi, et c’est pour ça que je voudrais que tu te reposes un peu.

Elle n’avait pas l’intention de se disputer avec lui mais elle veillerait sur lui que ça lui plaise ou pas. Elle posa sa tête dans le creux de son épaule et lu, sans vraiment le vouloir, la page qu’il consultait sur son ordinateur.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en désignant l’ordinateur sur la table basse.

- Rien d’important, répondit-il en rabattant l’écran.

Elle se dégagea de son étreinte et rouvrit le portable.

- C’est quoi ces pertes en France ? C’est pour ça que Jack a appelé Lili tout à l’heure, avant que je vous laisse ?

Chuck soupira, inutile de lutter, de toute manière elle finirait bien par le découvrir.

- Le conseil d’administration à décidé d’une réunion d’urgence. Il semblerait qu’il y ait beaucoup d’annulation en Europe depuis plusieurs jours et particulièrement en France.  

- C’est Louis ? Bien sur que c’est Louis ! J’aurais du me douter que les Grimaldi ne resteraient pas inactifs après l’annulation du mariage, se sermonna-t-elle elle-même en se mordant la lèvre inférieure.

- Hé, ce n’est pas si grave, expliqua Chuck en la prenant par les épaules. Jack et Lili vont expliquer au conseil d’administration que ce n’est que passager et s’il le faut on fera un geste pour les rassurer.

- Par un geste, tu veux dire, vendre des hôtels, répliqua-t-elle.

- Je t’ai toi, répondit-il en prenant son visage entre ses mains, je vendrais tous les hôtels que j’ai pour ça. Je ne suis pas prêt de refaire deux fois la même erreur. 

Il l’embrassa et une sensation de bien-être monta en elle, dissipant ses remords.

- Je t’aime, plus que tout, répéta-t-il à nouveau.

- Alors, promets-moi de prendre un peu de repos, ok ? le pria-t-elle en caressant sa tempe.

- Promis, je dormirai tout à l’heure, pendant ma dialyse, conclu-t-il, en fermant les yeux pour poser son front contre celui de celle pour qui lui donnait la force de se battre si farouchement.   


katido  (24.01.2012 à 12:33)

59.   Projet d’Avenir

Lisa frappa à la porte de la suite de son frère et entra sans attendre la réponse. Elle était survoltée par la nouvelle. Gillian était vraiment une marraine fantastique.

- Salut frérot, cria-t-elle en pénétrant dans le hall.

C’était son tour de veiller sur lui. Jusqu’à ce que B ne l’accompagne à sa séance de dialyse à 16h30. Cette dernière avait juste le temps de le rejoindre à la clinique privée à la fin de son dernier cours, mais Lisa ne doutait pas que la jeune femme y serait à temps.

Elle ralentit le pas en la découvrant occupé à finir de déjeuner avec Chuck. N’avait-elle pas lu le planning correctement ? On était pourtant bien lundi !

- Salut Blair, dit-elle sans autre forme de commentaires en remarquant le regard de celle-ci qui lui intimait de ne pas poser de question.

C’est vrai qu’elle n’était pas censée connaître l’emploi du temps de Queen B.

Elle passa donc devant celle-ci et planta un baiser sur la joue de Chuck.

- Regarde ça ! dit-elle, aux anges.

Lisa lui présenta un A4 en couleur qui promotionnait un spectacle pour le soir même.

- Une comédie musicale ! commenta son frère, qui ne voyait pas ce que ça avait d’extra ordinaire à New-York et encore moins dans une école comme Julliard.

- Mais non, là ! Regarde, sourit-elle en indiquant son nom sur la publicité.

Ses yeux pétillaient quand elle expliqua, excitée comme une puce

- Gillian est vraiment trop géniale, elle a convaincu le metteur en scène de me laisser passer un bout d’essai et il a été tellement emballé qu’il m’a choisie sur le champ pour remplacer le guitariste qui lui a fait défaut ce week-end. Il n’a même pas procéder à d’autres auditions. Je ne sais pas comment elle s’est débrouillée pour faire ça mais elle est vraiment…

- Géniale, oui, on sait, soupira Blair en levant les yeux au ciel.

Chuck lui lança un regard d’avertissement et elle fit immédiatement marche arrière.

Lisa ne prit même pas la peine de relevé. Il était plus qu’évident que Queen B était jalouse de sa nouvelle amie. Un peu trop proche de Chuck à son goût surtout ! Elle n’allait certainement pas la laisser lui gâcher ce grand moment.

- Tu viendras ce soir, n’est-ce pas ? demanda-t-elle à son frère les yeux pleins d’étoiles. Enfin je veux dire, vous viendrez n’est-ce pas ? reprit-elle en regardant Blair avec son plus beau sourire.

B serra les doigts de Chuck sous la table mais il l’ignora et lâcha sa main pour la reposer à côté de son assiette.

- Bien sur, répondit-il à sa sœur en souriant.

- Génial, répéta encore sa sœur en sautillant sur place.

Blair retint une grimace d’exaspération.

- Il faut que j’annonce ça à Esteban, il ne va pas en revenir ! Je t’adore, reprit Lisa, à l’adresse de son frère, lui plantant un nouveau baiser sur la joue.

Elle aurait bien embrassé Blair aussi, si elle n’avait pas tant redouté de se faire mordre.

- A moins que tu n’ais besoin de moi ? questionna-t-elle plus à cette dernière qu’à Chuck, l’air de rien.

- Il doit être dans sa chambre, indiqua le patron de l’Empire, il vient de finir son service.

- Alors j’y vais, affirma Lisa en déchiffrant le regard de Blair qui priait pour qu’elle débarrasse le planché.

- Génial ! mima celle-ci dés qu’elle eut franchit la porte de service.

Elle lança un regard noir à Chuck.

- Je croyais que tu devais te reposer !

- Et c’est ce que je vais faire, je t’ai promis que je dormirais tout à l’heure, répondit-il pour se défendre.

- Quatre heures, cinq toutes au plus. Génial, imita encore Blair, furieuse contre lui.

- Je ne vais quand même pas m’arrêter de vivre avant d’être mort, cingla Chuck.

Ces mots s’abattirent sur B comme un coup de foudre. Son visage se décomposa. Il aurait voulu ravaler ses paroles mais il était trop tard.

Elle se leva de sa chaise, les jambes en coton et se dirigea vers le hall. Elle étouffait, elle avait besoin de prendre l’air.

Il l’a regarda prendre l’ascenseur, muet de stupeur. Lorsque les portes se refermèrent sur elle, il se prit la tête entre les mains. Laissant le taux d’adrénaline redescendre dans son corps tandis qu’il reprenait ses esprits. Il ferma les yeux quelques minutes avant de se lancer à sa poursuite.

Sans aucune hésitation, il monta jusqu’au toit. Il la retrouva accrochée à la rambarde, comme si elle admirait la vue. Mais elle ne voyait rien tant ses yeux étaient embués.

Il l’enlaça entre ses bras. Il sentit son échine se raidir contre son torse quand il posa ses lèvres à la base de sa nuque.

- Pardon, souffla-t-il dans son cou, je suis désolé, je ne voulais pas dire ça, je voulais…

- Je sais, dit-elle en retenant un sanglot.

Elle essuya une larme qui tentait de s’échapper du revers de la main.

- C’est moi qui te demande pardon. Je sais que tu ne vas pas rester assis dans ton fauteuil en attendant que ce fichu bipper ne se mette à sonner. C’est juste que…  J’aurais voulu t’avoir rien que pour moi, au moins 24 heures…. Mais apparemment, c’est une chose impossible… Aussi impossible que de remonter le temps !

Il replia ses bras autour du corps de la jeune femme, emprisonnant les siens et la serra plus fort. Il pressa ses lèvres sur son épaule, s’enivrant à nouveau de son parfum.   Elle entrelaça ses doigts dans les siens.

- On a perdu tellement de temps, pleura-t-elle doucement, laissant sa tête aller contre son épaule.

Elle était gelée. La chaleur du corps de Chuck la réchauffait et la réconfortait. Et la seule chose à laquelle elle était capable de penser c’était au vide qu’elle ressentirait s’il venait à disparaître. Elle refusait d’envisager sa mort, mais paradoxalement, elle la hantait.

La hanterait-il aussi s’il n’était plus ? Est-ce qu’elle le verrait, dans chaque ombre, dans chaque recoin ? L’enfermerait-elle dans une jolie boîte à chaussure ? Combien de temps se passerait-il avant que les premiers souvenirs ne s’estompent ?

Ou bien, au contraire, ne pourrait-elle jamais l’oublier ? Comment pouvait-elle seulement envisager de vivre sans lui ? Dans un monde où il n’existerait pas ? Ce ne pouvait pas être son monde, c’était une chose impossible !

- Je sais, répondit-il plein de remords, et j’en suis le principal responsable. J’avais tellement peur de t’avouer mes sentiments, tellement peur que tu ne me vois tel que je suis, j’étais paralysé, je me disais que ça ferait moins mal si c’était moi qui mettais fin à notre relation, mais tu ne m’as jamais lâché, malgré toutes mes tentatives.

Elle se retourna dans ses bras pour lui faire face et enfui sa tête contre sa poitrine. Fermant les yeux pour écouter encore ce bruit sourd et familier qu’elle voulait entendre jusqu’à la fin des temps.

- J’ai une idée, reprit-il. Si je te le proposais à nouveau, est-ce que tu m’accompagnerais en Toscane ? On pourrait partir ce vendredi après-midi, dés que tu auras terminé ton dernier cours, on reviendrait dimanche soir. Quant à moi, j’irai en traitement vendredi matin et lundi après-midi.

- Est-ce que tu viendras cette fois ? questionna-t-elle en souriant faiblement.

- Je serai le premier dans l’avion. Et je te promets que je ne quitterai pas le lit de tout le week-end, dit-il en retrouvant son ironie.

- Vaudrait mieux pas pour toi, effectivement, riposta-t-elle

- Mais à une seule condition, reprit-il avec un ton plein de sarcasmes. Je t’interdis de ramener un quelconque Lord Anglais ou Prince Européen, de quelque état que ce soit, dans tes bagages. D’ailleurs, je demanderai expressément à ce que le personnel soit exclusivement féminin, pour ne prendre aucun risque.

- Ben voyons ! se piqua-t-elle au jeu. Dans ce cas, je demanderai à Dorota de nous accompagner. On pourrait louer un chalet dans la montagne. Je suis certaine qu’elle sera contente si je lui loue celui à côté du nôtre. Elle n’aura qu’à s’occuper de faire quelques courses et nous déposer des plateaux repas à la porte de notre chambre. Elle pourra disposer de tout le reste du temps avec Vania et Anastasia.

- Une location, hein ? se moqua-t-il.

- Il faut bien savoir faire des concessions, reprit-elle, condescendante, et puis comme ça, je ne prendrai aucun risque moi non plus. Tu ne pourrais pas soudoyer Dorota, même si tu le voulais.

- Ca, aucun risque, elle est entièrement dévouée à tes intérêts, remarqua Chuck.

- Alors, nous somme d’accord ?

- Nous sommes d’accord, approuva-t-il en l’entraînant vers l’intérieur. Et que dirais-tu de prendre de l’avance sur la  sieste de tout à l’heure pour sceller notre pacte ?


katido  (24.01.2012 à 12:50)

60.   l’amour plus fort que la mort

« Aperçu : Le roi de l’UES en visite dans une clinique très privée. Enfin, pas si privée que ça apparemment. Il se murmure que son passage au King’s County aurait laissé des traces. Le prince noir aurait-il laissé des plumes dans la bagarre qui l’a opposé à un pochtron notoire de Brooklyn ? Serait-ce la raison du retour de Tonton Jack ? Met avis qu’il ne s’est pas déplacé pour rien. Comme tous les requins, il renifle l’odeur du sang frais à des kilomètres et son neveu en a visiblement perdu beaucoup ce soir là. »

- On ne s’en débarrassera donc jamais ?! grogna Chuck en éteignant son téléphone à l’entrée de Julliard.

- Ca m’étonne que rien n’ait filtré plus tôt. Au moins en Toscane on sera tranquille ! A moins qu’il n’y ait un espion caché sous le lit, répondit sa reine, avec un sourire entendu.

Il était content qu’elle ait retrouvé un peu le sourire. Il faut dire qu’il y avait particulièrement mit du sien tout le reste de l’après-midi. Et même s’il ne le lui avouerait pas, elle avait eu raison de le forcer à se reposer.

- Chuck ! appela Gillian, à peine eurent-ils pénétrés dans la salle de spectacle. Je nous ai réservé des places, dit-elle en souriant.

Il sentit B se crisper. Il fallait absolument qu’il parle à la cousine de Nate. Leur petit arrangement était peut-être avantageux pour lui quand il était seul, mais là, son attitude commençait sérieusement à l’incommoder.

Il avait déjà du mal à concilier Blair et Lisa. S’il devait rajouter Gillian dans l’équation, c’était la catastrophe assurée. Et il avait bien d’autres préoccupations en tête. Il ne comprenait pas pourquoi la cousine de Nate continuait à se comporter de cette manière.

Ou plutôt si, il ne le comprenait que trop bien. Elle tenait là sa revanche sur B et s’en délectait. Mais il avait horreur qu’elle se serve de lui de cette façon, surtout si c’était pour atteindre Blair. Le problème était que la rouquine avait sa sœur de son côté. Il faut dire que B avait tout fait pour en arriver là et que Gillian se montrait plus qu’attentionnée envers Lisa, la preuve ce soir.

Il soupira, ne sachant trop comment se sortir de ce casse-tête sans en perdre aucune.  Car avoir Gillian dans son camp était un avantage plus que certain et il n’avait surtout pas envie de se retrouver en guerre avec elle en ce moment.

Elle était bien, trop dangereuse, il l’avait vue à l’œuvre. De plus, bizarrement, il s’était attaché à leur amitié. Elle avait été là pour lui quand il ne pouvait parler à personne d’autre et elle était loyale envers ses amis. C’était aussi ce qui faisait sa force. Peut-être que Nate aurait une idée de comment l’amadouer ?

Car, s’il était reconnaissant à Gillian d’avoir été une oreille attentive et de bons conseils, elle ne remplacerait jamais son meilleur ami. Ils n’avaient pas encore vraiment eu l’occasion de parler depuis sa sortie du King’s County, et pendant son hospitalisation non plus d’ailleurs, mais il devinait que son ami devait être atterré par la nouvelle de sa maladie. Nate l’avait toujours supporté, dans tous les sens du terme, même quand il était infecte avec lui. La seule chose qui l’avait poussé à se disputer avec lui, c’était Blair. Que ce soit récemment ou plus loin dans le passé.

Nate avait fait ce qu’il pensait être juste, même s’il s’était trompé sur les intensions de son meilleur ami. Il avait essayé de le maintenir dans le droit chemin quand il pensait qu’il se fourvoyait dans sa relation avec la jeune femme.

Son meilleur ami portait une affection certaine à sa petite amie. Ils avaient été « fiancés » quasiment à la maternelle et il la connaissait bien, à défaut de la comprendre et d’apprécier chaque facette de sa personnalité. Il savait qu’il prendrait soin d’elle si jamais le pire lui arrivait. Il pouvait compter sur Nathaniel pour aider Blair à surmonter son chagrin et à aller de l’avant s’il n’était plus là.

- Je te préviens, si elle t’enlace, je lui arrache les yeux, marmonna B à l’intention de Chuck en arrivant devant la rouquine.

Il sourit et serra sa main. Oui, il fallait vraiment qu’il trouve une solution.

Mais il n’eut pas besoin de s’interposer entre les deux tigresses. Gillian ne l’approcha pas de trop près. Et pour cause.

- Bonsoir Blair, Bonsoir Chuck, dit Macy avec un sourire aussi doux que ne l’était la jeune fille en quittant le siège ou elle était déjà installée.

- Bonsoir, répondit Blair, d’un air pincé.

- Non, mais en plus on va devoir se coltiner l’ex-fiancée de Nate ? hallucina B.

Chuck ne répondit pas, il ne pouvait pas lui expliquer le pourquoi du comment au milieu de toutes ces oreilles indiscrètes.

- Chuck, je suis contente que vous soyez venus, dit tout à coup Serena qui arrivait, resplendissante.

Elle embrassa chaleureusement son frère. Lili avait fait passer le dernier message, de mauvaise augure, malheureusement, et elle sentit son cœur se serrer un peu. Mais ce soir, pas question de se laisser aller au pessimisme. Sa meilleure amie et Chuck avaient sans doute plus que jamais besoin d’ondes positives. Elle enlaça Queen B et pris le siège à côté d’elle pour commencer à papoter de tout et de rien tandis que Nate embrassait Macy sur la joue. Elle lui fit un petit clin d’œil et s’assied à la droite de Gillian.

- Content de te voir ici, dit-il à l’adresse de son meilleur ami.

Chuck saisit la main qu’il lui tendait.

- Moi aussi Nathaniel, répondit le roi de l’UES avec un regard de gratitude pour tout ce qu’il avait fait pour lui quand il était cloué sur son lit d’hôpital.

 Nate rejoignit Serena et s’assied à sa gauche, entrelaçant ses doigts dans ceux de la blonde.

- Hé, tout le monde est venu ? s’étonna Lisa, en rejoignant le groupe.

Elle s’était échappée quelques minutes des coulisses pour accueillir Esteban.

Ce dernier fit un petit signe de tête à Chuck qui l’observait d’un regard perçant. Il en eut presque la chair de poule.

- Mais personne n’aurait raté ça, sœurette, dit-il en reportant son attention sur Lisa.

Elle lui fit un sourire éblouissant.

Serena, ressentit quelque chose de bizarre, elle était la seule que Chuck appelait comme ça jusqu’ici.

- C’est toi Esteban ? questionna la bonne fée de Lisa.

Il acquiesça et rougit quand elle ajouta 

- Lisa n’arrête pas de parler de toi, il reste une place à côté de Nate si tu veux.

Il dansa d’un pied sur l’autre un instant, ne sachant s’il devait accepter.

-  Viens ! lui dit Nate, tandis que le regard de Chuck se faisait moins dangereux.

- Attend, avant souhaite-moi bonne chance, dit Lisa en le suivant jusque devant le siège vide.

- Tu n’en as pas besoin, sourit Esteban, mais il ne protesta pas quand elle l’attira à elle pour poser ses lèvres sur les siennes.

Elle fila derrière le rideau, au fond de la scène, sous l’œil attentif de son frère tandis que le cubain évitait surtout de le regarder.

- Tu ne lui as encore rien dit, murmura Gillian à l’oreille de Chuck quand elle se fut assise à son tour entre Macy et lui.

Ce n’était pas une question. Elle avait du retourner Nate comme une crêpe sans même que celui-ci ne s’en rende compte, songea-t-il.

Blair attrapa sa main gauche et la tira sur ses genoux avec humeur.

- Je ne voulais pas lui gâcher sa soirée… demain, l’entendit-elle répondre à la rouquine méprisable. 

Elle serra ses doigts entre les siens et il sentit la main de B se glacer. Il passa son bras autour des épaules de la femme de sa vie et l’embrassa tendrement sur la  pommette.

- Je t’aime, dit-il si bas qu’elle l’entendit à peine, mais cela suffit à réchauffer son cœur.

Elle cala sa tête dans le creux de son épaule et ne bougea pas de tout le spectacle qui commença presque aussitôt.

Tout était magnifique, les décors, la mise en scène, la chorégraphie, les danseurs et surtout, la musique.

Blair avait le cœur gros tout au long de la représentation et quand vint le moment du final, elle du faire un effort surhumain pour retenir ses larmes. Elle serrait la main de Chuck si fort que les jointures de ses phalanges étaient blanches, mais il ne bronchait pas.

Au contraire, sa main, chaude, ne se dessoudait pas de la paume de la jeune femme. Et de son bras, passé autour de son cou, il la tenait fermement contre lui, du plus près qu’il le pouvait, en proie à l’émotion lui aussi.

(Cliquez pour suivre le lien si vous souhaitez écouter la chanson)

S'il faut choisir, je choisirais l'éternel
Même si l'on m'arrachait le cœur,
Le corps et l'âme et qu'on me brûlait les ailes
Je n'sentirais pas la douleur

Si je me perd à défier le fil du temps
Et s'il se lit à l'imparfait
A mes yeux tu seras le dernier présent
Celui que l'on n'oublie jamais

Si l'on déjouait le sort
par un corps à corps
L'amour serait plus fort
Bien plus fort que la mort

Si l'on déjouait le sort
Par un corps à corps
L'amour serait plus fort
Bien plus fort que la mort

S'il faut renoncer à la douceur humaine
Et à la folie de nos cœurs
Donne moi les mots pour ne plus avoir de peine
Quand pour nous aura sonner l'heure.

Puisque l'on sait qu'il n'y aura jamais d'après
A cet impossible bonheur
Ferme les yeux et gardes en toi l'étincelle
Tu n'as plus besoin d'avoir peur.

Si l'on déjouait le sort
Par un corps à corps
L'amour serait plus fort
Bien plus fort que la mort

Si l'on déjouait le sort
Par un corps à corps
L'amour serait plus fort
Bien plus fort que la mort

Laissons s'unir nos corps
Et Sans un effort
L'amour sera plus fort
Bien Plus fort que la mort.

(6) « L’amour plus fort que la mort » Florent Torres Comédie musicale : Dracula, L’amour plus fort que la mort


katido  (25.01.2012 à 12:10)

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