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HISTOIRE DE FAMILLE

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 22.12.2011 à 18h49
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Cette fic se situe à la fin de la saison 4 Lorsque tout le monde ou presque rentre à N.Y. » katido 

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61.   Escapade en Toscane

Chuck regardait Blair dormir à ses côtés, le week-end en Toscane touchait à sa fin. Ce soir, ils reprendraient le jet pour Manhattan. Il aurait voulu pouvoir rester en Italie pour toujours. Elle était si belle et le séjour avait été si parfait. Rien qu’eux deux et un grand lit.

Agrémenté de quelques plateaux repas préparés par les bons soins de Dorota, sur les recommandations strictes de Blair, bien entendu.

Il repensa à leur départ, à peine deux jours plus tôt. Le regard de sa sœur quand elle avait appris que leur oncle ne serait pas son donneur et le désespoir dans son regard.

Il avait attendu le lendemain du spectacle. Il avait reculé ce moment au maximum, mais il ne pouvait pas attendre plus longtemps, de peur qu’elle ne l’apprenne par quelqu’un d’autre.

Il avait été profondément touché qu’ils se soient tous précipités pour faire les tests de compatibilités dés l’instant où Lili avait fait circuler la mauvaise nouvelle. Malheureusement, il n’y avait rien de concluant et aucun de ses amis ne pouvait lui porter secours.

Personne d’autre n’était encore au courant de la situation, hormis ceux qui lui étaient proches. Mais cela ne tarderait pas à arriver, il ne se faisait aucune illusion sur ça non plus. Et dés que ce serait le cas, les vautours s’en donneraient à cœur joie. A commencer par le conseil d’administration de Bass Industrie.

Mais il ne voulait pas y penser maintenant. Cette escapade était pour eux et personne d’autre. Il observa à nouveau la femme qui reposait sur l’oreiller, dans le lit tout près de lui. Il ferma les yeux et respira l’odeur de ses cheveux, de sa peau. Était-il possible de vouloir se fondre à ce point en une autre personne ? Au point de ne plus faire qu’un seul, sans pouvoir distinguer les limites de son propre corps et du sien ?

Son corps à lui qui le trahissait ! Ca aurait pu être comique, si ça n’avait été aussi tragique.

Toute sa vie, il avait eu peur de donner sa confiance. Son père lui avait appris très tôt que c’était une faiblesse que l’on payait très cher et que l’on ne pouvait compter que sur soi-même.

Car tous les êtres-humains, quels qu’ils soient, finissaient par vous blesser. Même ceux qui sont censés vous soutenir et vous porter quand vous tombez, spécialement ceux-là en fait. Ils se servent de votre amour pour le retourner contre vous, comme une arme acérée.

Aussi acérées que les lames qui lui avaient perforé la peau et le menaient là où sa vie ne tenait plus qu’à un fil.

Et voilà qu’aujourd’hui c’était lui-même qui se trahissait, son propre corps refusait de lui obéir. Il avait cessé de fonctionné, du moins en partie.

Chuck n’avait jamais émit cette hypothèse. Il n’aurait jamais pu imaginer une telle chose. Son père ne l’avait pas mit en garde contre cette éventualité. Bart l’avait pourtant mit en garde contre tellement de danger.

Il lui avait appris à naviguer au milieu des icebergs, dont on voit à peine quelque pourcentage du volume, et qui peuvent vous envoyez par le fond, sans même que vous ne vous en rendiez compte avant que la coque de votre navire ne soit complètement éventrée.

Il lui avait appris à nager au milieu des requins, qui reniflent la moindre trace de sang à des kilomètres à la ronde, et viennent du fin fond des océans pour s’attaquer à leur proie.

Il lui avait appris comment tenir à distance les serpents venimeux, qui hypnotisaient les leurs, et les faisaient danser, puis leur injectaient du venin dans les veines avant de les dévorer vivantes pour les digérer.

Il lui avait aussi appris à reconnaître les charognards, bien trop peureux pour s’en prendre à vous de votre vivant, et qui attendaient en vous regardant mourir lentement, sans esquissez le moindre geste pour vous portez secours. Attendant simplement leur heure de gloire pour danser sur votre cadavre.  

Il sourit, de son petit sourire acide, en pensant à nombres de ces prédateurs qu’il avait croisés. Lequel d’entre eux était-il, lui ? Un peu tous à la fois sans doute.

Oui, son père lui avait appris à se défendre contre tout un tas de dangers, mais il ne lui avait pas appris qu’il pourrait un jour être trahi par ses propres forces, qui l’abandonneraient.

Il ne lui avait pas non plus dit qu’il existait des créatures qui n’avaient aucun point commun avec les premières. De ces créatures qui vous entortillaient et vous attachaient à elles sans que ne puissiez vous défendre, quand bien même vous y mettez toute l’énergie que vous possédez en vous.

Des anges, qui vous font miroiter la lumière que vous ne pourrez jamais atteindre de l’autre côté. Et qui vous laisse un peu plus brisé à chaque fois que vous échouez à y accéder. Mais que vous ne pouvez pas vous empêcher de convoiter, comme un papillon de nuit qui se jette dans la lumière des phares.

Des anges, comme celui qui dormait à côté de lui. Qui attendaient un mot, un geste pour vous emportez dans leur sillage et vous faire goûter au bonheur, tout en sachant que vous ne pourriez jamais leur rendre la pareille.

Chuck étudiait chaque courbe du corps de Blair. Chaque angle de son visage, comme s’il ne les connaissait pas par cœur. Il gravait chaque grain de sa peau dans sa mémoire. Elle dormait si paisiblement, son esprit vagabondait loin de tout les tracas et les peines qu’il lui causait contre sa volonté. Elle l’aimait malgré lui, en dépit du bon sens.

Un petit coup à la porte signala que le plateau repas était prêt.

Il se leva, passa un pantalon et enfila une chemise avant d’aller ouvrir à Dorota. 

- Merci, dit-il à la domestique dévouée à Blair.

Elle l’observa, un peu  étonnée.  Elle ne l’avait pas vu de tout le séjour. Même pas  pendant le vol où il avait dormi comme le lui avait suggéré Miss Blair.

- J’ai une faveur à vous demandez, Dorota.

Il sortit sur le pas de la porte et la tira doucement derrière lui, sans la claquer, pour ne pas réveiller la jeune femme qui dormait.

- J’ai besoin que vous vous occupiez de mettre sur pied un anniversaire mémorable pour Blair, chuchota-t-il. Je ne fais pas confiance à Serena, elle est incapable de taire quoi que ce soit à B, et cette dernière aurait vite fait de lui tirer les vers du nez.

Dorota le regarda sans répondre.

- Je ne peux pas le faire moi-même, reprit-il, comme pour s’excuser. Elle ne me lâche pas une seconde, mais au moins comme ça, je pourrai détourner son attention pendant que vous organiserez tout.

- Monsieur Chuck ….

- Vous savez parfaitement ce qu’elle aime, autant que moi, sinon plus, argumenta-t-il encore tout bas, car l’employée de Blair n’avait pas l’air convaincu.

En réalité, Dorota était effrayée de le voir dans cet état. Sa chemise était mal boutonnée et laissait apparaître le coin d’un immense pansement qui transparaissait à travers le tissu fin. Elle avait pourtant eu de l’expérience en ce domaine dans son pays natal, à cause de son cousin qui était quelque peu en cheville avec la mafia. Mais Monsieur Chuck, il n’avait rien à voir avec ce monde de voyous et de bandits.

Elle comprenait mieux pourquoi Miss Blair et Miss Serena avaient eu si peur pour sa vie le soir où il s’était fait attaqué. Même Monsieur Nate n’en menait pas large. Et il n’était pas sorti d’affaire d’après les conversations qu’elle avait entendues entre ces deux derniers.

Elle remarqua soudain qu’il la regardait, attendant sa réponse.

- Oui, bien entendu, je vous aiderai à préparer la fête pour Miss Blair, balbutia-t-elle avec son accent polonais.

- Bien, faites envoyer toutes les factures à l’Empire, mais pas directement à mon nom. Je ne veux pas que Blair se doute de quoi que ce soit. Si vous avez un problème ou besoin de quelque chose de particulier, prévenez-moi par l’intermédiaire de Nate, pas de Serena. Elle est incapable de garder un secret, ce qui n’est apparemment pas votre cas.

- Oui, j’ai bien compris, Monsieur Nate et pas Miss Serena, répéta-t-elle.

Il pivota sur lui-même pour rejoindre sa chère et tendre.

- Monsieur Chuck, le rappela Dorota.

Blair se réveilla en entendant la voix de sa femme de chambre, tandis que lui se retournait pour lui faire à nouveau face. Dorota hésita un instant avant de parler

- Je suis désolée pour la nuit où vous êtes venu voir Miss Blair, dit la bonne avec une mine déconfite. Je pensais vraiment que c’était mieux pour elle. Je croyais qu’elle avait trouvé le bonheur avec Sa Majesté le Prince Louis.

- Je sais, dit-il, je ne vous en veux pas, Dorota. Vous avez fait ce que vous pensiez devoir faire pour son bien.

- Et qu’est-ce que tu as fait exactement ? demanda B qui les avait rejoint silencieusement, en nouant sa robe de chambre.

La domestique sursauta et affronta le regard soupçonneux de Queen B.

- Je lui ai dit qu’il devait trouver de l’aide ailleurs. Que vous aviez vos propres problèmes à résoudre avec l’organisation du mariage, répondit courageusement la femme qui n’en pouvait plus de cacher ce secret à la jeune fille qu’elle affectionnait tant.

- Quoi ? Dorota ! cria Blair, furieuse.

- B calme toi, la coupa Chuck en la prenant par le bras pour la ramener à l’intérieur de la chambre. On est venu ici pour être tous les deux, pas pour que tu te disputes aves Dorota.

Il fit signe à la bonne de disparaître alors que Blair l’incendiait du regard.

********

- Mais, c’est insensé, maugréa Queen B, après que Chuck lui ait expliqué sa visite nocturne plusieurs semaines au par avant. Pourquoi Dorota a-t-elle fait ça ?

- Elle voulait protéger ton bonheur, tout simplement, répliqua-t-il.

- Protéger mon bonheur, mais de quoi ?

- De moi, énonça Chuck avec évidence, baissant les yeux sur la main de Blair qui recouvrait la sienne.

Le cœur de la belle se serra, n’avait-il donc toujours pas compris ?

- Regarde-moi, dit-elle.

Il se pinça les lèvres, après y avoir passé le bout de la langue.

- Regarde-moi, insista-t-elle en prenant son visage dans ses mains.

Il leva les yeux vers elle avec un sourire triste.

- Tu es quelqu’un de bien Chuck Bass. Si seulement tu savais à quel point tu me rends heureuse. Si tu connaissais mon bonheur de pouvoir m’endormir dans tes bras et de sentir ta présence près de moi quand je me réveille. Si tu te voyais avec mes yeux, alors tu découvrirais le trésor qu’il y a là, à l’intérieur de toi. Tu n’es pas seulement riche à millions à l’extérieur Chuck. Si tu savais ce que tu représentes pour moi, tu es mon tout, tu es mon roi, tu es mon autre.

Elle l’embrassa doucement, délicatement, du bout des lèvres et sentit une larme de Chuck rouler de l’extrémité de ses doigts jusqu’à l’intérieur de son avant bras pour terminer sa course dans le pli de son coude.

- Je t’aime pour ce que tu es et non en dépit de ce que tu crois être, ajouta-t-elle en plongeant à nouveau ses yeux dans les siens. Tu es quelqu’un de bien, je t’assure, si tu n’as pas foi en toi, alors, aie foi en moi.

Elle avait dit ça d’une voix si douce et il sentait son cœur gonfler et déborder. Il ne pouvait plus retenir ses larmes. Pour la première fois de sa vie, il était convaincu qu’il ne finirait peut-être pas l’éternité au fin fond des enfers. Il pouvait être quelqu’un de bien, celui qu’il avait toujours souhaitez être sans même osez essayer. Pour elle, pour lui, grâce à son amour.

- Aime-moi, dit-il d’une voix enrouée par l’émotion, avant de l’embrasser tendrement. Aime-moi.


katido  (25.01.2012 à 12:44)

62.   Rédemption

Nate aperçu Blair au loin sur le campus et bifurqua dans sa direction en levant la main pour se faire remarquer.

La reine nota sa présence et se hâta vers lui.

Cela fait déjà une semaine qu’elle était revenue de son petit voyage avec Chuck. Elle avait rattrapé son retard en classe comme elle le lui avait promis et le planning qu’elle avait mis en place semblait tenir la route.

Chacun d’entre eux se relayait pour passer du temps avec lui en fonction de ses  propres occupations sans en faire trop pour ne pas que ce soit trop flagrant.

Heureusement, dans un sens, Louis aidait B dans son projet. En torpillant les réservations en Europe, il donnait à Lili la meilleure des excuses pour se retrouver avec Chuck une grande partie de son temps.

Elle n’était pas ravie des problèmes de Bass Industrie mais son principal souci était la santé de l’homme de sa vie et non celle de son entreprise.  Et puis en plus, cela obligeait Chuck à se focaliser sur quelque chose de concret et l’empêchait de ruminer et de préparer son éventuel « départ »

B frissonna à l’évocation de cette simple idée. Il avait fait signer des documents à Lisa sans qu’elle sache exactement ce que c’était. Il voulait s’assurer que Jack, qui traînait toujours dans le coin, ne l’exclue de la succession et ne la dépouille de son héritage.

Lisa n’avait rien demandé du reste. Mais Chuck estimait qu’il était logique qu’elle ait sa part et voulait surtout réparer ce que Bart n’avait jamais fait. A savoir, reconnaître l’existence de sa fille. S’il ne pouvait réussir à convaincre le conseil d’administration de son vivant, alors il le ferait autrement lui avait-il dit.

Elle détestait quand il se comportait comme ça, même si elle savait qu’il ne faisait que ce qu’il avait à faire, selon l’expression favorite de Chuck. Elle avait l’impression que c’était une nouvelle devise chez lui. Il s’attelait à tout ce qu’il voulait réaliser, luttant contre le temps.

Depuis qu’ils étaient rentrés de Toscane, il tentait par tous les moyens de contrer ses propres travers. Il aspirait à devenir meilleur, ce qu’il réussissait plutôt avec succès. Il changeait radicalement sous les yeux de Blair.

Le problème c’est que cela lui faisait aussi peur que la maladie qui s’était emparée de lui. Il était déjà très bien tel qu’il était avant et elle l’aimait comme ça, même s’il l’avait fait beaucoup souffrir. Elle le lui avait bien rendu !

Elle était tombée amoureuse de Chuck Bass et s’il devenait quelqu’un d’autre alors qu’adviendrait-il d’elle ? Est-ce qu’il l’aimerait toujours si elle ne changeait pas elle aussi ?

Seul Chuck comprenait les recoins sombres de son âme. Il était le seul à l’accepter telle qu’elle était. Il aimait ses mauvais côtés comme les bons. Mais s’il devenait bon, trop bon, supporterait-il encore ses crises de jalousie, ses complots, ses petites vengeances et ses mauvais coups ?

Elle avait sans cesse du tricher lorsqu’elle était promise  à Louis. Passant son temps à lui cacher ce qu’il y avait au fond d’elle-même, à réprimer ses envies et ses caprices devant lui. Avec Chuck elle était libre d’être elle-même, mais pour combien de temps encore ?

Si ce n’était pas la mort qui le lui enlevait, la vie ne s’en chargerait-elle pas ?

Elle n’oubliait pas le temps où il s’était amouraché de cette petite Française qui l’avait soignée après qu’il se soit fait tirer dessus. Et les efforts qu’il avait fait pour Raina Thorpe. Son cœur avait été déchiqueté en mille morceaux quand elle s’était aperçue qu’il ne faisait pas que la manipuler pour arriver à ses fins. 

Elle faisait donc des efforts dans ce sens elle aussi, car il ne lui était rien de plus insupportable que l’idée de perdre Chuck.      

Elle avait même consentit à faire une trêve avec Gillian ! Alors qu’elles se détestaient depuis toujours. Il lui avait expliqué les raisons de leur « union » Bien entendu le fait que Lisa la porte aux anges ne faisait qu’augmenter les chances de la voir dans les parages, ce qui n’avait pas l’air de le déranger outre mesure.

Tous étaient du côté de la nouvelle héritière en titre des Vanderbilt. Serena lui avait rappelé ce qu’elle avait fait pour aider Nate et Macy. Ce qui était dans les intérêts  de la rouquine impétueuse puisque que son grand-père lui accordait maintenant tout son soutien.

Mais d’aucun ne semblait le retenir contre elle. Tout ce qu’ils voyaient c’est qu’elle avait su faire équipe avec Chuck pour résoudre la situation de tout un chacun. Et ça, ça la rendait malade, au propre comme au figuré. C’était avec elle qu’il devait faire équipe et personne d’autre !

- Salut B, je suis content de t’attraper ici, dit Nate arrivant à sa hauteur. Entre nos cours et nos plannings, pas facile de se voir, surtout en dehors de tous les autres.

- Andrew Tyler a trouvé quelque chose ? demanda-t-elle avec humeur à son ami sans même prendre la peine de le saluer.

- Toujours pas non, répondit-il dépité, sans relevé son impolitesse. Et je pense qu’on devrait passer à la vitesse supérieure. S’il n’a rien trouvé depuis pratiquement deux semaines, il faut changer notre fusil d’épaule.

Elle savait très bien ce qu’il suggérait et elle n’aimait pas ça du tout.

- Il ne tiendra pas sa langue plus de quelques heures, répliqua-t-elle, bien obligée de reconnaître qu’ils étaient arrivés au bout de leurs moyens. Il sera trop content de nous voir ramper pour lui demander un service et il se délectera d’en parler à Chuck.

- Je sais, si tu as une autre option, je suis preneur.

Elle ne répondit pas, se contentant de soupirer.

- Alors on fait comme ça ? se résigna-t-il.

Elle acquiesça la mort dans l’âme.

- Je réussirai peut-être à le convaincre de garder le silence. Après tout, il était de notre côté et il a bien aidé dans l’affaire Thorpe.

Une nausée s’empara de Blair. Elle n’avait pas été là pour aider Chuck dans cette histoire là non plus. Elle était bien trop absorbée à chercher l’amour dans les bras d’un autre. Comment avait-elle pu être aveugle à ce point ?

- Si tu préfères…

- Surtout pas ! Il y prendra encore plus de plaisir si c’est moi qui le lui demande.

- Comme tu veux. Ne t’inquiète pas, je saurai me débrouiller avec lui.


katido  (26.01.2012 à 17:23)

63.   Chassés-croisés

Chuck entra dans l’immeuble de Blair par la porte de service. Il devait régler les derniers détails pour la fête d’anniversaire, qui était dans deux jours, avec Dorota. Elle avait été à bonne école avec B et s’était débrouillée comme un chef.

- Monsieur Chuck, l’appela doucement la domestique en le voyant s’avancer dans la cuisine des Waldorf.

- Elle est là ? questionna-t-il

Il devait voir Dorota mais, au pire,  puisqu’il était censé retrouver Nate à l’Empire, cela lui ferait un très bon prétexte pour être là si elle le voyait.    

- Elle sera partie d’ici une dizaine de minutes, elle est juste passée récupérer un livre qu’elle avait oublié je crois.

- Dorota ! cria Blair, furieuse, en dévalant les escaliers.

Chuck et la domestique échangèrent un regard avant que cette dernière ne se précipite.

- Restez là ! mima-t-elle en sortant en trombe de la cuisine.

- Miss Blair ?

- Prépare mon sac pour ce soir.

- Blair !  Attend ! hurla Serena depuis le palier

Mais Queen B s’engouffra dans l’ascenseur sans se retourner.

- Tu ne t’en tireras pas aussi facilement ! pesta sa meilleure amie en tournant les talons pour rejoindre sa chambre.

Dorota regagna la cuisine où l’attendait toujours Chuck.

- Qu’est-ce qui se passe ? l’interrogea-t-il

- Avec  Mesdemoiselles Blair et Serena, allez savoir, dit-elle en haussant les épaules.

Elle se doutait bien que la jeune demoiselle Van Der Woodsen s’était rendue compte que quelque chose clochait elle-aussi.

Miss Blair n’était pas dans son assiette depuis plusieurs jours. Elle ne la voyait pas beaucoup car elle était souvent à l’Empire mais dés qu’elle était là, elle ne cessait de faire des allées et venues à la salle de bain. Et elle ne mangeait presque rien à nouveau.

Bien entendu, elle comprenait que Miss Blair soit effondrée par ce qui arrivait à Monsieur Chuck. Et elle redoutait que cela ne fasse réapparaître les troubles de l’alimentation de la jeune fille.

La première chose qui avait attiré son attention s’était produite peu après leur retour de Toscane. Dorota lui avait préparé son cake préféré. Elle lui avait servit le tout sur un plateau avec du café et le lui avait présenté pendant sa séance de révision avec Miss Pénélope Mais Miss Blair n’avait touché à rien, elle avait même fait enlevé le plateau, prétendant que l’odeur l’incommodait. Au grand dam de sa sous-fifre qui avait l’air d’apprécier mais qui s’était vu interdire la moindre bouchée par Queen B.

Elle avait essayé d’aborder le sujet mais sa patronne l’avait envoyée balader. Elle n’était pas à prendre avec des pincettes et ce sujet était plus qu’épineux. Elle lui avait alors tendu plusieurs « pièges » et Miss Blair avait invariablement abondé dans le sens que craignait Dorota.

Cette dernière s’était promis que la fête d’anniversaire devait être le dernier test avant qu’elle ne la mette au pied du mur. Mais peut-être que Miss Serena avait prit les devants ?

Il n’était bien entendu pas question d’en parler à Monsieur Chuck, il avait bien assez de soucis comme ça et le fait qu’elle acceptait de l’aider à organiser l’anniversaire en cachette ne signifiait pas qu’elle n’était pas d’abord fidèle à Miss Blair.

Elle lui rendit la liste des invités et les dernières factures.

- Le bijoutier à demandé que vous le rappeliez, je crois, mais c’est Monsieur Nathaniel qui s’est occupé de ça.

- Bien, je verrai ça avec lui alors, dit-il en quittant la cuisine pour se rendre à l’étage.

Il grimpa les marches pour voir Nate mais ralentit l’allure quand il entendit les éclats de voix de Serena. Elle n’avait pas l’air contente du tout. Il espéra que Nate avait su tenir sa langue et qu’il n’avait pas mis sa petite amie au courant de la surprise.

- Mais non je t’assure, disait le pauvre Nate.

- Arrête, je vous ai vu sur le campus tous les deux !

- Ecoute S, si j’en savais plus à ce sujet, je t’assure que je te le dirais.

- Mais tu ne déments pas que vous avez des rendez-vous secrets ?

Chuck tendit l’oreille, ainsi S le soupçonnait d’avoir une liaison. Il ne lui avait pourtant parlé de rien et Gillian non plus. Mais il faut dire qu’elle était fortement occupée ces derniers temps. Elle faisait l’objet de toute l’attention de son grand-père avec tous les inconvénients que cela comportait. Et le départ de Macy, avec une ONG dans quatre mois la chagrinait beaucoup. Bien sur, elle n’ignorait pas le but ultime de sa tendre amie depuis le début de leur relation mais cela ne changeait rien à la situation.    

- Alors ? questionna encore la blonde

- On s’est vu quelques fois oui, c’est vrai, mais je t’assure qu’elle avait l’air d’aller bien. Enfin, c’est B, tu sais comment elle est. Si elle ne veut pas qu’on sache …

- Parce que tu es aveugle mon pauvre Nate, Blair a toujours su te mener en bateau. Quand vous étiez ensemble, elle t’a toujours fait faire tout ce qu’elle voulait. Elle te manipule comme un pantin sans même que tu t’en aperçoives.

De l’autre côté de la porte, le cœur de Chuck rata un battement avant de se mettre à battre la chamade. Se pouvait-il que ? Non, impossible ! Elle était avec lui pratiquement tout son temps libre. Elle prenait soin de lui et passait son temps à veiller à tout. Même un peu trop, se dit-il.

Il chassa cette idée folle, repoussant le sentiment de jalousie qui commençait à germer au fond de son cœur. Il ne pouvait pas croire que Blair le trompe, encore moins avec Nate. Il y avait forcément une autre explication.

- Tu penses vraiment ce que tu dis là ? cria Nate, furieux.

- Arrête Nate, je t’aime. Mais toi et moi on sait que B te ferait danser sur la tête si elle le voulait. Elle est très forte pour ça, c’est dans sa nature. Moi aussi elle me fait faire des trucs dont je n’ai pas envie parfois. Le seul qui réussisse à la contrer c’est Chuck. Et encore, elle arrive très bien à tirer son épingle du jeu. Ce n’est pas pour rien qu’ils s’entendent si bien et qu’ils vont si bien ensemble.

- De tout manière ce qu’on fait sur le campus, ce ne sont pas tes affaires, c’est entre elle et moi.

Tiens, voyez-vous ça ! se dit le prince noir depuis le couloir, ainsi Blair et Nate partageaient un petit secret eux aussi. Il espéra tout à coup qu’elle n’avait pas réussi à lui faire vendre la mèche à propos de son anniversaire. Il avait cru que Nate serait plus apte à résister à Blair, mais là, il doutait fortement de son choix.

- C’est à propos de Jack ? questionna sans détour Serena

Nate garda le silence mais son regard interloqué répondait pour lui.

La curiosité de Chuck, elle, était piquée au vif. Dans quoi Blair s’était-elle encore fourrée ? Si c’était en rapport avec son oncle, ça ne pouvait pas être de bon augure. Au moins Nate tenterait de lui maintenir la tête sur les épaules.

- Comment … entama Nate qui se savait découvert

- J’ai entendu ma mère en parler à Rufus.

- Génial, alors tout le monde est courant ! Est-ce que Jack est allé voir Chuck aussi ? Il m’avait promis de ne pas le faire, mais Blair a dit que se serait surement la première chose qu’il ferait.  

- Non, je ne crois pas, je pense qu’il n’est au courant de rien.

- Tant mieux parce que B ne veut pas qu’il l’apprenne tant qu’on n’aura pas une piste sérieuse.

- Je sais, je pense que tout le monde partage cet avis. Si Jack était allé fanfaronner on le saurait déjà. Je pense que personne ne lui dira rien. Et de toute manière, c’est mieux si c’est B qui lui en parle, c’était son idée et il sera surement plus réceptif si c’est elle qui lui présente les choses à sa façon.

Chuck avala sa salive, ainsi ils étaient tous impliqués dans une histoire qui le concernait, à l’instigation de sa petite amie, comme de bien entendu.

 - Mais ça ne résous pas l’autre problème, reprit Serena.

- Je t’assure que je ne me suis rendu compte de rien, elle m’a parue en pleine forme, enfin, je veux dire, compte tenu des évènements. Le moral, ce n’est pas vraiment ça mais…

- Mais, c’est justement ça le déclencheur Nate, expliqua sa belle amie blonde. Elle compense lorsqu’elle n’a pas de prise sur les choses, et là, la situation est complètement hors de son contrôle.

- Mais si c’était le cas, Chuck s’en serait rendu compte tu ne crois pas ? Je veux dire, elle passe tout son temps à l’Empire avec lui. Il ne pourrait pas passer à côté de ça.

- Tu y es bien passé toi, et pendant plusieurs années !

Chuck sentit des gouttes de sueurs froides couler le long de son dos. Il ne pouvait pas croire que ça recommençait. Elle était sortie de sa maladie depuis longtemps maintenant.

- On ne vivait pas ensemble, on avait 12 ans ! commenta Nate qui se sentait fautif.

- Mais ils ne vivent pas ensemble ! Et quand bien même, il y a 24 heures dans un jour. B passe beaucoup de temps avec lui à l’Empire c’est vrai, mais regarde le planning. Elle a tout loisir de « décompresser » et Chuck à bien d’autre chose à penser. Comme tu viens de le dire, quand B veut cacher quelque chose…. Et crois moi, ça, ce n’est pas quelque chose qu’elle veut qu’on sache et surtout pas Chuck.     

- Je ne sais pas, répondit Nate qui n’était pas convaincu. Peut-être que Dorota a vu un truc. Tu le lui as déjà demandé ?

- Non, pas encore, je voulais en parler avec B d’abord, mais…

- Tu ferais mieux de te mêler de tes affaires ! Oui, j’ai entendu d’ici. Mais peut-être qu’elle disait vrai. Peut-être qu’on s’inquiète pour rien.

-  Je te signale qu’on partage sa salle de bain, Nate.

Le jeune Archibald la dévisagea, il ne voyait pas le rapport.

- Oh, laisse tombé, s’agaça Serena en prenant la porte.

Elle traversa le palier et dévala les escaliers à son tour pour aller trouver Dorota.

Dans la chambre de Blair, Chuck se laissait lentement glisser le long du mur, jusqu’au sol. Son cerveau rassemblait tous les souvenirs de ses derniers jours, à la recherche du moindre indice qui pouvait confirmer les soupçons de la meilleure amie de la femme de sa vie.


katido  (26.01.2012 à 17:36)

64.   Secrets

Chuck fouillait le moindre recoin de sa mémoire. Les images des moments qu’il avait passé avec Blair défilaient devant ses yeux.  Avait-il loupé quelque chose qui aurait pu lui indiquer que celle qu’il aimait était retombée dans la boulimie ou l’anorexie ? Il n’ignorait pas que les deux périodes de maladie se suivaient régulièrement.

Il y avait la fois où elle avait été malade, après le repas. Elle avait mit ça sur le compte du saumon de Norvège et en avait même fait la remarque en cuisine. Comme lui n’avait pas le droit d’en manger, il était logique qu’elle soit la seule à avoir été indisposée.

Et une autre fois où elle n’avait pas touché à son repas, mais c’était parce que leurs baisers s’étaient enflammés et avait dégénérés. Lui non plus n’avait pas mangé ce soir là.

Tout en continuant à réfléchir, il se mit a fureté dans la chambre. Peut-être trouverait-il une « preuve », genre des paquets de chocolat planqués sous son lit. Sauf qu’elle n’y avait pas dormi depuis pratiquement trois semaines puisqu’elle passait toutes ses nuits dans le sien !

Il suspendit soudain son geste en tombant sur un dossier intitulé à son nom, glissé en dessous des autres sur le bureau de Blair.  Que fabriquait-elle ? Il ouvrit le rabat et sortit des feuilles de calendrier annotées.  Il s’assied sur le lit, soufflé par ce qu’il avait sous les yeux.

C’était de la folie. Elle avait réuni l’emploi du temps de chacun d’entre eux et avait établi un planning pour qu’il ne soit pratiquement jamais seul. Même les battements entre les périodes de babysitting étaient minutés.

Comment avait-il pu être aussi stupide ? Il ne s’en n’était même pas rendu compte ! « Elle te manipule comme un pantin sans même que tu t’en aperçoives » avait dit Serena à Nate. Visiblement ça s’appliquait à lui aussi !

Il était partagé entre la colère de s’être fait avoir comme un bleu et la reconnaissance de la bienveillance de sa petite amie. Elle avait fait ça par ce qu’elle s’inquiétait pour lui. Elle voulait le protéger et être certaine qu’il ne serait pas seul pour traverser cette épreuve. Et comme c’est une tâche qu’elle ne pouvait assumer seule, bien qu’elle soit en charge de la plus grosse partie de celle-ci, elle avait réussi à tous les y impliquer. Même Lili et Lisa !

Il sourit malgré lui. Blair connaissait sa réticence à dépendre des autres et s’était donc tout naturellement arrangée pour contourner le problème. Elle était incroyable, aucune autre n’aurait pu le berner comme elle le faisait, et il ne savait pas pourquoi, mais au lieu de le rendre furieux, il la respectait pour ça et il ne l’en aimait que plus. Avec elle, il n’était jamais au bout de ses surprises. Pas moyen de s’ennuyer ! Elle était belle à se damner et si intelligente en plus.

Elle contrôlait toujours tout, même quand elle n’en n’avait pas l’air.  Mais ça l’entraînait aussi vers des choses moins innocentes que le fait de veiller sur lui. Elle était manipulatrice à souhait et se débrouillait pour que tout tourne comme elle l’avait décidé. Sauf que dans le cas présent ça lui était impossible.

Lui aussi aimait avoir le contrôle des évènements, mais il avait bien du se rendre à l’évidence, il ne contrôlait rien du tout. Il était tributaire des évènements et non l’inverse. Il en était réduit à attendre la mort de quelqu’un pour pouvoir vivre sereinement. Mais il ne voyait pas bien comment cela pourrait être possible un jour, dans ces conditions.

Quoi qu’il en soit, s’il avait réussi à se focaliser sur autre chose, ce n’était certainement pas si évident pour Blair et il était fort probable que sa maladie ait déclenché la rechute de celle de sa petite amie.

Il ferma les yeux un instant pour tenter de se concentrer. Il aurait sourit de l’ironie de la situation si elle n’avait pas impliqué la santé de la femme qu’il aimait. Il se retrouvait exactement dans la même position qu’elle.

Elle avait besoin d’aide et même utiliser son propre procédé contre elle ne l’assurait pas de sa guérison. Il lui fallait plus qu’une surveillance où un soutien amical. Malgré tout l’amour qu’il lui portait, il était incapable de la soigner, exactement comme elle était incapable de lui procurer le rein dont il avait besoin. Mais elle n’accepterait jamais de s’éloigner de lui pour intégrer un centre où elle serait accompagnée pour faire face à sa maladie.

Le plus urgent, c’était la santé de Blair. Il devait commencer par déterminer avec certitude si elle était bien retombée dans son addiction à contrôler son corps. Au  risque de faire pire que bien.

*******

- C’est bien ce que pensait, dit Serena en revenant dans sa chambre, Dorota aussi à noté quelque chose de …

- Serena ! dit Chuck avec un petit sourire en coin.

Ca, ce n’était pas bon du tout, se dit-elle. Elle regarda Nate, qui avait un air désolé, puis son frère à nouveau.

Elle ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, ne sachant ce qui se passait. Elle était dans le hall avec Dorota, il ne pouvait être arrivé sans qu’elle le voit, sauf si…. il était là depuis avant qu’elle ne descende.

- Bon ! Reprenons, dit-il avec un air supérieur qui lui fit penser à Blair. Si je résume bien, vous avez tous acceptés d’aider Blair à me biberonner tandis que Nate et Blair ont un petit secret et se voient en cachette à Columbia, mais ce dernier a été tellement bien gardé que je suis le seul à ne pas en être informé bien qu’il semble me concerné directement.

- La dessus, je ne peux pas t’aider, plaida sa sœur, soulagée.

- Peut-être mais ce n’est pas celui-là qui m’intéresse dans l’immédiat, sauf s’il concerne également la santé de Blair. Nathaniel ? dit-il en se tournant vers lui.

Ce dernier se contenta de secouer négativement la tête. Il ne comprenait toujours pas d’où son meilleur ami était sortit.

- Puis, Blair et Serena ont le leur de leur côté avec, si j’ai bien compris, la complicité de Dorota.

- En parlant de la complicité de Dorota, tu oublies le nôtre, dit Nate

Chuck le fusilla du regard et Serena sauta sur l’occasion.

- Parce que vous avez un secret avec Dorota tous les deux ?

- On organise l’anniversaire de B, rajouta Nate. Au fait il faut que tu contactes le bijoutier, il y a un problème avec…

- Merci Nathaniel, mais ce n’est pas vraiment le sujet de la discussion, lui fit remarquer Chuck, furieux.

- Tu as raison, c’est vrai, dit S. Mais en fait, ce n’est pas vraiment de la complicité avec Dorota et Blair ne m’a rien dit, donc nous n’avons pas vraiment de secret. Je n’ai aucune preuve de ce que j’avance.

- Peut-être, mais ce que tu suspectes est assez grave pour que ce soit pris au sérieux et tu viens de dire que Dorota avait vu quelque chose….

- De louche, le coupa la blonde. Oui c’est vrai et c’est assez important pour que ça m’inquiète.

 - Alors moi aussi, dit Chuck. Mais il faut en avoir le cœur net.

- Et comment tu comptes faire ça ? Tu crois qu’elle va te répondre si tu le lui demandes ? questionna Nate

- Je pourrais toujours tenter le coup, mais ça m’étonnerait beaucoup que ça marche et puis Serena l’a déjà fait.

- Oui, mais j’étais seule et elle s’est contentée de fuir. Si on la confrontait à plusieurs peut-être …

- Ecoute, s’il y a quelqu’un à qui elle parlera, c’est toi Chuck. Tu es surement le seul qui soit capable de la faire craquer, intervint Nate.

- Ok, alors on va commencer par la manière douce, reprit C, je lui parlerai ce soir et si ça ne donne rien …. On passera à l’offensive.

- Ok, dit Serena

- Ok, dit Nate

Chuck acquiesça, il ne voyait pas d’autre solution de toute manière.

- Et Serena, pas un mot sur son anniversaire, compris ?

- Promis, de toute façon, ça m’étonnerait qu’elle vienne me voir la bouche en cœur après ce qui s’est passé aujourd’hui, elle reviendra plutôt vers toi.

- Alors à moi de jouer. Et arrêtez de me chaperonner, je suis un grand garçon, je n’ai pas besoin que vous me teniez la main.

- C’est aussi ce qu’à dit B, lui fit remarquer Serena.

Il quitta la pièce sans répondre en jetant un regard assassin à sa sœur.


katido  (27.01.2012 à 12:37)

65.   Offensive

Blair repassa chez elle en vitesse pour prendre son sac

- Mademoiselle Blair.

- Pas maintenant Dorota. Je devrais déjà être en chemin pour rejoindre Chuck à la clinique.

- Il est ici ! dit la bonne

Blair releva la tête et la regarda, interloquée.

Dorota n’avait pas l’intention de dévoiler le secret à propos de la fête d’anniversaire. Mais après que Miss Serena soit venue la voir pour lui poser des questions sur les comportements suspects de Blair, elle se doutait bien que ce sujet n’était plus vraiment à l’ordre du jour.

- Il t’a dit quelque chose ?

La femme de chambre se contenta de secouer la tête. Cette fois, elle n’était pas dans la confidence.

Elle croisa Serena au-dessus des escaliers. Elle n’avait pas envie de répondre à ses questions, surtout maintenant, et fila dans sa chambre.

Chuck sortit la tête de son journal, assis sur son lit et l’accueillit avec un sourire.

- Bonne journée ? demanda-t-il innocemment.

- Qu’est-ce que tu fais là ? Tu es censé être en dialyse dans moins de trente minutes. Je t’ai envoyé un texto pour te dire que je serais en retard.

- J’ai reporté la séance de quelques heures, j’ai d’autres priorités, là tout de suite.

- Et quelles priorités exactement ? Qu’est-ce qui se passe ? s’alerta-t-elle.

Elle avala sa salive sentant venir le cataclysme, mais ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait.

Il vit passer l’inquiétude dans son regard, elle supposait certainement que cela concernait sa santé à lui.

- Je suis venu voir Nate tout à l’heure, je crains bien d’avoir quelque peu modifié ton planning, dit-il en levant le dossier à son nom qu’il avait gardé à portée de main.

Elle blêmit. Il devait être furieux qu’elle ait organisé tout ça dans son dos.

- Tu n’aurais jamais accepté si je te l’avais proposé, se défendit-elle

- Alors, tu l’as fait sans rien me dire, parce que tu pensais que c’était le mieux pour moi. Ca te rassurait de te dire qu’il y avait quelqu’un pour me chaperonner.

- Ce n’était pas pour te chaperonner, mais juste pour ne pas que tu traverses ça tout seul, répondit-elle un peu déstabilisée.

Il ne criait pas, il n’avait même pas l’air en colère. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il comprenne son point de vue.

- Je ne suis pas seul, je t’ai toi, dit-il en la regardant intensément.

Elle s’approcha de lui et s’assit sur le rebord du lit, au supplice, la nouvelle devait être terrible pour qu’il réagisse ainsi.

- Qu’est-ce qui se passe ? le questionna-t-elle

- C’est ce que je voudrais savoir justement. 

- Mais qu’est-ce que tu racontes ?

- J’ai parlé avec Serena, lâcha-t-il

- Ne me dit pas qu’elle  t’a raconté ses salades ! s’emporta-t-elle

- Blair, soupira-t-il

- Je n’arrive pas à croire qu’elle ait fait ça ! Non mais pour qui elle se prend ? Comme si on n’avait pas déjà assez de souci comme ça !

- Elle veut t’aider, c’est ta meilleure amie.

- Meilleure amie, tu parles ! Si elle était vraiment ma meilleure amie, elle saurait que la dernière chose que je veux, c’est qu’elle vienne t’importuner avec ses inepties. Elle divague complètement.

- Je n’en suis pas si certain. Et Dorota, elle divague ?

- Quoi ? Mais qu’est-ce que Dorota….

- Elle s’inquiète pour toi elle aussi, elle l’a dit à Serena.

- Parfait, alors maintenant tu préfères croire Dorota et Serena, cingla-t-elle furieuse.

Elle avait l’impression d’être prise au piège. Pourquoi se retournait-il contre elle ? Pourquoi se liguaient-ils tous contre elle ?  Elle perdait le contrôle de la situation et ça la rendait folle. Ca avait commencé avec Gillian et voilà que maintenant ça continuait avec sa pseudo rechute.

-  Je ne demande qu’à te croire Blair, mais avoue que c’est difficile quand tu me caches tout un tas de chose, dit-il, agacé.

- Si c’est à cause de se stupide planning, …

- Il n’y a pas que ça Blair, à chaque fois que je me retourne, il y a un autre secret, comme tes rencontres avec Nate à Columbia par exemple, cria-t-il.

Il n’avait pas eu l’intention d’aborder ce sujet, ni de prendre le problème sous cet angle là. Il s’était promis de ne pas sortir de ses gonds, mais le déni de Blair le poussait hors des limites qu’il s’était fixé.

Elle s’affola. Elle n’avait aucunement le désir d’avancer sur ce terrain avec lui. Ni sur un autre d’ailleurs, mais quitte à choisir entre les deux, elle préférait la première de ses inquiétudes. Sur celle-là au moins elle connaissait une réponse précise à lui donner. Et elle devait calmer le jeu si elle ne voulait pas que ça dégénère.

Il s’obligea à reprendre le contrôle de ses émotions. Il ne voulait pas se battre avec elle, il voulait juste lui apporter l’aide dont elle avait besoin. Il ne voulait pas qu’elle supporte le poids de sa propre maladie, elle partageait déjà bien assez de ses douleurs et il refusait de l’entraîner avec lui sur ce chemin.

- Blair, Serena s’inquiète pour toi… et moi aussi, même Dorota a remarqué que quelque chose n’allait pas. Et je m’en veux de ne pas l’avoir vu plus tôt. Si je n’avais pas été aussi centré sur moi, je m’en serais peut-être rendu compte avant. Je sais que ma situation n’est pas facile pour toi non plus et si je pouvais te soulager, je t’assure que je le ferais, mais parfois il faut savoir accepter le fait qu’on n’a aucune emprise sur le monde qui nous entoure. Et aucun planning ne pourra y changer quoi que ce soit. Tu n’as pas besoin de t’organiser pour tout régenter autour de moi, je peux me débrouiller… tant que je sais que tu m’aimes et que, toi, tu es à l’abri.

Il la regardait si intensément, il était si désolé de la croire malade. Elle comprit qu’il se faisait vraiment du mauvais sang pour elle, autant qu’elle s’en faisait pour lui.

- Chuck, je te promets que tout va bien, ce n’est pas du tout ce que tu crois, repris-t-elle plus douce, pour le rassurer.

- Alors qu’est-ce que c’est ? plaida-t-il.

Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Elle ne savait pas comment lui annoncer ça. Elle craignait un peu sa réaction. Elle-même était encore sous de le choc de la nouvelle qu’elle venait d’apprendre moins d’une heure au par avant.

- Blair ! la supplia-t-il.

- Ok ! Je n’avais pas l’intention de t’en parler tout de suite, là, comme ca, vu que c’est tellement récent et soudain. Mais vu que ma « meilleure amie » n’a pas pu tenir sa langue, tout ça parce qu’elle m’a entendu deux ou trois fois dans la salle de bain.

- Au moins tu le reconnais, c’est déjà ça, commenta-t-il.

- Je ne suis pas malade, s’énerva-t-elle à nouveau.  Même si c’est ce que j’ai cru moi aussi. C’est pour ça que je suis en retard, je suis passée chez mon médecin pour avoir les résultats.

- Viens en au fait, s’impatienta-t-il

- J’y arrive. Vous avez raison, Je suis incommodée par certains aliments et je vomis souvent depuis plusieurs jours, c’est vrai, mais, ce n’est pas de ma propre volonté. D’ailleurs ça risque de durer un petit moment. Mais je vais très bien, je t’assure, en fait, NOUS allons très bien, dit-elle tout sourire.

Le cœur de Chuck s’arrêta de battre un instant. Il la dévisagea, totalement incrédule, complètement abasourdi par ce qu’elle venait de sous-entendre. Il s’était préparé à orienter la suite de leur conversation dans un sens bien précis. Il n’avait aucunement anticipé pareille révélation.


katido  (27.01.2012 à 12:45)

65.   Happy Birthday

La fête d’anniversaire de Blair était un succès. Chuck avait réussit à la surprendre, grâce à la complicité de Nate et de Dorota. Elle ne s’était doutée de rien, vu sa tête à leur arrivée chez elle.  Elle était vraiment surprise et il était plutôt content de lui. Ce n’était pas tous les jours qu’on réussissait à bluffer Blair Waldorf.

En général, c’était elle la reine des secrets. Il poussa un soupir et la regarda rire avec Serena. La jolie brune avait apparemment fait la paix avec sa meilleure amie. Tant mieux, Blair avait besoin d’être entourée, elle ne pouvait pas passer son temps à se préoccuper de lui. Elle avait sa propre vie à mener.

Il était encore sous le coup de l’émotion de l’annonce de sa grossesse. Pour ça part, il ne savait toujours pas trop quoi en penser. Il était complètement perdu. Il l’avait observée depuis ses deux derniers jours, elle était radieuse et semblait enchantée de la nouvelle.

Il se sentait vraiment idiot, il aurait du être heureux qu’elle porte son enfant, et il l’était, assurément. Mais était-ce vraiment ce à quoi, Elle, aspirait ? Il la connaissait bien. Elle voulait être une femme de pouvoir, elle était belle et intelligente, elle pouvait faire tout ce qu’elle voulait de sa vie. Mais il doutait fortement qu’avoir un enfant à 22 ans ait été dans ses prérogatives.

- On a bien réussi notre coup, n’est-ce pas ? sourit Nate en s’approchant de lui.

- Plutôt, oui, répondit Chuck

- A ce que je vois, tu ne lui as toujours pas offert ton 2ème cadeau ! Je suis certain qu’elle l’appréciera encore plus que le bracelet de diamants.

- J’ai changé d’avis, dit-il impassible.

- Quoi ? Mais pourquoi ? C’est l’occasion idéale et avec le bébé maintenant...

- Justement,

- Attends, je comprends plus là.

- Il n’y a rien à comprendre Nathaniel, répondit son ami en carrant la mâchoire.

- Chuck, déconne pas, c’est plus un jeu là ! On parle d’un bébé, de ton bébé, je te signale.

- Tu crois que je ne le sais pas, fulmina-t-il.

- Alors, pourquoi tu veux faire marche arrière ? Tu étais si sur de toi, il y a à peine deux jours.

- Il y a à peine deux jours les choses étaient différentes.

- Pourquoi, parce que tu ne savais pas qu’elle était enceinte ?

- Exactement, oui !

- Et ça change quoi au juste ? Puisque tu veux passer le reste de ta vie avec elle.

- Justement, peut-être que ce n’est pas une si bonne idée que ça de l’enchaîner à moi après tout.

Nate le regarda, estomaqué.

- Tu as peur, c’est ça ? cracha-t-il. Le grand Chuck Bass se dégonfle !

- Je suis mort de trouille, oui, tu as raison ! Tu es content maintenant ?! siffla Chuck entre ses dents.

- Non, je ne suis pas content Chuck. Je t’ai souvent vu faire n’importe quoi avec elle mais là, ça dépasse l’entendement. Vous êtes heureux ensemble, elle te soutient, elle est là pour toi, et toi tu veux lui tourner le dos quand elle a besoin de toi. 

- Je sais très bien ce qu’elle fait pour moi, commenta-t-il, amer, seulement …  Seulement je me rends aussi compte que ce n’est pas forcément le mieux pour elle.

- Arrête Chuck, elle est aux anges !

- Je sais oui, elle dit que c’est un signe que tout va s’arranger pour nous.

- Alors pourquoi tu ne peux pas tout simplement croire à ce signe toi aussi, et profiter de votre bonheur ?

- Parce que je n’ose pas y croire ! Franchement, Archibald, toi qui est quelqu’un de bien, tu ne penses pas que c’est égoïste si je n’essai pas de la dissuader d’avoir ce bébé ?

- Quoi ? Chuck ! Mais enfin qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne comprends donc pas qu’elle t’aime et que la seule chose qu’elle veut c’est que vous formiez une famille ?

- Je sais, moi aussi c’est ce que je voudrais.  Ce bébé, c’est le plus beau cadeau qu’elle puisse me faire seulement…

- Seulement ?

- Seulement, je ne sais pas comment on fait pour être un bon père. Et je ne suis même pas certain de pouvoir être là pour cet enfant. Qu’est-ce qui se passera pour elle, si elle se retrouve seule avec un enfant en bas âge ? Et qu’est-ce qui se passera pour le bébé ? Je sais trop le mal que ça fait de grandir dans ces conditions.

Nate resta sans voix, il ne savait pas quoi répondre à ça. Il commençait à comprendre ce que redoutait son ami.

- Tu n’es pas ton père Chuck, et Blair non plus. Quoi qu’il puisse arriver, cet enfant ne manquera jamais d’amour et tu le sais, répondit-il après un instant de réflexion.

Son ami ne répondit pas tout de suite, il considérait ce que Nate venait de dire et il était forcé de reconnaître qu’il avait raison. Mais il n’était toujours pas convaincu que ce soit le mieux pour Blair, même si elle avait de la ressource et qu’elle était bien capable de mener de front bébé et vie professionnelle. D’un autre côté, il savait qu’il ne la ferait pas changer d’avis et il n’en avait pas envie. Il voulait aimer et élever cet enfant et il priait intérieurement pour qu’on ne lui enlève pas ça aussi.  

- Est-ce que tu seras là pour prendre soin d’eux, si moi je ne suis plus là ? questionna Chuck qui connaissait parfaitement la réponse. 

- Tu seras là, dit son ami, la voix enrouée par l’éventualité de ce qu’il insinuait.

- Mais si ce n’est pas le cas, tu lui parleras de moi ? Je ne veux pas qu’il grandisse en pensant que son père ne s’inquiétait pas de lui. Même si c’est un autre qui doit prendre  ma place au futur, je veux que cet enfant sache qu’il est important pour moi.

- Elle lui parlera de toi et moi aussi, si le pire devait se produire, articula-t-il avec difficulté. Mais ne crois pas qu’un autre pourra te remplacer aussi facilement dans le cœur de B, Chuck !

- Je sais, mais je compte sur toi pour ça aussi. Ne la laisse pas me pleurer trop longtemps. Elle est merveilleuse. Elle peut avoir tous les hommes qu’elle souhaite et je ne veux pas qu’elle finisse seule. Elle mérite bien mieux que ça. Alors promets moi que tu ne la laisseras pas s’étioler, elle a toute la vie devant elle, je ne veux pas qu’elle se fane en s’enfermant dans son chagrin.

Nate posa les yeux sur son ami. Sa voix avait à peine tremblée et il affichait un visage impassible. Chuck était parfaitement lucide devant cette situation. Il n’était pas certain qu’il saurait faire face avec autant de dignité s’il était dans le même cas de figure.

Chuck le surprendrait toujours par son aptitude à s’adapter aux aléas de la vie, en tout cas en apparence. Car il ne doutait pas qu’il devait être aux affres de la torture de devoir envisager le futur de sa famille sans lui, alors que tout ce qu’il avait toujours souhaitez au plus profond de son cœur d’enfant, c’était d’en avoir une.

- Je te le promets, dit-il solennellement.

C’était la moindre des choses qu’il pouvait faire pour son meilleur ami.


katido  (27.01.2012 à 14:00)

66.   Divergence d’opinions

Chuck cherchait Blair dans la salle. La soirée d’anniversaire s’achevait et il ne lui restait pas beaucoup de temps. Il repensait à la conversation qu’il avait eue avec Nate. Elle n’attend que ça, lui avait-il dit et il savait que c’était vrai. Lui aussi attendait depuis longtemps.

Son ami avait raison, il était terrifié. Mais il ne pouvait plus reculer, il ne voulait pas, le tout était d’oser. Il avait été si près, plusieurs fois déjà, il l’avait touché du bout des doigts, mais il y avait toujours eu un obstacle. Devait-il croire que ce bébé était le signe du bonheur qu’ils attendaient ? Le bonheur, il le connaissait, dans les bras de Blair et il ne voulait pas y renoncer. Cette fois, il se jetait à l’eau pour de bon.

- Tu as vu Blair ? demanda-t-il à Serena

- En haut avec Eléanor, lui répondit sa sœur. Et toi tu as vu Nate ?

- Il est là-bas près de la porte du hall, indiqua Chuck en faisant demi-tour pour la suivre.

Quand il passa à hauteur de son ami, il lui fit un sourire complice auquel l’héritier Archibald répondit par un clin d’œil.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda la belle blonde en embrassant tendrement son petit ami.

- Tu le sauras bientôt, répondit celui-ci, avec un sourire qu’il voulait mystérieux.

- Quoi, non, tu rigoles ? Il s’est enfin décidé à lui faire sa demande ?

Nate acquiesça et l’embrassa en retour.

- B va être folle de joie, dit-elle, suspendue aux lèvres du jeune homme. 

Chuck grimpa les escaliers quatre à quatre. Son cœur battait à cent à l’heure. Il tenta de maîtriser le tremblement de ses mains et referma le poing sur le boîtier qu’il avait dans sa poche. Cette bague, il l’avait emportée pour la lui offrir par deux fois déjà. Il espérait bien que la troisième serait la bonne.

Il entra dans la chambre de Blair en prenant une grande goulée d’air et souffla un bon coup.

- Je suis désolée mais je ne peux pas cautionner ça Blair, et si ton père était là, il dirait la même chose, la sermonnait Eléanor depuis la salle de bain, dont la porte était grande ouverte. C’était déjà énorme que tu annules ton mariage princier. As-tu la moindre idée de la gêne que cela a pu susciter pour moi ? Non, bien sur ! Pourtant tu devrais te soucier de ce que les gens pensent.  

- Je me fiche bien de ce que pense tous ces gens, tu sais que ce sont tous des hypocrites, la seule chose qui…

- t’intéresse, c’est Chuck Bass, comme toujours, oui, je sais, mais ça devient fatiguant à la longue.  Tu devrais grandir un peu avant de songer à être une mère. Tu sais à quel point la réputation est importante à New-York et après ce fiasco avec tes fiançailles, crois-moi, tu n’as pas besoin d’être enceinte a à peine plus de vingt ans  et de Chuck qui plus est. Il fut un temps ou tu le comprenais parfaitement

- Je l’aime maman ! Est-ce que tu comprends ça ? cria Blair, hors d’elle.

- Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi tu t’obstines à vouloir gâcher ton avenir.

- C’est comme ça que tu ressens ton rôle de mère, tu penses que tu as gâchée ta vie ?

- C’est ton père qui voulait un enfant, pas moi. Tu n’as aucune idée des sacrifices que doit faire une mère.

- Il ne me semble pourtant pas que tu en ais fait tant que ça !

- C’est parce que tu n’as aucune idée de ce dont tu parles, tu n’es pas assez mature pour élever un enfant.  Tu es jeune et tu as toute la vie devant toi. Tu as tes études, comment espères-tu décrocher un travail en changeant des couches ? demanda Eléanor. A moins que tu ne comptes vivre au crochet de Chuck, du moins tant qu’il aura besoin de toi.

- Tu ne t’es jamais arrêté de travailler quand je suis née, toi ! répliqua Blair.

- Mais j’avais ton père !

Blair accusa le coup.

- Ca c’est ignoble maman, même venant de toi, dit-elle, la voix tremblante.

- Ma chérie, je suis vraiment désolée pour ce qui arrive à Chuck, mais il faut être lucide. Et si tu l’étais un tant soit peu, tu verrais que cette relation que vous avez tout les deux est vouée à l’échec. Je croyais que tu l’avais enfin compris quand Louis t’a demandé de l’épouser. Tu avais là l’opportunité de réaliser tes rêves.

- Mais ce n’était que des rêves de petite fille maman, j’ai grandie depuis, je me suis rendue compte que le seul que j’aime c’est Chuck. Je suis bien plus réaliste que tu ne le crois. C’est avec lui que je veux faire ma vie, et avec notre bébé, pas celui d’un autre. Moi j’ai peut-être le temps, mais lui on en sait rien !

- Justement, que se passera-t-il quand il ne sera plus là ou qu’il n’aura plus besoin de toi ? Combien de fois encore faudra-t-il qu’il te fasse souffrir avant que tu comprennes ? Comment peux-tu retourner auprès de lui après tout le mal qu’il t’a fait ?

- Ce qui me fait du mal c’est d’être loin de lui. Tu crois que Chuck est le mauvais dans cette histoire, mais moi aussi je lui ai fait du mal. Bien plus que tu ne peux l’imaginer.

- Pour ça je te fais confiance, je suis certaine que tu le lui as rendu au centuple telle que je te connais. Mais il est temps de sortir de tes travers Blair et ce n’est pas avec lui que tu y arriveras, il ne fait qu’encourager tes vices.

- C’est là que tu te trompes justement. Il est bien mieux que moi, en fait. Il essaie de devenir quelqu’un de meilleur et ça me terrifie parce que j’ai peur qu’il se rende compte que je l’entraîne toujours de l’autre côté, pleura-t-elle

- Tu ne m’entraînes pas de l’autre côté Blair, c’est grâce à ton amour si je suis capable d’avancer. C’est pour toi que je me bats chaque jours, pour toi que je veux devenir meilleur, et pour cet enfant que tu portes en toi, notre enfant, dit Chuck qui n’en pouvait plus d’entendre Eléanor la malmenée.

Elles se tournèrent toutes deux vers lui. Occupées à se disputer, aucune n’avait remarqué sa présence dans la chambre.

- Chuck, je sais que…. commença Eléanor.

- Vous ne savez rien du tout ! Pas plus que mon père ne savait quand il me mettait en garde contre le fait d’avoir des sentiments. Ce qu’il y a entre Blair et moi dépasse tout ce que vous pouvez imaginer, la coupa-t-il les yeux étincelant de colère. Et pour votre information, il n’est pas question qu’elle gâche son avenir. Nous serons heureux et même plus que ça, ne vous en déplaise. Alors si vous souhaitez nous soutenir, c’est tant mieux, sinon, nous nous passerons de vous. On l’a bien fait jusqu’à présent, ça ne changera pas grand-chose de toute façon.

Il s’avança vers Blair et lui prit la main, elle se blottie tout contre lui. Cette dispute avec sa mère l’avait mise à bout.

- Maintenant si vous voulez bien nous laisser, je crois que vous avez assez fait pleurer votre fille pour ce soir.

Eléanor était si estomaquée par ce que Chuck venait d’oser lui dire qu’elle sortit sans un mot.

- Je crois bien que c’est la première fois que quelqu’un réussit à lui clouer le bec, sourit Blair à travers ses larmes.

- Alors, il faudra qu’elle s’y habitue, parce que je ne la laisserai plus te traiter comme ça.

Blair se serra plus fort contre lui et posa sa tête contre son épaule.

- Elle a dit que je ne pourrais pas être une bonne mère.

- Si elle avait quelques compétences en tant que mère, je crois que tu le saurais, non ? Tu seras une mère fantastique Blair, ne la laisse pas instiller le doute en toi. Et tu ne seras pas seule, je serai là, je ne vais pas me défiler et je ne me lasserai jamais de toi, c’est tout simplement une chose impossible.

Il l’embrassa tendrement puis essuya les larmes sur son visage.

- Je suis contente que tu sois arrivé, dit-elle doucement.

- En fait, je te cherchais, se lança-t-il. J’avais quelque chose de très important à te demander.

- Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle, curieuse.

Il planta ses yeux dans les siens et s’obligea à respirer le plus lentement possible tandis qu’il sentait son cœur à nouveau s’emballer dans sa poitrine.

- Veux-tu devenir ma femme et passer chaque jour du reste de notre vie avec un gars complètement dingue de toi ?

Blair sentit son pouls s’accélérer, elle pensait qu’il ne le lui demanderait jamais.

- Seulement si tu es prêt à passer chaque jour du reste de notre vie avec une femme aussi cinglée que toi.

- Est-ce que ça veut dire oui ? la questionna-t-il encore, en sortant la bague Harry Winston de son écrin.

- Oui, souffla-t-elle en l’embrassant

Alors donne-moi ta main, que je puisse enfin passer cette bague à ton doigt, dit Chuck en joignant le geste à la parole, avant de poser ses lèvres sur les siennes à nouveau.


katido  (28.01.2012 à 16:57)

68.   Recherche Elisabeth désespérément 

- Bonjour, dit Blair en voyant son futur mari ouvrir  les yeux.

- Bonjour, répondit Chuck, encore à moitié endormi.

Elle déposa une multitude de petits baisers, remontant de sa clavicule jusqu’à l’arête de son visage en passant par son cou.

- Mmmmm, est-ce que ce serra comme ça tous les matins ?

- Tous les matins oui, répondit-elle

- Si j’avais su, je t’aurais donné cette bague plutôt, plaisanta-t-il.

Elle lui administra une petite tape sur le bras

- Hé, ça t’as pas le droit, reprit-il en tentant de l’embrasser.

 Mais elle se redressa brusquement pour sortir du lit et se ruer à la salle de bain.

- Ca va ? questionna Chuck en l’y rejoignant, tandis qu’elle se relevait d’au dessus de la cuvette.

- Super, grimaça-t-elle en se rinçant la bouche. Et ça ira encore mieux dans quelques semaines. Il paraît que le pire c’est les trois premiers mois.

- Saaaluuut, chantonna Serena en entrant dans la salle de bain à son tour, par la porte de sa propre chambre.

Elle sauta sur le lavabo, à côté de sa meilleure amie, pour s’y asseoir avec un sourire radieux.

- Nate n’a pas pu tenir sa langue ! commenta Chuck.

- Ce n’est pas ma faute, elle ma torturé, dit ce dernier en entrant dans la salle de bain lui aussi.

- Hé mais, ne vous gênés pas, faites comme si on n’était pas là, s’offusqua B.

- Et bien, étant donné que vous avez disparus avant que tous les invités ne soient partis et qu’on a été obligés dire  au revoir et merci  à tout le monde à votre place, je pense qu’on a bien le droit d’avoir la salle de bain en premier, répondit Serena.

En lieu et place de réponse, B replongea tête la première au dessus des wc.

- Je te préviens c’est ta copine, pas la mienne, je lui tiendrai pas les cheveux, je n’’ai pas signé pour ça, commenta Nate du dentifrice plein la bouche.

- La ferme, Archibald, dit Chuck avec un soupçon de sourire.

- Pousse-toi S, s’exclama B en passant devant sa meilleure amie pour ouvrir le robinet.

- Mademoiselle Blair, appela Dorota depuis sa chambre.

Elle fronça les sourcils, elle lui avait pourtant bien spécifié de ne pas les déranger, mais apparemment la tranquillité ce n’était pas pour ce matin.

Elle revint quelques minutes plus tard, fébrile.

- Allez oust ! dit-elle en chassant Nate et Serena hors de la salle d’eau, je suis enceinte et Chuck est en sursit, ce qui nous confère toutes les priorités.

Elle jeta un regard d’avertissement à ses deux amis et les houspilla jusqu’à ce qu’ils aient vidés les lieux.

- Quoi ? dit-elle de son ton le plus innocent, à Chuck qui la regardait ébahi,  j’utilise juste les arguments que se présentent à moi. Et puis  je suis chez moi tout de même.

Le roi  de l’UES sourit et l’embrassa. C’était bien la première fois qu’elle parlait de sa maladie avec légèreté. 

- Prend ta douche tranquillement, je t’attends en bas pour le petit déjeuné.

- Tu ne veux pas la prendre avec moi ? l’invita-t-il

-  Pas maintenant, lui dit-elle.

Elle posa ses lèvres sur les siennes, avant de poursuivre en souriant.

- Sinon Serena et Nate ne sont pas prêts de pouvoir réinvestir les lieux. Et puis je dois aller voir Dorota et envoyer un post de ma bague à Gossip Girl.

Il la rattrapa par la main tandis qu’elle s’éloignait déjà.

- Encore un, di-t-il en collant sa bouche contre la sienne.    

*******

Chuck coupa l’eau de la douche puis se sécha et s’habilla avant de descendre dans la cuisine pour rejoindre Blair. Dorota finissait d’y ranger les derniers vestiges de la soirée de la veille, mais aucune trace de la jolie brune.

- Bonjour Monsieur Chuck, voulez-vous manger quelque chose ? demanda la femme à tout faire, d’un air un peu gêné.

- Bonjour Dorota. Où est Blair ? répondit-il, étonné de ne pas voir sa fiancée.

Elle lui avait bien dit qu’elle l’attendrait pour le p’ti dej.

- Dans le bureau, elle est avec votre mère, répondit Dorota, évitant son regard.

Tout en se dirigeant vers la pièce, Chuck se demandait ce que Lili pouvait bien venir faire ici aussi tôt, ils devaient dîner ensemble le soir même.  Il entra sans même prendre la peine de frapper et resta sur le seuil, pétrifié.

- Bonjour Charles, dit timidement sa mère biologique en le voyant sur le pas de la porte.

Blair se leva du fauteuil où elle était assise et vint à sa rencontre.

- Qu’est- ce qu’elle fait là ? siffla-t-il entre ses dents, sans pouvoir détacher ses yeux  d’Elisabeth.

- Ne soit pas fâché contre moi s’il te plaît, répondit Blair en lui prenant la main pour l’attirer dans la pièce.

- C’est toi qui lui as demandé de venir ?

Question stupide, bien sur que c’était elle !

- Chuck, dit B les yeux suppliants.

Elisabeth s’approcha de son fils, il recula inconsciemment. Elle posa une main sur son avant bras et il le retira comme s’il ça le brûlait vif.

- Je suis désolée de ne pas avoir été là avant, s’excusa-t-elle en baissant les yeux. Je ne savais pas…

- Ton amant ne t’a pas prévenue de la raison de son voyage à New-York ? persifla Chuck.

- Je ne vois plus Jack depuis longtemps, répondit-elle en relevant la tête. Même si c’est lui qui m’a retrouvée.

- Alors c’était pour ça tes rencontres secrètes avec Nate à propos de Jack ? demanda-t-il à sa fiancée d’une voix blanche.

- Tu ne croyais quand même pas que j’allais baisser les bras, répondit Blair.

- Je veux juste aider mon fils, dit simplement Elisabeth.

- Tu as dit que tu n’étais pas ma mère, lui jeta-t-il au visage.

- Parce que je pensais que je n’avais pas le droit de rester dans ta vie après ce que je t’avais fait et aussi tout ce que je n’ai pas fait. Mais ça ne m’empêche pas de m’inquiéter pour toi.

- Et depuis quand ? cracha C en jetant un regard noir à sa mère biologique.

- C’est normal que tu m’en veuilles, dit Elisabeth. Je n’espérais même pas que tu envisages une seconde de me revoir.

- Je n’ai pas dis que c’était le cas. Ce n’est pas moi qui t’ai demandé de venir. Je n’ai pas besoin de toi, la rembarra-t-il

- C’est la réponse typique d’un Bass ! Mais tu n’es pas comme ton père, ni comme Jack, tu vaux bien mieux que ça, dit Elisabeth en le regardant bien en face. Tu as le droit d’être heureux toi aussi, alors ne laisse pas ta rancœur à mon encontre t’en empêcher.

Chuck ne répondit pas. Il n’arrivait pas à en croire ses yeux. Sa vraie mère se tenait devant lui. Il sentait remonter en lui des douleurs qu’il croyait avoir réussi à dépasser depuis longtemps. Et quelque part, dans sa tête et dans son cœur, s’insinuait un nouvel espoir. L’espoir de retrouver sa mère, l’espoir qu’elle soit celle qui puisse l’aider à vivre ce bonheur qui semblait lui tendre les bras.

- Ce n’est pas parce que tu es là, que tout va s’arranger comme par miracle, cria-t-il presque, sur la défensive.

- J’ai déjà passé les tests Charles, à Zurich, je suis compatible pour te donner un de mes reins.

Chuck resta tétanisé, étourdi par ce que sa mère biologique venait de dire. Est-ce qu’il avait bien compris ce qu’elle disait ? Etait-ce seulement possible qu’il entrevoit le bout de ce long calvaire ?

Il chercha la réponse dans les yeux de Blair. Elle se tenait debout, à quelques pas de lui. Il plongea son regard dans le sien, qui ne cilla pas, il y avait tant d’amour et tant de joie qu’il se sentit couler à pic, comme aspirer par tout cet espoir, inonder de cette lumière qui brillait au fond des prunelles de la femme qu’il aimait et qui l’aimait. Cet ange, qui avait ouvert grand la porte pour qu’il puisse quitter les ténèbres et passer de l’autre côté.

- Je sais que je ne le mérite pas, mais je souhaiterais que tu me donnes une autre chance. Je veux faire partie de ta vie, mon fils me manque, dit encore Elisabeth.

Il écrasa une larme qui perlait aux coins de ses yeux d’un revers de main.

- Pourquoi tu ferais ça ?

- Parce que je suis ta mère et que je t’aime.

Chuck avait la gorge tellement nouée à présent qu’il ne pouvait plus prononcer un seul mot.  Elisabeth s’approcha à nouveau.  Il sentit un sanglot remonter du plus profond de son enfance. Quelque chose céda en lui comme un barrage emporté par les flots trop longtemps contenus.

 - Maman, articula-t-il si bas qu’elle l’entendit à peine. 

 C’était la première fois qu’il osait prononcer ce mot depuis sa naissance.

 - Je te demande pardon, s’excusa-t-elle à nouveau en le serrant dans ses bras.


katido  (28.01.2012 à 17:12)

69.   Chirurgie

Un silence pesant régnait dans l’habitacle de la limousine qui les emmenait vers la clinique privée H. Greenberg. Blair serra les doigts de Chuck emprisonnés dans les siens. Elle avait l’impression qu’elle allait défaillir. Ce n’était pourtant pas le moment de faire un malaise.

Elle posa sa tête sur l’épaule de son fiancé et s’obligea à respirer le plus calmement possible. Tout allait bien se passer. Les tests qu’Elisabeth avaient effectués en Suisse avaient été refaits à la clinique new-yorkaise, elle était compatible à 100 %.

Le grand-père de Macy avait lui-même décroché son téléphone pour les faire passer en priorité. Et d’aucun dans la clinique au nom de son aïeul savait que Charles Bass était donc assez « proche » de la famille Greenberg, ce qui ne ferait qu’accentuer leurs attentions déjà nombreuses.

Elle jeta un œil à sa future belle-mère. Quelle chance, elle allait en avoir deux pour le prix d’une ! Mais elle saurait parfaitement s’entendre avec elles, c’était déjà le cas d’ailleurs.

Elisabeth, assise en face d’elle, regardait défiler les rues de Manhattan, les mains un peu crispées sur ses genoux.

Cela s’était passé mieux que Blair ne l’avait escompté. Elle avait cru qu’elle devrait batailler avec Chuck bien plus que ça. Il pouvait être si entêté parfois, et agir ainsi contre ses propres intérêts, juste par réflexe de protection.

Heureusement, il avait murit. Les épreuves qu’ils avaient traversées les avaient fait grandir tout les deux. Ils ne pouvaient plus se permettre de jouer quand il était question de survie au sens littéral du terme.  

Et puis il y avait désormais une autre vie qui dépendait d’eux. Chaque choix, chaque décision qu’ils prendraient dorénavant impacterait automatiquement celle de leur bébé.

Sa mère avait raison, la pression était énorme. Elle avait un peu peur de ce qui se passerait ensuite, mais dans l’immédiat sa seule préoccupation était la transplantation. Tant qu’il lui tiendrait la main elle pourrait venir à bout de n’importe quelle tâche, y compris celles qui incombaient à une maman.

Chuck resserra son bras autour des épaules de sa fiancée. Il arrivait à peine à respirer. Il déposa un baiser dans la chevelure de Blair pour y respirer le parfum de son shampooing. Ca l’enivrait toujours autant et il y trouva la force de prendre une nouvelle inspiration. Il rempli ses poumons d’air tandis que l’odeur se propageait dans ses narines, lui faisant tourner la tête.

La main de Blair se colla encore un peu plus contre la sienne, il ne savait pas si c’était possible mais en tout cas, c’est l’impression qu’il eut. Elle était là, tout contre lui. Et elle serait là quand il se réveillerait. Elle ne le lâcherait pas. Ils allaient se marier, avoir ce bébé et ils seraient heureux… Ils seraient heureux. Ils vivraient un bonheur sans nuages. Plus de jeux, plus de peur, juste leur amour qui s’épanouiraient au jour le jour.   

Il sursauta quand la portière de la limousine s’ouvrit dans le parking de la clinique.

Il croisa le regard de sa mère. Elle était venue ! Pour lui ! Elle acceptait de lui faire don d’un organe, alors qu’elle n’avait jamais accepté de le voir grandir.

Blair tira un peu sur son bras pour qu’il la suive à l’extérieur du véhicule.

- Je t’aime, chuchota-t-elle à son oreille, frôlant à peine sa pommette avec ses lèvres.

Il l’attira à lui et emprisonna ses lèvres sous les siennes, mettant dans ce baiser toute la force de son amour pour elle.

- Je t’aime aussi, dit-il le cœur battant. Je t’aime tant, si tu savais.

- Je le sais, répondit-elle en plongeant ses yeux dans les siens, lui rendant son baiser.

En pénétrant dans le hall, main dans la main, ils tombèrent sur Jack, accoudé au comptoir de l’accueil.

- Elisabeth, dit celui-ci avec un regard plus qu’amical.

- Jack, répondit-elle avec un petit sourire sec et pincé, s’avançant vers la jeune femme en blouse qui les attendait ce matin.

Celui-ci reporta toute son attention sur les jeunes fiancés.

- J’ai entendu dire que les félicitations étaient de rigueur, dit-il en regardant la pierre qui brillait au doigt de Blair.

 - Merci. Pour tout, dit-elle sincère.

- Mais il n’y a pas de quoi, je suis certain que tu auras pleins d’occasions de me remercier pendant que Chuck sera en convalescence, et s’il ne s’en sort pas, je pourrai toujours te consoler, répondit-il avec un regard lubrique.

-  Même pas en rêve, grinça son neveu.

- L’espoir fait vivre, regarde Toi, répliqua l’horrible tonton avec un petit sourire. Maintenant si tu le permets, ou non d’ailleurs, je vais accompagner ta mère, il ne faut jamais négliger aucune option.

Il s’éloigna pour rejoindre Elisabeth qui suivait déjà une infirmière vers sa chambre.

- Je suppose que c’est sa manière de nous souhaiter bonne chance et de nous soutenir, marmonna B.

- A la manière de Jack Bass, commenta Chuck.

Lorsqu’ils arrivèrent dans sa chambre ils étaient déjà tous là.

- Charles, murmura Lili en l’enlaçant tendrement, incapable de dire quoi que ce soit d’autre.

- Laisse-en un peu pour les autres, dit Serena, après quelques instants, en s’incrustant dans les bras de son frère à son tour.

- Hé, je n’ai pas l’intention de mourir, et de toute manière c’est trop tard maintenant pour que je vous ajoute sur mon testament, crana-t-il en répondant tout de même à l’étreinte de la jolie blonde.

- J’espère bien, railla cette dernière, ma salle de bain ne serait plus la même si mon frère ne venait plus s’y incruster.

Elle détourna la tête pour essuyer une larme qui s’accrochait à ses cils et vit Lisa, qui les regardait à quelques pas de là. C’était son frère à elle aussi, bien plus qu’elle au niveau de la génétique.

- Viens, souffla-t-elle en lui faisant signe d’avancer de la main tandis qu’elle s’écartait un peu de leur frère.

Cette dernière vint s’insérer entre eux et s’accrocha au cou de Chuck qui les enserra toutes les deux dans ses bras plusieurs minutes.

- Monsieur Bass, dit une infirmière depuis l’entrée de la chambre, mettant ainsi fin aux embrassades, le chirurgien passera vous voir d’ici une demi-heure.

- Bon dans ce cas, on va te laissez, dit Lili en prenant son fils par les deux bras pour déposer un dernier baiser sur sa joue.

Ils sortirent tous à la queue leu-leu, sauf Nate, qui s’approcha de son meilleur ami.

- Tu ne vas pas m’enlacer toi aussi, bougonna Chuck.

- Viens ici, dit son meilleur ami en lui faisant l’accolade.

- Je m’en doutais, dit Chuck en feignant de râler.

- T’as intérêt à être d’attaque quand tu reviendras tout à l’heure, parce que je n’ai aucune envie de tenir ma promesse, répliqua le jeune Archibald le plus sérieusement du monde.

- Moi non plus et je ne compte pas avoir besoin de tes services, à part pour organiser mon enterrement de vie de garçon.

- T’inquiète pas pour ça, j’ai déjà ma petite idée là-dessus, répondit Nate avec un sourire. Mais tu devras attendre le jour J pour savoir ce que c’est.

Il ne s’éternisa pas plus car il voyait Blair s’impatienter près de la porte, qu’elle referma soigneusement derrière lui, avant de se blottir dans les bras de Chuck.

- N’oublie pas, jusqu’à ton dernier souffle, dit-elle en caressant son visage.

- Jusqu’à mon dernier souffle, répondit-il en l’embrassant comme un fou, la serrant tout contre lui.


katido  (29.01.2012 à 12:59)

70.   A cœur ouvert

L’attente était interminable. Cela faisait déjà plusieurs heures que Chuck et Elisabeth étaient descendus en salles d’opérations.

Esteban était venu rejoindre Lisa après son service et Eric avait à nouveau pris le train depuis son université. Lili s’était réfugiée dans les bras de Rufus, tandis que Nate et Serena entouraient leur amie dans le silence. Même Jack était resté et s’abstenait de ses commentaires habituels. Pour une fois, aucun petit sourire salace ne s’affichait sur sa face.

Chacun avait plus ou moins pris ses quartiers dans la salle d’attente où B détaillait chaque strie du papier peint en comptant les heures, les minutes et les secondes qui la séparaient de l’amour de sa vie, depuis que les brancardiers l’avait emmené sur son lit vers les ascenseurs de service.

- Tu veux un café ? lui proposa Dan en revenant du distributeur.

- Je n’en bois plus, le bébé n’aime pas ça apparemment, dit-elle simplement, avant de se perdre à nouveau dans la contemplation des murs et du mobilier.

Dan haussa les épaules, résigné, et alla s’installé à côté d’Eric, qui lui prit le gobelet des mains.

******

Les minutes tournaient toujours et B pensait qu’elle allait devenir folle, elle connaissait par cœur chaque défaut de la tapisserie.

Elle se leva et se dirigea en direction du couloir qui menait aux ascenseurs utilisés par les équipes médicales.

Nate voulu se lever pour la suivre mais Serena le retint par la main en secouant la tête de droite à gauche.

- Elle a besoin de s’isoler un peu, dit-elle à mi-voix.

Blair passa le coin et fit les cents pas une bonne dizaine de minutes, avant de s’adosser au mur en face des portes qui avaient avalé son fiancé.

Elle ferma les yeux et posa une main sur son ventre. Est-ce que ce bébé, si minuscule encore, savait ce qu’il représentait pour elle ? Est-ce qu’il sentait déjà tout l’amour qu’elle éprouvait pour lui, tous les espoirs et le bonheur à venir que ses parents plaçaient en lui ?

Elle rouvrit les paupières en entendant le « ding » signalant l’arrivée d’un patient à l’étage, mais ce n’était pas celui qu’elle attendait.

Elle sentit une main se poser sur son épaule et s’apprêta à envoyer balader Dan. Ne comprenait-il donc pas qu’elle n’avait pas envie de parler en cet instant ? Elle n’avait pas envie de rattraper leur amitié perdue depuis la fin de l’été. Elle avait d’autres priorités et d’autres choses à penser. Il n’avait qu’à rester avec se sœur et s’enterrer à Brooklyn jusqu’à la fin de sa vie, ça lui était bien égal.

Elle tourna la tête, prête à passer sa mauvaise humeur sur lui, mais ce n’était pas Dan Humphrey qui lui faisait face.

- Maman ? s’étonna-t-elle. Je croyais que ton avion pour Paris décollait dans la matinée.

- C’est ce qui était prévu, répondit Eléanor, mais Dorota m’a dit ce matin que Chuck devait subir une transplantation aujourd’hui.

- Et depuis quand tu t’intéresses à ce qui se passe dans la vie de Chuck ? railla-t-elle.

Si elle ne pouvait pas se défouler sur Dan, alors tant pis pour sa mère, c’est Chuck qui avait raison, elle n’avait pas le droit de la traiter comme elle le faisait.

- Je sais que c’est important pour toi alors …. Je me suis dit que…

- Tu veux dire que tu as discuté avec Cyrus ! commenta Blair.

- Ca aussi, oui. Mais l’important … c’est que je reconnais que j’ai été dure avec toi. Je n’approuve pas tous tes choix de vie certes, mais tu es ma fille et je t’aime. Si j’essaie de te remettre dans le droit chemin, c’est parce que je veux t’éviter de souffrir. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’avec Chuck, vous avez toujours eu une relation très « tumultueuse » dirons-nous.

- Maman, je n’ai vraiment pas …

- Laisse-moi terminer s’il te plaît !  … Néanmoins, je n’ignore pas que tes sentiments pour lui sont très forts et après ce que j’ai vu le soir de ton anniversaire… Je veux dire, la manière avec laquelle il a rugit pour prendre ta défense … Je dois dire que je n’avais jamais eu affaire à lui de cette manière là et peu de personne auraient osées…

- Tu veux dire qu’il t’a impressionnée ?

- Ce que j’essai de dire… c’est qu’il est plus qu’évident qu’il t’aime et qu’il tient à toi lui aussi… Donc …. Je me dis qu’il est possible, que les accusations que j’ai portées à son encontre aient peut-être été … disons, exagérées. Mais cela ne change rien au fait que je pense qu’avoir cet enfant n’est pas une bonne idée pour toi.

- Je sais bien que tu penses que c’est une erreur, mais, c’est le bébé de Chuck. C’est peut-être la seule chose tangible qui me restera de lui, de nous, de notre amour. Cet enfant, c’est la preuve vivante que notre histoire est bien réelle. Grâce à lui, elle ne s’éteindra jamais, quoi qu’il arrive dans ce bloc opératoire. Il me restera toujours une part de lui, autre que les sentiments qui brûlent dans mon cœur.

- Blair…

- Non, c’est à moi de parler maintenant, je n’ai pas fini. Je sais que tu vas me dire qu’un enfant ce n’est pas un souvenir, comme une carte postale, mais il incarne tellement plus pour moi. Ce bébé c’est aussi le signe que tout peut enfin aller mieux pour nous. Nous avons traversé tant d’épreuves, tu l’as dit toi-même, on s’est fait beaucoup de mal, mais on est enfin prêt tout les deux à avancer sur le chemin de la vie et notre avenir, notre futur bonheur, c’est avec cet enfant que nous le voyions et ce serait le trahir, se serait me trahir que de faire un autre choix.

- Je vois que tu ne changeras pas d’avis de toute manière.

- Non, je ne changerai pas d’avis, quelque soit ce que l’avenir me réserve, je l’aime cet enfant, de tout mon cœur. Alors, oui, ce sera peut-être difficile mais, s’il y a une chose dont je suis certaine, c’est qu’il sera toujours ma priorité.

- Bien dans ce cas, puisque tu t’entêtes, je veux que tu saches que, même si je ne suis pas favorable à cette idée, je serai là pour te soutenir, pour vous soutenir, tous les trois, si Dieu le veut. Je ne veux pas être une étrangère pour ton enfant. Alors si tu as besoin de moi, surtout n’hésite pas, tu pourras compter sur moi.

Blair acquiesça, elle ne trouvait rien à ajouter. Sa mère faisait un pas vers elle et ça lui mettait du baume au cœur. Et aussi étranges que puisse paraître ses « excuses », c’était déjà énorme pour Eléanor Waldorf de reconnaître qu’elle n’avait pas raison, à défaut d’admettre qu’elle avait tort.

La sonnette retentit à nouveau et Blair tressaillit, mais ce n’était toujours pas son fiancé qui était dans la cage d’ascenseur.

- Je suis certaine que tout ira bien, dit sa mère en passant un bras autour de ses épaules.

Le désarroi de sa fille la touchait profondément.

- Pourvu que tu ais raison.

- Evidemment, j’ai toujours raison, répondit Eléanor sûre d’elle-même.


katido  (29.01.2012 à 13:09)

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