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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 02.12.2009 à 20h34
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« Traduction de deux fanfictions de Pam Hunter intitulées "Honey moon reflection 1" et "Honey moon reflection 2" » okapi
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
Elle se laissa doucement bercer par les mouvements du train.
Elle pouvait sentir la douceur de ses gestes, pendant qu’il cherchait à tâton les lacets dans le dos de sa magnifique robe blanche.
A chaque fois que ses doigts entraient en contact avec sa peau, elle était prise de frissons et tentait désespérément de les supprimer en crispant doucement tous les muscles de son corps.
Lentement, il dénoua les lacets un à un, jusqu’a ce que son dos soir entièrement dénudé jusqu’à la taille, sa robe ne tenant plus que par ses manches et son décolleté de dentelle.
Elle pouvait sentir son souffle sur sa peau et ses jambes tremblantes se dérobaient sous elle.
Les mains de Sully la quittèrent juste un instant et agrippèrent ses épaules délicatement pour l’attirer contre lui.
Il avait retiré sa chemise et pour la première fois, elle sentit la chaleur de sa peau contre la sienne.
Ses mains se firent plus intimes et lentement remontèrent de ses hanches à sa taille, jusqu’à sa poitrine et aux doux monts de ses seins encore protégés sous le magnifique décolleté en dentelle de sa robe de mariée.
Elle essaya de contrôler sa respiration, mais son cœur battait si vite et si fort, qu’elle était certaine que Sully pouvait l’entendre.
Il commença à faire glisser lentement sa robe le long de ses bras et lorsqu’elle forma un monticule à ses pieds, elle ressentit le besoin urgent de recouvrir sa poitrine de ses mains.
Il passa derrière elle pour l’embrasser dans le cou et sur la joue et lentement l’obligea à se retourner. Les yeux de Sully plongèrent dans les siens pour ne plus les quitter…
Et, tandis que son cœur s’emballait, une vague de chaleur submergea, peu à peu, son corps tout entier.
Il laissa courir tendrement ses mains sur ses épaules et le long de son dos, la serrant d’avantage contre lui, l’attirant contre sa poitrine, pendant que la joue de Michaela reposait sur son épaule.
Aussitôt, dans un geste automatique, les mains de Michaela s’enroulèrent autour de la taille de son mari et commencèrent à se promener le long de son dos.
Quelle incroyable sensation !
Il commença à couvrir entièrement son corps de caresses légères et lorsque ses lèvres recouvrirent les siennes, elle su qu’elle était perdue…
Sully sentit le corps de Michaela s’enflammer sous ses caresses. « A quoi penses-tu ? » Lui demanda-t-il doucement dans le silence de la nuit.
Michaela laissa échapper un profond soupir.
« Dis-moi … » implora-t-il, l’embrassant tendrement sur le front.
Elle redressa la tête et lui répondit dans un murmure : « A notre nuit de noces, dans le train.»
Sully sourit et lui demanda gentiment en la taquinant un peu : « A quel moment en particulier ? »
Cette fois-ci, Michaela ne répondit pas mais la chaleur de sa peau s’accentua encore.
Après un long silence, elle le regarda dans les yeux, voulant voir sa réaction lorsqu’elle prononcerait ses prochains mots, alors elle lui demanda doucement : « Crois-tu qu’il soit possible à quelqu’un de se sentir à la fois nerveux, apeuré et excité en même temps ? »
« Hum, Hum ! »
« Tu es sûr ? »
« Oui, parce que c’est comme ça que je me sentais cette nuit là » affirma-t-il les yeux brillants.
« Vraiment ?… mais… mais tu avais déjà été marié avant … »
« Mmmm... Mais je savais que toi, tu ne l’avais encore jamais été… et… je voulais que cette nuit soit très spéciale… je ne voulais pas t’effrayer même si je voulais… et j’avais tant besoin… de te faire l’amour… » dit-il doucement en lui caressant les épaules et le dos.
« C’était *spécial* Sully… et tu… tu ne m’as pas effrayée » lui répondit-elle d’une voix timide tout en soutenant son regard pour qu’il lise dans ses yeux qu’elle ne mentait pas.
Fronçant les sourcils, il sourit et l’embrassa sur la bouche pour lui avouer ce qui lui pesait sur le cœur : « Mais je n’ai pas encore fini de t’apprivoiser ! Je sais, j’ai toujours su qu’il y a une partie cachée de toi qui me reste inaccessible… interdite… et je veux y entrer Michaela… tu comprends ce que je veux te dire ? »
« Oui ! Je te comprends et je suis désolée » murmura-t-elle un peu honteuse.
« Non, Michaela, ne soit pas désolée… C’est juste une partie de toi que tu gardes secrète… peut-être même pour toi…? »
« Quelqu’un d’autre que toi m’a dit quelque chose d’à peu près semblable, un jour. Il m’a dit que je ne connaissais rien à l’amour… que j’étais morte à l’intérieur… Et que je refusais de ressentir… » sa voix se brisa en un murmure.
« Qui t’a dit ça ? » Demanda Sully indigné. « Est-ce que c’était David ? »
Il était contrarié et en colère de savoir que quelqu’un avait pu lui faire une telle remarque si personnelle et si méchante.
« Peu importe qui me l’a dit, Sully… mais j’étais si en colère contre lui à ce moment là… et c’est toi qui viens de me faire réaliser pourquoi j’étais si en colère »
« Moi ??? »
« Oui, Toi… et Hank si tu veux savoir la vérité. J’étais en colère parce que je savais qu’il avait raison – il y a une part de moi-même qui est comme gelée… qui m’empêche de montrer ce que je ressens… Peut-être est-ce la façon dont j’ai été élevée ? Ou parce que j’ai passé la plupart de ma vie à étudier et à travailler ? Ou peut-être qu’il ne s’agit que de moi-même et de mes peurs ? J’ai toujours été comme ça Sully, peut importe l’endroit où je vivais où ce que je faisais. Tu comprends ? » s’excusa-t elle avec un ton et une expression si désespérée.
Il sourit, heureux de voir qu’elle était foncièrement honnête avec lui à propos d’elle-même. « Oui, Je comprends… Je l’ai toujours compris. »
Elle le regarda avec étonnement et un certain soulagement.
« Quelque fois, lorsque j’étais avec toi, cette partie de toi s’entrouvrait un peu… tu m’y laissais rentrer un peu… et je découvrais une autre Michaela… C’est pour ça que notre nuit de noces était si importante pour moi… Je voulais te montrer que tu pouvais me laisser entrer et découvrir cette partie de toi… ne plus jamais t’y enfermer… que… que… »
« Je comprends Sully »
Se rapprochant de lui, elle plaça ses doigts sur ses lèvres pour le faire taire et l’embrassa tendrement.
« Je pense que cette partie de moi est entrain de disparaître lentement Sully… Je te remercie… Je t’aime tellement… Merci d'être si patient avec moi… pour être si doux et si aimant… Pour attendre aussi longtemps que je sois prête…. »
Il la fit rouler sur le dos, plongeant ses yeux dans les siens et il lui répondit « Nous avons encore un long chemin à faire Michaela… encore une semaine entière… juste nous… J’adore être juste avec *toi*… prendre le temps de se parler… être comme ça, tous les deux, ensemble… et alors, quand nous rentrerons chez nous, les choses seront comme nous aurons pris l’habitude qu’elles soient… Une vie entièrement nouvelle nous attend…Une vie entière pour nous construire des souvenirs et vivre des expériences que nous raconterons à nos enfants… et à nos petits-enfants…Tu es d’accord ? »
« Mmm…. absolument d’accord… » dit-elle, enthousiasmée par cette vision de leur futur. « et promets-moi que si tu penses qu’une partie de moi te laisse encore à l’écart, tu me le diras… ; s’il te plaît… »
Pour toute réponse, Sully, aussi lentement et tendrement qu’il lui était possible de le faire, passa le bout de ses doigts sur les lèvres de Michaela pour en suivre le contour.
Puis, sa bouche vint se poser sur la sienne, et cette fois-ci, Michaela était tout à fait prête à lui répondre de la manière dont il le souhaitait.
Sully s’éveilla lorsqu’un rayon de soleil d’été traversa l’épais feuillage du chêne s’étalant au-dessus d’eux, réchauffant sa peau et éblouissant ses yeux à travers ses paupières closes.
Pendant un instant, il ne sut plus très bien où il se trouvait mais, un léger mouvement de Michaela, étendue à ses côtés, le ramena à une heureuse réalité.
Il se redressa doucement sur le coude pour admirer sa merveilleuse femme, endormie paisiblement à ses côtés, sur la couverture de pique-nique.
Ils étaient sortis très tôt ce matin, aux premières lueurs de l’aube, déterminés à profiter au mieux de cette dernière journée, leurs deux semaines de «lune de miel » touchant à leur fin.
Laissant leurs chevaux, ils avaient escaladé les sentiers qui sillonnaient le pied des «Rocheuses », flânant nonchalamment, main dans la main, le long d’un torrent.
Quittant alors chaussures, bas et chaussettes, ils avaient pataugé comme deux enfants dans l’eau glacée, mouillant copieusement leurs vêtements au passage.
Puis, ils s’étaient installés là, à la fin de la matinée, sous le feuillage de cet immense chêne, pour partager le délicieux pique-nique, préparé à leur intention par le personnel du « Grand Hôtel ».
Leur réveil matinal, associé à l’exercice physique, la nourriture copieuse et l’air de la montagne, les avaient plongés dans une certaine léthargie.
Ils s’étaient alors allongés sur la couverture pour se reposer un peu avant de décider de ce qu’ils allaient faire ensuite.
Mais, l’un comme l’autre s’étaient assoupis bercés par le clapotis du torrent, le bourdonnement des insectes dans le feuillage et le chant des oiseaux. Désormais, l’après-midi était déjà bien entamée.
Sully avait toujours du mal à croire que ces deux semaines merveilleuses et inespérées, passées seuls, tous les deux, loin des soucis quotidiens de Colorado Spring’s, étaient sur le point de s’achever.
Demain, déjà, ils devraient faire les boutiques pour trouver des cadeaux pour les enfants et reprendre le train de nuit pour rentrer à la maison où ils arriveraient tôt le matin suivant.
Alors, une nouvelle vie allait commencer, une vie, espérait-il, aussi riche et accomplie que tous les moments qu’ils venaient de passer ensemble.
Il la regardait amoureusement lorsque Michaela marmonna quelque chose dans son sommeil, pendant qu’un demi-sourire s’esquissait sur son visage.
Durant ces deux semaines, il avait été ravi de constater qu’elle s’était peu à peu détendue à ses côtés, savourant leur nouvelle intimité et se révélant capable de se laisser vivre sans projet ni horaires fixes.
Elle se montrait parfois encore timide avec lui, rougissant facilement, ce qui le rendait encore plus fou d’elle, s’il était possible de l’être plus.
Soudain, le feuillage, agité par une douce brise, laissa filtrer quelques rayons de soleil qui vinrent inonder son visage.
Cela lui était déjà arrivé une fois auparavant de contempler le soleil jouer sur son visage endormi, mais ce jour là n’avait rien à voir avec aujourd’hui.
Son estomac se noua à cette seule évocation et il eut du mal à réprimer un tremblement d’angoisse et de colère.
C’était presque l’aube lorsqu’il finit par trouver un abri sous roche, perché dans la falaise, assez sûr et assez éloigné du campement des Renégats pour faire une halte et s’assurer de la bonne forme de Michaela.
Elle était étroitement agrippée à son cou, blottie contre sa poitrine et plongée dans un sommeil agité depuis plus de deux heures, épuisées par la peur, la souffrance et la tension de ces jours passés sans dormir.
Il ne savait pas trop quoi faire maintenant.
Pour s’échapper, il leur avait fallu nager et traverser une sorte d’étang et leurs vêtements étaient sales et trempés.
Ils étaient tous les deux à bout de force après les épreuves de ces trois derniers jours.
Il la déposa délicatement à terre, jetant un coup d’œil rapide aux alentours pour trouver de quoi recouvrir le sol froid et dur de la grotte.
A l’aide de son tomahawk, il coupa rapidement quelques branches de jeunes pins qui poussaient non loin de là et les entrecroisa pour former une sorte de natte moelleuse, un peu semblable au nid d’un aigle.
Le bruit du tomahawk tranchant le bois, parvint peu à peu jusqu’au subconscient de Michaela et elle s’éveilla brusquement en criant son nom. Il la rejoignit aussitôt pour la rassurer de sa présence.
« J’ai cru que ce n’était pas réel… » Souffla-t-elle paniquée, tremblant de tout son être « et que vous étiez venu me libérer uniquement dans mon rêve !»
« Vous n’avez pas rêvé, Michaela, je suis là… et je ne laisserai plus jamais personne vous faire du mal !» avait-il répondu très doucement.
Elle l’avait regardé un instant, puis soulagée, les paupières lourdes et ensommeillées, elle avait de nouveau fermé les yeux.
Il avait du la secouer à contre cœur.
« Je suis désolé, Michaela ; mais vos vêtements sont mouillés. Pouvez-vous rester encore un peu éveillée le temps de retirer votre jupe et votre chemisier ? »
Elle n’entendit que vaguement ses paroles, mais son subconscient compris ce qu’il lui disait.
Elle s’assit et lentement commença à déboutonner ce qui restait de son chemisier.
Il l’aurait volontiers aidée à le faire, mais il ne savait pas exactement ce qu’elle avait enduré, prisonnière aux mains des Renégats.
Il se contenta d’étendre ses vêtements mouillés sur le bord de la falaise, sous le faible soleil du petit matin, avant de la soulever et de la déposer sur le lit de branches qu’il venait d’improviser.
Il se recula un peu pour écarter délicatement de son visage une longue mèche de ses cheveux enchevêtrés.
Il commençait à se relever lorsqu’elle saisit soudainement sa main « Ne me laissez pas ! » soupira-t-elle implorante, des larmes dans les yeux.
« D’accord » répondit-il très doucement pendant que ses yeux se refermaient et qu’elle plongeait de nouveau dans un sommeil profond.
Alors que le soleil levant commençait à pointer aux sommets des montagnes environnantes, il resta à ses côtés, la main de Michaela accrochée fermement à la sienne.
Il ne pensait même plus à dormir et regardait le soleil baigner son joli visage, pourtant égratigné et barbouillé de saleté.
Les pensées de Sully regagnèrent soudain le présent, effleurant du bout des doigts la peau de Michaela, il retrouva sur son visage l’emplacement où se trouvaient ces multiples petites coupures et griffures, qui partant de sa tempe, descendaient le long de sa joue jusqu’à son cou.
Il fut heureux de constater qu’il ne restait aucunes cicatrices de ces instants terribles.
A ces souvenirs, ses yeux se remplirent soudain de larmes, menaçant de déborder.
Il avait eut si peur, pas seulement pour elle, mais également pour lui et les enfants.
Que seraient-ils tous devenus s’il lui était arrivé quelque chose ?
Alors qu’il était occupé à la contempler, elle commença à frissonner et à avoir la chair de poule, elle serra d’avantage sa main, se recroquevillant et l’attirant contre elle.
Il désirait désespérément la prendre dans ses bras mais il avait peur de la façon dont elle pourrait réagir à ce geste.
Que lui était-il arrivé pendant ces trois jours passés en compagnie des Renégats ?
Il lui avait déjà été donné de constater les réactions de femmes qui avaient été violentées par des hommes.
Plusieurs fois dans les campements de mineurs et un fois dans un camp indiens après qu’une jeune Cheyenne ait été attaquée et violée par un soldat ivre.
La première réaction de ces femmes était d’éviter et de repousser tous contacts avec les hommes, même s’ils s’agissaient de leur mari aimant, de leur père ou de leur frère.
Il ne pourrait pas le supporter si Michaela éprouvait une telle répugnance à son égard, mais il savait qu’il resterait à ses côtés quel que soit le traumatisme qu’elle avait subit et quel que soit le temps qu’il lui faudrait pour en guérir.
Brusquement, les gémissements de Michaela se transformèrent en cris et elle l’appela désespérément dans son sommeil. « Sully ?»
Il serra doucement sa main, lui parlant dans son sommeil, la rassurant et lui répétant qu’elle était sauvée.
Il avait tellement besoin qu’elle se sente le plus possible en sécurité dans cette situation extrême qu’il passa outre ses hésitations.
Alors, tenant toujours fermement sa main, il s’allongea à ses côtés, appuyant le dos de Michaela contre sa poitrine dans l’espoir de lui communiquer un peu de sa chaleur et d’améliorer un peu son confort.
Elle se blottit aussitôt contre lui, recherchant sa chaleur et sa protection.
Il savait qu‘il s’aventurait sur un terrain dangereux et que, blessée où non, Michaela n’appréciait pas qu’il prenne des libertés avec elle, mais il supposait qu’à cet instant précis elle avait besoin de sentir quelqu’un la serrer dans ses bras et il en assumerait les conséquences lorsqu’elle se réveillerait.
Ils restèrent ainsi pendant quelques heures, lui, la serrant fortement contre lui, l’étreignant de ses bras protecteurs ; elle frissonnant encore de temps à autre et lui, la rassurait dans un murmure « Chut… Je suis là… vous êtes en sécurité !».
Elle serrait alors doucement sa main dans son sommeil et cessait de trembler.
Sully ne voulait plus jamais revivre des instants pareils, ne pas savoir si on lui avait fait du mal ni comment elle réagirait à son encontre lors de son réveil.
Il ne savait plus, combien de temps encore, il l’avait tenue ainsi dans ses bras et elle n’en avait jamais parlé depuis.
Regardant sa femme étendue si paisiblement à ses côtés, il avait du mal à croire que les choses auraient pu évoluer si différemment.
Il se rappela avec joie, de ces instants tout proches où ils pataugeaient dans le torrent, sans ne se soucier de rien et observa ses pieds nus qui dépassaient sous sa longue jupe.
Aux alentours de midi, alors que Michaela dormait toujours d’un profond sommeil, il se leva et s’éloigna un peu d’elle pour réfléchir à la suite à donner à leur évasion.
Par où devaient-ils se diriger et comment devaient-ils agir pour échapper à leurs poursuivants
Premièrement, Michaela aurait certainement besoin de boire et de manger quelque chose à son réveil, ensuite, lorsqu’il ferait nuit, ils s’aventureraient à rentrer chez eux.
Il redoutait ce voyage.
Il savait que les Renégats avaient probablement suivi leurs traces toute la journée et qu’ils ne devaient probablement pas être très loin.
Il avait utilisé toutes les ruses que Nuage-Dansant lui avait apprises pour les amener à perdre leur piste, évitant le plus possible de laisser des traces sur leur passage, effaçant celles qu’il avait été obligé de faire.
Mais, cela n’avait pas été facile avec Michaela dans les bras et il n’avait aucune raison de douter que ces Indiens, comme tous les Cheyennes qu’il avait pu côtoyer depuis des années, étaient assez habiles à ce petit jeu.
Il retourna auprès de Michaela, qui s’agitant dans son sommeil, recherchait de nouveau sa main.
Ses yeux se posèrent alors sur ses pieds nus ensanglantés.
Lorsqu’il l’avait arraché aux mains de « N’a qu’un œil », l’indien était en train d’essayer de lui enlever sa ceinture et son chemisier.
Que s’était-il passé avant ?
Etait-ce pour cela qu’elle ne portait plus de chaussures ni de bas, et pourquoi son jupon et son chemisier étaient-ils tellement déchirés ?
Tous les muscles de son corps se tendirent et il se mit à trembler pendant que son imagination lui projetait les images d’une scène qu’il essaya aussitôt d’effacer de son esprit.
Il savait que même s’il était terrorisé à l’idée que « cela » soit arrivé, il faudrait énormément de patience et d’amour de la part de toutes les personnes qui entoureraient Michaela pour qu’elle parvienne, un jour, à penser à un « après ».
Il fut soudain envahi par un inhabituel sentiment de haine et un violent désir de vengeance à l’encontre de « N’a qu’un œil », ne sachant pas ce qu’il était capable de lui faire s’il lui avait effectivement fait du mal.
Il se raisonna et revint à des problèmes plus urgents – il ne devait pas céder à ses doutes et à ses peurs alors que Michaela avait besoin de quelqu’un de fort et de sensé à ses côtés.
Il se leva et repris ses recherches pour trouver l’endroit qui s’avérerait le plus propice à trouver de quoi manger.
Il hésitait à l’abandonner là, réalisant que depuis quelques heures et depuis qu’il était à côté elle, elle dormait d’un sommeil beaucoup plus profond et paisible.
Il essaya d’atteindre un petit bosquet d’arbres, attentif aux moindres bruits provenant de l’endroit où il l’avait laissée.
Il était en veine ! Il y découvrit un ancien nid d’abeilles abandonné et perché à seulement quelques mètres du sol, sur un vieil arbre au tronc dégarni.
Il escalada aussitôt les plus basses branches de l’arbre et décrocha la ruche, découvrant à l’intérieur un beau rayon dégoulinant d’un miel doux et ambré.
Un peu plus loin dans le bosquet, il remarqua un talus couvert de mûriers sauvages et il cueillit, à la hâte, le plus de fruits qu’il lui était possible de transporter avant de revenir une fois encore reprendre sa place aux côtés de Michaela.
Il mangea la moitié du miel et des mûres qu’il avait rapportés et attendit qu’elle se réveille enfin.
L’après-midi tirait à sa fin et, si elle ne se réveillait pas bientôt, il devrait la tirer de son sommeil car il devait partir dès le soleil couchant.
Tout à coup, un faible bruit retentit non loin de là, le faisant sursauter.
C’était peut-être les Renégats ? Etaient-ils déjà vraiment si proche ?
Il se leva et se rendit au bord de la falaise pour écouter les sons portés par le vent. Il entendit le bruit de nouveau, mais cette fois-ci avec soulagement.
Une famille de coyotes avait établi sa tanière non loin de là, en contrebas et c'était les parents appelant leurs petits qu’il avait entendus.
Alors qu’il regardait de nouveau Michaela, d'autres souvenirs sombres et menaçants envahirent ses pensées.
Lorsqu’elle s’était réveillée, l’appelant à ses côtés, il avait enfin trouvé le courage de lui demander si elle avait été violentée.
Sa réponse ayant été négative, il avait été tellement soulagé qu’il avait seulement pu la serrer dans ses bras, la berçant doucement, tout en adressant une prière de remerciement aux Esprits qui avaient su la protéger.
Il était incroyablement conscient du fait que l’année qui s’était écoulée depuis avait été miraculeuse et aurait pu être tout à fait différente si …
Il sourit lorsqu’elle marmonna de nouveaux dans son sommeil et se rapprochant pour écarter une mèche de ses longs cheveux cuivrés, qu’une brise douce et fraîche avait déposée sur son visage, il se pencha pour l’embrasser doucement.
Michaela était en plein milieu d’un rêve merveilleux.
Elle éprouvait une douce chaleur, pendant que Sully la serrait tendrement dans ses bras, déposant une multitude de petits baisers légers sur ses paupières, ses joues et ses lèvres.
Peu à peu, ses mains qui se trouvaient sur ses hanches se firent plus audacieuses, remontant depuis sa taille jusqu’à sa poitrine pour caresser les monts arrondis de ses seins.
Puis, glissant ses mains sous son dos et ses épaules il resserra son étreinte déposant sa bouche sur la sienne.
Ne pouvant rien faire d’autre que de répondre à son baiser, courbant son dos sensuellement, elle se laissa emporter comme si ce moment devait durer éternellement.
Ouvrant brusquement les yeux, et découvrant les alentours, elle fut immédiatement certaine qu’il ne s’agissait pas d’un rêve.
Sully était allongé sur elle, entrain de l’embrasser et de la caresser et elle en avait fait autant pensant rêver.
Elle rougit et baissa les yeux.
Qu’est-ce que Sully allait penser d’elle ?
Il interrompit son baiser et posa ses pouces sous son menton l’obligeant doucement à relever la tête et à le regarder dans les yeux.
Il lui sourit alors d’un sourire qui illumina son visage donnant à Michaela le merveilleux sentiment d’être heureuse et en vie.
Ses lèvres s’approchèrent de nouveau pour se poser sur les siennes, et ses bras l’étreignirent contre lui, comme s’il ne voulait plus jamais la laisser partir.
Michaela lui sourit en retour, puis, passant délicatement ses doigts dans ses longs cheveux blonds, décolorés par le soleil, elle lui murmura « Je t’aime ».
Ils échangèrent de nouveau un long et langoureux baiser, puis Sully demanda : «Bien, que va-t-on faire maintenant… Il est encore tôt… et nous avons encore du temps devant nous… le soleil ne se couchera pas avant 9heures. »
« Alors, nous avons encore le temps de rester ici encore un peu, n’est-ce pas ? » dit-elle d’un ton enjôleur en le repoussant doucement sur la couverture, plaçant sa tête sur sa poitrine et glissant sa main sous sa chemise pour la déposer sur son cœur.
Les douces mains de Sully l’entourèrent aussitôt, l’attirant contre lui.
Elle se rappela du premier matin où elle avait été tirée se son sommeil par les baisers de Sully.
Ses lèvres parcouraient doucement les siennes, ne demandant rien en retour, jute comme ça, avec beaucoup de tendresse et d’amour.
La respiration de Sully faisait frémir quelques longues mèches de sa chevelure cuivrée, répandues sur son visage, et sa main allait et venait sur son dos et ses épaules comme si le rythme de ses caresses était synchronisé avec celui du train qui les emmenait à Denver.
Elle était étendue sur le côté, blottie dans ses bras et elle rougit en réalisant que la jolie chemise de nuit en dentelle, que Dorothy avait faite pour elle, n’avait pas quitté ses bagages négligemment posés au pied de leur lit.
Peu à peu, elle s’imprégna de tout ce qu’elle pouvait voir où ressentir : le miroitement du soleil levant sur les murs du wagon, de doux rayons filtrants à travers les rideaux ; le drap de coton blanc qui les recouvrait, la peau chaude de Sully contre la sienne, sa jambe qui reposait par-dessus celles de son mari, toujours occupé lui donner de douces caresses.
Alors, tout ce qui s’était passé entre eux, depuis les adieux chaleureux de leur famille et de leurs amis et leur embarquement dans le train hier après-midi, lui revint en mémoire.
Son corps se souvenait de tout, submergé par une véritable marée de sensations indescriptibles.
Sully s’était montré si patient, si doux et si aimant et tout ce qu’il avait pu lui faire découvrir dépassait largement tout ce qu’elle avait pu imaginer durant les quelques mois qui avaient précédés leurs mariage.
Elle était subjuguée et émerveillée par toutes les sensations nouvelles et inhabituelles que son corps inexpérimenté avait pu lui faire ressentir.
Elle releva timidement la tête pour découvrir que Sully était en tain de l’observer, un sensuel et tendre sourire aux lèvres.
Sa peau frissonna et son corps entier réagit comme s’il avait été caressé par ses mains.
« Bonjour » dit-il calmement avant de l’embrasser de nouveau doucement.
Elle rougit et répondit dans un souffle « Bonjour !»
Il écarta doucement une mèche de ses cheveux de son visage, et reprit ses douces caresses sur son corps entre coupées de baisers légers et tendres, réveillant peu à peu le corps et les sens endormis de Michaela.
Il demanda alors, soucieux de son bien être « Tu vas bien ? »
« Mumm… » répondit-elle doucement tout en caressant sa poitrine avec le bout de ses doigts, d’une manière beaucoup plus claire que si elle avait essayé de répondre avec des mots.
« Bien » commenta-t-il avec un sourire. « Ce ne serra plus très long et on ferrait bien de se lever … si on ne veut pas dépasser Denver. »
Une fois de plus, elle redevint la petite fiancée timide et rougissante.
Elle baissa et ferma les yeux, fronçant les sourcils de consternation.
Comment devait-elle réagir dans une telle situation ?
Elle se serait sentie beaucoup mieux si cette jolie petite chemise de nuit n’avait pas été sagement rangée dans ses bagages !
Sully sembla lire dans ses pensées. « Veux-tu que j’aie te chercher quelques chose dans ta valise ? » demanda-t-il avec un sourire espiègle sur les lèvres.
« Oui, s’il te plaît » répondit-elle dans un murmure.
Sully dégagea doucement ses jambes de la sienne et son bras de dessous-ses épaules, tira le drap vers le bas et s’assit sur le bord du lit.
Michaela, rouge jusqu’au oreille, observa le dos large et musclé de son mari et sa peau tannée par le soleil.
Il se leva et s’éloigna du lit sans hésitation pour se déplacer jusqu’aux bagages.
De nouveau, elle sentit un torrent d’amour déferler dans son cœur.
Comme elle aimait cet homme ! Et cet amour était désormais autant physique qu’intellectuel.
Pendant longtemps, elle s’était sentie si nerveuse et peu sûre d’elle en ce qui concernait cet aspect du mariage car ce domaine lui était tout à fait inconnu.
Elle se sentait si vulnérable lorsqu’elle ne maîtrisait rien.
Mais lui, était si détendu et si insouciant et elle l’enviait pour cela.
Elle savait qu’il avait déjà été marié auparavant et qu’être avec une femme n’était pas nouveau pour lui.
C’était une angoisse de plus à surmonter pour elle : « elle devait être à la hauteur et ne pas le décevoir !».
Il se retourna et découvrit Michaela entrain de l’observer. Ses doutes étaient inscrits sur son visage.
Le sourire espiègle de Sully réapparut aussitôt sur ses lèvres.
Michaela rougit de plus belle, détourna son regard et tira le drap un peu plus haut sur son corps.
Il se redressa et marcha jusqu’à son côté du lit puis s’agenouilla sur le sol pour être à la hauteur de son visage.
Il prit doucement son visage dans ses mains et la regardant au fond des yeux, il lui dit d’une voix calme et pleine d’amour : « Tout va bien Michaela… nous prendrons tout le temps qu’il faudra… Je t’aime et je veux que tu sois heureuse… spécialement quand tu es seule avec moi »
Elle soupira et il interrompit son soupir d’un baiser, se rapprochant d’elle pour la serrer dans ses bras, avant de se relever et de retourner à ses recherches au milieu des bagages.
Fermant de nouveau les yeux, lovée tendrement dans les bras de l’homme qu’elle aimait, Michaela sentit son cœur battre un peu plus fort et laissa son esprit vagabonder vers de tendres souvenirs.
Dire que cela faisait seulement deux semaines qu’ils étaient mariés.
Elle n’oublierait jamais la gentillesse et la patience dont Sully avait fait preuve à son égard et elle était étonnée de constater comme elle avait changé et tout ce qu’elle avait appris durant cette courte période passée en sa compagnie.
Elle se montrait encore timide et peu sûre d’elle parfois mais Sully avait su lui montrer que s’aimer physiquement n’avait rien de honteux contrairement à ce que sa mère avait suggéré et que c’était un merveilleux moyen d’exprimer leur amour réciproque.
Ouvrant les yeux, elle se redressa légèrement pour plonger son regard dans le sien et posa sa main sur la sienne.
Sully la saisit aussitôt, la portant à ses lèvres, et soudain, contre sa volonté, son esprit s’envola de nouveau vers un passé douloureux.
Lui, Michaela, et les enfants avançaient lentement en direction de la clinique.
Ils venaient juste d’accomplir la chose la plus douloureuse et pénible qui soit donnée de faire à quelqu’un : informer un père aimant que son fils unique avait été tué.
Jamais, il n’oublierait le regard d’agonie dans les yeux de Nuage-Dansant quand son ami lui avait demandé si l’armée était la cause de la mort de « Marche sur les nuages ».
Mais c’était le chef des Renégats, « N’a qu’un œil » qui avait assassiné le jeune brave après qu’il eut aidé Michaela à s’échapper de leur camp.
Leurs cœurs étaient lourds et ils ne pouvaient réussir à exprimer leur soulagement et leur joie d’être enfin rentré à Colorado Springs.
Michaela épuisée, ne parvint pas à atteindre la clinique.
Les jambes chancelantes, elle se sentit vaciller, avant de s’évanouir.
Matthew, qui marchait à ses côtés, eut juste le temps de la rattraper dans ses bras et de la porter sur les quelques mètres qui les séparaient encore du bâtiment.
Colleen et Brian, quelques pas derrière lui, suivaient leur frère avec inquiétude.
Dès qu’ils furent tous entrés, Sully raconta aux enfants tout ce qu’il savait sur l’enlèvement de leur mère et les événements qui avaient marqué ces trois jours abominables.
Colleen se mit aussitôt à soigner les blessures de sa mère, en particulier les entailles sous ses pieds qui s’étaient de nouveau remises à saigner.
Les picotements de l’iode firent reprendre conscience à Michaela et elle jeta des regards anxieux autour d’elle, ses yeux cherchant désespérément sa présence.
« Sully ? » appela-t-elle faiblement.
« Je suis là Michaela… les enfants aussi… nous sommes entrain de soigner vos coupures et les plaies sous vos pieds » répondit-il d’une voix rassurante en lui prenant la main une fois encore.
« Sully, Je veux rentrer à la maison… s’il vous plaît !» implora-t-elle dans un soupir.
Il ne comprenait que trop bien ce qu’elle pouvait ressentir. La maison était le seul endroit où elle se sentirait en sécurité, où elle pourrait retrouver les enfants, où sa famille serait de nouveau réunie.
« Matthew va aller atteler le chariot et nous partirons dès que vos blessures seront pansées. » promit-il.
Arrivés à la maison, Les enfants firent tous ce qu’ils purent pour les aider lui et Michaela, leur préparant même un bain chaud à tous les deux.
Bientôt, il fut l’heure d’éteindre les lampes, les enfants allèrent se coucher.
Il aurait du se lever et s’en aller pour rejoindre son campement dans les bois mais il ne put si résigner.
Tout au long du souper et même après, lorsqu’elle s’était assise devant le feu, les yeux de Michaela avaient cherché sans cesse les siens, et il l’avait rassurée en silence, son regard calme et profond lui confirmant que tout allait bien.
Comment aurait-il pu la quitter à cet instant ?
Elle s’étendit sur le bord de son lit, sous son couvre-lit en patchwork, lui donnant l’impression d’être minuscule et sans défense.
Il l’embrassa doucement sur le front pour lui dire bonsoir, serrant et caressant une dernière fois sa main posée sur la couverture, puis, il se dirigea vers la porte et sortit.
Mais il ne put aller plus loin.
Saisissant la couverture indienne richement colorée qui se trouvait sur le rocking-chair, il en recouvrit ses épaules et s’assit sous le l’auvent, juste devant sa fenêtre.
Il étendit ses jambes sur le plancher inconfortable, espérant que s’il sombrait dans le sommeil qui l’écrasait, il serait encore capable d’entendre un éventuel cri de Michaela l’appelant pendant la nuit.
Il avait averti Colleen qu’elle le ferait sûrement, ce qui pourrait l’effrayer et qu’il serait là si Michaela avait besoin de lui.
Il se réveilla en sursaut, certain que quelqu’un l’avait appelé par son nom.
Tous ses muscles et ses articulations étaient endoloris et il se redressa en chancelant, sous la faible lueur de la lune cachée par des sombres nuages.
Là, il l’entendit de nouveau – le même cri étouffé.
Michaela ! Il quitta le rude plancher et poussa rapidement la porte de la maison.
Elle cherchait sa main dans le vide, l’appelant par son nom et pleurant dans son sommeil.
Comme il l’avait fait de nombreuses fois la veille, il saisit sa main et prononça des mots réconfortants, l’assurant qu’il était avec elle et que personne ne lui ferait de mal.
Elle se calma presque instantanément, il serra sa main et continua ses doux murmures.
Décidant que, pour une fois, il passerait outre les conventions, il s’assit sur le sol à côté du lit, le dos appuyé contre la table de nuit, la main de Michaela agrippée à la sienne.
Il resta là jusqu’à ce qu’une nouvelle aurore pointe dans le ciel, laissant envisager une belle journée ensoleillée.
Alors, seulement, il s’en alla retrouver la couverture qui l’attendait sur le plancher de l’auvent.
Michaela sentit un changement dans l’attitude de Sully.
Ses douces caresses avaient cédé la place à une certaine tension musculaire et un raidissement de ses bras et de ses épaules.
Elle l’observa mieux.
Son regard était vague et lointain, comme si ses pensées l’avaient entraîné à des milliers de kilomètres de là.
« Sully » appela-t-elle doucement.
De nouveau, ses yeux se posèrent sur elle, plongeant dans son regard, et ses mains se posèrent sur son visage, suivant son contour du bout des doigts, de ses tempes à son menton.
Elle l’interrogea d’une voix douce : « Sully, à quoi étais-tu entrain de penser ? »
Sully la regarda, visiblement troublé, fronçant les sourcils ne sachant trop quoi lui dire.
«Ce n’est rien Michaela, je pensais juste à quelques chose qui s’est passé il y a quelques années » répondit-il sans lui donner d’autres précisions. « Mais c’est fini et je vais maintenant concentrer mon attention sur le présent et sur toi… »
Michaela était sûre que quelque chose dans le passé le préoccupait, mais elle savait aussi qu’elle ne pourrait pas le persuader de lui en parler tant qu’il ne serait pas prêt à le faire.
Elle posa de nouveau sa main sur sa poitrine et se serra tendrement contre lui, de manière à lui procurer un peu de réconfort.
Bien que trois années se soient écoulées depuis qu’elle l’avait rencontré, elle était toujours inquiète de constater qu’il éprouvait toujours de la répugnance à lui parler de son passé.
Finalement toute cette agitation s’était un peu calmée.
La police de Washington, avait fait sortir le sénateur Stewart et le détective Simpson, menottes aux poings, et la majorité des invités avait quitté la Maison Blanche, tout en commentant avec ardeur l’événement extraordinaire de la soirée et son heureux dénouement.
Elle et Sully, étaient assis côte à côte sur un divan de velours rouge, dans une des alcôves de la spacieuse salle de concert, les enfants à leurs pieds.
Ils étaient prostrés dans le silence, épuisés et vidés par la tension nerveuse qui venait seulement de les quitter, mais leurs mains ne pouvaient se dénouer, tant ils avaient besoin l’un et l’autre de se toucher et de s ‘assurer qu’ils étaient saufs et de nouveau réunis.
Julia Grant, tira le rideau de velours qui les protégeait et les isolait des curieux encore présents dans la pièce derrière elle.
« Ah ! Vous êtes là ! » Dit-elle.
Et observant leurs visages rongés par la fatigue, elle ajouta calmement « J’espère que vous n’allez pas tarder à aller vous coucher pour vous reposer un peu ».
Michaela la regarda un peu penaude « J’ai bien peur que nous n’ayons nulle part où aller… il est trop tard pour réserver une chambre à notre ancien hôtel. Vous voyez, je ne pense pas qu’ils s’attendaient à notre retour… et les enfants sont supposés être dans le train pour Saint Louis. »
Madame Grant revint aussitôt à la charge. « Et bien vous allez rester ici ! » déclara-t-elle d’un ton décidé. « Vous pouvez occuper les chambres où vous étiez l’autre jour aussi longtemps que vous le souhaiterez… Je… le pays entier… a une énorme dette envers vous Michaela et envers Monsieur Sully »
Michaela se sentait trop fatiguée pour protester, ce qu’elle aurait certainement fait dans d’autres circonstances moins extraordinaires.
Elle acquiesça reconnaissante tandis que Sully répondaient en leurs noms « Merci, Madame Grant, nous sommes vos obligés… mais je pense que ce sera uniquement pour une nuit… quelque chose me dit que nous souhaitons tous rentrer chez nous rapidement »
Cette déclaration fut confirmée par de vigoureux hochement de tête de la part des enfants et par une forte pression de la main de Michaela dans la sienne.
Les enfants furent au lit et endormis quelques minutes plus tard.
Madame Grant appela un domestique pour aller faire chercher leurs bagages à la gare et donna des instructions au majordome pour que deux baignoires d’eau bien chaude accueillent Sully et Michaela.
Michaela revenait à la chambre qu’elle partageait avec Colleen, en suivant, pieds nus, le tapis doux et moelleux qui recouvrait le long couloir quand Sully sortit de sa chambre et l’arrêta.
Ses pensées avaient été tournées en permanence vers lui pendant qu‘elle prenait son bain et elle ne se montra donc pas étonnée de le voir.
Comme les siens, ses cheveux étaient encore humides et il avait enfin retrouvé ses habituels vêtements en peau de daim, après avoir du porter, pendant des jours, ce méprisable uniforme de soldat, puis le pantalon et la chemise qu’une femme noire lui avait donnés dans le village des affranchis.
Le visage de Sully s’illumina d’un sourire complice, comme s’il était capable de lire dans ses pensées et saisissant sa main, il l’entraîna dans sa chambre, refermant la porte derrière eux.
Dès que la porte fut close, il l’attira dans ses bras et la serra contre lui pendant de longues minutes qui semblèrent une éternité.
Elle était heureuse d’être là, répondant à son étreinte, s’abandonnant à la sienne pour aussi longtemps qu’il lui plairait et quelle que soit l’incongruité de leurs agissements dans un tel lieu.
Elle s’était demandée pendant des jours si elle aurait de nouveau la possibilité de se serrer contre lui, de sentir ses bras protecteurs s’enrouler autour de ses épaules et s’ils auraient un jour la chance de voir se réaliser leur rêve de vie commune.
Cette épreuve était enfin terminée et ils allaient bientôt reprendre le chemin de la maison.
Soudain, Sully la serra un peu plus fortement et elle sentit une larme couler sur son front.
Elle posa son regard sur le sien.
« Sully ? » questionna-t-elle d’une voix douce.
Il passa le revers sa main sur ses yeux. « Je suis tellement désolé Michaela ! »
Elle s’écarta un peu de lui pour essuyer les larmes qui coulaient silencieusement le long de ses joues.
« Tout va bien Sully, ce n’était pas votre faute, vous ne pouviez pas savoir ce qui allait se passer si vous veniez à Washington et qui avait commandité ces choses qui ont eu lieu il y a des années. C’est MA faute en réalité. C’est moi qui vous ai persuadé de venir avec nous. »
« Ce n’est pas vrai, Michaela. Je n’ai pas réfléchi !»
« Chut… nous sommes en sécurité… et libres maintenant » lui assura-t-elle tout en le serrant et en le berçant contre elle comme un enfant.
Un petit moment se passa ainsi avant qu’elle n’ajoute doucement : « Vous ne m’en aviez jamais parlé !»
Il sut instantanément à quoi elle faisait allusion.
Il redressa ses épaules et tourna son visage loin du sien.
« Je ne pouvais pas Michaela… Le temps très court que j’ai passé dans l’armée et le meurtre de cet homme d’affaire, je voulais les oublier… les effacer de ma mémoire, jusqu’à nier que tout cela s’était réellement passé… mais je n’y suis jamais parvenu… et je me sentais toujours si honteusement coupable »
Michaela saisit son visage entre ses mains et l’obligea doucement à la regarder dans les yeux.
« Je sais que vous n’avez jamais oublié ce qui s’était passé Sully et je sais que vous ne me croyez pas quand je vous affirme que vous n’avez aucune raison de vous sentir coupable… Vous ne saviez pas…. Personne ne vous a dévoilé les motifs réels de la mise à mort de cet homme… Vous ne saviez pas que ceux qui vous ont donné cet ordre étaient corrompus »
Sully baissa la tête et soupira profondément.
Elle l’obligea de nouveau à croiser son regard et ajouta : « Sully, lorsque vous avez commencé à me faire la cour, vous m’avez dit que nous ne devions plus avoir de secrets l’un pour l’autre. Vous pouvez tout me dire… Je comprendrai… Ou au moins j’essayerai »
« Michaela, il y a tant de chose dans mon passé dont je ne veux pas me souvenir » dit-il calmement.
« Je sais !» répondit-elle aussi calmement « mais enfouir de telles choses au fond de soi n’est jamais bon. Je veux que vous sachiez que vous pourrez m’en parler à n’importe quel moment. Je serai toujours prête à vous écouter. Je veux tout savoir de vous et de ce que vous avez fait avant de me rencontrer… les bonnes et les mauvaises choses »
Michaela revenue à l’instant présent, soupira et serra Sully très fort dans ses bras.