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Interdit aux moins de 16 ans

La lune de miel

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 02.12.2009 à 20h34
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« Traduction de deux fanfictions de Pam Hunter intitulées "Honey moon reflection 1" et "Honey moon reflection 2" » okapi 

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Tous les sens de Sully étaient concentrés sur Michaela. 

Ses mains douces qui caressaient sa poitrine, sa respiration qu’il pouvait sentir à travers le mince tissu de sa chemise.

Il aurait pu rester ainsi, allongé à ses côtés, pour l’éternité et pourtant, cette merveilleuse dernière journée s’écoulait inexorablement. 

« Michaela» appela-t-il doucement, la tirant de sa rêverie. « Nous devrions peut-être songer faire quelque chose, plutôt que de perdre notre temps » dit-il sur un ton guindé. 

Elle le regarda pour savoir s’il plaisantait ou s’il était sérieux et découvrit une étincelle de malice dans ses yeux. 

Elle sourit et lui répondit lentement : « Nous ne perdons pas notre temps Sully… être ensemble ainsi, ce ne sera jamais une perte de temps, mais je suis devenue très paresseuse au cours de ces deux semaines… Tu vas t’apercevoir de la différence quand nous rentrerons à la maison » 

Elle s’assit pour observer la réaction qu’il aurait en entendant ses mots. 

Il essaya désespérément de garder un visage sérieux, mais tous les deux savaient bien que Michaela avait l’habitude de laisser la médecine gouverner sa vie. 

Il se redressa pour être à sa hauteur et lui donna une petite tape sur la joue en disant « Bien… Je vais remplir les gourdes dans le torrent pendant que tu remets tes bas et tes chaussures, puis nous déciderons ce que nous ferons après.» 

Il fit quelques mètres, le long d’une piste séculaire tracée par les animaux à la recherche d’un point d’eau et s’accroupit sur la berge pour remplir les gourdes dans un endroit peu profond. 

Pendant que l’eau gargouillait entre ses mains, il se retourna pour observer Michaela. 

Elle déroulait ses bas noirs le long de ses mollets et de ses genoux et il réalisa que la regarder faire quelque chose d’aussi simple que cela lui donnait autant de plaisir que de l’accompagner dans des restaurants huppés, à des concerts (où elle était, invariablement, la plus belle femme présente) ou de la suivre dans les rues de Denver. 

Il ne se lassait pas de l’admirer, lorsqu’elle brossait, le soir venu, sa longue chevelure cuivrée ; lorsqu’elle se tenait en jupon devant la penderie, se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir porter pour une occasion si particulière, ou lorsqu’il l’aidait à fermer les agrafes dans le dos de sa robe ou, à défaut, une interminable rangée de minuscules boutons. 

Etre là, pour partager les plus petites choses de sa vie quotidienne comptait énormément pour lui, bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer, après toutes ces années d’exil volontaire passées au milieu d’une nature sauvage et souvent hostile. 

Il y avait tant de chose qu’il aimait en elle. 

L’attention qu’elle portait à ses malades, écartant les menaces qui pesaient sur leur vie – Brian, qui était tombé de l’arbre, Colleen qui avait attrapé une pneumonie, Grace qui avait reçu un morceau de verre dans l’œil, Bison Noir blessé par balle au cou - Il était si fier d’elle, de sa dextérité et de ses talents de médecin mais également lorsqu’elle tenait tête à Jake et Hank, défendant ses opinions et ses convictions religieuses devant le conseil municipal ou un juge de district. Sa capacité et son aisance à mobiliser et à fédérer les gens autour d’un projet communautaire l’émerveillait toujours.

Mais surtout, il connaissait SA « face cachée ». Il était la seule personne à qui elle avait dévoilé son côté vulnérable et la femme fragile qu’elle était – cette femme qui avait peur d’aimer, qui doutait de ses capacités à être une bonne mère, qui se battait désespérément pour gagner le respect et la reconnaissance de ses compétences de médecin, désirant plus que tout être aimée en tant que femme et mère. 

Pendant toutes ces années, il avait essayé de la convaincre, à maintes reprises, que douter de soi-même était une bonne chose, qu’il n’était pas honteux de demander des conseils ou d’aimer inconditionnellement, et il devait admettre qu’elle avait énormément changé depuis son arrivée à Colorado Springs trois ans auparavant. 

Mais il y avait encore un point sur lequel il devait travailler : C'était de la convaincre qu’elle ne pouvait pas TOUT faire, ni régler TOUS les problèmes, et que les gens l’aimeraient comme elle était… et non plus comme la femme parfaite qu’elle voulait paraître. 

Les gourdes étant pleines, il arriva à temps auprès de Michaela pour écarter doucement ses mains de ses chaussures et ainsi les lui lacer à sa place. 

Quand il eut terminé, il la remit sur ses pieds, la soulevant brièvement dans ses bras et l’embrassant à la volée, avant de l’entraîner jusqu’au petit bosquet où étaient attachés les chevaux.


okapi  (15.12.2009 à 18:43)

Ils décidèrent de retourner sur leur pas dans l’espoir d’apercevoir le cerf dont ils avaient croisé les traces dans la matinée, sur les contreforts d’un petit plateau. 

Ils chevauchèrent silencieusement pendants de longues minutes, se faufilant à travers les arbres, aussi discrètement possible que les autres créatures vivantes qui peuplaient cet endroit, ne faisant qu’un avec la nature environnante. 

Michaela, une fois de plus, laissa son esprit vagabonder et la ramener à une autre journée passée, aussi ensoleillée que celle-ci.

Ils se tenaient debout, au milieu d’une grasse prairie qui courait en pentes douces vers un petit ruisseau, enveloppés dans les bras l’un de l’autre, réchauffés et éclairés par les rayons du soleil couchant. 

Ils étaient entourés d’un quadrillage de piquets, enfoncés dans le sol et reliés entre eux par une longue et fine cordelette blanche. 

Sully venait juste de lui expliquer qu’elle délimitait les fondations de leur future maison. 

« Leur » maison – comme ce mot lui semblait étrange et merveilleux à la fois. Il avait tellement de projets pour cette maison – un salon/salle à manger bien à part avec une cheminée, une cuisine avec une pompe à eau, et « quatre » chambres. 

Elle avait rougit tout en se serrant d’avantage contre lui. 

Il lui avait alors précisé, tout en lui indiquant leurs futures positions à l’étage de la maison : «Une pour Brian, une pour Colleen, une petite chambre juste là, et ici, ce sera notre chambre ». 

« NOTRE » chambre… Son cœur s‘était mis à battre un peu plus fort en entendant ces mots.

Sully s’était alors un peu éloigné d’elle en disant : « Je vais chercher le pique-nique… si vous voulez bien prendre un siège… ! »

Mais à son retour, Michaela se tenait toujours là où il l’avait laissée, perdue dans ses pensées. 

Tout sourire, il avait continué sur le même ton « Voulez-vous manger dans la cuisine ou dans la salle à manger ? » 

Elle l’avait regardé, fronçant les sourcils et ne sachant trop quoi répondre. Puis, découvrant le sourire dans ses yeux, elle lui avait souri à son tour. « Dans la cuisine, je pense ! Ce serait bien ! » Avait-elle déclaré avec petit rire. 

Il avait étendu une couverture colorée sur l’herbe grasse, qui fut bientôt couverte à son tour de couverts et de mets divers et variés, provenant directement du restaurant de Grace. 

Assis tous les deux sur ce qui serait bientôt le sol de leur futur « chez eux », ils mangèrent joyeusement, en contemplant le majestueux panorama des montagnes qui se déployait devant eux. 

Sully l’avait un peu effrayée en lui présentant tous ses projets avec autant d’enthousiasme, lui révélant même son désir d’avoir un enfant, espoir concrétisé sur les plans de la maison par cette « petite chambre supplémentaire ». 

Repensant à cela, elle se demanda pourquoi elle était si effrayée à cette idée. 

Lorsqu’elle le voyait avec Brian, Colleen et Matthew, elle ne doutait pas un instant qu’il était fait pour être père, mais rien dans sa façon de vivre précédemment ne l'avait préparée à penser à lui dans ce rôle conventionnel. 

Mais, ne venait-il pas de lui prouver qu’il avait profondément changé, en envisageant de bâtir une maison et de passer sa vie avec elle ? 

Pourquoi était-elle tellement surprise à l’idée qu’il puisse être père ?


okapi  (15.12.2009 à 23:48)

Pour être tout à fait honnête, en abordant ce sujet aujourd’hui, il avait réveillé en elle son propre désir d’être mère, désir qu’elle avait refoulé et enfouit au fond d’elle-même depuis très longtemps. 

Elle se souvenait avoir dit un jour à Colleen qu’il était difficile pour une femme d’être active et reconnue dans un monde d’hommes mais que la seule chose que les hommes ne pourraient jamais faire à leur place, était de porter un enfant et de lui donner la vie. 

Après la tragique disparition de David pendant la guerre, elle avait vu tous ses rêves anéantis, et avait abandonné son vœu le plus secret et le plus cher qui était de porter un jour l’enfant d’un mari aimant. 

Aujourd’hui, Sully lui offrait la possibilité de vivre son rêve… avec lui. 

Elle regarda Sully qui l’observait. Elle savait que son visage était empourpré et qu’il avait un don surnaturel pour lire dans ses pensées. 

Elle baissa les yeux et il se déplaça un peu sur la couverture pour venir poser ses mains sur les siennes. « A quoi pensez-vous ? » demanda-t-il calmement. 

Elle n’était pas très sûre de ce qu’elle devait répondre. 

Sa tête fourmillait de rêves pour le futur. « Cela va vraiment arriver, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle d’une voix à peine audible. « Je rêvais de ça depuis si longtemps, mais je ne savais pas que vous étiez en train de réaliser ce rêve !» 

Il sourit et dit dans un rire taquin « Bien sûr que cela va arriver, Michaela. Je pense que nous avons attendu assez longtemps pour savoir si nous avions assez de points en commun ».

Elle rit en entendant ces mots et elle lui rappela qu’ils avaient déjà eu une conversation à ce propos, dans la forêt, peu de temps après qu’ils commencent à se fréquenter et à se faire la cour. 

« Que nous étions nous dit, alors ? » demanda-t-il intrigué. 

« Qu’une fois que nous saurions si nous avions assez de points en commun, nous pourrions passer à l’étape suivante – c’est ce que nous avions dit – et je crois que cette étape est immense … pour nous deux » 

Elle reprit sur un ton beaucoup plus sérieux « Il s’agit peut-être d’avoir un bébé… Peut-être une petite fille ? » 

« Hum, hum » Avait-il répondu sincèrement. 

«Vous épouser et avoir des enfants sont les deux choses qui comptent le plus pour moi et qui ont le plus d’importance dans tout ce que j’ai déjà fait dans ma vie. » 

Elle traversa la couverture pour se jeter dans ses bras. « C’est également ce qu’il y a de plus important pour moi Sully » murmura-t-elle pendant qu’il la berçait et la serrait contre lui. 

« Michaela… Michaela… » Sa rêverie fut interrompue brusquement par la faible voix de Sully qui lui lançait des appels urgents le plus silencieusement possible. 

Elle leva les yeux pour s’apercevoir qu’il se tenait à quelques mètres devant elle, lui faisant signe de faire avancer son cheval pour le rejoindre. 

Elle obéit et elle allait parler quand il posa son doigt sur sa bouche lui faisant signe de se taire. 

Il descendit de cheval et se glissa rapidement auprès d’elle pour l’aider à en faire autant. 

La prenant par la main, il l’entraîna à travers les broussailles, avant de l’obliger à s’asseoir à ses côtés. Puis, il plaça de nouveau son index sur sa bouche avant de le pointer à travers un trou dans les buissons en direction d’une petite clairière.


okapi  (16.12.2009 à 20:30)

A quelques mètres d’eux se tenaient une biche et son faon, occupés à brouter calmement le long d’un petit ruisseau paresseux. 

Michaela fut émerveillée par la beauté et la sérénité de cette scène. 

Le faon, tout jeune, était encore un peu maladroit sur ses jambes tremblantes. Il poussait sans cesse sa mère de son museau humide pour s’assurer qu’elle était bien à ses côtés. 

Ils les observèrent tous les deux pendant un bon bout de temps, essayant de bouger le moins possible. 

Sully, se tournant vers Michaela pour observer sa réaction, fut ému de découvrir la merveilleuse stupeur et l’intense émotion qui se lisait sur son visage. 

Il enroula son bras autour de ses épaules et l’attira contre lui pour l’étreindre doucement. 

Après avoir bu dans le ruisseau, la biche et son faon le traversèrent et s’éloignèrent lentement. 

Sully et de Michaela restèrent assis pour observer leur silencieuse retraite. 

« Michaela, tu sembles perdue dans tes pensées ! » constata Sully après que les deux animaux aient disparus dans les buissons. 

Michaela revint sur terre dans un sursaut. « C’était si beau, Sully ! » dit-elle doucement. 

Elle saisit sa main inconsciemment, mêlant ses doigts avec les siens, et la guida jusqu’à son ventre pour qu’elle y repose. 

« As-tu pensé récemment au fait, qu’un jour, nous aurons un bébé, Sully » demanda-t-elle en se retournant dans ses bras pour le regarder : « Parce que moi… Oui ! » 

« Bien sûr que moi aussi, Michaela… je ne peux pas m’en empêcher depuis que nous sommes mariés ! » répondit-il en souriant et en caressant tendrement ses bras et ses épaules. 

Le regardant timidement, elle reprit : « J’ai traité de nombreuses patientes qui sont tombées enceintes juste quelques semaines, même quelques jours après s’être mariées » 

Elle se mordit la lèvre tout en ne pouvant s’empêcher de sourire. « Penses-tu que nous ayons déjà « mis en route » un bébé, Sully ? » murmura-t-elle d’une voix sourde et remplie d’espoir. 

En réponse, Sully déposa, de nouveau, amoureusement, la paume de sa main sur son ventre et l’embrassant dans le cou, il lui déclara avec provocation : « Et bien, je suppose que dernièrement nous avons mis toutes les chances de notre côté pour cela » 

Michaela rougit et pressa fortement sa main contre la sienne, tous les deux se regardant alors avec un large sourire. 

« Nous ne savons pas quand cela arrivera Michaela, mais quand cela arrivera… je serai l’homme et le père le plus heureux et le plus fier de Colorado Springs » dit-il. « Cela peut arriver très bientôt ou prendre plus de temps… mais en attendant, je veux profiter et me réjouir de chaque minute passée avec toi. » 

Ils rentrèrent assez tard à leur hôtel et se changèrent à la hâte avant de descendre souper dans la grande salle à manger à l’ambiance si feutrée. 

D’un mutuel mais silencieux accord, ils ne s’attardèrent pas après le repas, conscients tous deux que c’était leur dernière nuit ensemble avant celle qu’il passerait dans le train, durant le long voyage qui les ramènerait chez eux, à Colorado Springs. 

Sully était assit sur le somptueux tapis du salon de leur chambre d’hôtel, repoussant les braises dans la cheminée à l’aide d’un tisonnier orné de cuivre ouvragé. 

La chambre richement meublée et décorée, était uniquement éclairée par la lumière du feu et celle d’une unique lampe posée sur une table de chevet. 

Il retira ses chaussures, sa veste et sa cravate, défit quelques boutons en haut de sa chemise en attendant Michaela qui se déshabillait avant de venir le rejoindre. 

Il entendit ses pas légers derrière lui et se retourna à temps pour voir sa silhouette éclairée par la lampe située à côté du lit. 

Il prit une profonde inspiration. 

A cause de la chaleur qui régnait dans la pièce, elle avait quitté sa robe et la perfection de son corps était mise en valeur par la douce lumière placée derrière elle.


okapi  (17.12.2009 à 16:56)

Lorsqu’elle enfila sa chemise de nuit la lumière filtra à travers le tissu léger. 

Elle s’approcha très lentement vers lui, la lumière du feu, chatoyant dans ses longs cheveux cuivrés qui descendaient jusqu’à sa taille. 

Il se leva immédiatement, et passant derrière elle, il la saisit par les épaules et la fit asseoir entre ses genoux, leurs deux visages tournés en direction du feu. 

Ils restèrent ainsi un long moment, silencieux. 

De temps à autre, Sully portait la main de Michaela à ses lèvres ou caressait tendrement son cou et sa nuque pendant qu’elle appuyait sensuellement son dos contre sa poitrine, imbriquant ses doigts dans les siens. 

Au bout d’un moment, Sully demanda : « A quoi penses-tu ? » 

Elle répondit rêveusement : « Oh… à rien et à tout… aux changements qui sont survenus dans ma vie ces dernières années… à ces deux dernières semaines et à mon désir qu’elles ne finissent jamais… également aux enfants, qui me manquent… Mais particulièrement aussi à toutes ces choses qui ont changé. » 

« Que veux-tu dire » interrogea-t-il, espérant qu’elle s’en ouvrirait un peu plus à lui. 

« Bien… c’est comme si… comme si… » Elle cherchait désespérément à trouver les bons mots. Alors, elle lui expliqua d’une voix hésitante : « C’est un peu comme si un peintre avait disposé deux toiles côte à côte, celle de gauche représentant ma vie en dehors de la médecine, celle de droite illustrant ma vie en tant que médecin. Tu comprends ce que je veux dire ? » Elle plaça les deux paumes de ses mains en vis à vis pour illustrer son propos. 

« Hum, hum » acquiesça-t-il, espérant qu’elle allait poursuivre. 

« Quand j’ai quitté Boston, pour Colorado Springs, celle de droite était un chef-d’œuvre de couleurs, avec des détails un peu flous, mais plein d’espoir. Celle de gauche n’était qu’une toile blanche et vierge. J’avais laissé ma famille derrière moi, je ne connaissais personne, je ne me considérais pas vraiment comme une personne, mais juste comme un médecin » 

Il lui signifia qu’il la comprenait parfaitement en la serrant un peu plus contre lui. 

Sa voix devint plus animée et tout en continuant, elle se mit inconsciemment à caresser le dos des mains de Sully. 

« Mais les choses ont commencé à changer. 

Même lorsque je n’avais pas de patients, la toile de gauche était toujours un chef-d’œuvre parce que j’ai toujours pensé que ce n’était qu’une question de temps avant que les gens m’acceptent en temps que médecin. Il fallait que je le croie. 

Mais quand toi et les enfants êtes entrés dans ma vie, la toile de gauche a commencé à se couvrir de couleur et à prendre forme, les détails en étaient aussi flous que sur la toile de droite, peut-être parce que j’étais emplie de doutes et de réserves, mais il y avait quelque chose qui était entrain de s’ébaucher petit à petit, et cette toile ne serait plus jamais vierge. » Elle fit une pause et prit une profonde inspiration. 

« Et maintenant ? » demanda-t-il dans un soupir, espérant deviner juste dans les explications qui allaient suivre. 

Elle se retourna pour lui faire face et le regarder dans les yeux. « Et maintenant, c’est cette toile à gauche qui est un vrai chef-d’œuvre » répondit-elle avec sincérité. « La toile de droite est toujours là, même si les couleurs ont un peu perdu de leur intensité et que les détails sont plus précis. Mais, la toile de gauche, où tu figures avec les enfants… » 

Elle rougit un peu en se mordant les lèvres avant d’ajouter « et où peut-être notre bébé figurera bientôt, est la seule sur laquelle je veuille me concentrer… c’est toi qui en est le peintre Sully ! » 

Elle se rapprocha pour embrasser le sourire sur sa bouche. « Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? » demanda-t-elle, anxieuse.  

« Bien sûr, que je comprends ! » répondit-il incapable de cacher la fierté et l’émotion que les paroles de Michaela avaient suscitées en lui. 

Elle l’embrassa légèrement et se retourna de nouveau pour s’appuyer contre sa poitrine. 

« C’est drôle que tu me parles de tout ce qui a changé dans nos vies depuis ces trois dernières années » se confia-t-il à son tour « parce que je pensais justement à la même chose cette après-midi » 

Elle se retourna avec étonnement. C’était très inhabituel de la part de Sully de se pencher sur le passé et encore moins d’en parler. 

Elle fronça les sourcils et l’observa d’un air interrogateur. 

Il détourna son regard pour contempler fixement le feu moribond. Elle fit alors de même.


okapi  (18.12.2009 à 17:31)

« Je pensais comme les choses auraient pu être différentes… entre nous… si… si » Il éprouvait de réelles difficultés à s’exprimer et Michaela était bien embarrassée pour l’aider. 

« Si nous n’avions pas fait certaines choses ou si des gens autour de nous avaient agi différemment » termina-t-il d’une seule traite. 

« Que veux-tu dire, Sully ? » demanda-t-elle calmement, surprise par le ton de sa voix et l’inquiétude qu’elle y décelait. 

« Que se serait-il passé si je n’étais pas venu te rejoindre à Boston quand ta mère est tombée malade ? Tu aurais pu ne jamais revenir à Colorado Springs » marmonna-t-il. 

Michaela prit soudainement conscience, au fond de son cœur, que Sully, tout comme elle, avait éprouvé des doutes et des angoisses, et qu’il avait fait preuve d’une grande habilité et d’une grande force de caractère pour ne rien en laisser paraître. 

Tentant de le rassurer, elle lui dit : « Sully, Je serais revenue ! Cela m’aurait peut-être pris un peu plus de temps que si tu n’étais pas arrivé mais je serais revenue ! Mon cœur était avec toi… ma maison était là où tu étais… » 

« C’est drôle, je me souviens avoir dit la même chose aux enfants lorsque nous étions à Boston : "on est chez soi là où son cœur se trouve", alors que je commençais à me demander si ton cœur n’était pas "chez lui" à Boston». 

Elle caressa doucement sa main en lui disant : « Je pense t’avoir prouvé depuis où mon cœur se trouve. Comme tu me l’as dit un jour, mon cœur t’appartient désormais ! » 

Soulagé de sa réponse, il l’étreignit d’avantage contre lui mais continua à fixer le feu. Puis, il reprit dans un murmure :«Mais il s’est passé autre chose… quelque chose qui n’était pas sous notre contrôle… quelque chose qui dépendait d’autres personnes que nous ne connaissions pas… qui auraient pu changer notre destinée et "ça" a été vraiment dur. » 

« Comme si... par exemple… Ethan Cooper n’avait pas changé d’avis à propos des enfants et qu’il les avait emmenés loin de nous, à San Francisco ?… Notre vie, aujourd’hui, serait alors très différente » dit-il très doucement. 

« Tu as raison Sully, mais je crois réellement que Dieu nous a désignés pour prendre soin de Colleen et de Brian. C’est un cadeau qu’il nous a fait et personne ne nous les prendra» répondit-elle fermement. 

Elle sentit les bras de Sully la serrer un peu plus fort en signe d’acquiescement et il prit plusieurs inspirations profondes, avant de se remettre à parler. 

« Et que ce serait-il passé si "Marche-sur-les-Nuages" ne t’avait pas protégée dans le camp des Renégats ? » dit-il d’une voix si faible qu’elle eut du mal à l’entendre. 

Elle se retourna vers lui et elle sut tout à coup. « C’est à cela que tu pensais cette après midi… sous le chêne… lorsque tu as eu l’air aussi effrayé » affirma-t-elle calmement « N’est-ce pas ? » 

Il acquiesça de la tête et baissa les yeux. 

Elle posa tendrement ses mains sur son visage et obligea son regard à rencontrer le sien. 

« Sully, c’est toi qui m’as toujours dit qu’il ne fallait pas vivre dans le passé mais se concentrer sur le futur. Ces trois jours ont probablement été les plus éprouvants de ma vie, mais cela aurait pu être bien pire. Tu étais là, qui veillait sur moi… j’ai toujours su que tu viendrais… Je pouvais le sentir quand tu étais tout près du campement. Ces trois jours mon fait réaliser que tu étais la personne la plus importante de ma vie… je savais que tu viendrais me secourir. » Elle l’embrassa tendrement d’abord puis passionnément et il répondit à ses baisers. 

Plus aucuns autres mots n’étaient nécessaires. Pour la suite, ils allaient se montrer ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre et de quoi leur amour était fait. 

Environ une heure plus tard, Sully se réveilla pour s’apercevoir que Michaela dormait, blottie dans ses bras. 

Le feu était tout à fait éteint maintenant et le froid commençait à envahir la chambre. 

Elle frissonna un peu et se lova contre lui pour mieux sentir sa chaleur. 

Il se redressa, glissa délicatement ses bras sous ses épaules et ses genoux avant de se relever et de la soulever doucement dans ses bras pour la porter dans leur lit. 

Après avoir éteint la lampe, il se glissa sous les couvertures et se mit "en cuillère" contre son dos. 

Alors qu’il enroulait ses bras autour de sa taille, elle agrippa de nouveau sa main, croisant ses doigts entre les siens, et la posa sur son ventre. 

Elle chuchota dans la nuit « Je m’en souviens, tu sais ! ». 

Il fronça les sourcils en lui demandant : « Tu te souviens de quoi, Michaela ? » 

« Tu me tenais comme ça… dans la grotte… quand j’avais si peur… et après… à la maison… Lorsque que j’avais tellement besoin de toi… » 

En entendant ces mots, Sully rougit… probablement pour la première fois de sa vie. 

Michaela pouvait sentir la chaleur de sa peau à travers sa fine chemise de nuit. Elle se retourna contre lui, et glissant sa main entre son cou et ses longs cheveux ondulés, elle la posa derrière sa nuque attirant doucement sa tête jusqu’à la sienne. 

Lorsqu’elle sentit les lèvres de Sully frôler les siennes, elle murmura : « Merci ! » et l’embrassa avidement, ce qui leur laissa penser tous les deux, qu’ils n’allaient pas dormir beaucoup durant cette dernière nuit de leur « lune de miel ».

 

FIN


okapi  (19.12.2009 à 16:28)

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