HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Le bureau

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 24.02.2010 à 16h13
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Le bureau" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "The desk" » okapi 

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Michaela les regarda s’éloigner en se demandant (et ce n’était pas la première fois qu’elle se posait la question) comment Sully parvenait avec autant de facilité à savoir ce qu’il fallait dire ou faire au bon moment. 

Grace avait été bien malmenée par la vie et elle avait vraiment été sur une mauvaise pente durant ces derniers mois. 

Les attentions délicates de Sully et leur invitation conjointe à venir partager un peu de leur vie de famille ce soir, lui serait certainement beaucoup plus bénéfique que toutes les prescriptions médicales qu’elle pourrait lui faire. 

Elle sourit en y pensant, jeta un dernier regard émerveillé aux deux caisses abandonnées le long de la voie ferrée, et commença lentement à rebrousser chemin jusqu’à la clinique.

 Chapitre 3

A la fin de cet après-midi là, Sully, Robert E et Matthew se demandaient bien si les muscles de leurs bras et de leurs dos redeviendraient un jour normaux. 

Cela leur avait demandé un effort colossale, même avec l’assistance d’Horace, toujours serviable, pour hisser les caisses sur le chariot et les attacher en toute sécurité afin de pouvoir faire le voyage jusqu’à la maison. 

A présent, ils étaient tous réunis dans la cour poussiéreuse, observant les caisses de bois dans la lumière déclinante du soleil couchant, réfléchissant au meilleur moyen de les décharger et de leur faire franchir les marches de la véranda, sans dommage pour eux-mêmes et pour leur contenus. 

Michaela se tenait sur le perron, observant avec anxiété les visages fatigués des hommes qui entouraient le chariot. 

Elle suggéra alors : « Sully, crois-tu que cela serait plus facile si on ouvrait les caisses sur le chariot ? Peut-être pourrions-nous en extraire quelques objets légers avant d’essayer de décharger les plus lourds ? » 

Sully la regarda avec soulagement et Grace qui se tenait derrière elle ne put s’empêcher de réagir avec excitation. « Robert E ! » ordonna-t-elle avec emportement « Nous allons avoir besoin de quelque chose pour faire levier sur les couvercle des caisses ! ». Et, saisissant la main de Michaela, elle l’entraîna en bas des escaliers. 

Quelques minutes plus tard, Sully, équipé de toutes sortes d’outils, hissa Michaela à ses côtés sur le chariot. 

Grace, debout derrière la voiture, les observait les yeux brillants, pendant que Matthew et Robert E attendaient calmement, espérant se voir rapidement informés de l’éventualité d’un déchargement plus facile. 

C’est à ce moment là que Brian arriva de la ville, lancé au galop sur son cheval. 

« Man, Sully, qu’est-ce qui ce passe ? » demanda-t-il avec curiosité en découvrant les caisses sur le chariot et en observant tous les visages impatients qui regardaient dans leur direction.

Grace lui expliqua avec fougue d’où provenaient les caisses et lui mentionna la lettre qui les accompagnait. 

Pendant ce temps, Sully fit sauter le couvercle de la plus grande des deux boîtes et commença à retirer la paille qui protégeait son contenu, tandis que Michaela se penchait avec impatience par dessus son épaule. 

Elle laissa échapper un cri de surprise et se pencha par dessus le bord de la caisse pour toucher ce qu’elle venait d’apercevoir. « Oh, mère ! » s’exclama-t-elle dans un soupir, comme elle l’avait déjà fait le matin même.


okapi  (04.03.2010 à 14:13)

Sully pivota sur lui-même pour lui faire face, se détournant momentanément de sa tâche et du contenu de la caisse. 

« Michaela ? » l’interrogea-t-il un peu inquiet. 

Elle se redressa pour le regarder et lui répondit avec douceur : «Peut-on démonter le reste de la caisse ? De cette façon, il vous sera plus facile de le faire glisser jusqu’à l’arrière du chariot pour le décharger. » 

Pendant ce temps, Grace enthousiaste, sautillait sur place et dansait presque en attendant toujours de découvrir le contenu des caisses. 

Elle posa ses mains sur ses joues et sourit de bonheur en observant la réaction évidemment émue de Michaela. 

Brian, à son tour pris d’impatience, demanda tout excité : « Qu’est ce que c’est Mam ? »

A cet instant, seul le bras de Matthew, saisissant le bas de sa veste, l’empêcha de sauter dans le chariot pour rejoindre ses parents.

« Je vais avoir besoin de votre aide… pour nous débarrasser de ça » dit Sully, pendant qu’il démontait le reste de la caisse et passait les morceaux à Robert E et à Matthew par dessus le bord du chariot.

Enfin, la large silhouette d’un meuble massif et stylé apparu sous leur regard, recouvert de la paille de l’emballage et de la poussière du voyage. 

A eux trois, (et avec un peu d’aide de Brian), les trois hommes réussirent à le faire glisser au bout du chariot, à le soulever et à le déposer délicatement sur le sol poussiéreux. 

Grace émerveillée, et les yeux largement écarquillés, laissa glisser lentement ses mains sur la surface lisse et polie du bois d’acajou. « Oh ! Dr Mike ! » S’exclama-t-elle. « Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi beau, depuis que je suis partie de la Nouvelle Orléans » 

Eberlués, ils restèrent tous à contempler ce lourd et massif bureau d’acajou, magnifiquement travaillé.

Il était doté d’un large plateau, aux angles arrondis, recouvert de cuir vert bosselé incrustés de clous dorés et de six tiroirs ouvragés, décorés de jolies petites poignées de cuivre.

Michaela fit quelques pas pour s’en rapprocher, et comme Grace l’avait fait avant elle, elle laissa courir ses doigts sur le bois poli mais, il était évident qu’elle n’admirait pas seulement le meuble pour sa facture luxueuse.

Ses pensées étaient tournées vers le passé, assaillies par les souvenirs d’un temps déjà lointain que cet objet faisait resurgir d’un seul coup.

Sully se racla légèrement la gorge et l’interpella au nom de tous « Michaela ? »

Michaela tirée de ses songes expliqua doucement : « Il appartenait à mon père. D’aussi loin que je m’en souvienne, je le revois, assis à ce bureau dans la bibliothèque, entrain de travailler. Ma mère à devinée que c’est * ce meuble * plus qu’aucune autre chose appartenant à notre maison qui me ferait plaisir d’avoir en ma possession. Lorsque mon père rentrait de sa tournée ou de ses visites à l’hôpital, j’avais l’habitude de m’asseoir avec lui à ce bureau, pendant qu’il lisait la presse, consultait la fiche d’un de ses patients où écrivait son journal. Même toute petite, je ne me souviens pas d’avoir jamais manqué ce rendez-vous… c’est comme s’il avait toujours accepté ma présence à ses côtés, toute immature et bruyante quelle soit »

En évoquant ce souvenir, les yeux de Michaela s’emplirent de larmes et elle eut du mal à contrôler ses émotions.


okapi  (05.03.2010 à 21:49)

Voyant cela, Grace dans sa sagesse habituelle, enroula un instant ses bras autour des épaules de son amie, avant de la ramener au moment présent.

« Et bien les amis, vous avez encore pas mal de travail devant vous pour arriver à rentrer ce bureau à l’intérieur de la maison, ainsi que tout ce qui se trouve dans l’autre caisse… Dr Mike, Sully, vous allez également devoir décider où l’installer… et par dessus le marcher, nous avons encore un souper à préparer… alors au boulot ! »

Une demi-heure plus tard, le bureau d’acajou et le fauteuil « présidentiel » qui l’accompagnait, et se trouvait dans l’autre caisse, étaient enfin à l’intérieur de la maison et trônaient au milieu du séjour. 

Grace et Michaela, toujours un peu préoccupée, avaient fait frire un poulet et des pommes de terre sur la cuisinière et avaient enfourné des biscuits dans le four. 

Pendant que Robert E, Matthew et Brian étanchaient leur soif, Sully prit Michaela un peu à part. 

« Où veux-tu que nous installions le bureau Michaela ? » demanda-t-il pendant que son regard faisait le tour de la pièce. « Tu aurais peut-être préféré l’avoir à la clinique ? » continua-t-il avec un peu d’hésitation, tandis qu’il se demandait comment les autres allaient réagir si on leur demandait de charger de nouveau le bureau sur le chariot. 

Michaela le regarda et suggéra rapidement « Je préférerais le garder ici, si tu es d’accord. Après avoir du brûler tous les meubles de la clinique l’an dernier, je ne pourrais pas le supporter si cela devait se reproduire. Mère à écrit qu’elle désirait le voir rester dans la famille. Cela ne te dérange pas ? »

« Bien sûr que non !» répondit Sully avec douceur « Mais, il est si volumineux que nous allons devoir déplacer d’autres meubles. Que dirais-tu de le mettre là-bas, à gauche contre le mur du fond… tu auras la lumière de la fenêtre et tu seras à côté de la cheminée quand tu travailleras… et il y a une lampe juste au bon endroit pour t’éclairer le soir.» 

Pour toute réponse, elle se serra fortement contre lui : « Merci » lui dit-elle simplement. 

 

Sully, rentrant à l’intérieur de la maison après avoir raccompagné Grace et Robert E sur le pas de la porte à la fin du souper, découvrit Michaela assise au bureau de son père, dans le somptueux fauteuil d’acajou. 

Le meuble était désormais à la place qui lui avait été attitré, contre le mur, dans un coin du séjour, comme s’il avait toujours été là. 

Michaela avait commencé à éteindre la plupart des lampes mais n’avait pu résister à s’y asseoir en passant devant lui. 

Au cours du repas plutôt animé qu’ils avaient partagé avec leurs amis et les membres de la famille, son regard avait très souvent glissé jusqu’à cet endroit de la pièce pour se poser sur le bureau. 

Sully l’avait alors sentie absente, perdue dans ses souvenirs et à mille lieues de leurs conversations. 

A cet instant précis, elle était de nouveau plongée dans ses pensées, laissant sa main courir sur le sur le bois poli et tenant dans l’autre une lettre manuscrite recouverte de l’écriture soignée de sa mère.


okapi  (06.03.2010 à 14:07)

Il la rejoignit et se plaça derrière elle pour poser doucement ses mains sur ses épaules. 

« Qu’as tu trouvé là... Une autre lettre de ta mère ? » Questionna-t-il a son oreille. 

« Mumm… Je l’ai trouvée dans un de ces carnets, glissée entre la couverture et la première page. » 

Elle se recula légèrement pour lui permettre de découvrir trois carnets reliés de cuir noir marqués par l’usure du temps. 

« Ils étaient dans le tiroir du haut » expliqua-t-elle. « Ils appartenaient à mon père. D’aussi loin que remontent mes souvenirs, je l’ai toujours vu tenir un journal et écrire dans ces petits carnets. Mère m’a envoyé ces trois là en particulier. Il en existe de nombreux autres qu’elle m’enverra en d’autres occasions. Elle dit encore que mon père a toujours tenu un journal. Il n’écrivait pas tous les jours et ses notes sont parfois espacées de plusieurs mois, mais il écrivait toujours au sujet de choses importantes : les cas médicaux qui lui posaient problèmes, les choses qu’il ne voulait pas oublier, ses réflexions personnelles et d’autres choses de ce genre. » 

Michaela lui expliqua tout cela d’une voix à peine audible et sans faire le moindre mouvement, en observant religieusement les trois petits carnets. 

« Michaela, voudrais-tu m’expliquer quelque chose ? » demanda Sully en se déplaçant pour venir s’appuyer contre le bureau et lui faire face.

« A quel sujet ? » demanda-t-elle. 

« Dans sa lettre, ta mère dit qu’à cette période de l’année, elle devient un peu mélancolique, et il me semble que c’est ce qui t’arrive aussi en ce moment. Pourquoi ? » 

Il y eu un silence pesant durant lequel Michaela réfléchit longuement à sa question avant de supposer : « J’imagine que c’est à cause du printemps. Mon père est mort un 6 mai. Avant * TOI *, il était la personne la plus importante de ma vie. Il m’enseignait, me guidait, m’aimait et me soutenait. Quelque chose que, je réalise, ma mère n’avait jamais compris ou accepté, jusqu’à aujourd’hui. Toutes les deux, ce printemps là, nous avons perdu un être cher. Pendant de longs mois après son décès, nous l’avons pleuré et porté le deuil, mais chacune de notre côté. Nous étions tellement focalisées sur notre propre douleur que nous étions totalement fermées l’une à l’autre. Et malgré ta présence à mes côtés, à chaque printemps je pense encore à lui, à ce qu’il représentait pour moi et à ce que sa mort à remis en question. Je suppose que cette année, j’ai revécu tout ceci encore plus fortement en raison de la mort si récente de Marjorie. Est-ce que tu peux le comprendre ? » 

Michaela laissa de nouveau ses mains caresser le plan de travail du meuble massif. « Tant de souvenirs de mon père sont étroitement associés à ce bureau et à son travail. »

Sully se pencha pour prendre amoureusement son visage dans le creux de ses mains et caresser ses joues à l’aide de ses pouces. Puis, il lui saisit doucement les deux mains et la tira à lui pour l’obliger à se lever. 

« Bien sûr que je comprends, » répondit-il en pivotant pour s’asseoir à sa place et en l’attirant à lui pour qu’elle s’asseye sur ses genoux.


okapi  (07.03.2010 à 14:39)

Il l’embrassa tendrement sur la joue et enroula ses bras autour de sa taille. « Parle-moi de lui » lui offrit-il simplement. 

Michaela se retourna pour le regarder, cherchant à deviner, au fond de ses yeux, s’il était vraiment intéressé et curieux d’en savoir plus sur les liens qui l’unissaient à son père. 

Rassurée, elle s’appuya contre lui et s’abandonna dans ses bras avant de commencer. 

« Depuis le jour de ma naissance, mon père avait appris l’habitude de me prendre avec lui dans son bureau pendant qu’il travaillait. Au début, il me berçait simplement ou me racontait des histoires. Puis, lorsque j’étais un peu plus âgée, il me lisait des histoires plus compliquées, il m’expliquait certains articles des journaux, ou bien il m’écoutait lire ou me regardait dessiner. Aucune de mes sœurs ne s’aventuraient dans son bureau, même pour y étudier, c’est comme si elles avaient eu peur d’y pénétrer. Je n’ai jamais compris pourquoi, ni même découvert la raison qui leur donnait une telle crainte. Je sais que mon père pouvait se montrer un peu "ours" quelquefois, mais il se comportait très rarement de cette manière avec moi. Rebecca était la seule autre personne qui entrait dans son bureau, mais uniquement lorsqu’elle savait qu’il n’était pas à la maison, ou qu’il rentrerait tard. Parfois, lorsqu’il était très tard ou lorsqu’il était retenu par un cas à l’hôpital, je la trouvais qui m’attendait là, elle m’asseyait sur ses genoux et me racontait des histoires à sa place, comme mon père le faisait. Pendant de nombreuses années, il a été le centre de mon existence et après sa mort il m’a tellement manqué » dit-elle avec une émotion intense dans la voix. 

« Et maintenant ? » demanda-t-il tranquillement 

« Maintenant ? » reprit-elle. « Maintenant, toi et les enfants vous occupez ma vie et la plupart de mes pensées. Au fur et à mesure que les années passent, comme le dit ma mère dans sa lettre, nos priorités changent. Mais, au printemps, je ne sais pas si c’est le changement qu’il y a dans l’air, le parfum des fleurs dans le jardin, ou autre chose, mais mes pensées, juste pour quelques temps, s’envolent un peu vers lui. » 

« Ce que tu ressens est tout à fait normal Michaela… et cela ne me dérange absolument pas si tu veux me parler de lui… au moins maintenant, je comprendrai mieux ce qui t’arrives si tu deviens de nouveau plus que mélancolique. » 

« Plus que mélancolique ! » s’exclama-t-elle « J’allais vraiment si mal ? » 

« Et bien, Je me suis fais un peu de soucis… tu t’es vraiment comportée de façon étrange ces derniers temps. » répondit-il avec un demi sourire. « Maintenant, il est vraiment très tard, alors pourquoi ne monterais-tu pas te mettre au lit pendant que je finis d’éteindre les lampes et de fermer les portes. » 

Michaela lui adressa un sourire reconnaissant et le remercia d’un tendre baiser, avant de se lever et de se diriger vers l’escalier.  

Chapitre 4

Lorsque Sully entra enfin dans leur chambre, se fût pour y découvrir Michaela plongée dans le journal de son père. 

Elle était adossée contre les oreillers, et la lumière scintillante des lampes à pétrole se reflétait sur ses longs cheveux cuivrés.

Elle fronçait les sourcils et passait sa langue de temps à autres sur sa lèvre supérieure, une habitude qu’elle avait lorsqu’elle était nerveuse ou concentrée sur quelque chose. 

Sully se dévêtit rapidement et grimpa dans le lit pour la rejoindre et la prendre dans ses bras.


okapi  (08.03.2010 à 13:17)

Lorsqu’elle posa son regard sur le sien, il y découvrit des larmes, mais ce n’était pas des larmes de tristesse, car ses yeux brillaient d’un merveilleux éclat et un léger sourire plissait sa bouche

« Ecoute ça Sully ! C’est ce qu’il a écrit le jour de ma naissance. » Elle commença sa lecture d’une voix douce. 

15 février 1833, 

Je viens de quitter Elizabeth. Elle est épuisée, mais vient de mettre au monde une autre petite fille en pleine santé.  

Il est évident qu’elle est déçue de m’avoir donné une cinquième fille, mais dès que j’ai vu cette enfant, toute la déception que j’ai pu ressentir, aussi légère soit elle, à immédiatement disparu.  

Elle était étrangement calme dans mes bras et me regardait fixement. Lorsque je l’ai rendue à Elizabeth, elle s’est mise à pleurer, mais a cessé aussitôt, dès que je l’ai reprise dans mes bras.  

J’ai bien peur que pour nous, ce soit notre dernier enfant car chaque nouvel accouchement laisse Elizabeth physiquement plus épuisée.

Les derniers mois de sa grossesse ont été extrêmement durs pour elle.  

Dès qu’elle en se sera capable, nous devrons discuter au sujet du futur nom de cette enfant. Je voudrais garder le nom que nous avions choisit pour un garçon, mais le modifier pour qu’il convienne mieux à une petite fille.  

Je ne sais pas qu’elle sera la réaction d’Elisabeth en entendant le nom de * Michaela*, surtout que nos autres filles ont toutes des prénoms plus traditionnels.  

Evidemment, plus tard, cette enfant me reprochera peut-être ce choix, mais j’espère qu’il n’en sera pas ainsi. 

Michaela se tût un instant, tournant et retournant dans sa tête les mots écrits par son père il y a déjà si longtemps : « Je n’ai jamais reproché à mon père de m’avoir appelée Michaela et, en fait c’est lui qui l’a encore raccourcit pour en faire le nom de * Mike* quand j’étais encore très jeune. 

Ma mère et mes sœurs ne s’en sont d’ailleurs jamais montrées très heureuse, à l’exception de Rebecca… qui continue à m’appeler ainsi quelquefois. » Remarqua-t-elle rêveusement. 

Sully sourit et s’empara du journal qu’elle avait posé sur ses genoux, et tournant quelques pages, il avança également dans le temps. 

D’une manière automatique, il laissa ses yeux courir sur les pages, jusqu’à ce que le nom de Michaela y apparaisse de nouveau. 

Une note retînt alors son attention. « Il parle encore de toi dans ce passage » dit-il avec enthousiasme. 

Michaela sortant de sa rêverie leva les yeux sur lui alors qu’il commençait à lire.


okapi  (09.03.2010 à 14:06)

2 avril 1833. 

Je suis assis à mon bureau avec Michaela dans mes bras.

Elle me regarde et une fois encore, je suis subjugué par son regard magnifique et la couleur de ses yeux tellement inhabituelle.

L’un est vert et l’autre marron.

En tant que médecin et depuis toutes ces années, je n’ai jamais vu ce phénomène auparavant.

J’ai vraiment été étonné lorsqu’il est devenu évident que ses yeux allaient être différents. Elizabeth persiste à croire qu’ils vont encore changer et finalement devenir semblables.

Mais je doute que ce soit le cas.

En outre, je les aime beaucoup ainsi.

Même si elle n’a encore que quelques semaines, cela lui donne de la personnalité et je jurerais qu’il y a quelque chose en elle, comme une vigilance, un éveil que je n’ai jamais vu chez un enfant de son âge. 

« Je n’aurais pas pu dire mieux » commenta Sully amoureusement. 

« J’ai toujours aimé tes yeux, leurs couleurs, la manière dont ils sont capables de lancer des éclairs lorsque tu es en colère, ou lorsqu’ils se font si doux quand tu regardes Katie ou Brian. » 

Il passa de nouveau son pouce sur sa joue et se pencha afin de déposer un baiser sur chacune de ses paupières. 

« Il est l’heure de dormir Michaela. Tu pourras reprendre la lecture demain. » 

Il se pencha pour éteindre la lampe sur la table de chevet, plongeant ainsi la chambre dans l’obscurité, et laissant seulement les flammes mourantes du feu, jeter encore ça et là quelques pâles lueurs au milieu de la nuit. Puis, l’embrassant tendrement sur le front, il s’allongea et l’entraîna sous les couvertures, la serrant contre lui, formant de ses bras un berceau protecteur où Michaela se lova instinctivement. 

Elle se redressa un peu pour atteindre ses lèvres, et après lui avoir donné un long et tendre baiser, elle soupira de contentement et plongea dans un profond sommeil. 

Sully resta éveillé encore un moment, un sourire sur les lèvres, profitant simplement du bonheur de la serrer contre lui. 

Quelquefois, comme cela avait été le cas ce soir, elle n’avait plus peur d’apparaître vulnérable et fragile à ses yeux ; un aspect de sa personnalité qu’elle cachait sciemment aux habitants de la ville (excepté peut-être à Dorothy) et même à des amis aussi proches que Grace et Robert E. 

Il se dit que Grace serait probablement très étonnée de savoir que Michaela n’était pas aussi forte, sûre d’elle et inflexible qu’elle voulait le lui laisser croire. 

Michaela s’agitant un peu dans son sommeil, moula un peu plus son corps contre le sien et passa sa jambe par-dessus les siennes. 

Sully sentit aussitôt son corps répondre à cette proximité, comme il avait l’habitude de le faire dès que Michaela se serrait un peu fort contre lui. 

Il contempla son beau visage qui occupait ses rêves - de jour comme de nuit – depuis bientôt six années. 

Il désirait ardemment la réveiller et lui faire l’amour, là, maintenant


okapi  (10.03.2010 à 14:28)

mais il savait qu’elle avait besoin de repos, spécialement après toute l’excitation et les émotions de cette journée passée. Cependant, il ne put s’empêcher de saisir sa main et de la porter à ses lèvres pour sentir la douceur de sa peau et embrasser chacun de ses doigts l’un après l’autre. 

Dans son sommeil, elle serra sa main dans la sienne et l’attira jusqu’à sa poitrine, pour la laisser reposer dans la vallée formée par ses seins. 

Il sourit encore devant son geste inconscient, mais si révélateur et plongea à son tour dans un profond sommeil. 

 

Sully fût réveillé par les pépiements d’une petite troupe d’oiseaux, occupés à construire leur nid sur un arbre tout proche et à se chamailler sous le soleil déjà chaud de ce petit matin. 

Il se retourna dans le lit pour découvrir que Michaela s’était déjà levée et habillée, et qu’elle avait quitté leur chambre, sa chemise de nuit froissée étant abandonnée sur le dossier d’une chaise. 

Son regard tomba sur le journal qu’ils avaient lu ensemble la nuit précédente. 

Il s’adossa contre son oreiller en se demandant bien qu’elle serait l’humeur de Michaela ce matin. 

L’arrivée des caisses envoyées par sa mère semblait lui avoir remonté le moral et peut-être en apprendrait-il un peu plus aujourd’hui sur son enfance et les relations que Michaela entretenait avec ses parents. 

Il adorait l’entendre parler son enfance à Boston et de son passé avant qu’il n’entre dans sa vie. 

Chaque anecdote ajoutait des couleurs et donnait de la profondeur à l’image de la Michaela qu’il aimait. 

Il avait l’impression de la connaître mieux et que ce partage, cette connivence secrète, les rapprochait tous les deux. 

Il se leva, se lava et s’habilla rapidement. 

Après avoir quitté leur chambre, il glissa rapidement un œil dans celle de Katie, mais ne la trouva pas. 

En haut des escaliers, l’arôme du café chaud et l’odeur alléchante des biscuits fraîchement préparés vinrent lui chatouiller les narines. 

Il descendit donc rapidement au rez-de- chaussée en s’attendant à découvrir Michaela et leur petite fille dans la cuisine, mais fût surpris de la trouver vide. 

Soudain, des éclats de rire d’enfant se firent entendre en provenance de la salle à manger. 

Il passa le coin de la cheminée juste à temps pour voir Michaela soulever Katie dans ses bras, au-dessus de sa tête, et rire à son tour en voyant le visage joyeux de sa fille. 

Elles étaient assises dans le fauteuil le plus proche du bureau dont le plan de travail était déjà recouvert de plusieurs piles de dossiers, livres et papiers divers. 

Sully nota immédiatement le changement remarquable qui s’était opéré dans le comportement de Michaela par rapport à son humeur morose de ces derniers jours. 

Il sentit soudain son cœur se gonfler d’amour, tant qu’il était prêt à se rompre.


okapi  (12.03.2010 à 23:51)

Le besoin qu’il avait de les serrer toutes les deux contre lui, de les protéger et de les chérir était si impérieux qu’il ne put résister plus longtemps. 

Il traversa rapidement la salle à manger pour venir s’agenouiller sur le plancher devant elles. 

« Bonjour » dit-il doucement, se redressant un peu pour embrasser sa femme puis sa fille.  

« Vous avez l’air d’être vraiment très joyeuses toutes les deux, ce matin. » lui fit-il remarquer d’un sourire. 

« Nous le sommes. N’est-ce pas Katie ? » Répondit Michaela, soulevant encore une fois sa fille dans les airs et provoquant ainsi de nouveaux éclats de rire. 

« Même si cette petite Demoiselle m’a réveillée aux aurores en réclamant son petit déjeuner. Il y a des biscuits tout chauds qui nous attendent Sully. Brian est déjà parti. Il m’a vaguement expliqué qu’il devait aider Dorothy avant d’aller à l’école » 

Elle déposa Katie, rayonnante, dans les bras de son père et se déplaça jusqu’au bureau pour y saisir un petit objet brillant. 

« Regarde, Sully » s’exclama-t-elle avec enthousiasme. 

Elle lui tendit son poing fermé, puis l’ouvrit lentement pour lui permettre de découvrir une petite broche fragile qu’elle tenait dans le creux de sa main. 

Le bijou était constitué d’une étroite barre en or, taillée en biseau sur laquelle était incrusté quatre petites pierres scintillantes, un diamant, un rubis, un saphir et une émeraude, sertis dans un motif de diamants plus petits. L’épingle au dos de la broche, était reliée à une courte chaîne aux maillons très fins, également en or. 

« Elle appartient à ma Mère.

Je l’ai trouvée au fond du tiroir qui contenait le journal de mon père.

Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne par la voir hier soir. Je devais être tellement enthousiaste en découvrant les trois carnets que je n’ai pas pensé à regarder s’il y avait autre chose.

Elle était dans une enveloppe avec un autre petit mot de sa part. » 

Ses yeux brillaient avec délice, mais il y avait autre chose dans son regard ; quelque chose que Sully l’espérait, elle allait lui expliquer bientôt. 

Découvrant son regard interrogateur, Michaela continua aussitôt. 

« Tu vois, depuis que je suis toute petite, je lui ai souvent demandé l’autorisation de la porter. 

Elle me répondait, toujours que je n’étais pas assez grande, que j’étais trop jeune, et cela malgré le fait que cette petite broche était sans aucun doute le plus discret de ses bijoux et le moins tape à l’œil. 

Et puis, lorsque j’ai grandit et que j’ai été en âge de prendre part aux rencontres mondaines, elle n’a eu de cesse de me répéter que j’allais la perdre.

Je n’ai jamais pu comprendre pourquoi elle me le refusait, d’autant qu’il me semblait que mes sœurs étaient autorisées à porter certains de ses bijoux depuis leur plus jeune âge. 

J’ai toujours vécu cela comme une injustice et comme de la défiance de ma mère à mon égard, comme si elle refusait de me faire confiance.» 

Sully sourit devant sa mine à la fois embarrassée et rayonnante.


okapi  (14.03.2010 à 08:46)

Il s’approcha pour saisir ce petit objet à la fois si désuet et si cher à son cœur. 

Il l’étudia attentivement, le fit tourner dans sa main pour sentir sous ses doigts la petite barre en or bien lisse et les formes saillantes des pierres qui la recouvraient. 

Katie, toujours dans les bras de son père, le regardait manipuler la petite broche scintillante. 

Elle se pencha brusquement, la saisit en riant aux éclats, et porta aussitôt l’objet à sa bouche dans un reflexe inné et commun à tous les jeunes enfants. 

Il y eut des cris de colère quand Sully lui extirpa l’objet de la main mais elle se calma aussitôt lorsqu’il la laissa toucher la broche et copier ses gestes antérieures, tout en maintenant l’objet étroitement du bout de ses doigts pour plus de sécurité. 

Il la rendit ensuite à sa femme en lui soumettant l’hypothèse suivante : « Michaela, peut-être que cette petite broche était son bijoux préféré et qu’elle était vraiment inquiète du fait que tu aurais pu l’égarer. Tu sais bien que parfois tu te laisses emporter et que tu oublies tout le reste ! » 

Michaela sembla d’abord peinée de sa remarque avant d’admettre que son observation comportait une part de vérité. 

Elle rougit un peu avant de continuer. 

« Dans sa lettre, mère tente de m’expliquer la raison pour laquelle elle a agit ainsi, mais je ne suis pas certaine de bien la comprendre. 

Elle dit s’être inquiétée à de nombreuses reprises du fait que je ne semblais pas beaucoup m’intéresser aux choses qui attiraient les jeunes filles et mes sœurs au même âge. Et que lorsque j’ai semblé le faire enfin, cela a été pour cette broche si simple et beaucoup moins voyante que ses autres bijoux. 

Elle admet qu’elle l’a très mal vécu alors et me présente ses excuses pour avoir toujours refusé de me la laisser porter et qu’elle est vraiment désolée d’avoir réagit ainsi à présent. 

Est-ce que cela a un sens pour toi ? » 

Sully réfléchit un moment aux commentaires qu’elle venait de lui faire et à la réponse qu’il allait lui donner avant de lui proposer sa propre explication.

« Et bien, si tu veux mon avis Michaela, je me souviens que tu m’as expliqué un jour que ta mère était très à cheval sur les principes, la bienséance et n’accordait que peu de crédit aux personnes excentriques ou qui simplement ne répondaient pas à la *norme *. 

Imagine alors ce qu’elle a du ressentir lorsque tu passais plus de temps avec ton père qu’avec elle et tes sœurs, lorsque tu étudiais dur à l’école en disant que tu voulais devenir médecin ou lorsque tout simplement tu n’appréciais pas les choses frivoles dont la plupart des jeunes filles de ton âge raffolaient. 

Elle ne te comprenait pas à cette époque… mais peut-être qu’elle te comprend un peu mieux aujourd’hui. » Dit-il calmement «Et peut-être qu’elle comprend mieux ses propres réactions » ajouta-t-il. 

Michaela demeura pensive et silencieuse pendant quelques instants, occupée à examiner les arguments de Sully.


okapi  (15.03.2010 à 16:42)

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