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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 11.02.2012 à 19h36
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Cette petite fic commence après le 5X13 et sans surprise est centrée sur le Blass. Vous connaissez maintenant le principe pour les liens des chansons, il suffit de cliquer pour pouvoir l'écouter. » katido
Cette fanfic compte déjà 15 paragraphes
Après avoir partagé leurs pleurs et leurs douleurs, ils s’étaient réfugiés dans sa chambre. Il avait lutté jusqu’à l’aube, écoutant distraitement la musique étouffée de la maison voisine qui parvenait jusqu’à ses oreilles par la fenêtre entre-ouverte, tout en l’observant dormir dans ses bras. Il la maintenait fermement soudée tout contre lui, de peur qu’elle ne soit plus là le matin venu.
Chuck se réveilla en sursaut alors que l’aurore pointait le bout de son nez.
Elle était toujours là, enveloppée dans ses draps et dans ses bras, si belle, telle qu’elle avait toujours été. C’était elle, vraiment, elle. Elle avait retrouvé le chemin de son cœur et de son esprit et il ferait tout ce qu’il fallait pour qu’elle ne se perde plus jamais.
Blair le sentit tressaillir dans son sommeil et ouvrit les yeux.
- Hey, dit-elle tout bas, est-ce que ça va ?
- Ca va, oui, acquiesça-t-il.
Il se sentait totalement idiot de s’être effondré comme ça devant elle.
Elle caressa doucement le dessus de sa main de son pouce.
- Je suis désolé pour hier soir. Ce n’était certainement pas les retrouvailles auxquelles tu t’attendais, s’excusa-t-il, penaud.
Elle se retourna dans ses bras pour mieux se blottir contre son torse.
- Il y a trois jours, je ne m’attendais même pas à ce que tu acceptes encore de me voir ou de me parler, expliqua-t-elle. Après l’enfer que je t’ai fait vivre, j’osais à peine espérer que tu me pardonnes un jour. Alors, tu n’as pas à t’en vouloir pour hier soir. Après tout ce que tu as enduré à cause de moi, tu as bien le droit de t’être laisser aller. Et si on doit faire les comptes sur ce qui est de partir en vrille, je te bats haut la main avec mes promesses à Dieu.
- Il n’y a aucun compte à faire, tu as subi un traumatisme énorme avec la perte de ce bébé. Mais si tu veux compter, je t’ai fait bien plus de mal encore par le passé, alors tu n’as pas à culpabiliser. Je t’aime, pour toujours et à jamais, pour le meilleur et pour le pire, répondit-il à mi-voix.
- Je t’aime aussi, et je ne veux plus jamais être séparée de toi. Je veux passer le reste de ma vie avec toi, pour le meilleur, puisque nous avons déjà survécu au pire.
Elle déposa une série de petits baisers sur sa peau à la base de son cou. S’enivrant de son odeur, elle remonta jusqu’à sa mâchoire, puis son menton, cherchant ses lèvres.
Il happa les siennes et fit rouler sa langue autour de celle de la jeune fille dans un baiser passionné auquel elle répondit avec fougue.
Leurs peaux se frottèrent, faisant monter la fièvre, leurs corps se soudèrent et s’embrasèrent à nouveau, avides de caresses et de frissons qui soient capables d’étancher un tant soit peu cette soif d’amour infini qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre.
Là, tes cheveux qui me frôlent
Mon visage sur ton épaule
Donne-moi de ta chaleur
Contre ta peau, sur ton cœur
Toi si fragile et si belle
Emmène-moi sous ton aile
Je veux que tu me protèges
Des mauvais sorts, des sortilèges
Tous nos démons, nos délires
Pour le meilleur et même pour le pire
Le pire, je n'en ai pas peur
Je deviens fou, je deviens fort
Je suis déjà soûl, j'en veux encore
Encore, que tu m'aimes encore
Comme un animal blessé
Lèche-moi le bout du nez
De mes cauchemars, de mes rêves
Réveille-moi du bout des lèvres
Sans le savoir, d'un sourire
Tu me touches, je te désire
Là, ton ventre qui palpite
Sur des vagues d'eau bénite
Tous nos démons, nos délires
Pour le meilleur et même pour le pire
Le pire, je n'en ai pas peur
Je deviens fou, je deviens fort
Je suis déjà soûl, j'en veux encore
Encore, que tu m'aimes encore
Tous nos démons, nos délires
Pour le meilleur et même pour le pire
Le pire, je n'en ai pas peur
Je deviens fou, je deviens fort
Je suis déjà soûl, j'en veux encore
Encore, que tu m'aimes encore
Encore *
*********
Il était déjà tard dans la matinée quand Monkey vient japper à la porte de son maître.
- Mmm, grogna Blair, qui somnolait dans les bras de son amant, qu’est-ce qu’il veut ?
- Sortir, marmonna Chuck tout en continuant à caresser le dos de la jeune fille, il n’a pas l’habitude que je traîne au lit aussi longtemps.
- Alors, faudrait qu’il s’y fasse. T’as pas quelqu’un qui pourrait le sortir à ta place ? questionna-t-elle, constatant que le chien n’avait pas l’intention de cesser de geindre.
- Naomi me l’a bien proposé quand j’ai emménagé, tu veux que j’aille le lui demander ? sourit-il en l’embrassant.
- Essaie et tu verras, répondit-elle en lui pinçant doucement le bras.
- Aie, cria-t-il plus fort que nécessaire. Je vais donc être obligé de le faire moi-même.
- Y’a pas de personnel en Australie ? l’interrogea-t-elle en boudant.
- Martha ne vient pas le week-end, je suis déjà bien assez envahi avec ma voisine et ses amis, l’informa-t-il en se levant.
Elle s’installa, dos contre la tête de lit, croisant les bras sur sa poitrine, emprisonnant les draps que Chuck venait de quitter.
- Tu veux venir avec moi ? Je te ferai visiter le coin, proposa-t-il en se penchant pour déposer un baiser sur son épaule nue.
- Non, je vais plutôt flâner dans la maison et fouiller tes tiroirs, dit-elle le plus sérieusement du monde avec un sourire angélique.
* « Que tu m’aimes encore » Calogero (à l’époque des Charts pour les moins jeunes qui s'en souviennent XD)
Blair n’eut pas l’occasion s’attarder à l’activité qu’elle prévoyait.
A peine cinq minutes après le départ de Chuck, le carillon de la porte d’entrée résonna. Elle ouvrit la porte et se retrouva nez à nez avec Emma.
La secrétaire la dévisagea, surprise et eut un petit mouvement de recul. Elle scruta Blair avec méfiance avant d’indiquer sur un ton un froid.
- Il faut que je voie Monsieur Bass.
Blair lui retourna un regard glacial.
- On est samedi !
- Je sais parfaitement quel jour on est, mais il faut que je lui parle de toute urgence.
B n’avait pas l’intention de laisser cette importune empiéter sur son temps avec Chuck. Mais quelque chose chez Emma indiquait une détresse poignante, même si Blair était incapable de la définir exactement.
- Ecoutez, repris la jolie blonde d’une trentaine d’années, apparemment vous avez réussi là ou Jack a échoué mais….
- Jack ? la coupa la brune.
- Oui, Jack, parfaitement, cet espèce de sale abruti, explosa Emma.
Blair se remémora la scène de la veille au bureau de Bass Océanie et comprit pourquoi la jeune femme la jugeait avec méfiance.
- Je ne suis pas de connivence avec Jack ! Si je suis ici, c’est parce que, contrairement à ce que vous semblez penser, je connais Chuck mieux que personne, jeta-t-elle avec un regard plein de sous-entendus.
Emma hésita un instant. Son employeur n’était pas ce qu’il y avait de plus fun, au contraire, il était bien trop sérieux pour un jeune homme de son âge. Elle soupçonnait depuis son arrivée que le big boss n’avait pas décidé de venir s’installer en Australie pour voir comment se portait une des branches de sa société, même si elle avait été plus qu’heureuse que Jack déménage à l’autre bout du monde vu les circonstances.
- Oh ! lâcha-t-elle en donnant un nouveau sens à l’attitude de son employeur, tout à coup gênée de la situation.
- Oui, comme vous dites, dit Blair en lui jetant un regard furieux.
Emma se mordilla la lèvre inférieure avant de reprendre.
- Je suis vraiment désolée de vous déranger, mais il faut absolument que je parle à Monsieur Bass et ça ne peut pas attendre, insista-t-elle avec regard suppliant.
- OK, entrez, se résigna Blair, sans trop bien comprendre pourquoi elle éprouvait de la sympathie pour la jeune fille blonde qui se trouvait en face d’elle.
Sans doute parce qu’elle avait l’air de prendre les intérêts de Chuck à cœur, et pas dans le même sens que Naomi !
Emma pénétra dans le salon, mal à l’aise. Elle n’était jamais venue jusqu’ici. Monsieur Bass était plus que réservé sur sa vie personnelle, lui.
Blair s’aperçu du trouble de la jeune femme.
- Il est sorti mais il ne devrait pas tarder. Vous voulez boire quelque chose en l’attendant ? questionna B.
- Je veux bien un gin tonic bien tassé, acquiesça la blonde, qui semblait effectivement en avoir le plus grand besoin tant elle était nerveuse.
La brune remarqua qu’Emma était au bord des larmes et que ses doigts tremblaient lorsqu’elle saisit son verre.
- C’est en rapport avec Jack ? interrogea-t-elle
Emma laissa le verre lui échapper des mains et il éclata en mille morceaux sur le sol.
- Je… je suis vraiment désolée, s’empourpra la blonde en s’accroupissant pour réparer les dégâts.
Elle ramassa les plus gros éclats de verre qu’elle empila dans sa main et se coupa à l’index.
- Quelle idiote, maugréa-t-elle, de plus en plus déconfite.
- Ce n’est qu’un verre, constata Blair en épongeant le liquide répandu sur le parquet.
Emma éclata en sanglots.
Jack savait y faire lorsqu’il s’agissait de mettre les femmes dans tous leurs états. Et pas que les femmes d’ailleurs. Il avait cet ascendant sur pratiquement tout le monde, y compris Chuck. Il parvenait toujours à entrer dans sa tête et à le déstabiliser, exactement comme Bart. Blair ne savait pas ce qui s’était passé avec Emma, mais il était clair qu’elle venait chercher de l’aide auprès de son employeur.
Blair donna un pansement à la jeune secrétaire et lui resservit un autre gin tonic.
Chuck revint peu après avec Monkey.
- Emma ? s’étonna-t-il surpris de trouver son employée dévouée dans son salon en compagnie de Blair et un jour de week-end en plus.
Elle avait un enfant et il savait qu’elle respectait scrupuleusement les horaires. Ce devait être important pour qu’elle vienne le voir un samedi, jusque chez lui qui plus est. Elle ne s’était jamais permis ce genre de chose depuis qu’il était ici.
- Monsieur Bass, je suis désolée mais, il fallait vraiment que je vous voie au plus vite, ça ne pouvait pas attendre.
Il jeta un regard interrogateur à Blair, qui avait l’air de compatir à la détresse d’Emma.
- Jack a encore fait des siennes, murmura la brunette alors qu’il passait à côté d’elle.
- Venez dans mon bureau, soupira Chuck.
A peine douze heures sur le sol australien et son oncle semait déjà le trouble. Pourtant Lili lui avait assuré qu’il s’était assagi. Il faisait du bon boulot à New-York et les chiffres étaient au rendez-vous.
Chuck et Emma ressortirent du bureau un peu moins d’une heure plus tard.
Cette dernière avait retrouvé un peu le sourire, un gros poids en moins sur la poitrine.
Le jeune homme avisa Blair par la baie vitrée et la rejoignit sur le sable, devant l’océan. Elle était assise et semblait contempler l’étendue d’eau turquoise, laissant l’écume des vagues jouer avec ses orteils.
Il s’installa derrière elle, passant ses jambes de chaque côté de la jeune brunette, avant de l’enlacer et de déposer un baiser dans son cou.
- Désolé, ç’était urgent, s’excusa-t-il.
- Oui, c’est ce que j’ai cru comprendre.
- Tu t’ennuies ? questionna-t-il, encerclant ses bras avec les siens.
- Non, j’admire la vue et je profite du calme et du soleil, répondit-elle en entrelaçant ses doigts à ceux de l’homme de sa vie. Est-ce que c’est toujours aussi magnifique ?
Il l’embrassa tendrement sur la joue et resserra son étreinte autour d’elle.
- Ça l’est bien plus aujourd’hui que tu es là, susurra-t-il dans le creux de son oreille.
Elle sourit et se retourna à demi pour déposer un baiser tendre sur les lèvres du jeune homme, elles avaient le petit goût salé des embruns.
- Est-ce qu’Emma va mieux ? s’inquiéta-t-elle.
- Tu t’intéresses aux états d’âmes de ma secrétaire ? s’étonna-t-il.
Elle haussa les épaules avant de répondre.
- Je ne sais pas pourquoi mais, j’aime bien cette fille.
- Moi aussi, dit Chuck.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? ne put-elle s’empêcher de demander, curieuse.
- Eh bien, comme tu l’as dit Jack a encore fait des siennes, hier soir à la réception. Il lui a dit qu’il la ferait renvoyer si elle n’acceptait pas sa proposition.
Blair grimaça, inutile que Chuck précise la nature de cette proposition.
- Il est vraiment impossible, commente-t-elle.
- A ce propos, dit-il à regret, il faut que je lui parle avant qu’il ne s’envole pour Manhattan. Je suis désolé, mais, je ne vais pas pouvoir déjeuner avec toi. Je dois le voir au Radisson dans une demi-heure.
Il avait horreur de devoir déjà se séparer d’elle, mais il fallait que cette affaire soit résolue avant que Jack ne quitte Sydney.
- On peut déjeuner après si tu veux, je dois repasser à l’hôtel pour me changer de toute façon, proposa-t-elle.
- Ok, on fait comme ça, dit-il soulagé.
Emprisonnant ses jambes entre les siennes, il entreprit de dévorer sa nuque de baisers.
Elle frissonna au contact de la caresse des lèvres douces de Chuck sur sa peau.
- Je t’aime, souffla-t-il en resserrant encore ses bras autour de sa taille.
- Je t’aime aussi, répondit-elle en l’embrassant à pleine bouche.
********
Blair observait Chuck du coin de l’œil, un sourire affiché sur son joli minois. Elle était tellement heureuse en cet instant. Elle posa sa main sur la sienne, qui guidait le levier de vitesse.
- Est-ce que ça va ? s’enquit-il.
Il savait qu’elle détestait s’installer à la place du passager. Elle préférait de loin les voitures avec chauffeur. Mais elle avait tenu à l’accompagner et avait refusé qu’il lui appelle une voiture.
- Oui, répondit-elle avec bonne humeur, je ne m’imaginais pas qu’on puisse prendre autant de plaisir à s’asseoir à l’avant d’un véhicule.
Chuck éclata de rire, le véhicule en question était tout de même une Porsche 911 Turbo, cabriolet bien entendu dans cette partie du monde.
- J’adore te regarder conduire, ça a l’air fun à te voir. Tu me laisseras prendre le volant ? demanda-t-elle les yeux pétillants.
Chuck faillit s’étouffer entre deux gloussements.
- T’es sérieuse là ? questionna-t-il après avoir repris son souffle.
- Oui, pourquoi ? J’ai mon permis je te signal, même si j’avoue que je n’en n’ai jamais eu besoin jusqu’ici, dit-elle avec une petite moue boudeuse. D’ailleurs c’est la première fois que je te vois t’en servir toi aussi.
Il lui sourit, c’était définitivement bel et bien Sa Blair qui était à côté de lui.
- D’accord, si t’en a envie. Mais on commencera par les routes désertes à l’extérieure de la ville.
- Comme tu veux, c’est toi le proprio, rit-elle à son tour.
********
Après être repassée par sa suite, Blair entreprit de rejoindre Chuck et son oncle, attablés autour d’un scotch au Bar du Radisson Blu Plaza.
- Je ne vois pas pourquoi tu en fais toute une histoire, râlait Jack.
- Par ce que ça pourrait nous couter cher. Tu imagines si Emma va porter plainte. Inutile de te rappeler ce que cela pourrait engendrer. Tu es bien placé pour le savoir, tu as déjà utilisé cet atout contre moi, répondit C en colère.
Jack se rembrunit.
- Ca n’a rien à voir. Emma et moi, c’est une vieille histoire et tu ne sais pas de quoi tu parles.
- Maintenant je comprends mieux pourquoi tu la dégoutes autant, dit B en s’incrustant dans la conversation.
- Toi, mêles-toi de tes oignons. Et d’ailleurs qu’est-ce que tu fais là ? J’avais cru comprendre que vous deux c’était terminé et que tu croupissais dans un institut pour boulimique en France, répliqua Jack avec hargne.
Blair pâlie et le fusilla du regard.
- Hé, doucement ! Ne lui parle pas sur ce ton, fulmina Chuck en se faisant menaçant vis-à-vis de son oncle. Blair n’est pour rien dans ton comportement répréhensible avec ma secrétaire. Tu as dépassé les limites hier soir et je te conseille de te tenir à carreau si tu ne veux pas que je fasse passer ça devant le conseil.
- Ce n’est qu’une secrétaire, comme tu viens de le dire.
- Non justement, ce n’est pas seulement une secrétaire. C’est un être humain avant tout. En plus, cette fille est une perle, commenta Chuck.
- Qu’est-ce que t’as, t’es amoureux d’elle ou quoi ? s’emporta Jack.
- Arrête de dire n’importe quoi, s’énerva son neveu, je parlais professionnellement parlant. Bass Océanie a de la chance de la compter parmi son personnel. En plus, c’est vrai, c’est une gentille fille et elle a un enfant à charge, je te signale. Elle ne peut pas se permettre de perdre son boulot, c’est pour ça qu’elle est venue me voir.
- Oui, c’est bon, tu ne vas pas me bassiner avec ça. J’y ai déjà eu droit quand il est né, il y a six ans. Je lui avait proposé une solution, elle n’a pas voulu m’écouter, c’est pas ma faute ! Elle a pris sa décision toute seule.
Chuck ouvrit de grands yeux tandis que Blair restait bouche bée.
- Attend, ne me dis pas que… commença Chuck, ahuri.
- Je n’en ai aucune idée ! Comment je peux savoir si ce qu’elle m’a dit était vrai ? On n’avait pas une relation exclusive tous les deux. Ce n’était que ma secrétaire, avant d’être la tienne, le coupa Jack.
Blair vit Chuck accuser le coup et posa une main sur son genou, sous la table. Les relations familiales des Bass étaient plus que compliquées. Mais, s’il y avait bien une chose qui atteignait Chuck, c’était le fait qu’un enfant grandisse sans l’amour d’un de ses parents. Il savait par expérience combien cela pouvait blesser et abîmer un être en devenir, lui qui avait cruellement manqué de celui des deux siens.
- J’arrive pas à y croire, s’indigna-t-il.
- Oh, c’est bon, c’est pas Oliver Twist non plus ! reprit Jack.
- Dégage d’ici, répondit Chuck ulcéré. Monte dans le jet et fout le camp !
- Ben tu vois, quand tu veux, on trouve un terrain d’entente! commenta Jack avec un petit sourire, avant de se lever et de quitter l’hôtel.
********
Attablés à la terrasse intérieure du Bilson, le restaurant de cuisine française du Radisson Plaza, le plus sélect de tout Sydney, Blair regardait Chuck, assis en face d’elle.
Il n’avait pratiquement pas ouvert la bouche depuis que Jack les avait quittés, ni pour parler, ni pour manger.
- Si tu étais au centre, tu aurais droit à une séance chez le psy pour chipoter avec la nourriture dans ton assiette de cette manière, tenta-t-elle de plaisanter.
- Excuse-moi, je… j’ai juste besoin d’un peu de temps pour assimiler les conséquences de ce que Jack a fait.
- Tu ne parles pas d’hier soir, n’est-ce pas ?
- Non, se contenta-t-il de répondre.
- Tu vas en parler à Emma ?
- Je ne vois pas comment je pourrais faire autrement, maintenant que je sais. Matthew est peut-être bien mon cousin, surement d’ailleurs, connaissant Emma, je ne l’imagine pas mentir à ce sujet.
- Tu as déjà croisé son fils ?
- Une fois, elle était revenue au bureau le soir pour finir un dossier car elle avait un truc à son école l’après-midi.
- Tu veux y aller maintenant ? Je peux très bien trouver à m’occuper, il y a des tas de boutiques que je ne connais pas à Castlereagh.
Il secoua la tête négativement. Il ne pouvait pas débarquer comme ça chez Emma, elle en avait déjà eu plus que son compte à la soirée de la veille. Et puis il ne saurait pas quoi lui dire, il avait besoin d’avoir plus d’informations avant de la voir.
Et surtout, il voulait passer du temps avec Blair. Il n’était pas prêt à la laisser filer après tout le temps qu’ils avaient perdu.
- Je préfère qu’on reste tous les deux, même si je ne serai peut-être pas la meilleure des compagnies que tu puisses avoir.
- Tant que je suis avec toi, c’est tout ce que je demande. Et tu peux compter sur moi pour te changer les idées. D’ailleurs, je me disais que je pourrais faire envoyer mes valises chez toi, lui sourit-elle.
Il lui rendit son sourire. Elle voulait s’installer dans la maison sur la plage. Cette idée le réconfortait et lui mettait le cœur en joie. Il avait envie de partager sa vie avec elle, mais réalisait-elle ce que cela impliquait ?
- Moi aussi, c’est ce que je veux…, commença-t-il.
- Mais ? continua-t-elle à sa place devant la réaction ambigüe du jeune homme.
Il hésita un instant, il venait à peine de la retrouver et il ne voulait pas risquer de la perdre encore. Il se mordilla la lèvre inférieure.
Elle caressa son visage et planta ses yeux dans les siens, l’invitant à continuer.
- Mais, je ne sais pas quand je rentrerai vivre à New-York ! J’ai conclu un arrangement avec Jack et vu la tournure des évènements ….
- Chez-moi, c’est dans tes bras. J’irai ou tu iras, tant que tu m’y emmèneras, le coupa-t-elle.
Elle posa sa main sur la sienne et il la porta à sa bouche.
- Je t’emmènerai partout où tu voudras, tant que tu me suivras. Je ne veux pas vivre sans toi, ça fait trop mal.
- Je sais, mais ça n’arrivera plus maintenant, le rassura-t-elle. Toi et moi, c’est pour la vie.
- Pour la vie et même après, reprit-il en la dévorant des yeux.
Blair s’amusait comme une folle, elle riait comme une petite fille à bord d’un manège à la fête foraine.
- Hé, vas-y mollo, c’est une voiture, pas un char d’assaut, lui dit Chuck.
B enfonça la pédale d’embrayage et passa la septième pour accélérer encore en éclatant de rire. La vitesse la grisait. Elle adorait ça, c’était très libérateur. Elle aurait dû songer à conduire depuis longtemps. Elle parcouru la route abandonnée à l’extérieur de Sydney en quelques secondes et rétrograda en arrivant au virage. Elle s’arrêta quelques mètres plus loin, à hauteur d’un vieux panneau publicitaire, faisant naître un nuage de poussière dans le sable qui bordait l’ancienne voie de passage.
- Alors ? demanda-t-elle à son complice.
- Record battu, lui sourit-il en fixant le chronomètre de sa Rolex.
- Tu vois, j’t’avais dit que je pouvais faire encore mieux, constata-t-elle avant de l’embrasser passionnément.
Il remonta son bras jusqu’à son épaule et l’enlaça étroitement.
Elle était toujours aussi surprenante. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle y prenne goût et encore moins qu’elle se débrouille aussi bien, aussi vite quand il lui avait proposé cette activité après leur déjeuné.
Il se rembrunit au simple fait de penser à leur conversation avec Jack. Il chassa cette idée de son esprit. Ils s’amusaient trop et il ne voulait rien laisser gâcher ça. Ça faisait une éternité qu’il ne s’était pas senti aussi bien. Elle était avec lui et ils avaient passé une après-midi de rêve, rien que tous les deux.
Une des mains de Blair s’insinua sous sa chemise et glissa sur son abdomen. Il caressa sa nuque et la rapprocha encore un peu plus de lui. Il sentit le tissu de son chemisier tendu contre sa propre poitrine. Il appuya sur le bouton de commande de sa main encore libre et le toit ouvrant de la Porsche se referma sur eux.
********
Le smart phone de Chuck résonna dans l’habitacle pour la quatrième fois et il émit un grognement agacé.
Sans lâcher les lèvres de Blair, il tenta de récupérer l’appareil au fond de la poche de sa veste, enfouie quelque part sur le siège arrière, sous sa chemise et celle de Blair.
- C’est pas possible, il ne va jamais s’arrêter, gémit Blair en se dégageant de sous le corps de Chuck pour atteindre l’appareil.
- C’est Nate, il continuera d’appeler jusqu’à ce que je réponde, soupira son amant. Il appelle toutes les semaines à la même heure pour tenter de me faire sortir en dépit de mes refus répétés.
- Il joue à la nounou avec toi ? questionna Blair, surprise de l’attitude du jeune Archibald.
Mais à la réflexion, elle n’aurait pas dû en être étonnée. Elle n’avait pas oublié leur dispute avant son départ pour la France, le soir où Chuck avait quitté Manhattan.
- Il veut juste s’assurer que je suis toujours en vie, ironisa le jeune homme, en se poussant sur le siège conducteur, complètement reculé et rabattu vers l’arrière du véhicule, tout comme celui du passager.
Elle décrocha et récita dans le combiné :
- Vous êtes bien sur le portable de Chuck Bass, il est très, très, très, occupé pour l’instant, veuillez avoir la gentillesse de rappeler plus tard.
Elle referma le clapet et s’installa sur Chuck à califourchon pour l’embrasser encore.
Nate resta sans voix à l’autre bout du fil. C’était bien Blair Waldorf qu’il venait d’entendre ?
Il recomposa le numéro et entendit un déclic de l’autre côté.
- Archibald, je suis vraiment occupé là, maugréa son meilleur ami, tandis que sa petite amie s’employait à embrasser voluptueusement son torse.
- C’était bien Blair que je viens d’entendre ? demanda Nate, incrédule, sans prendre en considération le ton réprobateur de Chuck.
- Archibald, rappelle dans une heure…. ou deux, cria-t-elle le dos contre le volant.
- Mais qu’est-ce qui se passe ? interrogea encore Nate qui ne comprenait pas comment B s’était retrouvée à Sydney alors qu’elle était censée être dans un centre privé près de Paris.
- Je te ferai un cours d’éducation sexuelle tout à l’heure, ironisa Chuck avant de raccrocher au nez de son meilleur ami.
- Y a un truc qui ne va pas ? s’inquiéta Serena, assise en face de son ami dans le salon de Van Der Woodsen.
Elle croisa le regard de Lili, qui s’alerta.
- Il va bien ? questionna-t-elle à son tour.
- On dirait qu’il va mieux que ça ! Vu les bruits suspects que Blair et lui faisaient, indiqua le jeune homme, avec un sourire entendu.
- Blair ?! répéta S en écarquillant les yeux.
- Ne me regarde pas comme ça. Si tu n’es pas au courant, moi, je n’en sais pas plus que toi, dit-il en levant les mains.
- Au moins, on est certain qu’il va bien maintenant, commenta Lili avant d’avaler une dernière gorgée de vin.
Elle posa son verre sur le comptoir de la cuisine et monta à l’étage. Elle n’avait pas à se tracasser pour son fils, du moins pas ce soir, puisque la femme de sa vie était avec lui. Elle pouvait allée se coucher tranquillement. Elle espéra juste que cela durerait cette fois. Blair et lui méritaient d’être heureux et enfin en paix. « Pourvu que rien ne vienne se mettre en travers de leur chemin cette fois » se dit-elle en pénétrant dans sa chambre.
********
La soirée débutait à peine quand ils arrivèrent à la maison de la plage.
Chuck ne put réprimer un sourire jusqu’aux oreilles en avisant les bagages de Blair posés dans l’entrée par le chauffeur du Radisson. Cette fois, c’était la bonne, il ne la laisserait plus jamais lui échapper.
Elle glissa une main autour de sa taille et déposa un baiser sur sa joue.
- Je t’aime et nous allons avoir une vie merveilleuse sous le soleil d’Australie, murmura-t-elle, en posant sa tête dans le creux de son épaule.
Il l’enlaça et respira l’odeur de ses cheveux. Il adorait ça, autant que de sentir le corps de Blair blotti contre le sien.
- Si on se faisait un dîner aux chandelles sur la terrasse ? proposa-t-il.
- Bonne idée, mais d’abord, une bonne douche. Tu viens me frotter le dos ? questionna-t-elle en gagnant la salle d’eau, avec un sourire coquin.
- Je dois rappeler Nate d’abord, vas-y je te rejoindrai.
- Ne soit pas trop long, sinon, t’auras plus d’eau chaude.
- Je crois qu’il vaudrait mieux pour moi que tu prennes ta douche froide, commenta-t-il avec un petit sourire ironique.
- Chuck Bass déclare forfait ? le défia-t-elle.
- Prépare-toi plutôt à demander grâce, réplique-t-il sur le même ton en décrochant son smart phone pour rappeler son meilleur ami.
Il consulta sa montre, il devait être au moins deux heures du matin à Manhattan, mais on y était aussi la nuit de vendredi, il devait donc être de sortie. Nate l’avait appelé toutes les semaines sans exception depuis son départ, près de deux mois auparavant, il n’allait pas le laisser tomber sans plus d’explication parce que Blair était réapparue dans sa vie. Et puis, pour une fois qu’il avait une bonne nouvelle à annoncer à son meilleur ami, il avait envie de partager ça avec lui.
Blair se rendit dans la salle de bain et alluma la radio tandis qu’elle laissait couler l’eau. Elle fredonna la chanson qui correspondait tout à fait à son état d’esprit du moment.
Je voudrai partir
Jusqu'à la mer
M’allonger sur le sable
Et prendre un peu l'air
Sentir les embruns
Rester encore
Rester jusqu'à
M’en saler le corps
On s’rait juste Toi et Moi
Près d'ici ou là-bas
Sans règles dignes et sans foi
Quand tu veux on y va
Toutes les couleurs du ciel
Plein de bouteilles
Du rhum, du vin, du miel
Quand tu veux on y va
Et caché pas les dunes
Entre terre et mer
Voler un peu de paix
Des refrains à la mer
Bien sûr tu serais là
Moi blotti contre toi
J’te raconterai ce rêve
Quand tu veux on y va
On s’rait juste Toi et Moi
Près d'ici ou là-bas
Sans règles dignes et sans foi
Quand tu veux on y va
Toutes les couleurs du ciel
Plein de bouteilles
Du rhum, du vin, du miel
Quand tu veux on y va
Ici on vit caché
Ici on vit damné
Ici le temps se compte
On frustre nos hontes
Là-bas tu peux mentir
Là-bas tu peux tricher
Là-bas on peut salir
Là-bas on peut ...
Etre juste Toi et Moi
Près d'ici ou là-bas
Sans règles dignes et sans foi
Quand tu veux on y va
Toutes les couleurs du ciel
Plein de bouteilles
Du rhum, du vin, du miel
Quand tu veux on y va
On s’rait juste Toi et Moi
Près d'ici ou là-bas
Sans règles dignes et sans foi
Quand tu veux on y va
On s’rait juste Toi et Moi
Près d'ici ou là-bas
Sans règles dignes et sans foi
Quand tu veux on y va
Quand tu veux on y va
Guillaume Grand « Toi et Moi »
La musique s’échappait de la maison de Chuck, tard… ou tôt, en ce matin de la nouvelle année.
Naomi tituba jusqu’aux escaliers qui menaient à sa terrasse, jouxtant celle de son voisin New-Yorkais. Il s’était plutôt bien adapté finalement. Depuis que sa petite amie s’était pointée, à la fin de l’été, il était beaucoup plus marrant.
Elle se tordit la cheville dans le sable et Chuck la rattrapa in extremis. Il passa un bras dans le dos de sa voisine pour l’aider à regagner sa demeure.
- Il est vachement mignon ton pote, comment il s’appelle déjà ?
- Nate, répondit-il en tentant de la guider pour gravir les marches l’une après l’autre.
- Il est libre ? questionna-t-elle encore.
- Libre comme l’air, mais ça m’étonnerait que tu t’en souviennes demain, commenta son voisin, plus pour lui-même que pour la jolie blonde, qui était dans un état d’ébriété plus qu’avancé.
Il était heureux que Nate et Serena aient fait le voyage depuis Manhattan jusqu’à Sydney pour venir fêter le nouvel an avec Blair et lui. Les deux jeunes filles s’étaient rabibochées depuis que Blair avait repris sa vie en main. Leur amitié avait survécu elle-aussi, même s’ils vivaient désormais à plusieurs milliers de kilomètres les uns des autres.
Dommage que Lili ne les ait pas accompagnés, mais il la verrait à la prochaine réunion du conseil d’administration qui devait avoir lieu à la mi-janvier.
Il ouvrit la porte fenêtre et aida Naomi à s’allonger sur le canapé.
- Ça tourne, se plaignit-elle.
- T’inquiète, ça va pas durer, répondit Chuck avec un sourire, avant de jeter une couverture sur elle et de déposer un bassin, toujours prêt, sur le parquet ciré, à côté d’elle.
Il quitta la maison en prenant soin de reclaquer la porte coulissante derrière lui pour regagner la petite fête qui touchait à sa fin.
Le soleil émergeait à l’autre bout de l’océan et il vit la femme de sa vie s’avancer vers lui, sur le sable, une bouteille de champagne dans une main et deux coupes dans l’autre.
Elle lui sourit en arrivant à sa hauteur.
Il lui prit les verres des mains.
- Tu vas où comme ça ? demanda-t-il.
- Chercher un peu d’intimité, répondit-elle en titubant un peu elle aussi.
Il passa son bras autour de ses épaules et la garda tout contre lui tandis qu’elle l’entrainait vers le bord de l’eau. Elle se laissa choir sur le sable en riant aux éclats, se moquant des vagues qui s’échouaient sur ses cuisses et qui détrempait sa dernière robe Dior.
Chuck s’assied dans le sable mouillé à ses côtés, ignorant l’écume lui aussi.
Blair entreprit de remplir les coupes qu’il avait à la main, mais elle réalisa bien vite que l’océan n’avait nullement besoin de liquide supplémentaire. Aussi décida-t-elle sagement de boire au goulot pour ne pas gâcher les petites bulles qu’elle adorait sentir éclater sur son palais.
Elle passa la bouteille a Chuck, sans cesser de rire, et en s’écroulant sur son épaule.
- Je t’aime à la folie, cria-t-elle pour couvrir le bruit des vagues qui venaient mourir sur son corps.
Elle faillit être emportée par les remous et Chuck referma ses bras autour d’elle pour la maintenir contre lui, en riant lui aussi. Il la ramena entre ses jambes et posa ses mollets sur les siens pour la stabiliser dans le sable qui devenait mouvant.
- Je t’aime encore plus, dit-il à l’oreille de la jeune femme.
Elle attrapa le magnum et en avala une bonne rasade, laissant couler un peu du liquide sur son menton, que Chuck lécha avec délectation.
- Tu veux connaître mon souhait pour cette année ? demanda-t-elle en souriant aux anges.
- Si je peux aider à le réaliser, lui répondit-il en remontant avec sa langue jusqu’au lobe de son oreille.
- Je crois qu’on peut dire ça, oui, acquiesça-t-elle. Je veux un bébé de toi.
Le cœur de Chuck dansa dans sa poitrine, mais sa tête lui donna un signal contradictoire.
- C’est vrai, tu es génial avec Matthew. Il t’adore ce gosse. Tu l’emmènes voir les plus grands matchs de cricket, tu vas à toutes ses compétitions de surf, tu es toujours là quand Emma et lui ont besoin de quoi que ce soit. Tu es de loin ce qui représente le plus un père à ses yeux et avec raison. Ne parlons pas de ce crétin de Jack, ça gâcherait cette nouvelle année et ça nous porterait malheur, continua-t-elle en entrelaçant ses doigts dans ceux de l’homme de sa vie.
- Blair, tu as tes cours à l’université de Sydney.
- J’aurai fini l’été prochain, lui fit-elle remarquer.
- Oui mais, et ton projet de magasine ? C’est bien toi qui veut révolutionner le monde de l’édition australienne ?
- Je peux toujours faire ça plus tard. Ce n’est pas parce qu’on aurait un bébé que je serais automatiquement femme au foyer. Des tas de femmes travaillent alors qu’elles ont un enfant et heureusement d’ailleurs.
- On n’est même pas mariés, ni fiancés, plaida-t-il
- J’ai déjà été mariée, grimaça-t-elle et j’aime autant évacuer ce souvenir de ma mémoire. Inutile de raviver ce cauchemar. Et puis surtout, je n’ai pas besoin de bague à mon annulaire pour savoir que je veux faire ma vie avec toi et que je veux que tu sois le père de mes enfants. Oui, oui, j’ai dit MES, ne crois pas que tu vas t’en tirer avec un seul, sourit-elle.
- Tu es certaine que tu es prête pour ça ? la questionna-t-il d’une voix douce.
- C’est donc là que réside le problème ! commenta-t-elle en retrouvant un peu de lucidité.
Elle se retourna vers lui et passa ses jambes par-dessus les siennes. Les vagues venaient maintenant s’éteindre contre son dos. Elle insinua son regard noisette dans le sien.
- Je me sens plus que prête à avoir un autre enfant, un enfant de toi, dit-elle le plus sérieusement du monde, sans lui laisser d’échappatoire pour se soustraire à ses yeux.
Chuck sentait monter en lui le bonheur et il raffermit son emprise autour de la taille de Blair, comme pour l’empêcher de lui glisser entre les doigts.
- La seule question qui se pose, continua-t-elle en souriant toujours, c’est de savoir si Toi, tu as envie de faire un bébé avec moi.
- Oui, je le veux, plus que n’importe quoi au monde, dit-il en approchant ses lèvres des siennes.
Il happa doucement celles-ci et l’embrassa, fou de joie à l’idée que son enfant grandisse bientôt en elle.
Elle lui rendit son baiser puis relâcha son étreinte pour ajouter de son air le plus innocent :
- Mais surtout, que ça ne t’empêche pas de m’offrir un somptueux diamant en guise de bague de fiançailles si tu en as envie aussi.
Il éclata de rire et l’embrassa à nouveau.
- Tu auras la plus belle bague de fiançailles que tu n’aies jamais vue, déclara-t-il. Et le plus beau des mariages, aussi.
- J’ai déjà ce qu’il y a de plus beau en ce bas monde, répondit-elle en l’embrassant encore, ton amour, c’est la seule chose dont j’ai besoin pour être la plus heureuse des femmes.
Il s’étendit sur le sable et l’enveloppa de ses bras tandis qu’elle se calait contre lui. Ils se laissèrent bercer par le bruit des vagues qui se retiraient lentement à marée basse et la musique qui provenait du salon.
Des yeux qui font baisser les miens
Un rire qui se perd sur sa bouche
Voilà le portrait sans retouche
D’la femme à laquelle j’appartiens
Quand elle me prend dans ses bras
Qu’elle me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Elle me dit des mots d’amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Elle est entrée dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C’est elle pour moi
Moi pour elle
Elle me l’a dit
Pour la vie
Des nuits d’amour à n’en plus finir
Un grand bonheur qui prend sa place
Des ennuis, des chagrins s’effacent
Heureux, heureux à en mourir
Quand elle me prend dans ses bras
Qu’elle me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Elle me dit des mots d’amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Elle est entrée dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C’est elle pour moi
Moi pour elle
Elle me l’a dit
Pour la vie
Quand elle me prend dans ses bras
Qu’elle me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Elle me dit des mots d’amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Elle est entrée dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C’est elle pour moi
Moi pour elle
Elle me l’a dit
Pour la vie
Suarez « La vie en rose »
FIN