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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 04.05.2010 à 14h20
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Voir rouge" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Seeing Red" » okapi
Cette fanfic compte déjà 38 paragraphes
Soulagé de voir qu’elle avait enfin passé outre sa conduite quelque peu brutale, lors du dernier jour du congrès, il laissa tomber la valise à ses pieds et l’enlaça étroitement dans ses bras tout en l’embrassant tendrement sur le front.
Après un long moment de tendresse, Michaela s’écarta un peu de lui et saisissant sa main dans les siennes, l’entraîna jusqu’à la large fenêtre de leur chambre qui leur avait laissé de si merveilleux souvenirs. Sans lâcher ses mains, elle se lova d’elle même à l’intérieur de ses bras, les enroulant autour de ses épaules et appuyant son dos contre sa poitrine.
Ensemble, ils assistèrent au spectacle final d’un couché de soleil flamboyant qui disparut rapidement derrière les majestueuses Montagnes Rocheuses qui barraient l’horizon.
Sully qui la berçait doucement dans ses bras, savouraient le simple fait de pouvoir de nouveau la sentir contre lui, heureux que la tension de ces derniers jours soit enfin retombée.
« C’était exactement comme avant Sully, n’est-ce pas ? C’est comme si nous étions revenus en arrière. Les années qui ont passées depuis n’ont absolument rien changé» s’émerveilla Michaela pendant que leurs regards parcouraient le vaste panorama qui s’offrait à eux, les prairies, les forêts et les montagnes disparaissant peu à peu dans l’ombre de la nuit naissante.
«Je me souviens que nous avions pris l’habitude de faire ça presque chaque soir pendant notre Lune de miel… après, un tel spectacle, on a tendance à remettre les choses en perspective n’est-ce pas ? »
Pour toute réponse, Sully l’embrassa légèrement dans le cou, puis, desserrant son étreinte, il saisit et fit glisser l’épingle piquée dans ses cheveux et qui maintenait en place son élégant petit chapeau bleu.
Il lança le chapeau sur la coiffeuse et continua à retirer l’une après l’autre, les nombreuses épingles qui maintenaient sa longue chevelure cuivrée, relevée telle une couronne sur sa tête.
Lorsqu’elle retomba enfin en une longue tresse sur ses épaules et le long de son dos, il glissa ses doigts à l’intérieur et y enfouit son visage, avant de l’écarter doucement sur le côté, tel un rideau de soie, pour pouvoir l’embrasser sur la joue.
Michaela pencha légèrement la tête en arrière et l’appuya un instant sur l’épaule de Sully avant de se retourner et de saisir son visage dans ses mains.
Puis, posant ses lèvres sur les siennes, elle l’attira à elle avec passion pour un long baiser de réconciliation.
Lorsque leur baiser prit fin et que leurs respirations furent redevenues plus calmes, elle s’écarta un peu de lui pour le regarder dans les yeux, une expression embarrassée sur le visage.
«Je suis désolée… J’ai vraiment été affreuse avec toi, ces derniers jours, Sully ! » S’excusa-t-elle en caressant et en serrant un peu plus fort ses mains dans les siennes.
« J’ai réellement cru que je pourrais me faire accepter au sein de cette corporation dominée par les hommes, en oubliant volontairement ce qui s’était passé à Boston.» dit-elle calmement.
«J’étais tellement bien installée dans ma confortable position à Colorado Springs que j’ai cru que la bataille était gagnée et que le fait que quelques personnes aient accepté ma situation professionnelle là-bas signifiait que cette même situation pouvait être acceptée ailleurs et par tous. Nous vivons là-bas dans une sorte de cocon qui nous protège de la réalité du monde extérieur et je suis revenue à la réalité assez violemment.»
Elle baissa les yeux et se tordit les mains en prononçant ces derniers mots.
Sully, la serra contre lui, puis s’écartant de nouveau pour plonger ses yeux bleus dans les siens, il la rassura tendrement : « Tu ne dois pas te sentir coupable Michaela. Je suis aussi responsable que toi à ce sujet. Je savais bien qu’il n’y aurait que des hommes à ce congrès… mais je pensais également qu’ils seraient différents. Ce que tu as accompli ne les intéresse pas simplement parce que tu es une femme» et avec un grand sourire, il ajouta « une femme que j’aime au-delà de tout.»
Une fois encore, elle enroula ses bras autour de sa taille et lui chuchota à l’oreille : « Je t’aime aussi Byron Sully »
Il l’étreignit un peu plus fort en lui disant : « Bien… Nous portons toujours nos tenues de voyage, sales et froissées. Que dirais-tu de faire un brun de toilette et de nous reposer un peu avant de devoir sortir de nouveau ?»
Michaela, avec un sourire suggestif, insinua ses mains entre sa chemise et la veste de son costume gris puis, commença à la faire glisser lentement en bas de ses épaules.
Elle la laissa tomber négligemment au sol avant de défaire les boutons de son gilet et de sa chemise.
Il était évident qu’elle avait quelque chose de plus en tête. Sully sourit en constatant son enthousiasme et se mit également à défaire les quelques boutons qui restaient.
« Non… s’il te plaît… laisse-moi faire » murmura-t-elle.
Sully, riant de plaisir, haussa les épaules et posa délicatement ses mains sur les hanches de sa femme.
Lorsque sa chemise fut ouverte jusqu’à la ceinture, elle tira dessus pour la libérer de son pantalon, et se pencha pour couvrir sa large poitrine dénudée d’une série de petits baisers.
Puis, laissant glisser ses mains autour de sa taille, elle cala sa tête sous son menton.
A son tour, il commença à défaire la multitude de minuscules boutons qui couraient dans le dos de sa robe bleu vif.
Ce faisant, il l’embrassa dans le cou et frissonna lorsque les mains de Michaela se mirent à parcourir sa peau avec des caresses de plus en plus intimes sur sa poitrine et dans le bas de son dos.
Sully lui ôta rapidement son caraco et sa culotte bouffante et elle détacha rapidement les trois boutons du pantalon de Sully qui glissa à ses pieds.
C'est ainsi que sans trop s'en rendre compte, ils se retrouvèrent complètement nus, dans les bras l'un de l'autre.
Elle glissa sa main entre son cou et ses longs cheveux ondulés et la posa derrière sa nuque attirant doucement sa tête jusqu’à la sienne.
Sully insinua lentement sa langue dans la bouche de Michaela et lorsque leurs langues se rencontrèrent, il la serra encore plus fortement contre lui.
Elle approfondit leur baiser, répondant à son désir de l'aimer et de l'embrasser encore et encore, lui révélant son désir et son enthousiasme.
Leurs baisers s'intensifièrent rapidement, suscitant leurs corps, leurs mains se déplaçant librement et avec amour sur leurs corps dénudés.
Le toucher de la douce peau nue de Michaela contre la sienne, excita encore plus Sully.
Elle était serrée contre lui et gémissait doucement, l'exhortant à intensifier ses caresses sur son corps qui soupirait après le sien, elle avait un besoin urgent d'avantage et elle put ressentir sa puissante excitation.
Il la souleva dans ses bras pour la porter sur le lit où il la déposa délicatement.
Il la regarda, les yeux remplis de désir '' Je t'aime, Michaela ! '' Murmura t-il, la voix rauque.
A son tour, il monta sur le lit et roula de façon à ce que son corps repose sur elle et l'embrassa avec passion.
Sa poitrine se haussa et se rabaissa dans un souffle rapide, elle avala profondément puis murmura '' Je t'aime tellement...'' et l'inévitable se produisit, avec un grognement il fut en elle et commença son mouvement rythmique qui composait leur danse d'amour.
Elle replia ses jambes et ses bras sur lui pour mieux le sentir et lui disait doucement à l'oreille des mots d'amour.
Inconscients de tout ce qui les entourait, de tout ce qui s'était passé les jours précédents, leur danse d'amour fit suite à une urgence de s'aimer tel qui leur était difficile de respirer jusqu'à ce qu'ils jouissent ensemble avec des cris à peine étouffés.
Finalement ils reposèrent dans les bras l'un de l'autre dans l'attente de l'apaisement de leur souffle et de leur rythme cardiaque.
Sully embrassait son cou avec de minuscules baisers d'amour sur sa peau humide, il se déplaça de peur que son poids ne la gêne, se coucha sur le dos et la prit dans ses bras de façon à ce que sa tête repose sur sa poitrine.
Pendant ce temps, Michaela caressait toujours inconsciemment sa peau et le regardait avec ses yeux remplis d'amour. "Comme tu m'as manqué Sully !" dit-elle…
"Toi aussi tu m'as manquée ! " lui répondit-il "C'est trop douloureux de dormir à tes côtés sans pouvoir te toucher, Michaela !"
Michaëla sourit et doucement avec ses doigts, dessinait le contour de son visage.
En réponse il leva la tête de l'oreiller, cherchant ses lèvres, mais elle recula la tête en arrière avec un malicieux sourire sur son visage.
Elle bougea subtilement et se retrouva au dessus de lui, accentuant le sentiment électrisant peau contre peau et murmura "J'ai tellement besoin de pouvoir te toucher et d'être avec toi, Sully ! "
Il avala difficilement et sa respiration s'accéléra, "Moi aussi, j'ai toujours besoin de toi, Michaela !" lui dit-il tout en levant la tête de l'oreiller pour l'embrasser mais une fois encore elle refusa d'unir sa bouche à la sienne faisant durer l'attente et le plaisir.
Entrant dans son jeu, il commença à laisser courir ses mains de sa nuque jusqu'à ses fesses, sur son dos et ses épaules, puis en un massage d'amour excitant.
Elle soupira de plaisir et puis le caressa avec de plus en plus d'intensité provoquant chez Sully des frissons d'excitation croissante.
Pendant que Michaëla remuait sensuellement sur lui, Sully laissa échapper un soupir de bien être sentant un regain de vitalité le gagner.
" Tu es tellement belle ! " s’extasia-t-il encore dans un souffle, les yeux brillant de fierté et de désir.
Puis elle lui laissa enfin capturer sa bouche pendant qu'il laissait glisser ses mains le long de son corps, la faisant frémir d'envie.
Il la fit alors pivoter de manière à ce que son corps lui soit offert et il reprit ses douces caresses s'attardant plus longtemps sur ses mamelons dressés lui montrant à quel point l'excitation la gagnait.
Ensuite, ses mains, sa bouche et sa langue parcoururent le corps en attente de Michaela, explorant la vallée et les monts formés par ses seins, s’attardant autour de son nombril et sur son ventre plat.
Michaela respirait par saccades. Elle plongea ses doigts dans ses longs cheveux blonds et gémit faiblement lorsqu’elle sentit les mains de Sully se glisser entre ses cuisses et les écarter doucement.
Elle accéda à sa demande en ouvrant légèrement les jambes pour qu’il puisse la caresser délicatement du bout de ses doigts.
En quelques secondes seulement, Michaela ruisselait littéralement sous ses doigts experts.
Tout en couvrant son corps de petits baisers, Sully se laissa glisser un peu plus bas, pour déposer sa bouche sur son buisson ardent. Une onde de plaisir traversa le corps de Michaela lorsqu’il passa très lentement sa langue sur son clitoris en un doux massage.
Elle gémit alors de plus belle et enfouit ses doigts dans les cheveux de Sully.
Au bout de quelques minutes de ce doux massage, n’y tenant plus, elle l'attira contre elle et captura sa bouche dans un baiser passionné.
Puis, calmant ses ardeurs, elle saisit à son tour le visage de Sully entre ses mains et entreprit d’y déposer une multitude de petits baisers tendres.
Ecartant ses long cheveux, elle l’embrassa amoureusement dans le cou, et remonta jusqu’à son oreille qu’elle se mit à mordiller tendrement.
" Michaela ? "
" Chut !", susurra-t-elle à son oreille tout en déposant l’index de sa main gauche sur les lèvres de Sully encore entrouvertes.
Elle appuya alors sa tête sur l’épaule de son mari, tournant son visage débordant d’amour vers le sien, puis, faisant glisser lentement son doigt le long de son menton, et de sa gorge, elle continua ainsi jusqu’en bas de son ventre.
Le cœur de Sully battait à tout rompre.
La main de sa femme s’immobilisa un bref instant avant de se poser de nouveau, grande ouverte, sur la peau de son bas ventre.
Sully cessa de respirer lorsqu’il sentit sa main descendre encore un peu plus bas et lorsque ses doigts enveloppèrent son sexe tendu, il gémit doucement en fermant les yeux.
Elle se mit à le caresser très lentement, l’effleurant à peine, décuplant ainsi le désir qu’il avait de lui faire l’amour.
La main de Michaela l’abandonna quelques instants puis, elle intensifia légèrement la pression de ses doigts sur son membre viril avant de le saisir à pleine main et redressa la tête en lui offrant ses lèvres.
Il s’en saisit aussitôt et enroulant ses bras autour de ses épaules et de sa taille, il la fit brusquement basculer afin qu'elle soit allongée sur le dos.
" Je n’en peux plus Michaela ! " lui avoua-t-il en tremblant légèrement dans ses bras.
" Viens ! " lui chuchota-t-elle simplement.
Sully plongea son regard dans le sien.
Pendant qu’elle se noyait de nouveau dans ses yeux, il fit descendre doucement son corps vers le sien.
Elle tendit ses mains pour saisir sa nuque et lorsqu’il se glissa en elle, elle enroula ses bras autour de ses larges épaules, ses jambes autour de ses hanches et se serra contre lui pour l'attirer au plus profond d'elle tout en murmurant son nom.
Il s’empara à nouveau de sa bouche, et entreprit en elle un tendre vas-et-viens, avec des mouvements plus lents mais également plus amples que lors de leurs "retrouvailles" quelques minutes plus tôt, décuplant ainsi le plaisir qu’il procurait à sa femme.
Elle s’arc-bouta soudain dans ses bras en criant son nom.
Sully sut qu'il était temps alors d'accélérer légèrement la cadence de ses mouvements avant de sentir à son tour monter son propre orgasme.
Il libéra alors sa semence en elle, son corps entiers pris de tremblements après quoi, il laissa de nouveau le poids de son corps reposer sur le sien, abandonné contre sa poitrine, écoutant les battements rapides et réguliers de son cœur.
" Je t’aime, Michaela Quinn ! " lui déclara-t-il encore une fois.
"Moi aussi je t'aime Byron Sully !" dit-elle.
Il se redressa légèrement déposa un rapide baiser sur ses lèvres, et roula sur le côté, la tenant toujours dans ses bras.
Ensuite il ramena les couvertures sur leur peau humide encore frémissante de leurs orgasmes et il la serra dans une étreinte affectueuse '' Toi et moi Michaëla...'' murmura-t-il '' Toi et moi...'' répondit-elle doucement...
Dans l’heure qui suivit, ils oublièrent tout.
Tout, sauf le fait qu’ils étaient ensemble dans « ce lit », dans « ce havre de paix » où ils avaient passé les deux premières semaines de leur vie de couple ; là où vivre et respirer ensemble était ce qui avait de plus d’importance.
Michaela était blottie dans les bras de Sully comme dans un nid protecteur.
Sa tête reposait sur sa poitrine pendant que ses doigts couraient délicatement le long de ses côtes, effleurant sa peau, tels des papillons légers.
La lumière des bougies oscillait faiblement, tandis que le parfum des roses autour du lit était omniprésent et entêtant, il semblait avoir imprégné les draps froissés et même leurs peaux nues.
Rompant le silence cotonneux qui les enveloppait, Michaela déclara soudain « Je me demande quelle heure il est Sully. Nous sommes supposés nous rendre à l’hôtel Royal, à neuf heures, pour le souper.»
« Environ sept heures et demie, je suppose ! Alors si nous y allons, nous ferions mieux de nous lever rapidement » répondit Sully.
Michaela acquiesça.
« Je souhaiterais presque ne pas m’y rendre Sully, mais je ne veux pas les laisser croire qu’ils ont finalement réussi à m’en dissuader. On va y aller fièrement ce soir, et on va leur montrer. D’accord ? » Continua-t-elle en le regardant droit dans les yeux pour juger de sa réaction.
Il lui sourit fièrement.
« D’accord » répondit-il avec détermination et s’asseyant dans le lit, l’attirant contre lui.
Il l’embrassa légèrement sur les lèvres puis sautant en bas du lit traversa la chambre pour fouiller dans leurs bagages et en extraire son costume de soirée.
Michaela ne le quitta pas des yeux.
Elle ne pouvait pas s’empêcher d’admirer sa force physique, la fluidité de ses mouvements, sa peau tannée par le soleil et la silhouette de son corps viril et musclé qui la faisait soupirer de désir quand à son éventuel retour dans le lit auprès d’elle.
A contrecœur mais avec détermination, elle se leva pour le rejoindre afin de se préparer pour ce dîner.
Sully commençait juste à éteindre les bougies en vue de leur départ pour le dîner du congrès quand il entendit les pas de Michaela derrière lui.
Il se retourna et resta bouche bée en la voyant, avant d’émettre un sifflement d’admiration.
Telle une merveilleuse apparition écarlate, elle se tenait devant lui dans une tenue si voyante, qu’il lui serait réellement impossible de passer inaperçue.
Sully avait déjà remarqué cette robe suspendue dans sa garde-robe à San Francisco et il s’était bien demandé pourquoi elle l’avait apportée.
Un lieu de réunion aussi morne et ennuyeux qu’un congrès médical ne semblait pas être l’endroit idéal pour revêtir une telle tenue et bien sûr elle ne l’y avait pas portée - jusqu’à maintenant !
La dernière fois qu’il l’avait vue dedans, c’était à la fête des Holmans à Boston où elle avait dansé toute la nuit avec un autre homme que lui mais ce mauvais souvenir ne semblait plus le déranger.
Elle le regarda droit dans les yeux, comme si elle le mettait au défi de contester son choix vestimentaire.
Mais Sully ne pourrait jamais être en désaccord avec elle à ce sujet, alors qu’elle était simplement magnifique… d’une beauté à couper le souffle.
« Et bien ? » dit-il calmement.
Il se rapprocha un peu d’elle, observant de quelle manière artistique et complexe elle avait arrangé sa chevelure et découvrant ses jolies boucles d’oreilles qui pendaient délicatement en scintillant sous la lumière.
« Pfff ! Tu vas en faire tourner des têtes ce soir ! » Constata-t-il d’une voix sourde, le visage rayonnant.
« Mais je ne suis pas certain de vouloir que ce ramassis de sinistres docteurs fassent de l’œil à ma femme, même si elle est magnifiquement belle ! » ajouta t-il en effleurant du bout de ses doigts un bouton de rose rouge piqué dans son élégante coiffure.
Lui souriant avec gratitude, elle lui dit tristement. «Je ne sais pas pourquoi j’ai emporté cette robe dans mes bagages. Peut-être qu’une sorte de sixième sens me disait que j’en aurais besoin. Mais je suis fatiguée d’essayer de me fondre dans le paysage pour me faire accepter d’eux, sans aucun succès. Il semble que je n’y arriverai jamais quoique que je puisse faire. Alors ce soir, je pense que je vais les prendre carrément à contre pieds. »
Elle pivota de manière à faire tournoyer sa robe autour d’elle, comme s’il s’agissait des pétales d’une fleur exotique s’ouvrant dans la lumière.
« Qu’est-ce que tu en penses ? »
« Et bien, je pense que tu as raison, pour ce qui est de la différence, ils vont être servi ! Je suis sûr qu’aucun d’entre eux n’a jamais rien vu de pareil dans tout le Colorado » lui confirma-t-il avec fierté.
Elle rougit à ses mots mais releva la tête pour contempler ses yeux, d’un bleu si vif et si intense, dont elle était folle.
«J’ai perdu pas mal de mon assurance et de ma confiance en moi ces derniers jours, Sully. Si tu n’avais pas été là, à mes côté pour me soutenir, je ne sais pas ce que j’aurais fait. Je ne te l’ai pas assez montré, ni assez dit… mais je te remercie et je t’aime tellement pour ça !» lui déclara-t-elle d’une voix douce en se dressant sur la pointe des pieds pour l’embrasser tendrement.
Puis, elle tira un peu sur sa robe, se redressa pour s’assurer que tous les plis étaient bien en place et ajouta « Bien, il est probablement temps d’y aller et de les affronter encore une fois. Prêt ? »
« Hum, Hum » Répondit-il fièrement, lui tendant le bras pour la conduire hors de leur chambre.
Ils arrivèrent à l’Hôtel Royal avec un léger retard.
On leur fit gravir un majestueux escalier sculpté, pour les conduire dans un petit salon privé situé au deuxième étage.
Une trentaine de paires d’yeux se tournèrent dans leur direction lorsqu’ils entrèrent dans la pièce, et le silence tomba sur l’assemblée.
La salle était longue et étroite, laissant entrevoir la lourde silhouette d’une table massive entièrement recouverte d’une somptueuse nappe chargée de dentelle.
Plusieurs chandeliers étaient disposés en son centre, éclairant l’argenterie et la vaisselle en porcelaine de Chine, et faisant miroiter le cristal des nombreux verres à pied placés en face de chaque convive.
Au milieu de la table se trouvaient un énorme bouquet de fleurs, composé d’œillets rouges et de lys blancs.
Avant leur arrivée, le rouge des œillets était la seule touche de couleur vive présente dans la pièce.
Tous ces messieurs avaient revêtus leur smoking noir pour l’occasion et seulement trois où quatre d’entre eux étaient accompagnés de leurs femmes, qui étaient elles mêmes habillées très conventionnellement de gris, de crème ou de bleu pâle.
Le robe rouge écarlate de Michaela domina brusquement toutes les autres couleurs présentent dans la salle.
Ils étaient les derniers convives attendus et on les conduisit jusqu’à leurs sièges situés en bout de table.
Sully ne put s’empêcher de penser, en la contemplant, que Michaela ressemblait ainsi à une pure, merveilleuse et parfaite rose rouge, égarée au milieu d’un désagréable et épineux buisson d’églantier.
Il tressaillit lorsque la main de Michaela, qui était placée sur son bras selon les convenances, se crispa soudainement et s’agrippa à son poignet et il pensa d’abord que cela était du à l’effet dramatique de leur arrivée.
Il lui jeta un rapide coup d’œil et suivi son regard dirigé de l’autre côté de la table.
Il sentit alors son cœur se serrer.
Qu’avaient-ils donc fait pour mériter cela ?
Les deux seules sièges encore libre en bout de table faisaient fasse à ceux occupés par le Dr Cassidy et une autre personne qui ne leur était pas inconnue.
Quelqu’un qu’ils connaissaient même très bien et qu’ils ne se seraient jamais attendus à rencontrer dans un endroit pareil !
Le Dr Cassidy se leva poliment de son siège, ainsi que son invité, assis à ses côtés. « Ah… Docteur Quinn, Monsieur Sully, nous commencions à nous demander si vous n’aviez pas finalement renoncé à vous joindre à nous » dit-il d’un ton mielleux.
Sachant bien tous les deux qu’il ne s’était sans doute pas inquiété de leur sort avant qu’ils n’entrent dans la salle à manger, ils se contentèrent de lui répondre d’un simple signe de tête.
Le Dr Cassidy continua néanmoins : « Je crois savoir que vous connaissez bien mon invité. J’ai découvert qu’il séjournait à Denver pendant quelques jours pour affaires et comme le dîner de ce soir n’était pas réellement « officiel »… »
À ces mots le médecin de Denver marqua une pause, pointant du regard la tenue vestimentaire de Michaela, « Je l’ai donc invité à se joindre à nous. Vous devez connaître Mr Lodge, propriétaire et directeur de la Banque de Colorado Springs ? »
Preston se tenait debout à ses côtés, fier comme un paon faisant la roue, et son sourire narquois les alerta sur le fait qu’il était certainement au fait de leur situation.
« Vous êtes ravissante ce soir, Michaela » dit-il sournoisement « Et Sully, je ne me rappelle pas vous avoir jamais vu porter un smoking auparavant. »
« Les occasions d'en porter un à Colorado Springs sont assez rares, Preston » répondit-Sully irrité.
Grimaçant en entendant la réplique sèche et contenue de Sully, Preston se pencha au dessus de la large table pour leur tendre la main.
Comme à son habitude, Sully dédaigna tout bonnement son offre.
Michaela, quant à elle, tendit rapidement sa main au banquier, mais l’essuya inconsciemment sur sa robe, aussitôt après l’avoir effleuré.
Sully retira alors la cape de velours qui recouvrait les épaules de Michaela pour en draper le dos de sa chaise qu’il tira ensuite pour l’aider à s’assoir.
Le bruit étouffé des conversations, momentanément interrompu lors de leur arrivée, reprit autour de la table.
Le Dr Bernard, assis un peu plus loin, leur adressa un signe de tête accompagné d’un sourire rassurant de bienvenue, alors que la plupart des autres convives feignaient de ne pas les voir, détournant leur regard du bout de la table.
Il y eu un silence pendant lequel le maître d’hôtel déplia leur serviette blanche de lin et les déposa sur leurs genoux.