HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Voir rouge

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 04.05.2010 à 14h20
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Voir rouge" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Seeing Red" » okapi 

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Décidant qu’elle devait faire un effort pour participer à la conversation et faire retomber un peu la tension qui régnait à cet instant, Michaela demanda socialement : « Dr Cassidy, comment se fait-il que vous connaissiez Mr Lodge ? Je serais étonnée de savoir qu’il puisse faire des affaires en rapport avec la médecine. » 

Ce dernier lui répondit tout aussi poliment « A l’heure actuelle, Mr Lodge et moi-même sommes associés dans de nombreuses affaires audacieuses, aucune d’elles n’ayant trait à la médecine. En tant qu’actionnaire et propriétaire d’importants biens immobiliers à Denver, il m’arrive de consulter et de faire appel aux services de Mr Lodge dans de nombreuses affaires commerciales et financières tout à fait rentables. En fait, je pense compter parmi les plus réguliers de ses investisseurs. Je crois d’ailleurs savoir que vous avez également du faire appel à ses compétences ? » 

Le sourire de Preston ne pouvait se faire plus rayonnant. 

Il se redressa fièrement sur son siège, gonflé d’orgueil sous les éloges flatteurs de son associé. 

Pendant ce temps, Sully qui avait placé sa chaise étroitement serrée contre celle de Michaela empoigna fortement le pied en cristal de son verre vide pour passer ses nerfs. 

« En fait, Sully et moi-même avons fait appel aux services de Mr Lodge uniquement lorsque nous y avons été contraints » répondit Michaela tranquillement, se refusant à regarder Preston dans les yeux. 

Il y eut un bref silence durant lequel un des serveurs remplit leurs verres d’un champagne pétillant. 

« Ah oui…» releva Preston.  

Il s’adressait au Dr Cassidy mais son regard était fixé sur Sully. 

« En fait, Les Sully s’auto suffisent et ne demandent que très rarement de l’aide de leurs amis » minauda-t-il dans le but d’attirer l’attention de Sully.

A ces mots, le visage de Sully se fit encore plus sombre et Michaela sentit le rouge lui monter aux joues. 

Preston, continua sur le même ton cynique et moqueur « Cependant, ils n’ont pas répugné à accepter l’aide de l’un d’entre eux lorsque Sully a eut des difficultés à trouver du travail, même si la motivation réelle de cet ami en question reste discutable.» 

Preston était aux anges, buvant du petit lait et savourant ce moment délicieux. 

Comme cela s’était déjà produit plus d’une fois dans le passé, il se demandait à combien de provocations Sully serait capable de résister avant de sortir de ses gongs. 

Sans ce soucier de la présence des autres convives, Michaela saisit fermement la main de Sully, l’implorant silencieusement de conserver son calme. 


okapi  (25.05.2010 à 14:24)

Elle se sentit vraiment soulagée lorsque l’arrivée inopinée des serveurs apportant le premier plat du dîner, interrompit les conversations et que chacun se concentra sur sa soupe à la tortue. 

Mais elle savait bien que ce répit temporaire ne durerait pas, Preston n’ayant pas pour habitude d’abandonner la partie aussi facilement, ni de laisser passer une pareille occasion. 

Il lui faisait penser à un désagréable petit roquet occupé sans cesse à ronger le même os. 

Comme elle l’avait prévu, aussitôt que les assiettes et la soupière furent débarrassées de la table, Preston reprit la conversation là où il l’avait laissée. 

Une fois de plus, il s’adressa au Dr Cassidy, mais parla assez fort pour s’assurer que ses propos seraient clairement entendus à plusieurs sièges de là. 

« Actuellement, les Sully ont peu de raison d’avoir recours à mes services. 

Leurs… euh… leurs revenus irréguliers ne leurs permettent pas d’investir dans des affaires rentables.» 

Puis lançant un regard direct à Sully, il lui demanda « Quel travail faites-vous exactement en ce moment Sully ? Je n’ai jamais réellement bien su en quoi il consistait ? » 

Preston lui adressa de nouveau un de ses sourires hypocrites, savourant le fait de l’avoir humilié aussi facilement. 

Les dents serrées, Sully lui répondit en grimaçant : « Il me semble que nous avons déjà eu cette conversation, Preston ! » 

« Ah ! Oui… mais il me semble que je n’en sais toujours pas plus long. Je crois savoir que la dernière fois que nous avons abordé ce sujet, vous étiez une sorte d’agent gouvernemental travaillant avec les Indiens – un travail que vous n’avez plus le droit d’exercer ! » Exulta-t-il, en se redressant dans toute la splendeur du paon vaniteux qu’il était. 

Michaela consciente de la fureur grandissante qui montait chez Sully, agrippa de nouveau sa main sous la table. 

Essayant de détourner la conversation vers un sujet moins sensible, elle adressa son plus charmant sourire (forcé) au Dr Cassidy en lui disant : « Je suis persuadée qu’il existe de nombreux autres sujets de discussions, beaucoup plus intéressants que la situation financière de ma famille dont nous pourrions nous entretenir.» 

Puis, interpellant son voisin immédiat, elle continua : « Dr Cassidy, Dr Peters, que pensez-vous de la conférence du Dr Hoffmans sur les maladies du cœur ? » 

Il était évident que le Dr Cassidy semblait hésitant.


okapi  (26.05.2010 à 13:22)

Il commençait à admirer le calme et la franchise de cette femme et bien sûr, comme tous les hommes, n’était pas insensible à sa beauté. 

D’un autre côté, les quelques échanges qu’il avait eu avec elle dans le passé lui restaient en travers de la gorge et comme Preston, il n’était pas fâché de la voir rabaissée et humiliée. 

La décision de changer ou non de sujet de conversation lui fut épargné, grâce à l’arrivée du plat principal, et une fois encore, il n’y eu plus que le murmure des convives occuper à déguster les fines tranches de roast-beef et les légumes qui remplissaient leurs ventres et leurs assiettes. 

Le repas avait été élaboré par un véritable chef cuisinier, mais Sully et Michaela n’en apprécièrent aucunement la saveur, on aurait pu leur faire manger de la sciure de bois, cela leur aurait été bien égal. 

Lorsque les dernières assiettes vides furent débarrassées par le personnel efficace et que ces Messieurs repus commencèrent à s’enfoncer dans leurs sièges, une désagréable odeur de cigare et une fumée acre envahissant peu à peu la pièce, Preston lança une pique de plus à Sully. 

Profitant d’un blanc dans les conversations et d’un instant de silence général, il s’adressa de nouveau au Dr Cassidy comme si de rien n’était : «Les Sully comptent un Indien cheyenne parmi leurs amis les plus proches », et se retournant vers Sully : « Comment va Nuage-Dansant ? Toujours occupé à créer des problèmes à la réserve ? » Insinua-t-il. 

Avant même que Sully et Michaela n’aient eu le temps de répondre, le Dr Cassidy prit la parole, «  Ah, oui, J’ai rencontré cet homme. Il semblait plutôt civilisé… pour un Indien ! » 

Preston et lui partirent aussitôt d’un rire sonore et irrévérencieux.

On entendit un cri d’indignation et Sully lui-même sursauta lorsque Michaela repoussant brusquement sa chaise, se leva pour faire front à Preston et au Dr Cassidy ; les mains posées à plat sur la nappe en dentelle, les lumières des chandelles se reflétant sur sa bague de fiançailles et son anneau de mariage. 

Elle prit une profonde inspiration, se redressa de toute sa hauteur, pourtant peu imposante, et déclara  haut et fort : « Mr Lodge, pendant toute la durée de ce Congrès Médical à San Francisco, j’ai été obligée de supporter les sarcasmes et les injures de nombreuses personnes, soit disant instruites et bien élevées, des « gentlemen » chez qui l’égo pharaonique est beaucoup plus élevé que l’intelligence ou la compassion ! A de rares exceptions près ! » 

Elle marqua une pause et laissa son regard glisser sur les invités présents, comme si elle cherchait justement cette exception. 

Comme elle regardait chacun droit dans les yeux, la plupart d’entre eux baissèrent la tête en direction de la nappe. 


okapi  (27.05.2010 à 21:20)

Elle reprit donc sur le même ton calme mais empreint d’une froide colère « Ces hommes ont montré une propension remarquable pour faire des remarques désobligeantes sur moi, mon choix de carrière et la qualité de ma pratique médicale. Remarques qu'ils ont, pour une raison quelconque, trouvées fortes amusantes ». 

A ce stade de l’explication, le Dr Cassidy, commençant à se lever, tempêta : « Madame ! » 

Michaela le fit taire d’un seul regard et l’affronta avec détermination, « Dr Cassidy !… je n’ai pas terminé ! » 

Il retomba sur sa chaise, peu désireux d’ajouter encore à la scène et de se donner en spectacle. 

Elle se tourna une fois de plus en direction de Preston et d’une voix puissante, qui couvrait toute la longueur de la table, lui déclara « Et quand à vous, Monsieur Preston écoutez-bien ceci ! Depuis le début de la soirée, vous n’avez cessé de nous dénigrer. J’ai tenté de faire preuve de patience et de retenue et je pensais y être arrivée. Mon mari, à ma demande expresse, c’est également contenu, pour mieux protéger mon honneur et ma fierté personnelle et professionnelle.» Et se tournant vers Sully à la fois abasourdi et émerveillé, elle ajouta en le regardant dans les yeux « Et je l’en remercie ! » 

Un silence de plomb régnait dans la salle à manger et tous les regards, mi-choqués, mi-étonnés étaient maintenant braqués sur Michaela, certains avec un soupçon d’admiration. 

Elle prit de nouveau Preston à partie : «Maintenant que nous voici de retour à Denver, nous devons de nouveau subir ces mêmes insultes au vitriole de « votre » part ; insultes, cette fois-ci, visant plus mon mari que moi-même.» 

Cette fois-ci, le regard de Preston était complètement ahuri et sa bouche muette ne cessait de s’ouvrir et de se fermer alternativement, comme s’il s’était agit d’un poisson jeté hors de l’eau. 

Elle ne s’arrêta pas là « Depuis votre arrivée à Colorado Springs, vous n’avez de cesse de nous humilier Sully et moi… mais pour quelle obscure raison ? Il est évident que vous jalousez son honnêteté et son intégrité que vous ne possèderez malheureusement jamais. » 

A ces mots, Preston s’empourpra copieusement. 

« En fonction de quoi, je vous demande, pour le futur, de bien vouloir vous tenir à l’écart de ma famille, ou vous en subirez les conséquences… et oui, Mr Lodge… et je pense que mon mari sera d’accord avec moi sur ce point… ceci est bel et bien une "menace" ». 

Le visage de Preston était décomposé, ses joues étaient rouges, ses lèvres tremblaient et ses yeux ne cessaient de se poser en alternance sur elle et sur Sully qui le fusillait du regard.

Il balbutia : « Mi… Michaela ! »


okapi  (28.05.2010 à 13:26)

Il commençait à repousser sa chaise pour se lever mais Michaela reprit de plus belle: « Oh… et pendant que j’ai votre attention Mr Lodge, je voudrais vous expliquer quelque chose. Il y a seulement quatre personnes au monde qui m’appellent régulièrement par mon prénom et toutes, je le sais, me tiennent en haute estime. Il s’agit de ma mère, de mon mari, de Dorothy Jennings, et je suis certaine que vous l’avez remarqué, de Hank Lawson, qui derrière ses manières de rustre, me respecte à la fois en tant que femme et médecin, ce qui n’est absolument pas votre cas. C’est pourquoi je vous demanderais, à l’avenir, de bien vouloir vous adressez à moi en m’appelant Docteur Quinn. » 

Preston, dont l’humiliation était désormais complète, se laissa tomber sur sa chaise, vaincu. 

Michaela se retourna vers Sully et lui adressa un clin d’œil complice pendant qu’elle récupérait sa pochette déposée à côté de son assiette en début de repas. 

Luttant pour garder son sérieux et un visage empreint de gravité, Sully se leva, saisissant la cape de velours qui reposait sur le dos de la chaise de Michaela, il en drapa les épaules dénudées de sa femme. 

Tout en faisant le tour de la tablée, au bras de Sully, elle laissa une dernière fois son regard se poser sur l’assemblée présente et déclara « Messieurs, je suis certaine que vous serez enchantés de savoir que j’ai pris la décision d’ajourner ma présence parmi vous et de retirer ma participation à votre Congrès. Mon mari et moi, retournons demain à Colorado Springs, auprès de notre famille aimante, où je reprendrai mes « pauvres petites » pratiques médicales. Je serai néanmoins intéressée de pouvoir lire les compte rendus des conférences et exposés que j’étais venue entendre et je vais m’organiser pour que le secrétaire du congrès me les fasse parvenir. Bonsoir Messieurs ! » 

Sur ce, elle traversa silencieusement l’opulente salle à manger ; majestueuse vision écarlate, et fit une sortie dramatique sous la lumière des chandeliers qui accentuaient encore sa beauté et sa grâce. 

Sully, la suivait fièrement, légèrement en retrait, sa main reposant dans le bas de son dos. 

Le court trajet de retour jusqu’à leur hôtel se passa dans un silence pesant, troublé uniquement par les sons usuels de la rue. 

Ainsi le long de leur chemin purent-ils percevoir le bruit des nombreux chevaux attelés aux fiacres, piaffants et s’ébrouant, en attendant leurs propriétaires dans l’air frais de la nuit ; quelques notes d’un piano portées par le vent et provenant d’un des music-halls où se déroulait une soirée dansante ; et même quelques mots du prêche emporté et passionné d’un de ces prédicateurs appelant à la joie et à la paix. 

Cependant aucun des deux n’y porta attention. 

Michaela réalisait peu à peu l’importance de son acte et elle en était mortifiée. 

Quant à Sully, il se demandait s’il devait éprouver de la fierté ou de la culpabilité par rapport au fait de l’avoir laissée agir et s’exprimer à sa place.


okapi  (29.05.2010 à 13:54)

De retour dans leur chambre d’hôtel, Michaela, d’un air las, se dirigea silencieusement jusqu’au foyer éteint de la cheminée. 

Elle caressa délicatement les pétales d’une des roses rouges qui s’était épanouie dans la tiédeur de la pièce, et se retourna vers Sully, les yeux emplis de honte et de désespoir. 

Sully resta silencieux pendant quelques instants, admirant encore sa femme, vêtue de cette splendide robe rouge et qui faisait échos à l’énorme bouquet de roses placé derrière elle et décorant le manteau de la cheminée. 

Ses lèvres tremblaient et ses yeux étaient emplis de larmes.  

Il fut alors frappé par l’absurdité de la situation. 

Plissant les yeux et fronçant les sourcils, il laissa échapper un rire nerveux qui se transforma bien vite en un fou rire incontrôlable, à tel point qu’il en pleura de joie et dut se tenir les côtes. 

Michaela le regarda, atterrée, ses sanglots stoppés net devant cette réaction inattendue, elle s’exclama abasourdie « Sully !!! … Sully !!! » 

Mais Sully ne l’entendait pas. 

Elle se tenait là, indignée, les mains sur les hanches, regardant avec effroi son mari, qui visiblement avait perdu la tête – cela lui ressemblait si peu ! 

Elle essaya de nouveau « Sully, ce n’est pas DROLE » explosa-t-elle « Tu ne réalises donc pas la gravité de ce qui vient de se passer ?» 

Au milieu de son fou rire, Sully réalisa soudain que Michaela ne s’était pas jointe à sa bonne humeur. 

En fait, elle était à l’opposé de ce sentiment. 

Son visage était rouge de colère et d’indignation. 

Il essaya désespérément de se contrôler, mais plus il essayait et plus il hoquetait. 

« Je suis désolé, Michaela ! » parvint-il enfin à articuler. 

« Désolé ! » s’exclama-t-elle « Désolé ! Je viens juste de me ridiculiser… de nous ridiculiser… et tout ce que tu trouves à faire c’est de rire ! » 

« Comme je te l’ai dit, je suis désolé, Michaela, mais je ne peux pas m’empêcher de revoir la tête de Preston, les yeux ahuris et la bouche ouverte. » 

Et à ces mots, Sully se remit à rire de plus belle.  


okapi  (30.05.2010 à 12:25)

« Quelques soient les manigances de Preston dans le futur, je ne pourrai plus jamais le prendre au sérieux… Je reverrai toujours sa mine déconfite de ce soir… son visage cramoisi et ses bégaiements pour essayer de placer un mot. » 

Michaela ne put s’empêcher de sourire en entendant la description d’un tel tableau – un faible sourire. 

Ses lèvres grimacèrent légèrement et laissa échapper un ricanement nerveux. 

Mais le sérieux de l’incident l’envahit de nouveau. 

« Mais enfin, Sully, qu’est-ce que les gens vont penser ? Ce sont mes collègues, ce sont les seules personnes avec qui je puisse correspondre et que je puisse consulter quand mes connaissances médicales sont insuffisantes. Ils ne me prendront plus jamais au sérieux à présent. Je vais être la risée de tous. » 

Sully, dégrisé, observa son visage désespéré. 

Il marcha lentement jusqu’à elle et la pris dans ses bras en lui disant : « Tu veux savoir ce qu’ils vont penser après le dîner de ce soir ? » 

Elle hocha la tête et baissa ses yeux vers le sol. 

« Et bien, pour commencer, ils vont tous beaucoup m’envier » lui affirma-t-il.  

Elle releva aussitôt la tête et, haussant un sourcil interrogateur, lui jeta un regard de surprise. 

Sully reprit : « Ils m’ont vu marcher ce soir, avec à mon bras, une femme belle à couper le souffle, éclipsant de par sa grâce toutes les autres femmes qu’ils ont put rencontrer. Ils l’ont vue se défendre devant la brutalité et la goujaterie d’un homme dont la plupart d’entre eux n’ont même jamais entendu parler. Ils l’ont vu se dresser et affronter cet homme dans le but de « me » défendre – et j’imagine qu’ils doivent actuellement se demander si la femme de leur vie aurait le courage d’agir ainsi, pour eux, dans la même situation. Et, s’ils sont honnêtes avec eux-mêmes, ils doivent savoir que la réponse est NON. » 

Cette fois-ci, les larmes de Michaela jaillirent en un torrent silencieux, pendant qu’elle l’écoutait, et elle entremêla ses doigts dans les siens. 

« Mais tu sais ce qu’ils vont envier par-dessus tout ? » continua-t-il 

Elle secoua la tête, tout en attendant sa réponse le cœur battant. 

« Ils vont nous envier « nous… » 

Ils vont penser : Il l’a défendu à San Francisco quand nous avons tous été assez lâches pour intervenir. Et maintenant, c’est elle qui le défend à Denver, alors que personne d’autre dans l’assemblée ne semblait connaître le fin mot de cette affaire. » 

Il la serra un peu plus fort contre lui. « Nous sommes * une équipe * Michaela… peu de couples mariés peuvent en dire autant… mais nous, nous le pouvons. » 

Les bras de Michaela s’enroulèrent autour des larges épaules de Sully et elle se serra contre lui, laissant reposer sa joue sur la chemise blanche de son complet veston.


okapi  (31.05.2010 à 14:22)

Elle soupira : « Merci Sully. Peut-être as-tu raison. Je voudrais que tu aies raison. Mais même si ce n’est pas le cas, je me sens beaucoup mieux à présent. » 

Sully acquiesça sagement de la tête et s’écarta un peu de manière à voir ses yeux. 

Avec un large sourire, légèrement moqueur, il lui dit « Et toi, as-tu réalisé ce qui s’est passé ce soir ? » 

Elle le regarda sans comprendre : « Qu’est-ce que tu veux dire ? » 

« Et bien, durant ces trois derniers jours, tu as été très en colère contre moi, parce que je n’ai pas supporté de les voir te rudoyer de la sorte et que j’ai agi pour y remédier… sans me demander quelles seraient les conséquences de mes actes. N’est-ce pas ? » 

« Mumm » répondit-elle tranquillement, et soudain la lumière jaillit en elle. « Et j’ai fait exactement la même chose que toi ce soir » dit-elle éberluée.

Il y eut un long silence, puis, elle reprit avec contrition « Je suis désolée Sully, Je n’avais pas réalisé combien il est difficile de rester impassible lorsque quelqu’un que vous aimez est victime d’intimidation. Si *Moi * je n’y suis pas parvenue, je comprends mieux pourquoi tu n’y es pas arrivé non plus. » 

Elle baissa de nouveau la tête mais resserra son étreinte. « Je suis pardonnée ? » demanda-t-elle doucement. 

« Bien entendu » dit-il en se penchant pour l’embrasser amoureusement. « Il faut jute que l’on se souvienne que nous formons une équipe. Je pense que la plupart de ces Docteurs seront désormais sur leurs gardes quand ils croiseront le chemin des Sully, tu ne crois pas ? » 

Elle prit une grande bouffée d’air et se mit à rire doucement, d’un rire encore un peu embarrassé. 

Elle lui donna de nouveau une rapide étreinte et se redressant refoula au plus profond de sa mémoire les événements de ces trois derniers jours. 

« Bien » dit-elle. « Si nous voulons regagner la maison demain, nous devrions penser à nous coucher. » 

Elle quitta les bras de Sully et plongea dans les bagages à la recherche de leurs affaires de toilette et vêtements pour la nuit. 

Sully la suivait de près dans la pièce quand il se rappela tout à coup… 

Il se déplaça le long du lit jusqu’à ce qu’il ait localisé le paquet cadeau enrubanné, négligemment abandonné, qui avait pourtant été placé bien en vue à leur première arrivée dans leur chambre d’hôtel. 

Il avait roulé en bas du lit pendant leurs ébats amoureux d’avant le souper. 

Aucun des deux, à ce moment là, n’avaient songé à en explorer le contenu, mais l’instant présent semblait bien approprié pour cela. 

Il le ramassa et le déposa sur le lit, alors que Michaela était penchée au-dessus des valises grandes ouvertes. 

Il saisit, à pleine main, le fin tissu rouge dans le dos de sa robe et tira délicatement dessus de manière à l’obliger à se redresser et à se rapprocher de lui à reculons. 

« Sully ! Mais qu’est-ce que tu fais ? » S ‘exclama-t-elle avant de perdre l’équilibre et de s’effondrer sur ses genoux. »


okapi  (01.06.2010 à 13:49)


okapi  (01.06.2010 à 18:32)

« Tu n’as peut-être pas besoin de ce que tu es entrain de chercher » répondit-il mystérieusement tout en lui montrant le paquet. 

Les yeux de Michaela volèrent du regard de Sully jusqu'à l’énorme boîte. 

« Qu’est-ce que c’est ?» demanda-t-elle émue. 

« Ne te monte pas la tête » dit-il en riant « Je ne t’ai rien acheté. Ce sont les enfants qui ont envoyé ça, à ma demande, depuis la maison » 

Elle lui lança un regard interrogateur : « Quoique ce soit, pourquoi ne m’as-tu pas dit de l’emporter au lieu de demander au enfants de l’envoyer ? » 

« Ouvre et tu verras bien ! » expliqua-t-il patiemment. 

Avec impatience, elle commença à déchirer le papier pour découvrir une boîte familière, qui avait été remisée dans le placard de la maison, situé sous l’escalier, depuis plus de quatre ans. 

Elle retira soigneusement le couvercle et saisit délicatement le magnifique peignoir de mousseline rose que sa mère lui avait offert le jour de la remise de ses cadeaux de mariage. 

Elle caressa légèrement le délicat tissu, si onéreux et luxueux avant de le porter à sa joue. 

« Je ne t’ai encore jamais vu le porter » constata Sully calmement « et je me demandais pourquoi » 

Laissant courir ses doigts sur les rangs de dentelles complexes et artistiquement ouvragés, elle tenta de lui expliquer. 

« Je ne sais pas vraiment pourquoi Sully. Elle est belle, peut-être trop belle. Et je n’étais pas certaine que tu aimerais ça. Que peut-être, elle était trop… trop… sophistiquée… pour moi » 

Au début, il resta perplexe devant ses explications, mais en y repensant, il finit par reconnaître  « Oui, je vois ce que tu veux dire, à propos du fait qu’elle soit *trop belle *. Mais rien ne peut être trop beau pour toi… ! Pourtant tu as raison… je l’aurais peut-être jugée trop… trop sophistiquée… pour *moi *. » 

Se rapprochant un peu de Michaela, il posa ses mains sur les siennes, qui tenaient toujours le magnifique vêtement. « Mais, voudrais-tu le porter pour moi, ce soir ? Après t’avoir vue dans cette robe, illuminant cette pièce, je pense que ceci serait parfait… pour ce soir. » 

Elle rougit, puis, tortillant ses mains pour saisir les siennes pendant quelques instants, elle se retourna pour qu’il puisse défaire la longue rangée de minuscules boutons dans le dos de sa désormais fameuse robe rouge écarlate. 

Lorsque sa robe fut ouverte jusqu’à sa taille, menaçant de glisser jusqu’au sol, Michaela se retourna vers lui en murmurant « Pourquoi n’irais-tu pas relancer un peu le feu pendant que je me change… je te rejoins dans une minute.» 

Sully sourit et murmura avec provocation à son oreille : « Mon feu est déjà rallumé. » 

Michaela le tira par le bras d’un air taquin puis, elle posa ses mains sur ses épaules, le fit pivoter et le poussa dans la direction de la porte de leur chambre. 

Le sourire aux lèvres, il traversa la pièce jusqu’à la cheminée. 

Il pouvait bien attendre un peu.


okapi  (02.06.2010 à 17:10)

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