Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Gossip Girl (2007)
Création : 19.05.2012 à 12h38
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Cette fait suite au 5x24 et sans surprise de ma part est bien entendu sur Chair Forever » katido
Cette fanfic compte déjà 19 paragraphes
Blair s’avança le long de la vitre. Son cœur battait la chamade et elle ne tenait plus en place, à la simple idée de sentir ses bras autour d’elle. Il était parti depuis à peine un peu plus de 72 heures, mais il lui manquait terriblement.
Elle en avait profité pour se concentrer sur Waldorf Design. Finalement, elle avait opté pour une styliste qui sortirait d’une grande école de New-York. Sa mère resterait à ses côtés pendant encore un moment et elle pourrait ainsi prendre le temps de dénicher la perle rare.
Eléanor et Cyrus avaient été plus qu’heureux pour elle lorsqu’elle leur avait annoncé la nouvelle de ses fiançailles. Ca lui faisait chaud au cœur d’avoir le soutien et la bénédiction de ses parents.
De tous ses parents, car Harold avait déclaré qu’il était comblé qu’elle revienne enfin à la raison pour suivre son cœur, il savait lui-même combien c’était difficile parfois, et Roman avait pleinement approuvé.
Puisqu’ils étaient fiancés, il était plus qu’évident qu’ils allaient s’installer dans l’UES. Si elle pouvait se permettre de choisir la France pour WD, lui serait bien mieux là-bas pour gérer CBW.
Elle aimait cette appellation, qui regroupait toutes leurs initiales, pour la future corporation Bass-Waldorf.
Chuck voulait que tout le monde sache qu’ils étaient liés à jamais, et pas seulement par leur futur mariage. Puisqu’elle était celle qui lui permettrait de réaliser son futur héritage, il avait décrété qu’elle devait être mise à l’honneur. D’autant qu’elle en serait l’associée en titre et qu’elle aurait donc son mot à dire.
Devant les arguments de Chuck, qui refusait qu’elle engage les actions de WD sans rien en contrepartie, et sans un minimum de garanties quant à ses propres biens personnels, ils avaient finalement opté pour une corporation afin de limiter les risques pour WD.
Jack, lui, n’avait pas été spécialement ravi, mais son neveu ne lui avait pas vraiment laissé le choix. C’était le seul moyen pour qu’il accepte l’offre de Blair. Et maintenant que tous les membres du conseil d’administration de Bass Industrie, avaient tous été mis au pas par Bart, ils ne leur restaient plus guère d’option pour pouvoir retomber sur leurs pieds. Celle de la jeune femme était la meilleure, et de loin.
Il passa les portes de l’aire de débarquement de l’aéroport Charles de Gaulles et repéra immédiatement sa fiancée qui souriait aux anges.
- Tu m’as manqué, tellement, souffla-t-elle en emprisonnant ses lèvres sous les siennes.
- Je ne suis parti que trois jours à peine.
- C’est bien trop, dit-elle avec une petite moue boudeuse. Est-ce que je ne t’ai pas manqué ?
- A la folie, et encore plus que ça, répondit-il en l’embrassant à nouveau.
Sur le trajet les menant à l’appartement d’Eleanor et Cyrus, ils décollèrent à peine leurs lèvres l’une de l’autre.
- Attends-toi à avoir un accueil digne de ce nom, le prévint-elle en sortant de la voiture. Cyrus et maman étaient fous de joie quand je leur ai annoncé nos fiançailles et en partant pour l’aéroport, je les ai entendus parler de fêter ça.
- Connaissant le rapport de Cyrus avec la nourriture, on va surement avoir droit à un repas gargantuesque. Tout est prétexte à manger selon lui, rit-il.
Et ils ne furent pas déçus effectivement.
A peine arrivé, Cyrus agrippa le bras de Chuck et le serra dans les siens.
- Je suis content de pouvoir te considérer comme un fils supplémentaire, dit-il.
- Cyrus, enfin arrête, tu vas l’étouffer si tu continues, le gronda Eléanor.
Chuck lui en fut plus que reconnaissant, lorsqu’il put enfin s’extraire de l’étreinte du beau-père de Blair.
- Bon retour parmi nous, le salua-t-elle avec un clin d’œil.
- Merci, murmura-t-il.
- Je te suggère de te reposer un peu cet après-midi, tu as l’air exténué. Pas étonnant, avec tous ces vols et le décalage horaire, tu dois être sur les genoux, déclara-t-elle en l’invitant à entrer dans la salle à manger où la table débordait de vivre.
Après le repas, les fiancés s’éclipsèrent dans la chambre de Blair.
- Comment est-il possible de manger autant ? demanda Chuck en se référant à la quantité d’aliments que le petit homme chauve avait ingurgitée.
- Ne me le demande pas, je n’avais déjà plus faim après l’entrée. J’ai juste réussi à ménager une place pour le dessert, afin de brûler toutes ces calories, répondit-elle avec un regard plein de sous-entendus.
Elle posa ses mains sur son torse, avant de les nouer derrières sa nuque pour happer ses lèvres.
- Ta mère et Cyrus sont à côté, marmonna-t-il sa bouche toujours collée à la sienne.
- Depuis quand ça te dérange d’être entendu ? demanda-t-elle en défaisant la boucle de sa ceinture.
- C’est ta mère ! répliqua-t-il en ouvrant son corsage pour y plonger son visage avec délice.
- C’est elle qui a dit que tu devais te reposer ! Et, je te promets que j’essaierai d’être le plus silencieuse possible, haleta-t-elle sous les caresses de ses doigts.
- Dommage, j’aime ça, quand tu cries mon nom pendant des heures, répondit-il alors qu’elle laissait une de ses mains s’infiltrer dans son pantalon.
- Alors je tacherai de le murmurer à ton oreille, susurra-t-elle, agaçant son lobe avec sa langue.
En fin d’après-midi, toujours allongés l’un contre l’autre, Blair s’amusait à tracer des formes du bout du doigt sur sa peau.
- Est-ce que tu vas enfin consentir à m’expliquer ce qui était si urgent que ça nécessitait de m’abandonner en pleine nuit dans ta chambre d’hôtel ? tenta-t-elle.
Elle était dévorée de curiosité depuis son départ et elle comptait bien avoir des réponses à ses questions.
Il porta la main de sa fiancée à ses lèvres et l’embrassa avant de soupirer.
- Ca ne va pas te plaire.
Elle se releva sur un coude pour lui faire face, un regard suspicieux sur le visage.
- Qu’est-ce que tu as fait ? questionna-t-elle avec méfiance. Je croyais que c’était en rapport avec ton père.
Il grimaça, cette fois, il était au pied du mur, il n’avait plus d’échappatoire.
- Chuck ! le somma-t-elle.
- Je suis allé rejoindre Carter Baizen.
Elle se déplaça pour s’adosser contre la tête de lit, les bras croisés sur le drap remonté jusqu’à ses seins, sa jolie bouche tordue en une moue de mécontentement.
- Il a retrouvé Serena dans…
- Serena ?! explosa-t-elle, sans même le laisser finir.
Ses yeux lancèrent des éclairs. Il l’avait laissée seule pour aider cette traitresse !?!
- Comment as-tu pu faire ça ? Après tout ce qu’elle m’a fait ! hurla Blair.
- Elle était vraiment dans un sale état, essaya-t-il d’expliquer.
Elle renifla avec dédain.
- C’est Serena, siffla-t-elle, c’est sa manière de passer l’été. C’est la seule manière qu’elle connaisse pour s’amuser.
- Mais là, elle ne s’amusait plus du tout, se défendit-il.
- Et alors, en quoi ça te concerne ?
- C’est ma sœur, contra Chuck.
- Adoptive ! Tu n’es pas de sa famille ! clama-t-elle.
Elle se mordit la langue. Il se referma comme une huitre en une fraction de seconde. Elle regretta aussitôt ses paroles. Elle aurait voulu les ravalées, mais il était trop tard.
- Je … Ce n’est pas ce que je voulais dire, se reprit-elle.
- Serena est ta meilleure amie, cracha-t-il. Depuis quand est-ce que ça a changé ?
- Elle m’a trahie !
- Ce n’est pas la première fois que vous vous disputé toutes les deux ! Mais vous avez toujours su faire la part des choses et su quand vous arrêter pour vous entre-aider au moment où vous en aviez véritablement besoin.
- J’en ai marre de la sortir de la fange où elle se vautre. Les choses sont différentes cette fois. A cause d’elle, Gossip Girl a dévoilé certaines des pensées intimes que j’avais couchées dans mon journal ?
- Soit réaliste Blair ! Plus de la moitié de l’UES savait déjà à quel point tu les détestais et ce que tu pensais d’eux bien avant d’avoir ces révélations. Et personnellement, je suis heureux des répercutions que ça a eu pour nous. Au moins, elle t’a ouvert les yeux sur ta relation avec ce minable de Brooklyn.
- Elle a couché avec lui ! cria Blair, hors d’elle.
Chuck blêmit et en voyant la douleur se refléter dans ses yeux, elle se reprocha encore une fois intérieurement les mots qui venaient de jaillir de sa bouche.
- C’est pour ça que tu es là avec moi ? demanda-t-il d’une voix blanche en quittant le lit pour passer sa chemise.
- Non, bien sur que non, s’exclama-t-elle en passant par au-dessus des draps pour l’atteindre.
« Quelle idiote ! » se réprimanda-t-elle mentalement.
- Chuck ! implora-t-elle en posant une main sur son épaule, les larmes aux yeux.
Mais il n’avait aucune envie de l’écouter, il était bien trop en colère pour l’avoir laissée se jouer de lui encore une fois.
- Chuck, arrête, supplia-t-elle en s’interposant entre la porte et lui pour l’empêcher de partir.
Il se figea un instant. Elle était là devant lui, nue, le regard bien trop brillant.
Elle s’avança d’un pas et prit son visage entre ses mains.
- Je n’aime que toi et rien que toi. Tu es mon 1er choix Chuck, le seul. Je ne savais même pas ce qui s’était passé entre eux avant de quitter New-York avec ma mère, il faut que tu me croies. Ais confiance en moi, s’il te plait.
Il regarda au fond de ses prunelles, à la recherche d’une once de mensonge ou de dépit, mais il ne vit que l’amour qui brûlait sous les larmes qui roulaient maintenant sur ses joues.
- Pardon… pardon, quémanda-t-il en les embrassant
Il la serra tout contre lui. Il s’en voulait d’avoir réagi de cette manière. Il ne supportait pas, même la simple l’idée qu’elle puisse être dans les bras d’un autre. Ça lui donnait la nausée, rien que d’y penser. Mais il ne pouvait pas lui faire ça. Parce qu’elle l’aimait, aussi désespérément qu’il l’aimait.
- Excuse-moi, je suis désolé. Je t’aime… je t’aime, ça me rend fou, continua-t-il en l’enlaçant de plus belle.
Elle accrocha ses mains à son cou et posa son front sur son épaule. Il la souleva dans ses bras et l’emporta sur le lit, où ils étaient l’instant précédent.
- Je suis vraiment trop con, dit-il en l’embrassant sur le front.
- Ca, je ne te le fais pas dire, grommela-t-elle avant de se blottir tout contre lui.
- Passe-moi mes gants s’il te plaît.
Serena s’exécuta avec le sourire.
Blair était magnifique dans une robe de mousseline écrue dont la traîne faisait exactement 3.50 m.
Eléanor avait repris du service juste pour lui concocter cette pure merveille.
Mais le mariage de Blair Waldorf, qui serait dans moins d’une heure Madame Chuck Bass, était un évènement exceptionnel qui valait bien de faire exception à la règle.
- Comment je suis ? Questionna B pour la forme, avec un sourire radieux et une angoisse au fond du cœur.
- Tu es la plus belle des mariées que j’ai jamais vues. Et avec ma mère, j’ai assisté à un paquet de mariage, rit sa meilleure amie.
Elle était si heureuse pour Blair, et aussi d’être là, pour partager ce jour avec elle en tant que demoiselle d’honneur.
L’année qui s’était écoulée depuis son départ, après la fête de divorce des Sheppard, avait été un véritable calvaire pour la blonde.
Après avoir été chassée de son appartement par Blair et après que Dan l’ai rejetée une fois encore, elle était retournée à ses vieux démons et s’était enfoncée dans la déchéance.
Elle n’avait jamais imaginé que son sauveur viendrait sous la forme de Carter Baizen.
Quand elle l’avait reconnu, en se réveillant dans la chambre d’hôtel miteuse où elle s’était échouée après une énième nuit de débauche, elle n’en avait pas cru ses yeux.
On était alors fin juin et elle s’était enfoncée, et défoncée, plus que jamais dans une immense « fête » pour mieux se perdre dans l’oubli du gâchis de sa vie et elle n’envisageait pas un instant revenir dans l’UES.
Elle avait assuré à sa mère que tout allait pour le mieux et qu’elle était plus que comblée de passer l’été entier avec Poppy Lifton dans les soirées de la jet set d’Ibiza.
Lili était accaparée par son nouveau projet qui, pour une fois, n’avait rien à voir avec un homme. Enfin, du moins pas un de son âge avec qui elle envisageait de convoler.
Non, elle s’était décidée, après tant d’année à être Madame X ou Y et à vivre au crochet de ses maris, à se recentrer sur elle-même et s’intéressait tout à coup à ses revenus personnels. Elle ne voulait plus être tributaire de la gente masculine pour ce faire et avait décidé de s’investir et de prendre une part active dans une nouvelle vie professionnelle.
Enfin, « active » c’était un bien grand mot. Elle n’avait aucune intention de se transformer en femme d’affaire et de se rendre au bureau tous les matins. Elle se contenterait de laisser ça à son fils adoptif et de lui faire confiance en ce qui concernant les choix tactiques et stratégiques en le soutenant et en prenant part au conseil d’administration de la nouvelle entreprise qu’il mettait sur pied.
Le regard désapprobateur de ce dernier quand il était arrivé dans la chambre d’hôtel après que Carter l’ai contacté, l’avait rendue encore plus honteuse de son comportement destructeur. Si même Chuck Bass s’offusquait de son attitude, elle devait vraiment être descendue encore bien plus bas qu’elle le pensait manifestement.
En fait, c’est surtout le fait d’avoir été appelé par Carter Baizen qui le mettait hors de lui. Il détestait ce type. Mais ils avaient su coopérer tous les deux pour la sortir de là, et aujourd’hui, ils se toléraient plutôt bien, à défaut d’être jamais ami.
En rentrant, elle avait retrouvé Nate, qui avait veillé sur elle de son mieux. Elle avait emménagé avec lui dans un nouvel appartement, puisque Bart avait demandé à son fils et à son meilleur ami de libérer le penthouse de l’Empire. En tout bien tout honneur comme des colocataires qui se respectaient.
Enfin, les trois 1er mois en tout cas. Car ensuite les choses avaient peu à peu évoluées et avaient fini par dégénérer. Pour son plus grand bonheur et celui de son petit ami depuis six mois maintenant. Et sans aucune rupture ! Un véritable record pour elle.
Elle avait aussi travaillé à remettre en ordre son amitié avec Blair, sur l’insistance de Chuck, qui se retrouvait pris entre deux feux. Plus d’une dispute avait éclatées entre les deux fiancés à cause de l’entêtement de son frère à vouloir les rapprocher. Mais il savait comment manœuvrer sa reine et s’attirer ses faveurs.
Ça avait pris des mois aux deux jeunes filles avant de pouvoir se parler sans que cela ne tourne invariablement en insultes en tout genre, mais au final elles avaient toutes les deux convenues que leur amitié en valait la peine et s’étaient mutuellement excusées et pardonnées pour toutes les horreurs qu’elles s’étaient infligées l’une à l’autre.
Quand Blair était venue la voir pour lui demander d’être sa demoiselle d’honneur il y a trois mois, elle pensait que celle-ci avait surement cédé à la requête de son frère mais, contre toute attente, la brune lui avait avoué qu’en réalité, elle n’avait demandé à personne d’autre car elle ne voyait pas qui, hormis sa meilleure amie, pourrait tenir ce rôle.
On frappa distinctement à la porte et Harold passa la tête par l’entrebâillement.
Il sourit en voyant sa fille resplendissante de bonheur.
- Je crois qu’il est l’heure.
- A la minute près, sourit la blonde en consultant sa montre.
- Evidemment, répondit Blair.
- Et bien en fait… commença son père en entrant dans la pièce.
La brune le regarda perplexe, ses yeux revêtant déjà une pointe de colère.
- …Chuck a un petit contretemps, termina Harold.
- Un contretemps ? commença à paniquer la jeune mariée.
- Juste un contretemps, ne t’inquiète pas. Je suis certaine qu’il sera là dans une minute.
Blair ferma les yeux et s’appliqua à respirer le plus lentement possible.
- Hé, calme-toi, dit Serena en prenant la main de son amie, je suis certaine qu’il y a une bonne explication.
- Une explication ?! Oui, ça pour sur il y en a une ! s’énerva la jeune fille en posant les yeux sur son bouquet. Et si Chuck avait changé d’avis ? S’il ne venait pas ?
Un sourire amusé parut sur le visage de sa demoiselle d’honneur.
- Blair, voyons, soit réaliste, ça c’est une chose impossible.
- Alors pourquoi il n’est pas là ? cria-t-elle les larmes aux bords des yeux.
******
- Nathaniel, je vais te tuer, s’exclama Chuck en lui jetant un regard noir.
- Désolé, je me suis trompé en programmant l’alarme. Ça peut arriver non ? s’excusa son témoin.
- Pas le jour de MON mariage ! tonna-t-il
- Je n’étais pas vraiment en état hier soir... et toi non plus d’ailleurs, tenta timidement Nate, en repensant à la surprise qu’il avait réservée au futur marié pour sa dernière soirée de célibataire.
Une dernière fiesta entre mecs, juste histoire de se rappeler les bons souvenirs de leur adolescence et de ne pas oublier leur amitié.
Il avait pris Chuck au dépourvu en programmant une petite fête dans le nouvel appartement où son meilleur ami n’avait jamais habité finalement, puisqu’il s’était directement installé dans le penthouse des Waldorf avec Blair, le laissant partager les lieux avec la jolie blonde qui était revenue dans ses bras.
- Tu m’as dit que tu t’en occupais ! aboya le futur marié, ulcéré.
- Et depuis quand je suis digne de confiance pour ce genre de truc ? plaida le jeune Archibald.
Son meilleur ami roula les yeux au ciel mais s’abstint de tout autre commentaire comme la voiture arrivait devant l’Eglise.
Les deux hommes bondirent hors de la limousine et s’engouffrèrent dans le bâtiment par la porte latérale.
- Dieu Merci vous voilà ! s’exclama Lili en les voyant débarquer avec un quart d’heure de retard. Blair est en pleine crise de panique là.
- Je vais la voir, dit Chuck.
- Oh non surement pas ! dit Lili en le rattrapant par le bras. Je tiens à assister à un mariage et pas à un enterrement aujourd’hui. Nathaniel, va dire à Cyrus qu’il peut aller chercher la mariée.
- Pourquoi moi ? questionna ce dernier.
- Parce que c’est TA faute si on est en retard et que tu es mon témoin, siffla le futur marié.
Nate fila dans l’Eglise pour prévenir le beau-père de Blair puis prit sa place de garçon d’honneur alors que le pasteur faisait signe à l’orchestre de se préparer pour la marche nuptiale.
- Viens là, reprit Lili à l’adresse de son fils en réarrangeant son nœud papillon.
Le cœur de Chuck battait à tout rompre et pas seulement parce qu’il n’avait cessé de courir depuis le moment où il avait compris qu’ils seraient en retard à son propre mariage.
- Elle va me trucider, après m’avoir fait subir milles et unes tortures, gémit-il.
- Pas avant la cérémonie en tout cas, sourit sa mère. Mais je suis certaine qu’elle te le fera payer très cher.
- Merci, tu sais comment me réconforter, bougonna-t-il.
- Les mamans s’est fait pour ça, plaisanta-t-elle en passant son bras sous le sien pour l’entrainer devant l’autel.
******
Cyrus cogna à la porte et pénétra dans la pièce où était enfermée la jeune mariée, qui peinait à retenir ses larmes pour ne pas ruiner son maquillage.
- Ils sont là, la rassura-t-il.
- Bien, tu vois, il n’y avait pas de quoi t’inquiété chérie, dit Eléanor.
Blair se leva et agrippa son bouquet, tentant de reprendre sa respiration.
- Allez, inspire un bon coup et reprend toi. Tu ne veux pas que ton entrée soit bâclée quand même !
Harold passa une main dans le dos de sa fille, qui retrouvait le sourire, avant de lui offrir son bras.
Elle opina de la tête et ils sortirent tous dans le couloir.
Eléanor et Cyrus rejoignirent leur place dans les bancs et Serena se plaça face à Nate et Chuck qui attendaient nerveusement devant le pasteur.
La musique commença à l’instant où la mariée s’engagea dans l’allée.
Harold mena sa fille jusqu’à son futur époux qui sentait son cœur battre tellement fort qu’il pensait qu’il allait sortir de sa poitrine.
Mais dès que Blair fut à ses côtés et qu’elle posa ses yeux sur lui, il sut avec certitude que la vie qui s’offrait à lui ne pourrait pas être meilleure même dans ses fantasmes les plus fous.
Il lui sourit et elle sentit toute ses peurs s’envolées. Ses yeux lui criaient tout l’amour qu’il avait pour elle et elle savait que leur futur était scellé en cet instant.
Il l’avait toujours été en fait.
Chuck consulta Jack et Lili du regard avant de mettre au vote la prochaine acquisition de la corporation Bass-Waldorf. Il avait mis pratiquement dix ans pour en arriver là. Mais aujourd’hui, il était sur le point de rafler un nouveau groupe hôtelier au nez et à la barbe de son père.
C’était un pari risqué, mais le jeu en valait la chandelle, et CBW avait les reins assez solides pour absorber ce dernier achat. C’était avant tout une question d’honneur pour Jack et Chuck, mais ils ne doutaient pas qu’ils réussiraient à tirer parti de ce nouveau groupe en y apportant la réfection nécessaire pour que ces hôtels aient le prestige assuré par le renom de l’entreprise.
Quelques heures plus tard il pénétra dans le hall de l’ancien penthouse des Waldorf qu’il partageait aujourd’hui avec Blair et fut accueilli par Dorotha qui le débarrassa de son manteau.
- Madame Blair est dans son bureau, l’informa-t-elle avec un regard réprobateur.
Il sourit, il savait que la femme qui était restée à leur service pendant toutes ces années désapprouvait que son épouse passe des heures à travailler à la maison en de pareilles circonstances. Mais Blair était toujours aussi têtue et ni lui, ni personne n’avait réussi à la raisonner à ce sujet.
Il entra dans le bureau de Blair sans frapper et elle leva la tête. Un sourire s’étala sur son visage quand elle vit son mari sur le seuil.
- Alors ? demanda-t-elle curieuse.
Il hocha positivement de la tête.
Elle se leva et s’avança vers lui pour nouer ses bras autour de son cou et déposer un baiser tendre sur ses lèvres.
- Conférence de presse, 19h00 chez CBW, conclu-t-elle.
Il posa une main sur le ventre arrondi de sa femme.
- Tu n’es pas obligée de venir. Je vais expédier ça vite fait et …
- Chuck Bass, tu ne vas surement pas rater une occasion de montrer au monde entier que tu as coiffé ton père au poteau et tu n’as pas intérêt à essayer de m’écarter de ta victoire, le prévint-elle fermement.
- J’ai déjà eu ma victoire, répondit-il en posant à nouveau ses lèvres sur celles de sa femme.
- Une de tes victoires alors, concéda-t-elle en souriant avant d’insinuer sa langue dans sa bouche.
Le bébé donna un coup de pied que Chuck, collé contre Blair, ressentit lui aussi.
Il passa ses doigts à l’endroit où sa fille venait de se manifester.
- Bonjour à toi aussi, dit-il avec un sourire radieux.
Aux alentours de 18h45, les journalistes étaient massés en nombre pour la conférence de presse dans la grande salle de l’immeuble qui abritait les bureaux de CBW.
Chuck s’avança dans le couloir, après avoir donné les dernières consignes pour la réception qui devait suivre. Il se figea lorsqu’il vit son père qui se tenait devant lui.
- Et bien, tu pourras te vanter d’avoir eu de la chance, lança Bart.
- Ce n’était pas de la chance, répondit son fils.
- Tu crois vraiment que tu pourras renouveler cet exploit ?
- Et toi, tu crois vraiment que tu pourras tenir la distance ? Je suis plus jeune que toi, je te signale.
- Ce qui signifie que j’ai plus d’expérience et beaucoup de relations…
- Qu’est-ce que tu veux ? Le coupa Chuck.
Bart considéra un moment son fils avec perplexité.
- Je suppose que tu n’es pas venu ici pour me féliciter. Tu n’as même pas pris la peine de le faire à mon mariage, reprit le plus jeune des Bass.
- Je n’étais pas aux USA et j’ai envoyé un cadeau.
- Avec une jolie carte signée de la main de ta secrétaire, oui merci je l’ai reçu. Maintenant si tu veux bien m’excuser, j’ai une conférence de presse dans à peine un quart d’heure.
Il passa devant son père pour rejoindre la grande salle comme Lili en sortait.
Elle resta un instant interdite en voyant son ex-mari et jeta un regard interrogateur à son fils.
Chuck secoua la tête en signe de dénégation.
- Lili, s’exclama l’homme qui se tenait droit, le visage impassible.
- Bart, nota son ex-femme sur un ton froid.
Le smart phone de Chuck carillonna dans le silence pesant qui venait de s’installer dans le couloir.
Lili vit son visage se crisper en découvrant le texte inscrit sur l’écran.
- Un problème ? s’inquiéta-t-elle.
- Blair a perdu les eaux, elle vient de partir pour la clinique, bafouilla-t-il sous le coup de l’émotion.
- Quoi maintenant ? Questionna sa mère.
- Dit à Jack de prendre la parole à ma place, haleta-t-il.
- Tu vas partir juste avant la conférence de presse alors que tu viens de réussir un coup de maître ? s’étonna Bart.
Chuck ne prit même pas la peine de lui répondre. Il glissa le communiqué qu’il avait préparé avec son assistant dans la main de Lili.
- Quel hôpital ? demanda-t-elle encore.
- Saint Andrews, cria-t-il en se dirigeant déjà vers la sortie.
- Il est incorrigible, constata Bart en secouant la tête.
Lili le regarda un instant, ébahie par ses propos.
- Je crois plutôt que c’est toi qui ne comprendras jamais rien ! dit-elle avant de tourner les talons pour trouver Jack.
Quand le futur papa arriva à la clinique St Andrews, Blair était déjà en salle de travail.
- Blair Waldorf Bass, s’enquit-il au bureau de l’accueil des infirmières de la maternité.
Une jeune fille le conduisit dans la salle d’accouchement numéro 8, où une sage-femme à lunettes, d’une cinquantaine d’année, aux cheveux grisonnants, se tenait auprès de la future maman.
Il était complètement paniqué. Les souvenirs de son enfance remontaient du plus profond de son inconscient et même s’il savait qu’en réalité sa mère biologique n’était pas réellement morte en lui donnant naissance, il avait grandi avec cette idée et il ne pouvait s’empêcher de penser au pire. S’il devait perdre Blair ou le bébé, ou les deux, il ne s’en remettrait jamais.
- Je suis là, dit-il en se précipitant au chevet de Blair.
Elle agrippa la main qu’il lui tendait et la serra de toutes ses forces à la contraction suivante.
S’appliquant à respirer comme elle l’avait appris lors des cours d’accouchement, elle souffla doucement tandis que la douleur embrasait son bassin.
La jeune infirmière qui avait accompagné Chuck lui avança un tabouret pour qu’il puisse s’asseoir à côté de son épouse, mais il en était incapable. Toute son attention était focalisée sur Blair qui avait l’air de souffrir le martyre.
Il passa un bras dans son dos pour la soutenir pendant qu’il respirait au même rythme qu’elle. Elle broya quasiment ses phalanges lorsqu’une autre contraction arriva.
- J’te déteste, ahana-t-elle lorsqu’elle reprit son souffle.
- Je t’aime aussi, répondit-il à son oreille.
- Tu es arrivé en retard à notre mariage !
- Et je t’ai emmenée en voyage de noce une semaine supplémentaire pour me faire pardonner, conclut-il.
Une nouvelle contraction empêcha Blair de parler et elle écrasa à nouveau les doigts de son mari entre les siens.
- Où est l’anesthésiste ? aboya-t-elle à la sage-femme quand la douleur fut passée.
- Il va arriver, c’est encore un peu tôt pour…
- Il a intérêt à être là dans moins de cinq minutes si vous voulez garder vos emplois, cracha-t-elle.
La femme regarda Chuck, par-dessus ses montures, interloquée.
- Il vaudrait mieux qu’il soit là, indiqua-t-il sans plaisanter le moins du monde.
- Je vais l’appeler, dit la femme en bleu en se dirigeant vers le téléphone mural.
- Dépêchez-vous, commanda Blair.
Avant même que la sage-femme ait terminé de converser avec le médecin, une autre vague de douleur envahi son bas ventre.
Chuck sentit à nouveau la main de son épouse emprisonner ses doigts et les tordre du plus fort qu’elle le pouvait. Il souffla avec elle durant la contraction.
- Tu ne me toucheras plus jamais, lui lança-t-elle après avoir aspiré l’air à nouveau.
- On verra ça quand tu viendras te frotter contre moi.
- Plus jamais, répéta-t-elle catégorique.
Une nouvelle contraction, plus forte que les autres, se propagea dans son abdomen et elle poussa un cri de douleur cette fois.
L’anesthésiste arriva à peine quelques minutes plus tard et l’obligea à se tourner sur le côté pour pouvoir lui faire la péridurale qu’elle réclamait.
Elle ferma les yeux quand il piqua dans son dos pour endormir le bas de son corps. Elle saisit cette fois les deux mains de Chuck pour les porter à ses lèvres comme si ça pouvait apaiser la douleur de la seringue qui s’immisçait entre ses vertèbres.
- Je suis là, Je suis là, chuchota-t-il tout près de son visage. Tu es merveilleuse.
Elle sourit un moment plus tard en les embrassant quand le produit commença à agir sur ses conductions nerveuses et soulagea sa peine.
- Vous voulez couper le cordon, demanda le gynécologue en tendant une paire de ciseaux au nouveau papa qui relâcha la main de son épouse pour s’approcher plus près de sa fille.
Elle était minuscule et toute gluante. Sa main trembla un peu lorsqu’il s’exécuta en souriant.
Blair reposa la tête sur l’oreiller et ferma les yeux. C’était fini, elle avait réussi, elle venait de donner naissance à sa fille et déjà les souvenirs de la douleur des contractions s’étaient évanouis dans la nature.
Elle entrelaça ses doigts dans ceux de son mari qui l’embrassa sur les lèvres.
- Comment est-elle ? questionna la jeune maman.
- Magnifique, comme sa mère ! répondit-il.
Le bébé se mit à pleurer et à crier comme l’infirmière la nettoyait et lui donnait les 1ers soins.
- Tiens, tu entends, exactement comme sa mère, sourit-il.
- Celle-là, je ne l’ai pas volée, concéda-t-elle.
Elle sourit et l’attira à elle pour lui rendre son baiser.
- Quelle est le nom de cette demoiselle ? interrogea la sage-femme avant de déposer le nouveau-né, emmailloté, dans les bras de sa maman.
- Holly, Liliane, Eléanor Bass, répondit Chuck toujours en souriant.
Il tendit la main pour caresser la joue de sa fille du bout du doigt et elle ouvrit la bouche.
- Vous voulez l’allaiter ? demanda la femme à la chevelure argentée, à la nouvelle maman.
Blair, qui admirait ce petit être à qui elle venait de donner la vie acquiesça sans pouvoir détourner le regard de ce petit trésor à la bouille rougie et toute plissée.
- Alors, vous pouvez déjà essayer de lui donner le sein. La succion, c’est un réflexe chez les nourrissons.
La vieille femme donna quelques conseils basiques et Holly ne se fit pas prier pour se mettre à téter dès qu’elle eut le mamelon maternel en bouche.
- Il faut faire monter le lait, mais dans quelques jours, tout se sera fait naturellement, reprit la sage-femme avant de quitter la pièce.
Blair leva les yeux de son petit ange pour les poser sur son mari qui était fasciné par sa fille.
- On dirait un petit glouton, commenta-t-il à la vue du nouveau-né qui suçait le sein de sa mère de tout son cœur.
- Elle doit tenir ça de toi alors, rit Blair.
Il se pencha sur les deux femmes de sa vie pour déposer un baiser sur leurs fronts.
- Je vous aime, dit Chuck la voix emplie d’une émotion contenue.
- Nous aussi on t’aime, répondit Blair.
- Ce n’est pas ce que j’ai entendu tout à l’heure, ironisa-t-il.
La jeune femme qui l’avait escorté à son arrivée ramena la maman et le bébé dans leur chambre après qu’Holly ait terminée sa 1ère tétée.
- Vous la prenez ? questionna-t-elle après avoir fait quelques tests de routine pour s’assurer que le nourrisson était en bonne santé.
Chuck acquiesça un peu nerveux. L’infirmière lui déposa sa fille dans les bras et il ressentit une étrange sensation envelopper son cœur au contact de ce petit être qui était le parfait mélange de Blair et lui.
- Salut toi, tu sais que tu es la plus belle de toutes, murmura-t-il à sa fille.
Blair se racla la gorge avec insistance.
Il leva la tête et croisa les yeux rieurs de sa femme.
- Je maintiens ce que je viens de dire, sourit-il, son regard river à celui de la jeune maman. Ma fille est la plus merveilleuse de toutes ... les petites filles du monde.
Il fit un clin d’œil à Blair et se retourna en entendant la porte s’ouvrir derrière lui.
- Où est le petit ange ? gazouilla Lili. Oh elle est là, mais Mon Dieu, elle est magnifique, c’est le plus beau de tous les bébés.
- C’est ce que je viens de dire, répéta Chuck avec fierté.
- Normal, c’est ma petite fille, répondit Eléanor qui entrait avec Cyrus à la suite.
Ils étaient revenus de Paris deux semaines plus tôt en prévision de l’accouchement de Blair.
Une heure plus tard, Blair pu enfin se reposer après que les grands-parents aient quitté la chambre. Demain serait sans doute un défilé continuel toute la journée.
Une infirmière vint chercher Holly afin de l’emmener à la pouponnière pour la nuit après que Blair l’ait nourrie à nouveau.
Après avoir embrassé sa femme, Chuck ne put s’empêcher de faire un détour pour jeter un œil sur sa fille avant de rentrer. Il n’était pas pressé de retrouvé son lit où il devrait s’endormir seul ce soir.
En regardant Holly depuis l’autre côté de la vitre, il ne pouvait toujours pas en croire ses yeux. Cette petite fille magnifique était une partie de lui. Son ADN remplissait les chromosomes de cet être minuscule et si parfait.
Elle dépendait totalement de Blair et lui. Il se promit solennellement qu’il ne manquerait jamais aucun moment important de sa vie, qu’il sera toujours là pour elle.
- C’est laquelle ? demanda soudain une voix derrière lui.
Il se retourna pour faire face à son père avec étonnement.
- Quoi ? Tu vas m’interdire de la voir ? questionna encore Bart.
- Tu es devenu fan de bébé maintenant ?
- Ce n’est pas n’importe quel nouveau-né, c’est ma petite fille !
- Et ?
Chuck était sidérer de voir son père là, devant lui, dans cet hôpital où venait de naître sa fille.
- Et elle est importante pour moi, tout comme son père, commenta Bart.
Le jeune homme se demanda si son père avait été échangé par des extra-terrestres où s’il s’agissait tout simplement d’un clone.
- Et je n’ai pas envie de découvrir à quoi elle ressemble dans la presse demain ou dans quelques jours, ajouta encore le vieil homme, le visage toujours impassible.
- Tu veux la connaître ? demanda sérieusement Chuck.
Il était tellement abasourdi par le comportement de son paternel qu’il en perdait son sens de la répartie et de l’ironie. Mais de toute manière sa fille n’était pas sujette à plaisanterie.
- Bien entendu que je veux la connaître ! s’offusqua Bart.
Devant le silence plus qu’éloquent de son fils, il reprit après quelques instants, le visage toujours impassible.
- Je sais qu’on a eu beaucoup de différents et que je n’ai jamais été le plus expressif des pères…
Chuck s’étrangla de rire avant même d’en avoir conscience, là c’était à tout le moins un euphémisme !
- Néanmoins et contrairement à ce que tu penses, continua son père, ignorant délibérément la réaction de son fils, la famille est importante pour moi. Et vous êtes la seule famille que j’ai, avec Jack bien entendu. Je ne m’y suis sans doute pas prit de la bonne manière avec toi, mais tout ce que j’ai fait c’était pour te pousser sur le chemin que j’estimais le meilleur pour toi.
Cette fois c’est l’indignation et le ressentiment que Chuck sentit monter en lui, comme un volcan resté trop longtemps en sommeil, réveillés par le contexte et les émotions des heures qui venaient de s’écouler.
- Me faire croire que ma mère était morte en me mettant au monde et m’apprendre que les sentiments étaient une faiblesse en me répétant sans cesse que j’étais un moins que rien, c’était pour me pousser sur le bon chemin ? cracha-t-il, hors de lui.
Bart ouvrit la bouche mais son fils continua sur sa lancée sans lui laissé le temps de placer un seul mot.
- Et me faire croire à ta mort ? M’humilier en me rejetant à l’écart de ton entreprise, après que je me sois battu pour la garder prospère, en argumentant que j’étais un incapable parce que j’aimais une fille qui a aujourd’hui donné naissance à la mienne et qui est devenue ma femme. C’était pour mon bien ça aussi ? Si je t’avais écouté, jamais je ne l’aurais retrouvée, jamais je n’aurais pu reconstruire une relation saine avec elle et avoir une famille. Tout ce que tu as fait, c’est me brisé et je ne te laisserai pas t’approcher de mon enfant, celle-ci où les suivants, pour risquer de les voir détruits par tes actes et tes paroles.
- Je t’ai nourri et logé, je t’ai rendu la vie facile, je t’ai gardé quand ta mère ne voulais pas de toi, au lieu de te faire adopté, lui fit remarquer Bart.
- Et bien tu aurais peut-être mieux fait de te débarrasser de moi alors ! Au lieu de t’infliger cette corvée, explosa Chuck.
- Fils…
- Vas-t-en ! Sort d’ici et reste loin de moi et de ma famille, tonna le jeune homme avant de tourner les talons pour repartir par le couloir d’où il était venu.
Lorsqu’il pénétra dans la chambre de sa femme, il avait les larmes aux yeux.
- Qu’est-ce qui se passe, c’est le bébé ? s’inquiéta Blair, qui ne parvenait pas à dormir malgré la fatigue de l’accouchement, en le voyant tout chamboulé.
Il secoua la tête en signe de dénégation, avant de s’asseoir sur le bord de son lit et de la serrer dans ses bras. Il enfui son visage dans ses cheveux, qui pendaient librement sur ses épaules et elle l’entendit étouffer un sanglot.
Elle referma ses bras autour de lui et le berça lentement avant de reprendre d’une voix douce.
- Chuck, tu me fais peur. Est-ce qu’il y a un problème avec Holly ?
- Non, excuse-moi, répondit-t-il, réussissant enfin à mieux se maîtriser. Ne t’inquiète pas, elle va bien. Et elle ira bien, tant que mon père ne viendra pas rôder autour d’elle.
- Bart est ici ? s’étonna-t-elle.
- Je ne veux pas parler de ça maintenant. C’est le jour de naissance de notre fille et je ne le laisserai pas me gâcher ça aussi.
Elle caressa sa tempe et déposa un baiser sur sa joue puis sur ses lèvres.
- Je t’aime, chuchota-t-elle. Je suis ta famille. Holly et moi, nous seront toujours ta famille, ainsi ses frères et sœurs.
Il acquiesça et l’embrassa tendrement avant qu’un sourire n’apparaisse au coin de sa bouche.
- Ses frères et sœurs ? Je croyais que tu ne me laisserais plus jamais te toucher, la taquina-t-il.
- Je ferai peut-être quelques exceptions, argumenta-t-elle les yeux remplis de malice.
Elle se laissa aller contre son oreiller et l’attira à elle pour l’embrasser encore.
Finalement, il passa le reste de la nuit dans le fauteuil à côté de son lit, sa main posée dans la sienne.
Blair et Chuck franchirent les portes de l’ascenseur et se retrouvèrent nez à nez avec Dorotha qui les attendaient, impatiente.
- Le petit ange est à la maison, trépigna la domestique avec un sourire jusqu’aux oreilles.
Elle s’approcha pour voir la frimousse endormie d’Holly, bien calée dans les bras de son père.
- Elle est tellement mignonne, s’extasia-t-elle encore. Madame Blair, vous vous rendez-compte ? A nouveau un bébé, ici !
La jeune femme jeta un regard circonspect à son mari. Est-ce que Dorotha se rendait compte que c’était elle qui avait donnée naissance à cette petite fille et qu’elle était par conséquent parfaitement au courant de ce qui se passait sous son propre toit ?
Chuck répondit à son épouse par un regard complice et un sourire enjôleur.
Tout ce qui touchait à sa petite princesse le rendait complètement gaga de toute façon, pensa Blair qui ne put s’empêcher de rouler les yeux au ciel.
- Est-ce que tout est prêt dans la nurserie ? demanda-t-elle pour essayer de ramener un semblant de raisonnement adulte parmi eux.
- Bien sur Madame, elle sera comme un coq en pâte, couina Dorotha.
Monkey, qui avait reniflé une odeur inconnue, vint fureter autour des jambes de son maître pour voir ce qui se passait et identifier l’intrus avant de retourner se coucher dans son panier.
- Et si on allait la déposer dans son couffin ? proposa Blair à son mari, qu’elle soupçonnait de vouloir garder Holly dans ses bras jusqu’à la fin des temps.
Il acquiesça à contre cœur et la suivit dans les escaliers pour rejoindre l’ancienne chambre qu’avait jadis occupée Serena.
- On pourrait la garder avec nous pour cette nuit, hasarda-t-il en arrivant dans la nurserie.
Blair avait choisi toute la décoration avec soin. Les murs, peints en jaune très pâle, étaient parsemés de papillons, petits, moyens et grands, dessinés ici et là. Ce qui donnait l’impression qu’ils voletaient tout autour de la pièce. Elle avait même poussé le détail jusqu’à exiger que les poignées du mobilier aient également la forme de leurs ailes délicates déployées en plein vol.
Elle leva les yeux sur lui, il avait ce demi-sourire en coin et ce regard qui la faisaient fondre.
- Tu es impossible, commenta-t-elle en se penchant au-dessus de sa fille pour effleurer à peine les lèvres de son époux.
Les coins de la bouche de Chuck se relevèrent pour afficher un grand sourire vainqueur et il emporta Holly avec lui pour la déposer délicatement sur leur lit, entre deux oreillers, avant d’ôter sa veste.
- Mais qu’est-ce que je vais faire de toi ? se moqua Blair en passant les bras autour de la taille de son mari.
Il posa ses mains sur ses reins et enfui son visage dans son cou pour y déposer des baisers sucrés.
- Je te promets que je te remercierai comme il se doit dans 6 semaines, souffla-t-il contre sa peau tendre, juste sous le lobe de son oreille.
Un frisson de plaisir remonta le long de l’échine de la jeune femme et elle ferma les yeux à demi.
******
Au milieu de la nuit les cris perçants de leur fille retentirent, les tirants de leur sommeil. Blair se redressa et se frotta les yeux, mais avant même qu’elle ne puisse sortir du lit, elle vit Chuck qui soulevait déjà Holly hors de son couffin pour la prendre dans ses bras.
- Tu es bien conscient que je suis la seule qui puisse l’allaiter n’est-ce pas ? ironisa-t-elle en le regardant revenir s’installer auprès d’elle.
Il déposa sa fille dans les bras de son épouse avec un sourire fatigué et les yeux empli de sommeil puis repris sa place dans le lit.
- Tu vas me regarder ? bougonna-t-elle, en constatant qu’il installait les oreillers contre la tête du lit pour eux deux.
- Je ne veux rien rater, répondit-il en passant un bras autour de ses épaules comme elle se laissait aller contre le coussin dans son dos.
- Dans ce cas, je propose que tu lui fasses faire son rôt et que tu ailles changer sa couche quand elle aurait terminé de boire.
- Si tu veux, dit-il simplement en haussant les épaules.
Elle poussa un soupir de résignation et calla sa nuque dans le creux de son bras pendant qu’Holly se jetait avidement sur son téton droit.
*****
Moins d’une semaine plus tard, Chuck était installé dans la pièce de l’appartement qui avait été aménagée pour lui faire office de bureau, quand Dorotha frappa à la porte et entra sans attendre de réponse.
- Monsieur Chuck, il y a quelqu’un qui veut vous voir, dit la femme d’un air ennuyé.
Il fronça les sourcils et l’interrogea du regard.
- C’est Monsieur votre père, dit-elle, craignant sa réaction.
Les yeux de Chuck devinrent presqu’aussi noir que du charbon et il eut du mal à contenir les trémolos dans sa voix quand il commanda à Dorotha de le faire entrer.
Bart se présenta devant lui, se tenant droit, comme à son habitude. Il fit à peine quelques pas dans la pièce et s’arrêta à bonne distance de son fils.
Ce dernier sentait déjà son sang s’échauffer dans ses veines, son mécanisme de défense se mit en place instantanément.
- Qu’est-ce que tu veux ? soupira-t-il.
- Fils…
Chuck eut un haut-le-corps qui n’échappa pas à son père.
- Je ne suis pas venu pour me disputer avec toi, reprit Bart, après un moment d’hésitation.
- Alors pour quoi es-tu venu ? questionna cyniquement son fils.
- Je voudrais vraiment trouver un moyen d’arranger les choses entre nous.
Le jeune Bass le dévisagea avec incrédulité.
- Et qu’est-ce que tu espères y gagner en réalité ? siffla-t-il
- J’ai un cadeau pour ma petite fille, dit Bart en éludant la remarque acide.
Il sortit une enveloppe de la poche intérieure de sa veste de costume.
- Un chèque ? Des stocks options ? Merci, mais j’ai les moyens de subvenir aux besoins de ma fille, contrecarra Chuck.
- Regarde juste les papiers, commanda son père.
Le jeune homme ferma les yeux une seconde et prit une profonde inspiration.
- Ecoute, je ne sais pas ce que tu cherches au juste, surement un moyen de me piéger, mais ma fille a à peine une semaine et elle se contrefiche complètement d’avoir une compte off-shore dans les îles Caïmans ou quoi que ce soit de ce genre. Pour l’instant la seule chose dont …
- Chuck, tu peux m’aider là, dit Blair d’un ton quasiment désespéré en entrant en trombe dans le bureau avec sa fille qui pleurait dans ses bras. Je ne sais pas ce qu’elle a, ni comment tu as fait ce matin, mais moi je n’ar...rive pas à la calmer, finit-elle à mi-voix en apercevant Bart.
Ses yeux restèrent un moment fixés sur son beau-père, avant de revenir à son mari, puis à sa fille qui hurlait toujours.
Le jeune homme se leva de derrière son bureau et se dirigea vers sa femme pour prendre sa fille dans ses bras afin de la bercer, puis sortit de la pièce sans un autre mot.
Le regard de Blair, brûlant de colère, se reporta immédiatement sur Bass senior.
Elle n’avait pas manqué de voir le zeste de douleur qui couvait dans les yeux de son mari et elle n’était pas disposer à laisser qui que ce soit venir jeter le trouble dans son foyer, surtout pas en ce moment où ils prenaient à peine leurs marques, et surtout pas Bart Bass.
- Sortez de chez nous ! cracha-t-elle
- Ce n’est pas à toi… argua son beau-père.
- Sortez d’ici ! Fichez-lui la paix, vous en avez assez fait !
Les yeux de la jeune femme étaient incandescents et même le grand Bratholomew Bass recula d’un pas devant le danger.
Il ne la connaissait pas vraiment bien, ni elle, ni aucun autre ami de son fils d’ailleurs. Il s’était juste renseigné sur elle, via son détective privé, quand Chuck avait entamé une relation plus ou moins sérieuse avec elle, il y a des années et avait ensuite continué à se tenir informé sur leur vie.
Mais en cet instant, il pouvait dire qu’elle aimait vraiment son fils et qu’elle défendrait sa famille telle une louve. Il valait mieux ne pas envenimer la situation. Il n’était pas venu pour se battre, mais pour faire la paix. Et la sagesse lui recommanda de ne pas faire de sa belle-fille une ennemie encore plus déterminée qu’elle ne l’était déjà à défendre son territoire.
Il réajusta son veston et prit le chemin de la sortie, droit comme un I.
Du coin de l’œil, il vit, en attendant l’ascenseur, son fils qui réconfortait tendrement sa fille en faisant les cents pas. Elle ne braillait plus en tout cas.
Blair monta peu après dans leur chambre et trouva son mari contemplant leur fille qui dormait sereinement dans son berceau.
- Hey, dit-elle tout bas en caressant sa tempe.
Chuck lui sourit avant de reposer son regard sur le plus grand de ses trésors.
- Est-ce que ça va ? s’inquiéta-t-elle
Il hocha la tête et passa un bras autour de ses épaules.
Elle l’attira à elle et l’embrassa à la commissure des lèvres.
- Qu’est-ce qu’il voulait ?
Son époux haussa les épaules en signe d’ignorance puis plongea son visage dans son cou.
- Je t’aime, chuchota-t-il en la serrant plus fort.
Elle lui rendit son étreinte et le tint tout contre elle pendant quelques minutes.
- Parle-moi s’il te plait, dit-elle tout bas.
Il resta blotti dans ses bras sans bouger.
Elle se dégagea lentement de leur étreinte et l’amena par la main jusqu’à leur lit où elle prit place en tailleur tandis qu’il s’asseyait sur le rebord.
- Il t’a bien dit pourquoi il était là quand même, reprit-elle fermement.
Il poussa un soupir, il n’ignorait pas, au ton de sa voix, qu’elle ne lâcherait pas l’affaire tant qu’il ne lui aurait pas donné d’explication.
- J’en sais rien, il voulait voir Holly, comme le jour de sa naissance, à la clinique.
Blair resta songeuse un moment, déroutée elle aussi.
- C’est son grand-père, c’est normal qu’il ait envie de la voir, réfléchit-elle à haute voix.
Un petit sourire cynique apparu sur les lèvres de Chuck.
Son épouse s’avança et passa ses jambes autour de lui pour encercler sa taille puis noua ses bras autour de son torse.
- Il a dit qu’il avait un cadeau pour elle, indiqua-t-il en entrelaçant ses doigts aux siens.
- Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle curieuse.
- Un fond de placement ou quelque chose dans le genre, je suppose.
- Tu ne lui as pas demandé ?
- Il a sorti une enveloppe de sa poche, commenta Chuck en jouant avec les doigts de Blair.
Il l’adorait. Elle était la femme de sa vie. Elle était toute sa vie. Elle lui avait fait le plus beau des cadeaux en mettant Holly au monde et elle était une mère remarquable. Elle prenait soin de lui. Elle tentait toujours de le réconforter. Elle savait mettre du baume sur ses plaies et l’aider à aller mieux. Même quand le simple fait de voir son père le faisait se sentir comme le dernier des derniers.
- Il ne t’a rien dit d’autre ?
- Qu’il voulait arranger les choses.
- Mais tu ne le crois pas ! commenta-t-elle à son oreille la frôlant à peine de ses lèvres avant de poser sa joue sur son omoplate.
- C’est de mon père dont on parle, lui fit-il remarquer la voix rauque. Rien de ce qu’il dit n’est sans arrière-pensée. Tout est mensonge chez lui.
- Mais peut-être pas cette fois, supposa-t-elle. Peut-être qu’il a sincèrement envie de réparer votre relation.
- Ce n’est pas parce qu’il veut voir ma fille qu’il s’intéresse à moi en quoi que ce soit, dit-il comme si cette simple idée était aussi inconcevable que de découvrir que le Père Noël existait réellement.
- Chuck, souffla-t-elle doucement, resserrant à nouveaux son étreinte autour de lui.
- Je n’ai pas envie de savoir le prix qu’il veut mettre pour m’acheter, ou encore à combien il évalue ma fille sur le marché de l’immobilier, reprit-il d’une voix si basse qu’elle eut un peu de mal à le comprendre.
- Il ne s’agit peut-être pas de ça. Il a peut-être simplement changé d’opinion. Après tout tu as travaillé comme un dingue depuis 8 ans pour ériger ta propre entreprise. Et tu es parvenu à la hisser au même niveau que la sienne. Sans compter que tu viens de lui souffler sous le nez sa dernière ambition d’expansion pour BI. Je suis certaine qu’il a été très impressionné.
Il secoua la tête en dénégation. Il n’avait pas le courage de se faire de nouvelles illusions au sujet de Bart. Il lui avait menti bien trop souvent et les mots qu’il avait utilisés à la clinique ne sortiraient surement jamais de sa mémoire, ni de son cœur.
- Il pense que je suis un bon à rien et que j’ai eu de la chance, rétorqua Chuck avec amertume. J’ai toujours été un fardeau pour lui, rien de plus. Peut-être qu’il a cru qu’en me gardant ma mère finirait par revenir vers lui, je ne sais pas. Je ne veux même plus me poser la question en fait.
Il voulut se lever mais elle se laissa tomber de côté sur le lit, l’attirant plus près d’elle. Il ferma les paupières, sous lesquelles brûlaient des larmes et quelque unes imbibèrent la taie d’oreiller. Puis il sentit la main de Blair qui caressait ses cheveux, tandis que son autre bras, prisonnier sous lui, continuait à le maintenir aussi près d’elle que possible.
- Je t’aime, lui répéta-t-elle encore et encore pendant que les minutes s’égrainaient dans le silence de la chambre.
Ils restèrent enlacés pendant près de deux heures avant qu’Holly ne se remette à pleurer.
- C’est l’heure de la tétée, commenta la jeune maman.
Chuck se leva et prit sa fille dans ses bras puis l’installa dans ceux de sa femme. Il embrassa les deux femmes de sa vie avant de quitter la pièce.
Il savait qu’il devait leur donner un peu d’espace. Cette nuit, Blair avait été excédée et il comprenait ses raisons. Il avait tellement peur d’être un père aussi absent que le sien qu’il finirait par les étouffer s’il continuait comme ça.
En se rasseyant derrière son bureau, il s’aperçut que Bart avait laissé l’enveloppe destinée à Holly. Il s’en saisi et joua avec pendant de longues minutes, avant de la reposer loin de son espace de travail.
Finalement, il ralluma son ordinateur et se concentra sur les réfections qui devaient être opérées dans le nouveau groupe de complexe hôtelier. Il y avait du pain sur la planche s’il voulait que les normes de CBW soient respectées.
Il travailla plusieurs heures avant que Blair ne passe la porte.
- Tu viens manger ? Dorotha a fait ton repas préféré.
Il sourit. Elle était vraiment incroyable. Il était certain qu’elle avait demandé à leur employée de cuisiner ça pour lui remonter le moral. Mais en réalité, la seule chose qui pouvait apaiser ses peines, c’était de poser les yeux sur elle et de voir tout cet amour dans les siens.
- J’arrive dans une minute, je termine ça.
Blair fit le tour du bureau pour venir se pencher au-dessus de son épaule.
Moins de deux minutes plus tard, il l’attirait sur ses genoux pour dévorer sa gorge de baisers.
- Merci d’être toi, Madame Bass, dit-il.
Elle plongea ses prunelles sombres dans les siennes avant de l’embrasser intensément.
- Merci à toi d’être toi, répondit-elle.
Elle se blottie contre lui et nicha son visage dans le creux de son cou.
Elle aimait être là, juste là, sur ses genoux, dans ses bras protecteurs. Elle était exactement à l’endroit où elle devait être. Il n’y avait aucune autre alternative à son bonheur.
Malgré leurs années de mariage, elle avait toujours l’impression d’être en lune de miel. Une lune de miel améliorée. En dépit du fait qu’ils soient tous deux souvent accaparés par leur carrière professionnelle, ils étaient capable de garder leur relation amoureuse dans de leurs priorités, refusant de la sacrifier sur l’autel de leurs entreprises.
Elle savait qu’elle pouvait compter sur lui, peu importe les épreuves, il serait toujours là. Elle serait toujours la première, celle qui passerait avant tout. Il était aimant et attentionné. Il prenait soin d’elle. Et à présent il était en plus un père extraordinaire.
Elle connaissait sans l’ombre d’un doute ses craintes à ce sujet, à force de patience, elle avait réussi à les lui faire formuler à haute voix.
Lorsqu’elle avait abordé le sujet d’une grossesse deux ans au par avant, outrepassant enfin ses propres douleurs antérieures, la réaction de Chuck avait d’abord été une effusion de joie intense, puis s’était mue peu à peu en une énorme remise en question.
Il doutait tellement de ses capacités à être un père à la hauteur, il y avait tant de blessures dans son cœur d’enfant meurtri. Ils en avaient parlé pendant pratiquement six mois avant qu’il puisse accepter le fait que les prédispositions à se comporter en parent digne de ce nom n’avaient rien à voir avec la génétique.
Quand elle lui avait finalement annoncé qu’elle était enceinte, il avait redoublé d’attention à son égard, et avait été présent à chaque pas. Lui aussi lisait en elle à livre ouvert. Il n’ignorait rien de ses angoisses d’une autre fausse couche et s’appliquait de son mieux à la rassurer.
Le fait d’apprendre que le bébé était une fille l’avait quasiment plongé en transe. Elle imaginait qu’il était en quelque sorte soulagé parce que cela éloignait les probabilités de répétition des schèmes.
Elle fut plus qu’heureuse au début du 2ème trimestre, c’était comme une délivrance. Car, non seulement les risques de perte du bébé s’amenuisaient en dépassant cette étape, mais en plus, il cessa enfin de potasser tout ce qu’il lui tombait sous la main en conseils et autres astuces en tout genre qui concernaient l’accueil et l’éducation parfaite d’un enfant au sein de la famille.
« Il te suffit de suivre ton cœur et tout se passera bien » lui répétait-elle en boucle pour tenter de le rassurer à son tour. Et plus la grossesse avançait, plus il avait enfin réussi à mettre ses angoisses derrière lui, lui aussi.
La 3ème échographie avait sans aucun doute été un des moments les plus forts et des plus intenses. Son cœur avait démesurément gonflé dans sa poitrine en découvrant que cette petite crevette avait réellement pris les formes d’un bébé minuscule dans son utérus. Et quand elle avait vu le regard ébahi de Chuck rivé à l’écran, elle n’avait pu retenir les larmes qui s’étaient formées insidieusement sous ses paupières.
Après ça, il avait passé des heures à parler à sa fille et à lui faire la lecture. « Je veux qu’elle sache que je suis là » avait-il expliqué. Elle avait donc patiemment écouté toutes les histoires qu’il débitait, couchée sur leur lit, la tête de Chuck posée sur un oreiller juste à côté de son ventre arrondi.
Elle avait adoré ça, c’était pratiquement aussi bon que de concevoir cet enfant, et peut-être même encore plus intime. Ces moments étaient tellement magiques. C’était comme s’ils étaient tous les trois exilés dans une bulle qui les isolaient du monde extérieur.
D’autant qu’elle avait toujours aimé entendre tous ces contes de fée. Et puis la voix de Chuck la berçait doucement et elle pouvait ainsi somnoler paresseusement, en jouant avec les mèches des cheveux du futur papa, tandis qu’il caressait amoureusement la peau distendue de son abdomen.
Elle soupçonnait aussi plus que très fortement qu’il ait trouvé là le moyen de faire d’une pierre deux coups, l’obligeant ainsi à s’allonger et à se reposer chaque jour pendant au moins deux heures d’affilées quand il rentrait à la maison.
La voix de Dorotha, les rappelant à l’ordre pour le dîner, les tira de leur état de grâce. Ils se séparèrent à contre cœur et se dirigèrent vers la salle à manger.
Les semaines qui venaient de s’écouler avait été de la folie pure. Entre l’arrivée du bébé et l’intégration du nouveau complexe hôtelier à CBW, Chuck avait à peine eu le temps de manger ou de dormir. En plus de ça, suite à cette dernière acquisition, il avait été obligé de se rendre à Tokyo avec Jack.
Ça lui avait arraché le cœur de devoir s’absenter alors que sa fille avait à peine un mois. Et même si Blair lui avait assuré que tout irait bien et qu’Holly n’allait nullement se mettre à babiller ou à ramper au cours de la semaine qui suivrait, et que tout ce qu’il raterait serait des rôts et des couches sales, il ne pouvait pas s’empêcher de se sentir un père horrible d’abandonner sa famille si tôt après la naissance.
S’il avait pu, il aurait laissé son oncle se débrouiller seul avec la direction du groupe qu’ils venaient d’annexer. Mais ils devaient être présent tous les deux et c’est la mort dans l’âme qu’il avait quitté le penthouse aux aurores, laissant derrière lui sa femme et sa fille endormies.
Malheureusement, l’ancien conseil d’administration de Kamakuza Ressort était dans un état de démantèlement tel que Jack et lui avaient du ajouter des dates de réunions à leur agenda et par conséquent leur voyage avaient pris trois jours supplémentaires.
Comble de malchance, Mère Nature avaient décidé de s’en mêlée et avait visiblement une dent contre lui. Un typhon avait complétement paralysé l’aéroport et empêché toute circulation aérienne au niveau de l’île nipponne pendant deux jours.
Il consulta sa montre pour la millième fois au moins depuis le décollage du jet.
- 5 minutes à peu près depuis la dernière fois, dit Jack assis en face de lui avec un sourire narquois.
Chuck se contenta de prendre une gorgée de scotch en silence.
- Elles ne se seront pas volatilisées, continua son oncle. Dans deux heures, on sera à New-York.
- C’est deux heures de trop, bougonna le jeune homme.
- Vois le bon côté des choses, cette transaction est bouclée pour de bon et complètement réussie. Les probabilités d’expansion qu’on en a eue étaient bien en-dessous de la valeur réelle des possibilités et ça va encore accroitre nos dividendes. Je comprends pourquoi Bart voulait tant la conclure et je suis certain qu’à l’heure qu’il est, il doit s’étouffer de dépit, sourit Jack de toutes ses dents.
- C’est sans doute pour ça qu’il a tenté une approche à la suite de l’approbation du conseil.
- Je crois que je vais lui envoyer une petite carte de réconfort, ou un petit cadeau. Qu’est-ce que tu en dis ? Je suis certain que mon grand frère appréciera le geste à sa juste valeur.
- Fais comme tu veux, en ce qui me concerne, j’ai d’autres préoccupations bien plus intéressantes que ses états d’âmes.
- J’aurais pourtant cru que tu saisirais cette opportunité de lui envoyer à la figure qu’il a fait le mauvais choix en t’évinçant ainsi de BI quand il est revenu d’entre les morts. En tout cas, moi, je ne vais pas m’en priver.
- Je n’ai plus rien à lui prouver ! Je crois que cette opération en est la démonstration la plus éloquente.
- Tu n’as pas envie de profiter de ta victoire écrasante sur ton paternel ?
- Tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi, retrouver ma femme et ma fille, que je n’ai pas vues depuis pratiquement deux semaines, soupira Chuck
- Tu les as vues via webcam quasiment tous les jours ! s’esclaffa son oncle. Bon tu me diras que je comprends que le corps de Bl…
- Jack, ferme là ! Conseil d’ami, l’avertit le jeune homme avec un regard assassin.
Son aîné ne put empêcher un sourire lubrique de prendre place sur son visage et Chuck ferma les yeux en soupirant d’agacement.
Il aurait voulu pouvoir dormir un peu pour que le temps passe plus vite, mais l’excitation d’être bientôt chez lui et de pouvoir tenir sa femme et sa fille dans ses bras grésillait dans chacune de ces cellules.
Il calcula mentalement pour la centième fois qu’il devrait être 3h du matin à Manhattan lorsque que le jet se poserait sur le tarmac et que Blair et Holly seraient endormies, étant donné que sa fille passait presque ses nuits complètes à présent.
Il n’en revenait pas qu’elle évolue autant en si peu de temps, même s’il savait que la 1ère année était celle où la croissance des bébés était la plus spectaculaire. Désormais, elle prenait sa dernière tétée vers minuit et la 1ère du jour suivant aux environs de 6h.
Heureusement pour lui, le décalage horaire était, lui au moins, en sa faveur. Il était à peu près 13h au Japon, au moment approximatif où sa fille réclamait sa dernière pitance.
De ce fait, il avait laissé Jack assumer tous les déjeuners avec les hommes d’affaires Japonais pour pouvoir passer un peu de temps avec elles par ordinateurs interposés. Ces petits moments où il pouvait les voir avaient été comme des bulles d’oxygène pour lui pendant tout son déplacement.
Lorsque la limousine le déposa devant leur penthouse, Chuck couru quasiment jusqu’à l’ascenseur, trop impatient de pouvoir se serrer contre le corps de Blair et de sentir son odeur s’infiltrer en lui.
Elle entendit le tintement dans l’entrée et poussa un soupir de soulagement. Sans attendre une seconde de plus, elle alla à sa rencontre comme il suspendait son manteau sur un cintre.
Elle avait allumé une dizaine de bougies dans le salon, ainsi que la musique en fond sonore et avait prévu de l’accueillir dans une pause langoureuse sur le canapé. Mais elle avait trop manqué de lui pour réussir à rester immobile quand elle le savait à quelques mètres à peine.
Chuck n’eut que le temps de se retourner et elle était là, devant lui, plus belle que jamais. Elle passa ses bras autour de lui et il l’enveloppa dans les siens, sa langue plongeant dans sa bouche vermeille à la recherche de la sienne.
Ses doigts remontèrent le long de son dos, glissant sur le tissu soyeux de la robe de chambre de Blair avant de se perdre dans ses cheveux, alors qu’elle caressait son visage et l’attirait goulument à elle.
- Tu m’as manquée, souffla-t-il en reprenant sa respiration après presque 2 minutes.
- Toi aussi, dit-elle en continuant à embrasser la ligne de sa mâchoire.
Elle agrippa sa cravate et l’emmena dans le salon tout en continuant à se repaitre de sa peau.
Lorsqu’il sentit les mains de Blair s’insinuer sous sa chemise, un frisson lui parcouru le corps de la tête au pied. Ouvrant à demi les paupières, il vit du coin de l’œil les petites flammes qui dansaient tout autour de la pièce et se figea un instant.
Elle recula d’un pas comme il prenait conscience de ce qui se passait autour de lui.
Il posa un regard envieux sur elle et glissa un doigt dans la ceinture de son peignoir qui s’ouvrit pour laisser apparaître son corps menu, drapé dans un négligé rouge et noir rehaussé de dentelle.
- 7 semaines, 4 jours, 18 heures et 23 minutes, murmura-t-elle avant de se jeter à nouveau sur lui.
******
Quand Holly cria famine au petit matin, ils n’avaient pas encore fermé l’œil.
Blair abandonna les lèvres de Chuck à contre cœur et se glissa hors des draps pour enfiler sa robe de chambre et se diriger vers la nurserie, mais il fut plus rapide qu’elle pour atteindre la porte et se précipita pour pendre sa fille dans ses bras.
- Bonjour ma princesse, est-ce que je t’ai manqué ? babilla-t-il.
Holly l’observa de ses grands yeux, tout à coup muette comme une carpe.
- Je crois que ça veut dire oui, rit Blair en les rejoignant.
Dès qu’elle vit sa mère, elle se mit à gigoter et chouiner.
Chuck déposa sa fille dans les bras de sa mère et celle-ci tourna immédiatement la tête en ouvrant grand la bouche.
- Là, je ne peux pas rivaliser, concéda-t-il avec un sourire.
Il s’installa auprès de Blair, appuyée contre la tête de lit pendant qu’elle allaitait leur fille et posa sa tête sur l’épaule de sa femme en laissant échapper un soupir de satisfaction.
- Tu nous as manqué aussi, horriblement, indiqua la jeune femme.
Il effleura sa pommette de ses lèvres et caressa la joue de sa fille.
- C’était abominable et interminable, commenta-t-il.
- Mais ça va donner de bons résultats pour CBW.
- Encore mieux que ce qu’on avait escompté. Jack était survolté pendant tout le voyage et il en a presqu’oublié les petites geishas.
Blair lui jeta un regard courroucé.
- Elles nous ont été présentées par un des membres de l’ancien conseil d’administration, pour nous divertir, mais il a été le seul à profiter de ce service, ajouta-t-il avant de l’embrasser tendrement.
Elle répondit à son baiser avant de sourire et de reporter son regard sur sa fille qui était visiblement repue.
Chuck s’empressa de la prendre dans ses bras pour la tenir contre lui, après avoir disposé un bavoir sur son épaule.
Il déposa un baiser sur la joue de sa fille et ferma les yeux en respirant les fins cheveux qui recouvraient son crâne. Il aimait cette odeur particulière de bébé liée à Holly qui lui donnait envie de la croquer.
C’était comme un mélange de lait et de caramel et ça lui donnait une sensation de bien-être inexplicable qui le transportait dans une bulle où il aurait voulu pouvoir la garder éternellement, bien à l’abri des horreurs du monde.
Il sentit les lèvres de Blair sur sa joue et passa un bras autour d’elle. Elle se calla contre lui et passa doucement sa main dans le dos de sa fille en faisant de petits mouvements circulaires, ce qui ne tarda pas à la rendormir, sa petite bouille posée sur l’autre épaule de Chuck.
Lorsque Blair se réveilla moins de deux heures plus tard, lovée au creux de son mari, un sourire s’étira sur son visage. Elle haïssait se réveiller seule dans leur lit, tout comme elle détestait aussi s’y endormir sans lui.
Elle se retourna pour l’observer. Il était toujours aussi beau avec ses cheveux en bataille. Elle dessina les contours de ses lèvres et de ses pommettes et il retroussa son nez.
Elle se glissa silencieusement hors de ses bras. Elle voulait que cette journée soit parfaite, rien qu’eux trois. Elle avait trop manqué de lui pendant ces deux dernières semaines et elle était certaine qu’Holly aussi avait eu conscience de son absence.
Une fois à la cuisine, elle demanda à Dorotha de leur préparer des pancakes et des muffins aux myrtilles, les préférés de Chuck, puis se rendit dans son bureau pour envoyer un mail à son assistante. Elle voulait éliminer toutes intrusions dans sa vie privée aujourd’hui.
Lorsque sa page d’accueil s’ouvrit, elle retint un cri de surprise. Les gros titres des journaux affichaient tous la même information. Inutile d’espérer de la tranquillité aujourd’hui.
En effet, à peine un quart d’heure plus tard, le téléphone se mit à sonner sans relâche, si bien qu’elle finit par arracher la prise. Son GSM était saturé d’appels et de messages en absence et elle n’avait pas besoin de vérifier celui de son mari pour savoir que ce devait être encore bien pire.
Elle fouilla dans la poche de la veste de celui-ci, que Dorotha avait ramassée sur le sol du salon en arrivant. Heureusement il était toujours hors tension. Il avait sans doute oublié de le rallumer après l’atterrissage.
Elle se mordit la lèvre et fonça dans le bureau de Chuck. Ouvrant le tiroir supérieur, où elle savait qu’il l’avait rangée, elle se saisit de l’enveloppe que Bart avait déposée pour Holly, quelques semaines plutôt, et l’ouvrit les mains tremblantes. Elle sentit ses jambes chanceler et se laissa choir dans le fauteuil derrière elle.
Chuck se réveilla dans son lit une demi-heure plus tard et grogna de mécontentement en découvrant que Blair n’y était plus. Il avait horreur de se réveiller sans elle à ses côtés. Il roula sur le dos et se leva. Elle était sans doute avec Holly.
Mais lorsqu’il pénétra dans la nurserie, il n’y découvrit personne. Il descendit à la cuisine où il trouva Dorotha qui portait sa fille dans ses bras. Il embrassa sa petite princesse sur le front et voulu la prendre mais apparemment la femme de chambre n’était pas de cet avis. Il fronça les sourcils devant sa mine ennuyée.
- Monsieur Chuck, dit-elle, Madame Blair est dans votre bureau. Je crois que vous devriez l’y rejoindre sans attendre.
Il fit demi-tour pour se diriger vers l’endroit indiqué. Si Dorotha réagissait ainsi, c’est qu’il se passait quelque chose.
Son oncle jaillit tout à coup de l’ascenseur devant lui.
- Jack ? interrogea-t-il.
- Vous ne décrochez jamais le téléphone ici ? grogna le frère de Bart.
- Je crois que je ne l’ai pas encore réactivé depuis cette nuit. Pourquoi ?
- Jack ! avertit Blair depuis le seuil du bureau.
Chuck et son oncle la dévisagèrent un instant avant que ce dernier ne comprenne. Outrepassant le regard assassin de la jeune femme, il tendit le New-York Times à son neveu.
« Bass Industrie change de main »
Le grand Bart Bass aurait-il atteint ses limites ? L’Ogre en personne a lui-même fait envoyé un communiqué hier soir indiquant qu’il ne présiderait désormais plus le conseil d’administration de son empire. D’après les informations recueillies auprès des membres de ce même conseil, de nombreuses spéculations auraient circulées à ce sujet depuis déjà plusieurs semaines. Personne n’ignore la guerre ouverte que se livre Bass Industrie et la CBW, menée tambour battant par Charles et Jack Bass, qui ne sont, faut-il le rappeler ? ni plus, ni moins, que le fils et le frère de Bartholomew Bass et qui travaillaient, à l’origine, également pour Bass Industrie. Mais ce qui a surpris tout le monde ce matin c’est que le magna jette le gant …
En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, Blair était à ses côtés.
- Tu étais au courant ? demanda-t-il à sa femme d’une voix blanche.
- Seulement depuis une demi-heure environs, mais il y autre chose, répondit-elle.
Elle le prit par la main pour l’emmener dans son bureau. Jack les suivi sans se gêner.
- Assied-toi, dit-elle à l’adresse de son époux, avant de lui tendre l’enveloppe que Bart avait laissée lors de sa première et dernière visite chez eux.
Il la regarda, perplexe, avant de s’exécuter et ouvrit le document qu’il avait refusé de consulter jusque-là.
Jack, perché au-dessus de l’épaule de son neveu, émit un sifflement admiratif avant d’éclater de rire.
- Alors là, on peut dire que je ne m’attendais pas à ça ! admit-il
Chuck, lui, était sous le choc. Il relu le titre notarié plusieurs fois sans en croire ses yeux. Son père avait fait légaliser la cessation de ses actifs chez BI et les lui cédaient en totalité.
Blair s’assied aux côtés de son mari, sur le canapé où il avait pris place et passa un bras autour de lui.
- Est-ce que ça va ? s’inquiéta-t-elle devant son visage livide.
- Je… Je ne comprends pas, marmonna –t-il.
- Y a rien à comprendre, rit Jack. Mon frère a décidé de s’incliner après la défaite cuisante qu'on vient de lui infliger. Je t’accorde que ça m’étonne moi aussi, parce que ce n’est pas vraiment son style, mais il faut croire qu’il a enfin compris la leçon.
Chuck resta silencieux. Il ne pouvait pas imaginer que ce soit ça. Il y avait forcément autre chose. Blair posa sa main sur la sienne et il entrelaça leurs doigts les uns aux autres.
- Tu devrais aller tirer ça au clair, proposa-t-elle.
- Je viens avec toi, dit Jack.
- NON ! crièrent les époux d’une seule voix.
- Ok, ok, ça va, j’ai rien dit. Pas la peine de vous énervez ! Mais passe-lui tout de même le bonjour de ma part, ricana-t-il.
En fin de matinée, Chuck pénétra dans le hall du Palace. Il ne parvenait toujours pas à analyser concrètement ce qui se passait. Pourquoi son père agissait-il de la sorte ? Était-ce une tactique de manipulation déguisée ? Son avocat lui avait assuré que les titres étaient tout ce qu’il y a de plus vrais et de plus officiels.
Bart se leva au moment où il franchissait la porte de son bureau. Les deux hommes restèrent un instant immobile, chacun aussi mal à l’aise l’un que l’autre.
- Est-ce que tout ça est vrai ? questionna finalement Chuck, se décidant à entrer directement dans le vif du sujet.
- Tu parles des gros titres ou des actifs de BI ? demanda son père.
- J’ai fait vérifier l’homologation.
Bart sourit intérieurement, il n’en attendait pas moins de son fils.
- Pourquoi ? interrogea simplement Chuck.
- Parce que tu es mon fils unique et que malgré ce que tu penses, il n’y a personne d’autre à qui je tiens plus que toi. Exactement de la même manière dont, toi, tu tiens à ta fille.
Le jeune homme resta sans voix. Il fixa son père ahuri. S’il y a bien une chose à laquelle il ne s’attendait pas en venant ici, c’était à entendre pareille déclaration de la part de Bart Bass.
- Est-ce que tu es mourant ? s’inquiéta-t-il soudain.
Son aïeul soupira, rempli un verre de scotch à ras bord et le lui tendit.
Chuck lui prit des mains et en avala une bonne rasade, le cœur battant.
Son père souffla une nouvelle fois, avant de reprendre, sous le regard toujours circonspect et de plus en plus affolé de son fils.
- Non, je ne vais pas mourir, pas que je sache en tout cas. J’ai tout simplement décidé de me retirer du monde des affaires. J’ai d’autres priorités désormais. Je me fais trop vieux pour tout ça et je n’ai pas envie de me battre contre Jack et toi jusqu’à ce que j’aie un pied dans la tombe justement.
- C’est toi qui l’as voulu ainsi, lui rappela Chuck, rassuré sur son état de santé.
- Ce n’est pas ce que je voulais. Ce que je voulais c’est que…
Bart s’interrompit cherchant ses mots. L’expression de ses sentiments n’était pas une chose qu’il pratiquait couramment. A vrai dire, il n’en n’avait jamais fait l’expérience.
- Que quoi ? le pressa son fils.
Maintenant que la brèche était ouverte, il avait bien l’intention de découvrir de quoi il retournait exactement et ce que cachaient les agissements de son père. S’il voulait jouer au jeu du chat et de la souris, ils seraient deux.
- Je sais que la manière dont je t’ai élevé n’était pas la plus adéquate, mais j’ai fait ce que je pensais être le mieux pour toi, sincèrement. Mon père …
- Ton père ? Je ne le connais même pas. Tu ne m’as même jamais parlé de lui !
Chuck perdait pied, la situation était devenue carrément surréaliste là. Il se sentait sur le point de perdre le contrôle et il refusait de laisser son père le déstabiliser encore une fois. Il devait apprendre à gérer ses blessures d’enfant face à lui. Il était père lui-même aujourd’hui et il ne permettrait plus à Bart de débouler et de chambouler son cœur et sa vie selon son bon plaisir. Sa fille dépendait de lui et elle avait besoin de stabilité, pas d’un père qui pleurnichait sur lui-même.
- Parce qu’on ne se parlait plus et ça, bien avant ta naissance. Il n’était pas très émotif lui non plus et… Je n’ai pas envie que ça se termine comme ça entre nous.
Chuck sentit ses jambes flageoler et s’assit dans un des fauteuils qui faisaient face au bureau du grand Bartholomew Bass. Il avala une nouvelle goulée du liquide ambré pour se donner des forces.
- C’est toi qui m’as appris qu’avoir des sentiments, c’est être faible et que les affaires passaient toujours avant tout et tout le monde. Tu m’as reproché d’avoir mis ton entreprise en danger à cause de mon amour pour ma femme.
- Je sais ce que j’ai fait, j’en suis bien conscient, crois-moi. Je ne vais te pas dire le contraire. Mais je me suis seulement comporté comme on me l’avait appris et je n’ai pas été capable, au contraire de toi, de faire changer les choses. J’ai juste fait ce que je sais faire. Et ce que je sais faire de mieux, c’est diriger mon entreprise.
- Mais la vie de famille ne se gère pas comme une entreprise ! éclata le jeune homme.
Bart vida le fond de son verre d’un trait et évita le regard de son fils.
- Je sais, je l’ai appris de toi.
Chuck ouvrit des yeux comme des soucoupes et prit appui sur l’accoudoir, sentant le malaise arriver. Sa tête tournait. Il devait surement ressentir le contre coup du décalage horaire où quelque chose comme ça, parce qu’il était impossible que son père ait dit ce qu’il venait d’entendre ?
- Ce que je veux dire, reprit Bart en regardant par la fenêtre, c’est que j’ai cru qu’il n’était pas possible d’être en même temps un homme d’affaire prospère et un père attentioné, mais tu m’as manifestement démontré que j’avais tort. Je voulais tellement démontrer à mon propre père qu’il se trompait à propos de moi et que j’arriverais à être quelqu’un, que je n’ai pensé qu’à ça et à rien d’autre.
Le jeune homme avala le nœud qui se formait dans sa gorge. Est-ce que son père venait réellement de sous-entendre qu’il n’avait pas fait que des mauvais choix dans sa vie ?
- Mais tu étais quelqu’un pour moi ! Tu étais la personne la plus puissante et aussi la plus importante à mes yeux, dit Chuck avec émotion. J’avais tellement de respect et d’admiration pour toi. Je voulais juste être comme toi, être ce que tu voulais que je sois. Mais je n’étais jamais à la hauteur, quand bien même je faisais de mon mieux pour me surpasser. C’est pour ça que j’ai fini par abandonner.
Bart se tourna vers son fils et posa son verre pour se resservir. Il remplit également à nouveau celui que son fils avait posé sur la table basse, qui jouxtait le fauteuil dans lequel il avait pris place et le lui tendit.
- Tu n’as pas abandonné, tu as juste trouvé un moyen d’aimer et d’être aimé, malgré ce que je t’ai inculqué. Ce que j’ai toujours été incapable de faire. Je ne t’ai pas menti quand je t’ai dit que si j’avais du mal à me rapprocher de toi c’était parce que chaque fois que je te regardais, je voyais ta mère. Elle a été la seule dont j’ai vraiment été amoureux, mais je n’ai pas su la garder. Je n’ai pas su lui faire comprendre ce qu’elle représentait pour moi, pas plus que je n’ai su te le montrer à toi.
Chuck resta sans voix, incapable d’émettre le moindre son, ou de faire le moindre geste. Il était totalement paralysé devant son paternel, mais ce n’était pas parce qu’il venait de le descendre en flèche comme il en avait l’habitude. Il ne savait pas comment réagir à pareille déclaration. C’était bien une chose qu’il n’avait jamais envisagée dans sa vie.
Bart se rassied derrière son bureau et croisa les mains devant lui, le dos toujours droit et le visage quasiment impassible. Seuls ses yeux, qui fixaient le verre à moitié vide devant lui pour éviter ceux du jeune homme, trahissait l’émotion contenue en lui.
- Tu m’as demandé ce que j’avais à y gagner quand je suis venu chez toi. Et bien la vérité, c’est que je veux récupérer mon fils. J’ai perdu ta mère et je n’ai pas fait ce qu’il fallait pour la retenir parce que j’ai placé ma fierté au-dessus de mes sentiments pour elle. En te voyant agir avec ta femme et ta fille, j’ai compris que j’avais fait fausse route. Parce que rien ne pourra jamais me rendre ce que j’ai perdu en la laissant partir.
Chuck sentit une onde lui parcourir l’échine et son corps retrouva sa faculté à se mouvoir. Il réussit à peine à maîtriser le tremblement de ses doigts en portant son verre à sa bouche. Il avait besoin de déglutir et de réfléchir avant de trouver quoi dire à son père.
Mais Bart ne lui en demanda pas tant, après un instant, il continua sur sa lancée.
- Tu as une femme qui t’aime et qui est prête à se battre comme une lionne pour toi. Et même si je suis toujours convaincu que tu sois bien capable de tout sacrifier pour celle que tu aimes, j’ai compris que tu ne la perdrais jamais, elle, justement à cause de ça. Et que c’est sans doute pour ça qu’elle en ferait autant pour toi. J’ai réalisé la signification du mot famille et je veux faire partie de la tienne, je veux reprendre ma place dans ta vie, même si je sais que la route à parcourir sera longue pour rebrousser le chemin que j’ai tracé. Parce que je sais aujourd’hui que l’argent et le pouvoir ne remplaceront jamais les êtres humains qui manquent dans la mienne.
Le vieil homme vida le contenu qui restait dans son verre, puis releva enfin son regard vers son fils.
Chuck se leva, sans trop savoir comment, et attrapa la bouteille posée sur le bureau devant son père. Il versa à nouveau le liquide ambré dans le verre vide et agrippa le sien.
Sans un mot, il le porta à ses lèvres, sans quitter des yeux l’homme dont il avait attendu toute sa vie un simple geste de reconnaissance quelconque, tandis que son paternel l’imitait.
Blair était sur des charbons ardents. Chuck était parti voir Bart depuis plus de quatre heures et il n’était toujours pas revenu. Elle avait tenté de le joindre sur son portable plusieurs fois, mais elle tombait à chaque fois directement sur sa messagerie et elle commençait sérieusement à se ronger les sangs. Qui sait ce que son père avait bien pu trouver pour le torturer cette fois.
Quand elle avait vu les titres dans les journaux ce matin, elle s’était ruée pour ouvrir l’enveloppe, que son époux conservait dans le tiroir de son bureau sans l’avoir ouverte. Elle était certaine que c’était lié à ce qui se passait à BI. Mais elle n’avait pas songé un seul instant que Bart léguerait tout à son fils de son vivant.
De ce qu’elle en savait, il s’agissait de quelque chose pour Holly. D’ailleurs Chuck avait parlé de fond de placement, ce qui était un cadeau des plus logiques pour un bébé selon la manière de penser de Bartholomew Bass.
Il avait toujours fait ce genre de chose avec Chuck depuis qu’il était né. L’argent étant la seule valeur que reconnaissait son père et ce, en lieu et place des sentiments de tout ordre.
Lorsqu’elle entendit les pas de son mari dans les escaliers, elle se rua hors de la nurserie, où elle venait de coucher leur fille pour voir comment il allait.
Il n’avait pas l’air complètement abattu comme elle si attendait. Au lieu de ça, il lui sourit tendrement, l’enveloppa de ses bras en l’embrassant amoureusement et la tint tout contre lui pendant plusieurs minutes.
- Est-ce que tu vas bien ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
Il posa un index sur les lèvres de sa femme et entra dans la pièce qu’elle venait de quitter pour voir sa précieuse princesse qui dormait en souriant aux anges.
Blair ne savait pas sur quel pied danser. Ses rencontres avec Bart avaient toujours un effet désastreux sur lui. Il était bouleversé, elle pouvait le voir dans ses yeux, mais cette fois, il y avait quelque chose de différent dans son comportement.
- Dorotha me fait couler un bain, tu veux te joindre à moi ? chuchota-t-elle à son oreille.
Il acquiesça, toujours en silence et lui prit la main pour se rendre à la salle de bain.
- Est-ce que tu vas te décider à me raconter ? Ou bien tu vas me faire languir jusqu’à la folie ? demanda-t-elle, assise entre ses jambes, dans l’eau chaude et parfumée, moins d’un quart d’heure plus tard.
Elle laissa aller sa tête contre son torse et sentit les lèvres de Chuck pressées contre sa tempe avant de l’entendre marmonner.
- Tout est vrai.
- Comment ça, tout est vrai ? Bart a vraiment décidé de faire la passation de pouvoir de BI ? Est-ce qu’il est condamné ?
Son mari ne pu retenir un sourire et elle sentit la frustration s’accroître en elle.
Est-ce qu’il se rendait compte qu’elle avait été malade d’inquiétude pour lui depuis qu’il avait franchi le seuil de leur appartement pour se rendre au Palace ?
- Non, mon père ne va pas mourir. Je lui ai posé exactement la même question, expliqua-t-il. Et oui, il veut apparemment se retirer des affaires définitivement et pense que ce serait bien si son fils unique lui succédait à la tête de son entreprise.
Blair se tourna à demi vers lui et le regarda complètement déroutée.
- Pourquoi veut-il que tu gères BI alors qu’il te la enlevé il y a 8 ans ?
- Franchement, j’ai encore du mal à concevoir que ce qui s’est passé au Palace est réel. J’en viens à me demander si c’est vraiment mon père qui était en face de moi.
Après avoir expliqué sa discussion avec son père à Blair, il chercha sa main pour nouer ses doigts aux siens.
- C’était tellement bizarre d’entendre mon père me dire toutes ces choses. Je n’espérais plus rien de lui depuis qu’il n’est même pas venu à notre mariage. Je croyais que c’était parce qu’il n’approuvait pas mon choix de te faire passer en priorité et aujourd’hui, il me dit que j’ai réussi là où il a échoué. Qu’il est fier de ce que j’ai accompli et de ce que j’ai fait de ma vie et qu’il veut en faire partie intégralement et aussi qu’il a plus que confiance en moi, à tel point qu’il me laisse les rennes de BI.
Blair déposa un baiser sur l’arête de sa mâchoire
- Ce n’est pas ce que tu as toujours souhaité ? Que ton père soit fier de toi et qu’il te fasse confiance. Qu’il soit attentif et présent. Bref, qu’il se comporte comme un vrai père quoi !
- Si, c’est juste que je ne pensais plus que ça finirait par arriver un jour. Et maintenant, je ne sais pas comment je dois me comporter avec lui.
- Tu vas simplement prendre le temps de te remettre les idées en place et de réfléchir à ce que cela implique... Et suivre ton cœur, parce que tu sais pertinemment que tu ne pourras jamais lui fermer cette porte là et l’exclure de ta vie, ni de celle d’Holly. C’est ton père, quoi qu’il se soit passé entre vous. Et pourtant, Dieu sait que je lui en veux pour tout ce qu’il t’a fait endurer depuis toujours.
- Ce qu’il NOUS a fait endurer, corrigea Chuck. Si tu n’avais pas été là, à mes côtés, pour m’aider à me relever à chaque fois que je suis tombé, je n’y serais jamais parvenu. Tu me donnes la force dont j’ai besoin pour continuer quand je perds pied.
- C’est bien pour ça que tu m’as épousé, sourit-elle. Mais ce que je ne comprends pas c’est le rapport avec un soi-disant cadeau pour Holly ?
- Il dit que me le donner, c’est lui offrir. Son idée, c’est la possible fusion de CBW avec BI. Comme elle en héritera un jour, ça revient au même. Il aurait pu mettre les titres de propriété à son nom, mais c’est moi qui aurait été nommé exécuteur jusqu’à sa majorité de toute façon. Et puisqu’il sait que, sans aucun doute, elle sera l’ainée d’une fratrie, il ne veut pas lui donner un avantage sur ses futurs frères et sœurs.
Il ferma les yeux, la tête posée sur celle de Blair. Les derniers mots de son père trottaient dans sa mémoire.
« Je voudrais vraiment connaître ma petite fille, parce que c’est ta fille et que vous êtes importants pour moi »
Il sentit la main libre de sa femme qui remontait le long de sa cuisse et ne put réprimer un sourire.
- L’aînée d’une fratrie ? gloussa-t-elle. Et qu’est-ce qui peut bien le rendre si sûr de lui ?
- Surement de t’avoir vu te comporter en louve prête à le dépecer, chuchota-t-il contre sa pommette droite. Apparemment, tu lui fais grande impression.
- J’ai un pouvoir sur le grand Bartholomew Bass ? s’étonna-t-elle en replaçant une mèche de cheveux mouillée derrière son oreille gauche, avant de prendre un air supérieur. C’est toujours bon à savoir !
- Pas autant que sur son fils en tout cas, commenta-t-il en frôlant sa joue pour atteindre sa bouche.
Il chercha ses lèvres et fit courir ses doigts du pli de son coude à son épaule avant de les laisser glisser sur ses seins.
******
Deux semaines plus tard, Chuck et Jack montaient sur l’estrade de la salle de conférence dans les locaux de CBW, en compagnie de Bart, pour une conférence de presse visant à entériner la fusion des deux entreprises Bass.
A peine le discours terminé, la soirée qui avait lieu dans la salle de bal commença avec tout ce que l’UES comptait de personnes importantes et influentes.
Nate et Serena étaient étroitement enlacés, tandis que leurs pieds se déplaçaient avec aisance, quasiment inconsciemment, au rythme de la musique.
- Je suis contente de voir que tu as finalement appris quelque chose après tout, dit une voix derrière Bart, qui observait les couples se balancer en cadence sur la piste de danse.
- Lili ! s’exclama-t-il
- Ils sont beaux non ? questionna-t-elle en désignant de la tête Chuck et Blair parmi les danseurs.
- Et heureux apparemment, commenta-t-il.
- N’est-ce pas ce que n’importe quel père souhaite pour son fils ?
- Si, acquiesça-t-il. Dommage que je n’ai pas su le lui dire avant.
- Mieux vaut tard que jamais !
Il fut surpris par son ton amical.
- Si mon fils peut te pardonner pour tout ce qui s’est passé entre vous alors je suppose que je le peux aussi, indiqua-t-elle devant sa question muette.
- Je suppose que oui, répondit-il.
- Tu m’offres un verre ?
Bart hésita un instant puis lui offrit son bras avant de rejoindre le bar.
En passant à hauteur de son fils, il croisa le regard de Blair qui était sans aucune équivoque quant à l’avertissement qui luisait au fond de ses prunelles. S’il s’avisait de faire souffrir l’homme qu’elle aimait, il ne doutait pas une seconde qu’elle le poursuivrait jusqu’en enfer s’il le fallait pour le lui faire payer et assouvir sa vengeance.
- Est-ce que ça va ? questionna Chuck qui avait senti sa femme se raidir.
Elle reporta ses yeux sur lui et une flamme s’y alluma instantanément.
- Tant que je suis dans tes bras, roucoula-t-elle.
Il la fit virevolter sur la piste un instant, puis l’attira à lui, plaçant sa main juste dans le creux de ses reins, il resserra son étreinte, la collant tout contre son corps, ses yeux rivés aux siens.
Oh, Her eyes, her eyes*
Oh, Ses yeux, ses yeux
Make the stars looks like they're not shinning
Font que les étoiles semblent ne pas briller
Her hair, her hair
Ses cheveux, ses cheveux
Falls perfectly without her trying
Tombent parfaitement sans qu'elle ait besoin d'y toucher
She's so beautiful
Elle est tellement belle
And I tell her everyday
Et je le lui dis tous les jours
Yeah
I know, I know
Je sais, je sais
When I compliment her she won't believe me
Que quand je la complimente elle ne veut pas me croire
It's so, it's so
Et c'est tellement, tellement
Sad to think that she don't see what I see
Triste de penser qu'elle ne voit pas ce que je vois
But everytime she asks me "Do I look okay?"
Mais chaque fois qu'elle me demande si je la trouve jolie
I say
Je dis
When I see your face
Quand je vois ton visage
There's not a thing that I would change
Il n'y a rien que je voudrais changer
Cause you're amazing
Car tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
And when you smile
Et quand tu souris
The whole world stops and stares for a while
Le monde entier s'arrête et se fige un instant
Cause girl you're amazing
Car, ma belle, tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
Yeah-eah
Her lips, her lips
Ses lèvres, ses lèvres
I could kiss them all day if she'd let me
Je pourrais les embrasser toute la journée si elle me laissait faire
Her laugh, her laugh
Son rire, son rire
She hates but I think it's so sexy
Elle le déteste mais je le trouve tellement sexy
She's so beautiful
Elle est tellement belle
And I tell her everyday
Et je le lui dis tous les jours
Oh you know, you know, you know
Oh tu sais, tu sais, tu sais
I'd never ask you to change
Je ne te demanderai jamais de changer
It's perfect when you're searching for
Si tu recherches la perfection
Then just stay the same
Et bien, reste simplement la même
So don't even bother asking if you look okay
Alors ne prends même pas la peine de me demander si tu es jolie
you know I say
Car tu sais que je dirai
When I see your face
Quand je vois ton visage
There's not a thing that I would change
Il n'y a rien que je voudrais changer
Cause you're amazing
Car tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
And when you smile
Et quand tu souris
The whole world stops and stares for a while
Le monde entier s'arrête et se fige un instant
Cause girl you're amazing
Car, ma belle, tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
The way you are
Telle que tu es
The way you are
Telle que tu es
Girl you're amazing
Ma belle, tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
When I see your face
Quand je vois ton visage
There's not a thing that I would change
Il n'y a rien que je voudrais changer
Cause you're amazing
Car tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
And when you smile
Et quand tu souris
The whole world stops and stares for a while
Le monde entier s'arrête et se fige un instant
Cause girl you're amazing
Car, ma belle, tu es magnifique
Just the way you are
Simplement telle que tu es
yeaah !
- Je t’aime Waldorf, chucota Chuck, en déposant un baiser doux et sucré dans son cou, juste sous le lobe de son oreille, avant de porter la main de sa femme à sa bouche pour l’embrasser.
- Je t’aime aussi Bass, mumrmura-t-elle, en effleurant tendrement ses lèvres, si chaudes et si douces, tandis qu’elle caressait son visage, de sa pommette à l’arête de sa mâchoire, de ses doigts délicats où étincelait la bague de fiançailles HW qui lui avait toujours été destinée.
La la **
La la la la
La la
La la la la
I like your smile
J'aime ton sourire
I like your vibe
J'aime les vibrations que tu émets
I like your style
J'aime ton style
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
And I, I like the way
Et moi, j'aime la façon
You’re such a star
Dont tu es tel une star
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
Hey
Do you feel
Ressens-tu
Do you feel me?
Me ressens-tu ?
Do you feel what I feel, too?
Ressens-tu ce que je ressens aussi ?
Do you need
As-tu besoin
Do you need me?
As-tu besoin de moi ?
Do you need me?
As-tu besoin de moi ?
Hey, hey
You’re so beautiful
Tu es si beau
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
And I’m not sure you know
Je ne suis pas sûre que tu saches que
That the reason I love you is you
La raison pour laquelle je t'aime c'est toi
Being you, just you
Tu es toi,Juste toi
Yeah the reason I love you
Oui, la raison pour laquelle je t'aime,
Is all that we’ve been through
C'est tout ce que nous avons traversé
And that’s why I love you
Et c'est pour ça que je t'aime
La la
La la la la
La la
La la la la
I like the way you misbehave
J'aime la façon dont tu te comportes mal
When we get wasted
Quand nous sommes déchirés
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
And how you keep your cool
Et comment tu gardes ton self contrôle
When I am complicated
Quand je suis compliquée
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
Hey
Do you feel
Ressens-tu
Do you feel me?
Me ressens-tu ?
Do you feel what I feel, too?
Ressens-tu ce que je ressens aussi ?
Do you need
As-tu besoin
Do you need me?
As-tu besoin de moi ?
Do you need me?
As-tu besoin de moi ?
Hey, hey
You’re so beautiful
Tu es si beau
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
And I’m not sure you know
Je ne suis pas sûre que tu saches que
That the reason I love you is you
La raison pour laquelle je t'aime c'est toi
Being you, just you
Tu es toi, juste toi
Yeah the reason I love you
Oui, la raison pour laquelle je t'aime,
Is all that we’ve been through
C'est tout ce que nous avons traversé
And that’s why I love you
Et c'est pour ça que je t'aime
Yeah – Oh oh oh
Oh oh oh
Even though we didn’t make it through
Et même si, tout n’a pas toujours été rose entre nous
I am always here for you
Je serai toujours là pour toi
You
Toi
Oh oh
You’re so beautiful
Tu es si beau
But that’s not why I love you
Mais ce n'est pas pour ça que je t'aime
And I’m not sure you know
Je ne suis pas sûre que tu saches que
That the reason I love you is you
La raison pour laquelle je t'aime c'est toi
Being you, just you
Tu es toi, juste toi
Yeah the reason I love you
Oui, la raison pour laquelle je t'aime,
Is all that we’ve been through
C'est tout ce que nous avons traversé
And that’s why I love you
Et c'est pour ça que je t'aime
La la
La la la la (oh oh)
La la
La la la la (That’s why I love you)
(C'est pour ça que je t'aime)
La la
La la la la (oh oh)
La la
La la la la (That’s why I love you)
(C'est pour ça que je t'aime)
FIN
PS : Cliquez pour suivre les liens.
* Bruno Mars : Just The Way You Are - Simplement telle que tu es
** Avril Lavigne I Love You - Je t’aime