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Interdit aux moins de 16 ans

Ardente plénitude

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi 

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okapi  (05.05.2011 à 20:41)

1er chapitre

Le jeune Freddy McFarlane sortit de la porte arrière du train récemment arrivé et se tint sur la plus haute marche, étudiant la petite ville de l'Ouest pour laquelle il avait passé ces trois derniers jours ennuyeux à voyager.

Il était grand, mince, il avait vingt et un ans, avait fait des études à l'université et il possédait un air qui attirait l'attention. Bien sûr, ses vêtements chics portés avec désinvolture (la cravate jamais exactement en place, le chapeau jamais très droit), ses cheveux ondulés chatains foncés un peu plus longs que ce qui était à la mode et ses yeux étonnamment verts faisaient que les regards se tournaient fréquemment vers lui, les regards féminins en majeure partie.

Tandis que la fumée et la vapeur s'estompaient, il contempla une gare relativement moderne, baignée par le soleil d'avril. Elle était apparemment située au bout de l'une des rues principales de Colorado Springs.

Il leva les sourcils puis les fronça. Il avait des sentiments partagés par rapport à son affectation.

"Tu dois expérimenter tous les aspects de ce métier" lui avait dit son père avec autorité, "Même travailler dans l'un de nos plus petits bureaux !"

Et donc il était là.

D'un certain côté, il avait presque attendu les nouvelles expériences que ce travail de six ou huit mois lui apporteraient et après les six mois passés enfermé dans les confins poussiéreux du département des comptes, tout ce qui pouvait arriver était considéré comme une amélioration.

Cependant, l'éloignement et le côté sauvage de cette ville, si loin de sa famille, de ses amis, des avantages de sa ville natale de St. Louis, tout comme son poste de subordonné (encore !), le rendaient mal à l'aise.

Ce n'était pas que Freddy accordait de l'importance à la richesse et à la position de sa famille. C'était juste qu'il avait envie d'avancer plus vite, tout comme toute personne de vingt et un ans.

L'obtention de son diplôme universitaire aurait dû être le signe avant-coureur d'une position de responsabilités dans la compagnie familiale et pourtant il allait entamer son troisième travail en tant que subalterne, apprenant le métier avec les employés de son père.

Il soupira.

Eh bien, il essayerait d'en tirer profit.

Il espérait simplement que la ville et les habitants de Colorado Springs lui apporteraient quelques distractions pour compenser avec ce travail qui était tout sauf stimulant.

Il sauta à terre et partit à la recherche de ses bagages qui, comme ceux des autres passagers, avaient déjà été déchargés du wagon des bagages. Il en prit un dans chaque main et redressa les épaules. Il était temps de commencer cette nouvelle phase de sa vie.

Repérant l'homme qu'il supposait être son nouveau 'patron', il s'avança vers lui avec confiance.


okapi  (05.05.2011 à 21:02)

Horace avait repéré le jeune homme en haut des marches du train et il se demandait si c'était lui son nouvel assistant.

Il n'arrivait pas à croire qu'après des mois à écrire et à télégraphier au bureau principal, quelqu'un avait finalement écouté ses appels de soutien.

Les affaires du bureau de télégraphe de Colorado Springs s'étaient tellement développées ces dernières années qu'un seul homme ne pouvait plus tout gérer, enfin, un homme qui devait dormir la nuit. Il secoua la tête avec ironie.

Même s'il était soulagé de recevoir enfin de l'aide, il ne savait pas trop ce qu'il devait penser d'un assistant, surtout d'un assistant qu'il n'avait jamais rencontré et qui venait de Saint Louis. Il ne comprenait pas pourquoi on ne lui avait pas permis d'employer quelqu'un de la ville ou même de Denver.

Durant toutes ces années, la seule personne qui avait travaillée avec lui de façon régulière au bureau avait été sa femme, Myra, et elle avait fait cela uniquement pour qu'ils puissent passer plus de temps ensemble. Elle n'avait jamais été payée pour ce qu'elle avait fait. C'est pour cela qu'elle avait finalement accepté l'emploi à la banque de Preston.

Il fronça les sourcils.

C'était il y a très longtemps et Myra avait fait du chemin dans la vie.

Pas comme lui.

Il lui semblait avoir fait du sur-place.

Il faisait exactement ce qu'il faisait déjà il y avait dix ans, bien que la masse de travail ait considérablement augmenté. Il était aussi seul que lorsqu'il avait installé le bureau et il avait le sentiment que le seul moment où il le quitterait serait lorsqu'on le sortirait dans un cercueil.

Il sourit avec ironie.

Il recommençait à être larmoyant.

Cela n'arrivait plus souvent cela dit.

Il avait accepté le genre de vie qu'il menait maintenant.

Myra et Samantha étaient de retour à Colorado Springs – du moins pour le moment – et la vie suivait son cours autour de lui.

Il redressa les épaules et sourit lorsque le jeune homme approcha.

Freddy étudia furtivement le grand opérateur du télégraphe un peu gauche et lui sourit avec amitié.

Il tendit la main. "Mr Bing ?" demanda-t-il. "Horace Bing ?"

Horace hocha nerveusement la tête et se frotta les mains moites sur son pantalon avant d'accepter la main tendue de Freddy. "Oui, oui," répondit-il. "Vous êtes Frederick ? Frederick McFarlane ?"

"C'est moi," dit le jeune homme en souriant davantage. "Sauf que j'apprécierais si vous m'appeliez Freddy...

On m'appelle Frederick seulement lorsque j'ai des ennuis."

Il rit et ajouta : "Je ne veux pas dire que c'est arrivé souvent... Je me sens plus à mon aise lorsque l'on m'appelle Freddy."

Appréciant la bonne humeur et l'honnêteté du jeune homme, Horace sourit et hocha la tête. "Et vous m'appellerez Horace..."

Il prit l'un des bagages de Freddy. "J'ai préparé une chambre pour vous à la pension de famille. C'est petit, mais Mrs Bailey s'occupera de vous... Je suppose que vous devez être assez fatigué après ce long voyage..."

Freddy sourit avec regrets. "Vous avez raison de dire 'long'," remarqua-t-il. "Je n'avais jamais été à l'ouest de Kansas City et pourtant, les montagnes et les plaines sont... euh... intéressantes... Elles finissent toutes par se ressembler au bout d'un moment..." Il fit un signe de tête vers la montagne entourée de soleil au loin. "C'est Pike's Peak, n'est-ce pas ? J'ai lu des choses sur la région avant de partir. Je voulais être sûr de connaître certaines choses de la ville avant d'arriver."

"C'est bien Pike's Peak," affirma Horace. "Vous allez devoir y faire un tour un de ces jours... Le paysage est vraiment très beau."


okapi  (06.05.2011 à 13:15)

Freddy hocha la tête.

"Je m'en souviendrai... Même si je doute que mes capacités de cavalier soient assez bonnes pour m'emmener là-bas pour l'instant."

"Elles s'amélioreront après un moment passé ici," conseilla Horace. "C'est le seul moyen de se déplacer... à moins que vous puissiez vous permettre d'acheter un cheval et un buggy..."

Ils atteignirent la porte du bureau et Horace se retourna vers le jeune homme. "Je dois trier le courrier qui vient d'arriver... et la fenêtre doit être ouverte jusqu'à cinq heures... Voulez-vous attendre ici ? Ou, je peux vous conduire à la pension de famille... ou au Grace's Café si vous avez faim..."

Freddy se tourna pour contempler la ville depuis le quai de la gare. "Je crois que je vais..." commença-t-il avant que son regard ne tombe sur la plus jolie fille qu'il ait jamais vue.

Elle marchait à grands pas dans la rue, dans un but précis, et ses cheveux auburn et bouclés lui retombaient sur les épaules.

Elle était mince, assez petite et avait des yeux étincelants qui reflétaient le sourire amical qu'elle adressa à Horace.

"Bonjour, Horace," dit Colleen Cook avec courtoisie. "Du courrier pour nous aujourd'hui ? Nous attendons du matériel médical de Chicago..."

Freddy ne parvenait pas à détourner son regard d'elle.

Elle se tenait à seulement quelques centimètres de lui et il aurait pu jurer qu'il sentait son parfum, un mélange de rayons de soleil et de fleurs odorantes.

Il avait envie de s'approcher et de la toucher.

Horace la regarda d'un air désolé. "Je n'ai pas encore trié le courrier de cet après-midi, Colleen," répondit-il. "Mais il y avait quelques petites choses ce matin."

Il commença à fouiller méthodiquement dans le tas de courrier.

'Colleen'. Il aurait dû deviner qu'elle portait un prénom aussi joli. Une colleen irlandaise – la peau pâle et douce, la couleur presque rouge des cheveux, les inflexions musicales de sa voix... Freddy se sentait l'âme poétique.

Il soupira.

Colleen se tourna en attendant Horace et remarqua les yeux de l'étranger fixés sur elle.

Elle lui sourit et se sentit mal à l'aise lorsqu'il continua à la fixer.

Elle détourna son attention vers Horace, prit la petite pile de lettres qu'il lui tendait, le remercia et partit vers la ville.

A environ vingt mètres plus loin, elle ne put résister à l'envie de se retourner et fut surprise de voir que le beau jeune homme la regardait encore.

Elle ne savait pas si elle devait se sentir flattée ou avoir peur.

Elle rougit et continua son chemin en vitesse.

 

 

"Chut, mon coeur... Tout va bien," fredonna Michaela en prenant dans les bras William en pleurs avant de le serrer tout contre elle.

"Chut..." répéta-t-elle doucement dans son oreille. "Est-ce que tu as faim ?... Tu as fait un mauvais rêve ?" murmura-t-elle avec amour en le berçant tendrement et en le plaçant dans la fine écharpe en cuir qu'elle portait à l'épaule.

Lorsque ses pleurs ne s'apaisèrent pas, elle marcha un peu dans le salon avant de s'asseoir dans le rocking-chair devant le feu.

"Wiyam enco- faim, maman ?" demanda Katie en secouant amèrement la tête.

Elle était assise devant la cheminée et jouait avec le dernier cadeau que lui avait fait son père : un ensemble de blocs de construction de couleurs et de formes variées. Elle essayait justement de reproduire leur maison, mais elle avait du mal à placer le toit sans que le tout ne s'écroule.

Michaela sourit. "Oui, mon coeur... On dirait bien," dit Michaela avant de défaire les boutons de sa robe bleue pâle.

Elle fit un peu remonter William, âgé maintenant de huit semaines, et le plaça devant son sein.

Les pleurs cessèrent immédiatement et furent remplacés par des soupirs de contentement et une sorte de ronronnement au fond de sa gorge.


okapi  (07.05.2011 à 13:30)

Elle lui caressa la tête en s'émerveillant devant le changement qu'avait subi ses cheveux autrefois épais et noirs. Ils étaient désormais plus fins, plus beaux et semblaient s'être déjà un peu éclaircis.

Il était toujours bruns, c'était certain, comparé à la couleur miel des cheveux de Katie, mais elle voyait pourquoi sa mère avait dit qu'il ressemblait un peu à Rebecca.

Elle sourit et pencha la tête pour l'embrasser sur le front.

Elle se sentait si bénie.

Oui, il y avait des jours où elle se sentait tellement fatiguée qu'elle aurait voulu dormir pendant une semaine, et oui, il y avait des fois où elle devait faire attention à apporter la même attention à sa petite fille de bientôt trois ans, mais dans l'ensemble, elle se sentait réellement bénie.

Tenir dans les bras, cajoler le fils qu'elle pensait qu'elle et Sully n'auraient jamais la comblait, et parfois, son coeur débordait de joie.

Michaela jeta un coup d'oeil à l'horloge.

Kathleen serait probablement de retour dans quelques heures.

Elle avait donc le temps de préparer le dîner.

Elle concentra à nouveau toute son attention vers son minuscule fils.

Katie se releva et se dirigea vers la chaise où sa mère et William étaient assis.

Elle les regarda pendant quelques minutes et, désintéressée, elle revint vers ses jouets posés au sol.

Au début, Michaela s'était sentie un peu embarassée de nourrir William devant elle.

Elle posait sans arrêt des questions, voulait tout savoir sur son nouveau petit frère.

Michaela se rappelait très bien la première fois que Katie avait regardé son frère téter.

Ses yeux s'étaient écarquillés et puis, très délicatement, elle avait tendu la main pour toucher la peau douce du sein gonflé de sa mère.

Elle n'avait rien dit, mais elle s'était appuyée contre Michaela et avait continué à les regarder.

C'était à Sully qu'elle avait dirigé ses questions : que faisait maman ? Etait-ce comme cela qu'elle avait été nourrie lorsqu'elle était bébé ? Pourquoi n'y avait-elle plus droit ? Comment sa mère arrivait-elle à fabriquer du lait ?

Sully avait été très patient et très aimant envers leur curieuse petite fille.

A la pensée de Sully, le coeur de Michaela s'accéléra.

Encore un jour et il serait à la maison.

Elle n'arrivait pas à croire à quel point il lui avait manqué.

Ils avaient décidé ensemble qu'il devait accepter l'offre de travail de Welland Smith mais elle n'avait pas vraiment voulu qu'il parte et elle était très impatiente de son retour.

Ce n'était pas son aide pour les enfants qui lui manquait, après tout, il y avait trois jeunes adultes à la maison toujours prêts à l'aider dans quoi que ce soit.

C'était lui qui lui manquait, sa gentillesse, son amour, son soutien et surtout ses bras protecteurs qui l'entouraient.

Ils n'avaient pas été 'ensemble' depuis maintenant trois mois et elle désirait vraiment son retour.

Elle lui avait même préparé quelques surprises.


okapi  (08.05.2011 à 09:07)

Elle souleva délicatement William et le changea de côté, en l'embrassant sur ses joues bien roses.

Lorsqu'il s'installa pour téter à nouveau, elle s'adossa contre la chaise et ferma les yeux, en pensant à son cher mari.

Katie leva les yeux de ses jouets et regarda sa mère qui paraissait endormie dans la chaise.

Elle se leva à nouveau et vint voir si William s'était également endormi.

Il le faisait souvent; manger et dormir !

Elle avait commencé à croire que c'était tout ce qu'il allait jamais faire.

Elle était debout, les mains sur les hanches, se demandant si elle devait réveiller sa mère.

Son père n'aimait pas ça lorsqu'elle le faisait, mais elle en avait un peu marre de jouer toute seule.

Elle fronça les sourcils tandis qu'elle réfléchissait aux différentes options qu'elle avait.

Il y avait peut-être quelque chose de bon à manger dans la cuisine... Un cookie appétissant, qui sait?

Elle se dirigea sur la pointe des pieds vers la cuisine.

Elle atteignit seulement la porte d'entrée car une pensée lui traversa l'esprit : elle pouvait aller se promener !

Son père l'avait emmené jusqu'au ruisseau l'autre jour. Ce n'était pas très loin.

Elle se dirigea vers la porte et regarda la poignée de cuivre.

Peut-être que si elle se mettait sur la pointe des pieds...

Wolf leva les yeux de sa position habituelle sur le porche et vit Katie sortir et fermer doucement la porte derrière elle.

Elle commença à descendre les marches et se tourna vers lui pour lui faire signe.

"Hé, Wo-f," appela-t-elle en se donnant une tape sur la cuisse comme elle avait vu ses frères et soeurs faire lorsqu'ils voulaient que Wolf les suive.

Il se leva, s'étira paresseusement et suivit la petite fille qui gambadait avec détermination vers la route.

 

 

Sully ralentit son cheval jusqu'à le faire simplement trotter et regarda le soleil qui venait de commencer sa descente vers l'ouest dans un ciel presque sans nuages.

L'air s'était enfin réchauffé après ce long hiver. La brise était cependant encore trop fraîche pour être agréable et le sol était souvent humide après une nuit de brouillard.

Il inspira profondément et se pencha pour donner à son cheval fatigué une tape reconnaissante dans le cou.

Il l'avait fait courir un peu trop vite, mais lorsqu'il avait eu la chance de pouvoir quitter Rawlins un peu plus tôt et de rentrer à la maison, il avait sauté sur l'occasion.

Durant ces cinq derniers jours, pendant son travail, il n'avait cessé de penser à Michaela, aux enfants et cela avait détrôné tout autre sujet de concentration.

Il avait hésité à accepter l'offre de Welland Smith aussi vite après la naissance du bébé, mais avec Michaela qui n'avait pas repris le travail, ils avaient besoin d'argent.

Elle lui avait assuré que tout se passerait bien durant son absence, mais il avait compris en voyant ses  yeux qui brillaient, qu'elle était un peu inquiète qu'il parte.

Il était finalement parti, lundi dernier, mais il était en colère contre lui-même car il n'avait pas réussi à se dévouer totalement à ce qu'il avait dû faire.

Il donna un léger coup de pied dans les côtes de son cheval pour qu'il garde l'allure.

S'ils continuaient à avancer à ce rythme, ils seraient à la maison en fin d'après-midi, un jour plus tôt que prévu.


okapi  (09.05.2011 à 13:41)

Ses pensées se concentrèrent à nouveau sur sa femme.

Durant ces dernières six semaines, il avait observé une Michaela contradictoire.

Un jour, elle savourait le fait d'être à la maison avec Katie et William, appréciant leurs bêtises, sans penser à rien d'autre, et, le lendemain, elle était agitée, anxieuse de son retour à la clinique et voulant à tout prix s'occuper de ses patients.

Il se souvint qu'elle avait également eu beaucoup de doutes après la naissance de Katie et il sourit, même si ce sourire fut remplacé par un froncement de sourcils.

Il se sentait coupable de l'avoir laissée seule avec les enfants.

Bien sûr, Kathleen et les garçons se seraient certainement fâchés s'il leur avait dit cela.

Ils protégeaient beaucoup Michaela en ce moment, tellement qu'il savait qu'elle avait parfois envie de solitude, d'être seule pour pouvoir s'habituer à son nouvel enfant.

Evidemment, Brian avait dû reprendre l'école et Matthew avait commencé la construction de sa nouvelle maison.

Sully ressentit à nouveau de la culpabilité.

Il avait promis à Matthew qu'il l'aiderait et il avait pourtant dû partir.

Il essaierait de rattraper le temps perdu dès qu'il saurait que Michaela et les petits allaient bien.

A la pensée qu'il allait bientôt revoir sa femme et ses deux enfants, il poussa inconsciemment son cheval à galoper.

Il ne voulait pas manquer un jour de plus du développement de William et regarder Katie dans son nouveau rôle de grande soeur était délicieux.

Il avait hâte de pouvoir passer du temps avec eux.

Il vit enfin la maison et il sourit de soulagement en remarquant les petites colonnes de fumée qui sortaient des deux cheminées, indiquant qu'il y avait quelqu'un à l'intérieur.

Réalisant que les enfants dormaient peut-être, il fit stopper son cheval, glissa de la selle et marcha dans la cour.

Il l'attacha à la clotûre du corral et s'avança à grandes enjambées vers la porte d'entrée ornée.

A l'intérieur, tout était comme il l'avait imaginé, en ordre (sauf pour les jouets devant la cheminée) et accueillant.

L'odeur alléchante du café tout juste préparé lui monta au nez et il se rendit dans la cuisine pour y faire une petite inspection.

Puis il s'arrêta.

La maison était si calme – aucun bruit de rires d'enfants ou de pleurs, aucun pas, aucune conversation.

Il monta rapidement à l'étage, supposant que les enfants et Michaela faisaient une sieste, mais toutes les chambres étaient vides.

Ils étaient peut-être partis se promener.

Il se rappela que lorsque Katie était bébé, il l'emmenait souvent se ballader dans le chariot. Elle semblait s'endormir plus rapidement avec le mouvement.

Il descendit les escaliers et repéra immédiatement Michaela, endormie dans le rocking-chair, William blotti dans ses bras.


okapi  (10.05.2011 à 13:20)

Il sourit.

Il ne se lassait jamais de regarder sa femme et son fils se reposer.

Il traversa rapidement la pièce et s'agenouilla aux pieds de Michaela.

Sa robe était toujours défaite après avoir nourri le bébé, mais elle avait rassemblé les deux bords de sorte que son corset était légèrement visible en dessous.

Elle semblait si fragile et magnifique à la fois.

Il baissa le regard vers son fils et tendit la main pour lui caresser la joue.

Sa peau était douce et pâle, mais il avait vraiment l'air en bonne santé et cela rendit son père très fier.

Sully regarda le visage de Michaela.

Elle avait de légers cercles noirs autour des yeux mais elle semblait en paix et on aurait di qu'elle souriait.

Il se pencha pour l'embrasser.

Michaela gémit doucement alors que son rêve avec Sully devint plus sensuel et plus vrai.

Elle se pencha un peu et il l'embrassa à nouveau.

Elle soupira de délice.

Lorsqu'il posa la main sur sa joue, elle ouvrit les yeux, se sentant légèrement désorientée.

Son rêve ne se dissipa pas tout de suite, elle sourit lorsqu'elle comprit ce qui se passait et lui dit : "Tu es à la maison... en avance..."

Il hocha la tête. "Oui... J'ai chevauché toute la journée. Je voulais rentrer à la maison, vers ma famille." Il se pencha à nouveau et l'embrassa.

"Je suis heureuse," murmura-t-elle. "Tu m'as manqué..."

"Tu m'as manqué aussi... Je n'ai pas arrêté de penser à toi," répondit-il, la voix basse et presque rauque.

"Tout s'est bien passé ?"

"Oui... Mais le coeur n'y était pas... Je voulais être ici..."

Elle sourit et prit sa main dans la sienne. "Je suis contente que tu sois ici maintenant."

Elle l'embrassa doucement sur les lèvres.

Il lui caressa le visage d'un doigt.

"C'est très calme," dit-il. "Où sont les autres ?"

"Brian devait aller à Palmer Creek après l'école, Matthew travaille pour sa maison et Kathleen est partie en ville s'occuper de Michael pour Grace," répondit Michaela, incapable de détourner le regard de son visage.

"Et Katie ?" demanda-t-il. "Elle est avec Kathleen aussi ?"

"Non, elle est ici," répondit immédiatement Michaela.

Elle jeta un coup d'oeil vers le tas de jouets devant l'âtre et elle fronça les sourcils.

"Elle jouait là," commenta-t-elle. "Avec ces nouveaux jouets que tu lui as fait."

Sully rit.

"Elle est probablement partie à l'étage," dit-il avant de froncer lui aussi les sourcils. "Mais j'y suis monté et je ne l'ai pas vue."

Michaela balaya la pièce silencieuse du regard.

"Elle s'est peut-être couchée sous les escaliers... Elle le fait parfois."

Sully se leva et partit voir.

Il réapparut rapidement.

"Elle n'y est pas, Michaela... Elle est nulle part," dit-il, anxieux.


okapi  (11.05.2011 à 13:11)

Chapitre 2 :

"Une nouvelle charge de bois est arrivée de Denver aujourd'hui," dit fièrement Matthew à Kathleen qui était assise à côté de lui dans le chariot. "Lorsque Sully reviendra, nous avancerons plus vite... C'est plus facile de travailler à deux..."

"Ne te fatigue pas trop, Matthew... Ce n'est pas grave si tout n'est pas fini pour l'été. Nous pouvons terminer certaines choses après," dit Kathleen.

"Je veux que tout soit parfait pour toi, c'est tout !" répondit Matthew, lâchant une rêne de sa main pour prendre celle de Kathleen.

"Parfois, l'été me paraît si loin... et quand je pense à tout ce qui doit être fait ça me semble trop près."

Kathleen baissa les yeux vers leurs mains emmêlées.

"J'ai hâte, Matthew..." dit-elle timidement. "Je pensais vraiment ce que je t'ai dit pour la maison... ça n'a pas d'importance s'il y a encore du travail à faire... Du moment que nous ayons des murs et un toit..."

"Mais tu es habituée à avoir une grande maison chic avec des servants... ça ne serait pas bien si tu devais aller chercher de l'eau au ruisseau ou cuisiner sur un feu installé au milieu de la pièce..."

Il leva sa main jusqu'à ses lèvres. "La maison sera finie... Et si je dois travailler jour et nuit pour cela..."

Kathleen rit et protesta d'un air espiègle : "Mais alors, je ne te verrais même plus..."

Il lui embrassa à nouveau la main.

"Nous pourrons rattraper tout le temps perdu quand nous serons mariés," dit-il avec un grand sourire.

"Mariés ! Je n'arrive toujours pas à y croire," s'exclama Kathleen avec excitation. "Thomas était loin de se douter ce qu'il allait m'arriver en m'emmenant ici..."

"Je crois que ton grand frère préfèrerait ne jamais avoir mis les pieds à Colorado Springs," rit Matthew.

"Oh... Je n'en suis pas sûre... Il adore le travail qu'il fait avec le Sénateur Dinston... Il fait des choses bien plus passionnantes ici que ce qu'il faisait dans l'Est," répondit Kathleen. "Et nous sommes près l'un de l'autre... Sincèrement, c'était le seul doute que j'avais en restant ici... Il est la seule famille que j'ai et vivre si loin de lui aurait été difficile."

Matthew hocha la tête et ajouta en souriant : "Tu as une bien plus grande famille, maintenant... avec moi, le Dr Mike, Sully, Brian, Colleen, Andrew et les enfants..."

Elle posa la tête sur son épaule. "Oui... et je les adore tous." Elle leva les yeux vers lui. "Mais un en particulier."

"Et qui est cette personne ?" la taquina-t-il.

"Oh... Un certain jeune homme qui me construit une maison... de ses propres mains," dit-elle doucement.

"Et aussi avec celles de Sully, Brian et Robert E," ajouta-t-il.

Elle rit. "Ce n'est pas grave," sourit-elle. "Je l'aime quand même."

Matthew fit claquer les rênes pour qu'ils reprennent un peu d'allure tandis qu'ils s'approchaient de la maison.

Le soleil, qui allait presque disparaître derrière les montagnes, colorait les sommets de jaune.

Il y avait peu de vent, alors, même si cela avait été une journée de printemps assez fraîche, ils n'avaient pas besoin de gants ni d'écharpes.

La maison des Sully apparut dans le lointain, nichée entre les collines et Kathleen soupira.

"Dans peu de temps, nous ferons le chemin en chariot jusqu'à notre propre maison," dit-elle, rêveuse.


okapi  (12.05.2011 à 13:46)

"Oui," acquièsça Matthew.

Il plissa les yeux lorsqu'il repéra quelque chose dans la cour de la maison.

"On dirait que Sully est de retour," remarqua-t-il. "Je crois que c'est son cheval qui est attaché à la barrière."

Kathleen sourit. "Michaela va être contente... Il lui a manqué," dit-elle.

Lorsqu'ils arrivèrent dans la cour, Michaela apparut sur le porche avec William dans les bras. "Matthew ! Kathleen!" les appela-t-elle avec anxiété.

Dès que le chariot fut stoppé, elle descendit les marches en vitesse et vint jusqu'à eux.

"Katie a disparu," dit-elle, sur le point de pleurer.

"Nous l'avons cherchée partout... Sully est en train de la chercher. On pensait qu'elle était dans la maison, mais lorsqu'on ne l'a pas trouvée, on est sorti... Sully a réalisé que Wolf n'était pas là non plus... Il est sûrement avec elle."

Matthew sauta au sol et passa le bras autour des épaules de Michaela.

"Si Wolf est avec elle, elle ira bien, maman," dit-il pour la rassurer. "Dans quelle direction Sully est-il parti ?"

Elle indiqua le Nord.

"Il a pensé qu'elle s'était peut-être dirigée vers le fourré où il l'avait emmenée quelques fois pour voir la biche..."

Des larmes furent sur le point de couler de ses yeux. "Je ne sais pas ce que je ferais s'il lui arrivait quelque chose."

Kathleen se précipita aux côtés de Michaela et tendit les bras vers le bébé qui somnolait.

"Donnez-moi William... Je ne connais pas assez les environs, mais vous oui... Pourquoi vous et Matthew ne rejoigniez pas Sully pendant que je reste ici ?"

Matthew fronça les sourcils. "Je devrais peut-être aller en ville chercher de l'aide..." songea-t-il avec inquiétude.

Kathleen se redressa soudain et dit à Michaela avec fermeté : "Depuis combien de temps pensez-vous qu'elle soit partie ?"

"Peut-être une heure environ avant que Sully arrive... Je me suis endormie," avoua Michaela avec culpabilité.

"Très bien," dit Kathleen. "Jusqu'où peut aller un bambin en simplement une heure ? Matthew... Va seller ton cheval et Eclair pour Michaela... Vous allez trouver Katie... Ne cessez pas de crier son prénom."

 

Sully avait une boule dans la gorge.

Il avait essayé de retrouver la trace de Katie, mais elle était si légère et petite qu'elle ne laissait presque pas de marques sur le sol, sauf aux quelques endroits où les feuilles des arbres avaient permis à la terre de rester sèche.

Mais il avait eu plus de chance avec les empreintes de Wolf.

Il priait pour que l'animal soit resté avec l'enfant et l'ait mis hors de danger.

Il avait été surpris que leurs traces ne le mènent pas vers le fourré.

Il avait pourtant cru que c'était là qu'elle était partie.

Au lieu de cela, les pas se dirigeaient vers le nord-est, vers le ruisseau.

Puis, il se souvint soudain et avala sa salive.

Un après-midi ensoleillé, il y avait seulement une semaine environ, lorsque Michaela et William s'étaient tous les deux endormis, il avait pris Katie sur les épaules et l'avait emmenée au ruisseau.

Elle avait été fascinée par l'eau peu profonde mais rapide qui brillait lorsqu'elle coulait sur des pierres lisses.


okapi  (13.05.2011 à 14:50)

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Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

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Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

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Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

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