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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
C'est alors qu'il sentit quelqu'un le frôler et la seconde d'après, Colleen Cook était assise à côté de sa mère, s'extasiant sur quelques croquis qu'elle avait en main.
Il la maudit : la jeune femme du médecin avait ruiné sa journée.
Il voulut un instant réitérer la même excuse que la nuit dernière, mais il jugea qu'il ne valait mieux pas.
Il était plus sage d'être plus circonspect.
Il grinça des dents et s'assit dans le siège à côté de Kathleen Enders.
Parfois, des plans marchaient à merveille, et d'autres fois non.
Il aurait beaucoup d'autres possibilités, il en était certain.
Il fit un rapide sourire à la jeune femme et ouvrit en grand le journal qu'il avait acheté au kiosque de la gare.
Michaela soupira intérieurement de soulagement lorsque sa fille vint soudain s'asseoir à côté d'elle.
Elle l'avait fait d'une manière si inattendue qu'elle s'était demandée sur le coup si Colleen ne l'avait pas fait délibérément pour défaire le stratagème d'Adrian.
Si c'était le cas, elle bénit en silence la ruse de sa fille.
Si elle se trompait, elle remerciait Dieu de sa chance.
Elle prit avec bonheur les bras de Colleen tandis qu'elles discutaient avec excitation du mariage imminent tout en attendant avec impatience leur retour parmi leur famille.
Chapitre 20 :
Michaela enveloppa d'une couverture son bébé endormi dans son berceau et tira un peu les rideaux pour empêcher le soleil de cette fin d'après-midi d'entrer à travers la fenêtre de la chambre.
Elle baissa le regard vers lui : il dormait si paisiblement, inconscient de tout ce qui pouvait se passer autour de lui.
Du moment qu'il était bien nourri et au chaud, il était satisfait.
La vie changeait tellement avec les âges.
Elle soupira doucement.
Venant de derrière, deux grandes mains aimantes se posèrent avec tendresse et en silence sur ses hanches, glissèrent vers l'avant pour l'attirer légèrement en arrière et Michaela se blottit contre le torse musclé de Sully.
Elle avait lutté contre le besoin de lui tomber dans les bras dès que le train s'était arrêté à la gare de Colorado Springs, il y avait un peu moins d'une heure, et maintenant, elle était enfin là où elle désirait désespérément être.
Elle inspira profondément et se retourna pour plonger ses yeux dans son regard bleu azur.
Libérant son désir, elle tendit la main derrière sa nuque et attira sa tête vers elle pour pouvoir l'embrasser sur la bouche.
D'abord surpris par l'attitude inattendue de Michaela, Sully succomba vite à son désir et le baiser s'intensifia soudain, avec urgence, en une intéraction vivifiante de lèvres et de langues qui se mêlaient.
Après quelques secondes, il tenta de se reculer, mais elle le poussa à continuer cet ardent baiser qui allait rapidement mener à quelque chose qu'il n'était pas certain de pouvoir contrôler.
Son coeur battait deux fois sa vitesse normale, mais il réussit finalement à se maîtriser un peu, se redressa et regarda son visage rougi et ses yeux brûlants.
"Michaela ?" demanda-t-il d'étonnement.
Elle baissa le regard avec embarras et murmura : "Tu m'as manqué."
Il posa la main sous son menton et lui leva doucement le visage pour qu'elle le regarde.
"C'était seulement une nuit," la taquina-t-il gentiment tout en lui caressant les lèvres avec son pouce.
"Je sais," répondit-elle tout bas.
Elle s'avança pour être tout contre lui.
"Mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas me manquer," chuchota-t-elle, la voix assourdie par sa chemise qu'elle était justement en train de soulever de son pantalon afin de pouvoir toucher sa peau nue.
"Non, bien sûr que non..." répondit-il en lui caressant le dos à travers sa robe de voyage.
Il avala difficilement sa salive tandis qu'elle continuait d'éveiller ses sens.
"Alors, j'ai aussi une confession à te faire," murmura-t-il, le souffle saccadé.
Elle le fixa dans les yeux.
"Tu m'as manqué aussi," admit-il tout bas. "J'ai eu du mal à me faire à ton absence..." Il se pencha pour l'embrasser à nouveau.
"Cela a été pareil pour moi..." admit-elle finalement tout en se régalant de la sensation de sa peau sous ses mains et de la chaleur de son corps contre le sien.
Il passa les mains avec amour sur son dos et ses épaules et lui embrassa les tempes.
Son corps bouillonnait et, même s'il le désirait vraiment, il savait que le moment n'était pas approprié pour prolonger leur envie.
"Matthew, Brian et Katie préparent le souper," expliqua-t-il doucement, incapable de vraiment se défaire de ses caresses et de ses courbes féminines.
"Hum," reconnut-elle quelque peu distraite tout en continuant à lui caresser le corps de ses mains expertes.
Il les saisit soudain et les apporta à ses lèvres pour les embrasser.
"Ils vont nous attendre en bas," dit-il.
"Qui donc ?" marmonna-t-elle avec un froncement de sourcils en amenant sa grande main contre sa joue.
"Les enfants," expliqua-t-il une nouvelle fois. "Ils préparent le souper..."
"Vraiment ?"
"Oui... Katie aussi..."
Lorsqu'elle entendit le prénom de leur fille, elle sourit. "Ah bon ? Et les garçons la laissent faire ?"
"Oui... Je ne sais pas ce qu'elle fait, mais elle pense qu'elle aide..."
Michaela rit.
"Oui, j'imagine."
Elle soupira.
"C'est si bon d'être à la maison... Et n'oublie pas que c'est quelqu'un qui aimait voyager et découvrir de nouvelles choses qui te dit ça..."
Elle leva le regard vers lui.
"Ce serait différent si tu étais avec moi, bien sûr..."
"On verra ce qu'on peut faire à ce sujet," répondit Sully. "J'étais couché dans le lit hier soir, je me demandais ce que tu faisais, à quoi tu pensais, et j'aurais aimé être là-bas avec toi... Est-ce que tu t'es bien amusée ?"
demanda-t-il avec un sourire avant d'écarter une mèche de cheveux de son visage.
"Oui..." répondit-elle en baissant les yeux.
"Est-ce que William a causé des ennuis ?" demanda Sully avec inquiétude. "Les filles t'ont bien aidée, n'est-ce pas ?"
"Les filles ont été formidables," répondit-elle tout bas.
Il lui releva doucement la tête une nouvelle fois.
"Mais ?"
Elle haussa les épaules.
"Nous avons passé du bon temps à organiser le mariage de Kathleen et Matthew," répondit-elle dans le vague.
"Mais ?" lui souffla-t-il à nouveau.
Elle avala sa salive et inspira.
"Michaela ?" s'enquit Sully avec inquiétude.
"Ce n'est rien," répondit-elle finalement.
Essayant de changer de sujet, elle demanda en souriant : "Et comment a été Katie pendant mon absence ?"
"Tu lui as manqué," répondit-il en vitesse.
"Dis-moi ce qui te perturbe, s'il te plaît..." l'implora-t-il.
Elle avala à nouveau sa salive et déclara d'une petite voix : "Adrian Tilson était à Denver lui aussi..."
"Vraiment ?" demanda prudemment Sully, toujours dérouté par l'attitude étrange de sa femme envers cet homme.
"Oui... Il nous a rencontré dans la rue et a insisté pour nous emmener toutes dîner hier soir..." expliqua-t-elle.
Il plissa les yeux après avoir bien observé le visage de Michaela tandis qu'elle parlait.
"Tu n'as pas beaucoup aimé, n'est-ce pas ?" demanda-t-il en lui serrant la main pour la rassurer.
Elle secoua la tête et parut légèrement honteuse.
"Je... Je ne suis pas sûre que cela ait été un accident... Le fait qu'il soit là-bas..." révéla-t-elle d'une voix si basse qu'il eut du mal à la comprendre.
Il fronça les sourcils.
"Qu'est-ce que tu veux dire ?" demanda-t-il.
Lorsqu'elle resta silencieuse, il reprit : "J'aimerais que tu me dises tout sur cet homme, parce que je sais que tu me caches des choses..."
Elle le regarda dans les yeux et des rides d'inquiétude s'étaient formées sur son front.
"C'était il y a si longtemps, Sully... Et il est le frère de Miriam. S'il te plaît, je préfèrerais ne pas en parler..."
Il l'attira contre son torse.
"Je ne sais pas ce que je ferais s'il t'était arrivé quelque chose, Michaela," dit-il doucement mais avec force.
"Je te promets que si jamais tu veux m'en parler, je t'écouterai, et je ne ferai rien à moins que tu me le demandes..."
Michaela se mordit la lèvre inférieure et ouvrit la bouche pour parler, mais se ravisa.
Elle lui entoura la taille de ses bras et posa la joue contre son torse puis, elle dit doucement : "Ce n'est rien, Sully... Voilà tout ce qui importe... toi et moi, notre famille... C'est tout ce qui compte..."
Elle se leva sur la pointe des pieds et l'embrassa avec tendresse.
Avant que le baiser ne s'enflamme comme le précédent, Sully se recula. "Le souper est probablement prêt," dit-il avec hésitation. "Nous ferions mieux d'y aller..."
Michaela, l'espace d'un instant, eut l'air malheureux, mais elle sourit. "Bien sûr," dit-elle. "Ils vont se demander où nous sommes passés... et ce que nous faisons."
Elle prit la main de son mari. "Viens, j'ai un peu faim."
Le regard sensuel de Michaela lui apprit que sa faim n'avait peut-être pas seulement un rapport avec la nourriture.
Il lui sourit en retour, essayant de cacher le sentiment d'inquiétude qu'il ressentait, et la conduisit hors de la chambre afin d'aller souper en famille.
"Maman, maman !" criait Katie avec excitation tandis qu'elle traversait le pré de l'église en courant aussi vite que ses petites jambes le permettaient.
Elle tenait dans les mains quelques fleurs sauvages déjà fanées, mais pour elle, elles constituaient le plus élaboré des bouquets.
Michaela la regarda et grimaça lorsque la petite fille trébucha et tomba à genoux avant de se reveler et de continuer comme si de rien n'était.
Elle arriva enfin, jeta les fleurs à sa mère et s'écroula sur ses genoux, à bout de souffle.
Michaela rit et l'enlaça avec amour.
"Elles sont magnifiques, mon coeur," reconnut-elle en l'embrassant sur la joue.
Elle leva les yeux vers Kathleen qui arrivait de la même direction et qui souriait avec indulgence.
"Nous sommes allées jusqu'au ruisseau, Michaela," expliqua-t-elle.
"N'est-ce pas, Katie ?" ajouta-t-elle.
La petite fille hocha la tête et regarda sa mère.
"J'ai faim," dit-elle avant de tendre le bras pour fouiller dans le panier de pique-nique.
Michaela écarta rapidement le panier hors de portée de sa fille.
"Je ne suis pas surprise que tu aies faim, mon coeur... C'était une longue promenade... Et je te promets que dès que papa revient de la clinique, nous pourrons manger..." la consola-t-elle.
La petite fille eut des doutes pendant un instant, mais fut distraite par Colleen, assise à côté de sa mère, qui lui tendit les bras.
Elle tomba avec excitation dans les bras de sa grande soeur et commença une discussion avec son langage bien à elle au sujet de sa nouvelle robe, comparée à celle de Colleen.
Autour d'eux, beaucoup de familles de la ville étaient installées sur leurs propres couvertures et profitaient du pique-nique après la messe par un beau dimanche ensoleillé de printemps.
Le coeur de Michaela débordait presque d'amour et de fierté à la vision de sa famille assise autour d'elle : Colleen et Andrew, Matthew et Kathleen, Brian et les enfants.
Son sourire devint encore plus grand lorsqu'elle repéra Sully qui avançait vers eux depuis la clinique avec une couverture supplémentaire sous le bras.
Elle avala sa salive en repensant à leur long acte d'amour passionné la nuit d'avant, lorsqu'ils avaient enfin été capables de retourner dans leur chambre.
Il avait plaisanté en disant qu'elle devrait peut-être partir plus souvent, mais ils reconnaissaient tous les deux le fait que leur désir de l'autre grandissait chaque jour, qu'ils soient ensemble ou non.
Il les rejoignit et étendit rapidement la couverture à côté de Michaela avant de lui prendre William, bien réveillé, des bras.
Il s'installa à côté de sa femme et posa la main sur le petit ventre de son fils, comme pour le protéger.
Il balaya ensuite les alentours du regard.
"Beaucoup de monde a décidé de rester aussi," commenta-t-il.
"Oui... Ça doit être ce merveilleux temps printanier," supposa-t-elle.
Elle leva les yeux tandis que Grace, Robert E et leur fils Michael de six mois s'installaient près d'eux.
Michael arrivait à un âge où il devenait très actif, il gigotait dans tous les sens, se levait maladroitement sur ses genoux et causait parfois du souci à ses parents lorsqu'il réussissait à faire quelque chose qu'ils ne le pensaient pas capable de faire.
Michaela sourit.
Ils apprendraient bientôt à ne jamais sous-estimer les capacités de leur enfant.
Elle tendit la main pour caresser gentiment la jambe de sa fille tandis qu'elle jouait avec Colleen.
Seulement quelques minutes plus tard, tout le clan des Sully savourait leur pique-nique.
Avec la contribution de Michaela, Kathleen et bien sûr de Colleen, la redoutable cuisinière, il y eut des soupirs de plaisir et de satisfaction dans les rangs.
"Hum... Cette tourte aux oeufs et au bacon était délicieuse, Colleen," remarqua Michaela en s'essuyant la bouche avec sa serviette.
"Oh oui," soupira Sully en souriant.
Il tendit le bras pour essuyer la bouche collante de Katie alors qu'elle dévorait le dernier morceau de tourte.
Colleen sourit de bonheur.
"J'ai apporté un gâteau pour la suite," offrit-elle. "Au chocolat," ajouta-t-elle, bien consciente de l'effet que cela allait voir sur Sully, ou plus précisément sur son estomac.
La lueur de réponse qu'il y eut dans ses yeux était tout ce dont elle avait besoin.
Elle saisit son panier de pique-nique et en sortit une assiette où le gâteau, coupé en tranches et couvert d'un linge, était posé.
Pendant ce temps, Michaela regardait l'arrivée de deux visages familiers.
"Horace... Freddy," les salua-t-elle tandis qu'ils touchaient tous les deux le bord de leurs chapeaux. "Vous vous joignez au pique-nique ?" demanda-t-elle en remarquant que leurs mains étaient vides.
"Oui, Dr Mike," répondit Horace avec sa franchise habituelle. "La famille Matthew nous a invité à les rejoindre." Il indiqua leur groupe un peu plus loin.
Michaela sourit. "Bien," dit-elle. "Et Freddy... Comment va cette main ?"
Le beau jeune homme s'avança et se courba pour montrer sa main autrefois blessée au docteur.
"Presque entièrement guérie, Dr Mike," dit-il avec satisfaction.
Il serra et desserra le poing.
"Aucune douleur ni rien," ajouta-t-il.
Il baissa le regard sur Colleen.
"Grâce à vous et à votre magnifique fille, je me sens très bien maintenant..."
Colleen rougit et baissa les yeux sur le panier de pique-nique.
Michaela sourit tristement.
"Je suis contente de l'entendre," répondit-elle.
Elle fit un signe de tête vers la destination où les deux hommes devaient se rendre.
"Je crois que les Matthews vous attendent."
Freddy se redressa et eut du mal à diriger son regard ailleurs que sur la jeune femme gênée assise sur la couverture.
"Ah... Nous ferions mieux d'y aller alors, n'est-ce pas Horace ?" dit-il.
Il se courba légèrement.
"Dr Mike, Colleen... tout le monde..."
Il réajusta son chapeau sur la tête et traversa doucement le pré, avec Horace qui le suivait de près.
Michaela jeta un regard plein de doutes à sa fille et elle remarqua que la jeune fille suivait les deux hommes des yeux.
Cependant, elle ne fut pas la seule à voir où l'attention de Colleen était dirigée.
Andrew fronça les sourcils et se leva soudain.
Toujours poli, il se courba légèrement devant Michaela et annonça : "J'ai bien peur de ne pas pouvoir rester plus longtemps... J'ai quelques lettres à écrire... Je te vois à la maison, Colleen... Ce n'est pas la peine de te dépêcher."
Il saisit son chapeau sur la couverture, épousseta le bord avec sa manche et le mit sur la tête.
"Bon après-midi tout le monde," dit-il avant de tourner les talons et de marcher avec résolution vers la clinique.
Le regard de Colleen quitta la direction des Matthews pour revenir sur son mari qui était déjà parti.
Elle fronça les sourcils et serra les mâchoires.
Michaela tendit le bras et posa la main sur celle de sa fille.
"Tu ne crois pas que tu devrais aller avec lui ?" lui suggéra-t-elle tout bas.
Colleen lui lança un regard fâché.
"Il sait qu'il n'y a rien entre Freddy et moi, maman... Il se comporte juste d'une façon stupide... Je ne vais pas le suivre et m'asseoir gentiment sur une chaise pendant qu'il écrit des lettres..."
"Tu es certaine qu'il sait que tu ne ressens rien pour Freddy ?" lui répéta sa mère.
"Bien sûr qu'il le sait... Il est mon mari, pour l'amour du ciel... Freddy est un ami."
"Oui," répondit Michaela, les sourcils levés.
"Pourquoi une femme ne peut-elle pas avoir d'ami masculin sans que tout le monde pense le pire ? Ce n'est pas juste," déclara Colleen avec ferveur.
"Du moment que tu es sûre de ce que tu fais, Colleen... et que ton mari est certain des sentiments que tu as pour lui, il n'y a aucune raison pour que Freddy ne soit pas ton ami," conseilla Michaela. "Mais Andrew pourrait voir les choses différemment."
"Mais je ne vois pas pourquoi," riposta Colleen.
Michaela regarda Sully, qui avait écouté la conversation, mais il resta silencieux.
Elle donna l'impression de réfléchir à quelque chose pendant un instant, puis inspira profondément avant de se tourner vers sa fille.
"Tu te rappelles quand Daniel est arrivé en ville pour la première fois ?" demanda-t-elle.
Colleen hocha la tête, alors elle reprit : "Parce qu'il était l'ami de Sully, j'ai voulu qu'il devienne le mien aussi... Cependant, au bout d'un moment, les sentiments se sont mélangés... et la pire chose pour moi a été que Sully a mal interprété ce que je ressentais pour Daniel. Je ne l'ai jamais vu autrement que comme un ami... Mais Sully ne pouvait pas le savoir... Et ce que faisait Daniel n'arrangeait pas les choses."
"Est-ce que tu veux dire que c'est pareil pour moi et Andrew avec Freddy ?" demanda Colleen en fronçant les sourcils.
"Disons juste que Freddy peine à cacher le fait qu'il est épris de toi... Tu veux qu'il soit ton ami, et comme un vrai gentleman, il essaie de s'en contenter... Mais Andrew voit peut-être la situation sous un tout autre angle…" expliqua Michaela avec douceur.
Colleen la regarda d'un air triste.
"S'il m'aime vraiment, il devrait me faire confiance, maman," protesta-t-elle.
Sully se pencha et ajouta tout bas : "Les hommes ne voient pas toujours les choses de la même façon que les femmes."
Ses épaules s'affaissèrent.
"Donc, vous pensez que je ferais mieux de rentrer à la maison pour lui parler ?" demanda-t-elle à ses parents.
"Tu fais ce que tu veux, Colleen," conseilla Michaela. "Mais ne te fais pas des idées infondées sur la réaction d'Andrew."
Elle grimaça intérieurement lorsqu'elle remarqua la réaction tendue de Colleen à l'écoute de ce qu'elle venait de dire.
"Mais je ne veux pas forcément dire que tu t'en fais."
Il y eut un long silence durant lequel Colleen digéra la sagesse de ses parents, mais tous furent intérieurement soulagés lorsque les petits cris aigus de Katie vinrent dissiper la tension.
Comme elle en avait marre d'être tranquillement assise avec sa famille alors que tout le monde finissait son repas, elle avait finalement persuadé Matthew et Kathleen de jouer avec elle.
Ils étaient sans cesse en train de la jeter en l'air, entre eux, tandis qu'elle criait de la faire aller plus haut.
Alors que quelques minutes plus tôt avait lieu une conservation sérieuse et pénible, les visages de la famille s'éclairaient maintenant de rires et de sourires.
Michaela sortit de la clinique, avec William endormi dans ses bras, et se dirigea vers le pique-nique, dans le pré.
Heureusement, il s'était nourri rapidement aujourd'hui, comme si l'air fraîs le rendait aussi affamé que les autres, et il s'était endormi sans agitation.
Elle pouvait déjà remarquer tellement de différences en lui durant ces quelques mois depuis sa naissance.
Il était plus bien conscient de ce qui se passait autour de lui et semblait rester éveiller plus longtemps chaque jour, et parfois la nuit, entre ses 'repas.'
Elle elle souleva et l'embrassa sur le front tout en marchant.
Dans le pré, elle vit que les jeunes gens étaient maintenant en train de jouer joyeusement au baseball.
Entouré de cris et d'encouragements, Brian s'élançait sans cesse de base en base dans le but de rejoindre le marbre.
Elle rit lorsque la balle, lancée par Matthew, atterrit comme une fusée dans les bras du receveur et Brian fut déclaré hors jeu, à son plus grand regret.
Elle pressa le pas pour rejoindre sa famille.
C'est à ce moment-là qu'elle aperçut Dorothy à côté de Sully sur la couverture et accéléra davantage vers elle.
Elle s'était demandée où Dorothy avait passé la journée d'aujourd'hui, mais lorsqu'elle repéra également Nuage-Dansant avec sa famille, la raison de son absence devint évidente.
Elle sourit à Dorothy tandis qu'elle approchait.
"J'ai pensé à vous aujourd'hui... Et où vous pourriez bien être," la taquina-t-elle dès que son amie rousse fut assez près pour l'entendre.
Dorothy rougit immédiatement mais continua à marcher et atteignit Michaela alors qu'elle posait le pied sur le pont en bois au-dessus du ruisseau.
Elle s'arrêta et se retourna pour regarder vers le pique-nique.
"Je pense que vous pouvez deviner où j'étais, Michaela," dit-elle en souriant.
"Oui, je crois que je peux," répondit Michaela en avançant.
Dorothy tendit le bras et saisit gentiment celui de son amie.
"Michaela," dit-elle doucement. "Sully m'a dit que vous nourrissiez William... J'espérais qu'on puisse parler un peu... avant de rejoindre les autres..."
Michaela s'arrêta immédiatement et répondit : "Bien sûr... Si vous le voulez..."
Elle s'adossa contre la rambarde du pont. "De quoi vouliez-vous parler ?"
"Eh bien..." commença Dorothy avec hésitation. "En fait... Je... Je me demandais si Brian vous avez dit pourquoi nous avions pris du retard sur le chemin du retour..."
Michaela secoua la tête.
"Non... il n'a rien dit," répondit-elle. "J'ai juste supposé que le retour vous avait pris plus de temps que prévu..."
Dorothy baissa le regard vers les planches en bois du pont, même si un sourire tentait de se dessiner sur ses lèvres et que ses yeux brillaient inhabituellement.
"Ça ne nous a pas pris plus longtemps que prévu, Michaela," commença-t-elle. "Mais quelque chose au Nord nous a retenu quelques jours supplémentaires."
"Chaque fois que je vois la petite, elle a grandi," songea Nuage-Dansant tandis que lui et Sully regardaient Katie passer à toute vitesse entre les enfants plus âgés qui jouaient au baseball.
"C'est comme ça," répondit Sully en fixant également sa fille.
"On dirait qu'hier encore, elle était minuscule et fragile... Maintenant, regarde-la..."
"Le temps passe vite, mon ami... Surtout si l'on a une vie heureuse," répondit l'homme-médecine.
Sully hocha la tête.
"Il y a beaucoup de choses que je regrette dans la vie," admit-il solennellement. "Mais épouser Michaela et avoir les enfants n'est pas l'une d'entre elles... Je n'aurais jamais imaginé me sentir aussi comblé..."
"Je connais aussi ce sentiment," acquiesça Nuage-Dansant.
Quelque chose dans le ton de son ami fit Sully se retourner pour le regarder.
"Il y a quelque chose dont tu veux me parler, Nuage-Dansant," dit-il sans détour avec un regard interrogateur.
L'homme-médecine sourit. "Tu me connais trop bien, mon frère."
"Eh bien... Dis-moi," le pressa Sully avec une impatience bon enfant.
Nuage-Dansant hocha la tête et commença : "Tu sais que Dorothy et moi sommes devenus très proches ces deux dernières années ?"
"Oui."
"Quand elle est partie rencontrer les soldats pour les empêcher de trouver notre campement, j'ai eu très peur..."
"C'est compréhensible."
"Mais plus peur que je ne le pensais," clarifia Nuage-Dansant. "J'ai alors réalisé..."
"Réalisé ?" demanda Sully avec un sourire impatient.
"Réalisé combien elle était importante pour moi... Que si quelque chose lui était arrivé, j'aurais été perdu..." expliqua-t-il.
"Alors, que vas-tu faire pour ça, Nuage-Dansant ?" demanda Sully.
Les yeux de l'homme-médecine étaient fixés sur Dorothy alors qu'elle conversait avec Michaela sur le pont.
"Nous avons fait le premier pas," confia-t-il tout bas à son ami.
"Le premier pas ?"
"Elle est tsévéstoemo," expliqua-t-il en avalant difficilement sa salive.
"Tsévéstoemôtse !" s'exclama Sully de surprise et de joie.
Nuage-Dansant hocha la tête. "Je suis heéháme," continua-t-il.
Il se tourna pour regarder les yeux bleus de son ami. "Mais ce n'est pas suffisant lorsque l'on vient de deux mondes différents... Dorothy souhaite le faire de la bonne manière... Et nous voulons que vous en fassiez partie, toi et Michaela..."
Sully se rassit sur ses talons avec un grand sourire.
"Tout ce que tu veux, Nuage-Dansant... Tu n'as qu'à me demander," répondit-t-il de satisfaction. "Demande-moi ce que tu veux..."
Chapitre 21 :
"Ça a été si dur de ne pas vous le dire," regrettait Brian tandis que lui et ses parents étaient assis à la table de la salle à manger de la maison. "Mais Miss Dorothy et Nuage-Dansant m'avaient demandé de ne pas le dire si je pouvais..."
Michaela secoua la tête.
"Nous n'en avions pas la moindre idée, Brian... Quand tu n'as pas expliqué ce qui vous avait retenu, nous avons supposé que le trajet avait simplement pris plus de temps que prévu."
Brian sourit. "C'est ce que j'espérais," confessa-t-il.
"Tu peux tout nous dire maintenant," le pressa Michaela.
"Est-ce que Miss Dorothy et Nuage-Dansant ne vous ont pas encore raconté ?" demanda Brian, un peu surpris.
Michaela sourit avec regrets.
"Pas tout," admit-elle. "Nous aimerions connaître ton point de vue..."
Brian sembla réfléchir à la question et commença : "Je suppose que ça a commencé – du moins, c'est ce que j'ai remarqué – quand moi et Miss Dorothy sommes partis à la rencontre des soldats... Elle ne semblait pas du tout inquiète... Comme je l'ai dit, je suppose qu'ils avaient déjà bien étudié ce plan, juste au cas où l'Armée nous tomberait dessus durant le voyage... Elle savait que l'on rentrerait au campement le jour suivant... Mais quand nous sommes revenus, j'ai remarqué que Nuage-Dansant était très inquiet... Il l'a aidée à descendre de son cheval et il l'a tenue dans ses bras... comme toi et papa le faites..."
Il s'arrêta tandis que Michaela et Sully s'échangeaient un regard compréhensif, puis il reprit : "Ils ont semblé beaucoup plus proches à partir de ce moment-là," songea-t-il. "Ils s'asseyaient ensemble et parlaient davantage... Et Nuage-Dansant a fait tout le trajet jusqu'au Nord à ses côtés."
"Ils ne t'ont pas révélé leurs plans ?" demanda Michaela.
Le jeune homme haussa les épaules.
"Non... J'ai le sentiment qu'ils n'avaient peut-être pas fait de plan... jusqu'à ce que l'on pense à rentrer à la maison."
"Qu'est-ce qui te fait dire ça ?" demanda Sully.
"Miss Dorothy a dit quelque chose au sujet du fait que les autres Cheyennes allaient manquer à Nuage-Dansant, surtout lorsqu'ils parlaient de leurs traditions ensemble, qu'ils priaient les Esprits ou faisaient certaines cérémonies."
Il fronça les sourcils.
"Nuage-Dansant était très inquiet à propos de ça... J'ai pensé qu'il réalisait que Dorothy avait raison... et que peut-être, il voulait même rester... Je me suis même demandé si moi et Miss Dorothy serions capables de faire le chemin du retour seuls... trouver notre chemin, je veux dire... Et je peux dire que d'après le visage de Miss Dorothy, elle pensait sûrement à la même chose. Elle semblait très triste... Et la fois où elle a dit cela, elle s'est retournée et est sortie du tipi..."
"Pauvre Dorothy," compâtit Michaela. "Voyager aussi loin et penser qu'elle allait devoir le laisser derrière elle..."
"Il l'a immédiatement suivie," les rassura Brian.
"Mais, je dois admettre que ça ne m'a pas du tout aidé... Je commençais à m'inquiéter au sujet du trajet de retour..."
Il reposa le menton sur ses mains et sourit.
"C'était assez tard lorsqu'ils sont venus me voir... Ils m'ont dit qu'ils voulaient rester quelques jours supplémentaires... Il y avait quelque chose qu'ils devaient faire avant de rentrer. J'étais si fatigué que je n'ai pas posé de questions. J'étais juste soulagé que Nuage-Dansant allait voyager avec nous."
"Qu'est-il arrivé ensuite ?" demanda vivement Michaela.
"Le jour suivant, j'ai vu Nuage-Dansant et Miss Dorothy parler longuement avec Faucon-Volant... Il n'arrêtait pas de secouer la tête... Et Nuage-Dansant semblait se mettre de plus en plus en colère. J'étais surpris parce qu'on ne le voit pas souvent comme ça..." expliqua Brian.
"Mais ensuite, tout a semblé se calmer... Et Faucon-Volant a écouté Nuage-Dansant.
Dorothy m'a rejoint et s'est assise avec moi... Je voyais qu'elle était très inquiète à propos de quelque chose, mais elle ne m'a rien dit... Et je ne savais pas si je devais le lui demander."
Michaela tendit le bras et posa la main sur celle de son fils.
"Tu as bien fait, Brian... Je sais que tu étais inquiet, mais c'était leur affaire."
Il hocha la tête.
"L'après-midi, Nuage-Dansant est venu voir Miss Dorothy, lui a pris la main et l'a emmené au loin pour parler... Ça m'a un peu dérangé... parce que je pensais qu'ils devaient me dire ce qu'il se passait..."
Il baissa le regard avec une attitude honteuse et Michaela lui serra la main pour le rassurer.
Il la regarda et ses yeux brillèrent. "Je l'ai découvert le jour suivant cependant."
Michaela sourit d'excitation. "Et ?" souffla-t-elle.
"Le matin suivant, je suis sorti du tipi que je partageais avec Nuage-Dansant... Il faisait si froid que ta respiration semblait se figer dans l'air et on ne voyait pas les montagnes à cause des nuages..."
Michaela soupira d'impatience, alors il continua rapidement