Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic ne convient pas aux lecteurs de moins de 16 ans. Elle peut contenir des passages où la violence est suggérée, utiliser un langage susceptible de choquer ou comporter des scènes de sexe non explicites.
Ce pop-up te demande, lors de ta première connexion sur cette fanfic, de certifier que tu es âgé de plus de 16 ans pour pouvoir la lire. Si tu valides, ce pop-up n'apparaîtra plus. Si tu annules, ce pop-up réapparaîtra lors de ta prochaine visite.
Nous comptons sur ta franchise pour cliquer sur le bouton approprié :
Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Chapitre 12 :
"Pourquoi est-ce qu'on ne s'arrête pas là une minute ?" suggéra Sully tandis que lui et Michaela faisait lentement le chemin du retour jusqu'à la maison.
Elle hocha la tête pour montrer qu'elle était d'accord et sauta de sa selle avant de se diriger d'un air un peu découragé vers la rive d'un ruisseau petit mais rapide.
Elle se tint immobile et fixa l'eau, les épaules abattues, comme si elle portait un lourd fardeau.
Sully la suivit à travers la clairière et se posta derrière elle, s'attendant à ce qu'elle parle.
Puis finalement, elle chuchota d'une voix si basse qu'il était difficile de l'entendre parmi le bruit rugissant de l'eau qui coulait sur les pierres lisses du lit du ruisseau.
"Je ne veux pas qu'il s'en aille, Sully..."
Il posa doucement la main sur son épaule.
"Je sais," répondit-il calmement. "Une partie de moi ressent la même chose."
Elle se retourna vers lui et posa la main sur son coeur.
"Et l'autre partie ?" demanda-t-elle, soutenant son regard.
Il lui attrapa la main et la serra contre lui.
"L'autre partie comprend pourquoi il veut y aller," finit-il avec un regard qui attendait sa réponse.
"Et pourquoi veut-il y aller ?" demanda-t-elle avec tristesse.
"Parce qu'il veut voir les Cheyennes vivre libres... Il ne l'a jamais fait... Même quand il était petit, le peuple de Nuage-Dansant était confiné dans une réserve," répondit-il gardant le ton régulier.
"Il t'a dit ça ?"
"Oui... la nuit dernière."
"Il aura d'autres opportunités, Sully... Quand il sera plus âgé," rationalisa Michaela.
Il haussa les épaules et fronça les sourcils. "Nous ne le savons pas, n'est-ce pas ?"
Michaela avala sa salive et se mordit la lèvre.
"C'est trop dangereux... Je ne sais pas ce que je ferais s'il lui arrivait quelque chose."
"Je sais... Je me pose les mêmes questions."
"Mais ?"
"Mais... Il grandit, Michaela... Et c'est quelque chose qu'il veut vraiment faire..."
"C'est juste un gamin!" murmura-t-elle, le regard baissé vers le sol couvert de rosée.
"Quand j'avais son âge, je vivais tout seul depuis des années, je me débrouillais tout seul," remarqua Sully d'un ton persuasif.
Elle le regarda dans les yeux.
"Mais tu as été obligé de le faire... Brian a une famille qui l'aime et qui veut qu'il soit en sécurité," rétorqua-t-elle tout de suite. "Et tu n'as pas eu à affronter des soldats armés qui t'auraient condamné car tu étais lié avec un peuple qu'ils veulent détruire."
Sully lui fit un petit sourire.
"Non, c'est vrai... Mais j'ai dû affronter des gens si avides d'argent qu'ils auraient écrasé tous ceux qui leur bloquaient le chemin... Ou même avant cela, des bandes de garçons qui m'auraient tué plutôt que de partager une couverture ou une ration de nourriture..." répondit-il.
"Brian est un garçon intelligent, Michaela... Et il aura Nuage-Dansant pour veiller sur lui. En plus, s'ils ne rencontrent pas l'Armée, cela va être un voyage plutôt fantastique."
Michaela plissa les yeux.
"On dirait que tu as envie d'aller avec eux," dit-elle avec un peu d'anxiété dans la voix.
"Une partie de moi le veut probablement," répondit-il avec honnêteté. Puis, avant qu'elle ne puisse le couper, il ajouta : "Mais la partie la plus importante en moi sait que je dois rester avec ma femme et mes enfants."
"Nous ne voudrions pas te retenir," répondit Michaela avec une touche inhabituelle de sarcasme dans la voix.
Sully secoua la tête.
"Je veux être ici, Michaela... J'aimerais aussi voir les Cheyennes dans le Nord, mais nous attendrons... jusqu'à ce que nous puissions tous aller leur rendre visite, ensemble !" dit Sully avec intransigeance.
Puis, comme entre parenthèses, il ajouta : "Enfin, s'ils sont toujours là pour aller les voir..."
Michaela leva la tête.
"Je suis désolée," dit-elle tout bas. "C'était injustifié..."
"Tu es inquiète, tout comme moi, ne te tracasse pas," répondit-il avec compréhension. "Mais ça ne règle pas ce que nous allons faire à propos de Brian."
Elle se mordit la lèvre.
"Je ne crois pas que nous ayons le choix," répondit-elle dans un murmure. "Je pense que nous devons lui faire confiance, à lui, à Nuage-Dansant, aux Cheyennes... et à Dieu."
Ses yeux brillèrent soudain de larmes.
Sully s'approcha et l'attira contre lui.
"Tout se passera bien, Michaela," la rassura-t-il avec tendresse.
Après un petit moment de silence, il ajouta "Il est capable de prendre soin de lui-même et Nuage-Dansant et Faucon-Volant seront là pour lui..."
Il l'embrassa sur le dessus de la tête tandis qu'elle se serrait contre son torse.
"Nous ferions mieux de rentrer, non ? Nous avons aussi deux petits enfants qui ont besoin de nous."
Michaela hocha la tête, mais resta immobile dans ses bras.
Puis, elle inspira profondément.
"Etre parent n'est pas si facile," dit-elle. "Maintenant je sais ce que ma mère a ressenti lorsque je lui ai annoncé à l'âge de Brian que j'allais étudier la médecine..."
Sully lui caressa doucement le dos.
"Au moins, ce n'était pas aussi dangereux," dit-il.
Pour la première fois depuis que Brian avait annoncé son envie de partir, Michaela sourit légèrement et fixa le visage de son mari. "Non," admit-elle. "Mais elle savait aussi qu'il y avait des chances que je sois malmenée..."
Sully lui sourit en retour.
"Oui et tu as été trop bornée pour écouter ses arguments, c'est ça ?"
Michaela soupira.
"Oui... Tout comme Brian..."
Elle plongea à nouveau le regard dans le sien.
"On dirait bien qu'il va le faire ce voyage, n'est-ce pas ?"
Sully leva un sourcil. "Tu peux toujours dire non..."
Michaela secoua la tête.
"Non, je ne peux pas," répondit-elle avec sérieux. "Je le voudrais, mais je ne peux pas..."
Elle lui prit la main, se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa longuement sur la bouche.
"Viens," dit-elle en lui serrant la main. "Il est temps que nous rentrions vers notre famille."
Michaela berçait tendrement William et rit avec joie lorsqu'il lui sourit.
"Tu es un bon garçon," s'exclama-t-elle fièrement.
Elle l'allongea sur ses genoux et le balança doucement pour qu'il puisse lui sourire à nouveau.
"Tu es prêt pour jouer ?" demanda-t-elle.
Elle reboutonna sa robe, se leva et le mit sur la chaise.
Elle prit rapidement la couverture colorée qui était accrochée au dossier du rocking-chair et l'étendit sur le sol, en face de la cheminée.
Elle jeta un coup d'oeil à Katie qui les regardait avec grand intérêt.
"Tu vas t'occuper de ton petit frère pour moi ?" demanda-t-elle avec un sourire.
Katie se leva et sourit de délice en voyant sa mère prendre William pour le poser sur le sol avant de détacher un peu la couverture qui l'entourait bien fermement.
La petite fille s'allongea immédiatement sur le sol juste à coté du petit bébé et posa doucement la main sur son ventre.
William, libéré de la couverture, resta immobile sur le sol, regardant sa mère et sa soeur avec perplexité.
Katie lui prit la main et la secoua doucement.
Ses minuscules doigts se refermèrent sur son pouce.
Katie rit gaiement et s'exclama : "Il s'accloche, maman."
Elle bougea la main ce qui fit rouler William légèrement de chaque côté.
Elle rit à nouveau.
"Tu dois être douce, mon coeur," lui conseilla doucement Michaela. "Il est encore très petit."
La petite fille hocha la tête et s'approcha un peu plus de son frère qui commença à taper de son petit pied vêtu d'un chausson avec un plus grand sourire.
"Il aime jouer !" s'exclama-t-elle en lui caressant le ventre et en faisant de petits roucoulements, ce qui fit davantage taper du pied le petit bébé.
Michaela s'assit confortablement dans la chaise, contente de laisser ses deux plus jeunes enfants jouer ensemble.
Elle adorait voir la gentillesse de Katie et le fait que son fils reconnaisse de plus en plus les gens autour de lui.
Gardant un regard vigilant sur ses deux petits enfants en train de jouer, elle se détendit dans la grande chaise confortable.
Elle était extrêmement fatiguée ; la nuit, courte et agitée, en plus du voyage matinal jusqu'à Palmer Creek l'avaient épuisée, à la fois mentalement et physiquement, mais elle était bien décidée à ne pas s'endormir alors que les enfants étaient sous sa garde.
Depuis qu'elle était rentrée à la maison, elle avait tenté, avec ténacité, d'oublier le fait que dans quelques jours Brian partirait certainement pour un voyage hautement incertain.
De nombreuses fois, et malgré sa détermination, elle l'avait revu évoluer au cours des nombreuses années depuis qu'elle le connaissait.
Elle l'avait d'abord vu comme un petit garçon un peu ahuri, peiné de la perte de sa mère et ayant besoin de quelqu'un pour le soutenir.
Elle se souvenait l'avoir vu partir, avec excitation, à l'école pour la première fois.
Elle le voyait à nouveau en train de jouer au loup avec les enfants Indiens de la réserve ou assis sur ses genoux devant le feu, lui demandant sans cesse de nouvelles histoires.
Il l'avait très vite acceptée comme sa nouvelle 'maman' et elle lui avait donné tout son amour de façon inconditionnelle.
Et maintenant, il y avait des risques qu'il soit gravement blessé ou même pire et rien que d'y penser faisait battre son coeur à toute allure.
Et pourtant...
Cela avait été une leçon difficile, mais elle avait appris, en très peu de temps, qu'elle ne pouvait pas et qu'elle ne devait pas le retenir.
Il grandissait et elle devait l'accepter, même si c'était à contre-coeur et malgré tous les traumatismes que cela allait apporter.
Grâce aux rires excités de sa fille, son attention revint dans le présent et elle regarda Katie faire des grimaces à son frère et lui guilicher le ventre.
William souriait aussi, ses jambes et ses bras s'agitaient dans les airs.
Michaela se rendit soudain compte des joies et des malheurs d'être mère et sourit, malgré les larmes qui brillaient dans ses yeux.
Voyant que les deux enfants s'amusaient très bien pour le moment, elle tendit le bras vers un tiroir et sortit quelques lettres que Kathleen lui avait apportée avant de partir voir Matthew et tous ceux qui travaillaient à la construction de la nouvelle maison.
Elle les passa rapidement en revue et se ravit à l'idée de lire une longue lettre de la part de Miriam, toujours installée à San Francisco.
Quelques minutes plus tard, après avoir lu la longue lettre de son amie, elle s'aperçut que la pièce était bien calme.
Elle regarda au sol et découvrit que William, fatigué par les bêtises de sa soeur, s'était endormi; Katie, la main posée sur le ventre de son frère, s'était couchée à côté de lui.
Michaela sourit et s'avança sur le bord de la chaise pour saisir le bout de la couverture afin de les recouvrir tous les deux.
Durant quelques minutes, Michaela combattit l'envie de dormir qui la menaçait dans une maison enveloppée de silence.
Elle se leva enfin et s'étira, décidant qu'elle devait se tenir occupée si elle ne voulait pas succomber au sommeil.
Elle ajusta la couverture sur les deux enfants et se rendit dans la cuisine avec l'idée d'y préparer le souper.
En quelques minutes, elle sortit tous les ingrédients utiles à la préparation de biscuits et était sur le point de commencer à mesurer les doses quand elle entendit des pas sur le porche.
Brian poussa la porte et entra.
"Hé, maman," dit-il avec découragement avant de s'apprêter à monter les escaliers.
"Bonjour Brian," répondit-elle. "Tu rentres tôt !"
Le jeune garçon haussa les épaules. "J'ai des choses à faire," dit-il tout en continuant à traverser la pièce.
Michaela fit le tour de la table et le suivit. "On peut parler une minute ?" demanda-t-elle avec douceur.
"J'ai des devoirs," répliqua-t-il bien qu'il ralentisse son allure.
"J'aimerais te parler," dit-elle. "A propos du voyage dans le Nord..."
Il se retourna vers elle. "Tu ne veux pas que j'y aille," lança-t-il avec colère.
"Non... Je ne veux pas," répondit-elle doucement.
Les mâchoires du garçon se contractèrent.
Puis, elle ajouta : "Mais je ne vais pas t'arrêter."
Il plissa les yeux, comme s'il essayait de percer le sens de ses mots.
"Non ?" demanda-t-il sans le croire.
"Tu as dit la nuit dernière que je ne pouvais pas y aller..."
"Je sais... Mais beaucoup de choses sont arrivées depuis la nuit dernière."
"C'est vrai ?"
"Oui... j'ai parlé à des personnes sages... et j'ai eu le temps d'y réfléchir," répondit-elle avec un timide sourire.
"Donc je peux y aller ?" demanda-t-il avec excitation.
Elle hocha la tête, ne se sentant pas capable de parler.
Il se précipita vers elle et la prit dans les bras avec force.
"Merci, maman," dit-il avec joie. "Je serai vraiment très prudent..."
"Je l'espère..." lui murmura-t-elle à l'oreille.
Il se recula et la regarda dans les yeux.
"Je peux me débrouiller tout seul, maman... Et je te promets que je ne ferai rien de dangereux."
"Tu écouteras Nuage-Dansant et Faucon-Volant ?"
"Je te le promets," dit-il sincèrement.
"Je sais que le voyage pourrait être dangereux... Nuage-Dansant m'en a parlé... Et je ne prendrai aucun risque."
Michaela hocha la tête.
"Je crois que j'avais oublié que tu étais en train de grandir," dit-elle amèrement. "Je te vois toujours comme le petit garçon qui aimait que je lui raconte des histoires..."
Brian sourit. "J'aime encore les histoires, maman," dit-il. "Quand je reviendrai, je pourrai vous raconter plein d'histoires, à toi et à papa... à propos du voyage et à quoi ça ressemble dans le Nord..."
Elle hocha la tête et avala sa salive.
Il ajouta tout excité : "Nous partons après-demain... Donc je ferais mieux de réfléchir à ce que je vais prendre."
Une pensée frappa soudain Michaela.
"Qu'allons-nous dire à Miss Teresa pour ton absence ?... Tu ne peux pas lui dire que tu vas voyager avec les Cheyennes..."
Brian fronça les sourcils.
"Je ne sais pas, maman... Je n'avais pas pensé à ça... On pourrait peut-être lui dire que je vais visiter des universités pour l'automne prochain..."
"Tout seul ?"
Il haussa les épaules et sourit.
"On trouvera quelque chose... Je monte dans ma chambre pour voir ce que je vais emmener..."
Et il se dirigea vers les escaliers.
"N'oublie pas ton journal et tes crayons !" lui dit Michaela. "Je veux lire tout ce qui se sera passé à ton retour."
"Bien sûr, maman," répondit-il en atteignant le haut des marches.
Les yeux brillant de larmes, Michaela écouta sa porte claquer et se dirigea vers ses deux enfants toujours endormis sur le sol.
Comme ils grandissaient vite...
Et avec l'âge venait l'indépendance.
Elle soupira, se baissa pour déposer un baiser sur les joues de chacun des enfants et retourna préparer ses biscuits.
"J'ai mis quelques boîtes de cette pommade apaisantes... et une paire de ciseaux pour les pansements... Dois-je aussi mettre du chloroforme ?" demanda Colleen qui se tenait devant l'un des meubles vitrés à l'intérieur de la clinique.
Michaela leva les yeux d'un autre sac en cuir contenant du matériel de première nécessité et fronça les sourcils. "Non... ça ne doit pas être utilisé à la légère," répondit-elle, pensive.
Elle mit un rouleau de pansement dans l'un des côtés du sac presque plein et regarda à nouveau sa fille.
"En fait... Brian et Nuage-Dansant m'ont souvent vu en utiliser... Mets-en une petite bouteille en t'assurant qu'elle est bien étiquettée," lui ordonna-t-elle.
Colleen hocha la tête et traversa la pièce, les bras chargés de plusieurs petites bouteilles et flacons. " Est-ce que nous saurons tout mettre, maman ?" demanda-t-elle alors que Michaela rangeait une autre bouteille au milieu des bandages.
"Il le faut, Colleen," répondit Michaela d'un ton neutre.
"Si Brian fait ce voyage, alors il doit au moins être bien équipé."
Colleen sourit.
"Il va être très content d'avoir des sacs en cuir, maman... Il n'en a jamais eu à lui auparavant."
"J'espère qu'il va les aimer... J'étais soulagée quand j'ai vu que Loren en avait de si beaux en réserve," répondit Michaela.
"Voilà... Tout est dedans... et dans l'autre côté, il mettra des choses comme son journal ou quelques vêtements..."
"Est-ce que vous savez ce que vous allez dire à Miss Teresa au sujet de son départ ?" demanda Colleen.
"Elle va trouver ça étrange."
"Pas vraiment," répondit Michaela. "Brian a suggéré qu'on pouvait lui dire qu'il allait visiter certaines universités pour l'automne... mais le faire tout seul va sembler bizarre."
"Vous pouvez dire qu'il va voir de la famille dans l'Est," suggéra Colleen.
"Alors qu'il y a encore école ?"
"Nous sommes allés à Boston alors qu'il y avait école," corrigea Colleen.
"Je suppose," répondit Michaela sans y croire. "J'ai horreur de devoir mentir."
"Nous avons gardé pour nous le fait que des Indiens Cheyennes se trouvaient à Palmer Creek... Nous devons continuer pour qu'ils puissent vivre en paix," dit Colleen.
Michaela acquiesça. "Tu as raison," dit-elle tout bas.
Elle sourit timidement à sa fille.
"Nous trouverons quelque chose."
Elle se dirigea vers le bureau à grandes enjambées et posa les sacs de cuir à côté.
"Voilà... Qui est notre premier patient du matin, Colleen ?" demanda-t-elle, en reprenant l'habit de médecin.
Leurs têtes se penchèrent sur le dossier d'un patient.
Mais elles sursautèrent soudain lorsqu'on frappa à la porte.
Elles se précipitèrent pour ouvrir et découvrirent Horace qui s'efforçait de garder un Freddy pâle et fiévreux debout.
"Il a de la fièvre, Dr Mike... Il s'est évanoui au bureau..." haleta Horace à bout de souffle.
Michaela ouvrit davantage la porte.
"Amenez-le ici... Nous allons vous aider à le mettre sur la table d'examen," répondit-elle tout de suite.
L'opérateur du télégraphe lui lança un regard reconnaissant et traîna Freddy, à peine conscient, à l'intérieur de la clinique.
Chapitre 13 :
"C'est ça... Posez-le doucement sur la table," dit Michaela en observant avec inquiétude la peau moite de Freddy et son pouls rapide.
Le jeune homme fut finalement allongé, prostré, sur la table d'examen et Michaela annonça immédiatement les instructions.
"Colleen... J'aurai besoin d'une lampe et d'un petit scapel... Et des pansements propres pour sa main."
"Vous pensez que c'est sa blessure à la main, maman ?" demanda Colleen, anxieuse.
"C'est l'endroit le plus logique où commencer," répondit Michaela.
"Je suis sûre qu'elle était propre lorsque j'ai fini de la recoudre l'autre jour, mais on ne peut jamais prévoir quand une infection va se produire... On va bientôt savoir..."
Elle commença à enlever doucement les bandages de sa main blessée.
Il était clair qu'ils n'avaient pas été enlevés depuis qu'elle les avait fait ici, à la clinique.
La couche extérieure était assez crasseuse mais en dessous, le pansement était blanc et à sa place.
Alors que Colleen tendit un récipient dans lequel les bandages tombèrent, Michaela soulevait avec précaution le dernier pansement.
Elle eut le souffle coupé lorsqu'elle vit l'état de la blessure.
Elle était rouge, boursoufflée et dégoûlinante.
"C'est sa main, sans aucun doute," dit-elle avec peine.
"Je ne comprends pas pourquoi elle s'est infectée comme cela."
"Alors, qu'est-ce qu'on fait, maman ? On la nettoie à nouveau ?" demanda Colleen de plus en plus inquiète en jetant un coup d'oeil derrière l'épaule de sa mère.
"Non, ça ne serait pas assez... Je vais devoir ôter les points de suture et voir ce qui cause l'infection... Je vais peut-être devoir couper des tissus infectés aussi," répondit Michaela en touchant la plaie, ce qui fit gémir Freddy et s'écouler du pus d'entre les points de suture.
Elle fit la grimace.
"Quoique ce soit... ça s'est développé en très peu de temps et nous allons devoir réagir rapidement," ajouta-t-elle.
"Colleen, on va l'endormir et ensuite, je pourrais travailler sur sa main... Tu ferais peut-être bien de dire à Horace ce qu'il se passe."
Tandis que Colleen se précipitait vers la porte de la clinique, Michaela examina à nouveau la blessure et secoua la tête d'étonnement.
C'était en effet surprenant.
Elle aurait juré que c'était propre lorsqu'elle l'avait recousu.
Quelques instants plus tard, Colleen se tenait au bout de la table d'examen et pressait un linge imbibé de chloroforme sur le visage de Freddy tandis que sa mère commençait son travail.
La jeune femme observa le visage beau et désormais serein de Freddy et soupira avant de rabattre une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
Elle espérait sincèrement que tout allait bien se passer pour lui.
Le voir comme cela lui donnait une nouvelle perspective car ses yeux verts intenses étaient fermés et donc, elle pouvait admirer la beauté de ses traits.
Il avait été un jeune homme si gentil, attentionné et amical qui avait voulu devenir son ami.
Dans son coeur, c'était ce qu'elle voulait aussi.
Elle avait très peu d'amis de son âge et elle avait été secrètement ravie que ses aspirations médicales ne l'aient pas fait fuir.
Elle réalisa avec surprise qu'elle aimerait en savoir plus sur lui.
D'où il venait, sa famille, son éduction, 'ses' aspirations.
Elle posa un instant la main sur son front fiévreux.
Puis, elle se secoua et demanda : "Maman, est-ce que vous pouvez voir quelque chose ?".
Elle se déplaça vers sa mère qui était en train d'examiner avec minutie la plaie infectée de la main.
Michaela avait enlevé les points de suture et séparait petit à petit la peau de la chair tout en retirant les tissus infectés.
Elle secoua la tête.
"L'infection est grave," murmura-t-elle. "Et je n'arrive pas à savoir pourquoi."
Elle continua à travailler sur la blessure et à l'écarter doucement.
Ses yeux se plissèrent soudain et elle leva les yeux vers sa fille.
"Le plus petit forceps que nous ayons, Colleen... Il y a quelque chose dans la blessure, bien au fond..."
Le silence se fit dans la salle pendant quelques minutes tandis que Michaela entreprit la délicate opération qui consistait à enlever l'objet étranger de la plaie.
Et finalement, elle leva le forceps dans lequel était coincé un minuscule éclat de bois.
Colleen regarda le coupable avec perplexité.
"C'est cela qui l'a rendu si malade !" s'exclama-t-elle. "Cette toute petite chose ?"
Michaela sourit.
"Oui," répondit-elle. "C'était enfoncé très profondément dans la chair, probablement près d'un vaisseau sanguin."
Elle laissa tomber le forceps et l'éclat de bois dans un récipient en métal et secoua la tête.
"Je me demandais pourquoi la blessure était si douloureuse le jour où je l'ai cousue... J'ai conclu que Freddy avait simplement du mal à contrôler sa douleur... Je vais devoir m'excuser auprès de lui..."
Elle regarda sa fille.
"Je vais bien nettoyer ça maintenant et ensuite, je vais le recoudre entièrement."
"Je croyais qu'il avait dit s'être coupé avec un fil barbelé, maman," remarqua Colleen en tendant à sa mère les instruments requis.
"Oui, mais le fil barbelé était sur une caisse de bois... Il a dû se couper la main avec le bois en même temps qu'avec le fil et..."
"Et c'est comme ça qu'un bout de bois est entré dans sa main," conclut Colleen.
Elle secoua la tête. "Un docteur ne peut jamais tout savoir, n'est-ce pas maman ?"
Michaela hocha la tête.
"Tu as raison, Colleen... Mais on ne devrait pas traiter les choses évidentes sans bien vérifier auparavant s'il n'y a pas autre chose qui pourrait créer des complications."
Elle fronça les sourcils. "J'aurais dû davantage inspecter la blessure."
"Vous n'auriez jamais trouvé l'écharde," la rassura immédiatement Colleen. "C'était trop profond."
Elle tendit à sa mère une aiguille et du fil.
"Et pour sa fièvre ?"
"Nous allons le garder ici, à la clinique... Du laudanum et des écorces de saule... Beaucoup de compresses froides... Nous devons faire baisser la fièvre et vite," répondit Michaela. "J'espère simplement que l'infection n'a pas eu le temps de s'installer."
Michaela sortit sur le porche de la clinique et inspira profondément l'air frais du printemps.
Cela avait été une sacrée matinée.
Les mains sur les hanches, elle se pencha en avant et étira ses muscles fatigués et enkylosés du dos.
Son ventre émit un gargouillement et elle sourit.
Elle aurait dû prendre son déjeuner il y avait quelques heures, mais elle avait été trop occupée.
C'était Colleen qui avait finalement insisté pour prendre soin de Freddy afin qu'elle puisse aller manger quelque chose.
A l'étage, William dormait profondément. Il avait mangé peu avant. Quant à Katie, elle était à la maison avec Kathleen, alors il n'y avait rien qui ne l'arrêtait.
Elle inspira à nouveau et s'apprêtait à descendre dans la rue quand quelqu'un l'appela.
"Michaela... Michaela," appela Dorothy en venant à grands pas dans sa direction, depuis le magasin de Loren.
Ses bras étaient chargés de paquets et elle dut se précipiter sur le bord de la rue afin de ne pas être renversée par un chariot qui allait trop vite.
Elle atteignit enfin le porche et posa immédiatement ses paquets sur le banc de bois près de la porte.
"Eh bien !" s'exclama-t-elle en s'étirant les bras. "J'aurais dû prendre une caisse pour les transporter."
Puis, elle rit et ajouta : "Ou un homme costaud."
Michaela sourit et tandis que son amie reprenait son souffle, elle dit chaleureusement : "Dorothy... On dirait que ça fait si longtemps que je ne vous ai pas vue..."
"Loren m'a dit que vous aviez recommencé à travailler à la clinique quelques matins par semaine," répondit-elle. "J'ai été déçue de vous manquer lundi..."
Michaela lui fit un timide sourire.
"Il semblerait que vous n'ayez pas été beaucoup en ville ces derniers temps, n'est-ce pas ?" demanda-t-elle avec un ton taquin.
La journaliste rougit un peu.
"J'ai passé du temps à Palmer Creek."
Michaela haussa légèrement les sourcils et son amie rougit davantage.
"Très bien," concéda-t-elle en riant. "J'ai passé beaucoup de temps à Palmer Creek."
Elle poussa ses paquets pour faire de la place et s'affala sur le banc.
"En fait... Je voulais vous parler de ça," dit-elle en levant les yeux vers Michaela. "Vous avez une minute ?"
Espérant que son estomac n'allait pas gargouiller et la trahir, Michaela s'assit à côté de son amie et dit : "Bien sûr..."
Elle attendit quelques instants, le temps que Dorothy rassemble ses pensées.
Puis l'éditrice de la Gazette dit calmement : "Vous savez que Faucon-Volant et son groupe partent dans le Nord demain ?"
Michaela hocha la tête.
Dorothy inspira profondément.
"J'ai décidé d'aller avec eux," annonça-t-elle, regardant attentivement la réaction de Michaela.
Michaela écarquilla les yeux de surprise.
"C'est vrai ?" s'exclama-t-elle. "Mais ça pourrait être dangereux."
"Je le sais," reconnut sa chère amie. "Mais j'ai envie de le faire... Moi et Nuage-Dansant nous sommes tellement rapprochés... J'ai envie d'être avec lui, de faire ce voyage avec lui..."
Elle baissa les yeux vers les paquets à côté d'elle. "J'ai déjà acheté ce que j'allais emporter..."
Michaela resta silencieuse un moment et dit tout bas : "Vous serez prudente, n'est-ce pas ?"
"Bien sûr, Michaela... Nuage-Dansant sera là pour moi..." l'assura Dorothy.
Elle inspira profondément.
"En fait... Une partie de moi est très excitée par ce voyage... et l'autre partie se demande si je sais vraiment à quoi je vais m'exposer..."
"Vous avez déjà été dans le Nord," dit Michaela. "Est-ce que c'est vraiment si dangereux ?"
"Moi et Nuage-Dansant n'avons jamais eu de problèmes, mais cette fois... Voyager avec autant de personnes... ça ne va pas être facile de rester cachés."
Michaela hocha la tête et baissa les yeux vers ses mains qui froissaient nerveusement sa robe.
"Michaela ?" demanda Dorothy avec inquiétude en remarquant l'attitude perturbée de son amie.
Elle leva enfin les yeux et rencontra ceux de Dorothy. "Je ne veux pas que quelque chose vous arrive... ni à Nuage-Dansant, ni..." Sa voix mourut.
Dorothy la regarda d'un air interrogateur pendant un moment et, alors qu'une pensée lui traversait soudain l'esprit, elle ajouta : "Nuage-Dansant m'a dit que Brian était très anxieux de faire ce voyage aussi..."
Michaela ne répondit pas mais ses yeux se plissèrent et devinrent soudain très brillants.
Dorothy tendit la main pour la poser sur celle de son amie. "Vous le laissez partir, n'est-ce pas ?"
Michaela hocha la tête et murmura d'une petite voix : "Je ne veux pas qu'il y aille... Mais il grandit et ce voyage lui tient tellement à coeur..."
"Vous faites la meilleure chose, le laisser partir... Il grandit... Nuage-Dansant et Faucon-Volant pensent énormément de bien de lui..."
"Mais j'ai si peur pour lui... pour vous tous... Ils ont eu des soucis en venant, qui dit qu'ils n'en auront pas sur le chemin du retour ?" dit Michaela, sur le point d'éclater en sanglots.
"Nous ferons attention à lui, Michaela, et nous serons tous très prudents, je vous le promets," dit Dorothy.
"Je sais... et je vous remercie," répondit Michaela en tentant vainement de sourire.
Malgré ses meilleures intentions, son estomac gargouilla plutôt bruyamment.
Elle rougit d'embarras.