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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Dorothy plissa les yeux. "Vous avez déjeuné, Michaela ?" demanda-t-elle, inquiète.
Michaela secoua la tête, un peu honteuse.
"Nous avons eu une dure matinée à la clinique, il y a un patient à l'étage..." répondit-elle d'une petite voix.
Dorothy se leva immédiatement.
"Et bien, dans ce cas... J'ai envie d'une tasse de café et peut-être d'une part de tarte, je vous accompagne," dit-elle avec détermination.
Michaela sourit et chuchota : "Qu'est-ce que je ferais sans vous ?"
Elle se figea soudain et saisit la main de son amie en réalisant à quel point le sens de cet adage résonnait juste.
"Tout va bien, Michaela... Vous n'aurez pas à vous passer de moi, de nous tous," la rassura Dorothy.
"Maintenant venez... Vous devez reprendre des forces. Nous allons déposer ces paquets à la Gazette et nous irons chez Grace's."
Elle tendit à Michaela quelques paquets de papier marron et l'entraîna dans la rue.
Adrian Tilson, debout sur le porche du saloon, avait impatiemmenent observé la porte de la clinique depuis la fin de son déjeuner.
Il avait été amèrement déçu lorsqu'il avait découvert que Michaela n'était pas venue en ville la veille.
C'était seulement lorsqu'il avait été dans le magasin et qu'il avait écouté Loren expliquer à Dorothy où elle était qu'il avait compris pourquoi.
Il avait bien retenu et rangé cette information.
Il semblait que quand Andrew Cook travaillait à la clinique du Château, cela voulait dire que Michaela était en ville.
Il avait eu peur de l'avoir manquée lorsqu'elle n'était pas apparue à l'heure à laquelle il l'avait vue la dernière fois, donc son soulagement fut immense lorsque la porte de la clinique s'ouvrit en grand et qu'elle sortit sur le porche, toute seule.
Son coeur fit un bond.
Elle ressemblait toujours à la femme qu'il avait connue.
Il n'était pas vraiment déçu qu'elle ait en quelque sorte perdu son style de l'Est en vivant dans une ville si reculée.
Bien sûr, ce genre de robes était un peu rustique, mais cela ne durerait pas bien longtemps.
Il la regarda avec délice s'étirer et faire un pas pour descendre du porche.
Cette fois, il allait définitivement prendre l'opportunité de lui parler.
Il attendit un moment pour voir si elle allait regarder de l'autre côté de la rue, pour le chercher.
Lorsqu'elle ne le fit pas, il enfonça son chapeau sur la tête et se dirigea vers elle.
Il attendit impatiemment qu'un gros chariot qui roulait trop vite passe puis, lorsqu'elle fut à nouveau sous ses yeux, il remarqua avec déception qu'elle n'était plus toute seule.
Il semblait qu'elle et l'éditrice de la Gazette étaient de proches amies.
Il serra les machoires de frustration et reprit une fois de plus sa place habituelle sous le porche ombragé afin d'observer chacun de ses faits et gestes.
"Lorsque nous serons installées chez Grace's, j'aurai besoin de vous parler de Brian et du fait qu'il va être absent de l'école pendant un moment," dit Michaela alors que les deux femmes marchaient dans la rue. "Je peine vraiment à trouver une excuse crédible..."
Dorothy rit. "Nous trouverons quelque chose, Michaela... Deux cerveaux en ébullition valent mieux qu'un..."
Elle fut soudain interrompue par Michaela qui s'arrêta brusquement et lui serra la main avec force.
Elle se retourna et vit que son amie regardait fixement les confins du porche du saloon.
"Michaela ?" demanda-t-elle avec inquiétude. "Vous allez bien ?"
Michaela inspira profondément et hocha la tête.
"Oui," répondit-elle tout bas. "Venez avec moi une minute, voulez vous ?"
Dorothy la regarda avec perplexité mais n'eut pas le temps de répondre que Michaela l'emmenait déjà de l'autre côté de la rue.
A la grande surprise de la journaliste, Michaela s'approcha d'Adrian Tilson, le nouveau directeur du Château, qui souriait de toutes ses dents.
Il s'avança pour les rencontrer ou plutôt pour rencontrer Michaela car son regard était fixé sur elle.
"Ah, Michaela... Nous avons enfin la chance de nous rencontrer," dit-il d'un ton jovial en portant la main du docteur à ses lèvres.
Dorothy sentit que Michaela lui serra encore davantage la main et ses yeux se plissèrent.
Elle réalisa soudain.
"Vous vous connaissez tous les deux ?" demanda-t-elle, très surprise.
"Ah oui... Nous sommes de vieux amis," répondit Adrian, restant dans le vague.
"Quelle coïncidence que vous finissiez par vivre dans la même ville !" s'exclama l'éditrice.
Michaela se tourna vers elle. "Je devrais vous présenter..."
Dorothy haussa les épaules. "Oh, nous nous sommes déjà rencontrés, Michaela... J'ai demandé à Mr Tilson si je pouvais écrire un article sur lui dans la Gazette mais il a décliné mon offre..."
"Je ne suis pas quelqu'un qui veut attirer l'attention," répondit Adrian.
Et, comme si Dorothy n'avait pas été là, il se concentra à nouveau uniquement sur Michaela, la dévisageant presque.
"Cela faisait longtemps, Michaela," dit-il sincèrement.
Elle lui fit un petit sourire. "Je dois dire que j'ai été surprise d'apprendre que vous travailliez à Colorado Springs, Adrian," dit-elle, gardant la voix neutre et amicale.
Le directeur du Château haussa les épaules.
"L'opportunité s'est présentée et je l'ai saisie," dit-il vaguement avant d'ajouter : " Cela m'a aidé de savoir qu'il y avait une vieille amie qui vivait en ville..."
"Ce n'est pas vraiment le cas," répondit-elle en plissant les yeux. "Une vieille 'connaissance' peut-être," suggéra-t-elle.
"Oh, plus que cela, sans aucun doute," rétorqua Adrian dont le sourire ne faiblit pas malgré la réserve de Michaela.
"Je n'oublierai jamais nos soirées à l'opéra, les soupers au Savoy... ou chez moi..."
Dorothy écarquilla les yeux de surprise en écoutant cela.
Michaela se redressa soudain. "Avec Miriam et son prétendant," ajouta-t-elle.
"Ah oui... Mais nous nous sommes beaucoup amusés, n'est-ce pas ?" demanda-t-il.
"Miriam Tilson !" s'exclama Dorothy. "Je savais que j'avais déjà entendu ce nom auparavant... Je n'arrivais pas à me souvenir où. Votre amie Miriam, le docteur, de San Francisco..."
Michaela hocha la tête. "Oui," répondit-elle. "Mais au départ, elle vient de Philadelphie, Adrian est le frère de Miriam..."
"Ah voilà, maintenant je vois le rapport," dit Dorothy en souriant.
Michaela tendit soudain la main à l'homme en face d'elle.
"C'était bon de vous revoir, Adrian," dit-elle avec une pointe d'agacement dans la voix. "Mais Dorothy et moi allions partir déjeuner avant qu'elle se prépare à un long voyage. Nous nous reverrons bientôt."
Adrian eut l'air un peu déconcerté pendant un instant, puis se secoua. "Bien sûr," dit-il cordialement. "Je sais que vous êtes une femme occupée. Comme vous l'avez dit... Je suis également certain que nous nous reverrons."
Il se pencha légèrement en avant et ajouta : "Bonne journée Michaela, Madame Jennings..."
Michaela se retourna et commença à s'en aller tandis que Dorothy hochait poliment la tête avant de rattraper son amie, intriguée par l'étrange discussion qui venait d'avoir lieu entre elle et ce nouveau venu en ville.
Chapitre 14 :
Colleen plongea un linge blanc et propre dans le récipient de porcelaine rempli d'eau et le tordit dans les mains pour retirer toute l'eau superflue.
Elle tendit la main et enleva le linge humide du front de Freddy pour le remplacer par le nouveau, plus frais.
Elle suivait cette routine depuis quelques temps maintenant et c'était seulement depuis environ une demie-heure qu'elle avait remarqué un changement de son état.
Il avait toujours de la fièvre, mais il était plongé dans un sommeil plus profond et plus réparateur qui contrastait avec son sommeil agité d'avant.
Une fois de plus, elle s'installa dans la chaise près du lit pour le surveiller.
De temps en temps, quand Andrew en finissait avec un patient en bas, il venait et passait la tête par la porte pour demander quel était l'état de Freddy, mais en fait, elle était restée assise là une bonne partie de la journée.
Tandis que le ciel à l'extérieur commençait de s'assombrir avec le coucher du soleil, elle remplaça à nouveau le linge désormais chaud sur son front par un plus frais et vérifia son pouls.
Lorsque sa main bougea soudain, elle tourna la tête vers lui : il avait les yeux grands ouverts mais ils avaient perdu l'aspect vitreux qu'ils avaient lorsqu'Horace l'avait emmené à la clinique.
Il lui sourit et murmura d'une voix pâteuse : "J'ai dit à votre mère qu'un homme se sentait tout de suite mieux lorsque vous étiez dans la même pièce que lui."
Elle rougit et baissa les yeux vers la montre de poche avec laquelle elle contrôlait son pouls.
Une fois qu'elle en eut terminé et conclu que son pouls était correct, elle leva le regard vers lui et dit doucement avec une pointe d'amusement : "Je suppose que vous vous sentez mieux ?"
Il hocha la tête. "Un peu... J'ai soif cependant..." répondit-il.
Elle versa immédiatement un peu d'eau dans un verre et se pencha en avant pour qu'il n'ait pas à trop bouger pour boire.
Ses yeux verts plongèrent dans les siens et elle rougit à nouveau.
Il se rallongea contre l'oreiller et soupira.
"Vous êtes restée ici toute la journée ?" demanda-t-il.
Elle hocha la tête et dit tout bas : "Votre fièvre était forte."
Il souleva le bras, enveloppé d'un nouveau bandage plus volumineux.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" articula-t-il avec peine.
Elle baissa les yeux vers sa main blessée.
"C'était une infection," expliqua-t-elle. "Il y avait une écharde dans votre plaie. Ma mère a dû l'ouvrir pour savoir ce qui causait l'infection..."
Elle lui lança un regard triste. "L'écharde était plus petite qu'un pépin de mûre."
"Quelque chose d'aussi petit a causé tous ces problèmes ?" demanda-t-il avec étonnement avant de tousser.
Colleen l'aida tout de suite à boire un peu plus d'eau.
"Cela ne semble pas possible, n'est-ce pas ?" songea-t-elle. "Mais c'était bien ça... Ma mère a dit qu'elle était probablement logée près d'un vaisseau sanguin."
Elle se rassit dans sa chaise.
"Je vais vous faire de la tisane à l'écorce de saule dans une minute... ça aidera votre fièvre à..."
"De l'écorce de saule ?"
"Oui, c'est un remède cheyenne... Ma mère l'utilise tout le temps. Vous en avez bu un peu ce matin lorsque vous aviez quelques moments de conscience."
Freddy secoua la tête. "Cela ne semble pas m'avoir fait du mal... Un remède cheyenne, c'est ça ?"
"Oui... Et il marche. J'en ai bu moi-même."
Elle fit un signe vers le verre dans sa main et lorsqu'il secoua la tête, elle le posa sur la table de chevet. "Je vais aller chercher Andrew pour qu'il vienne voir votre état."
"Andrew ? Votre mari le docteur ?" murmura-t-il.
"Oui... Il est venu vous voir tout l'après-midi après que maman soit rentrée à la maison," répondit Colleen.
"Je n'ai probablement pas besoin de lui maintenant... Je me sens beaucoup mieux que ce matin," promit Freddy. "Vous avez fait du bon travail."
Colleen rougit à nouveau et dit : "C'est ma mère... Dès qu'Horace vous a amené ce matin, elle a su que quelque chose n'allait pas avec votre main... Elle a dû l'examiner un bon moment avant de découvrir l'écharde... Elle était plantée trop profondément..."
Freddy secoua la tête.
"Jamais je n'aurais imaginé qu'il y avait quelque chose dans ma blessure... Je me suis coupé avec un fil barbelé, je ne me rappelle pas du bois..."
"C'était une caisse en bois, n'est-ce pas ?"
"Oui... Mais je ne me souviens pas l'avoir touchée... En tout cas, pas assez pour que ça arrive..."
Il leva à nouveau la main et la regarda avec tristesse.
"On dirait que je vais plus gêner Horace plutôt que l'aider maintenant..." se lamenta-t-il.
"Je dirais que vous allez devoir passer encore une journée ici avant de pouvoir partir...
Je sais qu'Andrew voudra savoir que l'infection est totalement partie avant de vous laisser rentrer chez vous..." expliqua Colleen.
"Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ?" demanda Freddy. "Vous êtes d'accord avec ça ?"
Colleen haussa les épaules. "Je ne suis pas le médecin," dit-elle. "Mais je pense que j'aimerais m'assurer que vous alliez bien avant de vous voir partir pour la pension de famille."
"Vous savez déjà beaucoup de choses sur la médecine, n'est-ce pas Colleen ?" demanda-t-il. "Votre mère m'a dit que vous travaillez avec elle à la clinique depuis que vous êtes enfant."
Lorsque Colleen hocha la tête, il ajouta : "Quand avez-vous décidé d'être docteur ?"
Colleen se détendit dans sa chaise et répondit : "Avant que ma mère arrive en ville, je ne savais même pas que les femmes pouvaient être médecins... Puis, elle est arrivée, elle était très intelligente, avait un diplôme de médecine. Je l'ai regardée faire avec ses patients... Et elle était si douce, mais elle savait aussi se montrer forte quand il fallait prendre des décisions et poser des diagnostics. Je voudrais être comme elle..."
"Elle est arrivée en ville ?" demanda Freddy, étonné.
"Ma mère a répondu à une annonce de la ville qui recherchait un docteur... Ma vraie mère l'a vite appréciée et elles sont devenues amies..."
Colleen baissa les yeux et posa les mains sur ses genoux.
"Alors que ma mère se mourait d'une morsure de serpent à sonnettes, elle a demandé au Dr Mike de prendre soin de nous... Et elle a accepté, même si je crois que ça l'inquiétait beaucoup à l'époque," ajouta-t-elle d'une petite voix.
"Votre mère, le Dr Mike... Elle semble être une femme remarquable."
Colleen le regarda et lui fit un grand sourire, ce qui le fit presque chavirer. "Elle l'est !" acquiesça-t-elle avec fierté. "Et je veux être tout comme elle."
"Parlez-moi de vos projets... De ce qui va se passer... Et où vous allez étudier..." suggéra Freddy avec sincérité.
Colleen le fixa un moment. " ça vous intéresse vraiment ?" demanda-t-elle.
"Oui... Je n'ai jamais rencontré de femmes auparavant qui avaient de telles aspirations... dites-moi," l'implora-t-il.
Colleen sourit à nouveau, ce qui provoqua la même réaction chez Freddy.
"Très bien," acquiesça-t-elle avec joie. Elle s'installa confortablement dans la chaise et commença à parler.
Après sa matinée très occupée et un déjeuner qui s'était avéré dérangeant durant lequel elle avait dû affronter tant bien que mal une armée de questions de Dorothy à propos d'Adrian, Michaela était contente d'être à la maison.
Elle savait qu'elle aurait dû s'occuper de la pile de linge dans le panier, près de la porte, mais elle préférait regarder les jeux de ses plus jeunes enfants.
Elle était assise par terre, près du rocking-chair, et soutenait William que Katie avait pris dans les bras.
Pour une fois, il était éveillé, n'avait pas faim et ses sourires et ses petits bruits faisaient rire Katie et Michaela de plaisir.
"Doucement ma chérie," murmura Michaela alors que Katie commençait à le bercer.
La petite fille leva fièrement les yeux vers elle avant de reconcentrer son attention sur le bébé.
Elle le chatouilla sur le côté et cette fois, c'est le bébé qui se mit à rire.
Le visage de Katie rayonnait de joie.
Michaela continu a à observer le lien qui se construisait entre ses deux plus jeunes enfants.
C'était dommage que Katie soit si jeune car elle ne se souviendrait probablement pas ces moments-là.
Elle aurait voulu les attirer vers elle et les serrer contre elle pour les protéger à jamais.
Le fait qu'ils soient à elle lui apportait tellement de bonheur.
Tandis que Michaela les regardait et les encourageait, elle remarqua plusieurs fois que Katie repoussait inconsciemment ses cheveux couleur de miel de son front.
Elle dit enfin, tendrement : "Oh, mon coeur... Nous allons devoir te couper les cheveux pour que tu puisses mieux voir, d'accord ?"
La réaction de Katie fut un sentiment d'horreur, tellement horrible qu'elle oublia presque qu'elle tenait un précieux bébé dans les bras et Michaela dut se précipiter en avant pour qu'il ne tombe pas.
La petite fille secoua la tête avec véhémence. "Pas couper, maman," répondit-elle.
"Juste les cheveux au-dessus de tes yeux, mon coeur," la cajola Michaela.
Elle secoua à nouveau la tête avec force.
"Veux cheveux comme maman," insista-t-elle. "Longs..."
Michaela sourit malgré la réaction négative de Katie. "Tout va bien, Katie," répondit-elle. "Tu peux très bien avoir des longs cheveux comme maman."
Elle remit rapidement sa frange en forme.
"Regarde... Maman a dû se couper les cheveux ici pour qu'ils ne lui tombent pas dans les yeux non plus."
Katie la fixa intensément pendant un instant, alors Michaela ajouta avec douceur : "Cela doit t'embêter que tes cheveux te gènent comme cela..."
La petite fille hocha enfin la tête avec résignation et Michaela sourit.
"Et si nous mettions William dans son berceau sur la table pour qu'on puisse le faire tout de suite et pour qu'il puisse regarder ?" suggéra-t-elle en tendant les bras vers son fils.
Ayant enfin accepté cette nouvelle activité, Katie donna avec joie son petit frère et traversa la pièce en courant pour aller tirer une des chaises en bois de la salle à manger.
Michaela sourit devant l'enthousiasme de sa fille pour toute chose nouvelle.
Elle posa William dans son berceau et le porta délicatement jusqu'à la table.
Cela prit du temps à Michaela d'installer William, qui avait tendance à pleurnicher quand il se sentait abandonné, et de faire asseoir tranquillement Katie avant de lui faire comprendre qu'il lui fallait une serviette autour des épaules.
C'est pour cela qu'elle grogna intérieurement lorsqu'elle entendit de lourds pas sur le porche, alors qu'elle s'apprêtait à commencer la coupe.
Katie fut soudain sur le qui-vive et quand Sully entra dans la maison, elle glissa rapidement de sa chaise et se précipita dans ses bras.
"Papa !" s'exclama-t-elle tandis qu'il la prenait dans les bras et qu'elle lui entourait la nuque.
"Hé, Katie," répondit-il en l'embrassant sur la joue.
Il s'avança vers Michaela et lui fit la même chose.
Lorsque sa petite fille se pencha un peu en arrière, il repéra la serviette et demanda : "Pourquoi tu as ça autour du cou ?"
Katie se tâta les cheveux et dit fièrement : "Maman me coupe les geveux..."
Il sourit.
"Ah, vraiment ? Alors qu'est-ce que tu fais dans mes bras ? Maman t'attend..."
Il la déposa sur le sol et elle monta tout de suite sur la chaise.
Michaela lui fit un sourire reconnaissant et se prépara à nouveau à lui couper les cheveux.
Elle fut encore une fois interrompue par un père anxieux qui lui demanda : "Tu n'en coupes pas beaucoup, n'est-ce pas Michaela ?"
Elle rit.
"On dirait entendre ta fille. Et si tu prenais William sur toi pour pouvoir tout superviser ? Je lui coupe seulement la frange... Elle lui tombe dans les yeux..."
Elle lui lança un regard badin.
" Je me souviens te l'avoir fait de nombreuses fois."
Il leva automatiquement la main à ses cheveux sur son front qui devenaient un peu trop longs aussi.
"Oui, tu as raison," acquiesça-t-il.
Il prit son fils bien réveillé dans les bras.
"Tu m'as l'air bien éveillé mon petit bouchon," dit-il avec amour avant de s'asseoir sur la chaise opposée à celle de sa fille.
Il y eut un grand silence dans la pièce pendant un moment, le temps que Michaela commence enfin à couper les cheveux de sa fille.
Finalement, au milieu de ce calme, Sully commenta : "Hank est venu chez Matthew cet après-midi."
"Vraiment ?" répondit Michaela."
"Oui, oui... Il a dit qu'il avait besoin d'exercice... Il a pensé que porter du bois et travailler avec un marteau allaient faire l'affaire..."
"C'était gentil de sa part," remarqua Michaela, concentrée sur ce qu'elle faisait.
"Reste tranquille s'il te plait mon coeur," implora-t-elle soudain à sa fille qui commençait à remuer les jambes.
"Oui, c'est sûr," répondit Sully avec un peu de doute dans la voix. "Il est resté tout l'après-midi."
"Vous devez avoir beaucoup avancé alors," dit Michaela.
"S'il te plait, ne remue pas tes jambes, Katie, tu fais mal à maman," ajouta-t-elle.
"Oui... Il travaille bien quand il s'y met vraiment," acquiesça Sully. "Mais..."
"Mais ?"
"Eh bien... Cela ne lui ressemble pas d'aider comme ça..."
"Eh bien, peut-être qu'il a vraiment voulu dire qu'il avait besoin d'exercice..."
Michaela soupira brusquement d'exaspération.
"Je crois que ça serait bien plus simple de vous couper les cheveux quand vous dormez, jeune demoiselle," la réprimanda-t-elle.
"J'ai presque fini. Pourrais-tu rester sage ?"
Katie s'assit toute droite, notant la colère dans la voix de sa mère.
"Je pense qu'il est peut-être venu juste pour aider," songea Sully en ignorant l'énervement de la mère et de la fille. "Mais je suppose qu'il recherche quelque chose."
Michaela le regarda surprise.
"Il recherche quelque chose ?" répéta-t-elle. "Comme quoi ?"
Sully haussa les épaules.
"Je ne sais pas... Mais il se comportait bizarrement..."
"Qu'est-ce que toi ou Matthew auriez qu'il puisse vouloir ?" demanda-t-elle en posant enfin les ciseaux et le peigne sur la table avant de retirer la serviette des épaules de Katie d'un grand geste.
Sully se leva.
"Je ne sais pas... Mais je crois que nous le saurons bien assez tôt... En attendant, il est d'une grande aide à la maison..."
Il guilicha son fils.
"Je vais changer William pendant que vous nettoyez tout ça."
Il sourit à sa petite fille.
"Tu es très jolie, Katie... Même si ta maman n'a pas réussi à te faire tenir tranquille."
Il se dirigea rapidement vers les escaliers tandis que Katie s'affairait autour de Michaela à ramasser les mèches de cheveux avant le souper.
Plusieurs fois durant l'heure qui venait de s'écouler, Michaela s'était rendue compte à quel point la maison était calme.
Matthew et Kathleen étaient restés en ville pour souper avec Colleen et Andrew et Brian était à l'étage et faisait ses bagages pour son départ, le lendemain matin.
Sully très fatigué berçait doucement le berceau de William avec son pied pendant que Katie était assise sur ses genoux et qu'il lui lisait une de ses histoires préférées.
Après les événements de la matinée, voilà l'idée que se faisait Michaela du bonheur.
Elle rangea les derniers plats du souper, frotta le banc et la table avec un linge propre et elle se promena dans le salon en s'essuyant les mains.
Elle remarqua d'un coup d'oeil que Katie était maintenant debout, aux pieds de Sully.
La petite fille sursauta et se cacha les mains derrière son dos lorsqu'elle entendit les pas de sa mère.
Michaela plissa les yeux.
Alors qu'elle s'approchait, elle découvrit la bêtise à laquelle Katie s'était affairée.
"Katherine Elizabeth Sully !" s'exclama-t-elle. "Mais qu'est-ce que tu as fait ?"
Sully somnolent et ronflant se réveilla et regarda sa femme et sa fille avec étonnement.
Lorsqu'il vit ce que Katie tenait dans les mains, il palit et bégaya, sous le choc : "Ka.. Katie ?"
La petite fille baissa le regard, consciente que cette fois, elle allait avoir de sacrés ennuis !
Chapitre 15 :
Michaela ouvrit doucement la porte de leur chambre à coucher afin de ne pas réveiller le bébé que Sully avait monté il y avait un moment.
Elle entra et sourit avec indulgence en voyant son mari et ce qu'il faisait.
Il était penché en avant, vers le miroir de la coiffeuse, et examinait les dégâts que sa petite fille avait faits dans ses cheveux.
Il était en train de soulever et de regarder les mèches découpées que la petite fille avait jugées trop longues et avaient donc besoin d'être raccourcies. Le problème était que son idée d'une petite coupe équivalait à retirer environ cinq centimètres avec les ciseaux de sa mère.
Comme elle venait de commencer lorsqu'elle avait été repérée, il y avait un grand déséquilibre avec le côté droit.
Il restait que Sully n'en était pas moins impressionné.
"Cela repoussera," remarqua Michaela en se dirigeant vers lui.
"Oui, mais qu'est-ce que je vais faire en attendant ?" gémit-il.
Il se redressa et lui lança un regard morose.
"Elle dort ?"
"Oui, elle est très désolée..."
"Cela ne lui ressemble pas de faire quelque chose comme ça," répondit-il.
"Elle arrive à un âge où on doit être prudent par rapport à ce que l'on dit... Elle prend les choses si littéralement."
"Et qu'est-ce qu'elle a pris si littéralement cette fois ?"
Michaela rougit. "
J'ai peur que ce soit ma faute," dit-elle tout bas.
"Tu te rappelles quand je lui coupais les cheveux et que j'ai suggéré que ce serait bien plus facile si elle était endormie ?"
Sully leva les sourcils de surprise et réalisa.
"Je me suis endormi... et elle a pensé que c'était la meilleure occasion..."
Michaela hocha la tête et il protesta : "Mais elle n'avait pas le droit ! Je n'avais pas besoin de me faire couper les cheveux."
Michaela sourit mais resta silencieuse.
Il ajouta : "J'espère qu'elle sait qu'elle a fait une grosse bêtise..."
"Oh oui, elle le sait... Je crois qu'elle a été très surprise de voir à quel point son père pouvait se mettre en colère... Elle ne te voit pas souvent comme cela…" remarqua Michaela en tendant la main pour la poser sur sa joue.
Sully la regarda pensivement. "Elle n'a pas eu peur ou quoi que ce soit ?"
Elle rit. "Non, elle n'a pas eu peur... Mais elle sait que son père peut se fâcher lorsqu'elle fait quelque chose de vilain..."
Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa légèrement.
"Maintenant, 'tu' sais ce que c'est que de s'endormir pendant que notre fille fait quelque chose de totalement imprévisible," lui murmura-t-elle à l'oreille.
Il l'embrassa en retour et rit.
"Tu as raison," acquiesça-t-il en levant la main de sa femme à ses lèvres.
"Je suis sûre que nous aurons bien d'autres occasions de nous désespérer de notre fille têtue... et il reste à voir si William a hérité des mêmes traits," dit Michaela, le regard plongé dans celui de Sully.
"Mais j'imagine que nous y arriverons, d'une manière ou d'une autre," ajouta-t-elle en souriant.
Il hocha la tête et ne put résister à jeter un nouveau coup d'oeil dans le miroir.
"Alors, qu'est-ce que je vais faire maintenant ?"
"Tu pourrais les attacher en arrière, la partie coupée serait cachée," proposa Michaela.
"Cela ne marchera pas... Cette partie sera toujours plus courte que le reste," se plaignit-il.
Il se tourna vers elle. "Tu pourrais arranger ça ?"
"Tu veux dire couper le reste ?"
"Oui."
Michaela secoua la tête. "Je sais couper les franges, Sully... Mais j'ai peur que ce travail dépasse mes capacités... Tu as besoin d'un professionnel..."
"Tu veux dire Jake ?"
"Oui."
Sully secoua tristement la tête.
"Il va connaître un petit moment de plaisir... En plus, il les couperait trop court," rétorqua-t-il.
"Pas si tu lui dis clairement ce que tu veux..."
"Il va se moquer..."
"Pas plus que les autres si tu ne les coupes pas pour les égaliser... Rappelle-toi que nous allons dîner au Château avec Myra demain soir..."
Sully secoua la tête et se regarda à nouveau dans le miroir.
Michaela rit.
"Je crois vraiment que tu es vaniteux," plaisanta-t-elle.
Il se retourna vers elle, blessé.
"Je suis désolée," dit-elle immédiatement.
Elle tendit la main pour mettre quelques mèches de ses cheveux derrière une oreille et la posa ensuite sur sa joue.
"Je suis désolée," répéta-t-elle. "Tu n'es pas vaniteux... fier peut-être. Tu iras voir Jake demain ?"
"Je suppose... Je vais m'en débarasser rapidement. Ce sera la première chose que je ferai."
"Nous allons à Palmer Creek tôt, tu te souviens ? Pour assister à leur départ vers le Nord."
Il haussa les épaules.
"J'avais oublié," dit-il calmement en tripotant inconsciemment ses cheveux.
"J'irai dès qu'on sera rentré alors... ça va me faire bizarre de les avoir plus courts."
"Cela ne sera pas très court," le rassura Michaela.
Elle lui tripota également les cheveux et ajouta : "Ils vont tomber juste au-dessus de tes épaules... enfin, si tu es ferme avec Jake et que tu ne le laisses pas te couper plus que nécessaire..."
"Tu aimes quand ils sont longs, n'est-ce pas ?" rit Sully en lui entourant la taille de ses bras.
"Comme tu l'as dit, ils repousseront vite..."
Il jeta un coup d'oeil à William qui dormait tranquillement dans son berceau.
"Il va se réveiller dans combien de temps tu crois ?" demanda-t-il.
Flairant son humeur, Michaela sourit. "Oh, je dirais que nous avons une bonne heure devant nous... Est-ce que c'est assez pour faire ce que tu as en tête ?" lui demanda-t-elle d'un ton coquin.
"Cela dépend..." répondit-il en lui caressant le dos.
Elle s'avança davantage contre lui.
"De quoi ?"
Il passa les mains sous ses cheveux et lui caressa la base de la nuque.
"Si je peux satisfaire ma magnifique femme..."
"Oh, je suis sûre que tu peux," l'assura-t-elle, commençant aussi à promener ses mains sur le corps de Sully.
"Les lampes sont éteintes en bas ?' demanda-t-il tout bas avant de lui embrasser le cou et l'oreille.
"Non, mais Matthew le fera quand lui et Kathleen rentreront," répondit Michaela d'un air distrait en défaisant les boutons de sa chemise.
"Donc, nous n'allons pas être dérangés?" conclut Sully en la serrant contre lui.
Elle s'accrocha à sa nuque et l'embrassa vivement sur la bouche.
"Non," lui murmura-t-elle, le corps tremblant d'avance.
"Bien..."
Il la prit dans ses bras, se dirigea doucement vers le lit et la déposa avant d'aller éteindre rapidement toutes les lampes de la chambre.
Puis, il alla la rejoindre dans le lit pour un moment d'amour doux, mais très passionné.