Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Gossip Girl (2007)
Création : 01.08.2012 à 13h26
Auteur : katido
Statut : Terminée
« La vie n'est pas un long fleuve tranquille ! » katido
Cette fanfic compte déjà 101 paragraphes
Chuck observait les cartes sur le tapis vert. Absorbé par le jeu, il réfléchissait à sa prochaine action. Jack et lui avaient été plutôt en veine ce soir. Il leur manquait encore plusieurs millions pour pouvoir concrétiser la première ébauche de leur projet mais il était confiant. Après tout, heureux au jeu ….
- Est-ce que cette place est libre ?
Son cœur fit un bond dans sa poitrine et s’arrêta d’un seul coup. Il la dévisagea puis, comme elle faisait son chemin, jeta un coup d’œil à son oncle qui répondit avec un petit signe de tête et un regard entendu à la brunette.
- Prend la mienne.
- Merci pour le coup de fil, souffla-t-elle en se glissant sur le siège à sa gauche.
Chuck ne pouvait pas détacher ses yeux. Elle portait une robe chatoyante qui mettait ses courbes en valeur et avait relevé ses cheveux, ce qui dégageait partiellement sa nuque. Elle était superbe, comme toujours. Elle tourna son visage vers lui.
- Tu t’es battu pour moi toute cette année. Je suis venue me battre pour toi, expliqua-t-elle.
Il était complètement hypnotisé par sa bouche vermeille.
- Voulez-vous rejoindre le jeu ? questionna le croupier.
- Tu as dit que je pariais toujours contre toi, mais cette fois, je mise tout, déclara-t-elle en posant ses yeux noisette dans les siens, avant de pousser ses jetons sur un des emplacements réservé aux mises.
Il évalua instinctivement la valeur, elle était considérable et il savait que c’était une somme énorme pour elle.
- Vous pariez Monsieur ? interrogea à nouveau l’homme aux commandes de la table, à son attention cette fois.
Il savait qu’il devait prendre une décision mais son cerveau avait du mal à fonctionner. Tout comme ses poumons qui semblaient tout à coup incapables d’assimiler l’oxygène dans son organisme.
Il avait du mal à respirer et sa tête se mis à tourner. Il n’entendait que le bruit des pulsations qui partait de ses tempes et emplissait la totalité de son crâne, provoquant un bourdonnement diffus qui l’empêchait de réfléchir correctement.
Il releva son visage vers elle et plongea dans une mer chocolat qui fit fondre son cœur. Il était aspirer et se noyait au fond de ses prunelles. Blair avait toujours eu cet effet sur lui. Elle était capable de lui faire faire n’importe quoi.
« Tu es toujours prêt à tout envoyer balader pour une fille qui n’a jamais fait que jouer avec toi » murmura la voix de son père quelque part au milieu de ce brouhaha.
- J’ai fini. Totalisez mes gains et reportez-les sur mon compte, dit Chuck d’une voix déterminée.
- Bien Monsieur. Je fais mettre tout ça en lieu sûr, acquiesça l’employé en faisant un signe de la main à un de ses collègues de la sécurité.
Blair sentit sa bouche s’assécher et l’eau lui monter aux yeux.
- Chuck, parvint-elle à peine à articuler en le suppliant du regard. Elle faisait des efforts démesurés pour contenir les larmes aux coins de ses paupières.
- Je ne joue plus, la partie est terminée pour moi, murmura-t-il en se levant.
Il lui tourna le dos pour éviter de croiser ses prunelles brûlantes et rejoignit la porte à double battant.
Elle esquissa un mouvement pour le suivre mais le croupier la rappela à l’ordre.
- Votre mise Mademoiselle.
Elle se rassit tandis que l’homme tirait les cartes qui se brouillaient sur une étrange étendue d’herbe mouvante. Elle cligna des yeux et essuya une larme qui s’échappait d’une main rageuse.
Inspirant profondément, malgré la peine qui s’étendait dans sa poitrine, elle réussit à afficher un sourire de guingois tandis qu’elle tentait désespérément de se concentrer sur les figures colorées. Le roi de cœur semblait se moquer d’elle, à côté de son acolyte, le valet de pique.
Chuck se retrouva dans le couloir et se dirigea vers les ascenseurs, il frappa d’un poing rageur sur les voyants lumineux. Le claquement de ses jointures sur le métal fit concurrence à la douleur dans sa cage thoracique, un instant seulement.
Quand les portes s’ouvrirent, il se précipita à l’intérieur de la cabine et s’affala contre la paroi. Relevant la tête il aperçut son reflet dans le miroir d’en face et fut pris de nausées. Il était vraiment pathétique. Il n’aurait pas pu tomber plus bas.
Non seulement son père l’avait totalement ridiculisé devant le monde entier en l’évinçant de Bass Industrie et en lui reprenant ce qu’il avait mis tant d’acharnement à construire, mais en plus Blair avait assisté à sa déchéance en direct.
Il ferma les yeux et tenta de reprendre une respiration moins chevrotante et de contrôler le tremblement de ses mains en les enfonçant au fond des poches de son pantalon.
La sonnette retentit et il sursauta. Il ouvrit les yeux et inspira un grand coup. Il n’était pas arrivé à destination. L’inscription lumineuse lui indiquait qu’il n’avait même pas quitté l’étage de la salle de jeu. Et pour cause, il n’avait pas appuyé sur le 4 en entrant dans la cabine. « Quel idiot ! »
Les parois s’entrouvrirent pour laisser passer un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu d’un costume bien coupé dans un tissu presqu’aussi onéreux que celui que le jeune homme portait lui-même. Le stéréotype de l’homme d’affaire bien sous tous rapports.
En apparence du moins, car la jeune fille qui l’accompagnait n’était nullement la femme qui portait une alliance identique à celle qui ornait l’annulaire gauche du mâle dominant. Elle n’en portait pas du tout et ses vêtements n’avaient en aucun cas, la même valeur que les siens.
Chuck laissa errer son regard le long de ses jambes fines et sexy, jusqu'au bord d’une jupe si ridiculement minuscule qu’il devinait aisément l’activité de cette « demoiselle » avant même d’avoir eu un aperçu de son bustier moulant qui couvrait à peine ses seins. La poitrine de la jeune fille se souleva et il ne se gêna pas le moins du monde pour apprécier le spectacle.
Lorsqu’il l’entendit haleter, il glissa sur son visage et rencontra ses yeux paniqués. Il ouvrit la bouche en reconnaissant ses prunelles claires et ses boucles blondes mais la referma devant ses supplications silencieuses.
Son esprit venait d’être lavé de toutes les remontrances qu’il s’infligeait quelques secondes plus tôt. Une brûlure assaillit son estomac et il eut l’impression qu’il allait vraiment vomir, là, au moment où l’habitacle se mit en mouvement.
Un index gauche appuya sur le 3, laissant luire un anneau d’or à la main de l’homme aux cheveux gris, comme un rappel du destin qui se gaussait de lui. Les doigts s’accrochèrent au cou de la jeune fille qui réussit à remonter ses lèvres en un sourire feint.
Elles formèrent un merci muet lorsque le chiffre s’éteint et que le tintement retentit une nouvelle fois, indiquant que le couple avait atteint la fin de son voyage… pour un commencer un autre qui impliquait encore bien moins de tissu.
Le jeune homme secoua la tête pour reprendre ses esprits. Il glissa une main entre les portes juste au moment où elles allaient se refermer. Sous l’impulsion du moment il poursuivit la jeune fille et son client. Il ne pouvait pas la laisser faire ça sans réagir.
Il les rattrapa en quelques enjambées et la jolie blonde se crispa en comprenant ses intentions. Elle avait espéré qu’il en serait autrement en le reconnaissant mais au fond d’elle, elle savait qu’il en serait incapable.
Il était peut-être Chuck Bass, mais pour elle il serait toujours d’abord Henry et quoi qu’il se soit passé entre eux là-bas, elle savait qu’il était quelqu’un de bien et qu’il ne laisserait pas passer ça.
Son client fit coulisser sa carte dans la serrure magnétique et pénétra dans la chambre sans la laisser passer devant. Après tout, inutile de s’ennuyer avec le savoir vivre pour une fille qui vous coûte 500€ la passe.
Chuck attrapa Eva par le bras avant qu’elle ne puisse le suivre.
- Il y a un problème ? s’enquit l’homme grisonnant d’un ton irrité en se retournant.
Il avait passé une journée harassante et il comptait bien pouvoir profiter de ce voyage d’affaire en toute liberté pendant que sa femme dépensait son pognon dans un spa grand luxe des Hamptons pour se faire recouvrir de boue avec ses amies toutes aussi coincées qu’elle.
- Manifestement oui, répondit le jeune homme, sans lâcher le bras de son ancienne conquête, qui tentait de se soustraire à son regard en fixant les motifs du tapis de sol.
- Trouve-toi une autre pute, petit, grogna l’homme âgé dans un français à l’accent américain, en le toisant de haut en bas.
- Non, c’est celle-là que je veux. Elle est à moi, commenta Chuck dans sa langue maternelle en soutenant le regard du businessman.
Ce dernier éclata de rire à l’audace du jeune impétueux qui voulait lui dérober son jouet de la soirée. Mais ce ne fut que de courte durée, car les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.
- Vraiment ? sourit-il mi-figue, mi-raisin, de moins en moins amusé par le fait que le jeune blanc bec ait l’air on ne peut plus sérieux. Et en quoi elle t’appartient plus qu’à moi ?
- Je suis Chuck Bass, précisa le brun avec toute l’arrogance qui se devait d’accompagner cette déclaration. Même les Européens savent ce que ça veut dire, alors à fortiori un vulgaire gratte papier New-Yorkais.
- Je suis directeur adjoint de la … commença l’homme en se redressant du mieux qu’il le pouvait, après s’être recroqueviller comme un escargot dans sa coquille à l’évocation du nom du jeune héritier, qui avait la réputation d’être un requin aussi redoutable que son paternel.
- Et bien si vous avez l’intention de le rester, je vous conseille de passer une autre commande, glapit Chuck sans même le laisser finir sa phrase.
Il pivota sur ses talons et emmena Eva à sa suite sans même se retourner. Elle jeta un regard d’excuse à son ex-client par-dessus son épaule et disparue avec le jeune Bass au bout du couloir.
L’homme grommela un juron et ouvrit son portable pour incendier son fournisseur monégasque. Il avait intérêt à lui en envoyer une autre vite fait. Et aussi jolie ! Mais il ne s’inquiétait pas à ce sujet, les filles du souteneur étaient toutes triées sur le volet et il savait faire régner la discipline parmi son personnel.
Eva et Chuck entrèrent dans l’espace réduit et l’ascension d’un seul étage paru plus longue à la jeune fille que celle des trois premiers, pourtant déjà plus qu’inconfortable. Aucun d’eux n’ouvrit la bouche jusqu’à ce qu’ils soient à l’intérieur de la chambre de son ancien amant.
- Tu n’aurais pas dû faire ça, entama-t-elle à peine le seuil franchi.
- Non mais, tu te fiches de moi ! cria-t-il en levant les bras aux ciels.
- Fabio va être fou de rage, continua-t-elle
- Qui c’est ça Fabio, ton mac ?
Elle ne répondit pas. Elle était au bord des larmes, en partie à cause de la peur et en partie à cause de l’humiliation.
- Eva, dit-il d’un ton plus doux en posant une main sur son bras.
Il s’aperçut qu’elle tremblait légèrement.
- Il va être furieux quand ce type va l’appeler pour lui demander d’envoyer une autre fille, reprit-elle finalement, sans repousser son geste mais sans oser le regarder non plus.
- Pourquoi tu fais ça à nouveau ? Tu m’as dit que tu avais quitté Prague pour échapper à tout ça. Que c’était pour ça que tu étais revenue avec moi à Paris il y a deux ans.
- Les contes de fée ne durent pas toujours, commenta-t-elle ironiquement. La vie finit par reprendre son cours tôt ou tard. On ne peut pas y échapper, tu devrais le savoir Henry !
Chuck se mordit la lèvre inférieure. Il l’avait renvoyé en France après l’avoir emmenée à New-York, sans se préoccuper de savoir ce qu’elle deviendrait une fois qu’elle rentrerait. Il l’avait utilisée et jetée comme un kleenex quand il n’avait plus eu besoin d’elle.
Elle lui avait pourtant sauvé la vie. Sans elle, il serait sans doute mort dans celle ruelle sordide pour avoir voulu garder cette bague qui ne lui servirait jamais et qu’il avait fini par laisser sur le trottoir, au pied de la devanture d’Harry Winston.
Il ne put empêcher son esprit de goûter pleinement l’amertume de l’ironie perverse de la situation lui aussi.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-il en jetant sa veste sur le dossier du fauteuil dans l’entrée de sa suite.
- Mon oncle est mort, indiqua-t-elle simplement comme si cela expliquait tout.
- Je suis désolé, dit-il sincèrement. Ton oncle m’a donné m’a chance quand tu m’as ramené avec toi de république Tchèque. Il ne me connaissait pas mais il l’a fait quand même, c’était un type bien.
Il l’invita à s’assoir d’un geste de la main avant de se diriger vers le mini bar.
- Tu veux quelque chose ?
Elle secoua la tête négativement en se laissant tomber dans le cuir souple tandis qu’il se servait un whisky, offert spécialement par la direction. Il était Chuck Bass après tout.
Il posa un verre d’eau sur la table basse malgré la réponse contraire d’Eva quelques instants au par avant.
- Il t’aimait bien. Il te considérait comme mon sauveur, sourit-elle timidement en portant tout de même la boisson à ses lèvres.
Le jeune homme grimaça puis l’imita.
- Surement plus après que tu sois revenue des USA.
- Il n’était pas idiot, il savait très bien ce qui se passait à Prague. Il avait tenté plusieurs fois de me faire venir vivre avec lui avant ça. Je lui ai juste dit que c’était terminé entre nous. Il n’a pas demandé plus de détails.
L’homme n’était pas du genre à se mêler des affaires des autres, ça s’était certain.
- Mais je ne vois pas en quoi cela explique ton retour à la prostitution justement.
- Il avait des dettes….. Et je ne sais pratiquement rien faire d’autre.
- Tu as fait des études d’infirmière.
- Que je n’ai pas terminées faute d’argent. Je n’ai aucun diplôme et personne ne m’engagera. Et quand les huissiers sont venus faire le relevé des biens, ils m’ont dit que l’appartement serait vendu pour rembourser une partie de ce qu’il devait, mais que ce ne serait pas suffisant. Et comme je suis la seule légatrice….
- Tu as aussi hérité des dettes ! conclut Chuck.
La jolie blonde haussa les épaules.
- Je ne savais pas quoi faire. Quand je suis rentrée, j’ai travaillé avec mon oncle. A son décès, je n’avais plus de revenus et plus de toit. Alors, j’ai quitté Paris et j’ai atterri ici. Une amie m’avait dit qu’elle travaillait dans un café, mais elle avait juste oublié de préciser que ce n’était pas un établissement ordinaire. Fabio m’a repérée et m’a proposé un contrat.
- Tu as un contrat, commenta Chuck effaré.
- Ca avait pas l’air si mal et c’est courant ici, la prostitution est pratiquement légalisée. En tout cas elle est plus que tolérée et les tarifs sont plus intéressants que partout ailleurs.
- Sauf qu’il ne va plus te lâcher maintenant.
La jeune fille fixa le fond de son verre.
- Je vais racheter ton contrat, décida son ancien amant.
- Pourquoi tu ferais ça ? Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec toi et tu n’es en rien responsable de moi parce qu’on a couché quelques temps ensemble.
« Et que c’était la plus belle période de ma vie » ajouta-t-elle silencieusement.
- Parce que tu m’as sauvé la vie, indiqua-t-il simplement.
- Fabio ne va pas apprécier du tout et quand bien même il serait d’accord, il te fera payer le prix fort. Je ne pourrais jamais te rembourser.
- Je suis Chuck Bass, commenta-t-il comme si cela expliquait tout.
Et ça l’expliquait en effet. Il n’était peut-être plus propriétaire de l’Empire et ne siégeait peut-être plus à la tête de BI, mais il avait réussi à se refaire un peu depuis le paiement de la dote de Blair. Un pincement au cœur se réveilla à l’évocation de cette pensée. Il s’empressa de la chasser pour poursuivre son raisonnement.
Il avait gagné pas mal au casino. Bien sûr, il lui manquait toujours une somme non négligeable pour mener à bien leur projet commun avec Jack et celui-ci serait surement plus que mécontent d’apprendre que Chuck en avait utilisé une partie, mais ils arriveraient bien à réunir l’argent, cela prendrait juste un peu plus de temps.
Juste un petit contre temps. Il ne pouvait pas laisser Eva dans cette situation quand il avait la possibilité de l’en sortir. Il lui devait bien ça après tout. Elle avait été si bonne avec lui. Et il s’était vraiment comporté comme un salaud. Il était plus que temps de racheter ses erreurs passées.
- Tu t’en vas déjà ? questionna Jack quand il aperçut Blair une demi-heure plus tard à la sortie du casino.
- Il est parti.
- Quoi ? Mais comment ça, il est parti ?
- Il s’est levé et a fait ramasser ses gains, fulmina-t-elle.
- Qu’est-ce que tu lui as dit ?
- Que j’étais de son côté et que j’étais venue pour l’aider. Mais il ne veut pas de mon aide.
- Moi si ! commenta Jack.
- C’est pour ça que tu m’as appelée ? Pour te réjouir du spectacle !
- Eh ! Du calme, je suis aussi de son côté figure toi ! Et je te rappelle que c’est toi qui as laissé un message presque désespéré sur ma boîte vocale.
- Parce que Nate m’a dit que Chuck était avec toi et qu’il ne répond à aucun de mes appels.
- Et tu ne t’es pas dit que c’était parce qu’il ne voulait pas de toi ici ?
- Si, mais je me suis dit que si je lui forçais la main…
- Il ne pourrait pas résister très longtemps, termina-t-il à sa place.
Blair soupira d’exaspération. Elle ne pouvait pas blâmer Jack pour cette situation.
Pour une fois, il était bel et bien hors du coup. Elle ne savait pas trop pourquoi il s’était rangé du côté de Chuck, sans doute parce qu’il ne serait jamais de celui de son frère, mais une chose était certaine, il avait choisi son camp et ferait tout pour parvenir à se venger de Bart. Il ne prendrait pas le risque de jouer avec son neveu cette fois.
- Suite 483, indiqua Jack en désignant les ascenseurs de la tête. S’il y a bien un endroit où il ne pourra pas te résister, c’est à proximité d’un grand lit !
- Tu es dégoutant, renifla-t-elle avec mépris.
- Peut-être mais je suis un homme, … et un Bass, dit-il avec un sourire pervers.
Elle fit une moue de dégoût puis se dirigea vers l’endroit qu’il avait indiqué.
- Après tout, si Chuck voulait jouer, elle serait en terrain familier. Et elle avait bien l’intention de remporter la victoire, par n’importe quel moyen, y compris en exploitant ses faiblesses.
Elle sentit un petit battement d’ailes à l’intérieur de son estomac en repensant à la période où ils jouaient, quand tout avait commencé entre eux. Et c’est d’une main pratiquement guillerette qu’elle enfonça le bouton métallique.
Une fois dans l’espace clos, seule, elle s’étudia dans le miroir. Elle remit rapidement une couche de gloss sur ses lèvres et un peu de poudre sur ses joues. En un tour de main, elle remonta ses cheveux, déjà attachés partiellement, en un chignon pour découvrir sa nuque. « Parfait » sourit-elle, juste avant que la sonnette ne retentisse au quatrième étage.
Elle emprunta le couloir pour se rendre au 483 le sourire aux lèvres. Elle n’allait pas lui laisser la moindre chance de s’enfuir. D’ailleurs où aurait-il pu aller ? Elle se rendait dans sa chambre.
Elle frappa délicatement à la porte et prépara son regard d’ange, mais il tourna à l’horreur lorsqu’elle fit face à Eva et non à l’homme de sa vie. La jeune fille blonde se présentait sur le seuil dans un peignoir éponge de l’hôtel d’un blanc immaculé.
Blair haleta, comme le souffle lui manquait. Elle accusa le choc en reculant d’un pas. Se redressant de toute sa hauteur pour toiser la petite souillon de la tête au pied.
- Blair ! s’exclama la blondinette avec angoisse et étonnement.
Mais pourquoi était-elle surprise ? Elle aurait dû se douter que si Chuck était là, la brune incendiaire ne devait pas être loin. Elle avait même été princesse de Monaco pendant quelques mois. Ce qui donnait à cette infâme pimbêche un avantage supplémentaire inconstatable plus que superflu. Elle n’hésiterait surement pas à la faire carrément virer de la principauté à la première opportunité.
- Chuck est sous la douche, je lui dirai que tu es passée, déclara Eva en refermant déjà la porte pour couper court à toute conversation avec cette mégère qui l’effrayait.
Elle n’avait aucune envie de se retrouver entre cette folle furieuse et le jeune homme qui avait été son prince à elle pendant un temps. Elle en avait déjà fait le frais et n’aspirait pas à revivre l’expérience une seconde fois.
Elle se rhabilla à toute vitesse, croisant les doigts pour que l’eau de la douche ne s’arrête pas et disparu de la suite en un clin d’œil. Son esprit fonctionnait à toute vapeur tandis qu’elle s’échappait de l’hôtel.
Elle n’avait plus qu’une solution : dégager le plancher vite fait avant que Fabio ne lui tombe dessus. Il serait déjà furieux qu’elle ait planté un client, mais si en plus elle revenait les mains vides, il n’hésiterait pas à se servir des siennes pour se défouler sur elle.
Elle repassa dans le studio qu’elle partageait avec deux autres pouliches appartenant à la même écurie et enfourna le plus gros de ses affaires dans un sac en toile avant d’embarquer dans le premier train en partance. Une fois le wagon en mouvement, elle poussa un soupir de soulagement et se permit enfin de respirer depuis qu’elle avait ouvert la porte de la suite de Chuck.
Blair elle aussi soupirait, mais pas d’aise. Loin de là. Dans la chambre de son hôtel, elle jeta rageusement la robe, qu’elle avait choisie spécialement pour lui, dans sa valise. Elle se débarrassa des dessous qu’IL aurait dû lui enlever, et même déchirer, et les laissa sur le sol avant de se précipiter sous un jet d’eau brûlant.
Elle grelotait malgré tout, elle se sentait gelée de l’intérieure. Elle ne savait pas comment elle était revenue jusque-là. Elle était restée tétanisée devant la porte close pendant presqu’une minute avant de prendre ses jambes à son cou.
Elle laissa les gouttes salée se mélanger à l’eau savonneuse qui glissait sur son corps avant de tourbillonner dans le siphon. Après un moment, elle se lava le visage et chassa toute trace de tristesse. Elle avait besoin d’un plan et vite.
Elle n’avait pas prévu ça. Bien entendu, il était Chuck Bass et elle savait à quoi s’en tenir. Il ne lui devait rien de toute manière. Mais EVA ! Celle-là, elle ne l’avait pas venue venir. Comment cette espèce de Sainte Nitouche avait-elle été capable de réussir là où elle avait échoué ?
La saison avait à peine commencé en ce début juin mais les jet-setteurs avaient déjà pris d’assaut la ville de St Tropez, les jeunes du moins. Ils venaient étaler leurs richesses et profiter de leur liberté dans ce lieu mythique, loin de leurs parents qui ne demandaient pas mieux que d’être débarrassé d’eux pendant les mois d’été.
La musique s’entendait au moins à 2 km à la ronde. Heureusement le bateau de plaisance avait jeté l’ancre au large et nul ne pouvait se plaindre, ni des décibels au milieu de la nuit, ni des comportements malsains de ces sales gosses de riches qui pensaient que le monde leur appartenait.
En fait, c’était vrai, le monde leur appartenait. Ils avaient les moyens de se l’offrir via les comptes off-shore et les fonds de placement qui n’attendaient qu’à être vidés à coups de caprices successifs et de nuits de débauche sans fin.
Serena Van Der Woodsen percevait cependant à peine le tempo. Elle était bien trop défoncée et bien trop soûle pour avoir encore une quelconque conscience de ce qui se passait autour d’elle. Le seul rythme qui l’intéressait était les shoots répétés qu’elle continuait d’ingurgités alors que son quota était déjà largement dépassé.
C’était ce qu’elle recherchait : ne plus penser à rien. Ni à la trahison de sa meilleure amie, ni à l’humiliation ressentie lorsque Dan l’avait rejetée de la pire des manières qui soit, avec ce mépris dans la voix et ce dégoût dans le regard. Ni même à la déception qu’elle lisait régulièrement sur le visage de sa mère, et encore moins à l’indifférence qu’elle suscitait chez son père, ou à la condamnation dans les yeux de tous ces faux-culs de l’UES qu’elle croisait dans les diners mondains et qu’elle ne respectait pas de toute façon.
Pas plus qu’elle ne se respectait elle-même. Pourquoi l’aurait-t-elle fait ? Il n’y avait rien de respectable chez elle. Elle était belle, avait de longues jambes bien galbées et dorées par le soleil. La quasi totalisé de son corps, tout comme ses cheveux soyeux, était dorée d’ailleurs, et cela grâce au peu de tissu qui le recouvrait quand elle passait son bikini. Bon, c’est vrai, c’était plutôt du monokini en fait, mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire après tout ?
Ses formes étaient les seules raisons qui attiraient les regards sur elle. Les hommes bien entendus, raffolaient de ses courbes parfaites, de sa taille svelte et de sa poitrine ferme. Les femmes, elles, en étaient vertes de jalousie, sans parler de ses cheveux qui étincelaient naturellement avec ou sans soleil.
Elle aurait pu utiliser cela à son avantage. Enfin, mieux que pour avoir des droits d’entrée dans certains cercles mal famés, pour les autres, son nom suffisait. Plusieurs propositions de mannequina lui avaient été faites, mais la plupart se résumaient à un allé simple au fond du lit des « agents » qui lui offraient gracieusement leurs services. Elle déclinait donc leurs invitations, ou non, selon l’âge et les traits des hommes et aussi en fonction de son état d’ébriété du moment.
Elle tituba sur le pont, pensant sans doute exécuter une danse sensuelle, s’imagina le batteur du groupe engagé pour la soirée qui la reluquait assis derrière son instrument. Il aurait eu tort de se priver, elle était le meilleur morceau de la soirée, même complétement déchirée. Il connaissait les paradis artificiels lui aussi, il y avait goûté plus que sa part. Dans la musique en plus, c’était un passage quasiment obligé et il était évident que la blonde aux longues jambes tomberait d’autant plus haut que ses jambes s’étiraient vers le ciel. Pour l’instant.
Elle continua à se tortiller jusqu’à ce qu’elle se retrouve entre les bras d’un snobinard, qui faisait sans doute lui aussi partie des innombrables amis du propriétaire du yacht, et qui n’était pas dans un état très brillant lui non plus. Le brun passa un bras autour de la taille de la fille et l’embrassa dans le cou quand elle tourna la tête en riant.
La seconde suivante, elle inondait ses pompes à 1500$ de téquila citron et de bile. Le brun fit un bond en arrière, surpris par la soudaine éruption de la blonde et la poussa contre le bastingage dans un réflexe.
Elle vida le reste de son estomac encore quatre fois, se penchant dangereusement au-dessus de la rambarde. A la cinquième, elle bascula tête la première par-dessus bord sans que le jeune homme ait la moindre chance de l’en empêcher.
Serena s’enfonça dans la Méditerranée. Le froid réveilla à moitié son esprit engourdi par la drogue et l’alcool consommés tout au long de la journée et des précédentes. Coulant à pic, elle tenta de se débattre du mieux qu’elle le pouvait, mais ses mouvements n’eurent pas l’effet escompté. Elle but plusieurs tasses d’eau salée, ce qui lui arracha un nouveau haut le cœur.
Elle tenta de remonter vers la surface mais elle n’avait aucune idée de quelle direction elle devait suivre. La nuit obscurcissait tout et le sel dans ses yeux ne lui permettait pas de garder les paupières ouvertes. Ses poumons lui faisait mal à hurler, mais elle ne pouvait pas faire ça non plus. Elle était totalement prisonnière des flots.
A bord, la panique s’était emparée de Carter, dessaoulé sous l’effet de la peur, il tentait de voir le corps de la blonde qui lui tenait compagnie depuis pratiquement une semaine et s’époumonait à crier son nom. Elle avait débarqué de nulle part dans une fête et avait décidé de rester avec lui.
Celle de Marc Delbino, ou John Klapman, ou peut-être bien celle de Porter Lockton, il ne s’en souvenait plus et peu importait finalement. Il écumait les fêtes et les tables de poker à la recherche de coups fourrés et de sensations comme il l’avait toujours fait depuis qu’il avait quitté la maison cossue de ses parents, des années plutôt. En fait, il ne savait pas trop ce qu’il cherchait, mais il savait qu’il ne l’avait toujours pas trouvé.
Le batteur jeta ses baguettes et ses baskets sans même réfléchir et plongea dans l’eau noire. Le courant n’était pas très important comparé à ceux d’Océanie où il avait l’habitude de défier les rouleaux.
Il ne tarda pas à retrouver le corps de la blonde et passa un bras autour de sa taille fine. Elle ne se débattit pas, se laissant balloter dans son emprise, preuve qu’elle avait perdu connaissance.
Il remonta pour aspirer l’air iodé et la tracta en nageant d’un seul bras jusqu’à la bouée que son petit ami avait tout de même eu la présence d’esprit de jeter. Il s’y accrocha, avant de glisser le corps de la jeune fille par-dessus du mieux qu’il le pouvait. Puis il attrapa l’échelle et la hissa sur son épaule comme un sac de patates pour venir la déposer sur le pont avant.
Carter se jeta sur elle, appelant et secouant la jeune fille.
- Serena ! Serena ! Me fait pas ça, supplia-t-il.
Mais la blonde ne répondit pas, elle ne respirait plus.
- Appelez un médecin, hurla le jeune homme à qui elle avait ruiné les chaussures il y avait à peine quelques minutes.
Matt le poussa pour pratiquer la respiration artificielle. Il infligea plusieurs pompes au centre du thorax de la jeune inconsciente avant d’insuffler de l’oxygène dans sa bouche. Au bout de la troisième fois, elle recracha un liquide salé et se remit à inspirer l’air par elle-même.
Carter Baizen regardait le spectacle complétement stupéfié. Non seulement par le visage de Serena, livide la seconde précédente, qui reprenait peu à peu des couleurs mais aussi par celui de son sauveur.
Il avait du boire bien plus qu’il n’avait cru. Ou bien c’était la coke qu’il avait sniffée qui était de mauvaise qualité, parce que jusqu’ici aucun trip n’avait jamais impliqué…
- Chuck ? questionna la jeune fille d’une voix pâteuse, alors qu’elle revenait lentement à elle. Elle se releva sur ses coudes et secoua ses boucles blondes qui dégoulinaient pour dégager son visage et retrouver ses esprits.
Le batteur, toujours penché au-dessus d’elle, la regarda sans comprendre puis jeta un œil à son petit ami qui était bouche bée.
Serena recracha encore un peu d’eau salée et se glissa plus loin de son sauveur pour mieux le fixer. Elle frotta ses yeux avec ses deux mains, mais lorsqu’elle regarda à nouveau la même image apparue sur sa rétine.
- Est-ce que ça va ? questionna le jeune homme toujours penché au-dessus d’elle, en anglais, avec un horrible accent qu’elle ne pouvait pas définir.
- Oh Putain ! lâcha-t-elle, les yeux dilatés comme des soucoupes, mais plus à cause de l’effet de la drogue.
Elle jeta un nouveau regard désespéré à Carter qui se tenait à quelques pas de là, complétement pétrifié lui aussi.
- Tu devrais aller te sécher et t’allonger un peu, tu risques d’avoir des vertiges, conseilla le jeune musicien.
Il haussa les épaules devant le manque de réaction de la blonde. Elle était saine et sauve à présent et il ne pouvait plus rien faire pour elle. Il n’essaya même pas de lui parler en français, parce que son copain avait couiné comme une truie en anglais quand il l’avait vue inconsciente. Ils étaient Américains, ça il en était certain, même s’il ne pouvait pas identifier de quel état ils venaient.
Il se tourna vers ses potes et l’un d’eux lui jeta une serviette avec le drapeau australien imprimé dessus. Il partit vers l’arrière en se séchant les cheveux.
- Pourquoi y a plus de musique ? cria un type bien en chair en sortant de la cabine suivi par deux blondes aux corps de sirènes.
- Je crois que la fête est finie, commenta le bassiste en regardant tous les jeunes friqués qui s’étaient rassemblés pour voir le spectacle sur le pont.
- Putain ! Baizen, mais qu’est-ce que t’as foutu ?
- Qui ça moi ? Mais rien, J’suis pas son père. C’est pas ma faute si elle était tellement bourrée qu’elle est passée par-dessus-bord.
Serena le fusilla du regard et le beau brun se dit qu’il avait mal choisit ses mots.
- C’est toi qui l’as ramenée Baizen. C’est toi qui en es responsable. Tu sais qu’elle est ingérable, à toi de te démerder.
Serena sentit une nouvelle nausée remontée de son estomac et sauta sur ses pieds pour courir au bastingage, mais ses jambes ne répondirent pas aux commandes de son cerveau et elle s’étala sur le pont, au milieu de son vomi.
- Oh, Bordel ! Mon paternel va criser, hurla le gars en se dégageant de l’étreinte des filles. Ok tout le monde, on rentre ! Baizen, nettoie-moi ça et arrange-toi pour la garder SUR le bateau, mais assez proche du bord pour qu’elle dégueule dans la mer. Les musicos ! On joue, allez ! On en a encore pour deux bonnes heures avant d’atteindre le port et personne n’est mort alors : Fiesta ! Si vous voulez être payé !
Un des guitaristes prit la place du batteur et donna le tempo tandis que le sauveur de Serena descendait en cabine pour se changer.
Carter regarda Serena d’un air désolé et dégouté et entreprit de la faire descendre pour qu’elle puisse se changer et s’allonger quelque part, après qu’elle lui ait juré que plus rien ne ressortirait de son estomac. Pour plus de sécurité il lui laissa un sceau à côté de la couchette.
En ressortant il croisa le batteur qui s’était séché et comprit pourquoi ce qu’il avait vu après la réanimation de Serena ne lui avait pas sauté aux yeux de prime abord.
Primo, il ne s’intéressait pas au petit personnel et il ne l’aurait surement pas regardé ni remarqué du tout, s’il n’y avait pas eu cet incident. Deuxio, le jeune musicien avait les cheveux assez longs et une mèche qui retombait presque devant ses yeux.
- Carter Baizen, se présenta-t-il au jeune homme. Merci d’avoir sauvé ma copine.
- Matt Fischer, répondit l’autre en serrant la main qu’il lui tendait.
- Australien ?
- Sydney et vous, Américains ?
- New-York.
- Tu sais, c’est dingue ce que tu ressembles au frère de Serena.
- La fille qui a failli se noyer !
- Oui, celle à qui tu as fait du bouche-à-bouche.
- Ah ok, je comprends mieux sa réaction maintenant.
- T’as d’la chance alors, parce que moi je sais toujours pas pourquoi elle fait ce qu’elle fait quand elle le fait !
Matt eut un petit sourire narquois et Carter ne put réprimer un frisson.
- Putain Mec, ça fout vraiment les j’tons j’te jure.
L’Australien releva un sourcil d’étonnement et le jeune Baizen eut l’impression de voir son meilleur ennemi.
- Non, sérieux, c’est flippant mec.
- Parce que je ressemble au frère de ta copine ?
- Si tu connaissais Chuck Bass, tu flipperais aussi mon gars.
Matt ouvrit la bouche mais aucun son n’en sortit. Par contre une goutte de sueur froide coula le long de son échine.
- Baizen ! hurla André, le type bien en chair. Tu me dois 2000$ pour faire nettoyer le bateau quand on sera au port.
- Génial, comme si j’étais pas déjà assez dans la merde.
Il ouvrit la porte de la cabine où était allongée la blonde en peignoir de bain et y entra. Matt le suivi à l’intérieur. Carter le regarda étonné.
- Je veux juste m’assurer qu’elle va bien, indiqua l’Australien.
L’Américain haussa les épaules. Il ne pouvait pas interdire à ce type de prendre des nouvelles de la fille qu’il venait de sauver à sa place.
- Tu peux me passer ta carte de crédit ? demanda-t-il à la jeune fille. André va nous faire une crise cardiaque si on ne paie pas pour le nettoyage du yacht.
- Elle doit être dans mon portefeuille mais je ne sais pas où est mon sac.
- Dans la cabine qui sert de vestiaire ! commenta Baizen en ressortant.
Serena échangea un regard avec son sauveur après son départ. Elle n’arrivait toujours pas à croire à ce qu’elle voyait.
- Matthew Fischer, se présenta le garçon à nouveau en lui souriant.
Ok ! Chuck ne lui aurait jamais souri comme ça après ce qui venait de se passer.
- Serena Van Der Woodsen
- Oh !
- Quoi, on se connaît ? questionna-t-elle avec effroi. Elle ne pouvait pas avoir couché avec lui. Pas quand il ressemblait à Chuck comme deux gouttes d’eau, elle s’en serait souvenue quand même. Enfin, probablement. Et lui n’avait pas l’air de l’avoir reconnue avant qu’elle ne lui dise son nom.
- Non, mais c’est juste que ton copain a parlé de ton frère et ce n’est pas ce nom là qu’il m’a donné.
- Tu veux dire celui dont tu es le sosie. Enfin presque, parce qu’il refuserait catégoriquement de porter ce genre de fringues et il faudrait que Franco soit en tôle et que tous les coiffeurs de Manhattan soient morts et enterrés pour qu’il porte des cheveux aussi longs, pouffa-t-elle.
Son sauveur jeta un coup d’œil à son jeans déchiré au niveau de la cuisse gauche et à son T-shirt des Stones et esquissa un demi sourire en relevant la tête. Il devait surement croire qu’elle délirait.
- Charles Bass est mon frère adoptif, reprit-elle pour lui démontrer qu’elle ne faisait pas que babiller inutilement. Mais tout le monde l’appelle Chuck. Il n’y a que ma mère qui l’appelle Charles, et son père parfois.
Elle roula des yeux au ciel en grimaçant à l’idée que ces deux-là roucoulaient en ce moment dans la maison des Hamptons de sa grand-mère.
- Matt pour les amis, reprit le jeune homme avec un regard étrange que Serena aurait juré avoir déjà vu sur le visage de Chuck.
Elle haleta un peu, mais après tous ces événements, et toutes les substances qu’elle avait ingurgitées depuis des jours, elle se dit qu’elle hallucinait surement encore.
- Je suppose que puisque tu m’as sauvé la vie et que tu as collé tes lèvres sur les miennes on peut considérer qu’on est ami à un certain degré, commenta-t-elle. Moi c’est S pour les intimes.
Il lui sourit à nouveau en la fixant à travers sa frange et l’image de son frère s’estompa un peu.
La mélodie de son BlackBerry résonna à côté de son lit, réveillant Chuck. Il jeta un œil à l’identifiant et soupira avant de décrocher. Il était 5H17 du matin à Monaco, elle avait intérêt à avoir une bonne raison pour appeler à cette heure-ci !
- Lili, dit-il d’une voix empâtée en portant le combiner à son oreille.
- Charles, je te réveille ? questionna sa mère adoptive à l’autre bout du fil.
- Il est cinq heures à peine ici, grogna-t-il.
- Oh, pardon ! Excuse-moi, je n’ai pas calculé le décalage horaire.
- Sans blague, grommela le jeune homme en se frottant les yeux.
Il se redressa et s’installa contre la tête de lit. Si elle l’appelait c’était sans doute pour quelque chose de précis. Il espérait seulement que ça n’avait rien à voir avec son père. Elle était partie avec lui dans les Hamptons et ils devaient y passer le début de l’été.
Il pria intérieurement pour que Bart n’exploite pas la relation qu’il avait bâtie avec sa mère adoptive dans le but détourné de l’affaiblir. Il n’avait aucune envie qu’elle se retrouve impliquée dans cette guerre entre son père et lui. Surtout parce qu’il n’était pas vraiment certain du choix qu’elle ferait.
Lili avait toujours suivi ses sentiments amoureux. Elle avait relégué ses enfants naturels au second plan, les faisant passer après ces nombreux amants. Maintenant que son père avait apparemment réussi à la reconquérir, il ne doutait pas qu’elle agirait de même avec lui. Après tout, la raison première de son adoption était une question de pratique professionnelle.
Pourtant, le lien qui s’était tissé entre elle et lui était devenu important au fil des mois et des saisons, du moins pour lui. Lili avait su être la mère qui lui avait manquée à sa manière et il avait confiance en ses conseils. Elle avait toujours eu ses intérêts à cœur, jusqu’ici en tout cas.
- Je me demandais si tu avais des nouvelles de Serena, reprit-elle après un silence, un peu gênée de faire intrusion dans sa vie de si bon matin.
- Non, dit-il franchement. Pourquoi ?
- Eh bien, hésita-t-elle un instant.
Il pouvait l’imaginer se mordiller la lèvre inférieure.
- Je n’ai aucune nouvelle d’elle depuis deux semaines et Eric non plus. J’ai appelé chez Waldorf pour l’inviter à déjeuner avec moi, mais j’ai eu Dorotha, sur le départ pour rejoindre Blair et Eléanor à Paris et elle m’a dit que Serena avait déménagé toutes ses affaires.
Il haussa les sourcils, elle était donc à New-York et non pas dans les Hamptons avec son père. Soit il avait annulé pour se concentrer sur BI, soit ils s’étaient disputés.
- Je me disais que tu savais peut-être quelque chose, continua la voix de Lili. Elle avait été si contente que Nate et toi l’ayez rejointe en Californie à la fin de l’été dernier. Et il m’avait semblé que vous étiez devenu assez proches tous les deux. Bien sur Dorotha m’a aussi dit qu’elle s’est disputée avec Blair avant son départ mais….
- Je ne sais pas quoi te dire, la coupa son fils, elle ne m’a pas fait part de ses projets d’été. Et je ne savais même pas qu’elle et Blair s’étaient disputées.
- Oh… mais… je croyais que… Enfin, je veux dire… j’ai vu ton père te rendre la bague de fiançailles Harry Winston et j’avais supposé que… puisque Blair n’est pas partie avec Dan à Rome, mais en France... balbutia Lili.
Chuck grinça des dents et carra la mâchoire avant de répondre.
- On n’est pas ensemble ! En fait,… on est plutôt en froid, confia-t-il.
- Eh bien j’en suis désolée pour toi. Je sais combien elle compte à tes yeux, commenta-t-elle, enfonçant inconsciemment encore un peu plus profondément la lame dans son cœur.
Il grimaça puis reprit pour changer de sujet :
- Tu sais comment est Serena en été. Je suis sûr qu’elle s’amuse quelque part. Si tu veux, je peux essayer de me renseigner auprès des certaines de nos connaissances communes.
- Merci, Charles. Ton père a suggéré d’envoyer son nouveau privé à ses trousses, mais je préfère d’abord épuiser toutes les autres possibilités.
« Voilà donc la raison du retour prématuré de Lili dans l’UES » songea-t-il.
- Je t’appelle dès que je sais quelque chose.
- Merci, et encore désolée de t’avoir réveillé, la prochaine fois, je vérifierai les fuseaux horaires, dit-elle avant de raccrocher.
Chuck se renfonça sous les couvertures pour se rendormir. Cela faisait une semaine qu’il tentait de retrouver Eva, qui s’était évaporée le temps qu’il prenne sa douche et ses nuits étaient plutôt courtes depuis.
Il avait fait tous les endroits où elle aurait pu travailler et il s’inquiétait vraiment que son proxénète ait été physiquement violent avec elle. D’après les renseignements qu’il avait pu recueillir, ce Fabio n’était pas un ange et il savait maintenir la discipline au sein de ses troupes, par la terreur principalement.
Pas étonnant qu’Eva ait été paniquée quand il était intervenu pour l’empêchée de suivre ce type dans sa chambre. Il regrettait presque de s’en être mêlé maintenant. S’il lui était arrivé quelque chose par sa faute, il ne se le pardonnerait pas. Il fallait vraiment qu’il la retrouve et qu’il s’assure qu’elle allait bien.
Il repoussa les couvertures, inutile d’espérer fermer l’œil à présent. Il s’habilla et décida d’aller marcher sur le port. Les cuisines étaient fermées à cette heure-ci et le vent du large lui ferait du bien. Il avait besoin de s’aérer la tête et de se concentrer sur sa prochaine action.
Blair inspecta les tissus qui venaient d’arriver à l’atelier avant de signer le bordereau de livraison. Ils auraient dû être là depuis huit jours au moins, mais il y avait eu des problèmes d’organisation. Ce n’était pas la première fois apparemment.
La première chose qu’elle avait donc faite en tant que codirectrice de WD avait été de remettre de l’ordre dans tout ça, en menaçant le fournisseur de s’adresser à un autre si la prochaine commande n’arrivait pas dans les termes prévus par le contrat. Il valait mieux que les choses soient claires dès le début.
Il n’était pas question que les gens pensent qu’ils allaient pouvoir profiter de ce changement à la direction ou qu’elle était plus malléable qu’Eléanor en personne. Les Waldorf mère et fille savaient se faire respecter et n’avaient pas peur d’être craintes. Elle avait négocié un rabais en contre-parti et pas des moindres. Ce qui avait même impressionné la patronne elle-même, Blair s’était sentie pousser des ailes en voyant la fierté dans son regard.
Elle sourit en passant sa main sur l’étoffe violette, elle pourrait demander à Emilie qu’elle lui confectionne un exemplaire de la nouvelle robe que sa mère avait dessinée dans cette couleur, rien que pour elle … rien que pour Chuck. Il adorerait ça. Elle poussa un soupire en pensant au beau brun ténébreux à qui appartenait son cœur.
Elle n’avait pas pu progresser d’un pouce avec lui. Elle savait en partant deux semaines plus tôt qu’elle ne pouvait passer qu’une seule nuit à Monaco, c’était prévu. Elle avait un rendez-vous de programmé avec le personnel de WD à Paris dans l’après-midi du lendemain et tout un tas de chose à faire pour prendre les choses en mains et finaliser le défilé de la fin du mois.
La semaine de la haute couture était organisée depuis des mois bien entendu, mais il y avait toujours les petits aléas de dernières minutes. Aucune surprise là-dedans, contrairement à ce qu’elle avait découvert en frappant à la porte de la suite 483.
Elle n’avait pas du tout imaginé que ça se terminerait comme ça. En fait, elle avait même hésité à prendre une chambre puisqu’elle avait bien l’intention de partager le lit de Chuck cette nuit là. Elle avait fantasmé pendant tout son voyage entre Paris et la principauté, se remémorant les caresses de ses mains sur son corps, les murmures de ses lèvres dans le creux de son oreille et le frottement de leurs peaux dans les draps.
Elle s’était ravisée au dernier moment, elle avait besoin d’un endroit pour prendre sa douche et se préparer avant d’aller le rejoindre au casino. Jack lui avait dit qu’ils seraient là, au moins jusque tard dans la nuit, mais elle ne pouvait pas attendre plus longtemps avant de le revoir. Elle avait tenu jusqu’à 20h30 pour ne pas avoir l’air de se ruer sur lui.
Elle imaginait sans peine, son pervers d’oncle ricaner. Son coup de fil l’avait surprise, elle ne pensait pas qu’il la rappellerait. Elle lui avait laissé un message dans un moment d’égarement, après avoir consulté pour la millième fois au moins son BlackBerry. Mais il restait atrocement silencieux malgré les nombreux appels et messages qu’elle avait laissés à Chuck.
Quand Jack lui avait annoncé qu’ils étaient si proches d’elle, elle n’avait pas pu résister. Puisqu’il ne voulait pas répondre au téléphone, elle lui parlerait de vive voix. D’ailleurs, c’était sans doute mieux comme ça.
Le casino était une autre chance inespérée, elle avait fait transférer des fonds pour lui démontrer qu’elle ne plaisantait pas. Qu’elle avait bien l’intention de tenir son engagement envers lui et que ce n’était pas des paroles en l’air cette fois.
Elle ne le blâmait pas de ne pas avoir confiance. Après tout, elle lui avait juré qu’elle l’aimait et qu’elle était prête à renoncer à un vrai prince, à son rêve de princesse, parce qu’elle voulait faire sa vie avec lui, qu’ils ne se quitteraient plus jamais, qu’ils finiraient leurs vies ensemble, avant de quitter la clinique comme une voleuse.
L'hélicoptère des Grimaldi avait atterri directement sur le toit de l’hôpital pour éviter les paparazzis. Elle était partie sans se retourner, sans même attendre que l’homme pour qui elle avait prié se réveille vraiment, sans lui expliquer quoi que ce soit.
Elle avait vécu sur le rocher des semaines interminables, refusant elle aussi de prendre ses coups de fil et de répondre à ses messages, qui lui déchiraient pourtant le cœur à chaque fois qu’elle les écoutait.
Avec comme seule source de renseignement au sujet de sa santé, Dan, qui jouait les agents secrets auprès de Nate et Lili, via Rufus. Elle avait pris le temps de faire le deuil de ce bébé qu’elle n’élèverait jamais, ni avec lui, ni avec un autre.
Elle était rentrée à Manhattan plus déterminée que jamais à l’éviter pour lui assurer la vie sauve. Et même lorsque le danger avait été écarté, après avoir épousé Louis malgré les supplications de Chuck, malgré les mises en garde de sa mère et de Serena…
Elle retroussa son nez en une moue de dégoût en pensant à son ex-meilleure amie. Comment avait-elle osé lui faire ça ? C’était sa faute si tout son monde s’était écroulé. Sans la publication de son journal sur GG, elle serait avec ….. Dan, à Rome, en ce moment.
Cette simple idée lui donna des sueurs froides. Mais peu importe, Serena n’avait pas à agir de la sorte. Elle n’avait peut-être pas volontairement dévoilé ses secrets mais c’était tout de même de sa faute.
Si elle avait commencé par lui dire qu’elle était GG au lieu de tenter de semer le trouble entre elle et Dan et de lui répéter qu’elle était la seule à ne pas avoir évolué au cours de l’année passée parce qu’elle refusait de reconnaître qu’elle était toujours amoureuse de Chuck tout ça aurait pu être évité.
S n’avait pas tort pour la seconde partie, soit. Mais pour le reste, elle avait été princesse de Monaco…. pendant quelques semaines au moins ! Puis ensuite elle… elle… elle avait laissé Dan Humphrey l’embrassée alors qu’elle tentait de le remettre avec sa meilleure amie.
Sa meilleure amie qui était amoureuse de ce type, qu’elle avait toujours trouvé insipide, depuis des lustres. Et Mon Dieu, c’était vrai, Daniel Humphrey était insipide.
Il était aussi droit que Chuck était pervers. Aussi ennuyant que Chuck était fun. Son esprit était aussi étriqué que celui de Chuck était ouvert. Aussi insensible aux problèmes de gens de l’UES, les gens comme elle, que Chuck n’en comprenait les tenants et les aboutissants. Aussi prompt à juger les autres que Chuck était enclin à accepter quasiment toute forme de leurs déviances. Il suffisait de lire « Inside » pour s’en rendre compte.
Comment avait-elle seulement pu s’identifier à Claire et se laisser bercer d’illusion par la perception erronée d’Humphrey, par le rôle de héro qu’il avait octroyé à son propre personnage ? Alors qu’il était si loin de la réalité, carrément à l’opposé même, de celui qu’elle aimait réellement.
Sans doute parce qu’il était son antithèse justement. Il représentait tout ce que Chuck n’était pas, tous ce qui ne pourrait jamais la blesser, ou la faire souffrir. Mais qui ne pourrait jamais la rendre vraiment heureuse non plus.
Peut-être qu’en fait elle aurait dû remercier S pour lui avoir ouvert les yeux au lieu de la laisser construire une fausse relation où elle aurait fini par végéter et s’étioler jusqu’à s’éteindre complètement.
Au lieu de ça, elle avait dû faire face aux quolibets de GG, elle avait été obligée d’affronter son passé et de faire les choix qui s’imposaient pour redevenir la vraie Blair Waldorf, celle qui était une femme forte, qui avait le monde entier à conquérir, au lieu d’organiser des soirées lectures dans un loft minable de Brooklyn.
- Tu as l’intention de faire couper ce tissu pour en faire des vêtements ou bien tu vas le garder dans tes bras comme un objet sacré ?
Blair sortit de sa rêverie et fit face à Eléanor qui affichait un sourire malgré sa remarque acerbe.
- Laisse-moi deviner, s’exclama cette dernière. Vu la couleur que tu chéries depuis tout à l’heure, je crois que je peux nommer sans me tromper la personne qui occupait tes pensées.
- Tu te trompes justement, dit Blair en se redressant devant sa mère. Je pensais à Serena.
Ce n’était pas totalement un mensonge.
- Vraiment ? Alors pourquoi tes mains caressaient-elles le tissu lilas ? Et comment sais-tu que je ne parlais pas de Serena ?
Blair haleta, sans savoir quoi répondre.
- Je sais ce que Chuck représente pour toi ma chérie, reprit Eléanor avec un regard entendu. Après tout, c’est moi qui suis allée le chercher le jour de ton mariage.
- Oui, il semblerait que Serena et toi saviez mieux que moi ce que mon cœur désirait vraiment, dommage que je ne vous ai pas écouté, soupira la jeune fille brune.
- Chuck t’aime, tu finiras par le récupérer crois-moi. De plus, ne m’as-tu pas dit que tu savais ce que tu voulais et que tu avais bien l’intention de l’obtenir ?
- Si et je n’ai pas changé d’avis, mais je n’ai pas encore été en mesure de m’y atteler.
- Alors qu’est-ce que tu attends au juste ? Passe un peu moins de temps à soupirer et un peu plus à agir.
- Inutile de te rappeler que la semaine de la mode parisienne est dans un peu plus d’une semaine et qu’il y a encore un millions de détails à régler. Sans compter que certains évènements sont venus interférer dans mes plans.
- Je te rappelle que je suis toujours là ! Et si tu continues comme ça, je n’aurai bientôt plus rien à faire à part mes esquisses. Il ne faudrait pas que le personnel pense que je suis trop vieille et que j’ai pris ma retraite avant l’heure, ce n’est pas encore pour tout de suite. Les femmes Waldorf sont des femmes d’action et ça ne s’applique pas seulement au travail, ma chérie. J’ai appris, un peu tard, qu’il n’y avait pas que ça d’important dans la vie.
- Tu as raison, d’ailleurs cette fois je vais suivre ton conseil à la lettre. Dès que j’aurai terminé avec l’inventaire des dernières livraisons, je prendrai quelques jours loin d’ici pour m’occuper de cet autre aspect de ma vie.
- Voilà ma fille ! Prend tout le temps dont tu as besoin. Tu as fait un travail formidable ici depuis ton arrivée et tout est presque prêt, sauf les aléas de dernière minutes comme toujours, mais je pense être encore en mesure de pouvoir le gérer.
Blair déposa un baiser sur la joue de sa mère et la serra dans ses bras.
- Merci maman, glissa-t-elle à l’oreille d’Eléanor.
Chuck et Jack Bass sortirent de la pièce le sourire aux lèvres. Jusqu’ici leur plan progressait dans la bonne direction. Kevyn Williamson, un ancien ennemi de son père, venait d’accepter de faire partie de leur projet et était disposé à injecter une somme non négligeable pour faire partie de leur association.
- On va fêter ça, déclara l’oncle en se dirigeant vers la salle de jeux. Je me sens en veine là.
- Tu vas encore retourner au casino ? Ça fait trois semaines que ça dure, t’en a pas marre ?
- Je n’en aurais jamais assez d’amasser des billets, quelques soient les coupures : Dollars, Euros, Yen… je prends tout, commenta Jack en souriant.
- Sauf qu’hier tu as perdu plus que ce que tu avais misé !
- Ce n’était qu’un soir et je compte bien me refaire aujourd’hui.
- Amuse-toi bien, en ce qui me concerne j’ai d’autres projets.
L’ainé des Bass fronça les sourcils, son neveu avait une affaire en cours qui ne concernait nullement le rachat d’hôtels et la constitution d’un nouveau groupe. Il l’avait à plusieurs reprises aperçu avec un privé qui n’avait rien à voir avec ça.
- Tu cherches quelque chose ? hasarda-t-il.
- Ne t’occupe pas de ça, répondit Chuck en tournant les talons.
Il était clair qu’il n’était pas disposé à en parler. D’ailleurs le climat s’était largement refroidi entre les deux Bass depuis l’apparition de Blair, deux semaines au par avant. Aucun d’eux n’avait abordé le sujet. Jack savait qu’il valait mieux pour lui rester en dehors de ça.
Il avait déjà fait plus que sa part. Il avait rappelé la brunette parce qu’il savait que son neveu en était toujours raide dingue. Il pensait qu’il pourrait en quelque sorte réparer un peu ce qu’il leur avait fait deux ans plus tôt. Mais les choses étaient déjà bien assez compliquées comme ça.
Sa propre relation avec son neveu était précaire, la confiance n’était que relative entre eux. Elle existait surtout dans l’alliance contre un ennemi commun. Il était du côté de Chuck ou plus exactement, il était du côté de ses propres intérêts, et il n’avait pas l’intention de perdre un allié si précieux.
Il ne voulait pas risquer de tout faire foirer en manipulant les sentiments du jeune homme pour une fille, quand bien même elle s’appelait Blair Waldorf. Ces deux là avaient toujours eu une relation compliquée.
En fait, Chuck avait des relations compliquées et Jack savait exactement quel bouton poussé pour le faire réagir. Parce qu’en réalité, ils étaient semblables sur bien des points. Rien d’étonnant quand on avait grandi sous l’influence de Bart Bass.
Mais cette fois, il ne jouerait pas à ça, il prendrait soin de ne surtout pas s’impliquer dans leur histoire. Même s’il pensait que Blair aurait pu être un atout majeur pour eux. Elle l’avait toujours été pour Chuck et elle l’était encore, même s’il ne s’en rendait pas compte en ce moment. D’ailleurs, elle le serait probablement à jamais.
Jack avait parfaitement compris le message quand il avait vu la réaction de son neveu le soir de l’arrivée de la jeune fille. Il pensait marquer des points et renforcer leur relation en jouant un rôle dans les retrouvailles des deux jeunes gens, mais le résultat avait été inverse. Maintenant, il devait travailler là-dessus. C’est la raison pour laquelle il ne tenta pas de le raisonner.
****
Blair sortit de la voiture et entra au Palais de la Méditerranée avec toute la détermination qui la caractérisait. Elle se dirigea à la réception et croisa les doigts pour que son plan fonctionne. Elle n’allait surement pas laisser Cendrillon le garder. Elle l’avait déjà mise sur la touche une fois, elle recommencerait.
Cela voulait dire qu’elle devait se rapprocher de sa cible. Elle avait recueilli quelques infos sur Eva pendant qu’elle s’occupait de WD à Paris. Elle avait enquêté sur son passé.
En rentrant de Manhattan, la petite blonde avait travaillé avec son oncle jusqu’à la mort de ce dernier. Elle avait quitté la capitale sans honorer le paiement des arriérés de factures et il se murmurait qu’elle avait repris son ancien métier. Voilà qui était une explication logique à sa rencontre avec Chuck, ici à Monaco.
Blair ne mit pas longtemps à obtenir la suite 485 une fois qu’elle apprit que celle-ci, à son plus grand soulagement, n’était pas occupée. Finalement, ça avait été plus facile qu’elle ne le pensait. Une fois n’est pas coutume, la chance était peut-être enfin de leur côté
Arrivée dans la suite, elle commença par prendre une douche puis revêtit une robe qu’elle avait choisie dans la nouvelle collection de WD. Elle lui allait comme un gant, et pour cause, Alice avait fait deux heures supplémentaires pour effectuer les retouches nécessaires.
Chuck lui avait souvent répété qu’elle était magnifique en rouge. Le vêtement carmin épousait parfaitement ses courbes, s’arrêtant une dizaine de centimètres au-dessus du genou. Les manches étaient à peine entamées et le décolleté tombait assez bas pour laisser entrevoir le haut de sa poitrine. Elle releva ses cheveux en un haut chignon afin de laisser sa nuque bien visible. C’était la kryptonite de l’élu de son cœur et elle ne doutait pas de l’effet que cela produirait sur lui.
Elle déposa un goutte de son parfum dans le creux de son cou, traçant un chemin jusqu’à ses seins, histoire de lui laisser un parcours fléché même s’il n’en n’avait jamais eu besoin. Un petit encouragement ne pouvait pas faire de mal.
Elle sortit dans le couloir et frappa à la porte voisine de la sienne, un sourire dessiné sur ses lèvres cerise, avec juste assez de gloss pour les rendre plus brillantes et un peu plus charnues. Après deux minutes devant la porte close, son sourire se figea et tourna à la grimace.
Elle décida d’aller faire un tour dans la salle de jeux. Il était encore tôt, la soirée était à peine commencée, mais après tout il était venu ici dans un but bien précis et s’était le lieu le plus logique ou elle pouvait le trouver.
Où elle VOULAIT le retrouvez. Elle repoussa au fond de son esprit les images de l’homme qu’elle aimait et de cette petite garce enlacés et se dirigea vers les ascenseurs.
*****
Chuck était assis au bar de l’hôtel, un verre de scotch dans une main et une enveloppe remplie de billets dans la poche intérieure de sa veste. Maurice Verlaine, le privé qu’il avait engagé pour retrouver Eva, était en retard d’au moins trois quarts d’heure.
Il soupira et vérifia son BlackBerry : 19h57, ce type n’avait même pas tenté de le contacter. Décidément on ne pouvait plus faire confiance à personne et les privés étaient loin de mériter leurs cachets. Il vida le reste de son verre d’un trait et se dirigea vers l’extérieur plutôt que vers le casino.
Cela faisait trois semaines qu’ils étaient là et Chuck commençait sérieusement à se lasser de tout ça. L’adrénaline des paris était retombée après une semaine, ou bien était-ce le fait d’avoir revu la brune de son cœur qui rendait ces jeux-là bien moins excitants ?
Il était vrai aussi que, depuis l’apparition d’une autre fille, blonde celle-là, les choses avaient changées. Son esprit était accaparé par Eva, ce qui lui permettait de ranger la visite de Blair bien au fond du tiroir de sa mémoire.
Jack ne lui en avait pas soufflé mot et c’était très bien comme ça. Le jeune homme se demandait d’ailleurs quel pouvait bien être l’intérêt de son oncle pour communiquer à la brunette l’endroit où ils se trouvaient.
Jusqu’ici il avait toujours tenté de les séparer par tous les moyens. Chuck grimaça en repensant à la manière dont tout ça s’était terminé. Il avait récupéré l’Empire, mais à quel prix !
Blair fit le tour de la salle de jeu encore une fois. Elle avait trouvé Jack mais pas l’homme de son cœur et son oncle n’avait pas pu, ou voulu, l’aider. Elle ressortit par les portes battantes et consulta sa montre : 20h35. Elle tenta le bar.
Son regard fit le tour de la pièce, il préférait généralement s’accouder au comptoir, mais si Chuck était avec cette poule, ils avaient surement pris une table.
A son plus grand soulagement, ils n’étaient pas là. Quoi que, cela ne la soulageait pas tant que ça en fait. S’il n’était ni dans sa chambre, ni au casino, ni au bar alors où était-il ? Il ne s’était quand même pas rendu chez elle alors qu’il disposait d’une suite surement plus grande et plus classe que l’endroit où cette pauvre fille devait vivre.
Il l’avait peut-être emmenée dîner chez Joël Robuchon, ou bien prendre un verre dans un autre des endroits les plus chics de la principauté ? Cette idée lui retourna l’estomac.
- Mademoiselle ? questionna le barman comme elle se glissait sur un tabouret en soupirant à nouveau.
- Un Martini pomme, commanda-t-elle distraitement.
Il n’y avait aucune info sur Gossip Girl le concernant et il avait désactivé l’application de géolocalisation de son Smartphone.
Le jeune rouquin lui ramena sa boisson avec un sourire insistant qu’elle ne remarqua même pas.
- Vous êtes seule ? questionna-t-il pour engager la conversation.
Elle lui jeta un regard assassin et il retourna à sa tâche sans autre forme de politesse. Elle prit une gorgée d’alcool puis fit tourner le pied de son verre entre ses doigts tout en réfléchissant.
Elle pourrait retourner dans sa suite et surveiller le couloir pour l’intercepter quand il rentrerait. Surement avec Eva accroché à lui ! Elle but une autre gorgée, plus importante cette fois et le liquide lui brula la gorge, neutralisant ainsi le nœud qui s’y formait.
- Excusez-moi, demanda soudain une voix.
Elle leva les yeux sur un grand type maigre qui était planté non loin de son tabouret. Il ne s’adressait pas à elle mais au barman.
- J’avais rendez-vous ici avec Monsieur Bass il y a presque deux heures, continua l’homme un peu essoufflé.
- Monsieur Bass a quitté le bar il y a un peu plus d’une demi-heure, assura le rouquin.
Chuck n’était donc pas avec Eva. Et dire qu’elle n’avait qu’à demander ! Elle l’avait loupé de peu en plus.
Le nouvel arrivé se tourna vers elle en grimaçant et elle se figea sur place. Elle l’avait pris pour un privé, mais son allure dégingandée et surtout son visage violacé par des coups récents le faisait plutôt ressembler à un loubard.
Il sortit son téléphone de la poche de son pantalon. Vu l’état dans lequel il était, il était inutilisable. Le type souffla, toujours en grimaçant, puis essuya le rebord de ses lèvres d’un revers de manche, semblant réfléchir.
- Vous savez où il est parti ? demanda-t-il encore au rouquin
Ce dernier haussa les épaules.
- Faites un effort, c’est vraiment très important, commanda l’autre.
Son cœur s’arrêta quand Blair aperçut des traces de sang sur le tissu qui entourait son poignet droit, comme le type fouillait à présent dans son portefeuille.
- Vous pensez que vous pouvez m’obtenir un numéro où le joindre, il pourrait bien avoir des ennuis, dit-il en tendant un billet de 100€ au type derrière le bar, désignant le comptoir d’accueil de l’autre côté des portes vitrées d’un signe de tête.
Le rouquin hésita quelques instants.
- Quel genre d’ennuis ? ne put s’empêcher de demander Blair, dont le visage avait pris la couleur de la craie.
- Et vous êtes ? interrogea l’homme, s’approchant d’elle d’un pas.
De plus près sa pommette virait déjà à l’aubergine.
- Blair Waldorf, je suis … une connaissance de Monsieur Bass.
- Américaine ! commenta le privé en entendant son accent. De gros ennuis, il faut vraiment que je réussisse à le joindre le plus vite possible. Vous avez son numéro ?
Blair fit signe que oui de la tête en retenant son souffle.
- Mais il ne décrochera pas si vous appelez de mon téléphone, résonna-t-elle en sortant son BlackBerry de son sac.
- Et le mien est bon à jeter ! Donnez-moi tout de même…
- Jack, le coupa-t-elle en sautant de son siège.
Elle se rua vers la salle de jeu, le privé à sa suite.
Le cadet de Bart était toujours à l’endroit où elle l’avait vu une heure avant.
- Il faut que tu appelles Chuck, l’exhorta-t-elle en arrivant à sa hauteur, sans se préoccuper du regard courroucé du croupier derrière la table.
- Tu déranges la partie là ! J’ai une super main. Tu n’as pas compris qu’il ne veut pas te voir ?
- Jack ! tonna-t-elle.
Ses yeux le fusillèrent sur place et il comprit qu’il pouvait dire adieu à son jeu pour la soirée.
- Excusez-moi, intervint le privé derrière elle. Je suis désolé de vous interrompre mais, il faut vraiment que je m’entretienne avec Monsieur Bass le plus rapidement possible, il en va de sa sécurité.
Vu la tête du gars, Jack supposa qu’il ne plaisantait pas. Il jeta ses cartes sur la table et commanda au croupier de faire porter ses gains sur son compte, avant de se lever pour suivre les deux intrus.
- Qu’est-ce qui s’passe ? demanda-t-il lorsqu’ils furent tous trois un peu à l’écart.
- Il faut que tu appelles Chuck, ordonna Blair qui tentait d’empêcher la panique de prendre le contrôle de son corps. MAINTENANT !
Jack se tourna vers le type au visage tuméfié qui lui fit un signe de tête en assentiment et il s’exécuta.
Le téléphone sonna plusieurs fois dans le vide avant que la messagerie ne se déclenche.
- Chuck, c’est Jack. Je ne sais pas ce qui se passe mais il y a un gars pas mal amoché ici …
Le gars en question lui arracha l’appareil des mains.
Monsieur Bass, ici Maurice Verlaine. Les types de Fabio me sont tombés dessus et ce n’sont pas des tendres. Ils savent qui vous êtes et ils pensent que c’est vous qui cachez la fille. Rappelez-moi dès que vous aurez ce message et surtout surveillez vos arrières.
Le jeune Bass partit du Café de Paris et longea la place du Casino en direction de la plage. Il était à peine onze heures et il avait tout son temps. Il n’était pas vraiment pressé de retrouver sa suite. Il n’avait pas non plus envie de retrouver Jack.
Il n’avait pas pu s’empêcher de penser à Blair pendant tout le repas avec cette fille qui avait fait venir Eva ici et l’avait initiée au service de Fabio. Elle avait la même manière de tenir sa fourchette en suspension, entre son index et son majeur, pendant qu’elle parlait.
Il n’avait vu que ça et avait été incapable de se concentré sur les paroles, indéniablement, totalement, inutiles dans son enquête, qui sortaient de la bouche de la très belle escorte-girl aux grands yeux noisettes qui lui en rappelaient d’autres.
C’est la raison pour laquelle il avait évité de les regarder et s’était focalisé sur d’autres détails, ce qui n’avait manifestement pas arrangé les choses. Il n’avait même pas eu envie de pousser la soirée plus loin dans ces conditions et l’avait mise dans un taxi devant le restaurant.
Machinalement, il consulta son BlackBerry et constata qu’il était hors tension. Il avait oublié de recharger la batterie avant de se rendre à son rendez-vous au bar. Il fit demi-tour et reprit le chemin du Palais de la Méditerranée.
Une de leur connaissance commune lui avait dit qu’il avait croisé Serena à St Tropez la semaine précédente et il devait le rappeler pour lui donner plus d’infos. Il ne doutait pas que sa sœur s’amusait sans doute comme une folle, mais le coup de fil de Lili l’avait mis mal à l’aise et après cette histoire avec Eva, il préférait en avoir le cœur net. Une blonde portée disparue était déjà bien assez.
- Monsieur Bass ? l’interpella une voix féminine.
Il releva la tête et un sourire narquois prit forme sur son visage. Il n’avait aucune idée de qui était la jeune fille auburn qui se tenait devant lui, mais elle était également très jolie et avait des atouts … de poids.
- On se connait ? demanda-t-il.
- Je suis Sandra, une des colocataires d’Eva, sourit-elle.
Il fronça les sourcils, il était surpris que la blonde ait parlé de lui à qui que ce soit. Son autre « amie » n’avait pas revu la blondinette depuis deux semaines elle non plus.
- Je m’inquiète beaucoup pour elle. Elle n’est pas rentrée depuis quinze jours et je voulais juste savoir si elle allait bien.
Cela signifiait donc que l’autre « collègue » d’Eva n’en savait pas plus en fait. Verlaine lui avait fait un premier rapport la semaine précédente qui mentionnait que personne n’avait l’air de savoir ce qui lui était arrivé. C’était comme si elle s’était volatilisée depuis le moment où elle avait quitté sa suite.
Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle avait agi ainsi. Il était évident qu’elle avait peur de son mac. Mais il avait cru qu’il avait réussi à la convaincre de le laisser racheter son contrat.
Ils avaient un peu discuté tous les deux et ils avaient fini par convenir qu’il valait mieux qu’elle dorme là. Elle avait appelé Fabio pour lui dire qu’elle avait trouvé un autre client et qu’elle assurerait toute la nuit, histoire d’être tranquille jusqu’au lendemain.
Mais lorsqu’il était sorti de la douche à son tour, elle avait pris la poudre d’escampette, laissant même la somme d’argent qui aurait dû payer sa soi-disant prestation de service.
Au début, il avait pensé que la jeune blondinette avait tout simplement changé d’avis. Il avait demandé à Verlaine de la retrouver dans le but de la convaincre d’accepter son aide.
La seule idée qui lui venait maintenant c’est qu’Eva avait décidé d’aller voir son souteneur pour lui dire qu’elle voulait quitter le circuit et que ça s’était mal fini pour elle.
- Je ne vois pas de qui vous parlez, mentit-il
Il n’y avait aucune chance qu’il fasse confiance à cette fille vu la réputation de Fabio.
La jeune fille tenta une tactique différente et s’approcha d’un pas, laissant courir ses doigts sur le haut de son bras avec un sourire charmeur.
Mais il fallait plus au jeune Bass qu’une belle fille bien roulée pour tomber dans le panneau.
- Vous vous trompez de personne, cracha-t-il.
Il repoussa sa main et passa devant elle pour gagner la porte tournante de son hôtel.
Lorsque Chuck atteint le fond du hall, à hauteur des portes vitrées du bar, Blair se précipita dans sa direction. Elle se jeta sur lui et le serra dans ses bras sans qu’il puisse réagir.
- Tu vas bien ? demanda-t-elle en attrapant son visage entre ses mains.
- Oui, balbutia-t-il sans comprendre ce qui se passait.
Les yeux de la femme qu’il aimait étaient remplis de larmes et ça lui arracha le cœur.
- Merci Mon Dieu, murmura-t-elle en posant sa tête sur son épaule. L’entourant à nouveau de ses bras fluets, elle ferma un instant les paupières.
Retrouvant ses esprits, il se dégagea de son étreinte, avant de voir que Jack et Verlaine qui se tenaient devant lui.
Son oncle avait le petit sourire narquois qu’il lui avait vu si souvent et le privé… avait manifestement une bonne excuse pour ne pas s’être présenté à l’heure à leur rendez-vous.
- On a cherché à te joindre toute la soirée, commenta Jack.
Les yeux de Chuck s’attardèrent sur le visage du privé avant de revenir à ceux de Blair, qui était à présent plus sereins.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-il à l’adresse de Verlaine
- Apparemment Fabio n’a aucune idée d’où est passée votre petite amie !
Blair tressaillit à ces mots mais se reprit aussitôt.
- Si on buvait un verre pour débrouiller toute cette histoire, proposa Jack.
Chacun accepta et ils retournèrent tous au bar. Ils s’installèrent à une table du fond tandis que Blair se dirigeait vers les toilettes pour se remaquiller. Lorsqu’elle passa à hauteur du barman, le rouquin lui adressa un sourire et un clin d’œil et Chuck décida qu’il n’aurait pas le moindre cent de pourboire.
Au lieu de retourner s’asseoir à table, elle préféra rejoindre sa chambre. Les émotions de la soirée l’avaient assez chamboulée pour qu’elle ne se sente pas la force d’écouter Chuck parler de sa petite amie disparue et de la manière dont il envisageait de la retrouver.
Tactiquement, ça aurait pourtant été plus qu’intéressant. Mais elle s’en fichait bien pas mal en cet instant précis. Son cœur était bien trop déchiré, sa tête trop remplie de toutes les horribles choses qui auraient pu arriver à Chuck ce soir, à cause de cette fille, POUR cette fille.
Il n’avait pas esquissé le moindre geste envers elle quand elle s’était ruée sur lui. Il n’avait pas refermé ses bras autour d’elle. Ne lui avait aucunement rendu son étreinte, ne l’avait pas serrée contre lui.
Il s’était juste écarté d’elle, tout comme il avait quitté la table de jeu quand elle était venue lui annoncer qu’elle était venue l’aider, qu’elle était prête à donner une vraie chance à leur relation. Il ne voulait plus d’elle et il ne voulait plus de son aide non plus.
Elle se rappela de ce moment où elle la lui avait refusée alors qu’il avait fait le chemin jusqu’à chez elle pour la lui demander.
Elle avait gaspillé ses chances une à une et maintenant, c’est son cœur à lui qui appartenait à une autre. Elle ne pouvait pas lutter avec les larmes qui étaient toujours là, tapies au coin de ses paupières. Ni contre le besoin de s’écrouler en pleurs sur son lit.