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La vie n'est pas un long fleuve tranquille

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 01.08.2012 à 13h26
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« La vie n'est pas un long fleuve tranquille ! » katido 

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Chuck ôta sa veste et sa cravate, se déchaussa et se laissa tomber sur son lit. Quand il y pensait, il avait eu une chance énorme. Cette fille devant l’hôtel était un simple appât et vu la tête de Verlaine, il ne s’en serait surement pas mieux sorti entre les poings de Fabio.

Le bon point étant que ce type n’avait aucune idée d’où se trouvait Eva lui non plus.  Ce qui faisait toujours deux blondes disparues pour l’instant finalement.

« Merde !  Serena »  Avec tout ça, il avait complètement oublié l’appel à son sujet.

Il se releva et tâtonna dans la poche de sa veste pour en sortir son BlackBerry, qu’il brancha immédiatement sur le chargeur.

Il avait dix appels en absence, dont sept de Blair. Elle n’avait visiblement pas l’intention de laisser tomber. Il avait pourtant cru qu’elle avait rendu les armes car elle n’avait pas appelé depuis sa petite visite surprise deux semaines plus tôt.

Il fut étonné, elle savait qu’il ne prenait pas ses appels et ce n’était pas son genre de s’abaisser à quémander. Elle avait réellement dû avoir peur pour lui ce soir, vu la manière dont elle s’était littéralement jeté sur lui.

Il frissonna en repensant à ses bras autour de son torse. Il lui avait fallu user de toutes ses forces pour ne pas la serrer tout contre lui et l’embrasser à perdre haleine une fois le choc passé. Son parfum vint chatouiller sa mémoire, l’inondant de souvenir qui réchauffaient sont cœur et le taillaient un peu plus en pièces en même temps.

Deux coups frappés à sa porte le ramenèrent à la réalité.

Blair se tenait derrière, le contour de ses yeux presque de la même couleur que la robe qu’elle portait. Le tissu était chiffonné mais elle était pourtant superbe. Il l’a trouvait toujours magnifique en rouge.

- Je pensais que tu étais rentrée depuis longtemps, dit-il simplement.

- J’ai la suite 485, expliqua-t-elle avec un sourire contrit.

Il devait la trouver vraiment pathétique.

Son cœur s’affola à la simple idée qu’elle puisse dormir si près de lui, juste de l’autre côté de la paroi.

- Je vais bien, dit-il pour la rassurer.

- Oui, je sais, j’ai compris, répondit-elle alors que la douleur dans sa poitrine reprenait de plus belle.

Il allait bien, parfaitement bien, sans elle.

- Je suis désolée de t’avoir sauté dessus, s’excusa-t-elle finalement après un instant de silence pesant entre eux.

Chuck fit passer son poids d’un pied sur l’autre, mal à l’aise, toujours dans l’entrebâillement de la porte.

Il était évident qu’il n’allait pas l’inviter à entrer dans sa suite.

- Je … Il y a peut-être un élément qui … hésita-t-elle. Enfin, ce n’est rien d’important mais… je ne sais pas si ça peut t’aider … à définir plus précisément le moment de son départ mais … Eva était encore là quand je suis passée l’autre soir, vers minuit, réussit-elle à articuler malgré le nœud qui lui serrait la gorge et le poids qui broyait son cœur.

Elle lui devait le droit de tourner la page maintenant. Elle ne pouvait pas le retenir prisonnier alors qu’il l’avait attendue si longtemps en la regardant se lover dans les bras non pas d’un, mais de deux autres hommes. Elle était la seule fautive, la seule responsable de ce gâchis, il avait besoin d’avancer avec sa vie et elle le comprenait.

Elle lui avait fait bien assez de mal comme ça. Il avait le droit d’être heureux lui aussi... avec une autre. Si elle n’avait pas été aussi égoïste l’année dernière, elle s’en serait rendue compte plus tôt. Elle n’avait aucun droit d’exiger, d’espérer, qu’il l’attende pendant qu’elle s’essayait à d’autres vies.

Pourtant elle avait besoin de savoir, même si elle savait que ça allait finir de lacérer les derniers lambeaux de son cœur. Elle avait besoin d’être sure qu’elle ne se sacrifiait pas pour rien.

- Est-ce que tu ressens quelque chose pour elle ? Enfin je veux dire … elle laissa sa phrase en suspens, le regardant au fond des yeux.

Il fut surpris par sa question et détourna le regard. Il mit quelques secondes avant de répondre.

- Je … Ça n’a rien à voir avec ça, je m’inquiète pour elle. C’est quelqu’un de bien. Elle a toujours été bonne avec moi, confia le beau ténébreux

« Contrairement à moi » songea la brunette.

L’image de leurs corps emmêlés dansa devant ses yeux et elle sentit une nausée assaillir son estomac.

Elle fit deux pas en arrière et se tourna vers la porte de sa propre suite.

- Blair…

Il lutta contre l’envie de lui hurler qu’elle était la seule qu’il pourrait jamais vraiment aimée. La seule à qui appartiendrait à jamais son cœur…. Et aussi la seule capable de le broyer et de l’émietté en morceaux si minuscules qu’il ne pourrait jamais le reconstituer pour qu’il puisse battre à nouveau correctement un jour.

- Merci, murmura-t-il à la place.

Elle fit un petit signe de la tête, incapable d’émettre une parole de plus. La bile remontait dans son œsophage et la salive emplissait sa bouche. Elle se dépêcha d’agripper la porte 485 et de courir à la salle de bain.

Il referma la porte du 483 et s’y adossa, ses mains tremblaient quand il les passa sur son visage. Les paupières closes, il tenta d’inspirer profondément, mais sa gorge refusait de laisser passer l’air ou quoi que ce soit d’autre. Elle était si serrée qu’il était incapable d’avaler.

Elle n’eut que le temps de se pencher au-dessus de la cuvette lorsque le contenu de son estomac effleura ses lèvres. Elle s’agenouilla pour vomir encore plusieurs fois avant de s’asseoir sur le carrelage, le menton entre ses genoux. Ses larmes ruisselaient à nouveau sur ses joues sans qu’elle puisse les arrêter.

Il mit un pied devant l’autre pour arriver jusqu’à son lit et s’y écroula. Recouvrant son visage avec un oreiller, il étouffa un cri de douleur qui réussit à disloquer le nœud dans sa trachée et emporta avec lui un torrent de gouttelettes salées qui imbibèrent le coton égyptien.  

Il resta ainsi, longtemps après que ses larmes se soient taries. Serrant le coussin dans ses bras. Son esprit dérivant de l’autre côté de la cloison. Jusqu’à ce qu’une mélodie résonne dans la pièce. Il mit plusieurs secondes avant de réaliser qu’il s’agissait de son Smartphone.

Il se racla la gorge avant de décrocher, l’écran affichait le nom de Jason Orton. C’était le type qui lui avait dit avoir vu Serena à St Tropez.

- Allo ?

- Chuck, mon pote. Tu dormais où quoi ? Non, ne m’dis rien. Tu étais surement occupé à faire autre chose si tu étais dans ton pieu à c’t’heure-ci.

Le brun se contenta d’émettre un petit rire guttural, à peine convainquant, mais l’autre gars s’en contenta et éclata de rire à son tour.

- Tu as eu des nouvelles de ma sœur ? reprit Chuck.

- Oui, justement, tu te souviens que je t’avais dit qu’elle prenait du bon temps. Apparemment, ça s’est gâté. Elle a bien failli se noyer en plongeant tête la première dans la mer au milieu de la nuit. Mais pas de panique, un preux chevalier s’est porté à son secours. Et son bouche-à-bouche devait être efficace parce qu’elle a planté Baizen pour se barrer avec lui.

- Elle est où maintenant ?

- Aucune idée, ce type est un des musiciens qui jouaient ce soir-là sur le yacht d’André Kovalinskwi, mais le groupe a quitté la ville. D’après ce que sait André, ils seraient Australiens et sont venus en France pour les fêtes de la musique. Il croit se rappeler qu’ils voulaient remonter sur la capitale.

- Il croit se rappeler ?

- Mec, tu sais comment c’est quand on débute l’été sur la Riviera.

- Si tu entends autre chose, prévient moi.

- Pas de prob, les amis c’est fait pour ça. Et puis tu sais Serena, c’est de la bombe. En général, ta frangine ne passe pas inaperçue. Je suis certain qu’on va la voir en topless dans le prochain Voici.

Chuck marmonna un « au revoir » et raccrocha sans plus de cérémonie avant de se laisser retomber en arrière sur son matelas.


katido  (15.08.2012 à 09:28)

« Carter Baizen ! » 

Serena devait vraiment être en plein délire pour se remettre avec ce pauvre type !

Chuck n’avait plus son numéro dans son répertoire depuis longtemps. Il pourrait demander à Nate, mais doutait fortement qu’il ait encore cette information en sa possession lui aussi.

Les deux n’étaient plus en très bons termes non plus, depuis que Chuck avait sauvé les fesses de l’héritier Archibald quand il s’était laissé embobiner dans le traquenard de ce scélérat de Baizen. 

Et surtout, il ne voulait pas ébruiter que sa sœur avait disparue avant de l’avoir retrouvée. Lili avait devait déjà être assez inquiète comme ça pour l’avoir appelé, inutile d’en rajouter.

Il pourrait lancer Verlaine sur la piste de cette enflure, mais alors autant directement lui demander de retrouver sa sœur puisqu’ils n’étaient apparemment plus ensemble. Il sourit en pensant au fait qu’elle ait laissé tomber ce crétin pour un musicien. C’était bien le genre de Serena !

Ou plutôt de l’ancienne Serena, parce qu’il avait eu l’impression qu’elle avait muri depuis l’été dernier. Elle avait cherché un job, pas toujours avec réussite, mais elle avait au moins le mérite d’avoir tenté le coup.

Et aussi, elle avait plus ou moins été de son côté pendant cette année. Elle avait tout de suite changé d’avis et accepté de l’aider quand elle avait su pour Bart. Ils s’étaient en quelque sorte rapprochés pendant que Blair se concentrait sur ses relations amoureuses. Un pincement dans sa poitrine remonta jusqu’à son cœur.

Il leva les yeux au ciel et son regard s’accrocha au cadre suspendu au-dessus de son lit. C’était un décor de voilier qui naviguait au large. Une idée qu’il aurait préféré ignorer prit place dans son esprit. Mais maintenant qu’il l’avait eue, il se disait que c’était sans doute sa meilleure chance !

Il ferma les yeux et poussa un profond soupir avant de se lever, puis marcha jusqu’au couloir. Il hésita un instant devant le 485 et enfin, prit une bonne inspiration avant de frapper doucement.

La porte s’ouvrit toute seule et il fronça les sourcils. Elle était restée entre-ouverte, Blair ne l’avait pas fermée à clé, elle ne l’avait même pas fermée du tout !

Il poussa un peu plus et elle tourna sur ses gonds. La pièce était plongée dans la pénombre. Seule la lumière de la salle de bain donnait une clarté toute relative. Chuck traversa la pièce à pas feutrés et se rendit compte qu’il n’avait pas remis ses chaussures.

Il entra dans la salle d’eaux, mais elle était vide.

Il retourna dans la chambre principale et la fouilla du regard. Il sentit sa poitrine s’allégée en constatant que Blair dormait sur son lit, au-dessus des couvertures. Elle avait dû sombrer dans le sommeil sans s’en rendre compte car elle était encore vêtue de sa robe rouge.

Il fit quelques pas pour s’avancer, elle était tellement belle. Ses pieds le portèrent plus près. Elle avait l’air si paisible et si fragile à la fois. Il se pencha sur elle sans vraiment s’en rendre compte et effleura à peine sa joue en repoussant une boucle brune tombée sur son visage.

- Chuuuck, murmura-t-elle depuis le pays des rêves.

Et il en oublia la raison de sa venue. Il ne savait plus, ni pourquoi, ni comment. Il n’entendait plus la voix dans sa tête qui lui recommandait d’être prudent. La seule chose qu’il ressentait, c’était cette vibration, ce flottement à l’intérieur de lui, qui réorganisait les battements de son cœur. Ce cœur qui ne fonctionnait pas l’instant d’avant, quand il était loin d’elle et qui aspirait juste à un peu de répit.

Alors il se coucha là, tout contre elle. Il passa un bras autour de ses épaules et colla son torse à ses omoplates. Le corps de Blair répondit au sien inconsciemment, instinctivement, il se coula au creux du sien, ses doigts cherchant immédiatement les siens pour s’y entremêler, ses jambes se déplaçant automatiquement entre les siennes.

Il ferma les yeux et enfuit son visage dans ses cheveux soyeux, respirant son odeur. C’était comme le calme au milieu de la tempête, un abri en plein ouragan, une île déserte en plein océan, un havre de paix pour son âme torturée. Un endroit où il pouvait reprendre pied. Il y jeta l’ancre et s’y accrocha.  

Il savait, quelque part au fond de lui, qu’au petit matin, son cœur se désagrégerait à nouveau. Mais pour l’instant, la chaleur du corps de Blair contre le sien apaisait toutes les coupures, toutes les gerçures, toutes les brûlures et il voulait s’abandonner à cet oasis en plein désert, même si dans un coin de son cerveau il avait bien conscience qu’il devrait en payer le prix au soleil levant.

Blair se réveilla doucement, dans une bulle de coton rose. Elle ne s’était pas sentie aussi reposée depuis des lustres. Elle avait une étrange sensation de bien-être, procurée par un rêve un peu fou et un peu flou. Un sourire apparu sur son visage à cette évocation et elle glissa sa main derrière elle.

Mais alors la sensation disparut car elle ne trouva que le vide. Elle roula sur son dos et son sourire s’évanouit. Tout à coup le froid saisit son corps et elle frissonna. Elle tira la couverture, seulement pour constater qu’elle était au-dessous d’elle. Elle gémit et plongea son visage dans l’oreiller d’à côté.

La sensation revint faiblement. Avec l’odeur qui imprégnait la taie en coton égyptien. Cette odeur qu’elle connaissait si bien, qu’elle reconnaitrait entre mille, celle du parfum boisé de Chuck.

Elle releva la tête et inspecta la pièce. Rien n’avait bougé. Elle secoua ses boucles brunes pour se remettre les idées en place. Elle débloquait complètement !

Pourtant en reposant la tête sur le coussin, elle la sentit à nouveau, cette sensation de bien-être infime et indéfinie. Elle roula sur son ventre pour mieux sentir l’odeur, si ténue qu’elle ne parvenait pas à savoir si elle existait vraiment.

Elle poussa un petit cri étouffé dans le tissu lorsqu’elle ressentit une piqure sur sa hanche droite. Elle se déplaça et glissa sa main pour frotter sa peau. Un sourire réapparut à nouveau sur son visage.

Elle observa le petit objet d’or, monogrammé, entre ses doigts.

Ça, elle ne l’imaginait pas ! 

Elle réfléchit à toutes les manières possibles qui pourraient expliquer comment un des boutons de manchette de Chuck aurait pu se retrouver sur son lit. 

« Transfert ! »

Quand elle l’avait serré dans ses bras dans le hall de l’hôtel.

« Non, impossible ! »

Il était resté les bras ballants et n’avait pas fait un seul geste vers elle, encore moins pour lui rendre son étreinte.

Il était venu ici !

Quand ?

Pendant la nuit ?

Pendant qu’elle dormait ?

Mais comment ?

Impossible ! 

Elle entra dans la salle de bain en ruminant. Il devait y avoir une explication logique.

Même après une bonne douche pour se réveiller totalement, elle n’était toujours arrivée à aucune conclusion probante et acceptable. Pourtant elle devait en avoir le cœur net.

Elle sécha ses cheveux et enfila rapidement une jupe droite de couleur noire et un chemisier bordeaux sans manches, avant de s’appliquer à couvrir de son mieux ses yeux encore un peu gonflés par les larmes de la veille.

Elle frappa à la porte de la suite contigüe d’une main décidée. Après tout, sa visite était tout à fait légitime.

Chuck acheva de boutonner sa chemise et ouvrit la porte. Il ne s’attendait pas à la voir là.

Il s’était réveillé deux heures plus tôt, mais était resté au moins une heure à la tenir dans ses bras, le visage toujours dans le creux de sa nuque, avant de se mettre à l’observer dormir.

Avec la lumière du jour, il avait vu tout ce qui lui avait échappé dans la pénombre de la nuit. Les traces de mascara séché sur ses joues démontraient qu’elle avait dû pleurer. Les plis de sa robe laissaient entrevoir la peau blanche d’un de ses seins et ses cuisses étaient à moitié dénudées elles aussi.

Il avait eu envie de la toucher, de la caresser et avait fini par se dépêcher de sortir de là pour aller prendre une douche froide dans sa propre suite.

Maintenant elle se tenait là, devant lui et il n’avait qu’une envie, la prendre dans ses bras à nouveau.


katido  (16.08.2012 à 09:28)

- Blair ! 

- Bonjour à toi aussi, répondit-elle.

- Bonjour, reprit Chuck avec un petit sourire en coin.

Elle sentit son cœur fondre devant ce spectacle. Ses cheveux étaient à peine séchés et les deux premiers boutons de sa chemise étaient ouverts.

- Est-ce que je peux entrer ? questionna-t-elle en tentant de cacher l’émoi dans sa voix.

Il s’effaça pour la laisser passer sans dire un mot.

- Je voulais justement venir te voir, indiqua-t-il, après avoir réussi à maîtriser ses émotions.

- Je croyais que tu l’avais déjà fait, dit-elle pour tester sa théorie complètement loufoque.

Mais quand elle vit son visage devenir cendre et sa mâchoire se carrer, elle comprit qu’elle n’était peut-être pas si folle que ça.

- J’ai trouvé ça, je crois que c’est à toi, continua-t-elle, un espoir insensé au fond du cœur.

Elle lui présenta le bijou monogrammé sur le plat de sa main afin de mettre ses initiales bien en évidence.

Il déglutit et saisit la preuve de son méfait entre le bout de ses doigts.

Blair referma sa paume, emprisonnant ses phalanges entre les siennes.

Il ressentit une onde électrique parcourir chacune de ses cellules.

Son cœur battait à tout rompre quand elle plongea ses yeux noisette dans les siens, de couleur identique, pour tenter de déchiffrer son âme.

- Est-ce qu’il y a encore une chance, une seule, même infime, que tu veuilles toujours de moi ?

Sa gorge était si nouée qu’il était incapable d’émettre le moindre son. Ses prunelles l’aspiraient aux tréfonds de l’âme de Blair. Il sentait le bouton de manchette qui tremblait légèrement dans le creux de sa main.

- Dis-moi… Dis-moi ce dont tu as besoin et je te le donnerai. Si tu as besoin de temps, je t’attendrai. Si tu as besoin d’espace, je resterai à l’écart. Si tu veux que je m’en aille, je partirai … Je veux juste … Je veux juste que tu sois heureux … Et si … Et si c’est avec une autre … alors … je me ferai une raison, termina-t-elle, des larmes dansant dans ses yeux. 

Chuck sentait les pulsations de tambouriner si fort dans chacune de ses veines qu’il avait l’impression qu’il allait exploser. Fermant les paupières, il l’attira à lui et la serra tout contre son cœur.

- C’est toi … C’est toi, balbutia-t-il tout bas dans un souffle.

Il embrassa sa joue, puis sa bouche, avant de prendre son visage entre ses mains pour poser son front contre le sien.

- C’est toi, juste toi, rien que toi.

Un petit rire effleura les lèvres de la jeune fille avant qu’elles n’effleurent à nouveau celles de Chuck.

Elle posa ses mains de chaque côté de l’arrête de sa mâchoire

- Tu m’as manqué, tellement manqué, si tu savais, murmura-t-il.

- Je sais, crois-moi, je sais et je m’en veux ...tellement.

Il reposa sa bouche sur celle de la jeune femme pour l’embrasser passionnément.

Elle noua ses bras derrière sa nuque, l’attirant plus près, ne relâchant pas ses lèvres avant de risquer l’apoplexie.

Elle reprit son souffle dans un nouveau petit rire et celui de Chuck se mêla au sien.

- Je t’aime, chuchota-t-elle.

- Je t’aime.

La mélodie du BlackBerry de Chuck leur rappela qu’ils n’étaient pas seuls au monde.

Il déposa une dernière fois un baiser tendre sur sa bouche avant de prendre l’appareil sur la table de nuit.

- Allo ?

- Charles.

- Lili, grimaça-t-il.

Il n’avait pas encore parlé à Blair du problème de Serena.

Cette dernière ramassa le bouton de manchette qui avait roulé sur le tapis. Elle était presque tentée de le garder comme porte-bonheur.  Elle s’assit sur le lit pendant que Chuck continuait sa conversation avec sa mère.

- Ne t’inquiète plus, elle est à St Tropez. Elle profite des yachts de luxe et de la Méditerranée.

- Merci, Charles, tu n’imagines pas à quel point je suis soulagée d’entendre ça. Je n’aurai jamais cru dire ça un jour, mais il semblerait bien que tu sois le plus mature de mes trois enfants finalement. Dis à Serena de m’appeler, j’ai deux ou trois choses à mettre au point avec elle.

Il retint à peine une nouvelle grimace.

- Ce sera fait. Je lui passerai le message la prochaine fois que je lui parlerai.

« Et comment donc ! »

- Merci encore, je te promets de ne plus te déranger. Profites bien de tes vacances.

- Toi aussi, dit-il avant de raccrocher.

Il jeta le Smartphone sur son lit et poussa un soupir.

Blair le sentit se raidir quand elle posa sa main sur sa taille.

- Est-ce que ça va ?

- Serena a disparue, lâcha-t-il.

Contrairement à ce à quoi il s’attendait, il vit la brunette pâlir et c’est avec un air vraiment concerné qu’elle demanda :

- Qu’est-ce que tu entends par « disparue » ?

Il carra la mâchoire sans répondre, mais c’était inutile. Il venait de dire le contraire à sa mère et il n’était pas du genre à paniquer pour rien, ce qui voulait dire que S avait sans doute de gros ennuis.

- Je pensais que j’étais la seule qu’elle évitait, ajouta la brune après un instant.

- Tu l’as appelée ? s’étonna-t-il. J’ai entendu dire que vous vous étiez disputée.

Blair haussa les épaules.

- Ce n’est pas la première fois qu’on a un différent. Et à tout bien réfléchir,  je me suis dit que j’avais réagi un peu trop fort en la jetant dehors. Je lui ai dit des choses horribles à propos de notre amitié.

La jeune fille se garda de préciser la raison profonde qui avait déclenchée leur dernière engueulade.

Chuck ne fit pas d’autre commentaire à ce sujet, il connaissait assez la femme qu’il aimait pour savoir comment elle se laissait emporter par son tempérament, au-delà de toute mesure parfois et il lisait assez d’inquiétude dans ses prunelles pour ne pas vouloir l’accabler plus. Aussi revint-il à leur préoccupation première.

- La dernière fois qu’on l’a vue, elle était avec Carter Baizen et a failli se noyer en tombant à la mer en pleine nuit.

- Elle est avec Carter ? reprit Blair consternée.

Si c’était bien le cas, ça signifiait que l’ancienne Serena avait repris le dessus.

- En fait, elle n’y est plus. Elle l’a largué pour les beaux yeux du musicien qui l’a sauvée. Elle est partie avec lui Dieu sait où.

Il laissa le temps à la jeune femme d’assimiler ce qu’il venait de dire avant de reprendre :

- Je voulais appeler Baizen pour avoir plus d’infos, mais je n’ai pas son numéro et quand bien même…

- Ce serait mieux si c’était moi qui l’appelais, comprit-elle à demi-mot.

Il fit un signe de tête affirmatif.

- Tu n’effaces jamais aucun contact, grinça-t-il entre ses dents.

Il ne doutait pas une seule seconde qu’elle ait conservé les coordonnées de ce connard.

- Ca peut toujours servir. La preuve ! commenta-t-elle en souriant.

Elle l’embrassa tendrement sur la joue.

- Je vais chercher mon téléphone, ajouta-t-elle en quittant la pièce.

Elle s’éloigna d’un pas tranquille mais, dans sa poitrine, son cœur dansait de joie à l’idée qu’il soit toujours jaloux de Carter Baizen aussi longtemps après leur petite histoire.


katido  (17.08.2012 à 09:44)

- Blair Waldorf ! Que me vaut le plaisir ? questionna Carter en décrochant après la cinquième sonnerie. Est-ce que tu as des désirs à combler que seul un vrai mec à le pouvoir de satisfaire ?

Du coin de l’œil, elle vit Chuck avoir un haut le corps.

- Si c’était le cas Baizen, ce n’est pas toi que j’appellerais. Tu es très en dessous de la moyenne, sauf pour Serena qui se contente de peu.

- Toujours aussi charmante à ce que je vois.

- Et toi, toujours aussi mufle et suffisant.

- Tu m’as appelé juste pour m’insulter ? ricana-t-il

Elle grimaça, il allait profiter de la situation.

- J’ai besoin de parler à ma meilleure amie.

- Hm, et moi qui me réjouissait déjà à l’idée de te manquer. Tu es sur que tu ne m’appelles pas parce que tu meures d’envie que je vienne réchauffer ton lit ?

Chuck émit un grognement pour lui répondre mais la brune posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire.

- Qui sait ? Si tu es bien sage peut-être que tu auras une récompense.

- Tu me diras ce que tu portes comme sous-vêtement ? la taquina-t-il un peu plus.

Chuck faillit s’étouffer avec sa langue.

- Toi, d’abord, susurra Blair dans l’appareil.

- Désolé ma belle, mais je n’ai aucune idée d’où peut bien se trouver Serena en ce moment. Elle s’est tirée avec un musicien et danse probablement sur les tables de tous les bouges dans lesquels il joue. Tout ce que je sais, c’est qu’ils descendent le long de la côte d’Azur, direction Monaco.

Blair eut un petit sourire de victoire, même si les informations n’étaient pas celles espérées.

- A toi, maintenant, décida Carter. Un marché est un marché, à moins que ta parole n’ait pas de valeur Waldorf.

- Elle en a, promit-elle avec un sourire sournois. En fait, je porte les sous-vêtements noirs en dentelles que tu aimes tant, tu sais ceux avec les broderies de soie, et bien figure-toi que Chuck est justement occupé à me les enlever en ce moment même.

Elle raccrocha sur un crissement de dent de Carter, avant qu’il n’ait le temps de rajouter quoi que ce soit. 

- Tu sais que tu es diabolique ? rit Chuck

- C’est pour ça que tu m’aimes, non ?

- Pour ça … et pour tes sous-vêtements en dentelles, répondit-il avec un petit sourire en coin avant d’attraper son visage entre ses mains et de l’embrasser passionnément.

Blair posa ses mains sur son torse et répondit à son baiser par un autre tout aussi passionné. Une de ses mains remonta jusqu’à la ligne de la mâchoire de l’élu de son cœur, tandis que l’autre emprisonnait sa taille et que celles de Chuck glissaient sous son chemisier, pendant que sa bouche descendait le long du cou de la jeune femme.

Il taquina le lobe de son oreille avec sa langue alors que ses doigts s’insinuaient sous la bretelle de son soutien-gorge.

- Il n’est pas noir, marmonna-t-il, les lèvres toujours collées à sa peau tendre.

Blair se sentit défaillir, ça faisait tellement longtemps, bien trop longtemps qu’il ne l’avait plus touchée de cette manière.

- Je pensais que tu me préférais en rouge, susurra-t-elle entre deux baisers sur le bord interne de sa clavicule.

Elle avait fait sauter un troisième bouton en tirant sur le col de sa chemise pour atteindre sa peau.

Chuck passa son autre main sous son chemisier pour remonter le long de sa colonne et atteindre l’attache entre ses omoplates.

Les yeux de Blair se révulsèrent quand il laissa ses lèvres s’immiscer dans son encolure.

- Enlève les mois tout de suite, supplia-t-elle en arrachant tous les boutons dans un geste brusque.

- Laisse-moi d’abord en profiter, ça fait si longtemps que j’en rêve, la taquina-t-il en laissant retomber sa main dans le creux de ses reins.

- Tu veux me rendre complètement folle ? grogna-t-elle avec impatience.

- Tu n’as pas idée, sourit-il tout contre la partie charnue de ses seins, de l’autre côté du tissu. Et ton supplice va durer des heures.

Ils restèrent, en effet, enfermés dans la chambre jusqu’à midi passé, jusqu’à ce qu’ils se repaissent l’un de l’autre à satiété.

Blair déplaça son bras un peu plus à gauche pour atteindre la main de Chuck et caressa l’intérieur de son poignet.

- Je t’aime, dit-elle la tête toujours posée dans le creux de son épaule.

Le jeune homme porta le dos de sa main à sa bouche en souriant.

Ils gémirent d’agacement en même temps quand plusieurs coups furent frappés à la porte.

Blair enfuit son visage dans son cou pour l’empêcher de sortir du lit.

- C’est surement Verlaine, je devais le retrouver au restaurant il y a au moins une heure.

La jeune fille sentit son cœur se serrer dans sa poitrine à l’évocation du nom du privé qui était en charge de retrouver son ex-petite amie. C’est bien ce qu’Eva était après ce qui venait de se passer dans cette chambre, non ?

Elle le regarda se lever et passer une robe de chambre avant d’aller ouvrir.

- Verlaine, dit-il dans l’embrasure de la porte.

- Monsieur Bass, je suis désolé de venir vous déranger jusqu’ici, s’excusa l’homme, mais nous avions rendez-vous.

- Je sais, commenta Chuck, la piste dont vous m’avez parlé hier soir a donné quelque chose ?

- Votre amie a été aperçue dans un petit café à Rome il y a deux jours. Je pense qu’elle y est encore, voici l’adresse.

- Merci, dit le jeune Bass en prenant le feuillet des mains du privé. J’ai une autre mission pour vous puisque vous avez menez celle-ci à bien.

Il lui montra une photo de Serena sur son BlackBerry et lui expliqua le voyage supposé de sa sœur avant de le laisser partir.

Blair resta prostrée dans les draps pendant toute la conversation, observant le morceau de papier ou était griffonner l’adresse de la blonde fluette qui menaçait de lui voler l’homme qu’elle aimait et qu’elle pensait avoir reconquis.

Chuck se réinstalla à côté d’elle, le cœur un peu plus léger que la veille. Tout avait l’air de s’arranger finalement.

C’était jusqu’à ce qu’il croise le regard de sa belle.

- Hé, on va la retrouvée ok, dit-il en pensant qu’elle s’inquiétait pour Serena.

D’ailleurs, il ne savait toujours pas ce qui s’était vraiment passé entre elles pour qu’elle expulse sa meilleure amie de chez elle. Il y avait eu les blasts de GG oui, mais cela ne pouvait pas tout à fait tout expliquer.

- Oui, Maurice Verlaine a vraiment l’air d’être doué, commenta-t-elle alors, amère.

Une étrange sensation vibra dans l’estomac du brun ténébreux. Elle n’était pas inquiète pour sa meilleure amie en cet instant, elle était jalouse. Ce n’était surement pas bien du tout, mais il se délecta de ce sentiment, qu’il pouvait lire dans ses yeux, noirs comme le charbon.


katido  (18.08.2012 à 12:54)

Blair replia ses jambes sous elle et en profita pour se blottir un peu plus contre Chuck. Elle avait insisté pour partir avec lui en Italie. Elle n’avait aucune intention de le laisser seul avec Eva, même s’il lui avait assuré qu’ils n’avaient pas recouché ensemble depuis New-York.  

Il laissa son menton reposer sur le sommet de sa chevelure et entrelaça ses doigts aux siens. Il avait trouvé ça agréable de la voir jalouse, ça le rassurait sur les sentiments de Blair à son égard, après tout ce temps passé à se mourir d’amour pour elle, quand elle était dans les bras d’un autre. Mais il savait trop combien cette sensation avait brûlé et consumé chacune des fibres de son corps pour lui souhaiter la pareille.

Elle traça la longueur de ses doigts avec son index et ferma les yeux pour profiter de lui encore un peu. Il voyageait depuis plusieurs heures et elle ne pouvait s’empêcher d’appréhender le moment où ils arriveraient à destination.

Ils avaient décollé de Nice en fin d’après-midi car Chuck avait dû se rendre à un rendez-vous avec un investisseur potentiel. Jack et lui avaient dans l’idée de monter leur propre groupe et de démanteler le conseil de BI, récupérant dans la foulée l’Empire, que le jeune homme considérait comme sa propriété à part entière.

Chuck et Jack avaient toujours les contacts nécessaires dans les affaires et quelques-uns des membres qui siégeaient à BI de leur côté. Mais ces derniers avaient aussi peur de la réaction de Bart s’il apprenait leur traitrise et ils ne quitteraient pas le navire tant qu’ils ne se verraient pas proposer quelque chose de solide sur un plateau d’argent.

D’aucuns avaient compris que la guerre était déclarée et qu’ils devraient choisir leur camp tôt ou tard, mais pour l’instant, ils cherchaient surtout à placer leurs pions entre les Bass et à couvrir leurs arrières quel qu’en soit le gagnant.

Bart avait pour lui l’expérience de toute une vie, mais son fils était aussi redoutable que lui en affaire et il avait la fougue et l’audace de la jeunesse. Chacun soupesait donc qu’elle serait la meilleure tactique pour lui-même, afin de tirer le meilleur parti de la situation et d’en éviter les écueils.   

Les amants avaient à peine eu le temps de profiter l’un de l’autre, à part la matinée qu’ils avaient passés dans le lit de Chuck. Après la visite du détective privé, l’ambiance avait été un peu tendue entre eux. Principalement à cause d’elle, elle le reconnaissait.

Elle n’avait pas voulu lui faire de scène de jalousie, ni provoquer de dispute entre eux alors qu’elle avait enfin réussi à le retrouver. Elle était sincère quand elle lui avait dit qu’elle lui procurerait ce dont il avait besoin. Elle voulait réellement son bonheur, même au mépris du sien.

Mais elle ne pouvait supprimer le sentiment qui germait dans son cœur. Elle tentait de se résonner en se disant qu’il était juste inquiet pour une de ses ex-petites amies et qu’il en avait tous les droits étant donné la situation.

Non seulement Eva avait disparue, mais en plus, son souteneur était à sa recherche. Ce qui ne rassurait pas Blair le moins du monde. Elle frissonna en se remémorant l’horrible soirée qu’elle avait vécu la veille. Elle était plus qu’heureuse de quitter Monaco pour l’instant.

Le problème était que Chuck ne s’était jamais inquiété d’aucunes de ses ex-petites amies. Parce qu’il n’en n’avait jamais eue ! Blair était la première avec qui il avait eu une vraie relation. Mais Eva n’était pas comme toutes les filles qui avaient séjournées dans le lit de Chuck, ce qui était plutôt ironique quand on connaissait le « métier » de la jeune fille.

Chuck passa un bras autour de ses épaules pour mieux la caler contre lui. Il aimait qu’elle soit venue avec lui. Il aimait la sentir là, tout contre lui. Un sourire inconscient se forma sur ses traits comme les souvenirs de cette matinée affluaient à sa mémoire. Cela faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas tenue dans ses bras et chaque cellule de son corps n’aspirait qu’à fusionner avec celles de la jeune femme.

Cependant, il aurait de loin préférer la tenir à l’écart de tout ceci. Surtout quand il repensait au visage de Verlaine. Il ne voulait en aucune façon que Blair puisse être mêlée à ce genre d’histoire.

Et pourtant c’était le cas. Elle n’aurait jamais accepté de rester à Monaco tandis qu’il venait voir Eva pour s’assurer qu’elle allait bien, à plusieurs centaines de kilomètres de là, et de nuit qui plus est.

Il déposa un baiser sur son front et caressa ses cheveux.

- On arrive bientôt, murmura-t-il contre sa tempe.

Elle se raidit immédiatement sans pouvoir s’en empêcher.

- Tu vas la voir ce soir ? questionna-t-elle sur le ton le plus neutre qu’elle put.

- Le plus tôt sera le mieux.

Elle ne répondit pas, mais l’embrassa passionnément.

- Je t’aime, lui rappela-t-elle.

- Et je t’aime aussi. Je serai là pour dîner avec toi. J’ai réservé au Vivendo pour 20h30. Je fais juste l’aller-retour jusqu’à l’adresse indiquée.

- Tu as réservé au St Régis ?

- Je ne vais surement pas aller dans un des hôtels de B.I. pour que mon père puisse utiliser ça contre moi. Et puis, je sais combien tu aimes leurs vins.

Elle l’embrassa encore et il lui rendit son baiser.

Cependant, à 21h37 Chuck n’avait toujours pas pointé le bout de son nez et Blair était dans tous ses états. En colère qu’il lui ait fait faux bond, rongée par le tourment à l’idée de ce qui pouvait le retenir et qui l’empêchait de répondre à ses trois appels. Elle tombait directement sur sa messagerie vocale. Elle tenta d’effacer pour la centième fois au moins l’image des lèvres de SON petit ami sur celle de cette bécasse.

Le serveur s’approcha de la table dressée pour deux, où elle attendait comme une idiote depuis plus d’une heure maintenant, avec un regard navré et contrit, pour lui servir à nouveau un verre de vin, mais elle le refusa et quitta le Vivendo la tête haute. Personne n’avait pitié de Blair Waldorf et surement pas le salarié d’un restaurant, fusse-t-il un des plus prestigieux de toute la péninsule.

Elle grimpa dans un taxi d’un pas décidé et indiqua l’adresse qu’elle avait mémorisée au chauffeur. Tout son sang bouillonnait à l’intérieur de ses veines. Elle allait faire de la charpie avait les restes de cette sale petite garce, après l’avoir découpée en morceaux et lui avoir arraché ses grands yeux innocents, qui lui donnait un air si fragile. Elle allait lui apprendre qu’on ne venait pas jouer sur le terrain de Queen B sans en payer les pots cassés.

La voiture la déposa devant un café du Campo dei Fiori et elle pénétra à l’intérieur d’un pas tout aussi décidé. Le barman l’informa qu’aucune personne dénommée Eva ne travaillait là et qu’aucune de leur serveuse n’était blonde.

Mais il y avait bien une petite nouvelle aux yeux clairs qui venait de rejoindre l’équipe en ce début de période estivale où la capitale italienne regorgeait de touristes. Elle était peut-être bien Française, mais il ne la connaissant pas vraiment, il ne pouvait pas dire grand-chose à son sujet et encore moins son adresse. En revanche, c’était son jour de repos et lui terminait son service dans trois heures.

Blair n’avait que faire des avances de ce bellâtre, elle finit par trouver les informations qu’elle cherchait auprès d’une des jeunes filles qui faisait le service entre les tables. Elle prit un autre taxi pour se rendre à la nouvelle adresse.

Lorsqu’elle arriva devant l’immeuble à appartement, elle eut une moue de dégoût. Surmontant sa répulsion, elle frappa à la porte du 3D avec toute la fureur contenue depuis des heures.

Un grand type baraqué lui ouvrit la porte, elle eut un mouvement de recul en se rendant compte de son erreur.

Chuck lui, blêmit en l’apercevant sur le seuil de la porte. Il s’était retrouvé face à deux hommes imposants, qui étaient arrivés chez la prostituée bien avant lui. Eva, tremblant de chacun de ses muscles, empaquetait ses affaires dans le sac de toile, de la même manière dont elle l’avait fait deux semaines auparavant, mais bien plus lentement. La jeune fille faisait tout pour retarder son retour à Monaco et son affrontement avec son souteneur.

Le jeune Bass tentait de négocier la liberté de l’ancienne blonde avec les brutes depuis plus de trois heures, mais Fabio les avait bien dressé et il était évident que du haut de leur taille, ils avaient peur de la réaction du proxénète.

Pourtant, ils étaient sensibles à la liasse de billet que le jeune homme tenait dans sa main et il sentait qu’il pouvait réussir à s’en sortir indemne avec Eva s’il y réussissait à les convaincre de les laisser partir en expliquant à leur patron qu’ils n’avaient pas retrouvé la jeune fille qu’ils recherchaient, et s’il y mettait le prix bien sûr.

C’était avant l’arrivée de la brune, qui mit fin au semblant de relation de confiance qui s’était installé entre les deux hommes de mains de Fabio et l’héritier Bass.

Le type qui avait ouvert la porte tira l’intruse d’un geste brusque dans la pièce et Chuck sentit un frisson lui hérisser l’échine.


katido  (19.08.2012 à 08:08)

Le type avec une mine revêche la tira violement dans la pièce et elle prit conscience qu’elle s’était jetée dans la gueule du loup. Elle était venue ici, animée de sentiments de colère et de vengeance, mais son caractère irascible lui jouait une fois de plus un tour et pas des meilleurs.

Elle leva des yeux épouvantés sur Chuck qui se trouvait à deux mètres d’elle, de l’autre côté d’une table de cuisine qui remplissait quasiment la totalité de l’espace minuscule.

Eva était à ses côtés, les cheveux coupés courts sur la nuque et couleur corbeau, ce qui faisait ressortir la pâleur de son visage et ses grands yeux clairs où brillaient l’angoisse et la peur.

Un autre type, qui devait avoir été fait dans le même moule que le premier et qui portait une casquette de baseball et un tatouage sur son avant-bras, se tenait dos à une autre porte, grande ouverte, qui donnait sur la chambre. Un grand sac de toile bien rempli était posé sur le lit.

- Une amie à vous ? demanda celui qui lui avait pratiquement arraché le poignet en découvrant un sourire pervers.

- Elle n’a rien à voir dans tout ça, dit Chuck d’une voix autoritaire.

- On dirait qu’elle n’est pas de cet avis, puisqu’elle s’est pointée ici. Je croyais que vous étiez seul et que personne ne serait jamais au courant de notre petit accord.

- On peut négocier un autre accord, proposa le tatoué. Ce qui rend Fabio fou de rage, c’est d’avoir perdu du manque à gagner. Si on lui ramène une autre fille…

Blair tressaillit à cette simple idée et son visage perdit toute couleur.

- Aucune d’entre elles ne rentrera avec vous, tonna Chuck en contournant l’obstacle qui l’éloignait de la femme de sa vie.

- Alors on va avoir un vrai problème, indiqua l’autre avec un œil mauvais.

- Je vous suis, dit Eva en s’avançant vers sa chambre.

- Non ! cria le jeune Bass. On va trouver une solution. Appelez-moi Fabio !

Les deux sbires échangèrent un regard consterné, il en profita pour prendre la main de Blair et la faire passer derrière lui.

Elle serra ses doigts, s’appliquant à repérer les issues qui pourraient s’offrir à eux, mais il n’y en avait aucune car chacune des montagnes de muscle en gardait une.

- Appelez votre boss ! répéta le jeune homme.

L’un des deux types sortit son téléphone et composa le numéro du proxénète.

Deux heures et 250.000€ virés sur un compte privé à Monaco, plus tard, les armoires à glace quittèrent l’immeuble dans un véhicule noir qui disparut dans la nuit.

Eva était absolument tétanisée, tandis que Blair laissait enfin son corps trembler librement en se jetant dans les bras de Chuck. Elle avait réussi à conserver un semblant de contrôle pendant tout le temps de la négociation, mais à la seconde où ils franchirent la porte, elle s’effondra en larmes.

Le jeune homme la serra tout contre lui, de toutes ses forces, s’autorisant enfin à respirer librement après ce duel. Surement le deuxième plus risqué de toute sa vie, littéralement. Le premier l’ayant laissé se vidant de son sang dans une ruelle de Prague.

Sortant de sa torpeur, la maintenant ex-prostituée pour la deuxième fois de sa vie, s’assied lentement sur une chaise et laissa ses larmes couler elle-aussi.

Après un quart d’heure, elle releva lentement la tête, prenant vraiment conscience de sa liberté.

Dans le silence le plus total, ils rentrèrent tous les trois au St Régis où Chuck demanda une chambre pour Eva.

- Merci, murmura-t-elle dans l’embrasure de la porte de la suite 159, pleinement reconnaissante envers l’homme qu’elle ne pourrait jamais rembourser.

- Je t’avais dit que je rachèterais ton contrat, énonça-t-il à mi-voix.

- Je sais mais… je voulais t’éviter des ennuis.

- T’éviter des ennuis ? répéta Blair au milieu du couloir, laissant soudain la rage la surmonter après la peur. Non, mais est-ce que tu te rends…

- Blair, ça suffit ! cria Chuck.

Elle le regarda éberluée. Est-ce qu’il allait prendre la défense de cette moins que rien ?

- Celle qui a envenimé la situation ce soir, c’est toi, siffla-t-il entre ses dents.

Elle haleta sous le choc. Il prenait le parti de cette pétasse, contre elle ? Il l’accusait, elle ? Quand il avait été jusqu’à risquer sa vie pour sauver cette catin de l’emprise de son souteneur ! 

- Pourquoi est-ce que tu ne peux pas tout simplement avoir confiance en moi ? tonna-t-il, avant de tourner les talons pour rejoindre les ascenseurs.

Il avait besoin d’oxygène, de respirer enfin librement, après la pression qui avait pesée sur lui pendant toutes les heures qui venaient de s’écouler, pas d’une scène de Blair. Il avait aussi besoin de faire le vide et de réfléchir à sa vie et à leur relation. Il ne pouvait pas repartir sur de telles bases à nouveau.

Blair le regarda s’éloigner sans pouvoir faire le moindre geste. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. La minute précédente, il la réconfortait et la serrait contre lui et la suivante, il s’emportait contre elle et la jugeait responsable de la situation.

Elle leva les yeux sur Eva et, pour la seconde fois de la nuit, vit un regard affligé qui se posait sur elle. C’en était trop ! Non seulement cette pouffiasse était responsable du fiasco de ce soir et aussi de celui qui allait survenir entre elle et l’homme qu’elle aimait, mais en plus elle se permettait d’avoir pitié d’elle.

- Si tu crois que tu as gagné, tu n’as encore rien vu ! Je ne te laisserai pas me le prendre, cracha-t-elle, au comble de la colère, ses yeux lançant des éclairs.

- Il n’a jamais été question de ça. Il n’est pas amoureux de moi ! Celle qu’il aime, c’est toi, énonça calmement l’autre jeune fille, bien trop consciente qu’elle n’avait jamais eu, à quelque moment que ce soit, et n’aurait jamais, aucune chance avec l’homme qui avait pourtant fait vibrer son cœur.

Elle l’avait déjà réalisé à Manhattan deux ans plus tôt.

Blair resta sans voix devant ces paroles, Eva avait l’air vraiment convaincue de ce qu’elle venait de dire.

- Tu ne comprends pas, reprit la Française devant son visage ébahi. La question ici n’est pas l’amour, mais la confiance. Il a besoin de savoir que tu crois en lui, pas que tu le soupçonnes de trahison à la moindre occasion, ou encore d’être incapable de gérer la situation par lui-même. Il a besoin que tu te reposes sur lui, que tu lui demande son avis. Et non que tu te battes comme une furie à sa place ou que tu lui viennes en aide comme s’il était une œuvre de charité ou une de ces causes perdues pour lesquelles vous avez l’habitude de donner des sommes d’argent faramineuses afin de vous donner bonne conscience.

La brunette la dévisagea, elle n’avait jamais considéré l’homme qu’elle aimait comme une cause perdue. A aucun instant, même dans les pires moments. Au contraire, elle avait toujours voulu être là pour le soutenir quand tous les autres lui tournaient le dos. Elle ne supportait pas de rester là, les bras ballants, quand elle savait qu’il allait mal. Par ce qu’il était un homme à ses yeux justement, SON homme et qu’elle voulait être celle dont il avait besoin pour aller bien, celle sur qui il pouvait compter.

- Chuck a juste besoin que tu ais besoin de lui autant que, lui, a besoin de toi.  Un homme a parfois juste besoin de jouer le rôle du héros. Et même s’il n’y croit pas vraiment lui-même, en apercevoir le reflet dans les yeux de la femme qu’il aime lui suffit souvent. Il a besoin de savoir que, lorsque les choses vont mal, il est celui qui sera là pour te rassurer et t’épauler, celui vers qui tu te tourneras pour t’aider à te relever.

Blair resta assise, pensive, sur son lit le restant de la nuit. Les paroles de la jeune Française trottant dans sa tête bien après que cette dernière ait refermé la porte de sa chambre.

Chuck avait été prêt à tout sacrifié pour elle, à laisser sa vie derrière lui pour s’enfuir avec elle, à aimer son enfant comme s’il était le sien.

Et même après, lorsqu’elle l’avait repoussé de toutes ses forces, il avait voulu continué à l’aider. Il l’avait aidée, après qu’elle en ait épousé un autre, juste devant ses yeux, en lui brisant le cœur.

Il avait payé sa dote, risquant de perdre tout ce qu’il possédait pour qu’elle soit libre d’être avec celui qu’elle aimait, quand il savait pertinemment que ce n’était pas lui, et elle l’avait accusé de vouloir l’acheter.

Il avait perdu son avenir et tout ce qu’il avait commencé à construire parce qu’il avait accepté de récupérer la bague de fiançailles qu’il lui destinait depuis qu’il l’avait achetée, celle pour laquelle il avait failli mourir. Il avait fait tout ce qu’il pouvait pour elle, même quand elle ne le méritait pas.

Même quand elle lui avait dit qu’elle ne voulait pas de son aide et qu’elle était allée se réfugier dans les bras de Daniel Humphrey à la place. Même après qu’elle lui ait expliqué qu’elle n’était plus amoureuse de lui, que son cœur appartenait désormais à un autre, par ce que cet autre avait été là pour elle, quand elle l’avait interdit à Chuck.

Une larme roula sur sa joue et elle se rendit compte qu’elle pleurait silencieusement.  


katido  (27.08.2012 à 21:43)

Il était encore tôt, le soleil s’élevait doucement au-dessus de la mer. Le buffet était déjà ouvert mais Blair zappa le petit déjeuné. Elle était incapable d’avaler quoi que ce soit.

Chuck n’était pas rentré de toute la nuit et elle n’osait pas l’appeler. Elle ne savait pas quoi faire en fait. Elle connaissait par cœur l’adolescent qui avait volé son cœur, mais il avait évolué depuis.

Il avait fait un travail sur lui-même, pendant qu’elle continuait à s’enfoncer la tête dans le sable, refusant de voir la réalité en face, s’accrochant désespérément à des chimères. Serena avait eu totalement raison. Elle était celle qui n’avait pas muri, celle qui avait continué à se comporter comme une adolescente égocentrique et capricieuse.

Et maintenant, elle se demandait comment réagir. Comment prouver à l’homme qu’elle aimait son amour et sa foi en lui ? Elle était pétrifiée à l’idée de le perdre, incapable de respirée, exactement comme au moment où elle avait réalisé qu’il avait changé, qu’il avait tiré leçon de ses erreurs et fait table rase de ses mauvais comportements.

« Je t’aime » lui texta-t-elle, espérant qu’il accepte de revenir vers elle, qu’il lui donne une autre chance de prendre un nouveau départ avec lui.

Ses pas la portèrent jusqu’à la piazza del Popolo, elle admira distraitement les œuvres de Le Caravage et Pinturicchio, ses pensées toujours tournées vers l’homme pour qui battait son cœur, de plus en plus lourd au fur et à mesure que les heures s’égrainaient.

Elle ressortit sur la place et s’immobilisa devant le jeune homme brun qui se tenait  quelques pas en face d’elle.

A la seconde où il l’aperçue, son visage se ferma.

Ses yeux la transpercèrent de part en part.

Elle avait tenté de le joindre pour lui expliquer la situation mais il avait refusé tout contact avec elle.

Dan Humphrey venait de sortir de l’Eglise Santa Maria dei Miracoli.

Son stage n’avait pas vraiment tourné comme il l’avait espéré. Heureusement, son association avec Georgina atténuait un peu sa fureur. A eux deux, il ne faisait aucun doute qu’ils réussiraient à se venger de tous ces snobinards qui n’avaient qu’à claquer des doigts pour obtenir ce qu’ils voulaient.

Ils se pensaient mieux que lui parce qu’ils étaient nés avec une cuillère en argent dans la bouche, mais il montrerait au monde entier la réalité. La laideur cachée derrière l’or et l’argent.

Ils étaient tous pourris jusqu’à la moelle. Il s’était laissé aveugler par le charme de Blair, mais elle n’avait fait que se moquer de lui, tout comme Serena avant elle. Elles n’étaient que des coquilles creuses sous leurs maquillages et leurs vêtements hors de prix et chacun allait bientôt pouvoir s’en rendre compte.

Un rictus se dessina sur son visage en reconnaissant la brunette qui avait abusé de ses sentiments. Il n’en revenait pas qu’elle ait le culot de venir se pavaner devant lui. Il avait éliminé chacun de ses appels en absence, messages vocaux ou écrits, y compris ses mails.

Elle avait choisi Chuck Bass, le pire d’entre tous, au lieu de lui. Elle était retournée se vautrer aux pieds de ce sale type alors qu’il était prêt à lui offrir un monde meilleur, un monde juste et droit, un amour pur et simple, loin de toutes les choses horribles que cet odieux personnage lui avait fait subir.

A moins qu’elle ne soit venue pour le supplier de la reprendre. Elle s’était peut-être ravisée. Elle se mordait certainement déjà les doigts de ce que Chuck lui infligeait. Mais elle pouvait toujours courir pour qu’il la reprenne. Il ne s’abaisserait jamais à ça.

Maintenant, il voyait clairement ce qu’elle était. Elle n’avait rien d’une victime innocente. Elle était aussi maléfique que Chuck et il ne se laisserait plus prendre à son jeu de petite oie blanche.

- Dan, s’exclama la jeune femme, se remémorant tout à coup qu’il passait son été dans la capitale italienne.

Il la toisa du regard avec un sourire méprisant.

- Qu’est-ce que tu fais là ? cracha le jeune Humphrey.

« Non, mais pour qui se prenait-il ? »

Blair réprima toutefois un mot acerbe.

- Je fais du tourisme.

- A Rome ?

- Ca me paraît évident ! commenta-t-elle sans pouvoir se retenir de lever les yeux au ciel.

- Si tu es venue pour implorer mon pardon, tu perds ton temps !

- Quoi ? rigola-t-elle, complètement prise au dépourvu par son agressivité et son ton condescendant.

- Tu crois peut-être que parce que je suis quelqu’un de bien, je suis disposé à passer l’éponge sur ce que tu m’as fait.

- Je suis vraiment désolée Dan, je ne voulais pas …

- Jouer avec moi ? Me faire croire que tu étais une âme perdue.

- Je n’ai jamais …

- Tu m’as fait croire que tu avais besoin d’être sauvée de ce détraqué et moi j’ai accouru … Que tu avais changé, que tu n’étais plus cette peste égoïste, mais la vérité, c’est que tu n’as pas changé d’un iota, tu es toujours la personne détestable qui se permet d’utiliser et de jeter les pauvres gens qui pensent être tes amis quand tu as tiré d’eux ce que tu voulais.  Et je n’arrive pas à croire que je suis entré dans ton jeu.

- Je n’ai jamais cherché à te faire croire quoi que ce soit. C’est toi qui as voulu être mon ami, qui a proposé de m’aider quand je n’avais personne d’autre, s’effara-t-elle.

- Tu avais quelqu’un d’autre, mais tu m’as choisi MOI. Tu m’as fait croire que tu avais des sentiments pour moi, quand tu ne pensais qu’à Chuck. Est-ce qu’au moins, tu as jamais été sincère une seule fois dans ta vie, avec les gens qui le méritaient ? Je veux dire, ceux qui le méritent vraiment, pas ceux qui sont aussi ignobles que toi et toute votre bande de faux-jetons hypocrites.

La gifle partit avant même qu’elle n’en prenne conscience.

Dan, porta la main à sa joue rougie tandis que Blair continuait à trembler de colère.

- Ces hypocrites, comme tu les appelles ce sont mes amis, mes vrais amis. Tu ne leur arrives pas à la cheville, ils valent cents fois mieux que toi et ta morale et ton petit esprit étriquer. Et tu as raison, c’est vers eux que j’aurais dû me tourner, j’ai commis l’erreur de croire que tu pourrais être mon ami toi aussi, mais ça ne se reproduira pas, tu peux me croire sur parole.

- Ta parole n’a aucune valeur Waldorf, siffla-t-il avant de tourner les talons pour s’engouffrer dans la Basilique Santa Maria di Montesanto.

La jeune fille se retint de lui crier un juron par respect pour les lieux où ils se trouvaient. Elle avait vraiment fait un beau gâchis, elle s’était coupée de tous ses amis pour s’en remettre à un type de Brooklyn imbu de lui-même, qui se prenait pour un preux chevalier ayant pour mission de sauver une demoiselle en détresse et un grand écrivain, alors qu’il n’était qu’un minable petit scribouillard.

*****

Au même moment, sur la piazza Navona, dans le restaurant du Grand Hotel della Minerve, l’héritier Bass prenait le petit déjeuné avec Giovanni Bianchi, un ancien promoteur immobilier que son père avait plus ou moins arnaqué et qu’il avait rencontré au détour d’une ruelle, non loin de la piazza di Spagna, sur le petit matin et qui avait une proposition de projet immobilier dans sa manche.

Il faisait de son mieux pour se concentrer sur les explications et la propagande plus qu’enthousiaste de l’Italien, mais son esprit était à mille lieux de là.

Le brun ténébreux avait déambulé dans les rues romaines pendant toute la nuit, incapable de trouver une quelconque quiétude dans la vie nocturne comme il le faisait autrefois.

Son cœur était bien trop lourd et les stratagèmes qu’il utilisait au préalable pour s’insensibiliser n’opéraient plus. Il ne trouvait plus aucun refuge dans l’alcool même s’il continuait d’en boire par habitude. Des drogues plus dures auraient sans doute pu lui apporter un peu de réconfort, pour quelques heures, mais cela n’aurait en rien effacé la douleur dans sa poitrine au réveil.

Il avait été stupide, si stupide, de croire qu’il pourrait reconstruire quelque chose avec elle, qu’elle était parvenue à éradiquer toute trace de ressentiment à son égard. Il lui avait fait bien trop de mal pour qu’elle puisse jamais avoir à nouveau vraiment confiance en lui. Si tant est qu’elle ait jamais réellement eu confiance en lui.

Dès le premier instant de leur histoire, après qu’ils aient couché ensemble à l’arrière de cette limousine, elle avait refusé tout engagement avec lui. Elle n’avait jamais voulu avoir quoi que ce soit de durable avec lui. Parce qu’elle le connaissait trop bien. Ils avaient grandis ensemble, elle savait de quoi il était capable et aussi de quoi il était incapable.

Elle lui avait commandé de tuer les papillons qu’il lui avait avoué avoir dans le ventre depuis que sa peau avait frôlé la sienne. Mais il n’avait pas réussi. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé. Il savait parfaitement, au fond de lui, qu’il ne pourrait que lui faire du mal et qu’il n’était pas digne d’elle.

Il avait lutté tant qu’il avait pu contre ses sentiments. Puis il s’était avoué vaincu et il avait pu apprendre le bonheur avec elle, jusqu’à ce qu’il brise tout. Jusqu’à ce qu’il réduise en poussière la seule personne qui lui ait jamais donné la chance de prouver qu’il était capable de construire quelque chose. Et bien sûr, il avait lamentablement échoué.

Il avait pris la bonne décision en la laissant vivre son conte de fée. Dommage pour elle que ce se soit terminé en cauchemar, toujours par sa propre faute. S’il ne s’en était pas mêler, s’il était resté loin d’elle comme il se l’était promis, s’il n’avait pas tenté de la récupérer, s’il ne lui avait pas avoué être prêt à aimer son enfant comme le sien, elle vivrait heureuse avec ce bambin aujourd’hui, auprès d’un mari aimant, en véritable princesse, comme elle le méritait.


katido  (28.08.2012 à 10:49)

Blair rentra au St Régis et croisa Eva dans un des couloirs de l’hôtel cinq étoiles.

Les jeunes filles échangèrent un signe de tête comme elles continuaient chacune leur chemin puis, dans un ultime effort sur elle-même, la brunette fit demi-tour.

- Eva, appela-t-elle.

Cette dernière se retourna pour lui faire pleinement face.

- Est-ce que tu as des nouvelles de Chuck ? s’enquit Blair d’un ton ferme.

- Il m’a envoyé un texto afin que je le rejoigne au restaurant pour le déjeuner.

Le jeune New-Yorkaise avala sa salive avec difficulté.

- Il est rentré alors ?

- Je suppose, je ne l’ai pas vu, il m’a juste donné rendez-vous au Vivendo dans quinze minutes, dit l’autre jeune fille en consultant sa montre.

Blair sentit son cœur s’émietter dans sa poitrine et les larmes affluer sous ses paupières.

- Surtout, prend bien soin de lui, articula-t-elle faiblement, la gorge atrocement serrée.

- C’est à toi de le faire. Je te l’ai déjà dit, il t’aime, il reviendra vers toi, il revient toujours vers toi. Il y a une espèce de force mystique entre vous que n’importe qui peut ressentir.

- C’est ce que tout le monde ne cesse de nous répéter et pourtant, j’ai plutôt l’impression que l’univers entier est contre nous, commenta la jeune femme aux yeux sombres.

Elle tourna les talons et monta dans la cage d’ascenseur pour rejoindre leur suite. Elle n’avait aucune intention de lui imposer sa présence en cet instant et de déclencher une altercation en public.

Lorsqu’elle pénétra dans la pièce où elle avait passé la nuit à ruminer, elle se rendit compte qu’il avait fait enlever tous ses affaires de la suite.

Les larmes roulèrent sur ses joues sans qu’elle ne puisse rien y faire.

*****

Eva, elle, entra dans le salon privé que lui indiqua le serveur et le vit contempler son BlackBerry.

Chuck leva les yeux sur elle et se leva automatiquement, presqu’inconsciemment. Il lui sourit quand elle déposa un baiser sur sa joue. Il n’avait pas du dormir du tout vu les cernes qui ornaient ses yeux, les mêmes que celles que la jeune femme qu’elle venait de croiser avait camouflées sous un correcteur de teint.

Elle lorgna discrètement l’écran au lieu de s’asseoir à table et y lu un « je t’aime » 

- Tu devrais aller la voir, au lieu d’être ici avec moi, indiqua-t-elle avec un mouvement du menton vers le téléphone dans sa main.

- Je n’ai pas envie de me disputer, je suis certain qu’elle est furieuse après-moi et avec raison.

- Son message ne ressemble pas à une déclaration de guerre.

- Tu ne l’as connait pas assez bien. Blair Waldorf ne laisse jamais rien passé, elle obtient toujours sa revanche. Je l’ai invitée ici aussi, hier soir, mais je l’ai laissée poireauter sans aucune explication.

- Tu étais en train de négocier ma liberté avec deux malabars qui doivent totaliser autant de neurones à eux deux qu’un crabe échoué sur le sable.

- Raison supplémentaire pour qu’elle ait envie de m’arracher les entrailles, ironisa-t-il.

- Non, sérieusement Chuck, tu devrais vraiment aller la rejoindre dans votre suite. Je viens de la croiser et elle n’a pas dormi plus que toi cette nuit. Après le choc d’hier, elle a besoin de toi.

- Blair Waldorf n’a jamais besoin de personne, commenta-t-il avec un sourire amer, et quand bien même, ce ne serait pas de moi.

- Peut-être que c’est à elle d’en décider, tu ne crois pas ?

- Elle en a déjà décidé, quand elle en a eu l’opportunité. Je sais parfaitement ce qu’elle fait, crois-moi.

- Comment ça ?

- Elle a eu peur que ça devienne sérieux avec Humphrey, alors elle est revenue vers moi. Elle s’est enfuie au lieu de passer l’été ici, avec lui, parce qu’elle a eu peur qu’il ne voit les choses différemment s’ils passaient du temps juste tous les deux.

La jeune fille lui jeta un regard perplexe.

- Et comment peux-tu en être si certain ?

- Parce que c’est exactement ce que j’ai fait avec elle, quand je me suis rendu compte que j’étais profondément amoureux d’elle. Humphrey est pour elle, ce qu’elle est pour moi et elle a peur de s’engager réellement avec lui.

- Tu te trompes, celui qu’elle aime c’est toi.

- Blair a toujours eu la fâcheuse tendance à avoir recours au déni. Il y a quelque mois, elle m’a assuré que son cœur ne m’appartenait plus. Aujourd’hui, elle dit le contraire. Mais cela ne veut pas dire pour autant que je suis celui qui la rendra heureuse et elle le sait.  Elle aime Brooklyn, il lui apporte la sécurité et la stabilité dans sa vie, deux choses qui lui ont toujours cruellement fait défaut jusqu’à maintenant. Avec lui, elle a appris à avoir confiance en elle, quand moi j’ai fait tout le contraire. Avec lui, elle pourra redevenir la femme forte qu’elle a toujours été. Elle va reprendre Waldorf Design et elle va être une femme de pouvoir, comme elle a toujours été destinée à l’être. Elle fera manger le monde entier de la mode dans le creux de sa main.

- Pas sans toi à mes côtés, murmura la voix de Blair.

Chuck sursauta, même si elle avait dit ces mots pratiquement à voix basse.

- J’ai besoin de toi, reprit-elle en le regardant au fond des yeux. Waldorf Design, l’effervescence des podiums, Paris, Milan, Tokyo, New-York, peu importe, si je ne peux pas le partager avec toi.  Mon avenir n’en est pas un si tu n’y as pas ta place. Parce que mon monde n’est pas mon monde sans toi. Sans tes bras qui me serrent, tes lèvres qui me goûtent, ta peau qui me touche. Je ne suis pas Blair Waldorf sans toi. Parce que tu détiens à jamais une partie de moi, la partie la plus importante. Mon âme t’appartient, ainsi que mon cœur, et cela fait de toi le seul responsable de mon bonheur.

Son cœur cogna comme un fou dans sa poitrine. Il aurait vraiment voulu la croire, mais il ne s’était pas trompé. Malgré ses dires et ses affirmations, elle avait toujours ce sentiment d’insécurité au fond d’elle. Elle était identique à ce qu’il avait été, elle clamait qu’elle était plus forte qu’avant, mais c’était avant tout pour s’en convaincre elle-même.

- Tu crois que tu veux être avec moi, mais…

- Regarde-moi au fond des yeux, là où tu peux lire mon âme, comme tu es le seul à savoir le faire. Regarde là et dis-moi que tu es réellement convaincu que je serai plus heureuse sans toi. Dis-moi que ce que tu souhaites pour moi, c’est de me réveiller dans les bras d’un autre, chaque matin, quand mes rêves seront remplis de toi, quand je ne penserai qu’à toi, chaque fois qu’il posera ses mains sur moi, chaque fois qu’il posera ses lèvres sur les miennes, chaque fois que je fermerai les yeux.

Chuck ressentit la douleur aussi surement que s’il venait de recevoir une balle en plein cœur, comme s’il était à nouveau étendu dans cette ruelle à Prague. Il saignait à nouveau jusqu’à l’agonie à la seule idée d’imaginer ce qu’elle venait de décrire.

Son esprit lutta, de toute ses forces, pour ne pas flancher, pour ne pas l’enlacer, pour la renvoyer dans les bras d’un autre, qui l’aimerait mieux que lui, sinon plus. Mais la lueur qui brillait dans le fond de ses prunelles chocolat, la flamme qui y dansait, il la connaissait trop bien pour pouvoir s’en détourner.

Cette lumière-là ne pouvait pas mentir, ne pouvait pas tricher, c’était la flamme de l’amour, pur et entier, immortel, celui qui ne pouvait pas disparaitre, qui était plus fort que tout, emmenant avec lui toutes pensées rationnelles pour ne laisser place qu’à un sentiment intense, qui surpassait tout et rendait toute volonté contraire totalement vaine et superflue. Le bonheur à l’état pur, qui illuminait le chemin de toute une vie et au-delà.

Elle caressa doucement son visage, du bout de ses doigts. Elle venait de se mettre à nu devant lui. Ses lèvres tremblaient quand elle les posa délicatement sur celles de l’homme à qui elle venait de se livrer jusqu’au bout d’elle-même.

Les lèvres de Chuck répondirent aux siennes, les aspirant doucement, presque cérémonieusement au début. Elle sentit la main droite du jeune homme passer dans son dos et s’accrocher à sa taille de l’autre côté. Il l’attira plus près et son baiser se fit plus insistant.

Elle entrouvrit la bouche et il y insinua sa langue pour la faire danser contre la sienne, tandis qu’il l’attirait encore plus près. Elle se cola contre lui, ses phalanges s’agrippant tout naturellement à la nuque du jeune homme pour que leur baiser soit encore plus profond.

Il logea sa main droite dans son cou, caressa sa peau douce avant de se dégager doucement pour reprendre son souffle.

- Je t’aime et j’ai besoin de toi, chuchota-t-elle. N’en doute plus jamais ou je te jure que tu auras affaire à moi. Et il n’y aura aucun endroit assez reculé au monde pour que tu puisses t’y cacher sans que je te retrouve, même si je dois y passer le reste de ma vie. Je n’aurai aucun répit jusqu’à ce que j’ai récupéré le bonheur auquel j’ai droit, celui que tu m’as promis, à l’instant où tes lèvres, tes mains, ton corps tout entier a pris possession de mon âme, à l’arrière de cette limousine.


katido  (29.08.2012 à 10:21)

Nathaniel Archibald observa le bâtiment avant de pénétrer dans l’hôtel 3 étoiles. Les standards de son amie étaient plus hauts que ça d’habitude. Mais il se garderait bien de le lui faire remarquer.

Son coup de fil l’avait soulagé mais il était pour le moins curieux. Quoi que, pas plus que celui de sa mère le mois précédent. Lili Van Der Woodsen avait tenté d’avoir l’air naturel quand elle lui avait demandé s’il avait une quelconque idée d’où se trouvait la blonde ravageuse qui lui servait de fille et il avait été dans l’incapacité de répondre.

Il était si absorbé par l’idée de découvrir qui était GG qu’il en avait oublié ses amis. C’est à peine s’il avait parlé à Chuck depuis que ce dernier était parti en Europe avec son oncle pour fomenter un coup contre son père et récupérer ce qui lui appartenait.

Il ne savait pas plus où étaient passés Blair ou encore Dan. Il se rappelait vaguement que le jeune homme avait parlé de vacance à Rome, alliant travail et plaisirs, mais après que son meilleur ami lui ait parlé de la déclaration de la belle brune sur le toit de l’Empire, il doutait fortement qu’elle soit encore volontaire pour la Dolce Vita.

Quand à Serena, leur relation était plutôt tendue après cette histoire de fausse GG. Sans parler du fait qu’il s’était retrouvé prit au milieu des dissensions entre elle et Lola, au côté de laquelle il s’était rangé et qui l’avait finalement planté là pour suivre le cours de sa vie.

Il se sentait vraiment pathétique en songeant au fait qu’il ait prévu de passé son été enfermé dans sa suite, à cogiter sur la découverte de la personne qui leur pourrissait le vie depuis des années, tandis que tous ses amis avaient visiblement pris la tangente et étaient passés à autre chose. Mais se considéraient-ils encore tous comme tels ?

Devait-il considérer qu’il avait muri en continuant à travailler sur son projet pour le Spectator ? (Au moins ça lui donnait une bonne excuse pour vouloir démasquer GG) Ou bien est-ce qu’il n’arrivait pas à dépasser le stade de l’adolescence attardée en s’acharnant sur un des facteurs qui représentait ses années de lycée ?

L’appel de Serena avait finalement mit fin à ses tribulations. De tous, c’était surement la dernière dont il attendait des nouvelles. Et pourtant elle avait apparemment dépassé le stade du ressentiment car il n’avait entendu aucune agressivité dans sa voix, plutôt une angoisse mêlée d’excitation et une demande pressante de la rejoindre à Nice, surtout sans en parler à Chuck. C’est dette dernière partie qui l’avait fait tiquer.

Depuis quand S se sentait-elle redevoir des comptes à son meilleur ami ? Et dans quoi s’était-elle fourrée qui puisse avoir un quelconque intérêt pour l’héritier Bass ? A part bien entendu si elle prenait une part active dans les relations amoureuses, et pour le moins tumultueuses, de sa mère.

Il espérait de tout cœur que ce n’était pas ça car s’il y avait bien une expérience qu’il n’avait aucunement envie de retenter, c’était de se retrouvé écarteler entre ses amis pour des histoires qui concernaient leurs parents. Il avait déjà bien assez avec les siens.

Il aperçut la blonde aux longues jambes qui l’attendait près de l’accueil.

- Nate ! s’écria-t-elle en guise de bienvenue.

- S, l’été te va toujours aussi bien, la complimenta-t-il en remarquant son bronzage et ses cheveux scintillants dans la lumière du soleil.

- Merci, toi par contre, tu n’as pas du beaucoup sortir, commenta-t-elle en retour.

- En effet, concéda-t-il

- Tu n’as rien dit à Chuck au moins ? s’inquiéta-t-elle avec un air de conspiration.

Il fronça les sourcils.

- C’est quoi cette fixette que tu fais sur Chuck ? D’habitude tu n’en a rien à faire de …

- Viens avec-moi, le coupa-t-elle. Il vaut mieux que tu vois ça par toi-même.

Elle le tira par le bras. Passant devant le bar, elle l’entraina vers une table où était installé un garçon aux cheveux bruns. Il portait un jeans délavé et des baskets Nike, son T-shirt blanc faisait ressortir la peau mat de ses bras où Nate aperçu vaguement une guitare tatouée.

A tous les coups, c’était la dernière conquête de son amie.

Le jeune homme assis passa machinalement une main dans ses cheveux en relevant la tête quand ils arrivèrent à sa hauteur.

Nate crut faire une attaque cardiaque.

Mais il était trop jeune et trop sportif pour ça, non ?

Est-ce qu’il hallucinait ?

Il n’avait pourtant rien fumé depuis son départ de JFK.

C’était incroyable.

Il aurait pu jurer voir son ami d’enfance si le gars devant ses yeux n’avait pas porté un tel accoutrement. Il aurait suffi de lui couper les cheveux et de lui mettre un Armani sur le dos pour avoir le sosie parfait de Chuck Bass en face de soi.

Il jeta un coup d’œil à son amie qui souriait comme si elle avait l’air extrêmement fière d’elle.

- Nate Archibald, je te présente Matthew Fischer.

Le cerveau de Nate sauta directement à une conclusion des plus farfelues.

Il avait passé assez de temps à écouter Chuck se remémorer ses souvenirs d’enfance et à retourner avec lui des boîtes entières remplies de tout un tas de vieilles photos et autres souvenirs quand il cherchait à définir si Jack était son père pour que la connexion puisse lui échapper.

- Fischer, comme …

- Elisabeth, exactement ! termina Serena qui ne souriait plus.

- Non, non, non, non, non, répéta Nate, les yeux complètement affolés à présent.

« Ils ne lui auraient pas fait ça ! »

- C’est ma mère, commenta Matt.

- Et ils ont la même date de naissance, renchérit Serena.

Nate continua à secouer la tête de droite et de gauche comme si ça pouvait effacer le jeune homme qui se trouvait en face de lui.

- Bart l’a laissé croire qu’il avait tué sa mère en venant au monde … Il a fait croire à sa propre mort, avant de ressuscité, insista Serena.

- Non, non, j’peux pas y croire. Ce n’est pas possible, continua à réfuter l’héritier Archibald pour s’en convaincre.

- Et pourtant c’est vrai, réaffirma son amie.

Nate s’écroula sur la chaise à côté de lui. Il n’osait même pas imaginer ce que ça impliquait vraiment et encore moins la réaction de son meilleur ami quand il l’apprendrait.

Parce qu’il allait l’apprendre !

C’est pour ça que S l’avait attiré ici, dans ce guette-apens !

Pour l’obliger à être son complice. Pour lui demander son aide afin d’en avertir Chuck. Peut-être même pour que ce soit lui qui le lui annonce. Elle voulait le mêler à cette histoire pour ne pas être la seule à en subir les conséquences. Et maintenant, il était pris au piège avec elle. Il ne s’en sortirait pas indemne, il en était certain.

Un serveur s’approcha de la table pour prendre leur commande.

- Une vodka citron, demanda la blonde

- Scotch, indiqua simplement Matt, d’une manière que les deux amis connaissaient trop bien pour l’avoir entendue des centaines de fois.

Et Nate en commanda un triple.


katido  (30.08.2012 à 09:16)

- Comment tu l’as rencontré ? demanda Nate, installé dans la chambre de Serena à l’hôtel Royal.

Matt était parti avec son groupe. Ils jouaient dans un café de la place Masséna ce soir.

La jeune fille rougit un peu, elle se rendait compte qu’elle avait à nouveau déconné.

- J’ai failli me noyer et c’est Matt qui m’a repêchée, il m’a littéralement sauvé la vie.

- Tu nages comme une sirène, s’étonna son ami.

- Pas quand, je suis complètement défoncée et que je passe par-dessus bord en plein milieu de la nuit, maugréa-t-elle, un peu plus écarlate sous son teint halé.

Nate ouvrit de grands yeux. Il ne s’était pas rendu compte que ça allait si mal pour elle. Les dernières salves de Gossip Girl n’avaient pas été tendres avec elle et Blair, mais c’était surtout cette dernière qui avait dû jongler avec les conséquences de ses mesquineries. Quoi que, connaissant Queen B, elle avait dû le faire payer cher à sa meilleure amie.

- Je sais, je sais, grogna la blonde. Je suis consciente de ce que j’ai fait, tu peux me croire. J’ai vraiment cru que j’allais mourir quand je me suis retrouvée au fond de la mer. Et j’ai réalisé que je n’en n’avais aucune envie, même si je pensais que je n’avais plus rien qui me retenait ici.

- Et tu as changé d’avis ?

Elle haussa les épaules.

- Je me dis qu’il doit bien avoir une raison pour que je sois toujours là. Je veux reprendre ma vie en main. J’en ai assez  de voir ma vie à travers celles des autres.

- C’est ce que j’ai essayé de t’expliquer, dit-il comme pour s’excuser de son comportement envers elle les semaines précédentes

- Ca n’a rien avoir avec GG. Elle déballe peut-être tous nos petits secrets, mais ce n’est pas elle qui nous juge. Ce n’est pas elle qui nous oblige à s’abonner à son site, ni à lui envoyer toutes les exactions de nos camarades. Je pense qu’elle continuera à nous pourrir la vie encore longtemps parce qu’il y aura toujours des personnes qui se délecterons du malheur des autres. Il y aura toujours des gens qui ne cesseront de vous juger et de vous toiser du haut de leur estrade, en donnant des leçons, alors qu’ils ne sont pas mieux que vous.

- Tu parles de Dan ? devina Nate.

- Tant pis pour lui s’il est trop stupide pour voir ce qu’il rate et qu’il préfère vivre dans un monde imaginaire qu’il a créé de toute pièce et si son esprit est trop étroit pour voir au-delà de ses œillères et de sa morale. C’est le plus grand hypocrite que j’ai jamais connu.

- Ouah ! T’es vraiment remontée contre lui dis-donc.

- Parce que c’est un crétin ! Contrairement à ce que j’ai cru toutes ces années. Je l’ai idéalisé, comme il a idéalisé Blair. Je ne voulais voir que le bon en lui mais il y a aussi de la noirceur dans son âme, exactement identique à celle qu’il récrimine.

Son ami la regarda comme si elle était une extra-terrestre. Depuis quand Serena Vander Woodsen utilisait-elle des mots si savants ? En connaissait-elle seulement la définition ?

- Et tu sais quoi ? Je peux faire de ma vie ce que je souhaite, c’est à moi de décider et je ne suis pas obligé de subir mon destin ! Je ne suis pas obligée d’être cette fille bête et stupide à laquelle les gens s’attendent quand ils me voient, s’emporta-t-elle.

Nate baissa les yeux sur ses chaussures.

- On a pas mal discuté avec Matt depuis que je suis avec le groupe. Il sait ce que c’est que d’être dans le creux de la vague. Mais il dit que la vue est bien plus belle quand on est sur la crête et c’est ce que je vais faire à présent. Je vais prendre la vague et je vais grimper au sommet.

Son ami releva la tête, il n’avait pas réalisé que Serena avait une quelconque affection pour ce type. Mais après tout, il l’avait sauvée, quoi de plus normal ? Il espéra qu’elle ne se soit pas embarquée dans une histoire avec lui. La situation était déjà assez explosive comme ça.

- Tu l’aimes bien ? hasarda-t-il pour tâter le terrain.

Il ne manquerait plus qu’elle couche avec …. le frère jumeau de son frère adoptif. Il grimaça de dégoût à cette idée et se remémora qu’il avait bien cru, pendant quelques jours, avoir fait de même avec la mère biologique de son meilleur ami.

- On n’a pas couché ensemble si c’est ce que tu veux savoir !

Il poussa un soupir de soulagement.

- Il est gentil c’est tout. Je … Je sais pas, c’est bizarre. C’est juste qu’il n’a pas la même manière d’envisager la vie que nous.

- C’est un musicien ! commenta Nate en levant les yeux au ciel.

- En réalité, il était surfeur professionnel. Mais depuis son accident, il a rangé sa planche.

- De mieux en mieux, maugréa l’héritier Archibald. Chuck va vraiment être ravi !

- Matt ne l’était pas non plus quand il a découvert ce qui se passait, indiqua la blonde.

- Comment avez-vous fait le lien ? questionna Nate. Je veux dire, ils se ressemblent ça c’est évident, mais il parait qu’on a tous un sosie quelque part.

Serena se plongea dans la dernière semaine qu’elle venait de vivre.

Après avoir passé le reste du voyage jusqu’au port dans la cabine, elle était descendue du yacht d’André et était rentrée avec Carter dans leur chambre d’hôtel. Mais elle avait été incapable de dormir alors que lui ronflait comme un sonneur de cloches à ses côtés.

Elle était sortie marcher sur la plage pour réfléchir à la leçon qu’elle venait de recevoir de la vie. Si elle n’y accordait pas plus de valeur et de respect, elle risquait bien de se la voir retirer et après avoir été plongée dans les flots, elle se rendait compte qu’elle n’avait pas envie qu’elle soit écourtée finalement.

Matt était là, assis sur le sable, les pieds dans l’écume. Il paraissait aussi enclin à la réflexion et à la philosophie qu’elle-même.

- Je peux m’asseoir ? demanda-t-elle.

- La plage est à tout le monde même si les gens dans ton genre pensent qu’elle leur appartient.

- Les gens dans mon genre ? Tu veux dire ceux qui ont de l’argent ?

Il rit franchement à sa question-réponse.

- Qu’est-ce qui te fais croire que je n’ai pas d’argent ? Parce que je joue de la musique et que je ne porte pas un costard à 5000$ sur le dos ?

- Ca me parait un bon indice pour commencer.

- Et qui a dit que je devais correspondre aux critères qui ont été établis par la dictature des classes sociales ?

- Ca veut dire que tu es en colère contre tes parents qui sont pétés de tunes ?

- Ca veut dire que je suis libre de faire ce que je veux, quand je veux et comme je veux, avec ou sans fric et que je ne dois rien personne. Encore moins à ceux qui ne me connaissent pas et qui pensent qu’ils peuvent me juger ou me faire marcher au pas.

- Tu dois vraiment leur en vouloir, commenta-t-elle en connaissance de cause.

Il émit une sorte de petit ricanement.

- Je ne sais plus si je connais encore vraiment assez ma mère pour lui en vouloir ou pas, j’ai passé une grande partie de ma vie en internat et l’autre  …

Il ne termina pas sa phrase, semblant perdu dans ses pensées.

Serena frémit, ses souvenirs de pensionnat n’étaient pas vraiment les meilleurs. Elle y avait surtout appris comment mieux planquer la drogue et faire passer l’alcool en contrebande, entre autres choses.

- Tu as froid ? demanda-t-il en ôtant sa veste pour la passer sur ses épaules.

Il n’avait peut-être pas le look d’un gentleman, mais on ne peut pas cacher qui ont est vraiment, il y a toujours un geste qui vous trahis.

- Merci, murmura-t-elle, même si elle n’avait pas vraiment froid. C’est plutôt l’idée de l’internat qui me donne des sueurs froides.

- Ouais, comment être un junky et un alcolo sans que ses parents ne s’en aperçoivent en trois leçons ? sourit-il

- Je me débrouillais déjà parfaitement avant dans ces matières là, mais j’y ai pris quelques cours d’approfondissement, c’est vrai.

- Tu étais où ?

- En suisse, et toi ?

- Sydney, Canberra, Brisbane, Melbourne, Darwin…

- Ok, Ok, ça va j’ai compris, le coupa-t-elle.

- Ma mère a vécu en Suisse un moment, indiqua-t-il. Après un voyage éclair à New-York. Peut-être que tu l’as rencontrée ? tenta-t-il pour qu’elle morde à l’hameçon.

Serena leva un sourcil.

- New-York est immense.

- Le monde est immense. Et pourtant depuis ce soir, j’ai l’impression qu’il est tout petit.

- C’est un plan drague ? Parce que si c’est ça, il est plutôt nul. En général, les mecs parlent plutôt de l’immensité du ciel et des étoiles qui brillent dans la galaxie, ils ne demandent pas si on connait leur mère.

- Ce n’est pas un plan drague, ni un plan cul d’ailleurs. Et j’ai eu le temps de me renseigner depuis qu’on est descendu du bateau.

- Te renseigner ? Et sur quoi ?

- Sur toi et sur ta famille.

- Ma famille ? Tu parles de ma mère ?

- Non, d’un de ses innombrables maris.

- Lequel ?

- Celui qui est revenu d’entre les morts.

- Ah ! Bart Bass ! Tout un programme ! La chose la plus importante à retenir à propos de lui, en dehors du fait qu’il n’ait qu’une seule expression faciale, c’est qu’il ne faut jamais lui faire confiance. Mais ma mère n’a toujours pas compris la leçon apparemment.

- Tu es une de ses plus grandes fans à ce que je vois.

- Ce type n’a pas de cœur. Il n’a pas hésité à sacrifier son propre fils au nom de sa sacro-sainte entreprise.

- Je crois que c’est mon père, dit Matt sur un ton qu’il voulait neutre.

Serena hoqueta de surprise avant d’éclater de rire.

- Quoi ?

- Je pense que Bart Bass est mon père.

La jeune fille ouvrit la bouche sans qu’aucun son n’en sorte. Après tout il ressemblait à Chuck traits pour traits et Bart avait surement couché avec des centaines de femmes. Il se pouvait bien qu’une autre soit tombée enceinte en dehors d….

- Elisabeth FISCHER, hoqueta-t-elle à nouveau en tremblant à l’idée de comprendre ce qu’il insinuait.

Car Chuck n’avait rien du faciès quasiment toujours immobile de Bart.

- Tu... Tu… Tu… Ton nom, bégaya-t-elle.

- Matthew Fischer, confirma-t-il. Je ne sais rien de mon père, elle m’a dit qu’elle ne connaissait pas son nom, que c’était juste un coup d’un soir, qu’elle avait bu et qu’elle ne se souvenait pas de cette nuit-là. Elle pensait peut-être que ça m’empêcherait de consommer de l’alcool, dit-il avec un petit sourire narquois. Mais, j’ai un « oncle Jack » avec qui on a emménagé quand j’avais cinq ans et qui a passé toutes les vacances avec nous jusqu’à mes seize ans. Il est aussi accessoirement le père de ma petite sœur.

Serena sentit une nausée remontée dans sa gorge, mais parvint à contenir la bile qui lui montait aux lèvres. Elle la recracha dans le sable après que le malaise se soit quelque peu dissipé. Elle ne savait pas quoi dire ou faire devant cette évidence de faits concordants.

- Tu es certains que …

- Le net n’est pas avare d’informations. Ce n’est pas tous les jours qu’un des plus grands magna de Manhattan ressuscite. J’ai la même date de naissance que son fils Charles.

Serena n’en croyait pas ses oreilles. Bart avait mentit à Chuck plus d’une fois et pas seulement sur l’identité du Père Noël, d’ailleurs ça, il ne l’avait jamais fait, mais il était bien capable de faire ça par contre ! 

- Et c’est pour ça que j’ai décidé de partir avec le groupe, expliqua Serena. Ils descendent le long de la côte d’Azur, direction Monaco. La sœur de Matt, et par conséquent de Chuck, y fait un stage d’océanographie. Il doit la retrouver là-bas, avant de remonter sur Paris puis de rentrer à Sydney.

- On va le dire à Chuck n’est-ce pas ? questionna Nate tout en connaissant parfaitement la réponse.

- Par ce que tu veux le lui cacher peut-être ? Tu te sens de lui mentir à chaque fois que tu le regarderas ?

- C’est pour ça que tu m’as fait venir ? Pour ne pas être la seule à essuyer la tempête ?

- Je me suis dit que ce serait bien que son meilleur ami soit là quand il l’apprendra.

- Et quand et comment comptes-tu faire ça ? Tu sais qu’il va probablement péter un câble, après l’année qu’il a eu.

- Je sais, c’est pour ça que j’ai besoin de toi. On est le club des petits déjeuners sans jugement non ? On est toujours là les uns pour les autres, peu importe ce qui se passe. On l’était en tout cas. Je pensais que tu pourrais peut-être appeler Blair. Elle ne veut plus me parler et… je ne sais pas trop où ils en sont, ni même si elle est revenue à la raison, mais d’après les dernière infos de Gossip Girl …

- Je vais l’appeler. On va trouvez un moyen. On en trouve toujours un non ?

Serena acquiesça avec un petit sourire. Peut-être que tout n’était pas perdu après tout. S’il y avait bien une seule raison pour laquelle sa meilleure amie accepterait de lui adresser la parole, ce serait pour venir en aide à l’homme qu’elle aimait.


katido  (31.08.2012 à 10:44)

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