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La vie n'est pas un long fleuve tranquille

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 01.08.2012 à 13h26
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« La vie n'est pas un long fleuve tranquille ! » katido 

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Blair remonta les escaliers depuis la cuisine pour se rendre dans sa chambre. Leur chambre, se corrigea-t-elle en souriant.

- Donne-moi ta main, dit la jeune femme en s’asseyant à côté de son fiancé sur le lit.

Elle la déposa délicatement dans la sienne et apposa un linge contenant de la glace pilée sur ses phalanges.

Lorsqu’il avait franchi le seuil de l’entrée de l’appartement de Lili, son cœur avait fait un bond dans sa poitrine. Il était couvert de sang. Heureusement, ce n’était pas le sien mais celui d’Humphrey.

Elle se blottit contre lui et posa la tête dans le creux de son épaule.

- Je n’en reviens pas que tu lui ais cassé le nez, pouffa-t-elle.

- Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais par contre, il a ruiné un de mes Armani préférés.

- On devrait le brûler, commenta-t-elle.

- Quoi ? Le costume ou Humphrey ? railla-t-il

- Les deux sans doute, gloussa-t-elle.

- Il ne va pas lâcher l’affaire, dit-il en redevenant sérieux. Il a menacé de mettre son roman en ligne. Il faut absolument qu’on trouve un moyen de l’en empêcher.

- Comment ?

- En nous procurant son manuscrit et en le faisant disparaître, expliqua-t-il.

- Comme tu avais fait quand tu l’avais remplacé par un autre.

Elle se mordit l’intérieur de la joue en se rappelant les circonstances des faits.

- Sauf qu’on a aucune chance d’avoir accès à son ordinateur cette fois, continua-t-il en ignorant délibérément les raisons qui l’avaient poussé à agir la première fois.

Elle caressa son avant-bras et déposa un baiser sur son torse.

- Il m’a dit où il cachait la clef de secours du loft, mais depuis lors, je suppose qu’il a eu la jugeote de la changer d’endroit ou au moins de protéger son pc par un mot de passe, exposa-t-il à haute voix.

- Il nous faudrait quelqu’un à l’intérieur, comme un cheval de Troie, mais on ne peut pas compter sur Rufus. Quel que soit le prétexte, il ne nous laissera pas seul dans le loft et on n’aurait pas assez de temps pour craquer l’ordi de toute façon.

- On pourrait peut-être avoir une autre personne, avança Chuck

Il se mordit la langue, il réfléchissait tout haut et il aurait mieux valu qu’il garde la pensée qui venait de lui traverser l’esprit pour lui.

- Qui ça ? se redressa B sur le qui-vive.

Elle le vit carrer la mâchoire et son esprit carbura à toute vapeur, jusqu’à ce qu’elle soit percutée par la même idée.

- Chuck ! s’offusqua-t-elle.

- Je suis désolé, oublie ça, s’excusa-t-il. Je ne voulais pas te contrarier.

Sauf que maintenant, elle ne pouvait plus. Parce que ça répondait aussi à un autre de ses problèmes immédiats. Il le savait également.

Quand Chuck était rentré de son deuxième voyage à Toronto, Eléanor et sa fille étaient penchées sur des curriculum vitae mais aucune nouvelle recrue des écoles de stylisme ne répondait totalement aux critères qu’exigeait la fondatrice de WD.

La mère de Blair avait bien été obligée de se rendre à l’évidence qu’elle ne dessinerait pas la prochaine collection. Le deuxième chirurgien étant en parfait accord avec le premier qu’elle avait consulté. Après avoir maudit le sort un nombre incalculable de fois, les deux jeunes femmes s’attelaient maintenant à la recherche de la perle rare.

- On pourrait toujours demander au cousin de Dorotha, celui qui est dans la mafia polonaise, de mettre à sac le loft et de voler l’objet en question parmi d’autres, tenta-t-il pour la détourner de l’hypothèse qui germait dans l’esprit de sa fiancée maintenant qu’il l’y avait implantée contre sa propre volonté.

- Et s’il a eu la prévoyance d’en faire copie sur une clé USB ? On ne pourra jamais être certain qu’il n’a plus le document en sa possession.

Chuck garda le silence. Il pouvait entendre les rouages de son cerveau tourner depuis que sa suggestion avait pris place dans sa jolie petite tête.

- Je pourrais lui proposer de nous rendre service en échange du poste de styliste chez WD, argumenta la brunette. Ma mère n’émettrait aucune objection, elle a toujours apprécié son travail.

Le jeune homme l’observa un instant, médusé par son habileté à s’adapter à la situation.

- Quoi ? s’exclama-t-elle. Je ferais d’une pierre deux coups et puis elle ne sera pas obligée de le faire derrière son dos. Elle n’aura qu’à demander à Dan de renoncer à ses révélations en ligne.

- Tu veux qu’elle lui demande de mettre sa carrière aux oubliettes pour la sienne ?

- Ce qu’il a écrit ne sera jamais publié par une seule maison d’édition, Nate s’en est chargé et Serena aussi. Elle n’a pas eu à chercher les arguments bien loin. Son ancienne patronne avait déjà une idée déplorable de Dan. A croire qu’elle avait su le  décrypter, elle, au moins, soupira Blair. Jane s’est pas faite priée pour colporter ses aprioris sur Daniel Humphrey, S n’a eu qu’à enfoncer le clou pour faire passer toute envie de travailler avec lui parmi les scénaristes. D’ailleurs le mettre sur la toile ne lui rapportera pas un dollars.

- Mais la popularité, certainement. Et alors les journaux à scandales et les télévisions de sous programmes se l’arracheront. Il pourrait quand même provoquer un ras de marrée.

- C’est pour ça qu’il ne faut prendre aucun risque. Aux grands maux, les grands remèdes.

- Qu’est-ce qui te dis que Je…

Elle lui lança un regard d’avertissement sans équivoque. Cette fois, c’était les flammes de l’enfer qui dansaient dans ses prunelles.

- Qu’elle voudra revenir ici, se reprit-il. Elle a peut-être fait son trou là où elle végète.

- Elle a mis combien de temps pour débarquer quand tu l’as rappelée ? maugréa-t-elle.

- Trois jours, admit-il, le cœur rongé par les remords.

- Elle rappliquera en moins de vingt-quatre heures, je peux te le garantir.

- Tu la garde à l’œil ?

Pourquoi s’en étonnait-il ?

Sans doute parce pendant toute l’année dernière, il avait cru que rien de tout ça n’avait plus aucune importance pour elle.

- Ne jamais détourner les yeux de ses ennemis.

- Elle n’est plus une menace pour ton royaume depuis longtemps.

- Elle sera toujours une menace ! Parce qu’elle a su prendre ce qui était plus important que tout le reste à mes yeux … et ce n’était pas ma couronne, précisa-t-elle la voix remplie d’amertume.

- Je suis désolé, souffla-t-il encore.

- Je sais, répondit-elle en posant son front contre sa pommette. On a tous les deux fait des erreurs monumentales mais on en est plus là aujourd’hui. Juste … évite de prononcer son nom s’il te plait.

Il embrassa ses cheveux avant de poser son menton sur le dessus de sa tête.

- Je te promets que je ne m’approcherai même pas d’elle. Je veillerai à ne jamais me retrouver dans la même pièce qu’elle si tu n’y es pas toi aussi.

Elle se lova un peu plus contre lui. Elle avait besoin du contact de sa peau, avec toutes les ombres du passé que le sort semblait s’amuser à ramener dans leur vie.

Il la serra plus fort entre ses bras. Elle avait beau faire semblant d’être forte, elle tremblait au fond d’elle que tout ne leur échappe encore une fois. Ça lui faisait peur autant qu’à lui. Ils avaient été si près du but tant de fois, pour voir les ressacs les éloigner du bonheur à peine effleuré.

- Je ne laisserai plus jamais rien nous arriver, promit-il à son oreille.

Elle leva la main abîmée de l’homme qu’elle aimait plus que tout jusqu’à son visage et posa un baiser dans sa paume, puis elle la plaça sur son torse.

- Moi non plus, jura-t-elle.


katido  (21.10.2012 à 10:25)

Elle frappa à la porte d’une main tremblante. Ne sachant ce qu’elle allait trouver derrière. Elle n’avait rien à perdre. Elle vivotait à peine depuis qu’elle avait terminé ses études. En réalité, elle moisissait à Hudson.

Loin de Manhattan, difficile de poursuivre ses rêves de grandeurs dans le domaine de la mode. Blair lui avait fait rater l’opportunité d’intégrer Parsons et elle s’était juré de changer de vie. Mais comment dire adieu à ses ambitions quand on les avait approchés de si près ? Surtout quand on n’avait rien trouvé d’autre pour les remplacer.

Elle avait essayé, réellement essayé. Mais elle avait lamentablement échoué. Quoi qu’elle entreprenne, elle avait toujours cette petite voix dans sa tête qui lui répétait incessamment qu’elle aurait pu être autre chose.

Elle aurait pu briller au firmament, si seulement elle n’avait pas commis une seule petite erreur qui lui coutait tout ce qu’elle avait espéré avoir un jour. Elle avait perdu sa virginité avec Chuck Bass et ça la hanterait toute sa vie.

Pas à cause des remords, elle avait dépassé cette étape depuis longtemps. Nombre de jeunes filles regrettaient d’avoir gaspillé leur première fois avec un type dont elles n’étaient pas amoureuses et dont elles savaient parfaitement qu’il n’éprouvait pas le moindre sentiment pour elle.

Il n’y avait pas eu de tricherie avec Chuck à ce sujet. Il avait posé les choses cash sur la table. A prendre ou à laisser. Et elle l’avait laissé prendre, sans autre condition. Elle lui avait même offert, ce qu’elle avait désespérément envie d’offrir à son meilleur ami.

Son cœur se serra en repensant à l’héritier Archibald. Avait-il seulement ressentit quoi que ce soit en apprenant qu’elle avait donné ce qu’elle avait de plus précieux à son acolyte de toujours ?

Ça avait eu l’effet d’une bombe sur le Golden Boy, quand B l’avait fait. Mais elle n’était pas Queen B ! Elle ne le serait jamais. Elle n’était plus Queen J non plus, ni même Little J.

Elle n’était plus rien du tout.

C’était ça son plus grand regret.

Elle avait pensé au mal que ça ferait à Nate.

Elle avait pensé à la souffrance de Blair.

La vengeance suprême de lui prendre son roi, de dépasser le maître, de montrer qu’elle n’était plus une petite fille innocente et qu’elle pouvait jouer dans la cour des grands.

Elle avait pensé à la manière d’agir de Chuck

Le plaisir et les plaisirs d’être invitée dans son lit quand il avait tenté d’y parvenir sans réussir. Le monarque de l’UES lui avait laissé le choix, lui proposant une porte de sortie quand il ne s’embarrassait pas de ces prérogatives deux ans auparavant.

Elle avait décliné et choisi de partager leurs douleurs et leurs solitudes.

Mais elle n’avait pas pensé aux torts que ça causerait à Jenny Humphrey.

Elle avait voulu joué sur le grand échiquier et elle, pauvre petite dame, avait perdu autant que le roi, la reine et le cavalier, sinon plus.

Elle avait déclenché les foudres de Blair Waldorf et elle devait à présent vivre en assumant les conséquences de son acte irréfléchi.

C’est pourquoi, quand elle avait reçu un message de sa part, l’informant qu’elle levait le bannissement et l’autorisait à rentrer en son royaume, elle n’avait pas hésité plus de trois secondes.

Son frère lui aurait sans doute fait remarquer qu’elle faisait fausse route, qu’elle avait choisi la voie de la raison et qu’elle serait bien plus en sécurité à Hudson, loin du monde des paillettes et du glamour, ainsi que des fourberies et des mesquineries.

Dans une ville ou la mode était une idée abstraite. Où elle dépérissait lentement mais surement !

C’est pour ça qu’elle était prête à prendre des risques. Elle avait cru pouvoir devenir quelqu’un d’autre et s’en contenter. Elle avait fait des efforts pour être tout ce que voulaient son père et son grand frère.

Mais elle n’était rien de ce qu’elle voulait elle. Et ça lui devenait insupportable. Alors tant pis pour la petite bulle protectrice qui l’empêchait de vivre pleinement sa vie.

Elle n’était pas idiote, elle se doutait bien que si Queen B lui fixait un rendez-vous chez WD c’est qu’il y avait anguille sous roche.

Elle continuait à lire la presse et à se rassasier de scandales depuis le trou perdu où elle croupissait, ça lui donnait l’impression de ne pas être totalement coupée du monde des vivants.

Elle connaissait la mésaventure d’Eléanor, elle apparaissait avec son bras en écharpe sur chaque photographie du défilé de New-York, une écharpe faite maison et des plus magnifique certes, mais une écharpe tout de même.

Ah ! Manhattan ! Les cellules de son corps brûlaient à nouveau depuis qu’elle avait posé le pied sur son sol en débarquant à la gare de Grand Central, grésillantes de toute l’énergie de la ville et de ses habitants.

Elle ressuscitait alors que ses poumons se remplissaient de l’air pollué de la grande ville. Son sang courrait dans ses veines à la vitesse de la lumière et son cœur pompait du plus vite qu’il le pouvait, se repaissant enfin de la cohue et des files qui immobilisaient les taxis jaunes dans les rues quadrillées.

Elle n’ignorait rien de l’effet que les vibrations de la grosse pomme avaient sur elle. Il y a à peine deux ans, elle avait mis moins de douze heures pour se transformer en Dr Jekyll.

Mais peu lui importait. Si cette fois elle était du bon côté de la barrière, elle n’aurait pas à sortir ses griffes. Elle laisserait le sale boulot à la reine de l’UES et se conterait de profiter de sa protection en faisant ce qu’elle avait à faire.

Elle espérait de tout son cœur qu’elle n’aurait pas à se salir les mains et que tout ce que ces doigts auraient à faire serait de dessiner des croquis et d’enfiler des épingles.

Evidemment, c’était beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Elle n’était pas si utopiste !

Lorsque la porte tourna sur ses gonds, la reine en personne l’accueillie, drapée dans sa froideur et sa fierté légendaire. De toute sa hauteur, elle lui accorda un regard condescendant.

Jenny joua le jeu, écoutant patiemment et humblement la proposition.

C’était une offre plus qu’alléchante. Blair lui offrait de réparer la condition dans laquelle elle l’avait plongée. En devenant la nouvelle styliste reconnue de WD, elle balaierait d’un revers de main son inadmission à Parsons. Elle ne retrouverait jamais pareille opportunité avec le diplôme de l’école de stylisme de seconde zone qu’elle avait dans sa poche.

En plus, même si Eléanor avait bien l’intention de récupérer l’usage total de son bras droit, cela assurerait à la jeune Humphrey de rester aux côtés de son ancien mentor, de qui elle pourrait encore apprendre beaucoup et de continuer à sa suite le jour où elle jetterait définitivement le gant.

Bien entendu, il y avait un revers à la médaille.

Jenny avait eu connaissance de la brève histoire de son frère avec la reine en personne. Elle n’y avait rien compris mais comme elle n’avait pas encore eu l’occasion de le revoir, elle réservait son jugement.

Quand elle se rendit compte de ce que la brune attendait d’elle, elle refusa tout net.

Un petit ange posé sur son épaule lui soufflait de ne pas accepter.

- Je te laisse deux jours pour y réfléchir, concéda Blair.

- Je viens de te dire que c’était inutile, je ne trahirai pas mon frère pour vous. C’est hors de question.

- Je t’ai exposé tous les faits, tu étais là, tu sais ce qui s’est réellement passé. Dan ne trouvera aucun éditeur. Il n’y a pas de carrière pour lui à la clef, contrairement à toi. Tout ce qu’il pourra y gagner, c’est un moment de popularité pour pouvoir nous entrainer dans le chaos. Tous autant que nous sommes ! Car, crois-moi, s’il y a des conséquences pour nous, il y en aura aussi pour tous les autres, y compris des personnes auxquelles tu tiens, comme Eric.

- Tu me menaces pour me convaincre ?! grimaça la jeune fille avec dégoût.

- Ce n’est pas une menace, mais un avertissement amical. Quand ton frère dénoncera toutes ces ignominies, il y aura un effet domino inévitable. Crois-tu vraiment qu’il peut seulement sortir nos squelettes du placard, sans que ça affecte le reste de notre monde, y compris Lili et ton père ?

Le démon vint se poser de l’autre côté de son oreille pour faire contre poids.

- Prends le temps de bien considérer ce qu’il y a dans la balance. Si tu ne veux pas du job, je te laisserai repartir d’où tu viens, tu pourras même revenir t’installer ici, si tu veux, je ne tenterai plus rien contre toi.

- Je ne crois pas un seul instant que Dan fasse ça uniquement pour vous détruire, il a toujours honni ma tendance à vouloir vous suivre à ce sujet et à vouloir grimper dans l’échelle sociale à tous prix.

- Ici, il n’est même pas une question d’ordre dans la hiérarchie sociale.  Il s’agit tout simplement d’une basse revanche qui ne lui apportera rien de plus que la satisfaction de nous avoir salis aux yeux du monde entier pour ruiner toutes nos perspectives d’avenir.

- Je ne te croix pas, il ne mettrait pas ça gratuitement sur la toile. Il n’est pas comme ça.

- Moi non plus je ne le croyais pas il y a quelques mois, j’ai même pensé qu’on était des amis et qu’on pourrait devenir plus que ça.

- Mais tu as choisi …

- Ne t’avise pas de prononcer son nom ! rugit-elle soudain comme une lionne Ni même de t’approcher de lui. Sinon je te jure qu’il n’y aura pas même un trou de souris où tu pourras espérer vivre tranquille.

Hou là ! Le point était encore plus sensible que par le passé. Queen B ne cachait plus ses faiblesses, elle les défendait ardemment à haute voix.

- Je n’ai jamais rien ressenti pour lui, l’informa la jeune Humphrey.

- Est-ce que c’est censé être un argument convaincant ? la rabroua B avec sarcasmes.

Jenny la dévisagea un instant. Les yeux de la brunes brûlaient de colère, mais dessous couvait une douleur qui n’avait besoin que d’une étincelle pour être raviver.

- Si tu n’esquisses qu’un seul geste dans sa direction, ce que tu as vécu jusqu’ici te paraîtra le paradis comparé à l’enfer que je te ferai vivre. Parce que je n’aurai plus rien à perdre, tu comprends ? Il est plus important que tout pour moi, même Waldorf Design. Alors ne pense pas que j’hésiterais, ne fut-ce qu’un millième de seconde, à tout mettre en œuvre pour t’anéantir, même si ça devait m’entraîner dans la chute avec toi.

- Je comprends, je ne m’approcherai pas de lui, tu as ma parole, lui assura Jenny avant de quitter la pièce.


katido  (22.10.2012 à 18:59)

Blair Waldorf rentra chez elle vers 20h00. Sa rencontre avec Jenny Humphrey avait été bien plus éprouvante qu’elle ne l’avait imaginée.

Non pas qu’elle s’attende à ce que cette petite peste accueille l’idée de trahir son frère avec joie. Elle s’était préparée à un refus encore bien plus virulent que celui qu’elle lui avait opposé.

Mais le simple fait de penser à ce qu’elle lui demandait : De reprendre une place chez WD, dans sa vie, dans leur vie, lui échauffait le sang et lui donnait le tournis.

Mais elle pouvait le faire.

Si Chuck avait été capable d’hypothéquer son avenir, tout en sachant que c’était pour qu’elle puisse se donner à un autre, alors, elle aussi devait avoir la capacité de supporter qu’une fille qui avait couché avec lui, une fois, une seule fois, une fille pour laquelle il n’avait jamais rien ressenti, une fille qui avait juste été là, au mauvais moment, au mauvais endroit, évolue librement dans leur monde, autour d’eux, autour de lui.

Elle frissonna dans la cage d’ascenseur qui gravissait les étages un à un.

Elle ignorait où il avait trouvé la force de payer sa dote dans de telles conditions. La simple idée que Jenny Humphrey le croise à un cocktail ou dans une soirée mondaine lui donnait envie de vomir.

Parce qu’elle n’était pas n’importe qui. Elle n’était pas qu’un corps sans visage. Il n’oublierait pas son nom, ni même le fait qu’elle ait partagé son lit quelques heures.

La petite Jenny était celle qui l’avait humiliée, qui lui avait ravi son trône et qui avait aussi poussé le vice jusqu’à lui prendre son roi.

Ils étaient techniquement séparés, soit. Elle avait eu la ferme intention de ne pas se rendre à l’Empire State Building. Mais ça ne lui donnait aucun droit de poser ses mains sur lui, ou de se laisser caresser par lui et encore moins de l’embrasser et de se glisser dans ses draps.

Blair savait qu’elle se laissait entraîner dans des sables mouvants qui risquaient de l’enliser. Mais tout le problème était là, plus elle se débattait et plus elle perdait pied.

Pourtant, c’était rationnellement la meilleure des solutions et de loin. Si seulement elle avait pu faire comprendre à son cœur que sa tête avait raison et qu’il ne risquait plus d’être déchiqueter par la trahison.

Même si elle ne pouvait pas avoir confiance en Jenny et qu’elle n’avait pas réussi à se faire craindre de cette parvenue, elle avait confiance en lui. Il l’avait attendue pendant tous ces mois, toutes ces semaines, souffrant le martyre quand elle s’abandonnait dans les bras d’un autre.

Chuck avait fait sa part, lui avait donné toutes les preuves de son amour indéfectible.  Il avait fait une thérapie qui l’avait aidé à grandir, à murir, bien plus qu’elle-même. Elle en avait été témoin et elle n’avait aucun droit de douter de lui, elle ne remettait pas en question sa foi en lui et ni ses sentiments pour elle.

Cependant elle était là, à se demander comment il avait réussi à dépasser tout ça. Parce que ça faisait si mal de l’imaginer avec une autre. Eva, Raina, Jenny, peu importait le prénom qu’elle portait, la seule chose qui irradiait dans chacune des fibres de son corps, c’était une souffrance atroce.

Arrivée à l’étage du penthouse, elle se dirigea instinctivement vers la cuisine, après s’être débarrassée de ses effets. Elle ouvrit la porte du frigidaire et en étudia le contenu. D’une main tremblante elle posa sur la table une pile de crêpes qui restaient du petit déjeuner.

Elle n’avait rien mangé de la journée. Son estomac et sa gorge étaient tellement noués depuis la conversation qu’elle avait eue la veille avec son fiancé, qu’elle avait été dans l’impossibilité d’avaler quoi que ce soit.

Mais ce n’était pas la faim qui guidait ses gestes en cet instant, c’était quelque chose de bien plus sournois, un besoin de compenser le vide qui prenait possession de son être tout entier à la simple idée de le perdre encore une fois.

- Blair, c’est toi ?

Cyrus apparut sur le pas de la porte.

- Comment vas-tu ma beauté ? Ta mère est rentrée depuis plus de deux heures au moins.

Le petit homme sortit deux assiettes et s’installa à sa droite pour se servir également.

- Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-il devant l’air hébété de sa belle-fille.

- Je … Où est Chuck ?

- Avec Vic, au salon. Je crois que le départ de Matt est plus difficile que supposé.

La réalité se rappela tout à coup à la brunette.

- Et puis, il a reçu une lettre ce matin.

- Une lettre ?

- De sa mère ... Pas Lili, Elisabeth, indiqua-t-il en enfournant une dernière bouchée.

Ressortant de la cuisine comme il était venu, son beau-père lui abandonna l’entièreté du plateau de crêpes.

La jeune femme fixa à nouveau le monticule de pâte cuite.

Elle entendit à peine ses pas s’approcher d’elle.

Chuck entra dans la pièce et s’immobilisa devant elle, qui avait suspendu son geste à l’arrivée de Cyrus.

Ses pupilles étaient dilatées et ses joues colorées, elle haleta, comme hypnotisée.

Il comprit instantanément quand il vit la fourchette entre ses doigts.

- Blair, dit-il d’une voix si basse qu’elle n’était qu’un murmure.

Elle resta prostrée, le couvert à la main, tandis qu’il le lui retirait d’un geste lent pour le poser sur la table.

- Regarde-moi, chuchota-t-il.

Elle ne leva pas les yeux, continuant de fixer la nourriture, en appelant à toutes ses facultés pour contenir les eaux qui menaçaient de déborder au-delà de ses cils.

- Regarde-moi, souffla-t-il en portant la main à son menton pour l’obliger à relever la tête.

Au lieu de ça, elle se jeta à son cou.

- Serre-moi, supplia-t-elle. Serre-moi.

Il l’enlaça d’aussi fort qu’il le pouvait, pressant son corps contre le sien jusqu’à pratiquement lui
briser les os.

- Je t’aime … tellement … et ça fait si mal, sanglota-t-elle contre son épaule.

- Je sais, murmura-t-il tout bas. Je sais. Je t’aime aussi, plus que tout.

- J’ai besoin de toi, je ne peux pas vivre sans toi, hoqueta-t-elle.

- Je suis là. Je suis là. Ça n’arrivera pas. Je ne te laisserai pas. Je ne te laisserai plus. Jamais. Jamais plus, répéta-t-il dans le creux de son oreille, en caressant doucement ses cheveux.

Plissant durement les paupières, il embrassa ses boucles brunes, puis la souleva dans ses bras et grimpa les marches qui menaient à la chambre qu’ils partageaient maintenant depuis plusieurs semaines.

Il la déposa sur le lit tout en douceur et s’installa au plus près d’elle que possible, englobant ses membres frêles sous les siens.

Elle se coula tout contre lui, il était la seule chaleur qui pouvait réchauffer son corps qui tremblait, elle avait si froid à l’intérieur.

Elle agrippa ses mains pour refermer ses bras autour d’elle, pour s’enfermée sous lui, se fondre en lui.

- Je t’aime. Je t’aime. Je ne m’en irai pas. Je suis là, avec toi. Pour toujours, jusqu’à la fin de notre vie. Personne, personne, ne pourra plus se mettre entre nous. Tu es plus forte que tu ne le crois. Tu es la femme la plus puissante que je connaisse. Ne laisse personne te dire que tu es faible, pas même toi.

Elle entrelaça ses doigts aux siens et embrassa ses phalanges bleutées. Elle détestait les Humphrey de tout son être.


katido  (23.10.2012 à 22:32)

Blair se réveilla seule dans son lit le lendemain matin. Un coup d’œil au réveil lui indiqua qu’il était déjà dix heures. Chuck avait certainement annulé la sonnerie et demandé à Dorotha de la laisser dormir.

Elle passa une main sur son visage et se leva pour s’habiller. Elle avait été folle hier soir. Qu’est-ce qui lui prenait de se laisser aller à ses anciens démons ? Ce n’était pas Jenny Humphrey qui serait capable de la faire replonger.

Chuck avait raison, elle était bien plus forte que ça. Elle était Blair Waldorf, codirectrice de Waldorf Design, une des meilleures maisons de haute couture de toute la mode. Elle était devenue une femme de pouvoir, comme elle l’avait toujours voulu. Et elle ne laisserait personne se mettre en travers de son chemin.

Elle attacha ses cheveux et jeta un regard déterminé à son reflet, un regard d’avertissement : elle reprenait le contrôle, que les choses soient bien claires.

Quand Blair atteint la dernière marche du hall son sang ne fit qu’un tour.

- Tu réalises que tu fais une énorme connerie, disait la voix de Raina Thorpe depuis le bureau de sa mère.  Nate, dit-lui toi !

- Mais qu’est-ce que tu crois que je fais depuis ce matin ? se plaint le jeune homme aux yeux bleus.

- Ce n’est pas ce qui était convenu, argumenta encore la jeune associée sur l’écran de vidéo conférence.

- Ecoute, tout ce que je te demande, c’est d’effacer mon nom des contrats, grogna Chuck. Ça ne changera rien, je continuerai à piloter dans l’ombre. Vic, elle, restera actionnaire officielle, elle reprendra mes parts. Les montants investis seront identiques

- Excepté que ton nom n’apparaîtra nulle part ! commenta Raina. C’est n’importe quoi ! J’ai uniquement modifié mes plans pour te faire une faveur. Et maintenant tu veux renoncer à la seule chance que tu aies de pouvoir revenir à l’avant-scène ? En agissant en coulisse, tu te fermes la porte à tout ce qui suivra. Ce projet est la seule manière pour toi de pouvoir te remettre en selle dans le monde des affaires. C’est toute ta crédibilité professionnelle que tu joues sur ce coup, si tu refuses cette opportunité, tu n’en n’aura pas d’autre.

- Et il n’y aura pas de projet du tout si tu t’obstines à ne pas modifier les documents. Vous serez toutes les deux entrainées avec moi dans le tourbillon médiatique, s’énerva-t-il.

- Qu’est-ce qui se passe ici ? intervint Blair en pénétrant dans la pièce.

- B ! Merci, tu es là, soupira Nate.

Chuck assassina son meilleur ami du regard.

Elle s’avança jusqu’à son fiancé, debout devant son ordinateur portable, face à Raina Thorpe.

- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-elle d’un ton suspicieux en plongeant dans ses prunelles chocolat.

- Je … J’ai trouvé une autre solution, bredouilla-t-il.

- Parce que tu appelles ça une solution ? s’emporta la jeune femme à la peau foncée en levant les bras au ciel. Blair, par pitié, raisonne-le ! Et toi, rappelle-moi quand tu auras repris tes esprits.

Elle tendit le bras et disparue de l’écran.

Sa fiancée posa une main sur la sienne.

- Chuck ? demanda-t-elle encore, ses pupilles noircissant de seconde en seconde.

- On va publier l’histoire de l’hôtel dans le Spectator dès demain matin, avant qu’Humphrey ne la mette en ligne, ainsi on présentera les choses à notre manière. 

- A notre manière ? s’enquit-elle.

Elle lutta contre la tension qui montait en elle, se raccrochant à l’espoir de néanmoins encore se tromper sur les réelles intentions de son fiancé.

- Une fois que les chiens seront lâchés après moi, je m’arrangerai pour les garder à mes trousses, ainsi on devrait pouvoir limiter les dommages collatéraux pour WD…

- Mais pas pour toi ! le coupa-t-elle, la colère s’accumulant dans ses veines. Ce que tu veux faire, c’est prendre toute la responsabilité sur tes épaules. Ce n’est pas ce qui s’est passé.

Elle se tourna vers Nate, les prunelles étincelantes.

- J’ai essayé de l’en dissuader, se défendit-il en levant les deux mains.

- Nathaniel, ferme-la ! cria Chuck.

- Non, Nathaniel, ouvre-la ! le contredit Blair.

L’héritier Archibald se retrouva prit sous les feux croisés de la mitraille. Il choisit ce qui était le mieux pour son ami de toujours, ce qui était le mieux pour eux tous.

- Il ne veut rien entendre, il est plus têtu qu’une mule, il a menacé d’aller voir un concurrent. Au moins si c’est moi qui publie l’histoire, je pourrai arranger les faits en notre faveur et les atténuer.

- Seulement jusqu’à ce que les autres médias s’en emparent !

- Blair … tenta Chuck.

- Non, ce n’est même pas envisageable. Je ne te laisserai pas faire ça. Tu ne passeras pas sur le bûcher uniquement pour que j’aie le beau rôle. D’ailleurs ça ne ferait pas une grande différence. Je serais impactée quand même, on est ensemble, on va se marier je te signale. Quelle image je donnerais à la société en restant avec toi, dans ton histoire ?

- Le public n’est pas obligé de savoir qu’on est encore ensemble…

- Quoi ? rugit-elle.

- Je veux dire …

- Tu ne dis rien du tout surtout ! le prévint-elle, les yeux lançant des éclairs. Nate, laisse-nous !

Le jeune-homme jeta un regard désolé à son meilleur ami et s’exécuta. Ce dernier allait peut-être passé un mauvais quart d’heure mais seule Blair parviendrait à le faire revenir sur sa décision complètement aberrante.

- On a déjà un plan, aboya-t-elle, dès que leur ami eut refermé le battant derrière lui.

- Qui ne fonctionne manifestement pas, répondit-il sans aucune brusquerie. Je ne vais pas te laisser t’enfoncer dans l’abîme sans rien faire.

Elle accusa le coup, elle s’y était préparée depuis la seconde où elle avait compris ce qu’il tramait.

- Et moi, oui ? Tu attends de moi que je fasse semblant de ne plus t’aimer, d’avoir rompu avec toi, pour pouvoir garder la tête haute et continuer à diriger WD pendant que toi, tu en seras réduit à gérer tes affaires en tirant les ficelles derrière le rideau ? s’offusqua-t-elle.

- Je serai en mesure de prendre soin de toi et de t’offrir le meilleur, l’argent rentrera dans les caisses même si je ne suis pas sur l’affiche. On n’aura plus rien à craindre de ce cloporte. Il pourra chanter autant qu’il veut, il ne maîtrisera plus l’information. On n’aura pas besoin d’avoir recours aux services de sa sœur. Tu pourras la renvoyer là d’où elle vient et même plus loin si tu veux.

- Chuck, dit-elle doucement en fermant les paupières.

- Je suis désolé, tellement désolé, pour tout le mal que je te fais. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je ne veux pas de ça pour toi. Je veux juste … Je veux juste que tu sois heureuse, peu importe ce que ça me coûte.

- Je sais, murmura-t-elle. Et maintenant, je sais aussi ce que tu as ressenti. Je sais la douleur de la lame qui s’enfonce plus profondément à chaque respiration, à chaque battement, au point de vouloir tout simplement que ton cœur s’arrête, définitivement. Je sais que tu veux me protéger de toutes ces douleurs. Mais si tu as pu les supporter alors j’y parviendrai aussi.

- Blair…

- Non ! Hier soir, j’aurais pu succomber mais ce n’est pas arrivé. Parce que tu étais là. C’est en toi que j’ai trouvé le pouvoir de ne pas sombrer, entre tes bras. Tu étais là, mon phare dans la nuit noire. Tu as promis que tu serais toujours là. J’ai foi en toi, en ton amour pour moi. Je sais qu’il m’arrivera encore de trébucher, surement plus d’une fois, mais c’est sur toi que je m’appuierai pour ne pas tomber. Tu m’as dit que j’étais plus forte que je ne le croyais et tu as raison, parce que ma puissance, c’est toi. Tu as dit aussi que je ne devais laisser personne me dire que j’étais faible, pas même moi. Alors, je ne te permets pas de douter de ma volonté et de ma combativité. Ou bien, est-ce que ce n’était qu’un mensonge ?

- Non, souffla-t-il en l’attirant à lui. Je le pensais, tu es la femme la plus puissante et la plus fabuleuse que je connaisse.

Elle l’embrassa tendrement avant d’encadrer son visage de ses mains.

- Alors, aies foi en moi, aies confiance en notre amour. J’irai bien, même si Jenny Humphrey ou Raina Thorpe ou même Eva se retrouve coincée dans une pièce seule avec toi. Parce que tu m’aimes et que rien ne peut rivaliser avec cette sensation de bonheur et de sécurité quand je suis au creux de toi. Tu es mon refuge et je viendrai m’y abriter à chaque fois que j’en aurai besoin.

- Quand tu veux. Toujours, chuchota-t-il enserrant sa taille fine un peu plus fort. Je tiendrai tant que tu auras besoin de moi.

- Je sais, susurra-t-elle en caressant sa pommette. Je sais.


katido  (24.10.2012 à 20:27)

La petite Jenny Humphrey était rentrée au loft de son paternel directement après son entrevue avec la reine mère en personne. Que c’était bon de se réveiller à New-York, même si c’était du mauvais côté du pont.

Son père lui avait réservé un accueil digne de ce nom, avec chili con carne pour fêter son retour, évidemment. Il était si heureux de retrouver sa petite fille. Quant à Dan, il était fou de joie lui aussi. Elle n’avait pas conscience de combien ils lui avaient manqués avant de les retrouver.

Elle était désolée pour le mariage avec Lili. Elle s’était toujours bien entendue avec sa belle-mère et ça lui faisait bizarre de se dire qu’Eric et elle n’était plus frère et sœur. Les paroles de B remontèrent à la surface et elle s’empressa de les chasser.

Sa proposition n’était même pas envisageable… malheureusement. Pourtant elle se rêvait déjà penchée sur ses feuilles à dessin, occupée à discuter des esquisses et des matières, de la longueur des ourlets et des échancrures ou des décolletés.

Les lumières, les photographes, les maquilleuses, les coiffeurs, l’agitation des shows, le bourdonnement des machines à coudre dans l’atelier, les couleurs des tissus et l’excitation des défilés.

Les défilés ! Dire que Dan avait tenté de ruiner celui de Blair. Il était vraiment remonté contre la reine des garces, comme il l’avait appelée la veille au repas. Et pas que contre elle, Serena et Chuck en avaient largement prit pour leur grade. Elle ne se remémorait même pas toutes les insultes qu’il avait proféré à leur sujet. Même Nate n’était plus en odeur de Sainteté dans le petit monde de Daniel Humphrey.

C’était ce qui lui avait été le plus pénible. Entendre Dan jacasser sur les horribles pêchés de Nathaniel Archibald, prince des junkys et si nul et incapable de réussir à exister dans le société par lui-même, que son grand-père avait été obligé de lui acheter un journal pour qu’il puisse jouer au directeur des publications et avoir un moyen de subsistance personnel, sans aucune compétence éditorialiste, ce qui était le comble pour un journaliste et écrivain accompli comme son frère.

Elle avait été étonnée de constater que leur père ne tente pas de le contenir un tant soit peu dans ses propos. Mais les relations avaient l’air plus que glaciales entre les deux hommes. Ils s’étaient à peine adressé la parole et elle était certaine que, si ce n’avait été sa présence, ils ne seraient pas restés dans la même pièce plus de cinq secondes.

Rufus Humphrey n’appréciait pas les agissements de son fils et leurs retentissements dans la presse. Cependant, elle crut comprendre entre les lignes que même lui estimait que les gens de l’UES avaient bien mérités une petite remontrance. C’est là que les points de vue divergeaient.

Si Rufus éprouvait de la rancœur à l’encontre de Lili et la manière dont elle avait essayé de piéger sa fausse nièce pour récupérer l’héritage de Cece, il se rendait compte que les actes de son fils auraient pu avoir de graves conséquences pour la famille de Blair et le déplorait.

Contrairement à Dan qui n’avait pas du tout l’air de voir les choses de cette manière. Il lui avait raconté sa version, bien loin de ce qu’elle avait lu dans la presse. Il ne minimisait nullement les retombées désastreuses que cela aurait pu avoir pour WD mais, dans sa bouche, ce traitement n’était que la juste réponse aux viles habitudes de la brune démone en question.

Jenny était sidérée qu’il pense à présent de la sorte quand il n’avait eu de cesse de lui faire la morale sur la manière dont elle se comportait trois ans plus tôt. Il l’avait serinée pendant des heures en lui expliquant par A+B qu’elle valait mieux que ça et qu’elle se rabaissait à son niveau en complotant contre Queen B. Aujourd’hui, il était prêt à commettre des délits pour se venger de la manière dont elle l’avait manipulé et dont elle s’était moquée de lui.

Il était même scandalisé d’apprendre que sa petite sœur s’était rendu au rendez-vous donné par Blair. Ce n’était bien sûr qu’une preuve de plus du côté manichéen et pernicieux de toute cette gente hypocrite et prête à tout pour arriver à ses fins.

Jenny avait été un peu vexée qu’il n’accorde pas une seule once de crédit à ses talents de styliste et de création artistique. Elle savait parfaitement à quoi s’en tenir au sujet de Queen B et de sa clique, Chuck en particulier, mais Serena et Nate n’étaient pas ce que son frère décrivait. En tout cas, elle ne les percevait pas comme ça.

Bon, peut-être que ça pouvait se discuter pour la blonde, elle n’était pas un ange et de loin. Jenny lui en avait voulu plus d’une fois, principalement à cause de sa relation avec le beau aux yeux d’un bleu aussi profond que l’océan. Sa dernière vengeance à son encontre était gravée au fer rouge dans sa mémoire. Depuis qu’elle avait participé à mettre la vie de S en danger, elle était bien plus magnanime vis-à-vis de cette dernière.

Mais quand même, si on faisait abstraction de Blair, il aurait tout à fait pu être concevable qu’Eléanor Waldorf voit en elle une personne compétente pour accomplir les tâches dont elle était elle-même empêchée par son handicap provisoire. La styliste avait toujours reconnu son travail, un peu trop même, puisqu’elle avait utilisé un de ses modèles comme le sien, sans préméditation, il est vrai.

Elle se leva et prit son petit déjeuné sur le comptoir de la cuisine. Dan y était déjà attablé, le nez, couleur aubergine sous un pansement nasal, dans son bol de céréales. Son pc ouvert à côté de lui.

- Bonjour frérot, claironna-t-elle gaiement.

- J’espère pour toi que ta journée sera meilleure que la mienne, ronchonna-t-il sans la regarder.

- Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ?

- Encore et toujours cette clique infernale qui tente d’entraver ma carrière !

- Tu ne devais pas rappeler ton agent hier soir ?

- Inutile, Alessandra s’est laissée corrompre elle aussi. Il ne me reste plus qu’à me trouver quelqu’un d’autre. J’ai un rendez-vous dans deux heures. Juste le temps de me préparer et de me rendre là-bas, dit-il en quittant son tabouret pour se rendre dans sa chambre.

Jenny hésita un instant, mais le diablotin lui souffla qu’un petit coup d’œil pour juger par elle-même ne pouvait pas faire de mal.

Elle inséra une clé USB dans l’ordinateur et copia la dernière version du manuscrit de son écrivain de frère. Après tout, elle était sa sœur, elle n’avait pas de mauvaises intentions à son égard.  Il ne le saurait même pas et elle pourrait enfin tirer un trait sur cette histoire qui l’avait tenue éveillée jusque tard dans la nuit.

Dès que Dan eut quitté le loft, elle s’installa dans le canapé, son propre ordinateur sur les genoux et commença sa lecture. Son visage se décomposa au fur et à mesure qu’elle déroulait les pages.

Il ne s’agissait nullement d’une satire comme dans son premier roman, c’était bien plus diffamatoire. Les noms des personnages n’étaient même pas transformés, ils étaient définis par leurs initiales.

Ça ressemblait plus à une exécution publique de leur entourage qu’à un roman dénonçant les dessous de la vie des gens qui vivaient dans un monde factice et pas si rose que ce que tout le monde aurait pu croire. Tout était dépeint en noir, d’une manière totalement moralisatrice et accusatrice.

Elle fut horrifiée de se retrouver elle-même citée dans les lignes et pas toujours de la plus glorieuse des façons. Elle était dépeinte comme une petite fille totalement  innocente qui se mourrait d’amour pour l’héritier Archibald, dépendant aux drogues tout comme le Capitaine et totalement idiot et insipide.

Ce qui la rendait encore plus stupide que lui, c’est qu’elle passait son temps à faire n’importe quoi pour attirer son attention et qu’il ne cessait de la balader sans jamais s’intéresser à elle.

L’épisode de son défilé sauvage était quasiment devenu une atteinte à l’ordre publique orchestré par Agnès et son rapprochement avec Damien, un séjour dans l’enfer des dealers et des mules digne des cartels colombiens.

Sans parler du fait qu’elle n’avait aucune envie de se voir apposée l’étiquette de pauvre fille violée par son demi-frère et qui n’avait eu d’autre choix que de s’exiler pour fuir la honte et le déshonneur, ainsi que les menaces de son ex-petite amie despotique et complétement schizophrène.

Même Vanessa était décrite comme une manipulatrice sans cœur et Lili comme une mante religieuse.


katido  (26.10.2012 à 19:52)

Quand son frère rentra au milieu de l’après-midi, Jenny était totalement hors d’elle. Elle l’attendait en faisant les cents pas dans le loft.

Ce dernier claqua la porte violemment derrière lui. Ça ne devait pas s’être bien passé avec son nouvel agent.

- Encore un crétin, lui expliqua-t-il en posant son ordinateur sur la table basse devant elle. Je n’arrive pas à croire qu’ils se laissent tous embrigader dans les manigances de ces odieux pervers.

- Peut-être que le problème n’est pas là ! cingla la blonde décolorée.

Il la regarda avec étonnement.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?  

- J’ai lu ton manuscrit et ce n’est qu’un ramassis d’amertume, lâcha-t-elle furieuse.

- Tu as fouillé dans mon pc ? s’indigna-t-il.

Mais quand ? elle n’avait pas eu le temps de prendre connaissance de son livre depuis qu’elle était arrivée la veille. Il avait eu son ordi avec lui pratiquement tout le temps et elle ne connaissait pas son nouveau mot de passe « hateblairwaldorf »

Sauf si elle avait transféré le fichier, conclut-il, en apercevant le portable de sa sœur sur le canapé dans lequel était insérée une clé USB.

- Je voulais savoir à quoi m’en tenir ! Et j’ai ma réponse, je n’aurais jamais imaginé que Daniel Humphrey tomberait aussi bas.

- Je ne fais qu’énoncer la vérité, cracha-t-il.

- TA vérité, cria Jenny. Tu caricatures tout.

- C’est un style d’écriture, l’informa-t-il, pédant.

- Je ne suis pas une idiote. Je sais lire et ce que tu as écris n’a rien à voir avec un « style d’écriture » c’est juste de la bile étaler sur du papier. Tu déformes les faits selon tes envies et ton humeur. Si tu veux inventer des histoires, alors ait au moins le bon sens de créer de vrais personnages qu’on ne peut pas relier à qui que ce soit.

- Mes personnages sont inspirés de la vie réelle, indiqua-t-il encore avec colère.

- Réelle dans ta tête oui ! Et si c’est comme ça que tu me vois, merci, mais, non merci.

- Quel est le problème avec ta personnalité ?

- Ce n’est PAS ma personnalité, justement. Tu me fais passer pour une dinde, une pauvre victime incapable de se défendre tandis que Chuck est Lucifer en personne.

- Il t’a violentée !

- La première fois qu’on s’est vu à la soirée « baiser sur les lèvres »  il a dépassé les bornes, oui. Et tu lui as mis ton poing dans la figure pour ça, je t’en remercie. Ensuite je me suis vengée. Fin de l’histoire !

- Tu as perdu ta virginité avec lui. C’était ton demi-frère, quasiment un inceste, ne me dis pas que tu étais d’accord. Tu étais juste une petite fille qui s’est fait manipulée, dit-il, dégouté.

- Par le grand méchant loup, j’ai lu ton histoire merci. Juste pour précision. Chuck n’était que mon demi-frère par alliance ET adoptif, je ne l’ai jamais considéré comme un frère. Quant à toi, tu as couché avec Serena ! A moins, bien entendu, qu’elle aussi ait abusé de toi.

- Parfaitement ! Elle a joué avec moi. Tout comme Blair après elle.

- Et aussi Olivia et la prof de Constance tant qu’on y est. Crois ce que tu veux, mais ne me mêle pas à tes hallucinations. Ce qui s’est passé avec Chuck avant que je ne quitte Manhattan n’avait rien d’un viol. J’étais là, pas toi. C’était aussi une décision de ma part et j’en ai assumé les conséquences jusqu’à aujourd’hui.

- Tu as été excommuniée. Tu n’as pas quitté New-York de ton plein gré, releva-t-il.

- Par Queen B, parce que j’ai choisi de me venger d’elle et de perdre ma virginité avec celui qu’elle aime.

Les yeux de son frère s’enflammèrent à ces mots.

- J’aurais pu le faire avec Damien, mais j’avais encore de l’espoir avec Nate à ce moment-là, continua-t-elle sans s’en préoccuper.

- Et c’est là que réside le problème n’est-ce pas ? Ce n’est pas les dénonciations des exactions de Chuck ou de Blair que tu n’admets pas, ni celles concernant Serena. Ce sont celles de Nate Archibald qui te dérangent ! Mais il est aussi pourri jusqu’au trognon que tous ses petits camarades diaboliques, fulmina-t-il.

- Tu racontes n’importe quoi. Je ne ressens plus rien pour lui depuis longtemps, s’empourpra-t-elle. Il n’y a pas qu’eux, Lili, Vanessa. Tu les dépeins tous comme des gens sans cœur. Même Eric tu le malmènes. Qu’est-ce que tu crois qu’il va ressentir quand il verra que tu parles de son suicide ? Que tu caricatures sa mère comme une croqueuse de diamants qui ne cherche qu’à se faire entretenir et a pleinement profité de la mort de Bart pour s’empressée de se jeter dans le lit de son amant, qui est notre père je te le rappelle au passage, alors que son corps était encore chaud. Sans parler de William qui a utilisé son statut de médecin pour monter un stratagème visant à briser le couple de papa ?

- Ce n’est pas ma faute si sa mère est ce qu’elle est ! Quant à papa, encore une fois, je ne fais que dire la vérité, c’est ce qui s’est passé !

- Ce n’est pas une raison pour nous livrer tous en pâture aux lions. As-tu seulement réfléchi aux conséquences de tes actes ? Parce que je peux te le certifier, il y a toujours des retombées auxquelles on n’avait pas pensées !

- La seule chose qui m’importe, c’est que tous ces snobinards hautains et arrogants qui se croient supérieurs à nous se retrouveront cloués au pilori.

- Et tant pis pour le reste, c’est ça ? Tu es si aveuglé par ta rancœur que tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez.

- Ne te moque pas de moi, l’avertit-il en prenant sa dernière remarque au sens propre.

- Tu es vraiment devenu complètement parano, s’époumona-t-elle. Tu es pathétique.

De rage, elle attrapa l’ordinateur de son frère et le jeta par la fenêtre ouverte.

- Non mais qu’est-ce que tu as fait ? hurla-t-il en constatant les débris sur le trottoir, trente mètres plus bas. Tu es folle ou quoi ? Tu as tout détruit. Mon travail, je n’ai pas d’autre copie.

Il la fixa, les yeux exorbités, avant de pivoter sur lui-même pour atteindre l’ordinateur de sa sœur toujours sur le sofa.

Elle comprit son intention et attrapa son appareil au vol pour le maintenir contre elle.

- Donne-moi cette clé, vociféra-t-il.

- Dans tes rêves, dit-elle avec un sourire narquois en la glissant dans son soutien-gorge.

- Comment peux-tu me faire ça ? s’indigna Dan. Tu es exactement comme eux !

- Toi aussi ! rugit Jenny. Seulement, moi, je ne fais pas semblant d’être mieux qu’eux parce que je ne suis pas à la hauteur. J’ai toujours voulu faire partie de leur monde sans m’en cacher. Quant à toi, tu le voulais sans doute encore plus que moi. Vanessa avait raison. C’est juste que tu es bien trop fourbe pour le reconnaitre et tu en crèves de jalousie, parce que tu as eu ta chance d’y entrer et que tu l’as royalement bousillée.

- Tu ne penses pas ce que tu dis.

- Parfaitement, je le pense. Et, au fond de toi, tu sais que j’ai raison, même si tu refuseras toujours de l’admettre.  

Elle pivota sur ses talons et claqua la porte, il était temps de cesser de se sacrifier. Son rêve était de devenir styliste et d’être reconnue parmi l’élite et c’est exactement ce qu’elle allait faire.

Moins d’une heure plus tard, Jenny Humphrey grimpait les marches de Waldorf Design et traçait droit jusqu’au bureau de Blair.

- J’accepte le poste, je serai ta nouvelle styliste, dit-elle en entrant sans frapper.

La brunette releva la tête de sur les curriculums vitae éparpillés devant elle, prise par surprise, puis un sourire de victoire se dessina sur ses traits parfaitement maquillés pour camoufler les dernières dix-huit heures qui s’étaient écoulées depuis leur entrevue.

- Tu as réussi à convaincre le rebus qui te sert de frère de nous laisser vivre tranquillement ? siffla-t-elle à la blonde.

- Tu n’as plus à t’inquiéter de ça, je m’en suis occupée. Il ne vous ennuiera plus.

- Et comment t’y es-tu prise ?

- Ca, c’est mon secret, une reine ne dévoile jamais ses cartes, répliqua-t-elle en toisant celle qui fut Queen B et qui lui avait tout appris.

Le sourire de cette dernière s’agrandit, il n’était pas nécessaire que la petite Jenny Humphrey, plus si petite que ça depuis déjà longtemps, lui donne des explications supplémentaires, son ambition à accéder au sommet était la seule preuve dont elle avait besoin.

- Je vais parler à ma mère et faire préparer ton contrat. Tu peux commencer demain matin.

- Demain, ce sera parfait. J’aurais seulement besoin d’un logement pour ce soir et les jours à venir, jusqu’à ce que j’en trouve un par moi-même. Digne de ce nom bien sûr, répliqua la blonde.

- Je te fournirai ça, pendant un mois et pas un jour de plus, et n’espère pas un palais.

- Je n’ai pas l’intention de vivre dans une cage à poule. Mais tant que c’est de ce côté du pont, ça devrait m’aller.

La brune nota et rassembla les documents devant elle sur une seule pile, direction la corbeille à papier, puis se dirigea vers la porte du bureau de sa mère.

- Blair, la rappela sa future employée.

Elle tourna sur elle-même, déjà presque sur le seuil.

- Tu n’as pas à t’inquiéter pour le reste. Je ne ferai rien qui pourrait mettre en péril ma nouvelle carrière, lui assura Jenny en toute sincérité.

- Je l’espère pour toi, sourit faussement Queen B. Maintenant si tu veux m’excuser, j’ai une réunion de direction pour l’embauche d’une nouvelle styliste.


katido  (26.10.2012 à 19:54)

C’est d’un pas plus léger que Blair et Eléanor Waldorf rentrèrent à leur appartement ce soir-là.

Comme la jeune femme s’y attendait, il n’avait pas fallu longtemps et peu d’arguments pour convaincre sa mère d’engager Jenny Humphrey comme styliste temporaire, jusqu’à ce qu’elle récupère pleinement ses capacités.

Elle avait presque le cœur empli d’allégresse. Elle était réellement soulagée, que les menaces de Dan ne soient plus qu’un mauvais souvenir. Il lui tardait d’annoncer la nouvelle à Chuck, Nate et Serena.

Son fiancé était dans le petit salon avec sa jeune sœur, qui avait planché sur leur nouveau projet. Heureusement, qu’elle avait su le faire revenir sur sa décision. Raina avait raison, il aurait torpillé sa dernière cartouche en se retirant officiellement de leur association.

- Bonsoir, dit-elle en s’approchant de lui avec un grand sourire.

- Bonsoir B, répondit joyeusement Vic.

Les yeux de la jeune Australienne pétillaient de joie. Sa collaboration avec son frère lui apportait tout ce qu’elle attendait. Elle était comblée, les recherches qu’elle avait effectuées étaient compatibles sur des constructions telles qu’ils souhaitaient les réaliser et prendraient encore moins de temps que prévu. Son frère avait vraiment l’air fier d’elle et n’était pas avare de compliment quant à son implication. Il ne restait plus qu’à signer ces foutus contrats, avec tout le monde à bord !

Blair se pencha pour embrasser le beau brun qui faisait battre son cœur.

- Bonne journée ? demanda-t-il suspicieux devant sa mine réjouie.

- Nous avons trouvé notre nouvelle styliste, annonça-t-elle avec un sourire triomphant et éblouissant. Et les négociations se sont déroulées comme on le souhaitait, toutes les conditions sont parfaitement remplies.

Chuck l’observa encore un instant, elle avait vraiment l’air ravie. La soirée de la veille semblait simplement avoir été comme un horrible cauchemar en cet instant.

Elle posa une main sur son épaule.

- Tout est pour le mieux, répondit-elle à son inquiétude silencieuse. Tout va se dérouler parfaitement.

Un énorme poids quitta la poitrine du jeune homme. Il se saisit de ses doigts et les porta à ses lèvres, avec un sourire et un regard de complicité.

- Si on sortait pour fêter ça ? proposa Blair. On pourrait appeler Nate et Serena.

Il acquiesça en silence et referma son pc.

- Tu viens avec nous ? demanda-t-il à Vic.

- Pourquoi pas, dit-elle en haussant les épaules.

Et comment ! Elle ne raterait pas l’occasion de passer une soirée avec eux. Elle se sentait un peu seule depuis le départ de Matt. Son déménagement chez Lili n’était prévu que pour la fin de la semaine et les soirées étaient plutôt monotones, seule dans sa chambre d’hôtel.

Les fêtes, ce n’étaient pas trop son truc, encore moins la boisson. Elle était du genre sage et tranquille, révisant au lieu de sortir jusqu’au milieu de la nuit. Mais elle avait besoin d’évacuer toute l’énergie qu’elle avait accumulée depuis qu’elle s’était investie dans son tout premier projet de la vie active. Et avec Chuck, elle était entre de bonne main.

Trois minutes plus tard, le BlackBerry de Blair tintinnabula.

- Rendez-vous au club dans une heure, les informa la fiancée de son frère tout sourire. Eric viendra aussi, il repart demain dans la matinée, ce sera un peu comme une soirée de départ pour lui.

Chuck passa un bras autour de ses épaules et lui chuchota quelque chose à l’oreille. Elle gloussa avant de poser ses lèvres sur celles de son frère.

- Viens, on va te trouver quelque chose dans ma penderie, dit-elle en s’adressant à la jeune fille, la prenant par la main.

La garde-robe de sa future belle-sœur était fabuleuse. Ses tenues étaient toutes plus belles les unes que les autres et toutes de la dernière collection, certaines de la prochaine. Quoi de plus normal après tout pour celle qui dirigeait une maison de couture.

Elle choisit une robe courte, dans les tons orangés, avec un superbe décolleté dans le dos et des sandales assorties. On était début octobre, mais le temps était étonnamment doux.

- Tu trouveras des bijoux dans le premier tiroir de ma coiffeuse, indiqua la propriétaire des lieux.

Vic choisit un collier de perles, un bracelet correspondant et des boucles d’oreille pour compléter le tout.

- Tu devrais ajouter un bandeau, conseilla Blair en épinglant les siens en un haut chignon. Ils sont dans ma commode, le tiroir du haut, sur la droite.

Le jeune Australienne était à la recherche de l’accessoire en question quand elle remarqua une enveloppe blanche, ornée d’une écriture penchée qu’elle reconnue immédiatement, posée sur le dessus du meuble, intacte.

Elle était adressée à son frère et affranchie depuis New-York. La date d’expédition remontait à quatre jours. Ce qui signifiait que leur mère était toujours à Manhattan, probablement avec son père.

- Tu as trouvé ? demanda Blair en revenant de la salle de bain.

- Oui, balbutia Vic.

Elle s’était juré de ne plus intervenir dans la relation de son frère et sa mère.

La fiancée de ce dernier capta son regard qui se posait sur la correspondance que Dorotha avait déposée la veille.

- Il ne l’a même pas ouverte, commenta la jeunette.

- Il a passé vingt ans de sa vie à se reprocher sa mort avant de découvrir qu’en réalité elle l’avait abandonné. Il ne peut pas effacer ça en un claquement de doigt.

- Mais cette fois elle me paraît sincère, elle veut vraiment renouer le lien avec lui.

- La dernière fois aussi, indiqua B. J’étais la première à l’encourager à se rapprocher d’elle et tu sais comment ça s’est terminé.

- Oui, mais, les choses sont différentes maintenant. Il n’y a plus de secret, elle veut juste réparer les dégâts qu’elle a provoqués.

- Sauf que lui n’est pas encore prêt pour ça. Pas quand tout son monde vient de basculer encore. Il a besoin de temps.

- Tu crois qu’il la lira ? demanda encore la jeune fille.

- Je ne sais pas, mais c’est à lui de décider.

Vic fit un petit signe de tête et soupira, puis se dirigea vers le miroir de la salle de bain pour réaliser son maquillage.

Blair aussi soupira. Ils avaient besoin d’un peu de répit. Juste un peu de répit avant que les méandres de la vie ne se transforment en courants plus forts, qui les aspireraient vers le fond à nouveau. Ce soir, pas de drame, ni de larme, juste un bon moment entre amis pour commémorer une victoire. Une parmi tant d’autre.

- A quoi tu penses ? demanda son fiancé en encerclant tout à coup ses hanches derrière elle.

Il déposa un baiser sur son épaule dénudée.

- Tu es magnifique, souffla-t-il contre la peau de sa nuque.

Un frisson de plaisir remonta le long de son échine et un sourire illumina son joli minois.

Elle avait revêtu la commande spéciale qu’elle avait fait confectionnée rien que pour lui. Une robe à fine bretelle lilas, cintrée à la taille, qui tombait juste à hauteur des genoux.

- Au fait que j’ai le plus merveilleux fiancé du monde et qu’on peut enfin respirer depuis qu’on est débarrassé de ce cancrelat.

Elle se retourna dans ses bras pour lui faire face et enfouit son visage au creux de son cou. Elle passa un doigt sous le col de son veston. Il ne s’était pas encore changé, la gente féminine monopolisant leur chambre.

- J’ai appelé Raina, les contrats seront ici demain pour signatures, l’informa-t-il.

Elle releva la tête et plongea ses yeux dans la profondeur d’une étendue chocolat.

- Tout ira bien maintenant, murmura-t-elle avant de l’embrasser tendrement.

Vic s’arrêta sur le seuil, un sourire aux lèvres. Ces deux-là étaient fait l’un pour l’autre, sans l’ombre d’un doute.

Elle toussa pour manifester sa présence avant que les choses ne dégénèrent en quelque chose qu’elle n’avait pas du tout envie de voir.

Chuck s’arracha à l’étreinte de sa fiancée à contre cœur.

- Comment tu me trouves ? demanda sa sœur.

- Tu veux l’avis de ton frère ou juste un avis masculin ? Parce que si c’est le premier, ta robe est bien trop courte, la taquina-t-il avec un sourire narquois.

- Ne l’écoute pas, tu es parfaite, le reprit Blair.

Vic lui tira la langue en passant à côté de lui. Pour une fois, elle allait profiter de la fête sans restriction. De ce qu’elle en avait vu à Paris et de ce qu’elle en savait, son grand frère avait toujours eu la réputation de savoir s’amuser, elle pouvait aussi apprendre deux ou trois trucs de ce côté-là.


katido  (27.10.2012 à 11:16)

Nate Archibald et Serena Van Der Woodsen étaient déjà attablés avec Eric quand les trois autres débarquèrent dans la discothèque.

Le jeune héritier fut heureux de constater que son meilleur ami avait l’air plus  détendu que lorsqu’il l’avait abandonné à sa fiancée dans le penthouse des Waldorf. Chuck l’avait appelé au saut du lit le matin-même. Il croisa les doigts pour que B ait réussi à le faire revenir à la raison.

Son ami d’enfance ne lui avait pas donné plus d’explications sur les raisons de ce changement de plan de carrière, mais il lui avait suffi d’entendre prononcer le nom de Jenny Humphrey pour imaginer les dégâts que cette dernière pourrait engendrer.

Pas seulement dans le couple de ses amis, mais également dans le sien. La petite blonde avait fait tout ce qui était nécessaire pour le faire rompre avec Serena avant son départ et il lui en tenait toujours rigueur.

Il avait eu quelques sentiments pour la petite Jenny à une époque, mais rien avoir avec ce qu’il éprouvait pour la blonde aux longues jambes. Ils étaient enfin à nouveau ensemble et il comptait bien veiller à ce que rien ne vienne plus gâcher leur relation à l’avenir.

- Qu’est-ce qu’on fête ? s’enquit la belle blonde quand leurs amis prirent place à leurs côtés.

- La dératisation de la vermine de l’UES, dit fièrement la brune, très contente d’elle-même.

- Dan est hors-jeu pour de bon ? questionna Nate.

- Oui, renchérit Blair. On peut enfin reprendre le cours de nos vies sans se tracasser de ses élucubrations littéraires.

Le jeune Archibald jeta un regard à son meilleur ami qui lui confirma la nouvelle d’un signe de tête avec un sourire suffisant.

- Tournée générale, cria S en se levant pour donner l’indication d’un geste de la main au barman.

- Donc, on peut oublier la publication d’un article quelconque dans le Spectator, conclut Nate avec soulagement.

- Rien ne sortira, ni sur la toile, ni ailleurs, répondit Chuck avec assurance.

- Et comment avez-vous réussi à convaincre Dan ? Ne me dites pas que vous avez trouvé un truc pour le faire chanter ? s’esclaffa S.

Les fiancés échangèrent un regard et le brun ténébreux choisit sagement de laisser sa belle raconter toute l’histoire.

Le visage de Serena se décomposa quand elle découvrit le stratagème utilisé pour parvenir à leurs fins. Son sang bouillonnait dans ses veines.

- Vous avez fait revenir Jenny ! s’éberlua-t-elle.

Elle ne parvenait pas à y croire. Comment Queen B avait-elle pu permettre une telle aberration après ce que cette petite peste leur avait fait à tous.

- On n’avait pas d’autre choix, expliqua Chuck. Ça ne nous enchante pas plus que toi.

- Elle, Juliette et Vanessa ont bien failli avoir ma peau !

- Tu crois peut-être qu’elle est devenue ma meilleure amie, maugréa Blair.

Eric remua sur son siège, mal à l’aise. Il avait gardé des contacts avec sa demi-sœur, même après ce qui était arrivé à sa sœur légitime deux ans auparavant. Pourtant elle ne l’avait pas épargné non plus à une époque. Queen J n’avait reculé devant rien pour asseoir son autorité de nouvelle reine, contrairement à ce qu’elle avait déclaré en prenant le pouvoir à Constance.

Il croisa le regard de Vic, qui se sentait un peu exclue de la conversation elle aussi. Elle n’avait jamais entendu parler de cette fille jusqu’à présent, mais il était plus qu’évident qu’elle était plus une ennemie qu’une amie.

Le serveur arriva, mettant un terme aux récriminations, les dés étaient jetés, impossible de revenir en arrière, inutile de palabrer pendant des heures. Ils étaient là pour s’amuser et fêter leur victoire, pas pour s’engueuler à propos de Jenny Humphrey. Encore moins pour faire remonter à la surface des choses que chacun d’entre eux voulait garder enterrées bien profondément.

L’ambiance festive de la soirée commença réellement après le premier toast, porté par S qui voulait inverser la vapeur après sa première réaction à la nouvelle. Jenny était finalement un moindre mal comparé à Dan et personne ne baisserait sa garde vis-à-vis de la jeune Humphrey. Chacun couvrirait les arrières des autres comme ils l’avaient toujours fait. Problème résolu.

La jeune Australienne apprit effectivement quelques trucs en matière de fiesta. Après sa première margarita, elle commença à se sentir mieux. Nate raconta une blague qui eut le don d’achever de détendre tout le groupe et les filles ne tardèrent pas à se lancer sur la piste, bientôt rejointes par les garçons.

Vic avait de l’énergie à dépenser, elle pratiquait moins de sport qu’elle n’en n’avait l’habitude. Chez elle, elle commençait chacune de ses journées par deux heures de surf, même en pensionnat, c’était le sport national. Ici, la côte était trop loin pour faire l’aller-retour, elle aurait perdu la moitié de la journée dans les embouteillages.

Elle ne pensait pas que la danse pouvait être si libératrice et cela lui fit un bien fou. Jusqu’au moment où les couples se formèrent sur la piste.

Blair posa sa main dans celle de Chuck et son corps s’adapta parfaitement au sien quand la musique commença. Elle cala sa tête sur son épaule et ferma les paupières, s’enivrant de son after-shave boisé. Profitant de cet instant magique entre ses bras, là où elle se sentait en sécurité plus que nulle part ailleurs.

Il était la plus belle chose qui lui soit jamais arrivée. Si fort et si puissant, et pourtant parfois si fragile devant elle. Il était tout ce qu’elle avait toujours recherché, tout ce qu’elle avait toujours voulu. Elle aimait chacune de ses facettes, chaque centimètre carré de sa peau, chacune de ses cellules. Il était tout ce qui comblait son cœur et son âme. Elle avait besoin de lui pour pouvoir respirer.

Elle aurait voulu que le temps s’arrête, pour rester là jusqu’à la fin des temps. Pour partager avec lui ce moment merveilleux, sans bémol. Sans que rien ne puisse jamais venir le blesser encore. Il avait fait d’elle la gardienne de son bonheur et elle ferait tout ce qui était nécessaire pour le lui assurer.

Picture perfect memories scattered all around the floor *
Des images de souvenirs idylliques éparpillées partout sur le sol
Reachin' for the phone 'cause I can't fight it anymore
J’attrape le téléphone car je ne peux plus lutter à présent
 
And I wonder if I ever crossed your mind
Et je me demande si tu penses à moi parfois
For me it happens all the time
Moi, ça m’arrive tout le temps

It's a quarter after one, I'm all alone and I need you now
Il est une heure et quart, je suis toute seule et j'ai besoin de toi maintenant
Said I wouldn't call but I lost all control and I need you now
J’ai dit que je n'appellerais pas, mais je perds tout contrôle et j'ai besoin de toi maintenant
And I don't know how I can do without I just need you now
Et je ne sais pas comment je peux faire sans toi, j'ai juste besoin de toi maintenant

Another shot of whiskey can't stop looking at the door
Une autre rasade de whisky, je ne peux pas arrêter de regarder la porte
Wishing you'd come sweeping in the way you did before
Espérant que tu viennes en coup de vent de la manière que tu le faisais avant
 
And I wonder if I ever cross your mind
Et je me demande si tu penses à moi parfois
For me it happens all the time
Moi, ça m’arrive tout le temps

It's a quarter after one, I'm a little drunk and I need you now
Il est une heure et quart, je suis un peu ivre et j'ai besoin de toi maintenant
Said I wouldn't call but I lost all control and I need you now
J’ai dit que je n'appellerai pas, mais je perds tout contrôle et j'ai besoin de toi maintenant
And I don't know how I can do without I just need you now
Et je ne sais pas comment je peux faire sans toi, j'ai juste besoin de toi maintenant

Guess I'd rather hurt than feel nothin' at all
Je suppose que je préfère être blessé(e) que de ne rien ressentir du tout

It's a quarter after one I'm all alone and I need you now
Il est une heure et quart, je suis toute seule et j'ai besoin de toi maintenant
And I said I wouldn't call but I'm a little drunk and I need you now
Et j’ai dit que je n'appellerai pas, mais je suis un peu ivre et j'ai besoin de toi maintenant
And I don't know how I can do without I just need you now
Et je ne sais pas comment je peux faire sans toi, j'ai juste besoin de toi maintenant

I just need you now
J'ai juste besoin de toi maintenant

Ooo, baby, I need you now
Oh, bébé, j'ai besoin de toi maintenant

Du coin de l’œil, Chuck vit Nate qui lui souriait, Serena blottie contre lui et lui rendit la pareille.

Il remonta doucement sa main le long du dos de Blair, pour venir caresser sa nuque découverte et posa un baiser sur sa chevelure d’ange. Elle était son ange à lui. Sa lumière dans les ténèbres, celle qui le guidait vers la sérénité et la paix de son âme. Là où son cœur pouvait se révéler sans aucune crainte. Il lui suffisait d’ouvrir les bras pour reconstruire tout ce qui avait été brisé en lui.

Il souhaitait que la musique ne s’arrête jamais, que cet instant dure l’éternité toute entière. Oui, il pourrait passer le reste de sa vie comme ça, avec elle accrochée à lui, se balançant en rythme. Juste avec elle dans ses bras, indéfiniment.

Il sentit sa bouche sur l’arrête de sa mâchoire, à la recherche de la sienne et répondit à son désir. Plongeant avec volupté sa langue entre ses lèvres, si douces, si sucrées, si parfaites. Elle était la perfection même. Et elle l’avait choisi lui pour être le garant de son bonheur. Il s’y appliquerait chaque jours jusqu’au dernier.

 

*Need you now (J’ai besoin de toi)  Lady Antebellum


katido  (28.10.2012 à 10:34)

Vic s’accouda au comptoir pour commander une troisième margarita. Elle devait reconnaitre que ça faisait du bien de se lâcher un peu et que son frère et ses amis savait parfaitement comment faire. Elle passait une très bonne soirée, ça faisait une éternité qu’elle ne s’était pas amusée autant.

Le barman déposa son verre devant elle avec un sourire jusqu’aux oreilles.

- Tu es nouvelles dans le coin ? questionna le jeune homme blond comme les blés.

- Ça se voit tant que ça ?

- Je n’oublie jamais un visage, et surement pas un aussi joli que le tien, la baratinât-t-il.

Elle sourit à sa réplique et nota la petite fossette qui se creusait de chaque côté sous ses pommettes quand il souriait.

- Tobias, dit-il en lui tendant sa main.

- Vic, se présenta-t-elle en serrant ses doigts.

Il les porta à son visage pour lui faire un baisemain et elle éclata de rire.

- Et joli cœur, en plus, ironisa-t-elle en récupérant ses phalanges.

- Alors, d’où viens-tu ? Je dirais, Brisbane.

La jeune brunette fut impressionnée.

- Sydney, mais j’ai fait toutes mes études à Brisbane, donc je suppose que tu as un peu raison, minauda-t-elle.

Elle prit une gorgée de téquila, ses yeux souriaient dans son verre.

- Le devoir m’appelle, dit Tobias en désignant un autre client, mais n’hésite pas à m’appeler surtout.

Il griffonna son numéro de téléphone au dos d’un carton à boisson et le posa sur le comptoir.

- J’espère que tu ne briseras pas mon cœur, ajouta-t-il en s’éloignant.

Elle le suivit des yeux. Ceux du jeune-homme derrière le bar étaient d’un bleu limpide. Il ravivait son mal du pays et l’étanchait étrangement tout à la fois. Ses cheveux blonds, coupés courts, lui donnaient un petit air qui lui rappelait l’Océanie et un certain surfer qu’elle avait bien connu à 15 ans. Il était un peu plus grand qu’elle, svelte avec une carrure développée et, chose non négligeable, un cul super sexy.

Elle cacha un autre sourire d’appréciation dans sa boisson.

Elle resta assise au bar pendant vingt bonnes minutes, sirotant très, très, lentement son cocktail, profitant pleinement de chaque rasade.

Puis ses sourcils se froncèrent et elle fit le tour du bar jusqu’à l’autre bout.

- Ne bois pas ça ! dit-elle à une blonde, en posant sa main sur son verre.

- L’autre jeune fille la dévisagea, interdite.

- Ce type, là, indiqua-t-elle d’un mouvement du menton, il vient de mettre quelque chose dedans.

Le gars en question, d’une trentaine d’années, appuyé négligemment contre un pilier, leur fit un sourire tout ce qu’il y a de plus angélique.

- Tu en es certaine ? Il a l’air …

- Un peu trop innocent pour être honnête !

- Sans doute, commenta la blonde.

Elle ne connaissait pas cette fille, mais mieux valait recommander un autre verre.

- Tobias, appela la brune.

Le barman se retourna avec un petit sourire triomphant.

- Tu as au moins retenu mon prénom, s’exclama-t-il.

Vic lui expliqua en deux mots ce qui venait de se passer et il fit appeler la sécurité pour raccompagner le type louche à l’entrée, suivi par une fouille en règle.

- Merci, dit la blonde après qu’un flacon de pilule ait été retrouvé dans la poche du type.

- De rien, je n’allais quand même pas rester les bras croisés pendant que ce malade aurait abusé de toi. Entre fille, faut bien s’entraider. Et toujours rester vigilantes !

La blonde la considéra un instant, cette inconnue était plus jeune qu’elle mais elle lui semblait pourtant bien plus mature.

- Je suis Vic Bass, se présenta la brune, réalisant qu’elle ne connaissait même pas le nom de l’autre.

Cette dernière pâlit et la regarda comme si elle était une extraterrestre.

Comment ne l’avait-elle pas reconnue ? Elle l’avait vu en photo sur Gossip Girl. La discothèque n’était pas l’endroit le plus éclairé de la terre, c’était certain, mais elle aurait dû apprécier la griffe Waldorf originale au premier coup d’œil.

- Vic, ça fait une demi-heure qu’on te cherche partout, cria Eric derrière elles, avant de s’immobiliser en étudiant la blonde.

Cette dernière lui fit un petit sourire contrit, il n’avait pas l’air heureux de la voir lui non plus.

- Jenny ! Mais qu’est-ce …

- Jenny ? sursauta Vic, s’éloignant d’un pas de la fille avec qui elle était sur le point de sympathiser.

- Tu devrais te dépêcher de sortir d’ici, conseilla le jeune homme. Si j’étais toi, je ne trainerais pas.

Trop tard ! Chuck et Nate arrivaient en sens inverse cherchant Vic.

Cette fois, c’est Jenny qui recula d’un pas devant eux.

Elle imaginait bien qu’elle finirait par tomber sur l’un ou sur l’autre de façon fortuite, mais pas dans les 24 heures qui suivaient son arrivée et pas tous ensembles. Ils étaient effrayants. Ils savaient tous qu’elle était là de toute façon, puisque c’est B qui l’avait fait revenir, les autres étaient donc forcément au courant.

Elle jeta un regard à la brunette qui lui avait sauvé la mise ce soir. Elle s’était rangée au côté de son frère. Inutile d’espérer s’en faire une nouvelle amie.

- Je ne veux pas d’histoire, clama Jenny. Je suis juste venue prendre un verre. Je ne savais pas que vous seriez là.

- C’est un espace publique, répondit Blair avec un fatalisme cynique.

La reine était apparue derrière elle, avec Serena à son côté gauche sans qu’elle ne les ait vues s’approcher.

La petite blonde nota, mais le regard d’avertissement dans les prunelles de Queen B était limpide. Quant à sa meilleure amie, elle se retenait surement du mieux qu’elle le pouvait de lui sauter à la gorge. Jenny ne pouvait pas le lui reprocher après les conséquences de son alliance avec Vanessa et Juliette.

C’est Tobias qui vint lui sauver la mise cette fois, en demandant à Vic de venir signer sa déposition devant les agents qui embarquaient maintenant le trentenaire.

La jeune Humphrey en profita pour s’éclipser sans plus attendre.

Elle avait intérêt à se tenir à carreaux et à faire profil bas si elle ne voulait pas ruiner sa nouvelle chance dans l’UES.

Elle frissonna une fois assise dans le taxi qui la ramenait à la chambre que Blair lui avait procurée pour un mois. Ils étaient pires qu’une cours martiale tous ensemble.

Ce qui lui faisait le plus mal, c’était le regard de Nate. Elle n’y avait déchiffré aucune émotion à part le dégoût. Tout espoir d’une nouvelle romance avec lui aurait été vain si elle en avait seulement eu un.


katido  (29.10.2012 à 13:13)

- Je n’arrive pas à croire que cette petite peste était déjà là, alors qu’elle n’a débarqué qu’hier, s’exclama Serena. Elle n’a pas perdu de temps.

- Si j’avais pu faire autrement, je ne lui aurais jamais demandé de revenir, indiqua Blair avec humeur.

- Je sais, j’ai bien compris. C’était la seule chose à faire, soupira S en rangeant son gloss dans sa pochette Gucci.

Elle jeta un regard appréciateur à son reflet dans le miroir au-dessus des lavabos. Ses cheveux pendaient librement sur ses épaules dénudées, retombant en boucles d’or, toujours impeccablement coiffées malgré les trémoussements des danses antérieures. Son ombre à paupière agrandissait ses yeux azur, ce qui éclairait son visage de miel.

Nate ne ressentait plus rien pour cette blondasse décolorée. Il l’aimait elle, ils étaient plus proches que jamais.

- Notre histoire n’a jamais aussi bien fonctionnée qu’en ce moment, je ne veux pas que ça change, déclara-t-elle à la brune.

Cette dernière réalisa seulement ce qui se passait dans la tête de sa meilleure amie. Elle était préoccupée par le fait que Jenny Humphrey puisse être en contact avec Chuck, mais le danger ne résidait pas seulement là.

En fait, il était plutôt minime en comparaison des sentiments que Little J avait éprouvés pour le beau capitaine de l’équipe de lacrosse.  Sauf qu’elle n’avait jamais couché avec LUI !

- Je connais parfaitement les risques. Je ne lui laisserai pas l’opportunité de semer la discorde. Ni dans mon couple, ni dans le tien.

- Tu vas la tenir à l’œil, approuva S.

- Et plutôt deux fois qu’une, je ne vais pas la lâcher d’une semelle. Tu connais la réplique : Sois proche de tes amis et encore plus de tes ennemis. Je vais tellement l’accabler de travail qu’elle n’aura plus rien d’autre à penser.

- J’espère que ça suffira, soupira encore Serena.

- Nate n’a d’yeux que pour toi. Il a dit à Chuck qu’il voulait te proposer d’emménager avec lui.

- C’est vrai ? Quand ça ? s’extasia sa meilleure amie, une sourire florissant sur ses traits parfaits.

- Pas plus tard qu’il y a deux jours, mais je ne t’ai rien dit, expliqua B sur le ton de la confidence.

Elles regagnèrent leur place, la blonde contenant difficilement l’excitation qui venait de s’emparer de chacune des cellules de son corps. Elle se glissa auprès de son petit ami le cœur en joie.

Nate leva la main pour attirer l’attention de la serveuse.

- Laisse, je vais passer la commande, dit Vic en quittant déjà la table.

Blair et Serena échangèrent un regard complice, capté par Chuck qui suivit leur petit manège. Ses yeux se posèrent sur son autre sœur qui se dirigeait vers le bar et se plantait devant le barman avec un sourire enjôleur.

- Je l’accompagne, dit-il.

Vic passait maintenant langoureusement une main dans sa chevelure châtain, les yeux braqués sur le type qui était plus que visiblement sensible à ses minauderies.

- Elle est majeur et vaccinée, fit remarquer Blair.

- C’est ma sœur, grommela-t-il.

- Et ? Tu penses peut-être qu’elle va entrer au couvent ? railla-elle.

- Moi aussi je suis ta sœur, avança la blonde.

- Mais toi c’est différent, je te connaissais avant que tu ne le deviennes et tu n’étais plus vierge depuis longtemps, lâcha-t-il.

Son meilleur ami l’assassinat du regard.

- Tu es avec Nate maintenant, reprit-il pour tenter de rattraper sa brusquerie.

S ne s’en formalisa pourtant pas. Son frère était peut-être plus modéré maintenant, mais il restait néanmoins Chuck Bass. Il en fallait plus que ça à sa sœur adoptive pour se démonter.

- Parce que tu t’imagines qu’elle est encore vierge ? se moqua-t-elle ouvertement. Elle a passé six ans en pensionnat je te rappelle. Inutile de préciser comment l’année que j’y ai passée s’est terminée.

Le beau brun fit mine de se lever, mais Blair resserra ses doigts autour des siens pour le retenir.

Les yeux sombres de Chuck revirent à sa fiancée.  Il haleta et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais elle fut plus rapide.

- Ferme-là et danse avec moi ! commanda-t-elle.

Il acquiesça sans plus un mot et l’emmena sur la piste. Tout en l’enlaçant, il jeta un regard vers le bar.

- C’est une grande fille, elle sait parfaitement ce qu’elle fait. Elle ne laisse rien au hasard, elle aime tout contrôler.

- Et si ce n’est pas le cas ?

- Alors elle viendra pleurer sur ton épaule et tu la consoleras. Il sera encore temps d’envisager de briser les os de celui qui aura brisé son cœur. Mais si tu interviens maintenant, c’est à toi qu’elle en voudra et pas à lui.

Il émit un grognement en signe d’assentiment, à contre cœur.

- Tu ne peux pas la protéger de tout. Elle ira bien…. Et moi aussi, ajouta-t-elle en plongeant ses prunelles noisette dans celles les siennes. Cesse de t’inquiéter, on est venu ici pour s’amuser alors, amuse-toi. Je ne vais pas m’effondrer, je te le promets.

Il n’avait pas lâché sa main plus de trente secondes d’affilées depuis qu’ils avaient croisé Jenny Humphrey.

Elle effleura tendrement ses lèvres et posa sa tête sur son épaule. Fermant les yeux, elle noua ses doigts dans sa nuque, caressant la base de ses cheveux.

- Il n’y a aucun endroit au monde où je suis plus en sécurité qu’ici, souffla-t-elle dans son cou.

Il embrassa sa tempe et laissa aller sa tête sur sa chevelure. Il ne pouvait pas s’empêcher de s’angoisser depuis qu’ils avaient ramené dans leur monde, la blonde décolorée qui lui avait couté sa première tentative de demande en mariage.

Mais quand la femme qui faisait battre son cœur était là, juste dans ses bras, il oubliait tout le reste.

- Je t’aime, murmura-t-il contre le lobe de son oreille.

Il clôt ses paupières lui aussi et se laissa bercer par la musique et la chaleur du corps de la femme de sa vie contre lui.

I'm not a perfect person *
Je ne suis pas une personne parfaite
There are many things I wish I didn't do
Il y a de nombreuses choses que je regrette d'avoir fait
But I continue learning
Mais je continue d'apprendre
I never meant to do those things to you
Je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses
And so I have to say before I go
Donc je dois te dire avant de partir
That I just want you to know
Que je veux juste que tu saches

I've found a reason for me
Je me suis trouvé une raison
To change who I used to be
De changer celui que j'étais autrefois
A reason to start over new
Une raison de recommencer à zéro
And the reason is you
Et la raison c'est toi

I'm sorry that I hurt you
Je suis désolé de t'avoir blessée
It's something I must live with everyday
C'est une chose avec laquelle je dois vivre tous les jours
And all the pain I put you through
Et toute la douleur que je t'ai fait subir
I wish that I could take it all away
Je voudrais pouvoir effacer tout ça
And be the one who catches all your tears
Et être celui qui sèche toutes tes larmes
That's why I need you to hear
C'est pourquoi j'ai besoin que tu entendes

[I've found a reason for me
Je me suis trouvé une raison
To change who I used to be
De changer celui que j'étais autrefois
A reason to start over new
Une raison de recommencer à zéro
And the reason is you
Et la raison c'est toi

And the reason is you
Et la raison c'est toi

And the reason is you
Et la raison c'est toi

And the reason is you
Et la raison c'est toi

I'm not a perfect person
Je ne suis pas une personne parfaite
I never meant to do those things to you
Je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses
And so I have to say before I go
Donc je dois te dire avant de partir
That I just want you to know
Que je veux juste que tu saches

I've found a reason for me
Je me suis trouvé une raison
To change who I used to be
De changer celui que j'étais autrefois
A reason to start over new
Une raison de recommencer à zéro
And the reason is you
Et la raison c'est toi

I've found a reason to show
Je me suis trouvé une raison de montrer
A side of me you didn't know
Une partie de moi que tu ne connaissais pas
A reason for all that I do
Une raison pour tout ce que je fais
And the reason is you
Et la raison c'est toi

The Reason (La Raison)* Hoobastank


katido  (30.10.2012 à 09:53)

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