Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Gossip Girl (2007)
Création : 01.08.2012 à 13h26
Auteur : katido
Statut : Terminée
« La vie n'est pas un long fleuve tranquille ! » katido
Cette fanfic compte déjà 101 paragraphes
- Ils sont là, Ils sont là, sautilla Hugo à côté de Shaori.
Elle aperçut son beau-frère et ses belles-sœurs et lâcha sa main. Il courut aussi rapidement que le lui permettait ses petites jambes et se jeta dans celles de Chuck qui le souleva dans ses bras. Il referma les siens autour de son cou.
- Est-ce que tu as été sage ? demanda son oncle.
Le petit bonhomme répondit par l’affirmative avec nombre de grands acquiescements de la tête, où se battaient les mêmes boucles brunes difficiles à disciplinées que celles de sa mère.
- Comme une image, répondit Matt en souriant. Quand il dort !
Il agrippa son fils par la taille et le déposa sur le tarmac de l’aéroport de Tullamarine pour saluer son jumeau et sa femme, ainsi que sa petite sœur.
- Vos bagages, Monsieur, indiqua le steward du jet de BI comme deux employés amenaient un chariot de transport avec plusieurs valises.
- Mais, vous êtes folles, s’exclama Shaori en riant, s’adressant à Blair et Vic.
- Je dirige une maison de haute couture, dit la plus âgée des deux.
- Ca explique tout, compléta la plus jeune en souriant.
- Si vous le dites, commenta la compagne de Matt en haussant les épaules.
- Où est la limo ? questionna Blair.
- Je l’ai renvoyée. Mais ne t’inquiète pas, si ma camionnette tombe en panne, tu seras la dernière à qui je demanderai de pousser, la taquina son beau-frère.
- Puisque vous logez à la maison, autant vous habituez tout de suite au manque de confort, renchérit Shaori en riant.
La brune jeta un regard dubitatif à son mari et retint un commentaire acerbe. Si Matt pensait qu’elle allait passer quatre semaines entières loin du luxe de son quotidien, il se fourrait le doigt dans l’œil.
Depuis que Chuck avait repris la direction du conseil de BI à la suite de la mort de Bart, tous les problèmes de liquidités s’étaient envolés et il la couvrait de cadeaux tous plus beaux les uns que les autres. Elle n’avait plus aucune excuse, et aucune envie, pour le lui interdire.
Elle était néanmoins prête à faire des concessions pour l’homme de sa vie. Il était sur des charbons ardents depuis qu’ils avaient décollée de JFK, à l’idée de retrouver son jumeau qu’il n’avait quitté que trois semaines en tout et pour tout depuis la lecture du testament. Pourtant, il n’avait pas eu l’occasion de voir le temps passer.
Les activités professionnelles de Chuck avaient repris à une course effrénée alors que l’encre sur les documents concernant les changements opérés par Vic n’était même pas encore sèche. Tous les loups qui avaient montré les dents ou fait la sourde oreille quand il s’était retrouvé exclu par son père, redevenaient tout à coup des moutons qui le sollicitaient de toute part.
Bien entendu, il était hors de question que son mari passe les prochaines semaines complètement à sa disposition. Il travaillerait d’Australie, depuis BO. Jack était rentré une semaine plus tôt pour remettre de l’ordre ici aussi. Ils avaient plusieurs réunions de programmées à Canberra et à Sydney avec Vic, qui avaient réussi à aménager son temps d’études universitaires en reportant certains cours au semestre suivant.
Malgré tout, Blair était heureuse qu’ils prennent un peu leurs distances avec New-York. Elle non plus n’avait pas eu beaucoup de temps à elle. La rééducation permettait à sa mère la réutilisation de son bras même si ce n’était pas encore à 100%. Eléanor n’était toujours pas dans la possibilité de dessiner, mais elle passait beaucoup de temps avec Jenny sur ses croquis. Ce qui laissait plus de travail de gestion à la jeune femme.
La styliste avait toutefois insisté pour que sa fille prenne quelques semaines avec son chéri. Blair n’avait pas eu droit à une vraie lune de miel et méritait bien un petit voyage, tant qu’elle rentrait avant février pour finaliser le prochain défilé, avait-elle décrété. Il tardait à la nouvelle directrice de WD de déambuler dans Chapel Street et de faire un petit tour au Jam Factory.
- J’espère que vous ne serez pas serrés comme des sardines, railla son beau-frère en arrivant près de sa voiture.
Le véhicule en question était le dernier pick-up Dodge taille XXL, un Ram Laramie édition limitée bleu électrique. Ils y grimpèrent tous, aussi à l’aise que dans une limousine. Matt lui fit un clin d’œil moqueur avant de s’installer derrière le volant pour les emmener chez lui.
La jeune mariée posa sa tête sur l’épaule de son époux et observa le paysage ensoleillé de Melbourne. Noël sur une plage de sable fin, ce serait une première agréable pour eux deux. Ce serait aussi leurs premières fêtes de fin d’année en tant que couple marié.
Mais ce ne serait pas les seules premières pour Chuck. Ils devaient rester jusqu’à la fin du mois de janvier. Matt avait insisté pour qu’ils prolongent leur séjour jusqu’à leur anniversaire. Il voulait absolument le fêter avec son jumeau. En fait, ce serait aussi la première fois que Chuck le célèbrerait réellement.
Sa relation avec Elisabeth s’était un peu améliorée, sans être totalement une vraie relation maternelle. Il acceptait désormais volontiers de se retrouver dans la même pièce qu’elle. La lettre qu’elle lui avait écrite restait gravée dans son cœur et dans sa tête. Blair avait bon espoir que cela évolue favorablement, à l’instar de Vic, qui ne ménageait pas sa peine pour aller dans ce sens et les réunir le plus souvent possible à la moindre occasion qui se présentait.
Ses inquiétudes s’étaient également estompées au sujet de la réaction de l’homme qui faisait battre son cœur face à la mort de Bart. Elle ne redoutait plus de se réveiller un matin pour découvrir un petit mot sur son oreiller.
Elle avait passé la semaine qui suivait l’annonce du décès de son père à le regarder dormir la première moitié de la nuit et à se réveiller en sursaut au moindre bruit la seconde. Mais il ne s’était pas effondré, il n’avait pas sombré dans le désespoir et n’avait pas disparu dans une contrée reculée d’Asie du sud-est. Il avait tenu le choc, peut-être, surement, mieux qu’elle.
Elle respirait enfin, la mort du magnat était un réel soulagement pour elle. Les menaces de destruction qu’il avait proférées à l’encontre de son fils n’étaient plus qu’un souvenir tout comme les actions juridiques entreprises. Elle n’avait plus à craindre qu’il ne le blesse plus qu’il ne l’avait déjà fait par le passé. Si c’était seulement possible.
Le pick-up ralentit devant une immense maison victorienne à quatre étages sur Park Street à South Yarra. Blair en resta bouche bée quand Matt s’engagea dans l’allée pour se stationner dans le parking qui occupait tout le rez-de-chaussée. Une Chevrolet Camaro gris métallisé dernier modèle et deux Honda Hornet rutilantes, l’une jaune, l’autre rouge, dormaient sagement à côté d’un espace aménagé qui ressemblait à une véritable caverne d’Ali Baba pour surfeur.
- On a un peu bricolé la maison des arrières grands parents de Shaori, expliqua Matt en claquant la portière du Laramie.
Un domestique extirpa les bagages de la plage arrière du véhicule et les transporta dans le fond.
- Vous venez ? demanda Vic en tirant Chuck par la manche pour prendre l’ascenseur qui menait aux étages supérieurs.
Au premier, la maison, conservée dans son état d’origine mais redécorée avec soin et bon goût par Shaori, était divisée en plusieurs pièces de belles tailles destinées à la vie quotidienne. Hugo courut au fond du couloir et disparut dans sa salle de jeux.
- Je vous montre votre chambre avant de vous faire faire le tour du propriétaire, dit Matt.
Le deuxième était constitué de quatre grandes chambres séparées par deux salles de bain attenantes de chaque côté du palier. Une porte fenêtre qui donnait sur un balcon individuel aménagé laissait entrer la lumière à flot dans chacune d’elles.
Vic ouvrit la troisième porte sur la gauche et se laissa tomber sur son lit à baldaquin.
- Oh ! Ça, ça m’a manqué, s’exclama-t-elle en se laissant balloter sur son matelas à eau.
Blair ouvrit de grands yeux quand elle découvrit la chambre qui leur était réservée.
- Je crois que ça ne sera pas si horrible que ça tout compte fait, chuchota-t-elle à l’oreille de Chuck.
Ce dernier lui sourit avant de l’embrasser tendrement.
- Je savais que tu apprécierais, murmura-t-il contre ses lèvres.
- Parce que tu le savais ! s’offusqua-t-elle en lui donnant une tape sur l’avant-bras.
- Tu n’as pas réellement cru que je t’emmènerais camper dans une bicoque en bois sur la plage ? s’indigna-t-il lui-même.
- Non, mais je ne m’attendais pas à ça ! dit-elle en désignant la pièce somptueuse qui ressemblait à un palais des mille et une nuits avec ses voilages en mousseline de soie d’un violet profond translucide.
Trois cousins recouverts de soie sauvage écrue étaient disséminés sur l’édredon couvert par des draps de satin lavande.
Le mobilier de style Tudor en chêne clair donnait une petite impression de vieux château digne des monarques d’antan.
Le dernier étage avait été restructuré en espace ouvert sous d’immense velux dans la toiture victorienne et faisait office de jardin d’intérieur où Shaori faisait pousser des plantes et des fleurs multicolores qui ornaient la véranda de couleurs et de senteurs sucrées
Chuck envoyait son dernier mail quand Matt entra dans le salon de sa demeure.
- Tu n’arrives pas à dormir ? s’étonna son hôte en le trouvant là. C’est le matelas à eau ?
- Non, j’ai très bien dormi, mais j’avais des rapports d’expertises à vérifier pour la construction à Vancouver.
- Ne me dis pas que tu bosses là ?! Il est 6h00 du mat ! s’exclama l’Australien.
- Mais il est seulement quatre heures de l’après-midi, hier, à New-York, contra son jumeau.
- Ouais, passons, commenta ce dernier en secouant la tête.
- Et toi pourquoi t’es debout si tôt ? Ne me dit pas que les cours commencent à cette heure-là de ce côté-ci du monde.
- Je donne des cours de surf, je ne suis pas un prof titularisé. En plus ce sont les congés scolaires de Noël je te rappelle ! Enfin, si tu sais ce que le mot congé veut dire, bien évidemment, bougonna Matt.
- J’ai passé des semaines à me tourner les pouces, maintenant que tout rentre dans l’ordre, j’ai plein de retard à rattraper, sans compter qu’il y a plein de dossiers que Bart a mis en suspens.
- Ca ne pouvait pas rester en suspens encore un peu ? râla encore son jumeau.
- Si tu me disais plutôt pourquoi t’es de mauvaise humeur. Shaori t’as jeté hors du lit ou quoi ?
Cette dernière apparut sur le seuil.
- Désolé, laisse tombé, je vais aller faire quelques figures, ça ira mieux après, dit Matt en ressortant de la pièce.
Sa compagne le suivit des yeux et passa une main sur son front en soupirant.
- Dernier jour des éliminatoires pour les sélections de la Rip Cup et des qualifications pour le classement national, expliqua-t-elle en grimaçant à Chuck qui l’interrogeait du regard.
Elle but une gorgée de la tasse de café qu’elle tenait à la main avant de reprendre.
- Je suis contente que tu sois là, ça va le distraire un peu. Sinon, il aurait passé toutes les fêtes scotché devant l’écran à regarder la compétition et à ruminer. C’est déjà une prouesse en soi qu’il ne soit pas là-bas, même si ça lui arracherait les tripes.
Le jeune Américain n’avait aucune fascination pour le sport, mais il n’en n’avait pas besoin pour comprendre la frustration de son jumeau. Il se leva et gagna le rez-de-chaussée où il trouva Matt occupé à farter sa planche.
- Désolé, s’excusa ce dernier, j’voulais pas m’en prendre à toi. J’suis vraiment content que tu sois venu.
- Moi aussi, indiqua son jumeau. Puisqu’on est debout tous les deux, on pourrait en profiter pour passer du temps entre nous.
- Tu veux t’essayer au surf avec moi ? s’éberlua son frère.
Chuck grimaça à cette simple idée.
- Non, mais on pourrait faire autre chose. Tu as les casques qui vont avec ces petits bolides ? proposa-t-il en désignant les motos derrières eux.
Matt sourit et rangea sa planche contre le mur avant de passer dans le garage. Il ouvrit une armoire et lui tendit un modulable avant de se saisir du sien et de décrocher les clés des engins.
*****
Lorsque Blair se réveilla deux heures plus tard, elle s’habilla et se retrouva nez à nez avec Vic qui quittait sa chambre elle aussi.
- Bien dormi ? questionna la jeunette.
- Comme une princesse, répondit sa belle-sœur avec un sourire.
- Ça c’est l’air australien et les matelas à eaux, on ne dort jamais mieux que là-dessus. J’adore ça, s’exclama Vic.
Shaori les informa que les garçons n’étaient toujours pas rentrés de leur soudaine envie de virée matinale en tête à tête, aussi décidèrent-elles d’aller flâner dans les boutiques de luxe sur Chapelle Street.
*****
L’après-midi, Blair retrouva son mari devant la RSPCA de Melbourne.
- Tu es certain que tu veux faire ça ? demanda-t-elle.
- J’en ai parlé avec Matt et Shaori, ils sont d’accord. Une promesse est une promesse, surtout pour un enfant de cet âge.
- Ok ! Mais si je suis couverte de morsures de puces, ce sera ta faute, renifla-t-elle, méprisante en le suivant dans les locaux de la société protectrice des animaux.
Quand elle se retrouva face aux petits yeux des chiots abandonnés dans leur cage, derrières les grilles métalliques, son cœur fondit.
- Oh ! Regarde celui-là, il est trop mignon, s’extasia-t-elle devant un Golden Retriever couleur sable.
Un petit sourire narquois flotta sur les lèvres de Chuck.
- Quoi ? aboya-t-elle.
- Je n’ai rien dit, se défendit-il.
- Sortons d’ici, cette odeur de chien me rend malade, grogna-t-elle en relevant le menton pour quitter le chenil.
*****
Le matin du 25 décembre, Hugo se leva aux aurores, trop impatient de voir si le Père Noël lui avait effectivement apporté ce qu’il avait commandé.
Ses yeux d’enfant s’élargirent de joie à la vue du jeune Border Collie qui mâchouillait une vieille chaussure devant le sapin.
Il se précipita sur le chiot et le souleva dans ses bras avec difficulté du haut de ses quatre ans.
- Tonton Chuck ! Tonton Chuck ! hurla-t-il en débarquant à l’étage supérieur, réveillant toute la maisonnée au passage.
Il posa le précieux cadeau sur le sol pour s’introduire dans la chambre des invités et se rua sur le lit où les jeunes mariés émergeaient à peine de la soirée de la veille.
- Tonton Chuck, cria-t-il à nouveau, tout excité, en grimpant sur le lit. Regarde, tu avais raison, j’ai un chien, j’ai un chien.
Le beau brun se frotta les yeux et acquiesça, comme le garçonnet se pendait à son cou, avant de se jeter sur Blair à son tour.
- C’est le super cadeau du Père Noël, rit-il avant de se laisser glisser sur les draps de satin pour ramener l’animal, qu’il posa sur les genoux de Blair en le caressant.
Cette dernière aurait voulu afficher une moue de dégout, mais le spectacle de son neveu, les yeux pétillants avec un sourire jusqu’aux oreilles et de son chiot était trop adorable pour qu’elle y parvienne.
- Hugo, appela Matt, toujours en pyjama, depuis le seuil de la pièce.
- Papa, papa, Regarde ! J’ai un chien ! J’ai un chien ! J’ai un chien ! serina son fils en sautillant sur le matelas qui faisait des vagues sous les secousses.
- Oui, j’ai vu, allez viens, sort de là maintenant, dit son père en lui faisant un signe de la main.
Le gamin sauta par terre et saisit son nouveau compagnon dans ses bras un peu trop courts pour courir jusqu’à lui.
- Regarde, il a une tache sur l’œil, il s’appelle Rocky, babilla-t-il, en reprenant sa course vers sa mère dans le couloir.
- C’était ton idée ! railla l’Australien à son jumeau avec un petit sourire narquois.
Chuck se laissa retomber en arrière sur l’oreiller quand il referma la porte.
- Joyeux Noël, commenta Blair en l’embrassant sur la joue.
Elle se coucha contre son flan et posa sa tête sur son torse pour se rendormir encore un peu.
*****
Le petit déjeuner se mut finalement en brunch le temps que chacun paraisse à la salle à manger. Ils étaient à peine tous installés quand Elisabeth fit son entrée avec Jack.
Vic se leva immédiatement pour les accueillir et se suspendit au cou de son père. Ce n’était pas tous les ans qu’elle le voyait le jour de Noël.
Shaori les invita à s’asseoir avec eux et Matt ne fit aucun commentaire. Il serrât même la main de son beau-père. Il était particulièrement de bonne humeur, contrairement à la semaine précédente. C’était un jour spécial et il avait promis à sa sœur d’essayer d’aplanir les choses.
Il pouvait faire un effort, surtout quand son fils était dans les parages. Même si Hugo n’avait d’attention que pour son nouvel ami à quatre pattes. Il embrassa sa grand-mère et Jack en vitesse puis retourna à son occupation principale.
Elisabeth enlaça son fils, Matt avait toujours adoré le jour de Noël. Tout petit, il se réveillait en fanfare à l’aube pour se précipiter sous le sapin et déchirer les emballages de toutes les couleurs.
Elle hésita un instant devant son fils aîné, il ne refusait plus de la voir depuis la mort de son père, mais leur relation restait tendue. Elle aurait préféré qu’il en soit autrement. Cependant, elle lui laissait le choix, espérant qu’avec le temps, il finirait par lui pardonner.
- Joyeux Noël, dit-elle dans un sourire crispé en lui adressant un petit signe de tête.
Il plongea ses yeux dans les siens avant de l’attirer à lui.
- Joyeux Noël, murmura-t-il en la serrant dans ses bras.
Elle resta accrochée à lui un instant, profitant de la sensation de bonheur de ce fils retrouvé, avant de se dégager de son étreinte.
- Merci, souffla-t-elle en passant une main sur sa joue, comme elle le faisait avec son jumeau quand il était enfant, et d’y déposé un baiser.
Elle garda ses mains dans les siennes pour prolonger le contact encore un peu.
Le cœur de Chuck était en liesse. Il se retrouvait en famille, sa famille, celle de chair et de sang. Il pouvait désormais compter Elisabeth comme une vraie mère. Elle avait respecté sa parole, elle ne l’avait pas brusqué, attendant patiemment qu’il trouve en lui, la force et le courage nécessaires pour lui accorder sa confiance à nouveau. Ça avait peut-être pris des années, mais après tous les évènements traversés, les méandres sinueux de la vie l’avaient finalement ramené vers la mère qui l’avait porté pendant neuf mois.
Le temps s’était écoulé sans qu’ils ne s’en rendent vraiment compte. Les jours et les heures avaient défilés à une vitesse incroyable durant les dernières semaines. Aucun d’eux ne parvenait à se faire à l’idée qu’ils étaient déjà bientôt sur le chemin du départ.
Chuck avait eu sa part de temps de travail et de réunions à travers l’Océanie, mais il avait néanmoins dégagé du temps pour en passer au sein de sa famille. Avec son frère et sa sœur, mais aussi avec sa mère biologique, qui s’était réinstallée avec Jack.
La transition entre son beau-père et Matt s’était plutôt bien passée compte tenu de leur différent. Le jeune homme avait appris à voir la relation de son oncle et sa mère sous un nouvel angle et Vic ne cessait de plaider la cause de son père et de trouver tous les prétextes possibles pour les réunir. Depuis Noël, ils étaient parvenus à une relation plus ou moins stable et tranquille.
Celle entre Chuck et Elisabeth aussi avait évoluée en quelque chose de plus équilibré. Elle ne serait jamais la maman qui l’avait protégé et consolé pendant son enfance, mais elle pouvait tout de même être une mère pour lui.
Maintenant qu’il les avait tous retrouvés, il se sentait en paix avec lui-même. Il avait enfin tout ce dont il avait toujours rêvé. Une famille dont il faisait totalement partie et qui faisait pleinement partie de lui. Il l’avait tant espéré sans oser y croire qu’il avait parfois du mal à réaliser que ce n’était pas un songe, le matin à son réveil.
Mais chaque fois qu’il ouvrait les yeux, la femme qui permettait à son cœur de battre en cadence était là. Comme si elle avait un contrat avec son sommeil. Elle était là, même où ses pas ne le portaient pas.
Elle était plus que sa vie. Elle était ce qui lui restait quand il ne faisait plus le poids. Sa force et sa raison de vivre. Sans elle pour lui ouvrir la porte de ce monde en pleine lumière, il serait resté à jamais dans les ténèbres de la solitude.
Il se glissa un peu plus près d’elle et passa un bras autour de sa taille, enfouissant son nez dans ses boucles chocolat. Il adorait toujours autant respirer le parfum de son shampooing. Ça lui donnait une sensation de bonheur infini.
- Bon anniversaire mon amour, murmura-t-elle les paupières toujours closes.
Elle se retourna dans ses bras et l’embrassa tendrement en passant ses doigts dans ses cheveux. Leur baiser se fit plus passionné et devint de plus en plus ardent jusqu’à dégénéré en une avidité de l’autre.
- Je t’aime, susurra-t-elle plus tard, son corps reposant sur le sien.
- Je t’aime, dit-il en pressant ses lèvres sur sa clavicule.
Matt avait prévu une soirée sur la plage, qui promettait d’être mémorable, pour célébrer le jour de leur naissance. Mais avant ça, les jumeaux passèrent la journée à deux, encore une dernière fois, avant que les Américains ne décollent pour Manhattan le surlendemain.
L’Australien en profita pour emmener son frère dans ses coins préférés de Melbourne. Il voulait qu’il garde une autre image de son pays que des salles de réunions et des localisations de buildings. Il lui montra tout ce qu’ils n’avaient pas encore eu le temps d’explorer et réussi même à le faire grimper sur une planche en lui lançant un défi que Chuck Bass ne put pas s’empêcher de relever.
Les garçons rentrèrent en fin d’après-midi pour se changer et se rendre directement à la fête que Shaori, Blair et Vic s’étaient chargées d’organiser. Chuck n’en cru pas ses yeux quand il comprit que Nate, Serena et Lili avaient fait le déplacement jusque-là pour l’occasion.
Ils se retrouvèrent tous chez Matt le lendemain, pour un dernier repas avant les adieux, jusqu’à la prochaine visite de l’un ou de l’autre.
L’hôte demanda un moment de silence pour prendre la parole.
- Puisque tout le monde est réuni, je voudrais en profiter pour vous annoncer que d’ici quelques mois, Hugo ne sera plus le seul enfant dans cette maison, dit-il le bras posé sur les épaules de sa compagne à la mine resplendissante.
Vic poussa de petits gloussements et se rua sur sa belle-sœur pour la serrer dans ses bras. Tous les autres défilèrent pour les féliciter bien évidemment, y compris Jack.
- Ce sera bientôt à votre tour, commenta le jeune père à son jumeau quand le couple se pressa à son tour auprès de la future maman. Après tout, c’est vous, les jeunes mariés.
Chuck sentit Blair se raidir à côté de lui et resserra l’emprise de ses phalanges sur celles de sa femme. Il n’avait pas le cœur de raviver ses souffrances.
- On a bien le temps pour ça. Laisse nous au moins profiter de notre vie à deux un petit moment, répondit-il d’un ton ferme et sans appel.
Ce n’est pas qu’il était contre l’idée, mais ils avaient connus tant d’aléas qu’ils commençaient à peine à prendre leur vitesse de croisière. Et il n’était pas du tout certain, en fait c’était plutôt tout le contraire, que Blair ait envie d’une nouvelle grossesse. La dernière n’était pas prévue et s’était très mal terminée.
Elle ne lui avait jamais parlé de sa fausse-couche. Elle ne lui avait jamais rien reproché non plus. Pourtant il savait qu’il y avait un trou béant dans le cœur de la femme qu’il aimait. Le décès de Bart et son inquiétude pour lui n’avait pas été les seules choses qui la tenaient éveillée les nuits de décembre.
Il n’avait rien dit, parce qu’il n’aurait pas su quoi dire de toute façon. Quelles paroles auraient bien pu la réconforter de la mort de son enfant ?
Alors, il s’était contenté de la tenir serrée tout contre lui, lui murmurant qu’il ne la quitterait jamais, qu’elle n’avait pas à s’inquiéter pour lui. Il avait tenté de la rassurer de son mieux et de lui assurer son soutien et son amour indéfectible.
Blair n’en n’avait pas parlé non plus, elle avait toujours recours au déni quand c’était trop difficile à supporter. Elle préférait faire semblant que tout ce qui s’était passé l’année d’avant n’avait jamais existé, que cet enfant n’avait jamais commencé à croitre en elle, qu’elle ne l’avait pas perdu dans cet accident, qu’il n’y avait jamais eu d’accident, ni de mariage princier, encore moins de romance avec Daniel Humphrey.
Tout ça était effacé, éclipsé, par le décès inopiné, mais tombant au parfait moment, pour que l’esprit de chacun soit détourné des évènements tragiques de l’année précédente à la même époque.
Il avait promis d’aimer cet enfant comme s’il était le sien, mais il ne connaissait rien à la tâche d’un parent. Il n’aurait pas su comment se comporter en père. La seule chose qu’il savait, c’est qu’il voulait être le total opposé de Bart. Le reste était flou et bien loin d’être à l’ordre du jour.
Pourtant quand il voyait Matt et son fils, tout ça avait l’air tellement naturel, tellement facile … pour les autres. Son frère avait grandi avec leur mère, mais lui, serait surement bien plus proche de Jack ou de son père. Et bien capable de blesser cet enfant au plus profond de lui-même en un claquement de doigts.
Il valait bien mieux attendre que Blair en manifeste le désir. A ce moment-là, il serait encore temps d’en parler et d’essayer d’apprendre à être un bon père. Il y avait des tas de bouquins sur le sujet. Et elle serait une mère parfaite. Elle serait là pour lui montrer ses erreurs et le ramener sur le droit chemin. Avec elle pour lui tenir la main, il parviendrait certainement à être un père acceptable et peut-être même encore plus que ça.
Il imaginait combien l’annonce de cette grossesse devait peser sur la poitrine de la femme de sa vie en cet instant. Il déposa un baiser sur sa tempe et elle lui rendit un petit sourire de guingois.
Vic vint s’immiscer entre ses frères et passa un bras autour de chacun d’eux, avant de laisser un smack sonore sur la joue de l’un et l’autre.
- Est-ce que tu as déjà eu droit à ta chanson ? demanda la jeune brunette à l’adresse de la future maman.
- Une chanson ? renchérit Serena au bras de Nate.
- Matt m’a écrit une chanson magnifique quand je suis tombée enceinte d’Hugo, expliqua Shaori en rougissant un peu.
- C’est ma chanson, clama fièrement le garnement en tapotant la tête de Rocky qui se régalait de la galette du gamin, à côté de lui, sur le fauteuil.
- Oh ! C’est trop romantique. Est-ce qu’on peut l’entendre ? couina S qui adorait ce genre de chose.
- Oh oui ! Papa, dit oui ! le pria son fils en se levant pour s’accrocher à sa jambe.
Le jeune homme jeta un regard à la femme de sa vie qui lui répondit par un petit signe de tête en assentiment.
- Ok, mais une seule fois, céda Matt en allumant la stéréo.
Il inséra un CD dans le lecteur et envoya la musique avant de retourner passer le bras autour des épaules de Shaori qui lui chuchota quelque chose à l’oreille en riant.
J'aime quand tu baisses les yeux *
Pour nous rêver à deux
Assis sur un banc de sable
J'aime quand ton ventre se fait rond
Quand je pense aux prénoms
A l’école et aux cartables
Alors ne m'abandonne pas, non, ne me laisse pas
Ma vie se balance et se joue avec toi
Ne m'abandonne pas, non, ne me fais pas ça
Ma vie se commence et finit avec toi
J'aime, quand tu donnes la vie
A ma mélodie
Quand tu reprends ma douleur
J'aime, quand je vois le tout petit
Bonhomme qui sourit
Quand j'efface ses pleurs
Alors ne m'abandonne pas, non, ne me laisse pas
Ma vie se balance et se joue avec toi
Ne m'abandonne pas, non, ne me fais pas ça
Ma vie se commence et finit avec toi
Et toi qui m'as donné, l'enfant et l'espoir
En des lendemains, qui sonnent
Je veux te dire surtout ne t'en vas pas
Dis, reste auprès de moi
Mon bel écho qui me résonne
Je pense à toi, ne m'abandonne pas
Ne m'abandonne pas, je ne suis rien sans toi (Alors ne m'abandonne pas)
Je pense à toi, ne m'abandonne pas
Ne m'abandonne pas, je ne suis rien sans toi (Alors ne m'abandonne pas)
Alors ne m'abandonne pas, non, ne me laisse pas (Non ne me laisse pas)
Ma vie se balance et se joue avec toi (Alors ne m'abandonne pas)
Ne m'abandonne pas, non, ne me fais pas ça (Non, non, non)
Ma vie se commence et finit avec toi (Alors ne m’abandonne pas)
Alors ne m'abandonne pas, non, ne me laisse pas (Surtout ne me laisse pas)
Ma vie se balance et se joue avec toi (Non, ne me laisse pas, ne me fais pas ça)
Ne m'abandonne pas, non, ne me fais pas ça (Non)
Ma vie se commence et finit avec toi (Ne me fait pas ça)
- Il ne me reste plus qu’a en écrire une deuxième maintenant, sourit-il béatement à la femme de sa vie.
Vic croisa le regard de son père, assis entre sa mère et Lili sur le canapé et lui décocha un sourire avec un petit air supérieur. Il nota de la tête en signe de reconnaissance de sa victoire. Elle avait gagné son pari, ils étaient bel et bien tous réunis dans une seule et même pièce où l’ambiance était familiale et bon enfant.
Les deux frères s’attardèrent jusque tard dans la nuit, étirant leur moment de tête à tête avant les au-revoir du lendemain.
C’est le cœur un peu lourd que Chuck et Vic quittèrent l’Océanie dans la matinée suivante.
Elisabeth enlaça tendrement son fils aîné sur le tarmac de Tullamarine.
- On se voit bientôt, promis ? demanda-t-elle les larmes aux yeux.
- On se voit bientôt, confirma-t-il en lui rendant affectueusement son étreinte.
* « Ne m’abandonne pas » Christophe Maé
Blair posa un instant son front sur l’intérieur de ses poignets, les coudes sur son bureau. Elle était harassée, la journée avait été particulièrement longue. Le défilé venait de s’achever et elle n’avait pas eu l’occasion de ménager sa peine.
En rentrant d’Australie seulement trois semaines avant le show, elle avait dû mettre les bouchées doubles pour que tout soit absolument parfait. Elle se demandait comment elle ferait quand sa mère ne serait plus à ses côtés à la direction de Waldorf Design.
Heureusement ce jour était encore loin. Elle repoussa bien plus loin d’elle encore l’idée de la perte d’Eléanor. Elles formaient vraiment une bonne équipe, travaillant de concert. La styliste se concentrait sur les esquisses maintenant qu’elle avait récupéré pleinement sa motricité. Elles se partageaient donc les tâches et elles avaient trouvé un bon équilibre qui leur permettait d’être efficaces et rentables.
Du fait de sa guérison totale, Eléanor passait aussi beaucoup de temps avec Jenny. Au grand étonnement de Blair, même ses relations avec la blonde s’étaient améliorées. Elle ne baissait nullement sa garde, ni pour elle, ni pour Serena, mais la styliste débutante montrait une concentration absolue sur ses croquis et se faisait toute minuscule pour ne pas traîner dans ses pattes. Tant mieux, la brune lui en était presque reconnaissante.
Un coup frappé à la porte lui fit relever la tête.
- Un colis vient d’arriver pour vous, dit la secrétaire en déposant une boîte pas très grande devant elle.
Blair se saisit du paquet et en sortit un coffret en forme de cœur. Un sourire s’étala sur son visage comme elle agrippait le présent et en détachait le ruban couleur or pour en découvrir le contenu. Une broche de diamant en forme de papillon trônait sur un petit coussin de velours bleu.
« Je ne suis peut-être pas là, mais mon cœur, lui, reste avec toi. Toujours. Je t’aime Madame Bass.» avait-il écrit sur la carte de Saint Valentin qui accompagnait le bijou.
Son cœur émit un battement désordonné, hésitant entre la joie et la tristesse. Le cadeau était magnifique et lui réchauffait les entrailles, mais Chuck lui manquait aussi horriblement.
Il se trouvait au Canada depuis plus de deux semaines maintenant. Il visitait les chantiers des hôtels verts avec Vic. Dorotha avait à peine eut le temps de défaire ses bagages de retour de Melbourne, qu’il repartait déjà pour Vancouver.
- Excusez-moi, frappa à nouveau la secrétaire. Ces bouquets viennent d’être livrés également.
Un type en polo jaune déposa trois bouquets de pivoines de couleurs différentes sur la table basse qui occupait un coin de la pièce.
« Tu me manques, je rêve de tes bras chaque nuit.» indiquait le premier carton.
« Le temps me semble infini sans toi. J’ai froid sans ta peau contre la mienne.» avait-il noté sur le deuxième
« Il me tarde d’être auprès de toi, je deviens fou loin de tes lèvres. » était inscrit sur le troisième.
Elle poussa un soupir de résignation. Plus que trois jours et il serait là. Elle passa un doigt délicatement sur l’encre séché avant de se saisir du papillon étincelant.
- Hum, hum.
Blair fut tirée de sa rêverie par Jenny Humphrey qui cognait à la porte à son tour.
- Ta mère m’envoie te chercher pour aller fêter la fin du show.
La brune la dévisagea un instant.
- J’ai encore pas mal de boulot, partez sans moi, mentit-elle.
Elle n’avait aucune envie de passer la soirée de la fête des amoureux en compagnie de Jenny Humphrey.
La blonde nota sans mot dire et pivota sur ses talons. Elle n’avait aucune intention de poursuivre la conversation ou de tenter de la faire changer d’avis. Plus elle restait loin d’elle, loin d’eux tous, et mieux elle se portait.
Elle se consacrait à sa carrière pour l’instant et uniquement à ça. Elle avait emménagé dans un studio à la fin du premier mois de son embauche. Il n’était pas très grand, mais il se situait du bon côté du pont.
Son travail était apprécié par Eléanor et elle avait réussi à convaincre son père qu’elle ne se transformerait pas en horrible fille diabolique comme la dernière fois qu’elle était de passage à Manhattan. Leur relation était à nouveau remplie de tendresse et de complicité, comme lorsqu’elle était petite fille.
Rufus avait pris fait et cause pour elle quand il avait eu vent de la dispute entre elle et Dan à propos de son livre. Elle lui avait fait lire le manuscrit, avant de jeter la clé USB au feu sur les conseils de son paternel.
L’homme aux principes bien définis avait été horrifié de constater que son fils était prêt à tous les jeter en pâture aux lions pour assouvir sa vengeance personnelle. Aucun d’eux deux n’avait de nouvelle de lui depuis. Il avait quitté Brooklyn peu après, sans un mot. Allison avait appelé trois jours plus tard pour les informer qu’il était arrivé chez elle.
Jenny sentit des gouttes de sueur se former à la base de sa nuque quand elle se retrouva nez à nez avec Serena Van Der Woodsen au détour d’un couloir de l’immeuble WD.
La blonde aux longues jambes eut un haut le corps, puis se planta devant elle, manifestement pour lui bloquer le passage. Ses yeux l’incendièrent et Jenny se tassa un peu sur ses talons aiguilles.
- Je ne veux pas d’ennuis, indiqua-t-elle.
- Tu n’en n’auras pas, tant que tu ne te mets pas en travers de nos chemins et que tu ne te mêles pas de nos vies, cracha S.
- Je n’en n’ai pas l’intention. Je l’ai déjà expliqué à Blair.
- Dans ce cas, tu n’as rien n’as craindre de nous, lui dit Serena en la toisant de toute sa hauteur.
- Je dois y aller, Eléanor va m’attendre, prétexta Jenny pour échapper à ses yeux bleus devenus aussi froid que la glace.
Elle se dépêcha de longer le corridor pour rejoindre son employeur qui l’attendait dans la voiture.
Serena sentit son sang se calmer dans ses veines. Jenny était visiblement effrayée, sans doute à l’idée de perdre son opportunité de carrière, l’ambition était ce qui l’avait toujours motivée.
Elle se sentit rassurée, non pas pour elle-même car depuis qu’ils vivaient ensemble, la vie avec Nate était une romance sans fin, mais surtout pour Blair. Tant que Jenny savait ce qui était en jeu, sa meilleure amie et son frère serait à l’abri de ses manigances. Cela ne pouvait pas faire de mal de mettre un peu la pression à la petite bonde, elle l’avait amplement mérité du reste.
Son smartphone tintinnabula et elle le sorti de sa poche pour y lire un message de l’homme de son cœur. Elle devait le retrouver pour un dîner romantique. Sur que cette Saint Valentin n’aurait rien à voir avec celle de l’année précédente, se sourit-elle à elle-même. Elle texta une réponse rapide avant de se diriger vers le bureau de Blair, elle avait quelque chose à faire avant de rejoindre son petit ami.
La blonde frappa deux coups sur le chambranle en passant le seuil. Elle trouva la brune penchée sur des petits cartons, l’air mélancolique. Sa meilleure amie reprit composition instantanément quand elle perçut sa présence dans la pièce.
- Serena ? Tu ne devrais pas te préparer pour ton diner avec Nate ? s’étonna-t-elle de la voir là.
- Si, mais j’ai un gros problème et j’ai besoin de ma meilleure amie.
Blair leva un sourcil interrogateur.
- J’ai complètement oublié que je devais interviewer Kanye West ce soir. Il est très difficile à avoir et quand son agent artistique m’a donné le rendez-vous, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai promis à Nate que je rendrais mon papier après-demain, il compte bien en faire la une. Seulement entre-temps, il m’a concocté cette soirée en amoureux et j’ai complètement oublié Kanye.
Blair la regarda avec un air affligé. Comment S faisait-elle pour toujours se mettre dans des situations pareilles quand il suffisait de tenir son agenda à jour ?
- Etant donné que Chuck est absent, je me suis dit que tu pourrais me rendre service en menant à bien cette interview pour moi, reprit la blonde avec un sourire penaud. Après tout tu n’as rien de prévu pour ce soir et ça m’éviterait de devoir annuler le dîner avec Nate.
La brune soupira d’agacement. Bien évidemment qu’elle n’avait aucune soirée romantique de prévue, elle, puisque son mari était à des centaines de kilomètres de là !
- S’il te plaît, la supplia sa meilleure amie.
- Bon, ok ! céda Blair en jetant les petits cartons sur son bureau. Donne-moi l’adresse, je n’ai pas d’autre plan de toute manière, tu as raison. Mais tu me revaudras ça !
- Quand tu veux, répondit Serena avec un sourire resplendissant en lui textant le lieu.
Elle enlaça sa meilleure amie pour la remercier et quitta l’endroit le cœur en joie. Il ne lui restait qu’une heure et demie pour se préparer pour son tête à tête romantique.
Blair se rendit à l’adresse indiquée par Serena, sur Madison Avenue, un petit calepin dans son sac. Elle ignorait que Kanye West possédait un appartement dans l’Upper East Side. Apparemment le rap rapportait bien plus qu’elle ne le pensait.
Elle entra dans le hall et le gardien vint à sa rencontre. Elle déclina l’identité de sa meilleure amie et demanda à ce qu’il lui indique l’appartement de la star. L’homme en livrée lui appela l’ascenseur pour la faire monter dans la résidence de luxe. Le rappeur vivait dans l’appartement culminant.
Quand elle pénétra dans le hall, elle fut surprise de le trouver totalement vide. Aucun meuble et aucun employé non plus pour la débarrasser de son manteau. Les rappeurs étaient des gens du peuple qui se la jouaient grands seigneurs quand ils parvenaient à se faire de l’argent, mais leur manque de classe évident ne pourrait jamais renier leurs origines.
Elle progressa dans la pièce qui aurait dû être le salon, mais qui était totalement vide elle aussi. Elle cria le nom de l’artiste, pestant intérieurement contre Serena. Dans quoi la blonde s’était-elle encore embarquée ? A tous les coups, elle n’avait pas pris la peine d’écouter correctement les informations de l’agent de l’artiste.
Elle fit le tour des pièces, toutes autant désolées les unes que les autres. Elle s’imaginait parfaitement la décoration qui aurait pu rendre ce lieu accueillant. La baie vitrée donnant sur Manhattan offrait un panorama fabuleux. Les lumières de la ville brillaient comme des milliards d’étoiles dans la nuit.
Elle soupira et monta à l’étage. Puisqu’elle était là, un peu de rêve ne pouvait pas faire de mal. L’appartement était manifestement dénué de tout habitant. Peut-être le rappeur envisageait-il seulement d’acquérir le bien ? Ou alors il avait été arrêté pour possession de cocaïne ou port d’arme illégal et envoyé en prison ? La justice avait peut-être saisi tous ses biens. Mais dans ce cas l’information aurait été relayée dans la presse.
Serena avait dit que Nate voulait en faire la Une, ce devait donc être une interview importante, pourtant elle ne lui avait pas donné la moindre information sur le contenu. En visitant les pièces qui correspondaient aux chambres, elle commença à réaliser que rien de tout ça ne tenait debout.
Son smartphone résonna dans l’espace vide de la quatrième salle. Si c’était sa meilleure amie, elle allait l’entendre !
« Dernière porte sur la droite, je n’en peux plus de t’attendre, tu me manques trop »
Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Chuck était là.
Elle suivit ses instructions avec impatience et se retrouva au pied d’un escalier qui menait au toit. Elle le gravit quatre à quatre et poussa la porte. Un sourire illuminait son visage à l’idée de pouvoir se blottir dans ses bras ce soir.
Il était bien là, dans un smoking, aussi beau et chic qu’à son habitude. Elle avait l’impression de marcher dans les nuages, ses pieds effleuraient à peine le sol de la terrasse en bois, comme si elle flottait dans les airs, quand elle s’approcha de lui.
Elle passa ses bras autour de son cou et noua ses doigts dans sa nuque, l’embrassant jusqu’à plus soif. C’était horrible comme elle avait manqué de lui, de sa peau, de ses caresses sur la sienne, de l’odeur de son parfum boisé, du goût de ses lèvres.
- Bonsoir à toi aussi, Madame Bass, dit-il de sa voix grave et chaude, avant de faire à nouveau danser sa langue contre la sienne dans sa bouche.
- Tu m’as vraiment trop manqué, souffla-t-elle entre deux baisers.
- Toi aussi, marmonna-t-il en laissant glisser ses mains sur ses reins, la collant un peu plus près de son corps.
Il promena ses doigts et ses lèvres dans le creux de son cou et sur le pourtour de son visage, avant de reculer d’un pas pour se soustraire à son étreinte et déposer un autre baiser à l’intérieur de son poignet, puis de sur ses phalanges.
- Tu aimes l’appartement ? interrogea-t-il le cœur battant.
Elle mit quelques secondes avant de percuter, se remettant à peine de l’émoi de sa présence et des sensations de désir ardent qu’il faisait naître en elle.
- C’est pour nous ? questionna-t-elle tout en connaissant déjà la réponse.
- Seulement si tu as envie d’y vivre avec moi, répondit-il en plongeant ses yeux dans les siens.
Elle se noya dans une étendue chocolat et sentit les battements des papillons qui se propageaient à travers tout son être.
Le rire cristallin de Blair se répandit en lui à la vitesse de la lumière, comme son sang courrait dans ses veines.
- J’adore, souffla-t-elle à son oreille avant de le faire frissonner de ses baisers dans son cou.
- Alors dans ce cas, je signerai l’acte de propriété dès demain, reprit-il en lui offrant une petite boîte noire enrubannée de rouge.
Elle y découvrit une clé magnétique qui correspondait à la serrure de l’espace dans lequel elle s’était promenée, le meublant déjà dans son imagination.
Il lui tendit sa main et elle la saisit pour le suivre le long des marches qu’elle avait gravit en courant à peine une demi-heure plus tôt.
Elle pensait qu’il allait s’arrêter dans une des futures chambres, mais il la guida jusqu’à la pièce principale de l’étage inférieur.
La scène lui coupa le souffle. Une table était dressée pour deux devant la baie vitrée d’où elle avait admiré la vue. Des lampions de papier chinois dansaient tout autour du lieu renforçant l’impression de conte de fée. Une petite musique raffinée émanait d’une stéréo, à côté d’un buffet signé John DeLucie, où trônait des soufflés au homard et autres mets dont elle raffolait.
Le serveur fit sauter le bouchon d’une bouteille de Dom Pérignon pour le faire couler dans deux flûtes qu’il s’empressa de leur apporter.
- Merci, nous n’aurons plus besoin de vos services ce soir, le libéra Chuck, avant de lever son verre pour le faire tinter contre le sien.
- A la femme la plus magnifique et la plus puissante qu’il m’ait jamais été donné d’admirer, dit-il de sa voix profonde et suave.
- A l’homme le plus merveilleux que j’ai jamais rencontré, il comble chacun de mes désirs et bien plus encore, répondit-elle en portant le champagne à sa bouche pour que les petites bulles éclatent sur son palais comme le bonheur qui pétillait dans son cœur.
Ils s’endormirent tard dans la nuit, leur faim de l’autre rassasiée par la brûlure du frottement de leurs peaux, seulement apaisée par la douceur de leurs caresses.
Ils s’éveillèrent au petit matin, avec le soleil qui inondait la place à travers la fenêtre panoramique, lovés l’un contre l’autre.
Blair prit seulement conscience de la beauté réelle du lieu de vie à la lumière du jour. Les pièces étaient bien plus grandes qu’elle ne l’avait cru en arrivant la veille.
Chuck dessina chacune des courbes de son corps, l’invitant à revisiter toutes les chambres de l’étage.
Ils passèrent pratiquement deux heures dans la salle de bain principale où Blair se glissa avec délice dans la baignoire d’angle en marbre clair aux côtés de l’homme de sa vie.
Vers midi, le promoteur immobilier vint mettre un terme à leurs ébats en se présentant à l’entrée avec les titres de propriétés.
La jeune femme en profita pour appeler sa mère et lui annoncer son prochain déménagement. Elle commanda aussi à Dorotha de leur amener un pique-nique pour deux, qu’ils décidèrent de partager sur la terrasse du toit malgré les températures de février, lovés l’un contre l’autre, emmitouflés dans une grande couverture.
A la fin du repas, Chuck plongea dans le panier et en ressortit un boîtier noir, emballé dans un papier lavande.
- C’est pour remplacer ceux que j’ai fait fondre pour fabriquer nos alliances, expliqua-t-elle quand elle agrafa les boutons de manchette rubis et or aux poignets de sa chemise.
Elle avait fait graver trois petites lettres au dos, juste au-dessus des initiales de son mari.
- Pour que tu n’oublies jamais que je t’aime, déclara-t-elle avant d’embrasser ses mains.
- Aucun risque pour ça, dit-il en happant ses lèvres entre les siennes.
Matt descendit de l’avion à JFK en compagnie de son fils et de la femme de sa vie, au ventre bien arrondi. Sa mère et Jack les accompagnaient. Le voyage n’avait pas été désagréable malgré tout. Son beau-père faisait des efforts pour faire oublier ses exactions passées.
Jack avait réussi à reconquérir le cœur d’Elisabeth. En fait il ne l’avait jamais vraiment perdu. A présent, les choses avaient l’air aplanies et le jeune homme ne voulait pas être celui qui serait responsable du malheur de sa mère.
Ils étaient là pour célébrer le mariage de son jumeau, ou plutôt le renouvellement de ses vœux avec la brune incendiaire qui faisait battre son cœur, puisqu’ils avaient déjà prononcé le « oui » fatidique il y a plusieurs mois.
Il sourit en repensant à sa première rencontre avec Blair et à la manière dont elle avait défendu les intérêts de Chuck bec et ongles. Nul doute qu’elle serait prête à envoyer griller n’importe qui aux tréfonds des enfers pour le protéger.
Nate faisait office de comité d’accueil en lieu et place des frères et sœur Bass, retenus en réunion pour BI. Il embarqua tout le monde, direction le Palace, où ils seraient tous logés pour l’évènement du surlendemain. En attendant, les deux témoins avaient prévu de prendre en charge la dernière soirée de célibataire du « futur marié »
Serena et Vic s’occuperaient de Blair. Elles lui avaient concocté une soirée Audrey Hepburn que la brune ne pourrait qu’adorer d’après les dires de sa jeune sœur.
L’Australien était content de retrouver l’héritier Archibald, il était un très bon ami pour son frère et ils avaient pas mal de points communs, notamment le sport. Il était impatient de revoir Chuck et Vic, qui avaient quitté Melbourne il y a presque quatre mois maintenant. Ils gardaient le contact et s’appelaient très fréquemment mais il se sentait quand même un peu exclu.
Par la distance en premier lieu, étant donné qu’il vivait sur un autre continent. Mais aussi par le fait que Chuck et Vic se complétaient si bien sur le plan professionnel. Il détestait quand ils se mettaient à parler boutique et qu’il restait sur le banc de touche.
Il vit sa mère faire semblant de se concentrer sur le paysage de Manhattan. Elle était nerveuse de revenir ici. Elle ne s’y sentait pas à l’aise, elle préférait de loin l’Océanie où elle avait établi sa vie à l’écart de ses mauvais souvenirs. Et surtout elle angoissait à l’idée de revoir son fils aîné.
Même si Chuck avait décidé de tourner la page, elle ne pouvait empêcher la culpabilité d’envahir son cœur de mère quand elle repensait au passé qu’elle ne pourrait jamais effacer.
Après qu’ils se soient tous installés dans la limousine, ils se rendirent à l’appartement où résidaient désormais les tourtereaux.
*****
A l’instant où il avait aperçu son oncle, Hugo s’était rué sur lui pour sauter dans ses bras. Il n’avait pas oublié que son tonton avait réussi à obtenir un chiot du Père Noël, il était vraiment très, très fort parce que son papa n’avait jamais pu faire ça lui.
Il n’oubliait pas non plus Monkey, qui avait l’air très content de pouvoir se régaler des petits gâteaux que le garçonnet lui jetait, pas très discrètement, derrière le fauteuil où il était assis à présent tandis que les grands parlaient entre eux.
- Comment va Rocky ? demanda Chuck qui avait repéré son manège.
- Il est devenu super grandi, indiqua Hugo. Il est resté chez nous. Oscar s’occupera de lui pendant qu’on est ici.
Son oncle sourit avec bienveillance en lui retirant le paquet de biscuit de mains.
- C’est parce que je lui donne mes légumes, révélât tout bas son neveu sur le ton de la connivence.
Chuck lui fit un clin d’œil complice avant de retourner à sa conversation avec les adultes.
Il capta le regard de sa femme qui observait Shaori. La grossesse allait à ravir à la compagne de son frère, la naissance était prévue un peu avant la mi-juillet. Son cœur se serra dans sa poitrine pour la femme qu’il aimait par-dessus tout.
A lui aussi, ça lui donnait des idées, mais il préférait mille fois vivre avec Blair sans jamais avoir d’enfant que d’en avoir une douzaine d’une autre qu’elle. Il rangea ce projet dans un tiroir, bien au fond de son cœur et de son cerveau. Un jour, surement, quand Blair se sentirait à nouveau prête.
Il passa un bras sous le sien et l’embrassa tendrement sur la joue. Demain, ils renouvelleraient leur union devant toute la haute société de l’UES. La jeune femme avait soigneusement arrangé chaque détail et il ne doutait pas une seule seconde que le résultat serait parfait.
*****
La cérémonie se déroulait dans les jardins du Palace et la fête était prévue dans la grande salle de bal. Blair avait renoncé à porter une robe de mariée. Cela aurait été ridicule étant donné qu’ils étaient déjà unis par les liens du mariage.
D’ailleurs ce jour où ils étaient devenus mari et femme serait gravé à jamais dans sa mémoire. C’était l’un des plus magiques de toute sa vie. Bien plus beau que celui où elle s’était avancée dans une église pour lier son destin à un prince européen.
Blair avait choisi une robe de soirée qu’Eléanor avait à l’origine dessinée pour la prochaine collection. Cintrée à la taille, elle tombait en vague vaporeuse sur ses sandales. De couleur crème, la styliste avait rehaussé le corsage par de l’organdi et des broderies lilas.
Le costume de Chuck était dans un ton identique, sur une chemise lavande avec cravate et pochette assortie. De même que les tenues de Matt et Nate, les robes de Vic et Serena, en lin violet, s’accordaient parfaitement avec celles des jeunes mariés.
Quand elle s’avança dans l’allée au rythme de la musique au bras d’Harold, Matt qui se tenait à côté de Nate et de son jumeau pour le grand jour vit son jumeau retenir sa respiration.
Ils étaient peut-être déjà mariés mais la voir s’avancée dans l’allée pour promettre à nouveau de passer le reste de sa vie avec lui faisait battre son cœur comme un fou.
La vie dans leur appartement de Madison Street était comme un doux rêve devenu réalité. Elle avait tout fait décoré selon ses envies, avec le bon goût qui la caractérisait. Il n’aspirait qu’à la garder auprès de lui, jusqu’à son dernier souffle et même au-delà. Ils étaient des âmes sœurs. Les deux faces d’une seule et même pièce et il était certain qu’ils étaient liés à jamais, pour l’éternité.
Accrochée au bras de son père, les pieds de la jeune femme la portaient vers lui. L’homme qui détenait la clé de son cœur, le secret de son bonheur, qui transformait chaque matin sa vie en conte de fée et chaque nuit en un rêve plus vrai que nature.
Il se tenait là, débout devant l’autel. Ça aurait dû être eux avait-il dit, et c’était eux aujourd’hui. C’était eux il y a six mois, quand ils avaient promis de s’aimer et de se chérir jusqu’à ce que la mort les séparent et certainement encore après, jusqu’à la fin des temps.
Malgré les bourrasques, malgré les tempêtes, malgré les ouragans, ils s’étaient retrouvés. Ils avaient tenus bon et ils avaient gagné. Ils avaient gagné le droit d’être heureux. Ils avaient chassé tous les nuages, avaient surmonté tous les obstacles, étaient venus à bout de toutes les embûches qui se trouvaient sur leur chemin.
Elle posa sa main dans la sienne et lui sourit, elle n’était pas certaine de pouvoir attendre que le prêtre ait terminé la cérémonie pour se jeter à son cou et l’embrasser à perdre haleine, comme elle le faisait si souvent.
Il prit la main de sa femme quand le père de Blair la lui donna. Elle était toujours aussi magnifique que ce soir-là, sur la scène du Victrola. Elle illuminait sa vie et la rendait plus merveilleuse de jour en jour.
Elle croisa ses yeux couleur chocolat, si chaud, si doux, qui avaient le pouvoir de la faire fondre comme une guimauve. Il n’y a rien qu’elle n’aurait fait pour voir cette lueur de bonheur qui y brillait, pour faire naître le sourire qui pourrait illuminer son visage et faire bondir son propre cœur de joie.
Il pressa ses doigts entre les siens et ressentit toute l’intensité de ce moment. En lisant dans ses prunelles noisette, il vit à nouveau danser la flamme de l’amour éternel, celui qu’elle lui avait promis et qui le gardait en vie, alimentant son cœur pour le faire battre à la même cadence que les ailes des papillons dans ses entrailles.
Quand ils eurent exprimé les vœux qu’ils avaient écrits l’un pour l’autre et que le maître de cérémonie eut terminé son laïus, il posa ses lèvres sur les siennes et ne les quitta que lorsque ses poumons le supplièrent.
- Je t’aime Bass, dit-il en reprenant son souffle.
- Je t’aime Bass, dit-elle en riant.
La fête qui suivait le renouvellement des vœux avait à peine commencé. Chacun se pressa pour féliciter l’heureux couple.
Lili ne put se retenir de verser une petite larme à nouveau. Elle avait contracté plusieurs mariages, mais n’avait jamais renouvelé les vœux d’aucun d’entre d’eux. Ils s’étaient tous désagrégés sous l’assaut du temps et dans son cas, c’était des périodes relativement courtes.
Le seul dont elle regrettait vraiment le terme, c’était celui qui l’avait uni à son amour de jeunesse. Rufus resterait à jamais celui qu’elle aimait sans fin. Ils s’étaient revus il y a quelques mois, à la sortie du show Waldorf.
Il était venu féliciter Jenny pour son travail et son succès. Il était vraiment fier de sa fille. Cette fois Dan n’avait rien tenté pour ruiner la vie de Blair ou de qui que ce soit d’autre. D’après ce que son père en savait, il était parti exploiter ses talents d’écrivain en Amérique du sud.
Ensuite, Rufus l’avait rappelée et elle avait accepté d’aller prendre un café pour discuter de tout ce qui les avait séparés. L’homme lui avoua qu’elle lui manquait et qu’il souhaitait plus que tout arranger les choses entre eux, s’il n’était pas trop tard.
Après avoir murement réfléchi et demandé l’assentiment de ses trois enfants, elle se laissa convaincre de recommencer les choses en douceur. Sans mensonge, sans faux semblant, sans jugement arbitraire, non plus.
Et le résultat était plutôt positif. Ils étaient loin de revivre ensemble ou de se passer à nouveau la bague au doigt mais ils avançaient, lentement mais surement, vers une relation plus stable et plus franche que jamais.
- Mes félicitations, je suis tellement heureuse pour vous deux, dit-elle en essuyant ses yeux larmoyant du mieux qu’elle le pouvait sans faire couler son mascara.
Elle enlaça son fils adoptif qui lui rendit vivement son étreinte. Elle encadra son visage et posa un baiser sur sa joue avant de laisser sa place à Elisabeth qui le serra sur son cœur de mère également.
- Je suis si heureuse pour vous, pour toi, dit-elle.
Elle n’avait jamais cru que le jour viendrait où elle pourrait assister au mariage de ce fils qu’elle s’était résignée à abandonner à Bart contre sa volonté. Elle avait couvé et aimé son frère pour eux deux. Faisant de son cadet le centre de sa vie pour palier à la douleur de l’absence de cet enfant qu’elle était destinée à ne pas connaître. Mais les pas des jumeaux les avaient ramenés l’un vers l’autre.
La vie s’était chargée de les réunir, comme si rien ne pouvait lutter contre les lois du cosmos, pas même Bartholomew Bass. Elle savait que Matt avait souffert de ne pas savoir qui était son père. Mais en regardant son fils aîné des années plus tard, elle avait vu tout ce à quoi elle avait réussi à soustraire le second. Elle ne se pardonnait pas la cruauté d’avoir sacrifié Chuck, mais elle avait réellement choisi en son âme et conscience la solution qu’elle pensait être la meilleure.
Elle ne pourrait jamais réparer le mal que Bart et elle avaient occasionné en lui. Mais une autre femme le pouvait, celle qui se tenait à ses côtés devant l’autel en ce jour de joie. Blair avait su soigner ses blessures et apaiser ses souffrances en lui apportant tout l’amour dont il avait tant été privé au cours de son enfance.
Elisabeth leva les yeux sur Lili, elle aussi avait été là pour le jeune-homme. Il l’avait choisi comme mère adoptive et elle comprenait pourquoi en les étudiant interagir tous les deux. Elle les avait observés pendant toute la cérémonie et aussi lors de la fête d’anniversaire des jumeaux à Melbourne.
Elle était reconnaissante à Liliane Rhodes d’avoir pris soin de son fils et de l’aimer comme s’il était le sien, sans aucun doute bien plus qu’à elle-même. Il était plus qu’évident qu’une relation très forte existait entre Chuck et la femme blonde qui se tenait, là, devant elle. Elle avait su l’entourer de son amour maternel et de ses conseils. Elle avait su prendre son parti et défendre ses intérêts contre le grand Bart.
Elle avait refusé de lâcher prise et de rompre leur lien quand ce dernier l’exigeait et la menaçait. Toutes ces choses qu’elle-même avait été incapable de faire. Et pourtant, malgré tout, Chuck avait trouvé la force de lui pardonner et de faire table rase de ses erreurs passées pour lui faire confiance quand elle ne le méritait plus.
Matt vit sa mère retenir ses larmes lorsqu’elle s’écarta de son jumeau. Il fit un clin d’œil à Vic qui se tenait près de Jack, non loin de là. La jeune brunette avait bataillé ferme pour tous les réunir et elle y était parvenue. Sa sœur était aussi têtue qu’une bourrique.
Il serra la main de son frère et l’attira à lui pour lui faire une accolade. Dire qu’il y a moins d’un an, il ignorait jusqu’à son existence. Aujourd’hui il ne pouvait pas imaginer passer une semaine sans lui téléphoner.
Quand il enlaça sa belle-sœur, il ne put retenir une petite remarque pour la taquiner. La brune incendiaire démarrait au quart de tour et il adorait la faire mousser. Shaori lui administra une tape dans le dos et passa ensuite ses bras autour du cou de son beau-frère pour l’embrasser avant de rejoindre la table d’honneur où étaient déjà installé Nate et Serena.
Hugo les rejoints en courant avec Ana à sa suite et sauta sur les genoux de Chuck. Le garnement chuchota quelque chose à son oreille et le jeune homme acquiesça d’un signe de tête, avant que les deux enfants ne déguerpissent aussi rapidement qu’ils étaient apparus.
- Qu’est-ce qu’il voulait ? demanda Shaori.
- Savoir s’ils pouvaient demander des boules de glace en cuisine.
- Pas étonnant qu’il t‘adore et ne jure que par toi, tu cèdes à tous ses caprices, s’exclama Matt.
- Je suis son oncle, pas son père, répondit Chuck.
- Je suis certain que ça t’irait comme un gant, commenta son jumeau.
Il ne comprenait pas pourquoi son frère voulait attendre.
- C’est vrai ça, quand avez-vous prévu un cousin pour Hugo ? questionna sa compagne en passant une main sur son abdomen rebondit.
Chuck vit Blair se tortiller sur sa chaise et carra la mâchoire.
- On a emménagé il y a à seulement trois mois et on a chacun une entreprise à faire tourner. Notre emploi du temps est déjà bien assez chargé comme ça pour l’instant, répondit-il.
- Il va avoir un petit frère ou une petite sœur dans quelques mois, c’est bien mieux qu’un cousin, ajouta la jeune mariée pour appuyer les dires de son époux.
- En fait ce sera une fille, annonça Matt avec un grand sourire en caressant le ventre de Shaori à son tour.
Serena émit un petit couinement de contentement à cette nouvelle, qui fut suivi par l’approbation de chacun autour de la table. La conversation roula sur le choix du prénom pendant le hors-d’œuvre.
- Si vous voulez bien m’excuser, j’ai un discours de mariage à faire, dit ensuite Matt en se levant pour porter un toast.
Il frappa son couvert contre son verre pour obtenir l’attention de toute l’assemblée.
- En tant que garçon d’honneur et témoin, c’est à moi qu’a été dévolu le rôle de vous pondre un petit discours en l’honneur des mariés. Etant donné que les chiffres, ce n’est pas mon rayon, ce qui est plutôt difficile à gérer dans ma famille, grimaça-t-il.
Chacun gloussa dans la salle.
- Il a donc bien fallu que je tente de me rattraper en me faisant remarquer autrement qu’en engrangeant des millions, poursuivit-il. Je leur ai donc composé un cadeau de mariage supplémentaire, autre celui de porter un costume pour l’occasion, ce qui est déjà un énorme sacrifice de ma part.
Vic lui fit un immense sourire complice depuis la table, il n’avait pas été facile de concilier les exigences vestimentaires de Blair avec celles de Matt. Shaori avait usé de tous ses charmes et de toutes ses astuces pour réussir ce tour de force qu’avait été de le convaincre de porter une cravate pour le grand jour.
- Je ne connais mon frère que depuis peu de temps en réalité, même si ce n’est pas l’impression que j’ai, mais j’ai eu de nombreuses occasions de voir à quel point Blair et lui sont fait l’un pour l’autre. Je plains sincèrement celui ou celle qui oserait se mettre en travers de leur chemin. Je suis bien placé pour savoir qu’ils sont capable de déplacer des montagnes l’un pour l’autre. J’ai été confronté à cette évidence à la seconde où j’ai fait la connaissance de ma charmante, et terrifiante, belle-sœur.
Cette fois, Matt obtint l’hilarité générale.
- Néanmoins, Chuck semble avoir une baguette magique, ou un fouet, ajouta-t-il avec un petit sourire malicieux à l’adresse de la jeune mariée, cachés quelque part car il a apparemment été capable de faire ce que nul autre que lui n’avait jamais réussi à faire. Dompter Blair Waldorf est une prouesse en soi. Je leur souhaite tout le bonheur du monde parce qu’ils le méritent vraiment.
Chacun leva son verre en l’honneur des mariés à la suite de l’orateur et le groupe entama les premiers accords de la chanson écrite par Matt sur un signe de Nate.
Comment faire pour te donner la preuve ?
Puisqu'un amour ça ressemble à rien
Dessiner quoi ? Écrire des mots fleuves
Moi, j'ai mon cœur qui bat pour le tien
Juste ce cœur qui est sous ta main
Puisqu'un amour, ça ressemble à rien
A rien
Comment faire pour te donner confiance ?
Puisque l'amour peut être assassin
Te donner quoi ? Sous l'arche, une alliance
Et puis mon âme car elle t'appartient
Voici mon âme prends-la dans tes mains
Puisqu'un amour, ça ressemble à rien
A rien
Je t'ai tout donné, intérêt principal
Il me reste encore tout au plus un minimal
A toi, rien qu'à toi
Et ma bouche, et mes yeux, et mes mains
Tout mon corps enfin
Tout est à toi
Mais comment te dire les flots qui me viennent
Quand l'eau te monte au bord des yeux
Ferme-les fort, tu verras sans peine
Puisqu'un amour ça ressemble à Dieu
A Dieu
Je t'ai tout donné, intérêt principal
Il me reste encore out au plus un minimal
A toi, rien qu'à toi
Et ma bouche, et mes yeux, et mes mains
Tout mon corps enfin
Tout est à toi
Voici mon âme prends-la dans tes mains
Puisqu'un amour, ça ressemble à rien
* « Le cantique mécanique » Laurent Voulzy
Vic Bass clôtura son devoir d’économie et poussa un soupir de soulagement. C’était le dernier à rendre pour cette année. Il compterait pour 50% des points de la note finale de l’examen.
Bien évidemment, pour elle, cela représentait bien plus que ça. Les chiffres et graphiques n’étaient pas seulement une théorie dans son cas, au contraire de ses camarades de classe, ils représentaient la réalité du projet avec Looming et Thorpe.
Les deux premiers hôtels étaient sur le point d’ouvrir bientôt leurs portes. Chuck s’était envolé pour Toronto il y a quatre jours. Malheureusement, elle n’avait pas pu l’accompagner.
Elle était en pleine session d’examen et ne pouvait pas se permettre de quitter New-York, ne fut-ce même qu’une seule journée. Pourtant ce n’était pas l’envie qui lui manquait de suivre son frère dans tous ses déplacements.
Elle adorait quand ils voyageaient tous les deux. Il avait alors tout le temps de se consacrer entièrement à elle et à sa formation. Si elle l’avait reconnu comme son mentor quand ils s’étaient rencontrés, à peine un an plus tôt, les choses ne s’étaient que renforcées dans ce sens au cours des mois qui venaient de s’écouler.
Il était toujours prêt à l’aider et à l’aiguiller et surtout, il lui faisait totalement confiance. C’est elle qui avait eu la charge de la société pendant les dix jours qu’il s’était accordé pour partir en lune de miel avec Blair après le renouvellement de leurs vœux.
Il avait bien pris soin d’éliminer tout ce qu’il y avait de plus urgent avant son départ et elle n’avait eu qu’à laisser glisser le bateau, c’est vrai. Mais n’empêche qu’il s’appuyait sur elle. Ils travaillaient ensemble, en étroite collaboration.
Il lui demandait son avis et la tenait informée de tout quand il aurait pu se contenter de la laisser lire les rapports de réunion sans même la consulter sur les décisions tactiques. Il disait que c’était la meilleure manière pour elle d’acquérir de l’expérience et elle ne pouvait qu’être d’accord avec lui à ce sujet.
Chuck lui montrait toutes les ficelles et continuait à l’épauler et à lui apprendre chaque jour. Il lui démontrait patiemment là où elle faisait erreur et comment les corriger. Elle en découvrait bien plus à son contact qu’elle ne pourrait jamais le faire depuis les bancs de NYU.
Mais elle tenait quand même à décrocher son master. De plus, elle savait que son père aussi approuvait son choix et il l’aurait plus que certainement poussée dans la direction inverse si elle avait voulu abandonner l’université.
Elle ne s’était pas imaginé à quel point tout ça serait difficile à gérer quand elle avait décidé de reporter certains cours du premier au second semestre. Il faut dire que la gestion de Bass Industrie avec son frère lui prenait un temps considérable. Elle tenait à lui montrer de quoi elle était capable.
Elle avait peut-être renoncé à l’héritage de Bart à son profit, mais il n’était pas question qu’elle s’endorme sur ses lauriers pour autant. Il était celui qui lui avait donné sa chance, qui avait cru en elle et l’avait laissé monter à bord quand elle n’avait aucune expérience. Elle comptait bien lui prouver qu’il ne s’était pas tromper et lui rendre tout ce qu’il faisait pour elle.
Elle était plus qu’heureuse d’avoir retrouvé ce frère qu’elle aurait pu ne jamais connaître. Ils étaient vraiment devenus très proches. Plus encore qu’avec Matt, mais dans un autre style. Car Matt était celui avec qui elle avait grandi et rien ne pourrait jamais changer ça ou effacer leurs souvenirs d’enfance.
Elle était impatiente de pouvoir se rendre à Melbourne pour voir sa petite nièce qui était arrivée un peu en avance au rendez-vous. Elle cliqua sur ses mails pour revoir encore sa petite frimousse toute fripée, de deux jours à peine en comptant le décalage horaire.
Lili passa la tête par l’entrebâillement de la porte.
- Je te dérange ? demanda cette dernière.
- Non pas du tout, j’ai terminé de travailler. Viens voir, dit la jeune Australienne qui voulait lui faire partager les images que son frère lui avait envoyées depuis son pays natal.
La mère adoptive de Chuck entra dans la bibliothèque, reconvertie en bureau pour Vic, suivie de ce dernier.
La jeune fille bondit sur ses pieds et se jeta à son cou.
- Tu es rentré, s’exclama-t-elle avec un grand sourire après avoir laissé une marque de gloss sur sa joue.
- Oui, et je suis venu directement ici pour te faire mon rapport, répondit-il goguenard.
- Et comment ça avance ? entra-t-elle dans son jeu.
- On devrait couper le ruban à Montréal d’ici la fin de l’année, si tout continue d’avancer à ce rythme.
- Génial ! J’espère que je pourrai t’y accompagner. Tiens puisque tu es là, tu veux bien jeter un œil sur le devoir que je viens de terminer ?
Il consulta sa montre et acquiesça, il avait prévu de rejoindre Blair pour le déjeuner, mais il avait encore deux bonne heures devant lui et bien qu’il soit impatient de la tenir contre lui, il pouvait prendre un peu de temps pour Vic avant d’aller la retrouver.
Sa sœur se réinstalla derrière son bureau, où Lili contemplait la petite Mélanie dans les bras de Matt à la clinique.
- Est-ce qu’elle n’est pas à croquer ? rit la jeune-fille.
- Elle l’est, assurément, répondit son hôtesse.
- Tu l’as vue ? demanda Vic à son frère en tournant un peu l’écran sur la gauche pour qu’il puisse également profiter de sa toute nouvelle nièce.
- Oui, j’ai reçu les photos moi aussi, commenta-t-il avec un sourire devant le cliché de son jumeau qui irradiait de joie, sa fille dans les bras.
Vic fit défilé les autres images, où on pouvait distinguer Shaori, le sourire jusqu’aux oreilles et Hugo qui s’évertuait à surtout faire bien attention à la tête de sa petite sœur, coincée sur ses genoux, lui-même trônant sur ceux de Matt.
- Ils sont vraiment trop mimi, s’extasia la jeune brunette. Je suis trop impatiente de pouvoir la tenir dans mes bras moi aussi. Vivement la semaine prochaine que je sois libérée de mes cours pour qu’on puisse s’envoler pour Melbourne.
Elle se tourna vers l’aîné de ses frères.
- A quelle date on décolle exactement ? questionna-t-elle.
- Je ne sais pas encore. En fait, je ne suis pas certain que nous pourrons partir avec toi si tôt. Blair a la semaine de la mode à Paris qui arrive. On viendra sans doute un peu plus tard.
Il n’avait pas encore eu l’occasion de voir la réaction de sa femme à la naissance de Mélanie, qui avait pris de l’avance sur le programme pendant son déplacement.
Sa sœur prit une mine boudeuse mais ne fit aucun commentaire.
- Si on passait à ton devoir, proposa Chuck pour changer de sujet.
Vic retrouva son sourire et cliqua pour rouvrir le dossier qu’elle venait de fermer.
- Je vous laisse travailler, dit Lili en quittant la pièce, alors que son fils s’absorbait déjà dans la lecture du document.
*****
Vers 11h30 Chuck gravit les marches de Waldorf Design pour enfin serrer sa petite femme dans ses bras. La secrétaire à l’accueil lui indiqua que Blair était dans son bureau.
Il longea le corridor le cœur en joie à l’idée de goûter ses lèvres et sentir l’odeur de son parfum. Elle lui manquait tellement à chaque fois qu’il devait s’absenter, mais ça n’en rendait que leurs retrouvailles encore plus merveilleuses.
Il ralentit le pas en entendant des éclats de voix, elle était en désaccord avec Eléanor apparemment.
- J’ai bien l’intention de connaître mes petits enfants avant de passer l’arme à gauche, s’exclamait la Styliste.
- Maman, n’exagère pas. Tu as encore nombres d’années devant toi ! s’agaça Blair.
- Et qu’est-ce que tu en sais ? Regarde Bart, personne n’aurait imaginé qu’il disparaitrait de cette façon.
Sa fille lui jeta un regard courroucé, le sujet de son beau-père était quelque chose qu’elle détestait aborder, que ce soit ses morts ou tout autre évènement dans sa vie. La plus part de ceux-ci étant reliés à des choses négatives pour son mari.
- C’est le bon moment pour vous, je ne comprends pas pourquoi tu veux attendre. Je suis encore là pour la gérance de Waldorf Design et j’aimerais aussi profiter de la joie d’avoir des petites enfants avant de devenir si gâteuse que je ne pourrai plus me rappeler de leurs prénoms. Quand je t’ai eue, j’avais à peu près le même âge que toi aujourd’hui, l’entreprise n’en n’était qu’à ses balbutiements et ton père venait de décrocher son premier emploi dans un grand cabinet, argumenta encore sa mère.
- Et c’est pratiquement Dorotha qui m’a élevée ! cingla Blair. Et puis, Chuck n’est pas papa et je ne suis pas toi ! Ça fait à peine un an que je partage la charge de la société avec toi. C’est bien plus difficile de la maintenir au sommet quand on y est déjà. Je ne peux pas me permettre de relâcher ma concentration. Ce sera mon premier vrai défilé à Paris.
Ce qu’elle ne dit pas, c’est que son mari avait clairement exprimé son opinion à ce sujet à chaque fois que cette hypothèse avait été abordée en sa présence. Elle comprenait parfaitement qu’il avait d’autres priorités pour l’instant.
Il avait une multinationale à faire tourner. Après la traversée du désert qu’il avait connue l’année précédente, il s’était jeté à corps perdu dans le travail. Il voyageait beaucoup et même s’il parvenait toujours à trouver du temps pour elle, il était hors de question qu’elle lui impose un enfant maintenant.
- Tu as déjà organisé les deux derniers shows de New-York, fit valoir Eléanor. Et le succès était au rendez-vous, malgré le fait que je ne suis plus la seule styliste à présent.
- Raison de plus, souligna sa fille. L’année passée, c’est toi qui avais organisé le tout. Les gens de la mode m’attendent au tournant. La capitale française est un monde bien à part. Ils attendent tous de voir si je serai capable d’avancer seule et de reproduire le succès des défilés de Manhattan. Ils vont me juger et m’évaluer, tu le sais très bien. Je veux être reconnue pour moi-même et non pas parce que je suis la fille d’Eléanor Waldorf.
Sa mère poussa un soupir de résignation, sa fille était bien trop entêtée pour la faire changer d’avis.
Chuck en avait assez entendu, il décida de mettre fin à la discussion. Il frappa à la porte et entra pour embrasser sa femme, après avoir salué Eléanor.
- Tu m’as manqué, souffla-t-il à son oreille une fois que sa belle-mère eut quitté le bureau.
- Toi aussi, murmura-t-elle en se serrant tout contre lui.
Blair Waldorf se tortura les méninges une fois de plus en se démaquillant dans la salle de bain. La jeune femme savait que quelque chose clochait, mais elle n’arrivait pas à le définir. C’était quelque chose d’infime, qu’il cachait tout au fond de lui.
Son époux faisait de son mieux pour donner le change et y parvenait sans problème la plus part du temps. Leur vie était merveilleuse. Ils étaient épris l’un de l’autre comme jamais. Leur amour croissait de jour en jour (si c’était seulement possible d’aimer autant) Et ils vivaient dans une des résidences les plus magnifiques de L’Upper East Side.
Ils vivaient sur un petit nuage mais un changement infinitésimal s’était opéré en lui sans qu’elle sache exactement quand, comment, ni pourquoi. Elle avait mis ça sur le compte de leur vie quotidienne qui ressemblait parfois, souvent, à un tourbillon. Si leurs sociétés étaient plus que florissantes, il y avait un prix à payer.
Ils étaient chacun aspirés dans leur travail, ce qui les obligeait par moment à s’éloigner physiquement l’un de l’autre et elle n’ignorait pas qu’il détestait ça autant qu’elle. Si leurs retrouvailles étaient un délice, leurs séparations étaient toujours une torture.
Chuck était parfait. Il était aux petits soins pour elle. Il se comportait en mari aimant et attentionné. Il était toujours prêt à réaliser le moindre de ces caprices. Il lui assurait que tout allait bien et qu’il était parfaitement heureux. L’homme le plus heureux du monde, disait-il.
Cependant, depuis quelque temps, elle avait capté comme une lueur de tristesse indéfinie au fond de ses prunelles noisette, qui s’évanouissait à l’instant-même où il prenait conscience de son regard posé sur lui.
Il y avait une sorte de mélancolie qui s’emparait de lui parfois. Peut-être le manque de son jumeau qui vivait de l’autre côté de la mappemonde ?
Le problème, c’est qu’en y réfléchissant bien, elle avait déjà noté ces instants fugaces pendant leur escapade à Melbourne pour visiter Matt et sa petite famille.
Elle n’y avait pas accordé trop d’importance sur le moment. Le projet immobilier canadien était sur le point de voir le jour et les inconvénients de dernières minutes étaient bien sûr au rendez-vous. Elle avait pensé que tout ça n’était que passager et que tout rentrerait dans l’ordre avec l’ouverture des portes du premier hôtel.
De plus, se retrouver en famille avec Matt l’éloignait des soucis de Bass Industrie. La compagnie et son jumeau faisaient deux et l’Australien avait toujours un effet bénéfique sur l’homme de sa vie.
La petite Mélanie était vraiment à croquer. Elle avait adoré la tenir dans ses bras. Ça lui donnait des envies de maternité. Elle s’était surprise à repenser aux propos qu’Eléanor lui avait tenus quelques mois plutôt au début de l’été. Mais elle connaissait la position de Chuck à ce sujet. Il avait été on ne peut plus clair à plusieurs reprises.
Ce n’était pourtant pas faute d’avoir un mauvais feeling avec les enfants. Hugo le vénérait presque et lui sautait au cou à chaque fois qu’il le voyait. Le fait qu’il lui passe tous ces caprices n’était, certes, pas étranger à l’histoire.
Mais il y avait autre chose aussi. Un lien qu’il avait tissé avec le garçonnet de 5 ans. D’ailleurs leur neveu avait même demandé s’il ne pourrait pas venir passer un peu de temps en avance et rester avec eux pendant les vacances de Noël.
Son oncle en aurait été plus que ravi, mais Matt et Shaori n’étaient pas prêt à le lâcher à cet âge. Le petit attendait donc déjà avec impatiente de faire le voyage à New-York avec ses parents pour la fin de l’année, dans quelques semaines.
Ils avaient tous convenus qu’ils s’arrangeraient désormais comme ça. Chacun des jumeaux faisant le chemin jusqu’à l’autre une année sur deux, pour les fêtes jusqu’à la date de leur anniversaire.
Hugo n’était pas le seul qui appréciait ces moments en famille. Chuck aussi les estimait à leur juste valeur. Non seulement pour la complicité qu’il partageait avec Matt, mais aussi pour celle qu’il l’unissait à son neveu et bientôt à sa nouvelle nièce.
Elle avait trouvé ça si mignon, de voir son mari avec un bébé dans les bras. Qui aurait jamais pu imaginer que Chuck Bass fondrait devant une minuscule fillette à la petite bouille toute rondelette et qui gazouillait de plaisir à la moindre attention ?
Elle était certaine que, quand le moment viendrait, il serait un père remarquable. Il suffisait de le voir interagir avec les enfants pour comprendre qu’il serait parfait dans ce rôle. Ça lui donnait des frissons quand elle imaginait leur vie à trois.
Elle y pensait librement et avec envie à présent. Les moments de douleurs s’étaient apaisés. Elle était passée par une phase atroce l’année dernière à cette même époque, et celle de l’année d’avant avait été encore bien pire.
La mort de Bart avait ramené des souvenirs en elle qui l’avaient aidée à en camoufler d’autres, de l’année précédente, qui remontaient dangereusement à la surface. L’accident, la perte du bébé, la quasi-mort de Chuck. Tout ça avait tourné dans sa tête toutes les nuits quand elle le regardait dormir à côté d’elle.
La peur qu’il ne disparaisse à nouveau, que tout ce qu’ils avaient réussi à reconstruire entre eux ne s’évanouisse dans le néant, l’avait tenaillée malgré le fait qu’ils soient déjà unis par les liens sacrés du mariage.
Elle s’était raccrochée à lui autant qu’elle avait pu. Il était devenu bien plus fort, plus fort qu’elle en tout cas, c’était évident. Il lui avait murmuré qu’il ne la quitterait plus jamais des centaines de fois. Il l’avait tenue tout contre lui, la serrant dans ses bras sans jamais relâcher son étreinte pour la rassurer et lui assuré qu’elle pouvait compter sur lui, avec lui.
Et c’est ce qu’elle avait fait, elle s’était ancrée à lui pour essuyer la tempête. Le soutenant elle aussi de son mieux. Tant qu’il aurait besoin d’elle, elle tiendrait le coup. Pour lui, pour elle, pour eux et pour leur avenir.
Leur avenir !
Elle soupira et se dirigea vers leur chambre. Il fallait qu’elle sache de quoi il retournait. Elle ne resterait pas là plus longtemps à le regarder s’enliser dans le mutisme. Quelque chose le perturbait et elle voulait y faire face avec lui. Ils étaient unis pour le meilleur et pour le pire, peu importe ce que c’était, elle le partagerait avec lui.
Il leva la tête de son journal financier et lui sourit quand elle s’approcha du lit. Elle fit le tour pour se poser en face de lui, les jambes en tailleurs, déterminée. Ça avait assez duré, elle ne supportait plus qu’il lui fasse des cachoteries. Il fallait qu’elle tire cette histoire au clair.
Chuck vit cette étincelle dans son regard, celle qui disait qu’elle ne lui laisserait plus d’échappatoire cette fois. Il n’aurait pas l’opportunité de se cacher plus longtemps. Il n’ignorait pas qu’elle avait compris que quelque chose alourdissait son cœur.
Elle le connaissait aussi bien qu’il ne la connaissait. Il avait repoussé ce moment autant qu’il avait pu pour ne pas lui faire de mal, mais l’heure était venue d’ouvrir la discussion et il se détestait de lui faire revivre ça.
- C’est quoi le problème ? demanda Blair.
- Il n’y a pas de problème, tenta-t-il quand même, en désespoir de cause.
- Chuck ! Je te connais, je sais quand quelque chose ne tourne pas rond. Et c’est le cas depuis plusieurs semaines déjà. J’ai attendu patiemment que tu m’en parles mais, je ne sais pas pourquoi, tu sembles avoir décidé de garder ça pour toi.
- Ca n’a rien à voir avec toi, je te le promets. Je veux juste …
- Me protéger ? hasarda-t-elle,
- Je ne veux pas rouvrir de vieilles blessures, avoua-t-il.
Elle sentit l’inquiétude et la colère commencer à gronder en elle.
- Je sais que c’est ce que tu veux faire tout le temps mais ça finit par me rendre dingue. Je ne suis pas une poupée de porcelaine, je suis Blair Waldorf-Bass. Alors cesse de t’inquiéter pour moi, s’énerva-t-elle
- Je ne peux pas m’en empêcher et toi non plus ! Je t’aime, tu me rends heureux et je veux t’apporter le bonheur moi aussi, pas te compliquer la vie.
Elle sentit son cœur fondre devant la sincérité qu’elle lisait dans ses yeux.
- Et c’est pour ça que tu me tiens à l’écart de ce qui te tracasse ? demanda-t-elle sur un ton radouci.
- Ce n’est rien. Rien d’important, je t’assure, répondit-il avec un semblant de sourire.
Quand il se le serait répété assez souvent, il finirait bien par réussir à s’en convaincre.
- C’est important pour moi, si ça l’est pour toi. Tu veux te battre à ma place pour me préserver, je sais, mais il y a des choses que tu ne peux pas faire pour moi. Tu ne peux pas m’enfermer dans une bulle, comme si j’étais une petite fille. Je suis plus forte que ça et tu le sais.
Il ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Il n’avait aucun argument à lui opposer.
Parce qu’elle avait raison !
- Mon amour, reprit-elle en posant ses mains sur les siennes, tu sais que je déteste ça quand tu me caches des choses. Rien ne peut me faire plus de mal que d’être éloignée de toi. S’il te plait, met moi dans le secret, avant que ne devienne complètement chèvre en m’imaginant le pire.
Il prit quelques instants pour évaluer ses options. Il n’en n’avait plus aucune. Il déglutit avant de prendre une longue goulée d’air. En ouvrant sa bouche et son cœur, il ouvrait la boîte de Pandore pour elle.
- Je rêve d’un enfant de toi, souffla-t-il finalement, si bas qu’elle mit plusieurs secondes avant d’être certaine d’avoir bien entendu et de réaliser la portée de ses mots.
Elle en resta sans voix. Extatique, tandis qu’une explosion de joie dans sa poitrine irradiait jusque dans chacune des cellules de son corps à l’idée de porter et de donner le jour à un petit être qui serait eux deux à la fois.
- Je sais que tu veux te consacrer à Waldorf Design et je comprends parfaitement que ce soit bien trop tôt pour toi. On est jeune et on peut attendre, il n’y aucune raison de se précipiter, s’excusa presque son mari avec un faible sourire, se méprenant sur le silence de la femme qu’il aimait plus que lui-même.
Il baissa les yeux pour fixer leurs doigts qui s’entremêlaient maintenant sur l’édredon. Il n’osait pas, ne voulait pas, regarder la douleur qu’il venait de raviver se répandre sur ses traits parfaits. Il se supportait à peine de la ramener à la plus grande désolation de sa vie.
Blair l’observa, consternée. La seule chose qui résonnait depuis son cœur à présent, c’était le vide qu’elle avait pu apercevoir, à l’occasion, dans le regard de l’homme qu’elle aimait et qui faisait écho à celui qu’elle avait ressenti après la perte de son bébé, celui qu’il avait promis d’aimer comme le sien et d’élever avec elle.
Tout s’éclairait d’une lumière nouvelle à présent. Ç’était bien pire que ce qu’elle avait cru. Ça durait depuis bien plus longtemps que quelques semaines, des mois sans doute ! Comment avait-elle pu passer à côté de ça pendant tout ce temps ? Quand Chuck saisissait chacun de ses mouvements d’humeur et de ses battements de cœur.
Il avait gardé ses rêves et désirs d’enfant pour lui, afin d’éviter de ranimer sa mémoire douloureuse et de la faire souffrir de quelque manière que ce soit. C’est pour ça qu’il avait si ardemment défendu la thèse opposée. Parce qu’il avait parfaitement compris qu’elle n’était pas encore prête à faire face à l’idée d’une autre grossesse, même si elle avait gardé le silence à ce sujet.
Il ne lui en avait pas parlé parce qu’il pensait qu’elle voulait privilégier sa carrière avant tout autre chose et qu’elle ne serait pas d’accord. Peut-être même pensait-il qu’elle ne serait finalement jamais d’accord pour porter son enfant ? Elle fut horrifiée à cette simple hypothèse.
Chuck déglutit à nouveau pour tenter de briser le nœud qui se formait dans sa gorge, les yeux toujours rivés sur leurs mains nouées. Il se maudissait de ne pas avoir su mieux cacher ses instincts pour pouvoir la préserver. Elle n’était pas prête pour ça, elle ne le serait peut-être jamais. C’était son rôle de prendre soin d’elle et de veiller à son bonheur.
Il tenta encore une fois de se raisonner et de se convaincre que tout était pour le mieux. Il avait déjà eu bien plus qu’il ne méritait. Bien plus qu’il n’aurait jamais dû oser rêver. Comment pouvait-il en demander d’avantage alors qu’il savait le mal que ça provoquait au plus profond du cœur de la femme qu’il adorait ?
Une boule se forma dans l’estomac de Blair à l’idée qu’il ait enfoui ce souhait tout au fond de son cœur, attendant qu’il devienne éventuellement sien un jour. Son amour pour lui se démultiplia encore devant tant d’abnégation au mépris de ses propres désirs.
- Tu es sur ? demanda-t-elle.
- Oui. Je te l’ai dit, ce n’est rien. Juste une idée absurde qui m’est passée par la tête, acquiesça-t-il avec un pauvre sourire à nouveau, trouvant enfin assez de courage pour relever son visage vers elle.
Mais son cœur et ses yeux criaient le contraire et cela brisa pratiquement celui de sa femme.
- Non. Tu es sur que c’est ce que tu veux ? Je veux dire : Oui, je le veux, un bébé de toi qui grandira en moi, qui sera nous, expliqua-t-elle les larmes aux yeux d’émotion.
- Tu veux ? répéta-t-il béat, complètement dérouté par les propos de sa femme. Mais tu as dit le contraire à Eléanor !
Elle le regarda, un peu désarçonnée à son tour, avant de reprendre.
- C’était il y a des semaines, déclara-t-elle sans vraiment comprendre comment il était au courant de cette discussion avec sa propre mère. Et oui, je le veux. Rien ne pourrait m’apporter plus de joie et de bonheur. Si j’ai dit ça, c’est parce que je pensais que toi, tu voulais attendre. Mais, c’est le moment idéal, WD peut se passer un peu de moi, au moins à temps partiel. Ma mère est toujours là et Jenny, bien que je ne le reconnaitrai jamais devant personne d’autre que toi, Jenny saura gérer l’atelier sans problème. Et puis, je ne vais pas partir au bout du monde, juste prendre un peu de temps pour nous, pour notre famille.
- Tu … tu en es vraiment certaine ? bredouilla-t-il, toujours ébahi par la tournure que prenait la conversation. Je sais à quoi ça te renvoie et …
Elle encadra son visage de ses doigts fins et parfaitement manucurés, plongeant ses prunelles chocolat dans celles de l’homme de sa vie, qui brillaient un peu trop.
- Je t’aime et je veux porter ton enfant. Notre enfant. Maintenant ! murmura-t-elle avant d’effleurer sa bouche.
Les palpitations dans la cage thoracique de Chuck n’avaient d’égal que les battements d’ailes des papillons dans son estomac, qui prenaient leur envol pour des hauteurs incommensurables.
- Tu seras la plus magnifique de toutes les mamans, dit-il, contenant difficilement les larmes qui perlaient au coin de ses cils.
- Et toi le meilleur des papas, ton fils sera le plus heureux de tous les enfants du monde.
- Comment peux-tu savoir que ce sera un garçon ? tenta-t-il pour donner le change.
Elle essuya la pommette humide de son mari avec le bord de son pouce, avant de répondre.
- Parce que tu es Chuck Bass, souri-t-elle, ses lèvres contre les siennes, avant de l’embrasser à nouveau tendrement.
- Si on commençait tout de suite ? proposa-t-il entre deux de leurs baisers qui devenaient de plus en plus passionnés.
Elle le fit basculer sous elle, sur le matelas et tendit le bras droit pour atteindre le tiroir de sa table de nuit, où elle rangeait son pilulier. Agrippant le boîtier, elle le jeta loin, de l’autre côté de la pièce, en riant, avant d’entreprendre de déboutonner la chemise de son mari.
Il fit remonter ses mains dans son dos pour atteindre l’agrafe de sa robe, tout en happant délicieusement la peau de sa femme entre ses lèvres, traçant son chemin depuis la ligne de sa mâchoire jusqu’aux bords de sa guêpière brodée de fine dentelle.
Le tissu chatoyant glissa sur le sol, bientôt enfoui sous la chemise de Chuck, puis d’autres pièces d’étoffes, de plus en plus soyeuses, tandis que les futurs parents s’évanouissaient voluptueusement entre les draps de coton égyptien.
Chuck reprit encore une fois les derniers chiffres des fréquentations de l’hôtel écologique de Montréal. Ces dernières dépassaient les espérances de chacun d’entre eux depuis l’ouverture de ses portes. Ce devait être l’effet de mode.
Peu importe, c’était bon pour les affaires, c’est ce qui comptait. Le deuxième building venait d’ouvrir fin janvier et il avait un autre voyage de prévu dans moins deux semaines. Il espérait que Vic pourrait s’y rendre sans lui.
Il n’avait pas envie de s’absenter de Manhattan pour la Saint Valentin. D’autant que sa sœur était parfaitement capable de s’occuper de ça toute seule. Elle apprenait vite et bien.
Ses notes de fin de sessions avaient été remarquables en juin et les épreuves qu’elle avait passées en décembre étaient couronnées de succès. Aucun doute possible sur sa réussite. Il lui tardait qu’elle travaille avec lui à BI à temps complet et que cela devienne son activité principale.
Elle n’avait pas mis longtemps à se faire un prénom dans la jungle des compagnies immobilières et personne n’ignorait qu’elle était de la gente féminine, se sourit-il à lui-même.
- Monsieur Bass, l’interrompit son secrétaire.
Chuck lui jeta un regard assassin, sa réunion avec Raina allait débuter dans un peu moins de 10 minutes et il avait demandé à ne pas être dérangé.
- Je suis vraiment désolé, mais il y a une livraison urgente pour vous, s’excusa-t-il penaud.
Chuck releva un sourcil. Depuis quand est-ce que Gérald l’informait de chaque colis qui arrivait dans les locaux de BI ?
- Et ? Vous vous êtes foulé le poignet droit cette après-midi ? grogna-t-il.
Le jeune homme se racrapota sur lui-même, avant de continuer d’une faible voix.
- Le livreur refuse catégoriquement de me laisser signer le document de réception. Il dit qu’il lui a été strictement ordonné de faire récupérer le colis par vos soins et qu’il ne partira pas tant qu’il ne vous l’aura pas remis en mains propres.
Chuck soupira, il était presque 19h30 et il n’avait aucune envie de se battre. Il voulait juste conclure cette réunion de rapport trimestriel et rentrer dans leur appartement pour pouvoir profiter de la soirée avec Blair.
Il acquiesça et commanda en bougonnant à Gérald de mettre Raina en attente si besoin était et de faire entrer l’intrus dans son bureau pour en terminer au plus vite.
Le rouquin en polo bleu qui se présenta n’en menait pas large, mais il tenait à son poste et les consignes de l’expéditeur avait été très strictes et on ne peut plus claires sur les conditions de remise au destinataire.
Chuck se saisit du paquet de 20x20 cm, emballé avec soin dans du papier kraft, que l’employé lui tendait avec un air déconfit.
- Je suis vraiment désolé, bredouilla ce dernier en lui remettant le registre de livraison des colis pour récupérer sa signature, mais elle a bien insisté pour que je vous le remette personnellement, sous peine de me faire renvoyer.
La mauvaise humeur du PDG de Bass Industrie s’évanouit en un clin d’œil et un petit sourire se forma sur ses lèvres à cette information.
Ce ne pouvait provenir que d’une seule personne dans ces conditions. Et pour avoir cette exigence, il devait surement s’agir de quelque chose de coquin et de sexy qu’elle avait prévu d’utiliser pour la soirée qu’elle lui réserverait.
Elle savait qu’il adorait ça, quand elle lui faisait des surprises de ce genre et elle était loin de ne pas en profiter pleinement. Il attendit que le livreur ait refermé la porte derrière lui pour l’ouvrir et en découvrir le contenu.
Mais il n’y avait aucun sous-vêtement affriolant ou accessoire érotique dans la boîte. Pas de photos de son épouse en poses suggestives, pas même une carte avec quelques petits mots salaces et graveleux pour l’émoustiller. Il n’y avait aucune indication quelconque.
Cependant, ça eu un effet encore plus fulgurant sur lui.
Il sentit son sang se figer, puis accélérer sa course dans ses veines comme son cœur se stoppait une fraction de seconde, avant de se remettre à palpiter comme des milliers de chevaux lancés au galop.
Le carton était rempli de tétines de toutes les couleurs.
Il se leva d’un bond et quitta son bureau sans même prendre la peine de mettre sa veste ou de prendre son manteau.
- Monsieur Bass, Mademoiselle Thorpe est en attente ! l’interpella Gérald en le voyant traversé le hall de l’étage de direction vers les ascenseurs.
- Dites-lui que je dois annuler, cria Chuck en s’engouffrant déjà entre les portes métalliques.
Le trajet jusqu’à leur appartement sur Madison avenue lui parut interminable. La limousine stagnait dans les bouchons et il décida de faire le dernier kilomètre à pied. En courant, aurait été plus exact.
Il pesta contre l’ascenseur qui mettait un temps incroyablement long à arriver, suite à l’appel du gardien et qui mit encore plus de temps à gravir chaque étage.
Quand il s’arrêta pour laisser embarquer les Kentwood, qui habitaient dans une résidence inferieure à la leur, Chuck eut envie de les étrangler.
Il déboucha finalement dans l’entrée de leur penthouse et fit le tour de chaque pièce sans succès.
Il grimpa les escaliers quatre à quatre et la découvrit dans la pièce contigüe à leur chambre.
Blair leva la tête de sur les échantillons de couleur qu’elle tenait entre les mains et lui sourit malicieusement.
- A ton avis, lavande ou jaune pâle ? l’interrogea-t-elle.
Il fut à ses côtés, au milieu de la futur nurserie, en trois pas, quatre tout au plus, et posa ses mains de chaque côté de son visage d’ange.
- Tu es sûre ? demanda-t-il le cœur battant toujours comme un fou et pas seulement parce qu’il était essoufflé d’avoir couru.
Elle fit un signe de tête affirmatif, des étoiles brillant dans ses yeux.
Elle n’avait rien voulu lui dire avant de recevoir les résultats de la prise de sang. Elle savait à quel point ça le bouleverserait et elle ne voulait pas risquer de lui donner de faux espoirs et voir la déception se peindre sur son visage si ce n’était qu’une fausse alerte.
Il pressa sa bouche contre la sienne, avant de se laisser tomber à genoux pour déposer une multitude de baisers sur son ventre encore plat, mais plein de la vie de ce petit être à venir qu’il adorait déjà.
- Je vous aime, déclara-t-il en posant son front sur l’abdomen de la femme de sa vie, avant de l’embrasser encore des dizaines de fois.
Blair saisit les mains de son mari, agrippées autour de sa taille, pour l’obliger à se relever puis plaça les siennes le long des lignes de sa mâchoire.
- Nous aussi, on t’aime, dit-elle, des larmes de bonheur roulant sur ses joues.
Elle posa ses lèvres sur les siennes et chercha sa langue pour la faire encore danser avec la sienne sous son palais.
Chuck la souleva de terre et l’emporta dans ses bas jusqu’à leur lit sans jamais décoller leur bouche l’une de l’autre.
Plus tard, dans la pénombre de la nuit, Blair, le corps encore haletant, un sourire étalé d’une oreille à l’autre sur son joli minois, observait son mari caresser son ventre et y déposer d’autre baisers.
- Cette fois, il n’arrivera rien, promit-il en se relevant sur un coude pour la regarder dans les yeux. Je vais prendre soin de vous et tout se passera bien. On va avoir le plus beau bébé du monde.
Elle caressa sa joue et sa pommette. Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance pour ça. Il ne laisserait rien leur arriver. Il serait là, à chaque pas, à chaque étape. Elle pouvait compter sur lui pour les entourer de tout son amour et de toutes les précautions nécessaires, certainement plus encore.
Il se coucha sur le dos, à côté d’elle sur le matelas et elle roula sur son flanc pour venir caler sa tête dans le creux de son épaule. Son cœur était serein, tout se passerait bien, il l’avait dit, il y veillerait.
- Je t’aime Bass, murmura-t-elle contre son torse.
- Je vous aime aussi Bass, répondit-il en enroulant son bras autour d’elle pour la serrer plus fort.
Il déposa un baiser sur son front et elle ferma les paupières sans crainte. Elle pouvait dormir sur ses deux oreilles. Aucun cauchemar ne viendrait troubler son sommeil. Elle le trouva sans difficulté, lové tout contre l’homme qui les protégeraient de son mieux, comme il l’avait toujours fait.
Il resta plusieurs heures à la regarder dormir. Imaginant les courbes de son corps qui changeraient bientôt. Son cœur n’aurait pas pu être plus heureux qu’en cet instant béni, sa femme et son enfant blottis tout contre lui.
Il posa sa main sur le ventre de la femme de sa vie, qui renfermait le plus beau de tous les cadeaux qu’elle ne pourrait jamais lui offrir et trouva le chemin des songes le sourire aux lèvres.