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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 25.01.2013 à 21h05
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point, réécriture de la saison 4. Bien sûr 100% Blass avec un zeste de Serenate et du njbc. » katido
Cette fanfic compte déjà 77 paragraphes
Blair Waldorf rentra précipitamment à l’appartement de sa mère à Paris. Sa soirée avec le prince de Monaco avait été un vrai fiasco. Elle avait eu l’opportunité de sortir avec un vrai prince … non, correction, elle était sortie avec un vrai prince et elle avait tout gâché parce qu’elle l’ignorait !
Elle pensait qu’il n’était qu’un chauffeur. Un simple petit insecte insignifiant, alors que Serena avait droit au prince, comme toujours. Sauf que les choses avaient été tronquées. C’était elle qui avait pioché le prince pour une fois. C’est à elle que le destin avait souri pour une fois. Ou presque !
Le pire, c’est que le prince Louis Grimaldi avait semblé s’intéresser à elle pour de bon et qu’elle aurait pu avoir là, sa chance. Mais elle avait laissé sa jalousie envers Serena prendre le dessus et elle avait agi comme une idiote, ruinant ainsi toutes ses chances avec ce prince qui était prêt à lui ouvrir ses bras … et peut-être aussi son cœur.
Elle pénétra dans la chambre où Serena terminait d’empaqueter ses effets. Cette dernière lui jeta un regard noir. La blonde avait eu le temps de se sécher et de se changer.
- Ça te consolerait si je te disais que mon tête à tête s’est atrocement terminé ? demanda-t-elle à la jeune-fille qu’elle avait poussé dans une fontaine à peine deux heures auparavant.
- Non, pas du tout ! répliqua S en continuant d’entasser des vêtements dans sa valise. J’ai appelé l’aéroport, ils m’envoient une voiture. Je prendrai le vol de nuit. Tu peux me passer ce magasine ? Je le lirai dans l’avion.
La brune agrippa le mensuel de mode en question en soupirant. Elle le tendit à sa meilleure amie mais l’éloigna quand cette dernière voulu s’en saisir.
Serena n’avait aucune envie de jouer. Elle en avait assez du comportement puéril et égoïste de Blair.
- Pars pas, je t’en prie, demanda la brune d’une petite voix.
Ce n’était pas son genre et cela fit mal à Serena malgré la colère qu’elle éprouvait à l’encontre de sa meilleure amie en cet instant.
- Je m’en fiche, tu sais, de sortir avec un prince.
Alors là, il n’y avait rien de plus faux, songea S en levant les yeux au ciel. Blair rêvait du prince charmant depuis toujours.
- Ou avec n’importe qui d’autre, continua B sur sa lancée.
Elle ne pouvait pas laisser son amie s’en aller. Pas maintenant.
- Ce que je veux, c’est être avec toi.
Une ombre de sourire narquois passa sur le visage de Serena.
- J’ai vraiment besoin de ma meilleure amie en ce moment.
Serena l’observa et son ressentiment s’envola devant la détresse qu’elle lisait dans le regard de Queen B.
- Je fais comme si tout allait bien … mais c’est pas vrai. On appelle ça un cœur brisé … mais c’est tout mon être qui est brisé. Et si je restais dans cet état toute ma vie ? … Si je ne me remettais jamais de Chuck ?
- Tu y arriveras, tu verras, répondit la blonde sur un ton plein de compassion.
La douleur de sa meilleure amie résonnait au fond d’elle. Elle aussi savait combien on pouvait avoir mal pour un garçon.
Blair ferma une seconde les paupières pour retenir les larmes qu’elle sentait affluer aux coins de ses yeux, avant de reprendre.
- Je ne sais pas ce que je deviendrais sans toi. Et si tu viens à Columbia, ma plus grande peur, c’est de détruire ce qu’il y a entre nous.
- Et bien, tu m’as poussée dans une fontaine ce soir et, regarde, on est capable d’en parler comme des adultes responsables donc je dirais que c’est plutôt bon signe.
- Oui, mais si Columbia est un désastre et qu’on se perd de vue pour toujours ?
- Je préfère me dire que ça va être dément et qu’on va devenir encore plus proche qu’avant, tenta de la réconforter Serena.
Elle réussit à arracher un sourire à Blair, soulagée d’avoir vidé son cœur auprès de sa meilleure amie.
- Vis dangereusement, l’encouragea encore la blonde en riant à son tour. Tu es partante ?
- Oui, à fond. Maintenant, il va falloir prévenir Dan et Nate que tu seras là l’année prochaine.
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je répands la nouvelle moi-même, sourit Blair en textant déjà l’info à GG.
Serena et Blair étaient attablées en terrasse dans la capitale Parisienne. Profitant des derniers jours de vacance avant le retour à Manhattan.
- Je n‘arrive pas à croire qu’on va déjà bientôt rentrer à New-York, déclara la blonde en soupirant
- Oui, c’est dingue ! concéda Blair.
Elle n’avait aucune envie de se retrouver face à tout le monde dans l’UES. Et surtout face à une personne en particulier. L’année dernière s’était terminée en cauchemar. Elle n’avait d’ailleurs pas commencé sous les meilleurs auspices.
La fac de NYU était une horreur. Tous ces tocards qui ne connaissaient rien au code et aux règles de l’establishment ! Elle avait cru devenir folle dans cette horrible université, mélangée aux gens du petit peuple qui la méprisaient autant qu’elle les méprisait.
Dire qu’ils adulaient Dan Humphrey et Vanessa Abrams. Cela résumait tout !
Heureusement, cette année, elle irait à Columbia grâce à …
Elle ne devait surtout pas penser à ça. Pas plus qu’au fait que si elle avait souffert le martyre en côtoyant tous ces étudiants de Tisch, elle avait réussi à y survivre grâce à lui à ses côtés.
Il ne lui avait pas permis d’abandonner face à ces futurs chômeurs qui se gavaient de pizza en s’émerveillant sur des documentaires inutiles. A chaque fois qu’elle s’était sentie faiblir, qu’elle se désespérait devant la cause perdue d’avance, il avait été là pour la rassurer et la motiver.
- Et tu ne sais toujours pas si ton cœur penche pour Brooklyn ou l’Upper East Side ! s’exclama-t-elle pour éviter à ses souvenirs de rejaillir de là où elle les avaient enterrés.
Mieux valait se concentrer sur les problèmes amoureux de sa meilleure amie.
Serena leva les yeux au ciel et regarda ailleurs, excédée.
- Ben quoi ? Si tu repars avec cette incertitude en toi, ça va être une véritable tragédie pour vous et tu le sais pertinemment. Il faut que tu prennes une décision, maintenant.
- C’est comme si tu me demandais de choisir entre un éclair et un mille-feuille, les deux sont délicieux, commenta Serena en souriant.
- Sauf qu’Humphrey, c’est plutôt un donut ! pointa Blair avec une moue de dégoût.
Serena sourit et secoua la tête sans rien ajouter. Elle ne ferait pas changer la brune d’avis à propos des gens qui habitaient de l’autre côté du pont.
- Bon, j’adorerais rester papoter pâtisserie avec toi mais il faut que je me fasse belle pour mon prince charmant, reprit-elle en consultant sa montre.
- Quoi ? Tu as convaincu Louis de te donner une 2ème chance ? Mais c’est génial, s’extasia la blonde, trop heureuse que son amie se remette en selle après un été de solitude.
- Oui, soupira Blair de contentement. Et pour lui prouver que je tiens plus à lui qu’à son titre, j’ai prévu une journée d’échange avec la classe prolétarienne. Esprit Diana, tu vois, princesse du peuple. Bien sûr, je porterai des gants !
- Bien sûr ! sourit encore Serena.
- Il faut que je file, je vais aller m’acheter des fringues d’occase dans le 12ème. Et ne t’inquiète pas, même si tu choisis d’aller vers Humphrey, ça ne gâchera pas ma journée. Rien ne le pourra.
Blair s’éloigna d’un pas léger, elle espérait que bientôt son cœur le serait aussi.
Le gsm de Serena tintinnabula et elle décrocha en voyant le nom de sa mère s’afficher sur l’écran.
- Salut maman.
- Serena, s’exclama Lily.
Elle hésita un instant avant de demander une pareille chose à sa fille. Cette dernière était à Paris pour s’amuser et pas pour ce genre de chose. Elle ferma les yeux en se remémorant la conversation qu’elle avait eue il y a deux heures avec un inspecteur de la police française à propos d’un corps retrouvé dans la Seine. Pourvu que ce ne soit pas son fils.
Elle était très inquiète depuis qu’elle avait pris conscience que Charles avait disparu. Bien sûr, ce n’était pas la 1ère fois, loin de là. Il était dans les habitudes du jeune-homme de s’exiler pendant l’été ou lorsqu’il se sentait émotionnellement incapable de faire face à la situation.
Il avait réagi de manière identique à la mort de Bart et ce qui s’était passé en mai était aussi horrible pour lui que ça l’avait été pour Jenny. Les conséquences de leurs actes avaient conduit les deux jeune-gens à perdre une des choses les plus importantes de leur vie.
Elle n’ignorait pas combien il tenait à Blair. La brunette impétueuse était la seule à qui il ait jamais permis d’entrevoir qu’il avait un cœur comme tous les autres êtres humains. La seule qui avait su briser sa carapace et mettre ses sentiments pour elle à nus.
Quoi qu’il en soit, les choses étaient ce qu’elles étaient à présent et depuis qu’elle avait constaté que Charles n’avait pas payé les traites de l’Empire et que les débits de ses cartes bancaires ne correspondaient nullement à son train de vie habituel depuis ces derniers jours, elle tremblait à l’idée qu’il lui soit réellement arrivé quelque chose. Le coup de fil de l’inspecteur Chevalier ne faisait qu’accentuer ses craintes.
- Je suis désolée de t’apprendre ça pendant tes vacances, Serena, finit-elle par dire. Mais j’ai reçu un coup de fil très inquiétant de la police de Paris.
- Oh ! Si c’est parce que B m’a poussée dans une fontaine, je ne porte pas plainte, s’amusa S.
- Ils ont retrouvé un corps dans la Seine, reprit doucement Lily en grimaçant… avec le portefeuille de Charles.
- Oh c’est pas vrai ! paniqua la jeune-fille. Dis-moi que ça ne peut pas être lui.
- Eh bien, ce serait plus facile de ne pas paniquer si quelqu’un avait eu de ses nouvelles ou s’il avait payé les traites de l’Empire.
Le regard de Serena se porta instinctivement sur Blair qui attendait un taxi, plus loin sur le trottoir.
- Écoute, ma chérie, ajouta Lily pour en venir à la raison de son appel. Ils ont besoin qu’un membre de la famille identifie le corps. Mais, si c’est trop dur pour toi, je peux sauter dans un avion.
Elle détestait demander ça à sa fille.
- Non. Non, non, je suis là, je vais le faire, répondit S qui sentait son cœur se resserrer à l’idée que ce soit effectivement son frère adoptif.
Elle lui en voulait beaucoup de ce qu’il faisait subir à sa meilleure amie mais elle ne souhaitait pas le voir mort pour autant.
- Merci, murmura sa mère depuis New-York. Il vaut mieux que tout ça reste entre nous pour l’instant, inutile d’inquiéter qui que ce soit tant qu’on ne sait pas ce qui s’est vraiment passé.
Blair se retourna vers Serena pour lui faire un petit signe d’adieu de la main avant de s’installer dans la voiture qui venait de se stationner devant elle.
- Je suis d’accord, balbutia la jeune-fille ne pouvant s’empêcher d’imaginer qu’elle effet désastreux cette nouvelle pourrait avoir sur sa meilleure amie si jamais elle était confirmée.
Serena Van Der Woodsen s’avança dans la salle de la morgue à la suite de l’inspecteur Chevalier qui l’avait accueillie à son arrivée. Elle inspira un grand coup, comme si elle allait pouvoir retenir son souffle pendant tout le temps où elle serait dans la chambre froide.
Avant même que ce dernier ouvre la bouche, la jeune-fille fixait avec appréhension un corps sur une table, recouvert d’un drap. Si c’était Chuck là-dessous … Elle ne savait pas comment elle réagirait.
Elle avait tenté de joindre Nate pour partager ses angoisses avec lui et l’informer de la situation. Il était son meilleur ami. Peut-être que Chuck l’avait contacté et que le jeune-homme avait refusé de le dire à Lily ? Peut-être que Nate savait exactement où son frère adoptif se trouvait en ce moment même ? Sur une plage au soleil, entouré de beautés exotiques à moitié nues. Mais pas ici … par pitié, pas ici.
- L’état du corps ne nous a, malheureusement, pas permis de relever les empreintes, mais … nous avons trouvez ça.
Il montra à Serena un portefeuille, un passeport et un i-phone dans un sachet de plastique transparent.
- C’est à lui, murmura la jeune-fille sans même les avoir étudié de plus près.
Le passeport était au nom de Charles Bass, sinon, il n’en n’aurait pas déduit que ce pouvait être lui.
- Notre labo va analyser le sang sur le portefeuille, indiqua le policier. Avez-vous besoin d’un peu de temps, avant d’identifier le corps ?
Serena secoua la tête négativement, elle n’en pouvait plus de cette horrible incertitude.
- Ce sera atroce de toute façon, alors, allons-y.
Le commissaire souleva le drap et elle poussa un soupir de soulagement. L’homme allongé, là n’était pas Chuck. Ses yeux s’humidifièrent sans prévenir à la pensée de ce à quoi elle venait d’échapper.
Mais s’il n’était pas ici, cela n’était pas tout à fait rassurant pour autant. Il était donc ailleurs, sans papier, sans argent ni carte de crédit, sans téléphone et il n’en restait pas moins qu’il ne s’était pas manifesté.
L’urgence d’entendre la voix de Nate se fit plus pressante. Lui saurait la raisonner. Lui saurait trouver les mots pour mettre fin aux scénarios, tous plus scabreux les uns que les autres, qui avaient pris possession de son cerveau depuis le coup de fil de sa mère le matin même. Lui savait toujours l’apaiser et la réconforter.
Elle réalisa que, dans ces horribles circonstances, elle avait sa réponse.
*****
Sur les bords de la Seine, Blair se promenait en compagnie de Louis. L’après-midi se déroulait plutôt bien, même si elle tenait un kebab dans une main et qu’elle portait des vêtements de seconde-main.
Il lui faudrait tout brûler à son retour à l’appartement et un bon désinfectant à ajouter à son gel douche habituel.
- Je n'avais pas idée que tu appréciais tellement les fast-foods, sourit Louis. Je suis assez surpris que ton restaurant préféré soit situé rue de la Huchette !
- Oui, eh bien, les chefs-d’œuvre du Louvre ne se comparent pas aux simples plaisirs d'un Kebab, rit-elle faussement.
- Paris est une ville aussi complexe que merveilleuse, dit-il en repoussant une mèche des cheveux de Blair de sur son épaule.
Elle réprima un sentiment de répulsion au contact des doigts du prince sur sa peau. Son épiderme semblait développer une allergie, comme s’il ne répondait qu’à une seule personne, qui avait le don de déclencher une sensation intense et délicieuse par un simple frôlement de ses phalanges … ou de ses lèvres … ou de sa langue...
STOP !
Elle ne pensait plus à lui. Elle ne l’aimait plus. Elle le détestait de tout son être, de toute son âme. Il était le diable en personne : il avait réussi à l’enchaîner à lui pour l’éternité contre sa propre volonté.
Elle le maudit encore une fois et se réprimanda intérieurement. Elle était Blair Waldorf. Elle passait son après-midi avec un prince, un vrai prince, qui avait un château et une vraie courre.
- Tout comme toi, ajouta Louis en lui souriant.
Blair se reprit et lui rendit son sourire. Elle ne laisserait pas ce prince lui échapper. Son conte de fée l’attendait et elle ne laisserait pas passer sa chance cette fois.
- Sais-tu ce qui est meilleur que les fast-foods ? demanda-t-elle avec malice.
Elle devait réussir à se débarrasser de ce truc. Était-ce vraiment de la nourriture ? Quelle personne saine d’esprit pouvait infliger à son corps de subir les conséquences de l’ingestion de pareille chose ?
Il devait y avoir, au bas mot, un million de calories là-dedans. Sans parler du fait que ça se mangeait sans couvert, comme s’ils étaient dans une de ses tribus indigènes non civilisées de la grande forêt tropicale.
- Les artistes de rue, continua-t-elle de son ton le plus convaincant. Il parait qu'il y a un super percussionniste à la station de métro du Pont Neuf. On devrait aller y jeter un œil, tu veux ?
- Eh bien, en fait, je pensais plus à poursuivre cette magnifique après-midi avec toi par une balade en voiture avec chauffeur dans la campagne.
Génial ! Comme si elle avait envie d’être recouverte de piqûres d’insectes et de sentir le fertilisant pendant des jours !
- Mes parents organisent un bal pour le défilé Givenchy, précisa Louis.
Ce qui changeait bien entendu toute la donne.
- Oh! Givenchy était le préféré d'Audrey, s’extasia-t-elle.
- Est-ce que ça signifie que tu vas me permettre d’être ton cavalier ce soir ?
- Rien ne me ferait plus plaisir, sourit-elle de toutes ses dents. Sauf peut-être garder ce kebab pour plus tard.
Louis se mit à rire à sa plaisanterie, qui n’en n’était pas une. Elle jetterait cette chose immonde dès qu’elle en aurait l’occasion, hors de question que ça touche ses lèvres.
Lorsque Blair rentra à l’appartement des Waldorf-Rose, après avoir visiter quasiment toutes les stations de métro de Paris, elle était en effervescence.
Pour le plus grand malheur de la jeune-femme, Louis avait tenu à lui faire voire d’autres « artistes » et l’avait traînée dans toutes les galeries souterraines de la capitale française.
Une chanson avait résonné en elle bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. La jeune interprète était talentueuse mais au-delà de sa voix, c’est surtout la composition qui lui avait donné la chair de poule. Les paroles ricochaient dans son cerveau comme un écho sans qu’elle puisse les en chasser réellement.
Y a plus de soleil*
Quand j'me réveille,
Matin chagrin
Quand j'ai le mal de toi.
Cassé la nuit,
Le jour ausi.
Plus faim, pas bien
Quand j'ai le mal de toi
Mais quand j'ai le mal de toi,
Je raconte n'importe quoi :
Que tu n'me manques pas,
Que j't'attends pas,
Que j'ai des ailes,
Une vie nouvelle.
Sourire devant,
Souffrir dedans.
J'peux mentir comme ça
Quand j'ai le mal de toi.
Ton pull sur moi
Me donne moins froid,
Parfum qui r'vient
Quand j'ai le mal de toi.
T'écrire une lettre,
Partir peut-être.
Mourir, c'est rien
Quand j'ai le mal de toi.
Mais quand j'ai le mal de toi,
Je raconte n'importe quoi :
Que tu n'me manques pas,
Que j't'attends pas,
Que j'ai des ailes,
Une vie nouvelle.
Sourire devant,
Souffrir dedans.
J'peux mentir comme ça
Quand j'ai le mal de toi
Et puis l'espoir, j'suis sûr de t'voir,
Demain, ce soir ou bien plus tard.
Je n'veux plus croire qu'on nous sépare
Quand j'ai le mal de toi.
Ça y est t'es là, j'entends ta voix.
J'ai l'cœur qui bat, tu cours vers moi.
T'es dans mes bras... J'délire comme ça
Quand j'ai le mal de toi.
Mais quand j'ai le mal de toi,
Je raconte n'importe quoi :
Que tu n'me manques pas,
Que j't'attends pas,
Que j'ai des ailes,
Une vie nouvelle.
Sourire devant,
Souffrir dedans.
J'peux mentir comme ça
Quand j'ai le mal de toi.
Elle fit un effort supplémentaire pour se focaliser sur son objectif. Cela valait largement la peine de souffrir un peu pour avoir le privilège de rencontrer la famille Grimaldi. Qui sait ? Peut-être avait-il même un frère, ou un cousin, qui était moins comme lui … ou qui était plus comme …
Elle soupira et s’admonesta à nouveau. Elle devait se concentrer sur la tenue qu’elle porterait ce soir. C’était sa chance d’entrer dans la royauté et cela déterminerait tout le reste de sa vie.
Heureusement, elle avait réussi à faire comprendre à Louis qu’elle devait se préparer pour l’occasion et elle avait pu le convaincre d’aller écouter les talents d'autres interprètes une autre fois.
Elle avait filé Avenue Montaigne et Faubourg Saint Honoré pour se replonger avec délice dans le luxe après s’être littéralement frotté au petit peuple. Pourvu qu’elle n’ait pas attrapé une maladie !
Serena était au téléphone quand Blair pénétra au salon.
- Oui, d’accord. Je t’aime aussi, bye.
La brunette déposa ses sacs et ses paquets sur le meuble comme Rita apportait un plateau chargé de tasses et d’une théière.
- Un « je t’aime » pour Nate ou une « je t’aime » pour Dan ? interrogea-t-elle.
- Un « je t’aime » pour maman, répondit la blonde.
- Peu importe ! continua Blair comme si elle ne l'avait pas entendue. Je suis devenue égalitariste. J’accepterai ton choix, même s’il se porte sur Dan, et pas seulement parce qu’il est en tête des sondages sur gossip girl.
Blair pensait-elle vraiment qu’elle pourrait lui faire avaler ça ? Elle pouvait peut-être tromper Louis mais pas sa meilleure amie.
- Gossip girl a lancé un sondage ? questionna Serena qui ne voulait pas se disputer avec la brune. Elle avait d’autres choses en tête.
B se servit une tasse de thé et en déposa une autre devant son amie.
Cette dernière prit son courage à deux mains et se lança. Nate n’avait pas répondu à ses textos et elle ne pouvait pas laisser Blair dans l’ignorance. Garder ce secret était trop lourd à porter pour elle. Elle avait besoin de le partager avec quelqu’un, même si elle savait que la brunette ne réagirait certainement pas positivement à la nouvelle.
- B, je suis allée à la morgue aujourd’hui, entama-t-elle après avoir pris une gorgée du breuvage infusé.
- C’est quoi ça ? Un nouveau club ?
- Un endroit où on entrepose les cadavres, répondit Serena un peu agressivement sans bien savoir pourquoi. J’ai dû aller identifier un corps parce que la police pensait que c’était celui de Chuck.
Blair sentit son cœur rater un battement et jugea préférable de s’asseoir comme elle sentait une goutte de sueur couler le long de son échine.
Elle prit une gorgée de thé à son tour pour se donner contenance. La tasse tremblait un peu dans sa main quand elle la porta à ses lèvres.
- T’inquiète pas, ce n’était pas lui, la rassura immédiatement Serena.
- Je ne m’inquiète pas, mentit Blair.
Son amie fit semblant de la croire et prit une autre inspiration avant de continuer.
- Maman m’a appelé la semaine passée pour me dire qu’il avait disparu.
- Tu sais comment il est, cracha la brune. Je parie qu’il est enfermé quelque part, dans une maison close depuis qu’il a quitté New-York ! Il n’y a rien d’extraordinaire à ça. C’est du pur Chuck Bass.
- Je sais, c’est ce que je me suis dit aussi, avant de devoir me rendre à la morgue. Mais ce sont bien ses affaires que le mort avait sur lui. Ma mère et la police le cherche partout, il n’a pas payé les traites de l’hôtel depuis trois mois, ses actifs sont sur le point d’être gelés.
- Je me fiche royalement de ses actifs et tel que je le connais, il doit gérer ses finances par le biais de je ne sais quel gouvernement étranger de façon à ce que je ne me doute pas qu’il me harcèle.
- Blair, dit doucement la blonde. Ça ne ressemble pas à du harcèlement !
- On parle de Chuck là ! Ça doit faire partie d’un plan extrêmement élaboré. Gossip girl a dit que j’étais à Paris. Je te parie qu’il est déjà là ! Et il va sortir de son trou, tel un rat et rappliquer ici dès qu’il verra les photos qui seront prises au bal de ce soir, dans la presse demain matin.
- Son sang a été retrouvé sur son portefeuille, ajouta encore Serena. Tu ne crois pas qu’on devrait au moins s’assurer qu’il va bien ?
- Écoute, s’énerva Blair en se levant. Je suis désolée pour lui s’il a mis en rogne le mauvais pickpocket mais je dois me préparer pour le bal de ce soir avec Louis. J’ai rêvé d’un rencard comme celui-là tout l’été et je ne vais pas le gâcher pour lui. Je peux t’assurer que la pire chose qui va arriver à Chuck Bass, c’est que je sois heureuse sans lui !
Elle quitta précipitamment la pièce et se rendit dans sa chambre pour passer quelques coups de fil. Elle avait besoin de se faire coiffer et aussi d’une manucure. Elle se devait d’être parfaite pour son entrée dans la royauté européenne.
Il était hors de question que Chuck réussisse à lui faire rater la chance de sa vie. Elle se fichait de ce qui lui était arrivé. Il reparaîtrait, tiré à quatre épingles, d’ici quelques jours, toujours aussi diaboliquement beau et sexy qu’à son habitude.
Dès la parution des journaux, demain, elle aurait de ses nouvelles. Il se manifesterait, d’une manière ou d’une autre, pour faire savoir à Louis, ainsi qu’à elle-même, qu’elle était à lui et rien qu’à lui et qu’il ne permettrait jamais à personne de toucher à sa propriété !
Et elle allait lui démontrer qu’elle n’était PAS une de ses propriétés. Elle ne lui appartenait pas. Pas plus que son cœur, ni son âme. Pas plus qu’il ne lui appartenait. Parce qu’il était sans cœur et sans âme.
* Carine Ferry « Quand j'ai le mal de toi » reprise de François Feldman.
Blair s’observait dans le miroir tandis que Sandra relevait quelques mèches de ses boucles chocolat avant d’y placer une tiare scintillante.
- Ce serait plus joli comme ça, indiqua la brunette en redressant l’ornement dans ses cheveux.
Serena entra dans la pièce, elle avait enfin réussi à joindre Nate. Malheureusement, il n’avait aucune idée d’où pouvait bien se trouver son meilleur ami. Ils n’étaient pas vraiment dans les meilleurs termes en mai dernier quand ce dernier avait quitté Manhattan.
Bien sûr Chuck lui avait laissé son petit carnet noir pour l’aider à passer l’été mais tout n’allait pas pour autant dans le meilleur des mondes entre eux.
Premièrement, Nathaniel en voulait beaucoup à l’héritier Bass pour avoir accepté le petit jeu de son oncle et fait du mal à Blair. Et deuxièmement, il avait couché avec Jenny.
Même s’il savait que cette dernière n’était pas innocente, son meilleur ami aurait dû être plus malin que ça. Nate était bien placé pour savoir à quel point la petite blonde pouvait être persuasive quand elle voulait quelque chose, mais il avait toujours su la tenir à distance et rejeter ses avances. Ce n’était pourtant pas la tentation qui avait manquée.
Mais, Jenny était jeune et Chuck aurait dû éviter le piège, tout comme lui-même l’avait fait. Si pas pour la jeunette, au moins pour Blair, ou par respect pour lui. Le jeune Bass n’ignorait pas que Nate et Jenny avait plus ou moins eu une histoire.
Seulement il était Chuck Bass et bien entendu, il se fichait des conséquences que ses actes pouvaient avoir sur les autres. Sauf que cette fois, il paierait également l’addition. Cette fois, il avait perdu Blair pour de bon.
Nate avait été clair avec Serena. Il n’avait pas cherché le moins du monde à avoir des nouvelles de son meilleur ami et il était également persuadé, tout comme Blair, qu’il passait du bon temps avec des jolies filles dans un endroit quelconque du globe.
Peut-être qu’elle s’inquiétait trop ?
Bien sur ce n’était pas les deux autres qui avaient dû se rendre dans une chambre froide pour identifier un corps !
- Oh, wow. Un couronnement ! Déjà ? Je n’avais pas réalisé que le rendez-vous d’aujourd’hui c’était si bien passé, s’exclama-t-elle quand elle vit B qui étudiait son reflet dans la glace.
- Si ! Nous avons marché, parlé, rigolé. J'avais oublié comment c'était de simplement s'amuser avec un garçon. Et à présent je pars rencontrer ses parents à un bal, sourit Blair, radieuse.
Serena lui rendit son sourire, heureuse pour son amie, même si son esprit ne pouvait s’empêcher de penser à son frère adoptif.
- Regarde, gloussa Blair en se levant pour montrer une dizaine de robes suspendues derrière elle. Ce sont toutes les robes que Louis a envoyées ! Elles sont toutes plus belles les unes que les autres ! Le conte de fée est de retour, tant que la méchante reine ne le gâche pas. Et je compte bien amadouer ma marâtre ce soir !
- Tu as bien raison. Va vivre ton conte de fée, lui conseilla la blonde.
Visiblement elle était la seule qui se tracassait du sort de son frère. Avec sa mère.
- Ne t'inquiète pas pour Chuck ! la sermonna la brune. Je suis certaine qu’il a lui-même orchestré tout ça pour qu’on lui pardonne plus facilement.
- Blair ! s’offusqua son amie.
Son frère avait de nombreux défauts, certes, mais de là à faire croire qu’il avait des ennuis pour qu’on le prenne en pitié, ce n’était pas du tout Chuck Bass.
La sonnette de la porte retentit mettant fin à leur petite conversation.
- Si c'est déjà mon carrosse, dites aux chevaux que je ne suis pas prête ! cria Blair, prise de court, à Maria qui se pressait pour ouvrir.
Mais ce n’était qu’un courrier adressé à Serena.
- Maintenant, dépêche-toi. Ça, ça ne va pas du tout, dit Blair en s’adressant à Sandra. Je n'arrive pas à croire que votre peuple ait inventé la coiffure.
Serena sortit une note de l’enveloppe puis jeta un œil à Blair qui continuait à houspiller la pauvre coiffeuse. Elle quitta la pièce en catimini.
*****
Le chauffeur du prince Grimaldi se présenta moins d’une heure plus tard pour emmener Blair à la bijouterie Harry Winston avant de se rendre au bal. Cette dernière failli défaillir lorsqu’il lui expliqua que Louis avait sélectionné quelques bijoux pour qu’elle choisisse celui qui lui plairait le plus afin de le porter pour la rencontre avec sa famille.
Elle observa le dernier collier que la vendeuse venait de lui présenter.
- C'est magnifique, s’exclama-t-elle. Je veux dire, bien sûr, ils le sont tous. Le prince doit s’attendre à ce que je choisisse un bijou parfait pour l’occasion. Mais ils sont tous si beaux que je ne sais lequel serait le plus approprié.
Il n’était pas dans ses habitudes d’hésiter pour ce genre de chose. Elle avait toujours su avec précision ce qui convenait ou pas, suivant les différentes soirées mondaines auxquelles elle assistait. Elle était Blair Waldorf après tout.
Un employé passa devant elle avec un plateau où trônait une bague qui brillait de mille feux dans un écrin de velours. Sans même en avoir vraiment conscience, son regard s’accrocha au diamant et elle se leva de son siège.
- Une splendeur telle que celle-là : carats, clarté, charisme. dit-elle, soufflée par la perfection du bijou. Non pas que je m'attende à ce que Louis m'achète une bague si vite, mais... C'est la plus belle chose que j'aie jamais vue.
Elle se saisit de l’écrin pour mieux l’admirer.
- Je suis désolé mais cet article a déjà été vendu, indiqua l’employé en la lui reprenant des mains pour la reposer sur le plateau.
Le tintement de la porte d’entrée attira l’attention de Blair. Elle sentit l’agacement s’emparer d’elle lorsqu’elle vit débarquer Serena. La bague était pour elle, à tous les coups ! Pourquoi sa meilleure amie devait-elle toujours avoir ce qu’elle désirait le plus ?
- Qu’est-ce que tu fais là ? s’enquit-elle avec véhémence.
- Et toi ? s’étonna Serena.
- Je vois que vous avez trouvez l'objet qui appartient à Monsieur Bass, intervint une voix masculine.
Blair nota seulement la présence d’un homme aux cheveux gris aux côtés de la blonde.
- Qui appartient à Monsieur Bass ? répéta la brune. La bague est à lui ?
Son cœur chavira et elle eut toute les peines du monde à garder contenance.
- Blair, je te présente l'inspecteur Chevalier. C’est lui qui m’a amenée ici pour la récupérer. C'est la raison pour laquelle je suis là.
- Mais … qu’est-ce … entama Blair sans plus rien comprendre.
La seule chose qu’elle entendait, c’était les battements désordonnés de son cœur qui résonnaient et déchiraient sa poitrine.
Chuck avait acheté une bague ? Une bague de fiançailles !
- Les voleurs n'ont pas pu mettre en gage une pièce d'une aussi grande valeur dans leur repaire habituel à Prague, expliqua l’inspecteur Chevalier. Alors ils sont venus à Paris afin d'essayer de la revendre à son fabriquant. Mais la maison Harry Winston savait que Monsieur Bass en était l'acquéreur d'origine. Ils nous ont donc prévenus. Grâce aux caméras de surveillance, nous avons pu appréhender un des voleurs. C’est pourquoi j’ai envoyé une convocation à Mademoiselle Van Der Woodsen pour qu’elle se présente au poste de gendarmerie. Le cadavre inconnu qui avait en sa possession les papiers de Monsieur Bass était son complice.
- Et … le sang de Chuck sur son portefeuille ? questionna Blair d’une voix étranglée.
- Apparemment, Monsieur Bass ne voulait pas se séparer de la bague. Il s’est accroché au boîtier, refusant catégoriquement de le lâcher malgré les circonstances. Il s’est tellement débattu pour le conserver qu’ils ont fini par lui tiré dessus avant qu’il n’attire vraiment l’attention sur eux, d’après les dires du voleur que nous avons arrêté tout à l’heure.
Serena vit le visage de son amie perdre ses couleurs.
- Ils ont tiré sur Chuck ? s’alarma-t-elle.
- C’est ce qu’a déclaré le type en tout cas. Il a tout mis sur le dos de son complice bien entendu ! Les morts ne peuvent pas se défendre.
- Mais … Où est-il ? paniqua Blair. Je veux dire, est-ce qu’il … est-ce qu’il …
Elle ne pouvait pas terminer sa phrase, c’était impossible. Chuck allait bien ! Il était dans un bordel quelque part à Bangkok ou … à … Prague.
Elle sentit ses jambes flageolées et Serena passer un bras autour de ses épaules.
Serena était assise en face de Blair dans la bijouterie Harry Winston. Celle-ci avait repris quelques couleurs après que la vendeuse lui ait apporté un peu d’eau.
L’inspecteur Chevalier était reparti pour le commissariat. Il avait promis d’appeler à l’instant même où il y aurait un indice ou une piste quelconque sur l’endroit où se trouvait Chuck.
L’escroc Tchèque serait réinterrogé, avec un interprète cette fois, pour tenter de savoir quand exactement avait eu lieu l’agression et ce qu’il était advenu de la victime a qui avait été dérobé les objets retrouvés.
- Il faut que je me dépêche, dit soudain la brune en se levant. Louis va m’attendre, le bal doit commencer dans moins d’une demi-heure et je ne peux pas être en retard pour ma présentation à une famille royale.
- Blair, soupira Serena. Tu sais que cette bague était pour toi. Il allait te demander en mariage au sommet de l'Empire State Building.
- Je … Je ne peux pas me soucier de ça. Je ne veux pas me laisser attendrir. Ça ne change pas ce qu'il a fait à la place ... Jenny Humphrey.
- B, je sais à quel point il t'a fait souffrir. Et il le sait très bien lui aussi, j’en suis certaine.
- Si tu veux bien m'excuser, je dois aller à un bal.
Blair quitta la bijouterie sans se retourner. Elle n’en n’avait pas besoin pour savoir que Serena la suivait.
- Blair, appela cette dernière.
La brune continua son chemin sans s’arrêter jusque sur le trottoir. Elle grimpa dans la voiture que Louis lui avait envoyée et claqua la portière violemment.
Serena soupira. Que son amie assiste ou pas à ce bal ne changerait rien à la situation. Il ne lui restait plus qu’à prévenir sa mère à présent. Et peut-être Nate ?
*****
- Allô.
Le cœur de la blonde s’emballa simplement au son de la voix du beau capitaine de lacrosse.
- Salut, dit-elle timidement.
- Tu as des nouvelles de Chuck ?
Nate n’avait pas pu s’empêcher de penser à elle depuis qu’elle l’avait appelé pour lui demander s’il savait où se trouvait le jeune-homme disparu.
Il lui avait dit de ne pas s’inquiéter mais, après avoir eu une autre conversation avec Lily, il se rendait compte que quelque chose clochait. Les dépenses payées avec les cartes de crédit de son meilleur ami n’avaient aucun sens. Elles ne cadraient pas du tout avec le style de vie de Chuck Bass.
- Oui, confirma la blonde. Il se serait fait dévalisé à Prague d’après les informations que la police française a pu recueillir.
- Ça explique les retraits d’argents pour des sommes minimes ainsi que les paiements de tickets de train de seconde classe et les cartes de téléphone pré-payées des derniers jours, réfléchit tout haut l’héritier Archibald.
Serena grimaça avant de lui annoncer la 2ème partie du message.
- Il s’est aussi fait tiré dessus, lâcha-t-elle très vite.
- Quoi ?
- Il a résisté et …
- Attend, tu te fous de moi là ? On parle de Chuck. Il n’est pas du style bagarreur. Il déteste quand il n’a pas l’avantage. Il serait plutôt du genre à donner tout ce qu’il a et à faire opposition aussi sec, puis à envoyer son privé pour déterrer ce dont il a besoin pour se venger.
- Sauf que cette fois, il avait quelque chose sur lui dont il ne voulait pas se séparer.
- Chuck ne mettrait pas sa vie en danger pour quoi que ce soit, il peut remplacer n’importe quel objet de valeur.
- Pas ça, répondit Serena, catégorique.
- La bague, avança Nate après un moment de silence.
Serena resta silencieuse elle aussi.
- Est-ce qu’il va bien ? demanda finalement son ami, comprenant que la situation était vraiment des plus sérieuses.
- On sait que l’agression a eu lieue à Prague. Mais il est toujours porté disparu. Maman était effondrée au téléphone quand je le lui ai annoncé. La police me préviendra dès qu’ils auront plus d’informations, ils ont contacté leurs collègues Tchèques.
- Préviens-moi dès qu’il y aura du nouveau, demanda Nate.
- Compte sur moi, répondit la blonde avant de raccrocher.
*****
Blair pénétra dans la salle de bal, cherchant Louis du regard. Elle avait fait de son mieux pendant tous le voyage pour chasser le regard pénétrant de Chuck qui ne voulait pas la quitter. Elle ne pouvait pas se permettre d’être faible. Il l’avait déjà rendue bien trop dépendante.
Sa vie l’attendait, son prince l’attendait. Elle devait saisir cette opportunité qui s’offrait à elle. L’opportunité de se détacher de lui, de tourner la page, d’être heureuse … avec un autre.
Un autre qui ne serait pas égoïste et égocentrique. Un autre qui l’aimerait et qui lui offrirait un royaume entier. Un autre qui ne la ferait jamais souffrir.
- Blair, s’exclama Louis, soulagé qu'elle soit venue. Tu es magnifique.
- Merci, dit-elle en prenant la main qu’il lui tendait.
- Tu as pu régler tes affaires ?
- Oui, je suis désolée d’être en retard au bal de tes parents.
- Ne t’inquiète pas, il est encore tôt. Je te les présenterai tout à l’heure. Mais d’abord, amusons nous. Tu veux commencer par quoi ? Une coupe de champagne ? Une danse ?
- La danse me paraît bien, répondit Blair qui n’avait aucune envie de l’écouter partir dans une diatribe identique à celles dont il l’avait abreuvée pendant tout l’après-midi.
Louis l’emmena sur la piste.
A strangled smile fell from your face *
What kills me that I hurt you this way
The worst part is that I didn't even know
Now there's a million reasons for you to go
But if you can find a reason to stay
3 mots, 8 lettres. Dis-les et je suis à toi.
Un sourire amer s’installe sur ton visage
Ce qui me tue c'est de te blesser de cette façon
Le pire c'est que je ne le savais même pas
Maintenant il y a un million de raisons pour toi de partir
Mais si tu pouvais trouver une raison pour rester
Je t’aime aussi.
I'll do whatever it takes
To turn this around
I know what's at stake
I know that I've let you down
And if you give me a chance
Believe that I can change
I'll keep us together whatever it takes
Je sais que tu l'as ressenti. C'était réel. Je sais que tu le ressens là.
Je ferai tout ce qu'il faut
Pour changer ça
Je sais ce qui est en jeu
Je sais que tu as laissé tomber
Mais si tu me donnes une chance
Si tu crois que je peux changer
Je ferai n'importe quoi pour que nous restions ensemble
Peu importe ce que je ressens ou pas, on ne se sent pas en sécurité.
She said "If we're gonna make this work
You gotta let me inside even though it hurts
Don't hide the broken parts that I need to see"
She said "Like it or not it's the way it's gotta be
You gotta love yourself if you can ever love me"
J'ai fait la chose la plus dangereuse de toute ma vie quand je t'ai dit "je t'aime" Et ça en valait la peine.
Elle a dit "Si nous voulons que ça marche
Tu dois me laisser entrer, même si ça fait mal
Ne caches pas les morceaux brisés en toi que j'ai besoin de voir"
Elle a dit : "Qu'on le veuille ou non, c'est comme ça que ça doit être
Tu dois t'aimer toi même si tu veux pouvoir m'aimer"
Si j'ai surmonté ma peur pour toi, tu peux en faire de même pour moi.
I'll do whatever it takes
To turn this around
I know what's at stake
I know that I've let you down
And if you give me a chance
And give me a break
I'll keep us together, I know you deserve much better
On ne sera jamais sûr. Auras-tu assez de courage ou pas ?
Je ferai tout ce qu'il faut
Pour changer ça
Je sais ce qui est en jeu
Je sais que tu as laissé tomber
Mais si tu me donnes une chance
Si tu me donnes du temps
Je nous garderai ensemble, je sais que tu mérites bien mieux
Je ne pensais pas te voir ce soir... Ou même jamais.
But remember the time I told you the way that I felt
That I'd be lost without you and never find myself
Let's hold onto each other above everything else
Start over, start over
J'allais pas venir. J'y étais déterminée. Chaque os de mon corps a essayé de me ralentir. Une voix dans ma tête criait "Non !"
Mais rappelles toi le temps où je te disais ce que je ressentais.
Que je serais perdu sans toi et que je ne me retrouverais jamais moi-même
Aidons-nous l’un l’autre à surmonter tout ça
Recommencer, un nouveau départ
Mais...
I'll do whatever it takes
To turn this around
I know what's at stake
I know I've let you down
And if you give me a chance
and believe that I can change
I'll keep us together whatever it takes
Mais je n'ai pas écouté. J'ai suivi mon cœur parce que je t'aime.
Je ferai tout ce qu'il faut
Pour changer ça
Je sais ce qui est en jeu
Je sais que tu as laissé tomber
Mais si tu me donnes une chance
Si tu crois que je peux changer
Je ferai n'importe quoi pour que nous restions ensemble
Je ne peux pas nier que la route est compliquée, mais à la fin, l'amour rend tout simple.
- Je suis désolée, Louis. Je ne peux pas faire ça !
Avant même que le prince ne puisse esquisser un mouvement, elle se dégagea de son étreinte et se rua hors de la salle de bal.
*“Whatever It Takes” (Tout Ce Qu'il Faut) Lifehouse.
La brunette prit un taxi pour quitter le bal dans un état second.
Une fois assise sur la banquette, elle revient peu à peu à la réalité.
Elle massa distraitement sa cheville gauche, endolorie. Elle se l'était tordue dans les escaliers en s'échappant par la grande porte et avait même abandonné une de ses chaussures derrière elle dans sa fuite.
Elle ôta la 2ème en se maudissant. Elle ne parvenait pas à croire qu’elle venait de planter son prince en plein milieu de la piste de danse. Et tout ça à cause de ce salopard égoïste, manipulateur et sans cœur.
Comment avait-elle pu en arriver là ?
Elle, Blair Waldorf, ne maîtrisait plus ses propres émotions … à cause de lui.
C’était entièrement sa faute à lui si elle ne supportait plus qu’un autre la touche. Si elle n’aspirait qu’à être dans ses bras quand ceux d’un autre ceinturaient sa taille. Si elle ne pensait qu’à lui quand le souffle d’un autre effleurait sa peau. Si la moindre fragrance boisée lui rappelait son odeur et la ramenait instantanément et irrémédiablement dans les draps qu’ils avaient partagés.
Elle pouvait encore sentir ses mains qui parcouraient les courbes de son corps et ses lèvres qui happaient sa peau, juste là, dans son cou, sous le lobe de son oreille. Elle frissonna aux simples souvenirs du plaisir que ça lui procurait et à l’idée de celui qui s’en suivait toujours sous la langue experte de Chuck Bass.
Quel bâtard ! Il l’avait envoutée, ensorcelée et maintenant elle était condamnée à vivre le reste de sa vie avec le cœur en miette parce que lui n’en n’avait pas !
La voiture s’arrêta devant l’immeuble des Waldorf-Rose et elle s’extirpa du véhicule en soupirant. Il fallait qu’elle trouve un moyen d’échapper à son emprise.
Lorsqu’elle pénétra dans l’appartement, Blair trouva sa meilleure amie occupée à faire ses bagages pour la 2ème fois en une semaine.
- Qu’est-ce qui se passe ?
Serena suspendit son geste, hésitant un instant.
- Tu es fâchée contre moi parce que je refuse de me laisser embarquer dans cette histoire sordide ? questionna encore Blair sur la défensive.
Inutile d’espérer pouvoir trouver une oreille attentive en sa meilleure amie en ce moment.
De toute manière, il n’y avait rien à dire !
Elle allait purement et simplement éliminer Chuck Bass de sa mémoire et elle reprendrait le cours de sa vie comme s’il n’avait jamais existé. Il fallait juste qu’elle trouve le bon exorcisme !
- Non, Blair, je ne suis pas fâchée contre toi. Je comprends tout à fait tes motivations pour rester à l’écart des problèmes de Chuck et vouloir vivre ton propre compte de fée.
- Alors pourquoi fais-tu tes bagages ? demanda la brunette d’un petit air pincé en croisant les bras sur sa poitrine.
- Je … J’ai eu des nouvelles … à propos de …
- Chuck ! termina Blair à sa place sans pouvoir empêcher son cœur de tressaillir à la prononciation de son prénom.
Serena hocha la tête tout en continuant à entasser des vêtements dans sa valise, sans trop oser regarder sa meilleure amie.
Cette dernière avait raison, elle n’avait pas le droit de l’embarquer dans cette histoire, elle avait déjà bien assez souffert à cause de son frère et ce n’était plus son problème à présent.
- Je ne pensais pas que tu rentrerais cette nuit, avança la blonde pour changer de sujet.
Blair lui jeta un regard courroucé.
- Tu pensais donc quitter cet endroit sans même me dire au revoir ?! releva-t-elle.
- Je t’aurais laissé un mot, argua la blonde, évitant toujours de faire face à Queen B.
- Tu as l’intention de m’informer de ce qui se passe ou bien tu vas me laisser dans l’ignorance la plus totale ? s’emporta la brune.
- Je croyais que ça ne t’intéressait pas !
- Je me contrefiche de lui, éclata Blair, prenant soin de ne pas prononcer son prénom cette fois. Mais pas de toi !
Serena fit face à sa meilleure amie, elle pu voir le mensonge étalé en grand sur ses traits, sous le masque d’indifférence qu’elle affichait pour celui qui avait volé son cœur.
La blonde réfléchit un instant. Devait-elle partager ou non ce qu’elle venait d’apprendre sur la disparition de son frère ?
- Le type arrêté a parlé, lâcha-t-elle soudain, sans quitter Blair du regard.
- Et ? questionna celle-ci, le ventre noué malgré sa volonté de ne pas s’impliquer.
- Ils l’ont laissé pour mort dans une ruelle mal famée, il y a un peu plus d’une semaine.
Serena vit Blair accuser le coup.
- La police tchèque n’a rien pu dire à propos d’une personne retrouvée morte à cette date et à cet endroit alors…
- Il est toujours en vie, affirma Blair d’une voie un peu trop forte.
- Je l’espère en tout cas. Je vais me rendre sur place pour essayer d’obtenir plus d’informations. J’ai un vol pour Prague dans trois heures.
- Je viens avec toi, s’exclama la brune en quittant la pièce pour faire ses propres bagages.
Serena la suivit jusqu’à sa chambre. Elle observa son amie s’activer fébrilement, jetant ses vêtements pêle-mêle, sans même prendre le temps de les plier correctement, dans le fond de sa valise.
- Blair, tu n’es pas obligée de venir.
- Mais bien sur que j'y suis obligée ! Je ne vais pas te laisser aller dans les bouges de Prague toute seule.
- Je ne serai pas seule ... Nate doit me rejoindre là-bas.
La brune la dévisagea, incrédule.
- Chuck est son meilleur ami, expliqua S.
- Raison de plus, argumenta Blair. Nous sommes le club des petits déjeuners sans jugement, non ?
Qui pouvait-elle encore tromper ? Même pas elle-même et sûrement pas sa meilleure amie !
Serena posa le pied sur le sol de l'aéroport Václav Havel à Prague, elle apprécia le vent frais de la nuit. Elle avait tenté de se reposer un peu pendant la durée du vol mais il était bien trop court et Blair était comme une pile électrique à ses côtés.
Heureusement qu'elles avaient eu la chance de pouvoir avoir les dernières places en 1ère classe sinon, ça aurait été encore bien pire.
Sa compagne trépignait maintenant d'impatience en attendant que leurs bagages apparaissent sur le tapis roulant.
Elle comprenait parfaitement l'angoisse de sa meilleure amie, elle la partageait. Bien sur, Queen B n'était toujours pas prête à avouer qu'elle était morte d'inquiétude pour celui qui avait brisé son cœur en mille morceaux et l'avait humiliée en couchant avec Jenny Humphrey. Dieu merci, personne ne le savait à part les membres de leur famille.
Et Nate évidemment !
Il tardait à Serena d'être demain pour qu'il soit là, auprès d'elle, ... enfin d'elles !
*****
L'héritier Archibald devait atterrir sur le sol de la République Tchèque dans la matinée du lendemain.
Il devait rejoindre son ex-petite amie et ensemble, ils se lanceraient à la recherche de Chuck. Il soupira en regardant par le hublot. Il était incapable de se concentrer sur un film de la liste proposée, quel qu'en soit le titre et le sujet.
Son meilleur ami n'avait pas donné de signe de vie depuis qu'il avait quitté Manhattan. Rien d'extraordinaire pour l'héritier Bass. Mais Le jeune-homme s'en voulait tout de même de l'avoir laissé partir sans avoir pu mettre les choses à plat avec son colocataire.
Il lui avait reproché son attitude envers Blair. Comment Chuck avait-il pu la troquer contre un hôtel ? Franchement, il avait l'habitude de ses écarts de conduite, c'est ce qui avait fait la renommée de Chuck Bass, mais là, il était allé trop loin.
Nate ne parvenait pas à comprendre ce qui avait pu se passer dans la tête de son ami pour en arriver là. Il savait que Chuck aimait sincèrement Blair. Il l'aimait comme il n'avait jamais aimé personne. Alors pourquoi avait-il accepté le petit jeu pervers de Jack ?
Quoi qu'il en soit, malgré le ressentiment qu'il avait éprouvé pour le jeune Bass, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui. Il connaissait la propension à l'autodestruction de son meilleur ami.
Et ce qui lui faisait le plus peur, c'était qu'il ne s'était pas acquitté des traites de l'Empire depuis trois mois alors qu'il était prêt à sacrifier l'amour de sa vie pour cet hôtel quelques semaines auparavant.
Ce qui voulait dire qu'il se fichait même de l'héritage que son père lui avait laissé. Pourtant rien n'avait plus d'importance aux yeux de Chuck depuis sa naissance que d'être à la hauteur des attentes du grand Bartholomew Bass.
C'était ce qui avait régi toute sa vie. Tous les actes de Chuck avaient toujours eu un rapport avec Bart. La plus part étant des gestes désespérés pour attirer l'attention du Grand Manitou.
*****
Blair suivi Serena à travers le hall du Mandarin Oriental, l'hôtel grand luxe était magnifique. C'était le plus luxueux de la capitale. L’édifice, avec ses éléments gothiques, renaissance et baroques, retraçait l’histoire locale.
Ses chambres étaient les plus vastes de toute la ville, toutes décorées différemment. Un exemple parfait du mariage réussi du style contemporain et des détails caractéristiques de l’architecture des pays d’Europe de l’Est et de la technologie la plus moderne.
Pas étonnant que Chuck soit descendu dans cet endroit. Bien entendu, elles avaient elles-mêmes réservé dans les meilleures suites de l'hôtel, bénéficiant d’une ravissante vue sur les toits de Malá Strana et sur le somptueux château de Prague.
Le Mandarin était le nouvel emblème du luxe en République Tchèque. Il jouissait d’une situation exceptionnelle au cœur du "Petit Quartier" du centre historique de Prague.
En d'autres occasions, la belle brune aurait pu être sensible à l’atmosphère pleine de charme du pays d’Europe de l’Est. C'était un hôtel intime et romantique aménagé dans un ancien monastère du XIVème siècle.
Ils auraient pu y venir en amoureux, pendant l'été et visiter les sites touristiques de la Ville d’or. Voir le Musée tchèque de la Musique et faire une balade au clair de lune sur le célèbre pont Charles.
Mais il avait tout gâché. Ils ne feraient jamais ce voyage ni aucun autre et ce n'était certainement pas à ces charmes là que Chuck s'était abandonné depuis mai. La révolution de velours n'avait en aucun cas le même sens pour lui que pour elle.
D'ailleurs le quartier dans lequel il s'était fait tiré dessus, Perlovka, était connu pour être un haut lieu de la prostitution et un repère du grand banditisme, ce qui convenait plus que certainement à Chuck Bass.
Blair soupira et se laissa choir sur son lit. Il ne le partagerait plus jamais non plus, elle s’en faisait le serment. Quand ils l’auraient retrouvé - parce qu’il allait le retrouver ! - Elle l’étranglerait de ses propres mains et elle serait débarrassée une bonne fois pour toute de cette horrible plaie qui lui déchirait le cœur à chaque palpitation.
A l’heure qu’il était il se roulait certainement dans la fange avec une fille à 2000€ la nuit, gavé de whisky et de toutes autres substances hallucinogènes qu’il avait pu trouver.
Et il savait toujours où en trouver, peu importe l’endroit du monde où il était.
Tandis qu’elle, pauvre idiote, se rongeait les sangs pour lui et était malade d’inquiétude même si elle affirmait le contraire à Serena. Elle savait que sa meilleure amie faisait seulement semblant de la croire et elle lui en était pleinement reconnaissante.
*****
Le jeune-homme ouvrit lentement les paupières. Sa tête pesait des tonnes et la lumière l’aveuglait. Il porta les mains à ses tempes, dont le martèlement résonnait dans son crane et la douleur vive irradia depuis son flan gauche.
Il gémit et tenta de regarder autour de lui. Il était dans une pièce, allongé sur un lit. En observant son abdomen, il vit un énorme pansement qui recouvrait les bas de ses côtes.
- Est-ce que ça va ? demanda une voix.
Il tourna la tête en direction de la voix et aperçu une jeune-femme blonde qui le scrutait avec intérêt.
Comment s’appelait-elle déjà ?
- Tu as encore eu un sommeil très agité, commenta la voix. Les médicaments que je t’ai donnés n’ont pas vraiment aidé. Je tenterai de m’en procurer d’autres ce soir.
Il ferma les yeux pour tenter de se rappeler.
Il s’était réveillé dans des circonstances similaires, il y a …
1 heure ? 1 jour ? 1 semaine ? 1 mois ?
- Tu devrais essayer de manger quelque chose, ça ne pourra te faire que du bien. J’ai fait des pâtes, tu en veux ? dit la blondinette en s’éloignant vers le coin cuisine de son appartement.
Il étudia les alentours. Le studio était une pièce minuscule. Décoré par une fille sans le moindre doute et sans grand luxe. Le lit dans lequel il se trouvait était dans le coin gauche, un paravent servait de cloison pour séparer la chambre du reste et donner un minimum d’intimité.
Un vieux sofa, recouvert d’un plaid qui avait fait plus que son temps, devant un écran de télévision devait faire office de salon et le coin cuisine en lui-même se résumait à une table et trois chaises, placés devant un frigidaire et une cuisinière électrique.
La blondinette remplit une assiette de pâtes et la plaça dans le micro-onde, à côté d’un percolateur, sur une armoire basse qui n’était pas de la 1ère jeunesse non plus.
Il souleva le drap pour sortir du lit mais ce simple geste lui coupa la respiration.
Elle se retourna en l’entendant étouffer un cri.
- Eh doucement ! dit-elle en accourant vers lui. Je n’ai suivi que la moitié d’une année en école d’infirmière et les points de suture, ce n’était pas ma spécialité. Il vaut mieux que tu restes allongé encore quelque temps.
Elle l’aida à se relevé un peu, après les quelques minutes qu’il lui fallu pour reprendre son souffle et arrangea un ou deux oreillers dans son dos pour l’aider à rester assis malgré la douleur qui lui cisaillait à présent les entrailles.
- Tu es bien comme ça ? demanda-t-elle avec un sourire.
Il acquiesça d’un signe de tête. « Bien » était un grand mot mais il ne pouvait pas manger couché et il venait de prendre conscience qu’il mourrait de faim.
Depuis quand n’avait-il pas pris de repas ?
- J’espère que tu aimeras, indiqua la jeune-fille en revenant vers lui avec l’assiette et un couvert. Si tu préfères, j’ai du fromage râpé pour y ajouter.
Est-ce qu’il aimait les pâtes avec du fromage ?
Elle installa un plateau sur ses genoux et y déposa l’assiette.
Eva ! Elle s’appelait Eva.
Lorsque Nate débarqua sur le tarmac tchèque, Blair et Serena l'attendaient de pied ferme.
Aucune d'elles n'avaient vraiment eu de sommeil réparateur.
La brune n'avait quasiment pas fermé l’œil de la nuit. A chaque fois qu'elle y parvenait, elle se retrouvait au bal des Grimaldi, mais quand elle relevait la tête, ce n'était pas dans les bras du prince Louis qu'elle se trouvait.
Elle avait beau tenter de le chasser de son esprit et de son cœur, Chuck y occupait une place prépondérante, il y était même omniprésent. Quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle pense, elle revenait irrémédiablement à lui.
La blonde n'avait pas eu plus de succès avec ses songes. Outre l'anxiété qu'elle éprouvait pour ce qui avait pu arriver à son frère, l'arrivée du bel Archibald affolait son cœur.
Elle savait qu'il faisait le voyage parce qu'il était inquiet pour leur ami lui aussi et elle se pensait horrible de se laisser distraire par ses sentiments en ces instants d'appréhension quant à la vie même de Chuck.
Mais elle ne pouvait s'empêcher de se dire que les bras de Nate passés autour de ses épaules la rassurerait plus que n'importe quoi d'autre, même si cela n'avait aucun sens.
-Salut, dit-il en s'adressant aux jeunes-femmes.
Il avait les traits tirés, lui non plus n'avait pas eu de repos.
- Tu as fais bon voyage ? questionna un peu timidement Serena en posant ses yeux clairs dans ceux tout aussi clairs de son ex.
A vrai dire, il n'était pas vraiment son ex, ils s'étaient accordé un break pour l'été. Ils n'avaient pas officiellement rompu.
- On n’a pas le temps pour ça, la rabroua Blair avant même qu'il n'ait pu répondre.
- C'est vrai, commenta Nate, on n'a pas de temps à perdre.
Il emboîta le pas à la brunette pour gagner la voiture qui devait les ramener au Mandarin pour qu'il puisse s'installer avant de démarrer leurs recherches.
- J'ai contacté la police locale ce matin, l'inspecteur Chevalier nous a arrangé un rendez-vous avec son homologue Tchèque dans moins de deux heures. Nate ne traîne pas sous la douche ! lui recommanda-t-elle.
Serena en resta sans voix. L'inspecteur Chevalier était son contact ! Et quand est-ce que sa meilleure amie avait trouvé le temps de l'appeler entre le moment ou elles avaient atterri, au milieu de la nuit et le moment où elles étaient venues chercher leur ami ?
- Tout le monde ne reste pas là à tergiverser pendant que les heures tournent. Le temps nous est compté. D'après le rapport du policier qui a interrogé ce scélérat, son acolyte et lui ont abandonné Chuck, agonisant, il y a 10 jours, dans une ruelle de Perlovka.
Et comment Blair pouvait-elle connaître le contenu du rapport de police ?
- Il suffit de savoir poser les bonnes questions, indiqua la brune comme si elle lisait dans les pensées de la blonde.
Mais malgré toutes les questions qu'ils posèrent, le commissaire de la police Tchèque qui les accueillit ne leur fournit pas beaucoup de réponse.
Pour autant que la police en savait, il n'y avait rien eu de signaler cette nuit là, qui sorte de l'ordinaire, dans cette partie de la ville.
Aucun crime n'avait été répertorié. Aucun corps n'avait été retrouvé, ni au milieu d'une ruelle, ni dans l'arrière-courre d'une des nombreuses maisons closes, ni dans les bennes à ordures ou ailleurs.
Bien sur les habitants du quartier n'étaient pas bavards et pas non plus en très bon termes avec les forces de l'ordre.
Quoi qu'il en soit, la seule chose qui était certaine, c'est que personne n'avait la moindre information sur Charles Bass.
- Pour le coup, on a vraiment perdu notre temps, grommela Nate en rentrant à l'hôtel.
- Il nous a reçus parce que l'inspecteur Chevalier le lui avait demandé, mais il savait parfaitement que ça ne servirait à rien. La police n'a aucune information et n'en cherche pas, ajouta S.
- On se retrouve dans une heure au restaurant, en attendant, vous avez quartier libre, commanda Blair.
Elle se dirigea vers sa chambre sans un regard pour eux. La blonde jeta un coup d’œil à Nate qui opina du bonnet. Ils suivirent Queen B et pénétrèrent dans sa suite sans lui laisser l'opportunité de refuser.
- Blair, entama doucement Serena.
- Aucun corps n'a été retrouvé, déclara-t-elle avec force.
Elle sentait les larmes lui chatouiller les cils et fonça dans la salle de bain pour s'y réfugier. Elle ne pouvait pas craquer. Pas tant qu'elle n'avait pas terminé sa mission. Elle était Blair Waldorf et elle ne s'avouait jamais vaincue. Jamais.
- Tu crois que ça va aller ? questionna Nate.
- Elle a besoin d'être un peu seule, mais pas trop longtemps. Tu sais comment elle est. Elle refuse de laisser paraître ses faiblesses. Laisse-lui 20 minutes, puis si elle ne ressort pas, j'irai la chercher.
- Et toi ? Comment tu vas ? Tu tiens le coup ?
- Est-ce que j'ai le choix ? demanda-t-elle, les larmes aux yeux elle aussi.
Le jeune-homme s'approcha et passa ses bras autour d'elle.
Serena se laissa aller contre lui, nouant ses mains dans le dos de celui qui faisait toujours battre son cœur.
Elle avait raison, rien n'était plus rassurant que de se retrouver dans son embrasse.
- Nate ... commença-t-elle.
- Pas maintenant Serena, la coupa-t-il.
Elle se sentit encore plus horrible qu'au petit matin.
- On doit se concentrer sur Chuck pour l'instant. Mais dés qu'on aura remis la main sur lui, on devra avoir une discussion tous les deux. On ne peut pas continuer comme ça. Il faut qu'on éclaircisse les choses.
- Je suis d'accord, murmura-t-elle en posant sa tête sur son épaule.
Ça lui faisait tellement de bien d'être là, entre ses bras.
Lorsque Blair ressortit de sa tanière, un quart d'heure plus tard, après avoir réussi à dompter la peur qui alourdissait son cœur, elle ne trouva que Nate assis dans un des fauteuils à côté de son lit.
- On va le retrouver, dit-il pour tenter de la réconforter malgré l'angoisse qui rongeait ses propres entrailles.
- Il est sans doute quelque part dans une de ces chambres, avec une prostituée, répondit-elle avec une moue de dégoût, pleine de rancœur.
Mais elle n'avait jamais autant espéré le voir en compagnie d'une autre femme dans un lit de toute sa vie.
*****
Quelques heures plus tard, dans une rue non loin du centre d'activité de Perlovka Serena se tenait face à un homme qui tenait à la main une photo de Chuck.
- Il aurait été aperçu dans ce quartier et vu qu’il a un certain penchant pour l’alcool et d'autres choses, je me suis dit que j’allais commencer par ici, sourit-elle malgré la répulsion que lui inspirait le type qui la reluquait d'un œil inquisiteur.
- S’il vous plaît Monsieur, reprit-elle, j’ai déjà fait tous les autres bars. C’est mon demi-frère et je suis très inquiète pour lui. Si vous avez une idée de l’endroit où il est, dites le moi.
- Il n’a rien bu chez moi. Désolé ! se contenta de répondre le tenancier dans un mauvais anglais.
Blair s'agaça à ses côtés et la blonde se dit qu'il valait mieux sortir de là avant que sa meilleure amie n'explose.
C'était le 12ème établissement qu'ils visitaient et personne ne semblait avoir vu quoi que ce soit et surtout pas Chuck. Ils ne prenaient même pas la peine de faire semblant de regarder la photo.
Elle commençait à comprendre pourquoi la police ne montrait aucune motivation, cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Dans un coin de la pièce, elle vit Nate, aux côtés d'une jeune-femme court vêtue, lui faire signe qu'il était bredouille lui aussi.
Lorsqu'il quitta l'endroit, à la suite de Blair et Serena, il sentit une main agripper son bras et une autre fille lui glissa quelque chose dans la main.
Il la dévisagea mais la peur qu'il lu dans les yeux de cette dernière lui fit comprendre qu'il valait mieux sortir de là le plus rapidement possible et faire comme si de rien n'était.
- Que dit le mot ? s’enquit Blair, assise en face de Nate dans la chambre de ce dernier.
- « Ce soir 22hrs, demander Katia » répondit son ami en relisant pour les 10ème fois au moins le bout de papier que la jeune entraîneuse avait subrepticement glissé dans sa main lorsqu’il avait quitté le dernier bordel de Perlovka.
- Tu crois vraiment que c’est pour nous aider, ou bien elle fait ça pour nous attirer dans un traquenard ? questionna Serena.
- Elle veut peut-être tout simplement s’assurer un client ce soir, commenta B.
S la fusilla du regard.
- On le saura bientôt, répondit Nate en se levant pour enfiler sa veste.
Il ne savait pas ce à quoi il devait s’attendre. Serena avait peut-être raison. Peut-être allait-il tout simplement se jeter dans la gueule du loup. Mais il n’avait pas le choix. Il ne laisserait pas passez la seule occasion qu’ils avaient d’obtenir des informations sur son meilleur ami.
- Ça peut être dangereux, fit remarquer la blonde en jetant un œil à l’élu de son cœur.
Elle tremblait qu’il ne lui arrive les mêmes déboires qu'à son frère. Si Nate était blessé …
- Et que proposes-tu alors ? demanda Blair, sarcastique.
- On devrait peut-être demander à la police …
- Mais oui, bien sur, dit la brune en levant les yeux au ciel. Et pourquoi ne pas sortir un lapin d’un chapeau ?
- Je dis juste …
- La police ne fera rien ! Tu as bien vu leur réaction ce matin. Tant qu’il n’y a pas de corps, il n’y a pas d’affaire, grinça Blair, les derniers mots lui écorchant la langue.
- On va suivre le plan, y a pas a discuter, dit l’héritier Archibald pour mettre un terme à la discussion.
Serena acquiesça à contre cœur. Il n’y avait pas d’autre moyen que d’envoyer Nate dans la fosse aux lions s’ils voulaient avoir une seule chance de localiser Chuck. Elle pria pour qu’ils sortent tous en vie de ce foutu pays.
- On se retrouve ici dés que j’ai du nouveau, indiqua le jeune-homme en glissant son i-phone dans la poche intérieur de sa veste.
Si tu as des ennuis, appuie sur la touche numéro 1, on sortira le commissaire Kevlov de son lit si nécessaire, recommanda Blair.
Elle faisait de son mieux pour cacher ses craintes mais elle non plus n’était pas rassurée de savoir Nate en territoire ennemi sans aucune protection. Elle n’avait aucune envie de perdre une autre personne chère à son cœur.
Nate dévisagea la brunette.
- Quoi ? Tu as bien toujours S en raccourci sur la 1ère touche non ?
- Euh .. Oui, balbutia-t-il sans vraiment oser regarder la blonde.
- Bien, alors on ne va pas lâcher l’écran du regard et moi de mon côté, je vais garder le pouce sur le numéro du commissaire, au cas où, indiqua Blair avant de sortir dans le couloir pour laisser un peu d’intimité à ses deux amis.
Serena et Nate restèrent une seconde pris au dépourvu par le départ de leur amie.
- Fais bien attention à toi, dit la blonde avant de poser légèrement ses lèvres sur celles de son ancien amant.
Il passa ses bras autour de sa taille et prolongea le baiser.
- Je reviens bientôt, souffla-t-il à son oreille avant de quitter la pièce à son tour.
*****
Lorsqu'il arriva à l'endroit visité dans la journée, Nate reconnu à peine le lieu. Désolé en plein jour, il était à présent bondé et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y avait de l'ambiance et qu'il y faisait chaud, très chaud même.
Plusieurs filles se trémoussaient en s'effeuillant sur trois pontons autour desquels étaient massés des hommes de tous âges et de toutes origines et nationalités. Pas de problème de racisme dans ce lieux !
Il passa derrière les deux 1ers et repéra Katia qui se déhanchait devant un petit barbu dont les yeux sortaient des orbites. L'homme glissa un billet de 50€ dans son string et elle se dandina un peu plus pour mieux lui faire voir ses seins.
Nate s'installa dans un des sièges à la table d'à côté et commanda un verre à la barmaid seins-nus. Il jeta un œil à Katia. Elle l'avait remarqué elle aussi et entreprit de lui offrir une danse.
- Demande un show privé, lui dit-elle dans un anglais parfait en se penchant pour déposer quasiment ses mamelons sur la table. Ça te coûtera 200$ pour 1 heure.
Il acquiesça et glissa 2 billets de 100$ dans son string lorsque la barmaid revint avec sa boisson. Il se leva et suivi la strip-teaseuse dans une arrière salle puis le long d'un corridor étroit.
- Tu sais quelque chose sur mon ami ? questionna-t-il la porte de la chambre à peine refermée.
La jeune-fille au cheveux rouges lui fit signe de se taire en posant un index sur ses lèvres et alluma la radio. Elle passa ses bras autour de son cou, se collant à lui tout en roulant des hanches au rythme de la musique.
- Si c’est bien celui que je crois, il y a des chances pour qu’il ait de gros ennuis. C’est un Américain qui vient de New-York ? demanda-t-elle, son accent ayant cette fois totalement disparu, mais il le nota à peine.
Il se demandait comment elle pouvait se concentrer sur une conversation sérieuse tout en se tortillant de la sorte autour de lui. Elle devait sans doute onduler comme elle marchait, sans même y penser.
Pour sa part, il aurait de loin préféré moins d'intimité entre lui et cette inconnue. Le frottement de son bassin contre le sien, le perturbait quelque peu.
- Oui, répondit-il réalisant tout à coup ce qu'elle venait de lui demander.
- Il y a un type qui a mis Sergei et Octav en rogne, il y a 15 jours à peu près. Il n'était pas très coopératif et ils l'ont abattu comme un chien et l'ont laissé pisser le sang sur le pavé après lui avoir pris tout ce qu'il avait. La rumeur dit qu'il était Américain et pété de tunes. Il avait un beau caillou parait-il.
- C'est lui ? demanda Nate en sortant la photo de Chuck de sa poche pour la montrer encore une fois à la jeune-fille.
- Je ne l'ai pas vu, je ne m'en suis pas approché. Je pensais qu'il était mort ou finirait pas le devenir, indiqua-t-elle sans aucune compassion.
Les clients n'en méritaient pas. C'étaient tous de sales porcs, quelque soit leur nationalité. Qu'il soit un de ses compatriotes ou non ne changeait rien à l'affaire.
- Il pourrait ressembler à la description du type qu’Éva aurait recueilli.
- Eva ?
- Une fille, qui bosse dans une maison un peu plus loin. Il paraît qu'elle cacherait un gars chez elle.
- C'est lui ou pas ? questionna Nate, plus du tout sensible aux charmes de la belle tout à coup.
- Tout ce que je sais, c’est qu'on raconte qu'il y aurait un type qui dort chez elle et crois-moi, c'est déjà bien assez. Si jamais elle se fait choper par son mac, il ne fera pas long feu et elle non plus. Ni aucune personne qui aurait trempé dans cette histoire.
- Comment je trouve cette Eva ?
- Elle est blonde et maigrichonne. C'est une Française, elle travaille pour Casimir dans le bar au coin de la rue.
Nate sorti deux autre billets de 100$ et les tendis à la fille.
- Merci, dit-il en quittant l'endroit.
Il sortit de là et souffla un grand coup avant d'appeler Blair et Serena pour leur faire son rapport. Il était certain que les deux jeunes-filles se rongeaient les sangs à son propos.