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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 25.01.2013 à 21h05
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point, réécriture de la saison 4. Bien sûr 100% Blass avec un zeste de Serenate et du njbc. » katido
Cette fanfic compte déjà 77 paragraphes
- Hey Man, ça va ? s’inquiéta Nate en observant le teint livide de son ami dans l'ascenseur qui les menait au penthouse Waldorf.
Il n'en revenait toujours pas que ce dernier ait accepté l'invitation de Blair sans la moindre protestation.
Ils avaient palabré pendant des heures avant qu'il ne parvienne à le faire accepter de venir au dernier gala de charité du Palace. Et Chuck avait fini par changer d'avis et était resté cloîtré dans sa chambre à l'Empire comme quasiment chaque soir depuis leur retour à Manhattan.
Mais ce soir, les choses étaient différentes car c'était Blair qui avait requis sa présence. En fait, Chuck était différent, depuis qu'il avait reçu cette invitation. Il n'était pas redevenu le Chuck Bass qu'il connaissait mais il était moins replié sur lui-même et plus ... jovial ?
Nate ne savait pas trop comment le définir mais ce dont il était certain c'est que ce ne pouvait qu'être bon signe pour son meilleur ami. Il ne se rappelait pas l'avoir jamais vu si nerveux pour une simple soirée d'anniversaire.
Mais là encore, il s'agissait de l'anniversaire de Blair. Et Chuck n'était plus le tombeur impénitent de leur adolescence. Sa vision des choses et de la vie étaient altérées par son amnésie. Pour le meilleur peut-être.
Chuck se contenta de hocher la tête. Il avait la gorge si nouée qu'il aurait été incapable d'articuler quelque mot que ce soit. Il sentait son pouls cogner dans ses tempes et sa respiration devenir de plus en plus courte au fur et à mesure que les chiffres s'égrainaient sur le cadran au dessus des portes métalliques.
Ces dernières s'ouvrirent et il sursauta quand il sentit Nate qui posait une main sur son épaule. Mais au lieu de s'écarter de lui, Archibald comprima son omoplate et le poussa doucement vers l'avant.
- On y est mec. Relax, je suis juste derrière toi, dit-il à voix basse comme ils franchissaient le seuil du penthouse.
Étrangement, Chuck se sentit réconforté de savoir que son ami couvrait ses arrières et qu'il ne l'abandonnerait pas seul au milieu de la foule composée de dizaines d'inconnus.
Des dizaines d'inconnus qui le dévisagèrent tous alors que les portes métalliques étaient à peine refermées derrière eux
Il était trop tard pour faire demi-tour et les phalanges qu'il sentait pesée sur son trapèze n'avaient jamais été aussi rassurantes. Il comprit à cet instant pourquoi Nathaniel Archibald était son meilleur ami. Réellement.
- Monsieur Nate, Monsieur Chuck, se précipita l'employée qu'il avait croisée quelques semaines plutôt dans le hall.
- Bonsoir Dorota, lança joyeusement le jeune-homme aux yeux bleus.
- Miss Blair commençait à s'impatienter de vous voir arriver, commenta la bonne en prenant leur manteau.
Ce qui ne fit qu'accentuer le malaise de Chuck.
C'était un euphémisme en réalité. Blair était sur des charbons ardents depuis l'aube. En fait, depuis des jours aurait été plus exacte mais la journée avait été particulièrement horrible. Elle n'avait pas cessé de houspiller chaque employé sans aucune raison valable tellement elle était nerveuse de savoir que l'homme à qui appartenait son cœur serait là le soir-même.
Même Madame Eléanor avait dû intervenir pour la calmer un tant soit peu. Ce qui ne s'était pas avéré concluant finalement.
La jeune-femme avait été jusqu'à reprocher à sa domestique d'avoir commandé du caviar. Pourtant Monsieur Chuck adorait le caviar. Tout le monde adorait le caviar.
La femme jeta un coup d’œil à Monsieur Chuck. Il avait l'air d'une souris prise au piège dans une souricière.
- Je vous apporte un scotch, dit-elle en jugeant qu'il en avait grandement besoin.
Elle vit Monsieur Nate qui acquiesçait et décida de le faire bien tassé en se dirigeant vers le bar.
- Ces Messieurs sont arrivés, souffla-t-elle en passant près de Miss Blair.
Mais cette dernière n'en n'avait pas besoin. Elle attendait chaque tintement d'ascenseur avec le cœur battant. Celui-ci cognait de manière erratique à présent, frénétique même.
La jeune-femme traversa le hall d'entrée la tête haute et le port altier, parmi les murmures des ses invités qui grondaient depuis que Chuck avait fait son entrée.
Nate avait raison, elle n'avait cure de ce qu'ils pensaient tous. Elle était Queen B et c'est elle qui dictait les règles. Si elle décidait de pardonner à Chuck alors ils devraient se plier à son choix, voilà tout.
Elle accueillit ses deux amis avec un sourire radieux. Elle ne voyait que Chuck et nota à peine la présence de Nate à ses côtés.
- Bon anniversaire, lui souhaita ce dernier, se rappelant à la brune.
Il l'embrassa sur la joue et lui tendit un paquet enrubanné.
- Merci, dit-elle en reportant déjà son regard sur le jeune-homme aux yeux sombres.
Il croisa ses prunelles noisette et eu la même sensation que lorsqu'il avait retrouvé son écharpe préférée. En instant, il fut aspiré dans une mère chocolat.
Le contact de la peau de Blair contre la sienne le ramena à la réalité. Il avait à nouveau le souffle court.
- Bon anniversaire, balbutia-t-il quand il retrouva l'usage de la parole.
- Merci, chuchota-t-elle en posant ses lèvres sur sa pommette.
Elle posa les cadeaux sur la table, prévue par Dorota à cet effet sans le quitter du regard.
Ils restèrent quelques secondes, seuls au monde, les yeux dans les yeux.
Serena vint briser le sort en se jetant au cou de son petit-ami. Ils s'embrassèrent à pleine bouche, tandis que le malaise commençait à se former entre Blair et Chuck.
Dorota arriva fort à propos avec un verre d'alcool que l'héritier Bass vida quasiment d'un seul trait. Il posa le verre sur la table également et nota distraitement que plusieurs cadeaux avaient le même emballage que celui de Nathaniel.
- Je suis contente que tu sois venu, lui sourit-Blair.
- Je suis content que tu m'aies invité, répondit-il en se maudissant de son incapacité à réfléchir devant sa bouche vermeille qui l'hypnotisait.
Ils restèrent à nouveau planté l'un devant l'autre tandis que les invités les observaient sans discrétion. Chacun attendant la réaction de Queen B.
Serena et Nate dispersèrent les curieux en fendant le rassemblement sur leur passage pour rejoindre la pièce principale d'où émanait la musique. Le mouvement de leurs amis les ramenèrent une nouvelle fois sur terre.
- Danse avec moi, commanda Blair en prenant sa main pour emboîter le pas à l'autre couple. Il la suivit sans protester jusqu'au salon. Trop heureux de pouvoir à nouveau sentir sa paume contre la sienne.
Elle l'entraîna sur la piste et posa une de ses mains sur son épaule, plongeant encore une fois dans les prunelles du jeune-homme.
Il n'hésita même pas une seconde et passa un de ses bras autour de sa taille fine sans que leurs autres phalanges ne se soient dessoudées. Il resserra son étreinte, la maintenant tout contre lui alors qu'elle posait sa joue sur son thorax.
Il la guida, menant la danse tandis qu'elle fermait les paupières, qu'elle avait mis tant de soin à colorer juste pour lui, se laissant dérivée, enivrée par l'odeur de son parfum boisé.
What day is it ? And in what month ? *
Quel jour sommes-nous ? Et quel mois ?
This clock never seemed so alive
Le temps ne m'a jamais semblé aussi court
I can't keep up and I can't back down
Je ne peux pas rester planter là et je ne peux pas revenir en arrière
I've been losing so much time
J'ai perdu tellement de temps
Cause it's you and me and all of the people with nothing to do
Parce qu'il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque
Nothing to lose
Nous n'avons rien à perdre
And it's you and me and all of the people
Et il y a toi et moi et le reste du monde
And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder
All of the things that I want to say just aren't coming out right
Et toutes les choses que je veux dire ne sorte pas correctement
I'm tripping on words
J'écorche mes mots
You've got my head spinning
Tu me fais tourner la tête
I don't know where to go from here
D'ici je ne sais où aller
Cause it's you and me and all of the people with nothing to do
Parce qu'il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque
Nothing to prove
Nous n'avons rien à prouver
And it's you and me and all of the people
Et il y a toi et moi et le reste du monde
And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder
There's something about you now
Il y a quelque chose en toi maintenant
I can't quite figure out
Que je ne peux pas expliquer
Everything she does is beautiful
Tout ce qu'elle fait est magnifique
Everything she does is right
Et tout ce qu'elle fait est juste
Cause it's you and me and all of the people with nothing to do
Parce qu'il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque
Nothing to lose
Nous n'avons rien à perdre
And it's you and me and all of the people
Et il y a toi et moi et le reste du monde
And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder
And me and all of the people with nothing to do
Il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque
Nothing to prove
Nous n'avons rien à prouver
And it's you and me and all of the people
Et il y a toi et moi et le reste du monde
And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder
What day is it ?
Quel jour sommes-nous ?
And in what month ?
Et quel mois ?
This clock never seemed so alive
Le temps ne m'a jamais semblé aussi court
* « You & Me » Lifehouse.
Chuck l'observa, la tête posée contre sa poitrine, paupières closes, un sourire accroché à son visage d'ange. Quelques unes de ses boucles brunes, relevées en chignon, retombant dans le creux de sa nuque, emmêlées au collier de diamants qu'elle portait.
Il se sentit à nouveau glisser dans ses souvenirs, les émotions jaillissant du plus profond de sa mémoire comme la musique commençait.
Il réaffirma sa prise autour de sa taille, se raccrochant à elle pour éviter de perdre l'équilibre tandis que des images qu'il était incapable de vraiment situer l'assaillaient.*
Il ne savait pas à quoi elles correspondaient exactement mais ce qui était certain c'est que Blair était présente dans chacune d'elles. Et qu'il était celui qui lui avait offert le collier de diamants qu'elle portait ce soir.
Ce qui était également certain, c'est qu'il ne la laisserait plus jamais lui échapper. Pas après qu'elle ait fait un pas dans sa direction.
Il lutta du mieux qu'il le pouvait. Il ne permettrait pas à son corps de se jouer de lui cette fois.
- Est-ce que ça va ? s’inquiéta-t-elle en ouvrant les yeux le sentant vaciller alors qu'il resserrait encore son étreinte autour d'elle.
Elle le fixa un instant. Il était blême. Quelque chose n'allait pas, ça c'était certain.
Il se força à lui sourire. Il ne voulait pas qu'elle s'en aille. Il avait besoin d'elle, tellement besoin d'elle.
- Viens, souffla-t-elle en glissant un bras sous le sien pour l'emmener ailleurs.
Il la laissa faire, il l'aurait suivie n'importe où, même en enfer.
- Assied-toi, ordonna-t-elle en arrivant à la cuisine.
Il s'exécuta sans lâcher sa main.
Elle ne chercha pas à dénouer ses doigts des siens et il en fut soulagé.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, inquiète, en prenant place sur une chaise face à lui.
- C'est rien ... juste ... je crois que je n'aurais pas du boire ce verre tout à l'heure je n'ai pas l'habitude, mentit-il.
Blair éclata de rire.
Il la regarda abasourdi. Il ne comprenait pas ce qu'il avait dit de si drôle mais son rire cristallin était la plus douce des mélodies à ses oreilles. C'était la 1ère fois qu'il la voyait si heureuse.
L'éclat de rire de la brune se transforma bientôt en fou-rire incontrôlable.
Chuck Bass qui a la tête qui tourne pour un seul verre de scotch !
Oh non, ça c'était vraiment trop !
Est-ce qu'il était vraiment sérieux là ?
Il se mit à sourire puis à rire franchement avec elle, son fou-rire étant contagieux. Ils restèrent dans un état d'hilarité pendant plusieurs minutes sans pouvoir s'arrêter.
Jusqu'à ce que Serena ne vienne les interrompre.
- Désolée, s'excusa-t-elle sincèrement.
La scène qui se déroulait devant ses yeux était vraiment trop belle. De plus elle était sure que Nate la détesterait pour avoir mis fin à un moment pareil. Mais elle n'avait pas le choix.
- Tout le monde t'attend pour une surprise spéciale, ajouta-t-elle pour se justifier.
- Ok, j'arrive, dit Blair en levant les yeux au ciel.
Elle lâcha la main de Chuck à contre cœur et se leva pour suivre sa meilleure amie. Le jeune-homme leur emboîta le pas.
A leur arrivée dans le salon, Dorota faisait un speech à propos de Blair, au micro, devant les invités réunis.
- Elle m'a emprunté ma tiare lors de mon mariage et ne me l'a toujours pas rendue, déclarait la domestique qui était bien plus que ça pour chacun d'entre eux en réalité.
Ce n'était pas pour rien, si Madame Eléanor lui avait demandé de préparer un petit quelque chose pour la jeune-femme ce soir.
- Mais ce n'est pas grave. Elle a 20 ans aujourd'hui. Elle mérite 20 tiares. Elle a le cœur sur la main, de la classe, de la grâce... Même quand elle est en colère.
Toute l'assemblée éclata de rire.
- Joyeux anniversaire, Miss Blair ! cria Dorota en se tournant vers elle.
Chacun leva son verre en son honneur, reprenant en chœur le souhait de l'employée de maison que la brune enlaça chaleureusement.
- Merci, chuchota-t-elle à l'oreille de la femme qui lui servait à la fois de 2ème maman et de 2ème meilleure amie. Le petit discourt de Dorota lui faisait chaud au cœur.
- De rien, Mademoiselle. Vous le méritez amplement, répondit celle qui considérait la brunette comme une petite sœur sur qui elle veillait depuis son plus jeune âge.
Un tintement métallique contre un verre de cristal indiqua qu'une autre personne demandait la parole.
Tout un chacun se tourna vers une jolie blonde, attendant un autre discours à propos de la reine de la soirée.
- Bonsoir, tout le monde. Je m'appelle Rita, entama la jeune-femme. J'aimerais aussi saluer notre hôte et pour ce faire, j'ai demandé à quelques amis spéciaux de m'aider dans mon discours. C'est une commande spéciale de la part d'un ami à toi Blair.
Un jeune femme blonde, cheveux coupés très court, stylée rock & roll fit son entrée, suivie d'un homme barbu.
- Mais qu'est-ce qui se passe Blair ? demanda Eléanor. Qui est cette femme ?
- Elle s'appelle Robyn. C'est une musicienne Suédoise incroyable. Nous avons assisté à un de ses concerts privé l'année dernière.
- Laissez-moi remonter le temps avec vous et vous emmener à Stockholm, a une fête après une des show-case privé de Robyn.
Rita appuya sur un des boutons de la télécommande qu'elle tenait à la main et le dispositif de diaporama laissant défilés des photos de Blair depuis le début de la soirée s'arrêta pour faire place à une autre image sur l'écran.
- Non, siffla-t-elle entre ses dents, sachant pertinemment ce qui allait suivre.
Comment cette fille avait-elle eu cette vidéo ?
***
Sur l'écran géant, installé pour l'occasion, tout le monde pu voire apparaître Blair Waldorf sur la scène d'une petite salle de concert, un micro dans une main et une flûte de champagne vide dans l'autre. Celle-ci entonna « Stand by your man » de Tammy Wynette et chacun pu s'apercevoir que la brunette qui se donnait en spectacle était totalement ivre.
***
Blair était mortifiée par les images qui défilaient devant toute la crème de l'UES.
***
Chuck lui enlevait à présent le micro des mains et la prenait par le coude pour l'emmener hors de la scène tandis qu'elle protestait vivement.
***
La brune regarda autour d'elle. Tous les invités riaient à gorge déployée, se gaussant d'elle à sa propre fête d'anniversaire.
20 ans. Elle avait 20 ans et sa vie était fichue. Elle était la risée de tout l'Upper East Side. Elle pouvait dire adieu à sa réputation et à ses rêves de femme puissante. Sa carrière était d'ors et déjà brisée. Entachée par la honte avant même qu'elle n'ait commencée.
Elle sentit son sang bouillir dans ses veines. Elle devait arrêter ça ! Et quel qu'en soit le responsable, elle le lui ferait payer.
***
On entendait maintenant Chuck crier son prénom dans les baffles alors qu'elle remontait sur scène. - Laisse-moi m'amuser, criait-elle à son tour avant de recommencer à Chanter.
***
Blair traversa la salle comme un flèche pour arrêter le massacre et dans sa précipitation, bouscula un des serveurs, qui, à son tour, bouscula une invitée, l'envoyant valdinguer au sol. Tous le monde se figea dans la pièce, y comprit la jeune-femme qui ouvrit de grand yeux comprenant qu'elle venait encore d'aggraver la situation.
***
Sur l'écran, elle terminait sa chanson et riait toute seule, complètement pompette.
***
Rouge de honte, les larmes aux yeux, elle quitta l'assemblée et monta les grands escaliers du penthouse Waldorf quatre à quatre pour se réfugier dans sa chambre.
* sbvcm : vidéo « Chuck & Blair – You & Me » (lifehouse)
Chuck observa Blair gravir les escaliers en courant, le cœur serré. Il était resté pétrifié pendant toute la scène. Il venait d'avoir droit à des images de leur passé sans rien demander mais la réaction de Blair à celles-ci le lui faisait déplorer.
Tous les invités quittaient à présent le penthouse dans le silence le plus complet. Nul doute qu'ils se mettraient à reprendre leurs quolibets les portes de l'ascenseur à peine refermées.
- Il a dit que c'était pour faire une blague et qu'elle rirait de la situation, s'excusa Rita auprès d'Eléanor, non loin de lui.
- C'est toi qui a fait ça ? questionna la maîtresse de maison en fixant Chuck.
Elle savait qu'il avait fait souffrir sa fille même si elle ne connaissait pas vraiment les raisons de leur rupture. Lorsqu'il était question de Charles Bartholomew Bass, il y avait toujours des complications. Blair et lui avait eu une relation plus que tumultueuse.
Chuck la regarda sans comprendre. Il ne se souvenait même pas d'être allé à Stockholm. Et qui était cette femme qui l'agressait d'abord ? Et pourquoi aurait-il voulu faire subir une telle humiliation à Blair ?
- Madame Eléanor, Monsieur Chuck est amnésique, lui rappela Dorota.
Il fronça les sourcils. Cette femme était la mère de Blair et elle le soupçonnait de vouloir faire du mal à sa fille ?
- Ça ne peut pas être lui, confirma sa sœur.
Eléanor cessa de fixer Chuck intensément et le jeune-homme en fut soulagé bien qu'il ne comprenne pas pourquoi elle l'avait accusé en 1er lieu.
- Oui, mais qui ? Nous étions les seuls à savoir. Il n'y avait que nous quatre ce soir là. Nous étions les seuls de l'UES en Suède pour les vacances de printemps. Comment Rita a pu avoir cette information ? demanda Nate.
Serena ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit.
- Tu sais quelque chose ? interrogea son petit-ami.
- Je ... j'ai ... parlé de cette soirée avec ...
- Moi ! dit une voix masculine derrière eux.
Chuck se retourna et vit le type qui avait débarqué chez Lily qui se tenait là, très fier de lui.
- Daniel Humphrey ?! s'indigna Eléanor d'une voix étranglée.
- Vous ne me pensiez pas capable de ça peut-être ? sourit-il avec un air supérieur.
Humphrey ? Comme le mari de sa mère adoptive ? Ce gars était le beau-fils de Lily ?! Ce qui faisait de lui son ... demi-frère adoptif.
- Dan ! Mais qu'est-ce qui t'a pris ? questionna Serena. Si c'est parce que j'ai choisi Nate...
- Tout ne tourne pas autour de toi ! cracha Humphrey. Blair a ce qu'elle a mérité c'est tout ! Elle a expulsé Jenny loin de Manhattan. Elle l'a excommuniée et maintenant ma sœur à tellement peur de revenir à New-York, qu'elle n'ose même pas venir assister à l'anniversaire de mariage de mon père.
Chuck eut envie de lui mettre son poing dans la figure. Ce type le débectait. Il fut devancer par son meilleur ami.
- Voilà ce que toi tu mérites, aboya Nate.
Chuck ouvrit de grands yeux, il n'avait encore jamais vu Nathaniel faire preuve de violence à l'égard d'autrui. Serena, elle, les ouvrit comme des soucoupes.
- Nate, souffla-t-elle.
- C'était pour laquelle des deux ? interrogea Dan en se tenant le nez, avec un sourire mesquin derrière sa main.
- Si tu en veux un autre, il suffit de le demander, rugit l'héritier Archibald en s'avançant à nouveau vers lui.
Serena le retint par le coude.
- Il n'en vaut pas la peine, Nate, siffla-t-elle en décochant un regard assassin à son ex.
- Sort de chez moi, gronda la mère de Blair en lui indiquant l'ascenseur.
Lonely boy s'exécuta. Il ne regrettait rien de ce qu'il venait d'infliger à Blair. Elle était la reine de garce et il avait vengé l'honneur de sa sœur. Il s'était vengé, de tous ces petits snobinards de l'UES qui se croyaient tellement mieux que lui.
Eléanor le suivit peu après, elle devait rejoindre son mari au Palais Garnier. Cyrus et elle avaient des billets pour la représentation de ce soir-là.
- Dorota, range tous ces cadeaux, veux-tu ! Blair les ouvrira demain, commanda-t-elle en enfilant son manteau.
- Je vais aller la voir, annonça Serena.
Nate nota de la tête.
- Je t'attends, je vais aider Dorota, indiqua son petit-ami.
Il était initialement prévu qu'ils passent faire un tour à la soirée d'anniversaire de mariage de Rufus et Lily avant que celle-ci ne soit annulée au dernier moment.
- Ok ! dit la blonde en posant un baiser sur sa joue avant de se diriger vers les escaliers.
Nate empoigna un monticule de paquets pour suivre la domestique qui était déjà à l'ouvrage.
Chuck resta là un instant, ne sachant trop quoi faire. Il ne voulait pas partir sans avoir vu Blair et s'être assuré qu'elle allait bien. Il n'avait pas oser aller la rejoindre et puisque sa sœur s'était auto-désignée, il supposait qu'il avait bien fait.
Il poigna dans quelques paquets lui aussi et entreprit de se rendre dans la direction où Nate et Dorota avaient disparu.
En arrivant dans ce qui devait être le bureau de la maîtresse de maison, il déposa les cadeaux qu'il avait emportés parmi les autres. Il remarqua à nouveau que plusieurs d'entre-eux venaient du même endroit.
- Oui, elle est très populaire, commenta Nate en se postant à côté de son ami qui observait le monticule de cadeaux.
- Et pourtant, elle sait être sans pitié, d'après ce que j'ai compris.
Nate se mit à rire.
- Ça la caractérise très bien en effet. Elle règne d'une main de fer sur Columbia comme elle le faisait sur Constance Billard. La preuve, ils se sont tous précipités dans la bijouterie où elle laisse ses désidératas chaque année, dit-il en désignant les paquets cadeaux qui venaient de la même enseigne. Ceci afin qu'elle puisse savoir exactement qui lui a offert quoi et combien ça coûté et aussi pour qu'elle sache qu'ils y ont mis le prix. Une manière de la remercier de les avoir invités à une de ces fameuses fêtes organisées par Queen B en personne. J'ai eu de la chance qu'il reste encore quelque chose sur dans sa présélection.
Chuck fronça les sourcils. Blair faisait une liste pour ses cadeaux d'anniversaire ? Il n'avait pas pensé à ça. Il avait choisi son présent sur un coup de tête ... sur un coup de cœur. Il se sentit tout à coup, à nouveau pitoyable.
- Hey man, ça va ? demanda son ami.
- Nathaniel, si je te pose une question sur ce qui s'est passé ce soir, tu y répondras sincèrement ?
- Chuck !
- Il y a des choses que j'ai besoin de savoir Nathaniel ! plaida-t-il. Comme le fait que Blair dresse une liste dans sa bijouterie préférée pour son anniversaire par exemple. Je n'en peux plus d'être dans le brouillard. Partout où je vais, tout le monde me connaît et s'attend à ce que je réagisse d'une manière bien particulière qui ne me correspond pas. Ou en tout cas qui ne correspond plus à ce que je suis. J'ai vraiment besoin de mon meilleur ami là, pas d'un baby-sitter.
Le jeune-homme aux yeux clairs hésita. Chuck venait de l'appeler Nathaniel. Il ne l'avait plus appelé comme ça depuis qu'il avait perdu la mémoire. C'était idiot, mais ça lui réchauffait le cœur. Peut-être que leur amitié n'était pas perdue.
- Ok, soupira-t-il. Pose ta question.
- Cette fille, Jenny, c'est à cause de moi que Blair la « excommuniée » ? C'est pour ça que ce pauvre type a foutu en l'air son anniversaire ?
- Non, c'était pour se venger, répondit honnêtement Nate. Il voulait prendre sa revanche parce que Serena m'a choisi moi plutôt que lui. Même si je dois bien reconnaître que Blair n'a pas été tendre avec sa petite sœur, ni avec lui d'ailleurs.
Quoi ? Ce clodo était sorti avec sa sœur adoptive ? Qui était techniquement et légalement sa demi-sœur par alliance ?
- Il s'est défoulé sur Blair, parce qu'il a vu là une occasion à saisir mais ça aurait tout aussi bien pu être toi, ou moi, ou Serena. Il est frustré parce qu'il sait qu'il ne pourra jamais faire partie de notre monde.
- Mais c'est à cause de moi que Blair a banni cette fille de l'UES, n'est-ce pas ?
- C'est compliqué Chuck. Je te l'ai dit vous avez eu une histoire très chaotique. Rien n'est jamais simple avec Blair !
- Mais pourquoi sa mère pense que je suis celui qui voudrait lui infliger ce qui s'est passé ce soir ?
Nate garda le silence un moment, il ne savait pas comment présenter les choses à son ami.
- Tu es son dernier mec, mon pote, c'est logique qu'elle pense directement à toi, tenta-t-il en haussant les épaules.
- Parce que je suis Chuck Bass ! commenta le jeune-homme aux yeux sombres.
- Parce que tu es Chuck Bass, oui, avoua Nate.
Serena observa un instant son amie assise en tailleur sur son lit.
- Ma vie est complètement gâchée, se plaignit encore une fois cette dernière.
- Ne dramatise pas B, gossip girl a sorti des choses bien pire qu'une soirée un peu arrosée et tu as toujours réussi à retrouver ton statut de reine et à rétablir la monarchie. Ce n'était qu'un mauvais karaoké dans le fond. Laisse les choses se tasser et ça va se calmer. Ce n'est pas la 1ère fois que nous affrontons la tempête.
La brune releva la tête et croisa le regard de la blonde. Cette dernière posa une main sur la sienne.
C'était vrai que ce n'était pas la 1ère tempête qu'elles essuyaient.
- Mais la Doyenne était là. Maintenant ma future carrière de femme puissante est anéantie ! se lamenta-t-elle encore.
- Elle le sera seulement si tu laisses cette vidéo prendre de l'importance. Souviens-toi quand gg a annoncé que tu étais enceinte ...
- Cette petite peste en avait déjà profité pour tenté de me voler mon trône ! glapit la brune.
Serena vit des flammes danser dans les prunelles sombres de Queen B et sut qu'elle venait de passer à une autre étape. Après les lamentations, venait le temps de la vengeance.
- Comment Humpty Dumpty a-t-il osé me faire ça ? Tout ça à cause de cette Barbie gothique ! ragea Blair.
- Il est en colère contre nous tous et il trouvé là le moyen de se venger. A cause de moi. Je suis désolée. Je n'ai jamais pensé qu'il utiliserait mes confidences contre l'un d'entre nous. Je croyais ...
- Qu'il pourrait devenir l'un d'entre nous, mais ce ne sera jamais le cas ! maugréa la brune. Il n'est qu'un parasite, un horrible cafard ! Lui et sa sœur sont pires que les 7 plaies d’Égypte réunies. Et je vais m'assurer qu'une bonne dératisation ait lieue dans l'Upper East Side !
- Blair, je croyais que tu voulais entrer dans l'âge adulte, la prévint Serena.
- Et c'est ce que je vais faire ! Après avoir débarrassé notre monde de la vermine. Est-ce que tu es avec moi ou pas ? Vu ton implication dans cette histoire, je compte sur ton soutient.
La blonde sourit malgré elle. Queen B était en mode « guerre » ce qui voulait dire machinations en tout genre pour faire tomber l'ennemi. Pas de quartier !
Bien qu'elle en connaisse les dangers, Serena ne pouvait s'empêcher de vouloir faire payer à Dan le fait qu'il ait utilisé la confiance qu'elle avait placée en lui contre une personne chère à son cœur.
Nate avait raison. Ça aurait tout aussi bien pu être lui ou elle-même, ou Chuck.
Il était temps de faire comprendre à Dan qu'elle ne le laisserait pas impunément abuser des sentiments qu'elle avait eus autrefois pour celui qu'elle avait cru être un Lonely boy au grand cœur. Un chevalier blanc, drapé de sens moral et de vertus, qu'il revendiquait haut et fort et dont il usait pour justifier les jugements qu'il portait sur les gens de l'UES.
Mais tout ça était terminé à présent. Elle voyait clair dans son jeu. Il n'était pas mieux qu'elle ou Nate, ou Blair, ou même Chuck. Il était prêt à tous les coups-bas lui aussi pour se venger. En fait, il était exactement comme eux, sinon pire !
- Nous sommes le club des petits déjeuners sans jugement non ? dit-elle en souriant pour toute réponse à Blair.
Celle-ci répondit à son sourire, satisfaite. Aucun doute qu'elle avait déjà un plan en tête.
Serena redescendit quelques minutes plus tard, rejoindre les garçons et les rassurer sur l'état de leur amie.
Elle les trouva dans le bureau d'Eléanor, devant un monticule de cadeaux offerts à Blair.
- Comment va-t-elle ? demanda Chuck.
- Elle est en mode « destruction totale » sourit S.
Son sourire se fana lorsqu'elle s'aperçut que son frère ne pouvait pas comprendre de quoi elle parlait.
- Elle a besoin d'un coup de main pour anéantir Humphrey ? questionna Nate, donnant ainsi l'explication à son ami. Parce que je suis volontaire !
- Tu n'es pas le seul, répondit sa petite-amie.
Le beau capitaine de lacrosse l'attira à lui pour happer ses lèvres. Cette fois il était certain que le locataire de Brooklyn ne viendrait plus piétiner ses plates bandes !
Serena passa ses bras autour de son cou pour approfondir leur baiser. Son cœur était en joie et elle était excitée à l'idée de reformer la même équipe que par le passé. Même si Blair était la reine de complots, S n'avait jamais été en reste pour suivre la manœuvre. Elle se laissait tout simplement bien plus souvent attendrir que sa meilleure amie.
Chuck se racla la gorge pour signifier au couple devant lui qu'il était toujours là.
Il ne saisissait pas vraiment toutes les subtilités de la dernière partie de la conversation. Comme d'habitude, il lui manquait des éléments de base. Mais il était plus qu'évident que l'anéantissement d'Humphrey supposait une alliance entre ses amis qui les dopait à l'adrénaline.
Il pouvait quasiment la sentir courir dans ses veines, lui aussi. Rendre la monnaie de sa pièce à ce pauvre type pour ce qu'il avait fait à Blair ce soir était une idée plus que séduisante à ses yeux.
Aussi séduisante que la raison pour laquelle il était prêt à entrer en guerre sans aucune hésitation avec n'importe qui sur la planète.
Nate et Serena décolèrent leurs lèvres l'unes de l'autres au raclement de gorge de Chuck.
- Est-ce que ça te dérange si je te laisse rentrer seul ? demanda Nate à son meilleur ami.
- Je suis un grand garçon, Nathaniel, je saurai me souvenir du chemin de l'Empire sans toi, ironisa le beau brun.
Il n'avait aucune envie de se retrouver coincé dans l'ascenseur, puis la limousine, puis à nouveau dans l'ascenseur, avec eux deux, ni de supporter toute la nuit les bruits à peine étouffés qui proviendraient de la chambre de Nate.
Ce dernier échangea un regard un peu hébété avec la blonde qui détenait son cœur.
Est-ce qu'il rêvait ou était-ce bien une petite raillerie acerbe que son meilleur ami venait de faire, un demi-sourire caustique accroché sur son visage ?
Serena ne lui laissa pas le temps de faire une quelconque réflexion à Chuck, qui n'avait aucune idée de la raison pour laquelle les deux amoureux devant lui le regardait bouche bée.
- Dans ce cas, on te dit bonne nuit, dit-elle avant d'entraîner son beau capitaine de lacrosse en direction de sa chambre.
Chuck regarda ses amis s'éloigner main dans la main puis gravir les grands escaliers du penthouse Waldorf avant de disparaître de sa vue.
Il hésita un instant. Il pourrait récupérer son cadeau de ce soir avant de quitter les lieux. Ainsi, il pourrait aller à la bijouterie que Nate avait mentionnée dés demain matin.
Il irait à l'ouverture. Même s'il n'y avait plus aucun des articles que Blair avait consignés sur sa liste, le vendeur pourrait certainement lui renseigner un bijou que la belle brune apprécierait. Un qu'elle aurait pu sélectionner.
Avec un peu de chance, la brune dormirait tard et il pourrait rapporter son nouveau cadeau ici avant qu'elle ne se réveille. Comme ça elle ne serait pas déçue.
Il y avait peu de chances qu'il parvienne jusqu'à cette pièce mais il pourrait s'en remettre à la domestique qui était si dévouée à Blair. S'il lui expliquait que c'était dans le but d'éviter que sa patronne ne soit désappointée, elle accepterait certainement de placer le nouveau cadeau parmi les autres.
Après tout, elle lui avait bien remis l'édition limitée de « Jane Eyre » qu'il avait réussi à se procurer, alors qu'il était persuadé, en rebroussant chemin jusqu'à l'Empire ce jour là, que Dorota le jetterait dans la corbeille la plus proche qu'elle pourrait trouver.
Il pivota sur ses talons et récupéra son cadeau. Il songea un instant à son contenu, passant le doigt sur le ruban de couleur dorée.
Quel idiot !
Blair méritait d'avoir ce qu'il y avait de mieux. Ce qu'elle rêvait d'avoir.
Pourquoi s'était-il laissé emporter par son instinct ? Il aurait dû demander conseil à Nate ou à sa sœur dés le début ! Ils connaissaient les goûts et les habitudes de la jolie brune bien mieux que lui.
Il serra les doigts autour du paquet.
Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas tout simplement revenir à la normale ?
Il se sourit cyniquement. Il ne savait même pas ce que « la normale » signifiait.
Il aurait juste voulu cesser d'errer dans les limbes avec toujours cette sensation qu'il faisait tout faux.
Il sortit dans l'entrée et se retrouva nez à nez avec la plus belle vision qu'il ait jamais eue.
Son cœur se mit à galoper dans sa poitrine et son sang à pulser dans ses veines.
La raison n'en n'était autre que la brune qui lui avait pris la main ce soir. Celle qui avait danser la tête posée sur son épaule. Qu'il avait tenue dans ses bras, tout contre lui. Celle qui avait rit aux éclats avec lui dans la cuisine.
Elle portait une simple nuisette de soie bordeaux sur son corps parfait. Elle était sensationnelle, somptueuse ... à couper le souffle.
- Chuck ? Mais qu'est-ce que tu fais encore là ?
- Je ... j'ai oublié ....
tous les mots de mon vocabulaire, se maudit-il
Aucun ne pouvait définir ce qu'il avait devant les yeux.
Elle se mordit l'intérieur de la joue.
Quelle gourde !
Ce qu'elle venait de dire sonnait comme si elle n'avait pas espérer de toutes ses forces qu'il soit encore là, contre toute logique, après le fiasco de ce soir.
- Je voulais dire ... je pensais que tu étais parti depuis longtemps. Après cette horrible soirée ...
Tais-toi, Blair. Ferme-là ! Tu ne fais qu'empirer les choses, comme tout à l'heure avec la vidéo.
Et pourquoi n'avait-elle pas revêtu la dernière lingerie « Kiki de Montparnasse » qu'elle avait achetée en pensant à l'éventualité que ce soir ... ? Au lieu de cette chose immonde qu'elle possédait depuis noël dernier déjà. Quand Chuck et elle étaient allés passer les fêtes de fin d'année avec son père et Roman.
Elle avait enfilé la 1ère chose qui lui était tombée sous la main après avoir ôter le carnage qui restait de son maquillage.
- Je suis vraiment navré pour la soirée, dit-il en tripotant le ruban du paquet qu'il tenait à la main.
Et voilà ! Quelle idiote !
Maintenant il allait croire qu'elle avait détesté absolument toute la soirée.
- Elle n'était pas si horrible que ça pendant un certain laps de temps ! corrigea-t-elle en lui souriant un peu timidement.
Il avait le cœur au bord des yeux.
La seule chose qui pouvait se rapprocher, de très, très, loin, de ce qu'il voyait, c'était un ange. Parce qu'elle était réellement divine. Une déesse descendue de l'Olympe pour tenter les humains qu'elle croisait sur son passage et les rendre fou d'amour pour elle.
- C'est mon cadeau ? questionna-t-elle sans cesser de sourire.
Elle s'approcha d'un pas et il fut emporté dans un tourbillon de senteurs florales qui le transportèrent loin de tous les lambeaux de possibilités de réflexions qu'il lui restaient encore.
Il ne réagit même pas quand elle s'emparât du paquet cadeau pour le dépouiller de son emballage.
- Je suis désolé, dit-il sincèrement, réussissant à articuler quelques syllabes quand la peau de la jeune-femme effleura la sienne, provoquant en lui un électrochoc.
- Désolé de quoi ? s'étonna-t-elle.
La brunette ouvrit le coffret de velours et y découvrit des boucles d'oreilles en or constituées de chaînettes où pendaient de petits papillons, dont les ailes déployées étaient incrustées de diamants.
- Je ne savais pas ... s'excusa-t-il encore. Enfin, je veux dire, je ne me rappelais pas ... que tu faisais une liste. Quand je les ai vues, je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser à toi et ...
Il haussa les épaules.
- Je les rapporterai demain et je passerai prendre quelque chose d'autre dans ta bijouterie préférée.
Il tendit la main pour récupérer l'écrin.
- Non ! s'écria-t-elle. Je ne veux rien d'autre, je les adore, elle sont magnifiques. J'aime ce cadeau ...
Elle avança encore d'un pas et plongea ses prunelles dans les siennes.
- Et je t'aime toi ! déclara-t-elle dans un murmure, avant de poser ses lèvres sur celles de Chuck.
Cette fois les battements de son cœur devinrent carrément désordonnés.
Elle passa ses bras autour de son cou comme il répondait à son baiser. Elle glissa ses doigts dans ses cheveux pour mieux goûter sa bouche tandis que les mains du beau brun enserraient sa taille fine.
Sans cesser de faire danser sa langue contre son palais, elle l’entraîna jusqu'en haut des marches du grand escalier, jusqu'à sa chambre.
- Tu m'as tellement manqué, souffla-t-elle en mordillant l'arête de sa mâchoire remontant sous le lobe de son oreille.
Il frissonna sous ses caresses et se laissa guider par son instinct sans plus aucun remord.
Ses doigts avaient l'air de savoir d'eux-mêmes exactement où ils devaient aller et comment se déplacer sur la peau de Blair.
Quand au reste de son corps, il se soudait tout simplement naturellement à celui de la jeune-femme, comme s'ils avaient été créés pour fusionner et se compléter.
Le bruit d'une porte qui se fermait à l'étage ramena le jeune-homme sur terre.
- Je ferais mieux d'y aller, dit Chuck en se dégageant à regret de l'étreinte de la femme dont il était indubitablement de plus en plus amoureux à chaque seconde.
Il était un peu sonner par ce qui venait de se passer. Faire l'amour avec elle, c'était ... magique ... incroyable ... magnifique ... féerique ... indescriptible. Il n'y avait pas de mot assez fort pour décrire ce que c'était ni ce qu'il ressentait.
Elle se releva et passa ses bras autour de sa taille pour le retenir. Elle voulait sentir encore sa peau contre la sienne.
- Reste avec moi, souffla-t-elle en posant un baiser sur son trapèze.
- Je doute beaucoup que ta mère apprécie de me voir quitter cette chambre demain matin.
- C'est pas comme si c'était la 1ère fois, se moqua-t-elle un peu.
- Pour toi, peut-être, répondit-il presque à voix basse.
Elle l'observa un instant.
- Tu ne te souviens vraiment de rien ? questionna-t-elle.
Elle était toujours blessée par cette constatation.
Cependant, elle était ravie d'être, en quelque sorte, la 1ère fois de Chuck, tout comme il avait été la sienne.
- Je ... j'ai des choses qui commencent à me revenir. Enfin ... je crois, dit-il en s'asseyant sur le bord du lit.
Il attrapa sa veste qui traînait sur le sol et sortit un petit sac de velours de la poche intérieure.
- J'ai trouvé ça sur une écharpe dans un de mes tiroirs et ... j'ai eu ... comme ... un flash. En fait, j'en ai eu plusieurs depuis, avoua-t-il.
Elle leva les yeux sur lui. Il ne la regardait pas.
- Pendant qu'on dansait ? devina-t-elle, le cœur en émoi.
Il acquiesça et fit tomber le contenu du sac dans le creux de sa paume qu'il lui tendit.
Blair reconnu sa broche en cœur et les souvenirs de ce soir-là assaillirent sa mémoire.
*****
Elle s'observait dans le miroir et replaça une mèche de cheveux dans son chignon tandis que Chuck nouait son nœud papillon. Elle sourit en pensant au moment ou la bande de tissu glisserait d'entre ses doigts, plus tard, ce soir-là.
Mais pourquoi attendre ?
- Tu es certain que tu veux aller à cette soirée ? demanda-t-elle avec un petit regard lubrique en s'approchant de lui, roulant des hanches d'une manière délibérément provocante.
Chuck l'emprisonna dans son embrase pour dévorer son cou de baisers tandis qu'elle glissait ses mains sous sa chemise.
- On pourrait rester ici et passer la soirée tous les deux, suggéra-t-elle d'une voix suave.
Depuis qu'il avait enfin réussi à lui dire qu'il l'aimait aussi, quelques semaines plutôt, ils passaient leur temps à faire l'amour et à sortir dans toutes les fêtes de l'UES. Chuck l'avait emmenée dans tous les endroits mondains, s'affichant partout avec elle sans qu'il puisse y avoir la moindre équivoque sur le fait qu'elle était officiellement sa petite-amie.
Il n'avait pas fallu longtemps pour que la nouvelle de leur réunion soit relayée par gossip girl. Les paris étaient ouverts quant au temps que le roi de la dépravation tiendrait en couple avec Queen B.
*****
Étendus l'un contre l'autre dans les draps, Blair cala sa tête dans le creux de son épaule.
- On devrait se dépêcher si tu veux rendre Milla Ziberman jalouse avec ta robe ce soir, dit-il en consultant le réveil qui trônait sur la table de nuit.
- Ce qui va la rendre verte, c'est que je sois au bras du meilleur amant de la soirée ! persifla-t-elle, sachant parfaitement que l'autre jeune-fille connaissait l'étendue des talents de Chuck en la matière, comme environs 80% de la population féminine de leur couche sociale, en dessous de la trentaine.
Elle n'ignorait pas que chacune de ces filles mourrait d'envie et aurait pris sa place sans la moindre hésitation. Mettre la main sur l'héritier Bass et le garder dans ses jupons était une prouesse dont elle pouvait s’enorgueillir.
Elle adorait cette sensation d'avoir réussi ce qu'aucune autre n'avait jamais, même de loin, approcher : apprivoiser le tombeur impénitent dont la réputation sulfureuse n'avait d'égale que celle de Lucifer en personne.
Cette situation la grisait et gonflait son ego en la plaçant au-dessus de toutes ces petites garces misérables qui lui avaient ouvert leurs cuisses en espérant qu'il leur accorderait autre chose qu'un regard de pitié condescendante une fois qu'elles auraient, à peine, remis leurs vêtements.
Il déposa un baiser sur sa tempe et quitta les draps pour se rendre à la salle de bain. Elle l'y rejoignit avec un petit sourire pervers. Elle se fichait de rendre jalouse qui que ce soit en cet instant. Elle voulait juste profiter de lui autant qu'elle le pouvait.
*****
Le brun s'approcha du bar et la jeune-fille sentit un bras glisser autour de sa taille. Son sourire s’évanouit moins d'une seconde plus tard en réalisant que ce n'était pas l'odeur de l'après-rasage de son petit-ami qui lui chatouillait les narines.
Mais elle reconnaissait néanmoins parfaitement cette fragrance.
- Tu as des nouvelles de Serena ?
- Bas les pattes, s'insurgea Blair en lui faisant face. Même si j'en avais, tu es le dernier à qui j'en parlerais !
Ses yeux lancèrent des éclairs en direction du jeune-homme.
- Toujours aussi belle quand tu te mets en colère, susurra-t-il avec un sourire salace.
Elle s'écarta pour échapper à ses mains baladeuses.
- Je savais que tu me reconnaîtrais instantanément ! gouailla-t-il.
- Ton odeur putride est en effet inoubliable ! cracha-t-elle.
La tension grimpa encore d'un cran, quand Chuck arriva, carrant la mâchoire. Il avait aperçu la scène de là où il se trouvait et ce n'était pas pour lui plaire.
- Tu n'as pas toujours dit ça ! fit remarquer Carter à la brunette avec un regard appuyé sur son décolleté plongeant.
- C'est parce que j'avais perdu l'esprit ! Heureusement depuis je l'ai retrouvé.
- Permets-moi d'en douter ! railla Carter avec un coup d’œil en direction de l'autre jeune-homme.
- Dégage d'ici Baizen ! s'énerva Chuck.
- C'est un endroit publique, si vous ne voulez pas rencontrer ceux avec qui vous avez couché, vous ne devriez pas venir dans des soirées comme celle-ci. En fait, vous devriez resté enfermé entre quatre murs. Surtout toi Blair !
Chuck fit un pas vers lui les poings serrés, menaçant.
- Alors c'est vraiment vrai ? siffla l'intrus avec un rictus de serpent, se décalant pour se rapprocher à nouveau de la brunette, défiant son ennemi du regard. Vous êtes réellement ensembles pour de bon ? Je l'ai lu sur gossip girl mais je ne peux pas croire que Bass se soit réellement rangé et ait décidé de renoncer à la luxure des prostituées.
Chuck glapit mais ça ne fit qu'encourager Carter à continuer.
- Tu n'y crois pas vraiment non plus, n'est-ce pas Blair ?
- Va te faire voir Baizen ! grinça-t-elle entre ses dents.
- Je te pensais un peu plus futée que ça ! Néanmoins, ce n'est pas la qualité 1ère que je recherche chez une femme, donc n'hésite pas à m'appeler quand il aura à nouveau brisé ton p'tit cœur. Tu as toujours mon numéro, je présume ! Ne t'inquiète pas pour le marquage qu'il a certainement fait tatouer quelque part sur ton corps, nous avons les mêmes initiales et je me ferai un plaisir de le découvrir où qu'il soit.
Avant même qu'elle ne puisse répondre, le poing de Chuck s’abattit sur le nez de Carter.
Ce dernier ne mit qu'une fraction de seconde pour répliquer, il décocha un crochet du droit au roi de l'UES.
Blair hurla et la foule autour d'eux s'écarta, tous les yeux se braquant sur les combattants sans esquisser le moindre geste pour les arrêter.
Deux agents de sécurité se ruèrent sur les deux garçons en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire sans que personne ne sache d'où ils sortaient exactement.
*****
- Tiens, dit Blair en s'asseyant sur son lit, près de son petit-ami, une heure plus tard.
Elle apposa un sac de glaçon enroulé dans un drap sur sa pommette enflée.
- Je suis désolé, dit-il.
- Ne le soit pas ! Baizen l'a bien mérité !
- Peut-être, mais il n'est pas le seul à ne pas croire que je puisse changer. Moi-même ... je ne me fais pas confiance, alors ... je peux comprendre si ...
- Si quoi ?
- Si tu partages ces doutes. Je sais que je dois faire mes preuves et ...
Blair posa un index sur ses lèvres pour le faire taire.
- Je savais parfaitement dans quoi je m'engageais quand je t'ai déclaré mon amour à la soirée de remise des diplômes. Je ne m'attends pas à ce que tu cesses de reluquer les filles dans la salle. Et je sais pertinemment que, quelque soit la soirée où nous irons, la moitié des filles de la pièce ne penseront qu'à toutes ces choses que tu leur a faites et regretteront que ça ne puisse pas se reproduire encore. Tu es Chuck Bass ! déclara-t-elle avec un petit sourire machiavélique.
- Je suis peut-être Chuck Bass mais je t'aime. Mon cœur n'appartient qu'à toi, opposa-t-il, ses yeux plongés dans ceux de la brunette.
- Je sais. Et je t'aime aussi, c'est pour ça que je veux que tu aies ceci.
Elle ouvrit le tiroir de sa table de nuit et en sortit un petit boîtier duquel elle extirpa sa broche en forme de cœur pour l'épingler sur son écharpe préférée.
Chuck caressa le bijou du bout des doigts.
Ça représentait tellement pour lui, à cause de que ça signifiait pour elle.
Il l'embrassa passionnément malgré la contusion sur sa pommette qui le tiraillait.
- J'ai une autre surprise pour toi, dit-elle en mordillant sa lèvre inférieure d'un petit air suggestif.
Si sexy pensa le beau brun, succombant déjà.
Elle se leva et gagna la salle de bain, l'abandonnant sur l'édredon quelques instants.
- Je ne pensais pas qu'elle viendrait si bien à point nommé, sourit-elle, coquine, cette fois, en réapparaissant dans une tenue d'infirmière, qui ne camouflait ses cuisses que le minimum du minimum, ou pas tout à fait.
Elle le vit déglutir et le désir monta en elle en lisant l'envie dans son regard comme il appréciait l'idée à sa juste valeur.
- On dirait bien que tu as besoin que je soigne tes blessures, susurra-t-elle en effleurant doucement sa pommette meurtrie avant de plonger ses lèvres dans son cou.
- Tu es l'infirmière la plus hot et la plus irrésistible que j'ai jamais vue, murmura-t-il sa bouche descendant le long de sa gorge.
- Tu ne peux pas imaginer à quel point te voir te battre avec Carter pour moi devant tout le monde m'a émoustillée, souffla-t-elle en mordillant légèrement le lobe de son oreille.
- Mais tu vas me raconter, murmura-t-il la voix rauque de désir en ouvrant le 1er bouton de son uniforme.
- Je propose plutôt que la prochaine fois, ce soit moi qui me batte pour toi. Qu'est-ce que tu en dis ?
- Mmmm, répondit-il en approbation le nez déjà entre ses seins. Il me tarde de voir ça.
katido (06.03.2013 à 14:43)
Chuck l'observait dormir à ses côtés dans la pénombre, éclairée seulement par la lumière de la lune qui filtrait à travers les tentures. Elle était incroyable à tous propos. Il ne parvenait pas à croire qu'il ait pu la tromper avec une autre.
Franchement, c'était quelque chose qui dépassait sa compréhension.
Comment avait-il pu être aussi stupide ?
Nathaniel lui avait dit que leur histoire avait été très chaotique, mais il ne voyait pas ce qui aurait pu le conduire à pareille folie. Ce qu'il intégrait très bien au contraire, c'est pourquoi il s'était accroché à cette bague de fiançailles dans le quartier de Perlovka.
Il soupira et déposa un presque-baiser sur les cheveux de Blair. Prenant soin d'à peine l'effleurer de ses lèvres pour ne pas la réveiller. Elle s'était endormie il y à quelques heures, ses boucles brunes éparses sur l'oreiller, une main posée dans la sienne.
Il dénoua doucement ses phalanges de celles de la jeune-femme qui détenait la clef de son cœur. Il sourit en pensant qu'il pouvait garder celui en or qu'il avait trouvé sur son écharpe, dans sa penderie.
Il jeta un dernier regard sur sa silhouette parfaite et se dégagea le plus lentement possible d'entre les draps, à regret. Elle lui manquait déjà atrocement mais il n'aurait pas été raisonnable de s'endormir là.
Sa mère le détestait de tout son cœur, ça il en était certain et puis ...
- Où tu vas ? demanda la voix ensommeillée de Blair.
Elle avait senti le froid s'emparer d'elle à la seconde où il avait un tant soit peu décollé son corps du sien.
Chuck grimaça. Il aurait préféré la laisser sur son nuage, dans ses songes.
- Il faut que je rentre, indiqua-t-il à voix basse.
Il profita du fait qu'elle soit éveillée pour déposer un vrai baiser sur sa tempe chocolat.
- Pourquoi ? questionna-t-elle en l'enlaçant pour le faire basculer à nouveau sur elle.
- Parce que je ne peux pas rester ici, marmonna-t-il, tentant de garder les idées claires malgré la langue de Blair qui glissait le long de l'arrête de sa mâchoire.
Il n'aurait franchement pas demandé mieux mais il savait que ce serait une erreur.
- Pourquoi ? redemanda-t-elle en laissant vagabonder ses mains sur son dos, l'emprisonnant du mieux qu'elle le pouvait.
Elle voulait se réveiller dans ses bras au petit matin. Peu importe ce que sa mère en dirait. Elle était adulte à présent et elle prenait ses propres décisions. Comme dit, les autres devraient faire avec, y compris Eléanor Waldorf.
Elle userait sans hésiter de tous ses trucs et astuces, déloyaux ou pas, pour le faire capituler.
- Ta mère ...
- Rejeté, le coupa-t-elle en l'embrassant encore.
Il répondit à ses lèvres, il ne pouvait pas lutter sur ce terrain là.
- Donne-moi une autre raison, la vraie, insista-t-elle sans cesser de caresser sa peau.
Ses doigts glissèrent sur les flans du jeune-homme, direction le sud, mais elle s'arrêta soudain quand elle l'entendit gémir alors que ses phalanges rencontraient un renflement sous ses côtes.
L'image de Chuck étendu dans une ruelle sombre, saignant abondamment sur le pavé, crépita dans son cerveau et elle haleta en même temps que lui.
Il soupira et roula sur son dos, au-dessus des draps.
- C'est à cause de ça ? l'interrogea-t-elle. Est-ce que tu as d'autres souvenirs qui te reviennent ?
Le cœur de la belle cognait dans sa poitrine mais plus pour les mêmes raisons.
Et s'il se rappelait de la manière dont elle s'était comportée avec lui ?
Avec son oncle ?
S'il ne voulait plus d'elle à présent ?
Il n'était plus le même, sa vision des choses avait changée. Nate le lui avait expliqué. Chuck Bass n'était plus Chuck Bass. Il avait adopté un de mode de vie radicalement différent et ça lui convenait plutôt bien, elle en était très heureuse, mais si jamais il se rendait compte qu'elle était trop tordue pour lui à présent ?
S'il regrettait de s'être accroché à cette bague et d'avoir faillit mourir pour elle ?
Elle n'avait pas hésité à le manipuler à la seconde où elle l'avait revu à Prague. Elle lui avait fait croire qu'elle était avec Nate alors que c'était faux et Chuck savait qu'elle avait menti.
Elle mesurait parfaitement en cet instant, les raisons de la colère de Nate dans le jet, lors du trajet jusqu'à Manhattan. Elle l'avait peut-être perdu avant même d'avoir eu conscience de vouloir le garder.
- Chuck ? questionna-t-elle d'une toute petite voix devant son silence.
Il glissa sa paume dans la sienne et comprima ses doigts sans répondre.
Elle sentit un poids s'envoler de sa poitrine.
Il ne semblait pas lui en vouloir.
Elle s'étira pour allumer la veilleuse sur sa table de nuit sans lâcher sa main.
- Éteint, la pria-t-il.
- Non, souffla-t-elle en se retournant pour lui faire face.
Il ferma les paupières et posa sa main gauche sur sa blessure. Plus aucun pansement ne la recouvrait depuis trois jours déjà.
Elle se pencha vers lui et déposa un baiser sur sa joue avant de glisser ses doigts sous les siens.
- Est-ce que tu as encore mal ? voulu-t-elle savoir.
Il secoua négativement la tête, les paupières toujours plissées.
- Laisse-moi voir, l'enjoint-elle.
- Non, refusa-t-il en maintenant sa positon pour cacher sa cicatrice.
- Laisse-moi voir s'il te plaît, quémanda-t-elle en posant son front sur le sien.
Il ne répondit pas oralement à sa prière mais il ne l'empêcha plus d'éloigner sa main de sous ses côtes.
Elle posa sa tête sur son torse et caressa délicatement la boursouflure sur son abdomen avant de déposer un baiser sur sa peau nue. Elle enserra sa taille et se colla le plus près de lui que possible.
- Je suis désolé, murmura-t-il d'une voix rauque en l'attirant plus fortement contre lui. Tellement désolé. Je te demande pardon.
Blair fronça les sourcils.
Il était désolé ?
Il s'était fait tiré dessus et c'est lui qui lui demandait pardon ?
- Je ne sais pas pourquoi j'étais dans cette ruelle précise à Prague, mais j'imagine assez facilement ce que j'y cherchais. Et j'imagine également aisément ce que j'ai dû te faire subir et pourquoi tu as refusé cette bague. Je ne peux pas réécrire le passé, mais je te promets que je ne te ferai plus jamais de mal. Je ferai tout ce que je peux pour apaiser les souffrances que je t'ai infligées. Je suis même prêt à y passer le reste de ma vie.
Le cœur de Blair se serra si fort à ces mots, quasiment identiques à ceux qu'il avait prononcés à l'hôpital, avant qu'Humphrey et sa peste de sœur ne viennent tout détruire en quelques minutes, qu'elle eut l'impression qu'il allait imploser.
- Chuck, réussit-elle à articuler au prix d'un immense effort.
Le nœud qui avait pris place dans sa trachée lui permettait à peine de respirer.
Elle passa sa langue sur ses lèvres, rassemblant son courage. Elle ne pouvait pas le laisser croire qu'il était le seul responsable de tout ça. Elle posa à nouveau son front contre le sien.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles, souffla-t-elle, sa bouche pratiquement contre la sienne.
- Alors dis-moi, l'implora-t-il en posant les mains de chaque côté de son visage.
- Le docteur ...
- Je me fiche de ce qu'il a recommandé. Je vais devenir fou si tu ne m'expliques pas pourquoi j'ai détruit la plus belle chose qui ait jamais dû m'arriver. Nous.
Elle se mordilla le lèvre inférieure.
Il était censé retrouver la mémoire par lui-même.
- Aide-moi, s'il te plaît. Ne me laisse pas dans le noir, ça me rend dingue, la pria-t-il encore.
Elle inspira un grand coup avant de se mettre à table. Son cœur ne supportait de le voir dans cet état.
- Je n'ai pas refusé cette bague, Chuck, souffla-t-elle les larmes aux yeux. Tu ne m'as pas fait ta demande. Parce que je ne t'ai pas laissé l'occasion de le faire.
- Parce que je t'ai trompé avec cette fille ?
- Tu ne m'as pas vraiment trompée en réalité. On avait rompu quand tu as ... quand vous ...
Elle ne pouvait pas prononcer ces mots là. Ils refusaient de franchir ses lèvres, écorchant sa langue comme des lames de rasoir.
- On était séparé et je sortais même avec quelqu'un d'autre. Tu étais parfaitement au courant de ça, mais tu m'as quand même donné rendez-vous. Cependant je ne suis pas venue. J'étais en retard. Dorota a eu son bébé et ... c'est compliqué. Tout a toujours été si compliqué entre nous. Tu n'avais aucune raison de croire que je viendrais parce que je t'avais bien spécifié la veille que je ne viendrais pas, justement. Alors tu t'es puni toi-même avec elle. Finalement je t'ai rejoint et on venait juste de se remettre ensemble quand ... quand j'ai appris ce qui s'était passé et ça m'a rendue folle parce que ça faisait si mal ... ça fait si mal, se reprit-elle, de t'imaginer avec une autre.
Elle cacha son visage dans le creux de son cou, laissant rouler ses larmes sur la peau du jeune-homme.
Il l'enlaça plus fort.
- Je n'en veux pas d'autre. Je n'en veux pas d'autre. J'ai besoin de toi, de toi et de personne d'autre. Je t'aime.
- Je t'aime aussi.
Elle embrassa l'arrête de sa mâchoire et descendit le long de son sternum, jusque sous ses côtes, sur son flan gauche.
- Je t'aime, répéta-t-elle avant de déposer une multitude de petits baisers délicats sur la cicatrice qui symbolisait leurs blessures à tous les deux.
Lorsque Blair s'était endormie pour la 2ème fois cette nuit là, elle était lovée au creux de Chuck.
Ils avaient à nouveau fait l'amour, leurs larmes de regret se muant peu à peu en gémissements de plaisir à la chaleur du frottement de leurs peaux. Les caresses et la tendresse de leurs gestes apaisants les brûlures de leurs cœurs et de leurs âmes.
Elle avait fini par le convaincre de rester avec elle jusqu'au petit matin. Il avait promis qu'il ne s'enfuirait pas pendant son sommeil, qu'elle ne se réveillerait pas seule dans son lit, trop grand, trop vide, sans lui.
Elle savait que lui ne fermerait pas l’œil. Il resterait là, à la regarder dormir.
Nate lui avait dit qu'il souffrait d'insomnie et de cauchemars récurrents. Il pouvait entendre son meilleur ami geindre et grincer des dents depuis sa propre chambre à l'Empire.
« Dormir avec moi n'est pas vraiment reposant » avait avoué Chuck quand elle lui avait posé la question, après qu'il ait à nouveau tenté de rentrer chez lui pour le reste de la nuit, qui ne se résumait plus alors qu'à quelques heures.
Il avait veillé sur elle comme une sentinelle. Scrutant chaque grain de sa peau, gravant et regravant ses traits parfaits dans sa mémoire.
Comment avait-il seulement pu les oublier ?
La chaleur de son corps contre le sien, le rythme régulier de ses seins qui se soulevaient et s'abaissaient lentement, l'avait bercé doucement jusqu'à ce qu'il finisse par basculer dans les limbes lui aussi.
Blair l'entendit gémir et haleter sur la pointe de l'aurore. Elle ne comprit pas de quoi il retournait avant qu'il ne se mette à remuer et à respirer lourdement, cherchant l'air comme s'il se noyait. Quand elle prit conscience de la situation, elle se redressa, totalement réveillée.
Il était en nage, elle pouvait voir briller la sueur dans la toison de son torse. Ses beaux traits étaient complètement déformer par la peur. Il haleta à nouveau et baragouina des choses inintelligibles. Sa respiration se fit de plus en plus courte au fur et à mesure qu'elle voyait la frayeur augmenter et s'étendre de plus en plus durement sur son visage.
- Chuck, murmura-t-elle en posant une main sur son épaule.
Il sursauta dans son sommeil et hurla en se relevant d'un bond, les yeux totalement hagards, cherchant d'où venait la menace, affolé comme un animal traqué prit dans la lumière des phares des chasseurs.
- Doucement Chuck, c'était un cauchemar, le rassura-t-elle en prenant ses mains dans les siennes.
- Blair ? s'étonna-t-il avant de balayer la pièce baignée par la clarté du jour qui se levait à peine.
Il était dans la chambre de la jeune-femme qu'il aimait. Il avait accepté de passer le reste de la nuit à ses côtés.
Il posa ses yeux sur elle. Elle était encore plus belle que la veille. Il déglutit et ferma les paupières, récupérant lentement sa respiration.
- C'était juste un cauchemar, répéta-t-elle.
Elle apaisa la course des pulsations dans ses veines d'un simple geste, d'une simple caresse de sa paume sur sa pommette moite.
Elle apposa son autre main de l'autre côté de son visage avant de l'embrasser doucement puis de l'attirer tout contre elle.
- C'est fini, dit-elle en passant son bras autour de lui comme s'il était un enfant.
Il accrocha son bras libre à sa taille, se laissant entraîner par les coups sourds qui le ramenaient vers une respiration plus calme.
Le frottement de sa paume de bas en haut dans son dos le réconforta. Il laissa aller sa tête sur ses seins, les battements de son cœur résonnant dans son tympan jusqu'à ce que son propre cœur palpite au même rythme que le sien.
- Tu es là, chuchota-t-il.
Il avait eu si peur de ne jamais la retrouver. Il l'avait cherchée partout dans la jungle et les marécages. Il avait couru à perdre haleine, trébuchant sur les racines, évitant les branches basses. Il avait perdu sa piste après le torrent avant de s'apercevoir qu'elle dérivait sur un radeau au milieu du courant qui l'entraînait vers les chutes d'eau.
Il avait plongé, nagé aussi vite que ses membres le pouvaient. Lorsqu'il avait atteint le rebord des rochers, il s'était laissé dévaler les parois et engloutir par les flots. Il avait lutté pour remonter à la surface, pour réussir à reprendre une goulée d'air avant de pouvoir la rejoindre. Mais quand il s'était retrouvé dans les eaux calmes, elle n'était pas là. Elle avait disparue à nouveau. Il avait hurlé son nom aussi fort que ses poumons le lui permettaient mais seul le silence lui avait répondu.
Il rouvrit les yeux, réalisant que c'était la 1ère fois qu'il se souvenait d'un de ses cauchemars.
Il pensait qu'il revivait son agression, que c'était ce qui causait sa terreur au milieu de ses nuits, mais ce n'était nullement ce qu'il redoutait le plus. Ce qui le terrifiait plus que tout, c'était de la perdre.
Il sentit la caresse de ses lèvres sur sa tempe et celle de ses doigts sur sa mâchoire.
- Je suis là, chuchota-t-elle à son tour.
Un long soupir de soulagement s'échappa de ses poumons mis à mal. Il pouvait s'endormir sereinement, il ne ferait plus aucun mauvais rêve cette nuit. Elle était là, tout contre lui. Elle serait là quand il se réveillerait tout à l'heure.
Blair resta un moment à le regarder dormir, ses traits à présent détendus alors qu'ils étaient si crispés l'instant précédent. Elle continua de former des cercles dans son dos du bout de ses phalanges. Elle voulait apaiser ses douleurs et ses frayeurs autant qu'elle en était capable.
Dans quelques heures, ils se réveilleraient ensemble et elle expliquerait la présence de Chuck à sa mère, elle l'affronterait s'il fallait.
Mais d'ici là, ils profiteraient encore un peu de la chaleur protectrice du cocon qu'ils s'étaient créé durant la nuit.
Elle déposa un autre baiser sur sa tempe avant de poser le menton sur le haut de sa tête et de retourner vers les songes à son tour.
*****
Nate se réveilla en sursaut.
- Qu'est-ce qui se passe ? marmonna paresseusement la blonde emballée dans les draps entre ses bras.
- Chuck !
- Quoi ?
- J'ai cru l'entendre crier, grommela le jeune-homme en glissant ses doigts dans les mèches blonde de sa dulcinée.
- Depuis ta chambre à l'Empire, je veux bien te croire, j'en ai déjà fait l'expérience, mais depuis ici, ça me paraît difficile sauf si il est ...
Sa phrase resta en suspens. Elle ouvrit de grands yeux en les posant dans les prunelles azur de son petit-ami.
- Tu ne crois pas ...
- Il a dit qu'il retrouverait son chemin tout seul, sourit Nate.
De petites fossettes se creusèrent sur ses pommettes, que Serena adoraient tant.
- Si c'est le cas, on le découvrira dans quelques heures, mais en attendant, je vais faire tout mon possible pour te faire oublier ton meilleur ami.
Elle se glissa tout contre lui, se débarrassant de tout ce qui pouvait constituer un obstacle entre leur deux corps nus.
Le jeune-homme replongea sur ses lèvres, qu'il avait délaissées il y a seulement quelques heures.
Serena répondit à son baiser. Le départ à la guerre était visiblement un très, très bon aphrodisiaque.
- Je t'aime, susurra-t-il sans décoller sa bouche de la sienne.
- Je t'aime aussi, répondit-elle avant de laisser folâtrer ses doigts les longs des abdominaux de son capitaine de lacrosse préféré.
Elle sourit à son tour, coquine, puis disparue sous la couette pour le plus grand bonheur de l'héritier Archibald.
Chuck sortit du cabinet de son thérapeute en fin d'après-midi. Le Dr Altman disait qu'il progressait. C'était vrai qu'il se sentait mieux. Depuis qu'il avait réussi à reconquérir Blair. Cette nuit passée avec elle avait tout changé.
Il comprenait à présent que la raison de son amnésie n'était pas seulement l'agression violente dont il avait été victime. Bien sur, c'est ce qui avait causé et rendu l’événement traumatisant. Mais c'était aussi tout ce que cette agression symbolisait pour lui.
Quand il s'était accroché à la bague, il voulait retenir son passé, son histoire avec la belle brune. Il ne pouvait pas accepter que ce soit terminé entre-eux. Il ne pouvait pas faire face au fait qu'il l'avait perdue à jamais.
En lui dérobant la bague qu'il avait prévu de lui offrir lors de sa demande en mariage, c'est tout son avenir que les criminels lui avaient volé. Il avait refusé de lâcher prise car il ne pouvait pas admettre que Blair ne ferait plus jamais partie de sa vie.
Le Dr Altman disait que cela ne se résumait pas à sa relation avec Blair, qu'il y avait bien plus que ça derrière cette amnésie. Le spécialiste lui avait parlé de « sentiment d'abandon » lié à son enfance.
Le problème c'est que Chuck ne s'en souvenait toujours pas. Même s'il avait de plus en plus de flashs de son passé qui affluaient à sa mémoire, ils étaient tous liés à Blair. Comme s'il n'y avait jamais eu qu'elle qui ait compté dans sa vie.
Bien sur il avait connaissance du fait que ses parents soient tous les deux décédés et à ce qu'il avait compris, il n'avait jamais connu sa mère biologique.
Cependant, le plus important pour lui restait la femme qu'il aimait. Il était soulagé d'avoir appris de sa bouche qu'il ne l'avait pas trompée réellement. Il avait commis une erreur monstrueuse effectivement, mais il l'avait fait par désespoir.
D'autre part, quelle personne saine d'esprit pourrait coucher avec sa demi-sœur par alliance, même si ce n'était que via une adoption ?
Il quitta l'immeuble afin de rejoindre la limo qui l'attendait pour l'emmener à son bureau. Il avait passé pas mal de temps avec Blair depuis l'anniversaire de la jeune-femme.
Il sourit en repensant à son réveil ce matin là.
*****
Il était dans ses bras. Aucun repos ne lui avait jamais semblé si bien porter ses fruits. De s'éveiller là, dans la douceur de son embrase, il avait l'impression d'être enfin arrivé à bon port.
- Bonjour, murmura-t-elle en passant une main de ses cheveux courts avant de poser sa bouche sur la sienne.
- Bonjour, marmonna-t-il en la serrant plus étroitement contre lui.
Blair sentit ses cellules se mettre en ébullition au contact de chacune des parties du corps de Chuck qui s'éveillaient elles-aussi.
- Si je n’apparais pas à la table du petit déjeuner dans 25 minutes, Dorota montera avec un plateau, regretta-t-elle en jetant un œil à son réveil.
- Pourquoi ne m'as-tu pas réveillé ? questionna-t-il.
- Tu dormais trop bien et avec tous ces cauchemars, je me suis dis que tu l'avais bien mérité. Et puis, j'aime ça, te regarder dormir, sourit-elle.
Elle ne mentait pas. Elle avait vraiment aimé l'observer dans son sommeil, il était si beau et ses traits étaient si détendus, elle n'avait pas eu le cœur de le privé d'un peu de répit, pas après l'épisode auquel elle avait assisté quelques heures plus tôt.
- Moi ce que j'aime, c'est t'embrasser, chuchota-t-il. Là ... là ... et là ... et encore là ... et aussi là ... et là ...
Les yeux de Blair se révulsèrent quand il frôla le point sensible dans son cou, juste sous le lobe de son oreille.
- Viens, dit-elle en le prenant par la main pour sortir du lit et l'emmener en direction de la salle de bain.
Dorota ne franchirait pas cette porte là.
Une fois dans la pièce, elle se dépêcha de verrouiller le loquet de la porte communicant avec la chambre qui était désormais celle de Serena.
*****
Leurs amis avaient frappé à la cloison moins de 15 minutes plus tard, faisant écho au tambourinement de l'employée modèle depuis la chambre de Blair, réduisant finalement leur douche au strict minimum.
Qu'importe ! Ils s'étaient rattrapés plus tard.
Après le petit déjeuner, il y avait eu pas mal de tensions à soulager.
Il avait été on ne peut plus mal à l'aise quand Blair lui avait proposé de s'asseoir avec sa mère et son beau-père à la grande table de la salle à manger. Quand sa sœur et Nate avaient débarqué à leur tour, il en avait été plus qu'heureux.
Nate lui avait adressé un clin d’œil avant de prendre place en face de lui.
Dieu merci, au moins il n'avait pas été obligé de faire face, littéralement, à la mère de Blair.
Le sourire du jeune-homme s'élargit au souvenir de l'expression du visage d'Eléanor Waldorf quand sa fille lui avait clairement signifié qu'elle maintiendrait leur relation et ce, quoi qu'en pense qui que ce soit.
Arthur lui ouvrit la portière de la voiture et il eut la surprise d'y trouver installée la jolie brunette qui occupait ses pensées.
- Salut, dit-elle en passant ses bras autour de son cou avant de l'embrasser tendrement.
- Salut, répondit-il, les lèvres toujours collées aux siennes.
Leur baiser se fit plus passionné tandis que la voiture prenait la route.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il une fois qu'il put récupérer l'usage de sa langue pour parler.
- Je suis venue te kidnapper, sourit-elle. Nate et S ont réservé au Lion. J'ai demandé à John De Luci d'ajouter deux couverts.
- J'avais pensé passer la soirée avec toi dans les draps, bougonna-t-il.
- Chuck Bass, fais-moi confiance, tu vas adorer ce restaurant et ça fait trop longtemps qu'on ne s'est pas retrouvé tous les quatre. En plus de ça, on a quelques complots à mettre au point.
Depuis que Dan l'avait ouvertement humiliée, la guerre était officiellement déclarée.
L'habitant de Brooklyn pensait peut-être lui donner une bonne leçon et mettre un terme à ses agissements en posant ce geste, mais il n'avait fait qu'attiser ses foudres et la colère de ceux qui avaient été autrefois de son côté.
Seul Éric était plus clément avec lui mais il n'approuvait pas pour autant ce qui s'était passé à l'anniversaire de Blair. Pour lui, Dan était allé beaucoup trop loin. Il condamnait fermement son attitude.
D'autre part, son coup d'éclat n'avait pas arrangé ses relations avec Rufus et Serena veillait à ce qu'il n'empiète pas sur leur territoire. Son ex ne passait que très rarement à l'appartement de leur parent.
Il était désormais quasiment impossible pour Lonely Boy d'accéder aux soirées et autres événements mondains de l'UES. Pour ne pas perdre la face, il prétendait qu'il préférait rester de l'autre côté du pont mais la vérité, c'est qu'il s'y ennuyait à mourir depuis que Georgina était repartie avec Milo et que Vanessa avait refait ses cartons pour le campus de NYU.
Chuck sourit malgré sa déception de ne pas avoir Blair tout à lui jusqu'au lendemain matin. Il savait pertinemment ce qu'elle essayait de faire. Elle tentait elle aussi de le faire redevenir « lui-même » tout comme Nate et Serena avant elle.
Il étouffa un soupir.
Pourquoi ses amis ne pouvaient-ils pas se contenter de lui, tout simplement ?
- Eh bien ! On a pas de drap ici, mais ...
Elle abaissa la cloison qui les séparait du chauffeur.
- Arthur, faites un tour par le parc, commanda-t-elle.
Chuck vit l'homme lui jeter un regard approbateur et complice dans le rétro avant de remonter la glissière opaque.
- On en a jamais eu besoin, termina-t-elle en laissant traîner ses doigts sur sa cuisse.
Elle glissa le long du dossier en cuire jusqu'à ce qu'elle soit sur ses genoux, emprisonnant son corps sous le sien.
*****
- Merci de me ramener chez moi, dit-elle.
- Tu étais ... époustouflante sur cette scène ce soir.
Blair se rapprocha de lui jusqu'à ce que leurs épaules se touchent et se pencha pour l'embrasser. Ses lèvres étaient les plus douces et les plus sucrées qu'il ait jamais goûtées. Pourtant il avait tout un échantillonnage de comparaison.
Il sentit le désir monter en lui comme les images du Victrola défilaient dans son esprit.
- Tu es sûre ? souffla-t-il, abasourdi par la tournure que prenait la situation.
Qui était donc cette fille qu'il pensait connaître depuis la maternelle ? Est-ce que la magie des contes de fées existait réellement finalement ?
La bouche de Blair était à nouveau sur la sienne.
Il se promit de lui faire découvrir tous les plaisirs des sens et de lui faire oublier toutes les peines que Nathaniel lui avait infligées.
Nate !
Il ne devrait pas faire ça. Nathaniel serait furieux.
Il ne pouvait pas s'en empêcher. L'attraction était trop forte.
Ce soir, il avait vu une partie d'elle qu'il soupçonnait à peine. Blair Waldorf était la fille la plus inouïe et la plus magnétique qu'il ait jamais rencontrée.
Pendant qu'elle dansait sur la scène, il avait été subjugué, hypnotisé, par la manière dont elle bougeait. Par le feu qui brûlait sous la glace apparente de Queen B.. Il n'aurait pas été capable de détourner ses yeux d'elle, même s'il l'avait voulu.
Il n'avait jamais ressenti ça pour aucune fille. Toutes les heures de sexe avec toutes ces filles qui s'offraient à lui ou qu'il s'offrait. Aucune n'avait rien de commun avec la brune qu'il tenait dans ses bras.
Il était un expert en matière de luxure et de dépravation et pourtant rien n'avait jamais égalé ce qu'elle était capable de lui faire éprouver en cet instant.
*****
Il l’enserra plus fort, avant de la coucher sur la banquette. Il s'appliquerait à lui faire oublier toute la peine qu'il lui avait infligée, chaque seconde, de chaque minute du reste de sa vie.
Il se promit de lui apporter le bonheur et de la rendre plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été.
- Je me souviens, haleta Chuck, le corps de Blair toujours soudé au sien.
Le regard de la brune, planté dans le sien, se fit plus pénétrant encore.
- De ce soir là, après le Victrola. Notre 1ère fois, s'essouffla-t-il à nouveau.
Il discerna des étincelles qui pétillaient dans les prunelles de la jeune-femme qu'il aimait.
- Tu ... tu t'en souviens ? bredouilla-t-elle, le cœur en exergue.
Il acquiesça.
- Je ne peux même pas croire que j'ai pu l'oublier, se fustigea-t-il.
- Moi non plus, je n'arrivais pas à le croire.
Il resserra ses bras autour de sa taille.
- Pardon, s'excusa-t-il en plongeant son visage dans le creux de son épaule.
- Chuck, il faut que tu arrêtes de faire ça, dit-elle en posant un baiser dans sa nuque. Cesse de t'excuser sans cesse. Ce n'est pas ta faute si tu t'es fait tirer dessus.
- Mais ça l'est de m'être retrouvé là-bas, à Perlovka. Je n'aurais pas dû baisser les bras. Je n'aurais pas dû perdre foi en nous, en toi, même si tu n'es pas venue à l'Empire State Building.
- Tu te souviens de ça aussi ? questionna-t-elle.
- Juste de t'avoir attendue malgré le fait que tu m'aies dit que tu ne viendrais pas, la veille.
Il avait articulé la dernière phrase sans relevé la tête. Il grimaçait au souvenir de cette sensation horrible qui s'était emparée de lui quand il s'était souvenu de ces instants.
Il avait espéré jusqu'à la dernière minute qu'elle se montrerait quand même. Qu'elle accepterait de prendre un nouveau départ avec lui, de lui donner une autre chance ... encore une.
Il avait regarder la trotteuse s'approcher du 12 avec hantise, sachant pertinemment, au fond de lui, qu'elle n'avait aucune raison valable pour vouloir rebâtir quoi que ce soit avec lui.
Il ne se rappelait pas pourquoi ils avaient rompu en 1er lieu et Blair avait refusé de le lui révéler. Elle avait déclaré en avoir déjà bien trop dit à propos de son passé. Cependant il était certain d'une chose, c'était sa faute. Parce que la culpabilité l'accablait ce soir là.
Quand le temps avait été écoulé, à 19h01, il avait jeté les fleurs et avait quitté l'endroit aussi rapidement que possible, tentant de fuir la douleur qui enserrait son cœur. Mais celle-ci le rattraperait où qu'il aille.
- C'est à moi d'être désolée, chuchota-t-elle tout contre son oreille. J'aurai dû t'appeler à la seconde où j'ai changé d'avis ... te prévenir que je serais en retard ... que Dorota avait perdu les eaux. Je ne sais même pas pourquoi je n'ai pas commencé par là.
Elle caressa tendrement le creux de sa nuque.
- Nous pouvons continuer à nous blâmer nous-mêmes pour ce qui s'est passé cette nuit là, reprit-elle après un instant. Ou nous pouvons accepter une autre vérité ... C'est que ce n'était la faute de personne. C'était le destin tout simplement. Une tragédie. Si Serena n'avait pas embrassé Dan, alors... Nate n'aurait pas été la chercher à l'hôpital et Jenny n'aurait pas cherché après Nate.
- Si Dorota n'avait pas commencé le travail, ajouta Chuck
- Tout aurait été différent, soupira Blair.
- Seulement ça ne l'est pas., regretta amèrement le jeune-homme.
- C'est vrai oui. Mais tout ça est derrière nous maintenant, affirma-t-elle d'une voix plus assurée. Nous sommes ensemble et c'est tout ce qui compte. Je t'aime.
- Je t'aime aussi, dit-il en relevant son visage vers elle pour l'embrasser tendrement.
Elle répondit à son baiser avant de reprendre gaiement.
- Alors promets-moi de cesser de t'excuser sans arrêt pour notre passé. On n'y changera rien, peu importe combien on le voudrait. Concentrons-nous sur notre futur et sur ce soir. Nous allons nous retrouver entre amis et nous allons profiter de la soirée.
Il répondit à son sourire et l'embrassa avec passion.
Elle était extraordinaire, il lui suffisait d'un simple geste, de quelques mots pour apaiser les inquiétudes et les souffrances de son âme.
- Peut-être qu'Arthur pourrait refaire un tour dans le parc, suggéra-t-il entre deux de leurs baisers fougueux.
- Il ne s'arrêtera pas tant que l'un de nous ne frappera pas contre l'obturateur, déclara-t-elle avec une autre étincelle au fond des yeux, celle du désir et de la luxure.
*****
Lorsqu'ils arrivèrent au Lion, leurs amis les attendaient depuis plus d'une demi-heure.
Nate fit un sourire sans autre forme de commentaire au couple de ses amis. Chuck redevenait peu à peu lui-même au contact de Blair, sans être tout à fait le même cependant.
Il lâcha la main de sa petite-amie sous la table. Le jeune Archibald n'était pas fâché d'avoir pu passer un peu de temps en tête à tête avec la jolie blonde. Le Capitaine était en conditionnelle et Chuck avait accepté que ce dernier loge à l'Empire, ce qui ne laissait que peu de place à son fils pour l'intimité avec sa dulcinée.
Ils n'osaient plus trop se retrancher au penthouse Waldorf car Eléanor et Cyrus ne repartiraient pour Paris que dans plusieurs semaines. La situation étant quelque peu tendue entre la mère de la brunette et le jeune Bass, il était inutile d'en rajouter.
D'autant que la maîtresse de maison avait été claire le matin du petit déjeuner qui avait suivi l'anniversaire de la jeune-femme. Sa demeure ne deviendrait pas une maison de passe. Le message était on ne peut plus limpide.
Nate avait été très impressionné par l'attitude de Blair qui n'avait pas hésité à tenir tête à Eléanor alors que jusque là, elle avait toujours eu pour code de conduite de satisfaire ses parents.
Il est vrai que depuis qu'elle avait raté Yale, la brunette avait remis en perspective ses rêves et son comportement à les atteindre.
Serena aussi avait beaucoup changé depuis la remise de leur diplôme. Elle s'attelait à suivre les cours à Columbia avec assiduité. Il semblait qu'elle ait vraiment décidé de prendre son destin en main.
Et le mieux dans tous ça ?
Elle envisageait sérieusement leur avenir en commun sur le long terme.
Le serveur vint prendre la commande et John De Luci en personne vint les saluer. Tous étaient détendus et passaient une agréable soirée. Comme au bon vieux temps.
Ils en étaient au dessert quand les gsm de Blair, Serena et Nate tintinnabulèrent en même temps. Sans vraiment y réfléchir, ils sortirent leur i-phone pour consulter le dernier blast de GG.
Chuck fronça les sourcils sans comprendre de quoi il retournait.
Le silence s'installa soudainement autour de la table. Chacun restant bouche bée.
- Ce n'est peut-être pas ...
- Nate ! le prévint Serena.
Elle leva les yeux sur sa meilleure amie qui était livide.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Chuck en se penchant vers sa petite-amie pour lire par dessus son épaule.
Il devait vraisemblablement s'agir d'une urgence pour que chacun de ses amis reçoivent un texto au même moment.
Le contact de la main du beau brun sur son avant-bras fit percuter à Blair qu'il ignorait l'existence de gossip girl.
Serena et Nate réalisèrent en même temps, l'erreur qu'ils venaient de commettre.
- Rien d'important, articula la brune à l'intention de son amoureux sans le regarder.
Elle esquiva rapidement son geste et replaça son i-phone dans son sac, tentant de reprendre contenance.