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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 25.01.2013 à 21h05
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point, réécriture de la saison 4. Bien sûr 100% Blass avec un zeste de Serenate et du njbc. » katido
Cette fanfic compte déjà 77 paragraphes
- Blair, répéta une nouvelle fois Serena.
- Je vais bien ! clama la brunette.
Son amie l'avait suivie dans les toilettes peu après que le blast soit tombé.
La blonde avait saisie son i-phone sans réfléchir lorsqu'il avait retenti, à l'instar de ses deux amis.
La soirée se déroulait tellement bien qu'ils en était parvenus à oublier pour un temps que Chuck n'était plus tout à fait Chuck et qu'il ignorait certains éléments de leur vie. Ils avaient tous été si choqués par la nouvelle qu'ils avaient même totalement éclipsé ce fait.
Serena observa encore une fois son amie dans le reflet du miroir. Elle avait repris des couleur, ses joues étaient colorées de rose mais ses mouvements saccadés indiquaient que tout n'allait pas si bien que ça en réalité.
- Il faut à tout prix éviter que Chuck ne soit au courant.
- Blair ! soupira encore la blonde. Comment veux-tu qu'il reste dans l'ignorance d'une telle chose ? Tu connais ma mère, elle va sans doute ...
- Dissuade-là ! tonna B. C'est juste l'histoire de quelques heures, je peux te le garantir ! Cette petite peste ne va pas faire longs feux ici, c'est moi qui te le dis !
- Écoute, Blair, je n'aime pas plus que toi de la savoir dans les environs mais ...
- Mais, rien du tout ! Je l'aie bannie et je vais lui rappeler ce qui arrive quand on me défie. Elle va regretté d'avoir remis un orteil dans l'UES !
Elle sortit des toilettes comme une furie pour se retrouver devant Chuck qui l'attendait, adossé contre le mur.
- Blair, tu vas bien ? s'inquiéta-t-il.
Elle était partie si brusquement de la table qu'il l'avait suivie malgré les protestations de son meilleur ami.
- Oui, je vais bien. Rassure-toi. Rien de grave, je te l'ai dit, mais une de nos amies de Columbia a quelques soucis. Son petit-ami vient de la laisser tomber et je voudrais aller la réconforter. Ça ne te dérange pas si je t'abandonne ici avec Nate et S ? Elle est vraiment mal.
- Tu veux que je t'accompagne ? Je peux peut ...
- Non, se récria Blair. Ce sont des trucs de filles. Elle va pleurer, s’empiffrer de glace ... enfin, tu vois quoi. Il vaut mieux que tu continues à t'amuser. Inutile que nous gâchions tous les deux notre soirée à cause d'un crétin qui ne sait pas ce qui est le mieux pour lui.
Elle n'avait aucune intention de laisser Chuck savoir que Jenny était de retour à New-York et encore moins de les laisser s'approcher à moins de 15 mètres l'un de l'autre. Chuck se culpabilisait déjà bien assez comme ça à propos de leur rupture passée. Maintenant que leur relation était plus ou moins stable, elle n'allait certainement pas permettre à cette vermine de venir la mettre en péril.
La bouche de la jeune-femme disait le contraire de ses yeux, elle lui mentait sans l'ombre d'un doute mais il fit semblant de la croire pour l'instant. Elle était totalement bouleversée par cette histoire, quelle qu'elle soit.
- Tu sais quoi, je pense que je vais aller avec Blair ... faire ... ces trucs de filles. Ainsi Nate et toi pourrez passer le reste de la soirée entre hommes, déclara sa sœur.
- D'accord, acquiesça Chuck.
Les filles disparurent en un instant et les deux garçons se retrouvèrent en tête à tête.
- Ok, alors maintenant, tu vas m'expliquer ce qui se passe ! commanda le brun à peine eurent-elles passé la porte.
- Quoi ? Tu as entendu, c'est juste une histoire de filles ... tenta Nate.
- Nathaniel ! tonna Chuck.
- Écoute, il vaut mieux ...
- Si tu me dis que c'est pour mon bien que vous me cacher tous ce qui se passe, je te promets que dés demain, ton père et toi devrez faire le tour des bas quartiers pour vous loger, gronda l'héritier Bass.
- Chuck ...
- Non ! Tu va me dire ce qui se passe et tu vas me le dire Maintenant !
Le jeune Archibald soupira. Il n'avait jamais tenu très longtemps quand il s'agissait de contrer Chuck. C'était aussi comme ça que ça fonctionnait entre eux.
- Qu'est-ce qu'il peut y avoir de si terrible pour que vous décidiez de mettre fin à votre opération « récupération de l'ancien Chuck Bass » en moins de 10 minutes ?
- On n'essaie pas ... on n'a jamais voulu ...
- Te fatigue pas Nathaniel, ce n'est plus à l'ordre du jour apparemment.
Le brun ténébreux ne pouvait pas dire qu'il ne s'était pas amusé jusque là. Au contraire, il avait réellement apprécié l'ambiance et il avait eu l'impression de faire à nouveau partie intégrante du groupe ... jusqu'à ce que les gsm se mettent à sonner.
- Écoute, vous voulez tous que je fasse partie du clan, comme avant, mais vous ne cesser de me tenir à l'écart. Comment veux-tu que je reprenne ma place dans ces conditions ?
Nate hésita un moment. Blair allait l'étriper, sans parler de Serena qui ferait certainement une grève du sexe pendant six semaines !
- Alors, tu vas te mettre à table ou tu vas continuer à me prendre pour un con ? s'impatienta Chuck.
- Ok, capitula Nate, s'en mordant déjà les doigts. Il y a une personne qui ne devrait pas être à Manhattan en ce moment ...
- Et comment savez-vous qu'elle y est pour commencer ? interrogea Chuck.
- Par une amie commune, mentit-il.
Lui expliquer la situation était une chose, mais permettre à son ami d'avoir accès à toutes sortes d'informations et ragots en tout genre sur son passé n'était pas dans son objectif.
Le médecin avait dit qu'il se souviendrait par lui-même quand il serait prêt et il ne commettrait pas la même erreur deux fois.
- L'important, c'est qu'en revenant elle remet clairement en cause l'autorité et par conséquent la place de B tout en haut de la pyramide sociale, non seulement à Columbia, mais aussi de tout l'UES. Et ...
- Blair est donc partie régler ça ! conclut lui même le petit-ami de la brune incendiaire.
- Demain, tout sera rentré dans l'ordre, reconnut son ami.
- Jenny Humphrey ? devina encore Chuck.
Il avait vu la même douleur luire dans les prunelles de Blair que lorsque qu'il lui avait posé des questions, le jour où ils s'étaient embrassés, chez Lily.
Nate ne répondit pas. Il se contenta de hocher de la tête.
- Reste en dehors de ça, conseilla-t-il à son meilleur ami. Si tu ...
- Je n'ai pas l'intention de m'approcher d'elle, indiqua l'héritier Bass.
Il avait déjà causé bien assez de mal à Blair, comme ça. Ça avait bien faillit lui coûter leur relation. Il ne prendrait pas le risque de la perdre encore une fois à cause de cette fille.
Si sa petite-amie ne souhaitait pas qu'il prenne part à cette bataille, alors il resterait en retrait. D'autre part, il ne doutait pas une seule seconde que la brune ne ferait qu'une bouchée de l'intruse.
Néanmoins ...
- Je veux que tu me tiennes au courant de ce qui se passe, Nathaniel. On est dans le présent là, donc il n'y a aucune contre-indications médicales. Et si Blair a besoin d'un coup de main ...
- Je te le ferai savoir, promit son ami.
Blair relut le blast de GG encore une fois « Bon retour, Jenny Humphrey. Tu nous avais manqué. » avant d'entrer avec son amie au penthouse.
- Coucou ? Il y a quelqu'un ? cria Serena.
Blair s'avança dans le couloir et ouvrit la porte de l'ancienne chambre de S. Jenny Humphrey était bien là, devant elle, en chair et en os.
La brune étouffa un cri de fureur.
- Blair, quoi que tu veuilles faire, mon père et Lily seront à la maison d'une minute à l'autre, indiqua la blonde paniquée.
- Ne t'inquiètes pas, Little J. Ce sera une discussion très courte. Je t'ai laissé tranquille après que tu te sois insidieusement glissée dans le lit de Chuck parce que je présumais que tu étais assez intelligente pour ne jamais revenir. J'étais même prête à faire des exceptions pour les vacances, les anniversaires, les problèmes de santé d'un membre proche de ta famille, mais là tu n'as vraiment aucune excuse.
- Blair, s'il te plaît, l'implora Jenny. Je ne suis là que pour 24 heures. J'ai un entretien avec Tim Gunn demain en fin d'après-midi et si tout se passe bien il m'écrira une lettre de recommandation pour Parsons.
- Parsons ? C'est encore à Manhattan si je ne m'abuse, non ?
- Oui, mais l'autre partie de Manhattan. Qui est située à des années lumières de l'Upper East Side...
- Ne joue pas sur les mots. Tu es bannie. Si les gens pensent que je ne suis pas une femme de parole, c'est tout le système qui pourrait s'effondrer.
- Écoute, Blair, je ne cherche pas à déséquilibrer ton petit ordre social, promit le jeune-fille. Tu sais à quel point la mode, c'est important pour moi et Parsons est l'école idéale.
- Ça, il fallait y penser avant. Je t'appelle un taxi pour l'Hudson et je te regarde faire ta valise, sourit machiavéliquement la brune.
- Et pourquoi pas une autorisation pour la journée de demain ? Je promets de partir directement après mon entretien. Et en plus, on ne sait même pas si Tim Gunn va aimer mon travail. Mais je te jure qui si tu m'accordes cette journée, je ne mettrais plus les pieds à Manhattan jusqu'à la fin de l'année, même pas pour Noël.
- Les vacances sans Jenny Humphrey, dit Blair en levant les sourcils. Ça fait un moment que j'en rêve. Trêve jusqu'à minuit demain, à la condition que tu t'arranges pour que ton parasite de frère soit absent de la petite réunion de famille lui aussi.
- C'est comme si c'était fait, promit encore la blonde décolorée. Merci.
- Je n'ai pas fini. Il y a d'autres conditions. Ne vois personne, ne parle à personne, et ne sors pas ce cet appartement sauf pour ton entretien.
- D'accord, soupira la jeunette.
- Au revoir, Little J. J'ai hâte de ne plus jamais te revoir !
La menace était claire dans sa voix.
- Tu es certaine de ce que tu fais ? questionna Serena qui s'était abstenue de prendre part à la discussion.
Ce n'était pas l'envie d'écrabouiller Jenny Humphrey sous ses talons aiguilles qui lui manquait. Cette petite peste avait fait tout ce qu'elle avait pu pour les séparer avec Nate. Et il tenait du miracle que ce ne soit pas lui qui l'ait déflorée.
- Je sais ce que ça fait de voir son avenir s'envoler, déclara la brune. Si elle est concentrée sur sa carrière, elle ne viendra plus se frotter à nous. Et puis, n'oublie pas que ma mère à son mot à dire dans ce milieu. Si jamais elle ne suit pas mes exigences à la lettre, je la briserai d'un claquement de doigts.
- Si tu es prête à prendre le risque, commenta son amie, septique.
- Je sais ce que je fais, affirma Queen B. Nous sommes presqu'à Thanksgiving, vois ça comme une grâce accordée par la reine. Cela permettra également de renforcer mon pouvoir en faisant miroiter l'espoir parmi mes sujets.
S n'avait pas envisagé cela comme ça mais ça pouvait se défendre.
- Bon maintenant, si nous allions retrouver les garçons ? Je suis certaine que Chuck n' a pas cru à notre histoire une seule seconde.
- Tu vas lui dire que Jenny est là ? s'étrangla la blonde.
- J'ai eu le temps d'y réfléchir en venant ici et je me dis qu'il vaut sans doute mieux qu'il soit au courant, cela évitera de se retrouver dans une situation ambiguë.
Serena la dévisagea. Était-ce vraiment sa meilleure amie qui s'exprimait ?
- Quoi ? aboya cette dernière. Il faut croire que c'est la maturité.
- En effet, il faut le croire, répliqua S.
Elle sourit en appuyant sur le bouton pour quitter le penthouse de sa mère, Blair était vraiment incroyable !
La brune se glissa dans l'espace aux côtés de la blonde. Elle ne pouvait pas mentir à Chuck une fois de plus. Elle devait cesser de le manipuler. C'est par là que la dégradation de leur relation si parfaite avait commencée l'année précédente.
Elle lui avait menti et l'avait manipulé pour avoir l'opportunité de faire le discours de bienvenue de NYU à la place de cette va-nu-pied de Vanessa. Il avait très mal pris la chose et après ça, tout avait été de mal en pis.
Elle avait contacté Jack dans son dos et l'avait ramené dans leurs vies au lieu de le laisser croupir dans le Bush Australien.
Elle frissonna en repensant à la manière dont ce serpent s'était immiscé entre eux. A comment il s'était insinué dans la tête de Chuck et dans la sienne. Jack avait réussi à leur faire faire la pire des choses qu'ils aient jamais faite. Il avait joué avec eux et les avait déplacés sur son échiquier comme de vulgaires petits soldats.
L'horrible tonton avait toujours su sur quel bouton appuyer pour faire réagir son neveu, mais elle n'avait pas compris, sur le moment, qu'elle aussi s'était laissée mener par le bout du nez. Dans cette histoire, elle était aussi coupable que l'homme pour qui elle était prête à faire n'importe quoi, y compris au détriment d'elle-même.
C'est ce qui lui avait fait le plus peur après tout ça. Et si elle en tirait une leçon à présent, c'est qu'elle ne laisserait plus personne semer le trouble entre eux deux. Ensemble, ils étaient invulnérables. Mais s'ils se retournaient l'un contre l'autre, c'était la destruction commune assurée.
La condition 1ère à leur union, c'était la complicité. Elle avait utilisé Chuck pour obtenir ce fichu discours alors qu'elle savait pertinemment qu'il lui suffisait de le lui demander. Le beau brun ténébreux ne lui refusait jamais rien. Ensuite lui l'avait utilisée à son tour. C'est ce qui les avait conduit au désastre.
Elle ne commettrait pas la même erreur deux fois. Surtout quand il s'agissait de Jenny Humphrey.
*****
Serena claqua la portière du taxi qui les avait ramenées à l'Empire. Nate l'avait informé qu'ils étaient rentrés.
Howard devait passé la nuit chez Anne, pour le plus grand bonheur de leur fils.
Ce qui faisait également le bonheur de sa petite-amie à plus d'un titre.
Elle décocha un sourire radieux à l'élu de son cœur en débarquant dans le salon de la suite.
- Où est Chuck ? interrogea Blair.
Nate désigna la porte de la chambre du propriétaire des lieux.
- Il sait ! ajouta-t-il un peu gêné.
Le brune sourit malgré elle. Bien évidemment qu'il avait fait jacasser Nate comme une pie !
- Qu'est ce qu'il a dit ? demanda-t-elle un peu craintive.
- Qu'il serait là si on avait besoin de lui. Je crois que tu devrais allé le voir. Il a fait semblant que ça lui était égal, mais il a filé s'isoler à la seconde où on est arrivé ici.
Le cœur de Blair se serra un peu. Elle se rappelait combien ça l'avait blessé la dernière fois.
Serena encouragea son amie d'un regard avant de reporter son attention sur le bel homme aux yeux clairs.
Nate n'en revenait pas de ce qui venait de se passer. Aucune des deux n'avait tenté de l'écharper pour avoir dit la vérité à son meilleur ami !
La blonde vit briller dans ses pupilles azur l'étincelle du désir et le suivit sans attendre dans sa chambre.
La brune elle, frappa doucement à celle de Chuck.
Le jeune-homme brun était installé sur son lit, son pc ouvert sur ses genoux.
- Hey, dit-il en la voyant entrer. Ton amie va déjà mieux ?
Elle sourit gauchement.
- Tout est sous contrôle, répondit-elle en réfléchissant à la manière dont elle allait aborder le sujet.
Il l'observa, silencieux.
Blair fit le tour de la pièce un peu au hasard, avant de s'avancer vers lui.
- Je sais que Nate t'a expliqué au sujet de ... du retour inopiné en ville de Jenny.
Chuck acquiesça sans mot dire.
Il était soulagé qu'elle lui en parle. Il ne l'avait pas reconnu devant son ami mais ça lui faisait de la peine qu'elle veuille lui cacher le retour de celle qui avait été son erreur.
Avait-elle donc si peu confiance en lui ?
Pensait-elle qu'il referait la même erreur encore et encore ?
N'avait-elle pas compris qu'il avait changé ?
Ou peut-être ne le croyait-elle pas quand il lui avait dit qu'il voulait effacer tout le mal qu'il lui avait fait et qu'il était prêt à y passer le reste de sa vie ?
- Il m'a également dit que tu n'y avais pas cru une minute, ce qui aurait été effectivement étonnant de ta part ! continua-t-elle maladroitement.
Elle s'approcha plus près et vint finalement s'asseoir à ses côtés.
- Je suis désolée de t'avoir menti, s'excusa-t-elle. Je ... j'ai paniqué ... et ... je ...
- Je t'aime, déclara-t-il en lui prenant la main.
Elle sentit son cœur frémir.
- Je sais, murmura-t-elle. Et je t'aime aussi.
- Mais ...
- Mais rien.
- Tu n'as plus confiance en moi, c'est ça ?
- Non, non, démentit-elle en posant une de ses mains sur sa joue.
Elle l'embrassa tendrement.
- Ça n'a rien à voir avec ça, je te le promets. C'est juste que ... sur le coup ... je me suis dit que ... j'ai cru que ce serait mieux pour toi si je pouvais te laisser en dehors de tout ça ...
- Mais je ne veux pas être en dehors, s'exclama-t-il.
Il était impossible qu'il soit en dehors de ça en réalité, songea-t-elle. Il ne s'en rendait peut-être pas compte. Ou peut-être que si justement. Car si elle avait banni Little J de Manhattan c'était pour leur bien à tous les deux. Si jamais la rumeur se répandait qu'il avait eu une liaison dangereuse avec une ado rebelle de Brooklyn qui, techniquement et légalement, était sa demi-sœur, il serait socialement mort et les dégâts pour BI seraient considérables.
- Je sais et je me suis rendue compte que je faisais fausse route, dit-elle en plongeant dans ses yeux noisette.
- Alors laisse-moi être à vos côtés. On se débrouille plutôt bien avec l'autre Humphrey. Je suis certain qu'à nous deux, on peut venir à bout de n'importe quoi.
Elle sourit à travers les larmes qu'elle sentait venir chatouiller ses cils.
- Tu as raison. Quand on est dans la même équipe, on est redoutables, invincibles même. Et la dernière chose que je veux, c'est laisser quoi que ce soit ou qui que ce soit se mettre entre nous. Cependant, ici, j'ai besoin de maintenir ma position hiérarchique, ce qui implique que c'est à moi de remédier à la situation, je n'y arriverai pas si tu interviens pour m'aider. Les gens penseront que je suis faible et incapable de régler le problème seule, tu comprends ?
Il l'attira à lui et l'embrassa tendrement.
- Je comprends. Et je te promets que rien ni personne ne pourra jamais se glisser entre nous, susurra-t-il dans le creux de son oreille. Je ne le permettrai pas.
Elle lui rendit son baiser et se laissa emporter par ses caresses.
*****
Lorsque Blair et Serena arrivèrent à Columbia le lendemain, les sbires de Queen B les attendaient à la Maison Hamilton.
- Toujours prêtes à servir! s'exclama Jessica à l'adresse de B.
- Je n'arrive pas à croire qu'elle ait vraiment eu le culot de revenir, sachant que tu l'as bannie de la ville. Elle a violé ton ordre d'exil ! s'indigna faussement Pénélope.
- Je lui ai donné une autorisation spéciale pour la journée, expliqua B. Mais elle ne doit pas poser le pied hors du penthouse des Van Der Woodsen sans que je sois au courant. Compris ? Vous allez faire le guet.
- Rien n'est plus amusant qu'une surveillance de fausse blonde platine, renchérit Pénélope. Mais on brûle toujours de savoir pourquoi, au juste, tu avais banni Jenny.
- Vous n'avez pas à vous demander pourquoi. Vous devez vous contenter d'obéir ou mourir. Allez-y ! commanda Blair.
Les filles s'éloignèrent pour accomplir leur tâche sans oser protester.
*****
Dans le penthouse du Palace, ce matin là, c'était également l'effervescence.
Rufus posa un plateau sur le comptoir de la cuisine, rempli de plats préparés en l'honneur de sa petite fille chérie, suivi par Éric et Jenny.
- Je n'arrive toujours pas à croire que tu ne m'aies pas prévenu de ton retour, s'exclama Éric.
- Je ne suis là que pour une journée, je ne voulais pas en faire un événement.
- Si papa en faisait autant à chaque fois, je t'inviterais plus souvent, ironisa Dan qui avait fait une trêve avec Rufus pour l'occasion.
- Merci ? demanda sa sœur.
- Ils sont superbes. Je comprends pourquoi Tim Gunn meurt d'envie de te rencontrer déclara Lily en étudiant les croquis de Jenny.
- Tu plaisantes? Parsons aura de la chance de l'avoir. Hey, ça vous dirait un repas au Babbo vers 13h30, pour célébrer le fait qu'on soit tous réunis ? proposa Rufus.
- Je suis dispo, indiqua Dan.
- Moi aussi, ajouta Éric.
- Bon alors je m'occupe des réservations, conclut Lily.
- En fait je préférerais rester ici si ça ne vous dérange pas, paniqua la jeune-fille. Le chili de papa ? proposa-t-elle à la place.
Elle ne pouvait pas se permettre de déclencher les foudres de Blair une seconde fois. Elle ne voulait pas faire de vague. Elle avait été on ne peut plus sincère avec son ennemie. Elle souhaitait juste intégrer Parsons et rien d'autre.
- Quoi ? Depuis quand tu refuses le Babbo ? s'étonna son grand frère.
- Je sais, en temps normal je me damnerais pour y aller mais là, j'ai quelques retouches finales à faire sur mes robes, donc si vous voulez bien m'excuser...
Jenny disparut dans l'ancienne chambre de Serena alors qu'Éric et Dan échangeaient un regard entendu.
*****
- Bon, qu'est-ce qui se passe vraiment ? demanda Dan quand les deux garçons l'eurent rejointe.
- Blair est venue me souhaiter la bienvenue, avoua la jeune styliste en herbe. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé pouvoir revenir discrètement quelques jours, mais...
- Comment savait-elle que tu étais là avant moi ? s'interrogea Éric.
- Je suppose qu'elle consulte gg à la seconde où son i-phone retentit ! réfléchit little J.
Éric opina de bonnet. Il est vrai que la veille il avait été légèrement occupé et avait d'autres chats à fouetter. Son nouveau petit-ami lui prenait pas mal de temps mais les choses n'étaient pas encore vraiment officielles et il préférait rester discret le sujet pour l'instant.
- C'est le méchante sorcière de l'Upper East Side, commenta encore Jenny. Mais c'est bon. Elle me donne une autorisation à la journée tant que je ne vois ni ne parle à personne.
- C'est ridicule, explosa Dan.
- Oui, c'est du 100% Blair. Mais bon, en fait, ça ne m'intéresse pas de revenir jouer les G.I. Jenny et de continuer la guéguerre contre elle.
- Mais tu ne vas pas rester cloîtrée ici quand même ? se rebiffa son frère. Que dirais-tu de se retrouver en ville après mes cours en fin de matinée ?
- Merci, mais non-merci, la seule personne dont je me préoccupe pour l'instant, c'est Tim Gunn.
- Allez, tu ne vas pas me dire que tu as réellement peur de cette pimbêche ? insista l'aîné des Humphrey
- Dan ... voulu intervenir Éric, mais La sonnerie de son smart phone l'avertit que Roy cherchait à le joindre.
Il quitta la pièce laissant le frère et la sœur en tête à tête.
Blair était absorbée dans la lecture d'un magasine en buvant un café après son 1er cours sur le campus Columbia quand son gsm vibra sur la table.
- Little J a décidé de se la jouer insoumise, indiqua la voix de Pénélope, qui avait du mal à cacher son excitation, depuis l'autre bout du fil.
Queen B se redressa, tous les poils de son corps hérissés à cette information. Si Jenny voulait rôtir sur le bûcher, elle aurait ce qu'elle souhaite !
- Où est-elle allée ? aboya-t-elle.
- Pour l'instant elle se balade à Central Parc en toute liberté, avec sa pauvre tâche de frère en guise de garde du corps, l'informa sa sous fifre, un sourire toujours plaqué sur son visage.
Elle adorait quand le titre de Queen B était menacé. La dernière fois, elle avait presque réussit à prendre sa place. Déjà grâce à la petite Jenny.
- Ne la perdez pas de vue surtout et prévenez-moi de chacun de ses mouvements, glapit Blair avant de raccrocher d'un coup sec.
Si cette moins que rien s'imaginait qu'elle pouvait la défier en toute impunité ... Dire qu'elle s'était laissé attendrir par ses suppliques la veille au soir !
- Blair, cria Serena en arrivant depuis un bâtiment.
Elle se stoppa en découvrant le visage pâle de sa meilleure amie et se mordit la lèvre inférieure.
- Annonce la couleur, réclama la brune.
A la tête de la blonde, ce ne pouvait qu'être une mauvaise nouvelle.
- Ma mère vient de m'appeler pour me demander de les rejoindre au Babbo à 13h30. La famille Humphrey – Van Der Woodsen y fêtera le retour de Jenny, lâcha-t-elle très vite.
Blair soupira et ferma les paupières une seconde puis appuya sur une touche de son gsm.
- J'ai besoin de l'adresse du studio de Tim Gunn, demanda-t-elle dans le combiné.
*****
Jenny souffla un bon coup en pénétrant dans le penthouse.
Elle avait finalement accepter de sortir avec Dan au mépris des consignes de Blair.
Son grand frère avait renoncé à suivre ses cours pour pouvoir rester avec elle. Il l'avait convaincu de ne pas se plier au diktat de Queen B. Il avait totalement raison, il était plus que temps d'abolir la monarchie. Elle avait toujours eu cette idée mais avait fini par y renoncer quand elle s'était retrouvée prisonnière du système à Constance Billard.
Mais aujourd'hui, elle n'en faisait plus partie. Elle vivait dans l'Hudson et elle ne laisserait plus Blair diriger sa vie. Après tout, la brune despotique avait bien cherché ce qui s'était passé avec Chuck.
- Mademoiselle, appela Vanya dans l'entrée. Vous vouliez me voir ?
- Oui, un coursier va venir chercher mes robes pour les emmenées à mon rendez-vous de cet après-midi, afin que les mannequins soient prêtes quand j'y arriverai. Tout sera là. Veille à ce qu'il n'oublie rien.
- Bien sûr. Je lui dirai de faire très attention, livraison spéciale, acquiesça le portier de l'immeuble avec un grand sourire.
- Merci, Vanya.
Le gsm de Jenny se mit à résonner et elle décrocha, congédiant l'employé d'un signe de la main..
- Blair ! railla la jeune-fille.
- Tu as dépassé les bornes cette fois. Tu as rompu notre pacte, gronda la brune.
- Ce n'était pas un pacte, c'était une injonction de ta part. Et j'ai le regret de te dire que tu n'as plus aucun pouvoir sur moi. Je ne suis plus un de tes sujets, répliqua Jenny avant de raccrocher.
- Bien voilà, on avance, approuva son frère.
- Oui et bien une chose qui n'a pas avancé pendant que nous sortions prendre l'air, ce sont les dernières retouches, se lamenta-t-elle. Il ne me reste que quelques heures pour toutes les terminer avant de nous rendre au Babbo.
- Je te fais pleine confiance. Tu y arriveras sans problème, la rassura encore Dan.
*****
Blair resta interdite, son i-phone à la main.
- Est-ce que Jenny Humphrey venait réellement de lui reclaquer le téléphone au nez ?
L'objet tintinnabula une nouvelle fois entre ses doigts.
- Ne me dis pas que vous l'avez perdue, prévint-elle Pénélope en portant l'appareil à son oreille.
- Non, elle vient de rentrer chez les Van Der Woodsen, l'informa cette dernière.
- Bien. Vous pouvez disposer, je vais prendre la relève moi-même, fulmina Blair.
- Tu es certaine ? questionna l'autre brune qui regrettait déjà de ne plus être au centre de l'action.
- Certaine, oui. La situation requiert dorénavant des experts qualifiés pour s'en occuper, la rabaissa Queen B.
Elle raccrocha sans attendre et appuya sur une autre touche de son i-phone, la numéro 1.
Il était grand temps de passer aux choses sérieuses !
- Est-ce qu'il y a quelqu'un ici ? résonna soudain la voix de Chuck depuis l'entrée du penthouse des Van Der Woodsen – Humphrey.
- Chuck ! blêmit Jenny, assise devant sa machine dans la chambre de Serena.
Elle mettait la dernière main à ses créations avant que celles-ci ne partent pour le bureau de Tim Gunn.
- C'est bon, je m'occupe de lui, toi concentre-toi sur tes robes, dit son frère.
Dan quitta la pièce, prêt à recevoir l'intrus. Il aurait dû se douter qu'il ne resterait pas les bras ballant pendant que sa sœur défiait sa petite-amie.
- Qu'est-ce que tu fais là, Chuck ? cracha Dan en arrivant dans le salon.
Le jeune Bass se mordit sur la langue pour retenir une réplique cinglante. Il était là dans un but précis et il ne se laisserait pas détourner de son objectif par le dégoût que lui inspirait cet ostrogoth qui avait humilié la femme de sa vie à son propre anniversaire.
- Oh ! Et bien, j'ai cru comprendre que Jenny était de retour, sourit innocemment ce dernier. Je voulais lui parler.
- Pour lui dire quoi au juste ? Je suis désolé d'avoir profiter de toi et d'avoir laissé ma folle de copine te chasser de la ville ensuite ?
- Quelque chose dans ce genre là mais sans le sarcasme, répondit Chuck.
Il jeta un regard autour de lui pour tenter de repérer le porte-folio de Jenny.
- Je pense que je peux transmettre le message et que tu trouveras l'ascenseur tout seul, cingla Dan.
- Comment puis-je affronter le grand frère ? ironisa Chuck.
En dehors du fait qu'il aurait n'importe quoi pour les beaux yeux de Blair. Il s'amusait comme un petit fou. Quand la belle brune l'avait appelé pour lui demander son aide, il avait bondi sur l'occasion, trop heureux de pouvoir être d'une quelconque utilité dans ses plans machiavéliques.
Jusqu'ici garder un type habillé en clodo en dehors du cercle des habitués de l'Upper East Side avec ses amis n'avait pas vraiment été un challenge. Il n'y avait pas grand chose à faire en réalité. Ce pauvre gars faisait tout le boulot lui-même en choisissant ses fringues chaque matin !
Mais là, il pouvait enfin vraiment participer à l'action et il y prenait un plaisir qu'il n'aurait pas soupçonné.
- Je vais juste prendre ces dossiers que Lily a laissés pour moi et tu pourras retourner à ton complexe d'Hemingway, expliqua-t-il nonchalamment, trouvant finalement ce qu'il était venu chercher. Tu sais, j'ai presque du respect pour cette part de toi, Humphrey. Dis à Jenny que je suis sincèrement désolé pour ce qui s'est passé.
Là dessus, il ne mentait pas.
Il se saisit des documents de BI, embarquant discrètement le porte-folio avec le cahier de plan qui se trouvait sur la table et quitta les lieux comme il était venu.
*****
- Tout va très bien se passer, tes robes sont parfaites et j'ai moi-même aidé Vanya à tout mettre dans la camionnette la rassura son frère à ses côtés quand il franchirent le seuil du Babbo.
Leur père et sa femme arrivèrent à leur tour au restaurant en compagnie d’Éric.
Ce dernier jeta un regard d'incrédulité à la jeune-fille. Il avait été pourtant clair ce matin qu'elle ne dérogerait pas à l'autorisation exclusive que Blair lui avait accordé pour son entretien avec Tim Gunn.
- Comment as-tu fait pour la faire changer d'avis ? demanda Rufus en s'installant à la table que sa femme avait réussi à obtenir en dernière minute.
C'était l'endroit parfait pour fêter la retour de sa petite-fille, elle adorait cet endroit, et la réunion de leur famille, à une exception près bien entendu.
- Les secrets des grands-frères, se contenta de répliquer l'aîné des Humphrey avec un sourire mystérieux en ignorant délibérément les yeux inquisiteurs d’Éric.
En vérité, il savait parfaitement quel manette actionner pour obtenir une réaction de sa sœurette. D'autant qu'il ne fallait pas beaucoup la pousser pour qu'elle tienne tête à Queen B.
Il n'était pas si loin le temps où elle avait été Queen J et où elle avait, elle aussi, régné par la terreur sur Constance. Dans ces moments là, même ses meilleurs amis en avaient fait les frais.
- Serena ne pourra malheureusement pas se joindre à nous, indiqua Lily en dépliant sa serviette sur ses genoux.
- En fait, il s'avère que j'ai réussi à me libérer, déclara une voix derrière eux.
- Ma chérie, s'exclama Lily en souriant. Je suis tellement contente que tu puisse te joindre à nous finalement.
- Je n'aurais raté ça pour rien au monde, minauda Serena.
Le serveur ajouta un couvert et tout le repas tourna autour de la vie de Jenny à Hudson et de sa future réussite, impliquant son retour à Manhattan pour le plus grand bonheur de son père.
Serena rongeait son frein. Elle n'avala quasiment rien, se contentant de grignoter du bout des dents. La jeunette assise en face d'elle lui coupait l'appétit.
Elle n'en revenait pas que cette petite garce ait le culot de se repointer après toutes les ignominies qu'elle avait commises à leur encontre. Elle avait plus d'un fois tenté de faire avorter sa relation avec Nate.
Jenny avait clamé par monts et par vaux qu'elle avait également des sentiments pour le beau capitaine de lacrosse et n'avait pas hésité une seule seconde à avoir recours à des fourberies pour arriver à l'attirer dans son lit.
Heureusement pour elle, la blonde décolorée n'était jamais parvenue à ses fins. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir tout tenté.
Et dire que Dan condamnait l'attitude de Blair alors que sa propre sœur en était quasiment un copié/collé. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait pris la place de Queen J à Constante à la suite de Queen B.
Mais cette fois, ses machinations pour réintégrer l'UES s'arrêteraient là !
Une fois le repas terminé, Serena se débrouilla pour retenir la dissidente et l'attirer à l'écart. Tandis que leurs parents quittaient les lieux. Aucun chance de réussir à la séparer de son grand-frère protecteur cependant.
Mais ils avaient un autre atout dans leur manche pour ça.
Nate arriva au point de rendez-vous quelques minutes après que Rufus et Lily aient embarqué dans leur voiture.
- Hey, gloussa sa petite-amie. Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'ai entendu dire qu'il y avait une blonde magnifique par ici, dit-il en lorgnant discrètement vers Jenny qui sentit son cœur battre la chamade à la simple vue du bel héritier Archibald.
Son regard azur la transperça jusqu'aux os.
Se pouvait-il qu'elle ait encore une chance avec lui ?
Après tout, elle allait revenir s'installer à Manhattan. Et à la manière dont il la reluquait, il semblait bien que oui.
Elle se sentit pousser des ailes.
- On ferait bien d'y aller, grommela son frère.
Le taxi que Dan avait hélé stationnait le long du trottoir. Vous retournez à l'appartement ? questionna Serena.
- On va dans le centre, répondit Éric
- Super, je vais par là aussi. Je peux profiter de votre véhicule.
- Bien sûr, indiqua le plus jeune.
Dan, lui, marmonna quelque chose dans sa barbe en grimpant dans la voiture comme Serena embrassait son petit-ami.
Ce dernier se tourna vers la petite blonde décolorée et lui adressa une demande silencieuse d'un seul autre regard.
- Euh, partez sans moi, bafouilla Jenny. J'ai oublié quelque chose. J'irai chez Tim Gunn directement.
Dan voulu protester mais le taxi empruntait déjà la chaussée.
- Tu veux qu'on prenne un café avant que je te dépose ? questionna Nate lorsqu'ils se retrouvèrent seuls avec la jeunette qui avait un temps détenu son cœur.
Little J était aux anges.
Non seulement elle avait décroché un rendez-vous avec Tim Gunn cet après-midi qui pourrait lui ouvrir les portes de Parsons, mais en plus, elle était assise en face de Nathaniel Archibald.
- Alors ? Tu es à nouveau avec Serena ? tenta-t-elle pour prendre finalement la température après avoir raconté une énième fois sa vie dans l'Hudson, ce qui se résumait à pas grand chose en réalité.
Peut-être pouvait-elle gagner sur tous les tableaux ?
Son frère avait eu bien raison de la pousser à désobéir aux ordres de Blair. Le règne de Queen B était terminé, elle ne le savait pas encore, c'est tout.
- Oui. Elle devait choisir entre Dan et moi et c'est moi qu'elle a choisi, répondit le jeune-homme aux yeux clairs.
La jeune-fille cligna des paupières. Était-ce une effet de son imagination ? Les prunelles de Nate lui semblaient bien moins translucides tout à coup.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle, mal à l'aise.
Le smart-phone de Nate sonna.
- Excuse-moi, j'ai rendez-vous avec ma petite-amie à 17h00.
- Mais il n'est que 15h30, dit-elle en consultant son propre gsm.
- Oh, tu ne dois pas avoir la bonne heure ! Sans doute l'effet du décalage horaire avec l'Hudson, commenta-t-il. Ou peut-être n'as-tu pas été assez vigilante en surveillant tes affaires ! En réalité, il est 16h30.
- Quoi ? Non, s'alarma-t-elle. Mon entretien avec Tim Gunn est à 16h45 !
- Vraiment, alors je crois que tu vas le rater, s'exclama la voix de Blair.
Jenny sursauta et écarquilla les yeux.
Elle se tourna vers celui qui paraissait encore sensible à son charme, cherchant de l'aide, mais elle se rendit compte qu'il ne l'était nullement.
- Je suis avec Serena, lui rappela-t-il en la fixant.
- Nate ... tenta-t-elle encore alors que ce dernier se levait.
- Inutile, tu as fait tout ce que tu pouvais pour briser notre couple par le passé. Tu ne trouveras aucune clémence auprès de moi. Je suis du côté de mes vrais amis.
- C'était un piège ! comprit tout à coup la jeunette.
Elle se tourna vers la brune.
- Ce n'est pas encore fini !
Jenny se rua dehors en décrochant son téléphone. Elle hélait un taxi quand son frère répondit à l'autre bout de la ligne.
- Dan, es-tu déjà là ?
- Oui, mais où es-tu toi ?
- Je me suis fais piégée par Blair et sa clique. Je serai en retard. S'il te plaît essai de décaler mon rendez-vous.
- Quoi ? Mais comment ? s'enquit-il.
- Je ne sais pas, trouve ! Je serai là dans une vingtaine de minutes.
Elle se maudit tout le trajet. Comment avait-elle pu être si cruche ? Croire que Queen B n'aurait pas un plan tout prêt au cas où !
Bon Dieu ! Mais pourquoi avait-elle écouté Dan ?
Et pourquoi s'était-elle bercée d'illusion concernant Nate ?
Il n'avait jamais été réellement amoureux d'elle. Il la considérait comme une gamine !
Jenny claqua la portière du taxi en jurant et se dirigea en courant vers le bureau de Tim Gunn.
Dan était sur le trottoir avec une jeune-femme brune.
- Voilà Veronica, c'est l'assistante de Monsieur Gunn. Elle t'attendait.
- Vraiment désolée s'excusa la styliste en devenir. Bonjour. Je suis Jenny Humphrey. J'ai eu quelques problèmes de dernière minute.
- ne vous inquiétez pas, Jenny. Votre frère m'a expliqué. Les mannequins sont déjà à l'intérieur, elles s'habillent. Monsieur Gunn a un emploi du temps très chargé aujourd'hui.
- Merci, haleta-t-elle à son frère. Souhaite-moi bonne chance.
- Pas besoin. Tu as réussi à écraser Blair aujourd'hui, Tim Gunn sera un jeu d'enfants.
- Il s'en est fallu de peu. J'espère que ça se passera mieux ! Je t'expliquerai, répondit-elle à cours de temps.
- Très bien. Je serai ici, je t'attends.
Elle se dépêcha de rejoindre le bureau de Tim Gunn.
- Je dois dire Jenny que c'est le travail que vous m'avez envoyé est très impressionnant, surtout pour quelqu'un d'aussi jeune. Dommage que vous n'ayez pas jugé utile de prendre votre porte-folio avec vous, déclara le styliste assis derrière son bureau.
- Merci, je dessine beaucoup de modèles. La mode, c'est la seule chose à laquelle je tiens. Mais je ne comprends pas de quoi vous parlez. Mes esquisses sont avec les robes qui sont parvenues ici par coursier.
- Désolée, mais il n'y avait aucun document de la sorte, réfuta Veronica.
- Quoi ? Mais c'est impossible ! s'écria la blondinette.
- Dites tout de suite que je suis une menteuse ! s'offusqua l'assistante.
- Non, bien sur que non, s'excusa Jenny.
A tout les coups, elle devait cette nouvelle déconvenue à Blair.
- Mais j'ai travaillé avec Eléanor Waldorf, souligna-t-elle.
- Je l'adore, déclara l'homme en remontant ses montures sur son nez.
- Ensuite je suis partie pour commencer ma propre ligne, expliqua-t-elle encore.
Le stylise fit une moue un peu désapprobatrice et incrédule.
Il devait croire qu'elle se prenait pour une stylise accomplie qui n'avait rien besoin d'apprendre.
- En y repensant, j'étais peut être un petit peu trop téméraire, tenta de se rattraper Jenny. Je ne suis pas partie en de bons termes et puis ma nouvelle partenaire a mit le feu à mes robes, donc...
- Oh ! Mon Dieu ! s'effraya quelque peu Tim Gunn.
- Mais je me suis réconciliée avec Eléanor depuis parce que si vous prenez le temps de vérifier vous pourrez constater que nous avons retravaillé ensemble il y a un an. Puis j'ai été obligée de quitter la ville car j'étais en conflit avec une autre Waldorf. Mais je peux vous assurer que tout ça est derrière moi maintenant et que ça n'affectera pas mon travail et ma concentration si vous me donnez l'opportunité d'entrer à Parsons. Je pense que mes robes expriment ce que sont les jeunes femmes d'aujourd'hui ... notre assurance et notre amour propre.
- Hé bien, je dois dire que tout ce que vous me racontez me paraît un peu dramatique. Nous ne sommes pas dans une série télévisée, Mademoiselle. C'est la vraie vie ici ! Et les relations personnelles sont quelque chose de très important dans le monde de la mode. Il faut pouvoir travailler sereinement avec chaque membre de l'équipe. Néanmoins, puisque vous êtes là, regardons ça, accepta-t-il tout de même.
Il fit signe à Veronica de faire entrer les mannequins.
Celles-ci s'avancèrent en rang sur le podium. Quand elles pivotèrent pour faire face au styliste et à la jeune-fille qui avait dessiné les robes, une lettre peinte en rouge apparu sur chacun des vêtements noirs qu'elles portaient. P-U-T-E-S
Jenny ouvre la bouche, interdite.
- C'est intolérable vociféra l'homme, choqué.
- Non... supplia Jenny.
- Confiance et amour propre? Je ne sais pas si c'est votre manière de faire des blagues, mais ça ne m'amuse pas du tout. On a fini, tonna-t-il.
- Non, je... Ce n'est pas une blague. Ce n'est pas comme ça...commença Jenny. Si vous voyiez mon book.
- Comme c'est commode, vous ne l'avez pas emportez !
- Je vous indique la sortie dit Veronica en la prenant par le coude.
- Mesdames vous pouvez partir, dit encore l'homme en s'adressant aux mannequins.
- Monsieur. Gunn, s'il vous plaît...
- On attend la candidate suivante, cria Veronica en la ramenant dans la salle d'attente où toute un horde d'autre jeunes-filles patientaient.
Dan patientait sur le trottoir devant les bureaux de Tim Gunn, attendant sa sœur lorsqu'il vit débarquer leur ennemie.
- Blair, je ne sais pas ce que tu viens faire ici, mais si c'est parader pour savourer ta victoire, tu peux oublier. Ton plan n'a pas fonctionné, Jenny est à l’intérieur avec Tim Gunn.
- Oh ! Je viens pour la fête qui suit, sourit méchamment la brune.
- Comment as-tu pu ?! hurla Jenny en sortant du bâtiment, à l'adresse de Queen B.
- Tu as brisé les termes de notre arrangement. Je t'avais donné une seule chance et tu l'as bousillée, l'invectiva Blair.
- Jenny, attend ! Qu'est ce qu'il se passe ? intervint Dan qui ne comprenait rien.
Sa sœur venait de passer son entretien avec Tim Gunn. Elle ne pouvait que l'avoir épaté.
- Elle m'a totalement humiliée et a détruit ma collection par la même occasion, accusa Jenny en désignant la jeune-femme en face d'elle, des larmes de rages menaçant de déborder de ses yeux de raton-laveur.
Carnage assuré ! pensa la brune.
- Je t'avais avertie. Je t'avais dis que je te le ferais regretter si tu t'avisais de revenir par ici, cracha-t-elle encore à l'encontre de celle qui avait oser lui prendre tout ce qu'elle avait de plus précieux, l'un après l'autre.
- Tout ça parce que j'ai couché avec Chuck ? écuma la blonde décolorée. Vous n’étiez même plus ensemble ! Tout le monde savait que tu l’avais laissé tombé ! Alors ne fait pas comme si je t’avais volé quoi que ce soit ! Tu avais fais ton choix des semaines auparavant. N’est-ce pas toi qui t’indignait parce qu'il avait menacé de faire un enfer de la vie de quiconque oserait t’approcher ? N’est-pas toi qui est allée jusqu’à te mêler au petit peuple des bas quartiers pour tenter de rencontrer un garçon qui n’aurait rien à perdre et ne se laisserait pas impressionner par le grand Chuck Bass ? Tu ne voulais plus de lui ! Et ensuite tu viens pleurnicher comme si je t’avais pris ton jouet ? Tu es vraiment pathétique !
La jeune-fille avait du mal à retenir sa colère, ses nerfs lâchaient sous la pression. Cet entretien pouvait tout changer pour elle. TOUT ! Et Queen B venait de lui enlever le dernier espoir qui lui restait de ne pas finir sa misérable existence dans un trou perdu loin des podiums des défilés.
- Ton train part à 21h00 ! glapit Blair en lui donnant un billet, avant de tourner les talons.
Moins d'un quart d'heure plus tard, un nouveau blast de gossip girl informait tout l'Upper East Side qu'il valait mieux ne pas empiéter sur les plates bandes et Queen B et que quiconque voulait y survivre avait intérêt à filer droit.
« Repérée, Little J. ayant un problème lors son défilé privé pour le grand Tim Gunn. On dirait que B. a fait couler le sang. Tu étais avertie Little J. La Reine B. N'accorde pas de seconde chance. Elle attaque en première ligne. »
*****
- J'ai une autre idée, dit Dan dans le taxi qui les emmenait à la gare de Grand Central.
Sa sœur séchait ses larmes et ça le rendait fou de rage.
Comment et pourquoi ces petits prétentieux avaient ils encore une fois réussi à s'en sortir aux détriments d'innocents ?
- Non merci, j'ai déjà donné. Si tu veux te dresser contre Blair et sa clique, fais-le toi-même ! Je n'aurais jamais dû t'écouter !
- Et bien, ce n'est pas comme si Blair pouvait te faire quelque chose de pire !
- A moins que tu ne me propose un meurtre ou un suicide, je ne vois pas comment ça pourrait être pire effectivement. Ma carrière de styliste est définitivement ruinée, pleurnicha-t-elle.
- Quel dramatisme ! se moqua-t-il un peu. Tim Gunn donne une réception à l'Empire d'ici quelques semaines. Pourquoi on ne s'y incrusterait pas ? Tu trouveras certainement un moment pour plaider ta cause.
- Quoi ? se récria-t-elle.
- Allez ! Je n'arrive pas à imaginer que tu puisse laisser cette harpie gagner. Tu n'as plus rien à perdre !
- Grâce à toi, s'emporta-t-elle soudain contre lui. Tu savais que Tim Gunn donnerait bientôt une réception à l'Empire ?
- Je l'ai découvert ce matin en cherchant l'adresse de son bureau, expliqua-t-il.
- Et tu n'as pas jugé utile de m'en informer ?! Tu ne vois pas le lien ?
Dan la regarda, un peu hagard.
- Il est forcément en bonnes relations avec Chuck ! reprit-elle sur un ton mordant.
- Avec ou sans l'intervention de Blair, tu étais grillée de toute façon ! Ce n'est donc pas ma faute ! plaida-t-il.
- Bien sur que si ! s'agaça-t-elle. Il n'y a plus aucune chance pour que je puisse inverser la vapeur maintenant ! Chuck n'aurait peut-être rien fait contre moi si je n'avais pas délibérément défié Blair. Lily m'a dit qu'il avait perdu la mémoire et qu'il s'investissait à fond dans Bass Industrie ... Attend une minute ... Il est venu à l'appartement tout à l'heure !
- Oui, il a pris des plans et des dossiers que Lily ...
- C'est lui qui a mon book ! tonna-t-elle, ses yeux lançant des éclairs.
- Ne t'inquiète pas, je vais te le récupérer, entama Dan qui voyait la colère de sa sœur décupler.
- Et comment ? hurla-t-elle. Tu crois peut-être que Chuck Bass va gentiment accepter de les rendre après ce qu'on vient de faire à sa précieuse petite Blair ? Si tu crois ça, c'est que tu es encore plus idiot qu'ils ne le disent!
- Hey ! Ne t'en prend pas à moi ! Je n'y suis pour rien ! tempêta-t-il.
- Bien sur que si ! éructa-t-elle encore. Tout est ta faute. C'est toi qui m'as incitée à désobéir à Blair et à rompre notre traité de paix. Tout est fichu à présent, non seulement pour Parsons mais en plus pour toutes les autres écoles où je voudrais postuler. Je vais devoir refaire de nouveaux croquis. Je te parie que les miens sont déjà en cendre ou pire, ils sont à l'atelier Waldorf ! Et si jamais Eléanor les utilisent pour sa prochaine collection, je serai accusée de plagiat.
Comment avait-elle pu être si stupide et se laisser aller à ses anciens démons ? Elle n'aurait jamais dû écouter Dan !
- Ils n'oseraient pas faire ça ! opposa-t-il.
- Ah non ? Tu dis toi-même qu'ils sont infâmes et n'ont aucune limite. Et tu sais quoi ? Maintenant nous sommes exactement comme eux. Je ne crois pas que je serais jamais en mesure de revenir dans l'Upper East Side sans me transformer en tout ce que je déteste. Et le pire est que c'est toi qui m'y a encouragée alors qu'il n'y a pas si longtemps tu condamnais fermement leurs attitudes.
- Et je les condamne toujours, se rengorgea-t-il.
- Alors tu devrais revoir ton code de morale parce qu'il a sérieusement chuté depuis la dernière fois que je t'ai vu. Tu devrais sûrement t'éloigner de l'UES toi-aussi pour ton propre salut.
- Jamais je ne leur donnerai cette satisfaction, martela-t-il.
- Dommage pour toi ! cingla-t-elle .En ce qui me concerne, j'en ai fini ici.
Elle descendit du taxi et claqua violemment la portière avant de se diriger vers le quai 9. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Utiliser le billet de train que Blair lui avait remis et partir loin d'ici pour tout recommencer à zéro. Encore ! Si c'était seulement possible .
Dan la regarda s'éloigner la rage au ventre. Si ces arrogants pensaient qu'ils allaient s'en sortir aussi bien, ils se fourraient le doigt dans l’œil jusqu'au coude.
Parce qu'au contraire de sa sœur, il ne désarmerait pas.
Chuck sourit en apercevant la belle de son cœur installée confortablement dans un fauteuil du Victrola en compagnie de Nate et Serena.
Ils avaient prévus de se retrouver ici après avoir réglé son compte à cette petite impudente qui avait tenté de faire vaciller la couronne de sa reine avec l'aide de son frère.
Ou était-ce l'inverse ?
Des deux, c'est certainement ce dernier qu'il supportait le moins.
Évidemment, il avait couché avec l'autre ! Mais il n'en n'avait aucun souvenir (il préférait de loin ça) et n'avait pas eu l'occasion de revoir la jeune-fille depuis qu'il était revenu à Manhattan.
D'après ce qu'il avait compris, ils s'étaient tout simplement rapprochés dans un moment de douleur et d'égarement mutuel.
Cependant il ne permettrait jamais à quiconque de blesser Blair. Le principal pour lui étant qu'elle soit heureuse.
Il leva les yeux sur elle en s'approchant de la table du fond où ses amis s'étaient installés.
A chaque fois qu'il la voyait son cœur vibrait dans sa poitrine. Il était conscient qu'elle l'avait totalement ensorcelé. Elle avait cet ascendant incroyable sur lui. Il aurait fait n'importe quoi pour elle, y compris sauter dans les flammes de l'enfer si elle le lui avait demander. Elle n'avait qu'à claquer des doigts.
Il n'était pas vraiment fier de ce qu'il avait fait aujourd'hui mais il était rassuré que Blair compte avec lui. Elle l'avait appelé, signe qu'elle le considérait comme compétent pour cette mission délicate.
Elle avait donc véritablement confiance en lui, conformément à ce qu'elle lui avait affirmé. Elle ne faisait pas semblant. Pas quand il s'agissait de sa position dans l'ordre de l'élite sociale de New-York.
- Bonsoir ma beauté, lui murmura-t-il à l'oreille en l'embrassant.
Elle lui rendit son baiser et entrelaça ses doigts dans les siens lorsqu'il s'assied à sa droite.
- Alors comment c'est terminé la petite vendetta ? demanda-t-il à ses amis.
- Jenny Humphrey ne reviendra plus roder de sitôt dans l'Upper East Side ! sourit sa sœur. Ça méritait bien un repas de torture pour la savoir loin de nous.
Elle passa son bras autour de la taille de son petit-ami qui lui rendit son sourire avant de poser ses lèvres sur les siennes.
Ce dernier répondit à sa demande sans se faire prier. Lui aussi était content que la petite blonde ne revienne pas s'installer à Manhattan.
Il avait déchiffré aisément les signes qu'elle lui lançait depuis l'autre côté de la table pendant leur tête à tête. Il était indéniable qu'il était le meilleur appât possible. Elle l'aurait suivi n'importe où s'il le lui avait demandé.
Il se sentait mal à l'aise d'avoir abuser des sentiments de la jeune-fille à son égard, même s'il était bien conscient qu'elle le méritait amplement après tous ce qu'elle avait tenté pour briser son couple avec Serena.
Il ne le lui pardonnait pas. Ni d'avoir couché avec son meilleur ami d'ailleurs mais il déplorait que cela aboutisse par l'anéantissement de sa carrière à peine entamée.
- Tu veux danser ? proposa Nate à Serena.
La tenir tout contre lui ferait oublier tout zeste de culpabilité.
Le jolie blonde acquiesça. La sensation des bras de son petit-ami lui faisait toujours du bien. Et cela affadirait certainement le goût d'amertume qui résidait au fond de sa gorge depuis le repas de la mi-journée.
Ils délaissèrent leurs amis et s’enfoncèrent sur la piste au milieu des autres couples qui tournoyaient au rythme de la musique.
- Est-ce que ça va ? s'inquiéta Chuck devant le silence de la brune.
Elle était plus que soulagée de savoir Little J hors d'état de nuire, cependant les mots que cette dernière lui avait jeté à la figure tournaient dans son esprit.
- Ça va ... c'est juste que ...
- Que ?
- Rien... Je suis heureuse que cet horrible parasite soit retournée dans le trou d'où elle n'aurait jamais du sortir.
- Si tu es heureuse, alors je le suis aussi, indiqua-t-il en l'attirant à lui.
Blair passa ses bras autour de son cou et se serra plus près de lui.
Jenny avait raison. Elle avait elle-même fait savoir qu'elle ne voulait plus de Chuck. Elle avait clairement établi un périmètre de sécurité pour inciter son ancien amant à ne plus s'approcher d'elle.
Il était exact qu'il n'avait pas rendu les armes facilement. Il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas rompre le lien qui les unissait malgré leurs jeux de « je t'aime moi non plus »
Mais elle avait rejeté toutes ses tentatives. Elle avait clamer haut et fort qu'elle n'était plus amoureuse de lui et qu'elle avait tourné la page sans aucun regret.
- Je t'aime, souffla-t-elle dans son cou.
- Je t'aime aussi. Comme un fou, répondit-il.
Il chercha ses lèvres pour les happer entre les siennes quand tous les téléphones retentirent à l'unisson, sauf le sien.
Il sentit Blair se raidir contre lui et s'écarta d'elle en fronçant les sourcils.
Cette fois ce ne pouvait pas être une coïncidence.
Il agrippa le téléphone de Nate, resté sur la table avant même que la brune ne puisse esquissé le moindre geste vers le sien.
Elle se bornait en fait à ne surtout pas le sortir de son sac pour ne pas qu'il puisse lire le dernier blast de GG. Elle était concentrée sur les sonneries synchronisées et la raison qu'elle allait devoir inventer à cela, encore. Chuck ne l’achèterait pas si facilement une 2ème fois.
« Aperçu, la petite Jenny repartir tête basse et sans plus aucune couronne ou diadème sur sa crinière décolorée. Il se murmure que cette fois son bannissement sera sans retour. La Reine B sait toujours obtenir ce qu'elle veut ! Ne l'oubliez pas surtout, ou vous en subirez les conséquences »
Sous le texte, il étudia la photo d'une petite blonde aux yeux barbouiller de noir, embarquant dans un train depuis un quai de Grand Central. A n'en pas douter, il s'agissait là de celle qui avait attiser la rancœur de Blair.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? interrogea Chuck en relevant les yeux sur la belle brune.
- C'est gossip girl, dit-elle en avalant sa salive.
Elle bu une gorgée de son Martini-pomme pour se donner du courage.
Il allait avoir besoin d'une explication. Elle ne pouvait plus reculer à présent. Inutile d'espérer pouvoir le protéger de leur passé plus longtemps.
Elle était certaine qu'il ne tiendrait plus aucunement compte des recommandations médicales.
Chuck regardait défilé les pages sur l'i-phone de Nate, incrédule.
Comment une telle chose pouvait-elle même exister ?
Il y avait une personne qui passait son temps à répertorier tous les faits et gestes des jeunes de l'UES pour les diffuser à tout un chacun ?
Est-ce que cette personne n'avait donc pas de vie propre ?
Était-elle si désespérément seule qu'elle devait vivre sa vie par procuration ?
Blair passa une main dans son dos.
- Est-ce que ça va ? s'enquit-elle.
Il n'avait pas encore dit un mot depuis qu'elle lui avait expliqué en quoi consistait sommairement le site de gg.
- Toute ma vie est là, dit-il, toujours sous le choc, continuant de faire défiler les blasts vers des dates antérieures.
« Aperçu, la petite Jenny repartir tête basse et sans plus aucune couronne ou diadème sur sa crinière décolorée. Il se murmure que cette fois son bannissement sera sans retour. La Reine B sait toujours obtenir ce qu'elle veut ! Ne l'oubliez pas surtout, où vous en subirez les conséquences »
...
« Repérée, Little J. ayant un problème lors son défilé privé pour le grand Tim Gunn. On dirait que B a fait couler le sang. Tu étais avertie Little J. La reine B. N'accorde pas de seconde chance. Elle attaque en première ligne. »
...
« Tiens, tiens, regardez qui est un vilain petit cachottier. Éric Van Der Woodsen serait-il tombé sous le charme d'un de ses nouveaux petits copains de classe ? Il paraît que les nouvelles recrues ont la chair tendre à St Jude cette année. »
...
« Aperçu, le Capitaine Archibald piocher une carte « sortez de prison » et prendre ses quartiers à l'Empire. Espérons pour lui que Chuck ne lui laissera pas la charge de ses comptes. Quoi qu'il paraîtrait qu'il en aurait peut-être bien besoin. La haute tour du royaume du Mordor serait-elle sur le point de s'effondrer ? »
...
« Devinez qui a dévoilé la pièce maîtresse de le collection privée de la Reine des Glaces ? Lonely Boy ! Qui l'eut cru ? Il n'est pas tous les jours facile d'avoir 20 ans. N'est-ce pas B ? Au moins ton passage parmi les étudiants de TICH ne t'a pas incité à t'orienter vers la chanson, nous l'avons échappé belle. »
...
« Il paraît que la fête d'anniversaire de Blair s'est terminée en carnage. Une vraie boucherie, digne d'une bonne séance d'exécution publique comme Marie-Antoinette les aimait tant. Saviez-vous que notre Reine ne vivait que pour son homme ? Pas très carriériste tout ça, on la croyait plus ambitieuse. »
...
« Aperçue, Queen B au bras de son ancien Roi. Les amants diaboliques auraient-ils décidé de remettre le couvert ? Elle avait pourtant juré qu'on ne l'y reprendrait pas. A moins que ce soit-elle qui ait finalement perdu la mémoire »
...
« Regarder qui est de retour à Manhattan. Le Roi des Enfers en personne. Mon petit doigt m'a dit que son silence prolongé de cet été avait eu quelques conséquences. A ce qu'on raconte, il n'aurait plus toute sa tête. Nulle doute que certains ou plutôt certaine sauront en profiter comme il se doit. N'est-ce pas B ? »
...
« Des nouvelles de Paris ? A ce qu'on dit, nos deux princesses se sont partagé le Royaume équitablement. Pendant que S s'est isolée sur la rive gauche et est devenue la muse du peuple, B règne sur la rive droite, dévalisant les magasins et dévorant les classiques ainsi que des échantillons de plaisirs sucrés comme une Marie-Antoinette moderne. »
...
« Selon la dernière rumeur française, il parait que la vie de Serena est captivante alors que celle de Blair est des plus assommantes. Elle a fait du shopping chez Saint Laurent et a dîné à Drouant. Mais le seul à avoir serré B cet été serait son serre-tête. Pauvre Blair et dire que son Seigneur et Maître a disparu de mon radar. Mais je suis certaine qu'il a trouvé de quoi s'amuser à l'ombre des palmiers »
...
- Ce n'est pas ta vie. Ta vie ne se résume pas à ce qui est inscrit là, le corrigea-t-elle. Pas plus que les nôtres. C'est un réseau social ou chacun peut envoyer des informations, en général, gênantes ou croustillantes, souvent les deux.
Il releva la tête vers elle et plongea son regard dans le sien.
Est-ce qu'elle pensait qu'elle réussirait à le convaincre de ne pas utiliser cette mine d'or mise soudainement à sa disposition ?
- Tu vas chercher ... et tu trouveras toutes sortes d'informations la-dedans ... mais elles ne reflètent qu'une partie de la réalité, parfois pas du tout. Ce sont juste des ragots ...
- Que chacun d'entre vous lit avec attention, souligna-t-il.
Sinon pourquoi y seraient-ils tous abonné ?
Elle se mordilla la lèvre inférieure et posa sa main sur la sienne.
- Chuck, s'il te plaît. Crois-moi. Ce site n'existe que parce que tout un chacun y participe et se délectent des malheurs des autres ...
Elle secoua doucement la tête.
- Le médecin ...
- Je sais ce que le médecin a dit mais ça me rend dingue de ne pas savoir, argumenta-t-il, jetant à nouveau un œil plein d'espoir vers l'écran.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Nate qui revenait de la piste de danse.
Il observa ses amis. Blair était pâle et Chuck lui semblait fébrile. Il s'aperçut qu'il tenait son smart-phone entre les doigts.
- Un nouveau blast de GG, indiqua le brune sur un ton maussade.
Serena retourna à la table le cœur plus léger. Finalement tout s'arrangeait. Les bras de Nate autour de sa taille avaient ôter toute culpabilité en elle. Il fallait savoir faire de sacrifices pour ceux qu'on aime.
Et elle aimait Nathaniel Archibald de toute son âme.
Elle bût une gorgée de sa vodka citron tout en marchant vers ses amis. En une fraction de seconde, toute idée de réellement commencer la fête s'évanouit.
Son petit-ami lui jeta un regard désolé alors que sa meilleure amie et son frère semblaient arguer l'un contre l'autre.
- Si tu veux vraiment savoir alors laisse nous te raconter. Au moins tu auras toutes les données, tenta-t-elle en dernier recours.
La seule chose qu'ils pouvaient faire à présent, c'était limiter les dégâts aux maximum. Et pour ça elle avait besoin de leurs amis.
Elle leur adressa un regard qu'ils comprirent instantanément.
- Blair à raison, acquiesça Nate.
S'il devait tout savoir alors mieux valait que cela vienne de personnes qui s'inquiétaient de lui et qui pourraient apporter des explications supplémentaires à certains de ses agissements passés ... ou des leurs.
Chuck Bass commanda un scotch au barman.
Il n'avait jamais ressenti le besoin de boire de l'alcool de cette manière. Du moins pas qu'il s'en souvienne, ni depuis qu'il avait mit les pieds sur le sol américain en rentrant de Prague.
- Est-ce qu'il va bien ? s'inquiéta Serena depuis un coin de la salle aux côtés de ses amis.
- Il semble avoir accusé le coup, répondit Nate. En tout cas, il ne reste pas cloîtré dans sa chambre comme à son arrivée ici. Il a accepté de venir à cette soirée sans rechigner, je prend donc ça comme un signe positif.
- Cette soirée était prévue depuis des semaines, maugréa Blair. Ma mère a requis sa présence personnellement.
Pour une fois Eléanor Waldorf ne pouvait pas dire quoi que ce soit de négatif à l'encontre du jeune-homme. La soirée était somptueuse. Tous les grands noms de la mode et de la haute société New-Yorkaise s'étaient bousculés pour y être invités.
Chuck avait manœuvrée la styliste de main de maître. Lorsqu'elle avait entendu que la réception en l'honneur de Tim Gunn se ferait à l'Empire, elle avait été très impressionnée. Elle avait reconnu qu'il devait avoir quelques qualités pour réussir à ce que cet événement se déroule dans son hôtel.
Depuis, les relations entre eux étaient moins tendues, presque amicales, même. Il faut dire que Chuck avait mis les petits plats dans les grands et avait su jouer de son charme avec Eléanor.
Son nouveau comportement, moins outrancier et le fait que Blair resplendisse de bonheur depuis des semaines avait également fait pencher la balance en sa faveur.
Cependant depuis qu'il avait eu connaissance du site de gossip girl, les choses avaient imperceptiblement changées entre les deux tourtereaux. Cela ne faisait que quelques jours mais Blair n'avait pu s'empêcher de sentir la distance qu'il installait entre eux.
Ou alors était-ce elle qui devenait paranoïaque ?
Non ! Il avait bel et bien refusé de passer la nuit avec elle après qu'ils lui aient parler de son passé. Il avait préféré rentrer à l'Empire, seul. Depuis, elle voyait à nouveau cette petite lueur qui brillait au fond de son regard. Celle qui avait disparue quand elle l'avait revu pour la 1ère fois au Mandarin.
Elle n'était pas totalement identique cependant. C'était plus une lueur de regret que de tristesse à présent. Par contre le motif sous-jacent en était toujours le même, le dégoût de lui-même.
C'était ce qui avait poussé le jeune-homme vers l'autodestruction à plusieurs reprises autrefois. C'était même ce qui avait régenté la quasi totalité de son existence. Elle craignait qu'il ne soit à nouveau aspiré dans un cycle infernal après avoir découvert ses mauvais agissements du passé.
Elle se mordit l'intérieur de la joue en l'observant avaler une goulée de liquide ambré.
Elle était anxieuse à l'idée que tout ne s'effondre encore une fois autour d'eux. Elle avait même contenu sa colère quand elle avait appris que Humpty Dumpty serait présent ce soir car elle ne voulait pas se disputer avec lui pour cet imbécile.
Elle maudit intérieurement gg à nouveau.
Pourquoi fallait-il toujours que cette peste sème le trouble dans leur vie ?
Encore une chose qu'elle aurait voulu pouvoir expulser loin d'eux. Tout comme elle l'avait fait pour les enfants Humphrey. Enfin presque !
A ce niveau là aussi, Chuck était moins enthousiaste. Les complots n'avaient plus l'air de vraiment l’intéresser. D'ailleurs, il avait même permis à ce cloporte d'être sur la liste des invités, après que Lily aie lourdement insisté.
Elle tentait de rapprocher les membres de sa famille du mieux qu'elle le pouvait mais ce n'était pas gagné.
Serena refusait obstinément d'adresser la parole à Dan et Éric s'était finalement plus ou moins rangé du côté de sa sœur. Surtout, il avait d'autres chats à fouetter. Sa relation avec Roy était à présent officielle et il passait le plus clair de son temps chez le jeune-homme, évitant ainsi l'ambiance familiale étouffante.
Les choses ne s'étaient pas arrangées entre Rufus et son fils, leurs différents s'étaient transformés en gouffre après que Jenny ait quitté New-York.
Blair relâcha un soupir. Au moins, Elle, était loin !
- Il a passé tout l'après-midi d'hier avec ma mère, indiqua la blonde.
La brune posa un regard surpris sur sa meilleure amie.
Chuck ne lui avait pas parlé de ça quand ils avaient déjeuné ensemble la veille. Elle pensait qu'il avait une réunion de travail importante. Elle l'avait trouvé un peu distant et fatigué. Il avait vaguement grommelé quelque chose à propos de Bass Industrie.
Elle sentit son cœur se serrer. C'était comme s'ils étaient revenus plusieurs mois en arrière. Quand tout avait commencé à partir en vrille entre eux. Quand il avait tenté de la repousser le plus loin possible de lui au moment de ... l'anniversaire de la mort de Bart, qui se situait dans une semaine exactement.
Quelle idiote !
Elle avait cru que parce qu'il était amnésique, il ne se souviendrait pas de la date mais maintenant il savait tout ... ou presque.
Elle ignorait ce que ça impliquait réellement pour lui, il ne s'en était pas ouvert à elle, balayant le sujet d'un revers de main quand elle avait tenté de l'aborder. Néanmoins, elle se rappelait parfaitement de l'avertissement de son thérapeute.
Il était à nouveau taciturne et elle le déplorait. Elle ne souhaitait pas qu'il s'enfonce dans ses angoisses et ses anciens démons.
Elle avala une bonne lampée de son champagne. Ils avaient sans doute occasionné bien plus de dégâts que Chuck ne voulait le laisser paraître.
Mais qu'auraient-ils bien pu faire d'autre à ce stade ?
Elle croisa son regard noisette comme il revenait vers eux, un autre verre à la main.
Chuck carra la mâchoire. Chacun le scrutait avec attention. Comme s'il allait s'effondrer d'une seconde à l'autre. Il ne pouvait pas nier qu'il était toujours sous le choc de ce qu'il avait appris de la bouche de ses amis six jours plus tôt ... et de ce qu'il avait lu sur le site de gg malgré les supplications de Blair.
Il n'avait pas pu lutter contre le besoin de savoir. Comment résister quand tout ce qu'il avait à faire pour sortir du brouillard, c'était de consulter le site de ragot qui retraçait ses faits et gestes précisément ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que son existence n'avait pas été des plus joyeuses ni des plus glorieuse même si c'était ce qui transparaissait au départ. Il avait assisté et donné les fêtes les plus mémorable de l'UES. Toutes plus décadentes les unes que les autres. Pourtant il avait bien saisi que derrière tout ça, se cachait le grand malaise d'un adolescent apeuré par la vie d'adulte qui s'offrait à lui.
Ce n'était pas non plus Oliver Twist, fallait rien exagérer, mais ce qui était certain, c'est qu'il n'aurait pas pu l'imaginer si on ne la lui avait pas raconté.
Il avait surtout été un sinistre con jusqu'ici. Il s'était comporté comme un salopard a qui tout était dû. Il comprenait mieux pourquoi les gens réagissaient de cette manière en sa présence.
Ce qu'il retenait d'autre, c'est que sa mère biologique n'était pas morte. Elle était bien vivante, quelque part, loin de sa vie. Elle en avait décidé ainsi à sa naissance et n'était réapparue que pour aider son oncle à lui voler son héritage.
Blair posa sa main sur la sienne, le rappelant à la réalité.
Il croisa son regard une nouvelle fois. Il pouvait y lire l'inquiétude qui la taraudait. Il dévisagea son meilleur ami et sa sœur, eux non plus n'étaient pas rassurés.
- Je vais bien, indiqua-t-il.
Ses amis semblèrent pousser un soupir de soulagement collectif et la main de sa petite-amie se resserra autour de la sienne. Il lui rendit son geste d'une pression des doigts et lui sourit. Il ne voulait pas qu'elle se tracasse à son sujet. Il n'était pas une pauvre chose dont elle devait pendre soin. Il était Chuck Bass et il entendait bien associer une nouvelle connotation à son nom, bien loin de celle qui avait cours.
Ce n'était pas comme s'il se souvenait véritablement. Ça ne l'affectait pas réellement outre mesure. C'était plutôt comme s'il avait lu le résumé d'un film. La vie de quelqu'un d'autre. Une vie des plus pathétiques sommes toutes.
A part la période où la femme à qui appartenait son cœur, encore aujourd'hui, avait partagé sa vie à l'Empire quelques mois avant qu'il ne décide de disparaître.
Elle était restée plutôt évasive sur les raisons de leur rupture mais étant donné ce qui s'était passé entre eux depuis le début de leur relation, il s'attendait au pire venant de sa part.
Il n'avait rien trouvé à ce propos nulle part. Connaissant Blair, elle avait sans doute tout réussi à garder sous contrôle pour éviter l'humiliation publique.
Cette question l'obsédait mais elle n'y répondrait pas. Pas plus que Nate ou Serena. Ils étaient tous restés muets comme des carpes .
Il avait bien tenté le coup avec Eléanor. Elle semblait tellement lui en vouloir qu'elle devait en connaître la raison. Il avait réussi à plus ou moins l'amadouer avec cette soirée en l'honneur d'un grand magna de la mode. Pourtant, il n'avait pas pu obtenir les informations qu'il souhaitait.
Il avait même tenté sa chance avec Lily, sans plus de succès. Il s'était pas mal rapproché de sa mère adoptive ces deux dernières semaines. Pas pour de bonnes raisons malheureusement. Bass Industrie avait pas mal de problèmes. Les trois mois où il avait laissé dériver le bateau leur coûtait cher. Très cher.
Malgré tout son travail, il n'était pas parvenu à enrayer pleinement les conséquences de sa disparition soudaine.
L'entreprise était sur le point d'être rachetée par Thorpe Entreprise. Un groupe immobilier plutôt agressif qui menaçait de démanteler BI en lambeaux. Il ne comprenait pas pourquoi cet ancien associé de Bartholomew Bass était si acharné à disloquer ce que son père avait mit tant de temps et d'acharnement à construire.
Sa mère adoptive lui avait appris qu'elle avait eu une aventure avec Russel Thorpe lui même il y a plusieurs années mais à ce moment là, elle n'était pas encore Mme Bartholomew Bass.
Qu'est-ce qui pouvait donc poussé ce type à vouloir détruire son héritage ?
- Chuck Bass, s'exclama soudain Tim Gunn.
Blair se redressa inconsciemment et ses yeux luire de fierté quand il serra la main de son petit-ami.
- Tim, bonsoir, répondit-il. Laissez-moi vous présenter ma merveilleuse petite-amie, la fille d'Eléanor, Blair Waldorf.
- Et toute aussi divine à ce que je vois, la complimenta l'homme au cheveux blanc en saisissant à présent ses phalanges. C'est un honneur pour moi. J'ai eu l'occasion de rencontrer votre mère à plusieurs reprises et j'apprécie énormément son travail.
- Elle vous tient en grande estime également, répondit-elle en rougissant légèrement.
- Voici, ma sœur adoptive, Serena Van Der Woodsen ainsi que Nathaniel Archibald, son cavalier.
Tim serra la main de chacun d'eux avant de se tourner à nouveau vers l'hôte de la soirée.
- Vous vouliez me voir en entretien privé ? questionna-t-il à l'adresse de Chuck.
- Oui, j'ai besoin de m'entretenir avec vous un moment, si vous voulez bien me suivre dans mon bureau, acquiesça le jeune-homme brun.
Blair lui jeta un regard interrogateur qu'il évita soigneusement.
Au lieu de ça, il s'éloigna avec l'invité d'honneur en direction du hall.