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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 25.01.2013 à 21h05
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point, réécriture de la saison 4. Bien sûr 100% Blass avec un zeste de Serenate et du njbc. » katido
Cette fanfic compte déjà 77 paragraphes
Blair consulta sa montre pour la 10ème fois au moins depuis les dernières 46 minutes où Chuck avait disparu avec l'invité d'honneur dans son bureau. Eléanor les avait rejoints dans les 5 minutes qui avaient suivi. Ce qui piquait encore plus sa curiosité.
Nate et Serena s'étaient évaporés de leur côté. Sans doute direction le penthouse, et la chambre du jeune-homme aux yeux clairs.
Un serveur passa à sa hauteur et elle déposa sa flûte sur le plateau qu'il portait. A l'autre bout de la salle, elle aperçut Dan, la crinière hirsute. Leurs yeux se croisèrent un instant et elle grimaça de dégoût, les reportant sur la porte donnant sur le hall.
Comment pouvait-on seulement permettre à de tels énergumènes d'entrer dans une soirée mondaine des plus huppées ?
Elle plissa le nez et quitta la salle la tête haute pour rejoindre le couloir où se trouvait le bureau du propriétaire des lieux. Il faudrait qu'elle pense à lui dire de faire venir la dératisation.
Elle s'interrogea encore une fois sur ses motivations de ce soir.
- Est-ce qu'il tentait de marquer des points supplémentaires avec sa mère ?
Pourtant l'élu de son cœur n'avait pas besoin de ça. Sa mère lui mangerait bientôt dans la main s'il continuait à ce train là.
Et elle n'était pas certaine d'apprécier ça !
Qu'Eléanor Waldorf reconnaisse qu'il était celui qu'il fallait pour combler sa fille de bonheur était une chose. Qu'elle se ligue avec lui pour faire des cachotteries derrière son dos en était une autre. Blair aimait tout contrôler, y compris les relations de son entourage afin de pouvoir s'assurer qu'elle y trouvait son compte.
Le trois protagonistes quittèrent enfin la pièce où ils s'étaient retranchés un à un, suivis par ... Jenny Humphrey ?
Elle n'en croyait pas ses yeux.
Elle devait avoir trop bu.
Deux coupes de champagne !
Il en fallait plus que ça pour qu'elle délire.
A moins que quelqu'un ait mis quelque chose dans son verre ?
Chuck sortit de son bureau le 1er, se félicitant d'avoir pris la bonne décision. Il était plus inquiet sur la manière dont il allait expliqué tout ça à Blair cependant.
Parce qu'il était hors de question qu'il laisse le mensonge s'installer entre eux. S'il y avait une chose qu'il avait comprise, c'est qu'elle était plus que redoutable lorsqu'elle avait quelqu'un dans sa ligne de mire et il n'avait aucune intention de devenir sa cible.
Mais il ne pouvait pas non plus lutter contre sa conscience.
Il espérait de tout son cœur qu'elle comprendrait son geste car il savait, pour sûr, que ce dernier ne résisterait pas s'il devait la perdre un jour. Seulement il ne pouvait pas se perdre lui-même non plus. Il peinait déjà à se retrouver.
Il se stoppa dans son élan en la voyant devant lui, les bras croisés, les yeux brûlants de colère, braqués sur la petite blonde qui suivait Tim et Eléanor.
Elle posa son regard sur lui une seconde avant de tourner les talons en direction du vestiaire.
- Blair, appela-t-il en hâtant le pas pour la rattraper.
Les palpitations dans sa poitrine s'accélèrent et son sang couru dans ses veines.
- Blair, répéta-t-il en la saisissant par le bras.
Elle se tourna vers lui et lui décocha un regard qui lui fit l'effet d'une flèche plantée en plein cœur.
- Blair, articula-t-il pour la 3ème fois. S'il te pl...
- Non, tais-toi ! Ne dis rien, l'avertit-elle, hors d'elle.
Comment avait-il pu la trahir de la sorte ?
Il avait invité Jenny Humphrey ici. Dans son hôtel. A son insu. Car c'était lui qui l'avait fait venir, à n'en pas douter ! Il lui avait menti délibérément. Il avait pactiser avec sa pire ennemie ... après avoir couché avec elle, se remémora-t-elle, amère.
- Blair, laisse-moi jus ...
- Non, je ne veux rien entendre. Tout ce qui sort de ta bouche n'est que mensonge. Je croyais que tu avais changé, que tu étais différent, glapit-elle, refoulant les larmes qu'elle sentait affluer sous ses paupières.
Elle réclama son manteau au jeune-homme qui se tenait derrière le guichet et celui-ci se dépêcha d'obtempérer et de déguerpir de là le plus vite possible sur un signe de son employeur.
- Blair. NON ! l’exhorta ce dernier en la saisissant par les épaules. Je suis différent. Je ...
- Lâche-moi, vociféra-t-elle, lui donnant un coup de coude dans les côtes pour se dégager.
Elle connaissait exactement le bon endroit !
Il méritait d'avoir mal, très mal, après ce qu'il venait de faire ! La plaie était peut-être cicatrisée mais il n'en restait pas moins que c'était toujours un point sensible.
Elle se sentit moins frustrée quand elle le vit grimacer de douleur, portant la main à son flan, relâchant son emprise sur elle.
Elle fit un pas de côté et se rua sur le trottoir pour s'engouffrer dans la voiture qui avait amené sa mère quelques heures plus tôt.
Dire qu'il s'était associé à elle pour lui planter un couteau dans le dos !
Il s'était introduit chez elle, dans sa propre maison et il avait sournoisement profité d'elle et de ses sentiments à son égard. Il l'avait manipulée, avait réussi à s'attirer les bonnes grâces d'Eléanor.
Tout ça pour quoi ?
Pour les yeux de raton laveur de Barbie gothique ?
Non, elle ne pouvait pas croire qu'il avait fait ça pour cette misérable petite garce.
Il avait fait ça pour se venger d'elle. Il avait dû découvrir quelque chose à propos d'eux sur gossip girl.
Peut-être la manière dont elle l'avait amené à se laisser embrasser par un garçon ? Ou le fait qu'elle ait couché avec Jack lors du réveillon de nouvel an de 2008.
Peu importait ! Rien ne pourrait jamais justifier une telle trahison.
Elle aurait dû savoir qu'elle ne pouvait pas lui faire confiance. Elle aurait dû se laisser guider par sa raison et non pas par ce que son cœur et ses instincts les plus primaires désiraient.
Elle essuya rageusement les larmes qui inondaient son visage. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elles roulaient sur ses joues avant qu'elles n'atteignent son menton.
S'il voulait la guerre, il allait l'avoir.
*****
Le tintement de l'ascenseur sortit à peine Chuck de sa torpeur.
La seule chose qu'il voyait, c'était les yeux de Blair qui jetaient des éclairs dans sa direction. Si elle avait pu le tuer d'un regard ...
Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Il était déjà mort. La balle qu'il avait reçu à Perlovka n'avait pas été aussi douloureuse, se souvint-il.
Il fronça les sourcils à peine une fraction de seconde réalisant qu'il se rappelait, il se rappelait vraiment, avant d'être assailli par une rafale de flashs provenant de cette nuit là.
La ruelle sombre ... les deux types ... le canon dans son dos ... son portefeuille ... le boîtier ... la bague ... la bague ... la douleur ... le sol dur ... Blair
Il s'effondra contre les parois, haletant, tentant désespérément de se raccrocher à une prise quelconque mais ses doigts ne faisaient que glisser sur le métal lisse. Ils buttèrent sur une encoche et il s'y agrippa de toute ses forces.
- Hey Chuck, sourit Serena lorsque les portes s'ouvrirent sur lui.
Elle se félicita d'avoir enfiler quelque chose sous le T-shirt du capitaine de l'équipe de lacrosse.
Mais ses traits se figèrent quand elle vit les yeux vitreux et le teint blafard de son frère.
- Nate, hurla-t-elle depuis la cuisine ou elle venait de se servir un jus d'orange pour reprendre des forces avant un 2ème round.
Jenny Humphrey quitta Manhattan le cœur en joie. Elle s'assied dans le siège du train en partance pour Hudson pour la 2ème fois de ce mois de décembre et poussa un soupir de soulagement.
Sa vie n'était pas totalement finie finalement.
Et tout ça grâce à Chuck !
Si qui que se soit le lui avait dit, elle lui aurait rit au nez. Une sourire se propagea sur son minois au souvenir des événements de la semaine qui venait de s'écouler.
Elle était rentrée chez sa mère, la rage au cœur et un nœud dans l'estomac, se reprochant amèrement d'avoir suivi les conseils de son grand frère. Elle lui en voulait énormément de l'avoir entraînée dans une guerre ouverte entre lui et les habitants de l'UES.
Elle était juste revenue pour avoir une chance de faire de sa vie ce qu'elle voulait depuis toujours. Intégrer Parsons pour pouvoir travailler dans le monde de la mode en tant que styliste.
Elle savait qu'elle avait un talent certain, mais encore fallait-il le faire fructifier. Quand son i-phone avait résonné et qu'elle avait vu le nom d'Eléanor Waldorf s'afficher sur l'écran, elle avait paniqué.
C'est d'une main tremblante qu'elle avait décroché. Elle était certaine que la styliste renommée allait l'incendier. Elle avait sans doute déjà eu vent de ce qui s'était passé dans le bureau de Tim Gunn, l'implication de sa fille chérie en moins bien entendu.
Si c'était ça, elle se chargerait elle-même de lui expliquer qu'elle part avait pris Blair dans ce carnage. Elle n'avait aucune raison de protéger le brune.
Mais Eléanor Waldorf ne lui avait pas fait de leçon de morale ni de remontrances. Elle l'avait invitée, convoquée aurait été plus exact, à un rendez-vous dans son bureau à New-York l'après-midi même de le soirée donnée en l'honneur de Tim Gunn.
Jenny n'y avait pas réfléchi à deux fois, elle n'avait plus rien à perdre à présent et si elle était sous la protection de sa mère, B ne pourrait pas l'atteindre.
Que pourrait-elle bien lui faire de pire ?
Sur ce point au moins Dan avait raison.
La jeunette s'était arrangée pour être le plus discrète possible et avait filé droit chez Waldorf Design, sans même prévenir sa famille. Seul Éric était au courant qu'elle serait à Manhattan pour un voyage éclair.
Elle était heureuse de pouvoir compter sur lui. Il l'avait rassurée et encouragée à aller jusqu'au bout, il était un vrai frère pour elle. Elle tremblait de la pointe de ses orteils à celle de ses cheveux en posant le pied sur le quai. Éric était venu la chercher à la gare avec Roy, qu'il tenait à lui présenter et l'avait « escortée » jusqu'à WD.
Lorsque la propriétaire des lieux lui avait expliqué qu'elle pouvait obtenir une ultime opportunité de rencontrer Tim Gunn le soir au gala, elle avait ouvert des yeux ronds comme des billes.
Elle s'était faufiler dans le bureau que lui avait indiqué Éric le cœur battant. Si jamais Blair ou Chuck apprenaient qu'elle était là, à l'Empire, elle ne donnait pas cher de sa peau.
Elle ferma les yeux et se cala dans son siège comme le train se mettait en mouvement, se remémorant les dernières heures.
*****
L'homme au cheveux blanc se tourna vers elle quand elle pénétra dans le bureau en question. Il releva un sourcil, la dévisageant, un peu surpris de la voir là.
- Jenny Humphrey. Bien sur, murmura-t-il comme pour lui-même.
Elle rassembla tout son courage et toute sa détermination, toute sa vie se jouait là, maintenant.
- Je suis désolée de vous déranger, entama-t-elle d'une voix blanche. Je sais que cette entrevue n'était pas au programme de la soirée, mais je n'ai pas eu l'occasion de m'expliquer plus tôt. Mes robes ne devaient pas être comme ça, avec la peinture et les lettres.
- Eh bien, il n'est pas dans mes habitudes d'agir de la sorte, surtout après l'entretien déplorable que nous avons eu la semaine dernière, mais les circonstances étant ce qu'elle sont ... Que s'est il passé ?
- C'est une longue histoire. Mais, je veux que vous sachiez que ce n'est pas celle que je suis, ni la manière dont je travaille. Et je ferais tout pour une seconde chance. La mode c'est tout pour moi, c'est toute ma vie ...
Il leva la main pour la stopper.
- Inutile de me supplier à genoux, grommela-t-il. Je n'aime pas les pleurnicheries.
Jenny se maudit intérieurement, elle venait de flinguer sa dernière cartouche.
- Néanmoins, reprit-il, j'ai eu l'occasion de voir votre book et je dois dire que votre travail m'a impressionné.
- Vous avez vu mon book ? s'éberlua-t-elle.
- Eléanor vient de me le remettre, signifia-t-il en le lui désignant sur la table basse.
Elle était tellement nerveuse qu'elle n'avait pas prêté attention au lieu où ils se trouvaient.
- Si c'est réellement là votre œuvre, continua-t-il, cela mérite effectivement une autre chance ... Je pense que je peux m'arranger pour une autre audition.
- Ce serait merveilleux. Merci. Merci. Merci.
- Je n'aime pas non plus les lèches-bottes, l'informa-t-il. Et ne perdez pas vos robes de vues, ni votre porte-folio, cette fois !
- Je veillerai sur eux comme sur un bébé, promit-elle le sourire aux lèvres. Encore merci.
- C'est plutôt Eléanor que vous devriez remercier. Si elle ne s'était pas portée garante de votre talent, je n'aurais même pas ouvert ce book. Quand Veronica m'a dit que Chuck Bass voulait me rencontrer en privé ce soir, je ne m'attendais pas du tout à ça !
- Attendez. C'est Chuck qui ...
- A joué les intermédiaires ce soir, oui, parfaitement. Vous leur devez une fière chandelle Mademoiselle, tâchez de ne pas l'oublier. D'ailleurs je vous propose de les rejoindre dans le bureau de Monsieur Bass immédiatement.
Jenny l'avait suivi dans la pièce contiguë, marchant sur un nuage. Oubliant totalement toute mesure de prudence. Elle avait l'impression de flotter littéralement dans les airs.
*****
- Chuck, tu vas bien ? Tu veux qu'on appelle un médecin ? questionna son meilleur ami.
Il était maintenant assis sur le canapé depuis pratiquement un quart d'heure et il n'avait toujours pas desserré les lèvres.
Le brun secoua négativement la tête.
Nate lui avait porté secours aux cris de Serena et l'avait installé là. Il reprenait peu à peu des couleurs.
- Tiens, dit sa sœur en lui tendant un verre de scotch.
Il le refusa d'un signe de tête, il avait besoin de garder les idées claires, tout était déjà bien assez embrouillé comme ça dans son crane.
- Hey Man, le bouscula un peu son ami en posant une main sur son épaule.
Il jeta un regard inquiet à sa petite-amie.
- J'appelle le Dr krieg, décida-t-elle en s'emparant de son téléphone.
- Non, c'est pas la peine, ce n'est rien. Ça va passer, ça m'arrive parfois quand je me rappelle, articula faiblement son frère adoptif.
Nate avait eu l'occasion d'assister à une ou deux de ces scènes pendant lesquelles Chuck étaient littéralement assailli par ses souvenirs mais ça n'avait jamais pris cette ampleur.
- Tu t'es souvenu de quoi cette fois ? voulu-t-il savoir.
- La nuit où je me suis fait tiré dessus à Perlovka, murmura encore le brun, le regard complètement ailleurs.
Nate et Serena échangèrent un regard entendu.
- Où est Blair ? demanda soudainement la blonde.
- Elle est partie, grimaça Chuck.
Sa voix résonnait étrangement.
- Elle est partie ? Comment ça, elle est partie ? s'étonna l'héritier Archibald. Elle n'a pas quitté la soirée comme ça, sans explication.
Il avait présumé qu'ils se retrouveraient tous au penthouse après la réception.
- Vous vous êtes disputés ? devina S.
- On en a pas eu l'occasion, sourit cyniquement son frère. Elle n'a même pas voulu écouter ce que j'avais à dire.
- Ce que tu avais à dire à propos de quoi ? questionna la blonde.
Pourquoi avait-il fallu qu'il cède à ce sentiment de culpabilité ? se maudit intérieurement Chuck.
Nate observa son meilleur ami en dansant d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. Ça avait du mal tourné. Blair avait eu vent de quelque chose ou pire, avait croisé l'invitée surprise.
- Nathaniel Archibald, qu'est-ce qui se passe ? l’exhorta cette fois la voix de sa petite-amie.
Ses yeux bleus le scrutèrent et le pénétrèrent jusqu'aux os. Il se ratatina un peu sur lui-même.
Chuck souffla un bon coup avant de prendre la parole.
- J'ai arrangé un nouvel entretien à Jenny avec Tim Gunn ce soir.
- Tu as quoi ? s'étrangla Serena, les yeux ronds comme des soucoupes.
- Ça partait d'un bon sentiment, ok ! tenta Nate pour venir en aide à son ami.
- Et toi tu étais au courant ? explosa la blonde.
- Je ...
- Ce n'est pas la faute de Nate, c'est la mienne. C'était mon idée, indiqua Chuck en haussant le ton.
- Et j'ai approuvé, ajouta son ami qui ne voulait pas le laisser seul dans le pétrin, malgré le regard assassin de Serena.
Après tout, il n'avait rien fait pour l'en dissuader, au contraire, il en avait été soulagé et en se taisant, il avait été son complice.
- Mais tu es tombé sur la tête ou quoi ? Qu'est-ce qui t'a pris ?
- Je voulais juste ... essayé de réparer ...
- De réparer ? Mais de réparer quoi ? cria sa sœur.
- Ce que j'ai fait à Jenny.
- Ce que NOUS avons fait, le reprit Nate en plantant ses yeux azur dans ceux de Serena.
- C'est à cause de moi si Blair lui en veut à ce point. Je l'ai utilisée, j'ai abusé d'elle et ensuite, j'ai aidé à ruiner son avenir, énuméra Chuck.
- Elle le méritait amplement, cracha sa sœur. A t'entendre, on dirait que c'est un pauvre agneau égaré. Elle fait plus partie des prédateurs que des victimes. En couchant avec toi, elle savait parfaitement ce qu'elle faisait, crois-moi.
- Peut-être mais il n'empêche que le prix à payer était bien trop élevé. Nous avons tous les deux commis une erreur et ...
- Maintenant vous êtes deux à en subir les conséquences, termina Serena.
Blair devait être dans tous ses états.
- S, intervint Nate. Ne me dis pas que tu ne te sentais pas coupable, au moins un peu, pour ce que nous avons fait.
La blonde ouvrit la bouche pour le nier mais la vérité, c'est qu'elle n'avait pas particulièrement apprécié son implication dans toute cette histoire elle non plus.
- Je suis le mieux placé pour savoir que Jenny n'est pas un ange, poursuivit son petit copain. Loin de là ! Mais nous sommes allé trop loin. Chuck a pris la bonne décision, celle de la garder loin de Manhattan et donc de nous tous, tout en lui offrant la possibilité de pouvoir faire autre chose de sa vie que de se morfondre en ruminant des plans contre nous comme le fait Dan. Il a fait ce qu'il pensait nécessaire pour nous protéger au mieux. Tous.
Serena hocha la tête, ce n'était pas dénué de sens. Mais Blair n'était certainement pas de cet avis.
Blair se redressa à l'arrivée d'Epperly Lawrence dans la salle de réunion, la jeune-femme qui était chargée de superviser les postulants stagiaires que le célèbre magasine de mode W avait sélectionnés.
Elle n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort en cet instant, ni de penser à ce traître de Chuck qui la harcelait depuis trois jours. Elle avait passé toutes les nuits à pleurer toutes les larmes de son corps, y compris celle-ci.
Mais ce matin, elle s'était reprise. Elle avait un objectif à atteindre. Elle voulait ce stage. W était l'endroit idéal pour elle. Elle avait longtemps pensé à son futur. Depuis qu'elle avait six ans. Il était censé être tout tracé, elle irait à Yale et deviendrait Mme Nathaniel Archibald, celui qui était depuis toujours son chevalier.
Jusqu'à ce qu'un horrible magicien qui ne croyait pas aux contes de fées vienne briser le sien en l'ensorcelant !
Mais elle ne laisserait pas le vilain de l'histoire gagner. Elle n'allait certainement pas lui permettre de l'empêcher de se concentrer et se donner à 300% pour décrocher ce stage.
Elle avait également raté Yale et échoué NYU pour finalement atterrir à Columbia.
Grâce à lui ! souffla une petite voix derrière son oreille. Sûrement un troll, suppôt de Satan.
Il n'était pas question qu'elle rate cette opportunité à cause de lui. Son avenir tout entier en dépendait. Elle fit de son mieux pour le chasser de ses pensées.
Elle avait passé des heures à attendre Stefano dans le hall de sa résidence et après s'être faite éjecter par la police une 3ème fois, elle avait envoyé une lettre à tous les faxes de l'immeuble, qu'elle avait dénombrés à 332 au total.
Elle pensait qu'elle avait réussi quand elle avait reçu la lettre de convocation pour se présenter ici en ce jour. Mais elle avait eu la désagréable surprise de se retrouver dans cette pièce avec d'autres pâles copies d'elle-même.
Les meilleurs étudiantes de chacune des universités de New-York avaient été sélectionnées et celle qui serait la plus prometteuse aurait la chance d'effectuer son stage parmi l'équipe du rédacteur en chef, Stefano Tonchi.
Epperly parcouru la pièce du regard.
- Si vous vous posez la question, je suis la meilleure des meilleures. Je suis Blair Waldorf, intervint-elle auprès de la blonde.
- Si ce que tu veux dire est que tu es la plus distinguée et la plus ambitieuse étudiante de ton université, alors vous êtes toutes des Blair Waldorf. Répondit Epperly en désignant chaque jeune-femme l'une après l'autre, venue de Princeton, Yale, Penn, et Parsons.
Un homme au cheveux grisonnant arriva, suivi par un jeune-homme que Blair reconnu au 1er coup d’œil grâce à sa tenue dégingandée.
Elle faillit s'étouffer de rage.
Mais que faisait-il ici ?
Il avait beau avoir essayé de faire un effort vestimentaire, le résultat était plus que pitoyable.
- Voici notre dernier stagiaire, indiqua Epperly.
- Je crois qu'il y a une erreur, glissa la brunette dont les yeux lançaient des éclairs en direction du ressortissant de Brooklyn.
Elle ne supporterait pas ce plouc aujourd'hui en plus de tout le reste.
Ce dernier lui fit un sourire sournois.
- Daniel Humphrey, de N.Y.U. ? Je suis Epperly Lawrence, ton maître de stage. Bienvenu. Concentrez-vous sur votre travail et non sur votre garde robe. W ce n'est pas que la mode et la beauté, dit-elle en distribuant des fiches à chacun d'entre eux. On fait aussi des interviews et des articles sur l'art. On recherche des visionnaires.
- Pars d'ici, Humphrey. C'est mon monde, souffla Blair.
- Je ne peux pas démissionner. Quand Lily a parlé d'une rédaction dans un magazine, je pensais plutôt à « Vanity Fair » ou au « New Yorker » ça aurait été plus dans mon style, mais je ne veux pas la décevoir, ça lui ferait trop de peine après tout le mal qu'elle s'est donné.
En réalité, il avait demandé expressément à sa belle-mère de faire des miracles en jouant de toutes ses relations pour qu'il atterrisse ici en dernière minute. Il n'ignorait pas qu'elle avait accédé à sa requête dans l'espoir d'apaiser les tensions entre lui et son père.
Il avait promis qu'il ferait un effort dans ce sens mais c'était bien loin de ses préoccupations. Il était persuadé que dès qu'il aurait enfin prouvé à son paternel le bien fondé de ses agissements, guidés par la malveillance de tous ces arrogants gosses de riche nés avec une cuillère en argent dans la bouche, il prendrait fait et cause pour son fils.
Il avait entendu Queen B parler de ce stage avec excitation à Serena lors de la soirée donnée en l'honneur de Tim Gunn. Il n'avait pas eu l'occasion d'approcher l'homme pour plaider la cause de sa sœur mais il avait mis son temps à profit pour espionner ses ennemis. Une idée avait germée dans son esprit. Si Blair avait détruit l'avenir de sa sœur alors il détruirait le sien
- Tu ne sais pas différencier Rodarte d'une crème pour les pieds, soupira-t-elle sur un ton condescendant. Tu vas te faire massacrer.
- Nous ne sommes que des stagiaires, répondit Dan qui n'avait aucune idée de qui pouvait bien être ce Rodarte.
- Je sais coller et agrafer. Alors je te conseille de rester en dehors de mon chemin ou j'accrocherai ta langue à ton omoplate, le menaça-t-elle.
- Blair ? interrogea Epperly. Tu as une question ?
- Non, désolée. Dan me racontait à quel point il aurait aimé faire son stage universitaire au New Yorker, persifla-t-elle, trop heureuse de pouvoir se défouler sur quelqu'un.
- Dan ? Ah oui c'est vrai. Tu es l'écrivain. Peut être pourrais tu faire quelque chose sur le nouveau blog qu'on dévoilera ce soir sur les livres et les films ? Il s'intitulera « La mode dans les films » Ce mois ci on célèbre les auteurs contemporains et Lynn Hirschberg a écrit la préface. Je serai ravie de te la présenter.
Blair grimaça tandis que le brun la narguait avec un sourire vainqueur.
- Merci, dit-il. J'en serai plus que flatté.
Lui aussi savait comment faire de la lèche.
*****
Chuck passa ses mains sur son visage. Cette journée n'en finirait-elle donc jamais ?
Il avait passé une nuit des plus horribles, il n'avait pas trouvé le sommeil avant tôt sur le petit matin et les trois heures pendant lesquelles il s'était perdu dans les limbes avaient été peuplées de cauchemars encore plus flippants.
Blair refusait tous ses appels. Il lui avait laisser une bonne dizaine de messages vocaux et autant de textos. Si seulement elle lui accordait 15 minutes de son temps pour le laisser s'expliquer.
Il savait qu'elle devait commencer son stage chez W aujourd'hui. Elle était surexcitée comme une petite fille depuis qu'elle avait reçu sa convocation quelques jours plus tôt.
Heureusement, cet événement avait obnubilé ses pensées et du coup, elle avait été moins encline à lui poser des questions sur son attitude un peu distante.
Il avait détesté ne rien pouvoir lui dire de son projet pour Jenny mais Eléanor avait raison, si elle avait eu vent de ce qui se préparait elle aurait tout fait pour qu'il avorte.
Peut-être qu'après son 1er jour de stage, elle serait de si bonne humeur qu'elle s'autoriserait à envisager de lui pardonner de lui avoir menti par omission pendant ces quelques jours qui lui avaient parus des siècles.
Sa matinée n'avait pas été meilleure que sa nuit. Raina Thorpe, qui travaillait avec son père, s'était présentée à son bureau la fleur aux dents. Elle devait le prendre pour un crétin fini si elle avait pensé une seconde qu'elle réussirait à l'amadouer avec ses minauderies.
Croyait-elle réellement qu'il allait la rejoindre dans les draps et faire ami-ami avec la fille de celui qui cherchait à acquérir Bass Industrie pour la tronçonner et la débiter en rondelles ?
Car les intentions de Russel Thorpe étaient très claires, il allait dissoudre BI et la revendre morceau par morceau.
- Je suis désolé, s'excusa encore une fois Nate, le sortant de ses pensées.
- C'est pas ta faute, il cherche du boulot depuis des jours.
- Peut-être, mais de là à aller bosser pour celui qui tente de s'approprier ton entreprise, soupira son ami.
Il avait été heureux pour son père pendant cinq minutes environs quand le Capitaine lui avait dit avoir trouvé du travail, avant de lui annoncer que c'était chez Thorpe Entreprises.
Une dispute s'en était suivie et finalement Howard Archibald avait décidé qu'il serait mieux installé dans une maison de réinsertion plutôt qu'à l'Empire.
- Je vais tenter de voir Blair, l'informa Chuck en se levant pour enfiler son manteau.
Nate acquiesça, elle était loin d'être aussi compréhensive que Serena.
Cette dernière avait passé la nuit au penthouse Waldorf avec sa meilleure amie et lui avait battu froid toute la journée mais elle avait accepté de dîner avec lui. Il mettrait les petits plats dans les grands.
Le propriétaire des lieux avait demandé au chef un menu spécial, composé des plats préférés de sa sœur, soufflé par lui-même et avait fait préparer une alcôve privée pour que lui, au moins, puisse regagner le cœur de sa belle.
Il espérait que Chuck aussi saurait amadouer Blair et qu'elle comprendrait le besoin impérieux qu'il avait eu de suivre sa bonne conscience mais rien n'était moins certain.
Les stagiaires étaient tous arrivés à l'aube chez W. Chacun voulait marquer des points auprès d'Epperly. Blair avait déjà réussi à faire fuir la prétendante de Yale. (Petite revanche personnelle !)
Chuck était passé chez elle la veille au soir mais Dorota avait su se montrer efficace, comme à son habitude. Il lui avait laisser un bouquet de pivoines avec une carte qu'elle avait jetées directement dans la corbeille.
- Pourquoi est ce que ça goutte le Chanel N°5 ? demanda Epperly en recrachant son café, à l'étudiante de Parsons qui venait de le lui apporter.
Gina devint toute rouge, ne sachant quoi répondre tandis que Blair affichait son air le plus innocent.
- Tenez, j'ai été me prendre un cappuccino. J'ai pensé que vous en prendriez bien un aussi, dit le frisé qui arrivait à point nommé. La mousse aux noisettes, c'est la petite touche Humphrey. Mon père avait un café avant.
- Merci, Daniel. C'est vraiment très attentionné de ta part, sourit Epperly alors que Blair roulait des yeux au ciel d'exaspération.
Ce cafard allait la rendre dingue et elle ne pouvait même pas compter sur ses amis. Serena était venue la voir en rentrant de la soirée à l'Empire. Elle grimaça une nouvelle fois à l'évocation du nom de l'hôtel maudit.
Mais sa meilleure amie n'avait pas été aussi outrée par le comportement de Chuck qu'elle aurait dû l'être. Elle avait même semblé lui accorder quelque crédit, ce qui était totalement intolérable pour la brune.
Elle aurait dû se douter que Nate serait du côté de son meilleur ami, lui. Et par conséquent, S ne mettrait pas longtemps avant de rallier le camp adverse. Elle se retrouvait donc entourée d'ennemis, que ce soit chez W ou bien chez elle.
Heureusement que Dorota, elle, était d'une fidélité sans faille.
Elle était bien la seule !
Même sa mère lui avait tourné le dos pour comploter avec ce serpent venimeux. Elle ne l'avait pas encore revue depuis la soirée. Elle s'appliquait soigneusement à ne pas croiser son chemin entre la cuisine et la salle à manger, ce qui n'était pas très difficile vu son emploi du temps de ces deux derniers jours.
Un mauvais sourire s'étala sur ses traits fatigués par sa nuit sans sommeil (à chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle voyait le visage de Chuck qui la suppliait de l'écouter) lorsqu'elle aperçu le cloporte de Brooklyn, hésitant, devant une étagère remplie de chaussure.
- Ces Strappy Zanottis iraient parfaitement avec des chaussettes de sport, dit-elle en lui tendant une paire de chaussure.
- Epperly m'a demandé de lui apporter des Louboutins jaunes, déclara-t-il.
- Oh ! Pauvre agneau perdu. Laisse-moi t'aider, lui dit-elle comme si elle parlait à un enfant de 4 ans.
Elle lui tendit une autre paire de chaussures de couleur jaune.
- Je ne suis pas sorti avec Serena Van Der Woodsen pendant deux ans pour rien. Je sais que ce sont des Marc Jacobs et elles sont moutardes et non pas jaune !
Il lui tourna le dos et s'en alla le sourire aux lèvres. Jusqu'ici, il était parvenu à lui pourrir la vie et il comptait bien ne pas en rester là. Queen B finirait sur les genoux, en larmes, quand il en aurait fini avec elle.
*****
Blair passa le seuil de son penthouse, exténuée. Elle n'en revenait pas mais ce crétin de Daniel Humphrey finirait par avoir sa peau à ce train là. Il ne restait plus qu'eux deux dans la course.
Il fallait qu'elle reprenne des forces et qu'elle mette au point un plan d'attaque car il était hors de question qu'elle perde face à cette sous-espèce humaine.
Son i-phone chantonna et elle refusa l'appel de Chuck tout comme elle avait refusé tous les précédents depuis deux jours. Elle avait également effacé tous ses textos et messages vocaux sans en prendre connaissance.
Elle ne voulait pas écouter ses excuses pathétiques. Encore moins entendre sa voix chaude et profonde, elle serait bien capable de le croire vu l'état d'épuisement dans lequel elle était. Et rien de ce qu'il pourrait dire n'effacerait le sourire béat qu'elle avait vu sur le visage de Jenny Humphrey ce soir là.
Elle entra dans la cuisine et sortit une tarte aux framboises du frigidaire que Dorota avait préparée le jour même. Elle s'en coupa une part puis, de sa fourchette, y piqua avec force, imaginant que c'était le cœur de son désormais ex-petit-ami et engloutit le morceau dans sa bouche.
- Blair ! résonna la voix d'Eléanor depuis le pas de la porte.
Elle sursauta et déglutit avec difficulté la bouchée qu'elle mastiquait. Sa mère portait son regard des mauvais jours. Elle avait réussi à louvoyer depuis la soirée en question mais là, elle n'y couperait pas.
- Je sais ce que tu as fait à Jenny et ton comportement me déçoit beaucoup, attaqua Eléanor sans détour.
Elle pouvait voir briller le désappointement dans ses prunelles maternelle, effectivement.
- Je pensais que tu avais mûri et que toutes ces histoires de complots étaient derrière toi. Mais je constate que malgré le fait qu'on ai fêté tes 20 ans le mois dernier, tu agis toujours comme si tu étais une élève de Constance et non une étudiante de Columbia.
- Maman, je ne sais pas ce que Chuck ...
- Chuck a pris la bonne décision, la seule qui s'imposait, une décision adulte ...
- Une décision adulte ? s'esclaffa Blair avec un rire amer.
- Parfaitement ! Il s'est rendu compte que vous étiez allé beaucoup trop loin en brisant l'avenir tout entier d'une personne. Et n'essaie même pas de nier.
Blair baissa les yeux. Elle avait juste répliqué pour défendre son territoire et sa notoriété publique. De quoi aurait-elle eu l'air si elle avait permis à Little J de revenir à Manhattan après l'avoir excommuniée ?
- Je sais qu'il y a toujours eu un contentieux entre Jenny Humphrey et toi, reprit sa mère sur un ton âpre. Et visiblement tous les Humphrey, vu ce que son frère a fait à ton anniversaire, mais de là à ruiner toute une vie, il y a un pas à ne pas franchir.
Si seulement sa mère savait ce qui se passait en ce moment à W, pensa la jeune-femme. Mais ce n'était pas le sujet de la discussion.
- Je sais que tu as ordonné à Dorota de faire obstruction au cas où il se présenterait ici et j'imagine que tu dois refuser d'entendre sa version des faits, mais crois-moi, tu fais fausse route. La seule chose que tu vas réussir à faire, c'est le perdre pour de bon et toi et moi, on sait que tu finiras par en souffrir et le regretter.
- Comment peux-tu prendre sa défense ? s'offusqua Blair. Tu disais toi-même, il y a un mois que Chuck n'était pas quelqu'un de fréquentable.
- Je l'ai dit, c'est vrai. Mais c'était avant de me rendre compte qu'il n'était plus un adolescent égoïste et égocentrique qui agissait sans prendre la peine de réfléchir aux conséquences de ses actes et qu'il était capable de rendre ma fille heureuse et non misérable. Quant à toi, je te rappelle que tu as défendu ce dernier point bec et ongles.
Blair observa sa mère béate pendant quelques secondes. Ce bâtard l'avait vraiment mise dans sa poche. A tel point qu'elle se retournait contre elle.
- Et pour une fois, je concède que tu avais pleinement raison, reprit Eléanor.
- Il te manipule ...
- Non, la seule qui manipule les personnes de son entourage ici, c'est toi. Et tu entraînes tous tes amis avec toi dans tes combines. Ça ne leur rend pas service crois-moi. Chuck se sentait très mal ...
- Chuck n'est pas mon ami ... il n'est plus rien pour moi, martela Blair, au comble de la colère et du désespoir à la réalisation de ces mots.
- Détrompe-toi. Il est de ton côté. Il a même tenté de te couvrir, mais je sais reconnaître l'empreinte de ma fille quand je la vois. J'ai découvert le porte-folio de Jenny dans son bureau alors que je voulais m'entretenir avec lui de la soirée pour Tim. Il n'a pas craqué facilement mais j'ai des années d'expérience avec toi et je sais comment mener un interrogatoire.
Blair étouffa un cri d'indignation.
- Il n'a rien avoué mais après une petite discussion avec Lily, j'ai compris ce qui s'était passé et je suis retournée le confronter à ma version des faits, qui était conforme à la réalité, comme je m'y attendais. Je lui ai exprimé le fond de ma pensée et l'ai accusé de vouloir saboter la carrière de Jenny. Il n'a pas bronché. Il a tout pris sur lui, sans te dénoncer. Deux jours plus tard, il est venu me demander si le travail de Jenny était vraiment bon et si elle avait une quelconque chance de percer dans le monde de la mode. J'ai répondu par l'affirmative. Il ne savait pas comment réparer ce que vous aviez fait. Alors je lui ai proposé mon aide et soumis une suggestion pour la soirée.
- C'est toi qui est derrière tout ça ? s'étrangla sa fille.
- Eh bien, disons que nous avons travaillé en bonne collaboration. La seule condition que Chuck a posée à Jenny, c'est de quitter Manhattan définitivement, ce qu'elle a accepté immédiatement. Tim appuiera sa candidature à Central Saint Martins pour le prochain semestre s'il est conquis par son talent à sa prochaine audition, ce dont je ne doute pas. Je lui ferai également une lettre de recommandation.
Blair sentit son estomac se contracter, il avait pris ces dispositions pour éloigner la petite blonde et non pas pour la faire revenir à New-York.
- Si Chuck ne t'a pas mise au courant du plan, c'est sur mes consignes et conseils, ajouta encore sa mère. Nous savions tous deux que tu ferais tout ton possible pour le ruiner et je te conseille de t'en abstenir pour la suite et de ne surtout rien faire pour anéantir les chances qu'elle parte vivre à Londres pendant les cinq ou six prochaines années si tu veux vraiment être débarrassé de Jenny Humphrey pour de bon. D'ici là, j'espère que tu auras enfin grandi et que tu auras enterré la hache de guerre.
Sur ces mots, elle quitta la cuisine pour gagner son bureau, laissant Blair ébahie.
La nuit de Blair avait été encore plus courte que les deux précédentes, elle n'avait cessé de se repasser en boucle la conversation qu'elle avait eue avec sa mère.
Elle avait réagi avec excès en apercevant cette petite garce parader le sourire aux lèvres dans le hall de l'Empire. Chuck avait fait ce qu'il pouvait pour protéger sa couronne tout en évitant de renier sa propre conscience.
« Je suis différent » avait-il clamé.
Et c'était vrai, il était différent et elle ne l'en aimait que plus. Elle avait été heureuse de découvrir le nouveau Chuck. Plus doux, plus patient, moins torturé, moins désabusé de la vie par les blessures de son enfance.
Sauf que du coup, il ne ressentait plus le besoin de transférer son comportement autodestructeur envers autrui. Et cela ne facilitait pas la tâche de Queen B. Elle se rendit compte à cet instant qu'elle avait perdu son ami d'enfance, celui avec qui elle menait des complots et qui prenait plaisir à détruire la vie des autres avec elle.
Le méchant magicien, celui qui ne croyait pas aux fées et encore moins aux fins heureuses (son monde à lui n'était peuplé que de dragons) était resté quelque part dans cette ruelle à Prague, gisant sur le pavé.
Sa mère avait parlé de maturité, elle avait sans doute raison. Non qu'elle ne le reconnaîtrait jamais à haute voix, mais si elle était honnête avec elle-même, son comportement était assez puéril, identique à celui de l'adolescente qui manquait cruellement de confiance en elle, profondément à l'intérieur.
C'est la raison principale pour laquelle cela ne pouvait que mal se terminer entre elle et Jenny, la même raison qui faisait qu'elle avait toujours eu l'impression d'être dans l'ombre de Serena.
Elle appliqua une touche supplémentaire de gloss sur ses lèvres et promit à son reflet d'arranger les choses avec Chuck. Elle devait trouver un autre moyen de cimenter leur relation que l'adage « l'ennemi et mon ennemi est mon ami » car il représentait bien plus que ça pour elle.
Il était celui qui faisait battre son cœur. Quand elle se voyait à travers ses yeux, elle se sentait belle et puissante, magnifique, étincelante même. Elle devait réinventer leur union, l'asseoir sur des bases solides ... la confiance se remémora-t-elle.
Elle aurait dû écouter ce qu'il avait à dire au lieu de laisser la colère l'envahir toute entière et prendre le contrôle jusqu'à la mener à se faire souffrir elle-même pour assouvir sa vengeance.
Elle décrocha son i-phone et appuya sur la touche numéro 1. Elle tomba directement sur sa messagerie. Il était certainement très occupé lui aussi. La presse avait relayé la future acquisition de Bass Industrie par Thorpe Entreprise.
Elle se mordit la lèvre inférieure, elle ne commettrait plus la même erreur.
- Chuck, c'est moi. Je sais ce qui s'est passé. J'ai compris que tu te sentais mal après tout ce qu'on a fait. Je suis prête à discuter. Je suis débordée avec mon stage mais j'essaierai de me libérer pour passer au déjeuner, je te rappelle.
Elle jeta un coup d’œil à sa montre et grimaça. Elle avait intérêt à cesser de rêvasser si elle ne voulait pas être en retard à W.
*****
Chuck se massa les tempes, il avait un mal de crane horrible, comme si Woody Woodpecker avait prit place à l'intérieur de sa tête.
Il grimaça, il avait redécouvert l'horripilant oiseau en zappant au milieu de la nuit et s'était souvenu que c'était son dessin-animé préféré quand il était enfant. Son père trouvait ça vraiment très idiot mais il n'en restait pas moins que Woody ne pouvait pas être ignoré avec tout le tapage qu'il faisait, même si c'était en s'attirant les foudres des autres personnages.
Un tintement lui indiqua qu'il était arrivé à destination. Lily avait organisé un brunch avec Russel et Raina Thorpe afin de trouver un accord sur l’avenir de la société Bass Industrie.
Chuck souhaitait réussir à convaincre Russel de ne pas s'approprier l’entreprise et encore moins de la démanteler, en lui expliquant qu’il aurait tout intérêt à travailler en collaboration avec lui.
Conserver le nom de Bass serait un atout majeur mais le président de Thorpe Entreprise ne serait pas facile à manœuvrer. Il était connu pour être un requin. Cependant, Chuck Bass aussi et pour cette partie, il entendait bien ne pas le laisser oublier.
Sa mère adoptive lui sourit lorsqu'il pénétra dans la salle à manger.
- Tu as une petite mine. Est-ce que tu vas bien ? s’inquiéta-t-elle en prenant son visage entre ses mains avant de déposer un baiser sur sa joue.
Lily n'ignorait rien de ce qu'il avait fait pour Jenny, elle avait été très impressionnée par son geste. L'ancien Chuck n'aurait certainement pas eu autant de compassion. C'était pour elle l'occasion d'apprendre qui pouvait être son fils adoptif sans l'éducation qu'il avait subie avec Bart. Elle ne pouvait qu’apprécier !
Par contre, elle connaissait également le caractère de Blair et il subissait certainement les conséquences de ses actes charitables.
- Ça ira mieux si on atteint notre objectif avec les Thorpe, grommela-t-il.
- Et bien quoi de mieux pour faire la paix et trouver un terrain d'entente qu'un rameaux d'olivier, ou dans ce cas-ci, du pain aux olives, tenta-t-elle pour le faire sourire, mais c'était visiblement peine perdue.
*****
- Oh, non, non ! s'écria Epperly en regardant ses mails.
- Ça ne va pas ? questionna Blair en relevant la tête de sur la liste des invités qu'elle préparait depuis 20 minutes.
Cette tâche avait été dévolue à Dan le matin même mais elle avait réussi à lui souffler sous le nez en lui proposant de l'aider car il n'avait pas encore eu le temps de s'y atteler. Il avait accepté avec soulagement et lui avait tendu le document. Bien entendu, elle avait bien l'intention de faire savoir à Epperly qui avait finalement dû assumer pour que tout soit terminé dans les délais.
Pas étonnant qu'Humphrey n'ait pas réussi, il fallait une personne hors paire. Quelqu'un de super organisé pour boucler la liste en seulement 2 heures.
- On vient de perdre la salle pour la fête Kickoff ! rugit sa responsable. Comment ça a pu arriver ? Tu devais faire la réservation avant-hier !
- C'est ce que j'ai fait ! clama B.
- Apparemment non ! Maintenant je vais devoir trouver un endroit assez grand pour que Florence And The Machine puisse jouer, appeler les traiteurs, le fleuriste et déplacer les paquets cadeaux, se lamenta sa chef de stage.
- Je ne comprend pas, commenta la brune.
Elle était certaine que la réservation avait été enregistrée, elle avait reçu la confirmation par retour de mail.
Elle cliqua sur sa boîte de réception pour vérifier, mais il avait disparu. Pourtant elle était absolument certaine ... Elle n'aurait pas pu commettre une telle erreur, même si elle avait un peu la tête ailleurs, quelque part aux alentours d'un penthouse situé au sommet d'un hôtel illuminé par des néons rouges.
Elle secoua la tête pour le chasser de son esprit. Ce n'était vraiment pas le moment.
- Il va aussi falloir prévenir les invités que le lieu à changé. As-tu fini la mise à jour de la liste que j'ai donné à Dan pour toi ce matin ? l'admonesta encore Epperly.
- Quoi ? Non, mais je ...
Le jeune-homme aux cheveux frisés lui fit un sourire sarcastique derrière l'écran de son pc.
- Donc en plus de tout ce que je dois faire cette semaine, je vais devoir revoir en détail ce que tu as fait et discuter de ton incapacité à finir tes tâches dans un temps imparti.
Quel sale cloporte ! Il ne perdait rien pour attendre.
Mais elle n'avait pas de temps à perdre pour écraser cette punaise sous son talon en cet instant. Elle ne pouvait pas échouer. Ce stage représentait tout son avenir. Elle avait travaillé dur, elle s'était démenée comme un beau diable depuis trois jours, elle n'abandonnerait pas maintenant !
Blair tentait tant bien que mal de réparer les dégâts pour la soirée et de venir à bout de la liste qui ne lui avait pas été remise en temps et en heure par ce cancrelat de Brooklyn.
Son i-phone vibra et Blair prit l'appel en voyant le nom de sa meilleure amie sur le cadran.
- Salut S. Qu'est ce que tu veux ?
- Charmant ! grogna la blonde.
- Pardon, mais je suis sur les nerfs et je n'ai pas une minute à moi.
- Ça je l'avait remarqué ! Entre les cours à Columbia et ton stage à W, la seule preuve que j'ai de ton existence est la vague odeur de Chanel qui traîne dans l'air, ironisa Serena depuis l'autre bout du fil
Elle n'ignorait pas que B faisait aussi son maximum pour les éviter, Eléanor et elle depuis la fameuse soirée où Jenny était apparue.
- Je suis désolée S, s'excusa sincèrement sa meilleure amie. Mais si j'arrive à en faire un vrai stage complet et travailler ici deux ans au lieu de six mois, ça lancera véritablement ma carrière.
- Tu es sûre que tu ne t'abrutis pas dans le travail, juste pour ne pas penser à un certain brun ténébreux qui ne dort pas depuis trois nuits ?
Blair se gifla mentalement, avec tout ce qui lui était tombé sur la tête, elle n'avait pas pris le temps de le rappeler depuis son message au saut du lit. Il ne s'était pas manifesté non plus d'ailleurs.
- Non ! mentit-elle. Mais ce crétin avec qui tu es sorti un temps bien trop long fait tout ce qu'il peut pour me rendre la vie infernale. Il m'a piégée et maintenant je saute le déjeuner pour y remédier alors que j'escomptais pouvoir rendre une petite visite à ...
- Chuck ? improvisa Serena en souriant malgré elle.
Elle l'avait croisé chez Lily avant le brunch avec les Thorpe et ça lui avait chaud au cœur de le voir sourire en découvrant le message de la belle brune qui lui faisait vivre un enfer depuis trois jours maintenant.
- Exactement, avoua Blair. Sauf que maintenant, c'est hors de question. En plus de ça, Epperly est tombée sous le charme de Brooklyn. Non pas qu'il en ait mais, la pauvre fille est tellement stressée. J'ai célébré plus de fashion weeks que d'anniversaires. Je sais ce que c'est. Ma mère est toujours très stressée dans ces moments là. Elle fait renouveler sa prescription de Trazolan deux mois avant le début des défilés !
Serena pouffa, Eléanor était toujours stressée. Elle ne se rappelait pas l'avoir vue autrement.
- Et comme Epperly est mariée à son boulot, continua la brunette. Elle ne doit pas avoir vu un homme depuis des mois, des années peut-être ce qui peut expliquer que ses hormones se mettent à frétiller dès qu'une personne de la gente masculine passe à sa portée. Néanmoins, son compas doit être faussé si elle pense qu'Humphrey en est un représentant. Sans aucune offense pour toi bien entendu !
- Bien entendu ! répéta Serena.
- Le pire, c'est qu'il a réussi à torpiller mon travail et à me faire passer pour une incapable. Je suis certaine qu'il a quelque chose à voir avec l'annulation de la réservation de la salle pour la fête de ce soir. L'accusé de réception a disparu de ma boîte mail et il a pratiquement admis, par sous-entendus, qu'il en était le responsable. Maintenant Epperly m'en veut à mort. Je dois trouver un autre lieu et je n'ai pas encore eu le temps de m'y atteler parce que ce n'est pas la seule vacherie qu'il m'a faite aujourd'hui.
- C'est vrai que ce n'est pas comme si tu connaissais un homme, dingue de toi et qui posséderait la moitié de Manhattan, en tout cas jusqu'à nouvel ordre.
Blair se mordilla la lèvre inférieure. Bien entendu, Chuck était la 1ère personne à qui elle avait pensée, seulement il était un peu mal venu d'aller lui demander un service après la manière dont elle l'avait traité ces derniers jours.
Pourtant, elle savait qu'il ne lui refuserait pas son aide même s'il avait ses propres problèmes.
- J'irai le voir dès que j'aurai terminé ici, dit-elle.
- Je suis persuadée que ça lui fera plaisir.
Et le mot est faible, pensa Serena.
*****
- Monsieur Thorpe, nous vous sommes très reconnaissants d'avoir trouvé un acheteur pour Bass Industries que nous puissions tous approuver. Et même si votre instinct vous pousse à garder la compagnie protégée par le nom de Thorpe, je pense que c'est une erreur. Le nom des Bass apporte des capitaux. Et pour vous le prouver, je vous propose un challenge. Une soirée. Ce soir. Je lance les invitations et tout le monde se bousculera au portillon juste pour assister à une soirée organisée par Chuck Bass. Si je peux vous démontrer que mon nom vaut quelque chose, regarderez-vous mes projets ? Ils expliquent comment on peut gérer la compagnie ensemble sous le nom de Bass, avec ma participation, argumenta Chuck.
Il jouait l'héritage de son père sur ce coup là. Il n'avait pas le droit de se planter. C'était l'unique chance qu'il conserve quelque chose au sein de BI.
- Je mets en pause mes projets actuels pour 36 heures, consentit Russel. Si ce que vous proposez fonctionne, on en parlera.
Il tendit sa main au jeune Bass qui s'empressa de la serrer, avant de se lever pour endosser son manteau.
- Je te verrai à l'hôtel, papa, indiqua sa fille en le suivant dans l'entrée.
Son père acquiesça en appuyant sur le bouton de l’ascenseur.
- Mes félicitations, dit Raina, admirative. Tu lui as cloué le bec et ça n'arrive pas si souvent. En plus, le faire venir ici, ça n'était pas gagné, tu peux me croire.
Elle était impressionnée par son audace et son impétuosité, ainsi que par sa confiance en ses compétences professionnelles. Il en fallait une sacrée dose pour proposer un tel coup de poker.
- Je me demandais... Est-ce que tu sais pourquoi ton père déteste autant le mien ? alla-t-il à la pèche aux infos.
Après tout, Raina semblait sensible à son charme. Il aurait tort de s'en priver.
- J'ai toujours pensé que c'était à cause d'une affaire qui avait mal tournée, mais peut-être qu'il y a plus que ça ? supposa-t-il.
- Je ne pense pas. Mon père est trop gentleman pour garder rancune et honnêtement, je ne pense même pas que c'était vraiment sérieux entre eux. J'étais à Penn à l'époque. Pourquoi ? Qu'est-ce que Lily a dit ?
- Lily ? Qu'est-ce qu'elle à avoir avec ça ?
- Tu ne sais pas ? Elle et mon père avait l'habitude de se fréquenter. Elle l'a quitté pour ton père.
Chuck n'eut pas vraiment le temps de délibérer sur cette nouvelle information, à peine de se demander pourquoi sa mère adoptive ne lui avait pas parlé de cette ancienne liaison avec le type qui voulait tailler en pièce l'entreprise que son père avait monter de ses propres mains car une voix bien connue le prit par surprise.
- Coucou? Il y a quelqu'un ?
Son cœur se mit à battre la chamade. Son message lui avait rendu l'espoir que tout pourrait s'arranger entre eux, qu'elle lui pardonnerait et qu'elle comprendrait qu'il n'avait pas eu le choix.
Elle ne l'avait pas rappelé comme annoncé mais son emploi du temps était plus que chargé d'après ce qu'avait dit S quand elle était passée par là. Le sien aussi du reste.
Il affichait un sourire radieux quand il leva les yeux sur elle. Le simple son de sa voix le mettait dans un état incroyable.
Il fut surpris de la voir en compagnie d'une jeune-femme qu'il ne connaissait pas. Il pensait qu'elle voulait lui parler en tête à tête.
Visiblement elle était venue avec un autre motif en tête.
Le sourire de Blair se figea quand elle prit connaissance de la jolie fille avec qui il s'entretenait, un sourire immense plaqué sur son visage. Un vrai, pas un sourire destiné à une associée quelconque.
Elle aurait dû se douter que laisser Chuck Bass célibataire, même pour trois jours à peine, provoquerait immanquablement la rumeur que la chasse était ouverte.
- Blair, dit-il en tentant de cacher sa déception. Laisse-moi te présenter Raina Thorpe.
De mieux en mieux ! Non seulement cette jeune-femme était très belle et avait de la classe, mais en plus elle était riche et elle pouvait aussi s'enorgueillir d'être le bras droit et la futur dirigeante d'une des entreprises les plus florissantes des États-Unis. Assez importante pour se permettre de racheter Bass Industrie quand elle était en difficultés.
Elle fit un petit signe de tête, à peine perceptible vers sa nouvelle rivale et se tourna vers sa chef de stage.
- Epperly, voici un très bon ami à moi, Chuck Bass, indiqua-t-elle néanmoins tout sourire, ignorant superbement Raina.
- Ravie de vous rencontrer Monsieur Bass. Je suis Epperly Lawrence, la chef stagiaire de Blair, elle m'a assuré que vous pourriez faire des miracles pour notre fête de ce soir.
La brunette grinça des dents, elle avait prévu de d'abord s'excuser pour son comportement et d'aplanir les choses entre eux avant d'entrer dans le vif du sujet.
Mais Epperly avait voulu l'accompagner pour s'assurer qu'elle ne commettrait plus aucun impair et qu'elle pouvait réellement les sortir du pétrin dans lequel elle les avait fourrées toutes les deux. Elle pensait toujours que tout était de la faute de l'aspirante stagiaire et elle jouait également sa propre place.
- Oui, Chuck, on aurait besoin d'une faveur, dit un peu timidement la brune à qui appartenait son cœur. Le magazine n'a plus de salle pour la soirée de ce soir et Epperly et moi pensons que l'Empire serait un endroit idéal.
Ainsi c'était donc la raison de son appel. Elle avait besoin d'un service et elle pensait naturellement que puisqu'il voulait se faire pardonner, il lui était redevable et qu'il accéderait à sa requête sans hésiter.
Le pire, c'est qu'elle n'avait pas tort. Si ça pouvait accélérer le processus de leur réconciliation, il était prêt à faire tout ce qui était en son pouvoir pour qu'elle lui accorde une autre chance.
- Malheureusement, ça n'ira pas, déplora-t-il en réfléchissant à voix haute. J'y organise moi-même une soirée, mais le Palace est disponible.
- Le lieu donnera un air ancien et sophistiqué, approuva Epperly et B poussa un soupir de soulagement. Je vais voir ça avec le manager de Florence. Vous avez une scène ?
- Il y en aura une d’ici ce soir, assura-t-il
- Okay. Ça me va, confirma la responsable de la brune.
Cette dernière se pencha vers lui et déposa un baiser sur sa joue en murmurant un merci avant de suivre Epperly qui piétinait déjà dans la cage d'ascenseur.
Un frisson parcouru l'échine du jeune-homme au contact de ses lèvres sur sa peau. Il était totalement et irrémédiablement accroc à cette femme. Aucune réversion n'était possible pour son cœur.
- Si elle te demande un service, c’est bon signe, relativisa Nate pour réconforter son ami. Tu sais que Blair ne s’embarrasse pas de salamalecs.
- Je sais, répondit Chuck, le nez dans son pc.
Il s’était répété la même chose depuis que la brune avait disparue derrière les portes métalliques, mais il ne pouvait s’empêcher d’être dépité par son attitude, même s'il la comprenait aisément.
Ce stage comptait énormément pour elle. Elle avait fait des pieds et des mains pour le décrocher. Elle se destinait à travailler dans un magasine tel que W dans le futur. Un despote de la mode, ça lui irait comme un gant ! Elle serait assurément rédactrice en chef dans moins d'un an et posséderait son propre magasine dans moins de trois.
Tandis que lui se battait pour sauvegarder ce que son père lui avait légué. Il ne se rappelait que de quelques bribes de son enfance. Les flashs s'étaient manifestés comme pour ses autres souvenirs. Cependant, contrairement au reste, qui lui semblait si réel quand il le revivait, tout ça était très vague et très confus.
Il se rappelait surtout du sentiment de respect que lui inspirait cette figure paternelle du haut de ses 10 ans présumés, (jusqu'ici sa mémoire n'avait rien laissé filtrer au-delà de cette période) mais pas vraiment des moments passés en sa compagnie.
Malgré tout, ce dont il était certain, c'était l'admiration sans borne qu'il portait à son géniteur. Ça ne le motivait que plus à atteindre son but. Il comptait bien faire honneur à sa mémoire et préserver son héritage. BI était l’œuvre de toute la vie de Bartholomew Bass. Il était parti de rien et Chuck se refusait à laisser tout voler en éclat. Il se battrait jusqu'à la dernière minute.
Raina semblait penser que Russel avait été conquis par son petit réquisitoire matinal, ce qui devait être un bon signe. Qui pouvait le connaître mieux que sa fille, qui travaillait avec lui en étroite collaboration ?
Il aimait imaginer qu'il aurait pu en être de même pour son père et lui si Bart n'avait pas eu cet accident qui lui avait coûté la vie.
Il sourit en vérifiant les mails de réponse qui étaient tombés en moins de quelques heures. Il avait lancé les invitations et comme prévu tout ce que l’UES et les alentours comptaient comme gratin, voulait être vu à la fête de Chuck Bass.
Le Capitaine entra dans le penthouse de l’Empire une mallette à la main.
- Nate, salua-t-il.
Le jeune-homme aux yeux clairs hocha la tête en signe de reconnaissance. Les choses étaient quelque peu tendues depuis que son père avait accepté de passer du côté obscur.
- Chuck, je peux te parler une minute, demanda l’ex-détenu.
- Pas maintenant, indiqua le propriétaire de l’Empire. Russel a mordu à l’hameçon. Ma fête doit être légendaire si je veux sécuriser mon poste après le rachat
- Oublie ça, soupira Howard. Peu importe ce que Russel Thorpe t'a promis, ce n'est qu'un mensonge.
- Je crois que je prendrai mes conseils auprès de quelqu'un qui est dans mon équipe, si tu permets, rétorqua le jeune-homme.
- Écoute, après mon altercation avec Nate et toi à propos de ce boulot, j'ai réalisé que vos réactions n'étaient pas complètement injustifiées, donc j'ai demandé qu'on me retire des affaires concernant Bass Industrie en invoquant le conflit d’intérêt et Thorpe a accepté. Mais ce matin j'ai eu accès à un rapport que je n'aurai pas dû voir. C'était un projet contenant les noms des futurs acquéreurs à qui Russel va vendre ta compagnie ainsi que la répartition des différentes filiales qui seront toutes désarticulées les unes des autres.
- On a passé un accord peu avant midi, tes infos datent un peu ! Russel a promis de postposer ses rencontres avec d’autres investisseurs potentiels.
- Le projet a été confirmé il y a moins d'une heure, annonça Howard d’un air désolé.
Les deux-jeunes gens échangèrent un regard.
Le père de son meilleur ami n'irait pas jusque là. Certain des flashs de réminiscence de son enfance impliquaient la présence de Nate et du Capitaine. Le jeune-homme lui avait expliqué qu'ils étaient amis depuis toujours et qu'Archibald senior le considérait comme un second fils.
Puis, il n'avait aucun intérêt à lui raconter des mensonges de cette nature. Il avait peut-être décidé de travailler dans l'autre camp après sa sortie de prison mais il avait des circonstances atténuantes, les semaines passées à se voir refuser chaque emploi intéressant de par son passage derrière les barreaux.
Cela signifiait que Russel le menait en bateau, fulmina Chuck. Il tentait juste de gagner du temps pour l'occuper ailleurs et l'immobiliser pendant qu'il continuait à réduire en miettes l'entreprise de son père et les revendaient au plus offrant.
- Autre chose, ajouta le Capitaine. J'ai creusé dans la comptabilité. Bass Industrie est plus rentable en une seule entités qu’en petits morceaux.
- Pourquoi Thorpe est-il si déterminé à la diviser alors ? questionna Nate. Ce n’est pas logique. Russel n’est pas stupide, il n'est pas devenu millionnaire en prenant des décisions à perte.
- Tu m'as raconté qu'il avait des problèmes avec Bart. Peut être que ce n'est pas une décision commerciale, mais plutôt personnelle, intervint encore Howard.
- Quelle qu’en soient les raisons, il va falloir que je le prenne de vitesse, soupira Chuck.
*****
« Aperçus : Un Bass et une Thorpe rompant le pain et travaillant main dans la main. Il faut croire que, qui se ressemble, s’assemble ! Et sur ce plan là, Chuck et Raina ont l’air d’avoir pas mal de points communs »
Blair avala sa salive avec difficulté. Raina était plus qu’à son avantage sur la photo. Elle était magnifique, elle riait avec Chuck qui lui tenait la porte de sa limo.
Il n’avait pas l’air d’être si mal que Serena ne l’avait laissé entendre !
Elle sentit la rancune reprendre le dessus.
Il n'avait pas l'air mal du tout, en réalité. Dire qu'elle s'était sentie coupable alors qu'il batifolait avec une autre fille.
Pas une fille, une femme, se corrigea-t-elle. Une femme jeune et jolie, plus que ça même. Une jeune-femme talentueuse. Une femme d'affaires, pas une étudiante qui galérait pour obtenir un stage qui se terminerait, peut-être, en un job sérieux et qui suait sang et eau à devoir supporter cet olibrius de Brooklyn qui avait visiblement décider de faire d'elle sa proie à nouveau.
Mais il n'était pas né celui qui viendrait à bout de Blair Waldorf. Elle avait obtenu la grande salle du Palace (grâce à Chuck) et elle maîtrisait à présent la situation. La liste des invités avait été mise à jour et elle s'était portée candidate pour faire elle-même les entrées afin d'être certaine que ce cloporte ne vienne pas tout ruiner encore une fois.
Il n'y avait pas de raison que ça se passe mal. Dès qu'elle aurait fini de revérifier que tout était prêt. Elle disposerait d'une heure pour se préparer. Étant donné le rôle qu'elle jouerait ce soir, elle pouvait se permettre de ne pas en faire trop. Chuck ne serait même pas là, songea-t-elle avec regrets, ses pensées revenant à celui qui faisait battre son cœur et aussi courir son sang dans ses veines à la vue de ce stupide cliché !
Elle fit le tour de la scène, tout était parfait. Elle poussa un « ouf » de soulagement. Bien sur, elle n'en attendait pas moins des ouvriers que Chuck avait embauchés, ni des employés qui composaient l'équipe qu'il avait mis à sa disposition pour la préparation de la fête. Tout irait comme sur des roulettes, se rassura-t-elle.
- Excusez-moi, l'interpella un des cuistots, on aurait besoin de vous pour choisir qu'elle composition d'hors-d'oeuvre est la plus en adéquation avec le thème de la soirée.
Elle le suivi en cuisine et désigna la 2ème présentation. Elle allait faire demi-tour quand un rire grave et profond résonna depuis l'autre bout de la salle, se propageant de son conduit auditif directement à son cœur. Elle sentit un frisson la parcourir de la tête au pied. Elle ne l'avait pas entendu depuis bien trop longtemps, se réprimanda-t-elle.
Un sourire naquit sur son joli minois. Elle avait été si injuste avec lui.
Un autre rire, plus cristallin, fit écho au 1er et elle sentit cette fois son cœur se dissoudre dans sa poitrine en apercevant Raina qui se tenait au bras de Chuck.
- Je chauffe ? interrogea la jeune-femme avec un sourire éblouissant en le tirant par le coude.
- Brûlant, répondit-il.
- Excellent, exulta-t-elle en se frottant les mains. Sous la table ?
Il fit une petite moue en signe de dénégation.
- Ou ... Dans le coin ... Au niveau du plateau, hésita-t-elle. ... Le coin.
Il acquiesça avec un grand sourire, ses yeux pétillaient comme ceux d'un petit garçon.
- Comment est-il possible que tu saches ça ? s'émerveilla-t-il.
- Je me cachais au même endroit, rit-elle comme si elle avait 7 ans à nouveau.
- Tu peux voir tout le monde, mais personne ne le peut, gloussa-t-il. J'ai même gravé mon nom dans le mur avec une fourchette à salade.
- J'ai fait la même chose sous les escaliers de la cave à vin, pouffa-t-elle.
Ils éclatèrent de rire ensemble, jusqu'à ce qu'un des aides-cuistots ne fasse tomber un plat métallique, ce qui attira leur attention et plongea la cuisine dans un silence gêné.
- Je suis désolé, Monsieur Bass, s'excusa le jeune Porto-Ricain.
- C'est pas grave Jorge. Nettoyez-moi tout ça et veillez à ce que tout soit remis en ordre pour la soirée. Tout doit être absolument parfait, c'est très important.
- Oui, Monsieur, dit l'employé en poussant un soupir de soulagement.
Son employeur n'était pas si accommodant d'habitude.
- Ok, j'ai compris le message depuis un moment, avoua Raina en redevenant sérieuse. Depuis que tu as commencé à appeler pratiquement chacun des membres du personnel par son prénom au début de la visite. J'ai grandi dans un hôtel moi aussi. Quand ma mère nous a abandonnés, mon père n'arrivait plus à dormir dans notre maison. Alors il nous a fait déménager dans le penthouse du Blake et au final, nous n'en sommes jamais partis. Les autres enfants avaient des voisins et des repas maison. Moi, j'avais des concierges et un room-service. Je connaissais toutes les personnes qui travaillaient là parce qu'ils étaient ma famille par extension. Rien de tel que d'être une invitée dans sa propre maison. Je comprend combien le Palace compte à tes yeux. Je pense que je peux faire en sorte que tu ne le perdes pas.
- Merci. Mais pour être sincère avec toi, je ne me souviens que de quelques moments de mon enfance. Je suppose que ton père et toi savez que je suis victime d'une amnésie. C'est Nate, mon meilleur ami, qui m'a rencardé pour mon prénom sur le mur et quand je suis allé vérifier ses dires, je m'en suis rappelé. Pour le reste, je ne peux qu'imaginer que ça ressemblait beaucoup à ce que tu viens de décrire. De plus en plus de choses remontes à la surface, petit à petit. Mais la raison pour laquelle je veux vraiment sauver Bass Industrie, c'est parce que c'est tout ce qui me reste de mon père. Je n'ai jamais connu ma mère biologique. Je ne veux pas que ce qu'il a mis toute sa vie à ériger, soit éparpillé aux quatre vents. Bizarrement, je n'arrive pas à me rappeler de lui. Rien de ce qui me revient ne m'apporte la moindre indication sur le père qu'il a été, mais je sais que je veux qu'il soit fier de moi, là où il est. Je ne peux pas laisser dilapider la seule chose qu'il m'a léguée.
Blair refoula les sanglots qui remontaient au fond de sa gorge, elle était mortifiée.
Comment pourrait-elle jamais rivaliser avec ça ? Raina était tout ce qu'elle n'était pas et visiblement le 1ère option était celle qui comblait Chuck de bonheur.
Elle hésita un instant puis se saisit de son téléphone, ses doigts planèrent quelques instants au-dessus de la touche numéro 1 avant de la presser.
Le BlackBerry de Chuck chantonna la petite mélodie qu'il avait attribuée à Blair et son cœur rata un battement.
Il avait été si occupé à tenter de convaincre Raina depuis qu'Howard lui avait divulgué les véritables intentions de Russel qu'il n'avait pas pris une minute pour appeler la femme qu'il aimait.
Elle n'aurait sans doute pas répondu de tout façon, tenta-t-il de se justifier à ses propres yeux.
La soirée W était sa 1ère préoccupation. Sans doute la seule, pensa-t-il avec peine. Il avait donné des consignes strictes pour que tout soit fait selon les désirs de Blair, rappelant du personnel qui aurait dû être en repos pour que tout puisse être prêt dans les temps.
- Bonsoir, la salua-t-il de sa voix grave.
- Bonsoir, répondit-elle, couvrant sa voix de miel.
- Il y a un problème ?
- Non ... Tout est parfait, grâce à toi. D'ailleurs, c'est pour ça que je t'appelle, je voulais te remercier.
- C'est normal, on est ami, non ? Enfin, tu acceptes de me parler donc, je suppose que nous sommes sur le bon chemin, tenta-t-il.
- Je pensais ce que j'ai dit ce matin, je comprends pourquoi tu as fait ce que tu as fait. Tu as eu raison, ta tactique était la meilleure en fin de compte, approuva-t-elle.
Un silence s'installa qu'il rompit presque aussi tôt
- Alors ? Comment ça se passe ? Ça s'est arrangé avec Epperly ? S à raconté à Nate qu'un autre Humphrey te créait des problèmes.
- Tout va bien. Très bien même. J'ai eu l'occasion de mettre à profit le temps que j'ai passé en plus proche collaboration avec elle pour lui parler de ce qu'il a fait et elle a également pu se rendre compte qu'une de mes plus grandes compétences était d'être multitâches.
- Tant mieux, répondit-il. Je suis certain que tu l'as épatée et que le stage est pour toi.
- En parlant de ça, louvoya-t-elle. J'ai vu que toi aussi tu avais eu l'occasion de travailler en étroite collaboration avec une nouvelle associée. Est-ce que Russel va revenir sur sa décision ?
- Je ne sais pas, soupira-t-il. Mais s'il le fait, ce ne sera pas grâce à ma soirée. Ce n'était qu'un leurre. Pour l'instant, Raina est la seule qui puisse empêcher son père de poursuivre ses projets de démantèlement. Un de mes collaborateurs m'a informé que leur conseil va voter l'approbation ou non de la vente demain après-midi. Si ça a lieu, Bass Industries est finie. Je n'ai pas droit à l'erreur. J'ai convaincu Raina de plaider ma cause mais son père n'a rien voulu entendre. Par contre, j'ai une autre carte dans mon jeux. Russel était furieux parce que j'ai invité son associé à la soirée. Apparemment, il ne l'avait pas mis au courant de tout. Malheureusement pour lui, ils se sont rencontrés et je me suis donc vu dans l’obligation de tout expliquer. Kid s'est senti trahi par Russel et a accepté d’écouter mes propositions.
Il avait débité tout ça d'une traite de peur de ne l'entendre lui dire au revoir.
- Je suis certaine que tu as été percutant, comme à ton habitude. Il faut être fou pour vouloir morceler une entreprise comme BI. Ça n'a aucun sens stratégiquement parlant.
- Je pense que ses raisons sont plus personnelles. Il a eu une relation avec Lily et elle l'a laissé tombé pour mon père. Je n'ai pas encore eu l'occasion de confronter Russel à ce propos mais Raina va nous arranger un petit entretien privé dans la journée de demain, avant le vote du conseil.
Blair repensa à la scène à laquelle elle avait assistée l'après-midi. C'en était plus qu'elle ne pouvait supporter.
- Je vais devoir te laisser, ma pause est presque terminée, dit-elle.
- Qu'est-ce que tu dirais de se voir plus tard ? Quand nos fêtes respectives seront terminées. Nous pourrions peut-être avoir... une autre sorte de soirée ? demanda-t-il plein d'espoir.
Après tout, c'est elle qui l'avait appelé et pas pour un problème technique.
- Je ... J'ai une réunion que je ne peux pas manquer avec Epperly pour un débriefing tôt demain matin. Et en plus de ça, je suis claquée ... Ces derniers jours ont été plutôt exténuants ...
- Je comprends, souffla-t-il pour mettre fin au supplice de ses mauvaises excuses.
Il était clair que si elle acceptait de faire un pas vers lui, elle ne lui avait pas pardonné sa trahison.
- Bonne nuit Waldorf.
- Toi aussi Bass, répondit-elle un peu prise au dépourvu.
Il ne l'avait pas appelée comme ça depuis qu'ils l'avaient retrouvé à Prague.
Elle entendit le déclic qui signifiait qu'il avait coupé la communication et ferma les paupières pour empêcher les larmes de déborder de ses cils.
*****
B pénétra dans l'immeuble du magasine W la tête ailleurs.
La fête de la veille s'était très bien passée, elle avait réussi à limiter la casse et Epperly lui avait annoncé peu avant la fin de l'événement qu'elle était celle qui serait choisie pour être la nouvelle stagiaire.
Bye bye Humphrey et bon débarras.
Cependant elle ne parvenait pas à savourer pleinement sa victoire.
Elle n'avait quasiment pas fermé l’œil de la nuit malgré la fatigue accumulée ces derniers jours. Elle était restée à contempler son plafond, se maudissant de ne pas avoir accepté de voir Chuck.
Qui savait à quoi, lui, avait passé sa nuit ? Et surtout avec Qui ?
Le rire de Raina revint à ses oreilles en écho jusqu'à ce moment qu'elle avait surpris entre-eux, malgré elle. Elle ne pouvait l'effacer de son cerveau.
Le sourire de Chuck et son regard qui pétillait comme celui d'un gamin.
Elle ne se souvenait pas de l'avoir vu si ... heureux, si ... insouciant de toute sa vie.
Même lorsqu'ils étaient enfants, il avait déjà ce regard désenchanté, comme si rien ne l'affectait vraiment, comme s'il savait que le pire restait à venir.
- La fête a été un énorme succès, s'exclama Epperly tout sourire lorsque Blair franchit la porte de son bureau.
- Est-ce que tu fais une crise psychotique ? s'inquiéta le jeune-femme.
Elle n'avait jamais vu non plus sa responsable de si bonne humeur, elle aurait même pu dire carrément survoltée, mais pas dans le mauvais sens du terme pour une fois.
Peut-être était-elle bipolaire et avait-elle oublié de prendre ses médicaments ?
- Non, mais je fais une pause, je démissionne, sautilla, comme une adolescente, sa chef de stage.
Blair la dévisagea comme si elle s'attendait à ce que des hommes en blanc ne débarquent d'une seconde à l'autre pour venir lui passer une camisole.
Décidément, ce devait être un nouveau genre d'épidémie qui ramenait les gens dans les meilleures années de leur jeunesse.
Dommage qu'elle ne soit pas infectée elle-même, ça avait l'air euphorisant !
- A la fête, je suis tombée sur un homme avec qui je sortais quand je vivais à Londres et on a passé toute la nuit ensemble, expliqua la blonde, extatique.
- Je ne veux surtout pas connaître les détails, clama B avec une moue de dégoût en levant une main pour la faire taire.
- On a fait que parler, dit Epperly en levant les yeux au ciel. Mais le truc, c'est qu'il s'en va à Bali pour une retraite yoga et j'ai décidé que je voulais partir avec lui.
- Tu quittes le magazine, pour "mange, prie, aime" ? s'égosilla la brune.
- Je suppose qu'on ne peut pas tout avoir, conclut la jeune chef stagiaire.
- Bien sûr que si ! Ne démissionne pas. Tu fais très bien ton job, invoqua B.
- Je sais et ça sera bientôt aussi ton cas, sourit Epperly de toutes ses dents.
- Quoi ? s'étouffa Blair avec une gorgée du café qu'elle avait apporté avec elle pour tenter de combattre le manque de sommeil.
- En témoignage de ma gratitude, pour m'avoir aidée à voir ce qui manquait dans ma vie, j'ai suggéré ton nom à Stefano pour me remplacer. Félicitations ! Tu n'as pas décroché un stage mais une vrai boulot, avec rémunération à la clef. Tu es la nouvelle assistante de Stefano. Il te donne une période d'essai de trois mois, qui commence maintenant.
Elle tendit plusieurs i-phones à une Blair sans voix, les uns après les autres.
- Ça c'est le bureau, l'international, le privé de Stefano. Tu commences tous les jours à six heures du matin.
- Non, non, je suis étudiante à temps plein, je vais à Columbia, protesta Blair.
Elle voulait un stage certes, mais il n'avait jamais été question d'un véritable emploi, même si ça gonflait son orgueil au-delà de tout ce qu'elle avait pu imaginer.
- Si j'ai pu le faire, toi aussi, indiqua son ancienne responsable en posant son sac dans un carton où elle avait rassemblé tous ses effets personnels. Blair, tu voulais tout, tu viens de l'avoir ! J'espère que tu es prête à en payer le prix et je te souhaite bonne chance.
Epperly saisit son carton et quitta la pièce d'un pas guilleret, le cœur léger, laissant derrière elle une Blair assommée par la nouvelle.
Blair Waldorf jeta un œil sur l'heure indiquée au bas de l'écran de son ordinateur.
20:04
Elle soupira et se frotta doucement les yeux pour ne pas barbouiller son visage de fard à paupière. Elle avait passé toute la journée à courir après le temps.
Stefano n'avait cure qu'elle soit étudiante universitaire et qu'elle ait des cours à suivre sur les bancs de Columbia. Même si elle avait été tentée de le lui expliquer à maintes reprises en voyant la liste des tâches qu'elle avait à accomplir, elle avait jugé préférable de s'en abstenir.
Elle avait bien fait. Stefano se fichait complètement de la manière dont elle s'organisait. Elle n'aurait d'ailleurs pas souvent l'honneur de le voir. Comme le lui avait dit Epperly, celle à qui elle aurait le plus souvent affaires, serait Mandy, la secrétaire personnelle de Stefano.
Cette dernière avait été intraitable, Blair devait s'arranger afin d'assurer son boulot où le poste serait dévolu à quelqu'un qui le désirait vraiment. Le reste, personne ne voulait le savoir au sein de la rédaction du magasine. Le jardin d'enfant c'était de l'autre côté de la rue.
Mais Blair Waldorf ne baissait pas les bras si facilement. Elle ne s'avouait jamais vaincue. Elle avait donc appelé ses minions en renfort. Jessica et Pénélope avaient été réquisitionnées pour prendre des notes aux cours auxquels elle n'avait pas le temps d'assister.
Il lui revenait bien entendu de se choisir un ou une stagiaire pour l'aider dans ses tâches quotidiennes. Elle avait fait appel à Nelly Yuki pour ce faire. Ce n'est pas elle qu'Epperly avait retenue comme candidate potentielle en tant que stagiaire en provenance de Yale, pourtant, son ancienne camarade de classe était bien plus compétente que cette pauvre fille.
Nelly s'était un peu fait tirer l'oreille au départ. La jeune asiatique avait pensé de prime abord que Queen B lui tendait un piège, ce n'aurait pas été la 1ère fois. Mais celle-ci avait su lui faire miroiter les avantages d'un tel stage pour sa future carrière et la jeune étudiante de Yale avait finalement accepté.
De toutes ses suivantes, Nelly était celle qui serait le plus à la hauteur de la tâche et aussi la moins probante à lui planter un couteau dans le dos. Pénélope avait bien brigué le poste, mais il gèlerait en enfer le jour où Blair lui remettrait un tel pouvoir entre les mains.
Elle allait devoir apprendre à déléguer, par conséquent, elle n'aurait d'autre choix que de se reposer sur celle qui serait son assistante et elle ne pourrait jamais accorder une telle confiance à Pénélope. La jeune-fille rêvait de voir Queen B au tapis autant que ce pauvre erre de Brooklyn, même si elle n'osait pas l'afficher ouvertement.
Elle clôtura son article puis vérifia son BlackBerry. Elle n'avait aucun appel en absence, ni message de la part de Chuck. Elle imaginait aisément qu'il avait passé sa journée avec Raina Thorpe à parler de l'avenir de Bass Industrie ... et plus si affinité ! Après tout, il était Chuck Bass et il était célibataire à présent.
Le vote avait eu lieu en début d'après-midi et un blast de gg avait annoncé avoir vu les « nouveaux tourtereaux » déjeuner ensemble dans l'un des meilleurs restaurant de Manhattan.
Mais Blair avait pris de nouvelles résolutions. Ce job signifiait son entrée dans le monde adulte et il était temps qu'elle quitte ses habitudes d'adolescente. A partir de maintenant, elle n'accorderait plus autant d'importance aux ragots de gossip girl.
D'ailleurs elle n'en n'avait plus le temps. C'est à peine si elle avait trouvé cinq minutes pour boire un café. Elle se fit la réflexion qu'elle n'avait pas non plus pris le temps de manger quoi que ce soit de la journée entière.
Elle poussa un autre soupire en éteignant son ordi. Maintenant qu'elle était elle-même une femme active, elle pouvait envisager de rivaliser avec Raina. Bien entendu, elle était loin de posséder son propre magasine mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle occupe le bureau de Stefano.
20:17
Elle avait encore le temps de passer chez elle se changer pour faire une apparition à la soirée que Lily avait organisée en dernière minute pour fêter la victoire de Chuck. Serena lui avait laissé un message pour l'inviter à l'événement.
Le vote avait été en faveur de BI. Le conseil de Thorpe avait besoin d'un vote à l'unanimité pour évincer le jeune héritier de l'entreprise de son père. Kid, l'associé de Russel avait décidé de lui faire confiance, sans parler de Raina qui lui avait promis sa voix ... et tant d'autres choses, imagina B avec une moue de dégoût.
Elle sentit son estomac se retourner encore une fois à la simple idée que le jeune-homme soit amené à travailler avec elle chaque jour désormais. Quand aux nuits ...
Son BlackBerry chantonna.
Sauvée par le gong !
- Allo ?
- Allo. Blair ! Bonsoir, c'est Louis Grimaldi.
- Louis ?
- Oui. Je suis de passage à New-York et je me demandais si on pourrait se voir pendant mon séjour.
La brune accusa le choc. Le prince de Monaco voulait la revoir malgré ce qui s'était passé à Paris ?!
Elle s'était enfuie comme une voleuse.
- Je t'ai ramené ta chaussure, avança maladroitement Louis.
Une bien piètre excuse en réalité, mais elle en valait une autre. Il ne pouvait pas lui annoncer au téléphone qu'il n'avait fait que penser à elle depuis qu'elle avait quitter le bal de ses parents, laissant derrière elle sa chaussure dans sa fuite.
Il entendit la jeune-femme rire nerveusement à l'évocation de son départ précipité ce soir là.
- J'ai des entrées pour le ballet de ce soir au Lincoln Center mais je me doute que tu as déjà des projets, nous sommes samedi soir. Par contre, peut-être que demain dans la journée ... Je connais déjà Manhattan mais je me disais que tu pourrais peut-être me le faire voir comme moi je t'ai montrer Paris.
Blair sourit, elle ne présumait pas que Louis ait envie de la suivre chez Bergdof, Bendel, Chanel et compagnie. D'autant qu'elle avait prévu de venir bosser pour pouvoir s'avancer dans son planning et de plancher sur les notes de cours auxquels elle n'avait pas assistés.
- J'ai une journée chargée demain, je suis désolée.
- Un autre jour alors ? proposa-t-il.
- Peut-être, oui, répondit la jeune-femme. Après la manière dont elle l'avait planté à Paris, elle lui devait bien au moins une petite explication. Il était prince de Monaco tout de même !
Une visite du Met et autres musées pouvait s'envisager. Il apprécierait certainement plus cette option.
- Je te rappelle pour fixer ça, ajouta-t-elle.
- Très bien, j'attends ton coup de fil. Bonne soirée.
- Bonne soirée, répondit-elle avant de couper la communication.
20:32
Il était temps qu'elle se bouge. Elle se leva et prit son sac le sourire aux lèvres.
*****
Chuck sondait la grande salle de l'Empire, retranché derrière le rideau, sur la passerelle qui dominait les lieux, depuis dix minutes déjà, mais toujours aucune trace de Blair. Elle aurait pourtant dû être arrivée maintenant.
Il n'avait pas osé l'appeler, encore moins l'inviter lui-même, après la réaction de la jeune-femme à sa proposition de la veille. Il avait donc fait passer le message par sa sœur.
Il avait pensé que Blair viendrait à la soirée, au moins pour y faire une apparition. Elle raffolait de ce genre de chose.
- Je me doutais bien que c'était ici que tu te cachais ! Tu en as déjà marre de serrer des mains et de recevoir des félicitations ? demanda Raina en le rejoignant par les escaliers arrières sur le surplomb supérieur de la salle.
En réalité, il y avait pris position pour être certain de pouvoir discerner Blair parmi la foule.
La jeune-femme à la peau couleur chocolat lui sourit chaleureusement.
- Je voulais ...
- Voir tout le monde d'en haut sans être vu ? termina-t-elle à sa place.
Il lui rendit son sourire.
- On peut dire ça comme ça, acquiesça-t-il.
- Tu voulais repérer une personne en particulier ? questionna-t-elle.
Elle avait bien senti la réticence du jeune-homme à aller plus loin dans leur relation. Ils étaient devenus très proches en à peine quelques jours. Du moins, c'est la sensation qu'elle avait.
Jusqu'ici, elle n'avait jamais rencontré son équivalent masculin. C'était comme ça qu'elle percevait Chuck et elle n'aurait pas été contre le fait de pousser les investigations plus intimement.
Cependant il n'avait pas l'air de cet avis. Même s'il la laissait s'approcher, il la tenait à bout de bras. Et ce, malgré les moments intenses en émotions qu'ils avaient partagés fugacement.
Chuck carra la mâchoire et enfila ses mains dans ses poches.
Il ne savait pas pourquoi il maintenant Raina à distance. Après tout, Blair n'était plus sa petite-amie. Il était libre.
En théorie ... car dans son cœur, c'était une autre histoire.
Il ne voulait pas se jeter dans les bras de sa nouvelle amie juste pour tenter d'oublier celle qui lui faisait tourner la tête.
- Peut-être la petite brune qui m'aurait volontiers arraché les yeux chez Lily, il y deux jours ? devina-t-elle.
- Sa visite n'avait rien à voir avec ça, tu peux me croire ! commenta-t-il, amer.
- Tu as envie d'en parler ? interrogea la jeune-femme. Mes amis disent que je suis plutôt une bonne oreille quand il s'agit de confidences. Et j'ose espérer que nous sommes amis.
- Étant donné que tu as voté en ma faveur contre ton propre père, je suppose qu'on l'est, effectivement, reconnu-t-il avec un sourire en coin.
- Hé bien, ce n'était pas seulement en ta faveur, mais aussi en la mienne. Au cas où tu l'aurais oublié, je dirigerai un jour Thorpe Entreprise et je n'allais pas laissé mon père faire n'importe quoi avec BI, juste pour se venger de ton père décédé, à cause d'une amourette.
- Je suppose que c'était bien plus que ça pour Russel, vu la manière dont il s'est acharné à tenter de mettre la compagnie en pièce !
- Peut-être mais ce qui est certain, c'est que c'était contre les intérêts de Thorpe Entreprise. Kid l'a bien compris lui aussi, sinon, il n'aurait pas voter contre le projet de mon père. Et puis cela nous permettra désormais de travailler quotidiennement en étroite collaboration, ajouta-t-elle avec un petite étincelle de malice dans le regard, pleine de sous entendus.
- Écoute Raina, je ...
- Suis encore amoureux de mon ex. Oui, j'avais compris, merci. Mais ça ne durera pas toute la vie. Et qui sait ce qui arrivera dans le futur ?
Il souhaita de toutes ses forces qu'elle ait raison. Parce qu'en cet instant, il ne pouvait imaginer le jour où il ne serait plus amoureux de Blair Waldorf. Son amour pour elle avait supplanter son amnésie, il doutait fortement que les sentiments qu'il éprouvait pour la belle s'éteignent un jour. Malheureusement pour lui.
- Pour le moment, je me contenterai de ton amitié, promit-elle en passant un bras dans le sien pour l'entraîner sur la passerelle transversale qui menait aux escaliers pour redescendre dans la salle.
Il se laissa faire. Ça ne pouvait qu'être bénéfique pour lui. C'était très agréable d'avoir une nouvelle amie qui ne le connaissait pas avant et n'avait pas d'à priori vis à vis de son comportement.
- On peut se trouver un coin tranquille pour discuter, si tu veux. De n'importe quel sujet, précisa-t-elle. C'est toi qui chois ...
Elle se raccrocha à son épaule, perdant momentanément l'équilibre, surprise par l'éblouissement du spot dirigé sur eux à l'ouverture soudaine du rideau qui les gardait à l'abri des regards d'autrui.
Il l'a pris dans ses bras instinctivement pour la rattraper et aperçu Dan qui souriait comme le chat du Cheshire depuis l'autre bout de la passerelle avant que Raina et lui ne se rendent compte tous les deux que tous les invités les observait en murmurant depuis l'étage inférieur.
La situation ressemblait à tout autre chose que ce qu'elle était en réalité vu du dessous et ils ne mirent pas dix secondes à imaginer les conclusions qui en résulteraient.
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Et pourquoi pas une soirée au Lincoln center ?
Histoire de démontrer à Chuck Bass qu'il n'était pas le seul qui soit capable de passer à autre chose.
Blair décrocha son BlackBerry et appuya sur la touche de rappel du dernier numéro qui était enregistré dans l'appareil.
- Louis ! s'exclama-t-elle lorsque qu'elle entendit le jeune prince prendre la communication.
- Blair ? s'étonna-t-il, trop heureux qu'elle le rappelle réellement.
Il avait pensé que c'était juste une excuse pour ne pas le voir et qu'elle n'avait aucune intention de mettre en application ses dires.
- Je me demandais si ...
Elle se mordit la lèvre inférieure, hésitant une dernière fois.
- S'il y avait toujours une place de libre pour assister au ballet du Lincoln Center avec toi ce soir. Je sais que c'est un peu au dernier moment. La séance commence dans à peine 25 minutes mais mes projets sont subitement tombés à l'eau et si je me dépêche, je peux y arriver sans trop de retard.
- Le ticket n'a pas trouvé preneur, répondit-il, le cœur en joie. Je t'envoie une voiture si tu veux.
- Non, j'en ai déjà une, merci et ça prendrait encore plus de temps.
Elle grimpa dans le taxi qui venait de se stationner le long du trottoir.
- Alors, je t'attends dans l'entrée. Je vais demander que le spectacle soit décalé d'un quart d'heure. Est-ce que c'est assez pour te permettre d'arriver ici ?
- Tu vas faire retarder le ballet ? s'égosilla-t-elle en écarquillant les yeux.
- Je suis Louis Grimaldi, héritier et prétendant potentiel au trône monégasque, indiqua-t-il avec une fierté non dissimulée.
Si son titre pouvait l'aider à l'impressionner. Et il l'impressionnait pour sûr ! Il n'allait pas se priver de cet avantage qui lui offrirait peut-être le privilège de passer le reste de la nuit avec elle. Voir plus si affinité ...
Bien entendu, sa mère n'en serait pas ravie, loin de là. Après les frasques de la brune au bal de Paris, elle jugeait cette petite Américaine, sans aucune manière et pire, elle était roturière.
Ce qui n'encourageait qu'encore plus le prince à la trouver irrésistible. Il en avait plus qu'assez du protocole et des directives de la princesse Sophie.
- As-tu besoin d'une demi-heure ? questionna-t-il devant le silence de Blair.
- Non, non, 15 minutes, ce devrait être suffisant, je suis déjà en chemin, bredouilla-t-elle.
Cette dernière était abasourdie. Personne n'avait jamais retardé un ballet entier pour ses beaux yeux. Chuck avait coutume de dire que la fête ne commençait réellement que lorsqu'ils arrivaient, mais c'était parce qu'il voulait profiter encore du temps qu'ils avaient en tête à tête. Que ce soit dans la limo, dans l'ascenseur, dans le vestiaire ou dans tout autre endroit réduit qui leur permettait de frotter leur corps l'un contre l'autre.
Maintenant, il aurait tout loisir de le frotter contre celui de Raina ! songea-t-elle avec amertume en repensant à ses bras qui enserraient la jeune-femme sur la passerelle dans la grande salle de l'Empire.
- Je vais donner les consignes. Je t'attends dans l'entrée, répéta Louis avant de raccrocher.
*****
- Je peux te voir un instant en privé ? demanda Russel Thorpe au jeune Bass.
Chuck se retourna, surpris de voir son concurrent à la soirée.
Décidément, il devrait revoir sérieusement l'embauche du personnel de sécurité. Il venait à peine de faire évacuer ce pauvre type de Brooklyn qui s'était lui aussi immiscé à la fête.
Il soupira et acquiesça avant de conduire l'homme qui avait pour intention de détruire l’œuvre de son père jusqu'à son bureau.
- Pourquoi ne pas aller droit au but ? proposa Chuck en s'installant derrière sa table de travail, après avoir soigneusement fermé la porte derrière eux.
Il supposait que l'homme était furieux contre lui à l'idée qu'il ait une relation avec sa fille, en plus d'avoir réussi à faire échouer ses projets. Les rumeurs à ce propos n'avaient fait qu'amplifier depuis que Raina et lui avaient partagé un déjeuné. Et maintenant que tout le monde avait pu les voir enlacer sur la passerelle, ce n'était pas près de s'arrêter.
- Je suis venu t'offrir une dernière chance de signer pour le transfert de Bass Industries.
Le jeune-homme le dévisagea, levant un sourcil interrogateur. Est-ce que Russel était tombé sur la tête ?
- Au cas où tu aurais également des problèmes de mémoire, je te rappelle que le vote de cet après-midi n'était pas unanime et que je suis donc toujours détenteur de l'héritage de mon père. Tu devras composer avec moi et ce n'est pas prêt de changer.
- Écoute, où tu signes cet accord une bonne fois pour toutes, ou je te détruis, toi et toute ta famille.
Cette fois, Chuck fronça les sourcils.
- Russel, je sais que Lily et toi avez eu une histoire et apparemment c'était plus sérieux pour toi que pour elle, mais franchement si tu crois que ça va détruire ma famille ... Tout le monde est déjà au courant. Donc, si c'est tout ce que tu as à me dire, j'ai des invités.
- Ils peuvent attendre, aboya Russel. Tu penses vraiment que si j'en veux à ton père c'est à cause de cette amourette sans lendemain avec ta mère adoptive ?
- Si c'est à cause de Raina ...
- Ça aussi tu me le paieras. Tu as réussi à retourner ma propre fille contre moi.
- Elle a voté en son âme et conscience. Parce qu'elle savait qu'une association était la meilleure chose pour nos deux compagnies. Elle pense à son avenir, contrairement à toi !
- Et tu ne veux même pas savoir pourquoi ... Pourquoi j'ai été prêt à sacrifier le futur de ma fille juste pour détruire ton précieux petit héritage ?
- Je pensais que c'était parce que Lily t'avait quitté pour mon père.
- Et moi, je pensais que tu me connaissais déjà mieux que ça. Est-ce que Raina t'as déjà parlé de sa mère ?
Chuck sentit un frisson lui parcourir l'échine. Le ton et le regard de Russel ne lui disait rien qui vaille.
- À cause de ton père, ma femme est morte, clama l'homme. Il y a eu un incendie dans un immeuble. Un immeuble qui était assuré pour bien plus que sa valeur réelle, grâce à un ami de ton cher petit papa. Ce n'est pas un hasard si celui-ci est parti en fumée.
- Vous voulez dire qu'il a commis une fraude à l'assurance ?
Russel émit un ricanement lugubre.
- Toute sa fortune est basée sur cet « accident » Avec l'argent de l'assurance frauduleuse, il a pu racheter quatre immeubles pour remplacer celui qui avait été réduit en cendres et c'est ainsi qu'il a entamé son ascension. Le fait que les cendres de ma femme soient mélangée à celles de l'immeuble en question ne l'a jamais empêché de dormir !
- Je ne te crois pas.
- Alors tu devrais peut-être mener ta propre enquête. Ma femme n'est pas la seule à avoir été enfermée dans cet immeuble alors qu'il était ravagé par les flammes. Il y avait aussi un garde. Il a essayé de sauver ma femme, mais il y a laissé la vie également. Ton père avait leurs morts sur la conscience, à supposé qu'il en ait eu une.
Non, ce n'était pas possible, son père ne pouvait pas être la personne que Russel Thorpe décrivait. Chuck refusait de le croire. Il sentait chaque poil de son corps se hérisser.
- Personne ne connaît la vérité, pas même Raina, reprit Russel. Elle pense que sa mère m'a quitté pour un autre homme.
- Tu essaies seulement de salir la mémoire de mon père. Tu sais que je suis amnésique et tu tentes juste de me priver de l'image que j'ai de lui. Tu dis ça pour me blesser. Pour te venger parce que tu as perdu l'occasion de détruire ce qu'il a mis toute sa vie à construire.
- Tout ce qu'il a construit, c'était sur le cadavre de ma femme et de ce vigile, cracha l'homme. Je pense que tu as de la chance d'avoir oublié qui était ton père. Parce que si tu te souvenais de lui. Tu saurais que ce n'était qu'un immonde salaud. La seule chose qui a toujours primé dans sa vie, c'était l'argent et les plaisirs et avantages qu'il pouvait lui procurer. Rien ne comptait plus que le fric. Pas même toi ou n'importe qui d'autre. Si tu avais la moindre idée de qui il était vraiment, tu saurais qu'il était assez méprisable pour croire qu'il était capable de prendre délibérément une vie. J'espère que tu apprécies à sa juste valeur l'honneur que c'est de protéger l'héritage du grand Bart Bass.
- Sort d'ici, tonna Chuck. Je ne te laisserai pas inventer des mensonges sur mon père plus longtemps. Soit tu quittes mon hôtel de ton propre chef, soit je te fais escorter par la sécurité.
- Je ne partirai pas d'ici sans ta signature sur ce document, indiqua froidement Russel. A moins que tu ne tiennes à ce que cette histoire soit dans la presse demain matin ...
- Si cette histoire sort dans la presse la 1ère à en souffrir, ce sera ta fille, le coupa le jeune-homme, le regard noir comme l'ébène, son sang bouillonnant à l'intérieur de ses veines. Et tu devras également en répondre devant les autorités. Ton nom sera associé au scandale autant que le mien. Tu dis que tu étais au courant de tout et pourtant tu n'as jamais dénoncé mon père, ce qui ferait de toi son complice !
Russel grinça des dents mais reconnu qu'il n'avait pas d'autre moyen de se venger de Bart que de plonger dans la fange avec lui. Il ne voulait pas exposer Raina. Chuck avait su toucher le point sensible.
L'homme jeta rageusement les documents sur la table basse et quitta l'Empire. Il trouverait un autre moyen de faire payer l'addition au fils de son ennemi.
Chuck lui, s'empressa de détruire les papiers et d'appeler le privé dont le nom était inscrit en haut de la 1ère page de son carnet d'adresses. Il avait apparemment eu l'habitude d'avoir fréquemment recours à ses services. Il ne pouvait pas laisser planer une telle menace au-dessus de sa tête et de celle de sa famille.
Lily serait obligatoirement mêlée à tout ça. Elle avait sa place au sein du conseil de BI et pire, elle aussi était sortie avec les deux hommes. Elle serait impactée d'une manière ou d'une autre. Il ne pouvait pas laisser ça se produire.
Et puis, il avait besoin de réponses. Ce ne pouvait pas être une coïncidence que, de tous ses souvenirs, ceux qu'il avait de son père soient ceux qui étaient les plus réticents à remonter à la surface.