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Le coeur à ses raisons ...

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 25.01.2013 à 21h05
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point, réécriture de la saison 4. Bien sûr 100% Blass avec un zeste de Serenate et du njbc.  » katido 

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La sonnette tinta et Raina pénétra dans le penthouse de l'Empire.

- Hey Nate, dit-elle en levant la main.

- Salut, répondit le bel Archibald.

- Comment il va aujourd'hui ?

- Pareil que tous les autres jours depuis deux semaines.

- Pas de super réveillon pour Noël, soupira-t-elle malgré sa tentative de faire un peu d'humour.

- Il a toujours détesté cette période l'année. Il le passait soit avec ma famille, soit ...

- Avec des jeunes-filles au pair ou des prostituées, parfois les deux à la fois, termina-t-elle.

Nate acquiesça.

- En plus l'anniversaire de la mort de Bart était y a pas si longtemps, ajouta-t-il.

- Et toi ? demanda-t-elle.

- On était censé allez à la fête des Vanderbilt au Palace, mais, vu les circonstances Serena viendra le passer ici. On fera ça en amoureux. Mon grand-père va en être ravi !

- Oh ! Vous pouvez y aller si vous le voulez, je resterai ici.

- Tu ne passe pas Noël avec ton père ?

- Il est reparti pour Chicago la semaine passée. Un gros contrat à signer, prévu de longue date. J'aurais du reprendre l'avion avec lui mais, vu les circonstances ...

Le jeune-homme lui sourit. Elle était vraiment une bonne amie pour Chuck, à défaut d'autre chose. Presque aussi bonne que lui. Si elle avait été un garçon, il se serait peut-être senti menacé par sa présence.

- Tu vas le passé ici, comprit-il.

Au contraire, cependant, il était soulagé de ne pas être le seul à prendre Chuck en charge. Ce dernier n'avait pas mis un pied hors de sa chambre depuis le soir où il l'avait ramené ivre. Il n'avait pas non plus dessaoulé.

Blair leur avait raconté ce qui s'était passé le jour suivant. Serena l'avait suivie en la voyant sortir de la chambre de Chuck en pleurs et en courant mais la brunette s'était enfermée dans sa propre chambre au penthouse Waldorf et avait refusé de parler avec sa meilleure amie avant le lendemain matin.

Depuis, on la voyait partout dans les magasines au bras du prince Louis Grimaldi de Monaco. Les dernières rumeurs annonçaient leurs prochaines fiançailles. La princesse Sophie ayant décrétée qu'il était temps pour son fils de sauter le pas.

Tout cela n'avait été orchestré que pour tenter de pousser Blair hors du champs des caméras mais la presse en avait décidé autrement et le piège de la mère de Louis se refermait à présent sur elle ... et sur Blair.

Serena était persuadée qu'elle était toujours amoureuse de Chuck et que ça ne changerait jamais. Cependant après leur dernière dispute, la jeune-femme brune avait décidé de définitivement tirer un trait sur leur relation.

Elle se perdait dans son travail à W et dans ses cours à Columbia et sortait avec Louis pour faire bonne mesure.

- Il reste du café ? questionna Raina.

- Tu vas encore tenter ça aujourd'hui ?

- Tous les jours, jusqu'à ce qu'il craque et accepte de boire autre chose que du scotch.

- C'est pas gagné, il est têtu et c'est devenu la seule substance qu'il ingurgite, matin, midi et soir.

- Moi aussi, je suis têtue, sourit Raina en emportant une tasse vers la chambre de Chuck.

*****

- J'ai lu la dernière rumeur dans Vanity Fair. Tu vas vraiment porter la robe de la mère de Louis pour le mariage ? demanda S avec un grand sourire en s'installant à la table du petit déjeuner en face de sa meilleure amie.

La brune roula des yeux au ciel.

- Mais où vont-ils chercher toutes ces inepties ? Franchement je les croyais un peu plus professionnels !

- En attendant, tu te retrouves prise au piège, dit cette fois S le plus sérieusement du monde.

- Je ne me retrouve prise au piège de rien du tout. Louis ne m'a jamais demandé de l'épouser.

- Mais tu sais qu'il va le faire, à la soirée de réception de nouvel an de l'ambassade, qui tombe la semaine prochaine, la sermonna la blonde.

- Hé bien si c'est le cas ... je lui dirai que je veux d'abord me consacrer à mes études et à ma carrière.

- Et tu crois vraiment que tu vas t'en sortir comme ça, avec une pirouette ! Tu imagines la honte que ce sera pour lui ?

- Il ne va pas me faire sa demande devant les photographes au milieu de la réception !

- Peut-être mais comment expliquera-t-il que la nouvelle Grace Kelly à dit non ?

Blair sourit, elle aimait vraiment être comparée à Grace.

- Écoute, quand le moment viendra, je gérerai la situation. S'il y a une chose que j'ai apprise depuis que je suis à la fois étudiante et femme active, c'est qu'il faut gérer les étapes dans l'ordre, l'une après l'autre. Non, que je ne le savais pas déjà précédemment mais là, j'ai réellement eu l'occasion de le mettre en pratique et d'en apprécier les résultats.

- En parlant de gérer les étapes l'une après l'autre, comment as-tu réussi à repousser les avances de Louis jusqu'à présent ? Je ne l'ai pas vu passer une seule nuit ici.

- Pour ça, il faudrait déjà que Tu passes tes nuits ici ! lui fit remarquer Blair avec amertume.

Serena avait dormi à l'Empire chaque nuit, sans aucune exception depuis qu'elle et Chuck avait eu leur dernière dispute.

- Nate ne veut pas venir ici ...

- Pourquoi ? Il a peur d'être empoisonné ou jugé pour trahison s'il rend visite à l'ennemi ?

- Eh bien, si tu parles de Chuck, ne t'inquiète pas. La seule personne qu'il prévoit d'empoisonner, c'est lui-même. Si Nate ne veut pas dormir ailleurs, c'est parce qu'il ne veut pas le laisser seul. On ne devait même pas aller à la fête de son grand-père pour le réveillon. On voulait le passer à l'Empire, même si William en aurait certainement piqué une crise et menacé de déshériter Nate. Chuck a dit ...

- Tu as parlé à Chuck ? s'enquit soudain Blair. Non. Je m'en fiche. Je ne veux même pas savoir ce qu'il a dit, ni comment il va. Il a raison, avec lui, je ne fais que m'enliser dans les abysses. Je fais tout ce que je peux pour me sentir rayonnante à nouveau et je ne vais pas me laisser replonger.

- Il a dit qu'il trouvait ça ridicule et qu'il n'avait pas besoin de baby-sitter, continua quand même la blonde. Mais il en aura une même si nous allons à la fête.

Blair quitta son article des yeux pour la 2ème fois et les posa sur sa meilleure amie, qui sourit intérieurement d'avoir piqué la curiosité de la brunette, à moins que ça ne soit sa colère quand elle saurait qui était la baby-sitter en question.

- Raina, l'informa-t-elle.

B en laissa presque tombé le toast qu'elle tenait à la main.

- Je croyais que les Thorpe étaient repartis à Chicago il y a déjà plus d'une semaine.

- Oh ! Russel est bien parti mais Raina va rester ici pour superviser les projets communs avec BI.

- Bien entendu ! murmura la brune, tout à coup de mauvaise humeur.

- Il n'y a rien entre eux, au cas où tu te le demanderais ...

- Mais je ne me le demande pas ! Chuck est libre de plonger dans les enfers avec qui il veut.

- Ça pour plonger dans les enfers, il y est, y a pas à dire ! commenta son amie.

- Je viens de me rappeler que je dois être à W plus tôt pour relire l'article de Nelly, dit soudain B en se levant de table.

Elle n'avait aucune intention d'écouter Serena lui parler du malheur de Chuck et de s'attendrir sur lui. Il avait été très clair sur le fait qu'il ne souhaitait plus avoir une quelconque relation avec elle.

Heureusement, elle n'aurait pas de cicatrice suite à l'entaille de sa pommette. Un peu de poudre l'avait facilement camouflée.

- Au fait, la rappela S alors qu'elle quittait presque déjà la pièce. Tu ne m'as toujours pas dit comment tu réussissais à tenir Louis à distance de ton lit !

- Je lui ai dit que je m'étais convertie au catholicisme ! répondit B avec son sourire le plus angélique.






katido  (15.04.2013 à 20:11)

 

- Je savais que tu serais là, grogna Chuck d'un ton agacé, en quittant sa chambre.

C'était la 2ème fois qu'il quittait la pièce depuis qu'il avait blessé Blair. Il avait passé des jours à s'abrutir d'alcool, mais rien ne pouvait anesthésier la douleur.

- Bien sur que je suis là ! s'indigna sa sœur en se dressant devant les portes de l'ascenseur pour lui barrer le passage. Je ne vais pas te laisser partir comme ça. As-tu seulement la moindre idée de ce que ma mère va ressentir ? J'entends encore sa voix angoissée quand tu as disparus cet été.

- Je suis sûr qu'elle en viendra à fêter mon absence, comme tous les gens qui ont souhaité ma mort depuis le jour de ma naissance. Tous le monde se porterait beaucoup mieux si je n'avais jamais existé.

- Pas moi ! Et pas Nate ! Comment peux-tu faire ça à ton meilleur ami ?

- Tu seras là pour prendre soin de lui ...

- Chuck, s'il te plaît ne fait pas ça. Je sais plus que quiconque ce que c'est que de vouloir tout effacer et tout recommencer, avec une ardoise vierge, mais disparaître n'est pas la solution. Je sais qu'en ce moment c'est atroce pour toi, mais ici, c'est ta maison. Si tu fais ça, tu vas perdre l'Empire. Tu vas perdre tout ce à quoi tu as jamais tenu.

- J'ai déjà perdu ce qui était le plus important pour moi, par ma seule faute. Ils peuvent avoir tout le reste. Après aujourd'hui, il n'y aura plus de Chuck Bass. Une nouvelle année, sans croque-mitaine. Est-ce que tu ne te sens pas soulagée ?

Il passa à côté d'elle et s’engouffra derrière les portes métalliques.

Serena resta seule dans le penthouse. Elle ne parvenait pas à croire qu'ils en soient arrivé là. Les dernières semaines avaient été pire que l'enfer. Nate, Raina et elle-même s'étaient relayés pour tenter de le sortir de sa dépression mais il ne faisait que s'imbiber d'alcool du matin au soir et du soir au matin.

La veille, Nate et elle avaient été tous les deux agréablement surpris en le voyant quitter son repère vêtu d'un Armani anthracite et rasé de près. Ils avaient pensé que la dernière visite de Lily avait eu l'effet escompté mais en réalité, ils étaient loin, très loin, du compte.

*****

Serena sortit du taxi au pied du bâtiment qui abritait les bureaux du magasine W. Elle avait attendu la dernière minute avant d'avoir recours à cette solution mais elle n'avait plus le choix.

Lorsque B la vit passer la porte, elle comprit instantanément qu'il se passait quelque chose.

- Hey, la salua la blonde après avoir légèrement frapper au chambranle.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Je ... me demandais si tu avais le temps de venir déjeuner avec moi. Je ne t'ai pratiquement pas vu depuis une semaine. Entre les réceptions à l'ambassade et ...

- Épargne ta salive S, viens-en au fait.

Elle vit sa meilleure amie prendre une grande inspiration.

- Il faut que tu parles à Chuck, lâcha-t-elle.

- S ! s'offusqua Blair en se levant.

- Non ! Écoute, je t'ai tenue à l'écart de tout ça, parce que je veux ton bonheur et que tu avais l'air de penser que tu pourrais peut-être le trouver avec Louis. J'ai accepté de te laisser le bénéfice du doute même si j'étais intimement persuadée que tu te méprenais. Mais, le fait est que ça ne marche pas. Tu ne peux pas oublier Ch...

- Qu'est-ce que tu en sais ? Tu viens de dire toi-même qu'on ne s'était pas vu depuis une semaine et ...

- Je t'ai entendu pleurer depuis ma chambre toutes les nuits de cette dernière semaine justement, avoua Serena.

Blair se maudit de lui avoir fait la leçon à ce propos. Depuis, sa meilleure amie avait dormi au penthouse Waldorf chaque nuit. Même celle du réveillon de Noël, où elle avait été obligée de supporter leurs petits cris et gémissement étouffés !

- Je sais pertinemment que si tu m'évites le matin dans la salle de bain, c'est pour que je ne vois pas tes yeux bouffis et les cernes que tu camoufles sous ton maquillage, qui est d'excellente qualité, je le reconnais. Tu fais du très bon travail. Mais, B, c'est moi, ta meilleure amie, dit S sur un ton adouci en lui prenant les mains.

- Justement, si tu es ma meilleure amie, ne me demande pas ça. Ça ne fera que prolonger mes tourments. Plus vite j'aurai tourné la page et plus vite je pourrai enfin envisager d'être heureuse à nouveau.

- Ce qui confirme que tu ne l'as pas fait et que Louis ne te rend pas heureuse, la reprit la blonde.

B ouvrit la bouche. Depuis quand Serena était-elle devenue celle qui jouait les institutrices donneuse de leçon ? Ça c'était son rôle à elle !

- Blair, tu sais que je ne te le demanderais pas si ce n'était pas réellement important. Au point où on en est, nous n'avons malheureusement plus d'autres solutions.

- Pourquoi ne demandes-tu pas à Raina ? Aux dernières nouvelles vous êtes devenues très bonnes copines, non ? Au point de dévaliser Bendel ensemble ! l'agressa soudain la brune.

La meilleure défense, c'est l'attaque !

- Nous avons fait une fois les magasins, oui, c'est vrai. Mais c'était pour les cadeaux de Noël et je te signale que, toi, tu n'étais pas libre. Tu te noies tellement dans le boulot, comme une autruche qui se met la tête dans le sable ...

- Ce n'était pas une raison pour l'emmener chez « Kiki de Montparnasse » ! glapit Blair.

Serena observa un instant sa meilleure amie, quasiment tremblante de colère, les joues rosies par le feu qui courraient dans ses veines, prête à exploser comme un volcan, et ne put réprimer un fou incontrôlable.

- Tu trouves ça, drôle ? tempêta la brune. Cadeau de Noël ! J'imagine parfaitement ce qu'il y avait à déballer !

La blonde continua à se contorsionner de rire malgré la situation critique qui l'avait amenée en cet endroit et le regard de B qui s'assombrissait de seconde en seconde. Sans doute la pression de ces dernières semaines qu'elle avait besoin d'évacuer.

- Je ... je ... je suis .... dé ... déso ... lée, articula-t-elle avec difficulté entre deux hoquets en tentant de reprendre son souffle.

- Tu peux ! siffla la brune, son sang s'échauffant sous l'effet de la colère et de l'indignation.

Comment Serena avait-elle pu faire ça ? Passer dans le camp ennemi et lui révéler les secrets ...

- C'était pour moi, Blair ! l'informa S en redevenant sérieuse. Je ne sais pas ce que tu t'es imaginée mais je t'assure que je n'ai pas emmenée Raina choisir un La perla  ou un kiki afin de la conseillée au mieux pour séduire Chuck.

Blair relâcha un soupire qu'elle n'avait même pas conscience de retenir et qui oppressait pourtant sa poitrine depuis qu'elle avait vu les deux jeunes-femmes sortir de la boutique de lingerie de luxe en faisant elle-même ses achats.

Si elle avait dit à S qu'elle était trop débordée, c'est parce qu'elle ne voulait pas céder à la tentation de lui demander comment allait l'homme qui occupait toujours ses pensées, de jour comme de nuit.

La période des fêtes de fin d'année avait toujours été particulièrement difficile pour lui et depuis la mort de Bart, c'était pire.

- Ils sont juste amis, je te l'ai dit... Malheureusement, ajouta Serena sur un ton désolé. Peut-être que s'ils étaient plus que ça, Chuck renoncerait à son projet complètement fou de changer d'identité.

Le cœur de Blair rata un battement.

- Il veut quitter New-York, définitivement, reprit la blonde, le plus sérieusement du monde. Il veut céder l'Empire et tout ce qu'il possède à ma mère. Il a déjà préparé les documents. Je les ais vus.

- Eh bien, avec un peu de chance elle pourra diriger BI sans avoir à entrer dans le commerce de la prostitution, rétorqua la brune.

Elle ne fléchirait pas ! Même si elle devait dire oui à Louis et passer tous les matins du reste de sa vie à cacher ses larmes de la nuit sous son fond de teint Chanel.

- Blair, il veut changer son nom. Nate l'a suivi lorsqu'il est sortit par miracle de sa chambre hier. Il l'a vu parler au type qui a aidé le Capitaine à quitter le pays et à échapper aux autorités. On parle de Chuck ! Il pourrait vraiment disparaître, dit Serena sur un ton quasiment désespéré.

Cette fois la brune sentit carrément son cœur s'arrêter de battre.

- Si tu es si déchirée, arrête-le, plaida-t-elle.

- Je le suis, et ma mère aussi, ainsi que Nate ... et Raina, renchérit Serena. Mais tu sais aussi bien que moi que tu es la seule à pouvoir le stopper.


katido  (16.04.2013 à 20:31)

 

Chuck entassait ses derniers effets sous le regard de Nate et Serena. Il avait récupéré son nouveau passeport avec son nouveau nom. Il avait choisit celui qu’Éva lui avait donné lorsqu’elle l’avait recueilli.

Henry Prince ... Ce type là pourrait peut-être mériter d’être aimé un jour.

Nate échangea un regard avec sa petite amie, impuissant. Ils avaient tenté de le raisonner et utilisé tous les arguments qu’ils avaient sous la main.

Lily aussi avait plaidé sa cause auprès de son fils adoptif. Mais le brun ténébreux ne voulait rien entendre. Il était déterminé à tout laisser derrière lui pour tenter de rebâtir une nouvelle vie, loin de Chuck Bass et de ses démons.

Blair n’était pas venue à leurs secours, à son secours. Serena ne parvenait pas à le croire et pourtant, elle devait bien se rendre à l’évidence. Elle avait espéré jusqu’à le dernière seconde mais à l’heure qu’il était, il était clair qu’elle ne viendrait plus.

La future princesse devait accompagnée le prince de Monaco au gala de charité de nouvel an ce soir. C’est à cette occasion que Louis avait prévu de procéder officiellement au choix de sa fiancée, poussé plus que vivement dans le dos par la princesse Sophie, qui le pressait de prendre une décision.

L’abstinence sexuelle de B le refroidissait cependant quelque peu, à défaut de calmer ses ardeurs. Il avait beau être catholique lui aussi, il n’avait jamais prévu d’observer religieusement les sermons rédhibitoires de Benoît XVI et de les appliquer à la lettre !

C’était aussi à l'occasion de la nouvelle année que Chuck avait choisi d'entamer sa nouvelle vie et de délaisser Charles Bartholomew Bass, comme une bonne résolution ... ou était-ce une résignation ?

L’ascenseur s’ouvrit soudain sur une tornade.

Raina, en larmes, plongea sur Chuck tel un faucon sur sa proie.

- Tu savais ! cria-t-elle

Le jeune-homme sursauta au son de sa voix.

Il était à des années lumière de là.

- Tu savais ? redemanda la jeune-femme en posant sur lui un regard pénétrant.

- Raina … je … commença-t-il sur un ton coupable

- Tu savais que c’était mon père et non le tien ! hurla-t-elle à nouveau.

- Je lui ai demandé de te dire la vérité, tenta-t-il pour se défendre.

- Mais il ne l’a pas fait ! Il m’a regardé droit dans les yeux et il m’a laissé croire qu’elle était encore en vie. Et toi, tu savais et tu n’as rien dit, cracha-t-elle en frappant maintenant de ses poings menus sur son torse.

Il immobilisa ses bras pour la stopper tandis que Nate et Serena échangeaient à présent un regard d’incompréhension.

- Comment voulais-tu que je te dise ça ? s’époumona Chuck à son tour.

Raina planta ses yeux humides dans les siens.

- Je ne sais pas, pleura-t-elle encore en s’effondrant contre lui, secouée par les sanglots.

Chuck passa ses bras autour d’elle pour la réconforter.

- Je suis désolé mais je ne pouvais pas, marmonna-t-il, la laissant pleurer tout son saoule sur son épaule.

Raina continua à renifler pendant que le silence s’installait dans le penthouse.

Serena et Nate, bien que totalement ignorants de ce qui se passait, n’osaient pas le rompre. Ils continuaient à se jeter des regards incrédules sans piper mot.

- Comment l’as-tu découvert ? demanda finalement Chuck, au bout de plusieurs longues minutes.

- J’ai fait des recherches, je voulais la retrouver. Au début j’ai hésité, à cause de la manière affreuse dont ça s’est terminé pour toi. Mais le besoin de savoir a été le plus fort. Je ne pouvais plus continuer comme avant, quand il n’y avait que mon père et moi. Cette histoire l’a faite remontée à la surface, dans mon cœur et dans ma tête et … je me suis dit que puisque tu avais eu recours aux services d’Andrew Tyler, c’était sans doute qu’il était le meilleur.

Chuck grimaça.

- Quand je lui ai eu exposé ma requête, il m’a dit de garder mon argent. Que je ne la retrouverais pas. Je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas enquêter alors j’ai insisté. Je suis allé le voir chaque jour de la semaine passée et hier il m’a avoué la vérité. Il m’a dit qu’il n’avait pas besoin d’enquêter, parce qu’il savait déjà où se trouvait ma mère. Il m’a dit qu’elle était bien morte dans cet incendie mais que contrairement à ce que mon père avait dit, ce n’était pas Bart, mais lui-même qui l’avait allumé.

Elle reprit une profonde inspiration avant de continuer.

- J’ai pris le 1er vol pour Chicago que j’ai pu trouver et je suis allée voir … mon père, dit-elle avec dégoût. J’avais besoin d’être face à lui. Je voulais voir jusqu’où il pouvait me mentir. Je lui ai dit que je savais tout et il a essayé de te mettre ça sur le dos. Il a dit que tu avais payé le privé pour qu’il me raconte des salades afin de blanchir ton propre père.

Elle haussa les épaules en riant cyniquement.

- Bien entendu, il ne sait pas ce qui se passe ici ! Il ne sait pas que j’ai passé les trois dernières semaines à tenter de te faire sortir de ta chambre, ne fut-ce que pour t’obliger à prendre une douche. Il ne sait pas que tu étais en incapacité totale de faire quoi que ce soit à part ingurgiter verre de scotch sur verre de scotch !

Chuck s'admonesta intérieurement, il était si enveloppé dans sa douleur qu'il n'avait même pas été capable de voir celle de son amie, de ses amis. Il leva les yeux sur Nathaniel qui n'avait pas vraiment meilleure mine que lui.

Son meilleur ami était désemparé par son prochain départ et sa sœur adoptive tentait de faire bonne figure mais n'y parvenait que difficilement. Elle s'y était opposé jusqu'au bout et s'y opposerait certainement encore avant qu'il ne monte dans le jet.

Quand à Lily, elle l'avait pratiquement supplié de ne pas partir, de ne pas disparaître de la surface de la terre pour de bon.

- Je suis désolé, s'excusa-t-il, autant pour Raina que pour Nate et Serena.

- Je lui ai dit que je savais qu'il mentait, que tu n'avais rien à voir dans cette histoire, mais il n'en démordait pas. Alors je lui ai parlé des vidéos qu'Andrew m'a fait voir. Je lui ai dit tellement de choses atroces. Je suis tellement en colère. Il a tué ma mère, sanglota-t-elle à nouveau. Il m'a menti ... toute ma vie, depuis ma naissance. Il était censé être la personne qui devait prendre soin de moi, qui devait m'aimer et me protéger, envers et contre tous, sans condition. Il était censé être celui en qui je pouvais avoir confiance.

- Je sais, dit Chuck.

Ce n'était pas juste un mot de réconfort que l'on donne à un ami dans les moments de chagrin où tout autre mot est vain et inutile. Il savait réellement de quoi Raina parlait. C'était ce qui les avait rapprochés, depuis leur rencontre. Une enfance si semblable et si différente ... mais pas si différente au final, malheureusement pour elle, songea le jeune Bass.

- Et maintenant, je suis certaine qu'il va s'en prendre à toi, continua Raina sur un ton désolé.

- Il ne pourra pas grand chose contre moi, demain Chuck Bass ne sera plus, indiqua son ami.

- Qu'est-ce que tu racontes ? demanda la jeune-femme qui avait quitté New-York depuis la veille.

Elle prit tout à coup conscience qu'il ne traînait pas en robe de chambre mais qu'il était habillé décemment et occupé à faire sa valise.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'alarma-t-elle.

- Je quitte la ville et ma vie.

- Quoi ? s'étrangla Raina.

- Il s'est mis en tête qu'il avait besoin d'une nouvelle identité pour commencer une nouvelle vie, loin d'ici et de tous ceux qui tiennent à lui, expliqua Nate sur un ton acerbe.

- Chuck ...

Son smart-phone tintinnabula à cet instant et il sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine.

Serena se mordit la lèvre inférieure et serra instinctivement la main de son petit-ami.

Répond ... répond ! pria-t-elle intérieurement alors que le brun ténébreux observait le prénom de Blair affiché sur l'écran.

Il avait besoin d'entendre sa voix une dernière fois, juste une, avant de tourner la page pour de bon et de disparaître dans le néant.

- Allô ? dit-il dans le combiné d'une voix un peu tremblante, tout comme ses mains lorsqu'il l'avait porté à son oreille.


 


katido  (17.04.2013 à 18:03)

 

Serena broyait pratiquement les doigts de Nate, le cœur battant. Si son frère devait changer d'avis, ce serait maintenant ou jamais. Elle n'y croyait même plus elle-même.

Le jeune-homme l’entraîna un peu plus loin pour donner un peu d'intimité à son meilleur ami. Il était aussi conscient de l'enjeu que la blonde qui lui ruinait les phalanges.

Raina les suivit, s'éloignant instinctivement de Chuck. Les regards des deux autres étaient limpides, il ne pouvait avoir attribué cette mélodie qu'à une seule et unique personne.

- Allô ? répéta-t-il dans l'appareil.

Mais personne ne répondit à l'autre bout du fil. Du moins pas de la manière classique dont doit se dérouler une conversation téléphonique.

- Monsieur Thorpe, je ne comprends pas ce qu'on fait là, ni pourquoi vous me retenez prisonnière dans cet hôtel en chantier, disait la voix étouffée de Blair.

Chuck sentit son cœur s'emballer.

- Vous m'avez appeler en me disant que Chuck menaçait de sauter du toit de votre 1er projet en commun et qu'il voulait me parler, continua la jeune-femme.

- Russel la séquestre dans l'immeuble désaffecté qu'on vient d'acquérir, déclara le jeune-homme d'une voix catastrophée.

Il pensait que Russel ne pourrait rien contre lui, mais il n'avait pas imaginé un instant qu'il puisse s'en prendre à la femme qu'il aimait.

Sans même y réfléchir une seconde, il fonça vers l'ascenseur, suivi par ses amis.

*****

- Parce que Chuck m'a pris la personne qui comptait le plus pour moi, comme son père avant lui. Maintenant, c'est moi qui vais lui prendre celle à qui il tient le plus, répliqua Russel Thorpe.

- Nous ne sommes plus ensemble, plaida la brunette. Je dois me fiancer au prince Louis Grimaldi de Monaco, ce soir.

- Vous n'êtes peut-être plus ensemble, mais ça ne signifie pas que vous n'êtes pas la personne qui compte le plus dans sa vie. Plus que lui-même, si je m'en réfère à ce que je sais.

Elle tenta de maîtriser ses émotions pour garder l'esprit clair. Elle ne devait pas se laisser envahir par la peur. Elle pria de toute son âme pour que Chuck ait entendu son appel et ait décrocher malgré les circonstances affreuses que Serena lui avait décrites dans l'après-midi.

Elle repensa à sa réaction stupide. Elle avait renvoyé sa meilleure amie, refusant de l'aider, refusant d'aller parler à Chuck. Après leur dernière dispute, elle était sortit en trombe de l'Empire. Effrayée par ce qui s'était passé. La violence dont il avait fait preuve, l'avait terrifiée. Elle n'avait pas tant eu peur pour elle que pour lui en réalité. Le regard qu'il avait posé sur lui-même avant de briser le miroir était si rempli de haine à son encontre, le discours qu'il lui avait tenu tellement rempli du dégoût de lui, que ça l'avaient glacée d'effroi.

Elle avait décidé de s'éloigner de lui pour lui. Il ne se pardonnait pas ce qu'il lui avait fait, ce qu'il leur avait fait. Il avait toujours eu une propension à l'autodestruction mais jamais avec autant de hargne.

Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui, ni de penser à lui le jour et encore moins d'en rêver la nuit. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait refusé que Louis la touche. Effleurer les lèvres du prince était un vrai supplice. Elle fantasmait à la douceur de celles de Chuck sur les siennes et, lorsqu'elle rouvrait les yeux, avait l'impression que le prince s'était transformé en vilain crapaud.

Les paroles de Serena s'étaient bousculées dans sa tête et dans son cœur tout l'après-midi. Elle était résolue à passer sa vie avec un horrible batracien si cela pouvait la mettre à l'abri de voir l'homme qu'elle aimait s'autodétruire par amour pour elle.

Elle avait demandé à Dorota de lui préparer une toilette somptueuse, digne de Grace elle-même. Elle avait décrété que les perles que sa mère lui avait offertes à son anniversaire, choisies dans la liste qu'elle avait déposée chez Erickson Beamon, seraient du plus bel effet. Mais lorsqu'elle avait ouvert sa boîte à bijoux, des papillons d'or aux ailes incrustées de diamants lui avaient sauté aux yeux.

Son cœur s'était mis à battre frénétiquement au souvenir de cet instant où elle avait découvert les lépidoptères dans leur écrin. Comme les vrais dans leurs cocons, ils avaient pris vie, la chenille rampante se transformant en cet insecte majestueux aux couleurs magnifiques, à la fois mystique et symbolique, tout comme son amour pour Chuck avait mûri au creux d'elle-même avant d'exploser à la lumière du jour.

Elle porta une de ses mains à son oreille et caressa du bout de ses phalanges les ailes déployées contre son lobe.

Elle avait appelé Louis pour lui dire qu'elle était désolée mais qu'elle ne viendrait pas à l'ambassade ce soir. Il devrait choisir sa fiancée parmi les autres prétendantes à la couronne princière.

Il n'avait pratiquement pas objecté, il savait sans doute que c'était vain. Blair lui avait au moins épargné l'humiliation d'arriver seul à la soirée.

Elle était en chemin pour l'Empire quand elle avait reçu un coup de fil de Russel Thorpe la priant de se rendre sur les lieux de construction du 1er hôtel commun qui devait sceller la nouvelle alliance de leurs sociétés.

Son cœur galopait comme des milliers de chevaux au galop en arrivant là. Elle s'était rendue immédiatement sur le toit, elle avait eu si peur d'arriver trop tard, qu'il ait déjà commis l'irréparable. Cette situation la renvoyait bien entendu à l'identique, deux ans plus tôt.

Elle ne pouvait pas vivre dans un monde sans lui, où il n'existerait pas. Et elle ne pourrait pas vivre pas si elle laissait lui arriver malheur. Si elle ne répondait pas présente à son appel de détresse. Serena lui avait raconté à quel point il était mal et elle avait lutté contre ses sentiments. Maintenant elle courrait vers lui en se le rapprochant amèrement.

Cependant, lorsqu'elle était arrivée à destination, l'homme de sa vie n'était pas là. Il ne menaçait pas de se jeter en bas du bâtiment. Il n'y avait personne d'autre que ce fou qui l'avait traînée de force dans cette pièce où elle espérait maintenant de toute son âme que le jeune-homme qu'elle imaginait venir secourir, vienne la sauver à son tour.

*****

Chuck, lui, gravissait les marches quatre à quatre, ses amis toujours sur les talons. Ils avaient déjà exploré plusieurs étages. Le trajet jusqu'à l'immeuble lui avait paru durer des siècles. Un silence de plomb régnait dans l'habitacle. D'aucun n'osant prononcer une parole tandis que le jeune-homme conservait son BlackBerry collé à l'oreille, le teint livide et la respiration saccadée.

Dès leur arrivée, ils avaient constaté une odeur de gaz et Nate avait immédiatement appelé les secours. Malgré les protestations de son ami, Chuck avait refusé de rester au pied de la bâtisse en attendant leur arrivée.

En arrivant au 5ème étage, il repéra une porte soigneusement fermée au bout d'un couloir. S'approchant en silence, il entendit distinctement la voix de Blair derrière la paroi de bois. Il fit signe à ses compagnons de se faire le plus discrets possibles et ils stoppèrent leurs progressions quelques pas derrière lui.

Il ne voyait pas où les deux protagonistes se situaient l'un par rapport à l'autre et tenta de le déterminer au son de leurs voix qui lui parvenaient depuis l'autre côté. L'idée que Russel ait une arme braquée sur elle lui traversa l'esprit. Il ne pourrait jamais se le pardonner si elle était blessée à cause de lui ... ou pire.

Il chassa cette idée de son esprit, il ne devait pas se laisser distraire par ses angoisses en cet instant. Il n'avait pas le temps pour ça. Il devait agir vite et bien. Prendre la bonne décision, au bon moment. Il évalua brièvement les risques et la solidité du matériau qui le séparait de la femme qu'il aimait.

- Je ne comprends toujours pas ce qu'on attend, répéta Blair à son kidnappeur. Et pourquoi vous jouez avec ce briquet ?

- On attend, répondit Russel.

- On attend quoi ? Qu'est-ce que vous voulez de moi exactement ?

- Que le gaz se propage, je l'ai ouvert à fond avant de t'appeler. J'étais certain que tu tomberais dans le panneau et que tu volerais jusqu'ici pour tenter de le sauver, sourit-il, fier de lui.

- Vous pensez que si vous me faites du mal, ça en fera à Chuck et que ça vous soulagera, mais ça ne changera rien à votre douleur.

- Rien ne peux plus atténuer ma douleur, mais j'aurai au moins la satisfaction de mourir en sachant ce qu'il va souffrir atrocement et devoir endurer ça pour le reste de sa vie.

- Et après ? A quoi ça vous avancera ? Vous voulez vous venger de Bart en réalité, je comprends, c'était quelqu'un d'horrible, c'est vrai, mais Chuck n'a rien à voir avec lui. Il n'a rien en commun avec cet homme froid et calculateur qui l'a élevé, ni avec son oncle. Il porte peut-être le nom de Bass mais ça ne fait pas de lui quelqu'un de mauvais pour autant. Si vous lui aviez accordé une seule chance de vous prouver sa valeur, tant humaine que professionnelle, vous auriez réalisé que vous vous trompiez complètement sur lui. La génétique ne fait pas tout.

- On dirait que Chuck n'est pas le seul à avoir encore des sentiments amoureux ! ricana Russel avant qu'un mauvais sourire n’apparaisse sur ses traits.

Ses yeux étaient exorbités, et ses pupilles dilatées par sa folie.

- Qu'est-ce que vous avez toutes après ce type ? C'est quoi son secret pour embobiner les filles ? Raina m'a tenu pratiquement le même langage, s'énerva-t-il soudain en pensant à sa petite fille.

Sa petite fille qui l'avait trahit pour un Bass, tout comme sa femme avant elle. La colère se décuplait à l'intérieur de lui.

- NON ! hurla Blair quand il fit mine d'allumer son Zippo.

Chuck heurta la porte de tout son poids et le chambranle craqua d'un coup sec, surprenant Russel qui suspendit son geste.

- CHUCK ! hurla cette fois la jeune-femme de soulagement en se jetant dans ses bras.

Elle se serra tout contre lui comme il l'attirait vers lui.

- Papa ! intervint Raina en passant le pas de la porte à son tour, suivie de près par Nate et Serena.

- Qu'est-ce que ? ... tu n'as rien à faire là ! cria l'homme à sa fille.

- Pas plus que toi ! Toi non plus tu n'as rien à faire là, papa. Je sais que tu ne voulais pas de mal à maman, tout ça c'était un accident, dit-elle le plus calmement possible sans quitter son père du regard.

- Tu ne m'en veux plus ? s'étonna Russel.

- Si, répondit-elle en lui enlevant le briquet des mains d'un geste rapide. Tu vas devoir répondre de tes crimes, présent et passé. Tu vas te retrouver derrière les barreaux et n'espère pas que je vienne te voir, ne fut-ce qu'une seule fois, parce que ça n'arrivera jamais !

Elle recula lentement pour sortir de la pièce alors que les policiers et les pompiers infestaient les lieux.

Serena sentit la main de Nate frotter doucement son dos de bas en haut pour la rassurer. Elle s'aperçut que les jointures de ses mains étaient blanches tant elle serait celles de son petit-ami.

Blair, elle, était toujours tremblante dans les bras de Chuck.

Le cœur du jeune-homme battait toujours comme un fou. Il avait eu si peur pour elle.

Et maintenant elle était là entre ses bras.



 


katido  (18.04.2013 à 20:56)

 

Il avait eu si peur pour elle.

Et maintenant elle était là, entre ses bras.

Les pompiers se déployaient déjà alors que les jeunes-gens allaient devoir faire leurs dépositions et Russel était emmené, menottes aux poignets.

Chuck voulu s'éloigner de Blair tandis qu'un homme en uniforme lui faisait signe qu'ils devaient le suivre, mais la jeune-femme se raccrocha fermement à lui.

- Ne me lâche pas ... s'il te plaît, ne me laisse pas, souffla-t-elle dans son cou en nouant ses doigts plus forts dans le creux de sa nuque.

Il l'enserra un peu plus étroitement. Fermant les paupières, il laissa les effluves de son shampoing s'instiller en lui. Il ne voulait plus jamais la quitter. Il aurait voulu que le temps se suspende et que ce moment soit figé pour l'éternité.

- Je n'irai nulle part, murmura-t-il au creux de son oreille.

- Promis ? demanda-t-elle en relevant la tête pour plonger ses yeux encore embués dans les siens.

- Promis, répondit-il alors que le policier revenait sur ses pas en râlant, pour les faire sortir de l'immeuble où s'était répandu le gaz, afin que le site puisse être sécurisé.

Elle accepta de briser leur embrase à contrecœur, laissant glisser sa main dans la sienne pour entrelacer leurs doigts. Elle ne dessouda pas sa paume de celle du jeune-homme pendant tout le temps que dura leur brève déposition, le plus urgent étant de s'assurer que le gaz soit dissipé le plus rapidement possible et qu'aucune flamme, ni étincelle ne viennent tout faire sauter.

Les inspecteurs informèrent les cinq jeunes-gens qu'ils étaient attendus au poste dès le lendemain.

Raina, Nate et Serena, décidèrent de se faire escorter par un véhicule de la ville qui les ramena à résidence, laissant la limousine qui les avaient amenée à Chuck et Blair.

Les deux amoureux pourraient ainsi profiter d'un tête à tête.

- Merci, dit la jeune-femme, assise à sa droite sur le siège en cuir.

Leurs phalanges étaient à nouveaux liées l'unes à l'autres. Elle observa les blessures, presque entièrement cicatrisées, qui apparaissaient encore faiblement sur les jointures de Chuck.

- Tu as appelé, j'ai accouru, répondit-il simplement en haussant les épaules, car c'était l'évidence même.

- Mais si tu disparaissais ...

- Tu ne serais plus jamais en danger, la coupa-t-il.

Les remords coulaient à nouveau en lui, courant dans ses veines, le consumant de l'intérieur. Si ce n'avait été à cause de lui, Russel ne s'en serait jamais pris à elle.

- Tu n'es pas responsable des agissements des autres, Chuck, expliqua-t-elle doucement, refusant de laisser aller sa main.

- Mais je suis responsable des miens, soupira-t-il.

Son cœur était à nouveau si lourd.

- Je ne pourrai jamais me pardonner ce que je t'ai fait Blair, reprit-il.

- Mais moi, je le peux. Je t'ai pardonné, il y a longtemps déjà, parce que je t'aime et que je sais que tu te détestes bien assez pour nous deux. Tu as toujours été une personne sombre et torturée Chuck. Les médecins avaient raison, cette amnésie, c'était un écran de protection que ton corps avait trouvé pour te permettre de continuer à vivre après tout ça.

Chuck se remémora les propos que son psychiatre avait prononcés lors d'une de leurs dernières entrevues.

« Ce que vous n'arriviez pas à gérer, ce n'était pas d'avoir été agressé, mais de ne pas avoir réussi à préserver la bague qui symbolisait votre histoire d'amour avec la femme à qui appartient votre cœur. »

- Si ton cerveau refusait que tu te souviennes, c'est tout simplement parce que la douleur était trop lourde à supporter, ajouta Blair. Et, sincèrement, même si j'ai ardemment souhaité le contraire, je pense aujourd'hui qu'il aurait mieux valu que tu ne te souviennes jamais.

- C'est pour ça que tu m'as menti ? Que tu n'as pas voulu me donner la vraie raison de notre rupture ? demanda-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.

Blair sentit son estomac remonter dans sa gorge, la jeune-femme tenta de maîtriser les battements dans sa cage thoracique. Le moment qu'elle redoutait plus que tout, y compris le retour de Jenny Humphrey, était arrivé.

- Je t'ai dis que ton oncle était reparti mais ce n'était pas sans avoir fait des dégâts au préalable, entama-t-elle doucement sans cesser de le regarder au fond des yeux.

Elle voulait atteindre son âme, elle avait besoin qu'il comprenne pour pouvoir commencer à être plus indulgent avec lui-même. Tant qu'il se fustigerait sans cesse et sans demi-mesure, il ne trouverait pas le repos et ils ne pourraient pas avancer.

- Je sais parfaitement pourquoi tu as fait ça, Chuck. Tu as tout simplement chercher ce qui pourrait m'éloigner de toi, à coup sur. Parce que c'était moins difficile à gérer pour toi, si tu maîtrisais la chose plutôt que d'attendre que je t'abandonne un jour, comme ta mère venait de le faire encore. Comme toutes les personnes que tu as aimées l'ont fait à un moment donné dans ta vie.

Elle passa tendrement une main sur sa tempe et lissa une mèche de ses cheveux, retombée sur son front, avant de reprendre plus doucement.

- Tu voulais pouvoir contrôler tes émotions pour ne pas les laisser t'engloutir et te ramener à la pire chose que tu aies jamais ressentie. Ça faisait moins mal si tu choisissais d'être seul et si tu en étais responsable. C'était dans ta logique des choses.

Elle caressa son menton pour l'obliger à relever la tête et affronter son regard.

Il n'y vit que l'amour absolu, celui qu'il avait cherché toute sa vie. Il était là, devant lui, à sa portée, il n'avait même pas à tendre la main, juste à refermer ses paumes, pour le saisir.

- Tu t'es toujours senti coupable d'être seul. Tu as toujours cru tout était de ta faute, que tu n'étais pas digne d'être aimer. Bart t'a bien appris que, quoi que tu fasses, tu ne serais jamais à la hauteur et que tu ne mériterais jamais d'être aimer tel que tu es. Mais changer ton nom ne changera pas qui tu es vraiment à l'intérieur.

- C'est un bon début, une chance de vivre autrement, simplement, de gagner le respect des gens … et … et peut-être ... que ... je finirai pas devenir une personne que quelqu'un pourra aimer un jour.

- Quelqu'un t'aime déjà, Chuck, comme elle ne pensait même pas qu'il soit possible d'aimer, sourit-elle un peu timidement. A vrai dire, je ne suis pas le seul cas que je connaisse à Manhattan qui s'est attaché à toi. C'est juste un autre mensonge de Bart. Un de plus. Tu as le droit d'être aimer.

Elle porta la main de l'homme qui faisait tambouriner son cœur comme un fou, à ses lèvres et y déposa un baiser.

- Par contre, tu n’as pas le droit, vis-à-vis de cette personne, et de tous ceux que tu laisseras derrière toi, de prendre la fuite. Je ne pense pas que l'homme dont tu parles et que tu aimerais devenir soit un lâche. Je pense qu'il affronterait ce qu'il a fait.

- J'ai détruit, la seule chose qui comptait vraiment pour moi, la plus belle qui me soit jamais arrivée. Notre histoire est la seule chose qui ait été réelle. Tout le reste de ma vie n'est qu'un énorme mensonge depuis le jour de ma naissance. Tu es la seule personne que j'aie jamais aimée à ce point.

Il eut un petit rire amer.

- Je n'avais même pas idée qu'il soit possible d'aimer à ce point ! Et pourtant, je t'ai traitée comme si tu étais une de mes propriétés, comme si tu m'appartenais, comme si tu m'étais acquise. Comment peux-tu seulement envisager de vouloir vivre quoi que ce soit avec moi ? Comment peux-tu même supporter d'être dans le même espace que moi ?

- Parce que tu n'arrives pas à faire la paix avec toi-même, tu penses que le mieux pour moi serait d'être le plus loin de toi que possible. Cependant, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Je t'aime et je serai toujours là, Chuck ! Je ne vais pas t'abandonner, jamais. Je resterai avec toi même à travers tes périodes les plus sombres, tes idées les plus noires, parce que vivre sans toi, c'est encore pire que tout le reste.

- Tu dis ça parce que j'ai toujours été là, tapis dans l'ombre quelque part, mais tu ne sais pas à quoi ressemblerait ta vie sans moi. Tu serais libre de quitter les ténèbres, plus personne ne t'attirerait vers le côté obscur.

- Ce que je sais, c'est que, lorsque j'aperçois mon reflet dans tes yeux, je me sens magnifique. Et si seulement, toi, tu pouvais te mirer à travers moi, tu discernerais les trésors qui sont enfouis, là, répondit-elle en posant une main sur son pectoral gauche. Tu ne douterais plus de ta capacité à me rendre heureuse. Si tu n'as pas foi en toi, alors, aies foi en moi.

- Tu as un prince qui t'attend, qui fera de ta vie le conte de fée dont tu as toujours rêvé, s'entêta-t-il. Il est censé te demander de l'é ...

Il se tut, plissant durement les paupières pour effacer les images qui prenaient place dans sa boite crânienne et s'incrustaient dans son cerveau. Il ne pouvait pas prononcer ce mot là. Tout son corps se révoltait à la simple pensée qu'elle se donne à un autre. Aucun de ses organes ne voulait coopérer pour le formuler oralement.

- Pourquoi une princesse voudrait-elle d'un prince-crapaud quand elle a déjà un magicien qui peut enchanter ses jours et ses nuits ? demanda-t-elle, effleurant cette fois sa pommette.

- Et si j'échoue ? Si je te rendais plus malheureuse que tu ne l'as encore jamais été ?

- Et si tu me rendais plus heureuse que je ne l'ai jamais été ?

Elle le vit délibérer intérieurement, pesant le pour et le contre.

- C'est un risque que je suis prête à courir, assura-t-elle. Je ne dis pas que ce sera facile, ni que tout sera toujours rose, mais on se doit l'un à l'autre d'au moins d'essayer. Tu pourrais peut-être commencer par reprendre ta thérapie. Ou, nous, pourrions en commencer une, tous les deux. Une thérapie de couple même, si tu veux.

Elle vit ses résolutions faiblir dans les prunelles sombres qui la scrutaient, cherchant une raison de douter, de se retrancher dans sa tour d'ivoire, seul, bien à l'abri des souffrances auxquelles on s'expose quand on ouvre son cœur et son âme.

- On pourrait avoir une nouvelle vie, ici. Une nouvelle chance, pour toi, pour moi, pour nous, de tout recommencer. Il suffit juste que tu oses faire le pas. Laisse-moi juste t'aimer, c'est tout ce que je te demande. Cesse de lutter contre toi-même et écoute ton cœur, laisse le te guider sur le chemin de notre bonheur.

- La seule chose que je veux c'est ton bonheur, lui assura-t-il.

- Alors prend la bonne décision, parce que tu le tiens dans le creux de ta main. Tu peux être celui qui m'abandonnera et fera du reste de ma vie un véritable enfer sur terre ou celui qui la rendra encore plus merveilleuse que l’Éden chaque jour jusqu'au dernier.

Elle posa sa main sur l'arrête de sa mâchoire et il referma ses paupières. C'était si bon, si doux, de sentir la caresse de ses doigts. Elle faisait naître tant de chose en lui d'un simple frôlement de sa peau sur la sienne.

- Tu es certaine  que c'est ce que tu veux ? demanda-t-il encore en rouvrant les yeux pour les plonger à nouveau dans l'âme de la femme qui avait le pouvoir de changer sa vie et qui lui avait appris le sens des mots « amour » et « bonheur ».

Elle était certainement magicienne elle aussi, à ses heures perdues, et devait lui avoir fait boire un philtre d'amour sans qu'il ne s'en rende compte, pour avoir réussi à l'ensorceler et à l'attacher à elle de cette façon, pour l'éternité.

Elle se pencha doucement vers lui et posa ses lèvres sur les siennes, tout en tendresse, avant d'agripper fermement ses cheveux dans le creux de sa nuque pour approfondir leur baiser.

Ils ouvrit la bouche pour faire danser sa langue contre la sienne, à la recherche de sa luette, quelque part au fond de sa gorge, tandis qu'elle pressait son corps contre le sien, dénouant son nœud papillon, laissant glisser le morceau de soie sur le sol de la limo pour pouvoir insinuer ses paumes sur son torse, sous la chemise dont elle venait déjà d'arracher deux boutons.

Les mains de Chuck glissèrent le long de sa taille fine, puis de ses hanches à ses cuisses pour remonter de l'autre côté de l'étoffe de la robe du soir qu'elle avait choisie et qui épousait parfaitement ses formes, il y a encore quelques secondes.

I don't want this moment *
To ever end
Where everything's nothing, without you

Je ne veux pas que ce moment
Ne se termine jamais
Où tout n'est rien, sans toi

I'll wait here forever just to
To see you smile
'Cause it's true
I am nothing without you

J'attendrai ici pour toujours juste pour...
Pour voir ton sourire
Car c'est vrai
Je ne suis rien sans toi

Through it all
I've made my mistakes
I'll stumble and fall
But I mean these words

À travers tout cela
J'ai fait des erreurs
Je trébucherai et tomberai
Mais je veux dire ces mots

I want you to know
With everything, I won't let this go
These words are my heart and soul
I'll hold on to this moment you know
As I bleed my heart out to show
And I won't let go


Je veux que tu saches
Qu'avec tout ça, je ne lâcherai pas prise
Ces mots sont mon cœur et mon âme
Et je m'accrocherai à ce moment, tu sais
Pendant lequel je t'ouvre mon cœur
Et je n'abandonnerai pas

Thoughts read unspoken
Forever and now
Pieces of memories
Fall to the ground
I know what I did and how so
I won't let this go
'Cause it's true
I am nothing without you

Pensées inexprimées
Maintenant et à jamais
Des fragments de souvenirs
Tombent sur le sol
Je sais ce que j'ai fait et comment alors
Je n'abandonnerai pas
Car c'est vrai
Je ne suis rien sans toi


On the streets, where I walked alone
With nowhere to go
I've come to an end


Dans les rues, où j'ai marché seul
Avec nulle part où aller
J'en suis venu à une conclusion

I want you to know
With everything, I won't let this go
These words are my heart and soul
I'll hold on to this moment you know
As I bleed my heart out to show
And I won't let go

Je veux que tu saches
Qu'avec tout ça, je ne lâcherai pas prise

Ces mots sont mon cœur et mon âme
Et je m'accrocherai à ce moment, tu sais
Pendant lequel je t'ouvre mon cœur
Et jJe n'abandonnerai pas

In front of your eyes
It falls from the skies
When you don't know what you're looking to find
In front of your eyes
It falls from the skies
When you just never know what you will find

En face de toi
Ça tombe des cieux
Quand tu ne sais pas ce que tu cherches à trouver
En face de toi
Ça tombe des cieux
Quand tu n'as jamais su ce que tu trouverais

What you will find

What you will find

What you will find

What you will find

Ce que tu trouveras

Ce que tu trouveras

Ce que tu trouveras

Ce que tu trouveras

I don't want this moment
To ever end
Where everything's nothing, without you

Je ne veux pas que ce moment
Ne se termine un jour
Où tout n'est rien, sans toi


I want you to know
With everything, I won't let this go
These words are my heart and soul
I'll hold on to this moment you know
As I bleed my heart out to show
And I won't let go

Je veux que tu saches
Que je ne lâcherai pas prise
Ces mots sont mon cœur et mon âme
Et je m'accrocherai à ce moment
Pendant lequel je t'ouvre mon cœur

Je n'abandonnerai pas

I want you to know
With everything, I won't let this go
These words are my heart and soul
I'll hold on to this moment you know
As I bleed my heart out to show
And I won't let go

Je veux que tu saches
Que je ne lâcherai pas prise
Ces mots sont mon cœur et mon âme
Je m'accrocherai à ce moment
Pendant lequel je t'ouvre mon cœur
Je n'abandonnerai pas 


* «  With Me » Sum 41






katido  (19.04.2013 à 20:12)

 

Blair ouvrit lentement les paupières et un sourire s'étira sur son joli minois à la vue de Chuck qui l'observait intensément.

- Bonjour, murmura-t-elle en se collant tout contre lui.

Non qu'elle soit loin, mais elle était encore trop éloignée à son goût.

La nuit de la Saint Sylvestre avait été un véritable feu d'artifice et pas seulement à cause des explosions de poudre colorée qui illuminaient le ciel au cap de l'année nouvelle. Une année nouvelle qui s'annonçait sous les meilleures auspices.

- Bonjour, chuchota-t-il contre le lobe de son oreille.

Il replaça une mèche qui dépassait de ses boucles brunes, jouant d'abord avec la matière soyeuse entre ses doigts.

Dieu qu'il aimait l'odeur de ses cheveux, la douceur de sa peau , le goût de ses lèvres.

Il ne put résister à la tentation de l'embrasser encore.

Il l'embrasserait chaque jour jusqu'au dernier. Il ferait de sa vie une fantasmagorie, pour qu'elle puisse évoluer dans un rêve éveillé. Pour que ses désirs deviennent réalité. Il ne se laisserait plus jamais lui faire le moindre mal, ni lui, ni quiconque. Il la rendrait heureuse, sans jamais faillir à sa mission.

- Je t'aime, marmonna-t-il, ses lèvres collées aux siennes.

- Je t'aime aussi, sourit-elle contre sa bouche.

Elle glissa lentement sur l'arête de sa mâchoire puis dans son cou. La nuit n'avait pas étanché sa soif de lui. Elle ne serait jamais rassasiée de sa peau, du feu que déclenchaient ses caresses sur la sienne, de la senteur de son parfum, du goût de sa langue lorsqu'elle dansait contre la sienne.

Elle se laissa enivrer par les sens qu'il mettait en émoi.

Il se laissa emporter par le plaisir qu'elle faisait naître en lui.

Ils en étaient là quand ils entendirent plusieurs coups sourds portés à la porte de la chambre de Blair.

La jeune-femme grommela contre son torse et enfouit sa tête sous les couvertures, continuant sa progression vers le sud, à un endroit très, très chaud.

- Blair, gémit-il alors que l'intrus tambourinait à nouveau contre la paroi.

- Hmm, répondit-elle agacée.

Ne pouvaient-ils pas avoir au moins rien qu'une matinée rien que pour eux  ?

Elle soupira et laissa reparaître son visage hors des draps, le tapage ne cesserait manifestement pas.

Elle allait tuer Serena !

Elle fit une petite moue boudeuse à l'homme qui avait partagé sa nuit et laissa tomber un dernier baiser sur son épaule avant de souffler de mécontentement.

Chuck s'installa proprement, alors que Blair enfilait sa robe de chambre et que les coups retentissaient à nouveau.

- Non mais c'est pas possible. QUOI ? hurla-t-elle en ouvrant la porte à la volée.

Elle haleta, sous le choc et sentit la panique envahir le corps qui était en ébullition la minute précédente. La fièvre de la passion était retombée, définitivement !

Le jeune-homme, assis contre la tête de lit, sentit son estomac remonter dans sa gorge quand il vit se dessiner Harold Waldorf sur le pas de la porte.

- Bonne année Blairbear ! sourit son père, avant de noter la présence de tout autre chose qu'un ourson en peluche dans le lit de sa petite fille.

- Papa ? Je ... je ne ... j'ignorais que tu devais venir. Je veux dire ... maman m'avait dit que vous passeriez la nouvelle année ensemble, avec Cyrus et Roman et je ... pensais que ... enfin, je veux dire, je ne pensais pas ... Je suis un peu surprise de te voir ici aujourd'hui, balbutia-t-elle, prise totalement au dépourvu.

- Pas autant que moi ! s'exclama Harold sans quitter Chuck des yeux.

Eléanor lui avait conté les dernières amours de sa fille. N'était-elle pas censée se fiancer au prince de Monaco ?

- Je croyais que tu ... enfin que vous, bégaya-t-il à son tour, son regard allant à présent sans cesse de sa fille au jeune-homme, qui était blanc comme un linge.

Il n'avait jamais été dans ses intentions de se confronter au père de Blair de si tôt et encore moins dans cette situation. Il osait à peine respirer.

- Est-ce qu'elle a été surprise ? questionna la voix d'Eléanor depuis la palier.

- Je crois qu'on peut dire ça, oui ! affirma son ex-mari.

- Si vous descendiez. On vous rejoint à la cuisine pour le petit-déjeuner, improvisa Blair.

Inutile que tous ses parents débarquent dans sa chambre, elle entendait déjà les pas de Cyrus dans les escaliers.

Elle poussa gentiment son père dehors et ferma vivement la porte.

Chuck pensa qu'il pourrait enfin prendre une goulée d'air mais il était toujours paralysé, incapable de bouger le moindre muscle.

- Dépêche, le secoua B en posant une main sur son bras.

Un courant électrique passa de sa peau à la sienne.

- Il va me tuer, grimaça Chuck, retrouvant l'usage de la parole.

Blair s'assied sur le lit, à côté de lui.

- Personne ne va tuer personne, proféra-t-elle, priant intérieurement pour avoir raison. Mon père est quelqu'un de civilisé et il se doute bien que je ne suis plus vierge à mon âge et ...

Elle s'arrêta devant la pâleur du visage exsangue de son ex-re-petit-ami.

C'est à lui qu'elle avait offert sa virginité, mais c'était il y a déjà plusieurs années et comme elle venait de le lui signifier, Harold Waldorf était un être des plus civilisés.

- Je te promets que ça va bien se passer, l'encouragea-t-elle d'un sourire qu'elle souhaitait convaincant. Après-tout tu as déjà pris le petit-déjeuner avec ma mère et c'est elle le dragon de la famille, alors ...

- Je ne vais pas m'asseoir en face de ton père, à la table du petit-déjeuner, interjeta-t-il. Tous tes parents sont là et ... il est plus qu'évident qu'ils ne pensaient pas te trouver avec moi. Je suis certain que ta mère à déjà fini de coudre ta robe pour le mariage princier et que Cyrus ...

- Hé, du calme ! l'interrompit-elle en prenant son visage entre ses mains. On voulait un nouveau départ, on en a un ! Les membres de la famille Waldorf-Rose vont devoir s'habituer à te voir aux petits-déjeuners, brunchs, dîners et toutes les autres réunions familiales parce qu'il est hors de question que tu échappes à tout ça.

- Blair ...

- Imagine ce que ce sera le jour où on leur annoncera que je suis enceinte de toi et tu verras, ce sera un jeu d'enfant ! ironisa-t-elle.

Il posa les yeux sur elle. Elle était tout à fait sérieuse sous son petit sourire narquois et son cœur trembla à l'idée qu'elle venait de faire renaître en lui à l'instant.

Elle voulait porter son enfant !

Un petit être qui dépendrait entièrement d'eux, de lui ?

Il fut pétrifié en une fraction de seconde.

La suivante, son cœur dansait de joie.

Elle voulait porter son enfant !

Elle voulait qu'il soit le père de son, de ses, enfants, se reprit-il parce qu'il comptait bien avoir une famille aussi nombreuse que possible. Aussi nombreuse que le souhaiterait ... sa femme.

Un sourire naquit sur son visage, un vrai, le sourire du bonheur qu'il voyait se profiler à l'horizon.

Il l'attira soudain à lui si rapidement que sa bouche était sur la sienne avant même qu'elle n'ait le temps de s'en rendre compte.

Elle répondit à son baiser sans se faire prier, oubliant tout le reste, y compris que ses pères et sa mère les attendaient dans la salle à manger.

 


katido  (20.04.2013 à 20:03)

  5 ans plus tard

Chuck Bass s'avança dans l'allée quand les premiers accords du quatuor à cordes s'élevèrent dans l'air. Le temps était relativement doux à New- York en ce jour de fin septembre.

Il croisa le regard de Raina Thorpe qui souriait aux anges sous son voile blanc.

La mariée était resplendissante et s'appliquait à marcher au rythme de la musique.

Elle resserra ses phalanges sur l'avant-bras du jeune-homme, froissant son smoking par la même occasion. Ce n'est pas qu'elle n'avait pas l'habitude de marcher sur des talons de huit centimètres, mais elle n'avait encore jamais eu à descendre une allée bordée de jonquilles, ses fleurs préférées, pour atteindre l'arche d'alliance. A côté, gérer une vingtaines d'hommes d'affaires et de traders dans une salle de réunion devenait une activité de maternelle.

Chuck posa ses doigts sur les siens pour la rassurer. Il l'avait prévenue, mais elle n'avait jamais imaginé que ce serait si intense. Après tout, ils se connaissaient depuis assez longtemps maintenant. Assez longtemps pour qu'il lui demande sa main.

Elle sentait son cœur qui tambourinait dans sa poitrine, dans quelques minutes elle serait unie pour le meilleur et pour le pire à l'homme de sa vie.

Lorsque Chuck prit sa main dans la sienne pour la donner à Jason, elle eut l'impression qu'elle allait défaillir. Comment se faisait-il qu'il fasse si chaud un 27 septembre ?

Son frère d'hôtel, comme elle l'appelait souvent, lui fit un clin d’œil avant de rejoindre sa place au 1er rang entre Henry et Lily. Il sourit à Blair qui tenait le bouquet de Raina. Elle était magnifique dans la robe que lui avait confectionnée Eléanor.

La brune, têtue, avait tenue à être la demoiselle d'honneur d'une des meilleures amies et associées de son mari, qui était également devenue une de ses plus proches amies au fil des dernières années.

Le pasteur avait promis de faire court, Raina et Jason ne voulaient pas d'une longue cérémonie. Ce qui arrangeait parfaitement B car elle avait du mal à ne pas utiliser les toilettes toutes les 45 minutes.

Elle se plaignait sans cesse des kilos qu'elle avait pris et se morfondait de ne pouvoir inspecter la couleur du vernis que Dorota apposait sur les ongles de ses orteils. Mais en réalité, ce qu'elle attendait le plus impatiemment, c'était de voir la petite bouille toute rondelette et fripée de leur fille dans quelques semaines.

Pour sa part, Chuck adorait ses rondeurs et en était même complètement dingue. Il aurait pu passer toute ses journées à caresser son ventre rebondi ainsi qu'à y chuchoter des comptines et des contes merveilleux.

Dans ces moments là, Blair souriait, allongée sur leur lit, derrière la dernière édition de son magasine de mode « BW », prétendant ne rien entendre de tous ces princes et ces dragons qui se battaient pour l'amour d'une princesse.

Il y avait souvent un magicien qui apparaissait pour veiller sur la belle, afin de s'assurer que le prince en étaient bien un !

Du coin de l’œil, le beau brun repéra Will Archibald qui commençait à s'agiter sur les genoux de sa sœur.

- Donne le moi, dit Nate à voix basse.

Il déposa un baiser rapide sur les lèvres de son épouse et saisit leur fils de deux ans à peine dans ses bras pour quitter la cérémonie et le balader dans le jardin du Palace, où étaient installées les tables pour la fête qui s'ensuivrait.

Henry gigota lui aussi sur sa chaise et tira sur la manche de son père pour que Chuck se penche vers lui.

- Est-ce que maman était aussi belle que Raina le jour de votre mariage ? demanda-t-il tout bas.

- Encore plus, lui assura son papa.

Il fit signe à son fils de se tenir tranquille en posant un index sur ses lèvres et le petit garçon de quatre ans fit de son mieux pour que son père soit fier de lui, alors que celui-ci s'absorbait dans ses souvenirs.

*****

- Épouse-moi, demanda-t-il lorsqu'il relâcha ses lèvres.

Son cœur tangua dans sa poitrine et elle sentit les larmes affluer à ses cils sans prévenir.

- Épouse-moi, répéta-t-il.

Soudain une frayeur encore plus grande l'envahit.

Et si elle disait non ?

Si il allait trop vite ?

- Oui, cria-t-elle, folle de bonheur. Oui, oui, oui.

Elle se jeta à nouveau sur sa bouche. La fièvre, tombée lorsque son père était apparu sur le seuil de sa chambre, reprenant possession de chacune de ses fibres.

Mais Dorota veillait au grain.

- Miss Blair, vos parents vous attendent dans la salle à manger ! ... Vous aussi Monsieur Chuck ! ajouta-t-elle en dernier avertissement depuis l'autre côté de la porte.

Elle aurait tout aussi bien leur jeter un seau d'eau glacée.

Blair se demanda si la Polonaise n'avait pas réellement installé des caméras dans sa chambre ou si elle avait une vue à rayon x qui lui permettait de voir ce qui se passait en regardant à travers les murs.

- Ton père, articula Chuck, en reprenant haleine. Il faut que je lui demande ta main.

- Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? J'ai déjà dis, oui.

- Je sais, mais je veux faire les choses bien. Je veux qu'il sache que je ne ferai plus jamais rien qui brisera le cœur de sa fille et que je la traiterai avec respect et considération. Il doit savoir que tu seras ma 1ère priorité, que rien n'a plus de valeur que ton bonheur à mes yeux. Je veux qu'il sache que même si je ne suis pas un prince ...

- Chuck, soupira Blair en encadrant de ses mains chaque côté de son visage.

- Même si je ne suis pas un prince, tu te sentiras comme une véritable princesse, poursuivit-il en posant son front contre le sien, paupières closes. Je t'offrirai le monde, à commencer par mon royaume, Manhattan. Tu en as toujours été la reine et ce n'est pas près de changer. Nous allons régner sur cette ville en seigneurs et maîtres comme nous étions destinés à le faire. Ensemble.

- Depuis quand tu crois au destin ? le taquina-t-elle, adhérant totalement au programme.

- Depuis que tu m'as embrassé à l'arrière de cette limousine, il y trois ans, proclama-t-il d'une voix un peu rauque.

Elle l'embrassa tendrement, langoureusement et ils ne seraient sans doute pas parus à l'étage inférieur avant le début de l'après-midi, si une employée fidèle n'était venue les rappeler à l'ordre encore une fois.

Une semaine plus tard, Chuck organisait une des réceptions les plus somptueuses que l'Upper East Side ait jamais vue pour célébrer leurs fiançailles et toutes les femmes de la salle étaient vertes de jalousie devant la pureté et l'éclat du diamant parfait qui ornait sa bague.

Il était la perfection même : carats, clarté, charisme. Une splendeur telle que celle-là était digne de toutes les princesses du monde.

Digne de la beauté de la plus belle d'entre toutes, la princesse de Manhattan, avait déclaré son futur époux, un genou à terre quand il lui avait demandé sa main pour la 2ème fois, se conformant à tous les codes d'usages de la bonne société et des films d'amour que Blair adorait tant.

Chuck avait affronté Harold ce matin là.

Il avait demandé à lui parler en aparté et avait professer ses sentiments pour Blair à celui dont elle serait toujours la petite princesse quel que soit le nombre des années.

Somme toute, le dragon n'avait pas été si terrible à terrasser, pas quand leur bonheur était en jeu. Même si B s'y trompait lourdement. Quand il s'agissait de Blairbear, c'était bien son père le plus terrifiant.

*****

Chuck le serait tout autant avec celui qui oserait prétendre vouloir faire le bonheur de sa fille, sinon plus. Il ne laisserait jamais quiconque lui faire du mal. A elle ou à l'une de ses sœurs à venir.

Il posa à nouveau les yeux sur sa femme et sentit son cœur battre comme un fou quand le pasteur déclara les jeunes mariés, mari et femme, alors qu'il plongeait dans les prunelles chocolat de celle qui avait fait de sa vie un véritable conte de fées.



FIN




katido  (21.04.2013 à 10:08)

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