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Interdit aux moins de 16 ans

Le cycle de la vie

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi 

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Sully s'étira lentement et frotta son dos endoloris.

Malgré l'air frais qui régnait à cette altitude, sa chemise était trempée de sueur et ses longs cheveux collaient à sa peau sur son front et sur sa nuque.

Il se pencha pour attraper la gourde qui se trouvait à ses pieds et étancha sa soif avec avidité avant de faire le point.

A environ vingt mètres de la cabane branlante, se trouvait désormais une tombe fraîchement érigée.

Bien que rudimentaire, celle-ci était recouverte de pierres et de branchages afin d'empêcher les animaux sauvages de venir creuser dans le sol rendu meuble.

Durant tout le temps passé à ce travail harassant, il avait du affronter encore et encore cette image atroce qui obsédait ses pensées; celle d'un homme affreusement défiguré, étendu mort sur le plancher de sa cabane, baignant dans une épaisse marre de sang séchée.

Il avait déjà vu des morts auparavant, mais la mort de cet homme l'avait particulièrement atteint et affecté.

Il essayait de se convaincre du fait que Deeg n'avait plus toute sa raison, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que son acte avait tout de même été prémédité depuis longtemps, bien avant que lui et Michaela n'entreprennent ce voyage insensé à travers les montagnes.

Il jeta un coup d’œil à sa femme qui était assise à même le sol devant la cabane, adossée contre le mur au bardage rugueux.

Tout comme lui, elle n'était pas capable de supporter l'odeur de la mort qui régnait à l'intérieur et s'était réfugiée au soleil.

Elle était étrangement calme et silencieuse depuis qu'elle avait découvert le corps de Deeg le matin même et Sully se faisait du souci pour elle.

Il craignait qu'elle ne se croie toujours responsable de la mort de cet homme et ne savait comment s'y prendre pour lui faire regarder les choses autrement.

Elle avait voulu l'aider pour creuser la tombe, mais malgré le choc et le malaise qu'il éprouvait, c'était une affaire d'homme.

Elle s'était donc attelée à la tache d'essayer de nettoyer un peu la cabane.

La mare de sang séché sur le sol crasseux était désormais recouverte de vieux sacs de farine et de couvertures élimées.

Après leur déjeuner plutôt lugubre, elle s'était plongée dans la lecture d'une sorte de manuscrit qu'elle avait trouvé dans la cabane et paraissait totalement captivée par son contenu.

Il l'avait observée à la dérobée plus d'une fois tout en recouvrant la tombe, mais elle n'avait pas une seule fois relevé la tête.

Incapable de contenir sa curiosité plus longtemps, il se rapprocha d'elle avec désinvolture, puis, s’arrêtant à quelques pas de l’endroit où elle était assise, attendit qu'elle se rende compte de sa présence.

Comme elle n'en fit rien, il se raclât la gorge et toussa à plusieurs reprise avant de l'appeler doucement. « Michaela ? »

Elle leva légèrement la tête et cligna des yeux pour affronter la lumière éblouissante du soleil de ce début d'après midi.

« Qu'est-ce que tu lis ? » Lui demanda-t-il.

Ses yeux se posèrent de nouveaux sur le livre ouvert sur ses genoux et elle laissa courir ses doigts le long des lignes serrées d'écriture manuscrite, aux lettres fines et soignées.

A sa grande surprise, elle referma le livre et se releva maladroitement.

C'est seulement lorsqu'elle put le regarder dans les yeux, qu'elle lui présenta le livre en disant avec solennité « Il s'appelait David James Parrish et ce n'était pas un prisonnier évadé, Sully... Voici son journal. »

Il fronça les sourcils et s'empara du livre recouvert d'une couverture de cuir. « Ah, non ? » Répondit-il, un peu gêné par le ton solennel de sa voix.

Elle secoua la tête.

« Non, absolument pas... Peut-être ferais-tu bien de lire ceci pendant que je prépare un peu de café. »

Sur ce, elle fit demi-tour et s'éloigna en direction de leur campement, le laissant planté là, devant la cabane, le livre fermé dans sa main.


okapi  (20.01.2013 à 12:00)

Chapitre 34

Michaela laissa Sully seul avec le mystérieux journal pendant près d'une demi-heure, espérant que sa curiosité le pousserait à l'ouvrir et à en commencer la lecture.

Elle avait été profondément touchée par son contenu et savait qu'il en serait de même pour Sully, peut-être même encore plus.

En approchant de la clairière, elle fut ravie de constater qu'il était bien en train de le lire.

Il était assis à la place même qu'elle avait occupée peut de temps auparavant et semblait à son tour totalement absorbé par le récit de l'auteur.

Ce ne fut que lorsqu'elle s'immobilisa à ses pieds qu'il remarqua sa présence, il releva alors la tête lui dévoilant un regard anormalement brillant.

Elle lui tendit une tasse de café fumante et s'assit à ses côtés en s'appuyant contre le mur de la cabane.

« Alors ? » Demanda-t-elle doucement.

Il ferma le journal et secoua la tête d'un air abasourdi.

« Les Esprits nous ont guidés jusqu'ici, n'est-ce-pas ? » Murmura-t-il. « Et pendant tout ce temps, je pensais que nous étions partis à la chasse aux fantômes... Mais ils voulaient que nous arrivions jusqu'ici. »

Elle déposa sa main dans la sienne et appuya sa tête sur son épaule. « Les voix du destin sont impénétrables, Sully ! » Dit-elle simplement. « Je suppose que c'est un exemple de plus qui donne raison à cet adage. »

Il acquiesça et prit une profonde inspiration avant d'ouvrir de nouveau le journal à la première page, comme s'il voulait partager tout ce qu'il en avait à dire avec Michaela.

Dans le silence de la nature sauvage qui les entourait, il commença à lire à haute voix.

 « Enfin libre !
Voilà une chose étrange à écrire alors que je sais que je devrais être sur mes gardes jusqu'à la fin de mes jours, mais c'est ce que je ressens.
J'attendais cela depuis si longtemps.
Les événements qui ont marqué  ces dernières semaines n'ont fait que renforcer mon désir de quitter mon poste au plus tôt, afin de mettre le plus de distance possible entre moi et le reste de l'humanité, tant je suis écœuré par le rôle que j'ai dû tenir depuis ces derniers mois.
J'aurais dû écrire « Que l'on m'a forcé à tenir » mais je n'en suis plus si sûr désormais.
Peut-on réellement obliger un homme à commettre des actes aussi barbares ? Est-on encore en possession de son libre arbitre lorsque l'on a volontairement accepté de jouer un rôle de sous-fifre ?
Et voilà qu'aujourd'hui je suis là, installé au beau milieu de ces si magnifiques Montagnes Rocheuses, celles-là même que je contemplais dans le lointain l'année dernière.
Je ressentais à leur vue tant d'émotions variées que j'ai tout de suite su que c'était là que je devais me rendre.
Elles sont désormais mon havre, mon refuge.
Je sais qu'ils sont après moi et qu'ils me pendront s'ils me trouvent.


okapi  (21.01.2013 à 14:47)

Suis-je un traître ?
Je ne le pense pas, cependant, c'est ainsi qu'ils me considèrent.
Pour ma part, être considéré comme tel par ceux qui se sont autoproclamés juges et détenteurs des pleins pouvoirs, de ceux qui ont décrété que le meurtre était un devoir légal, ne m'empêche pas de vivre.
J'aurai toujours honte de mes actes accomplis dans le cadre de mes fonctions, même si pour le corps de l'armée, ils sont soit disant qualifiés « d’actes héroïques ».
Le massacre de Whashita hantera mes souvenirs jusqu'à la fin de mes jours.
Je ne peux plus fermer les yeux sans revoir tous ces visages terrifiés.
Tous ces yeux bruns remplis d'effroi me fixent à jamais, comme l’œil de Dieu dans la tombe de Caen.
Je n'aurai plus jamais l'esprit en paix et mon âme tourmentée ne trouvera plus jamais le repos.
Je ne peux que prier pour que Dieu me pardonne mes pêchés. »

Sully marqua une pause et poussa un profond soupir. Ses mains tremblaient en tenant le journal et Michaela caressa doucement son bras pour l'encourager à reprendre sa lecture.

« Quelques fois, il me semble que j'ai imaginé tout cela, que ce n'est qu'un mauvais rêve.
Mais, je ne fais que me bercer d'illusions en espérant ne pas m'être sali les mains en prenant part à de telles atrocités.
Savoir que j'ai contribué à quelque chose de si horrible, de si infâme, m'est simplement insupportable.
Pendant des mois, j'ai essayé de me convaincre que l'élimination des commandos indiens, des guerriers qui fomentaient des attaques contre des collègues ou tout autre citoyen américain pouvait être justifiée.
Je réalise à présent que je me trompais lourdement.
Ces petites bandes de Renégats, cherchant principalement de quoi nourrir leurs familles, ne présentaient guère de danger pour nous ou pour quiconque.
Et puis, il y eut Washita.
Obéissant aux ordres de Custer, nous étions en patrouille dans les alentours de la réserve indienne depuis plusieurs jours.
Il savait pertinemment que nous finirions par tomber sur le campement cheyenne mais ne nous avait pas informés de notre réelle mission.
Le cinquième jour, à la tombée de la nuit, nous aperçûmes des spirales de fumées s'élevant dans l'air frais à une faible distance de notre position.
C'est là que Custer nous dévoila ses ordres véritables.
Nous devions attendre l'aube et attaquer le campement.
Nos éclaireurs nous avaient rapporté que ce groupe d'Indiens était principalement composé de vieillards, de femmes et d'enfants, c'est pourquoi certains d'entre nous exprimèrent leur surprise en entendant de tels ordres.
Leur scrupules furent rapidement écartés.
Ceux qui refuseraient d'obéir aux ordres seraient immédiatement traduits en cour martiale.
J'avais déjà vu de quoi Custer était capable par le passé et je savais qu'il ne s'agissait pas de menaces en l'air. 


okapi  (22.01.2013 à 14:35)

J'ai tellement honte à présent de ne pas avoir suivi mon cœur et mon instinct qui me disaient de me rebeller plutôt que de participer, tel un mouton stupide, à ce qui allait suivre le lendemain matin.
Cela fut fait rapidement et avec très peu de pertes et de blessés parmi mes camarades soldats.
La tuerie s'étendait tout autour de nous, hommes, femmes, enfants, sans aucune distinction, certains présentant des expressions si macabres, figées sur leur visage sans vie, quelles vous glaçaient le sang.
L'odeur de la mort ne me quitte plus depuis.
On m'ordonna de m'assurer que tous étaient bien morts.
Aucun Indien ne devait être laissé sur le champ de bataille avec encore un souffle de vie en lui.
Je ne pouvais que difficilement m'en assurer tant ma vue était troublée par mes larmes qui refusaient de couler.
Comment avais-je pu prendre part à tout cela ?
Custer et les autres étaient déjà repartis, laissant deux hommes sur place pour finir leur sale boulot.
Je suis fier de ce que j'ai fait ensuite, si tant est que l'on puisse être fier d'avoir abandonné des femmes et des enfants blessés, et de les avoir laissé mourir seuls au milieu de nulle part.
Il y avait là une femme, peut-être à peine plus âgée que ma propre mère.
Elle était un peu à l'écart des autres, au bord de la rivière. Je savais qu'elle était très gravement blessée car elle respirait avec d'énormes difficultés.
Je jetai un coup d’œil à Nelson Private qui se trouvait de l'autre côté de la clairière. Je déposai ma gourde à côté d'elle et j'avançai jusqu'au corps suivant.
Un peu plus loin, se trouvait un vieillard.
Je ne pu m'empêcher de songer qu'il avait traversé une bien longue existence, tout cela pour que la balle d'un soldat vienne y mettre un terme inutilement.
Son regard devint vitreux l'espace d'un instant pendant qu'il rendait son dernier souffle et je ne pu plus respirer à mon tour.
Mais ce fut le bébé qui fut réellement la voix de ma conscience.
Il me contemplait de ses grands yeux noirs mais ne faisait aucun bruit.
Je ne sais pas s'il était blessé.
Il était entièrement recouvert par le corps de son frère, un garçon âgé d'environ dix ou onze ans.
Ce garçon avait indubitablement donné sa vie pour sauver celle du bébé.
Ce sont les yeux de ce bébé que je vois dès que je ferme les miens.
Ils me hantent. Je ne pouvais rien faire d'autre que d'abandonner cet enfant à son sort, tout en priant pour que sa mort soit rapide et paisible..."

Sully cessa de nouveau sa lecture, aveuglé par ses larmes.

Au désespoir, il tourna un instant son regard en direction de Michaela, puis le poids du chagrin devint trop écrasant, toutes les blessures du passé, enfouies et refoulées, se rouvrirent en un torrent de sanglots qui, brisant tous les barrages de sa raison, lui déchira le cœur, monta dans les airs et fut transportés au loin par le vent.

 


okapi  (23.01.2013 à 14:50)

« He Matthew... Regarde ça, » lança Kathleen, à travers la pièce, à l'intention de son mari occupé à regarder par la fenêtre.

Il se retourna pour découvrir son minuscule petit frère en train d'essayer d'avancer, debout sur ses deux pieds, progressant d'une démarche vacillante, les deux mains fermement accrochée à celle de Kathleen.

Son visage s'éclaira d'un large sourire.

« Qu'est-ce qu'il grandit vite ! » Fit-il remarquer en traversant la pièce pour venir s'asseoir sur le plancher à côté d'eux.

Kathleen acquiesça. « Tu peux le dire, il ne va plus tarder à faire ses premiers pas tout seul, maintenant. »

Matthew se pencha dans sa direction et avec beaucoup de tendresse pris une des mains de William dans la sienne.

« Le temps passe si vite » dit-il « dans peu de temps nous aurons à nous occuper de notre propre enfant... »

Il regarda sa femme avec adoration et plaça doucement sa main libre sur son ventre rond.

« Je me souviens que lorsque le Dr Mike attendait Katie cela m'avait paru durer une éternité... Mais avec William… Et ce petit bonhomme qui s'annonce... Et bien tout cela s'est passé si vite. »

Elle hocha la tête, tout comme lui émerveillée par ce qui lui arrivait.

Elle se mordit les lèvres et tourna un regard timide en direction de son mari.

« Je n'arrive toujours pas à y croire, Matthew » dit-elle d'une voix pleine de ferveur et de respect.

Il lui sourit avec indulgence et l'embrassa sur la joue.

« Il faut croire en la "Lune de miel" » murmura-t-il à son oreille.

Puis, comme William réclamait de l'attention, grimpant sur les genoux de Kathleen et s'accrochant à la petite chaîne en or attachée autour de son cou, il ajouta : «  Si t'occuper de Katie et de William représente une trop lourde charge pour toi, en particulier dans les prochains  mois, je veux que tu me le dises... Promis. »

Elle lui adressa une petite grimace en guise de sourire avant de lui répondre. « Je ferai attention... Mais je ne veux pas arrêter de m'occuper de ces deux-là... C'est comme s'ils étaient mes propres enfants. »

Matthew fronça les sourcils et son regard se posa de nouveau sur la fenêtre ouverte sur la façade de leur maison, par laquelle il pouvait voir les montagnes dans le lointain.

« Je me demande quand ils vont rentrer... » Pensa-t-il tout haut « voilà déjà deux jours qu'ils sont partis. »

« Tu te fais du souci pour eux, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle doucement.

« Non, pas tant qu'ils seront là-haut » répondit-il aussitôt. « Sully est plus chez lui là-bas qu'il ne le sera jamais en ville... C'est plutôt pour leur retour que je m'inquiète. »

« A propos de l'article dans le journal ? »


okapi  (24.01.2013 à 13:53)

Il approuva : « Hum, hum... Les choses vont de plus en plus mal dans les territoires indiens... Et je sais que Sully va vouloir repartir là-bas. »

 « Et Michaela ne voudra pas qu'il y aille ! » Conclut-elle avec résignation.

Il hocha la tête.

« Elle sait très bien ce qui peut arriver dès que l'armée s'en mêle... Et il semblerait que cela soit imminent... Je ne pense pas qu'elle soit capable de rester ici à attendre désespérément de ses nouvelles comme la dernière fois... »

« Elle va peut-être vouloir aller avec lui ? »

« Peut-être... Mais cela signifie de nouveau être loin de ses enfants... »

« Nous prendrons soin d'eux... »

« Je le sais bien… Mais elle ne supporte pas d'être séparée d'eux très longtemps !»

« Et bien, quoiqu'il en soit, tout ce que l'on peut faire pour eux, c'est d'être à leur côté et de les aider du mieux que nous pourrons... Je sais ce que les Cheyenne représentent pour Sully. »

« Oui... Et spécialement Nuage-Dansant et Miss Dorothy. »

Elle écarquilla grand les yeux. « Tu penses qu'ils sont en danger ? »

Il haussa les épaules. « On ne peut jamais savoir quand l'armée est dans le secteur... Mais je sais qu'ils seront très prudents... Nuages-Dansant à une grande expérience de ce genre de chose et du danger potentiel que cela représente, il est déjà passé par là. »

Elle soupira.  « Cela a déjà dû être si dur pour lui... Et voilà que l'histoire se répète encore... Sa vie est une éternelle bataille... »

Matthew acquiesça : « C'est le cas pour tous les Cheyennes ! »

Il serra sa main dans la sienne. « Merci de ta sollicitude... »

« Je vous ai vu ensemble avec Nuage-Dansant, rappelle-toi… Et je sais combien il compte pour vous tous... Pour Dorothy, pour Sully et Michaela... Il fait partie de votre famille. »

« Oui, et pour toujours... » Lui confirma Matthew en se levant.

Puis, se dirigeant de nouveau vers la fenêtre, il se mit à observer le soleil couchant, qui peu à peu disparaissait derrière les montagnes majestueuses s'étendant à l'horizon.


okapi  (25.01.2013 à 13:50)

« Il commence à faire froid ! » Murmura Michaela en enroulant ses bras autour de sa taille et en cachant ses mains gelées dans ses manches.

Le soleil commençait à décliner au-dessus des sommets et ils étaient toujours assis là, appuyés contre le mur extérieur de la cabane de Deeg, son journal grand ouvert devant eux.

Comme s’il s’éveillait d’un songe, Sully leva les yeux et tourna son visage dans sa direction.

« Je n’avais pas réalisé qu’il était si tard ! » Fit-il remarquer avant d’observer le ciel toujours aussi pur et cristallin.

« Nos pensées étaient ailleurs, Sully ! » Lui répondit-elle tristement.

Pour la première fois depuis de longues heures, il lui adressa un faible sourire.

« A qui le dis-tu ! » Lui confirma-t-il. Il jeta un coup d’œil au journal ouvert sur le sol à ses pieds, « mais nous avons appris beaucoup de choses. La manière dont notre ami Parrish a relaté tout cela… Et bien… Cela donne à réfléchir… »

Michaela développa un peu plus sa remarque. « Oui, c’est vrai… Cet homme avait reçu une bonne éducation, Sully... Est-ce que tu te souviens de ces Cadets que nous avons rencontrés à la Maison Blanche, il y a quelques années de cela ? L’un d’entre eux semblait avoir un penchant pour Colleen ? M. Parrish me rappelle ces jeunes gens... Bien élevés et instruits... Qui avaient choisis de rejoindre l’armée pour découvrir et servir l’Amérique… Idéalistes… Naïfs et ignorants tout de la réalité des choses... Jusqu’à leur arrivée sur le terrain et qu’ils reçoivent l’ordre de tirer sur les Indiens. »

Sully lui adressa un regard désabusé. « Certains d’entre eux y ont pris goût…. »

Elle hocha la tête. « Et d’autres, non... Souviens-toi de ce jeune sergent et de ces couvertures contaminées par le typhus que l’on avait délibérément destinées aux Indiens de la réserve ! Je pense que même le sergent McKay ne se serait pas senti à l’aise sur ce coup là. » Fit-elle remarquer.

« Et il y a aussi de nombreux " O'connor " dans ce milieu… C’est toujours à lui que je pense quand je pense à l’armée. »

« Il y a des bons et des mauvais dans toutes les races… Dans tous les corps de métiers…Rappelle-toi de Renard-Rouge... »

Sully hocha la tête avec résignation.

Il s’empara du journal. « Qu’allons nous faire de ceci ? Le laisser ici ? »

Michaela fronça les sourcils.

« Peut-être devrions-nous l’envoyer à sa famille…. Il a écrit qu’il était originaire de Pennsylvanie… Ils n’ont sans doute eu aucune nouvelles de lui et de ce qui lui est arrivé depuis qu’il a déserté… » Suggéra-t-elle. « A moins qu’un trappeur s’installe dans cette cabane, le temps va probablement détruire tout ceci… Les membres de sa famille ont le droit de prendre connaissance du contenu de son journal… »

« A la condition que l’on puisse les retrouver… »

« On peut toujours essayer »

« Oui, je crois que l’on peut faire ça…. »


okapi  (26.01.2013 à 11:50)

« Je suis heureuse qu’il ait écrit quelques lignes sur sa famille… Son éducation… Ses premières années passées dans l’armée… C’est un peu comme si je le connaissais personnellement à présent… »

Elle marqua une pause et se tourna vers Sully.

« Est-ce que tu réalises qu’il avait tout juste trente ans ? Lorsque nous l’avons découvert hier, il ressemblait à un vieillard… »

« Il était très malade » lui rappela Sully.

« Oui, c’est vrai…. Mais je crois que ce qu’il a vécu l’a fait vieillir prématurément… Je n’arrive pas à m’imaginer ayant à porter un tel poids de culpabilité, avec toutes ces images venant hanter mes jours et mes nuits… »

Elle se releva maladroitement, sans prévenir, les membres engourdis par le froid et l’inactivité.

« Pense-tu qu’il serait souhaitable que Brian lise ceci avant que nous le renvoyions à sa famille ? » Demanda-t-elle, hésitante, en lui tendant la main pour l’aider à se lever à son tour. 

« Brian ? » Répondit-il étonné, en se remettant sur ses pieds.

« Mmm… Je pense à l’article qu’il a écrit sur Renard-Rouge… Il semble capable de prendre en compte tous les points de vue avant de juger, quand tant d’autres en sont incapables… Je pense que cela sera bénéfique pour lui de lire le journal de M. Parrish… »

Sully haussa les épaules.

« Pourquoi pas ! » Répondit-il, « mais malgré tout ce qu’il en apprendra, il ne pourra en publier une seule ligne… Du moins sans en avoir reçu l’accord préalable de la famille de M. Parrish. »

« Je suis sûre qu’il le comprendra, mais je sais aussi qu’il tiendra à le lire…. Cela lui ouvrira d’autres perspectives qui lui permettront encore de mieux comprendre avant de juger…Travail que tout bon journaliste devrait s’efforcer de faire en relatant tous les faits avant d’émettre une quelconque opinion. »

Sully acquiesça, avant de lui soumettre, hésitant, l’idée qui lui traversait l’esprit. « Euh… Je pensais… Et bien… Avant que nous ne repartions jusqu’à notre campement... Peut-être aimerais-tu dire quelques mots sur la tombe de M. Parrish à son intention ? »

Ses yeux brillants rencontrèrent les siens

« Bien sûr ! » Répondit-elle. « Cela me semble plus qu’approprié… Surtout si tu es à mes côtés pour le faire. »

Il lui sourit : « Je ne voudrais pour rien au monde être ailleurs ! » lui répondit-il en s’approchant d’elle pour lui prendre la main.

Dans la lumière rose du crépuscule, tous deux rejoignirent la tombe fraîchement creusée et  s’y recueillirent silencieusement côte à côte durant quelques instants, l’un et l’autre se remémorant la vie de cet homme qu’ils n’avaient pas connu. » 


okapi  (27.01.2013 à 12:40)

Hank immobilisa son chariot devant le saloon et sauta à terre à l’instant même où Anna McLead  sortait de la clinique sur le trottoir d’en face.

Elle se retourna pour fermer à clef la porte derrière elle puis, regarda dans la direction de Hank, occupé à brosser la poussière sur ses vêtements.

Il leva les yeux et lui fit signe de la main avant de traverser la route pour venir la rejoindre.

« Vous fermez ? » Demanda-t-il tout en resserrant d’un geste automatique le nœud de sa cravate et en remettant rapidement sa chemise en place sous sa ceinture.

Elle acquiesça d’un soupir.

« Oui, la journée a été longue » dit-elle « Madame Burnett a eu son bébé très tôt ce matin et j’avais plusieurs patients à voir cet après midi à la Clinique du Château. »

Hank jeta un coup d’œil aux rideaux clos de la clinique.

« Mais où sont Jamie et Lucille ? »

Elle sourit.

« Ils sont partis avec Matthew et Kathleen. Nous soupons ensemble ce soir. »

Il hocha la tête.

« Alors, vous partez les rejoindre maintenant ? »

« Je dois encore passer à l’épicerie et j’y vais »

D’un signe de tête, elle lui indiqua la direction du saloon.

« Je ne crois pas vous avoir déjà vu utiliser un chariot auparavant ! » Remarqua-t-elle.

Il haussa les épaules.

« Je devais livrer du bois de charpente à l’extérieur de la ville… »

Elle rit et lui demanda d’un ton amusé : « Vous travaillez pour Robert E à présent ? »

Il lui adressa un large sourire avant de lui répondre : « Cette livraison de bois m’était destinée. »

Elle fronça les sourcils « Et vous l’avez emporté à l’extérieur de la ville ? » Questionna-t-elle.

Il baissa les yeux en direction du sol poussiéreux. «J’ai un projet sur lequel je suis entrain de travailler » dit-il calmement.

« Tiens donc ? Et de quoi s’agit-il ? » Demanda-t-elle avant d’ajouter rapidement. «Je suis désolée… Je suis indiscrète et cela ne me regarde pas. »

Il enfila ses pouces dans sa ceinture et sourit devant son air contrit.

« Cela ne me dérange absolument pas… Lorsque le travail aura un peu plus avancé, je vous emmènerai sur place pour que vous puissiez voir de vos yeux de quoi il s’agit… Si cela vous dit ? »

 


okapi  (28.01.2013 à 15:45)

« Absolument, avec plaisir… vous avez piqué ma curiosité M. Hank Lawson » répondit-elle, « je ne vois absolument pas sur quoi vous pouvez bien travailler là-bas alors que votre commerce se trouve en ville. »

Il haussa les épaules sans s’en rendre compte.

« Je pense qu’un homme doit penser à d’autres choses quand il commence à se faire vieux » lui laissa-t-il entendre avec ambiguïté.

« A présent, vous faites plus que m’intriguer… Penseriez-vous à diriger un ranch ? » Demanda-t-elle d’un ton ironique.

Il lui adressa une petite grimace en guise de sourire « Vous me voyez vraiment faire ça ? » Lui demanda-t-il.

Elle haussa les épaules à son tour.

« Je ne vous connais pas encore assez pour savoir ce que vous aimeriez faire... » Lui répondit-elle.

« Cela pourrait peut-être changer avec le temps » lui suggéra-t-il, enhardi.

Cette fois-ci, ce fut elle qui baissa le regard en direction du sol poussiéreux. « Sait-on jamais ? » Murmura-t-elle pour toute réponse. « Avec le temps…  »

Décidant que ce sujet de conversation était allé assez loin pour aujourd’hui, Hank suggéra : « Vous devriez vite aller à l’épicerie… Loren va bientôt fermer. »

Elle approuva, soulagée.

« Oui, j’y vais… Le soleil ne va pas tarder à ce coucher. »

« Hum, hum…. Et moi, j’ai un saloon à faire tourner maintenant… N’oubliez pas… Un de ces prochains jours, je vous emmène avec moi pour vous montrer à quoi je travaille. »

Elle acquiesça.

« C’est noté Hank » lui promit-elle « comme je vous l’ai dit, vous avez piqué ma curiosité. »

Sur ce, elle lui adressa un de ses sourires qui lui fit battre le cœur à tout rompre et s’éloigna de lui en remontant la rue. 


okapi  (29.01.2013 à 13:36)

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CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

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choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, 07.06.2026 à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, 07.06.2026 à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

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