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Never giving up

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 21.03.2013 à 12h37
Auteur : soso4662 
Statut : Terminée

« Reprise de cette fic qui commence à la suite du hiatus de la saison 5, Chuck et Blair viennent d'avoir leur accident ... » soso4662 

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Le silence. Chuck ne percevait aucun des bruits qui l’entouraient, alors qu’il descendait le couloir de l’hôpital, passif, assis dans ce fauteuil. L’infirmière qui était venu le chercher dans sa chambre l’avait déjà informé que Blair était hors de danger mais qu’importe, les battements de son cœur semblaient suspendus alors que les portes des chambres défilaient et qu’il croisait, indifférent, les membres du personnel de l’hôpital qui se pressaient autour de lui.

Son regard était plus noir que jamais, il fixait un point loin devant lui et tentait de se concentrer dessus pour ne pas s’écrouler, tant ces endroits lui rappelaient des moments indiciblement difficiles. Il ne pouvait traverser ces moments sans elle à ses côtés pour le soutenir. Elle seule avait les mots qui pouvaient le faire dépasser ses fêlures si profondes et encore à vif, en dépit de ce qu’il pouvait admettre. Et pourtant aujourd’hui c’était à lui de la porter, de la soutenir. Il le savait et cela le terrifiait. Comment pourrait-il jamais vivre en paix avec lui-même si il devait lui faire défaut aujourd’hui ? Il était parvenu si loin, il devait y arriver, à tout prix.

Il mit un instant à réaliser que l’infirmière avait arrêté son fauteuil devant une porte close. Comme elle s’en approchait pour abaisser la poignée, il l’arrêta d’un simple geste de la main, qui témoignait à lui seul de l’autorité naturelle qui animait Chuck Bass. Ses mains se crispèrent sur les accoudoirs de son fauteuil alors qu’il inspira profondément. La douleur se fit plus vive. Ses cotes brisées le faisaient plus souffrir qu’il ne l’avait admis devant les médecins, mais il ne voulait pas être abruti par les calmants et de toute manière, ceux-ci n’auraient eu aucune incidence sur la douleur qui était la plus présente à ce moment précis. Il sentit sur son épaule la main de l’infirmière qui tentait de l’inciter à rester dans le fauteuil roulant, mais la détermination qu’elle lut dans son regard fit qu’il n’eut rien besoin de dire pour qu’elle renonce à cette idée. Il se présenterait devant Blair debout. Il serait un homme debout pour elle.

Blair était parfaitement silencieuse. Elle pouvait à peine entendre sa propre respiration. Elle fixait intensément les gouttes d’eau qui ruisselaient contre la fenêtre de sa chambre. Elle savait qu’il allait venir : une partie d’elle même appelait sa présence si intensément, et une autre partie était absolument terrifiée. Elle ne voulait que lui et pourtant elle ignorait totalement comment elle allait réagir au moment où elle sentirait son regard se poser sur elle. Elle avait entendu le fauteuil s’approcher dans le couloir et l’avait senti. Le fait que celui-ci se soit arrêté devant sa porte avait achevé de la convaincre. Son corps entier était tendu, crispé, ses nerfs à vif. Elle était parvenue jusqu’à ce moment à garder le contrôle d’elle-même mais elle sentait qu’une faille commençait à se former dans son cœur, que sa carapace commençait à faiblir. Elle ferma les yeux et attendit.

La porte s’ouvrit, il s’avança lentement dans le court dégagement et l’image d’une chambre sombre et calme lui apparut. Seul le bruit de la pluie sur la fenêtre se faisait entendre et il trouva celui-ci curieusement apaisant. Blair faisait face à la fenêtre. Il ne la voyait que de dos mais il perçu tout de suite que sa posture témoignait d’une détresse totale, et il sentit son cœur comme écrasé dans sa poitrine.

Elle entendit ses pas. Elle le sentait approcher. La connexion, le lien qui les unissait était plus fort, plus intense que jamais, cela s’imposait violement à elle en cet instant. Elle intensifiât et ralentit sa respiration pour tenter de reprendre la maîtrise de son corps, qu’elle sentait se crisper davantage encore. Sa main agrippa l’oreiller encore plus fort. Ses paupières restaient obstinément closes.

Il s’avança dans la chambre. Il s’imposa de respirer profondément, tenta de contrôler le tremblement qui commençait à animer ses mains et y parvint. Encouragé par sa maîtrise retrouvée, il s’approcha du lit de Blair, et d’un geste fit signe à l’infirmière de fermer la porte de la chambre. Ce moment n’était qu’à eux. Il effleura de sa main la couverture rêche qui recouvrait les jambes de Blair, et caressa doucement ses chevilles pour manifester sa présence. Le corps de la femme qu’il aimait par-dessus tout était ramassé sur lui même, comme brisé. Il ne parvenait néanmoins à être sure qu’elle ne dormait pas. Il remonta vers la tête du lit, s’approcha de son visage. Ses yeux étaient fermés et un instant il cru qu’elle se reposait, mais son regard fut attiré par sa main qui serrait aussi fort qu’elle le pouvait son oreiller. Les jointures de ses doigts étaient blanchies par la force qu’elle y concentrait. Cette vision fit se briser en lui et n’y tenant plus, il tendit doucement le bras afin de prendre sa main dans la sienne.


soso4662  (21.03.2013 à 12:38)

Elle se concentrait sur sa respiration aussi fort qu’elle le pouvait. Elle avait entendu ses pas, senti ses doigts effleurer sa cheville. Elle lui était reconnaissante de prendre son temps. N’importe qui d’autre se serait précipité dans sa chambre et l’aurait pris dans ses bras mais lui comprenait. Il savait qu’elle avait besoin de rester digne dans ce moment, et il respectait cela. Il devait être en face d’elle maintenant, la voir. Tout se déroulait comme au ralenti. Elle sentit d’abord la chaleur de sa main s’approcher de la sienne, qui était glacée. Elle sentit cette chaleur l’envelopper, se répandre en elle,  puis la douceur de sa peau sur la sienne. Obstinément ses yeux restèrent clos. Lentement elle déplia sa main et laissa leurs doigts s’entrelacer d’eux même. Sa respiration devint moins difficile, comme si sa poitrine était soulagée d’un énorme poids. La main de Chuck serra davantage la sienne. Elle pouvait sentir son regard caresser son visage. Sa chaleur parcouru tout son corps. Elle senti malgré elle les inévitables larmes se former derrière ses paupières et un instant se demanda si il était vraiment utile de luter. Il porta alors sa main à ses lèvre et l’effleura délicatement. Puis il la tint avec douceur contre son visage. Ce geste était si familier, avait marqué tant de moments de leur histoire. C’était lui, c’était sa façon d’être là, et c’était parfait.

Chuck était penché au dessus de Blair, sa main était au creux de la sienne, posée contre sa joue. Il remarqua que ses doigts fins étaient dénués de tout bijou. Le rubis qu’il lui connaissait depuis toujours ne brillait pas à sa main, et la bague de fiançailles de Louis était aussi absente. Il se laissa distraire quelques secondes par ses pensées avant de porter plus d’attention à ce qui l’entourait. Une perfusion était visible sur le bras libre de Blair. Son poignet était bandé, l’hématome qu’il avait remarqué sur sa tempe après l’accident s’était encore étendu, et un appareil autour de son bras semblait surveiller sa tension. Ses yeux étaient cernés et son visage livide. Son regard balayait sans pouvoir s’arrêter le corps de Blair, comme pour s’assurer qu’elle était encore là, réelle, et en vie. Il sentit son cœur s’emballer encore une fois, et l’intensité de l’amour qu’il lui portait le frappa avec violence. Il avait failli la perdre, et l’avait peut-être perdu d’une certaine manière. Sans qu’il s’en rende même compte, une larme coula lentement le long de sa joue.

Blair savourait la douceur de ce contact. Elle avait été comme dépossédée de son corps durant les dernières heures, s’était retrouvée totalement exposée, sans pouvoir contrôler quoi que ce soit, devant des gens qu’elle ne connaissait pas. Même s’ils n’avait rien fait de plus que de prendre soin d’elle, et de tenter de contrecarrer les terribles conséquences de l’accident, elle avait senti durant ces moments son esprit s’échapper. Elle avait eu l’impression d’être spectatrice de sa propre vie. L’arrivée des secours, les cris échangés par les équipes de secours, les lumières aveuglante des ambulances, le bruit assourdissant des sirènes, Chuck emmené loin d’elle, la douleur, et surtout la peur sourde qui l’étreignait depuis le choc. La peur de perdre son bébé avait entièrement empli son esprit. Tout son être était concentré sur la protection de ce petit être qu’elle aimait déjà avec toute la force qui la caractérisait si bien. Mais cela n’avait pas suffi. A partir d’un moment le personnel de l’hôpital qui s’affairait autour d’elle avait cessé de parler. Elle les avait interrogés du regard mais elle s’était sentie partir, et n’avait pu lutter. A son réveil, quelques heures auparavant dans cette même chambre, un médecin était venu lui annoncer que les jours à venir allaient être décisifs, mais qu’elle devait se préparer au pire. Le choc avait été trop violent et le corps de Blair n’avait pas pu protéger son bébé autant qu’il aurait fallu. Depuis cet instant elle n’avait pas bougé, n’avait parlé à personne. Elle était incapable de dire combien de temps s’était écoulé, combien d’infirmières étaient venues. Tout semblait comme suspendu, irréel. Son esprit vagabondait doucement, apaisé par la présence de Chuck à ses coté quand soudain elle sentit ce qu’elle sut de suite être une larme s’écouler le long de sa main. Dès lors elle comprit qu’il était inutile de lutter. Elle comprit en un instant que la peine qu’elle ressentait était partagée entièrement par l’homme qui se tenait à ses coté, et qu’ils se devaient l’un à l’autre de faire tomber toutes les barrières qu’ils maintiendraient en place face à n’importe qui d’autre.

Ils étaient Chuck et Blair, Blair et Chuck, et ce moment n’était qu’à eux. Ils s’étaient enfin retrouvés et le destin leur avait de nouveau failli. Le drame était survenu mais cette fois, ils étaient ensembles.


Chuck vit une larme couler le long de la joue de Blair et venir mouiller son oreiller. Instinctivement, il s’allongeât sur le lit à son coté et la prit doucement dans ses bras. Il ne chercha pas à masquer ses larmes, et elle non plus. Ils cherchèrent tous deux simplement le seul réconfort possible en un tel moment : l’autre.


Ils restèrent de longues minutes ainsi, accrochés l’un à l’autre. La tête de Blair reposait paisiblement au creux de l’épaule de Chuck, tandis que celui ci gardait sa tête penchée au dessus de celle de Blair, et maintenait ses lèvres en un tendre baiser sur son front. Ils étaient si semblables, et si forts ensemble, ils étaient à cet instant tous deux animés par cette conviction. Ils traverseraient cette épreuve et toutes celles à venir. Leurs doigts s’entremêlèrent de nouveau, instinctivement, et Blair leva doucement les yeux vers Chuck.
« Tu en a mis du temps », lui dit elle avec un triste sourire
« Je suis là désormais, et compte sur moi pour n’aller nulle part. Comment te sens tu ? »
« Comme paralysée », lui répondit elle en hochant doucement la tête. « Je n’ose même pas bouger. Je … »
« Chut …Ne dit rien, je suis là, et rien ne va vous arriver. Je ferai tout ce qu’il faudra », lui promit-il d’une voix douce mais ferme et parfaitement déterminée, ce qu’elle sentit sans pouvoir se méprendre.


A cet instant, leurs attentions respectives furent attirées par un bruit précipité de talons dans le couloir. Ils entendirent quelqu’un toquer discrètement à la porte de la chambre de Blair, et en un instant Serena fut à leur coté. Son visage était défait par l’inquiétude, mais sembla en partie apaisé par la vision de ses amis ensemble. Elle était fondamentalement convaincue qu’ils appartenaient l’un à l’autre, et que ce qu’elle avait devant les yeux était de l’amour pur et inconditionnel. Cela devait suffire, du moins elle tentait désespérément de s’en convaincre.
« Blair, je …. Je suis désolée de vous interrompre. Je ne me serai jamais permise mais je devais vous prévenir. Louis vient d’arriver à l’hôpital. Vous avez à peine quelques minutes avant qu’il ne soit ici je … ».

Elle s’interrompit, honteuse d’apporter un tel message au couple, mais elle n’avait pas le choix.


soso4662  (22.03.2013 à 08:50)

Chuck accueilli la nouvelle avec calme. Il était plutôt surpris que cela ait pris autant de temps. Les paparazzis avaient tous assistés à l’accident, avaient suivi les ambulances à l’hôpital. L’arrivée de Louis n’était qu’une question d’heure dès lors qu’ils avaient été admis et il avait déjà commencé à s’y préparer.

«  Merci sœurette », dit il d’une voix douce et résignée. Il avait senti le corps de Blair se crisper dans ses bras à la simple évocation du nom de celui qui était pourtant toujours son fiancé, et il était déterminé à la protéger de tout stress supplémentaire. Il priait pour que Louis, en dépit de ses égarements récents, ait la même priorité que lui à l’esprit.

Mais en réalité il n’était sûr de rien. Depuis leur retour de Monaco, Louis avait été tout sauf l’homme auquel il avait confié Blair. Il s’était persuadé qu’il la méritait, qu’il était capable, plus que lui, de lui offrir le bonheur qu’elle méritait. Mais les événements récents l’avaient amené à reconsidérer ce jugement, et à constater que Louis était en réalité imprévisible : il avait l’apparence du prince charmant dont Blair rêvait depuis son enfance, mais était aussi capable des pires bassesses pour protéger ses intérêts personnels.

«  Blair, je te laisse quelques minutes avec Serena ». Il l’embrassa tendrement sur le front pour l’apaiser, tout en lançant au-dessus sa tête un regard parfaitement clair à sa sœur. Il allait devoir déployer tous ses moyens d’action pour protéger Blair, et rien ni personne n’allait l’en empêcher. Le plus important était de la maintenir dans une bulle, entourée des gens en lesquels elle avait confiance, pour arriver à lui faire traverser les jours à venir.

Il se séparât lentement de Blair. Se mouvoir provoqua une vive douleur au niveau de ses cotes mais il ignora cet avertissement. Il couva une dernière fois Blair du regard, le cœur toujours en miette de la voir étendue sur ce lit, dans cet état, et il décida à cet instant que la puissance de sa révolte serait sa force. Il porta de nouveau sa main qu’il n’avait pas lâchée à ses lèvres, et y déposa un baiser. Ses yeux se fermèrent alors qu’il savourait le contact avec sa peau. Il remarqua que celle-ci était moins glacée que lorsqu’il l’avait rejoint quelques instants plus tôt, et cela le réconforta.

Il reposa doucement la main aimée sur la couverture d’hôpital et ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire. Décidément il n’était pas habitué à voir Blair dans un tel environnement. Le lit étroit, les draps et la couverture rêches et fades, la chambre simple et dénuée de tout décoration. « Je fait le nécessaire auprès de Dorota pour qu’elle t’amène tout ce dont tu a besoin, je reviens très vite ». L’un et l’autre savaient fort bien que Dorota n’aurait pas attendu quelque appel pour faire le nécessaire, et Blair se dit qu’elle l’aimait aussi pour cela, en plus de tant d’autres raisons.

Chuck posa une main rassurante sur l’épaule de Serena en passant à coté d’elle, alors que celle-ci l’interrogeait du regard, visiblement inquiète. Soucieux de Blair qui les regardait, il ébouriffa affectueusement la tignasse blonde de sa sœur, ce qui eu le mérite d’arracher un sourire à celle-ci, et quitta la chambre d’un pas qu’il espérait ferme.

Il referma doucement la porte derrière lui et inspira profondément. Les prochaines heures allaient être rudes : il avait appelé Eléonor bien sur, qui n’allait pas tarder, et l’arrivée de Serena devait signifier que Lily n’était pas loin.

Il se rendit soudain compte qu’il était appuyé contre la porte de la chambre de Blair, les yeux clos, à la vue de tous. Il secoua la tête et se ressaisit en un instant, passa une main dans ses cheveux et de l’autre saisit son portable. Il était temps.

Serena s’assit au bord du lit de Blair, et pris tendrement la main de son amie dans la sienne.

«  Blair, je … je ne sais pas quoi dire. Que c’est il passé ? ». Elle repensa à sa réaction plus tôt dans la journée, sa réaction absurde quand elle avait pris conscience des sentiments de Dan pour Blair. Comment avait elle pu penser un instant aider Louis dans son projet ? Elle voyait Blair malheureuse depuis plusieurs semaines parce que son fiancé l’avait déçue à tellement de reprises, comment a-t-elle pu voir en lui la solution à sa jalousie ? Et surtout comment a-t-elle pu penser un instant que Blair allait accorder la moindre importance aux sentiments de Dan ? Serena mieux que personne connaissait le lien sacré qui unissait Blair et Chuck depuis si longtemps. Blair avait confiance en elle, et elle l’avait trahie. Mais cela n’était pas le moment de s’apitoyer sur son sort. Son amie, sa sœur avait plus besoin d’elle que jamais. Chuck était parti gérer la situation comme le Chuck Bass qu’il était. Sa tache était de réconforter Blair et de la soutenir au mieux.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé Serena. J’étais avec Chuck dans la voiture, et les paparazzi étaient fous. Ils tournaient autour de la voiture et prenaient des photos, rien de semblait pouvoir les arrêter. J’ai commencé à avoir peur et soudain nous avons senti la voiture partir et … et puis plus rien… ». Blair reprit son souffle, des bribes de son échange avec Chuck lui revenait peu à peu. « Je me suis réveillée dans l’ambulance, Nate était là. Je ne pouvais plus bouger, j’avais tellement froid, j’avais peur. Il m’a dit que Chuck nous suivait dans l’autre ambulance, qu’ils lui avaient interdit de monter avec moi, et … Mon Dieu Serena j’avais tellement peur ! »

Le cœur de Serena se sera à l’évocation de la scène. Elle était rassurée de constater que Chuck semblait résister aux souvenirs de l’accident de Bart, mais le destin semblait vraiment s’acharner sur lui, sur eux. La vie de ses amis ne serait plus jamais la même. Blair s’apprêtait à vivre des moments décisifs qui allaient influer sur toute son existence.

« Ce qui signifie que toi et Chuck ? »

« Je l’aime Serena ! Ca a toujours été lui » lui répondit elle, d’une voix cassée par l’émotion.  « Il a promis d’aimer mon enfant comme si c’était le sien. Nous sommes une famille désormais ».

Serena compris en un instant que même si Blair ne perdait pas le bébé, elle allait devoir mener un rude combat. Effrayée, elle se réfugiât dans l’idée que désormais Chuck et Blair étaient réunis. Si tout ce qu’ils avaient traversé jusqu’à ce jour les avait amené à se retrouver, c’est qu’ils étaient destinés à être ensemble. Parmi toute l’angoisse et l’incertitude que pouvait provoquer la situation, cette idée était clairement celle à laquelle il fallait se raccrocher.

Doucement Serena repris la place de Chuck sur le lit de Blair, la pris dans ses bras, et commença à la bercer doucement pour l’apaiser.

Chuck avançait dans le couloir, perdu dans ses pensées, concentré sur sa prochaine action, quand son attention fut attirée par des éclats de voix étouffés. Il se pressa et arriva à l’entrée du service, ou un attroupement s’était formé. Il compris immédiatement qu’il allait être confronté à Louis dans peu de temps, et il acheva de rassembler ses forces. Il pris une profonde inspiration et s’approcha.

Louis était en pleine discussion avec le médecin de Blair, et était entouré de Nate, Lily et de plusieurs infirmières. Il donnait davantage l’impression d’être énervé que inquiet, ce qui conforta Chuck dans l’idée qu’il devait l’empêcher d’approcher Blair pour l’instant. Il ne lui restait qu’à mettre en application la première phase de son plan. Il continua donc d’avancer. Nate le vit arriver et esquissa un mouvement vers lui pour l’arrêter. D’un regard, Chuck lui intima l’ordre de ne rien faire. S’il ne s’était pas trompé sur Louis, cela devrait se passer assez simplement ….

A la seconde où Louis vit Chuck arriver pourtant calmement vers lui, un masque de haine apparu sur son visage. Il cessa immédiatement de parler au médecin et alla vivement à la rencontre de Chuck. Celui-ci s’arrêta et leva les deux mains devant lui, comme pour signifier à Louis qu’il ne souhaitait pas aller au conflit. Louis ne sembla pas en tenir compte et arrivait vers lui à grand pas. Face à lui, Louis provoquait Chuck du regard. Il avait l’air d’une bombe prête à exploser. Il s’approcha de Chuck et le provoqua d’un coup d’épaule, tout en le toisant d’un regard hargneux. Chuck tenta d’ignorer la douleur qui irradiait son flan et soutint le regard de Louis. Ils étaient si près l’un de l’autre maintenant qu’il sentait son souffle sur son visage. Sa respiration était rapide, haletante, et Chuck reconnu facilement l’odeur familière du scotch. Tant mieux, cela ne pouvait qu’aider …

Tout en Chuck bouillonnait. Il ne comprenait pas. La femme qui portait son enfant, qu’il prétendait aimer était allongée sur un lit d’hôpital, et au lieu de se précipiter à son chevet il était prêt à perdre son temps avec lui. Il avait envie de lui hurler au visage qu’il n’était pas digne d’elle, qu’il ne lui restait plus qu’à s’effacer et à disparaître mais cela serait vain. Clairement la vanité de cet homme s’était réveillé et il allait en falloir davantage pour l’éloigner de Blair.

Tout dans l’attitude de Louis cherchait la provocation, il était fébrile, à fleur de peau. Par-dessus son épaule, Chuck constata que le petit groupe les regardait avec inquiétude. Lily, le visage blanc d’inquiétude, esquissa un mouvement que Nate, heureusement, eu le réflexe de stopper. Il reconnu l’infirmière qui l’avait mené à la chambre de Blair, et le médecin qui était venu lui annoncer il y a quelques heures que la vie du bébé était en danger.

Chuck restait immobile, tendu. Il sentait que l’impatience de Louis commençait à grandir.

« Je savais depuis le début que tu étais mauvais, je le sentais. Comment a tu pu imaginer compromettre ma fiancée de cette manière, comment a tu osé », lui siffla t il dans l’oreille. Son ton était agressif et sa voix sifflante. Il toisait toujours son adversaire.

«  Tu ne dis rien, tu ne peux pas être un homme et réagir ? » relança Louis, agressif, alors que Chuck restait toujours immobile, passif. Il voyait l’inquiétude gagner les visages au sein du petit groupe qui les observait toujours. Il baissa les yeux, inspira profondément. Ce fut le moment que Louis choisit pour le pousser violement en arrière. Chuck vacilla. Il résista mais la douleur au niveau de ses côtes se fit encore plus intense, et il se retint de ne pas grimacer. Il ne pouvait imaginer montrer la moindre faiblesse face à Louis.

En un éclair, il revint de positionner devant Louis et cette fois ci, le regard qu’il lui réserva ne laissait plus aucune ambiguïté sur les intentions de Chuck. Celui-ci était noir, opaque, totalement glaçant.

«  Ne me dit pas que tu es étonné. Tu a toujours prévenu Blair que j’étais dangereux, elle ne t’a juste pas écouté …. Et tu n’es pas sans savoir que les limousines ont une signification toute particulière pour nous, elle n’a simplement pas pu résister … », lui souffla Chuck d’un ton provocateur. Il s’appliqua à paraître devant Louis exactement tel que les pires peurs de celui-ci avaient pu le laisser imaginer. Manipulateur, mauvais, sans aucunes limites ni respect pour Blair. Et cela fonctionna. Cette simple phrase fut comme un déclic pour Louis, qui perdit tout contrôle de lui-même. Chuck vit une flamme s’allumer dans son regard, de la haine. Il sut que le coup allait partir et resta absolument immobile.

Louis plaqua son avant bras sur la gorge de Chuck et de tout son corps le poussa en arrière jusqu'à ce qu’une colonne en béton ne vienne faire obstacle. Le corps de Chuck accusa violement le coup. Louis maintenait son bras contre son cou et l’écrasait, fort. Trop fort. Chuck sentit sa vision se brouiller, ses jambes fléchir, mais il trouva la force de rétorquer.

«  C’est tout ce que vous avez à donner votre Majesté ? », lui souffla t il avec un sourire narquois, et le regard plus sombre que jamais.

« Je vais te détruire ! » lâcha Louis, que rien ne pouvait plus arrêter désormais. Il abattit une pluie de coups sur Chuck, qui cette fois ci ne pu se faire suffisamment violence pour résister. La dernière chose que vit Chuck fut Nate en train de se précipiter vers eux. Il se sentit glisser le long de la colonne en béton, tandis que Louis s’acharnait sur lui, et lentement tout devint noir.

Nate se précipita sur Louis, s’accrocha à ses épaules et le tira violemment en arrière. Etourdi, le prince, qui n’avait pas vu arriver Nate, mit une seconde de trop à reprendre ses esprits. Seconde qui Nate mit à profit pour lui décrocher un violent coup de poing dans la mâchoire, qui fit s’écrouler Louis, enfin.

Lily, qui n’y tenait plus, se précipita sur Charles qui gisait inanimé sur le sol. Elle fut bientôt rejointe par deux médecins, qui avaient été interpellés par l’esclandre provoquée par Louis. Ceux-ci échangèrent un regard entendu et annoncèrent à Lily qu’ils emmenaient Chuck aux urgences tout de suite. Impuissante, elle ne put que les suivre, après s’être assurée auprès de Nate qu’il restait là au cas ou Blair et Serena eurent besoin de quoi que ce soit.

Le médecin de Blair semblait choqué par la scène dont il venait d’être témoin. Il n’avait pas bougé du bureau où tous discutaient encore quelques minutes auparavant. Il saisit le téléphone le plus proche et demanda en urgence à la sécurité de venir maîtriser Louis, et de demander à la police de venir dès que possible. Chuck avait réussi.


soso4662  (24.03.2013 à 19:46)

Flashs. Le défilé des néons de l’hôpital qui défilaient rapidement au dessus de lui eurent l’effet de flashs dans les yeux de Chuck, et le firent enfin réagir. Le bruit autour de lui était confus, sa vision brouillée. Il se sentait horriblement mal. Son passé lui conférait un certain vécu en la matière, mais ironiquement toute l’expérience qu’il avait pu en tirer ne lui était d’aucune utilité en cet instant. Son visage était douloureux, sa tête le lançait terriblement. Sa respiration était difficile, son cou enflé, et surtout ses cotes brisées… La douleur irradiait désormais dans tout son buste, il était incapable de bouger et cette pensée le terrifiât. Il lui sembla réaliser que quelqu’un tenait sa main. Cette pensée lui fit comme un électrochoc et il ouvrit les yeux. La lumière crue des urgences l’éblouit. Il chercha du regard la personne dont il sentait la présence à ses cotés, espérant follement que cela soit Blair. Il ne pu refréner un sourire en coin quand il reconnu Lily.

Décidément cette femme avait du mérite d’être encore à ces coté en ce moment. Il s’était réellement appliqué à tester son amour maternel et pour l’instant, il n’en avait pas encore trouvé la limite. Il avait fallu que ses parents lui fassent défaut toute sa vie, le privent de son enfance, pour aujourd’hui se retrouver avec Lily Humphrey comme figure maternelle. Même les personnes supposées l’aimer le plus au monde lui avaient fait défaut. Sa mère restait un dossier totalement vide, dans lequel son cœur se refusait de s’aventurer au risque de se perdre définitivement, chose qu’il refusait. Son père avait été incapable d’être présent pour lui et avait provoqué ses pires réactions, dans l’unique but d’attirer son attention mais en vain. Il avait toujours senti qu’il n’était qu’une déception pour le grand Bart Bass, le roi de Manhattan. Il avait fallu la mort de celui-ci pour qu’à travers elle, son fils reçoive enfin un message d’amour et de considération de sa part. Et Lily. Lily avait choisit un jour de l’aimer comme son fils, et toutes les turpitudes qu’il avait pu lui faire subir depuis, toutes les épreuves terribles qu’eux deux avaient traversées n’avaient réussi à la détourner de lui. Elle restait son roc, et avait une place toute particulière dans son cœur. Elle était jusque là son unique famille, jusqu'à Blair.

Lily était folle d’inquiétude. Elle avait du subir la vision de Charles se faisant agresser par ce prince indigne. Elle n’était pas dupe. Elle connaissait la force des sentiments qu’il avait pour Blair et savait qu’il avait provoqué le prince pour l’éloigner de celle-ci. C’était courageux, mais inconscient considérant le fait qu’il venait de subir un violent accident de voiture. Elle ne pouvait que constater que les médecins étaient clairement inquiets, et elle ne supportait pas son impuissance. Elle se contentait donc de ne pas lâcher la main de son fils adoptif alors que les médecins poussaient rapidement son brancard dans les couloirs.

Nate commençait à croire que cette journée ne finirait jamais …. Enfin la police arriva et il appuya soigneusement le témoignage du médecin de Blair en leur confirmant que Louis avait agressé Chuck violement, alors que celui-ci avait clairement une attitude passive et était de plus visiblement blessé. Les officiers emmenèrent donc le prince pour l’incarcérer, en attendant de connaître l’étendue des blessures que celui-ci avait infligées à Chuck. Le regard que Louis, même si encore sonné, lança à Nate au moment où il se faisait passer les menottes était sans équivoque. Il était parfaitement conscient de s’être fait berner par Chuck dans le seul but de se voir éloigné de Blair, et il bouillonnait intérieurement. Il avait perdu la première manche.

Nate ne perdit pas son temps en conjectures sur l’ironie de la présence du Prince héritier de Monaco dans une cellule américaine, car au final il lui semblait réellement mériter de se trouver là. Dès que Louis fut hors de sa vue, il se précipita dans le couloir emprunté précédemment par Chuck et Lily afin de prendre des nouvelles de son ami. Il se voyait très mal retourner vers Blair sans informations précises, clairement la situation n’autorisait pas l’approximation. Il arriva aux urgences rapidement et avisa le lit ou Chuck était toujours étendu. Lily s’était éloignée pour laisser les médecins travailler et elle couvait son fils d’un regard inquiet. Dès qu’elle vit Nate, elle s’approcha de lui et le sera spontanément dans ses bras.

« Les médecins craignent que Charles n’ait un traumatisme crânien, et surtout que ses cotes brisées ne lui ai perforé un poumon pendant l’agression. Il a un hématome impressionnant sur le coté savait tu qu’il était blessé à ce point ? Les médecins ont eu l’air étonnés ! »  l’interrogeât elle.

«  Lily je suis désolé mais je pense qu’il a tut la douleur qu’il ressentait pour éviter de se retrouver loin de Blair. Il savait que la situation allait dégénérer et voulait pouvoir la proteger… ». Nate eu mal au cœur en constatant l’angoisse qui se faisait de plus en vive sur le visage de Lily. Il la pris par le bras et se sera contre elle pour la réconforter.

« Même au prix de sa propre santé ? Mon dieu c’était une folie … ».

Nate partageait ce sentiment mais il n’était absolument pas étonné. Chuck avait toujours eu un coté autodestructeur même totalement gratuit. Il était donc assez peu étonnant que celui-ci eut été exacerbée par la possibilité d’aider Blair. Il était toujours surpris de l’intensité de leur relation. À chaque fois les épreuves étaient plus importantes, les erreurs plus difficiles à pardonner, mais même alors que tout semblait irrécupérable l’un comme l’autre était incapable de se détacher. Il devait reconnaître que cette attraction commençait à avoir un aspect fatal mais ils étaient la lumière de la vie de l’autre. Nate voulait à tout prix croire que cela pouvait suffire. Cela devait suffire.

Agacé de se voir manipulé comme un pantin, Chuck se décida à ouvrir les yeux. Il fut surpris de voir autant de gens s'agiter autour de lui, et son cœur se serra quand il constata que Lily semblait dévorée par l’inquiétude. Elle remarqua tout de suite qu'il s'était réveillé et se précipita à son chevet.

"Charles comment te sens tu?" lui demanda t elle dans un souffle.

"Comme tu peux le constater, parfaitement bien" lui répondit il ironiquement. Lily ne fut qu’à moitié étonnée de voir un demi sourire se dessiner sur son visage.

"Inutile de dire à Blair que je suis dans cet état Lily, je peux compter sur toi ? Je ne veux pas qu’elle s’inquiète inutilement dans son état … Est-ce qu’Eléonor est arrivée ? Qu’en est-il de Louis ?» Le cœur de Chuck se consumait d’inquiétude pour Blair. Son esprit ne parvenait à se fixer que sur elle, l’idée de s’informer de son propre état ne lui était même pas venue. Tout en lui était tourné vers la protection de la femme qu’il aimait. Elle lui avait confié son cœur quelques heures plus tôt et jamais plus il ne lui ferait défaut.

Nate entendit le nom de Louis et s’approcha au chevet de son ami. « Hey Chuck. Ne t’inquiète plus de lui. Tu a su toucher la corde sensible à priori, il a vraiment perdu le contrôle … Les médecins étaient choqués de la façon dont il s’est acharné sur toi et vu l’état de Blair, il était clair pour eux qu’il ne pouvait rester là. Ils ont appelé les flics et il a été arrêté figure toi… Autant te dire qu’il était loin d’être ravi … Tu a un don pour te faire des ennemis bien placés » plaisanta t il.

« Louis n’a jamais été autre chose que cela, le sacrifice n’était donc pas si grand » souffla Chuck de sa voix grave. « Je suis juste rassuré de l’avoir éloigné de Blair pour l’instant. ». Chuck était rassuré certes, mais il savait aussi que Louis et sa famille avaient du pouvoir, et qu’ils n’allaient pas renoncer à la fiancée enceinte de l’héritier de Monaco sans se battre. Il y aurait une contre-attaque et il devait s’y préparer.

« Lily, puis-je te demander d’aller prendre des nouvelles de Blair et t’assurer que Serena est avec elle ? ». Il avait besoin de parler de choses sérieuses avec Nate et ne voulait pas inquiéter Lily. Il pressentait qu’elle allait insister pour qu’il se repose et s’occupe de sa santé, qui était tout sauf sa priorité à ce moment précis.

« Bien sur Charles », lui répondit Lily. Elle soupira, décidément il ne changerait jamais. Elle se dit à cet instant qu’elle n’avait pas terminé de s’inquiéter pour lui … « Nate je te le confie ? ».

« Bien sur, Lily » la rassura Nate.

Chuck regarda Lily quitter les urgences le cœur serré. Mais il se reprit rapidement : il n’avait pas le temps pour ce genre de considérations.

« Nate, j’ai besoin que tu appelle Andrew Tyler dès que tu sortira d’ici. Soit discret s’il te plait, Louis n’est écarté que temporairement, et sa famille a toujours beaucoup trop d’influence ici. Lance-le sur Louis. Cet homme est un déchet de la pire espèce, cela ne peut être la première fois qu’il s’égare de cette manière. Il y a forcément des dossiers à déterrer. Cet homme saura comment faire. Récupère mon portable dans mes affaires et vas y. Je ne peux rien faire cloué ici et tu es le seul en qui j’ai confiance pour cela. Ne dit rien à personne et fonce ». Chuck avait rassemblé toutes ses forces pour que le message parvienne clairement à Nate. Il se sentait physiquement complètement hors course et sa frustration le dévorait. Comment son corps pouvait lui faire défaut dans un moment pareil. Il était furieux. Il s’obligea à respirer profondément malgré la douleur qui était plus intense que jamais, et interrogea son ami du regard.

Nate ne dit pas un mot. Il avait été témoin plus d’une fois des descentes aux enfers de Chuck, mais cette journée était spéciale. Il avait l’habitude de se perdre, de tout risquer car rien n’avait d’importance pour lui. Mais cette fois le regard de Chuck était comme habité. Il l’avait vu changer ces derniers mois. Il avait été aux premières loges de son évolution et il savait instinctivement que désormais, il avait tout à perdre, et qu’il se battrai jusqu’au bout. Il s’était longtemps cherché, avait mis longtemps à se convaincre qu’il était capable d’être aimé, d’aimer, et encore plus longtemps à comprendre qu’il était capable de rendre Blair heureuse. Et maintenant qu’il était arrivé à cela, la détermination de Chuck Bass ne trouverait plus de limites. Elle était sa famille, son avenir, sa vie.

« J’y vais tout de suite, compte sur moi », dit-il en saisissant le téléphone de Chuck et en tournant aussitôt les talons.

Nate traversa rapidement les urgences et choisit d’ignorer la scène qui attira pourtant son attention. Lily était toujours là, et était en pleine conversation avec le médecin de Chuck. Qu’importe, il n’avait pas le temps. Il devait avant toute chose lancer son détective sur Louis, le temps leur faisait déjà défaut.

Lily n’était pas allée loin. Le médecin de Chuck était à l’entrée des urgences en train de remplir un dossier lorsqu’il l’avisa.

« Lily Humphrey ? Je suis désolé de vous déranger mais vous êtes bien le parent responsable de Charles Bass ? » Son visage était bien plus grave que Lily ne l’aurait souhaité mais elle rassembla tout son courage et hocha la tête lentement.

« Son altercation avec cet homme tout à l’heure a clairement aggravé son état. Comme nous le craignons, le choc qu’il a subit a fait que ses cotes, déjà brisées par l’accident, on perforé son poumon en plusieurs endroits. Il y a un risque important d’hémorragie, de difficultés respiratoires… Nous devons intervenir dès que possible, et opérer ».

Lily accusa le coup. Elle ferma les yeux, s’obligeât à inspirer profondément. Son instinct l’incitait à rester parfaitement calme et maîtresse de ses émotions face à cet homme qu’elle ne connaissait absolument pas, mais cela commençait à faire beaucoup. Elle sentit son cœur se serrer et des larmes se former. Elle secoua la tête, et passa une main rapide sur sa joue afin de dissimuler cette marque de panique qu’elle ne souhaitait pas laisser paraître. « Quels sont les risques Docteur ? », lui demanda-t-elle avec douceur mais fermeté.

Celui-ci fut surpris. Cette dame ne réagissait décidément pas comme les autres familles qu’il avait l’habitude de voir aux urgences. Cette femme était belle, élégante, et d’une dignité impressionnante. Il ne pouvait rien lui dire d’autre que la réalité brute et froide.

« Son état est très sérieux. Nous l’avons stabilisé, ce qui nous permet d’aborder son opération avec sérénité, mais c’est une procédure très risquée je ne vous le cache pas. Je vous conseille vivement de rester ici, nous vous tiendront informée au fur et à mesure. Si il y a de la famille à appeler, je vous conseille de ne pas attendre ».

Le visage de Lily se décomposa doucement alors qu’elle intégrait la nouvelle. Elle sentit ses jambes faiblir et posa doucement une main sur le comptoir de l’accueil afin de garder une contenance. Elle ne put s’empêcher de regarder Charles, allongé sur son brancard à l’autre bout de la pièce. Cette vision lui rappela celle, encore douloureuse, de Bart, quelques années plus tôt. Des hommes de pouvoir, forts, puissants et dignes, qu’il était si difficile de voir ainsi diminués. Elle était si fière du parcours de Charles depuis la perte de son père. Il était devenu l’homme que celui-ci avait toujours vu en son fils, et même plus encore. Il était devenu meilleur. Il avait su ouvrir son cœur à Blair et à elle-même et avait grâce à cela devant lui un avenir encore plus lumineux que celui de son père. Son cœur se brisa à l’idée que cet homme au destin si exceptionnel puisse voir tous ses efforts réduits à néant aujourd’hui.


soso4662  (25.03.2013 à 08:29)

La porte de l’ascenseur émit un léger frottement, et un bruit de talons précipités se fit entendre dans le couloir de l’hôpital.

« Mademoiselle, la fiancée de mon fils été admise suite à un accident de voiture. Blair Waldorf. Dans quelle chambre se trouve t elle ? ». La Princesse Sophie de Monaco était depuis toujours une femme de pouvoir, sure de son ascendant sur son entourage et de son influence. Elle n’était pas habituée au refus, et vivait très mal celui-ci. Elle pressentait quelque chose de néfaste depuis le jour ou son fils lui avait annoncé ses fiançailles avec cette américaine … Fortunée et bien éduquée certes, mais absolument pas respectueuse des impératifs de leur rang. Blair avait toujours prétendu aspirer à une destinée royale mais depuis plusieurs mois, elle avait surtout prouvé à son sens qu’elle souhaitait intégrer son fils dans sa vie de princesse de Manhattan, mais surtout pas l’inverse. Et son fils méritait une femme pour qui épouser le Prince héritier de Monaco serait une fin en soi. Pas un moyen.

Perdue dans ses pensées, Sophie réalisa qu’elle pianotait nerveusement sur le comptoir et que l’infirmière qui semblait chercher la chambre de Blair en était ironiquement irritée. « Veuillez m’excuser si je vous dérange dans votre travail, lui siffla-t-elle sèchement, mais il me semble qu’il est dans vos attributions d’orienter les familles des malades ? ».

« Je suis désolée Madame, mais je crains de ne pouvoir vous donner l’information que vous demandez. Des consignes strictes ont été données concernant la sécurité de Mlle Waldorf. Seule sa famille proche est autorisée à son chevet. Si vous êtes intimes, peut être pouvez-vous vous rapprocher de son fiancé ? Il a été amené ici avec elle. Vous le trouverez aux urgences, il vient d’y être amené ».

Sophie cru à une mauvaise blague. Elle savait de façon certaine que Louis n’était pas dans la voiture avec Blair, dans la mesure où c’est lui-même qui l’avait appelée pour la prévenir alors qu’il était en route pour l’hôpital. Elle ferma les yeux un instant. Elle senti un frisson parcourir ses épaules. Un pressentiment très clair venait de s’insinuer dans son esprit. Sans un mot, elle laissa là l’infirmière interdite par cette rencontre, et s’engagea d’un pas ferme en direction du service des Urgences. Elle devait en avoir le cœur net.

Le médecin de Chuck venait de laisser Lily, encore sous le choc, afin de s’occuper de son patient. Après leur conversation, elle s’était assise dans un fauteuil de la salle d’attente afin de s’accorder quelques minutes de répit avant de retourner vers les autres. Elle avait besoin d’assimiler la nouvelle avant de pouvoir même la communiquer. Elle se tenait très droite dans ce fauteuil élimé, et regardait autour d’elle, un peu perdue. Son regard fut attiré par un écran de télévision allumé qui diffusait les informations locales. Elle se leva doucement et s’approcha. Une photo d’une voiture accidentée dans Central Parc était diffusée. La voiture était affreusement abîmée, clairement le choc avait été violent. Son cœur se serra et elle porta la main à sa bouche. Elle vivait un cauchemar. Comment une telle chose avait-elle pu arriver ? Elle réalisa soudain qu’elle commençait à attirer l’attention et se ravisa. Elle se reprit, et demanda discrètement à l’infirmière de monter légèrement le son.

« Blair Waldorf, la fiancée du Prince Louis de Monaco, aurait été victime ce soit d’un grave accident de la circulation, alors que sa voiture était poursuivie par les paparazzi dans Central Parc. Mlle Waldorf faisait l’objet d’une attention toute particulière ces dernières semaines, alors que la pérennité de ses fiançailles semblait compromise, ce qui expliquait la présence des journalistes à ses trousses ce soir. La future Princesse de Monaco, actuellement enceinte de 6 mois, a été conduite aux Urgences dans un état grave. Il en est de même pour les 2 autres occupants de la voiture. Nous savons avec certitude que l’un est le chauffeur, néanmoins l’identité du passager qui l’accompagnait reste inconnue pour l’instant. Nous vous tiendront informé dès que nous aurons d’autres informations ».

Lily resta interdite devant l’écran pendant quelques secondes. Elle n’était pas vraiment surprise que les médias soient déjà informés, Nate lui avait parlé de la présence des paparazzi sur les lieux. Elle était surtout soulagée que personne ne soit pour l’instant au courant de la présence de Chuck aux cotés de Blair, ni de son état de santé. Elle tenait à ce que cela reste le plus longtemps possible dans le cercle familial, surtout alors que la situation restait aussi incertaine.

Elle rassembla ses esprits et réalisa que les parents de Blair allaient arriver sous peu. Ils allaient certainement arriver totalement paniqués, elle se devait d’aller au-devant d’eux pour pouvoir leur donner dès que possible toutes les informations qu’elle avait. Elle sortit des urgences sans regarder derrière elle. Elle ne pouvait pour l’instant rien faire de plus pour Chuck, et elle devait garder ses esprits pour pouvoir gérer tout le reste. Il sera temps de s’inquiéter dans le médecin reviendra vers elle après l’opération. Elle traversa rapidement le hall de l’hôpital quand elle réalisa que la mère de Louis venait droit sur elle.

Sophie croyait rêver. Ses pires cauchemars semblaient prendre vie ce soir. Jusqu’où le scénario catastrophe allait-il aller ? Son instinct ne l’avait pas trompé, elle le comprit au moment où elle reconnut Lily Humphrey, la mère adoptive de Chuck. Louis avait fait une grave erreur. Il avait perdu sa fiancée pour cet homme face auquel il n’avait pu faire le poids, et il aurait du savoir que cela allait arriver. Cette Blair était trop romantique et écervelée pour ne pas céder aux avances de cet homme. Les histoires d’amour passionnelles étaient un mystère pour Sophie. Elle ne comprenait pas que des gens puissent sacrifier avenir, argent, famille pour s’abandonner dans les affres de passions qui à terme s’avéraient toujours destructrices et toxiques. Il suffisait d’un minimum d’intelligence pour le percevoir. Que Blair renonce à une vie de princesse, s’expose aux scandales et à l’opprobre du public juste pour s’enfuir son amour de jeunesse la dépassait totalement.

« Princesse Sophie, vous êtes arrivée ». Lily se sentit d’engager la conversation mais la réalité était qu’elle se sentait très mal à l’aise. Elle ne savait pas ce que Sophie savait, elle-même ignorait la raison exacte pour laquelle Charles se trouvait avec Blair ce soir. La prudence lui sembla la meilleure option. « Blair est dans sa chambre, souhaitez vous que je vous accompagne ? Ses parents sont sans doute arrivés et pourront vous donner des nouvelles. » Elle tenta de l’entraîner à l’opposé du service ou se trouvait encore Charles, mais elle comprit rapidement que Sophie n’était pas femme à se laisser dicter sa conduite. Elle eut mal au cœur de constater qu’elle semblait bien peu concernée par la santé de sa future belle-fille, alors que sans un mot la Princesse poursuivit son chemin d’un pas rapide vers les urgences. Lily n’eut guère d’autre choix que de lui emboîter le pas.

Sophie arriva dans le service, et accorda peu d’attention au chaos qui y régnait. Elle se figea au centre et, indifférente au personnel de l’hôpital qui s’agitait autour d’elle, balaya du regard les lits qui l’entouraient. Elle reconnut tout de suite Charles Bass. Elle se remémora l’esclandre qu’il avait provoqué il y a quelque mois, en venant, ivre, faire un scandale dans une soirée à laquelle il n’était pas convié. Elle avait le plus grand mépris pour cet homme. Il disait aimer la fiancée de son fils, comment avait-il pu alors lui causer un tel préjudice. La noirceur du tempérament de cet homme lui faisait peur, elle sentait qu’il n’avait que très peu de limites. Elle s’approcha du lit lentement, froidement, et constata qu’il était inconscient. Son visage était tuméfié et il semblait très mal en point. Elle senti la présence de Lily derrière elle, et apprécia la retenue de celle-ci en de telle circonstances.

« Comment va-t-il ? » demande t elle d’une voix atone.

«  Son cas est très sérieux, les médecins s’apprêtent à l’amener au bloc opératoire. Nous en sauront plus dans quelques heures », lui répondit Lily. Elle avait senti sa voix se briser à la fin de sa phrase. Elle se fit la réflexion que cela allait être bien plus dur à annoncer aux proches de Chuck qu’à cette femme. Elle s’intima alors d’être à la hauteur.

Sophie ne répondit rien. Elle se retourna doucement et fit face à Lily. Son regard était sombre et son visage crispé. Des mots de compassion lui vinrent à l’esprit, mais sa fureur l’emporta et elle les ravala. Dans son esprit étroit, Charles Bass avait mérité d’être là. Il était clairement en train de s’enfuir avec une femme fiancée et enceinte d’un autre homme, le destin les avait donc rattrapés. Ils s’apprêtaient à causer d’importants tords à sa famille, ne méritaient-ils pas de souffrir aussi ? Elle réalisa qu’elle était perdue dans ses pensées et que ce face à face silencieux avec Lily Humphrey devenait inconvenant. Elle se reprit donc et sans un mot s’en alla.

Elle laissa une Lily absolument interdite par la froideur de cette femme. Elle s’approcha de son fils adoptif et effleura sa main, espérant qu’il soit encore conscient. Elle voulait lui souhaiter bonne chance mais il ne réagit pas, et resta immobile. En silence, elle se pencha et embrassa son front : « Je vais prendre soin de Blair pour toi, je te le promets Charles ». Et elle le pensait. Blair était ce qu’il y avait de plus précieux au monde aux yeux de son fils et il avait confiance en elle. Elle se redressa, et avisa le couloir par lequel était partie Sophie. Elle savait très bien ou celle-ci était allée. Elle s’engagea à sa suite tout en ouvrant son portable.

« Serena, je suis en train d’arriver mais je tenais à te prévenir que Sophie était en route vers la chambre de Blair. Pour des raisons évidentes je pense inutile de lui imposer cette visite … »dit-elle rapidement à sa fille. « Essaye de ne pas inquiéter Blair mais si tu pouvais retenir Sophie en attendant que j’arrive ». Elle avait toute confiance en sa fille pour cette mission. Elle avait eu de nombreux reproches à formuler à Serena au cours des dernières années, mais sa loyauté envers ses amis était une chose à laquelle elle n’avait jamais rien trouvé à redire. Elle hâta le pas.

 


soso4662  (25.03.2013 à 20:41)

Serena reposa doucement le téléphone.

« Blair, je dois aller voir ma mère quelques minutes, je reviens tout de suite d’accord ? ». Elle n’avait pas envie de laisser Blair toute seule mais cela valait toujours mieux qu’une rencontre forcée avec la Princesse Sophie. Celle-ci ne s’était pas illustrée dans le passé pour sa magnanimité envers Blair, et il était probable que les événements de la journée de l’aient pas adoucie …

« Bien sur, » répondit doucement Blair. « Peux tu aussi voir où est Chuck ? Il est parti depuis longtemps maintenant et toujours pas de Louis … Je commence à m’inquiéter pour lui … S’il te plait ? ». Elle avait le sentiment que quelque chose n’allait pas. Chuck ne l’aurait pas laissée aussi longtemps si tout s’était bien déroulé. La boule qu’elle sentait dans sa gorge depuis qu’elle avait compris que Louis arrivait était plus présente que jamais. Elle avait besoin de voir Chuck. Elle avait besoin qu’il la prenne dans ses bras, de sentir sa force, de l’entendre lui dire que tout allait bien se passer. Elle pressenti quelque chose de mauvais et senti distinctement de la bile remonter de son estomac. Elle s’efforça de garder son calme, inspira à fond. Elle leva les yeux vers Serena et son regard était rempli de toute la peur qu’elle ressentait pour la vie de son bébé et pour l’homme qu’elle aimait.

« Je reviens aussi vite que possible. Mets donc à profit ce temps pour essayer de dormir d’accord ? Je vais voir si Dorota est arrivée avec tes affaires ». Serena balaya la chambre du regard et lança : « une fois qu’elle sera passée tu te sentira beaucoup mieux ici ». Elle sourit à Blair, d’une manière qu’elle espérait rassurante, et sortit d’un pas rapide.

Blair était reconnaissante envers Serena d’essayer de la faire sourire et de la rassurer, mais elle n’était pas dupe. Elle savait qu’elle avait déclenché un véritable séisme en s’enfuyant avec Chuck, et s’apprêtait à en supporter les conséquences. Elle avait fait une erreur. Elle n’aurait jamais dû laisser Chuck l’abandonner à Louis. Elle aurait dû être plus objective, plus forte. Charles Bass est l’amour de sa vie. Il l’était depuis de nombreuses années maintenant, et elle ressentait au fond d’elle-même la certitude absolue que cela ne changerait jamais. Le lien qui les unissait était unique. Aucun prince ne pouvait concurrencer cela.

Elle était prête à assumer les conséquences de son erreur. Mais ce qui la révoltait si profondément était que son bébé ou Chuck puisse en souffrir. Elle ne le supporterait pas. Elle devait faire tout ce qui était en son pouvoir là maintenant. Chuck n’était pas là, elle était coincée dans ce lit étroit et inconfortable, donc effectivement tenter de dormir semblait une manière assez paisible de laisser passer le temps. Elle se tourna de nouveau vers la fenêtre et tenta de s’installer confortablement sur le maigre oreiller. Elle le tapait rageusement mais rien à faire. Impossible même d’approcher le confort de son propre lit. Il faudrait bien faire avec. Elle soupira avec résignation et ferma les yeux. Elle pouvait bien s’autoriser quelques pensées fantasmagoriques agréables histoire de s’assurer de bien dormir. Elle s’imagina instinctivement à l’Empire. Chuck et elle sont sur le canapé de son penthouse. Ils sirotent tranquillement leur coupe de champagne. Elle est dans ses bras. Elle sentit la fatigue de cette longue journée peu à peu prendre le pas sur son stress, et finit par s’endormir.

Serena sortit de la chambre de Blair et tout de suite, son attention se porta sur le bruit de talons rapides qui arrivait sur sa droite. Elle tourna la tête pour voir arriver la mère de Louis. Le visage de celle-ci témoignait déjà de son énervement et de son irritation, et elle se dit immédiatement que sa mère avait bien fait de la prévenir. Cette femme aurait pénétré dans la chambre de Blair comme en terrain conquis, et son amie n’avait vraiment pas besoin de cela. Soucieuse d’éloigner le plus loin possible Sophie de la chambre, elle marcha vivement vers elle, la prit par le bras sans ménagement et commença à l’orienter à l’opposé de la chambre. Serena était quelque peu plus sanguine que sa mère, et Sophie n’allait pas tarder à s’en rendre compte. Elle fut tellement surprise de la prise en main de la jeune fille qu’elle n’eut même pas le réflexe de résister, et elle se contenta de la regarder, perplexe, alors qu’elle se laissait accompagner à l’opposé de son but.

« Bonsoir Princesse. Je suis désolée mais Blair vient de s’endormir, et le médecin a bien précisé qu’elle ne devait recevoir aucunes visites ». Serena avait parlé rapidement. Elle ne voulait pas que Sophie sente son inquiétude, mais elle craignait de ne pas donner le change. Elle ne cessait de se demander où était Louis et Chuck. Elle ne savait pas du tout dans quelle situation exactement elle arrivait, et la présence de Sophie n’indiquait rien de bon de toute manière. Elle continua de marcher avec elle, ignorant le fait que Sophie la fixait toujours avec étonnement.

Alors qu’elle descendait le couloir, elle fut soulagée de constater que sa mère arrivait. Elle lut du soulagement sur le visage de Lily lorsque celle-ci vit Sophie, qui n’était donc pas avec Blair. Mais elle lut autre chose sur le visage de sa mère. Elle sentit comme un vide dans son ventre. Un pressentiment. Mauvais. Elle regarda autour d’elle, ne vit ni Louis, ni Chuck, ni Nate. Elle se retourna vers sa mère : « Où sont-ils tous ?? ». L’inquiétude était perceptible dans sa voix.

Lily n’eut pas un regard pour Sophie. Leur rencontre un peu plus tôt avait achevé de brosser le portrait qu’elle se faisait de cette femme, et décidément elle ne lui inspirait que peu de respect. Elle avait des choses plus importantes auxquelles se consacrer.

« Ma chérie, ton frère a eu une … altercation avec Louis, lorsque celui-ci est arrivée » annonça Lily. Elle sentait le regard de Sophie peser sur elle, et tenta de l’ignorer. « Charles était déjà blessé comme tu le sais, et les … les coups portés par Louis ont aggravé ses blessures »

«Mais où est-il ? Il va aller bien n’est-ce pas ? » Serena sentait le monde se dérober sous ses pieds. Sa meilleure amie était aux abois à quelques mètres de là, se battant pour que son bébé survive et attendant le retour de l’homme qu’elle aimait. Comment allait-elle pouvoir lui annoncer une telle chose ? Et Chuck … Quelques années auparavant elle n’aurait pas parié cher sur son attachement à Chuck Bass, et pourtant. Elle avait appris à le connaître, à appréhender ses failles, ses blessures, son histoire, et aussi a apprécier ses qualités : sa loyauté envers sa famille, la force de ses sentiments envers Blair. Aujourd’hui elle avait un profond respect pour lui, qu’il avait dû gagner, et le considérait comme son frère, au même titre que Eric. Elle sentit cependant que si elle laissait son esprit partir de ce côté, elle allait perdre ses moyens, et elle ne le pouvait pas, pas maintenant. Sa famille avait besoin d’elle.

« Il est au bloc opératoire au moment où nous parlons Serena. » Lily sentit sa gorge se serer et marqua une pause. Ils allaient tous traverser cette épreuve comme la famille unie qu’ils étaient devenus. Elle avait travaillé dur pour cela au cours des années précédentes et aujourd’hui cela allait les porter. « Je vais te répéter ce que m’a dit son médecin. Son cas est très grave. Il m’a conseillé de nous… de nous préparer à de mauvaises nouvelles. »

Sophie avait l’impression désagréable d’être parfaitement transparente. Et elle détestait cela. Cette conversation mère fille à cœur ouvert la fatiguait prodigieusement, et elle profita donc d’un blanc dans celle-ci pour demander ce qui l’intéressait vraiment à ce moment précis : « Seigneur quelqu’un peut-il me dire ou se trouve Louis ? ». L’irritation était clairement perceptible dans sa voix, et elle sentait qu’elle perdait le contrôle d’elle-même autant que de la situation.

« Essayez donc au commissariat », lança Nate qui arrivait derrière elles. « Votre fils s’est jeté sur Chuck. Il était blessé, lui a dit qu’il ne souhaitait pas se battre, et votre fils a profité de sa faiblesse. Il s’est acharné sur lui alors même qu’il était à terre ». Nate marqua une pause. La froideur de cette femme était incroyable. « Les médecins ont jugé que son instabilité faisait qu’il devait être éloigné de Blair dans les meilleurs délais, vu son état. Ils ont appelé le 911 et il a été arrêté. Vous savez quoi faire maintenant ».

Nate prit par le bras Serena et Lily et les entraina à l’écart. « Ne perdons pas davantage de temps avec cette femme. Dans tous les cas ils ne la laisseront pas approcher la chambre de Blair, j’ai donné des instructions. Nous devons maintenant attendre Eleonor. Elle saura quoi faire pour tenir Sophie éloignée de Blair. Et surtout Louis. Malheureusement la solution qu’a trouvé Chuck n’est que temporaire ». Il se retourna et constata que Sophie était déjà en train de passer un appel. Elle ne perdait pas de temps.

Lily suivi le regarde de Nate : « Imaginez-vous les enfants qu’elle n’a pas demandé une seule fois des nouvelles de Blair ou du bébé. Cette femme me terrifie … Nate merci d’avoir pris les choses en main. Tu m’a entendue concernant Chuck, nous devons maintenant attendre.» Il fallait se serrer les coudes. Deux personnes avaient ce soir besoin de leurs forces respectives. Elle serra Serena et Nate contre elle et se dit qu’ils avaient grandit bien vite. Elle était fière d’eux, qu’ils soient parvenus à tous rester si proches en dépit de tout ce qui s’était passé.  Elle les entraina doucement vers la salle d’attente, ignorant Sophie qui quittait l’hôpital sans un regard ni un mot pour eux.

Nate Serena et Lily s’installèrent comme ils le purent sur des fauteuils a priori fait pour empêcher à tout prix aux gens de se reposer convenablement. Une infirmière leur amena gentiment du café, et leur confirma qu’elle tiendrait informés dès que possible de l’état de santé de Chuck.

« Serena si tu es d’accord je te propose que nous ne parlions pas à Blair de la santé de Charles avant d’en savoir plus. Attendons que la situation se stabilise et que sa mère arrive veux tu ? ».

Nate et Serena échangèrent un regard et acquiescèrent. Instinctivement ils se serrèrent tous les trois ensemble et l’attente commença.

 


soso4662  (26.03.2013 à 17:30)

12 heures de vol n’avait pas suffi à Eleonor pour absorber la nouvelle. Elle n’était pas femme à se laisser surprendre pourtant. Elle avait laissé sa fille en pleins préparatifs de son mariage. Comment était-elle passé de cela à un appel de Lily au milieu de la nuit, l’informant que Blair et Chuck avait eu un accident de voiture. Elle regarda autour d’elle : la situation était assez ironique. Cyrus lui tenait la main en silence, tandis que son ex mari et Ramon, qui leur faisaient face dans la limousine, regardaient chacun de leur coté par la fenêtre. Il n’y avait absolument rien à y voir. Il faisait nuit. Tous les deux connaissaient par cœur le paysage qui défilait de l’autre coté. Elle soupira. Chacun sa façon de gérer ce genre de stress. Pour elle c’était le travail, du moins elle aurait préféré. Elle tentait désespérément de se concentrer sur un dossier qu’elle avait trouvé dans son sac fait à la va vite, et échouait honteusement. A quoi bon de toute manière. La présence de Cyrus à son coté était un vrai réconfort, il avait un don pour gérer ce genre de crise, pour équilibrer surtout son penchant à être parfois froide et cynique. C’est en cela qu’ils faisaient une bonne équipe, ils s’équilibraient l’un l’autre.

Perdue dans ses pensées, elle ne réalisa pas que la voiture s’était arrêtée, et le bruit de la porte ouverte pas le chauffeur la fit sursauter. Elle regarda Harold, et ils retrouvèrent instinctivement leurs positions de parents de Blair. Un divorce et un coming-out ne suffisent pas à faire oublier l’intimité que confère 20 ans de mariage et un enfant.

La famille de Blair pénétra dans l’hôpital et bientôt les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur la salle d’attente ou se trouvait Lily ainsi que Nate et Serena.

Lily se leva aussitôt et alla à la rencontre de son amie : « Blair est hors de danger. Elle se repose dans sa chambre. Son médecin t’en dira plus mais la seule inconnue reste le bébé. Ils ne savent pas encore si tout va aller bien pour lui… ». Lily se détestait d’être porteuse de telles nouvelles, mais elle ne pouvait pas imaginer laisser Eleonor et Harold plus longtemps dans l’incertitude.

« Seigneur Lily que c’est il passé ? » s’écria Eleonor. Elle était soulagée de savoir le plus important, à savoir que sa fille allait bien. Il fallait bien de toute manière prendre les choses les unes après les autres. Elle ne voulait pas paraître cynique mais c’était une bonne nouvelle. Cela n’expliquait néanmoins pas ce qui c’était produit. 

« Oui, j’aimerai aussi le savoir ». Louis se tenait derrière eux, sa mère à ses côtés. Personne n’avait prêté attention à leur arrivée, et celle-ci jeta un froid immédiat.

Les parents de Blair ainsi que Lily, Nate et Serena. Tous, instinctivement, se regroupèrent comme pour faire front. La solidarité n’est pas un vain mot dans leur monde lorsqu’il s’agissait de protéger l’un des leur. Et il était clair pour tout le monde que Sophie et son fils n’en faisaient pas partie.

« La seule chose qui me paraît urgente est de voir ma fille. Le reste attendra bien» répondit sèchement Eleonor. Cette femme avait l’affront de venir leur demander des comptes dans un moment pareil. Elle passa à coté de Sophie sans un regard, et se dirigea d’un pas ferme vers la chambre de Blair, suivie de Harold.

Eleonor ouvrit doucement la porte de la chambre de sa fille. Elle entra sans bruit et s’approcha du lit de Blair. Elle fut soulagée de constater qu’elle avait l’air apaisée et qu’elle dormait. Elle sentait la présence de Harold derrière elle. Il n’avait pas besoin de parler. Elle savait qu’il ressentait la même chose. Il avait été un mari infidèle mais elle avait toujours admiré ses qualités de père. Il aimait profondément Blair et était tout autant touché qu’elle par la situation.

« Qu’allons-nous faire Harold ? Elle était avec Chuck. Louis doit être absolument furieux, et avec raison. Sais-tu ce qui s’est passé ? Comment en sont-ils arrivés là ? » Elle ne parvenait toujours pas à saisir comment la situation avait pu à ce point déraper. Elle avait besoin de comprendre pour pouvoir prendre les choses en main.

« Je pense que tu le sais Eleonor. Ca a toujours été Chuck pour elle. Se précipiter dans un mariage princier n’a rien changé à ce fait. Rien ne le pouvait» lui répondit-il doucement. Harold admirait le courage de sa fille. Elle était allée aussi loin avec Louis, parce qu’elle y avait sincèrement cru. Mais elle n’avait pas eu peur de prendre une décision difficile et de toute remettre en cause pour avoir la vie qu’elle voulait vraiment. « Nous devrions parler avec Nate et Serena, je pense qu’ils pourront nous donner des détails. Mais je pense que pour l’instant, il faut surtout s’attacher à garder Blair dans un environnement calme. Elle en a besoin, pas des questions intrusives de Sophie et Louis. Elle est notre priorité et rien qu’elle ». Il prit doucement la main de la femme qui avait été son épouse durant 20 ans, et qui pour une fois ne trouvait rien à répondre. «Tout va bien se passer, je te le promets, allons voir les autres d’accord ? »

Eleonor, toujours silencieuse, se tourna vers Harold. Son regard était lourd et sombre. Elle avait peur pour sa fille, pour son bébé. Toujours sans un mot, elle serra un peu plus fort la main d’Harold et acquiesça de la tête. « Allons-y ».

La tension dans la salle d’attente était palpable. Sophie et Louis ruminaient de leur côté, impuissants. Nate et Serena étaient accrochés l’un à l’autre, leurs pensées tournées vers le sort de Chuck. Il était fort, il avait survécu à tellement déjà, cela devait forcement bien se passer.

Tous se tournèrent en silence vers Harold et Eleonor lorsque ceux-ci les rejoignirent.

« Blair dort pour le moment. Elle se repose et c’est tout ce dont elle a besoin. » Toute l’autorité naturelle de la mère de Blair était lisible autant dans le regard qu’elle posa sur Louis et Sophie que dans son attitude.

« Je vais aller la voir toute de suite », annonça Louis en esquissant un mouvement vers la porte. Harold s’avançât d’un pas et le retint en attrapant son bras.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour l’instant. Comme Eleonor vous l’a indiqué, elle a besoin de se reposer. Dois-je vous rappeler que la vie de votre enfant est en jeu ici ? »

« Justement, il s’agit de ma fiancée, de mon enfant. Comment comptez-vous vous y prendre pour m’interdire de la voir ? ». Louis était à bout et cela se voyait. Il était nerveux, il sentait que la situation devenait hors de contrôle et cela réveillait en lui un coté sombre qu’il n’avait jamais été conscient d’avoir.

« Pour l’instant elle n’est pas votre femme. C’est donc à nous ses parents qu’il incombe de prendre les décisions. Et nous décidons que nous seuls et Serena sont autorisés à  voir Blair. Point final Louis. Ne rendez pas la situation plus difficile. » Plus les mois passait et plus Harold redoutait Louis. Il était bien différent du prince doux et amoureux que Blair lui avait présenté l’été précédent. Il avait devant lui un homme jaloux, irritable et égoïste. Il ne put s’empêcher de penser que Blair avait clairement pris la bonne décision. Chuck avait commis son lot d’erreur bien sûr, mais au final il avait toujours d’abord pris en considération le bonheur de Blair. Il n’avait pas hésité à la perdre, parce qu’il était convaincu qu’elle serait plus heureuse avec un autre que lui. Il était clair que Louis était incapable d’une telle abnégation.

« Les paparazzi cernent l’hôpital alors que je vous parle », intervint alors Sophie, qui sentait que son fils commençait à perdre le contrôle de lui-même de nouveau. Elle avait décidé qu’une arrestation suffisait pour ce soir. « Ils ne vont pas tarder à savoir que Blair est arrivée ici avec Mr Bass ». Elle lança un regard équivoque à Lily. « Vous rendez vous compte du tort que cela va causer à Louis si la presse le voit quitter cet hôpital en y laissant sa fiancée et l’amant de celle-ci ? Vous déraisonnez Harold. Vous n’êtes pas le seul parent protecteur ici. »

Nate et Serena était restés en retrait jusque là, et ne tenaient plus en place. Il leur était insupportable que leurs deux meilleurs amis, les gens les plus puissants et forts qu’ils connaissent, se retrouvent ainsi dépossédés de la maîtrise de leur propre avenir. Ils devaient agir :

« Sophie, vous n’oseriez pas attribuer la même importance à la vie de votre premier petit enfant et à la fierté de votre fils ? Blair a besoin de calme, et c’est la seule priorité que nous devons considérer pour l’instant». Serena priait pour son idée fasse l’unanimité. « Faisons donc un compromis. Si les médecins de Blair sont d’accord, nous pouvons la transporter dans les Hamptons, dans la maison de ma grand-mère. Elle y sera au calme, à l’abri de la presse. Je l’accompagnerai, ainsi que ses parents et Dorota. Et Chuck reste ici ou il doit être soigné. La presse n’en aura cure si Blair n’est plus là. »

Sophie ne dit rien. Elle n’avait aucun respect pour Serena. Cette jeune fille n’avait aucune manières, et elle était convaincue de l’influence néfaste de leur amitié sur le comportement de Blair. Comment osait -intervenir dans une conversation entre parents ? Encore énervée par l’intrusion de Serena, elle constata malgré elle que son idée tendait à faire l’unanimité dans le petit groupe. Elle soupira en silence. Elle devait admettre que c’était sans doute le meilleur compromis auquel ils pourraient parvenir ce soir. Elle ne prit même pas la peine de consulter Louis. Elle pressentait que la seule chose qu’il souhaitait était que Blair soit éloigné de ce Charles Bass.

« Très bien. Louis reste ici jusqu'à demain matin, le temps d’organiser le transfert de Blair. Et nous indiquerons à la presse qu’il est avec elle bien entendu. »

 Un sentiment d’apaisement gagna peu à peu les protagonistes. Louis et sa mère quittèrent la pièce afin de s’isoler, ce qui acheva de détendre tout le monde. Cyrus prit les choses en main et entreprit d’organiser le transfert de Blair, afin que tout se passe dans les meilleures conditions. Les pensées de toutes les personnes restantes étaient désormais pour Chuck, dont ils n’avaient encore aucunes nouvelles. Lily était soulagée de savoir que la situation de Blair s’était arrangée pour l’instant, mais le stress de l’attente commençait à la ronger. Elle cherchait désespérément quelque chose à faire pour s’occuper l’esprit, mais aucune idée autre que de retourner voir l’infirmière qui n’avait toujours aucune information ne lui vint. Elle se rassit lentement dans son fauteuil, bientôt rejointe par Eleonor, qui était emplie de compassion pour son amie. Elles passaient toutes les deux par des moments très difficiles mais tellement similaires. La mère de Blair pris dans la sienne la main de Lily et elles restèrent ainsi, en silence. Leur position ne leur permettait aucun épanchement émotif, elles se ressemblaient beaucoup en cela. Elles prirent donc sur elles en s’appuyant discrètement l’une sur l’autre.

Serena pris Nate par le bras et entreprit de l’attirer à l’écart.

« Il faut absolument permettre à Chuck et Blair de se voir avant qu’elle ne parte. Elle ne supportera pas de le laisser ici tout seul sinon » souffla Serena à Nate. Les parents pouvaient bien s’arranger comme ils le souhaitaient, mais ils étaient tous les deux les seuls vrais protecteurs de leurs amis. Ceux-ci vivaient des moments terribles, ils devaient être à la hauteur.

«  Blair dort pour l’instant. Attendons d’avoir des nouvelles de Chuck et nous aviserons. Tu as raison. Ils viennent de se retrouver, ce serait cruel d’éloigner Blair d’autorité sans leur permettre de se voir … ». Nate était consterné de constater que ses amis étaient devenu les pantins de Sophie et de son fils. Il commençait singulièrement à en avoir assez, et était bien décidé à se jouer d’eux cette fois. Ils étaient chez eux ici, c’était leur royaume. Il était temps de rééquilibrer les forces en présence.

Au même instant, l’attention de Lily et Eleonor fut attirée par de l’agitation provenant du bureau des infirmières. L’une d’elle finit par en sortir et se dirigea vers elles. Le temps se suspendit pour Lily, elle sentit son cœur fondre littéralement dans sa poitrine. Par réflexe, elle se leva, accompagnée dans son mouvement par Eleonor. Elle sera un peu plus fort la main de celle-ci et attendit.

Lily tentait désespérément de lire le visage de l’infirmière mais celle-ci restait absolument impassible. Il lui semblait la voir arriver vers elle au ralenti, et elle sentait dans sa poitrine son cœur s’emballer. Eleonor n’avait pas lâché sa main, et elle lui en était reconnaissante.

Voyant l’infirmière arriver, Nate et Serena avait cessé net leur conversation, et s’étaient instinctivement rapproché de Lily :

« Madame Humphrey ? Votre fils est sorti du bloc opératoire. Il ne s’est pas encore réveillé mais l’opération s’est parfaitement déroulée. C’est une question de minutes. Souhaitez-vous le voir ? »

Lily mit quelques secondes à intégrer le sens de ce que la jeune femme venait de lui dire. Elle avait retenu au sens propre son souffle pendant le discours de celle-ci, et elle se relâcha totalement dès qu’elle eut compris que Charles allait bien. Un sentiment de soulagement la submergea :

«Oui bien sur, nous vous suivons », lui répondit elle rapidement. Elle lui emboîta le pas, et réalisa au bout de quelques secondes que Nate et Serena ne bougeaient pas, hésitant à la suivre.

« Et bien, venez ! ». Ils se hâtèrent dans les couloirs de l’hôpital jusqu'à la chambre de Chuck.

L’infirmière leur ouvrit la porte, et les laissa passer. Lily s’arrêta quelques secondes sur le seuil, afin de rassembler ses esprits. La chambre était calme, Charles était allongé sur son lit et semblait dormir. Son visage était serein, beaucoup plus reposé que avant l’opération, ce qui la réconfortât. Elle s’approcha silencieusement de son fils, suivie de près par Nate et Serena qui retenaient leur souffle. Elle lui pris la main tendrement et s’assit sur le rebord de son lit. Elle était tellement soulagée qu’il aille bien. Elle ne se serait jamais pardonnée de l’avoir laissé se faire attaquer sous ses yeux et de ne rien avoir pu faire.

Chuck sentit d’abord fugacement le contact sur sa main. Son esprit était comme embué. Ses paupières étaient terriblement lourdes et il avait l’impression d’être conscient quelques secondes seulement, de ne même pas parvenir à ouvrir les yeux, puis de sombrer de nouveau dans le sommeil. Il n’arrivait pas à reprendre le contrôle de lui-même et bouillonnait intérieurement. Cette fois il perçu des voix étouffée et il s’y accrocha. Des gens étaient là. Il tenta d’ouvrir les yeux et la lumière qui filtra à travers ses paupières lui fit mal. Il se força à prendre son temps, et au bout de quelques minutes parvint enfin à entrouvrir les yeux et à découvrir à son chevet Lily, Nate et sa sœur. Il tenta de tourner la tête vers eux mais cela lui provoqua une douleur dans tout le dos. Il ne pu retenir un gémissement qui attira tout de suite l’attention de sa famille.

« Charles, tout va bien, tu viens de sortir du bloc ». Elle regarda son fils ouvrir lentement les yeux, et lui laissa quelques secondes pour intégrer ce qu’elle venait de lui dire. « Tu t’es battu avec Louis tu te souviens ? Tu aurais du nous dire que tu étais blessé, tu a été très imprudent ». Elle se dit au moment même où elle parlait qu’elle passait pour une mère trop protectrice … mais au final elle ne le perçut pas comme quelque chose de négatif.

Chuck reprenait peu à peu ses esprits. Il intégrait les mots de Lily et son esprit commençait peu à peu à reconstituer les événements. L’accident, Blair et lui emmenés aux urgences, puis séparés, la chambre de Blair, ses larmes, et puis Louis. Le combat avec Louis.

« Louis ? » demanda t il d’une voix faible et sombre. Il devait savoir ou était Louis.

« Il est toujours dans l’hôpital mais il est maintenu loin de Blair. Tu peux être rassuré sur ce point », lui répondit Nate en s’approchant.

Chuck l’interrogea du regard : « Blair va bien. Elle dort en ce moment. Nous ne lui avons pas dit que tu étais au bloc pour ne pas l’inquiéter inutilement. Il faut qu’elle se repose » précisa Nate.

Le soulagement fut immédiat sur le visage de Chuck, qui se détendit enfin. Il ferma de nouveau les yeux, comme si ces bonnes nouvelles l’autorisaient à prendre un peu de repos. Nate et Serena échangèrent un regard : il était temps de trouver une solution pour amener Blair à Chuck désormais. 

« Je vais rester avec Charles. Pouvez vous aller prévenir Eleonor qu’il s’est réveillé et qu’il va bien ? Nous nous retrouvons plus tard ? ». Elle n’imaginait même pas que son fils puisse se réveiller dans quelques heures dans une chambre vide, et était bien décidée à le veiller aussi longtemps qu’il lui faudrait pour récupérer de son opération. Alors que Nate et Serena s’éloignaient rapidement, elle s’installa aussi bien que possible dans l’unique fauteuil de la chambre, se couvrit de son manteau, et entreprit d’essayer de dormir. Elle pouvait espérer y arriver désormais.

Serena et Nate ne mirent pas longtemps à retrouver les parents de Blair. Comme promit à Lily, ils les tinrent informés de l’état de Chuck, puis s’enquirent auprès de Cyrus de l’organisation du transfert de Blair dans les Hamptons.

« Un hélicoptère va venir la chercher dès demain matin, après un dernier contrôle de son médecin bien sur. Elle devrait pouvoir quitter son lit et s’asseoir dans les heures qui viennent, ce qui facilitera son transport et son installation là bas » leur répondit il.

« C’est une très bonne nouvelle, je vais tout de suite appeler la maison pour faire préparer notre arrivée. Nate tu m’accompagnes ? » Dit-elle alors qu’elle l’entraînait déjà plus loin avec elle.

Elle le prit par le bras et tout en s’éloignant, elle lui souffla a l’oreille : « Nous avons très peu de temps pour nous organiser. Il faut faire vite ».

Lorsque Serena entra dans la chambre de Blair, elle fut soulagée de voir que celle-ci, comme promit, avait eu l’autorisation de s’installer dans un fauteuil. Elle afficha un sourire résolument positif et rassurant, et s’avança vers elle.

« Blair, je t’amène des nouvelles de Chuck. Tout va bien maintenant. Tu ne dois surtout pas t’inquiéter. »Serena souhaitait à tout prix éviter de trop fortes émotions à Blair, mais le contenu du message qu’elle avait à délivrer rendait sa mission ardue.

Blair regardait Serena d’un air un peu absent. Elle tentait de se déconnecter de la réalité afin que son corps ne manifeste pas trop de stress. Elle était forte et pouvait le faire. Mais là tout de suite, elle avait besoin de l’homme qu’elle aimait. Et si l’arrivée de Serena l’avait inquiétée, le début de ce qu’elle avait à lui dire ne la réconfortait pas du tout. « Ou est il ? » demanda-t-elle.

« Blair, il a provoqué Louis afin que celui-ci le frappe, et soit donc éloigné de toi. Ca a marché, il a été arrêté et les médecins lui ont interdit de te voir. Mais Chuck était déjà blessé au moment ou il s’est confronté à Louis, et celui-ci a été très … ». Elle ne savait comment dire les choses qu’elle avait à dire d’une manière douce. « Chuck a su provoquer Louis, et celui-ci l’a suivi. Il l’a frappé, fort. Et cela a aggravé les blessures de Chuck qui a du être opéré en urgence. Tout va bien maintenant, Lily est avec lui, et nous sommes en train de faire le nécessaire avec Nate pour que tu puisses le voir dès que possible. »

Blair n’avait pas bougé pendant toute la tirade de son amie. Elle s’appliquait à suivre les conseils de son médecin, à rester calme, mais l’idée même de Chuck blessé par sa faute lui brisait littéralement le cœur. Elle sentit malgré elle ses mains se crisper sur les accoudoirs de son fauteuil, et des larmes se former inexorablement. Elle saisit la main de son amie et la serra fort.

« Serena peux tu me promettre qu’il est hors de danger ? C’est tout ce que j’ai besoin de savoir pour l’instant. » Elle le pensait. Elle avait juste besoin de ne plus s’inquiéter pour lui. C’était au dessus de ses forces. Elle avait besoin de savoir que même si il ne pouvait pas être à ses cotés, il allait bien.

« Oui. Je te le promets. ». Serena rassembla son courage. Elle allait devoir maintenant expliquer la présence de Sophie, des photographes, et la solution dont avaient convenu les personnes de son entourage, à laquelle elle allait devoir se plier.

« Sophie est arrivée. Louis est revenu. Et comme tu l’imagines ils ne sont pas … ravis de la présence des journalistes. Ils vous suivaient, ils ont tout vu. Ils savent que tu a été amenée ici avec Chuck. Louis et sa mère souhaite avant tout éviter qu’il soit humilié, ce qui peut se comprendre là tout de suite … La seule chose sur laquelle tout le monde est tombé d’accord, c’est que nous partions avec tes parents chez Cece pour que tu t’y repose. Louis ne viendra pas t’inquiéter, c’est convenu. Mais Chuck doit rester ici en revanche. Pour l’instant, le plus important est que tu te reposes. Nous pensons tous que c’est la meilleure solution pour toi. Dès que tu ira mieux nous pourrons trouver autre chose ». Serena attendit avec angoisse la réaction de Blair.

Blair était sous le choc. La journée avait véritablement été longue. Elle se revit le matin même au loft avec Dan, et elle était encore étonnée par toutes les choses qui s’étaient déroulées depuis. Le photographe qui s’était introduit chez elle, sa conversation avec Chuck, Dan l’évacuant en secret de Brooklyn pour organiser un RV secret avec l’homme qu’il avait compris qu’elle aimait plus que tout. Et les mots de Chuck, qui raisonnaient encore dans son esprit de la même manière que si il était à ses cotés. Elle ferma les yeux. «Je vais aimer ton bébé autant que je t’aime toi ». Tout s’était comme éclaircit dans son cœur et dans sa tête à ce moment précis. Il était Chuck Bass, son vrai prince depuis tant d’année, et ils étaient enfin prêts l’un pour l’autre. Et maintenant être éloignée de lui. Le simple fait d’imaginer cela était physiquement douloureux. Elle était en manque de lui, de sa présence, de sa voix, de la chaleur de son corps, de sa force. Il était sa famille. Sa famille, son bébé …. Elle n’avait pas véritablement le choix. Elle allait être mère désormais et elle devait faire primer le bien être de son bébé.

« J’irai chez Cece » dit elle doucement. Elle posa sa main sur son ventre. « Nous avons notre vie devant nous avec Chuck désormais. Je dois à tout prix me concentrer sur mon bébé pour l’instant ». Elle réalisait peu à peu à qu’elle point le fait de savoir qu’elle avait désormais Chuck à ses cotés la rendait plus forte. La conviction qu’ils seraient toujours ensembles lui donnait l’impression qu’elle était capable de tout. Ce sentiment était nouveau, et contribuait à la conforter dans l’idée qu’elle avait fait le bon choix. Elle réalisait maintenant à quel point elle aimait Chuck comparé aux sentiments qu’elle avait jamais eu pour Louis. Elle était tombée amoureuse bien sur, mais sans doute plus de l’idée d’épouser un prince que de l’homme lui-même. Il correspondait tellement à son rêve qu’elle avait été aveuglée. Chuck était son âme sœur. Le lien qui les unissait ne pouvait jamais disparaître, et la vie qu’ils allaient construire serait exceptionnelle et lumineuse de bonheur. Sa conviction était tellement profonde à  cet instant qu’elle sentit l’apaisement la gagner. Elle allait le voir bientôt, Serena et Nate allaient les aider. Et tout irai bien.

 


soso4662  (27.03.2013 à 09:24)

Le cœur de Blair tambourinait dans sa poitrine. Elle savait qu’elle n’aurait que quelques minutes avec lui. Elle savait que les gens de Louis l’attendaient sur le toit pour l’escorter dans les Hamptons. Elle savait que le temps était compté et elle voulait en savourer chaque seconde.

Le charme de Nate avait fait son œuvre auprès des infirmières et il les avait convaincues de les laisser accompagner leur amie sur le toit lorsque le moment du départ serait arrivé. Il ne put s’empêcher de sourire en pensant que Chuck serait fier de lui, alors qu’il poussait le fauteuil roulant de Blair dans les couloirs de l’hôpital, Serena trottinant à ses cotés. Celle-ci laissait une main protectrice sur l’épaule de son amie, tandis qu’elle guettait le moindre signe de l’arrivée de Louis ou Sophie. Mais ils avaient été convaincus par le projet d’éloignement de Blair et la bonne volonté affichée de celle-ci avait endormie leur méfiance.      

Chuck fixait nerveusement un point droit devant lui. Il ne tenait plus en place. Il savait qu’il allait avoir quelques instant avec Blair mais il ne savait pas quand. Il ne supportait pas son impuissance. Il avait hâte de retrouver ses moyens, et d’enfin pouvoir faire le nécessaire pour qu’ils puissent enfin construire la vie qu’ils méritaient tous les deux. Son esprit filait à toute allure. Tant de pensées, de projets fous qu’il avait pu imaginer devenaient possibles désormais. Une vie avec Blair chaque jour à ses côtés, le mariage qu’elle méritait plus que personne, le bonheur de enfin fonder une famille avec elle. Une famille. Absorbé par ses pensées, il ne fit pas tout de suite attention au bruit de poignée qui se fit entendre à la porte de sa chambre. Instinctivement son corps se tendit. Il tente de se redresser pour la voir dès que ce serait possible. Sa poitrine le lançait encore terriblement, et décidément, il se dit qu’il supportait très mal d’être diminué physiquement.

Blair avait l’impression que les secondes s’écoulaient avec une lenteur incroyable. Les couloirs de l’hôpital étaient sans fin, et elle pensait qu’ils n’arriveraient jamais.

Enfin Nate ralenti. Serena passa devant elle :

« Tu es prête ? Rappelle toi, il vient de se faire opérer, il n’est pas encore en mieux de sa forme mais concentre toi sur l’idée qu’il va bien d’accord ? »

« Ouvre cette porte Serena », s’impatienta Blair, « on a pas toute la journée ! ».

Chuck ne pu réprimer un sourire quand il entendit Blair houspiller Serena. Cela le rassura tout de suite. Si elle avait encore l’énergie de donner des ordres, c’est que tout allait bien.

Blair ne vit d’abord que le pied du lit. Au fur et à mesure que Nate l’avançait dans la chambre, Chuck apparaissait enfin devant ses yeux. Il était allongé, semblait relié à tant de machines effrayantes … Elle constata qu’il était en train de tenter de se redresser dans son lit, ce qui, vu l’expression de douleur sur son visage, n’était clairement pas une bonne idée.

« Chuck ne fait pas l’idiot ! Reste allongé j’arrive ! » lui dit-elle précipitamment.

Il sourit. « Tu n’aura pas attendu longtemps avant de me donner des ordres à ce que je vois … ». Son visage s’était proprement illuminé à la vue de Blair. Il était tellement soulagé de voir qu’elle avait repris des forces, et qu’elle ne se laissait pas abattre par la situation.

« Bon ne commencez pas tous les deux », les gronda gentiment Nate. Ses amis étaient incroyables. Même dans cette situation ils arrivaient à rester fidèles à eux même. « On vous laisse. Je vais attendre dehors avec Serena ».

« Merci pour tout Nate », glissa Chuck. Son regard en disait long sur la gratitude qu’il ressentait pour son ami. Celui-ci répondit sobrement par un hochement de tête et s’éclipsa. Et ils furent enfin de nouveau seuls.

Blair était tout près du lit Chuck. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire en le regardant. Elle était soufflée d’émotion par la force de son regard. Comment ne pas croire qu’un être capable d’une telle intensité avait le pouvoir de déplacer des montagnes. Elle ressentit un frisson de bonheur parcourir son dos et elle tendit sa main vers la sienne. Leurs doigts s’emmêlèrent instantanément.

« Comment te sens tu mon amour ? » lui demanda-t-elle doucement. « Tu n’aurais jamais du te battre avec Louis. Qu’aurais-je fait s’il t’était arrivé quelque chose de plus grave ? Je ne me le serai jamais pardonné… ». Sa voix se brisa alors que l’image de son amour à terre, en train d’encaisser des coups pour elle s’installait insidieusement dans son esprit. Elle ne pu soutenir son regard et baissa les yeux.

« Blair, tu es ma vie désormais. Je ne pouvais rien te laisser arriver. J’ai fait ce que j’avais à faire, et je le referai ». Il sera sa main plus fort. Il ne pouvait pas la laisser se sentir coupable alors qu’il n’avait fait que son devoir. La protéger. « Regarde-moi », lui dit-il doucement. « Regarde-moi ».

Blair secoua la tête. « Je vais être forte. Pour nous, pour notre famille. Mais pour pouvoir faire cela j’ai besoin de savoir que tu vas bien, et que les jours qui passent ne font que me rapprocher du jour où nous serons réunis. Il n’y a que ça qui compte. ». Elle leva les yeux sur lui, et encore une fois l’intensité de son visage, sa gravité, la frappa comme si il la regardait comme cela pour la première fois. Un sentiment de plénitude l’envahit doucement.

« Je te promets de prendre soin de moi. Tu vas partir avec Serena et prendre soin de vous deux ». Il prit le temps de la regarder. De fixer dans sa mémoire son visage, son regard. Il ne voulait pas qu’elle parte. « Et nous nous retrouverons vite, je te le promets ».

Blair s’approcha davantage. Elle n’avait pas le droit de se lever, aussi elle plaça son  fauteuil le plus près possible de son lit. Elle tendit le bras, et parvint à caresser son visage du bout des doigts. Sans un mot elle caressa la ligne de la mâchoire, les lèvres qui l’avaient embrassée tant de fois. Ses doigts courraient avec légèreté sur sa peau si chaude, si douce. Chuck ferma les yeux, comme pour arrêter le temps et que Blair reste ainsi près de lui pour toujours. Elle ne cessa pas. Elle continua sans relâche de caresser doucement le visage de l’homme qu’elle aimait. Elle ne voulait qu’une seule chose, s’installer dans ses bras, contre lui, et ne plus jamais le quitter. Doucement elle se souleva de son fauteuil, et s’approcha de Chuck. Elle s’assit au bord du lit.

Il ouvrit les yeux. Il voulait lui dire de retourner dans son fauteuil, mais il sentait désormais son corps contre le sien et il sentit une vague de chaleur fulgurante le traverser tout entier. Il ne pouvait détacher son regard de son visage. Il était comme hypnotisé. Leurs mains étaient toujours accrochées l’une à l’autre et rien ne semblait pouvoir les séparer.

Blair fixait Chuck de ses grands yeux sombres. Parler davantage semblait parfaitement inutile. Tous les deux avaient juste besoin de se rassasier de la présence, du contact de l’autre. D’y puiser la force dont ils auraient besoin pour les jours à venir.

Sans un mot Chuck saisit la main de Blair qui courrait toujours sur son visage. Il la porta doucement à ses lèvres et l’embrassa. Il ne pouvait plus la lâcher. Il resta ainsi quelques secondes, sentant contre son visage la chaleur et la douceur de sa peau, son parfum. Puis n’y tenant plus il l’attira plus près de lui. Leurs corps s’imbriquèrent étroitement. Ils étaient comme soudés l’un à l’autre. Ignorant la douleur il la serra plus fort contre lui. Ils restèrent ainsi de longues minutes. La main de Blair caressait doucement la poitrine de Chuck. Elle pouvait sentir sous le drap le pansement. Son cœur se serra alors qu’elle imaginait à quel point il avait été blessé par sa faute. Comment pouvait-elle se pardonner de l’avoir fait tant souffrir, uniquement pour la protéger.

Leurs esprits étaient comme liés, et Chuck ressenti la détresse de Blair. Il refusait de voir ce moment entaché par la culpabilité de la femme qu’il aimait tellement. Il pouvait sentir que l’émotion la gagnait. « Chut, je vais parfaitement bien ». Il murmurait doucement alors qu’il continuait de la serrer contre lui. Il pouvait sentir sa main s’accrocher désespérément à sa blouse d’hôpital. La tristesse était en train de la submerger. N’y tenant plus, ne pouvant supporter de la sentir malheureuse, il passa son doigt sous son menton et doucement leva son beau visage si triste vers le sien. « Blair, je t’aime plus que tout. Tu m’as sauvé tant de fois déjà, c’est grâce à toi que nous sommes là, ensemble, aujourd’hui. J’ai fait ce que j’avais à faire, et que je referai à chaque fois que cela sera nécessaire, pour toute notre vie. »

Les yeux de Blair s’embuèrent. Son cœur était partagé entre l’impression de vivre un cauchemar où Chuck était blessé, souffrait, et le bonheur si intense qu’elle ressentait alors qu’il lui disait qu’il l’aimait.

Leurs regards étaient plus intenses que jamais. Tous les deux sentaient que leurs deux corps s’accrochaient à celui de l’autre, instinctivement, sans que leur propre volonté semble avoir quoi que ce soit à y faire. Leurs visages se rapprochaient imperceptiblement mais sûrement. Une vague de chaleur les envahit tous les deux, alors qu’ils comprirent qu’ils étaient en train de se laisser vraiment aller, et qu’ils allaient perdre tout contrôle.

Blair pouvait sentir le souffle de Chuck sur son visage au fur et à mesure qu’elle se rapprochait de lui. Elle sentait l’émotion la gagner. Elle tentait désespérément de ne pas penser à leur séparation prochaine, mais de ne penser qu’a cet instant. Elle sentit la main de Chuck dans son dos, l’emprise de son bras devenir plus ferme, et elle se rapprocha encore. De sa main libre, elle agrippa plus fort la blouse de Chuck et acheva de se hisser jusqu'à son visage.

Chuck avait l’impression de perdre la tête, de vivre un rêve. Il sentait le corps chaud de Blair contre le sien, il ne pouvait penser à rien d’autre. Rien d’autre n’existait en cet instant. Il ferma les yeux au moment où il sentit ses lèvres toucher les siennes. Il voulait profiter, vivre pleinement, chaque seconde de ce moment avec elle.

Leur baiser était doux, respectueux, presque religieux, mais si intense. Leurs sensations semblaient démultipliées. Blair avait remonté sa main au visage de Chuck et la faisait courir dans son cou, sur sa joue, dans ses cheveux. Elle voulait l’attirer contre elle toujours plus près. Toujours plus longtemps. Elle se sentait partir, s’abandonner totalement au baiser de Chuck. Elle ne pouvait imaginer qu’il s’arrête. Le temps c’était comme suspendu, plus rien n’existait autour d’eux. Tous ses sens étaient tournés vers lui. L’odeur de sa peau l’étourdissait, ses épaules fortes et puissantes sous ses mains, les gémissements qu’il ne pouvait réprimer, faisaient battre son cœur à une allure toujours plus folle et lui coupait le souffle.

C’était un moment comme hors du temps pour tous les deux. Ils étaient sans aucun doute les personnes les plus fortes d’un monde pourtant impitoyable. Et leur seule faille était l’autre. Ensembles ils étaient invincibles. Le lien qui les unissait était plus fort que jamais, et ne devait plus faiblir.

Après un moment dont ils ne pouvaient évaluer la durée, Serena finit par taper discrètement à la porte. Ils se figèrent tous les deux, leurs corps tout entiers lutant. Chuck resserra encore son bras autour de Blair, encore. Alors qu’elle s’accrochait encore à lui, il déposa un baiser sur son front.

« Je te vois bientôt Waldorf », murmura t il du bout des lèvres.

« A bientôt Bass ».

Le regard qu’ils s’échangèrent alors que Serena emmenait Blair hors de la chambre disait tout.


soso4662  (28.03.2013 à 10:19)

Blair resta silencieuse pendant tout le voyage. Il lui semblait que son cœur n’était plus avec elle, qu’il était resté avec Chuck. Comment pouvait-il en être autrement ? Elle n’était pas à sa place dans cet hélicoptère, en route pour se cacher. Blair Waldorf n’était pas femme à se cacher. Tout cela était à cause de Louis. Au fond il n’avait jamais vraiment voulu son bonheur, ne l’avait jamais vraiment connue. Si il avait vraiment su qui elle était, il aurait su qu’elle ne pourrait jamais se satisfaire d’être seulement la femme de quelqu’un. Elle n’avait pas d’égale dans l’Upper Est Side. Elle était devenu une femme forte, indépendante, ambitieuse et … amoureuse. Amoureuse d’un autre homme que son fiancé. Mais elle ne se sentait plus capable de fuir ses sentiments.


Il lui sembla, ironiquement, que Louis avait bâti sans le savoir le piège parfait. Le conte de fées, le mariage avec un prince doux et beau, qui ferait sans aucun doute un mari attentionné et un père aimant. Mais combien de temps aurait-elle tenu ?  Au fond de son cœur elle avait hurlé durant ces derniers mois. Le conte de fée était si parfait qu’elle avait gardé ce cri déchirant pour elle. Mais tout avait explosé. Louis n’était pas un prince charmant en armure, et Chuck n’était plus l’homme torturé incapable d’amour. Elle n’avait été plus sûre de rien, si perdue, et finalement la vérité s’était imposée d’elle même. En quelques mots, si simples pourtant, Chuck avait remis son cœur exactement là ou il devait être. « Parce que je vais aimer ton bébé autant que je t’aime toi ». Tout le reste s’était comme écroulé autour d’elle, comme un décor éphémère, et seul Chuck se tenait là devant se yeux. Il était tout. Il avait toujours été son monde, elle le réalisait maintenant. Quelque soit la volonté avec laquelle elle aurait souhaité repousser ce sentiment, il se serait toujours imposé à elle. 


Serena resta à ses cotés durant tout le voyage. La maison de Cece était calme, lumineuse, apaisante. Blair fut installée dans une chambre claire, pourvue d’un balcon donnant directement sur l’océan. La vue était incroyable. La plage était déserte en cette période, et elle ne pouvait qu’entendre le bruit des vagues qui se brisaient avec régularité un peu plus bas. Le soleil commençait à filtrer à travers les nuages, et un rayon barrait la couette moelleuse qui recouvrait le grand lit. Elle s’y installa, ignorant volontairement les hommes de Louis et Sophie qui entamaient leur tour de garde dans le jardin. Le voyage l’avait épuisée, une sieste semblait donc la meilleure façon de passer le temps. Elle s’allongea sur le côté du lit, comme si quelqu’un allait la rejoindre. Alors qu’elle posait sa tête sur l’oreiller toutes ses pensées étaient pour Chuck, désormais si loin. Elle imagina qu’il était juste derrière elle, qu’il avait passé son bras autour sa taille, et qu’elle pouvait sentir son souffle contre sa nuque. Le sommeil la gagna doucement, tandis qu’au rez de chaussée la vie de la maison s’organisait sous la direction dynamique de Serena.


**********

 

Sophie détestait cette soirée, elle sentait qu’elle perdait le contrôle de son fils. Elle ne comprenait pas ses sentiments pour Blair. Certes cette jeune fille présentait en surface énormément de qualités. Mais Sophie n’était pas dupe. Elle pouvait, sous la bonne éducation et les manières impeccables, sentir les failles, les blessures, les secrets, et elle savait. Elle savait qu’un jour le passé de Blair reviendrait la hanter. La question était de savoir jusqu’où son fils se serait compromis avec elle lorsque cela se produirait. Et cette soirée revêtait une importance toute particulière. Ils étaient tous à Constance Billiard, et elle était supposée annoncer les fiançailles de Blair et Louis. Tout devait être parfait, mise à part que Blair n’était pas là. Et Sophie venait d’apprendre qu’au lieu de rejoindre son fiancé, Blair était en ce moment même avec Charles Bass, cet homme détestable avec lequel elle semblait partager un passé plus que compliqué, et qui s’était déjà permis de faire une esclandre en public. Clairement cet homme était capable de tout.

« Louis, elle ne viendra pas, c’est terminé ». Elle tentait désespérément de convaincre son fils qu’il devait cesser d’envisager sa vie avec Blair. Mais celui-ci s’obstinait. 
«Mère faites lui confiance. Elle va venir ». Le regard de son fils ne cillait pas. Il croyait vraiment la connaître. Sophie compris qu’elle n’arriverait à rien par le dialogue. Elle s’éloigna donc et saisi son portable : elle devait parler tout de suite à l’homme qui suivait Blair pour son compte.

 


La conversation qu’elle tenu avec lui la convaincue que la situation était bien pire qu’elle ne l’avait prévue. Elle apprit que la future princesse de Monaco, la potentielle mère de ses petits enfants s’était publiquement affichée avec son amant dans une Bar-mitsva. Son détective lui confirma qu’ils étaient restés isolés dans un salon attenant à la fête, et que ce qu’ils y avaient fait ne laissait aucune place au doute. Sophie était absolument hors d’elle. Blair se jouait de son fils, qui, naïf, n’y voyait que du feu. Malgré le choc, elle devait reconnaître qu’elle était au fond soulagée. Après cela il était clair que Blair ne se présenterait plus à Constance. Les fiançailles ne seraient jamais officialisées et l’intégrité de sa famille était donc sauve. Oui, son soulagement était immense.

 

**********


Sophie attendait impatiemment Louis qui devait la rejoindre pour le déjeuner. Elle bouillonnait intérieurement. Si son fils l’avait écoutée depuis le début, elle ne se trouverait pas en plein Manhattan à gérer une crise épouvantable, mais à Monaco, en train de planifier un mariage princier, donc la mariée serait douce, malléable, et surtout, présente. En lieu et place de cela, elle devait trouver une solution pour que le mariage de son fils avec Blair se déroule désormais aussi bien que possible, ce qui semblait pourtant mal engagé.


« Bonjour Mère, lui dit Louis d’une voix fatiguée.


- Louis, ravi que tu daignes enfin me rejoindre. A tu pu réfléchir à la situation ? A tu pu parler à Blair ?


- Elle ne répond toujours pas à mes appels, et je ne suis malheureusement pas étonné, étant donné que c’est le cas depuis plusieurs semaines. J’ai eu la confirmation qu’elle était bien arrivée, et qu’elle allait bien. Que fait-on maintenant ? ». Louis était perdu. Il se refusait à perdre Blair, mais il sentait qu’elle lui glissait entre les doigts, et qu’il était totalement impuissant. Il avait raison depuis le début de penser que Chuck était un danger, mais il pensait sincèrement que Blair avait tiré un trait sur lui. Imaginer que sa fiancée était en train de s’enfuir lorsqu’elle a eu son accident lui brisait le cœur. Il voulait qu’elle reste avec lui mais quel prix était-il prêt à payer ? Voulait-il Blair au point d’être marié à une femme amoureuse d’un autre homme ? Etait-il prêt à accepter l’humiliation publique qu’entraînerai l’annulation d’un mariage ? Sophie mit sèchement fin à ses réflexions.


« Louis, tu dois réaliser que cela va bien au-delà de la suite de ta vie amoureuse. Tu es un homme public, Blair est ta fiancée, enceinte de l’héritier de notre royaume, et il n’est même pas imaginable que ce mariage soit annulé. J’ai tenté de t’avertir en temps et en heure que cette relation était très mal engagée, mais tu es allé trop loin désormais. Le mariage est maintenu, il suffit de convaincre Blair. Point final. »


Louis eut un sourire amer : « Cela s’annonce malheureusement compliqué, si on considère qu’elle était en train de s’enfuir avec celui qui est a priori l’amour de sa vie. Pourquoi se marierait-elle avec moi ? ». Il ne comprenait pas comment sa mère pouvait s’acharner dans ce projet en dépit de l’évidence. Blair ne l’aimait pas. Il n’avait jamais été qu’un remplacement temporaire de Chuck.


« Elle est enceinte de ton enfant Louis, sa décision ne l’engagera donc pas elle seule. Il s’agit de ton héritier. Comptais-tu sérieusement le laisser avoir Charles Bass pour père ? Le laisser assurer son éducation ? C’est absolument inenvisageable ».


Louis sentit un frisson traverser sa colonne vertébrale. Il commençait à cerner les intentions de sa mère. Il aurait dû l’anticiper, mais il avait été comme anesthésié par les événements des dernières 24 heures. Bien sûr, comment imaginer que pour sa mère, il était possible que son petit fils ou sa petite fille soit élevé loin de Monaco, et sans lui comme père. Elle ne laisserait jamais une telle chose se produire.


« Louis sois réaliste. Blair est sans doute une jeune femme … entière et passionnée, mais elle s’apprête surtout à devenir maman. Et crois-moi, elle va bientôt réaliser le type de sacrifice que ce rôle peut impliquer ».


**********


L’été avait été difficile pour Sophie. Blair et Louis semblaient heureux, mais leur manière de la fuir dès qu’elle tentait d’engager les préparatifs du mariage l’irritait au plus haut point. Pourtant ils n’avaient que peu de temps. Depuis qu’elle avait appris par ses hommes que Blair était enceinte, elle attendait en vain que son fils et sa fiancée lui fasse part de la nouvelle mais rien de tel ne se produisait. Sophie n’était pas dupe. Si Blair ne disait pas à Louis qu’elle était enceinte, c’était qu’elle cachait quelque chose, et cela était sans aucun doute lié au moment qu’elle avait partagé avec Charles Bass le jour de l’annonce de ses fiançailles. Depuis ce jour Sophie avait compris que sa future belle-fille ne pourrait jamais être digne de sa confiance. Elle n’avait pu empêcher ses fiançailles avec Louis, aussi ne lui restait comme unique solution d’anticiper ses dérapages futurs afin d’empêcher que ceux-ci aient un impact négatif sur la famille royale toute entière.  


La Princesse ne fut donc pas étonnée lorsqu’elle apprit que Blair avait enfin pris rendez-vous avec son gynécologue new-yorkais. Elle pouvait certes imaginer qu’elle ait attendu son retour afin de le voir, mais elle pressentait quelque chose de mauvais. Tout s’éclaira lorsqu’elle apprit que la fiancée de son fils avait demandé un test de paternité. C’était donc bien cela. Elle était enceinte mais n’était pas certaine de l’identité du père. Voilà pourquoi elle n’avait rien dit à Louis. Sophie avait le sentiment que ses pires cauchemars devenaient réalité. Elle était une femme, elle savait que si Blair n’avait pas de doutes concernant son avenir, elle n’avait aucun intérêt à faire ce test de paternité. Dans tous les cas pas si tôt. Si elle faisait cette démarche, c’est parce qu’elle estimait être toujours face à un choix. Un choix entre Louis et Charles Bass.   


Cette situation était proprement inimaginable. Elle n’allait pas laisser son fils, Prince de Monaco, se faire abandonner par cette jeune femme qui estimait ses aspirations passionnelles plus importantes que l’image et l’avenir de la famille royale. Blair devait être convaincue que Louis était le père de son bébé, à tout prix.


**********


« Mère que voulez-vous dire par là ? » relança Louis d’une voix clairement inquiète. Il la sentait prête à tout, et cela l’effrayait profondément.


« Je veux dire qu’il n’est tout simplement pas une option pour Blair d’avoir une vie de couple avec Mr Bass tout en élevant ton fils. Soit elle choisit son enfant, t’épouse, et l’élève avec toi à Monaco, soit elle choisit son amour pour Charles Bass, et elle nous laisse élever votre enfant. » Sa voix était froide et intransigeante. Elle irait vraiment jusqu'à utiliser le bébé que Blair attendait pour la faire chanter.


« Nous ne pouvons pas faire une chose pareil, cela causerai notre malheur à tous Mère. Si Blair ne veut plus de moi, cela ne sert à rien de lui forcer la main.» Il devait trouver un moyen d’arrêter sa mère, elle perdait la tête. Il aimait Blair et souhaitait qu’elle revienne, mais il savait surtout qu’il ne voulait pas d’une épouse qui n’avait pas de sentiments pour lui, et qui ne se soit mariée que sous la contrainte.


« Tu feras ce que je te dis de faire cette fois. Je t’ai déjà laissé aller bien trop loin avec elle, il est maintenant temps que tu assumes tes choix et leurs conséquences. Elle est enceinte de toi, tu vas donc l’épouser, c’est tout. » Sophie se leva, excédée par la mollesse de son fils. Il voulait Blair, elle lui donnait la solution, et il trouvait encore à y redire ? Il devait vraiment se prendre en main, ou elle devrait vraiment tout gérer elle-même. « Tu va aller la voir, et la convaincre de maintenir le mariage. Tu sais comment faire désormais, alors débrouilles toi. Et cesse donc de me décevoir, cela devient usant. »


soso4662  (29.03.2013 à 09:52)

Il lui semblait que le temps s’écoulait avec une lenteur infinie. Cela faisait désormais presque une semaine que Blair était maintenue cloîtrée dans la maison de Cece, et elle ne pouvait plus supporter la situation. Elle était bien consciente du fait qu’elle avait mal agit, que s’enfuir avec Chuck n’avais pas été la meilleure manière de gérer la situation, mais méritait-elle vraiment de se retrouver enfermée, même dans une prison dorée ? Elle sentait qu’elle devait agir pour faire évoluer la situation ou elle allait perdre l’esprit. Certes Serena était présente à ses cotés, mais elle avait l’impression d’avoir été arrachée à son monde, et que celui-ci continuait de tourner sans elle. Elle n’était pas femme à subir les choses, et la contrainte qui pesait sur elle la hérissait. Elle s’était disciplinée aussi longtemps que possible, pour la simple raison qu’elle devait avant tout chose prendre soin de son bébé. Mais le médecin lui avait indiqué ce matin qu’il était désormais hors de danger, aussi elle avait immédiatement décidé de prendre les choses en main, et avait appelé Louis. Celui-ci n’avait cessé de tenter de prendre contact avec elle depuis des semaines, et encore plus depuis l’accident. Elle se sentait coupable de ne pas lui avoir répondu, mais elle ne se sentait alors pas capable de lui dire ce qu’elle avait à lui dire.


Louis avait trompé sa confiance, la vision qu’elle avait de lui. Mais elle gardait la conviction qu’il avait fait tout ce qu’elle pouvait lui reprocher par amour pour elle. Elle avait donc toujours la culpabilité d’avoir trahit cet amour en étant malhonnête avec son fiancé, et avec elle-même, sur ses sentiments réels pour Chuck. Elle lui devait de lui annoncer la réalité en face. Elle lui devait au moins cela.


Louis arriva chez Cece dans l’après-midi. Il n’avait pas été aussi soulagé qu’il ne l’aurait pensé par l’appel de Blair. Certes il était content qu’elle le contacte enfin, mais il savait aussi que la discussion qu’ils s’apprêtaient à avoir n’avait pas d’issue positive possible. Il ne se faisait plus aucune illusion sur les sentiments de Blair. La seule chose qu’il souhaitait était qu’elle lui revienne, qu’elle l’épouse, et qu’ils passent le reste de leur vie ensemble, mais il avait compris que ce n’était plus qu’un rêve à la seconde ou il avait su que Chuck était avec elle lors de son accident de voiture. Son destin lui échappait désormais. Tous les actes désespérés qu’il avait pu commettre pour éloigner Chuck s’étaient retournés contre lui. Il avait perdu l’amour de Blair pour toujours.


Blair attendait calmement Louis dans le salon de la maison. Elle avait pu imposer in extremis que les hommes présents pour la surveiller restent à l’extérieur. Elle souhaitait conserver le peu d’intimité qu’il lui restait, mais aussi éviter à Louis l’humiliation d’une rupture annoncée avec ses employés comme témoin.


Elle n’entendit d’abord que ses pas dans le vestibule, puis sa silhouette se dessina dans l’embrasure de la porte. Elle fut d’abord choquée par son apparence. Elle n’eut pas le sentiment de reconnaître l’homme qui se tenait devant elle. Elle était habituée à un jeune homme au maintien princier, élégant, et aux manières toujours impeccables. Ce jour-là, Louis était abattu, tout dans son attitude le démontrait, et son visage témoignait de nombreuses nuits d’insomnies.


Il s’approcha d’elle d’un pas lent, et pris place à son coté sur le canapé.


« Bonjour Blair, lui dit il.


- Bonjour Louis.


- Je suis rassuré de savoir que tu te portes bien. Je me suis beaucoup inquiété.


- Tout va bien désormais, tu peux être rassuré. » Blair ne savait pas de quelle manière aborder le sujet. Voir Louis dans cet état lui brisait le cœur, et elle ne supportait pas l’idée qu’elle allait aggraver encore la situation.


« Je t’ai appelé car j’ai le sentiment de te devoir des explications, ainsi que la vérité. ». Elle inspira profondément. Elle ne savait pas par où commencer. « Je pense que tu sais ce que je vais te dire, et je tiens à m’excuser de la manière dont tu appris ce qui c’était passé. Tout a changé depuis que nous sommes rentrés de Monaco. Tout. » Elle baissa le regard, et inspira profondément. Les images des moments qui avaient marqués sa vie depuis leur retour revenaient dans son esprit. Le jour où elle avait appris qu’elle était enceinte de Louis, et où elle l’avait annoncé à Chuck. Louis qui avait payé la thérapeute de Chuck. Le moment où elle avait réalisé que l’homme qu’elle aimait depuis toutes ces années était vraiment en train de changer. Sa tentative aveugle et désespérée de vouloir appliquer à Louis ce qui avait provoqué la rédemption de Chuck. Sa détresse lorsqu’elle avait réalisé que celui-ci avait vraiment renoncé à elle, et qu’il s’était séparé de son bien le plus précieux, la bague de fiançailles qu’il souhaitait lui offrir depuis si longtemps. Et ce moment incroyable ou enfin, il lui avait demandé d’être avec lui. Enfin.


« Je me suis laissée aveugler par le conte de fée que tu m’offrais. Je ne te connaissais pas vraiment. Nous sommes allés trop vite et … ». Comment expliquer ce qui pour elle était tellement acquis et naturel. Elle était amoureuse de Charles Bass depuis de nombreuses années, et le bonheur était enfin à leur portée. Elle était incapable de s’en détourner.  
« Depuis que nous sommes rentrés, j’ai découvert des facettes de toi que je ne connaissais pas. Que je ne soupçonnais pas. Et qui peut être auraient orienté différemment le choix que j’ai fait à l’époque. Je me suis trompée sur nous.


- Et sur Chuck. » Louis ne pu s’empêcher de la couper dans son discours. Il voyait qu’elle était triste, et qu’elle avait du mal à lui expliquer la situation. Mais pour lui tout était limpide. Elle avait toujours aimé Chuck, et à un moment donné il avait juste cessé de faire le poids.


Blair ne put s’empêcher d’être surprise par l’intervention de Louis. Elle pensait qu’il la laisserait s’expliquer avec ses mots, jusqu’au bout. Elle reprit d’une voix douce :


« Oui, et sur Chuck. Pendant des années nous nous sommes aimés, mais nous étions incapables de nous rendre heureux. Aujourd’hui nous le sommes. Et je n’ai pas la force, ni l’envie d’ailleurs, de tourner le dos à cela. » 


Le silence s’installa entre eux. Pour Blair la conversation était terminée. Son message était délivré. Pour Louis en revanche, cela ne faisait que commencer, et il redoutait vivement ce qui l’attendait.


«Blair, je sais que tu aimes Chuck. Seulement il y a une chose que tu omets de mentionner. Tu es enceinte de mon enfant. Que comptais-tu faire par rapport à cela ? » Louis était estomaqué qu’elle n’ait pas abordé spontanément le sujet. Elle ne se doutait pas une seule seconde de la bombe qu’il allait lâcher. Son cœur se serra instinctivement,  il réalisa qu’il était lui-même en train de perdre tout respect pour l’homme qu’il devenait.


« Que veux-tu dire par là ? »


« Comptes-tu élever notre enfant avec Chuck ? A New York ? » la relança-t-il.


« Bien évidement avec Chuck. Et à New York ou ailleurs nous n’avons pas encore décidé. Et bien sûr tu pourras voir ton bébé autant de fois que tu le souhaitera, c’est évident ! » Blair ne comprenait pas ou il souhaitait en venir. Quel était son propos ?


« Blair, tu dois comprendre qu’il n’est pas envisageable que l’héritier de Monaco soit élevé ailleurs qu’a Monaco. C’est impossible. Ni moi, ni ma mère ne laisseront cela se produire.


- Et bien je suis désolée, mais cela ne dépend pas de toi, et encore moins de ta mère. Je vivrai ou je le souhaiterai avec mon bébé. Tu pourras bien sur le voir autant que tu le souhaiteras, mais nous n’allons certainement pas nous laisser dicter notre lieu de résidence par ta mère Louis.


- Je suis désolé Blair, mais tu n’as pas vraiment le choix. Nous avons pris notre décision. Notre enfant sera élevé à Monaco, au sein de sa famille. Mon souhait le plus cher est que tu sois à mes cotés pour cela. Je reste convaincu qu’un enfant a un besoin vital de la présence de sa mère. Mais si cela doit être sans toi, soit.


- Louis comment compte tu me forcer à rentrer à Monaco avec toi ? Pourquoi ferai-je cela ? 


- Encore une fois je suis désolé. Je ne souhaitais certainement pas que nous en arrivions là. Mais tu ne me laisse pas de choix malheureusement.» 


Blair avait l’impression de vivre un cauchemar. Il était vraiment convaincu d’être la victime, et d’être contraint par elle à la faire chanter. Elle craignait de comprendre ou il voulait en venir, mais avait besoin qu’il le formule pour arriver à le réaliser.


« Soit clair Louis. Quelles sont mes options selon toi exactement ? » Elle sentait malgré elle l’émotion la gagner, et elle détestait cela. Elle était supposée être arrivée. Apres toutes ces années d’errance, Chuck et elle s’étaient enfin retrouvé, son bébé allait bien, ils allaient enfin pouvoir être une famille. Elle ne pouvait pas croire que tout allait de nouveau s’écrouler.    


« Encore une fois, mon souhait le plus cher est que tu rentre avec moi à Monaco, et que nous élevions notre enfant ensemble. Le cas échéant et bien … Comme tu l’a dis il est hors de question que tu me prive de mon bébé. Tu ne pourras pas m’empêcher de le voir. Si tu reportes ce que je te dis en ce moment, je t’assure que personne ne te croira. Mais sache que j’emmènerai notre enfant à Monaco à la première occasion, avec ou sans ton accord. La décision t’appartient Blair. »

 


soso4662  (31.03.2013 à 10:07)

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