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Après la pluie

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido 

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Samedi 16 février 2013 : 6h02

- Chuck, appela-t-elle en caressant doucement sa tempe.

Il remua et ouvrit un œil avant de comprendre pourquoi il n'était pas dans son lit, serrant sa femme dans ses bras.

Les souvenirs des deux derniers jours lui revinrent en mémoire.

Il se redressa et s'assit dans le canapé en se frottant les yeux. Elle prit place à coté de lui et posa une main sur un de ses genoux.

- Je te demande pardon, murmura-t-elle en plantant ses yeux dans les siens.

Il l'attira à lui et la cajola quelques minutes, la retenant dans son embrase. Il avait tant manqué d'elle durant ces dernières quarante huit heures.

- Je n'ai aucune excuse, entama-t-elle.

- Tu es enceinte de mon fils, la coupa-t-il en posant ses lèvres sur les siennes comme si ça suffisait à tout expliquer et à tout excuser.

*****


katido  (13.06.2013 à 20:12)

 

Vendredi 22 mars 2013 : 23h14

Blair ravala un sanglot. Ils avaient fait l'amour seulement six fois en tout et pour tout depuis ce jour là. Six fois en plus d'un mois et pas une seule depuis au moins deux semaines.

Pas étonnant. Elle se comportait en véritable sorcière avec lui, sans compter qu'elle n'était plus attractive du tout. Chuck aimait les femmes sexy et bien faites, pas les bibendums Chamallow.

Pas plus tard que ce soir, elle l'avait houspillé parce qu'elle ne supportait pas l'odeur de son nouveau parfum. Il en avait déjà changé trois fois et elle lui avait dit qu'il était parfait la semaine précédente mais son estomac avait visiblement changé d'avis entre temps.

- Blair  ? appela la voix de sa meilleure amie en passant la porte.

Serena s'avança dans l'espace réservé aux femmes et posa une main sur le bras de la brune.

Elle n'était manifestement pas au meilleur de sa forme.

- Est-ce que ça va  ? s'enquit-elle, inquiète.

- Non, je suis monstrueuse, dans tous les sens du terme, répondit B pratiquement en larmes à nouveau.

Ah  ! Les hormones.

S espérait bien ne pas être aussi soupe au lait lorsque viendrait son tour d'enfanter. Blair passait du rire aux larmes en à peine quelques minutes.

- Tu es enceinte Blair, lui rappela la blonde.

- Enceinte et monstrueuse, reprit son amie, entêtée.

Chuck avait eu raison de l'envoyer, B avait définitivement besoin de quelqu'un, seulement elle craignait d'être impuissante à gérer ce genre de crise. Seul son frère était capable de faire entendre raison à son épouse.

- Écoute, pourquoi on ne sortirait pas d'ici  ? Je suis certaine que Chuck ...

- C'est lui qui t'envoie  ? questionna sa meilleure amie.

- Non, mentit la blonde.

La dernière fois, Blair avait vociféré qu'il était pire que Bart et qu'il ne cessait de la faire surveiller comme si elle était en liberté conditionnelle.

Il devait certainement avoir mieux à faire que de se préoccuper de sa femme, aussi grosse qu'une vache, quand il avait à sa portée des filles qui pouvaient rivaliser avec n'importe quel top model, songea la brune avec amertume.

- Blair, je ne sais pas ce qui se passe mais je suis certaine que tu te sentiras mieux après une petite conversation avec lui.

La brune acquiesça. Elle était injuste. Il n'avait rien fait de condamnable. Ce n'était pas sa faute à lui si elle se trouvait aussi énorme qu'une montgolfière. Quoi qu'il en soit en partie responsable.

Elle soupira. Elle allait devenir complètement folle si leur fils ne sortait pas de là bientôt.

Elle tamponna ses yeux rougis et bouffis avec un coton imbibé d'eau froide et s'évertua à redonner une forme présentable à son visage avant de quitter l'endroit avec Serena.

- Tient, il est là, dit cette dernière en désignant son frère qui conversait avec une jeune femme en robe bleue.

Blair se stoppa et l'observa, souriant et charmeur, aux côtés de Georgina Bloomberg, radieuse dans une robe de cocktail démentielle, nouvelle collection de Dior.

Le bustier ajusté à la taille parfaite de la jockey dévoilait ses épaules nues et la jupe qui tombait à mi-cuisse, sur une silhouette qu'elle ne pourrait sans doute jamais plus récupérer elle-même, laissait apparaître ses jambes galbées par les nombreuses heures d'équitation.

Une nouvelle vague de désespoir l'envahit. Elle aurait dû l'écouter et rester sagement cachée à la maison au lieu de lui infliger sa présence à ses côtés lors d'une soirée où le tout Manhattan serait là pour juger dans quel état pitoyable se trouvait sa femme.

- Dis lui que je suis rentrée, ordonna-t-elle à Serena.

Avant que cette dernière n'ait la possibilité de réagir, elle pivota sur ses talons et se dirigea vers le vestiaire.

Elle récupérait son dernier Chanel taupe, taille L (elle ne rentrait plus dans ceux qui pendaient dans son dressing) quand son mari arriva à sa hauteur.

S n'avait pas perdu de temps.

- Blair, qu'est-ce qui se passe  ? l'interrogea Chuck en la scrutant minutieusement.

Il pouvait voir qu'elle avait pleuré sous son maquillage de luxe.

- Je ne me sens pas très bien. Tu avais raison, je rentre me reposer.

- Je viens avec toi, décida-t-il en faisant signe à l'employé de lui apporter son manteau également.

- Ce n'est pas nécessaire, amuse-toi. Je renverrai Arthur ici après qu'il m'ait déposée à la maison.

- Je ne m'amuse pas quand tu n'es pas là, répliqua-t-il avant de se tourner vers le comptoir pour obtenir son vêtement.

Elle plissa les yeux en repérant Chrys Bennet un peu plus loin, qui se dandinait dans leur direction.

Elle posa sa main sur celle de son mari, qui attendait toujours et agrippa le revers de sa veste pour l'attirer à elle.

Elle l'embrassa passionnément insinuant sa langue dans sa bouche lorsqu'il entrouvrit ses lèvres pour lui donner un libre accès.

- C'était pour quoi ça  ? interrogea-t-il à bout de souffle lorsqu'elle relâcha son emprise.

- Parce que tu es toi, répondit-elle simplement.

Elle sourit férocement à la jeune femme qui passait derrière eux à présent, puis passa son bras sous celui de Chuck qui achevait d'enfiler son manteau et ils quittèrent le Palace.

- J'ai oublié de dire quelque chose à Serena, s'exclama la brune devant la portière ouverte de la limousine. Je reviens tout de suite.

Elle revint sur leurs pas tandis que son mari s'installait dans le véhicule.

Une fois dans le hall, son regard se focalisa sur sa cible qui tentait pathétiquement de séduire un autre homme riche de la soirée.

- Hé  ! cria-t-elle en tirant un des pans de la robe de Chrys Bennet.

Cette dernière sursauta et se tourna pour lui faire face. Elle venait de voir la brune s'en aller avec Chuck Bass.

Tant pis pour son objectif de ce soir  ! Elle en avait déjà un autre en vue.

Blair Waldorf la toisa du regard, bien qu'elle soit plus petite qu'elle. Elle n'avait pas l'air de bonne humeur et ses yeux lançaient des éclairs. Un serveur passa avec un plateau et elle attrapa une flûte de champagne qu'elle renversa malencontreusement sur la robe blanche de Chrys qui devint aussitôt transparente.

- La prochaine fois que tu fantasmes sur un mec que tu ne peux pas avoir, évite que ce soit mon mari, cracha le brunette, menaçante.

Comment Queen B pouvait-elle savoir ça  ?

- Je ... Je ..., balbutia l'autre brune essayant de couvrir ses parties les plus intimes car elle ne portait pas de sous-vêtement.

- Dylan, escortée Mademoiselle Bennet jusqu'à la sortie, commanda-t-elle.

Le portier s'empressa d'obtempérer aux ordres de la femme du boss.

Blair s'engouffra dans les portes tournantes la tête haute, le sourire aux lèvres.

- Tu es sure que tout va bien  ? redemanda Chuck une fois qu'elle fut assise dans la voiture.

- On ne peut mieux, s'exclama-t-elle avec l'air du chat qui vient de croquer le canari.

- Waldorf ...

- Bass, le corrigea-t-elle de sa voix la plus angélique.

- Qu'est-ce que tu as fait  ? voulu-t-il savoir.

- J'ai juste remis un peu d'ordre parmi nos sujets, histoire de leur rappeler qui je suis, indiqua-t-elle simplement, apparemment très contente d'elle-même.

- Tu es ma femme et je t'aime, déclara-t-il avant de l'embrasser.

Elle tira sur sa cravate pour mieux goûter ses lèvres, aromatisée au scotch qu'il avait bu plutôt dans la soirée puis noua ses phalanges dans sa nuque pour approfondir leur baiser.

Chuck répondit à sa demande, essayant de focaliser son attention sur autre chose que le corps sulfureux de la femme de sa vie, sous le sien qui bouillonnait littéralement.

Au prix d'un immense effort, il réussit à s'écarter d'elle.

- Tu as dit que tu ne te sentais pas bien, argumenta-t-il.

Elle arqua un sourcil.

Est-ce qu'elle avait l'air de ne pas aller bien, là, tout de suite  ?

Non, bien sûr elle avait l'air ... d'une femme obèse, maugréa-t-elle intérieurement.

Chrys Bennet n'avait peut-être pas réussi à mettre le grappin sur Chuck mais il était plus qu'évident qu'il n'avait aucune envie de frotter son corps contre le sien pour autant.

Comment aurait-elle pu l'en blâmer  ?

*****


katido  (13.06.2013 à 20:13)

 

Para 28

Samedi 23 mars 2013 : 3h21

Chuck se frotta les yeux et s'étira. Ses muscles étaient fatigués, aussi fatigués que le reste de son corps. Enfin presque. Parce qu'une partie en particulier n'était pas au diapason.

Il avait dû se faire violence pour ne pas lui faire l'amour dans la limousine et pour ne pas la suivre dans leur chambre lorsqu'elle s'était retournée vers lui, mordillant sa lèvre inférieure, avec cette étincelle dans ses prunelles qu'il ne connaissait que trop bien et qui lui faisait perdre tout contrôle.

Il soupira et secoua la tête pour chasser cette vision de son esprit mais elle ne voulait pas le lâcher et ça allait le rendre dingue.

Il essayait, en vain, de se focaliser sur les rapports du bilan trimestriel qui devrait être présentés aux membres du conseil dans la semaine suivante. Il voulait que tout soit à jour au cas où ce serait à son père de faire la présentation.

La date d'accouchement était prévue pour le mercredi 10 avril mais ce n'était qu'une estimation et le seul qui déciderait de l'heure exacte serait leur fils. Il se tenait donc prêt à toute éventualité.

Son regard se posa sur le livret que Blair avait confectionné pour leur second enfant. Comme pour le premier, elle y avait classé et annoté les images des échographies. Il restait de nombreuses pages blanches à compléter et il lui tardait de pouvoir ajouter le toute première photo de leur bébé.

Il passa le doigt sur les formes floutées noires et blanches et fit un nouveau vœu pour que tout se passe bien. Le sourire de sa femme le hanta à nouveau et il se dit que la seule solution serait certainement de prendre une douche glacée. Il était devenu coutumier du fait depuis les quinze derniers jours.

Encore sept semaines à tenir. A condition que leur fils vienne à la date projetée.

La vision de Blair dans sa robe de soirée, dessinée par Eléanor, assaillit sa mémoire. Il ne savait pas comment elle s'y prenait pour être si sexy alors qu'elle était presque au terme de sa grossesse, quand toutes les autres paraissaient si «  enceinte  » dans les mêmes conditions.

Il jeta son crayon sur sa feuille et referma son pc d'un geste nerveux. Il fallait qu'il trouve une solution et vite parce qu'il ne tiendrait jamais encore autant de temps loin du corps de la belle brune qui faisait battre son cœur et pulser son sang dans ses veines, en autre chose  !

Il quitta son fauteuil et se dirigea vers leur chambre. Il ouvrit lentement la porte pour ne pas la réveiller, elle devait dormir depuis longtemps maintenant et il pouvait espérer atteindre la salle de bain en mode furtif (ce qu'il fit sans difficulté) avant de retourner sur le canapé de son bureau où il trouvait refuge depuis quelques temps déjà.

C'était le seul endroit et la seule manière de passer une nuit plus ou moins sécurisée pour chacun d'entre eux.

Blair avait beaucoup de mal à trouver une position confortable et l'oreiller (ou plus tôt le coussin géant) de grossesse était la seule chose qui parvenait à l'aider à atteindre le sommeil.

Sauf que ce truc prenait une place énorme et qu'il ne supportait pas de dormir si près de sa femme sans avoir accès à son corps.

Glaciale  ! Il avait besoin que l'eau soit glaciale  !

Il passa sous le jet et en eut la respiration coupée.

D'un autre côté l'oreiller de grossesse lui permettait de refréner et de cacher ses pulsions. L'objet le maintenait à distance de la tentation même lorsqu'il n'arrivait pas à échapper à la vigilance de son épouse.

Heureusement, en quelque sorte, son état l'aidait car si elle avait du mal à trouver le sommeil, une fois qu'elle était au pays des rêves, elle dormait si profondément (et si loin de lui grâce à cet oreiller de maternité) qu'il pouvait quitter leur lit pour rejoindre son bureau.

Ces nuits là, il programmait l'alarme de son téléphone un quart d'heure avant que le réveil de Blair ne sonne et retournait discrètement la rejoindre sous la couette car il savait qu'elle avait, autant que lui, horreur de se découvrir seule entre les draps au petit matin.

Sa réaction quand il avait proposé de prendre la chambre d'ami jusqu'à l'accouchement avait été on ne peut plus claire. Pourtant, cela aurait sans doute aidé à résoudre quelques uns de leurs problèmes. Mais Blair détestait également s'endormir, tout comme lui, sans sa présence à ses côtés.

Il s'installait donc sur le matelas et se faisait le plus petit possible pour qu'elle puisse profiter de leur lit king-size, attendant patiemment qu'elle se perde dans les limbes de ses songes.

Il dormait extrêmement mal sur le sofa de son bureau, trop dur et trop petit pour lui et Monkey qui, invariablement, profitait de cette aubaine pour rejoindre son maître. Sans parler de la couverture rêche qui n'était pas censée servir à autre chose qu'à un élément de décoration pour apporter une note chaleureuse dans la pièce, assez austère, il devait le reconnaître.

Conséquence, il finirait certainement avec un lumbago à ce train là, si son fils décidait de prendre son temps et reportait sa venue au monde. Ce qui pouvait arriver fréquemment. Il avait lu que les bébés naissaient parfois avec plus d'une semaine de retard et qu'il était alors nécessaire de déclencher l'accouchement car cela provoquait des risques importants pour le nourrisson. Il n'escomptait donc pas qu'ils en arrivent là mais à contrario ne souhaitait pas non plus le contraire. Il désirait que leur enfant prenne le temps dont il avait besoin pour être en bonne santé. Ce qui le ramenait à son premier problème.

Il coupa l'eau et agrippa la serviette propre que Dorota accrochait toujours près de la cabine. Il se sécha vigoureusement et gémit intérieurement quand ses yeux s'accrochèrent aux sous-vêtement soyeux que sa femme avait laissés, suspendus, dans la pièce.

Il n'en sortirait jamais  !

Il noua la serviette autour de sa taille et appuya son front contre le carrelage mural, désespéré.

*****


katido  (15.06.2013 à 11:13)

 

Samedi 23 mars 2013 : 3h43

Blair se réveilla avec une envie intense d'uriner. Elle fronça les sourcils. Bien entendu, Chuck ne dormait pas à ses côtés  !

Elle réprima une envie de pleurer en repensant à la façon dont il s'était dégagé de son embrase et l'avait éconduite dans la limousine. Il n'avais pas non plus répondu à ses avances lorsqu'elle avait gravi les escaliers pour se rendre dans leur chambre.

Au lieu de ça, il avait bifurqué vers les marches pour accéder aux combles et se retrancher dans son bureau, son antre. Il était plus qu'évident qu'il n'avait plus aucune envie d'elle. En aurait-il envie à nouveau un jour  ? Même si elle réussissait à perdre tout le poids de sa grossesse, son corps resterait différent à jamais. D'autant qu'elle avait bien l'intention d'allaiter leur fils, ce qui n'aiderait certainement pas à réparer les dégâts.

Elle soupira et contracta son périnée. Elle devait se rendre au petit coin, elle n'avait pas d'autre choix. Elle se délogea donc de l'énorme coussin de grossesse qu'elle utilisait chaque nuit maintenant.

Elle ne savait pas vraiment si ça l'aidait à trouver une meilleure position car il lui semblait que quelque soit celle qu'elle adoptait, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil avant des heures.

Elle restait souvent là, à écouter Chuck respirer à l'autre bout de leur lit immense, à la fois bien trop grand et bien trop exigu quand elle y rajoutait cet horrible oreiller qui l'éloignait des bras de l'homme qu'elle aimait.

Le médecin avait recommandé qu'elle s'allonge sur le côté gauche et comme son époux dormait à sa gauche, cet engin de malheur était obligatoirement placé entre eux. Elle avait bien pensé à lui demander de changer de côté pour qu'elle puisse se blottir entre ses bras mais elle avait finalement renoncé quand Dorota avait laissé échapper qu'il dormait fréquemment sur le divan de son bureau, grognant en polonais parce que le chien y laissait des poils qu'elle n'arrivait que difficilement à enlever de la matière veloutée chaque jour.

Encore une raison de plus qui lui faisait comprendre combien il ne supportait plus son corps disgracieux. Elle non plus ne le supportait plus. Il était vraiment tant que cette grossesse se termine. Elle avait été ravie d'être enceinte jusqu'aux trois dernières semaines mais le dernier mois était indéniablement le mois de trop.

Elle se dirigea vers la salle de bain, elle n'aurait pas dû boire autant d'eau gazeuse à cette soirée, maintenant sa vessie le lui ferait payer tout au long de la nuit.

Elle poussa la porte et le trouva là, le front contre le carrelage. Il avait l'air totalement désespéré. Une épine se ficha profondément dans son cœur.

- Chuck  ?

Il sursauta et se redressa.

- Est-ce que ça va  ? s'inquiéta-t-elle en dansant d'un pied sur l'autre.

Maintenant qu'elle était debout le poids du bébé compressait encore plus ses organes et ses voies urinaires.

Chuck posa les yeux sur elle.

Elle ne portait qu'un de ses hauts de pyjama sur son shorty Kiki de Montparnasse (L'idée de Julia Restoin ne l'aidait pas du tout, là) et ses boucles chocolat retombaient en cascades indisciplinées sur ses épaules, autour de son visage d'ange. Il nota que les deux premiers boutons de la chemise soyeuse étaient ouverts, ce qui laissait entrevoir la vallée de ses seins, gonflés par la grossesse et ça ne fit qu'augmenter son supplice.

Elle fit passer le poids de son corps d'un côté à l'autre et il comprit l'urgence de sa situation à elle. Il se dépêcha de sortir de là, autant pour lui que pour elle et passa aussi rapidement qu'il put, un boxer et le dessous du pyjama coordonné à celui que Blair portait, de manière si sexy que c'en était purement et simplement démoniaque.

Il réussit à quitter la pièce en même temps qu'il entendit la chasse d'eau et il fonça dans son refuge.

Monkey l'accueillit sur le pas de la porte mais son meilleur ami n'avait nullement l'intention de s'allonger sur le sofa pour dormir. Il devait absolument trouver quelque chose d'extrêmement rébarbatif et ennuyant pour occuper son esprit qui cavalait à du cent à l'heure sur les courbes de sa jolie femme, enceinte de huit mois.

Blair revint dans la chambre pour constater qu'une fois de plus, Chuck avait pris la poudre d'escampette et l'épine s'enfonça un peu plus dans son cœur. Puis la colère se mit à gronder en elle.

C'était sa faute, si elle était enceinte. Le moins qu'il puisse faire, c'était être là pour la soutenir un minimum. Son corps avait changé soit, il était gonflé et déformé mais c'était son fils qui en était responsable. Et elle n'était tout de même pas si immonde qu'il ne lui soit plus supportable de se retrouver dans le même espace qu'elle en intimité, non  ?

Qu'il refuse d'avoir des rapports sexuels, elle pouvait le concevoir. Cependant, elle ne tolérerait pas qu'il la fuie comme si elle avait la peste dés qu'ils se retrouvaient en présence l'un de l'autre dans leur chambre ou dans tout autre endroit dont il aurait été ravi de profiter en d'autres circonstances. Elle n'allait pas non plus lui sauter dessus pour l'obliger à lui faire l'amour  !

Elle s'avança dans le couloir et monta les marches jusqu'à l'étage supérieur d'un pas décider. Il ne restait peut-être qu'une semaine ou deux, mais elle ne comptait pas les vivre dans ces conditions, c'était déjà bien assez pénible comme ça à ce stade de la grossesse.

*****


katido  (15.06.2013 à 11:14)

 

Samedi 23 mars 2013 : 3h58

Chuck laissa sa tête tomber sur son bureau et son front cogna la surface dure en noyer qui composait le meuble massif. Même les colonnes de chiffres ne parvenaient pas à l'éloigner de la dernière vision dont venait de le gratifier sa femme.

Elle le tuerait, il en était certain. Elle le tuerait. Il n'était même pas sûr de pouvoir survivre à cette nuit.

Il secoua sa tête, toujours posée sur le bois sombre, de droite et de gauche. Il n'y avait aucune solution qui puisse le sortir de là, si ce n'était épingler Blair contre n'importe quelle surface plane. Ce qui était une option totalement exclue.

Blair ouvrit lentement la porte, sans faire de bruit et son cœur se figea dans sa poitrine. Il avait toujours cette attitude de désarrois total. Son front restait sur son bureau et ses doigts étaient croisés à l'arrière de sa tête.

Elle prit soudain peur. Qu'est-ce qui pouvait bien le laisser si désemparé  ? Quel que soit le problème Chuck trouvait toujours une solution. Il était son roc, son phare dans la nuit. Celui à qui elle pouvait se raccrocher en toutes circonstances.

- Chuck, appela-t-elle doucement en s'approchant de lui.

Il tressaillit et grimaça. Il ne pourrait pas se retenir de l'embrasser ni de la caresser si elle continuait à le tenter de la sorte.

Elle posa une main sur son épaule et le sentit se raidir.

La frayeur augmenta en elle.

- Chuck, répéta-t-elle presque suppliante.

Il entendit les vibrations dans sa voix et releva la tête.

- Est-ce qu'il y a un problème  ? demanda-t-il soudain gagné par l'appréhension à son tour.

Sa libido disparut d'un seul coup, remplacée par l'angoisse d'une complication quelconque pour son fils ou sa femme.

Blair l'étudia, prise au dépourvu.

- Je ne sais pas. A toi de me le dire, répondit-elle. C'est toi qui sembles tourmenté et qui refuses de te retrouver dans la même pièce que moi plus de deux minutes d'affilé depuis des jours.

Elle avait fini sa phrase à mi-voix, presque en murmurant. Sa détresse le désarma.

- Je sais que tu as toutes les raisons du monde de m'en vouloir. Je suis atroce avec toi, je change d'avis toutes les deux minutes, sans même parler de mes envies toutes plus bizarroïdes les unes que les autres et ... ça, se lamenta-t-elle en se désignant.

Elle déglutit et cligna rapidement des paupières pour refouler les larmes qui affluaient à ses cils.

- Je demanderai à Dorota de préparer la chambre d'amis dés demain, articula-t-elle avec difficulté devant son silence. Tu y seras mieux qu'ici.

Si ça le rebutait tant de partager son lit, au moins il y serait plus à l'aise.

Elle fit demi-tour, elle ne supportait pas ce silence assourdissant.

- Blair, la retint-il en attrapant son poignet.

Un courant électrique parcouru son échine. Elle était trop près, bien trop près. D'un geste, il l'attira sur ses genoux et l'embrassa passionnément.

Son cœur se remit à battre à toute vitesse et elle répondit à son baiser qui devint de plus en plus avide.

Il dévorait sa bouche, ses joues, son nez, ses lèvres à nouveau, son cou, sa peau, toute sa peau, chaque centimètre carré, elle était si douce, si chaude, si tendre, ça le rendait complètement fou.

Un éclair de lucidité frappa sa conscience et il s'écarta d'elle, presque suffoquant. Il ferma les paupières du plus fort qu'il le pouvait tentant de combattre  le désir ardent qui prenait possession de chaque fibre de son corps.

- Non, bafouilla-t-il sans pouvoir la repousser loin de lui malgré tout.

- Non  ? questionna-t-elle hallucinée.

A quoi est-ce qu'il jouait exactement  ?

- Je ... Je suis désolé, bredouilla-t-il encore en tentant de se lever.

Mais Blair, assise sur ses genoux ne bougea pas d'un pouce. Il allait devoir s'expliquer parce qu'il ne pouvait pas allumer le feu en elle de cette manière pour ensuite la laisser pantelante avec l'obligation de prendre une douche glacée en plein milieu de la nuit. De plus, de là où elle était, elle pouvait parfaitement ressentir à quel point il avait envie d'elle.

- Chuck  !

Sa voix était à présent comme un grondement, pleine d'un avertissement limpide.

- On peut pas faire ça, haleta-t-il.

- Faire ça  ! s'étrangla-t-elle à demi.

La colère prenait maintenant clairement le dessus.

- Ça peut déclencher le travail, expliqua-t-il cherchant toujours son souffle. Je .. Si jamais il arrivait à nouveau quelque chose au bébé à cause de moi ...

Il ne termina pas sa phrase. Il ne pouvait même pas imaginer qu'il arrive quoi que ce soit à cet enfant maintenant.

Le courroux qui s'était emparé d'elle s'envola comme il était apparu.

- A cause de toi  ? répéta-t-elle, hébétée.

- Je sais, je sais, ce n'était la faute de personne, juste la fatalité, récita-t-il comme il le faisait depuis des mois, mais toujours pas réellement convaincu de sa non culpabilité.

Une boule se forma au creux de l'estomac de Blair, qui n'avait rien à voir avec le bébé qui grandissait en elle, et remonta dans sa gorge.

Elle avait l'impression de l'entendre parler comme en thérapie. Elle se rendit compte qu'il ne faisait que rabâcher ce qu'on attendait de lui mais ne croyait pas un traître mot de ce qu'il racontait.

- Chuck, réitéra-t-elle sur un ton différent pour la troisième fois.

Cette fois sa voix s'était presque brisée.

Il ferma les paupières à nouveau. Ils étaient si près. Encore une semaine, deux au maximum, et il pourrait enfin respirer librement. Il pourrait enfin être délivré de cette peur qui lui rongeait le cœur.

La mémoire de la brune fonctionnait à plein régime repassant toutes ces séances chez le Docteur Sherman. Toutes les séances depuis qu'ils faisaient thérapie commune. Il ne parlait pratiquement pas. Il se contentait de dire ce qu'il fallait quand il le fallait. Elle était la seule à véritablement extérioriser ses angoisses.

Elle prit son visage entre ses mains pour l'obliger à la regarder.

- Regarde-moi, le pria-t-elle. S'il te plaît, Chuck, regarde-moi.

Il ouvrit les yeux, exposant ses iris sombres, si sombres qu'elle eut l'impression de tomber dans un puits sans fond.

- Chuck, il ne va rien arriver à ce bébé, tu m'entends  !

Elle pouvait voir danser l'épouvante tout au fond de ses prunelles.

- Il reste deux semaines tout au plus avant qu'on puisse le tenir dans nos bras et ce sera le plus beau bébé du monde.

Elle caressa sa joue de son pouce tout en continuant à emprisonner sa mâchoire.

- Je sais, murmura-t-il, si bas qu'elle ne fut pas certaine de l'avoir entendu.

- Chuck, dit-elle pour la quatrième fois.

- Tout ira bien, acquiesça-t-il entre ses doigts, d'un ton plus crédible.

Elle posa ses lèvres sur les siennes et la fièvre remonta dans son corps assoiffé de lui.

- Blair, la supplia-t-il presque quand elle délaissa sa bouche, posant son front contre le sien.

Elle s'écarta de lui et mit de la distance entre leurs peaux pour ne pas succomber aux feux de la passion qui les consumaient.

Elle recula d'un pas et s'assied sur son bureau continuant à lui faire face.

- Pourquoi tu n'en n'as pas parlé en thérapie  ? Pourquoi tu ne m'en n'as pas parlé  ? voulu-t-elle savoir.

- Mon rôle, c'est de prendre soin de vous, énonça-t-il.

- Et toi  ? Qui prend soin de toi  ?

La surprise pouvait se lire sur ses traits tendus et fatigués.

Personne ne prenait soin de lui. Il n'avait jamais eu besoin de personne pour ça. Il s'était toujours occupé de lui, lui-même, depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait.

Il se rendit compte qu'il se mentait. Lily avait eu à cœur ses intérêts quand elle l'avait adopté. Et Blair l'avait aidé quand il avait perdu Bart. Blair était toujours là quand il avait besoin de quelqu'un. Elle était celle à qui il pouvait se dévoiler sans crainte d'être trahi ou abandonné.

Cependant les choses étaient différentes à présent. Blair était enceinte, elle portait son enfant et c'était à lui de veiller à leur bien-être, pas l'inverse.

Elle l'étudiait avec ses grands yeux de biche, elle était magnifique, même au milieu de la nuit.

Il secoua la tête pour évacuer ces pensées qui revenaient à la charge.

- Je pensais que tu me trouvais repoussante, déclara-t-elle tout à coup, changeant totalement de tactique.

S'il ne se permettait pas de s'ouvrir à elle, elle savait qu'il serait disposer à l'écouter et à la réconforter. D'une manière ou d'une autre, elle atteindrait son cœur.

- Qu ... Quoi  ? bégaya-t-il, abasourdi par ce qu'il venait d'entendre.

- Tu ne veux plus m'approcher et tu fuis à chaque fois que j'essaie d'établir un contact physique et ... regarde-moi, s'exclama-t-elle en soupirant.

Elle laissa retomber ses mains sur ses cuisses nues et les yeux de Chuck remontèrent du bord de son shorty noir à son ventre arrondi, couvert de son haut de pyjama en soie bleu nuit, jusqu'à l'échancrure formée par les deux boutons manquant, qui laissait légèrement entrevoir le haut de ses seins, à la peau tendre de son cou, puis à ses lèvres charnues et à ses pommettes hautes, sous ses prunelles noisette qui le faisaient fondre de désir.

- Je te regarde, haleta-t-il et tu es la plus belle femme que j'ai jamais vue de toute ma vie. Tu es ma femme.

Elle sourit et se décala un peu, de manière à ce que ses genoux touche les siens.

- Blair, la prévint-il d'une voix rauque. Ce n'est pas une blague, les rapports sexuels peuvent vraiment déclencher le travail durant le dernier mois de grossesse, je m'en suis même assuré auprès du Docteur Bergman et il a confirmé.

- Ce dont, Moi j'étais sure, c'est que Chuck Bass connaissait mille et une façons de procurer du plaisir à une femme et à la sienne en particulier, répliqua-t-elle.

Elle sourit, mordillant sa lèvres inférieure avec son petit air ingénu et posa ses deux mains à plat sur ses genoux pour laisser lentement glisser les siens jusqu'au sol, sur l'épaisse carpette, afin de se retrouver pratiquement à sa hauteur, si près de lui que son abdomen rebondi frôlait son entrejambe dont le tissu était également tendu à craquer, lui offrant une vue imprenable sur son décolleté.

Elle allait le tuer  ! Pour de bon, elle allait le tuer  !

*****

 


katido  (15.06.2013 à 11:16)

 

Para 29

Vendredi 12 avril 2013 : 8h23

Blair se réveilla doucement entre ses bras, dans leur lit king-size, agréablement confinée entre son corps musclé et le coussin de grossesse. Elle tenta de combattre son envie d'uriner. Encore ! Elle était si bien installée, elle se refusait à faire le moindre mouvement qui ferait éclater la bulle dans laquelle elle était logée.

Depuis leur petite explication, ils avaient trouvé solutions à leurs problèmes et elle pouvait ainsi profiter de lui chaque nuit à ses côtés. Elle veillait également à ce qu'il s'exprime le plus que possible lors de leurs entretiens avec le psychiatre.

Chuck pensait peut-être que c'était à lui de prendre soin d'eux mais elle était d'avis que c'était également son rôle de veiller sur son fils et son mari.

Elle gémit intérieurement, elle ne pourrait pas résister longtemps à la pression sur sa vessie. Elle se résigna à briser la sensation de volupté qui l'entourait et commença par déplacer la main protectrice de Chuck qui reposait sur son flan droit.

Ce dernier remua et elle regretta de devoir le sortir du sommeil à son tour. L'obstétricien ne passerait pas avant la toute fin de matinée et elle avait escompté pouvoir savourer encore un moment avec lui avant la venue du bébé. Elle avait même réussi à le convaincre de ne pas mettre son réveil afin de paresser avec elle quelques heures.

La date d'accouchement présumée approchait, ça aurait pu être aujourd'hui ou demain. Elle attendait avec impatience le moment de délivrance. Ils avaient fait avancé le rendez-vous avec le spécialiste, qui était prévu seulement lundi au cas où leur fils ne serait pas encore venu au monde.

Le gynécologue avait même accepté de venir à domicile plutôt que l'inverse (Chuck ne lui avait pas vraiment laissé le choix) car elle avait de plus en plus de mal à respirer et elle avait passé presque les trois derniers jours au lit, les jambes surélevées pour la soulagée de leur lourdeur. Elle n'avait même pas essayer de protester quand le Docteur Bergman lui avait conseillé de rester couchée le plus possible.

Sur les deux derniers jours, la situation n'avait fait qu'empirer. C'est à peine si elle ne s'essoufflait pas de se traîner jusqu'à la salle de bain. Dorota lui apportait tous ses repas au lit, Chuck lui ayant formellement interdit de tenter les escaliers.

Il était rentré la veille en début d'après-midi et avait décrété qu'il travaillerait depuis la maison. Quand elle lui avait posé la question de la présentation des chiffres au conseil, il avait balayé le sujet d'un revers de main, indiquant que Bart était bien assez grand pour gérer les membres sans lui, même si cela concernait son secteur.

Elle n'avait pas fait d'autres commentaires, elle savait qu'il était aussi inquiet qu'elle, sinon plus. Le côté positif de la situation était qu'elle dormait beaucoup et que sa notion du temps était ainsi altérée. Blair voyait avec soulagement les jours défilés sur le calendrier, la rapprochant du moment où elle pourrait enfin tenir leur fils dans ses bras. Elle avait hâte de voir s'il ressemblait à ce qu'elle avait imaginé.

Elle poussa le traversin plus loin d'elle et se contorsionna jusqu'au bord du matelas. Elle roula sur le côté pour se mettre assise avant de se lever pour protéger son dos comme appris au cours de préparation à l'accouchement.

Elle prit appuis sur ses pieds pour se mettre debout et ses chevilles ainsi que ses mollets manifestèrent immédiatement leur désapprobation. Elle voulu se raccrocher au pied du lit mais c'est la main de son mari qu'elle rencontra.

Elle ne l'avait pas vu, ni entendu, sortir de l'autre côté du lit. Il avait été plus rapide qu'elle.

Ce n'était pas difficile  !

- Ça va  ? s'enquit-il.

Elle lui sourit et acquiesça.

Il passa un bras dans son dos pour l'assister jusqu'à sa destination qui était facilement prévisible.

Quand elle rouvrit la porte de la salle de bain, il l'attendait, appuyé contre le chambranle.

Il avait appeler Dorota pour qu'elle leur prépare un petit déjeuner pendant qu'ils prendraient leur douche.

Il la raccompagna ensuite jusqu'au lit pour partager le plateau garni que la fidèle domestique avait déposé dans leur chambre.

*****


katido  (16.06.2013 à 10:20)

 

Vendredi 12 avril 2013 : 10h04

- Encore un croissant  ? demanda-t-il, tentant de maîtriser l'angoisse qui montait en lui depuis la veille pour ne pas l'inquiéter d'avantage qu'elle ne l'était déjà.

- Si j'en mange encore un, je vais littéralement exploser, s'exclama-t-elle un peu trop joyeusement.

Elle se pencha vers lui et l'embrassa tendrement.

- La confiture de framboise est bien meilleure comme ça, commenta-t-elle, espérant que son ton sonnait aussi léger qu'elle le souhaitait.

Il remit une de ses boucles derrière son oreille et en profita pour caresser sa joue, avant d'apposer encore ses lèvres sur les siennes.

Elle gémit tout à coup mais ce n'était pas de plaisir et il s'écarta d'elle.

- Je dois retourner au petit coin, se lamenta-t-elle en roulant des yeux au ciel.

Il se leva et lui tendit sa main pour l'aider à se mettre debout.

Soudain, il la vit blêmir et sentit l'humidité se répandre à ses pieds nus.

- Blair  ? questionna-t-il d'une voix blanche en la détaillant de haut en bas.

La descente de lit à 5000$ sur laquelle ils se tenaient était trempée.

- Ton fils arrive, haleta-t-elle, le souffle coupé par une contraction qui se manifestait.

Il tenta de se remémorer toutes les consignes apprises aux cours d'accouchement comme il sentait la main de Blair serrer la sienne.

- Dorota, cria-t-il tout en obligeant sa femme à s'asseoir pour l'aider à s'habiller.

Ils ne portaient que les sorties de bain qu'ils avaient enfilées avant de quitter la pièce d'eau.

*****


katido  (16.06.2013 à 10:21)

 

Vendredi 12 avril 2012 : 10h54

Blair broyait pratiquement ses phalanges, installée dans la salle d'accouchement.

Le trajet en limousine lui avait paru inhabituellement long jusqu'à la clinique privée et il avait sauté hors du véhicule à peine stationné.

Arthur avait vivement agrippé une chaise roulante à l'entrée de la clinique pendant que Chuck l'aidait à s'extraire de la voiture.

- Chuck, articula-t-elle alors qu'une autre contraction s'annonçait.

- Souffle, prodigua-t-il selon les recommandations qui leur avaient été données pendant les exercices de respiration.

Elle obéit quand la douleur amplifia puis se retira comme une vague.

Le Dr Bergman se rua dans la pièce.

- Monsieur et Madame Bass, les salua-t-il. On dirait que votre fils nous a pris de vitesse finalement.

Chuck retint un commentaire acerbe tandis que Blair remerciait le ciel que l'obstétricien soit enfin là.

Le spécialiste constata la dilatation du col puis jeta un œil en coin à la sage-femme qui comprit le message.

- Sa tension est à 18-10, l'informa-t-elle.

- Y a un problème  ? s'inquiéta le futur père.

- Votre femme fait de l'hypertension, couplé avec les symptômes dont elle s'est plainte dans le courant de ces dernières semaines, elle pourrait être en pré-éclampsie. Il faut sortir votre fils de là au plus vite et le col n'est pas encore assez ouvert pour permettre le passage.

Blair écrasa à nouveau les doigts de son mari, cherchant à aspirer l'air, incapable de parler. Sa tête tournait, son cœur s'emballait, elle ferma les paupières et les plissa du plus fort qu'elle le pouvait, les muscles de son bassin se contractaient une nouvelle fois.

Elle essaya de souffler lentement, profondément comme on le lui avait appris mais l'air manquait dans ses poumons et une douleur plus forte se fit sentir dans son flan droit. Instinctivement elle porta sa main à ses côtes.

- Ok  ! On a plus le temps, je vais être obligé de pratiquer une césarienne pour le délivrer, commanda le médecin qui n'avait rien perdu de la scène.

L'air quitta également les poumons de Chuck.

Ça ne pouvait pas se passer comme ça  !

Ses cauchemars ne pouvaient pas se réaliser.

- Chuck, gémit Blair se raccrochant à lui tant qu'elle pouvait.

- Je suis là. Je suis là. Tout va bien se passer, tu m'entends. Notre fils est le plus beau bébé du monde, rappelle-toi.

Il ne pouvait pas se permettre de se laisser engloutir par ses peurs, elle avait besoin de lui.

Une larme roula sur sa joue, qu'il embrassa.

- Tout va bien se passer, répéta-t-il comme si le fait de la psalmodier rendrait la chose plus réelle.

- On y va, ordonna l'obstétricien en raccrochant le téléphone mural. Madame Bass, on se retrouve dans la salle d'opération dans vingt minutes, le temps que la péridurale agisse et que je me prépare. On va sortir votre fils de là et vous irez tous les deux parfaitement bien, affirma-t-il.

La sage-femme se présenta à sa droite pour l'aider à se réinstaller dans un lit, obligeant la maman à lâcher la main de son époux.

- Chuck, cria Blair quand l'infirmière débloqua les freins pour l'emmener hors de la salle d'accouchement.

La femme en blanc hésita un instant et consulta le médecin du regard.

- Henrietta va vous montrez où vous changer, approuva-t-il alors que le papa était déjà à nouveau au chevet de sa femme.

Ses iris sombres étaient limpides. Il ne quitterait pas la maman d'une semelle quoi qu'en dise qui ce soit.

*****


katido  (16.06.2013 à 10:23)

 

Vendredi 12 avril 2013 : 11h46

La main de Blair serrait toujours celle de Chuck.

Leurs cœurs battaient à l'unisson tandis que l'obstétricien finissait l'incision de l'autre côté du champs stérile. L'électrocardiogramme enregistrait l'activité de celui de la future maman, sous oxygénation pour prévenir une crise d'éclampsie.

Soudain, des pleurs envahirent l'espace confiné.

Chuck relâcha un soupire de soulagement alors que l'excitation le gagnait. Il allait enfin rencontrer son fils.

- Vous voulez couper le cordon  ? interrogea le Docteur Bergman derrière son masque.

Le sourire du papa était caché derrière le sien mais l'éclat dans ses prunelles et les petites rides formées aux coins de ses yeux ne pouvaient mentir.

Il sentit la main de Blair glisser entre ses doigts pour lui signifier qu'elle n'avait plus besoin de lui à ses côtés et qu'il pouvait tourner toute son attention vers leur bébé.

Elle était impatiente de le tenir contre son sein et de faire sa connaissance elle aussi. Cependant, immobilisée sur la table d'opération, elle serait obligée d'attendre pour pouvoir l'admirer.

Chuck rejoint le nouveau-né en deux enjambées et un des assistants du chirurgien lui tendit une paire de ciseaux.

- Ici, indiqua-t-il alors que le papa était subjugué par ce nouveau petit-être, tout gluant et hurlant son mécontentement d'avoir été retiré de la poche si douillette et rassurante qui l'abritait jusque là.

D'une main un peu tremblante, il sectionna le cordon ombilicale qui reliait le nouveau-né à sa mère.

- Très bien, je vais le nettoyer un peu et je vous le ramène tout de suite, expliqua l'infirmière accoucheuse en emportant le bébé avec elle.

Le jeune homme la suivit des yeux, ne pouvant décrocher son regard de son plus fabuleux trésor.

Il sursauta quand il entendit jurer le praticien et les machineries médicales se mettre à sonner toutes en même temps.

Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale comme il se retournait vers la mère de son enfant.

Il n'eut pas le temps d'esquisser le moindre mouvement que, déjà, l'équipe médicale se pressait autour de la brune, qui avait perdu connaissance.

Il voulut s'approcher mais fut refoulé au loin par un bras dans une blouse bleue.

- Blair, hurla-t-il, pris de panique à son visage exsangue alors que des personnages en vêtements stériles s'activaient autour d'elle.

- Sortez le d'ici  ! aboya la voix de l'obstétricien.

- Non  ! se débattu-t-il de son mieux.

Mais d'autres bras l'évacuèrent hors de la pièce.

- Monsieur Bass, nous avons besoin d’espace pour pouvoir lui sauver la vie, vociféra une voix qu'il ne connaissait pas.

Son cœur cessa de battre et le temps s'arrêta.

Il ne perçut plus rien, ni les sons des machines, ni les cris du personnel de l'hôpital, ni le froid de ses mains soudain glacées, ni la larme qui cheminait lentement sur sa joue.

Tout était comme en slow motion. Il regarda les infirmiers et les médecins entrer et sortir de la salle d'opération, du sang tâchait leur tenue, l'un d'eux vint plus près mais il n'entendit pas ce qu'il disait, il ne percevait aucun son à part le bourdonnement incessant dans son crane.

Une autre main agrippa son bras, encore une. Une qui ne portait pas de gant en silicone. La peau de cette main était café au lait et il la laissa l'emporter sans plus aucune résistance.

Il n'y avait rien qu'il puisse faire. Il était totalement impuissant à protéger la femme qu'il aimait et qui venait de donner naissance à leur fils.

L'abîme s'ouvrit et l'engloutit tout entier.

Une autre main le secoua, pantin de chiffon, mais il n'y réagit pas plus.

- Chuck  ! s'énervait Harold alors que son beau-fils était quasiment catatonique.

Ils avaient atterri la veille au soir, avec Roman, sur le tarmac de JFK. Ils avaient pris un avion de ligne cette fois. Ils voulaient faire la surprise à Blairbear. Son ex-femme lui avait annoncé qu'elle devait garder le lit et il avait pensé venir la distraire un peu jusqu'à l'accouchement.

Il n'ignorait pas combien ce devait être difficile pour elle d'être clouée dans un lit quand elle était si énergique, ni combien cette période devait être délicate pour sa petite fille.

Roman n'avait pas émis la moindre objection quand son compagnon avait suggérer s'envoler pour Manhattan. Il connaissait assez son amant pour savoir qu'il voudrait s'assurer que sa princesse et son petit-fils allaient bien et le constater de visu.

- Chuck, le bouscula encore le père de Blair, s'époumonant presque. Qu'est-ce qui se passe  ? Comment va Blair  ?

Blair, son prénom ricocha dans son cerveau comme un écho.

Blair et Chuck.

Chuck et Blair.

Il n'était plus Chuck Bass sans elle.

Il n'était rien sans elle.

- CHUCK ! s'égosilla encore le père de la brune, de plus en plus en colère contre le jeune homme qui ne délivrait aucune information sur le sort de sa précieuse petite princesse.

- Harold, ça suffit  ! tonna tout à coup la voix de Bart.

- C'est ma fille  ! argua l'avocat qui résidait en France.

- Et c'est mon fils  ! le rabroua le magna de l'immobilier qui commençait lui aussi à sentir l'exaspération et l'angoisse le gagner.

Il n'était pas du genre à étaler ses sentiments devant tout le monde, devant personne en réalité, mais il s'était rapproché de son héritier et il entendait bien ne pas le laisser molester quand il était visiblement incapable de se défendre ou de réagir.

- Bart a raison, tempéra Eléanor pour mettre fin à toute discussion.

Elle était aussi inquiète à propos de sa fille et de son petit-fils que tout un chacun ici (ils avaient tous accourus comme un seul homme après que Dorota les ait prévenus du départ de Blair pour la maternité) cependant la dernière chose dont ils avaient besoin était qu'une altercation éclate entre eux.

La styliste était bien placée pour savoir à quel point son gendre était attaché à sa fille. Ils étaient profondément amoureux et il n'était pas nécessaire d'être médecin pour voir à quel point le jeune homme était atteint par le drame qui se jouait derrière les portes battantes d'où on l'avait expulsé de force.

Aucun n'avait reçu la moindre explication ou renseignement, ce qui motivait Harold à apostropher le mari de sa fille de la sorte, mais le fait que Chuck soit contraint de quitter les lieux en disait assez sur la gravité de la situation.

Le sang de chacun s'échauffait dans leurs veines et l'absence d'information pertinente laissait galoper leur imagination, traduite en leurs peurs les plus obscures dans ces moments d'incertitude quand à la santé de Blair et de l'enfant.

- Chuck, tenta Nate en accostant moins agressivement mais fermement son meilleur ami à son tour.

Ce dernier resta imperméable à son intrusion.

Le jeune Archibald en fut encore plus déconcerté.

Ils étaient comme des frères, les choses étaient-elles si mauvaises qu'il ne pouvait même pas percer la carapace de son ami de toujours  ?

Il jeta un regard désolé à sa petite-amie.

Serena était dans tous ses états, elle-aussi, craignant pour la vie de sa meilleure amie et de son bébé.

Une autre personne s'avança d'un pas.

- Charles, appela doucement Lily en posant délicatement une main sur son bras.

La voix de sa mère adoptive atteignit son subconscient et se fraya un chemin jusqu'à son cœur, qu'il ne sentait toujours plus battre. Il avait l'impression d'être déjà mort mais de ne pas encore le savoir.

- Charles, répéta la blonde qui tremblait intérieurement, non seulement pour Blair et son petit-enfant mais aussi pour son fils.

S'il devait en perdre un seul, ou pire, il ne s'en remettrait sans doute jamais. Il avait déjà traversé tant de choses horribles, elle doutait réellement de sa capacité à pouvoir encaisser plus qu'il ne l'avait déjà fait malgré son jeune âge.

N'obtenant pas la réaction souhaitée, Lily se planta devant lui et posa tendrement sa main sur sa pommette, l'obligeant à pencher la tête dans sa direction.

Elle n'était pas certaine qu'il la voie. Ses prunelles sombres étaient totalement vides, comme s'il était absent de son propre corps.

La paume de sa mère sur sa peau provoqua une sensation de chaleur, se propageant lentement en lui jusqu'à son cerveau qui enregistra l'information tactile pour la première fois depuis plusieurs minutes.

Il cligna des paupières et vit Lily qui lui souriait pauvrement, des larmes dansant dans ses yeux.

Il tourna la tête de droite puis de gauche et se rendit compte qu'il se trouvait dans le hall devant les blocs opératoires et que Nate, Serena, Eléanor, Cyrus, Harold, Roman, Évelyne, Bart et Dorota se tenaient là, attendant une réponse de sa part.

Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, il n'avait même pas eu conscience d'être arrivé ici. La seule chose qu'il se rappelait c'était le visage de la femme qui était sa raison de vivre, inanimé sur la table d'opération.

Puis le bruit lui revint dans les oreilles, les machines qui sifflaient et hurlaient de partout juste après le premier cri de son fil.

Son fils !

Son fils avait besoin de lui !

Il ne pouvait être d'aucune utilité à sauver la mère de son enfant mais il se devait de protéger leur fils. Il lui devait d'être là pour l'accueillir dans le monde. Il ne pouvait pas l'abandonner dans les bras d'étrangers.

Il avait passé des heures en haptonomie à tisser des liens avec lui alors qu'il était encore bien à l'abri dans le ventre de Blair.

Maintenant leur bébé devait se sentir seul et désemparé ... Aussi désemparé que lui.

Il avait besoin d'être auprès de son fils, de le rassurer, de lui assurer qu'il serait toujours là pour lui. Il avait besoin de lui expliquer. Il devait savoir que ce n'était pas sa faute.

Parce qu'il ne pourrait jamais se le pardonner s'il laissait leur fils grandir avec le sentiment qu'il était responsable de l'absence de sa mère.

Il le devait également à Blair, parce qu'elle ne le lui pardonnerait pas non plus si leur enfant devait grandir avec le même trou au cœur que lui.

- Chuck  ! la voix de son père résonna en lui, le sortant de ses réflexions et il se focalisa à nouveau sur les personnes qui étaient dans la pièce.

- Comment va Blair  ? Et le bébé  ? interrogea gentiment Cyrus.

Le petit homme parlait pour la première fois mais derrière le ton doux et compatissant, une note démontrait qu'il était très concerné par la santé de sa belle-fille et du nouveau-né, lui aussi.

- Elle ... elle ... le bébé va bien, balbutia Chuck.

C'était la seule information qu'il pouvait leur apporter. Il ne savait rien d'autre, juste qu'il avait laissé la femme de sa vie, inconsciente, entre les mains d'un nombre incalculable de personnes en blouses bleues ou vertes.

Il espéra qu'elles savaient toutes ce qu'elles faisaient et que sa femme ne lui serait pas arraché comme leur autre fils.

A nouveau son esprit se concentra sur celui qui venait de naître. Il avait un besoin plus qu'urgent d'être certain qu'il allait toujours bien et de lui faire savoir qu'il n'était pas seul dans cet univers qui devait lui paraître froid et hostile.

Il tenta de se remémorer ce que la sage femme avait dit. Elle avait déclaré qu'elle s'occupait des premiers soins puis leur ramènerait leur enfant avant que tout ne se bouscule dans la pièce et dans sa tête.

- Il faut que je vois mon fils, indiqua-t-il.

Chuck s’éloigna, les laissant là, stupéfaits.

Harold fit un pas pour le suivre mais Bart se dressa devant lui de toute sa hauteur, le fixant de ses yeux couleur acier.

- Il n'a pas les réponses à tes questions ... ni aux siennes, le prévint-il en toute amitié.

Il compatissait à la légitimité de la demande de l'homme en face de lui, il partageait même ses craintes au sujet de l'état de santé de la jeune femme qu'il avait appris à apprécier, mais son attitude était néanmoins limpide.

Il ne laisserait pas qui que soit interférer dans la relation que son fils bâtirait avec le sien. S'il tirait leçon de leur vécu et de toutes les erreurs qu'il avait commises, c'était que les liens avec les personnes qu'on aimait étaient sacrées.

Il avait eu besoin de temps pour l'intégrer mais il était à présent disposé à préserver autant qu'il le pourrait le fils pour lequel il aurait dû plus s'impliquer émotionnellement. Le fils qu'il aurait dû entourer de tout son amour quand il avait eu peur de le lui montrer un seul lambeau d'affection.

Lily, elle, passa auprès de Bart et lui jeta un regard de remerciement.

Chuck n'avait pas besoin d'un interrogatoire en cet instant. Ce dont il avait surtout besoin, c'était d'un échappatoire, quelque chose à quoi s'agripper de toutes ses forces pour ne pas s'effondrer. C'était le seuil moyen pour son fils adoptif de rester debout.

*****

 


katido  (16.06.2013 à 10:24)

 

Para 30

Vendredi 12 avril 2013 : 12h54

Chuck se tenait dans l'entrée adjacente à la pouponnière de la maternité.

Il avait les yeux perdus devant une petite dizaine de bambins parfaitement emmaillotés, couchés dans leur petit lit. Les uns dormant paisiblement, les autres suçotant allègrement leur tututte.

L'infirmière en charge des poupons vint à la rencontre de celui qui était sans doute un nouveau papa.

- Ils sont si minuscules, dit-il, le cœur à la dérive.

La réalité et ses conséquences potentielles prenaient lentement le dessus.

- Ils sont peut-être minuscules mais leur faculté d'adaptation est phénoménale, répondit la sage-femme.

- Ils ne devraient pas avoir à s'adapter, regretta-t-il.

L’infirmière boulotte qui avait emporté son fils passa la porte à son tour et lui fit un petit sourire d’encouragement en l'apercevant.

Elle passa dans l'aire réservée aux nouveaux-nés et souleva un des enfants délicatement dans ses bras.

- Regarde qui est là. C’est papa, chantonna-t-elle au nourrisson auquel elle venait de prodiguer les premiers soins, en revenant vers eux.

Elle releva la tête vers le jeune homme.

- Vous voulez prendre votre fils  ? questionna-t-elle, avenante.

Chuck ouvrit les bras et elle y coucha l’enfant somnolant, inconscient du drame qui se jouait en cet instant.

Il contempla en silence la petite frimousse toute fripée de son fils

- Ta maman se bat pour toi, elle ne nous laissera pas. Elle va s’en sortir, elle te verra grandir, chuchota-t-il à l’oreille de l’innocent. Et si ce n’est pas le cas, je prendrai soin de toi. Je te promets que je ferai de mon mieux pour être le meilleur des pères quelques soient les circonstances. Je ne te laisserai pas tomber. Je serai là, à chaque pas.

Puis, il posa ses lèvres sur son front, fermant les paupières.

Une larme silencieuse s’en échappa.

Il pria de toutes ses forces pour que Blair soit là, avec lui, pour accompagner leur enfant sur le chemin de la vie.

La seule chose qui l’empêchait de sombrer dans la folie était le petit être minuscule qu’il berçait dans ses bras. Il n’avait pas le droit de s’effondrer, il devait tenir bon. Pour lui.

Il y a un an et demi …

Mais ce serait différent cette fois.

Ils ne pouvaient pas perdre Blair.

Elle s’accrocherait à la vie, comme il se raccrochait lui-même à leur fils, elle lutterait tout ce qu’elle pourrait pour le petit ange qui dormait paisiblement dans le creux de ses bras.

Ils ne pouvaient pas la perdre.

Il ne pouvait pas la perdre.

Il en deviendrait fou de chagrin et il ne pouvait pas se le permettre. Il venait de jurer à leur enfant d’être toujours là pour lui. Il ne pouvait pas faillir à sa parole. Donc elle ne pouvait pas les abandonner.

Il sentit une main se poser sur son épaule et sut que c’était sa mère.

Elle passa un bras autour de lui, qui tenait toujours son fils et posa ses doigts sur les siens.

- Lily, murmura-t-il tout bas, presque en l’implorant.

Elle resserra son étreinte autour de sa taille et déposa un baiser sur sa joue.

Son fils adoptif se laissa aller dans son embrase, le bébé blotti tout contre lui.

- Blair est forte, affirma-t-elle avec conviction. Elle n’acceptera pas de vous quitter sans se battre.

- Si jamais ...

Il ne pouvait pas achever sa phrase, les mots se coincèrent dans sa gorge et elle pressa légèrement sa main autour de la sienne, qui maintenait son fils le plus près de lui que possible sans l'étouffer.

- Chuuut, le rassura sa mère adoptive, la seule qui savait apaiser ses maux presque aussi bien que la femme de sa vie. Elle a besoin que tu crois en elle. Ce petit bonhomme a besoin que tu crois en elle.

Elle caressa la joue du nouveau-né du bout de sa phalange pour ne pas le réveiller.

- Il est magnifique, ajouta-t-elle. Tout le portrait de son père.

Chuck laissa échapper un petit son étranglé, entre rire et sanglot.

- Est-ce que ce joli cœur à un nom  ?

Il avala sa salive pour réussir à parler.

- Henry Harold Bartholomew Bass, dit-il d'une voix enrouée en contemplant à nouveau son fils endormi paisiblement.

Lily résista à l'envie de réarranger le bonnet bleu qui lui tombait presque sur les yeux.

Le petit homme, lui, gigota puis ses pleures résonnèrent dans la pièce.

Chuck le berça doucement mais ça ne le calma pas.

- Je pense que vous aurez plus de chance avec ceci, sourit l'infirmière en apportant un micro biberon rempli de lait, après avoir versé une goutte du liquide blanchâtre sur le dos de sa main pour en vérifier la température.

Le nouveau père hésita un instant.

- Blair veut l'allaiter, indiqua-t-il, le cœur prit dans un étau.

- Et elle le fera, à son prochain repas, avança Lily avec force.

Elle se saisit du mini biberon et le tendit à Chuck en l'encourageant du regard.

- Asseyez-vous, conseilla la petite brune, en désignant le fauteuil derrière lui.

Il obtempéra. Il n'avait pas vraiment le choix. Il cala Henry, qui criait toujours famine, dans le creux de son coude et accepta le flacon gradué des mains de sa mère adoptive.

A peine la tétine survola-t-elle la bouche du nouveau-né qu'il la happa entre ses lèvres et se mit à la suçoter vigoureusement.

- Un vrai petit glouton, sourit tendrement Lily.

- Il tient ça de son père alors, s'exclama Ève depuis le seuil de la pièce, un doux sourire également peint sur son visage.

Chuck leva les yeux sur elle, à la plus grande frustration d'Henry qui protesta, signalant clairement son mécontentement en donnant de la voix, tandis que le jeune homme réajustait sa position et que l'embout transparent disparaissait à nouveau dans la bouche de l'affamé.

Elle pénétra plus avant dans l'espace d'accueil pour mieux admirer son petit-fils.

- Pas de doute, il a l'étoffe d'un Bass, renchérit Bart qui l'avait accompagnée à la recherche du nouveau père, en observant l'angelot s'escrimer à tirer à qui mieux mieux sur la tétine alors que le contenu du récipient avait été quasiment englouti tout entier dans son estomac.

Même lui ne pouvait s'empêcher de s'extasier sur le dernier-né de la famille.

Il se sentait rempli d'orgueil devant ce petit être qui reprendrait un jour le flambeau de BI.

- Je crois qu'il va battre ton record, ajouta encore la femme brune en posant à présent les yeux sur son propre fils.

Elle n'avait pas partagé grand chose avec lui mais elle avait été celle qui lui avait donné son premier repas.

Aussitôt dit, aussitôt fait  !

Cependant, Henry était repu car il n'émit aucune objection quand Chuck lui retira le micro biberon de la bouche pour éviter qu'il n'avale trop d'air.

Il manipula précautionneusement son fils en se levant, soutenant fermement sa petite tête dodelinante, pour le mettre en position verticale, afin de lui faire faire son rôt, comme il l'avait appris au cours de préparation qu'il avait suivi avec Blair.

Lily ne put retenir le sourire qui s'afficha sur ses traits en positionnant un bavoir sur l'épaule de son fils adoptif.

Il serait un vrai papa poule, elle en était certaine.

- Monsieur Bass, s'enquit l'obstétricien depuis la porte du bureau des infirmières.

Le cœur du jeune père se remit à battre, à une allure folle, le sang pulsa dans ses veines et sa respiration s'accéléra également.

- Votre femme est tirée d'affaire. Elle a perdu beaucoup de sang durant l'hémorragie post-partum mais nous avons pu éviter le coma et d'autres complications liés à une éclampsie, elle devrait aller bien.

Chuck remercia le Seigneur même s'il était athée et caressa le dos de son fils en poussant un soupire de soulagement.

- Est-ce qu...

- Chambre 441, elle restera quelques jours en réanimation, c'est la règle, indiqua le médecin. Elle va dormir encore quelques heures à cause de l’anesthésie totale mais je suis certain que la première chose qu'elle voudra voir quand elle se réveillera c'est ce petit bonhomme.

C'était toujours le souhait de toutes les mamans.

- Je préviens Harold et Eléanor, l'informa Lily en pressant légèrement le haut de son bras.

Il acquiesça et tourna les talons. Sans perdre un instant Chuck se dirigea vers la chambre de la mère de son fils dont il réaffirma le maintient tout contre son torse.

Lorsqu'il poussa la porte, il retint cependant son souffle et son cœur rata un nouveau battement.

Blair était étendue sur son lit, sa peau de porcelaine encore plus pâle qu'à l'habitude. Une perfusion était plantée dans son bras gauche et un électrocardiographe résonnait lugubrement dans le silence de la pièce. Les embouts d'un tuyau distribuant de l'oxygène était fichés dans ses narines. Elle avait l'air si fragile et instinctivement, il resserra doucement son embrase autour d'Henry.

- Ta maman va bien, chuchota-t-il au poupon qui l'observait de ses grands yeux noisette, identiques à ceux de son père et de sa grand-mère matenelle.

Chuck s'approcha de sa femme et l'observa mieux. Elle était magnifique, même dans ses circonstances.

Leur fils gigota dans ses bras et il se rappela qu'il devait le changer peu après chaque repas.

Il étudia la pièce et repéra un matelas à langer ainsi que le nécessaire de nursery mis à disposition des futures parents par la clinique privée, que des produits de luxe haut de gamme pour le bébé et la maman.

Sans hésitation, il se dirigea vers le coin aménagé et posa délicatement leur bébé sur la surface prévue à cet effet. Il se remémora ce qu'ils avaient appris aux cours réservés aux jeunes parents et appliqua les consignes à la lettre.

Blair et lui avaient décidé de s'occuper eux-mêmes de leur enfant. Ils refusaient qu'il grandisse de la même manière qu'eux. Ils voulaient être là à chaque moment. Blair étant en incapacité momentanée, il assumerait lui-même toutes les tâches qui incombaient à son nouveau statut.

Il ne permettrait pas à qui que ce soit de prendre leur fils dans ses bras avant que Blair elle-même ne le fasse. Il était reconnaissant qu'aucun des grands-parents n'en n'aient émis l'idée. C'était aussi une des raisons pour laquelle il avait gardé Henry si précieusement tout contre lui.

*****


katido  (17.06.2013 à 21:01)

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