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Après la pluie

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido 

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Para 4

Vendredi 1 juin 2012  : 15h29

- Bien, tout ça est plutôt positif, conclut le Docteur Sherman en levant les yeux de son carnet pour les poser sur sa patiente. Vous n'êtes pas encore tout à fait sortie d'affaire mais vous avez trouvé la voie qui vous y mènera.

Blair lui fit un petit sourire contrit. Elle se sentait stupide d'avoir perdu tant de temps. Elle était resté noyée dans son chagrin pendant des mois, complètement aveugle à ce qui se passait autour d'elle.

Cependant, au fond d'elle, elle savait qu'elle avait eut besoin de toutes ses semaines pour parvenir à négocier le vide que la mort de son bébé ... leur bébé, se reprit-elle, avait laissé dans sa vie, au sens propre comme au figuré.

Elle n'avait pas besoin d'un psy pour lui dire qu'elle voyait enfin la lueur au bout du tunnel. N'importe quel charlatan pouvait en faire autant, mais les séances avec le psychiatre lui permettaient de mettre les choses au clair avec elle-même.

Elle se leva et quitta le cabinet, la tête haute. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle avait marcher si fière d'elle.

Chuck se leva instantanément lorsqu'elle atteignit la salle d'attente et lui sourit. Elle ne pouvait s'empêcher de remarquer l'espoir dans ses yeux depuis les quelques jours où elle avait enfin réussi à sortir de son lit par elle-même.

Elle ne pouvait plus rater non plus la profonde tristesse qui y demeurait constamment et ses traits fatigués. Elle l'avait bien observé ces derniers jours, elle était certaine qu'il avait perdu au moins trois ou quatre kilos, à tout le moins.

Il passa un bras autour de ses épaules, comme il le faisait depuis des mois pour mieux la protéger du monde extérieur.

- Monsieur Bass, je peux vous voir un moment  ? demanda le spécialiste avant qu'ils n'aient atteint le seuil.

Blair le sentit se raidir comme il acquiesçait et dénouait leur étreinte pour faire son chemin jusqu'au bureau du médecin.

- Est-ce qu'elle va bien  ? l'entendit-elle s'enquérir par la porte mal refermée.

- Mademoiselle Waldorf va mieux, concéda le psychiatre. Cependant, ce n'est pas pour ça que je désire m'entretenir avec vous. Je présume que vous vous en doutez.

Chuck carra la mâchoire et son regard se durcit.

- Vous avez raté nos trois derniers rendez-vous, indiqua le spécialiste.

- Je sais, grimaça le jeune homme, les choses sont un peu ... compliquées en ce moment et je n'ai pas eu d'autre choix ...

- On a toujours le choix, le sermonna le médecin, celui d'accepter et de subir ou celui de décider et encore plus lorsqu'il s'agit de voir son thérapeute.

Chuck ouvrit la bouche pour parler mais le vieil homme ne lui laissa pas le temps d'avancer une excuse bidon.

- Je lis les journaux, Monsieur Bass. Je sais que vous êtes également dans les tourments d'un point de vue professionnel et je conçois que le temps soit effectivement quelque chose qui vienne à vous manquer, surtout cumulé aux autres événements de votre vie personnelle. Mais je m'inquiète pour mon patient, avec légitimité si j'en crois les relevés de mes prescriptions. Ceux-ci m'informent que vos dernières ordonnances d’anxiolytiques n'ont pas été récupérées. Combien d'heures de sommeil avez-vous engrangées sur les deniers mois qui viennent de s'écouler  ?

Chuck se rembrunit sous le regard accusateur de son psychiatre. Il se mordit l'intérieur de la joue, avec le tour qu'avait pris les choses à BI il avait oublié d'envoyer Arthur à la pharmacie.

D'habitude, il était plus efficient que ça, il prenait la peine de faire délivrer les médicaments. Au début, il les entassait dans la salle de bain mais depuis l'épisode avec Blair, il les jetait systématiquement, ce qui fait qu'il n'avait pas remarqué qu'il avait omis de retirer les dernières prescriptions.

- Monsieur Bass, reprit le médecin, vous êtes venu me voir bien avant la tragédie qui vous a frappée, vous et Mademoiselle Waldorf. Vous m'avez dit que vous aviez besoin d'aide mais je ne peut pas m'y atteler si vous ne prenez pas votre traitement. Il fait partie intégrante de la thérapie, le sommeil est un élément essentiel à celle-ci. Après l'accident et ses conséquences, j'imagine sans peine que ce dernier ne doit pas être aisé.

- Je ne peux pas dormir, dit Chuck.

- Vous ne pouvez pas  ? Ou vous ne voulez pas  ?

- Je ne veux pas. Si je dors ...

- Je sais que les cauchemars peuvent être effrayants, ceux de votre petite-amie le sont et ...

Le spécialiste s'arrêta soudain de parler et réfléchit plusieurs secondes. Son patient ne s'était jamais vraiment plaint de ce genre de chose, en réalité.

Chuck se sourit insidieusement, il avait appris à vivre avec les ombres qui le hantaient la nuit alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon.

- C'est à cause des cauchemars de Mademoiselle Waldorf que vous vous refusez le sommeil  ?

Les yeux du jeune homme devinrent noirs comme le charbon et le Docteur Sherman comprit qu'il avait fait fausse route dans sa supposition initiale.

- Vous avez peur de ne pas l'entendre quand elle se réveille, conclu-t-il finalement.

- Elle ne se réveille pas toujours, expliqua Chuck. Parfois, elle pleure en dormant, d'autres, elle ne fait que gémir ou se met à remuer dans tous les sens. Quand je la prends dans mes bras, elle se calme en général ... et elle ne se rappelle pas ces cauchemars là.

- Un de moins, c'est toujours ça, admit la médecin. Mais qu'en est-il de vous dans votre scénario  ? Croyez-vous que mettre votre santé en péril pour l'aider à aller mieux va réellement lui rendre service  ? Qu'est-ce qui se passera quand vous même vous n'en pourrez plus  ?

- Ça n'arrivera pas  ! martela Chuck.

Est-ce qu'ils s'étaient tous donnés le mot  ? D'abord Lily, maintenant son psy.

- Pourquoi  ? Vous êtes Superman  ? demanda ce dernier.

- J'en suis loin et vous le savez  ! Mais c'est mon rôle de veiller sur elle. Après tout ce que je lui ai infligé, la moindre des choses, c'est que je sois là pour la soutenir. C'est moi qui ait provoqué tout ça ...

- Monsieur Bass, nous avons déjà discuté de ça. La perte de votre enfant n'est pas de votre responsabilité ...

- Bien sûr que si  ! J'étais tellement obnubilé par ma propre colère que je n'ai pensé à rien d'autre. J'ai pris cette voiture avec l'intention de faire payer leurs mensonges et leurs manipulations à ces sales types et je les ai entraînés, elle et le bébé, avec moi. J'ai tué cet enfant à peine quelques heures après avoir découvert qu'il était de moi. Il lui est arrivé la même chose qu'il arrive à chaque personne que j'aime. J'ai fait la seule chose que je sois capable de faire, je lui ait fait du mal, comme j'en avais fait à Blair avant. Je croyais pourtant que j'avais atteint le summum mais il faut croire que je me sous-estimais, cracha-t-il. Je suis né avec le poids de la mort de ma mère sur la conscience, je mourrai en sachant que je suis responsable de celle de cet enfant innocent.

Il ferma un instant les paupières pour empêcher les larmes brûlantes qui y affluaient de s'échapper. Il avait débité tout ça si vite qu'il n'avait même pas respiré.

- Je voudrais juste pouvoir remonter le temps et échanger ma vie contre la sienne, murmura-t-il. Au moins, ils auraient été débarrassé de moi pour de bon  !

Il tourna les talons sans prendre la peine de répondre au docteur qui le rappelait et ouvrit la porte pour rejoindre Blair qui patientait dans la limousine.

Son cœur coula à pic en la découvrant dans la salle d'attente, ses prunelles brillaient bien trop et son regard était rempli de tant de rancœur.

- Pardon, s'excusa-t-il sincèrement, incapable de supporter plus longtemps cette culpabilité qui le rongeait de l'intérieur, parce qu'il ne savait pas quoi dire d'autre même s'il savait que ce n'était pas assez.

Sans même réfléchir à son geste, Blair le gifla, si fort qu'elle s'en fit mal à la main.

- Ne dis plus jamais que tu voudrais mourir, tu m'entends  ! s'époumona-t-elle.

Elle encadra son visage de ses mains. Sa joue gauche était rouge et chaude et elle la caressa une fraction de seconde comme pour effacer son geste en posant son front contre le sien.

- Je suis désolé, dit-il encore.

- Plus jamais, plus jamais, répéta-t-elle. Tu n'as pas le droit, tu m'entends.

Elle repensa à ce moment où elle avait voulu abandonner elle-aussi. A cette nuit où elle avait eu l'intention de rejoindre leur enfant. Elle comprenait toute l'étendue de cette action pour lui aujourd'hui.

- Si le cours des choses pouvait s'inverser, chuchota-t-il à un souffle de sa bouche. Tu pourrais être heureuse avec notre enfant.

- Comment pourrais-je être heureuse sans toi  ? Comment notre enfant pourrait-il être heureux sans son père  ?

- Tu lui en aurais trouvé un bien mieux, qui aurait su prendre soin de lui ... et de toi, dit-il tout bas.

- Tu prends soin de moi. Je n'aurais pas pu survivre sans toi pendant tous ces mois. Tu as failli mourir en tentant de nous protéger de ton mieux. J'ai choisi de te suivre dans cette limousine. En fait, je ne t'ai pas demander ton avis, parce que j'avais autant envie que toi d'en découdre avec ces cafards venimeux après ce que je venais de découvrir. Ce n'est pas toi qui a tué notre bébé ... ni moi, ajouta-t-elle après un instant. Si cet enfant n'est pas venu au monde, c'est qu'il était destiné à ne pas l'être. Aucun de nous n'est responsable. Le responsable est derrière les barreaux, mais ce n'est pas ça qui nous rendra ce que nous avons perdu, ni même l'exil forcé d'Humphrey ou bien cette guerre contre Louis. Rien ne pourra nous rendre notre bébé. Il ne reste que toi et moi et notre douleur.

- Mais ...

- Est-ce que tu vas me laisser  ? demanda-t-elle finalement, osant formuler à voix haute une de ses plus grandes craintes. Si je vais mieux ... si je vais bien, est-ce que tu vas t'en aller  ? Est-ce que tu vas t'éloigner pour me protéger de toi, encore  ?

Il l'observa un instant, il y avait tant de frayeur au fond de ses prunelles.

- Tout ce que je veux c'est que tu sois heureuse. Je veux que tu retrouves le bonheur auquel tu as droit.

- Alors ne t'en va plus, jamais. Ne me laisse plus jamais seule, pleura-t-elle dans son cou en se collant contre lui du mieux qu'elle le pouvait.

Il la serra tout contre lui. Il ne savait pas si c'était pour lui ou pour elle mais ça n'avait pas d'importance parce qu'elle avait raison. Il n'y avait plus qu'eux deux et le vide immense qui occupait leur cœur depuis la perte de leur enfant.

*****


katido  (22.05.2013 à 19:31)

 

Vendredi 15 juin 2012  : 17h14

Chuck entra dans l'ascenseur qui menait au penthouse Waldorf après une énième réunion du conseil de BI. Cela s'était passé mieux qu'il ne l'avait escompté. Sa démission du conseil était pour l'instant en suspens.

Il ne s'attendait pas à ce que Jack lui tende la main. Bien qu'il doive admettre que déjà lorsqu'il avait débarqué en janvier, son oncle avait été assez  protecteur  envers lui. Il avait en quelque sorte rangé son animosité à son encontre au placard. Peut-être était-ce dû à la pitié qu'il lui inspirait, imagina-t-il avec une moue de dégoût. Ce n'était pourtant pas le style de Jack Bass.

Ce qui était certain en revanche, c'est que le jeune homme avait été soulagé de voir que son aîné ne contribuait pas à lui plonger la tête sous l'eau quand il peinait déjà à respirer. Il n'aurait pas été capable d'affronter Jack en plus de Louis, qui s'acharnait sur lui et de la perte de son fils.

Au moins il était parvenu à contrer le prince et sa famille de malheur quand ils avaient voulu s'en prendre à Blair  ! se rassura-t-il. Il n'osait imaginer ce qui serait advenu d'elle si elle avait été obligé de les accompagner sur leur misérable rocher pour continuer ce simulacre de mariage. Elle n'y aurait certainement pas survécu et lui non plus.

Il chassa ses pensées de son cerveau, la menace était écartée à présent et la simple hypothèse de l'union de sa belle avec cet ignoble type lui retournait l'estomac.

Quoi qu'il en soit, son oncle avait réussi à modifier les positions des membres les plus déterminés à le jeter dehors. Pour le bien de la société, bien entendu  !

Il ne savait pas comment il s'y était pris mais connaissant le cadet de Bart, ce ne devait pas être étranger au chantage et autre petits tours de passe-passe dans lesquels il excellait lui-même jusqu'à il n'y a pas si longtemps.

Sauf qu'il n'avait plus le temps, ni l'énergie de se consacrer à épier la vie des autres pour trouver leurs points faibles. Il avait bien assez avec les siens.

Cependant, ce n'était pas le cas de Jack qui avait réussi, il ne savait trop comment et préférait franchement l'ignorer pour l'instant, à déterrer quelques informations pas très reluisantes sur certaines anciennes monarchies de l'Europe de l'est qui pouvaient apparemment toujours peser dans la balance et avaient quelque peu calmé les ardeurs de ralliement au sceptre monégasque.

Il est vrai que son oncle lui avait également sauvé la vie lors de cet accident d'après ce que lui avait confié Lily juste avant la réunion. Il en avait été plus qu'étonné, mais étant donné qu'ils étaient les deux seuls descendants Bass à être encore en vie et donc les seuls à avoir un lien familiales au sens strictement sanguin. Il s'imaginait que Jack avait, en quelque sorte, eu une faiblesse lui aussi et avait rechigné à le laisser mourir. Pourtant ça lui aurait assuré l'entreprise pour lui seul.

Il franchit le seuil et se stoppa net en apercevant Eléanor et Cyrus dans le hall d'entrée. Il avait presque oublié qu'il n'était pas chez lui. (Pour lui, chez lui, c'était dans les bras de Blair, tout simplement)

- Chuck  ! s'exclama la propriétaire des lieux en le voyant débarquer.

Pourvu qu'elle ne le jette pas dehors  !

Il ne voulait pas que Blair affronte une nuit seule, surtout celle-ci. Et pour tout avouer, il ne n'avait pas envie de la passer en tête à tête avec une bouteille de scotch, ce qui ne manquerait pas d'arriver s'il se ne pouvait pas tenir la femme qu'il aimait dans ses bras ce soir.

Il tenta de supprimer l'anxiété qui montait soudain en lui et plaqua un sourire sur son visage.

- Madame Wal ... Rose, se reprit-il au dernier moment.

- Bonjour mon garçon, déclara Cyrus à son tour avec un sourire bien veillant.

- Monsieur Rose, dit le jeune homme avant d'être enveloppé sans crier gare dans une étreinte affectueuse.

- Appelle-moi, Cyrus, voyons. Après tout, tu es un peu comme un second fils pour nous, répliqua le petit homme chauve.

Chuck en resta presque bouche bée.

- Monsieur et Madame sont arrivés ce matin et vont rester quelques jours ici, glissa Dorota d'un air entendu.

- Je ne savais pas que je devais en informer autrui avant de rentrer chez moi  ! claqua la voix de la styliste.

- Ma chérie, il n'est pas question de cela, intervint immédiatement son mari.

Le jeune Bass dansa d'un pied sur l'autre, il avait pressenti que la soirée ne serait pas facile et avait chargé l'employée fidèle de prendre soin de quelques précautions, mais il n'avait jamais inclus la mère de Blair dans ses plans.

- Mademoiselle Blair est sortie, indiqua encore la bonne polonaise à son intention.

- Seule  ? s'étonna-t-il.

La question avait quitté ses lèvres avant même d'être formulée dans son cerveau.

- Elle a refusé que je l'accompagne, indiqua la fidèle femme de chambre.

Il vit Eléanor le scruter d'un air suspect.

- Et pourquoi ne pourrait-elle pas aller et venir à sa guise  ? s'indigna-t-elle en le fusillant du regard.

- C'est juste que, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, Miss Blair n'a pas vraiment été au mieux de sa forme ces dernières semaines, ajouta la Polonaise.

Eléanor se radoucit, les explications de Dorota avaient été plus qu’édifiantes sur le cours des mois passés.

Du reste, elle ne pouvait pas non plus oublier ce qu'elle devait au jeune homme qui se tenait devant elle. Elle s'était également ravisée à son propos. Il avait pris soin de sa petite fille comme nul autre ne l'avait jamais fait, pas même elle-même. Elle ne pouvait décemment plus douter de ses sentiments à son encontre à présent, ils étaient on ne peut plus évidents et irréfutables après ce qu'ils venaient de traverser.

C'est cet instant que sa fille choisit pour rentrer à l'appartement.

Chacun se tourna vers elle.

Blair s'arrêta dans l'entrée à son tour et lut le soulagement dans les yeux de l'homme qui partageait ses jours et ses nuits.

- Je vais bien, lui souffla-t-elle en déposant un baiser tout en tendresse sur sa joue.

Le brunette posa le colis qu'elle avait dans les mains pour remettre son manteau à Dorota puis glissa sa main dans celle de Chuck pour l'entraîner vers sa chambre.

- Comment s'est passé la réunion du conseil  ? interrogea-t-elle, sincèrement concernée, quand elle eut refermé la porte.

- Mieux que je ne l'aurais pensé. Je ne comprends pas pourquoi mais Jack semble avoir décidé vouloir garder tous les Bass à bord du bateau, même s'il coule, soupira-t-il.

Blair déposa son précieux paquet sur sa table de travail, où il put discerner le jour présent entouré en rouge dans son agenda ouvert, et passa ses bras autour de son cou. Il n'avait même pas espéré qu'elle ne se souviendrait pas de la date à laquelle avait été conçu leur enfant.

Elle avait l'air de tenir le choc, pour l'instant en tout cas.

- Peut-être que ça à avoir avec le fait que je l'ai menacé de déballer nos petits secrets à la presse à scandale s'il ne coopérait pas, avança-t-elle avec une petite moue innocente en lui souriant, avant de l'embrasser doucement sur les lèvres.

Il fut tellement ébahi qu'il ne répondit même pas à son baiser.

- Blair ...

- Peut-être aussi que Georgina avait quelques secrets bien juteux sur certaines personnes influentes du côtés de l'est de l'Europe et que les cousins de Vanya ont su se montrer très convaincants quant à leurs aptitudes à faire disparaître certaines preuves en remerciement de leur collaboration.

- Tu as mêlée Georgina Sparks à ça  ?

- Eh bien, d'après Serena elle dépérissait d'ennui à Brooklyn. Rien d'étonnant à ça, tu me diras  ! commenta-t-elle en roulant des yeux au ciel. Et puisque je n'ai plus de suivantes à mes ordres. De plus, G est bien plus efficace que toutes ces pauvres filles sans cervelle. Et elle a quasiment supplié S pour participer à un bon petit complot quand sa cousine à pété les plombs l'an dernier à la soirée de Constance. Et tu sais qu'elle n'a jamais eu peur de faire le sale boulot. Elle adore se salir les mains. D'ailleurs, elle les a laisser traîner sur Jack à ce que j'ai compris, c'est tout dire.

Chuck fit une autre moue de dégoût à l'idée de son oncle et de Georgina Sparks. Elle avait été sa toute première fois ! C'était vraiment écœurant.

Mais autre chose attira son attention. La belle avait évoqué la soirée à Constance, celle-là même qui se déroulait en même temps que celle où son prince l'avait attendue pendant qu'ils s'incrustaient à la Barmitsva, il y avait exactement un an ce soir.

Blair plongea ses yeux dans les siens et il put lire dans les tréfonds de son âmes. Il y vit toutes les blessures, toutes les cicatrices qu'elle gardait en elle. Il y vit aussi la détermination et la fourberie de Queen B dans toute sa splendeur.

Elle était là, elle était réellement revenue. Sa reine.

Son cœur se mit à battre la chamade, tellement vite, qu'il crut qu'il allait défaillir. Elle était dans ses bras, c'était bien elle, à n'en pas douter. Il ferma les yeux et chercha ses lèvres à son tour.

B céda à sa demande et laissa sa langue s'insinuer dans sa bouche pour danser avec la sienne.

C'était si bon de le sentir tout contre elle. De reprendre les rennes avec lui. Elle avait l'impression d'avoir dix-sept ans à nouveau.

Elle caressa sa pommette.

- Je t'aime Bass, tellement.

- Je t'aime aussi Waldorf, répondit-il.

Il l'embrassa encore et se laissa emporter par la sensation des papillons qui déployaient leurs ailes dans son estomac pour gagner sa cage thoracique et l'emporter tout entier.

Blair insinua ses doigts dans son col et dénoua sa cravate avant de déboutonner sa chemise tandis qu'il ouvrait le zip de sa robe et laissait errer ses phalanges sur sa peau nue.

Elle frissonna de plaisir sous ses caresses et bascula avec lui sur le matelas.

*****


katido  (22.05.2013 à 19:33)

 

Vendredi 15 juin 2012 : 19h53

Blair relâcha ses lèvres et posa sa tête sur son torse, toujours soudée à lui.

- Promets-moi encore que tu ne vas pas me quitter maintenant que je vais mieux, quémanda-t-elle en traçant un dessin imaginaire sur sa peau nue.

Il embrassa ses cheveux et entrelaça ses doigts aux siens. Il lui avait répété cette promesse une bonne vingtaine de fois au moins depuis qu'ils avaient quitté le cabinet du Docteur Sherman, quinze jours plus tôt. Une fois par jour au minimum.

- Chuck, murmura-t-elle en appuyant son menton sur ses pectoraux pour le regarder.

- Je ne te quitterai pas, je te l'ai juré. Cependant, tu es mieux placée que quiconque pour savoir ce qui se passe quand j'aime quelqu'un, répondit-il d'une voix rauque en regardant ses phalanges qui épousaient parfaitement les siennes. Tu mérites d'être pleinement heureuse.

- Toi aussi, plaida-t-elle en portant sa main à ses lèvres.

- Je le suis, quand je te tiens dans mes bras.

- Moi également. Alors ne change rien, surtout.

Elle déposa un baiser tendre dans son cou.

- Cite-moi trois moments où j'ai été heureuse au-delà des mots, selon toi, commanda-t-elle.

Il réfléchit un instant avant de lui donner sa réponse.

- Le bal du Cotillon, la partie après celle où j'ai tout gâché, évidemment  ! Le bal de promo et ...

Elle posa son index sur ses lèvres.

- Je suis sérieuse, s'agaça-t-elle.

Il ferma les paupières et elle comprit que lui aussi.

Le cœur de la brune se désagrégea dans sa poitrine.

- Oublie le bal du Cotillon, objecta-t-elle. Je sais que j'ai dit que tout s'était terminé comme je l'avais toujours rêvé mais c'était un mensonge. Je ne pensais qu'à toi dans les bras de Nate. Quand au bal de promo, il aurait pu être parfait en effet, si j'avais été avec le bon roi.

Elle passa affectueusement une main sur sa tempe.

- Je veux juste que tu saches qu'à mes yeux, personne n'est meilleur que toi pour moi. Tu veux connaître les trois moments les plus heureux de toute ma vie, réellement ?

Il acquiesça, en replaçant une de ses boucles brunes derrières son oreille.

- Le premier c'est la nuit du Victrola, quand j'ai dansé sur la scène. Je ne m'étais jamais sentie plus libre, ni plus moi-même qu'à cet instant précis, ni plus aimée, ni plus désirable. Je pouvais lire ça dans tes yeux, c'est pour toi et seulement pour toi que j'ai dansé ce soir là.

Il sourit comme les images défilaient dans sa tête.

- Tu étais réellement époustouflante. Tu l'es toujours, ajouta-t-il.

- Quand tu m'as déflorée sur la banquette arrière de ta limousine, bien loin de ce que j'avais jamais imaginé, j'en conviens, mais je n'avais jamais envisagé de faire un strip-tease dans un club non plus, rit-elle doucement, c'est là que j'ai su ce qu'était le vrai bonheur pour la toute première fois de ma vie.

Le sourire de Chuck s'agrandit à cet autre souvenir.

- Dans cette voiture, je n'ai pas seulement découvert les plaisirs charnels avec toi. Je mentirais si je disais que la panique ne m'a pas envahie quand j'ai pris conscience de ce que nous étions en train de faire, mais tu as été si prévenant, si attentionné que j'ai à peine sentit la douleur de la première fois. Et même si j'ai dit le contraire le lendemain, je ne l'ai jamais regretté un seul instant. Cette nuit là, j'ai vu ton cœur et ton âme, même si ça m'a pris du temps pour le reconnaître. J'ai surtout découvert Chuck Bass, le vrai, celui qui est capable du plus grand des sacrifices pour offrir le bonheur à la femme qu'il aime.

- Tu sembles oublié ...

- Le deuxième moment le plus heureux de mon existence, le coupa-t-elle avant qu'il ne puisse protester, c'est lorsque tu es revenu d'Europe et que tu as enfin prononcé les trois mots - huit lettres que je désespérais t'entendre dire. L'été que nous avons passé à New York a été le plus beau de toute ma vie. Bien loin devant n'importe quel voyage autour du globe.

- Sauf que j'ai tout ruiné, commenta-t-il.

- Je connais aussi tes défauts par cœur, Chuck. Mais ce que tu ne comprends pas, c'est que j'aime chaque partie de toi, les bonnes et les mauvaises. L'an dernier, à la même date, tu as fait un pas de côté en pensant que je serais plus heureuse avec Louis, grimaça-t-elle.

Un rictus amer priy place sur les traits du jeune homme également.

- Mais tu faisais fausse route. Je ne peux pas trouver le bonheur sans toi. Ne vois-tu pas que chaque moment où j'ai été heureuse est un moment qui se rapporte à toi  ? Y compris le plus grand de tous. Cette nuit là, tu m'a aussi sauvé des griffes de Russel Thorpe ... et nous avons conçu ce bébé. Quand j'ai découvert qu'il était de toi ... avant que ma colère envers Louis ne prenne le dessus, l'espace d'un instant, j'ai été la femme la plus heureuse du monde, grâce à toi. Je n'ai pas ressenti ça quand j'ai ouvert l'enveloppe avec les résultats la première fois. Ça n'avait rien à voir, tu peux me croire. En fait, même s'ils étaient erronés à l'époque, la seule personne à qui j'ai pensé, c'est toi. Je suis venu te voir d'abord toi, avant même de l'annoncer à cet espèce d'abruti qui était censé être ...

Elle se tut un instant, continuer sa phrase leur faisait de trop mal.

Chuck l'embrassa tendrement sur la joue, il comprenait le message.

Elle se dégagea de leur étreinte et il ressentit le froid qui s'engouffrait entre les draps.

Il apprécia les courbes de son corps quand elle s'éloigna pour se saisir du paquet qu'elle avait laissé sur sa table en arrivant, puis quand elle revint s'installer près de lui.

Il se releva pour s'asseoir contre la tête de lit et passa un bras autour de ses épaules.

Blair ouvrit le carton et en sortit un petit carnet de format A5.

- J'ai emporté ça aujourd'hui, chez le Docteur Sherman, qui au passage t'attend demain à 15h00 tapante et à qui j'ai promis que tu serais là, le tança-t-elle en lui jetant un regard en coin.

Mais son attention se reporta très vite sur la couverture cartonnée de couleur crème. C'était un scrapbook qu'elle avait réalisé elle-même dans le courant de la dernière précédente.

Lorsqu'elle l'ouvrit, la respiration de Chuck se coinça dans sa gorge. C'était la toute première fois qu'il avait sous les yeux la preuve tangible de l'existence éphémère de leur fils.

Sur chaque page, Blair avait collé et annoté une image de l'échographie qu'elle avait passée quand elle avait découvert qu'elle était enceinte, aux alentours de son deuxième mois de grossesse.

- Il a dit que c'était une bonne initiative que de garder des choses concrètes, qu'il ne fallait pas nier qu'il avait vécu en moi, ni l'oublier.

- Je ne pourrai jamais l'oublier, articula Chuck avec difficulté.

Il dessina les contours des formes ombrées d'un doigts tremblant, les larmes aux yeux.

- C'est toi et moi, réunis en un seul petit être, murmura-t-elle. N'est-il pas splendide  ?

- Comme sa mère, répondit-il avec un petit sourire en coin pour lui donner le change, même si elle n'était pas dupe.

- J'aurais plutôt dit comme son père, s'exclama-t-elle en se calant mieux au creux de son épaule. Tu sais, parfois je l'imagine, habillé avec un costume et un nœud papillon et il est aussi craquant que toi.

Chuck resserra son bras autour d'elle et déposa un baiser sur sa tempe, avant de tourner la page pour passer à l'image suivante.

- Il aurait été le bébé le plus chanceux du monde de t'avoir pour papa, affirma-t-elle en levant ses yeux vers lui.

Elle était on ne peut plus sérieuse. Elle croyait réellement aux paroles qu'elle venait de prononcer.

- Tu avais raison au moins sur un point lorsque tu as discuté avec Lily l'autre jour, tu n'as rien de commun avec Bart. Tu n'as pas à avoir peur de ça, parce que je sais que tu seras un père merveilleux.

Elle avait l'air si convaincue et il voulait tellement le croire lui aussi. Il se promit qu'il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour ne jamais décevoir leurs futurs enfants. C'est quand il réalisa qu'il ne pourrait plus jamais la quitter, même s'il le voulait ... et il ne le voulait pas.

- Tu veux savoir quel est le moment où j'ai été le plus heureux  ? questionna-t-il, sans quitter ses prunelles noisette.

- Dis-moi.

- Quand tu as posé tes lèvres sur les miennes pour la première fois dans ma limousine. Je n'en revenais pas que tu me trouves assez bien pour m'embrasser. Pendant toutes ces années, je t'avais vu mettre la barre si haut avec Nathaniel. Il a toujours été le petit-ami parfait. Poli, respectueux, galant, attentionné, tendre ... et moi ... j'étais juste le gars qui pouvait coucher avec toutes les filles mais dont aucune ne pourrait jamais tombée amoureuse. L'immonde salopard qui n'avait pas la moindre chance de trouver l'amour. Alors je prenais ce qui m'était dû, sans me poser de question. J'étais pas fait pour être aimé, ni par mon père, ni par ma mère, ni par qui que ce soit.

- Chuck ...

- Je t'ai donné l'opportunité de faire demi-tour, continua-t-il, mais tu ne l'as pas saisie. Alors je me suis dit que ... peut-être  ... si Blair Waldorf estimait que j'étais assez bien ... peut-être que tout n'était pas perdu ... peut-être que je pouvais être sauvé. Peut-être que je pouvais être moins ... Chuck Bass ... et plus Nathaniel Archibald. Ensuite, quand je t'ai tenue dans mes bras, je me suis rendu compte que tout était différent. C'était peut-être la première fois pour toi, mais c'en était une pour moi aussi. C'est pour  ça que j'ai été si prévenant. Je ne voulais pas que tu regrettes le lendemain, comme toutes les autres. Si Queen B pouvait m'aimer, rien qu'un peu ce soir là, alors tout était possible non  ?

Elle posa sa main sur la sienne, restée sur la photo floue de leur enfant.

- Bien entendu ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Tu m'as dit que j'étais une énorme erreur dans ton parcours et que tu voulais juste tout oublier, faire comme si rien ne s'était jamais passé. D'habitude, je quittais les filles ou je m'en débarrassais bien avant ce moment là, sourit-il amèrement.

Elle pressa sa paume contre la sienne plus étroitement.

- Je n'étais pas vraiment étonné en fait, mais j'étais tellement en colère contre moi pour y avoir cru, l'espace de quelques heures, indiqua-t-il encore en secouant la tête de droite et de gauche. Et quoi que je fasse, j'étais incapable d'oublier ta peau qui se frottait contre la mienne. J'étais complètement abasourdi, je n'avais jamais rien ressenti de tel avant ... je ne savais pas quoi faire ... encore moins ce que je devais dire ... ou pas. Quand j'ai essayé de t'en parlé à ton anniversaire ... tu as dis que je devais étouffer ce que je ressentais ... ça je savais le faire ... et tu ne parlais que de Nathaniel. Quoi qu'il ait fait, avec Jenny ou Serena, peu importe la manière dont il s'était comporté avec toi, il était toujours le prince charmant à tes yeux ... et moi ... moi  !

- Pardon, je suis désolée, s'excusa-t-elle en se blottissant un peu plus entre ses bras. J'avais aussi peur que toi et je voulais juste ...

- Te protéger de moi, termina-t-il à sa place.

- Mais aujourd'hui, je suis différente. Je n'ai plus peur de ce que je ressens pour toi. Et tu as changé toi aussi. Tu as entreprit une thérapie. Tu sais que tout ce que ton père t'a raconté n'était que mensonge. Tu as droit à l'amour. Tu sais que je t'aime, que je veux passer le reste de mes jours avec toi, parce que tu es mon âme sœur.

Chuck joua avec ses phalanges puis laissa courir ses doigts le long de son poignet. Il intégrait parfaitement qu'elle l'estimait apte à la rendre heureuse et qu'elle choisissait de remettre son bonheur entre ses mains. Il aurait juste voulu avoir autant confiance en lui qu'elle, pour ne pas tout détruire encore une fois.

- Tu es l'homme qui fait battre mon cœur et qui prend soin de moi, renchérit-elle. Celui qui m'a sauvée dans cet accident, qui était prêt à y laisser sa vie. Et tu m'as soutenue quand j'étais incapable de réagir. Je me suis raccrochée à toi de toutes les forces qui me restaient pour ne pas sombrer. Parce que tu es quelqu'un de bien, Chuck. Je te l'ai dit, personne n'est mieux que toi pour moi. Je ne veux personne d'autre. Ni un prince, ni un golden boy, je te veux toi, rien que toi.

- Est-ce que tu veux m'épouser  ? demanda-t-il soudain.

- Quoi  ? s'étrangla-t-elle sous la surprise.

- Tu as dit que tu voulais passer le reste de ta vie avec moi. Est-ce que tu veux devenir Madame Charles Bass  ? questionna-t-il gravement en posant ses yeux dans les siens.

Elle se noya dans ses prunelles chocolat. Il était vraiment sérieux.

- Oui, accepta-t-elle en riant. Oui, bien sur que oui.

Elle écrasa passionnément sa bouche sur la sienne. Son cœur palpitait à cent milles volts. Elle pensait qu'il ne le lui demanderait jamais.

- Je veux être Madame Chuck Bass, proféra-t-elle tout en continuant à dévorer ses lèvres.

Il l'embrassa avec passion, caressant chaque centimètre carré de sa peau. La fièvre se répandait à nouveau en lui comme une traînée de poudre. Elle voulait être sa femme, elle porterait un jour un autre de ses enfants.

C'est à peine s'il pouvait assimiler l'étendue de ce bonheur qui venait se substituer à tant de jours de tristesse et de solitude partagée.

Je sais bien que tout nous sépare *

Je sais qu'il faudrait s'enfuir

Mais je n'irais plus nulle part

Sans vouloir lui revenir

Sans vouloir nous retenir

Mais d'où vient le feu qui s'empare ?

De mon âme à moitié ivre

Soudain pour un simple regard

Je veux vivre au bord du vide

Je veux vivre au bord du vide

Pour tomber dans ses yeux, tomber

M'abandonner au désir qui s'embrase

Danser dans ses yeux, danser

Je veux tanguer aux accents de l'extase

Avant que la vie nous sépare

Avant que l'envie vacille

Je veux succomber sans égard

Et valser au bord du vide

Et valser au bord du vide

Pour tomber dans ses yeux, tomber

M'abandonner au désir qui s'embrase

Danser dans ses yeux, danser

Je veux tanguer aux accents de l'extase

Pour tomber dans ses yeux, tomber

M'abandonner au désir qui s'embrase

Danser dans ses yeux, danser

Je veux tanguer aux accents de l'extase

Tomber de ses yeux, tomber

Comme une larme à la fin de l'histoire

*****

* « Tomber dans ses yeux » Louis Delort et Camille Lou : 1789 - Les amants de la Bastille.


katido  (22.05.2013 à 19:41)

 

Para 5

Samedi 16 juin 2012 : 7h18

Blair avait ressenti le froid qui s’immisçait en elle à l'instant même où il avait quitté ses bras.

Un sourire s'afficha sur son visage comme les souvenirs de la veille s'installaient dans sa tête.

Tout s'éclairait d'une lumière nouvelle ce matin. Chuck lui avait demandé de l'épouser. Il voulait passer le reste de ses jours avec elle.

Elle laissa échapper un soupire de ... bien-être  ?

Oui, c'était de l'allégresse qui prenait possession de son cœur.

Une inquiétude sourde subsistait cependant qu'elle rejeta au loin. Elle ne laisserait pas ses angoisses de le voir l'abandonner prendre le pas sur elle.

Même si Chuck n'était pas complètement convaincu qu'il était l’artisant de son bonheur, elle lui prouverait le contraire. Elle lui démontrerait qu'aucun autre homme n'était meilleur que lui pour cette tâche. Elle s'appliquerait à sortir de sa dépression et à aller mieux pour lui.

Il s'était battu pour elle pendant des mois, à son tour de se battre pour lui.

Ils avaient connu le pire, il était temps de laisser le soleil percer les nuages. Place aux rêves ressuscités qui remplaceraient leurs cauchemars éveillés.

Un bruit ténu lui indiqua qu'il était toujours dans la chambre et elle ouvrit les paupières pour le découvrir assis à sa table de travail, étudiant scrupuleusement le carnet contenant les représentations de leur enfant.

Il ne parvenait pas à décoller son regard de ces images floues et ombrées qui exposaient les formes de son fils. Il n'avait pas eu l'occasion de les voir auparavant. Il ignorait même leur existence.

Tout était allé si rapidement ce soir là. Une fois que le courroux avait eu pris le contrôle de lui-même, ses pensées avaient été emplies de toute l'indignation et l'animosité qu'il ressentait pour ces sales parasites qui avaient abusé de sa confiance et surtout de celle de Blair.

L'idée même que Louis ait réussi à la convaincre d'avorter contre sa volonté le révulsait. Si elle n'avait pas vu le double du test de paternité avant ...

Il clôt ses paupières, le résultat était le même aujourd'hui.

- Hé, souffla la femme de sa vie en passant ses bras autour de ses épaules. A quoi tu penses  ?

Elle posa sa tête contre la sienne et il agrippa son bras, laissant rouler une larme qui s'échappa bien malgré lui.

Elle resserra son étreinte et l'embrassa encore tandis qu'il se raccrochait à elle. Il avait besoin de sentir sa chaleur et son amour. Il avait l'impression d'errer dans le désert depuis si longtemps.

- Ce n'était pas ta faute, Chuck. Arrête de te torturer. Les freins de la voiture étaient trafiqués. Le cousin de Nate a tout avoué. On aurait pas eu d'accident sans ça. On serait allé river leurs clous à ce cloporte de Brooklyn et au crapaud que j'avais eu l'inconscience de prendre pour un prince et ensuite on les aurait expulsés loin de Manhattan à coup de pied en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. D'ailleurs, c'est ce que tu as fait à l'instant même où tu as quitté ton lit d'hôpital.

- Je sais ... c'est juste que ... j'aurais voulu avoir le temps de me réjouir de la nouvelle. Au lieu de ça ... Je n'ai même pas pu t'accompagner à cette échographie ... où à aucune autre ... Je n'ai pas pu lui dire à quel point j'étais émerveillé qu'il soit là, même s'il était arrivé sans prévenir. Je n'ai même pas eu l'occasion de l'imaginer, pas avant de savoir que je ne le bercerais jamais dans mes bras.

Elle embrassa tendrement sa tempe et entrelaça ses doigts aux siens.

- Je sais, chuchota-t-elle en fermant les yeux à son tour.

Ils restèrent blottis comme ça, l'un contre l'autre, dans le silence, pendant quelques minutes, se cramponnant l'un à l'autre pour ne pas tomber dans le vide immense qui les envahissait et menaçait de les engloutir.

- J'ai une idée, dit-elle en le prenant par la main.

Elle se redressa, l'obligeant à faire de même pour qu'il lui fasse face. Elle essuya les traces humides sur ses joues et happa ses lèvres entre les siennes.

- Il est temps qu'on aille lui dire au revoir, murmura-t-elle doucement contre sa bouche.

*****


katido  (22.05.2013 à 19:43)

 

Samedi 16 juin 2012  : 9h28

Blair resta sa tête contre son torse pendant tout le trajet jusqu'à Central Park. Lorsque la limousine s'arrêta à l'endroit précis où ils avaient eu cet accident en octobre, elle sentit ses jambes se mettre à trembler, avec tout le reste de son corps.

Chuck pressa la mère de son enfant un peu plus contre lui. Elle avait raison, il était temps qu'ils lui fassent leurs adieux proprement mais il n'était pas certain qu'aucun d'eux soit réellement capable d'aller jusqu'au bout.

Cependant, s'ils voulaient pouvoir continuer à vivre, s'ils voulaient pouvoir avancer et délaisser ce carcan de douleur derrière eux, ils n'avaient pas d'autre choix. Sinon, ils demeureraient à jamais pendus au-dessus de cet abîme, ballottés par le vent comme des pantins retenus par des fils invisibles qui menaçaient de se rompre à chaque bourrasque.

Il posa un baiser sur sa chevelure et respira le parfum de son shampoing.

Dieu qu'il aimait cette odeur  !

Il la laissa s'infiltrer en lui, y puissant le bravoure nécessaire pour parcourir les derniers pas qui les sépareraient irrémédiablement du fantôme de cet petit être qui n'avait vécu que le temps d'un été.

- Viens, l'encouragea-t-il en ouvrant la portière du véhicule.

Elle le laissa la guider sur le chemin du non-retour. Elle avait pleinement conscience que c'était la bonne chose à faire mais c'était si injuste et si douloureux. La main de Chuck autour de la sienne était son point d'ancrage, son seul point de repère.

Il passa son bras dans son dos et elle s'appuya sur lui pour traverser la rue, les doigts de sa main gauche serrés sur les tiges de quelques pivoines mauves et l'autre autour de ceux du père de son enfant.

Une fois de l'autre côté, elle s'agenouilla pour placer les fleurs derrière le muret qui avait détruit l'avant de la voiture qui l'avait percuté cette nuit là.

Chuck s'accroupit à ses côtés sans jamais s'écarter d'un centimètre, attentif à ne pas relâcher son emprise autour de ses épaules.

L'enceinte de béton avait été reconstruite et le véhicule réparé, comme s'il ne s'était jamais rien passé.

Seuls leurs cœurs conserveraient les cicatrices de ce drame éternellement.

Elle laissa sa tête rouler dans le creux de son cou et ses larmes sur ses joues tandis qu'elle psalmodiait quelques mots destinés à accompagner leur bébé dans un monde meilleur où il pourrait reposer en paix.

Je pense à toi, toi si loin  *

Mon cœur qui bat pour le tien

Je pense à toi, si fragile

Mes yeux se ferment d'un mouvement de tes cils

Un ange, tu es un ange

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerai les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs

Je te promets de l'insouciance

Et la douceur des jours à venir

Je te promets, loin des errances

De la chaleur et de si tendres plaisirs

Je pense à toi, égaré

Que tes pas soient plus légers

Je pense à toi, innocent

Et tout me semble enfin si différent

Un ange, tu es un ange

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerais les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerai les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs  

Je te promets de l'insouciance

Et la douceur des jours à venir

Je te promets, loin des errances

De la chaleur et de si tendres plaisirs

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerai les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs 

C'est Blair qui donna le signal du départ au bout de plusieurs minutes. Elle se redressa, emmenant l'homme de sa vie avec elle. Ils retraversèrent la chaussée en sens inverse, un peu délesté du poids de leur chagrin, prêts à aller enfin de l'avant.

Une fois dans la limousine, elle se blottit à nouveau tout contre lui et il referma ses bras sur elle. Le silence régna dans l'habitacle tandis qu'ils laissaient l'âme de leur enfant regretté s'envoler librement vers d'autres cieux, plus cléments et plus paisibles, espéraient-ils pour lui.

Une nouvelle fois, Blair prit l'initiative. Les semaines et les mois passés se rejouant dans sa tête, elle s'écarta soudain de Chuck et encadra son visage de ses mains graciles.

« Ne t'en va pas. Tout le monde s'en va toujours. »

- Je ne vais pas m'en aller, promit-elle en posant son front contre le sien. Jamais. Je vais passer le reste de ma vie avec toi et ce sera très, très long. Je vais t'épouser et nous seront heureux. Nous créerons notre propre bonheur. Nous allons fonder notre propre famille, celle que nous avons tant attendue. Et ce bébé en fera partie, toujours, mais il ne sera pas le seul. Il veillera sur ses frères et sœurs de là-haut et un jour, très lointain, nous le retrouverons.

Chuck plaça ses mains sur les siennes et les porta à ses lèvres avant de les garder à hauteur de son cœur.

- Merci, souffla-t-il avant de l'embrasser tendrement.

- Toujours Bass, répondit-elle contre sa bouche.

Il fronça tout à coup les sourcils et s'éloigna d'elle.

- Arthur, faites un détour par chez Harry Winston avant de rentrer, ordonna-t-il au chauffeur après avoir baisser l'obturateur. J'ai quelque chose à récupérer, ajouta-t-il à l'adresse de la femme qu'il avait demandé en mariage la veille.

Un grand sourire illumina les traits de Blair.

- Désolé, ce n'est pas très conventionnel, s'excusa-t-il.

- Depuis quand est-ce qu'on fait dans le conventionnel  ? rétorqua-t-elle en riant.

Elle réalisa qu'elle n'avait pas utilisé ses zygomatiques depuis des lustres.

Chuck lui, avait le cœur au bord des yeux. Il n'avait pas vu cet éclat dans ses prunelles depuis trop longtemps.

- Je t'aime, dit-il avant de l'embrasser à pleine bouche.

Elle répondit à son baiser et celui-ci se fit plus profond.

Quand le véhicule stationna devant la bijouterie, il s'écarta d'elle à contre cœur.

- Je reviens tout de suite, grommela-t-il comme elle refusait de délaisser ses lèvres.

Elle capitula, le scintillement de la bague revenant à sa mémoire. Dans quelques instants, elle serait enfin à son annulaire gauche, là où était sa véritable place.

Chuck hésita un instant en ouvrant la portière et se tourna vers elle.

- A moins que tu n'en veuilles une autre  ? suggéra-t-il. Si tu préfères, tu peux venir avec moi pour ...

- Je veux ma bague, le coupa-t-elle. Elle est parfaite. Juste faite pour moi, tout comme toi.

Il lui sourit et quitta la limousine pour s'engouffrer chez le joaillier. Le bijou avait été placé dans le coffre après avoir été retrouvé sur les escaliers de la devanture, un petit matin du mois de septembre, par un des employés qui l'avait facilement identifié. Il n'y en avait pas deux pareils, c'était un exemplaire unique.

Moins de dix minutes plus tard, Chuck réintégra la limousine mais au lieu de s'asseoir au près de la femme de sa vie, il posa un genou au sol pour renouveler sa proposition.

- Blair Cornélia Waldorf, acceptes-tu de m'épouser  ?

- Oui, réitéra-t-elle, des centaines de papillons voletant dans le ventre.

Chuck glissa l'anneau d'or et de diamant à son doigt et l'embrassa passionnément.

- Je t'aime, articula-t-il, ses lèvres glissant dans son cou.

Elle ferma les paupières, laissant le plaisir l'engloutir entièrement sous ses caresses tandis qu'Arthur redémarrait le moteur pour entreprendre un parcours qu'il connaissait par cœur mais qu'il n'avait pas été appelé à refaire depuis plus d'une année entière.

*****

* « Je pense à toi » Saint Ex

 


katido  (22.05.2013 à 19:51)

 

Samedi 16 juin 2012 : 11h11

Le BlackBerry de Chuck résonna dans l'habitacle, quelque part sur le sol de la limo, dans la poche de son veston. Il tendit le bras pour le récupérer et Blair, pelotonnée auprès de lui grogna de mécontentement.

Il déposa un baiser sur son front et consulta l'écran illuminé.

- C'est Nate, soupira-t-il. Il faut que je le prenne.

La brunette grommela quelque chose d'inintelligible en frottant son nez contre son torse avant d'y déposer un multitude de baisers pendant qu'il décrochait.

- Nathaniel, le salua-t-il d'une voix haletante en portant le combiné à son oreille, alors que Blair laissait remonter ses lèvres juste sous son lobe pour le déconcentrer.

- Chuck  ? Est-ce que ça va  ? s'inquiéta son ami.

- Très bien, merci, articula le jeune Bass en tentant de garder l'esprit clair alors qu'il sentait les doigts de Blair glisser à nouveau le long de son aine.

- Tu es sûr  ? Tu as une drôle de voix, commenta son interlocuteur.

- Blair, arrête  ! entendit-il maugréer depuis l'autre côté de la ligne.

L'héritier Archibald ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche de surprise.

- Je te dérange  ? questionna-t-il du ton le plus innocent qu'il possédait.

Chuck put voir son petit sourire narquois depuis l'autre bout de la ligne.

- Bon sang, Nate ! Dis ce que tu as à dire et raccroche ! geignit la brune dont la main droite était à présent emprisonnée dans celle de son fiancé, son autre bras, habillement coincé par le jeune homme entre le fauteuil de cuir et son flan.

- Désolé mec, s'excusa son meilleur ami en redevenant sérieux. Mais tu devrais venir faire un tour ici sans traîner sinon, ils vont tout embarquer.

*****


katido  (22.05.2013 à 19:54)

 

Samedi 16 juin 2012  : 12h16

Nate soupira de soulagement lorsqu'il vit débarquer Chuck au penthouse de l'Empire, suivi de Blair.

Cette dernière n'avait pas l'air ravie d'être là mais ce qui lui réchauffait le cœur, c'est qu'elle n'avait jamais autant ressembler à Queen B depuis des mois.

- Content de vous voir, leur assura-t-il.

Il serra la main de son meilleur ami et enlaça la brunette tandis que Monkey se ruait sur son maître. Chuck le gratifia d'une généreuse grattouille derrière les oreilles.

Nate n'avaient pas eu l'occasion de converser avec B depuis plusieurs mois maintenant. Depuis que Serena et lui avait relaté aux ex-futurs parents l'implication de son cousin Tripp dans l'accident qui avait coûté la vie à leur enfant.

Blair était restée pratiquement catatonique à la nouvelle. Elle était vraiment passée par une sale période et Nate était bien placé pour savoir à quel point son ami s'inquiétait pour elle. Il ne s'attendait d'ailleurs pas à la voir là et encore moins à ce qu'il avait entendu un peu plus tôt en téléphonant à Chuck.

Ce dernier s'était installé au penthouse Waldorf petit à petit, sans vraiment le savoir. Il y passait quasiment tout son temps libre et aussi toutes les nuits avec Blair, qui était en proie à d'affreux cauchemars. Il travaillait même du bureau d'Eléanor le plus que possible pour rester auprès d'elle.

Cependant, il n'en demeurait pas moins que son adresse officielle était, jusqu'à aujourd'hui en tout cas, celle de l'Empire et qu'il y venait chaque jour pour s'occuper de Monkey, resté avec Nate.

Le jeune Archibald n'ignorait rien non plus des déboires de son meilleur ami au niveau professionnel et financier, principalement dus aux interactions de la famille Grimaldi dans le but de se venger de la situation de déconvenue dans laquelle ils avaient été plongés suite à l'annulation du mariage princier.

Louis avait avait annoncé la rupture de leurs fiançailles par communiqué de presse dans la semaine suivant l'accident, juste avant de repartir pour Monaco. Il avait sciemment omis de parler de la grossesse de Blair, qui avait été cachée jusque là et le demeurerait. Un arrangement avait été trouvé avec Chuck à sa sortie de la clinique.

Cependant, il y avait bien d'autres points qui avaient dû faire l'objet d'une conciliation également.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici  ? s'étonna la brune avec des yeux ronds devant l'armada de déménageurs et décorateurs qui avait envahi les lieux.

Les tableaux étaient décrochés et regroupés dans un coin du living avec les œuvres d'art qui ornaient habituellement l'endroit, tandis que les meubles avait été déplacés dans un autre coin et recouverts maladroitement par une bâche pour les protéger des éclaboussures de couleur vive que deux peintres appliquaient sur le mur du fond.

Il vit son meilleur ami carrer la mâchoire.

- Je suis désolé, j'ai essayé de les empêcher de tout bousiller, mais il n'ont pas voulu attendre plus longtemps, commenta Nate.

- C'est pas grave, commenta Chuck devant l'étendue du désastre, je n'emporte rien de toute manière. Ils peuvent tout garder.

- Tu veux que j'emmène Monkey  ? Mon père n'aura rien contre, proposa son meilleur ami.

- Non, il vient avec moi chez Lily pour l'instant, expliqua l'ex-propriétaire des lieux.

Blair reporta ses prunelles sur lui et croisa son regard. Il avait proposé de la raccompagner chez elle avant de venir mais elle avait tenu à l'accompagner. Maintenant elle savait pourquoi. Il voulait éviter qu'elle ne se rende compte de la réalité de la situation.

Quand il avait dit qu'il avait perdu l'Empire, elle n'imaginait pas que ça prendrait cette tournure. Elle se figurait ... elle ne savait pas quoi en fait. Elle ne s'était pas vraiment attardé sur cet aspect des choses.

Elle fit un pas de côté et plaça sa main dans la sienne, nouant ses doigts aux siens pour lui témoigner son soutien.

- Oh  ! Merde  ! s'exclama Nate en apercevant la bague Harry Winston à son doigt.

Le jeune Archibald les dévisagea l'un après l'autre et un sourire naquit sur ses traits, dévoilant ses fossettes.

Chuck fit un signe de tête à son ami en souriant à son tour et porta la main de sa fiancée à ses lèvres pour l'embrasser.

- Je comprends pourquoi tout ça n'a pas l'air de t'affecter outre mesure, conclut le jeune homme aux yeux clairs en posant la main sur l'épaule de son ami. Après tout, elle le vaut bien  !

Blair jeta un regard interrogateur à son fiancé mais Nate l'enveloppa dans une accolade chaleureuse.

- Félicitation. Et content de te revoir parmi nous, dit-il à la brune, sa voix empreinte d'un accent de profonde sincérité.

Son smartphone tintinnabula et il grimaça.

- Mon grand-père, indiqua-t-il à son ami en s'éloignant pour décrocher.

- Est-ce que tu vas m'expliquer  ? questionna Blair en entraînant Chuck dans sa chambre.

Ou plutôt la pièce qui l'avait été car cette dernière était totalement vide et repeinte également, ce qui lui causa un choc immense. Elle avait passé nombre de nuits ici, dans les bras de l'homme de sa vie et c'était comme si tout avait été effacé. Il ne restait rien des moments qu'ils avaient vécus dans ces lieux désormais. Des moments qui avaient compté parmi les plus beaux et les plus intenses de sa vie.

- Je t'ai dit que l'Empire ne m'appartenait plus. Tu as vu les journaux et tu m'as dit que tu avais lu les blasts de GG.

Elle pouvait entendre poindre la honte et l'embarras dans ses mots.

- C'est vrai, mais je ne me figurais pas ... Je n'ai jamais cru ... que c'était à ce point. Je veux dire, tu as réellement tout perdu  ?

- Je suis toujours membre du conseil de Bass Industrie, l'informa-t-il sans oser la regarder. Pour l'instant en tout cas, grâce à Jack.

- Tout ça, c'est à cause des Grimaldi  ? s'indigna-t-elle.

Il acquiesça et une ombre passa dans ses yeux sombres, celle de l'incertitude qui s'emparait de lui.

- Je n'ai pas essayé de te tromper, se défendit-il d'un voix mal assurée. Mais si tu veux reconsidérer ta réponse, je comprendrai.

- Ma réponse  ?

Le sang de Blair ne fit qu'un tour.

- Quel est le mot que tu ne comprends pas dans «  Je ne te quitterai jamais  »  ?  s'emporta-t-elle.

- Aucun, c'est juste que ... maintenant que tu mesures pleinement toute l'étendue de ma situation ...

- Ta situation  ? Chuck Bass, est-ce que tu penses réellement que je veux t'épouser pour ton argent  ? s'offusqua-t-elle encore.

- Je veux simplement être certain que tu sais où tu mets les pieds.

- Oh  ! Je réalise parfaitement où je mets les pieds, crois-moi  ! Parce que je viens juste de me rendre compte à l'instant que mon fiancé est un triple idiot, contrairement à ce que je croyais depuis des années, fulmina-t-elle.

Il ne put s'empêcher de sourire à sa réponse venimeuse. Pas de doute, Queen B était bel et bien de retour.

- Je t'adore, déclama-t-il avant de l'attirer dans son embrasse et de happer fougueusement ses lèvres.

*****


katido  (22.05.2013 à 19:56)

 

Para 6

Samedi 16 juin 2012 : 20h57

Serena se tenait aux côtés de sa mère dans la salle de bal du Palace, bondée.

Le réception en souvenir de Bart était un des événements à ne pas rater, comme tous ceux organisés par Liliane Rhodes - Van Der Woodsen – Bass, accessoirement Humphrey à présent, mais la plupart des gens de l'Upper East Side préférait faire comme s'ils l'avaient oublié.

Un sourire illumina les traits des deux jolies blondes lorsqu'elles virent arriver Chuck et Blair bras-dessus, bras-dessous.

Le cœur de Lily se réchauffa de les voir ainsi. C'était leur première apparition à une soirée depuis cet affreux accident. Elle les observa approcher et se focalisa sur le jeune homme. Il avait meilleur mine depuis cet après-midi.

Elle avait eu énormément de mal à garder la promesse qu'elle avait faite à son fils adoptif. Elle était tellement heureuse pour eux, mais elle comprenait parfaitement que Blair tienne à annoncer la nouvelle elle-même à sa meilleure amie.

Lily ne pouvait que s'en réjouir, cela signifiait que Blair allait vraiment mieux. Les deux jeunes gens avaient déjà eu plus que leur compte de tragédies. Elle pria intérieurement pour que tout se passe bien pour eux et pour lui.

Les choses commençaient à s’éclaircir au sein de Bass Industrie. Bizarrement, grâce à Jack. Elle réprima une moue de dégoût au souvenir de la fois où il l'avait piégée dans les toilettes et où elle n'avait dû son salut qu'à l'intervention de son fils adoptif.

Celui-là même qui s'avançait vers elle, un petit sourire en coin peint sur son visage.

- Je suis ravie que vous ayez décidé de venir finalement, s'exclama-t-elle en l'enlaçant chaleureusement.

Elle le retint dans son embrase quelques secondes supplémentaires. Ce n'était pas si souvent qu'elle avait l'occasion de le serrer dans ses bras.

- Hé B, tu es resplendissante, la complimenta sa meilleure amie.

S était heureuse que la brune voit enfin le bout du tunnel. Elle avait fait de son mieux pour la réconforter pendant ces longs mois de calvaire, mais seul Chuck semblait être capable de lui apporter ce dont elle avait besoin.

Le blonde n'avait pas abandonné pour autant, elle était passée chaque dimanche matin au penthouse Waldorf avec des croissants et des cafés dans l'espoir que la brune, à défaut de parler, accepte de regarder avec elle «  Breakfast at Tiffany's  » mais elle n'avait pas réussi à la convaincre une seule fois, jusqu'à ces dernières semaines.

Finalement, après tout ce temps, elle avait trouvé un matin son amie d'enfance assise au salon, l'attendant avec un petit sourire. L'écran de tv, en pause, affichait la bande annonce du générique du début du film.

le visage de S s'était illuminé de joie, exactement comme maintenant.

- Merci, toi aussi, répondit sa meilleure amie en replaçant non nonchalamment (et de manière totalement fortuite) une de ses boucles derrière son oreille, de sa main gauche.

- Oh  ! Mon Dieu  ! hurla S, l'éclat du diamant serti dans la bague Harry Winston que portait B à son annulaire se reflétant dans ses prunelles azur.

L'innocence feinte sur le visage de la brune se transforma en un sourire radieux quand Serena lui sauta au cou.

Elle avait fait promettre à Nate de tenir sa langue à propos de leur engagement pendant au moins douze heures. Elle voulait être celle qui le ferait savoir à sa meilleure amie, à sa façon.

- Oh ! Je suis tellement contente pour vous deux, couina la blonde en se jetant littéralement dans les bras de son frère à son tour, qui lui rendit son étreinte.

Lily ne put réprimer l'envie de serrer Blair contre son cœur également. Cette dernière était comme une seconde fille pour elle. Et elle ne doutait pas un instant qu'elle ferait le bonheur de son fils.

- Encore toutes mes félicitations, glissa-t-elle à son oreille en déposant un baiser sur la joue de celui-ci.

Il nota avec un petit sourire de guingois mais ses yeux pétillaient de l'espoir du bonheur retrouvé.

Sa fiancée tendit ensuite sa main pour qu'elles puissent s'extasier sur sa bague qui brillait de mille feux.

Cela lui fit un bien fou. Blair avait oublié combien elle appréciait voir la lueur d'envie dans les prunelles des autres femmes. Et ce soir, plus d'une serait verte de jalousie.

- Raconte-moi tout, demanda S en la tirant quelques peu à l'écart.

Elle rencontra le regard de son frère et lui fit un signe de compréhension quasiment imperceptible.

Elle ne lâcherait pas B d'une semelle.

- Comme je n'étais pas certaine que tu viendrais, j'ai demandé à Jack d'être l'orateur, expliqua soudain rapidement Lily au jeune héritier, en voyant son oncle arriver à son tour avec à son bras ... Georgina Sparks ?

Elle fronça les sourcils mais revint à sa première idée.

- Pas de soucis, je n'ai aucune envie d'attirer l'attention sur moi ce soir, dit-il en posant les yeux sur celle qui serait incontestablement la reine de la soirée.

Blair souriait à Serena en sirotant une coupe de champagne, prélevée sur un plateau au passage d'un serveur et, bien qu'elle soit droitière, ce n'est pas cette main qu'elle utilisait pour porter la flûte à ses lèvres.

- Je suis contente qu'elle aille mieux, s'exclama sa mère en suivant son regard. Pour elle et pour toi.

Ses prunelles revinrent à son interlocutrice et il y lut un réel soulagement. Il ne put s'empêcher d'apprécier la lueur d'amour maternel qu'il y vit luire.

- Merci, dit-il simplement.

- Merci de quoi  ? s'étonna Lily.

- D'avoir été là pour moi et de m'appuyer au conseil malgré le fait que les récriminations à mon égard soient pleinement justifiées.

Il était bien conscient du fait que les actionnaires ne pouvaient que désapprouver les raisons pour lesquelles l'entreprise connaissait des difficultés. En affaire, il n'y avait nullement de place pour les sentiments.

Son père devait se retourner dans sa tombe  !

Mais qu'il soit le fils de Bart ou non, c'était à cause de lui que la société était la cible de la famille Grimaldi et s'ils devaient se débarrasser de lui pour que le navire continue à voguer, ils le feraient sans hésiter.

Jusqu'ici, il avait été capable d'endiguer l'hémorragie et de limiter la casse. Les dommages ayant été adroitement répercutés par lui-même sur ses propres biens afin d'éviter, tant que faire se peut, des dommages collatéraux à BI et il espérait bien, grâce à son oncle et à ses affinités avec une personne qu'il n'aurait jamais soupçonnée pouvoir être de leur côté, mettre fin à la débâcle et repousser les assauts des monarchies européennes et de leurs extensions qui pesaient de tout leur poids dans la balance.

Il n'était pas tant question d'une allégeance à la couronne monégasque que de la revanche du sang bleu sur les aristocrates des temps modernes, plus communément appelés les nouveaux riches, par ceux qui s'estimaient spolier depuis des générations.

L'avantage pour lui dans cette situation était que, paradoxalement, les anciens nobles devaient jouer sur un échiquier mondial redessiner et ne parvenaient à garder leurs privilèges et leurs patrimoines que grâce aux alliances qu'ils scellaient avec ceux qu'ils considéraient comme de vils chapardeurs.

- Il est normal que je soutienne mon fils en toutes circonstances, fit simplement valoir Lily avec un sourire avenant, comme si c'était une évidence.

C'en était sans doute une pour la plupart des parents mais pas les siens, pensa-t-il.

- Si tu veux bien m'excuser, je te vois tout à l'heure, ajouta-t-elle.

Il hocha de la tête, comprenant qu'elle n'avait aucune envie de se retrouver en face de son oncle plus que nécessaire.

- Chuck  ! s'étonna Jack en arrivant à leur hauteur. Je ne m'attendais pas à te voir ce soir.

La jeune femme aux yeux bleus, suspendue à son bras, lui fit un signe de tête et un petit sourire enjôleur et il nota en signe de reconnaissance.

- Comme le plupart des gens dans cette salle, commenta-t-il avec un sourire narquois, sentant depuis son entrée les regards suspicieux et désapprobateurs des différents associés de BI.

Il avait fait semblant de ne pas entendre la rumeur et les quolibets se propager parmi les invités lorsqu'ils avaient franchi les grandes portes du hall. Blair avait fait de même, resserrant un peu plus son emprise autour de son bras pour s'avancer dans l’arène.

Son oncle apostropha la serveuse qui présentait une coupe de Don Pérignon à sa compagne, réclamant quelque chose de plus fort que du champagne.

- Je suis content que tu sortes de ta tanière, affirma ce dernier avec ce qui ressemblait fort à de la sincérité dans la voix.

- Je vois que Queen B a repris du service, s'exclama à son tour Georgina en désignant la brunette qui parlait avec ses anciennes sbires.

Ces dernières se pavanaient d'admiration devant la pierre qui ornait son doigt et tentaient de retrouver les bonnes grâce de leur ancienne reine.

On ne savait jamais comment les choses pouvaient tourner. Après tout, elle serait bientôt Madame Chuck Bass.

Les prunelles de celui-ci se durcirent et lancèrent un éclair d'avertissement limpide à la cavalière de son oncle.

- Hé, je suis dans votre camp, je te rappelle, lui asséna la brune sans ciller.

La serveuse apporta le scotch demandé et en proposa un autre au jeune héritier qu'il accepta de bonne grâce.

- A la famille, sourit Jack en levant son verre dans sa direction.

Chuck lui retourna la politesse et but une gorgée du liquide ambré.

- A ce propos, dit-il un peu mal à l'aise après avoir dégluti (les relations familiales n'avaient jamais été le point fort des Bass) je tiens à te remercier pour m'avoir sauver la vie.

Son aîné fronça les sourcils et il vit l'interrogation se peindre sur ses traits une fraction de seconde. Ce qui le fit tiquer, ce n'était pas le genre de Jack de ne pas s'attribuer le mérite quand il le pouvait, que du contraire.

- Lors de l'accident, expliqua-t-il plus avant.

Son esprit travaillant à la vitesse de la lumière, le cadet de Bart comprit tout à coup de quoi il s'agissait.

- Oui et bien, comme je te l'ai déjà dit, personne d'autre que moi ne peut jouer avec l'avenir de mon neveu, commenta Jack.

Il fut sauver par le gong, ou plutôt par le temps, car il jeta un rapide coup d’œil à sa montre avant de s'excuser prétextant devoir aller se préparer pour faire son discours.

- Hé là  ! Pas si vite, dit Chuck, en rattrapant par le coude Georgina qui tentait de s'échapper également.

Elle mit moins de deux secondes pour afficher un regard angélique sur ses traits d'opaline.

- Qu'est-ce que tu sais  ? gronda le jeune homme qui n'était pas dupe.

- Qui ça, moi  ? feignit-elle.

- Georgina  ! la prévint-t-il, ses prunelles étaient noires comme le charbon et elle comprit qu'elle n'y couperait pas.

- OK  ! soupira-t-elle théâtralement à contre cœur. Mais ce n'est pas moi qui te l'ai dit. Il ne sait pas que je sais.

Ses iris s'assombrirent encore, cependant Chuck acquiesça.

- Ce n'est pas Jack qui t'a sauvé la vie. Il a une hépatite, il n'aurait pas pu même s'il avait voulu.

Il ouvrit de grands yeux. Son oncle avait une hépatite  ?

- Et comment le sais-tu précisément  ? voulu-t-il savoir.

Le jour où il ferait pleinement confiance à Georgina Sparks n'était pas encore venu et ne viendrait sans doute jamais.

- J'ai un enfant  ! rétorqua-t-elle. Je prends un minimum de précautions et de renseignements en ce qui concerne mes amants  !

- Ne me fait pas croire que tu as convaincu Jack de faire des tests médicaux pour toi  !

- Tu serais surpris d'apprendre ce que je peux lui faire faire, insinua-t-elle avec une petit sourire salace.

- Pour une fois, je me passerai aisément des détails, commenta-t-il avec sincérité.

- Ok ! capitula-t-elle à nouveau.

Après tout, il était dans les intérêts de Jack que sa seule famille soit au courant de son état de santé.

Depuis quand avait-elle les intérêts de qui que ce soit d'autre qu'elle-même à cœur  ?

Décidément sa grossesse avait eu des effets déplorables sur elle  ! Depuis la naissance de Milo, elle devenait bien trop sensible.

- J'ai eu accès à son dossier médical, précisément parce qu'il a été rejeté comme donneur lors l'accident, avoua-t-elle.

- Et comment sais-tu ça  ?

Pour une fois Georgina fut prise au dépourvu.

- Attend une minute  ! Tu étais avec lui ce soir là  ?

Elle grimaça de frustration avant de répondre. Elle s'était faite avoir  ! Elle était indéniablement devenue trop faible et blâma ses hormones et son instinct maternel pour ce fait.

- Je me suis rendue à la clinique quand j'ai entendu ce qui s'était passé. Non pas que je m'intéressait à votre sort, mais ... Brooklyn est aussi ennuyant qu'une contré reculée du tiers-monde, la guerre en moins, évidemment  ! Donc quand j'ai eu une occasion de me distraire ...

- Viens en aux faits, s'impatienta Chuck.

Elle maugréa dans sa barbe puis reprit sur un ton très ennuyé.

- Je suis donc venue à la clinique, là où tout le monde était rassemblé et je cherchais des informations croustillantes à me mettre sous la dent quand, par hasard, je me suis retrouvée devant ton oncle qui parlementait avec ton chirurgien.

Le brun ténébreux ne voulait même pas savoir comme elle connaissait le nom du médecin qui l'avait opéré cette nuit là.

- Je dois dire que j'ai été plutôt impressionnée par la manière dont il savait retourner la situation à son avantage, ce qui n'arrive pas souvent. En fait jamais  ! ajouta-t-elle, réfléchissant à voix haute.

- Tu veux dire qu'il faisait pression sur lui, conclu-t-il.

- Oui. Ensuite, le reste s'est fait tout seul, confessa-t-elle comme un sourire sournois s'installait à nouveau sur ses lèvres.

Chuck avala un gorgée de son scotch pour dissimuler un rictus moqueur.

La lueur qui brillait au fond des iris bleus clairs de la jeune femme ne prêtait pas à confusion.

Qui aurait jamais cru que Georgina Sparks se laisserait aller à avoir des sentiments pour quelqu'un  ? Et Jack Bass en particulier  !

Mais encore, Blair et lui s'étaient bien trouvés alors que toutes les probabilités étaient nulles de prime abord. Ils avaient d'ailleurs dû batailler ferme contre les forces de l'univers. C'est en tout cas l'impression qu'il en avait après tout ce qu'ils avaient traversés.

Et d'ailleurs, qui mieux que son oncle serait capable de rivaliser avec cette garce  ? Elle était en quelque sorte son alter ego féminin et il savait mieux que personne ce qui pouvait naître de pareille attirance et association.

Son propre équivalent revenait justement vers lui et Georgina en profita pour s'éclipser, dédiant un sourire «  spécial bitch  » à Queen B en passant auprès d'elle, qui lui renvoya la pareille.

- Alors  ? Combien de femmes de l'assemblée s'est étouffée de jalousie  ? questionna-t-il.

- J'ai perdu le compte, déclara-t-elle tout sourire.

Il l'attira à lui pour l'embrasser.

- J'aime ça, confia-t-il contre sa bouche.

- Ça quoi  ?

- Le sourire qui flotte sur tes lèvres ce soir. C'est le plus beau bijou de ta collection, murmura-t-il.

Elle l'accentua encore, son sourire gagnant ses yeux, avant qu'elle ne l'embrasse à nouveau.

- Moi, c'est toi que j'aime, chuchota-t-elle en mordillant le lobe de son oreille.

Il frissonna de plaisir.

- Et si on allait voir ce qui se passe du côté de la 1812 ? proposa-t-elle sur un ton faussement innocent.

Cette fois, c'est un spasme d'anticipation qu'il sentit courir le long de son échine.

*****


katido  (22.05.2013 à 19:59)

 

Samedi 16 juin 2012 : 22h42

- Tu es certaine que tu ne préfères pas rester ici ? questionna Chuck tandis qu'il regardait Blair revêtir la robe qu'il lui avait enlevée deux heures plus tôt.

Il avait dû modérer ses ardeurs car il n'ignorait pas qu'ils devraient retourner à la soirée avec les mêmes vêtements. Il devait donc s'abstenir de leur faire subir un quelconque dommage qui aurait pu sauter aux yeux de tous.

- Si, je préférerais cent fois, mais malheureusement on ne peut pas. C'est une soirée en l'honneur de ton père et tu te dois d'y assister, où du moins d'y faire acte de présence, rectifia-t-elle d'elle-même.

Ils avaient déjà raté le discours de Jack. Non pas que ça ait été une grande perte de toute façon mais chacun des membres du conseil épiait Chuck à la loupe.

Elle ramassa sa chemise sur le sol et la lui jeta à la figure en souriant.

- Allez, cesse de me reluquer et bouge-toi, commanda-t-elle.

- Jamais je ne pourrai me lasser d'étudier tes courbes, déclara-t-il en se levant d'un bond pour la faire à nouveau tomber avec lui sur le matelas.

Il l'emprisonna sous lui et l'embrassa goulûment, se délectant du goût de ses lèvres aromatisées aux fraises et à la chantilly qu'ils avaient fait délivrer dans la suite. Ce n'était certes pas le seul endroit de son corps qui avait ce parfum et il aurait bien poussé la gourmandise plus avant mais Blair ne l'entendit pas de cette oreille.

Elle lui rendit son baiser, puis profitant de sa déconcentration comme sa main glissait plus bas le long de son flan, elle le fit pivoter pour se retrouver sur lui.

- Non, sérieusement, décida-t-elle après plusieurs minutes de bouche à bouche intense. Va prendre une douche froide (il en avait grandement besoin, même après les deux heures qu'ils venaient de passer enfermés dans la chambre) et rejoint-moi en bas. Tu n'es pas vraiment dans les petits papiers des membres du conseil en ce moment, évitons de les froisser encore un peu plus. Et puis il doit bien avoir encore des femmes qui n'ont pas eu l'occasion de voir ma bague de fiançailles.

Il soupira de frustration et d'ennui anticipé et la laissa s'éloigner à regrets puis se dirigea vers la salle d'eau.

- Hé Bass  ! le rappela-t-elle depuis le seuil de la suite avant d'ouvrir la porte.

Il se retourna pour lui faire face.

- Je t'aime, sourit-elle avant de disparaître dans le couloir.

Il jura. Ça n'allait pas l'aider dans sa situation  ! Mais il ne pouvait empêcher le sourire qui s'étalait sur ses traits anguleux quand il passa sous le jet d'eau, glacial  !

Il tenta de se concentrer sur quelque chose de moins attractif.

Il n'avait pas parlé des révélations de Georgina à Blair. Il devait d'abord les vérifier. Il avait passé un coup de fil à son privé pendant que la jeune femme s'était éclipsée dans la salle de bain entre deux rounds.

Si Jack n'était pas la personne qui lui avait sauvé la vie le soir de l'accident, alors qui  ? Il n'avait aucune autre famille apparentée ... sauf bien sûr Élisabeth, ce qui impliquerait qu'elle soit tout de même sa mère biologique malgré ses dénégations la dernière fois qu'il l'avait vue.

Son cœur se serra dans sa poitrine aux souvenirs de cet épisode de sa vie et de ceux qui l'avait suivi.

En un sens, il était satisfait d'avoir été dépouillé de l'Empire dans ces circonstances. Ce n'était que justice finalement et cela atténuait cette sensation d'échec qui persistait même s'il savait ce qu'il avait obtenu en échange.

La liberté de Blair n'avait pas de prix et il ne pourrait jamais regretter son choix. Surtout pas maintenant... ni avant à la réflexion  !

*****


katido  (22.05.2013 à 20:01)

 

Samedi 16 juin 2012 : 23h05

Quand il déboucha dans le couloir qui menait aux ascenseurs ses pas ralentirent d'eux-même en passant devant le bureau du directeur d'où émanait de la lumière.

Chuck n'avait pas encore eu l'occasion de le saluer et se dit que le moment était opportun. Il se devait de rassurer l'homme sur l'avenir de l'hôtel. La revente de l'Empire avait créé un vent de panique parmi le personnel également.

Il frappa succinctement à la porte puis poussa le panneau de chêne qui tourna sur ses gonds et son cœur s'arrêta dans sa poitrine.

Des yeux bleu acier le transpercèrent de part en part comme il ouvrait la bouche et se retrouvait clouer au sol de stupeur.

Il cligna plusieurs fois des paupières, mais l'image de son père resta intacte devant lui.

Son cerveau ramait tant qu'il pouvait pour donner un sens à ce qui s'imprimait sur sa rétine.

Jack, à peine remis du choc également, eut la présence d'esprit de l'attraper par le coude pour l'attirer plus avant dans la pièce et refermer la porte derrière lui avant que d'autres personnes n'aperçoivent Bart.

Chuck quitta un instant l'apparition de son paternel du regard pour le poser sur son oncle mais il ne trouva aucune réponse à ses questions.

Ce dernier avait l'air aussi hébété que lui-même.

Il reposa ses yeux sur ... son père  ?!?

Il était toujours là  !

Il essaya de rationaliser  :

Il ne croyait pas aux fantômes.

Il n'avait pas abusé de la boisson, il avait à peine bu un whisky avant de monter dans la 1812 avec Blair.

Est-ce que la chantilly avait été «  améliorée  » par certaines substances qui aurait pu le faire halluciner  ?

Est-ce qu'il était mort  ?

Peut-être était-il tombé dans la douche et s'était-il fracasser le crâne  ?

- Chuck  ! prononça soudain la voix sévère de l'illusion.

Il crut bien faire une attaque cardiaque.

- Papa  ? articula-t-il les yeux exorbités.

Il se tourna à nouveau vers son oncle qui acquiesça de la tête avec la même expression de scepticisme que lui sur le visage.

*****


katido  (22.05.2013 à 20:03)

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