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Après la pluie

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido 

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Dimanhe 17 juin 2012 : 11h21

Blair sentit son fiancé se raidir et le vit carrer la mâchoire.

Malgré ses tentatives, elle avait été incapable de l'empêcher de ruminer depuis qu'ils étaient sortis de la chambre. Il avait accepté sans rechigné sa première idée pour occuper ses pensées.

Il était Chuck Bass  !

Mais au-delà de ça, l'ombre de Bart planait sur eux comme un vautour qui tournoie au-dessus de sa proie, attendant patiemment sa mise à mort.

Elle glissa sa main sur la sienne mais il s'écarta d'elle ostensiblement sans même en avoir conscience.

Son père avait toujours cet ascendant sur lui.

Dés l'instant où il croisait son regard, il redevenait instantanément le petit garçon qui le suppliait pour quelques miettes de son temps, pour une lueur d'approbation dans son regard bleu, si différent du sien, à défaut d'autre chose.

- Je vois que tout le monde est réuni, commenta encore le dernier venu en le toisant.

La culpabilité l'envahit aussitôt.

Il ne faisait pas partie de cette famille. Il n'aurait pas dû être là.

Si son père ne s'était pas fait passer pour mort afin de les protéger, Lily et lui se seraient séparés et elle ne serait jamais devenue sa mère adoptive.

Les seules personnes qui constituaient sa vraie famille étaient Bart et Jack. Ce qui n'était pas des plus réjouissants.

Ses phalanges se crispèrent autour de son verre de jus d'orange quand il le reposa sur la table.

Un éclat de lumière attira son attention et une petite voix lui souffla tout autre chose, qui lui permit de retrouver un peu de sérénité.

Le diamant qui brillait au doigt de Blair, cherchant le contact avec les siens lui rappelait qu'il avait une autre famille, bien à lui.

Il rencontra les yeux azur de son meilleur ami qui l'observait depuis l'autre côté de la table, assis à côté de Serena, dont le visage était également tendu, en raison de son inquiétude pour sa mère.

Sa mère, à lui aussi.

«  Tu peux toujours essayer de m'effrayer mais ça ne marchera pas. Je suis désolée de t'informer que mon amour pour toi est inconditionnel, Charles.

- L'amour inconditionnel est un mythe, tout comme la petite souris, les licornes et les elfes.

- Hé bien, tu trouveras certainement ça très guimauve et bien trop cliché à ton goût, mais bien que tu sois uniquement mon fils par mariage et par adoption, je t'aime comme si tu étais le mien et je te considère comme tel dans mon cœur. Je souhaite que tu puisses éprouver ça pour quelqu'un d'autre, un jour, toi aussi.  »

Lily l'avait soutenu pendant toute cette période, ce n'était pas une utopie, ni une tromperie. Elle l'avait épaulé, elle avait été présente pour lui. Elle s'était comportée en véritable maman. Même s'il ne l'avait jamais appelée comme  ça. Elle était en tout cas ce qui s'en rapprochait le plus pour lui. Et plus important encore, elle l'avait choisi délibérément, consciente de ce à quoi elle s'exposait.

Il ne lui avait pas rendu la tâche facile, mais elle avait remporté chaque étape, sans faillir malgré ses mises à l'épreuve.

Il avait donc une famille, peu importe qu'il y soit liée par le sang ou non.

Toutes les personnes assises autour de cette table l'avait accueilli et réconforté à un moment donné, chacune à leur tour, chacune à leur manière, quand il était si seul et désœuvré émotionnellement.

Il posa sa main sur celle de sa fiancée, entremêlant leurs doigts et la chaleur de la peau de Blair se propagea jusqu'à son cœur d'homme atteignant celui du petit garçon qu'il avait été mais ne serait plus jamais devant Bart.

Il n'était plus cet enfant, ni cet adolescent, troublé et mal aimé. Il était entouré de gens qui lui avaient prouvé qu'il méritait d'être aimé et apprécié pour ce qu'il était tout simplement.

Il pouvait être lui, sans avoir peur de les décevoir.

Le cœur de Blair tressaillit dans sa poitrine quand il noua ses phalanges aux siennes sur la nappe blanche.

Un sourire prit involontairement place sur ses traits, tendus eux-aussi, l'air ambiant devenant soudain un peu plus respirable par ce simple geste de l'homme qu'elle aimait.

Chuck cherchait son contact et lui permettait d'être là pour lui. Mieux, il s'autorisait à demander son soutient à la vue de tous, y compris son paternel. Et ça, elle en connaissait la valeur. Ça valait bien plus que n'importe quelles paroles ou déclaration d'amour.

Elle comprima légèrement ses doigts contre les siens, lui témoignant sa réponse muette et quand ses prunelles noisette rencontrèrent les siennes, ses craintes s'apaisèrent en même temps que celles de Chuck.

- Bart, articula Lily d'une voix atone.

Elle savait qu'elle devrait affronter cette situation à un moment donné mais rien n'aurait pu l'y préparer, pas même une nuit entière, ou dix, ou vingt.

- On peut se voir en privé  ? grinça des dents l'intéressé.

Rufus gigota sur sa chaise et ouvrit la bouche, mais la main de son épouse (l'était-elle encore légalement?) sur sa cuisse le fit taire.

- Bien sûr, acquiesça la blonde.

*****


katido  (23.05.2013 à 21:52)

 

Dimanche 17 juin 2012 : 13h07

- Tu es certaine que tu ne veux pas rentrer ?

- Oui, Chuck, répondit sa fiancée en replaçant son smartphone sur la table de nuit pour la troisième fois.

Sa mère cherchait à la joindre depuis le début de l'après-midi, sans doute avait-elle pris connaissance des derniers événements elle aussi. Cependant, Blair ne se sentait pas la force de rentrer seule au penthouse Waldorf-Rose.

C'était un peu idiot, mais depuis des mois maintenant, le jeune homme avait partagé le même toit qu'elle et elle avait cette impression désagréable que si elle franchissait le seuil de son appartement en le laissant ici, cela pourrait bien se répéter trop souvent à son goût.

Elle avait tenté de lui faire prendre résidence là-bas mais elle avait échoué.

Chuck lui avait assuré qu'il était mieux qu'il s'installe officiellement chez Lily pour l'instant et que cela ne changerait en rien leurs habitudes. Ce ne serait pas définitif et il passait déjà tout son temps libre au penthouse Waldorf depuis de nombreux mois, avait-il argumenté.

De plus, ils étaient fiancés et finiraient par vivre ensemble. Leur mariage se ferait à l'été suivant, certainement en août. Ce qui leur laissait une année entière pour les préparatifs bien que la jeune femme sache parfaitement ce qu'elle désirait pour cette cérémonie qui l'unirait à l'homme de sa vie. La date n'avait encore été fixée précisément car tout avait été tellement vite depuis la veille qu'elle avait l'impression qu'une semaine entière s'était écoulée au lieu de vingt-quatre heures.

Sauf que Blair ne voulait pas attendre jusque là pour vivre avec lui. C'était beaucoup, beaucoup trop long. Elle voulait qu'ils emménagent ensembles dés que possible, seulement avec tout ce qui se passait en ce moment, elle comprenait que ce n'était pas la priorité des priorités.

C'était vrai aussi qu'elle même commençait à peine à émerger du brouillard.

Ce qui signifiait que leur mode de vie allait tout de même changer, ils n'y échapperaient pas, quoi qu'il en dise.

Terminé les journées passées à se morfondre au fond de son lit. Terminé les crises de larmes sur l'épaule de la seule personne capable de combler un tant soit peu le vide qu'elle ressentait à l'intérieur d'elle-même. Terminé les heures innombrables passées lovée contre lui dans le silence.

Elle était bien décidée à reprendre sa vie en main.

Et le retour de Bart n'était pas pour appréhender les choses en douceur.

C'était la raison principale pour laquelle elle refusait de rentrer seule aujourd'hui. Elle ne quitterait pas cet endroit sans lui, il en était hors de question.

- Je te rejoins dés que possible, dit Chuck.

Il semblait capable de déchiffrer ses pensées.

Qu'est-ce qu'elle racontait, bien sûr qu'il pouvait décrypter ses doutes et ses angoisses, il lisait en elle à livre ouvert.

- Je ne pars pas d'ici sans toi, insista-t-elle.

- C'est peut-être important, lui fit-il remarquer.

- Si c'était le cas, ma mère m'aurait laissé un message, s'entêta-t-elle.

- Blair ...

Il se posa devant elle et caressa son menton pour l'obliger à le regarder.

- Je ne le laisserai pas nous séparer, je te le promets.

- Il me tient pour responsable de tout ce qui est arrivé et il a raison. Si je n'avais pas eu cette idée folle de vivre mon propre conte de fée avec un prince ...

Sa lèvre inférieure trembla légèrement et il l'attira tout contre lui avant de murmurer contre son lobe.

- Nous sommes fiancés, nous allons passé le reste de notre vie tout les deux, c'est la seule chose qui compte. Peu importe ce qu'il en pense. Je me suis battu pour toi pendant tous ces mois et je ne vais pas baisser les bras maintenant que nous touchons enfin au but.

Elle passa ses bras autour de sa taille et laissa reposer sa tête dans le creux de son épaule.

- Je t'aime, tellement, chuchota-t-elle.

- Et je t'aime aussi, mais on ne peut pas être ensemble à chaque minute. Je vais attendre que mon père et Lily aient fini puis je mettrai les choses au point avec lui. Pendant ce temps là, toi, tu vas aller voir ta mère et on se retrouve dés qu'on en a terminé chacun de notre côté, conclut-il en la serrant plus fort.

Elle ferma les yeux tandis qu'il déposait un baiser sur sa chevelure puis s'écarta un peu de lui.

- On se voit tout à l'heure, affirma-t-elle. Mais avant ça, j'ai besoin de ma dose pour pouvoir survivre jusqu'à la prochaine fois, alors embrasse-moi Chuck Bass.

Le jeune homme s'exécuta sans se faire prier. Il puisait lui aussi sa force de leur union et il avait intérêt à recharger ses accus avant de se mesurer à Bart.

Il mit fin à leur baiser à regret et l'entraîna dans le couloir. S'il ne la mettait pas lui-même dans l'ascenseur, elle ne partirait jamais.

*****


katido  (23.05.2013 à 21:55)

 

Dimanche 17 juin 2012 : 13h09

- C'est Mon fils ! rugit la voix de Bart depuis le bureau qui avait été transformé en bibliothèque.

- C'est le mien aussi, contrat-Lily dans l'embrasure de la porte lui faisant face à nouveau.

Elle n'avait pas l'intention de poursuivre plus avant cette discussion stérile.

Passé le premier choc de la résurrection de son défunt mari, elle reprenait ses esprits. Elle ne remanierait pas sa vie entière parce qu'il avait décidé de reparaître soudainement. Elle resterait mariée à Rufus, Bart l'avait d'ores et déjà accepté. Il n'ignorait pas qu'elle s'apprêtait à demander le divorce quand il avait soudainement «  disparu  ».

- Lily, la prévint-il d'un ton menaçant en s'avançant vers elle.

- Qu'est-ce qui se passe ici ? intervint Chuck, s'imposant entre eux en deux enjambées.

Sa mère adoptive était sur le pas de la porte, prête à mettre un terme à leur divergence d'opinion quand il avait entendu son père crier. Son sang n'avait fait qu'un tour et il avait abandonné le bras de Blair, sur le seuil elle aussi à présent, pour s'interposer entre les deux protagonistes.

- Ton père pense que parce qu'il veut revenir s'installer dans nos vies, les choses vont redevenir identiques à ce qu'elles étaient quand il nous à laissés.

- Je ne vous ai pas laissés, j'ai fait ce que je pouvais pour vous protéger.

- Hé bien, c'est vraiment généreux et chevaleresque de ta part mais depuis ton départ, l'eau à coulée sous les ponts et je ne vais pas inverser le cours du temps parce que tu le souhaites, s'exclama-t-elle.

- Je ne vous en laisserai pas le choix  ! tonna Bart. Je suis revenu parce que c'était le chaos et je compte bien y mettre bon ordre.

- Fais ce que tu veux avec Bass Industrie, je m'en fiche, mais ne touche pas à ma famille. Je ne te laisserai pas faire, l'avertit-elle.

- Il n'est pas ta famille, pointa-t-il en désignant Chuck.

- Si, il l'est, rétorqua Lily. C'est mon fils autant que le tien et rien ne changera ça à moins qu'il ne le désire lui-même.

Chuck sentit le regard de son père darder sur lui et son sang accéléra encore sa course dans ses veines.

Ils se disputaient pour lui  ?

Un sentiment étrange l'envahit. Aucun de ses parents ne s'étaient jamais chamaillés à son sujet et pour cause. C'était quelque chose d'horrible et plaisant à la fois. Cette sensation que quelqu'un était prêt à se battre pour lui, pour le garder, la seule personne qui avait jamais fait ça se tenait à côté de Lily.

Ses yeux rencontrèrent ceux de sa mère adoptive qui attendait visiblement sa réponse.

- Elles sont bien plus ma famille que tu ne l'as jamais été, signifia-t-il à son paternel en désignant les deux femmes qui avaient une place prépondérante dans son cœur.

- Fils ...

- Je ne te laisserai pas réduire à néant tous les progrès que j'ai fait jusqu'ici, le coupa Chuck .

- Les progrès ? Quel progrès ? se moqua Bart. Tu as quasiment ruiner tout ce que je t'avais laissé. Tu étais prêt à tout perdre pour elle !

Ses yeux bleu acier transpercèrent Blair de part en part. S'il avait pu la tuer d'un seul regard, elle serait morte sur le champ.

- Je suis prêt à tout perdre pour elle ! clama Chuck. Parce que je n'ai rien de commun avec toi ! Tu penses que je suis faible, mais dévoiler ses sentiments demande bien plus de courage que tu n'en n'auras jamais. J'ai fait la chose la plus dangereuse de toute ma vie le jour où je lui ai avoué que j'étais amoureux d'elle. J'ai pris ce risque en dépit de ce que tu m'as enseigner et même si j'ai commis des erreurs et des faux-pas, je ne regrette rien. Parce qu'aujourd'hui je suis fiancé à la femme que j'aime et que je vais passer le reste de ma vie avec elle. Si ça me coûte BI alors, soit. Je ferai autre chose de ma vie, mais je ne renoncerai pas à Blair parce que sans elle, rien n'a d'importance. Fait ce que tu crois devoir faire mais prépare toi à te battre parce que je ne rendrai pas les armes.

- Elle se sert de toi et te manipule comme un pantin, éructa son père, exactement comme ta mère l'a fait avec moi.

Le jeune homme vit une chose qu'il n'avait encore jamais vue sur le visage de celui qui l'avait élevé sans jamais montrer un once d'émotion, la douleur qui tordit ses traits et disparu en une fraction de seconde laissant place à un masque d’indifférence.

- Je n'ai jamais cherché à te manipuler, s'indigna Lily. Tu es celui qui a engagé un détective privé et qui a fouillé dans mon passé et celui de mes enfants. Tu es celui qui a fait preuve d'une absence de sentiments à toutes épreuves.

Le regard de Bart était plus glacial que le pôle nord mais dessous, son fils pouvait deviner la fureur d'avoir laissé entrevoir l'écharde implantée profondément en lui.

- Ce n'est pas de toi qu'il parlait, énonça Chuck d'une voix sourde sans quitter son père des yeux.

Il revit toute son enfance défiler au gré de ses souvenirs. Tous ces moments où son père s'était retranché derrière une façade de pierre, hermétique à toutes tentatives de sa part de plaider pour un soupçon d'amour, de reconnaissance, de fierté, vis à vis de ce fils qui était la preuve vivante de son échec à la retenir auprès d'eux.

Si sa mère biologique était partie, ce n'était pas à cause de lui, mais de Bart en premier lieu.

Ce n'était pas non plus tant à cet enfant que son père en voulait de l'avoir perdue mais bien à lui-même.

Chuck comprenait si aisément sa blessure, quasiment identique à la sienne et pourtant d'une nature si différente.

Mais celle-là aussi il l'avait expérimentée, avec la femme qui faisait battre son cœur, celle qui lui avait fait découvrir le pouvoir de l'amour.

Il réalisa qu'il avait sans doute bien plus en commun avec son père que ce qu'il n'avait jamais imaginé.

- Tu as fait ton choix, décréta Bart en s'adressant à son fils.

L'amertume submergeait son être tout entier. Il aurait dû savoir qu'il le trahirait un jour de la même manière qu’Évelyne, c'était sans soute génétique et inévitable. Il avait tenté de s'en prémunir, le repoussant le plus loin de lui que possible pour éviter la douleur de l'écueil. Cependant rien ne pouvait jamais préparer à l'abandon même quand il se présentait devant vous encore et encore.

- Conférence de presse demain à 19h00 dans la grande salle de réception du Palace, annonça-t-il. Je serai désormais le seul Bass à la tête de BI.

Il lui restait au moins sa compagnie, ce pourquoi il avait tant travaillé et il avait du pain sur la planche pour redresser la situation que son héritier avait créée. Dieu merci, il pourrait ainsi faire ce qu'il savait faire de mieux.

*****

 


katido  (23.05.2013 à 22:00)

 

Para 9

Lundi 18 juin 2012 : 12h30

- Je suis heureuse qu'on puisse tout de même avoir un petit tête à tête, déclara Eléanor en piquant dans une feuille de sa salade, attablée face à sa fille dans la grande salle du Petrossian.

- Je suis désolée mais il y avait urgence hier et je ne pouvais pas me libérer plus tôt.

Après le coup d'éclat de Bart, elle avait fini par laisser Chuck et Lily seul à seul malgré sa grande réticence.

Il était plus qu'évident que les paroles de son père avait touché une corde sensible en lui et elle tenait à être là. Elle voulait à tout prix qu'il sache qu'il pouvait compter sur elle à présent. Tout comme elle avait pu s'appuyer sur lui pendant tous ces mois.

Elle souhaitait en quelque sorte lui rendre la pareille. Elle s'en voulait beaucoup de s'être enfoncée la tête dans le sable, ou plutôt sous les couvertures et de l'avoir laissé se débrouiller seul face au cataclysme qu'elle avait provoqué.

Tout ce qui arrivait maintenant était uniquement la conséquence de sa propre stupidité. Elle ne se pardonnerait certainement jamais de s'être fourvoyée avec Louis ... et Dan. Quand elle pensait à tout ce qui en avait découlé et au gâchis que ça avait occasionné, elle aurait pu se gifler cent fois. Cependant, quand bien même elle aurait cédé à cette pulsion, cela n'aurait rien changé. Ce qui avait été fait ne pouvait être effacé, juste réparé du mieux qu'elle le pouvait.

Et c'est pourquoi elle était résolue à veiller sur Chuck, avec ou sans son approbation. Elle ne pouvait pas lui rendre l'argent qu'il avait déboursé pour la libérer de l'emprise des Grimaldi. Elle était également impuissante face aux membres du conseil d'administration de BI.

Quoi qu'à bien y repenser, il y en avait un qui pouvait faire pencher la balance.

Encore faudrait-il qu'il le veuille  !

Étant donné la situation, les chances étaient plus que minces, mais cela ne l'empêcherait pas d'essayer. Son fiancé le valait bien. Il avait affronté une famille royale toute entière, elle pouvait bien faire face au grand Bartholomew Bass. Elle était toujours Queen B quelque part et, même s'il la terrifiait, elle ne reculerait pas.

Pas quand il s'agissait de Chuck. Pas quand son bonheur, leur bonheur, en dépendait.

Elle était à l'origine du conflit et elle prendrait ses responsabilités, elle combattrait le démon de toute ses forces et ne s'avouerait pas vaincue sans avoir utiliser toutes les armes à sa portée.

- Tu es pas mal occupée pour une jeune-fille sans activité, rétorqua la styliste avec une petite moue ironique.

Elle releva un sourcil interrogateur et feignit l'ignorance.

Contrairement à ce qu'elle avait convenu avec Chuck, elle n'avait pas rejoint sa mère la veille. Elle avait passé l'après-midi avec Serena et Nate. Ils étaient restés soudés, comme ils le faisaient dans le passé quand l'un d'eux connaissait des troubles.

Cela lui avait fait un bien immense. Elle s'était coupée du monde pendant si longtemps. Elle avait redécouvert avec délice, malgré la situation, le sentiment d'appartenir à une équipe qui gagne.

Elle avait rejoint son fiancé dans la soirée et ils avaient passé une autre nuit au penthouse Van Der Woodsen – Humphrey avant qu'elle n'accompagne Chuck jusqu'au cabinet du Docteur Sherman. Sa prochaine séance à elle n'était que le surlendemain mais, depuis qu'elle avait assisté aux confessions de l'homme de sa vie dans le bureau du médecin, elle s'assurait qu'il prenne ses médicaments et qu'il honore chacun de ses rendez-vous avec le spécialiste.

Qui plus est, ce n'était vraiment pas le moment pour lui de déroger aux consultations avec le retour de Bart Vador.

- Je veux dire que, puisque tu n'as pas repris les cours à Columbia, je me demandais ce que tu envisageais pour l'avenir. En dehors de ton mariage bien sûr. Je suppose que tu n'as pas l'intention de vivre aux crochets de Chuck. A condition qu'il ait toujours de quoi ...

- Maman, s'agaça Blair. Ce n'est pas parce que les choses vont mal chez BI que Chuck va se retrouver à la rue. Contrairement à ce que vous avez toujours eu l'air de penser, et Bart en particulier, c'est un homme plein de ressources et il peut parfaitement faire autre chose de sa vie que gérer l'entreprise dont il a héritée.

- Je n'ai pas dis le contraire, se reprit Eléanor. Je me demandais simplement si vous aviez déjà évoqué la question. Si tu avais une quelconque idée de ce que serait ton avenir professionnel. Que Chuck ait de l'argent ou pas, je ne t'ai pas éduquée de la façon dont je l'ai fait pour ...

- Je ne deviendrai pas une femme au foyer, la rassura sa fille avec un dégoût bien visible sur ses traits à cette simple idée.

- Ce qui m'amène au sujet suivant, indiqua la styliste en posant son couvert à côte de son assiette.

Nous y voilà  ! pensa la jeune-fille. Si sa mère prenait le temps de l'inviter à déjeuner ce n'était pas pour rien. Sans doute avait-elle quelques remontrances à lui faire par rapport à ses choix. Ce qu'elle venait déjà de faire d'ailleurs  !

- Je me disais que, étant donné tes talents de leader et tes compétences en matière de mode, la pomme ne tombe pas loin de l'arbre, Dieu merci, tu pourrais devenir codirectrice de Waldorf Designs, ainsi je pourrais te préparer à reprendre ma succession quand Cyrus et moi décideront de profiter d'une retraite bien méritée.

Blair en laissa tombé la lamelle d'espadon qu'elle s’apprêtait à enfourner.

- Ferme ta bouche, chérie, c'est très inconvenant  ! la réprimanda sa mère, fidèle à elle-même en toutes circonstances malgré tout.

- Tu veux que je dirige Waldorf Designs  ? s'ébahit encore la brunette sans pouvoir y remédier.

La suggestion de sa mère était si surprenante. Elle n'avait jamais imaginé que la styliste de renommée internationale lui ferait assez confiance pour remettre entre ses mains, l'entreprise qu'elle avait montée de toutes pièces.

- Ne soit pas si étonnée, se rembrunit Eléanor. Tu es ma fille, qui mieux que toi pourrait assurer la continuité dans l'esprit Waldorf  ?

- Je ... je pensais que ...

- Que quoi  ? Que j'allais vendre ma société au plus offrant lorsque je ne serais plus capable de tenir un crayon ou d'enfiler une aiguille  ?

Ce qui lui était à présent impossible sans ses lunettes, maugréa-t-elle intérieurement.

- Je sais que tu troqueras bientôt notre nom pour celui de Bass mais ...

- Je n'ai aucune intention d'abandonner mon nom  ! s'offusqua la brunette. Je cumulerai les deux. Et avant que tu ne me demandes si j'en ai parlé avec mon futur époux, je t'informe que c'est aussi évident pour lui que pour moi, il n'y a même pas lieu d'en discuter. Je sais que j'ai été fiancée à un prince et que le mariage en question comportait une dote comme au dix-neuvième siècle mais c'est, et ce sera, la seule et unique fois où je me serai approché de cet état de fait  !

Eléanor ne put réprimer un sourire devant la fureur de sa fille.

- J'en conclus donc, que mon entreprise conservera son nom d'origine, déclara-t-elle satisfaite.

Elle posa sa main sur celle de sa fille.

- Je sais que nous avons eu notre lot de contentieux mais je n'ai jamais imaginé personne d'autre pour prendre ma relève.

- Pourtant je ne connais rien aux croquis et ...

- Tu apprendras, lui assura sa mère. Et puis je ne suis pas encore partie, je compte bien traîner encore plusieurs années dans les ateliers.

Blair acquiesça. Sa mère ne pouvait pas lui témoigner sa confiance d'une meilleure manière et ça comptait énormément à ses yeux.

*****


katido  (24.05.2013 à 20:02)

 

Lundi 18 juin 2012 : 17h47

Bartholomew Bass s'avança dans le hall du Palace. La conférence de presse était dans un peu plus d'une heure et il n'était toujours pas fixé sur ce qu'il allait annoncer.

Son retour avait bien entendu fait couler beaucoup d'encre, il s'y attendait quand il avait pris la décision de revenir pour nettoyer le bazar que son héritier avait semé.

Son héritier. Toute sa vie, il avait préparé Chuck pour ce moment. Il ne doutait nullement de ses capacités. Il n'ignorait pas que s'il ne s'appliquait pas en classe et faisait n'importe quoi ce n'était pas dû à son QI mais à sa seule volonté d'anticonformisme.

Depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait, son fils ne lui avait jamais rendu la tâche facile. Il lui avait donné une éducation stricte quand il était petit. Il s'impliquait dans son entreprise balbutiante mais il avait veillé à remettre Chuck entre les mains de personnes compétentes, bien plus compétentes que lui en cette matière.

Mais l'enfant avait toujours réussi à faire échouer toutes ses tentatives. Les jeunes-filles au pair et les nounous démissionnaient les unes après les autres (souvent après être passées dans son propre lit, soit  ! - Son fils n'était pas le seul à avoir besoin d'attention)

Au fil du temps leur relation avait été de plus en plus tendue. Chuck se complaisant à le mettre dans des situations honteuses et impossibles. Il était du reste aussi têtu qu’Évelyne, ce qui n'arrangeait nullement les affaires de Bart.

Plus il grandissait et plus il lui ressemblait. En conséquence, il mettait le plus de distance que possible entre eux. Il ne se le serait jamais pardonné s'il avait jamais levé la main sur lui comme le faisait son propre père.

Ce n'était pourtant pas les occasions qui auraient pu manquer, Chuck repoussant les limites toujours plus loin. Cependant, il avait toujours fait preuve d'un certain respect à l'encontre de son paternel.

Ou était-ce de l'intimidation que le jeune homme ressentait ?

Quoi qu'il en soit, il ne se faisait pas assez confiance pour établir une relation émotionnelle quelle qu'elle soit avec son fils. D'autre part, il avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus et il avait bien fait.

Pourtant la scène qui s'était passé quelques heures plus tôt ne voulait pas s'effacer de sa mémoire. Les mots de son fils l'avaient harcelé tout la nuit et ceux de la petite Blair Waldorf continuaient de résonner dans son crane encore et encore.

Il ne pouvait dénier qu'elle avait un sacré tempérament et aussi une sacrée trempe. Peu de ses associés - à bien y réfléchir, aucun – ne lui avait jamais parlé comme ça, sans mentionner le fait que Marge avait dû appeler l'équipe de nettoyage.

*****


katido  (24.05.2013 à 20:03)

 

Lundi 18 juin 2012 : 14h30

- Non, Mademoiselle  ! cria la voix de Marge alors que la porte du bureau du Big Boss s'ouvrait à la volée.

Il leva les yeux du rapport de rachat d'une des plus grosses chaînes hôtelières canadienne qu'il étudiait et qui, il devait le reconnaître, avait été mené de main de maître par son fils.

A sa plus grande surprise se tenait là, devant lui, la fiancée de ce dernier.

- Je suis désolée, Monsieur, s'excusa la secrétaire de direction.

Elle connaissait assez la jeune-fille en question pour savoir qu'elle n'aurait pas pu l'empêcher de pénétrer dans la pièce même si elle l'avait souhaité réellement.

La femme remonta ses lunettes sur son nez, attendant les instructions.

Bart Bass pousserait-il la fourberie à faire appel à la sécurité après avoir demander à ce que les effets personnels de son fils soient reléguées dans un bureau au bout de l'étage  ?

- Ça ira, Marge, la congédia-t-il à sa plus grande stupéfaction.

La blonde vénitienne referma la porte derrière elle en quittant les lieux.

- Qu'est-ce que tu veux  ? s'enquit-il auprès de la brune qui n'avait qu'une envie, prendre ses jambes à son cou.

Chuck serait certainement furieux quand il découvrirait qu'elle était venue là.

Il passait l'après-midi avec Jack pour tenter de contrer Bart à la prochaine réunion du conseil d'administration. Le ressuscité pouvait faire toutes les déclarations à la presse qu'il voulait, seule une décision à la majorité serait à même de lui donner la possibilité de les évincer de BI.

- Je veux que vous cessiez de vous en prendre à Chuck pour une faute dont je suis la seule responsable.

- Sur cette dernière partie, on est d'accord. Cependant, c'est à lui que tu devrais le dire car il n'a pas l'air de s'en rendre compte.

- Il en est on ne peut plus conscient, croyez-moi. Mais il a choisi de se tenir à mes côtés malgré tout.

- Dans ce cas, je me suis trompé à son sujet, il est idiot.

- Il n'est pas idiot, il m'aime, souligna-t-elle.

- Y a-t-il une différence  ? demanda-t-il avec dédain.

- Savez-vous seulement de quoi vous parlez  ? Vous qui n'avez jamais éprouvé le moindre sentiment, pas même pour votre fils unique, l'accusa-t-elle.

Elle tentait de maîtriser sa colère.

Comment pouvait-il ne pas voir ce qu'elle voyait en Chuck ?

- Je pense que c'est toi qui parles de choses dont tu n'as pas idée, la rabroua-t-il.

- Ce que je sais, c'est que vous ne lui avez jamais accordé la moindre attention ou la moindre chance de vous prouvez sa valeur et si vous étiez intelligent vous verriez par vous même qu'il est ce qu'il y a de mieux pour Bass Industrie.

- C'est donc ça qui t'inquiète  ? Maintenant que vous êtes fiancés, tu as peur d'avoir misé sur le mauvais cheval. Si tu te dépêches, tu pourras peut-être réussir à rattraper l'héritier de la couronne monégasque dans tes jupons. Profite-en pour lui demander qu'il rende à Chuck ce qu'il lui a extorqué  à la place !

Le magna de l'immobilier n'eut que le temps de se baisser avant que le verre qui se trouvait sur la table basse, près de la carafe de scotch à moitié vide, n'explose sur le mur derrière lui.

- Jamais, il ne pourra rendre ce qu'il nous a pris, cracha-t-elle, ses yeux lançant des éclairs. Ne vous avisez plus jamais de parler de votre fils ni du mien de cette manière devant moi ....

Bart ouvrit la bouche pour parler, les yeux dilatés par l'effarement.

- J'aime Chuck, je me fiche qu'il soit votre héritier ou non. Tout ne se rapporte pas à votre argent, mais je doute que vous ne l'intégriez jamais. Maintenant je comprends pourquoi il a eu tant de mal à m'avouer ses sentiments, grandir avec vous était la pire des atrocités ...

- Encore une fois, tu parles de choses que tu ignores, la coupa Bass Senior.

- Je parles de ce que je connais au contraire. Je sais tout des blessures que vous lui avez infligées par votre indifférence. Quel père peut imaginer faire croire à son enfant qu'il est responsable de la mort de sa propre mère  ?

- Je ne savais pas qu'il pensait ça, jusqu'à ce que cet petit fouineur de Brooklyn ne me le fasse savoir au travers de sa nouvelle pathétique.

- Cette nouvelle pathétique, c'est le reflet de la vie que vous avez donnée à votre fils  ! s'écria Blair qui se laissait emporter par une colère qu'elle avait contenue bien trop longtemps.

C'est Bart qui en ferait les frais, mais elle s'en moquait éperdument, il le méritait amplement et ramener Humpty Dumpty dans la conversation n'était pas pour la calmer.

- J'ai fait ce que j'estimais être le mieux pour lui. J'ai essayé de lui inculquer le monde tel qu'il est pour lui éviter de faire les mêmes erreurs que moi, aboya-t-il.

Blair fronça les sourcils et les paroles qu'il avait prononcées la veille revinrent à sa mémoire.

- Ce n'est pas parce que vous avez été incapable de garder la femme que vous aimiez que la même chose lui arrivera. Vous n'avez fait que le pousser vers la solitude que vous avez choisie pour vous. Vous l'avez entraîné avec vous dans votre rancœur et vous l'avez emprisonné dans un monde que vous avez dessiné pour lui. Mais ce n'est pas la réalité. Je l'aime et je ne le laisserai plus jamais s'éloigner de moi. Plus personne ne se mettra jamais entre nous, pas même vous, clama-t-elle.

Le regard de Bart s'éclaircit un instant mais il se reprit très vite.

Il pouvait comprendre pourquoi Chuck était tombé amoureux de la jolie brunette en dépit de ses avertissements et de ses mises en garde contre les ravages que pouvaient occasionner les sentiments dans le cœur des hommes.

Par certains côtés, elle avait beaucoup de similitudes avec celle qui avait réussi le prodige de le prendre lui-même dans ses filets.

Il repoussa cette pensée, loin à l'arrière de sa tête. Il ne voulait surtout pas se laisser attendrir par ça. En réalité ça ne faisait que confirmer ses craintes qu'elle finirait pas abandonner Chuck.

Elle l'avait déjà fait plus d'une fois et là où il ne pouvait comprendre son fils, c'était qu'il lui avait pardonné ses trahisons les unes après les autres sans jamais en tirer de leçon.

- Le jour où tu auras un enfant, tu verras que ce n'est pas si facile, harangua-t-il.

Blair accusa le choc cette fois, mais elle refusa de battre en retraite. De toutes les personnes, Bartholomew Bass était certainement le dernier à pouvoir donner des leçons en terme de parentalité.

- Je sais pertinemment à quel point c'est difficile de prendre la bonne décision, se blâma-t-elle. Chuck m'a pardonné l'impardonnable, je ne le sais que trop bien. Mais je sais aussi autre chose, il aurait été un père bien meilleur que vous pour notre fils  ! Et si ce bébé avait dû être la seule chose qui lui restait, il ne lui aurait jamais fait porter la culpabilité de mon absence  !

Bart fronça les sourcils. C'était la deuxième fois qu'elle faisait référence à un fils ... A leur fils  ?

Les pièces s'imbriquèrent soudain les unes aux autres dans son cerveau, celle qui manquait donnant tout son sens aux actions de Chuck durant les derniers mois.

- Tu étais enceinte  ! s'exclama-t-il, abasourdi.

Blair ne savait pas si c'était une question ou une l'énonciation d'une évidence.

Elle prit soudain conscience que personne, à part quelques uns de leurs proches, ne savait. Chuck avait pris bien soin de protéger son secret. Elle se mordit la lèvre inférieure sans s'en rendre compte. C'était une chose qu'elle faisait quand l'anxiété la gagnait.

Peut-être que Chuck ne voulait pas que Bart sache. Peut-être n'avait-il pas eu le temps de le lui dire. Peut-être ne voulait-il pas le lui faire savoir.

L'homme vit la consternation se peindre sur les traits de la jeune femme.

Les heures précédant la naissance de Chuck prirent forment devant ses yeux. Il avait été si heureux d'avoir un fils. D'avoir pu convaincre Évelyne de le garder. Mais il ne s'était pas imaginé qu'elle quitterait l'hôpital moins de trois jours plus tard en lui en abandonnant la charge totale. Il avait stupidement cru que ce bébé pourrait tout changer et il lui en avait voulu que ce ne soit pas le cas.

- Chuck est la meilleure chose qui soit jamais arrivée dans ma vie, affirma Blair. Et il aurait dû en être de même pour vous. Il l'est en tout cas en ce qui concerne Bass Industrie. Je ne connais personne d'autre que lui qui aurait pu s'en sortir aussi bien à cet âge et sans expérience. Il a ça dans le sang, vous devriez au moins être fier de ça et le reconnaître. Ne le punissez pas pour mes erreurs, elles lui ont déjà coûté assez, conclut Blair avant de tourner les talons.

*****


katido  (24.05.2013 à 20:04)

 

Lundi 18 juin 2012 : 18h30

Jack et Chuck franchirent les portes du Palace.

Ils avaient passé tout leur après-midi à élaborer une stratégie de défense à l'encontre de Bart.

Aucun d'eux ne le sous-estimait assez pour croire qu'il renoncerait à son idée d'être le seul Bass à la table du conseil d'administration.

Quand ils pénétrèrent dans le bureau, ils s'installèrent chacun sur un siège face à leur aîné.

- Qui aurait jamais cru que vous feriez front commun  ? ironisa ce dernier.

- Ce n'est pas la première fois, déclara Chuck. Je pensais que tu étais resté informé.

- Russel Thorpe, se rappela Bart. Effectivement, c'était plutôt bien vu de votre part.

Chuck releva un sourcil d'étonnement avant de jeter un œil à son oncle.

- Si on parlait plutôt du futur, réclama celui-ci avec un petit sourire narquois.

Celui-là même dont Chuck avait hérité de leur père songea Bart. Lui tenait plus de sa mère.

Il ignorait totalement par quoi s'était soldée la fuite de cette dernière mais son ivrogne de père n'avait pas eu de mal à charmer une autre pauvre femme qui avait fait les frais de ses colères et lui avait donné un autre fils.

Jack n'avait cependant pas eu sa passivité. A douze ans, il avait répondu coup pour coup, ce qui avait eu pour conséquence d'attirer les flics, alertés par un des voisins et de les faire atterrir tous aux urgences avant que leur paternel ne soit interné en cure de désintox.

Quand le vieux était rentré au logis plusieurs semaines après, plus personne n'était là pour l'accueillir. Chacun avait pris des chemins différents, jusqu'à ce qu'ils se revoient à son enterrement quelques années plus tard.

- Tu sais que le conseil doit voter à l'unanimité pour nous destituer, entama Chuck.

Avec ce que Georgina avait déterré sur les uns et les autres et les talents de maître chanteur de son oncle, ils étaient déjà certain que l'unanimité ne se ferait jamais. Il n'en revenait pas de devoir son salut au sein de BI à ces deux là.

- Je n'ai pas l'intention de vous évincer du conseil, juste de reprendre les commandes, répondit Bart.

Jack et Chuck échangèrent un regard d'incompréhension.

- C'est ma société et je reprend la main, expliqua Bass Senior. Mais je serais fou de vous laisser libre pour la concurrence. Ce serait manifestement une erreur tactique. Je préfère vous avoir tous les deux avec moi plutôt que contre moi. Donc, si ça vous convient, ou pas, ce sera comme ça. Jack tu continueras de superviser Bass Océanie. Quant à toi, Chuck, tu te chargeras de gérer les dossiers avec le Canada et l'Amérique du Sud. Étant donné la situation plus que désastreuse là-bas, je me chargerai moi-même de l'Europe.

Il se leva et gagna le meuble mural pour ouvrir le bar et servir trois verres de scotch. Il réprima un sourire en se disant qu'il devrait également enfermer la carafe et les verres en lieu sûr dans son bureau au siège de BI.

*****

 


katido  (24.05.2013 à 20:05)

 

Para 10

Dimanche 1 juillet 2012 : 20h20

- Si ce n'est pas toi qui a sauvé la vie de Chuck, ni moi, alors qui  ? demanda Bart, craignant la réponse.

Il ne voulait même pas penser à cette possibilité.

- Moi, dit Diana en passant la porte.

Les yeux de l'aîné des Bass s'élargirent de surprise.

- Qu'est-ce que tu fais là  ? aboya-t-il.

- C'est un pays libre, je peux aller et venir comme bon me semble, répondit la brune avec un air de défi dans le regard.

Elle savait pertinemment qu'elle finirait par se retrouver face à lui d'une manière ou d'une autre maintenant qu'elle avait accepter de revenir à New York et de reprendre le Spectator pour le compte de William Vanderbilt.

Jack remua sensiblement, balançant son poids d'un pied sur l'autre et carra la mâchoire. Ce n'était qu'une question de temps avant que le pot aux roses ne soit découvert.

- Comment as-tu ... ragea Bart.

- J'ai fait ce que j'avais à faire  ! indiqua-t-elle, soutenant ses prunelles bleu acier sans ciller malgré le nœud qui s'était formé dans ses intestins.

Elle ne reculerait pas devant lui cette fois  !

*****


katido  (25.05.2013 à 13:26)

 

Dimanche 1 juillet 2012 : 21h12

L'écran du smartphone de Chuck devint noir et il ferma les paupières.

Ce ne pouvait être qu'un cauchemar, ce n'était pas possible autrement.

Blair devait s'envoler pour la semaine de la mode à Paris avec Eléanor dans la soirée. Il appréhendait déjà les nombreuses nuits qu'il devrait passer sans elle entre ses bras. Malgré tout, Nate et Serena l'avaient convaincu de les accompagner à la soirée du Spectator.

Et voilà que GG diffusait une vidéo le concernant qui le ramenait à ses pires moments de doutes et d'angoisses.

Si Diana était celle qui avait donné son sang pour le sauver alors ...

Non, ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas ...

Elle était là depuis des mois, pratiquement une année.

Elle avait couché avec Nate.

Elle s'était baladée dans son penthouse en sous-vêtements sans vergogne.

Elle ne pouvait pas être ...

C'était une chose impossible.

Quand il rouvrit les yeux, ce fut pour constater que tout le monde les avait braquer sur lui.

- Chuck  ! appela Diana en s'avançant vers lui, le teint pâle.

- Ne t'approche pas, la prévint-il.

- Chuck, laisse-moi ...

- Non, tais-toi, je ne veux entendre aucun des mensonges qui sortent de ta bouche, ni de la tienne, ajouta-t-il en s'adressant à Bart.

Il quitta la pièce sans se retourner, il ne supportait plus toutes leurs tromperies et affabulations.

- Chuck  ! cria Serena en courant derrière lui.

Mais lorsqu'elle arriva sur le trottoir, la limo prenait déjà la route.

Elle jura entre ses dents.

Tout ça, c'était sa faute  ! Elle avait lancé un défi à gossip girl et c'est son frère qui en faisait les frais.

- T'inquiète, je vais le retrouver, dit Nate en dévalant à son tour les escaliers extérieurs du journal.

- Nate  ! appela Diana depuis le haut des marches.

Serena la fusilla du regard.

Pourquoi s'était-elle laissé embringuer là-dedans  ?

C'était Diana qui avait eu cette idée de concours entre son blog et celui de GG. La nouvelle responsable des éditions avait voulu marquer des points face à leur concurrente. Elle voulait également démasquer la blogueuse préférée (et en même temps détestée) des adolescents. Elle disait qu'il fallait fidéliser le jeune public.

- Comment tu as pu faire ça  ? éructa le jeune Archibald.

Depuis le retour de l'Anglaise quelques semaines au préalable, leur relation était plus qu'hostile. Nate faisait du mieux qu'il pouvait pour la tolérer dans son entourage. Il n'avait pas d'autre choix que de s'en accommoder puisque son grand-père l'avait désignée comme éditrice en chef lorsqu'il avait injecté de l'argent pour sauver le Spectator.

Bien entendu, cela compliquait sérieusement sa relation avec Serena. La tension était palpable lorsqu'ils se retrouvaient tous les trois dans la même pièce, ce qui ne manquait pas d'arriver puisque ils travaillaient tous au même endroit.

Maintenant, elle compromettait également sérieusement sa relation avec Chuck.

Que pouvait-il dire à son meilleur ami après s'être extasié sur les prouesses sexuelles de son ancienne maîtresse qui se révélait aujourd'hui être apparemment sa mère  ?

- Ce n'est pas ce que tu crois, voulu expliquer Diana.

Mais Bart les rejoints à son tour.

- Pourquoi  ? demanda simplement Bass Senior.

- Tu aurais préféré qu'il meure  ? questionna-t-elle en réponse.

- Non, mais je ...

- Je te l'ai dit, tu ne m'impressionne plus. Je n'ai plus dix-huit ans  !

Des flashs crépitèrent tout à coup depuis le trottoir d'en face.

- Rentrons  ! commanda Bart.

- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, commenta Diana avant de grimper dans un taxi qui venait de déposer un couple.

Elle s'installa sur le siège et donna sa destination au chauffeur sans un regard vers eux.

*****


katido  (25.05.2013 à 13:28)

 

Lundi 2 juillet 2012 : 01h36

Chuck reposa son verre sur le bar du Victrola.

Quand les choses allaient mal entre Blair et lui, il trouvait toujours une sorte de réconfort en ce lieu.

Maintenant qu'elle n'était pas là pour le prendre dans ses bras, il avait plus que jamais besoin de se retrouver ici.

Tout n'était que brume dans son esprit.

Pas seulement à cause de l'alcool qu'il avait consommé. Il était bien en dessous de son seuil de tolérance, il avait à peine bu plus de quatre ou cinq scotch sur la soirée, se torturant la mémoire pour se remémorer le moindre indice qui aurait pu lui donner une indication quelconque sur ses parents.

Cependant, il ne trouvait que le néant.

Bart ne lui avait jamais parlé de sa mère, encore moins de lui-même ou de ses grands-parents, que le petit Chuck n'avait jamais connus. Le seul membre de sa famille qu'il connaissait, à part son père, était son oncle Jack.

Il avait beau se triturer les méninges, rien ne remontait à la surface. Il avait retrouvé quelques vieilles photos dans une boîte à souvenirs qu'il conservait en cachette depuis son enfance. Mais elles se résumaient à quelques moments isolés.

Un été à Majorque avec Jack lorsqu'il avait treize ans. Une soirée de Noël à Bass Industrie à sept, la seule qu'il avait de Bart et lui. Il avait passé tout son temps à attendre le Père Noël qui n'était jamais venu.

En rentrant ce soir là, son père lui avait expliqué que tout ça n'était qu'un attrape-nigaud et le gamin avait compris que les adultes étaient tous des menteurs qui prenaient leurs enfants pour des abrutis.

Son smartphone vibra dans la poche intérieure de sa veste mais il ne prit pas la peine de regarder quel était l'appelant.

Blair était au-dessus de l'océan à cette heure-ci et il n'avait aucune envie de parler à son père ou encore à Nate.

Qu'est-ce qu'il aurait bien pu dire à son meilleur ami  ?

Il se rappelait parfaitement la description détaillée que celui-ci lui avait fait de ses ébats avec ... sa ... mère  ?

C'était trop, même pour Chuck Bass  !

Il n'avait aucune idée du quel des deux était censé être le plus gêné de ce revirement de situation.

Il pria intérieurement pour qu'elle ne soit pas réellement sa mère biologique.

Il pouvait vivre avec le fait qu’Élisabeth n'ait jamais voulu de lui mais pas avec celui que ... sa mère ... ait vécu pendant des mois à proximité, s'invitant dans la chambre de son meilleur ami, le côtoyant dans son propre penthouse, sans même prendre la peine d'avoir le moindre égard ou la moindre pensée pour lui. Préférant faire intimement connaissance avec Nate plutôt qu'avec son fils.

Non, cette femme ne pouvait pas être sa mère biologique.

Il le refusait. Tout son être se révoltait à cette simple idée.

Pourtant elle disait avoir donné son sang pour lui sauver la vie et son père n'avait pas émis la moindre objection à cette hypothèse. Il avait pu voir la fureur et la contrariété dans ses yeux mais pas la moindre protestation ni allusion quand au fait que ce soit génétiquement impossible.

Les derniers mots d’Élisabeth tournaient dans sa tête encore et encore.

« Je ne suis pas ta mère. C'était juste un stratagème que Jack avait mis en place pour pouvoir te prendre ton hôtel. »

Il n'avait pas pris la peine de refaire les tests. Ça n'avait plus eu la moindre importance à l'époque. Que son oncle ait trafiqué les résultats ou non, elle ne voulait pas de lui. Elle lui avait clairement signifié qu'elle avait choisi Jack et non lui.

Il refoula le sentiment de colère qui s'était emparé de lui quand ce dernier avait sous entendu que Blair avait eu exactement la même réaction deux ans plus tôt.

Elle avait couché avec son oncle pervers elle aussi.

Mais il n'avait pas pu croire qu'elle le trahirait à son tour et quand Jack lui avait proposé de la mettre à l'épreuve, il avait mordu à l'hameçon. Au final, c'était lui qui avait abusé de la confiance et de l'amour de Blair. Il était si obsédé par la traîtrise de celle qu'il avait cru être sa mère biologique, qu'il avait tant voulu être sa mère biologique, pour se soulager du poids de sa mort à sa naissance, qu'il n'avait même pas vu venir la fourberie de son oncle.

L'arrivé de son privé le fit sortir de ses idées noires.

Andrew Tyler prit place à côté de lui sur un tabouret et commanda une vodka au barman.

- Vous avez trouvez quelque chose  ? s'enquit le jeune homme sans autre préambule.

- En si peu de temps, ce n'est pas évident. Élisabeth Fischer ne veut manifestement pas être mêlée à toute cette histoire, mais j'ai tout de même pu réunir quelques informations sur elle et sur Diana Payne. Elles ont toutes deux vécues à Londres et semblent avoir des relations en commun. Je dois encore approfondir mes recherches mais je sais qu’Élisabeth vit en Suisse depuis trois ans maintenant et qu'elle a passé le denier Noël en famille, si j'en crois ses voisins.

Chuck carra la mâchoire.

- Ce que je veux savoir, c'est ce qu'elle faisait le sept et le huit octobre, râla-t-il.

- Je sais et je me suis renseigné sur ça aussi. D'après mes contacts, elle a quitté Zurich le dix-neuf septembre et n'est rentrée chez elle que le dix-sept janvier. Elle a pris un vol pour Heathrow. Je cherche encore sa destination une fois sortie de l'aéroport londonien.

- Et Diana Payne  ?

- Comme vous le savez déjà, elle a quitté la ville peu avant cette date mais elle a embarqué pour un vol de nuit à Glasgow le sept et elle était effectivement à New York pour le huit octobre. Elle a à nouveau quitté le territoire le dix pour se rendre à Cardiff.

Le téléphone du privé retentit et il décrocha dans la seconde.

Chuck attendit patiemment qu'il ait terminé sa conversation.

- Apparemment, Élisabeth Fischer à également quitté le Royaume-Uni début octobre, sous le nom d’Évelyne Harris, direction Los Angeles. Elle serait arrivée à LAX le quatre et aurait à nouveau fait tamponner son passeport le six pour JFK.

- Donc, elles étaient toutes les deux à Manhattan à la date de l'accident.

Tyler acquiesça et Chuck soupira, ça le ramenait au point de départ. Elles avaient toutes les deux la possibilité physique d'être le donneur qui lui avait sauvé la vie.

- Je vais continuer mon enquête, conclut le privé avant de vider son verre.

Son téléphone résonna encore une fois et il déchiffra le texto qui venait d'arriver.

- Élisabeth, ou Évelyne, se reprit le professionnel, a refusé de me parler tout à l'heure mais elle vient d'envoyer ceci. Elle dit qu'elle est bien votre mère biologique et qu'elle en a assez de toute cette comédie.

- Elle n'est pas la seule, grommela Chuck entre ses dents.

Le privé lui montra une photo sur l'écran de son portable.

Le jeune homme s'en saisit pour l'étudier avec attention. C'était bien Élisabeth ... Évelyne, il ne savait plus comment il devait l'appeler, mais elle était bien enceinte sur le cliché.

- Comment savoir si la date correspond avec celle de ma naissance  ? 

- On ne peut pas en être certain pour l'instant. Je vais approfondir les choses. Peut-être qu'en insistant un peu ... Ou si c'était vous qui l'appeliez, proposa le privé. Elle serait peut-être plus encline à répondre à vos questions.

Une chose attira tout à coup son attention et le jeune Bass fronça les sourcils avec suspicion.

Le bras d'un homme était posé sur les épaules de la future maman et ce n'était pas celui de Bart.

Il reconnaissait parfaitement le tatouage sur cet avant bras.

- C'est Jack  ! commenta-t-il médusé.

Son esprit cartésien assembla immédiatement deux et deux et il fut subitement encore plus chamboulé par cette autre découverte.

Est-ce qu'il était possible que  ... ?

Non, ce serait encore pire que Nate et Diana.

Que son oncle ait couché avec Blair était déjà assez écœurant en soi, ça lui retournait l'estomac et le rendait fou rien que d'y songer mais si cette hypothèse ... s'il s'avérait maintenant qu'il soit son ... géniteur ...

Il attrapa son verre et le vida d'un seul trait avant d'en commander un autre, bien tassé.

*****


katido  (25.05.2013 à 13:31)

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