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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 16.05.2016 à 17h21
Auteur : prapic
Statut : Terminée
« L'histoire a lieu quelques jours avant Noël, après la fin de la série. Tout le monde attend la visite de la famille de Michëla pour les fêtes. » prapic
Cette fanfic compte déjà 12 paragraphes
La joie des fêtes de fin d’année commençait à gagner tous les habitants de Colorado Springs. Toute la ville était en effervescence ; les hommes venaient de ramener un gigantesque sapin de Noël et une dizaine d’entre eux s’afféraient à l’installer devant la boutique de Monsieur Bray. Partout en ville on installait des décorations ; Grace accrochait du gui aux arbres au-dessus des tables du restaurant alors que les enfants aidaient le révérend à décorer l’église avant l’office de Noël. Au magasin de Monsieur Bray s’était l’invasion, tout le monde effectuait ses achats de dinde ou de cadeaux pour les enfants.
« -Bonjour Monsieur Bray ! dit Brian en entrant dans le magasin,
-Oh bonjour Brian ! Je suis désolé mais je n’ai pas trop le temps de discuter aujourd’hui, je suis débordé !
-Ne vous inquiétez pas, je suis venu commander mon cadeau pour Maman. J’avais repérer un châle dans votre catalogue. Est-ce que je peux le voir ?
-Oui je vais te le chercher, lui répondit Lauren. Il attrapa le livret sous la caisse et le posa sur le comptoir.
-C’est celui-ci, dit Brian en posant son doigt sur un des articles. Est-ce que vous croyez qu’il sera là à temps ?
-Oui, je vais le commander tout de suite, il devrait arriver par le train d’ici un jour ou deux, lui répondit le vieil homme en souriant.
-Monsieur Bray, est-ce qu’il vous reste encore une dinde s’il vous plait ? Il m’en faudrait une pour mon repas de Noël, demanda une femme,
-Oui, oui, j’arrive tout de suite, lui répondit Lauren, excuse-moi Brian.
-Merci monsieur Bray ! lui répondit le jeune garçon avant de partir en courant vers la clinique. »
Il s’arrêta quelques instants pour admirer le magnifique sapin qui trônait à présent au centre de la ville. Ses épines étaient d’un vert magnifique et il faisait au moins trois mètres de hauteur.
Brian frappa à la porte de la clinique et entra trouvant sa mère assise à son bureau et Sully sur la table avec Katie sur ses genoux.
« -Maman ! Tu as vu le sapin ? Il est encore plus grand que les autres années ! dit-il en retirant son chapeau et son écharpe.
-Oui Brian il est superbe !
-Que dirait tu de m’accompagner à la chasse Brian, je voudrais trouver une belle dinde pour ta grand-mère et ta sœur, demanda Sully,
-Oui bien sûr ! répondit Brian joyeux.
-Allons-y alors, dit Sully en déposant Katie dans les bras de sa mère. Il sortit de la clinique en tapant sur l’épaule de son fils suivit de Michaëla.
-Soyez prudents ! dit-elle en secouant la main de Katie pour leur dire au revoir. »
Le soir même Michaëla et Katie attendaient impatiemment le retour de Sully et Brian quand la porte s’ouvrit dans un courant d’air froid :
« -Bonsoir Maman ! Regarde notre dinde, elle est énorme ! dit Brain en brandissant la bête par les pâtes.
-Oh oui elle est magnifique ! lui répondit-elle joyeusement,
-Il commence à faire sacrement froid dehors, dit Sully en quittant sa veste, qui sait ? Nous aurons peut-être de la neige cette année.
-Oui ce serait merveilleux, dit Michaela, n’est-ce pas Katie ?
La petite fille se retourna affichant un magnifique sourire faisant rire toute la famille.
« -Quand est-ce que Coleen, Andrew, Rebecca et grand-mère doivent arriver ? demanda Brian,
-Eh bien si tout se passe normalement il devrait arriver par le train de demain matin, dit Michaela en souriant. »
Tout le reste de la soirée se passa dans la bonne humeur générale, Michaëla lu un conte de Noël à toute la famille au coin du feu avant que tout le monde ne monte se coucher. Le lendemain matin lorsque Brian se réveilla, il régnait une atmosphère étrange ; comme si tous les bruits étaient moins importants. Il avait l’impression que la maison était entourée de coton, tout semblait très calme. Brian se leva enfilant ses chaussons, il se dirigea vers la fenêtre et écarta doucement le rideau : un fin manteau blanc recouvrait toute la campagne. Brian sourit et partit en courant vers la chambre de ses parents où il entra en criant :
« -Il a neigé ! »
Sa mère ouvrit doucement les yeux ne comprenant pas tout de suite ce qu’il se passait, Sully se releva se frottant le visage à deux mains.
« -Il a neigé ! répéta Brian
-C’est merveilleux … dit Michaëla d’une voie encore endormie
-Oui c’est merveilleux, renchérit Sully,
-Oh excusez-moi, dit Brian, je vous ai réveillés.
-Non ce n’est rien, nous allions nous lever de toute façon, lui répondit sa mère, en enfilant une robe de chambre, tu peux descendre et commencer à préparer le petit déjeuner s’il te plait ?
-Oui j’y vais ! dit Brian en sortant la chambre.
Michaëla se dirigea vers la fenêtre et écarta le rideau. Elle semblait préoccupée. Sully la rejoignit et déposa ses mains sur ses épaules l’embrassant sur la tempe.
« -Cela ne te fais pas plaisir ? lui demanda-t-il,
-Si bien sûr ! C’est magnifique… seulement je suis inquiète pour ma mère et Coleen. J’espère que le train pourra venir jusqu’ici.
-Nous irons en ville tout à l’heure, Horace a sûrement des renseignements. Si nous allions déjeuner à présent ? Je meurs de faim, pas toi ?
-Oui tu as raison, dit-elle avant de sortir de la chambre. »
Une heure plus tard, toute la petite famille chaudement enveloppée dans de gros manteaux arrivait en ville. De partout la joie se lisait sur les visages, les plus jeunes faisaient des batailles de boules de neiges et les adultes retrouvant leur âme d’enfant se joignaient parfois à leur jeu. Le sapin trônait toujours au centre de la rue, recouvert d’un fin manteau blanc qui donnait l’impression de se trouver dans le nord du pays. Même Monsieur Bray, qui a son habitude n’appréciait guère la neige, semblait gagné par l’euphorie de la petite ville.
Le chariot continua sa route jusqu’à la gare où le Dr Mike trouva Horace en train de fabriquer un énorme bonhomme de neige avec quelques enfants.
« -Bonjour Horace ! lança Michaëla,
-Oh bonjour Dr Quinn ! dit Horace quelque peu gêné, tenant à la main la carotte qui devait faire office de nez au bonhomme de neige,
-Puis-je vous parlez un instant ?
-Oh oui bien sûr, tenez les enfants, je reviens dans quelques minutes, dit-il en se retournant vers ses petits camarades, que puis-je faire pour vous ? demanda-t-il à Michaëla en entrant dans le bureau de poste.
-Eh bien, je voudrai savoir si vous avez des nouvelles du train de Coleen.
-Il devrait arriver vers onze heures mais je n’ai pas eu d’indication sur sa position depuis hier après-midi. Je vais essayer d’envoyer un télégramme à Denver, ils ont dû y passer dans la nuit. Laissez-moi quelques minutes …
Il commença à tapoter frénétiquement sur le télégraphe puis fronça les sourcils. En voyant ceci Michaëla s’inquiéta et lui demanda :
-Que se passe-t-il ?
-Eh bien le poids de la neige a dû endommager le fil, mais ne vous inquiétez pas, je vais réparer ça et j’enverrai le télégramme ensuite. Je viendrez-vous prévenir dès que j’aurai une réponse.
-D’accord, merci Horace ! dit-elle en rejoignant le chariot. Elle grimpa à bord aidée par Sully, puis pris Katie sur ses genoux.
-Alors ? Ils seront bientôt là ? demanda Brian en se penchant entre ses parents,
-Le télégraphe ne marche pas pour le moment, Horace nous préviendra dès qu’il aura des nouvelles, dit Michaëla affichant une mine inquiète.
-Ne t’inquiète pas, lui dit Sully, si le train s’est arrêté, il repartira dès qu’il aura cessé de neiger et ta famille sera là pour fêter Noël avec nous.
-Oui sûrement, répondit-elle, allons-y.
Sully fit démarrer les chevaux et se redirigea vers la ville. Tout le monde s’arrêta à la clinique pour se réchauffer. Brian s’assit dans le vieux rockingchair devant la fenêtre et commença à lire un conte de Noël avec Katie. Michaëla s’installa à son bureau et travailla une heure durant sous le regard attentif de son mari.
Une fois le conte fini Brian referma le livre et pris Katie dans ses bras pour observer ce qu’il se passait dehors. La neige recouvrait tout et on ne voyait pas à cent mètre tant le brouillard était épais. Des bourrasques de vent faisaient voler les flocons dans tous les sens.
«-Il neige toujours, dit-il calmement,
Sully le rejoignit et écarta le rideau avant de rajouter :
-Oui, je n’ai jamais vu autant de neige depuis que j’habite ici. On dirait bien qu’une tempête a décidée de s’abattre sur Colorado Springs. »
A cause des chutes de neige incessantes tout le monde était rentré se mettre au chaud, la ville semblait déserte à présent. Pourtant une silhouette se dessinait au loin, penchée en avant retenant son chapeau.
« -Il y a quelqu’un qui arrive ! dit Brian,
-C’est sûrement Horace, répondit Michaëla en se levant. »
On frappa à la porte et le Dr Mike ouvrit ; quelques flocons s’engouffrèrent à l’intérieur dans une vague de froid. Horace enleva son chapeau et nettoya sa veste pleine de neige avant de relever la tête.
« -J’ai réussi à contacter Denver, le train y est passé très tôt ce matin, vers cinq environ et depuis nous sommes sans nouvelles de lui.
En voyant la mine inquiète de Michaëla il rajouta :
-La neige les a sans doute arrêtés, le train repartira dès qu’il aura cessé de neiger.
Le Dr Mike soupira :
-Oui, vous avez sans doute raison Horace. »
Au même moment, dans le train entre Denver et Colorado Springs, Coleen observait par la vitre les flocons ne cessant pas de tomber, partagée entre la réjouissance d’un tel spectacle et l’inquiétude causée par l’arrêt du train. A ses côtés se trouvait Andrew, plongé dans une revue de médecine. En face, Rebecca et Elisabeth Quinn, la mère et la sœur de Michaëla, observaient aussi le spectacle avec un air beaucoup plus désolé.
« -Cette neige ne cessera donc jamais de tomber, dit Elisabeth en soupirant,
-Ne vous inquiétez pas Madame Quinn, elle finira bien pas cesser, répondit Andrew, voulez-vous que j’aille vous chercher une boisson chaude ?
-Oui Andrew, volontiers, je vous remercie.
-Je viens avec toi ! dit Coleen en se levant. »
Ils sortirent de leur compartiment, se dirigeant vers le wagon restaurant. Tout semblait calme dans le train, la plupart des passagers s’étaient endormis, lassé par une attente interminable. Grâce à sa grand-mère, Coleen et Andrew avait pu voyager en première classe, ainsi Coleen se sentit quelque peu gênée en traversant les classes inférieures, peu habituée à faire partie des privilégiés. Dans l’un des wagons une femme assise avec sa petite fille sur les genoux attira le regard de Coleen. Elle tira légèrement sur la veste d’Andrew qui se retourna l’interrogeant du regard. Elle désigna la femme et sa fille de la tête.
Elle s’approcha d’elle doucement. La femme était endormie mais sa petite fille était restée éveillée, la tête appuyée contre l’épaule de sa mère. Ses cheveux blonds se collaient à son front, elle était trempée de sueur.
« -Bonjour, lui dit Coleen en s’abaissant à sa hauteur, comment t’appelles-tu ?
La petite releva doucement la tête, et plongea son regard bleu dans celui de Coleen.
-Anna, dit-elle d’une petite voie.
-D’accord Anna, est-ce que cela te dérangerai si je t’examinai, tu as l’air malade.
-Il faut d’abord demander à Maman, lui répondit-elle.
A ce moment-là sa mère se réveilla. Elle releva la tête et posa un regard étonné sur Coleen.
« -Ne vous inquiétez pas je suis médecin, lui dit-elle, je voudrai examiner votre fille, elle a l’air malade.
-Je suis désolée mais je n’ai pas de quoi vous payer.
-Oh ne vous inquiétez pas pour ça.
La femme sourit faiblement avant de lui répondre :
-Elle est comme ça depuis deux jours, je crois qu’elle a de la fièvre.
-Je vais l’examiner, dit Coleen en ouvrant sa trousse de médecin. Elle avait pris l’habitude de l’avoir toujours avec elle au cas où elle en aurait besoin. Elle posa sa main sur le front de la petite fille avant de se tourner vers Andrew.
-Elle est brûlante de fièvre, lui dit-elle avant d’examiner la gorge de la jeune fille, je vais vous donner un peu de quinine, ça devrait faire tomber sa température.
-Qu’est-ce qu’elle a docteur ?
-Eh bien je ne sais pas encore exactement. Cela peut être tout à fait bénin.
-Oui, les jeunes enfants peuvent avoir des pics de fièvre sans raisons apparentes, rajouta Andrew.
-Écoutez, je passerai vous voir dans la journée, si il y a quoi que ce soit n’hésitez pas, venez nous voir. Nous sommes dans le cinquième wagon.
-Merci Docteur. »
Andrew passa la main dans le dos de sa femme la poussant vers le couloir. Ils allèrent jusqu’au wagon restaurant sans un mot puis retournèrent dans leur compartiment où ils retrouvèrent Rebecca et Elisabeth Quinn dans le même état d’esprit que quand ils les avaient quittées.
« -Tenez Madame Quinn, dit Andrew en lui tendant une tasse de café.
-Merci Andrew, alors Coleen avez-vous vu quelque chose d’autre que de la neige ? dit-elle en esquissant un sourire.
-Eh bien j’ai aidé une femme et sa fille qui semblait malade.
-De quoi souffrait-elle ? demanda Rebecca,
-Elle avait de la fièvre mais rien d’alarmant, je lui ai donné un peu de quinine, cela devrait faire tomber sa température.
-Tu ressembles de plus en plus à ta mère, tu ne peux pas t’empêcher d’aider les autres, lui dit Elisabeth en souriant,
-Oui, rajouta Andrew, et je suis très fier de votre petite fille, dit-il en prenant la main de Coleen qui lui sourit. »
Le soir même à Colorado Springs, la neige n’avait toujours pas cessée de tomber. Michaëla, Sully et les enfants étaient restés à la clinique toute la journée étant donné qu’il était impossible de se déplacer en chariot avec toute cette neige. Brian s’était posté à la fenêtre avec Katie qui s’extasiait devant le spectacle.
« -Nous allons rester ici cette nuit Maman ? demanda-t-il toujours tourné vers la fenêtre.
-Oui Brian nous n’avons guère le choix de toute façon, avec toute cette neige on ne peut pas rentrer à la maison.
-Cela fait longtemps que nous n’avons pas dormi à la clinique, dit Sully, ce sera l’occasion de nous retrouver en famille, dit-il en posant ses mains sur les épaules de Michaëla.
-On peut jouer aux devinettes ? demanda Katie,
-Oui si tu veux, lui dit Brian
-Je commence ! dit-elle. »
Le reste de la soirée se passa dans la bonne humeur bien que Michaëla ne fut pas très enjouée. Toute la petite famille alla se coucher alors que la neige tombait toujours.
Michaëla lu un conte à Katie avant de rejoindre Sully dans leur chambre. Il s’était assoupit, Michaëla resta quelques instants à l’observer. Elle se demanda ce qu’elle serait sans sa famille. En arrivant à Colorado Springs il y a quelques années elle n’avait pas imaginé une seconde à quel point sa vie allait changer. A présent elle était la mère de quatre enfants magnifiques et une épouse comblée. Elle repensa alors à toute les épreuves qu’ils avaient traversé tous ensemble ; lorsque Sully se cachait dans les bois, les terribles épidémies qui avaient emporté sa sœur Marjorie ou encore l’enlèvement de Katie. Dans tous ces moments Sully était resté auprès d’elle, pour la rassurer et la soutenir, et c’est encore ce qu’il faisait aujourd’hui ; bien que Michaela s’inquiétait pour Coleen et le reste de la famille, Sully se montrait toujours aussi protecteur et elle lui en était très reconnaissante. Elle finit par se blottir contre lui s’endormant en songeant à la situation sans doute peu agréable dans laquelle se trouvait sa mère, sa sœur et sa fille.
Cependant dans le compartiment de la famille Quinn et Cook régnait une atmosphère plutôt agréable. Elisabeth et Marjorie Quinn s’étaient résiliées à passer une nuit de plus dans le train et ne pouvant trouver le sommeil, avait entamé une partie de carte avec Andrew et Coleen. Tout le monde semblait heureux et les discussions allaient bon train.
« -Dite moi Andrew, comment marche votre cabinet ? demanda Elisabeth,
-Eh bien, pour le moment nous ne sommes pas très connus mais nous gagnons des patients de jours en jours, répondit-il,
-Ne vous inquiétez pas je suis prête à parier que d’ici quelques mois vous ferez partie des cabinets les plus réputés de Boston,
-Grand-mère n’exagérez pas ! répondit Coleen le sourire aux lèvres. »
Soudains quelqu’un frappa à la porte du compartiment, Andrew se leva pour aller ouvrir pensant que le personnel du train venait leur apporter quelque chose à manger. Cependant lorsqu’il ouvrit la porte il découvrit la femme qu’ils avaient rencontrée le matin même, totalement affolée, tenant sa fille dans les bras.
« -Sa fièvre a augmenté depuis ce matin, elle s’est évanouie, il faut que vous m’aidiez je vous en supplie, lui dit-elle totalement dévastée,
-Entrez, allongez-la sur le siège, lui répondit-il avant de lancer un regard inquiet vers Coleen. Cette dernière saisit sa trousse de médecine pour examiner la petite fille. Andrew se joignant à elle releva les yeux quelques secondes plus tard.
« -Coleen, c’est l’influenza, lui dit-il gravement,
-La grippe ? lui demanda-t-elle. Andrew baissa la tête en signe d’acquiescement puis il se releva se tournant vers sa mère.
-Votre fille a attrapé la grippe, lui dit-il, c’est très contagieux, il faudrait l’isoler afin d’éviter une épidémie. Nous devrions la laisser dans notre compartiment, nous sommes au bout du train, ainsi nous éviterons une contamination.
-Mon dieu ! Souffla Elisabeth,
-Est-ce qu’elle va survivre ? demanda la femme, les larmes aux yeux,
-Je n’en sais rien madame, dit Andrew, nous allons lui donner encore une peu de quinine, dit-il en se retournant vers Coleen qui préparait déjà un verre d’eau. »
La petite Anna avait été rapidement installée dans le compartiment alors qu’Elisabeth et Rebecca avaient pris place dans un autre wagon. La mère de la petite fille avait voulu rester à son chevet malgré les recommandations d’Andrew et Coleen qui la trouvaient très fatiguée. Ne sachant plus quoi faire pour faire avancer les choses Coleen était allée prendre des nouvelles de la malade. Elle se présenta devant la porte et frappa avant d’entrer discrètement dans la petite pièce. La mère d’Anna s’était assise sur le siège en face de celui où était couchée sa fille, son regard était fixé sur son visage éteint, aussi blanc que la neige.
« -Comment va-t-elle ? demanda Coleen,
-Elle dort toujours, je ne crois pas que sa fièvre ai baissée mais vérifiez par vous-même, lui répondit doucement la femme. »
Coleen s’avança vers la petite fille et posa sa main sur son front, écartant ses petits cheveux blonds. Effectivement la fièvre n’avait pas baissé, elle était toujours brûlante. Coleen s’assit au côté de la mère d’Anna et entama une conversation en se disant que cela la réconforterait peut être.
« -Je ne sais même pas comment vous vous appelez, dit-elle,
-Sarah Cawl, lui répondit-elle, et vous ?
-Coleen Cook, que faites-vous dans ce train Sarah ?
-Nous allions rendre visite à ma mère pour Noël elle habite dans un village à une dizaine de milles de Colorado Springs. Je devais retrouver mon frère là-bas pour qu’il nous conduise chez nous mais je ne crois pas nous passerons Noël en famille cette année.
-Ne dites pas cela, il ne va pas neiger indéfiniment, le train finira par repartir et nous pourrons soigner comme il se doit votre fille.
-J’aurais dû la conduire chez un médecin lorsque nous nous sommes arrêtés à la gare de Denver mais j’avais peur de manquer le départ du train. Nous n’en serions pas là aujourd’hui.
-Ne vous inquiétez pas, vous ne pouviez pas savoir qu’elle était atteinte de la grippe, mais votre mari ou est-il ? demanda Coleen. »
A ces mots Sarah baissa la tête. Coleen avait mis le doigt sur un sujet sensible et se sentit aussitôt mal alaise. Sarah semblait déjà très affectée par l’état de santé de sa fille, elle n’avait sans doute pas besoin de remuer des souvenirs douloureux.
« -Le père d’Anna est mort l’an dernier lors d’un conflit avec des indiens. Il était officié dans l’armée.
-Je suis désolée, lui répondit Coleen, elle resta quelques secondes sans rien dire, gênée.
-Et vous ou allez-vous ? demanda Sarah en relevant la tête, rompant le silence.
-Mon mari et ma famille allons rendre visite à mes parents et mes frères et sœur à Colorado Springs. Ma mère est le médecin de la ville.
-La médecine semble être une affaire de famille, dit Sarah, esquissant un sourire,
-Oui ma mère est devenue médecin grâce à son père, le docteur Quinn, puis elle m’a transmis sa passion lorsque je l’ai rencontré vers mes douze ans environ. Ensuite j’ai rencontré Andrew alors qu’il était venu aider Maman lorsqu’elle était enceinte.
-Comment cela se fait-il que vous n’ayez rencontré votre mère qu’à vos douze ans ? demanda Sarah, mais juste après avoir posée la question elle se rendit compte qu’elle était sans doute trop curieuse.
- Excusez-moi, s’empressa-t-elle de dire, je suis trop curieuse.
-Non, non ne vous inquiétez pas dit Coleen, cela me fait plaisir de discuter avec vous. Ma véritable mère est morte à mes douze ans à cause d’une morsure de crotale, elle avait souhaité que le docteur Mike s’occupe de nous et c’est ce qu’elle a fait.
-Oh je vois, sachez qu’elle a fait de vous une personne admirable.
-Merci beaucoup, lui répondit Coleen assez gênée par tous ces compliments. Il faut que je redonne un peu de quinine à Anna, dit-elle avant de se lever pour s’occuper de la jeune fille. Vous devriez aller dormir un peu Sarah, je veillerai sur elle, s’il se passe quoi que ce soit je viendrai vous chercher.
-C’est gentil mais je préfère rester auprès d’elle, répondit Sarah
-J’insiste Sarah, vous semblez très fatiguée.
-D’accord, dit Sarah en se levant pour sortir, je vous remercie.
Coleen veilla la jeune Anna pendant trois heures avant que la fatigue ne l’assaille, elle était en train de s’endormir quand quelqu’un frappa à la porte. Coleen sursauta, puis se leva rapidement pour aller ouvrir. Elisabeth apparu quelque peu affolée et lui dit :
« -Coleen, il faut que tu viennes, Madame Cawl ne va pas bien, Andrew voudrait avoir ton avis.
-Restez avec Anna, je vais la voir, appelez-moi s’il se passe quelque chose ! dit Coleen.
Elle partit alors en direction du quatrième wagon en courant, retenant sa robe, puis entra précipitamment dans le compartiment. Sarah était allongée sur le siège, trempée de sueur, et blanche comme un linge. Coleen s’avança et demanda à Andrew :
« -C’est la grippe n’est-ce pas ?
-Oui, lui répondit ce dernier, il faut l’emmener dans le compartiment ou se trouve Anna. Je vais la transporter, dit-il en soulevant Sarah qui gémit.
Lorsqu’il passa au niveau de Coleen elle posa sa main sur le front de la femme en lui disant de ne pas s’inquiéter. Ils installèrent Sarah auprès de sa fille et sortirent après lui avoir donné un peu de quinine. Coleen se passa la main sur le visage en disant :
« -J’aurais dû m’en rendre compte, elle était fatiguée, j’aurais dû le voir…
-Tu ne pouvais pas savoir, tout le monde est très fatigué.
-Nous n’avons aucun autre médicament pour les traiter ? demanda Coleen,
-Non malheureusement nous n’avons emporté que le strict nécessaire. Il faut espérer que le train reparte le plus tôt possible.
-Oui si seulement,il pouvait cesser de neiger ! dit Coleen énervée,
-Calme-toi, lui dit Andrew, cela ne changera rien à ce qu’il se passe.
-Oui je sais, mais … Coleen s’arrêta, puis souffla, désespérée.»
La neige tombait toujours, faiblement certes, mais elle empêchait toujours le train de repartir. Il devait y avoir une vingtaine centimètres à présent. Andrew rentra dans le compartiment pour veiller sur les malades alors que Coleen s’assit sur un siège dans le couloir, elle avait besoin d’être seule quelques instants.
Elle resta là plusieurs minutes dans la pénombre du couloir. Elle pensait à sa famille, la neige tombait sans doute sur Colorado Springs. Brian avait dû être fou de joie, mais maintenant qu’allait-elle faire ? Elle devait soigner deux malades atteintes d’une grippe avec très peu de moyen, et si cela tournait mal ? Elle se força à faire taire la petite voie dans sa tête qui lui dictait toute ces mauvaises pensées. Qu’aurait fait le Dr Mike à sa place ? Elle aurait sans doute fait tout son possible pour venir en aide à Sarah et Anna, même si elle ne disposait que de très peu de moyens. Elle avait toujours su se débrouiller même dans les situations les plus critiques. Elle avait réussi à soigner Sully lorsqu’il s’était brisé les os dans sa chute dans la rivière quand il avait eu des problèmes avec l’armée. Coleen essaya de se dire que tout allait bien se passer, la neige allait cesser de tomber et ils seraient bientôt réunis à Colorado Springs où elle pourrait soigner comme il se doit ses malades. Elle se releva, et se passa la main sur le visage avant d’ouvrir la porte du compartiment des malades. Elle y trouva Andrew assis à même le sol entre Sarah et Anna toutes deux endormies.
« -Tu veux que je reste avec toi ? demanda-t-elle à son mari,
-Non merci, il vaut mieux que tu te reposes, il ne reste plus qu’à attendre que leur fièvre tombe de toute manière.
-Comme tu veux, répondit-elle.
Elle s’avança pour déposer un baiser sur son front avant de partir rejoindre sa tante et sa grand-mère. Elle put se reposer quelques heures avant que l’on vienne à nouveau troubler son sommeil. Rebecca lui secouait le bras en l’appelant. Coleen se réveilla et ouvrit de petits yeux fatigués.
« -Coleen, quelqu’un ne se sent pas bien dans le troisième wagon. Il faut que tu viennes voir.
Aussitôt Coleen s’inquiéta, que pouvait-il bien encore se passer ? Etait-ce grave ? Elle se leva rapidement et se dirigea vers le wagon en question pour en avoir le cœur net. Là-bas un jeune homme, était allongé sur un siège, à demi endormi. Coleen s’approcha et lui toucha le front, il était brûlant de fièvre. Par ailleurs il présentait exactement les mêmes symptômes que Sarah et sa fille. Coleen fut forcée de constater qu’il était aussi atteint de la grippe. Elle essaya de s’empêcher de penser à toutes les conséquences que cela pouvait avoir et s’occupa rapidement du jeune homme. Son père et un autre homme le transportèrent dans un compartiment du cinquième wagon qui avait pu être libéré. Une fois qu’il fut installé, elle retrouva une fois de plus Andrew dans le couloir.
« -Andrew … commença-t-elle
-Oui je sais, la coupa-t-il, je le craignais depuis un moment déjà.
-Mais comment allons-nous faire ? Nous n’aurons pas assez de quinine pour les soigner et nous sommes toujours coincés ici !
-Oui je sais, je sais ! Mais nous n’avons pas le choix. Il faudra faire face à cette épreuve comme nous avons dû faire face à d’autres. Nous allons nous en sortir, dit-il.
Mais il fut interrompu par Elisabeth qui réclamait à nouveau sa présence auprès d’un malade. Aussitôt le couple rejoignit la grand-mère de Coleen qui les conduisit jusqu’au deuxième wagon auprès d’un homme lui aussi atteint de la grippe. Alors que deux hommes le transportaient dans un autre wagon Elisabeth arrêta Coleen en la retenant par le bras.
«-Coleen, je vois bien comment les choses sont en train de tourner, je ne suis pas dupe, c’est une épidémie de grippe n’est-ce pas ?
-Oui, lui répondit Coleen en plongea son regard dans le sien comme pour lui faire comprendre la gravité de la situation.
Jusqu’au lever du jour plusieurs cas de grippe se déclarèrent les uns après les autres, plongeant Coleen dans l’inquiétude la plus extrême. Suite à une discussion avec le conducteur de train, il avait était décidé que le cinquième wagon aller accueillir tous les malades pour éviter que la grippe ne se propage plus. Il régnait une ambiance étrange dans le train. Tout le monde se méfiait de son voisin, craignant qu’il soit porteur de la maladie. Certains voyageurs avait même tenté de quitter le train mais la neige qui tombait toujours les en avait empêchés. De plus les réserves de nourritures commençaient à baisser dangereusement, faisant crier les estomacs. Des conflits éclataient çà et là pour des petites choses sans importances ; la fatigue et le froid qui régnaient dans les wagons rendaient tout le monde nerveux ce qui n’aidait en rien Andrew et Coleen dans leur travail pour soigner les malades.
Coleen était occupée à prendre la température d’un jeune garçon. Elle fit une grimace indiquant que son état ne s’était pas amélioré et versa un peu de quinine dans un vers d’eau. Andrew l’observait, appuyé contre le mur, les bras croisés.
« -Comment va-t-il ? demanda-t-il,
-Sa fièvre n’a toujours pas baissée, dit Coleen en se retournant, ne sachant pas quoi rajouter elle souffla de désespoir. C’est de ma faute Andrew, tous ces gens sont malades à cause de moi, rajouta-t-elle en affichant un visage désespéré.
-Tu n’y es pour rien, lui répondit Andrew, je te l’ai déjà dit, tu ne pouvais pas savoir.
-Peut-être mais …
-Chut … la coupa Andrew posant un doigt sur ses lèvres, n’y pense plus, nous allons guérir ces gens, je te le promets. »
Il la prit dans ses bras pour la réconforter en posant son menton sur sa tête. Bien sûr qu’Andrew était inquiet, mais il ne voulait pas le montrer à Coleen et encore moins aux malades. Si personne ne semblait sûr de leur guérison, qui leur donnerai la force de se battre ? Coleen releva la tête puis se détacha d’Andrew pour aller soigner un autre malade. Andrew repartir alors de son côté en jetant un œil à la fenêtre ; il fut forcé de constater que la neige tombait toujours.
Quelque heures plus tard Coleen donnait encore un peu de quinine à un malade, tapotant le flacon contre le verre pour faire tomber la précieuse poudre. Elle le referma soigneusement puis observa la quantité de quinine qu’il restait. Elle constata avec effroi que le flacon ne contenait seulement que deux centimètres de poudre. A ce moment elle prit conscience de l’extrême gravité de la situation. Elle n’avait plus aucun médicament pour soigner ses malades. Elle sentit comme un vide qui se creusait dans son estomac qui finit par lui nouer la gorge. Elle fut prise d’une peur comme elle n’en avait jamais connu. Elle se sentait comme un petit être minuscule perdu sur cette immense terre à la merci des éléments. Qu’allait-elle devenir ? Elle ne reverrait sans doute jamais sa famille, elle n’aurait jamais d’enfant. Elle se sentit emportée par une panique incontrôlable. Soudain la femme qu’elle était en train de soigner se réveilla et posa son regard sur cette jeune fille qui semblait totalement paniquée. Coleen se ressaisit comme elle put, sortant du compartiment rapidement. Elle retrouva Andrew quelques mètres plus loin. Elle le saisit par les bras :
« -Andrew, c’est fini ! Je n’ai plus de quinine ! Nous ne pourrons jamais les soigner ! dit-elle affolée,
-Quoi ? répondit Andrew, surpris par l’état de sa femme, calme toi Coleen, lui dit-il en saisissant à son tour ses bras. Nous allons trouver une solution. Il doit bien y avoir un autre moyen de soigner nos malades. Tu m’as raconté qu’il y avait eu une épidémie de grippe dans les mois qui ont suivis l’arrivé de ta mère. Elle avait utilisé une plante pour soigner ces malades n’est-ce pas ?
-Oui mais nous n’en trouverons jamais avec toute cette neige ! lui répondit-elle précipitamment.
Andrew passa sa main sur son visage se demandant ce qu’ils allaient bien pouvoir faire.
-Il doit y avoir une solution dit-il dans un souffle.
Andrew porta son regard vers la fenêtre ; le jour semblait se lever au loin. Tout avait basculé en l’espace d’une nuit. Il avait bien une idée pour les sortir de cette situation mais elle ne lui plaisait guère et il s’avait que Coleen serait contre.
« -Coleen, j’ai une idée mais elle ne va pas te plaire, dit-il avant de s’arrêter quelques instants, il faut que nous allions chercher tes parents.
-Non ! Le coupa Coleen, on ne peut pas faire cela c’est trop dangereux et je ne veux pas qu’ils soient exposés à la grippe !
-Ecoute Coleen, nous n’avons pas le choix ! C’est la vie de toutes ces personnes qui est un jeu ! C’est notre dernière chance. »
Andrew plongea son regard dans les yeux de Coleen qui resta silencieuse quelques secondes avant de lui dire :
« -Tu as raison, nous devons aller chercher de l’aide, mais comment allons-nous faire ?
-Un des wagons transporte des chevaux, je vais aller demander aux passagers si un homme en bonne santé se porte volontaire pour tenter de gagner Colorado Springs. Une fois là-bas, il préviendra tes parents et ils nous rejoindront pour nous porter secours.
-Mais comment vont-ils voyager avec toute cette neige ?
-Je ne sais pas mais c’est notre seule chance, lui répondit-il, retourne t’occuper de tes malades je vais aller chercher un volontaire.
Coleen hocha la tête avant de repartir soigner ses malades. Andrew se dirigea alors vers l’un des wagons de voyageurs. Tout le monde semblait totalement désespéré tandis que d’autres voyageurs dormaient encore. Andrew se racla la gorge avant de prendre la parole :
« -Messieurs, commença-t-il, excusez-moi de vous déranger, j’ai un service à vous demander. Nous recherchons un homme en bonne forme physique et morale qui serait volontaire pour tenter de gagner Colorado Springs afin de demander de l’aide au médecin de la ville.
Plusieurs personnes relevèrent la tête quelque peu étonné par cette demande. Puis doucement, un homme se leva et pris la parole.
« -Je veux bien essayer, ma fille est tombée malade cette nuit, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la soigner.
Un autre homme se leva et pris à son tour la parole :
-Mon cheval se trouve dans le wagon écurie, je veux bien que monsieur l’utilise. C’est un gros cheval très résistant il ne devrait pas avoir trop de difficulté à avancer dans cette neige.
-Je vous remercie messieurs, dit Andrew, pouvez-vous me suivre s’il vous plait ?
Les deux hommes s’exécutèrent sous les regards reconnaissant des autres passagers. Ils rejoignirent Andrew dans une pièce où se trouvait le conducteur du train. Ce dernier équipa l’homme qui se nommait Bill d’un gros manteau d’un chapeau et d’autres affaires chaudes qu’il avait réussi à trouver dans les autres wagons de passagers.
« -Colorado Springs se trouve à environ 4 miles d’ici. Essayer de suivre les rails et si vous ne les voyez plus allez toujours vers le sud. Il est six heure trente vous serez là-bas vers dix heures si tous se passe bien, dit le conducteur à Bill tout en lui enfonçant un chapeau sur la tête.
Coleen entra alors dans la pièce tenant un morceau de papier à la main.
-Donnez ceci au docteur Michaëla Quinn de ma part, elle saura quoi faire, dit-elle en le tendant à Bill. Ce dernier le plia elle le plaça dans la poche intérieure de sa veste.
-Prenez soins de ma fille, dit-il en relevant la tête vers Coleen et Andrew,
-Ne vous inquiétez pas pour elle, lui répondit Andrew, bonne chance, lui dit-il en lui tapant sur l’épaule.
Bill sortit alors de la pièce accompagné du conducteur. Il partit vers Colorado Springs quelques minutes plus tard, sous les flocons qui tombaient toujours.
Andrew porta son regard vers la fenêtre ; le jour semblait se lever au loin. Tout avait basculé en l’espace d’une nuit. Il avait bien une idée pour les sortir de cette situation mais elle ne lui plaisait guère et il s’avait que Coleen serait contre.
« -Coleen, j’ai une idée mais elle ne va pas te plaire, dit-il avant de s’arrêter quelques instants, il faut que nous allions chercher tes parents.
-Non ! Le coupa Coleen, on ne peut pas faire cela c’est trop dangereux et je ne veux pas qu’ils soient exposés à la grippe !
-Ecoute Coleen, nous n’avons pas le choix ! C’est la vie de toutes ces personnes qui est un jeu ! C’est notre dernière chance. »
Andrew plongea son regard dans les yeux de Coleen qui resta silencieuse quelques secondes avant de lui dire :
« -Tu as raison, nous devons aller chercher de l’aide, mais comment allons-nous faire ?
-Un des wagons transporte des chevaux, je vais aller demander aux passagers si un homme en bonne santé se porte volontaire pour tenter de gagner Colorado Springs. Une fois là-bas, il préviendra tes parents et ils nous rejoindront pour nous porter secours.
-Mais comment vont-ils voyager avec toute cette neige ?
-Je ne sais pas mais c’est notre seule chance, lui répondit-il, retourne t’occuper de tes malades je vais aller chercher un volontaire.
Coleen hocha la tête avant de repartir soigner ses malades. Andrew se dirigea alors vers l’un des wagons de voyageurs. Tout le monde semblait totalement désespéré tandis que d’autres voyageurs dormaient encore. Andrew se racla la gorge avant de prendre la parole :
« -Messieurs, commença-t-il, excusez-moi de vous déranger, j’ai un service à vous demander. Nous recherchons un homme en bonne forme physique et morale qui serait volontaire pour tenter de gagner Colorado Springs afin de demander de l’aide au médecin de la ville.
Plusieurs personnes relevèrent la tête quelque peu étonné par cette demande. Puis doucement, un homme se leva et pris la parole.
« -Je veux bien essayer, ma fille est tombée malade cette nuit, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la soigner.
Un autre homme se leva et pris à son tour la parole :
-Mon cheval se trouve dans le wagon écurie, je veux bien que monsieur l’utilise. C’est un gros cheval très résistant il ne devrait pas avoir trop de difficulté à avancer dans cette neige.
-Je vous remercie messieurs, dit Andrew, pouvez-vous me suivre s’il vous plait ?
Les deux hommes s’exécutèrent sous les regards reconnaissant des autres passagers. Ils rejoignirent Andrew dans une pièce où se trouvait le conducteur du train. Ce dernier équipa l’homme qui se nommait Bill d’un gros manteau d’un chapeau et d’autres affaires chaudes qu’il avait réussi à trouver dans les autres wagons de passagers.
« -Colorado Springs se trouve à environ 4 miles d’ici. Essayer de suivre les rails et si vous ne les voyez plus allez toujours vers le sud. Il est six heure trente vous serez là-bas vers dix heures si tous se passe bien, dit le conducteur à Bill tout en lui enfonçant un chapeau sur la tête.
Coleen entra alors dans la pièce tenant un morceau de papier à la main.
-Donnez ceci au docteur Michaëla Quinn de ma part, elle saura quoi faire, dit-elle en le tendant à Bill. Ce dernier le plia elle le plaça dans la poche intérieure de sa veste.
-Prenez soins de ma fille, dit-il en relevant la tête vers Coleen et Andrew,
-Ne vous inquiétez pas pour elle, lui répondit Andrew, bonne chance, lui dit-il en lui tapant sur l’épaule.
Bill sortit alors de la pièce accompagné du conducteur. Il partit vers Colorado Springs quelques minutes plus tard, sous les flocons qui tombaient toujours.
Au même moment dans la petite ville, Michaëla venait de se réveiller. Elle avait finalement plongé dans un sommeil réparateur malgré ses inquiétudes. Elle ouvrit doucement les yeux, tournant la tête vers Sully qui posa son regard bleu sur son visage :
« -Bonjour, tu as bien dormi ? lui demanda-t-il,
-Hum … J’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil mais j’ai pu dormir un peu, lui répondit-elle en gémissant, et toi ?
-Oui tout va bien.
-Qu’elle heure est-il ? demanda Michaëla,
-Il doit être aux alentours de six heure trente.
-Il neige toujours ?
-Oui il me semble. Je vais aller voir, dit Sully en se levant, oui, dit-il, la neige tombe faiblement mais elle tombe.
-Oh j’espère que Coleen, mère et les autres vont bien, dit Michaëla en enfilant une robe de chambre.
-Michaëla cesse de t’inquiéter, il ne peut rien leur arriver.
-Je sais mais j’ai un mauvais pressentiment. »
A ce moment Katie entra dans la chambre de ses parents, affichant un sourire radieux. Elle grimpa dans les bras de son père avant de lui demander :
« -Papa ? Tu crois que le père Noël pourra venir nous apporter les cadeaux avec toute cette neige ?
Michaëla lança un regard complice à Sully qui se mit à rire.
-Tu sais Katie, le père Noël voyage dans un grand traineau tiré par des rênes alors la neige ne devrait pas le déranger, lui répondit son père
-Tant mieux ! lança la petite fille en souriant, quand est-ce que Grand-mère va arriver ?
-Personne ne sais ma chérie, bientôt je l’espère, lui répondit Michaëla.
-Et si nous allions déjeuner ? proposa alors Sully.
Ils descendirent alors dans une des pièces du rez-de-chaussée, rapidement rejoins par Brian. Ils partagèrent un bon petit de déjeuner puis chacun vaqua à ses occupations.
« -Maman est ce je peux sortir un peu s’il te plait ? Je ne peux plus rester enfermé ici, demanda Brian,
-Eh bien il neige encore, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée Brian, lui répondit le Dr Mike,
-Il peut aller prendre un peu l’air Michaëla ça ne lui fera pas de mal, dit Sully,
-Bon eh bien je suppose que tu peux sortir alors, dit Michaëla en souriant,
-Merci Maman ! lança Brian avant d’enfiler sa veste.
Il sortit sur le parvis de la clinique s’arrêtant quelques secondes pour observer le spectacle peu habituel de Colorado Springs enfouie sous la neige. Il enfonça son chapeau sur sa tête avant de partir en direction du magasin. Il traversa la rue, s’enfonçant dans le neige jusqu’à mi mollet puis frappa à la vitre du magasin. Une voix rocailleuse venant de l’intérieur cria alors :
« -Vous ne savez pas lire ? Je suis fermé ! dit Loren,
-Monsieur Bray ! C’est moi, Brian ! Ouvrez s’il vous plait !
-Humm … J’arrive ! répondit Monsieur Bray, »
La porte s’ouvrit sur Lauren vêtu comme à son habitude de son tablier bien que le magasin soit fermé.
« -Dépêche-toi d’entrer, tu vas refroidir tout le magasin, dit Lauren à Brian en le poussant doucement à l’intérieur.
-Merci, je venais vous voir à propos de ma commande pour Noël, répondit Brian,
-Oh Brian ! Le châle que tu as commandé pour ta mère se trouve sûrement dans le train !
-Oh je vois … répondit Brian déçu, comment vais-je faire ?
-Eh bien ton châle arrivera peut-être à temps en attendant viens donc m’aider tu veux ? Je voulais profiter de cette situation pour faire un peu de rangement mais je n’arrive pas à déplacer cette caisse seul.
-D’accord ! répondit le jeune garçon en enlevant son chapeau et sa veste.
Les deux hommes s’afférèrent alors à ranger le magasin pendant près d’une demie heure avant que quelqu’un frappe à nouveau à la porte.
« -Décidément tout le monde a décidé de sortir aujourd’hui ! lança Lauren en se dirigeant vers la porte. Il l’ouvrit alors, se trouvant nez à nez avec un homme complètement recouvert de neige.
-Bonjour, lui dit ce dernier, je cherche le docteur Michaëla Quinn, nous avons besoin d’aide. Je viens du train qui est coincé non loin d’ici.
Brian entendant ces paroles se retourna précipitamment :
« -C’est ma mère, toute ma famille est dans ce train, que se passe-t-il ? demanda-t-il inquiet,
-Une épidémie de grippe s’est déclarée dans la nuit et nous sommes à cour de médicament. Il faut que ta mère nous vienne en aide.
- Venez avec moi je vais vous conduire à la clinique ! dit Brian,
-Je vais préparer des affaires pour le voyage ! lança Lauren,
Brian s’élança alors vers la clinique suivi de l’homme qui venait de les prévenir. Il entra sans frapper surprenant Sully et Michaëla.
« -Maman ! Cet homme vient du train, il y a une épidémie de grippe là-bas il faut que tu ailles les aider ! dit Brian à sa mère en entrant.
-Comment ? répondit Michaëla complétement étonnée.
-Oui lui répondit l’homme, l’épidémie s’est déclarée dans la nuit et le docteur Cook et sa femme n’ont plus de médicament pour soigner la fièvre des malades.
-Comment va Coleen Cook ? S’empressa de demander Michaëla,
-Elle va bien ne vous inquiétez pas, elle m’a dit de vous donner ceci en arrivant, dit-il en sortant un papier de sa veste qu’il tendit à Michaëla.
Cette dernière l’ouvrit rapidement, les mains tremblantes puis se mit à lire :
« Maman, une épidémie de grippes s’est déclarée dans le train. Andrew et moi n’avons plus de quinine. Il faut que vous veniez nous aider. S’il vous plait, apporter aussi ce remède contre la fièvre que nuage dansant vous avez donné lors de l’épidémie de grippe l’année de votre arrivée. Je vous embrasse tous. Coleen. »
« -Il faut aller les aider, dit Michaëla en se retournant vers Sully,
-Je viens avec vous ! dit Brian,
-Non Brian il vaut mieux que tu restes ici avec Katie, je ne veux pas qu’elle soit seule pour Noël.
-Je vais aller chercher des chevaux chez Roberty, dit Sully en enfilant sa veste.
-Je vous guiderez jusqu’au train, dit alors l’homme qui était resté silencieux jusqu’ici,
-Il vaut mieux que vous vous reposiez Monsieur, vous semblez très fatigué je ne voudrai pas que vous tombiez malade vous aussi, lui répondit le Dr Mike,
-Ma fille est dans ce train et elle est malade.
-Ne vous inquiétez pas nous allons la soigner, rajouta Michaëla.
Tout le monde s’afféra alors à préparer les affaires nécessaire au voyage. Quelques minutes plus tard Sully enfourchait son cheval chaudement vêtu. Il se pencha vers Brian lui serrant la main :
« -Prend bien soin de ta sœur, nous serons vite de retour.
-Ne vous inquiétez pas je les surveillerai, répondit Lauren, tenez Dr Mike j’ai préparé quelques couvertures pour les malades vous en auraient sûrement besoin, dit-il en se tournant vers Michaëla.
-Merci Lauren, nous serons de retour le plus vite possible, répondit-elle. »
Sully partit alors suivi de sa femme en direction de la gare alors que Katie agitait sa petite main pour leur dire au revoir.