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Série : Friday Night Lights
Création : 02.03.2017 à 22h51
Auteur : chouchou70
Statut : Terminée
Un accident va faire basculer la vie des Taylors
Cette fanfic compte déjà 48 paragraphes
chapitre 29
Le lendemain matin.
Tami et Éric, accompagner de Grace avaient rendez-vous pour 10H à l’agence immobilier. Julie les emmènera juste avant de partir faire une course à son travail. Pour le rendez-vous de cet après-midi, elle sera avec eux puisqu’elle connaissait bien l’agent immobilier, son aide sera utile. Ensuite ils iront retrouver Matt à la galerie.
Le rendez-vous du matin ne fut pas vraiment encourageant pour le couple. L’agent ne s’était pas montré vraiment compatissant avec le handicap d’Éric, il ne leur proposait que de petit appartement non adapté à son nouveau mode de vie. Éric, exaspéré, décida de couper court à l’entretien et sorti de l’agence. Tami, remercia poliment l’agent avant de rejoindre Éric dans la rue.
Éric : quel con celui-là ! (cette remarque faisait rire sa fille)
Tami : Éric !
Éric : quoi ?! C’est vrai ! Il te propose tous ce que tu ne veux pas. À croire que ça l’amusait de m’humilier.
Tami : nous sommes d’accord sur ce point mais ce n’est pas une raison pour être désagréable comme tu l’as été. J’ai eu honte Éric ! J’ai dû faire des excuses à ce monsieur pour ton comportement détestable.
Éric : je ne pouvais pas me laisser humilier de la sorte par un pauvre type méprisant envers un infirme !
Tami : arrête de prononcer ce mot!!!!
Éric : il va falloir t-y habitué pourtant puisque c’est la vérité !
Tami : c’est franchement regrettable si tu penses ça de toi-même !
Grace : stop ! Ça suffit vous deux ! On n’est à Chicago je vous rappelle, vous devriez profiter au lieu de vous disputez. Ce n’est qu’un agent immobilier !
Éric : je suis désolé. Vous avez raison, je me suis comporté comme le denier des abrutis là-dedans.
Tami : on n’est d’accord. À l’avenir prend sur toi. En réagissant comme tu l’as fait, tu leur montres qu’ils ont raison de te traiter comme une personne inférieure à eux. Tu vaux mieux que cela chéri.
Éric : je te promets qu’à l’avenir tu n’auras plus honte de mon comportement. Après tout, notre fille a raison, ce n’est qu’un agent immobilier.
L’après-midi.
Julie suivi par ses parents et sa petite sœur arrivent à l’agence.
L’agent immobilier Jeff : salut Julie. Bonjour messieurs dame.
Julie : salut Jeff. Je te présente mes parents Éric et Tami Taylor, et ma petite sœur Grace.
Éric/Tami/Grace : enchanté monsieur.
Jeff : enchanté de faire votre connaissance surtout vous coach Éric Taylor. Je suis un grand fan de football. J’ai un profond respect pour vous monsieur et votre carrière est si impressionnante.
Éric : je vous en remercie.
Jeff : dites-moi tout, qu’est-ce qui vous emmènent à Chicago ? L’université a renouvelé leur offre ?
Éric : j’ai pris ma retraite de coach.
Jeff : j’ai toujours refusé de croire les rumeurs de votre départ à la retraite. Ça me brise le cœur de savoir que c’est définitif. En tout cas, votre accident nous a profondément attristés, nous nous faisions une joie de vous savoir entraîneur de notre équipe universitaire.
Éric : la vie nous réserve parfois des surprises, maintenant, si nous revenions à notre affaire si vous le permettez?
Jeff : oh oui bien sûr ! Je suis désolé, quand je parle de football j’ai du mal à m’arrêter. Alors, dites-moi, quels sont vos critères de recherche ?
Tami : on recherche surtout une maison qui soit adaptée pour Éric, sans escalier, avec des grandes pièces et un peu de terrain si possible.
Jeff : j’ai justement ce qu’il vous faut, une personne m’a récemment proposé sa maison, il est également paraplégique depuis un tragique accident et il a fait d’importants travaux suite à cela. Aujourd’hui il veut vendre sa maison pour des raisons professionnelles.
Tami : est-ce qu’on peut la visiter aujourd’hui?
Jeff : on va le savoir tout de suite. Ne bouger pas je vais l’appeler.
Jeff est revenu 1/4H plus tard, les clés de la maison en poche. La maison était à l’extrême nord de la ville, à 20 minutes en métro de chez Julie et Matt. Le propriétaire, un dénommé Monsieur Matthew les accueilli chaleureusement et leur fit le tour de la propriété. Tami, Grace et Julie étaient dans le jardin avec l’agent immobilier pendant qu’Éric regardait les nombreuses installations de la maison.
Matthew : ça ne fait pas longtemps que vous êtes dans un fauteuil roulant.
Éric surprit : à quoi vous le voyez ?
Matthew : à votre regard, vous êtes à la fois émerveillez et intimidez devant mes modifications. Je me trompe ?
Éric changeant de sujet : Vous partez pour des raisons professionnelles ?
Matthew : oui je suis muté à New-York. Je suis psychologue en entreprise.
Éric : je ne vous imaginais pas psychologue.
Matthew : pourquoi ? Parce que je suis dans un fauteuil ?
Éric gêné : je…
Matthew : ne soyez pas gêné, vous savez ce n’est pas une maladie la paraplégie. Il faut le prendre comme une bénédiction et non comme une punition.
Éric : j’ai du mal à vous croire
Matthew : vous le comprendrez plus tard. Pour ma part, je me sens plus vivant depuis que je suis dans ce fauteuil. Avant j’étais dans la rénovation de bâtiment, c’est là que j’ai eu mon accident, je suis passé à travers le plancher du deuxième étage. Depuis je me suis reconverti dans la psychologie et je voyage beaucoup, je fais des rencontres. Je vis ma vie à 100%.
Éric : tant mieux pour vous.
Matthew : je dirai à peine 1 an.
Éric : 1 an quoi ?
Matthew : que vous êtes dans ce fauteuil. Je me trompe ?
Éric : cela fait 7 mois que ma vie a basculés suite à un accident de voiture. Je serai mort si mon meilleur ami ne m’avait pas trouvé dans les temps. J’avais tous ce qu’on pouvait espérer dans la vie, j’ai fait de ma passion mon métier, j’ai une famille merveilleuse, alors quand vous me dites de le prendre comme une bénédiction, j’ai du mal à la croire.
Matthew : pourtant c’est vrai. Je sais ce que vous traversez et je tiens à vous rassurez que je pensais comme vous. On se demande sans cesse, pourquoi moi ? Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? J’ai passé plus d’1 ans de ma vie à me morfondre sur mon sort avant de comprendre que j’étais toujours le même.
Éric : qu’est ce qui s’est passé ?
Matthew : j’ai repris des études de psychologie et après mon diplôme j’ai participé à de nombreux congrès et à des réunions d’étude avant d’être embauché définitivement par un important entrepreneur de la région.
Éric : vous avez la joie de vivre et j’aimerais en dire autant, pourtant, j’ai tout pour être heureux, j’ai une famille sur qui je peux compter, je vais être grand père pour la première fois et un projet professionnel à venir. Pourtant il y-a des jours où j’ai envie de tout envoyé baladé. Je doute beaucoup de moi. Vous aussi ?
Matthew : j’ai repris confiance en moi quand j’ai commencé à travailler. Je suppose que vous n’avez toujours pas repris vos anciennes activités depuis l’accident ?
Éric : j’ai essayé mais entraîneur de football et fauteuil ne font pas très bien ensemble. J’ai donné un coup de main à mon coach remplaçant mais à part cela, rien de spéciale. Je suis ici pour prendre un nouveau départ. Avec ma femme, on va construire une école pour les jeunes en échec scolaire mais le chemin risque d’être long avant qu’elle voit le jour.
Matthew : je peux peut-être vous aider. Mon employeur est un entrepreneur richissime et toujours à l’affût de nouveau projet. Je suis sûr qu’il sera intéressé par le vôtre.
Éric : je ne suis pas sûr qu’un multimilliardaire s’intéresse au sort des jeunes délaissés par la société.
Matthew : je parierai que oui puisqu’il était lui-même dans ce cas. Mon employeur a vécu 2 ans dans la rue avant de faire fortune. Ses entreprises sont remplies de gens qui n’ont pas eu de chance dans la vie. Il est très riche mais n’oublie pas d’où il vient. Je peux vous mettre en contact avec lui.
Éric : je dois en discuter avec ma femme mais il me semble que ce soit une bonne idée.
Matthew : marché conclu. Allons rejoindre les autres dans le jardin.
Éric : merci.
Matthew : mais je vous en prie. Ma maison est à vous et votre prix sera le mien.
Éric regarda sa femme : qu’est-ce que tu en penses chérie ?
Tami : elle est parfaite pour nous deux, pas vrai Grace ?
Grace : j’adore cette maison.
Éric : bon puisque tout le monde est d’accord, j’accepte votre offre.
Matthew : heureux de l’entendre. On se voit donc dans 3 jours pour la paperasse.
Tami : merci Monsieur Matthew. Au plaisir.
Matthew : ce fut un plaisir Mme Taylor. (S’adressant à Éric) je vous tiens au courant pour notre affaire.
Éric : ok. À bientôt.
La famille Taylor prit congé de leur hôte puis se rendit à la galerie de Matt pour une visite guidée. Les parents Taylor décidèrent d’inviter tout le monde au restaurant pour fêter la bonne nouvelle.
chapitre 29 suite
En rentrant à l’appartement, Tami attendit d’être seule avec son mari pour le questionner sur cette mystérieuse affaire.
Tami : il a l’air sympathique ce Monsieur Matthew.
Éric : oui très. Pourquoi ?
Tami : comme ça ! Je t’ai regardé discuter 20 bonnes minutes avec lui.
Éric : c’est un chouette type qui a la tête sur les épaules et une joie de vivre débordante. On n’a beaucoup échangé sur notre point commun.
Tami : tu veux m’en parler ?
Éric : je crois qu’il m’a redonné espoir. En le regardant, j’ai vu qu’il était possible d’être heureux et épanoui en fauteuil roulant.
Tami : bien sûr que tu le peux, depuis le temps que je te le répète. Il faut juste que tu laisses le temps faire son œuvre et que tu prennes confiance en toi mon amour.
Éric : ce n’est pas si simple Tami.
Tami : jamais je n’ai dit que c’était simple Éric mais tu peux réussir, tu me l’as déjà prouvé tu sais et il faut poursuivre tes efforts et un jour tout cela sera si loin derrière toi que tu l’auras complètement oublié. Je t’aime de tout mon cœur Éric Taylor.
Éric : je t’aime Mme Taylor.
Tami : et sinon c’est quoi cette affaire que Monsieur Matthew te parlait ?
Éric : ah oui, il veut nous aider pour notre projet. Il travaille pour un riche entrepreneur et il va lui parler de notre projet d’école.
Tami : tu lui as parlé de notre projet ? Pourquoi il voudrait nous aider, on ne le connaît pas ce monsieur.
Éric : on peut lui faire confiance je t’assure et pis cela n’engage en rien de rencontrer son employeur.
Tami : je suis d’accord ça n’engage en rien mais je trouve bizarre que cet inconnu veulent nous aider. Et je suis également étonné par toi. Tu n’es pas du genre à étaler ta vie privée avec des inconnus.
Éric : cet inconnu comme tu dis est psychologue, avec lui je me suis senti bien et j’ai eu envie de confier mes doutes et mes angoisses a quelqu’un qui me comprenne parce qu’il est paraplégique comme moi.
Tami : eh moi alors !? Je t’ai toujours soutenu et écouter Éric !
Éric : je sais mais…
Tami : mais quoi ? Je ne suis pas dans un fauteuil donc je ne peux pas te comprendre. C’est ça ?
Éric : pourquoi tu t’énerves Tami ?
Tami : ah parce que pour toi je n’ai aucune raison de m’énerver ? Tu es en train de me dire que je ne peux pas te comprendre parce que je ne suis pas comme toi.
Éric : ce n’est pas toi qui as dû réapprendre à vivre ! Lui, il est au courant de tout ce que j’ai traversé. Il s’en est sorti grâce à son job et je veux faire pareil. Je veux vite retrouver un emploi stable pour recommencer à vivre normalement et tu sais parfaitement que nous n’avons pas assez de moyen pour lancer notre projet rapidement.
Tami : ok très bien rencontre-le si tu veux mais ça sera sans moi. Je n’ai pas confiance à l’entrepreneur riche et douer en affaire.
Éric : mais pourquoi ?
Tami : réfléchi deux secondes Éric, il ne va pas te prêter cet argent gratuitement. Il voudra sa part, il nous demandera des comptes, il nous obligera à des choses qu’on ne veut surtout pas faire pour gagner encore plus d’argent. Je veux juste toi et moi au commande de cette école et la diriger de face honnête et sincère, et non pour remplir les poches d’un multimilliardaire.
Éric : on n’a pas trop le choix Tami si on veut réussir rapidement.
Tami : pourquoi tu es si pressé d’un seul coup ? On en a discuté avant de prendre la décision, tu le savais dès le départ que ça prendrait du temps et ça ne te posait aucun souci jusqu'à aujourd’hui.
Éric : je veux retrouver une vie professionnelle rapidement pour être mieux dans ma tête et aussi pour votre bien-être. Tant que je ne retrouve pas une certaines stabilités, je douterai de moi et mes sautes d’humeurs seront toujours présentes. Je sais que tu en souffres et c’est pour toi que je veux m’en sortir rapidement, quitte à accepter l’argent d’un inconnu.
Tami : la plus belle preuve d’amour que tu puisses me faire est de renoncer à mendier. Notre plan de départ était que je devais travailler ici pendant que toi tu t’occuperas de la réalisation de notre projet. Et ton futur petit-fils ou ta future petite fille aura besoin de son grand père quand ses parents seront absents. Croit moi mon amour, tu seras tellement occupé que tu ne verras pas le temps passé avant l’ouverture officielle de notre école. S’il te plaît Éric, réfléchi bien avant de faire la plus grosse bêtise de ta vie.
Éric : ok.
Après cette discussion, Éric n’arrivait pas à trouver le sommeil et profita du sommeil profond de la maisonnette pour sortir et se rendre au bar au pied de l’immeuble. Il avait besoin d’être seul et réfléchir à la situation. Il était déçu par la réaction de sa femme, jamais il n’aurait imaginé qu’elle puisse hausser la voix contre lui de cette façon, elle ne l’avait jamais fait d’ailleurs. Tami était du genre posé et réfléchi mais là elle avait dit non sans prendre la peine de se renseigner. Il était en colère contre elle parce qu’elle ne comprenait pas pourquoi c’était si important pour lui, cette aide financière était inespérée pour lui, quelqu’un lui faisait de nouveau confiance au point de miser sur lui. Il fallait qu’il le rencontre et vite. Il envoya un sms à Matthew, qui lui répondit aussitôt malgré l’heure très matinale. Il lui donna rendez-vous chez lui à 8H. Il avait encore 3H devant lui, il décida dont d’aller se promener un peu dans la ville et prendre ses repères pour se rendre chez Matthew. La ville était aussi mouvementée la nuit que le jour. Il était planté devant le plan de métro sans pour autant comprendre quel métro prendre, heureusement un contrôleur passa par là et lui indiqua la route à prendre. Il arriva chez Matthew peu avant 8H. Par acquit de conscience il envoya un sms à Tami pour la prévenir et lui demander de venir même s’il connaissait déjà la réponse.
Le lendemain matin.
Il était 8h quand Tami se réveilla, seul dans le lit. Elle se rendit à la cuisine pour trouver Julie, Matt et Grace mais aucun signe d’Éric.
Julie : ça va maman ?
Tami : vous avez vu votre père ce matin ?
Julie : non pourquoi ? Je pensais qu’il était couché.
Tami : non il n’était plus là quand je me suis réveillé. (En prenant son portable pour l’appeler, elle découvrit son texto). Eh merde Éric ! Julie, il faut que tu me conduises dans la maison qu’on n’a visitée hier et vite.
Grace : qu’est ce qui se passe maman ?
Julie : c’est à propos de votre dispute d’hier soir ?
Tami : ah vous avez entendu !? Oui en effet on s’est disputé parce que ton père veut accepter l’argent d’un entrepreneur multimilliardaire de la région parce que Monsieur Matthew le lui conseille.
Matt : Les entrepreneurs à Chicago sont tous des requins, avides d’argent et de contrôle sur la ville. Ils se font souvent aider par des gens qui attirent la sympathie.
Tami : comme Monsieur Matthew par exemple, il travaille pour un riche entrepreneur. Éric m’a envoyé un sms pour me dire qu’il avait rendez-vous avec lui à 8H.
Matt: je vais vous y conduis rapidement. Julie et Grace vous restez là et vous prévenez la police.
Pendant ce temps, Éric avait des remords sur son attitude et les arguments des deux personnes devant lui le laissèrent perplexe et méfiant. Finalement, Tami avait raison, il était bel et bien en train de vendre son âme au diable s’il faisait affaire avec eux. Il voulut prendre congé à l’entretien mais ses interlocuteurs n’étaient pas de cet avis, et employèrent tous les moyens possibles pour obtenir son accord. Heureusement, Tami et son gendre, accompagné de la police arrivèrent et arrêtèrent les deux individus pour fraude et abus de faiblesse.
Tami : tu m’as fait une de ses peurs chéri !
Éric froid : ça va je vais bien, Arrête de t’inquiéter pour moi. Je ne suis plus un gamin.
Tami : c’est parce que je t’aime que je m’inquiète.
Éric en colère : vas-y fait moi la morale. Dit moi que tu avais raison et que j’avais tort ! Dit moi que je fais n’importe quoi depuis des mois !
Tami : mais pas du tout chéri. Tu avais toutes les raisons pour avoir confiance en Matthew. C’est toi qui as discuté avec lui, pas moi. Moi aussi, je me suis trompé sur lui. Je le croyais sympathique, je ne me serai jamais méfié de lui.
Éric : je me suis fait avoir comme un bleu ! Cela ne serait jamais arrivé si je n’étais pas dans ce putain de fauteuil !
Éric était une vrai boule de nerf à ce moment-là, il prenait tous ce qu’il lui passait sous la main pour le jeter n’importe où, des larmes de rage coulait le long de ses joues déjà rougit pas une profonde colère. Tami était effrayé par son propre mari, jamais elle ne l’avait vu comme ça. Matt prit son courage à deux mains et se lança sur son beau-père pour le maitriser, dans la bagarre, Éric était tombé de son fauteuil et Matt se coucha alors sur lui pour qu’il ne bouge plus, c’est à ce moment-là que Tami gifla son mari d’une force qui laissa une marque rouge sur la joue. Éric était abasourdi, puis fondit en larme. Tami le prit alors dans ses bras et laissa son mari évacuer toutes ses émotions. Le voir aussi mal la rendait impuissante et lui tira la larme à l’œil. Matt était autant bouleversé que sa belle-mère, jamais il n’avait vu le coach dans cet état, il se souvenait de l’avoir déjà vu énervé contre un joueur ou un autre coach mais jamais dans un tel paquet de nerf, c’était effrayant. Étant perdu dans ses pensées, il n’entendit pas le policier arrivait derrière lui, lui demandant si tous se passait bien et s’il fallait appeler une ambulance. Matt jeta un regard au couple Taylor et dit au policier que ce n’était pas la peine, qu’ils allaient rentrer à la maison par leur propre moyen.
De retour à la maison Tami aida Éric à se coucher et lui donna un somnifère pour qu’il dorme paisiblement puis elle rejoignit tout le monde dans la pièce à vivre.
Julie : comment va papa ?
Tami : il dort profondément.
Julie : et toi ça va ?
Tami : pas vraiment ma chérie, je suis à bout je crois. Votre père rechute dans la dépression et je ne sais plus quoi faire pour l’aider. Je ne supporte plus de le voir souffrir autant et de rester impuissante face à la situation. Je fais tout pour être à l’écoute quand il en a besoin et de le rassurer sur ses capacités physique et psychologique mais ça suffi toujours pas.
Julie : tu n’es pas responsable maman, tu es la meilleure personne qualifiée pour aider papa en ce moment.
Tami : je fais tout ce que je peux pour l’aider mais à chaque fois qu’il va mieux, il est victime de personne mal attentionné et après ça il replonge dans la dépression. Hier il était si heureux. Ce Monsieur Matthew, malgré ses mauvaises motivations, lui avait redonné le sourire et une preuve qu’il pouvait être heureux en fauteuil roulant et aujourd’hui il s’est senti trahi et manipulé. Il s’est de nouveau considérait comme un infirme et un incapable. Ça fait 7 mois qu’il a cette image de lui et je n’arrive pas à l’en dissuader du contraire.
Matt : je connais un très bon psychologue qui est spécialisé dans le traumatisme post-accident, c'est-à-dire des personnes qui ont perdu l’usage d’une partie de leur corps suite à un accident, tout comme le coach. Il privilégie la thérapie de groupe et il a de très bon résultat.
Julie : Matt a raison maman, ce qu’il faut à papa c’est pouvoir échanger avec des gens dans le même cas que lui.
Tami : c’était justement ce qu’il me reprochait hier soir. Il a raison, je ne sais pas ce que c’est de vivre dans un fauteuil roulant sans pouvoir se servir ni même sentir ses jambes. Je dis toujours que je le comprends mais c’est faux. Comment on peut savoir ce que ça fait de ne plus jamais remarcher ?
Julie : maman, je crois qu’il est temps qu’il se fasse aider par des professionnels. Ça ne peut plus durer.
Tami : je sais et je crois qu’Éric le sait également mais il ne veut pas se l’avouer. Éric est si têtu par moments. Une grande discussion s’impose.
Julie : vous n’êtes plus tout seul et s’il le faut il peut rester avec nous le temps que vous repartez à Dillon finir l’année scolaire.
Tami : on n’en a pas encore discuté. Merci Julie. Matt je voulais te remercier pour tout à l’heure.
Matt : c’est normal Mme Taylor.
Tami : écoute Matt maintenant que tu as épousé ma fille et que tu seras bientôt le père de mes petits-enfants je souhaiterais que tu m’appelles par mon prénom.
Matt: ok Mme euh Tami.
Grace : et la maison maman ? On va toujours l’acheter ?
Tami : je ne sais pas ma chérie, on va devoir en discuter avec ton père et l’agent immobilier. Avec Monsieur Matthew en examen je ne sais pas comme cela va se passer. Maintenant si vous voulez bien je vais aller m’allonger un peu.
Julie : bien sûr maman. Pendant ce temps on va aller faire quelques courses avec Grace et Matt.
Tami rejoignit son mari dans le lit et ce blotti contre son corps chaud et elle prit son bras pour le positionner sur elle et s’endormit, rassurer par la présence rassurant de son cher et tendre.
Chapitre 30
Tami se réveilla en milieu d’après-midi à cause de l’agitation de son mari somnolent. Malgré ses efforts pour l’apaiser, Éric se réveilla brusquement et paniqué.
Éric la cherchant des yeux: TAMI ! Où es-tu ?
Tami le prit dans ses bras : je suis là mon amour. Chut… tu as fait un mauvais rêve.
Éric : tu vas bien ?
Tami : mais oui je vais bien. C’était juste un mauvais rêve. Rendort toi mon amour.
Éric : tu étais morte et c’était de ma faute. Je t’ai poussé violemment, tu es mal retombée et tu... Je suis un monstre !
Tami : calme-toi mon amour, je suis là. Tu n’es pas un monstre, tu étais juste à bout. Ça arrive à tout le monde de perdre ses moyens.
Éric : j’ai peur Tami.
Tami : peur de quoi ?
Éric : de moi. J’ai l’impression d’avoir deux personnes différentes en moi. Quand l’une fait tout pour s’en sortir, l’autre fou tout en l’air et réagis par la violence. J’ai peur d’elle et malgré tous mes efforts elle finit toujours par revenir de plus en plus violente. Tu crois que je deviens fou Tami ?
Tami : tu n’es pas fou mon chéri. Tu es dépressif.
Éric choqué: dépressif ?
Tami : le médecin du centre mais aussi de Dillon m’avait prévenu que tu étais sujet à la dépression. J’ai nié cette possibilité mais aujourd’hui je ne peux plus fermer les yeux. Tu es malade et tu dois consulter un spécialiste avant qu’il ne soit trop tard. Je ne supporterai pas de te perdre de cette façon Éric.
Éric : alors le faîte de réagir mal aux regards et aux critiques des autres et mes sautes d’humeurs sont dus à ma dépression ?
Tami : oui
Éric : je savais que quelque chose n’allait pas avec moi, j’ai mis ça sur le compte de mon fort caractère mais en vérité c’est que je suis mal dans ma peau. Je déteste l’image que je renvoie aux autres. Ce n’est pas moi ! J’ai jamais été violent, ni odieux avec qui que ce soit avant.
Tami : tu as un subi plusieurs traumatismes en si peu de temps et nous avons fait tous ce que nous pouvions pour t’aider à surmonter ces épreuves mais aujourd’hui, je pense que tu dois te faire aider par un spécialiste. Je sais que tu n’aimes pas les psychologues mais crois-moi mon amour, si tu acceptes d’en consulter un, ça sera le plus beau cadeau que tu puisses te faire. Matt connaît un très bon psy spécialiste des gens comme toi, qui ont perdu l’usage de leur jambe.
Éric : vous en avez discuté entre vous ?
Tami : tout le monde ce souci de toi. Grace et Julie ont besoin d’un père, et ce petit-enfant, qui va bientôt pointer le bout de son nez, a besoin d’un grand père pour lui apprendre les choses essentielles de la vie. Et moi je ne peux pas vivre sans ma moitié d’âme.
Éric : tu as raison, je dois me faire aider et je vais le faire. Je n’ai pas survécu à l’accident et enduré tous ses mois de dure rééducation pour me laisser abattre par une petite dépression.
Tami : je vais fixer un rendez-vous avec le Dr Silvano le plus tôt possible. Tu verras tout ira bien.
Au rendez-vous.
Le Dr Silvano les reçus le lendemain pour une première consultation, lui permettant d’en savoir un peu plus sur son patient. Il écouta le couple expliquant leur quotidien et le mal-être d’Éric depuis son accident, ensuite, il prit à part Éric, pour en savoir un peu plus sur son ressenti face à la situation.
Dr Silvano : alors dites-moi ce que vous ressentez à l’heure d’aujourd’hui.
Éric : je me sens responsable des choix forcés que ma famille subie. À cause de moi, on n’est obligé de quitter la ville où se trouvent tous nos amis, dans laquelle mes enfants ont grandi et ou j’ai vécu les moments forts de ma carrière.
Dr Silvano : et vous regrettez ce choix ?
Éric : je sais juste que c’était nécessaire mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir responsable de l’échec.
Dr Silvano : quel échec ?
Éric : Chicago est une très grande ville, je pensais que ça serait plus simple, qu’on ne me remarquerait pas et je me suis trompé une fois de plus. Dès mon arrivé, je me suis fait arnaquer par des gens malhonnêtes. J’ai mis ma famille en danger, vous comprenez ?
Dr Silvano : je comprends Éric mais ce qui vous est arrivé aurait pu se produire à n’importe qui d’autre.
Éric : ça m’étonnerait.
Dr Silvano : vous pensez que le faîte d’être diagnostiqué paraplégique fait de vous une cible.
Éric : oui. Les gens me regardent différemment depuis que je suis dans ce fauteuil. Quand j’étais coach dans le secondaire, on n’avait du respect pour moi.
Dr Silvano : et aujourd’hui, non ?
Éric : ils sont désolés pour moi, on me demande sans cesse si je vais bien, si j’ai besoin de rien, si ce n’est pas trop dur pour moi.
Dr Silvano : et vous ne le supportez pas ?
Éric : je veux qu’on me traite comme une personne normale.
Dr Silvano : c’est ce que tout le monde souhaite, mais vous, comment vous traitez vous ?
Éric : je ne comprends pas ?
Dr Silvano : est-ce que vous vous considérez comme une personne normale ?
Éric : pas vraiment.
Dr Silvano : et pourquoi cela ?
Éric : je ne peux plus me servir de mes jambes, et beaucoup de choses me sont désormais impossibles.
Dr Silvano : si je comprends bien vous voulez que les autres vous traitent comme une personne normale, alors que vous, vous ne vous considérez pas comme normale. N’aurait-il pas un problème selon vous ?
Éric : en effet.
Dr Silvano : quand vous étiez coach, vous aviez le respect de vos joueurs parce que vous arriviez à instaurer un climat de confiance avec eux. Vrai ?
Éric : vrai
Dr Silvano : aujourd’hui, quand je vous vois je n’ai pas envie de vous respecter. Vous savez pourquoi ?
Éric : non
Dr Silvano : devant moi, je vois une personne honteuse, une personne renfermé sur lui-même et qui manque de confiance en lui. En tant que coach, est-ce que vous accorderiez votre confiance et votre respect à un joueur comme vous ?
Éric : non.
Dr Silvano : à votre avis, pourquoi êtes-vous honteux et renfermé ?
Éric : peut-être parce que je n’ai pas accepté la situation.
Dr Silvano : approfondissez Éric.
Éric : tous les matins, je prie pour qu’un miracle se produise, que je sente à nouveau mes jambes mais chaque matin c’est la déception. Quand je me regarde dans le miroir je vois un homme amaigri, infirme et mal dans sa peau. Je fais semblant d’aller bien pour rassurer ma famille mais en vérité je haï de plus en plus l’homme qui a volé ma vie de rêve. Un jour, j’ai dit à mes proches que j’étais en paix avec moi-même, j’ai voulu le croire mais c’est faux. Comment voulez-vous que je sois en paix si je suis rempli de haine contre moi, contre mon agresseur, contre le monde entier. Comment ?
Dr Silvano : Il faut extérioriser tout ce que vous ressentez au fond de vous-même, que ce soit de la joie, de la colère ou votre haine. L’acceptation est le combat le plus dur que vous aurez à faire et c’est la clé de votre guérison. Ça vous demandera beaucoup de force et de courage pour y parvenir. Il faut vous vider de cette haine et de toutes vos pensées négatives sur vous-même. N’oubliez pas que vous êtes votre propre ennemie.
Éric : vous pensez que je vais y arriver ?
Dr Silvano : j’en suis convaincu Éric. Nous en avons terminé pour aujourd’hui. Je vous revois demain à la même heure pour commencer votre thérapie de groupe.
Éric : en quoi cela consiste ?
Dr Silvano : vous intégrerez un groupe de 4 personnes qui, comme vous, ont perdu l’usage de leurs jambes suite à un accident. Pendant ses séances vous apprendrez à vous connaître et surtout, vous échangerez sur vos modes de vie et sur vos émotions. Le but c’est d’échanger avec des personnes qui sont en situation similaire à la vôtre afin de mieux comprendre vos propres émotions.
Éric : ok. Combien j’aurai de séance ?
Dr Silvano : ça dépendra de vous.
Éric : merci Dr Silvano.
Dr Silvano: à demain Éric.
Quelques jours plus tard, Jeff, l’agent immobilier contacta de nouveau le couple, au sujet de la maison de Mr Matthew. Ils pouvaient toujours l’acquérir à un prix vraiment intéressant, vu que le propriétaire était mis en examen pour fraude et abus de faiblesse, sa maison était proposée aux enchères. Le couple se mit d’accord pour faire une offre, malgré tout ce qui s’était passé, la maison était réellement un coup de cœur pour eux. L’offre fut acceptée par l’huissier et la maison était à eux, officiellement. En fin de semaine, Tami et Grace devront rentrer à Dillon afin de reprendre leurs occupations et reviendront 15jours plus tard. Éric restera ici pour suivre ses séances chez le psy, et s’occuper de leur achat immobilier. Tami faisait entièrement confiance à son mari et même si elle avait de la peine de le savoir loin d’elle pour les 15 prochains jours, elle savait qu’au moins ici il serait utile. Éric rentrera a Dillon le weekend prochain pour finir d’emballer leurs affaires et dire au revoir définitivement à la ville qui l’avait accueilli pendant une decennie.
Les 15jours suivant à Chicago.
Éric suivait ses séances de thérapie de groupe et avait même sympathisé avec un jeune prodigue du football, un dénommé Nathan Fisher, stoppé net dans sa carrière à cause d’un malheureux plaquage. Ils avaient beaucoup échangé hors séance sur leur passé commun et une belle complicité naissait entre eux.
Éric : alors, dit moi Nathan, est ce que tu as des projets ?
Nathan : pas vraiment, j’ai perdu ma bourse d’étude et ma mère ne peut pas payer les frais de scolarité pour que je continue à suivre les cours. Et d’ailleurs, je ne sais pas vraiment quoi faire dans la vie. Je n’avais que le football.
Éric : je comprends Nathan, j’en ai vu passer des jeunes comme toi, l’un d’eux s’appelait Jason Street. Il était le meilleur quarterback que j’ai pu voir dans ma carrière et il était mon élève depuis ses 8ans. Je m’en suis beaucoup voulu à l’époque, il a fait un placage et sa colonne vertébrale c’est brisé. Normalement il n’aurait jamais dû le faire mais son équipe perdait et il s’est sacrifié pour elle.
Nathan : et il fait quoi maintenant ?
Éric : il est marié et ensemble ils ont eu un fils. Il gagne sa vie en étant consultant sportif. Il a traversé une période difficile mais une force de caractère hors du commun.
Nathan : vous avez l’air de l’apprécier énormément.
Éric : c’est un gosse que j’ai vu grandir, presque comme un fils et après toutes ces années il ne m’a jamais tourné le dos. Quand il a su pour mon accident, c’était le premier à me tendre la main et aujourd’hui on s’appelle régulièrement. Je te le présenterai quand il sera de passage.
Nathan : oui je serai très curieux de le connaitre.
Éric : est-ce que ça t’intéresse de reprendre des études ?
Nathan : j’aurai aimé mais je ne peux plus.
Éric : écoute je te propose un marché. Comme tu le sais je suis en train de monter un projet d’école, et j’ai obtenu le financement nécessaire. Maintenant je cherche le local et tout ce qui va avec. Je te propose de m’aider à réaliser mon projet et en contrepartie je te donne des cours gratuitement et même une place dans mon programme de football. Alors, qu’est-ce que tu en dis ?
Nathan : pourquoi vous faites ça ? On se connaît à peine et vous me faites confiance.
Éric : tu m’as beaucoup touché et je sens que tu es une bonne personne qui est capable de grand-chose. Je veux juste te donner une chance de le faire.
Nathan : je ne sais déjà pas ce que je veux faire de ma vie alors qu’est-ce que je vais bien pouvoir apprendre.
Éric : tu trouveras si tu t’en donne les moyens. Une chose est sûre, je ne te laisserai pas t’arriver ce qu’il m’est arrivé. J’ai fait beaucoup de connerie depuis que ma vie a basculé et sans ma famille et mes amis je serais sûrement mort à l’heure qu’il est.
Nathan : vous voulez m’en parler ?
Éric : ça risque de te donner de mauvais exemple à suivre.
Nathan : au contraire. Moi ça m’a fait un choc d’apprendre qu’à peine ma vie d’adulte commencé je devais la finir en fauteuil roulant. Mais vous ? Qu’est-ce que ça fait de passer la moitié de sa vie à marcher et d’apprendre du jour au lendemain que ce n’est plus possible ?
Éric : quand je me suis réveillé de mon coma je n’ai pas réalisé ce qui m’arrivait, ce n’est que le lendemain que j’ai pris conscience de ma paralysie totale. La première pensée qui m’est venue c’était de me tirer une balle dans la tête parce que je refusais de vivre comme ça toute ma vie. J’ai repris espoir quand les médecins m’ont dit que c’était juste temporaire sauf pour mes jambes. Les 4 premiers mois on était un calvaire que je préfère railler de ma mémoire. Quand je suis revenu à la réalité j’ai compris que ma vie ne serait plus jamais la même et je ne me doutais pas que le regard des gens changerait, que beaucoup de chose me serait impossible et j’ai sombré dans la dépression, l’isolement et parfois la violence. J’ai passé plus de 7 mois à m’apitoyer sur mon sort et me conduire de façon odieuse avec les personnes qui me sont chères.
Nathan : et qu’est-ce qui vous a poussé à faire une thérapie?
Éric : ma femme a su trouver les mots justes pour me faire réagir. Je n’avais réellement pas conscience de ma dépression jusqu’au moment où elle me l’a dit. De Austin a Dillon, j’ai eu un choc émotionnel, à Dillon, des amis de longue date m’ont tourné le dos et je me suis sentie trahi et déçu c’est pour ça que je suis venu m’installer ici et à Chicago la réalité m'a rattrapé une fois de plus, je pensais qu’ici la vie serait plus simple mais j’ai connu des débuts catastrophiques. Aujourd’hui ça va mieux et je m’accroche. Je ne veux pas que toutes ces choses se produisent à un jeune comme toi et tu peux compter sur moi quoi qu’il arrive.
Nathan : vous êtes une personne méritante et forte. J’admire votre parcours et j’accepte votre aide. Vous avez besoin de moi comme moi j’ai besoin de vous. Vous savez je n’ai jamais connu mon père, il est mort au combat.
Éric : je te présenterai à ma famille dès qu’elles seront de retour de Dillon. Tu n’es plus seul Nathan.
Nathan : en commençant la thérapie de groupe jamais je n’aurai pensé faire une rencontre aussi forte. Je suis seul dans cette grande ville et je n’ai pas vraiment eu le temps de me faire des amis.
Éric : mise à part ma fille et mon gendre je ne connais personne d’autres non plus. On va se serrer les coudes tous les deux.
Nathan : comptez sur moi.
Au fils des jours, Éric et Nathan passaient tout leur temps libre ensemble. En explorant ouest de la ville, ils tombèrent sur une vielle école désinfectée avec un grand terrain en terre battue. C’était le coup de foudre immédiat pour Éric et il voulait à tout prix l’acquérir. Il se renseigna auprès du voisinage pour savoir à qui appartenait cette bâtisse. La bâtisse appartenait à la ville et aussitôt il se rendit à la mairie pour en savoir un peu plus.
Les 15 jours suivant à Dillon.
Tami et Grace avaient retrouvé le chemin de l’école sans réels enthousiasmes. Billy, Tim et Buddy étaient les premiers à venir leur rendre visite à leur domicile mais déçu et inquiet d’apprendre qu’Éric n’était pas là.
Buddy : Éric reviendra plus à Dillon ?
Tami : il reviendra avec moi dans 15j. Il voulait rester à Chicago pour s’occuper de notre nouvelle maison.
Buddy : c’est chouette si vous avez trouvé rapidement. Éric va beaucoup mieux on dirait.
Tami : oui il va très bien maintenant qu’il a l’esprit occupé. Et Julie et Matt font être parents.
Tim : n°7 va être papa ! C’est super, vous le féliciterez de ma part.
Buddy : c’est une bonne nouvelle en effet. Et votre projet, ça avance ?
Tami : on n’a obtenu un prêt de notre banque et des donations des parents d’Éric. On n’a plus qu’à trouver un local et lancer notre affaire.
Buddy : je suis heureux pour vous. Ça me brise le cœur de vous voir partir mais ce qui compte c’est votre bonheur.
Tami : Dans un mois on sera parti de Dillon et quoi qu’il arrive, on restera en contact.
Billy : vous ne deviez pas finir l’année scolaire ici ?
Tami : on n’a changé nos plans vu qu’on a trouvé notre maison, et que notre projet avance bien.
Buddy : tous s’arrangent on dirait.
Tami : oui et je pense que le pire est derrière nous maintenant. Éric est tellement heureux d’être bientôt grand père. C’est un vrai cadeau du ciel.
Buddy : on comptait préparer une petite fête pour votre départ, tu penses qu’Éric acceptera ?
Tami : si c’est en petit comité, je pense que ça ira.
Buddy : promis
Tim : n’hésitez pas à demander si vous avez besoin d’aide pour votre déménagement.
Tami : je t’en remercie Tim. C’est très gentil de ta part.
Pendant cette quinzaine, notre couple s’appelait tous les soirs et Éric parlait sans cesse de Nathan. Tami avait hâte de découvrir le jeune homme qui avait redonné le gout de vivre à son mari.
À Chicago, 15 jours plus tard.
Aussitôt arrivé, Éric emmena sa femme et Grace directement à leur maison. Il avait refait toutes les peintures et nettoyé le jardin. Nathan était à la maison et il fit la présentation.
Éric : voici Nathan, il fait partir de mon groupe de thérapie. On n’est devenu très proche et il me donne un coup de main.
Nathan : enchanté madame.
Tami : je t’en prie, appelle-moi Tami, et voici notre jeune fille, Grace.
Grace : salut Nathan.
Nathan : salut
Éric : bon les enfants ont vous laisse un petit moment, je dois montrer quelque chose à ma merveilleuse femme.
Tami : tu m’emmènes où ?
Éric : tu verras bien.
Tami : dans ce cas. On revient vite les enfants.
Grace : t’inquiète pas maman, on va faire connaissance.
Éric et Tami parti
Nathan : c’est une chouette personne ton père.
Grace : oui c’est vrai. En tout cas je ne sais pas ce que tu lui as fait mais je ne l’ai jamais vu aussi heureux depuis son accident.
Nathan : on n’a beaucoup échangé lui et moi. Ça peut paraître bizarre entre deux personnes de générations différentes pourtant on se sent bien quand on discute, comme une relation père/fils.
Grace : mon père est comme ça dans la vie. Si tu savais le nombre de fois j’ai pu être jalouse de ses relations avec ses joueurs.
Nathan : désolé je n’aurai peut-être pas dû dire cela…
Grace : ah non ne t’inquiète pas ! Tout ce qui m’importe c’est de voir mon père heureux. En tout cas tu peux lui faire confiance, s’il t'a dit qu’il allait t’aider, il va le faire, crois-moi.
Nathan : comment tu sais qu’il m’a proposé son aide ?
Grace : je connais mon père par cœur et je suis très fière d’être sa fille.
Nathan : ton père avait raison, tu es une chouette fille et très mature pour ton âge.
Grace : je vois que tu connais beaucoup de chose sur moi. Et ce que je peux en apprendre davantage sur toi ?
Nathan : c’est d’accord.
Au même moment, à quelques kilomètres de la maison, Éric présenta à sa femme le bien pour lequel il avait eu un coup de foudre. Il scrutait la moindre réaction de sa moitié.
Éric : alors ! Qu’est-ce que tu en penses ?
Tami : je reste sans voix !
Éric : bon je te l’accorde, il y aura quelques travaux de rafraîchissement mais le potentiel est là. À l’intérieur, il y a 5 classes et aux deuxièmes étages la partie administration, et derrière la bâtisse il y a un grand gymnase et un terrain de sport.
Tami : tu as déjà visité ?
Éric : oui, pour ne pas te décevoir si on ne pouvait pas se l’offrir.
Tami : et si tu me le présentes c’est qu’on n’a les moyens financiers ?
Éric : en vérité ce bien appartient à la mairie de Chicago et ça fait des années qu’il cherche à le louer. Je leur ai expliqué notre projet et ils étaient emballés et sont prêts à nous le louer pour un prix abordable. Ils s’engagent à remettre le bâtiment aux normes rapidement. J’ai des photos de l’intérieur, regarde.
Pendant que Tami regardait les photos, des larmes coulaient le long de ses joues.
Éric inquiet : chérie ? Pourquoi tu pleures ? Ça ne te plaît pas ?
Tami sauta au cou de son mari : c’est merveilleux mon chéri, j’adore cet endroit.
Éric la fit s’assoir sur lui et ils s’embrassèrent tendrement, entrelacé dans les bras l’un de l’autre. Il semblerait qu’Éric soit en voie de guérison de sa dépression et s’autorise enfin à être de nouveau heureux.
chapitre 31
Le lendemain, Éric et Tami se rendirent à la mairie pour commencer les démarches administratives pour la location de l’école. La mairie s’engagea à remettre la bâtisse aux normes d’ici 2 mois au plus tard. Le reste de la journée fut consacré à la maison, pendant qu’Éric et Matt s’attelaient à la peinture et aux nettoyages, les filles partiraient en shopping. Le weekend passa très vite et il était temps pour les Taylor de rentrer à Dillon pour la dernière fois.
Dillon.
Tami passait la plupart de ses journées à son bureau pour finir la paperasse de toutes les admissions de la rentrée prochaine, mais aussi pour former sa remplaçante fraîchement arrivée. Grace n’avait plus beaucoup d’heure de cours ce qu’il lui permettait d’aider son père à faire les cartons. Toutes les fins de journée, le père et la fille s’autorisaient une petite sortie au terrain des Lion’s afin d’assister aux entraînements. Malgré tous les événements passés, les Lion’s restaient dans son cœur et il voulait les encourager jusqu'à son départ.
Au cours de la première semaine, les Taylor ont reçu beaucoup de visite dont Buddy, Tim, Landry qui était de passage chez ses parents, ainsi que la visite surprise et inattendu de Kyle William.
Kyle : bonjour coach.
Éric : salut Williams, que me vaut cette visite ?
Kyle : je sais que ma visite peut vous surprendre mais j’avais besoin de vous parler en privé.
Éric : je t’écoute.
Kyle : je tenais à vous faire part de ma réponse au sujet de votre offre de coach assistant à Chicago. Je décline votre offre pour la simple et bonne raison que je retourne vivre en Floride et que j’ai un emploi de coach assistant qui m’attend là-bas.
Éric : je suis heureux pour toi Williams. Je suis sûr que tu feras un très bon coach.
Kyle : vous ne m’en voulez pas ?
Éric : je t’en aurai voulu si ta raison n’était pas valable. J’avais peur que tu refuses à cause de nos différents, mais si c’est pour un autre boulot, moi ça me va très bien.
Kyle : justement coach, je tenais sincèrement à m’excuser pour tout ce que je vous ai fait. Vous aviez raison, je cherchais un coupable à mon échec.
Éric : je t’ai dit que je ne tant voulais pas. Ça ne sert à rien de remuer le passé, ok ?
Kyle : oui coach.
Éric : il faut que tu travailles sur ta personnalité et ton caractère si tu veux faire carrière. Je sais que tu as une très bonne capacité d’observation et d’analyse, mais le manque d’esprit d’équipe peut jouer en ta défaveur. Il va falloir que tu apprennes à écouter et penser équipe avant de penser à ta carrière perso. Il faut du temps pour construire une notoriété dans le milieu.
Kyle : merci pour vos conseils coach.
Éric : je te souhaite une longue carrière.
Kyle : vos futurs élèves auront de la chance de tomber sur une personne telle que vous. Vous dégagez un certain respect, du courage et l’envie de se surpasser, et encore plus maintenant. Ce que vous êtes en train de réaliser prouve que, ce n’est pas parce qu’on n’est différent, qu’on ne peut pas réussir.
Éric : ça me touche beaucoup ce que tu me dis là.
Kyle : je suis sincère. Je vous ai détesté depuis tant d’années, mais aujourd’hui, j’ai un profond respect et de l’admiration à votre égard. Si une épreuve comme celle-là m’arrivait, je n'y survirais pas.
Éric : je me disais la même chose et pourtant je suis là. On ne sait jamais de quoi on est capable Williams. Bon retour en Floride et tu me tiens aux nouvelles.
Kyle: promis coach. Bonne chance à Chicago.
Éric: merci Williams.
Le vendredi soir, Dillon était en effervescence, le match, certes amical, opposait les deux équipes de la ville. Les Lion’s était existé et motivé à battre leur rival de toujours, et devant leur ancien coach, Éric Taylor, venu voir le match. Ils voulaient plus que tout offrir cette victoire au coach, l’homme qui avait construit et fait évoluer cette équipe au rang de meilleure équipe du Texas. Ils voulaient que cet homme assiste à leur victoire avant qu’il s’envole vers Chicago. Après plusieurs mois de rancœur envers leur ancien coach, aujourd’hui, ils avaient compris, pardonné et accepté son départ et ils voulaient plus que tout lui montrer ce soir, en battant les Dillon Panthers.
La famille Taylor se préparait pour le match. Éric était très heureux de l’invitation envoyée par ses joueurs pour assister au match de ce soir. Le dernier match auquel il avait assisté était juste celui après son coma. Après, tous les événements se sont enchaînés très vite. Il n’avait plus assisté à un seul match, de peur que ce soit mal perçu par la communauté et aussi parce qu’il éprouvait de la colère contre eux, ce qui n’était plus le cas aujourd’hui.
Le stade était plein et la foule surexcitée. Buddy avait réservé une place de choix pour ses amis. Les trois capitaines de chaque équipe s’avancèrent au milieu du terrain pour rejoindre l’arbitre pour procéder au tirage au sort mais au lieu que ce soit un des capitaines, ce fut Éric que l’arbitre appela au milieu du terrain pour le pile ou face. Éric était vraiment surpris mais enchanté par cette délicate attention et se rendit donc au centre du terrain sous les acclamations de la foule surexcité. Tirage au sort en faveur des Lion’s, Éric demanda discrètement aux capitaines quelle phase de jeu ils souhaitaient. Le jeu commença donc par la phase offensive et Éric rejoignit sa place au côté de Tami, Grace, et Buddy qui l’attendait.
Éric : c’était ton idée ?
Buddy : pour une fois je n’y suis pour rien, ce sont tes joueurs qui ont voulu te faire cet honneur.
Éric ému : je suis heureux que mes joueurs aient compris ma décision et ils me l’ont prouvé ce soir.
Buddy : c’est de bons petits gars et je pense qu’on va assister à un match mémorable ce soir.
Éric réjouis : je le pense aussi Buddy.
Le match se solda par une belle victoire des Lion’s. Les joueurs invitèrent leur coach et sa famille chez Buddy’s pour y fêter leur dernière victoire ensemble. Ce fut une soirée mémorable pour tous, rempli de joie, de confession et de retrouvailles entre un coach et son équipe.
Le soir dans la chambre conjugale, Tami était soucieuse par le silence prolongé de son mari.
Tami : à quoi tu penses mon amour ?
Éric : ils veulent donner mon nom au stade des Lion’s, en guise de remerciement et d’hommage.
Tami : sérieusement ?!
Éric : c’est Buddy et Madame le maire qui me l’a annoncé officiellement donc oui je suis sérieux.
Tami : et tu as répondu quoi ?
Éric : que j’allais y réfléchir.
Tami : et tu y réfléchis ?
Éric : dire oui à ce projet serait contraire à mes principes. Tu me connais, je n’ai jamais recherché la reconnaissance, ni la célébrité. Pourquoi ça serait différent aujourd’hui.
Tami : mais ?
Éric : mais je sais pourquoi ils veulent faire ça et je me sens coupable de leur dire non.
Tami : tu veux mon avis ?
Éric : oui j’aimerais assez.
Tami : tu es encore maître de tes choix, si tu ne veux pas que le stade porte ton nom, dis-leur. Tu as toujours été franc, pourquoi ça serait diffèrent ?
Éric : ce n’est pas si simple. Ils veulent se faire pardonner et je me sens coupable de leur non.
Tami : je trouve ça malsain de leur part. Je te rappelle que, si tu n’avais pas eu cet accident, on serait parti à Chicago comme prévu. Est ce qu’il était question de donner ton nom à ce stade à ce moment-là ?
Éric : non en effet.
Tami : as-tu oublié les mots durs qu’ils ont eus à ton égard ?
Éric : non
Tami : je trouve ça bien que tu veuilles quitter en bon terme Dillon mais tu n’es pas obligé d’accepter n’importe quoi non plus. Tu as le droit de refuser. S’ils ont à cœur de te rendre hommage, il y a d’autres moyens.
Éric : pour être toute à fait franc, je me fous pas mal des gens d’ici et encore plus de madame le maire et ils peuvent se la mettre où je pense leur hommage. Ce qui m’embête le plus ce sont la réaction de mes joueurs. Je viens à peine de retrouver leur confiance, je n’ai pas envie qu’ils soient déçus.
Tami : Ils savent que tu es quelqu’un de passionné qui n’attache pas trop d’importance à son image publique.
Éric taquin : j’ai compris, tu ne veux absolument pas que mon nom soit associer à Dillon !
Tami : ton nom doit être associé uniquement au mien !
Éric : je te jure que personne d’autre que toi n’aura ce privilège, pas même un stade de football. Je t’aime Madame Tami Taylor.
Tami : je t’aime aussi Éric Taylor.
Éric : j’ai envie de toi !
Tami taquine : quelle délicatesse !
Éric la regardant dans les yeux : est-ce que tu veux bien me laisser te montrer à quel point je t’aime ?
Tami embrassant son mari : voilà qui est mieux. Allez viens mon amour !
Le lendemain Éric annonça sa décision à madame le maire, et malgré une déception évidente, elle s’engagea à respecter sa volonté mais, elle ne pouvait pas laisser partir une famille aussi influente sans rien faire. Avec la complicité de Buddy et d’autres membres de son équipe, ainsi que les frères Riggins, elle concocta une soirée barbecue géant sur le stade des Lion’s. La petite fête est programmée samedi soir, la veille du départ des Taylor.
chapitre 31 suite
Les jours passaient et se ressemblaient, Tami avait fini son travail à l’école et pouvait enfin aider pour les cartons. La veille de leur départ, tous leurs cartons étaient prêts, les meubles démontés, prêts à être chargé dans le camion de déménagement le lendemain. En fin d’après-midi, Riggins débarqua, paniqué chez eux.
Éric : Riggins ? Que se passe-t-il ?
Billy : c’est les flics, ils ont débarqué en plein milieu de l’entrainement, ils veulent embarquer Junior, je ne sais pas quoi faire pour les dissuader. J’ai pensé que vous pourriez venir et témoignez en sa faveur, vous le connaissez depuis plus longtemps que moi.
Éric : ok j’arrive tout de suite.
Tami : on vient avec toi Éric. Grace !
Grace : j’arrive maman.
Éric partit devant avec Billy, suivi par Tami et Grace. Arrivé au stade, Billy conduisit les Taylor sur le terrain et là, surprise général, une centaine de personnes était réunie sur le terrain, les acclamant. Julie et Matt étaient là, avec Buddy, Smash, Vince, Tim, Luke, Landry, Jason, Jess et Tyra. Derrière eux, des citoyens de Dillon Est et de Dillon Ouest.
Madame le maire : je sais que vous ne vouliez pas d’hommage mais vous, ainsi que votre femme, ont contribué à l’évolution de cette ville et nous ne voulions pas pour laisser partir sans vous remercier. Tami, vous avez consacré beaucoup de temps pour nos jeunes, vous avez effectué beaucoup de changements positifs dans nos programmes scolaires et renouvelée une bonne partie de notre matériel scolaire. Grace à vous, notre école de Dillon Ouest a obtenu le ruban bleu d’excellence et vous avez contribué à la réussite de notre école de Dillon Est. Éric, vous nous avez offert 3 belles victoires de championnat du Texas et de bon classement, que ce soit avec les Panthers ou les Lion’s, mais vous avez avant tout éduqué nos jeunes citoyens, vous leur avez inculqué vos valeurs et le dépassement de soi. Vous avez contribué à la réussite de beaucoup de joueur, comme Smash et Vince. Nous sommes fières de vous avoir comptés parmi nos citoyens pendant tous ses années. Nous vous remercions de votre engagement personnel à l’encontre de la jeune génération. Merci à vous et je vous souhaite une très belle réussite dans votre projet futur.
Tami ému : merci à tous, nous sommes très émus mon mari et moi-même par cette surprise. Dillon restera dans nos cœurs. Nous n’oublierons jamais votre élan de générosité financière envers mon mari. Encore une fois, merci pour cela.
Éric : ma femme et moi sommes des gens simples mais habités par nos métiers respectifs. Nous avons fait du mieux que l’on pouvait pour que la jeunesse soit à égalité des chances face à leur avenir. Vous voir ici, tout réuni pour nous remercier est la plus belle récompense pour nous, cela signifie que nous avons atteint notre objectif. Il faut savoir que nous n’aurions jamais réussi sans votre volonté de changer les choses. Merci à vous de nous avoir fait confiance.
Le principal Burnwell : Éric, Tami, je suis heureux de vous offrir officiellement un partenariat entre mon école et la vôtre.
Tami: merci Burnwell.
Eric: merci Burnwell.
(Applaudissement)
Éric : je voulais rajouter encore une chose. Ces 9 derniers mois on était une épreuve pour nous tous. J’ai éprouvé un sentiment de trahison et de colère contre certains d’entre vous et je sais que c’était partagé. Les tords étaient des deux côtés. Je sais que je n’ai pas toujours été franc avec vous tous et je m’en excuse. Si vous êtes réuni aujourd’hui pour nous, c’est que quelque part, on fond de vous, vous avez pardonné mes nombreux faux pas. J’en suis très heureux. Je m’en serai voulu de vous quitter en mauvais terme, pas après vos dons pour ma rééducation et mon fauteuil. Nous quittons aujourd’hui Dillon avec le cœur gros mais comme vous savez, cette décision était nécessaire et de plus, ma fille, Julie ici présent, nous a fait le plus beau des cadeaux, celui d’être grand parents. Nous ne voulons plus vivre loin, l’un de l’autre. Nous t’aimons très fort Julie.
Julie couru dans les bras de ses parents : je vous aime aussi.
La démonstration affective de la famille Taylor émue tous les invités. Ils comprenaient que la famille était plus importante que sa carrière et qu’après tous les évènements tragiques qu’ils avaient subis, ils avaient le droit de vivre heureux et réuni. Toute la rancœur contre leur coach était effacée définitivement.
Pendant la petite fête, notre couple était bien souvent séparé et passait d’une personne à une autre. Éric passait son temps avec ses anciens joueurs et Buddy.
Buddy : alors Éric, prêt à commencer une nouvelle vie ?
Éric : j’avoue que Chicago est une magnifique ville, et je mis sens bien. J’ai rencontré un jeune homme avec qui je suis très proche. J’ai fait sa connaissance aux séances de thérapie de groupe, il est paraplégique comme moi et on s’entraide énormément.
Jason : on dirait que vous avez rencontré votre « Herc ».
Éric : oui et d’ailleurs il souhaiterait te rencontrer un de ses jours. Il a le même parcours que toi.
Jason : si je suis en déplacement vers Chicago, vous me le présenterez.
Éric : marché conclu. D’ailleurs, je vous invite tous à l’inauguration de notre école. Si tous se passent bien, on compte l’ouvrir pour la rentrée de septembre.
Smash : on viendra coach.
Vince : oui c’est clair, on ne loupera pas un événement aussi important.
Éric : vous en êtes où dans vos carrières respectives ?
Smash : je passe officiellement pro et j’ai déjà 4 offres de contrat des équipes de Houston Texan, Dallas Cowboys, Tennessee Titans, Carolina Panthers
Éric : ce sont toute de très bonne équipe, les Carolina Panthers sont très bien classés et je connais leur coach. Si tu veux un conseil tu devrais accepter leur offre, tu as une réelle opportunité avec eux.
Smash : j’avoue que ma préférence était pour eux.
Éric : et toi Vince ?
Vince : je suis dans ma dernière année universitaire, et j’ai déjà une bonne notoriété. Je pense pouvoir accéder à une carrière pro.
Éric : garde la tête froide et soit irréprochable.
Vince : vous s’inquiéter pas, ce qui s’est passé avec les Lion’s ne se reproduira plus.
Éric : tu as une réelle chance de décrocher une place parmi la meilleure équipe du pays. Ne lâche rien !
Vince : je ne lâcherai rien. Vous m’avez fait confiance et je ne vous décevrai pas coach.
Éric : j’en suis sûr. Et Toi Tim ?
Tim : vous allez rire mais je me suis inscrit à un programme de formation pour apprendre la menuiserie.
Smash : sans déconner Tim ! Tu reprends le chemin de l’école ?
Tim : c’est une formation de 6 mois ou je vais alterner école et apprentissage afin de décrocher un diplôme de menuisier.
Éric : c’est surprenant de ta part mais je crois en ton projet. Je ne te savais pas menuisier dans l’âme.
Tim : c’est en construisant ma maison que j’ai découvert mon amour pour le bois et l’envie de construire des choses de mes propres mains. J’espère juste que je ne me réveille pas trop tard pour prendre ma vie en main. J’ai trop déconné.
Éric : il n’est jamais trop tard pour cela Tim. Regarde-moi, j’ai cru avoir un avenir tout tracé et pourtant, à 45 ans je me retrouve paraplégique et j’ai dû reprendre ma vie en main.
Tim : justement c’était l’élément déclencheur pour moi. Je n’avais pas vraiment conscience que la vie pouvait basculer du jour au lendemain. Je veux faire quelque chose de ma vie, avoir ma propre famille qui m’attendrait tous les soirs à la maison.
Jason : je rêve, notre Tim veut se caser !
Smash : je te rejoins à 100% Jason.
Tim : vous êtes trop bête ! J’aurai mieux fait de fermer ma gueule.
Jason : on te taquine Tim ! Je suis content pour toi mon pote.
Éric : je peux te parler en privé Tim ?
Tim : bien sûr.
Éric : je t’ai vu évoluer depuis des années. Tu es devenu un homme aujourd’hui et je suis sûr que la vie te sera plus simple maintenant que tu as pris confiance en toi.
Tim : vous croyez que j’ai pris la bonne décision ?
Éric : je ne crois pas, j’en suis sûr. Tu m’as montré ta maison, j’ai adoré et franchement, moi, j’en saurai incapable.
Tim : merci coach.
Éric : avant que je parte, je voulais te remercier de m’avoir sauvé la vie.
Tim : je ne mérite pas votre remerciement. J’aurai dû vous empêcher de partir.
Éric : j’étais dans un état second et je n’aurais écouté personne me dire ce que j’avais à faire. Tu m’as sauvé la vie parce que tu as prévenu ma femme rapidement et que vous êtes intervenu rapidement sur moi. (Éric lui tendit un chèque) Tient Tim, cet argent te donnera un coup de pouce dans ton projet de vie.
Tim : je ne peux pas accepter coach.
Éric : accepte ce chèque Tim et nous serons quittes.
Tim : vous ne me laissez pas le choix.
Éric : toute à fait.
Tim : merci coach.
(Éric s’adressa ensuite à Buddy en privé)
Éric : je voudrais te demander un service.
Buddy : je t’écoute.
Éric : j’aurai besoin de toi pour démarcher les nombreuses écoles dans les Etats voisins à Chicago. Tu as toujours su y faire contrairement à moi.
Buddy : je t’accompagnerai avec plaisir. Et tu prévois ça pour quand ?
Éric : pas avant un mois je pense, il faut attendre que les travaux avancent pour qu’on puisse fixer, avec Tami, une date d’ouverture. Je pense qu’on partira une dizaine de jours sur les routes pour visiter un maximum d’écoles.
Buddy : pas de problème pour moi. Tu me retiens au courant pour les dates.
Éric : on fait comme ça Buddy.
Buddy : et sinon tu ne nous en veux pas trop pour cette petite fête improvisée ?
Éric : non, bien sûr que non. Ça me fait chaud au cœur de voir autant de monde réuni pour nous. Je n’aurai jamais cru cela.
Buddy : on n’a filtré les entrées, on ne voulait que des gens honnêtes et sincères, les gens qui vous ont aidé et qui n’ont jamais mis en doute vos compétences. On ne voulait surtout pas que cette fête finisse en règlement de compte.
Éric : je me doutais bien qu’il y avait encore des rancœurs contre moi.
Buddy : que veux-tu, c’est Dillon.
Éric : en tout cas à Chicago personne ne me connaît et c’est vraiment agréable. C’est vraiment ce dont j’avais besoin pour une nouvelle vie.
Buddy : j’espère que ta tranquillité ne sera pas perturbée par les journalistes. Ils voulaient à tout prix assister au discours de madame le Maire et obtenir une interview de toi avant ton départ pour Chicago.
Éric : décidément ils ne me laisseront jamais tranquille.
Buddy : Personne n’aurait laissé qui que ce soit, troublé notre pot de départ surprise.
Éric : j’apprécie le geste.
Buddy : Je suis heureux que tu es retrouvé la paix et ta joie de vivre, ça faisait longtemps que je ne t’avais pas vu sourire autant. Tu t’es métamorphosé depuis que tu vis à Chicago. Ça me fend le cœur de te voir partir mais tu as pris la bonne décision. Tu vas énormément me manquer mon plus fidèle ami.
Éric : je n’avais aucun regret de quitter Dillon, jusqu'à aujourd’hui. Je laisse derrière moi beaucoup d’ami et une famille. Tu vas me manquer mon ami !
Nos deux amis restèrent quelques secondes entrelacées.
Buddy en rigolant : c’est dommage que tu n’aies pas accepté que ce stade porte ton nom. J’aurai eu l’impression que tu étais encore ici et on aurait continué à boire des bières ensemble.
Éric : tu me connais, je suis un homme de principe, et franchement, entre nous, ce n’est pas un peu gros comme hommage.
Buddy : ah Éric ! Tu es trop modeste. Tu le mérites amplement ! Il n’y a pas beaucoup de coach qui a un tel palmarès.
Éric : j’ai fait ce métier par passion, par pour mes bagues, ni pour un stade. Ma plus grande satisfaction c’est d’avoir permis à des jeunes de la rue de pouvoir en sortir.
Buddy : lucide et vaillant !
Éric : nous vaincrons !
(Ensuite, Éric parti rejoindre sa femme qui était avec Tyra.)
Éric : salut Tyra, comment vas-tu ?
Tyra : très bien Monsieur Taylor. Alors c’est le grand départ ?
Éric : comme tu vois.
Tami : tu te rends compte Éric, Tyra étudie la politique.
Éric : quel genre de politique ?
Tyra : la lutte des inégalités. Je suis en train de rédiger mon mémoire sur les inégalités entre les classes sociales. C’est un sujet passionnant et personnel.
Éric : eh bien bon courage Tyra pour la suite de tes recherches.
Tyra : merci Monsieur Taylor. (Éric s’éloigna des filles pour rejoindre Grace et Julie)
Tami : si tu as besoin d’un coup de main, appelle-moi. Je m'y connais en inégalité. Je lutte tous les jours contre.
Tyra : vous voulez parler de votre mari ?
Tami : une fois qu’une personne est différente des autres on le montre forcément du doigt. Éric n’est pas le premier, ni le dernier malheureusement. C’est bien que des femmes se battre contre les discriminations et la lutte des classes sociales.
Tyra : Vous pensez que votre mari pourrait témoigner ?
Tami : je peux te parler de ce qu’il a vécu mais pour Éric, c’est encore un sujet sensible pour lui.
Tyra : je comprends. Ça pas dû être simple tous les jours.
Tami : en effet. J’avais l’impression de vivre avec un autre homme durant ses 9 derniers mois. Je suis passé plusieurs fois tout prêt d’être veuve et je ne remercierai jamais assez dieu d’avoir épargné et guidé Éric jusqu'à la guérison.
Tyra : je suis sincèrement désolé de l’apprendre et vous ne méritiez pas cela.
Tami : personne ne devrait vivre ça.
Tyra : je passe à Chicago pour un congrès dans une quinzaine de jours. On pourrait se voir et vous me raconterez tout. Votre histoire m’intéresse et je veux qu’elle serve d’exemple. Vous êtes d’accord ?
Tami : pourquoi pas. Il faut que j’en parle à Éric avant et je tiens au courant.
Tyra : merci Madame Taylor.
La fête dura jusqu'à tard dans la nuit et le lendemain les Taylor partaient définitivement de Dillon.
chapitre 32
La famille Taylor arriva dans la nouvelle maison en milieu d’après-midi. Nathan était là pour les accueillir, ainsi que les parents d’Éric.
Papa : salut fils, bienvenu à la maison. Le voyage n’a pas été trop long ?
Éric surprit: papa, maman ! Qu’est-ce que vous faites là ?
Papa : ta mère et moi avions des vacances alors on s’est dit que tu aurais sûrement besoin de notre aide pour le déménagement.
Maman : en tout cas c’est une charmante maison que vous avez là.
Éric : mais…. vous êtes arrivé quand ?
Papa : il y a 2 jours. Julie est venue nous chercher à l’aéroport et nous a fait visiter la maison avant de partir vous rejoindre à Dillon.
Éric : tu ne nous as rien dit Julie ?
Julie : c’était une surprise.
Tami : ça nous fait très plaisir que vous soyez venu et je crois que 4 bras supplémentaires ne seront pas de refus pour décharger nos affaires. Le voyage a été long et fatiguant, surtout pour Éric, il a fallu qu’on s’arrête 3 fois en route.
Éric gêne: je crois que j’ai perdu l’habitude de conduire aussi longtemps.
Papa : bon le principal c’est que vous êtes arrivé sans encombre. Tu peux aller te reposer fils, on va gérer la situation avec Tami.
Éric : non ça ira.
Maman : mettons-nous au travail !
Chacun se mit donc au travail, Matt et le père d’Éric s’occupaient de porter les meubles dans la maison, guidaient par la consigne d’Éric. Julie, la maman d’Éric et Nathan se chargeaient des cartons sous les ordres de Tami.
Le plus gros du déménagement prit fin en début de soirée. La famille Taylor, sans Julie et Matt, parti un peu plus tôt, prit un moment de répit à table. Les conversations se centraient surtout sur leur départ de Dillon, ainsi que sur Nathan.
Papa : alors Nathan, vous vous plaisez dans notre famille ?
Nathan : oui Monsieur, Éric m’avait prévenu que vous étiez des gens simples.
Maman : où sont vos parents ?
Nathan : mon père est mort au combat et ma mère habite loin d’ici.
Maman : vous n’avez pas songé à retourner vers elle après votre accident ?
Nathan : pas vraiment, ma mère est du genre indépendante et dépensière. J’ai tout fait pour obtenir une bourse d’étude pour partir de chez elle. Pour dire vrai, je n’ai jamais considéré ma mère comme tels. Vous, c’est différent, vous avez l’air d’être une famille uni et toujours prêt à s’entraider.
Maman : ça n’a pas toujours été le cas. On n’a retrouvé notre fils seulement il y a quelques mois.
Nathan : vous vous étiez perdu de vue ?
Éric : j’ai coupé les ponts avec mes parents à l’âge de 20 ans mais aujourd’hui je regrette cette décision et je suis heureux qu’ils refassent parti de ma vie. Je te conseille d’en faire autant avec ta mère avant qu’il ne soit trop tard.
Nathan : ma mère n’a jamais été présente pour moi depuis la mort de mon père.
Papa : nous aussi, nous avons fait des erreurs avec notre fils et pourtant il a trouvé la force de nous pardonner.
Nathan : comment avez-vous réagi à l’accident de votre fils ?
Papa : on n’a su que c’était le moment de faire la paix avec lui et qu’il sache qu’on l'a toujours aimé malgré le temps perdu et qu’il aurait besoin de notre soutien plus que jamais.
Nathan : ma mère, elle a juste envoyé un chèque pour payer ma rééducation, avec un petit courrier me disant qu’elle était désolée pour mon accident et me demandant de rester ici, à Chicago, parce qu’elle ne pouvait plus m’accueillir chez elle. Vous croyez que c’est quelque chose à dire pour une mère ?
Maman : non, en effet. Je suis désolé pour cela Nathan.
Éric : dorénavant tu fais partie de la famille.
Tami : je rejoins mon mari, tu es ici chez toi. Où loges-tu Nathan ?
Nathan : je loue une chambre d’étudiant.
Tami : on n’a une chambre d’ami si tu veux.
Nathan : non merci madame mais l’apprécie l’offre. D’ailleurs je vais vous laisser, il se fait tard.
Éric : je te raccompagne.
(Sur le palier)
Éric : merci pour ton coup de main Nathan. Tu es sûr que tu ne veux pas rester ici ? Tu ne nous dérangeras pas.
Nathan : merci Éric mais je crois que vous avez besoin d’être en famille ce soir.
Éric : bon très bien, je n’insiste pas. Demain, je viens te chercher pour notre séance de thérapie ?
Nathan : je ne pensais pas que vous iriez. Vous avez encore beaucoup de chose à faire dans la maison.
Éric : certes mais il faut que j’y retourne. J’ai déjà loupé 4 séances.
Nathan : dans ce cas, a demain Éric. Bonne soirée.
(Son père arriva derrière lui, juste après le départ de Nathan)
Papa : il est charmant ce gamin.
Éric : on s’entraide beaucoup lui et moi. Il a l’âge d’être mon fils mais pourtant je le considère plus comme mon petit frère à qui je me confie sans détour et qui veille sur moi comme moi je veille sur lui. Je n’aurai jamais imaginé faire une telle rencontre en thérapie de groupe.
Papa : je suis vraiment heureux pour toi mon fils. Et sinon, pas trop dure de quitter Dillon ?
Éric : un peu chamboulé et triste mais ça ira mieux au fil du temps.
Papa : qu’est ce qui s’est passé ? Quand on sait quitter, tu comptais reprendre ton métier de coach.
Éric : un différend avec les supporters et d’autres choses sans importance.
Papa : du genre ?
Éric : trop de souvenir. On n’avait besoin de s’éclipser de Dillon pour faire le point, comme toi à l’époque je suppose. Et puis Julie nous a annoncé sa grossesse et là j’ai su que c’était vraiment ce qu’on avait besoin. Prendre un nouveau départ.
Papa : je trouve cela très courageuse. C’est jamais simple de tout plaqué du jour au lendemain et recommençait une vie ailleurs. Moi je n’ai jamais vraiment pu le faire puisque je suis revenu vers ta mère.
Éric : tu as retrouvé l’usage de tes jambes contrairement à moi. A Dillon, tous me rappelaient ma vie d’avant et c’est difficile de se reconstruire avec ça.
Papa : tes séances de thérapie t’aident bien ?
Éric : j’avance doucement vers l’acceptation et j’ouvre mon esprit sur les nouvelles choses que je peux faire.
Papa : tu as combien de séance par semaine ?
Éric : 2 pour le moment.
Papa : et ça consiste en quoi ?
Éric : c’est surtout basé sur le dialogue et l’écoute. A chaque séance, chacun notre tour, nous devons raconter ce que nous avons fait de nos journées et des difficultés rencontrées, parler de nos ressentis.
Papa : ça ne doit pas être facile de parler de soi devant des inconnus, surtout pour quelqu’un d’aussi pudique que toi.
Éric : au début ce n’était pas simple, comme le faîte de ne plus marcher, mais après ça devient naturel. D’ailleurs, on n’est plus des inconnus les uns pour les autres, c’est comme si on se connaissait depuis très longtemps les uns les autres, c’est assez bizarre comme relation quand on n’y pense. Il y a des choses que j’ai dites en séance que Tami ignore.
Papa : comme quoi par exemple ?
Éric : si je veux que Tami ne soit pas au courant, c’est également valable pour le reste d’entre vous. C’est trop personnel.
Papa : si c’est personnel, pourquoi arrives-tu à en parler en séance et pas à nous. Tu n’as pas confiance en nous ?
Éric : ce n’est pas une question de confiance mais plutôt de respect et de compassion. Dans notre groupe on n’a tous des situations similaires, on comprend les réactions de chacun et on compatit parce qu’on n’a tous était confronté un jour ou l’autre aux mêmes choses.
Papa : j’ai été dans ta situation Éric, je peux comprend ce que tu traverses plus que n’importe qui d’autre dans cette famille !
Éric : crois-moi papa, il y a des choses qu’il ne vaut mieux pas savoir. Un jour peut-être je vous dirai tout mais à l’heure actuelle c’est trop frais et trop douloureux dans mon esprit.
Papa : je respecte et je veux que tu saches que je serai une oreille attentive le jour où tu voudras parler.
Éric : merci papa. Je suis heureux d’avoir renoué avec vous.
Papa : nous aussi. Allez, va donc te coucher, tu tombes de fatigue.
Éric : en effet, la journée a été longue. Bonne nuit papa.
Papa : bonne nuit fils.
chapitre 32 (suite)
Pendant ce temps, les parents d’Éric et Grace discutèrent dans le salon.
Maman : alors ma chérie, pas trop triste de quitter ta ville natale ?
Grace : pas du tout, je suis très enthousiasme de commencer une nouvelle vie ici. Avant son accident, papa m’avait dit qu’il me prendrait en tant que coach assistant, j’espère qu’il voudra toujours, je n’ai pas osé lui en reparler.
Papa : tu t’intéresses au coaching ?
Grace : c’est ce que je voudrais faire mais papa m’a prévenu que très peu de femme y arrive. Il m’a promis qu’il me soutiendrait et m’accompagnerais si c’est vraiment ce que je veux.
Maman : c’est très bien que tu t’intéresses au football mais il ne faut pas que tu oublies tes études. Tu es bonne à l’école ?
Grace : oui mais ça ne m’intéresse pas. Ce que je veux c’est participer au projet de mes parents.
Maman : tu ne peux pas quitter l’école à ton âge.
Grace : non mais je peux étudier chez moi tout en m’investissant dans leur école.
Maman : tu en as parlé avec tes parents ?
Grace : non pas encore mais je suis sûr qu’ils seront d’accord, et puis maman pourra m’aider dans mes cours à la maison.
Papa : qu’est ce qui s’est passé à Dillon ?
Grace : rien, pourquoi ?
Papa : quand on n’est venu à la maison te garder, tu adorais l’école et aujourd’hui tu nous dis de ne plus vouloir y retourner.
Grace : pendant plusieurs mois j’ai subi des moqueries de mes camarades de classe. Ils parlaient méchamment de mon père.
Papa : tu lui en as parlé ?
Grace : oui mais beaucoup plus tard. Je ne veux plus aller à l’école, parce que je me sens plus à ma place.
Maman : c’est normal que tu te sentes plus à ta place parce que tu as vécu des choses qu’une fille de ton âge ne devrait jamais connaître, mais ce n’est pas une raison pour arrêter d’aller à l’école. L’école est importante pour construire son avenir et sa personnalité. Ne fait pas la même erreur que ton père.
Grace : qu’est-ce qu’il a fait ?
Papa : ton père a arrêté ses études à 14 ans et il a commencé à traîner dans les rues avec une bande de délinquant plus vieux que lui. Un jour, il s’est fait arrêter pendant le braquage d’une supérette. Il est passé devant un juge pour enfant pour ça. Le jour où le juge nous a appelés pour nous annoncer que notre fils était en garde à vue, c’était un tel choc pour nous puisqu’on n’était absolument pas au courant de l’arrêt de ses études.
Grace : qu’est ce qui s’est passé ensuite ?
Papa : le juge a envoyé Éric dans un pensionnat pour jeune délinquant, il y est resté 1 an. Ça l’a remis dans le droit chemin et surtout c’est là qu’il a découvert véritablement le football.
Grace : pourquoi il a fait ça ? Et surtout pourquoi il ne vous a pas mise au courant ?
Papa : c’est de notre faute, on la laisser trop souvent livrer a lui-même. Il s’est senti abandonné et peut être que, pour lui, c’était la seule solution pour nous montrer qu’il existait.
Grace pensive: peut-être que c’est également ce que je veux.
Maman : attirez leur attention ?
Grace : oui. Tout est si différent depuis l’accident de papa. Avec maman, nos discussions tournaient exclusivement sur papa ou sur Dillon. Avec papa on n’a pas vraiment discuté depuis. Jamais ils ne m’ont demandé comme ça se passait mes études, ou si j’avais un petit copain.
Papa : tes parents ont eu beaucoup de truc à gérer et toi tu leur as montrée que tu étais capable de te gérer toi-même. Ils t’ont peut-être laissé de côté mais ils ne-t-on jamais renier. Tes parents t’aiment très fort, ça ce vois.
Maman : les choses s’améliorent avec le temps. Il faut que tu en discutes avec eux. Tu veux que je leur en parle.
Grace : je veux bien grand-mère.
Maman : tu pourras compte sur nous ma chérie. Allez au lit maintenant, il se fait tard.
Grace : bonne nuit.
Le lendemain matin Éric ce rendit avec Nathan à sa séance avec le psy. Pendant ce temps, la maman d’Éric parla avec Tami de Grace.
Maman : Tami, il faudrait que je te parle en privé. C’est au sujet de ta fille, Grace.
Tami inquiet : que se passe-t-il ?
Maman : hier soir, mon mari et moi avons discuté avec Grace et elle nous a dit qu’elle voulait plus aller à l’école.
Tami : quoi ? Mais pourquoi ? Elle n’a que 13 ans.
Maman : elle a juste dit qu’elle ne se sentait plus à sa place avec les jeunes de son âge. Elle veut étudier à la maison, tout en bossant avec vous. Éric lui a dit qu’il la prendrait en tant que coach assistant. C’est vrai ?
Tami : Éric lui a dit qu’elle viendrait les weekends seulement mais il n’a jamais été question d’arrêter les études pour venir travailler avec nous. Pourquoi elle s’est mis une chose comme ça en tête ?
Maman : c’est évident pourtant, elle veut attirer votre attention.
Tami haussant le ton: vous insinuez qu’on ne s’occupe pas d’elle ?
Maman : c’est elle qui nous la dit.
Tami les larmes aux yeux : je n’ai pas vu le mal-être d’Éric, puis maintenant, celui de ma propre fille. Mais quelle mère je suis ?
Maman : Tami, vous êtes une excellente mère. Grace veut juste retrouver une vie de famille normale.
Tami : normale ?
Maman : elle veut juste des journées shopping avec vous, regarder un match avec son père. Tout ce qu’on fait dans une famille. Depuis presque un an, tout tourne autour d’Éric, que ce soit vos discussions avec elle, ou avec lui, vos décisions, son entourage demande toujours après son père avant de savoir si elle, elle va bien. Vous comprenez ?
Tami : Grace est jalouse de son père ?
Maman : non, elle aime son père. Je pense juste qu’elle a besoin d’un père et d’une mère présente à ces côtés, et non l’inverse.
Tami : Grace à toujours était là et à l’écoute et nous, nous l’avons laissé livrer à elle-même.
Maman : nous avons connu la même erreur mais Grace a su attirer notre attention avant que ce soit trop tard.
Tami : dès qu’Éric rentrera de chez le psy, nous discuterons avec notre fille.
Quand Éric rentra de sa séance, Tami lui fit part de sa conversation avec sa belle-mère. Ensemble, ils appelèrent Grace pour discuter.
Tami : ta grand-mère nous a appris que tu voulais arrêter l’école. C’est vrai ?
Grace : pourquoi je ne peux pas être scolarisé dans votre école ? Comme ça, je pourrai vous aider en même temps qu’étudier.
Éric : ma puce, il est hors de question que tu sois scolarisé dans une école de la deuxième chance.
Grace : mais pourquoi ? Toi tu es bien parti en pensionnat pour délinquant et tu as réussi dans la vie.
Éric : qui t'a dit ça ?
Grace : grand père.
Éric : il faut que tu comprennes une chose, moi je n’avais pas le choix, toi oui.
Grace : pourquoi tu me l’as jamais dit ? Ou même à Julie ? Et toi maman, tu le savais ?
Tami : oui je le savais et ton grand père a eu tort de te dire cela. Si ton père n’a pas voulu vous en parlez c’est qu’il y avait une raison.
Grace : ah oui ? Laquelle ?
Éric : pour éviter que mes filles pensent que ce genre d’école peut être bien pour elle puisque leur propre père l’a fréquenté et a réussi. Je ne suis pas fière de mon adolescence et je ne veux pas que mes filles prennent exemple sur moi.
Grace : je t’aime papa, je t’admire et encore plus maintenant. Quand je l’ai su, je n’ai pas eu honte d’être ta fille, au contraire et je comprends maintenant pourquoi tu te comportes comme ça avec tes jeunes footballs.
Éric : vous êtes ce que j’ai de plus cher au monde. Ta mère et moi voulons ce qu’il y a de mieux pour toi.
Tami : ma chérie, on n’a reçu ton message. Cette dernière année a été plus qu’éprouvante pour nous trois et nous t’avons laissé de côté, malgré nous. C’est toi qui as pris ma place dans cette famille, tu as géré la situation et tu as su être une oreille attentive pour nous deux. Aujourd’hui, on va reprendre nos rôles respectifs, et tu vas nous dire ce que tu as sur le cœur.
Grace : je suis très contente d’être à Chicago avec vous, j’adore cette ville. Je n’ai pas vraiment envie d’arrêter l’école, mais plutôt de fréquenter une école professionnelle. Vous le savez déjà, j’adore le football et je veux devenir coach sportif comme papa. Je me suis déjà renseigné et justement il y a une école pas très loin de Chicago qui propose ce genre de cursus pour garçon et fille.
Éric : j’en ai entendu parler effectivement, c’est une école assez récente et très peu de filles y sont admises.
Grace : je veux tenter d’y rentrer quand même. Tu m’as toujours dit qu’il fallait foncer pour ne pas regretter.
Éric : c’est vrai
Tami : on peut se rendre à cette école tous ensembles et voir ce qu’il en n’est. D’accord Éric ?
Éric : c’est bon pour moi.
Grace : oh merci, je vous aime !
Éric : tu intégreras mon équipe de coach quand notre projet sera sur pied. Je t’apprendrai tout ce que j’ai appris du coach Timothy, c’est lui qui m’a transmis l’amour du football et qui m’a sorti de ma période de délinquance. Mais en contrepartie, tu dois bosser à l’école que ce soit dans l’école de coach où une autre et surtout, dit toi bien que, sous prétexte que tu es une fille, on t’en demandera toujours plus.
Grace : c’est compris papa.
Tami : l’offre de ton père sera un plus dans ta scolarité, même si tu dois choisir une autre voie.
Grace : j’en suis consciente et je veux y croire.
Éric : bon, si on sortait boire un verre rien que tous les trois. Ça vous dit ?
Grace : oh oui papa !!!
Tami : je suis partante également.
Éric : allons-y. Ma puce, tu veux faire un tour de fauteuil (Grace le regard surprit), n’aie pas peur, tu me feras pas mal. Allez viens, assis toi sur mes genoux et ta mère va nous pousser.
Grace regarda sa mère : je peux maman ?
Tami sourit: puisque ton père te le dit. Ça va être sympa.
Éric sourit à sa femme : prépare-toi, tu auras droit à ton tour de manège.
Le reste de la journée, Éric, Tami et Grace la passa rien que tous les trois entre repas au restaurant, balade au Millenium Park et visite de la tour Hancock et sa vue panoramique sur la ville.
Éric et Tami emmenèrent toute la famille, y compris Nathan, visiter les locaux de leur future école.
Papa : alors c'est ici ! La bâtisse est superbe en tout cas!
Éric : attend de voir l'intérieur !
A l'entrée, l'accueil, juste à gauche, le bureau de Tami, et à droite un long couloir desservant 4 classes, et tout au fond du couloir, la salle d'administration. A l'étage on retrouve les dortoirs composés d'une dizaine de chambres. Derrière le bâtiment, le terrain de football, et à gauche les vestiaires et le bureau d'Éric.
Papa : quelle sera la capacité d'accueil ?
Éric : une quarantaine pour le moment.
Tami : on préfère nous consacrer à temps plein pour un nombre réduit d'élève pour commencer.
Papa : vous avez raison. Est-ce que vous avez des demandes d'inscription ?
Tami : 5 élèves nous ont été envoyé par monsieur le maire et Éric va prochainement faire du démarchage dans la région.
Papa regarda son fils : tu veux que je t'accompagne fils ?
Éric : Buddy viendra avec moi, il a beaucoup de contact dans le milieu.
Papa : et tu souhaites faire ça quand ?
Éric : Buddy arrive samedi matin et on partira lundi matin.
Maman : en tout cas j'adore cette école et j'ai hâte de la voir fini.
Éric : les travaux avancent plutôt bien. Tami commencera les recrutements et s'occupera de tout ce qu'il faut pour l'enseignement dès la semaine prochaine.
Tami : il y a encore beaucoup de travail avant l'ouverture mais on espère être prêt pour la rentrée de septembre.
Julie : il n'y a pas de raison pour que vous ne soyez pas prêt. Nous allons tous nous y mettre et la « Chicago Taylor school » ouvrira en septembre.
Éric : « Chicago Taylor school » ?
Juil : c'est comme ça que la presse désigne votre école. Ça sonne bien, vous ne trouvez pas ?
Tami : j'aime assez. Et toi mon chéri ?
Éric : pour une fois que je suis d'accord avec les journalistes. Notre école est vraiment un projet familial.
Julie : à ce propos, avec Matt, on se disait qu'on pourrait intervenir dans le cadre d'ateliers pour leur faire découvrir l'art et le journalisme.
Tami : ça pourrait être sympas !
Éric : vous êtes sûr que vous aurez le temps avec l'arrivé du bébé ?
Julie : ça nous tient à cœur et comme tu viens de le dire, c'est un projet familial et quoi qu'il arrive nous serons disponibles pour vous.
Tami : merci Julie. Merci Matt.
Éric : bon assez discuté de nous. Si on allait quelque part en ville passer le reste de la journée, tous ensembles.
Matt : ça vous dit une balade sur le lac Michigan ?
Tami : quelle excellente idée Matt !
Maman : je suis partante aussi.
Éric : ok, va pour une balade sur le lac.
La journée se passa merveilleusement bien, chacun profitait de la vue merveilleuse sur le lac. Éric voulait profiter de ses parents avant qu'ils ne repartent chez eux le lendemain. Tami les laissa donc seul dans leur coin, et se rendit vers ses filles.
Quelques jours plus tard, Éric et Tami, accompagnés de leur jeune fille, avaient rendez-vous avec le proviseur du lycée professionnel de coaching situé à quelques kilomètres de Chicago.
Le proviseur : bonjour jeune fille, coach Taylor, Madame Taylor. Je vous en prie asseyez-vous. Expliquez-moi le but de votre visite.
Grace : je veux intégrer votre école pour apprendre le métier de coach. Je suis une grande passionnée de football et depuis toute petite j'assiste aux matchs de mon père.
Le proviseur : qu'est-ce qui vous motive ?
Grace : c'est le moyen de vivre de ma passion et de faire du bien autour de moi.
Le proviseur : vous êtes consciente que le monde du football, surtout pour les femmes, est impitoyable
Grace : j'en suis consciente, j'ai déjà vu mon père face à des choix que ce soit pour sa carrière ou celle de ses joueurs. Je suis aussi consciente qu'une carrière ce gagne au fil des ans. Je sais aussi qu'il y a très peu de fille au poste de coach et je veux y remédier. Il y a quelques années, mon père a laissé sa chance à Jess Merriweather, vous avez vu son parcours.
Le proviseur : Jess est seulement la deuxième femme à avoir atteint ce niveau. Sinon, je vois dans votre dossier que vous venez de finir votre seconde année de collège, pourquoi venir ici alors que vous n'avez pas l'âge, ni le niveau requis pour intégrer notre école.
Tami : nous sommes parfaitement au courant de la situation mais notre fille ne souhaite plus fréquenter le cursus scolaire normal. Nous venons justement vers vous pour savoir s'il existe une solution qui lui permettrait d'intégrer une classe préparatoire.
Le proviseur : pourquoi voulez-vous arrêter le cursus scolaire normal ?
Grace : suite à l'accident de mon père, j'ai subi du harcèlement verbal de la part de mes camarades de classes. Mes professeurs avaient soit pitié de moi et me donner toujours des bonnes notes même si mon devoir n'était pas réussi, où soient, ils me méprisaient parce que j'étais la fille du coach Taylor. Suite à cela, j'ai perdu mon goût aux études. Moi ce que je veux faire c'est suivre des cours afin d'apprendre un métier.
Le proviseur : je vous ai entendu jeune fille, maintenant, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je souhaiterais m'entretenir avec vos parents, en privé.
Grace : bien sûr.
Le proviseur : j'ai regardé le bulletin de note de sa dernière année, ses notes ont chuté.
Tami : nous sommes parfaitement au courant de sa situation scolaire.
Le proviseur : vous étiez au courant du harcèlement ?
Éric : oui nous étions au courant.
Le proviseur : c'est une bonne chose, beaucoup de parents ignorent ce que son enfant traverse. Vu ce que j'ai vu, votre fille est pleine de bonne volonté mais étant donné son niveau scolaire, je suis persuadé qu'elle ne pourra pas suivre, même si elle intègre une classe préparatoire. Je pense qu'une école « seconde chance » serait plus adaptée à votre fille.
Éric haussa le ton : écoutez-moi bien, ma fille n'ira pas dans ce genre d'école. Son niveau scolaire est bas mais pas catastrophique, je sais qu'elle peut rattraper son retard.
Le proviseur : ne le prenait pas mal mais comment une telle situation a pu se produire ?
Éric : je ne vous permets pas de nous juger !
Le proviseur : je ne vous juge pas, je m'interroge. Je connais votre carrière coach et votre patience avec vos joueurs et je ne comprends pas comme vous avez pu laisser votre fille en arriver là.
Tami: vous pensez que notre fille aurait eu envie d'étudier après avoir vu son père se battre tous les jours pour retrouver une vie normale et sa mère tentant de continuer de mener une vie un peu prêt normal. La situation nous a dépassés, nous en sommes conscients mais je pense que personne ne peut comprendre t'en qu'il n'a pas vécu une situation similaire.
Le proviseur : je suppose que vous avez raison. Veuillez bien m'excuser pour tout à l'heure.
Éric : oublions ça. Je comprends vos inquiétudes mais sachez qu'aujourd'hui nous avons mis de l'ordre dans nos vies et nous serons présents pour elle. Vous savez, notre fille, c'est une personne passionnée et elle ne compte pas ses heures quand il s'agit de vivre sa passion.
Le proviseur : est-ce que vous l'avez déjà vu coacher ?
Éric : elle m'a déjà assisté lors des entraînements. Elle a vraiment le potentiel pour y arriver sinon je ne vous ferai pas perdre votre temps, ni le sien.
Le proviseur : écoutez, j'ai un marché a vous proposez. Il reste 3 mois avant la rentrée, si votre fille s'engage à bosser ses cours de retard, moi je veux bien lui donner sa chance.
Tami : c'est très honorable de votre part.
Éric : merci pour elle.
Le proviseur convoqua de nouveau Grace à son bureau.
Le proviseur : j'ai pris ma décision jeune fille, je veux bien te laisser une chance de me montrer ce que tu vaux mais il va falloir que tu rattrapes ton retard avant la rentrée.
Grace : je ferai ce qu'il faut en tout cas. Merci pour votre confiance monsieur.
Le proviseur : dans ce cas, je vais vous faire remplir les papiers de pré-inscription et on se voit fin aout pour faire le point.
Tami : est-ce qu'elle devra passer un examen ?
Le proviseur : mon conseiller d'orientation se fera un plaisir de vous donner le programme et de vous expliquer tout ça.
Tami : merci beaucoup.
Une fois les papiers signés et leurs passages auprès du conseiller d'orientation effectué, la famille Taylor prit congés.
A la maison.
Grace : comment vous l'avez fait changer d'avis ?
Tami : pourquoi tu dis ça ma chérie ?
Grace : ben au début il n'avait pas l'air de vouloir de moi dans son école.
Tami : il était juste inquiet que tu ne suives pas à cause de tes notes. On l'a rassuré sur le sujet.
Grace : papa, pourquoi tu étais en colère?
Éric : je n'étais pas en colère.
Grace : je t'ai entendu papa !
Éric : il a juste cru que tu faisais partir de ces jeunes qui n'ont rien n’a faire de l'école mais nous lui avons expliqué les raisons qui ont fait que tes notes ont chutées. Maintenant fait moi plaisir d'oublier l'entretien et de te concentrer sur ce que tu dois faire pour intégrer l'école.
Grace : je ne sais même pas où commencer, ni comment m'y prendre.
Tami : on va t'aider. Ensemble on va faire un planning de révision et se rendre à la bibliothèque pour chercher ce dont tu as besoin.
Grace : je ne veux pas que vous perdiez du temps avec moi. Vous avez encore plein de chose à mettre en place pour l'école.
Éric : écoute ma puce, tu ne te souviens pas ce que je t'ai dit, tu es notre priorité. Avant mon départ, on va établir ton planning de révision pour les 3 prochains mois. Je vais aussi appeler Nathan et Julie pour qu'ils te donnent des cours également. Ok ?
Grace : vous croyez que je suis capable de rattraper mon année ? Honnêtement ça me paraît impossible.
Éric : tu en es parfaitement capable.
Tami : ça ne va pas être facile je te l’accorde mais si tu le veux vraiment, tu vas t'accrocher et réussir. Mais n'oublie pas que nous serons là pour te guider et te soutenir.
Grace : je vous aime tous les deux et merci.
chapitre 33 suite
Fin de la semaine, Éric alla chercher Buddy à l'aéroport. Les retrouvailles entre ses deux amis faisaient plaisir à voir. Éric s'empressa de lui montrer l'école avant de le conduire à la maison.
Buddy : bonjour Tami, comment vas-tu ?
Tami : super, et toi ?
Buddy : je suis ravie de vous voir et Éric m'a montré votre école, c'est vraiment génial. J'ai hâte de la voir ouverte.
Éric : nous aussi. Et sinon, quoi de neuf à Dillon ?
Buddy : les Lion's ont une nouvelle recrue très prometteuse et Riggins prend de plus en plus ces marques. C'est un très bon coach.
Éric : heureux de l'entendre.
Buddy : j'avais hâte de vous revoir.
Tami : tu es le bienvenu dans notre maison.
Buddy : en tout cas votre maison est charmante.
Éric : je voudrais te présenter quelqu'un si tu le permets. GRACE ! NATHAN ! On n'a un invité.
Grace: oh Buddy! Salut
Buddy: bonjour Grace !
Nathan : bonjour monsieur, alors c'est vous le fameux Buddy.
Buddy : oui c'est moi, et toi le jeune homme dont Éric m'a parlé.
Éric : Nathan fait partit de la famille dorénavant. Je tenais à ce qu'il te rencontre.
Buddy : ravie de faire enfin ta connaissance. Tu n'as plus aucuns soucis à te faire avec Éric à tes côtés.
Nathan : vous avez raison, Éric est mon ange gardien.
Éric : comme vous l'êtes tous les deux pour moi. Bon allons discuter de choses plus gaies dans le salon.
Buddy : alors Éric, explique-moi un peu ce que tu as prévu et ce que tu attends de moi.
Éric : j'ai prévu de visiter les collèges et Lycée les plus important de l'État. Le but est de leur expliquer le projet et de savoir s'ils ont des élèves en échec scolaire dans leur établissement ou des élèves déscolarisés dans une période de 6 mois. Je veux également leur proposer un partenariat avec notre école pour les années à suivre et c'est sur ce point que tu rentreras en jeu. Tu es beaucoup plus à l’aise que moi sur ce sujet.
Buddy : ok Éric, est ce que tu as fait ton plan stratégique et ton plan de financement ?
Éric : non, pourquoi ?
Buddy : pour être crédible aux yeux des directeurs d'école beaucoup plus importante que toi, il te faut être le plus précis possible sur tes activités et sur ce que tu comptes faire de plus que leurs établissements.
Éric : on veut proposer à nos élèves un suivi personnalisé et de suivre des cours élémentaires comme les mathématiques, l'apprentissage de langue vivante, l'histoire/géographie, mais aussi tout un apprentissage pour leur future vie active, les aider à réintégrer la société. Et il y aura aussi le programme de football pour leur apprendre le vivre ensemble et le dépassement de soi.
Buddy : c'est très bien, mais il va falloir le mettre par écrit et aller dans le détail. Ce qui compte c'est de définir ton programme pédagogique pour donner envie aux proviseurs qui ne connaissant pas ton école, ni votre réputation à vous faire confiance.
Éric : et le plan de financement ?
Buddy : ça, c'est pour les maires des villes qu'on visitera. Je pense qu'il faut les rencontrer parce que c'est eux qui sont les mieux placés pour te donner les noms de tous les jeunes déscolarisés. Il faut qu'ils sachent que ton école est la solution contre les quartiers dévalorisés de leur ville. Mais pour qu'ils te fassent confiance, il faut qu'ils soient convaincus de votre sérieux, d'où le plan de financement. Les maires sont avant tout des visionnaires à long terme. S'ils sont convaincus, ça ne m'étonnera pas qu'ils investissent dans votre école.
Éric : on n'a pas vraiment pensé à tout ça mais j'adhère complètement. Et toi chérie ?
Tami : j'ai envie de faire confiance à Buddy. C'est un businessman contrairement à nous.
Éric : est-ce que tu peux le faire pour lundi ?
Buddy : c'est faisable si on s'y met immédiatement.
La veille du départ dans la chambre conjugale.
Tami : tout est prêt pour demain ?
Éric : oui. Buddy a vraiment fait du bon travail en si peu de temps.
Tami : j’ai bien fait de te convaincre que Buddy était l'homme de la situation.
Éric : tu es sûr de ne pas vouloir partir avec nous ? Je déteste te savoir loin de moi.
Tami : moi aussi mais tu sais bien que l'un de nous doit rester pour notre fille et continuer à installer l'école.
Éric : et tu feras cela très bien.
Tami : dit moi chéri, est ce que ça t'arrive encore de penser à ce que seraient nos vies si….
Éric : pourquoi ? J'aime la vie que l'on mène toi et moi, nos filles sont heureuse et nous allons être grands-parents dans quelques mois.
Tami : dans ce cas, pourquoi tu es retourné sur le lieu de ton accident la veille de notre départ de Dillon ?
Éric surprit : qui t'a dit ça ?
Tami : Buddy t'a aperçu. Il me l'a dit en pensant que j'étais au courant. Pourquoi tu as fait ça ?
Éric : j'ai ressenti le besoin d'y retourner une dernière fois pour savoir si j'étais prêt.
Tami : prêt à quoi ?
Éric : mon psy dit qu'il faut affronter son passé pour savoir si on n'est prêt à tourner la page. C'est ce que j'ai fait, j'ai voulu savoir si j'étais capable de ressentir autre chose que la tristesse et la haine.
Tami : qu'est-ce que tu as ressenti cette fois-ci ?
Éric : la paix avec moi-même et le pardon. Je suis prêt à tourner définitivement la page du coach Éric Taylor, meilleur coach du Texas et détenteur de 3 bagues de championnat et réécrire une autre avec toi et nos enfants, nos petits-enfants et sans oublier tous ceux qui feront partie de notre école.
Tami : j'aurai bien voulu avoir ton courage, je n'ai jamais pu m'y rendre.
Éric : ce n'est pas une question de courage, mais plutôt de nécessité. Je suis désolé si ça ta blessée, j'aurais dû te le dire.
Tami : non ce n'est pas ça, j'ai juste eu peur que tu regrettais de partir.
Éric : la seule chose que je regrette c'est de ne pas t'avoir écouté plus tôt, ça nous aurait évité beaucoup de mauvaise chose. Je suis désolé pour tout le mal que je t'ai fait.
Tami : moi aussi j'ai un regret.
Éric : lequel ?
Tami : je t'ai lâchement abandonné alors que tu étais dans le coma et je regrette de ne pas avoir été assez forte pour faire face à mes responsabilités.
Éric taquin: j'étais dans le coma, je ne m'en souviens pas.
Tami taquine: tu ne te souviens plus non plus de ta seconde demande en mariage.
Éric la prit alors dans ses bras et lui murmura à l'oreille: tu étais allongé sur ce lit, chez ta sœur, les yeux fermés et le visage bouffi de larme, des larmes provoqué par mon horrible comportement mais, malgré ça, tu étais la plus belle chose que j'avais vue depuis la sortie de mon coma et je savais que je ne pouvais plus te laisser partir loin de moi.
Tami embrassa son mari tendrement, celui-ci y répondit par des caresses sensuelles au niveau du bas du dos de sa femme. Tami se laissa aller par la tendresse gestuelle de son attentionné mari.