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Un destin mise à l'épreuve

Série : Friday Night Lights
Création : 02.03.2017 à 22h51
Auteur : chouchou70 
Statut : Terminée

Un accident va faire basculer la vie des Taylors

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 2 mois et demi plus tard.

 À j- 15, l'école était presque finie d'aménager, les recrutements de personnel étaient bouclés, seul le programme de football restait à finir, Éric attendait encore les équipements de la salle de sports et les tenues vestimentaires. Pour la rentrée, le nombre d'inscrit était de 20 élèves, la plupart déscolarisé pour des raisons diverses. Lors de son séjour de démarchage avec Buddy, seulement 5 écoles avaient accepté d'envoyer quelques élèves à problème, pour la simple raison qu'il connaissait Buddy et la réputation d'Éric. Les autres écoles, c'étaient contentés d'écouter avant de leur répondre qu'ils fassent leur preuve avant de mettre en place un partenariat avec eux. Éric et Tami étaient trop bien conscients qu'ils n'avaient pas le droit à l'erreur cette année.

Aujourd'hui, Grace, recevait ses résultats de ses tests d'aptitude pour son admission au lycée professionnel de coach. Toute la famille était réunie dans le salon, en attente du coup de téléphone.

Julie : alors sœurette, pas trop stressée ?

Grace : si très !

Tami : rappelle-toi ma chérie que, si ça ne marche pas tu iras finir ta dernière année de collège et tu retenteras ta chance l'année d'après.

Grace : je sais maman mais j'espère vraiment…. (Téléphone, Éric répondit, la discussion dura à peine quelques minutes)

Grace impatiente : alors papa ? C'était eux ?

Éric : je suis désolé ma puce mais demain tu ne pourras pas faire du shopping avec ta sœur, parce que tu es attendu au lycée pour ton inscription.

Grace : quoi ? J'ai réussi ?

Éric : Félicitations ma puce, tu as réussi tes tests haut la main !

Julie prit alors Grace dans ses bras : Félicitations sœurette !

Tami : je suis très fière de toi ma chérie !

Grace : je n'aurai jamais réussi sans votre aide. Surtout toi Julie ! Merci !

Éric partit chercher une bouteille de champagne au frigo : tu vois Tami que j'ai bien fait de garder cette bouteille au frais. Santé tout le monde ! Et encore une fois, Félicitations Grace !

Après une heure ou deux a papoté tous ensemble, Julie rentra à la maison, elle se sentait très fatigué. Sa mère était inquiète puisque Julie était à 8 mois de grossesse, elle-même avait accouché prématurément. Elle lui expliqua qu'elle dormait mal en ce moment, et de savoir Matt en déplacement dans l'État voisin la rendait soucieuse.

A la maison, Julie se mit tout de suite au lit, sans trouver le sommeil. Plus le temps passait, plus elle se sentait mal, nauséeuse, et mal au ventre. Elle fut prise de panique lorsqu'elle découvrit que ses draps étaient trempés, et des contractions se faisaient ressentir. Elle prit son téléphone portable qui était sur sa table de chevet et appela sa mère.

Julie en pleure et paniquée: maman, il faut que tu viennes ! J'ai mal !

Tami inquiète : Julie ! Parle le moi calmement. Tu as mal où ?

Julie : j'ai mal au ventre, et mes draps sont trempés.

Tami : tu as des contractions ?

Julie : je crois que oui. Maman, c'est trop tôt ! Et Matt qui n'est pas là !

Tami : essaye de rester calme et recouche-toi. On arrive tout de suite.

Julie : ok maman.

Tami informa Éric et Grace de la situation et tous les trois partirent chez Julie.

Tami assis sur le lit de sa fille: tu as des contractions tous les combien de temps ?

Julie : je ne sais pas, peut-être bien toutes les 30 minutes. J'ai mal au ventre maman ! J'ai peur !

Tami : calme-toi ma chérie, c'est normal, le bébé est en train de se placer.

Éric arriva dans la chambre pour les prévenir qu'il avait prévenu l'hôpital de leurs arrivés.

Tami : ok Éric. Julie, as-tu préparé des affaires pour l'hôpital ?

Julie : pas vraiment tu vois ! Ça n'aurait pas dû ce passé aujourd'hui.

Tami souri à cette remarque : il semblerait que ton enfant soit pressé de sortir, comme toi tu l’était. Tu es arrivé avec 3 semaines d'avance.

Éric : je m'occupe de ses affaires et de prévenir Matt. Grace, tu peux aider ta mère avec Julie ?

Julie pleurait: Matt voulait tellement être là pour la naissance du bébé !

Éric sur un ton rassurant : Matt fera tout son possible pour être à tes côtés lorsque cet enfant viendra au monde.

Tami : on ferait mieux de partir maintenant. Julie, accroche-toi à ta sœur et à moi, on va aller doucement jusqu'à la voiture. Tu nous rejoins là-bas Éric ?

Éric : oui. J'arrive le plus rapidement possible.

Une fois les filles partirent, Éric appela son beau –fils.

Matt surprit: coach ? Que se passe-t-il ?

Éric : Julie a des contractions, Tami vient de l'emmener à l'hôpital.

Matt surpris et paniqué : Julie accouche ? Maintenant ?

Éric amusé : je crois qu'il reste encore un petit moment avant l'accouchement mais tu ferais mieux de partir tout de suite.

Matt : euh oui, bien sûr, j'arrive. Dite lui que j'arrive tout de suite !

Éric : je lui dirai

Matt : Et sinon, Julie, elle tient le coup ?

Éric : oui, elle gère très bien la situation.

Matt : et….

Éric : cesse de parler et dépêche-toi de venir sinon tu ne verras pas naître ton enfant.

 Matt : euh oui coach. Je raccroche. À tout de suite.

Éric s'amusait vraiment de la situation, Matt avait eu les mêmes réactions que lui à l'époque. Aujourd’hui, c'était le tour de sa fille de connaître les joies d'être mère. Il s'empressa de rassembler des affaires pour sa fille et le futur bébé et partit direction la maternité.


chouchou70  (13.04.2017 à 21:03)

chapitre 34 suite

Dans la salle d'attente. 3H plus tard

Matt arriva enfin dans la salle d'attente, affolé et paniqué en cria le nom de son épouse. Éric vient à sa rencontre, ainsi qu'une sage-femme. Elle le rassura sur l'avancement du travail et le conduisit auprès de sa femme. Tami sortit du bloc opératoire quelques minutes plus tard et s'assit au côté de son mari et sa fille.

Éric : où en est le travail ?

Tami : il semblerait que les contractions soient plus rapprochées et plus forte maintenant. La sage-femme dit que le bébé est bien en place. Ce n'est plus qu'une question de temps dorénavant. Julie était vraiment soulagée de voir arriver Matt, elle ne voulait pas le faire sans lui.

Éric : moi aussi je suis soulagé.

Tami : il parait que Matt n'est pas passé inaperçu ici.

Éric sourit : il était affolé ! Le plus drôle c'est que ça m'a renvoyé 25 ans en arrière.

Tami : oh oui je m'en souviens, et je pense que l'hôpital aussi !

Grace : pourquoi ? Qu'est-ce que tu as fait papa ?

Éric : quand ta mère a accouché, je n'étais pas à la maison. J'ai dû faire 100 kilomètres en stop, sous la pluie, pour rejoindre la maternité. Quand je suis arrivé à l'accueil, j'étais dans un tel état que tout le monde me prenait pour un clochard. J'avais beau leur expliquer que ma femme était en train d'accoucher, rien n'y fessait, donc j'ai forcé la porte du couloir de la maternité et j'ai ouvert tous les portes que je trouvais sur mon passage jusqu'à trouver ta mère.

Grace : la honte !

Tami : les hommes deviennent fous loin de leur femme.

Éric offusqué: eh !

Sage-femme : la famille Taylor !

Tami : oui

Sage-femme : Félicitations, le bébé est né et la maman se porte bien.

Grace : c'est un garçon ou une fille ?

Sage-femme : les parents veulent l'annoncer eux-mêmes.

Lorsqu'Éric, Tami et Grace arrivèrent dans la chambre, Julie tenait son bébé dans ses bras et Matt était assis à côté d'elle.

 Matt : je vous présente Henry Éric Junior Saracen

 Tami ému : Félicitations au papa et à la maman ! Il est magnifique.

 Julie : tu veux le prendre maman ?

 Tami : avec plaisir.

 Elle le prit délicatement des bras de sa fille et le berça dans ses bras tout en s'asseyant dans le fauteuil à côté du lit. Grace ne tarda pas à la rejoindre pour faire la connaissance de son neveu. Éric resta un peu en retrait, contemplant la scène familiale devant lui qui l'ému profondément. Sa fille venait de donner naissance à son petit-fils et son beau-fils avait fait un très beau geste en donnant le nom de son père à leur enfant. Sa femme était rayonnante dans le rôle de grand-mère et Grace devenait à son tour une très belle jeune fille.

 Julie observa son père, inquiète : ça va papa ?

 Éric essuya rapidement une larme silencieuse, gêné : c'est plutôt à moi de te poser la question. Comment te sent tu ma puce ?

 Julie : fatiguée, soulagée et heureuse.

 Matt : merci coach de m’avoir prevenu.

 Éric : la plus belle expérience en tant d'homme c'est d'assister à la naissance de son enfant et je ne t'aurai jamais permis de le manquer.

 Julie : tu veux prendre ton petit-fils dans tes bras papa ?

 Tami se leva de son fauteuil et rejoignit son mari afin qu'il prenne son petit-fils. Éric était sans voix, cet enfant ressemblait tellement à ses deux filles, et il avait hérité des beaux yeux de son père.

 Tami : Matt, je sais que ton père n'est plus là et je trouve que c'est un très bel hommage que tu lui fais en donnant son nom à ton fils.

 Matt : j'ai aimé mon père autant que je l'ai détesté mais avec le temps ont fini par comprendre certaine chose et je veux qu'il sache que je lui ai pardonné et que je suis fière de lui.

 Tami : je suis sûr qu'il le savait Matt. Bon, on va laisser la maman se reposer un peu.

 Éric : tu as raison Tami, laissons Julie et Matt profitaient de leur bonheur. Tient Julie, je te confie le futur quater back vedette de Chicago.

 Julie fit semblant d'être choqué : papa !

 Éric : je plaisante Julie !

 3 jours plus tard, la maman rentra à la maison avec le petit Henry Éric Junior Saracen. Matt avait préparé avec amour la chambre de leur bébé. Julie n'avait jamais vu la chambre, c'était une surprise qu'il tenait à lui faire. Quand Julie découvrit enfin la chambre, elle resta sans voix, la chambre était de couleur bleu ciel avec, un peu partout, des dessins enfantins, le mobilier choisi avec le souci de la sécurité de l'enfant.

 Julie : c'est magnifique Matt ! J'aime beaucoup ! C'est tout à fait ce que j'avais imaginé.

 Matt : je suis soulagé que ça te plaise. J'ai voulu vraiment quelque chose d'unique pour notre premier enfant, j'ai dessiné moi-même les dessins.

 Julie regarda son fils s'endormir dans ses bras : il semblerait qu'Henry a hâte de tester son petit berceau. Elle posa son fils délicatement dans son nouveau lit et ensemble, le regarda dormir.

 Matt : il est parfait et en bonne santé. Merci pour ce beau cadeau Julie ! Je t'aime tellement !

 Julie : je n'aurai pas pu le mettre au monde sans toi. Je t'aime.

 Leur moment de tendresse coupa court, lorsqu’on frappa à la porte. C'était ses parents.

 Tami : salut Julie, Matt, alors comment ça se passe ici ?

 Julie : Henry vient de s'endormir, à l'instant.

 Éric : on ne va pas rester longtemps alors.

Julie : vous ne dérangez pas, justement avec Matt, on voulait vous parler

Tami étonné: à quel sujet ?

Matt : on va baptiser notre petit Henry le mois prochain. Nous voulons que vous soyez le parrain et marraine d'Henry.

Julie : vous avez toujours été un exemple pour nous deux. Vous nous avez prouvé que, malgré les épreuves, vous êtes toujours là, l'un pour l'autre. C'est pour cette raison que nous vous voulons comme parrain et marraine.

Éric : Julie, Matt, rien ne me ferais plus plaisir d'être le parrain de mon petit-fils.

Tami : Matt, pourquoi ne pas choisir ta mère et ou ta grand-mère en marraine?

Matt : ma grand-mère est de plus en plus malade, et ma mère, même si, ses dernières années j'ai su renouer avec elle, je ne l'a vois pas marraine de mon propre fils. Ma mère m'a abandonné je vous rappelle.

Tami : je comprends tes raisons et ça me gêne vraiment que tu désignes personne de ta famille.

Matt : vous et le coach ont toujours été présents lors des moments les plus dures de ma vie, plus que ne l'a été mes propres parents.

Julie : nous en avons discuté longuement et nous sommes persuadées d'avoir pris la bonne décision. S'il te plait maman, accepte.

Tami : dans ce cas, moi aussi je serai honoré d'être la marraine d'Henry.

Julie : merci maman, papa. 

Henry choisi ce moment pour se réveiller, Julie s'excusa et parti dans la chambre. Éric et Tami prirent congé pour laisser le jeune couple de parents en toute intimité.

De retour à la maison, Éric et Tami retrouvèrent leur plus jeune fille, qui venait de rentrer du lycée.

Grace : comment vont Julie et Matt ?

Tami : ça va, nous ne sommes pas restés très longtemps, Julie et le bébé étaient fatigués.

Éric : et toi ma puce, comment c'est passé ton entretien ?

Grace : la conseillère m’a donnée mes livres, le règlement et mon emploi du temps. Puis après j'ai rencontré mes professeurs et ils m'ont fait une visite de l'établissement. Tu verrais les équipements qu'ils ont pour le visionnage des matchs, une vraie salle de cinéma.

Éric : je veux bien te croire. À la TMU j'avais une salle comme ça.

Grace : c'est marrant que tu me parles de la TMU, c'était justement notre sujet de discussion avec mon professeur de sport.

Éric : ton prof a enseigné aussi là-bas ?

Grace : oui il était coach sportif à la TMU, la même année que toi. Il m'a dit que tu étais très bon et très à l'écoute mais que finalement tu n'étais pas vraiment à ta place dans ce genre d'établissement. Tu en penses quoi, toi ?

 Éric : je pense que ton prof de sport fait de très bonne analyse et qu'il va falloir que tu l'écoutes attentivement.

Grace : tu t'es fait virer de la TMU ?

Éric : non j'ai donné ma démission pour revenir à Dillon, auprès de ma famille mais aussi pour retrouver la vraie valeur du football. Tu es une passionnée comme moi, mais il faut toujours rester vigilant afin de ne pas perdre de vue ses valeurs et ses convictions.

Grace : compris papa.

Tami : Tu as encore bien le temps de te faire tes propres opinons. En ce moment, tu dois te concentrer sur tes études.

Grace : je sais maman, tu as raison.

Éric : tu veux bien nous montrer ton programme et tes cours.

Grace : bien sûr.


chouchou70  (13.04.2017 à 21:09)

chapitre 35

À la veille du jour de l’inauguration de la « Chicago Taylor School », Tami et Éric étaient sur tous les fronts, afin de régler les derniers détails à l’école, ainsi que préparer l’arrivée de leurs invités spéciaux.  Buddy accompagné par les frères Riggins faisait le déplacement pour soutenir la famille Taylor,  mais également Jason accompagné de sa famille, Smash ainsi que Tyra et Vince.  Leurs arrivées étaient prévues dans l’après-midi. Pour le moment, Éric peaufinait son discours de demain sous le regard de sa femme.

Tami : tu t’en sors chéri ?

Éric dépité : pour la première fois de ma vie, je n’arrive pas à faire un fichu discours.

Tami : qu’est ce qui coince ?

Éric : je n’arrive pas à organiser mes idées afin de convaincre toutes les personnes qui seront présentes à la cérémonie.

Tami : raconte leur simplement notre histoire 

Éric : précise ta pensée

Tami : tu pourrais leur parler de ton passé et de nos nombreuses galères. 

Éric le regard noir : JAMAIS !

Tami : pourquoi pas ? Ça mettrait en confiance ses adolescents perdus, et ça rassurait ses parents soucieux de savoir que leurs enfants seront avec des éducateurs qui connaissent leur sujet.

Éric : je te rappelle qu’il y aura beaucoup de proviseur d’école, des membres importants de l’éducation nationale, des membres de la politique locale ainsi qu’une tonne de journaliste.  On n’a pas le droit à l’erreur, tu le sais aussi bien que moi !

Tami : la plupart des personnes que tu viens de me citer ne nous prennent pas au sérieux. Ils pensent que nous ne connaissons pas vraiment l’ampleur de la tâche qui nous attend. Si on leur parle de notre histoire, ils nous prendront vraiment aux sérieux.  Toi et moi sommes les seuls à savoir par quoi nous sommes passés pour en arriver ou nous en sommes aujourd’hui. 

Éric : si je te suis bien, tu veux qu’on révèle pour ce quoi on s’est battu pour ne jamais déprendre de qui que ce soit.

Tami : oui

Éric : désolé, je ne suis pas prêt à faire ça ! 

Tami : je suis consciente de ce que cela représente pour toi mais prendre le temps d’y réfléchir quand même.

Éric : c’est tout réfléchi. C’est non !

Tami : pourquoi tu es aussi borné par moments !

Éric : notre vie, et la même en particulier a suffisamment fait la Une des journaux cette année.  J’ai vraiment besoin de tirer un trait définitif sur tout ça. Compris ?

Tami : je vois bien que depuis que Grace est au courant, tu penses beaucoup à cette mauvaise période. Ça te ferait du bien d’en parler, à moi ou à ton psy, ou même à Nathan si tu veux.

Éric haussant le ton: je veux qu’on me laisse tranquille avec ça !  (Éric tourna le dos à sa femme et sortit de la maison)

Tami voyait bien qu’Éric était préoccupé, cette école faisait remonter des souvenirs douloureux qu’il pensait avoir chassés de son esprit. Ce projet, on l’avait décidé il y a  plus de 20 ans, juste après qu’Éric avait rejoint les bancs de  l’université, après avoir passé 2 ans dans une école de seconde chance. Lui et moi étions ensemble depuis 2 ans et demi,  malgré qu’ils se soient  connus bien avant.  Éric était son voisin et faisant partit de la même bande d’amis que son petit ami de l’époque, Mo. Cette même bande qui allait faire basculer la vie d’Éric. Il a été le seul puni pour le braquage puisque Mo, chef de la bande, était le fils du shérif de Houston, et les autres étaient sous sa protection. Mo et Éric étaient rivaux et surtout Mo était jaloux et possessif avec moi et il ne supportait pas qu’’Éric m’adresse la parole, même en toute amitié. Éric a été envoyé dans un camp de redressement pour mineur pendant un an. Ensuite, il est revenu au lycée et il a réglé ses comptes avec Mo, bien sûr, le principal a immédiatement appelé la police. En attendant, j’ai voulu arranger la situation mais Mo l’a très mal pris et m’a frappée, Éric lui a sauté dessus et l’aurait sûrement tué si la police ne l’avait pas neutralisé.  Ayant déjà un casier judiciaire, il fut exclu définitivement et placé de nouveau dans un camp de redressement pendant 3 mois et envoyé dans une école de seconde chance.  Quant à moi, j’ai changé de lycée  et pris contact avec mon voisin Éric Taylor. Au début, mes lettres sont restées sans réponse. J’ai donc pris mon courage à deux mains et lui  rendu visite à sa sortie du camp. On s’est expliqué et il a accepté mon amitié, puis, au fils des mois, notre amitié, c’est renforcé en amour et complice.  J’ai vécu avec lui ses joies et ses peines, ses doutes, et surtout son changement de comportement. À sa sortie, on s’est promis qu’un jour on n’aurait une école comme celle-ci, et qu’il tiendrait la place de son coach sportif qui lui avait redonné espoir en la vie.

 

La prochaine fois qu’elle revit son mari c’était dans l’après-midi avec leurs invités.

Éric : Tami, nos invités sont là !

Tami : bonjour tout le monde ! Avez-vous fait bon voyage ?

Buddy : très bien Tami.

Jason : un long voyage, d’ailleurs Noah est fatigué, il dormait dans l’avion.

Tami : il peut aller se reposer dans la chambre d’ami s’il veut.  On vous a installé là, vous serez plus tranquille. Vince, Smash, Tim et Billy vous serez dans la chambre de Grace, elle est chez sa sœur pour quelques jours. Tyra, Julie t’invite également chez elle. Buddy, Nathan est d’accord pour t’héberger chez lui. Ça ne t’ennuie pas ?

Buddy : pas de problèmes pour moi. J’aime beaucoup ce petit.

Jason : j’ai hâte de faire sa connaissance.

Éric : vous ferez sa connaissance ce soir, il viendra dîner avec nous tous.  En attendant ça vous dit une petite visite en ville ?

Vince : pourquoi pas, je ne connais pas Chicago.

Smash, Jason, Tim: on est partant aussi

Eric: Billy? Buddy? Tyra? Partant aussi ?

Billy: oui coach.

Buddy: si vous n’y voyez pas d’inconvénient je préfère rester ici.

Tyra : moi aussi, je préfère rester avec Madame Taylor.

Éric : comme vous voulez.

Tami : où vous allez ?

Éric : au Millenium Park. Nous serons rentrées pour le dîner.

 

Pendant l’absence des garçons, Buddy était parti voir un ami en ville laissant, Tami et Tyra discutaient entre fille.

Tami : alors Tyra, dit moi, tu en es ou dans ton mémoire sur les inégalités dans les classes sociales ?

Tyra : plus j’avance dans mon mémoire, plus ce sujet me révolte. Le pire dans tout ça, c’est que beaucoup de monde  en son conscient mais ne font rien pour changer les choses.

Tami : je suis parfaitement d’accord avec toi, c’est pour cela qu’il faut persévérer  dans ta voie. 

Tyra : est-ce que ça servira à quelque chose au moins ?

Tami : ça servira peur être pas maintenant mais dans un futur lointain sûrement. Tu sais Tyra, il faut du temps pour le changement. Par exemple, notre école est la première de ce genre dans l’Etat est pourtant nous n’avons pas beaucoup d’inscrit.

Tyra : et vous n’êtes pas inquiets pour l’avenir de votre établissement ?

Tami : nous sommes conscients que nous sommes attendus au tournant pour notre première année mais nous ne sommes pas inquiets. Si la réussite est au rendez-vous, les jeunes demanderont eux-mêmes leur inscription ici.

Tyra : ce qui est bien avec vous, c’est que vous êtes toujours optimiste quoi qu’il arrive.

Tami : j’essaye du moins.

Tyra : je me mêle peut-être de ce qui me regard pas mais j’ai eu l’impression tout à l’heure que c’était un peu  tendu avec votre mari. Comment va-t-il ?

Tami : il va bien, sûrement tendu et anxieux  et quand Éric est dans cet état, une discussion peut vite finir en dispute.  Il se met beaucoup de pression sur les épaules, ce qui le rend particulièrement à fleur de peau.

Tyra : c’est un gros challenge pour lui, plus que pour vous je pense ?

Tami pensive : plus que tu ne le peut l’imaginer.

Tyra : comment est né votre projet ? 

Tami : il y a très longtemps que nous y pensions. On voulait le faire quand nous serions tous les deux en retraite mais l’accident d’Éric a précipité les événements. 

Tyra : pourquoi faire une école uniquement pour une certaine catégorie de jeune ?

Tami : pour la simple et bonne raison que personne, dans le cursus scolaire normal, ne s’occupe d’eux.  Dans ma jeunesse, j’ai connu quelqu’un dans la délinquance et j’ai bien vu que personne ne s’occupait vraiment d’eux.

Tyra : et ce quelqu’un s’en est sorti ?

Tami sourit a elle-même : oui parce qu’il a retrouvé la volonté de s’en sortir grâce à ce genre d’établissement et qu’il est tombé sur des personnes prête à l’aide.

Tyra : vous êtes toujours en contact avec lui ? Peut-être qu’il peut témoigner pour mon mémoire.

Tami : je vais voir ce que je peux faire.

(On frappa à la porte)

Tami : ah tient ! Salut les filles !

Tyra : salut Julie ! Salut Grace !

Julie : Henry était un peu agité, la poussette ça le calme rapidement.

Tyra : il est trop mignon ce petit bout de chou ! Félicitations à la maman puisque papa n’est pas là pour que je le félicite également.

Julie : papa est encore au travail. Il doit préparer son vernissage et après, normalement il sera à la maison pendant 1 mois entier.

Tyra : vous formez vraiment une belle petite famille. 

Julie : toi aussi tu auras la tienne un jour.

Tyra : j’y compte bien mais plus tard.

Grace : maman, les autres ne sont pas arrivés ?

Tami : si mais ils sont déjà tous repartis avec votre père visiter la ville.

Julie : papa et ses joueurs de football.

Tami : laissons les profiter.  En attendant, de l’aide ne serai pas de refus pour la préparation du dîner de ce soir.

Grace : on va t’aider maman.


chouchou70  (16.04.2017 à 18:32)

chapitre 35 suite

En ville :

Pendant ce temps, les garçons se détendaient au parc, lorsque Nathan les rejoignit après l’appel d’Éric.

Éric : salut Nathan, je te présente mes anciens joueurs de Dillon, Smash, Vince, Tim et son frère le coach Billy Riggins et Jason Street dont je t’ai déjà parlé.

Jason : alors c’est toi le fameux Nathan qui a redonné la joie de vivre à notre coach !

Nathan : à vrai dire, on s’est redonné la joie de vivre mutuellement. Par vrai Éric ?

Éric : c’est vrai, Nathan est une bonne personne et je compte sur vous pour le mettre à l’aise.

Smash : alors parle-nous un peu de toi. Le coach nous a fait comprendre que tu étais dans le football avant.

Nathan : oui j’étais bloqueur offensif en universitaire mais une mauvaise réception au sol d’un placage a eu raison de ma carrière sportive. Et vous, vous êtes encore en universitaire ?

Smash : je suis pro depuis peu, au poste de running back.

Vince : et moi en deuxième année universitaire au poste de quarterback.

Tim : moi j’ai arrêté le football après le secondaire.

Nathan : tu n’as pas obtenu de bourse d’étude Tim ?

Billy : bien sûr qu’il l'a eu mais Tim à tout lâché au bout d’un mois.

Tim : je n’ai jamais été bon dans les études et pis je sais que je n’étais pas fait pour une carrière.

Éric : Tim était le vrai petit branleur dans toute sa splendeur mais il ne faut pas se fier aux apparences, il est droit, à l’écoute et passionné quand il le veut. Il a été un très bon coach avec un de mes joueurs  particulièrement difficile.

Tim : merci coach

Nathan : et toi Jason, Éric m’a dit que tu étais père de famille maintenant et que tu avais un bon job dans le sport.

Jason : oui c’est vrai, je vis une vie de rêve avec ma femme, mon fils et je suis respecté dans mon travail de consultant sportif.  Quels sont tes projets Nathan ?

Nathan : je vais travailler avec Éric en tant que coach assistant, tout en continuant d’étudier au sein de son école. Après, ce que je veux faire de ma vie, je n’en sais trop rien pour le moment.

 Jason : continue tes études pour l’instant et après tu verras bien ce que l’avenir te réserve.  Tu sais, moi aussi j’étais complètement perdu, et, contrairement à toi je n’ai pas pu continuer mes études. J’ai mis tous mes espoirs dans le quadRubby, puis après une période de dépression et de connerie, le coach m’a employé en tant que coach quaterback.

Nathan lança un regard noir à Éric : si je comprends bien Éric, je ne suis qu’un numéro parmi tant d’autre !

Éric étonné : bien sûr que non. Qu’est ce qui te fait penser à une chose pareille ?

Nathan : il semblerait que ce soit une habitude pour vous de prendre des coach assistants paumés.  Quand on regarde bien, c’est tout bénef pour vous, de la main-d’œuvre déjà formée et qui contribue fortement à votre image de mec bien qui vole au secours des paumés.  C’est pour ça que vous m’avez proposé votre aide, pour renouer avec votre image de sauveur ?

Éric : mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer là ! C’est totalement faux !

Nathan : alors pourquoi ?

Nathan,  et tous les autres avaient leurs regards braqués sur leur coach, attendant une réponse.

Éric le regard sévère sur son visage : vous voulez savoir pourquoi ? La réponse est très simple. Moi aussi j’ai été dans votre situation, moi aussi j’ai fait de grave connerie, moi aussi j’ai été paumé et j’aurai bien voulu que quelqu’un comme moi me propose la même aide que pour vous !

Tous étaient abasourdis par la révélation de leur coach.

Nathan : pourquoi vous me l’avez jamais dit ?

Éric en colère: parce que j’ai jamais pu le dire à qui que ce soit mais vous ne m’avez pas vraiment laissé le choix avec vos suspicions !

Jason : vous pouvez nous en parler à nous, après tout, nous sommes plus vos joueurs mais des amis, et entre amis on s’écoute en cas de problème. Qu’est ce qui s’est passé ?

Éric hésitait à leur confier son lourd secret  mais il savait qu’il ne pouvait plus vraiment reculer, il en avait déjà trop dit. 

Éric : à 16 ans j’ai quitté l’école pour traîner dans la rue avec une bande de voyous avec qui j’ai participé à un braquage d’une supérette, qui m’a valu une garde à vue et une année dans un camp de redressement pour mineur. Ensuite j’ai fréquenté mon lycée, mais pour une courte période seulement,  j’ai été renvoyé suite à une bagarre qui aurait sans doute coûté la vie du jeune homme que je tabassais.  Ayant déjà un casier judiciaire rempli, j’ai écopé de 3 mois d’internement dans un nouveau camp de redressement, puis envoyé dans une école de seconde chance avec d’autres délinquants et repris de justice comme moi. 

Vince : vous vous en êtes sorti comment ?

Éric : j’ai eu la chance de tomber sur un coach de football qui a cru en moi et qui m’a transmis toute sa passion pour le jeu, mais aussi pour l’éducation et ses valeurs humaines. Sans lui, je serai vraisemblablement en prison ou mort dans un règlement de compte de la rue.

Smash : j’ai entendu dire que les éducateurs des camps de redressements étaient violents avec leurs pensionnaires. C’est vrai coach ?

Éric : violent verbalement ! On vous gueule dessus du matin au soir, vous êtes traité comme une merde. Ils ne s’occupent pas vraiment de connaître vos limites, vous leur devez obéissance et vous fermez votre gueule.

Billy : comment vous avez fait pour tenir une année entière dans ses conditions ?

Éric : je n’ai pas eu d’autre choix que de m’adapter sinon c’était la prison pour mineur.

Nathan : c’est à cause de la relation avec vos parents que vous en êtes arrivé là ?

Éric : je suis entièrement fautif. J’allais mal et j’en voulais à la terre entière. Mes parents on s’en doute voulu m’aider mais je n’ai rien fait pour les encourager.

Vince : je pensais que vous vous entendiez bien avec vos parents ?

Éric : jusqu'à l’année dernière, ça faisait 20 ans qu’en ce n’était pas parlé. Mon père a eu un accident qui a bouleversé notre équilibre familial. Ma mère a fait de la dépression pendant quelques années. Je me suis retrouvé, livrer à moi-même à l’âge de 12, 13 ans. J’ai commencé a fait des conneries mineures, puis à traîner avec des délinquants de 18 ans, pour finir  à 15 ans un gamin de la rue, j’avais quitté l’école parce que je m’en foutais complètement des études.

Vince : vos parents n’ont rien vu ?

Éric : non puisqu’ils l’ont appris par les flics lors de ma garde à vue.  En même temps, je me pose toujours la question comment ils ont fait pour ne rien voir, ou alors ils le savaient mais pensaient que c’était une mauvaise passe, ou ils ne savaient pas comment réagir. J’étais assez violent et je ne savais pas me contenir à l’époque.

Billy : ça me fait penser à notre propre expérience avec Tim, grandir sans de repère n’est pas chose facile.

Vince : de toute façon, tout le monde ici a grandi sans l’un de ses parents.

Jason : arrêter les mecs, je me sens un peu comme l’intrus. Et toi Nathan, tu as tes deux parents ?

Nathan : désolé Jason, moi aussi j’ai grandi sans père, et une mère pas très présente non plus.

Smash : décidément il n’y a que toi qui as eu la famille parfaite.

Jason : oui, même un peu trop.

Éric : chacun à la famille qu’il a. J’en profite pour vous dire à tous qu’il ne faut pas garder sa rancœur trop longtemps, car un jour votre vie peut basculer sans que vous ayez  pu dire les choses.  Mon accident a été un élément déclencheur pour mes parents. Sans cesse ,j’ai pensé à la douleur qu’ils auraient éprouvée si j’étais mort sans avoir pu me dire ce qu’ils avaient sur le cœur.

Vince : j’ai cru perdre ma mère à cause de la drogue et maintenant je lui dis tous les jours que je suis fière d’elle.

Éric : tu peux en être fière Vince. Ta mère a su gagner son combat contre la drogue. 

Jason : vous aussi coach vous pouvez être fière de votre parcours. Franchement, jamais je n’aurai cru que notre coach, droit, honnête, passionner, à l’écoute, était, un jour à notre place.

Éric : je me suis construit tout seul et je ne dois rien à personne. Et c’est vraiment ce que vous devez retenir de votre passage dans mon équipe. Si on vous ferme des portes, à vous de faire en sorte que d’autres s’ouvrent. Vous êtes maître de votre vie et ne la gâchez pas à écouter les autres décider à votre place. 

Tim : on n’oubliera jamais ce conseil coach.

 Éric : maintenant, vous pouvez m’appeler par mon prénom, je ne suis plus votre coach mais votre ami.

Vince : ça ferait vraiment trop bizarre. 

 Smash : je rejoins Vince. C’est une question de respect.

Éric : comme vous voudrez.   Bon, on ferait mieux de rentrer avant que les femmes nous fassent chercher  Il ne faut jamais énerver une femme, c’est un conseil pour votre future vie de couple. 

 

Chez les Taylor.

Le repas du soir était sous le signe de la rigolade entre amis. Adieu les barrières élèves/ éducateurs. La famille Taylor s’ouvrait plus que jamais sur des sujets très personnels et vice versa.  Julie et Matt présentèrent le jeune Henry Éric Junior Saracen à tous leurs amis, ce qui déclencha une multitude d’anecdotes de la part des Panthers sur leur n°7.  Éric ne s’en priva pas non plus, mais cela ne tarda pas à ce retourné contre lui. Ses joueurs et même Buddy avaient beaucoup d’anecdotes sur lui, comme la fois où il avait pris le coach de l’équipe qu'il prit par le col et l’avait menacé devant tout le monde. D’habitude, Éric aurait vite calmé le jeu mais là, bizarrement il se sentait tellement bien que ça l’amusât.  Tami prit aussi du plaisir à la conversation mais elle observait surtout son mari, toujours soucieuse de leur conversation du matin.  Il semblerait qu’Éric les fuit toute la journée pour éviter le sujet.  Elle avait vraiment hâte que le repas se termine pour enfin lui parler en privé.  Son vœu s’exhaussa vers 23H30.

 Dans la chambre conjugale :

Tami était couché sur son côté droit, faisant dos à son mari. Éric la prit par l’épaule et la fit basculer vers lui

Éric : je suis désolé.  Je n’aurai pas dû partir comme ça.

Tami : ça, tu peux le dire !  Tu m’as évité toute la journée. Je me suis inquiété pour toi. Je m’en suis aussi voulu !

Éric : on n’a eu des invités sinon on se serait parlé plus tôt. Je te le jure.

Tami : ils ont beau dos nos invités ! J’espère que tu en as profité de tes invités ?

Éric : je leur ai dit !

Tami : dit quoi ?

Éric : tout.

Tami : vraiment tout ?

Éric : vraiment tout et je me sens léger sans ce poids que je porte depuis tant d’année. 

Tami : comment ils ont réagi ?

Éric : curieux et respectueux. Ça m’a convaincu d’une chose, comme d’habitude tu avais raison, c’est vraiment ce qu’il faut que je dise à l’inauguration demain.  Si on veut commencer une nouvelle vie, autant le faire bien.

Tami : tu en es sûr ? Tu n’as pas peur de ce que pourront dire les journalistes ?

Éric sourit : depuis quand je m’occupe des avis des journalistes. Ce qui m’importe c’est que ses gamins comprennent que, même si on pense être au fond du trou, on peut réussir à remonter. N’en suis-je pas la preuve ?

Tami : tu m’épateras toujours Éric Taylor. Je t’aime énormément !

Éric se mit à embrasser sa femme passionnellement, suivi par des caresses sensuelles sur le bas du dos. Tami l’arrêta dans son élan.

Tami rougit: on ne peut pas faire ça, on n’est pas tout seul dans la maison.

Éric continua à l’embrasser : on s’en fou

Tami : non on ne s’en fou pas. Si on nous entendait ?!

Éric : on l’a fait dans des endroits un peu moins tranquilles.

Tami : ce n’était pas pareil, on ne  les connaissait pas ses gens. Là ceux sont quand même tes joueurs, mon élève et  Buddy qui sont ici !

Éric lui répondit de ne pas y penser et continua ses caresses sensuelles sur son point sensible, ce qui provoqua chez sa femme l’effet désiré qui la fit immédiatement oublier ses invités


chouchou70  (16.04.2017 à 18:41)

chapitre 36

Le jour de l’inauguration.

 

Les invités des Taylor étaient tous partit de bonne heure afin de laisser leurs hôtes ce préparer tranquillement pour le grand jour.  

Tami sortit de la salle de bain après s’être maquillée, et elle alla rejoindre son mari dans leur chambre pour qu’il l’aide à accrocher sa robe. Elle trouva son mari, dans son costume des beaux jours, devant le miroir, perdu dans ses pensées.

Tami soucieuse : Éric ?

Éric tourna la tête vers sa femme : tu me trouves comment ?

Tami : élégant et classe comme toujours !

Éric : à un détail près quand même. 

Tami : élégance et fauteuil roulant ce mari très bien mon chéri. Tu n’as pas à tant faire, tu es parfait et tu vas faire une entrée remarquée tout à l’heure.

Éric : sans doute puisque je serai accompagné de ma sublime femme.

Tami : je ne pense pas que ce soit moi que l’on attende le plus. Ces journalistes attendent avec impatience de revoir le coach Éric Taylor.

Éric : enlève-toi cette idée de la tête ! Ça toujours était toi et moi. C’est toi mon moteur et ma raison de vivre et je ne te laisserai pas passer en second plan de tous ces abrutis de journaliste.  J’ai besoin de toi mon amour, aujourd’hui plus que jamais.

Tami : je resterai à tes côtés, et je te soutiendrai. Je t’en fais la promesse mon amour.

Il l’invita à s’assoir sur lui, et a fixé le miroir devant eux puis il lui chuchota à l’oreille : «  Regarde-nous aujourd’hui, nous sommes ensemble et uni plus que jamais malgré les épreuves de la vie.  Nous avons renouvelé nos vœux de mariage. Nous avons deux filles magnifiques. Nous sommes grands-parents d’un sublime petit garçon.  On s’apprête à diriger notre propre établissement.  Certes, je ne pourrai plus jamais remarcher mais, que tu le crois ou non, je n’ai jamais été aussi heureux de toute ma vie.  Je t’aime plus que ma vie Tami Taylor et je suis plus que fière de t’avoir à mes côtés aujourd’hui et tous les jours qui me resteront à vivre.

Tami très ému : je t’aime du plus profond de mon être Éric Taylor.  Moi aussi je n’ai jamais été aussi heureuse. J’ai retrouvé l’Éric de ma jeunesse, le Éric plein de surprise et appréciant la vie. 

Éric : ça, on peut dire que tu as eu ton lot de mauvaise surprise avec moi.

Tami : j’ai toujours aimé ton côté rebelle au grand cœur.

Éric : si je comprends bien, tu ne serais jamais tombé amoureuse de moi si j’avais été un garçon sage et bien élevé ?

Tami : à vrai dire, c’est ton côté mystérieux qui m’a poussée vers toi.  Je t’observai souvent par la fenêtre de ma chambre, ou à l’école. Je me disais, comment un si beau garçon pouvait être aussi mystérieux et solitaire.

Éric choqué: tu m’observais par la fenêtre ?

Tami : pendant des heures même. Tu me plaisais beaucoup mais toi tu me fuyais. Je te faisais si peur que ça ?

Éric : tu étais la petite copine de mon chef de bande. 

Tami : et alors ?

Éric : et alors, Mo ne m’aimait pas beaucoup,  il ne supportait pas que je t’adresse la parole et il savait très bien me le rappeler.   À ton avis, pourquoi ce braquage à main armée a eu lieu et pourquoi c’est moi qui avais l’arme ? 

Tami d’un air accusateur: je me suis toujours posé cette question Éric mais tu n’as jamais voulu en parler? 

Éric : Mo voulait que je me fasse tuer. Il savait très bien qu’au cas où ça tournerait mal, c’est moi qui serais visé puisque je portais l’arme. 

Tami : pourquoi tu as accepté de le faire ?

Éric : parce qu’il allait sans prendre à toi si je ne lui obéissais pas. Pour faire court, soit je prenais l’arme en sachant très bien mes chances d’y rester, soit c’est toi qui payais le prix de ma lâcheté.

Tami : tu aurais dû m’en parler. J’aurai essayé d’arranger les choses avec Mo.

Éric : tu le sais aussi bien que moi que ça n’aurait rien changé. Je ne voulais surtout pas que ma meilleure amie se mette en danger à cause d’un bon à rien comme moi.

Tami : tu ne voyais donc pas que je t’aimais ?

Éric : si et j’ai tout fait pour te décourager de poursuivre dans cette voie.  Je ne voulais pas aimer pour ne pas souffrir et je te respectais trop pour te faire souffrir.

Tami : pourtant ça ne t’a pas empêché de te battre pour moi.  Tu ne pouvais plus lutter contre tes sentiments mon cher ?

Éric : j’ai eu droit à une visite de mes parents pendant mon internement et ils m’ont beaucoup parlé de toi. Je sais que tu leur rendrais régulièrement visite, mais aussi que tu les aidais dans pas mal de chose. Que cette fille tenait beaucoup à moi et que j’avais droit d’aimer et d’être aimé.  Quelques semaines plus tard,  je t’ai vu repartir du camp, triste et très amaigris. Ça m’a fait mal au cœur et j’ai pris conscience de mes sentiments envers toi, que je me sentais vraiment moi avec toi et que je ferai tout pour te faire retrouver le sourire et de te sortir des pattes de ton petit copain.

Tami : tes parents m’ont donné l’adresse du camp pour te faire retrouver la raison mais les gardiens n’ont pas voulu me laisser entrer.  Tu sais, ils se sentaient tellement coupable.

Éric au bout de quelques minutes de silence: j’ai décidé de tout raconter à nos filles ce soir.

Tami abasourdit: qu’est ce qui t'a fait changer d’avis ?

Éric : je ne veux pas que mes filles apprennent la vérité sur leur père par quelqu’un d’autre que moi.  Elles ont le droit de savoir.

Tami : tu es vraiment sûr de toi mon chéri ?

Éric songeur: mon psy m’a dit : « Éric, votre esprit est lourd de secret non avoué. Pourquoi ? »  Je n’ai pas su quoi lui répondre. 

Tami : je pense connaître la réponse à ta question.

Éric : je t’écoute.

Tami : depuis que je te connais, tu as toujours été discret sur toi-même, et tu n’ouvres pas facilement ton cœur, tu montres  rarement tes sentiments à part peut-être avec nous.  Je pensais que cette facette venait de ton adolescence et il m’aura fallu attendre plus de 30 ans pour découvrir que ça venait d’un traumatisme familial.  Voir ton père réapprendre à marcher  et ta mère souffrir de dépression ta profondément bouleversé, et inconsciemment, tu t’es muré dans le silence pour ne pas être un poids pour tes parents.

Éric moqueur: tu sais que tu me fais vraiment peur par moments !

Tami : je suis sérieuse chéri.  Et je vais même rajouter que, consulter un psy a été ta plus grande décision de toute ta vie.  Tu as beaucoup changé en si peu de temps. Je te sens mieux dans ta peau. Tu t’ouvres plus aux autres en faisant, petit à petit, tomber les barrières de l’homme autoritaire et froid que tu t’imposais. Et j’aime le nouvel Éric.

Éric : cette thérapie n’est pas facile tous les jours, ça, je peux te le garantir, mais j’en avais vraiment besoin pour me reconstruire. Je ne t’en remercierai jamais assez de m’avoir poussé à la faire.  

Tami : en restant l’homme que je vois devant moi, souriant, ouvert, et bien dans sa tête.  Et je ne veux plus jamais entendre le mot infirme sortir de ta bouche.  Tu me le promets ?

Éric : promis. 

Nos amoureux s’embrassèrent pendant que l’horloge sonnait 11H les ramenant à la réalité.  Que s’ils ne se dépêchaient pas, ils allaient finir par être en retard pour leur discours inaugural.

 

À la Chicago Taylor School

Dès leurs arrivées, les journalistes étaient déjà sur eux.  Monsieur le Maire les écarta des journalistes afin de leur présenter ses « amis » politique,  et les personnes influentes du système éducatif.  Après d’éternels bavardages politiques, Monsieur le Maire prit la parole devant l’assemblée.

« Mes chers amis, il y a quelques mois, un couple, visiblement nouveau dans cette ville, est venu me voir pour m’exposer le projet de cette école, ici devant vous. Vous savez combien l’éducation est importante pour moi, j’en ai fait mon principal engagement de mon mandat.  Je n’ai pas besoin de vous dire, combien, j’ai été emballée par leur projet et par les deux personnalités qui sont devant vous.  N’étant pas un fan de football, j’ignorai totalement que l’homme en face de moi n’était qu’autre, le grand coach Éric Taylor,  3 victoires de championnat d’Etat, meilleur coach quaterback du Texas et sans oublier,  il était dans le top 5 des meilleurs coach principal du pays.   Un grand homme qui a vu sa carrière stoppée net suite à un tragique accident de la route.  C’est cet homme que j’ai appris à connaître et non le coach que tout le monde croit connaître. Sans oublier, Madame Taylor, qui passe sa vie à l’écoute des jeunes, qui les guident et les conseils sur leur vie future.  Cette femme a obtenu le prestigieux ruban bleu de l’excellence pour son établissement lycéen.  Je suis très heureux et flatté,  qu’ils ont choisi de poser leur valise, ici, dans notre ville. Maintenant,  si vous voulez bien, je vais laisser la parole à Monsieur Éric Taylor.

Éric : merci Monsieur le Maire. Tout d’abord, ma femme et moi tenions à vous remercier pour votre soutien et votre hospitalité.  À présent, je vais répondre à la question que vous vous posez tous j’imagine. Pourquoi nous sommes si impliqués dans l’éducation de la jeunesse laissée pour compte ? La réponse est très simple.  Nous avons été à votre place.  Nous savons ce que sait d’être traité comme un moins que rien.   Ma femme était, disons, une jeune fille a problème qui adorait trainer avec des jeunes peu recommandables, d’ailleurs, c’est comme ça qu’on s’est rencontré. N’est-ce pas chérie (Tami lui sourit).  On peut dire que j’étais plutôt bien placé en termes de  recommandation,  entre les fugues, les bagarres, garde à vue pour violence sur la voie publique.  En vérité, j’étais un gamin des rues, traînant avec une bande de voyou peu fréquentable.  À 15 ans, on m’a envoyé dans un camp de redressement pour mineur pour une année, et ensuite,  sur les bancs d’une école de la seconde chance.    C’est seulement là que j’ai arrêté les conneries. Je suis tombé sur un homme exceptionnel, qui a su voir en moi, le garçon timide  et perdu que j’étais en vérité.  Il m’a fait découvrir le véritable sens de la vie et le respect. Il m’a surtout fait découvrir le football et ses valeurs. C’est grâce à lui que j’ai pu obtenir une bourse d’étude  et intégrer une fac.  C’est lui aussi qui m’a redirigé vers une carrière de coach après ma blessure en fac.   Je n’ai aucune honte à le dire, je lui dois tout et j’espère qu’il me regarde et qu’il est fier de mon parcours.  Tout ça pour vous dire qu’il ne faut jamais baisser les bras.  Si votre  vie n’a pas bien commencé, il existe toujours une solution pour vous en sortir, en tombant, par exemple, sur les bonnes personnes et avoir suffisamment de volonté pour y arriver.  Je vous fais la promesse solennelle que,  dès que vous franchirez ses portes, vous ne serez plus jamais seul. Vos problèmes, vos doutes, vos difficultés seront désormais, les nôtres aussi.  

Le comité continua à applaudir le discours, pendant  que Tami coupa le ruban rouge devant les portes de l’école. Ensuite, Monsieur le Maire invita les époux, l’équipe pédagogique, les politiciens et les journalistes à le suivre pour la visite officielle des locaux.

Dehors, les conversations allaient bon train concernant le discours inaugural. Ceux qui connaissaient le coach Taylor étaient plus qu’étonné des révélations qu’il venait de faire et beaucoup saluaient son courage de l’annoncer publiquement, sauf Julie, qui, manifestement, ressentait de l’amertume envers cet « inconnu ».  Elle avait besoin de s’éloigner du groupe un instant mais c’était sans compter sur sa sœur, qui la suivi à son insu.

Grace : Julie ! Je suis désolé que tu l’aies appris de cette manière. Je sais ce n’est pas cool de leur part.

Julie les larmes aux yeux : tu le sais depuis quand toi ?

Grace : c’était juste après qu’on n’a déménagé ici, mais je suis sûr que, si grand père ne me l’avait pas dit, je ne l’aurai jamais su. Papa était vraiment en colère.

Julie : pourquoi l’avoir annoncé publiquement alors, s’il ne voulait pas que ça se sache ? 

Grace : je ne sais pas Julie. Tu sais,  papa est tellement secret sur sa propre vie.

Julie : c’est clair, on en a plus appris sur lui en 1 an qu’en toute une vie. Parfois je me demande qui est vraiment notre père ? Quand on n’y pense, on n’a jamais vu de photo de lui petit, ni quoi que ce soit d’autres de son passé, à part avec maman. Pourquoi à ton avis ?

Grace : à vrai dire, je me suis jamais posé la question.  Ça doit être à cause de sa relation avec ses parents.

Julie : je pense que c’est plus grave que ça. Tu as remarqué qu’on ne parle jamais de l’époque où nos parents habitaient à Houston. 

Grace étonné : j’ignorai qu’ils habitaient à Houston. 

Julie : si, ils sont nés tous les deux là-bas et y ont grandi jusqu'à leurs 18 ans.  C’est tout ce que je sais.

Grace : c’est très peu en effet.

Julie : qu’est-ce qu’il t’a raconté papa à propos de son adolescence ?

Grace : à vrai dire, c’est plutôt grand père qui m’en a parlé le plus. Je sais qu’il a arrêté ses études à 15 ans et que nos grands parents l’ont su beaucoup plus tard par la police. Papa était en garde à vue après un braquage à main armée et ensuite qu’il est parti en pensionnant.   Papa était si en colère que je sois au courant, mais il m’a fourni aucune explication à part qu’il ne voulait pas nous en parler pour pas qu’on prenne exemple sur lui.

Julie choqué: papa a été mêlé à un braquage ? 

Grace : apparemment, mais je n’en sais pas plus.

Julie : je ne sais pas toi mais j’ai besoin de savoir la vérité sur notre père. Pourquoi il est si mystérieux sur son passé ?

Grace : je pense que tu perds ton temps, papa n’a jamais voulu rien dire, pourquoi il le ferait maintenant ?

Julie : il a bien annoncé publiquement son adolescence mouvementée.   Je pense au contraire que c’est le bon moment pour parler.  Papa a beaucoup changé depuis l’accident et c’est comme s’il voulait de débarrasser d’un poids devenu trop lourd à porter. 

Grace agacée : tu réagis comme une journaliste !

Julie : tu n’es pas curieuse de savoir pourquoi nos parents parlent jamais de leur passer, ni la raison pour laquelle  papa a atterri dans un camp de redressement ? Tu sais que l’on n’envoie pas n’importe qui dans ce genre d’endroit.

Grace haussant le ton : non je ne veux pas savoir !  J’ai confiance en papa et je sais qu’il n’a sans doute rien fait de mal et qu’il est juste une victime dans cette histoire de braquage.  Papa se bat pour réparer les injustices, pourquoi à ton avis ?

Julie : maman a aussi horreur des armes à feu. Pourquoi à ton avis ?  Je pense que maman a assisté au braquage et à vue papa tirer sur quelqu’un.

Grace en colère: tu divagues complètement ma pauvre ! 

Éric et Tami sortirent de l’école et virent au loin leurs filles se disputer. Ils prirent poliment congés de leurs hôtes pour voir ce qui se passait

Tami : qu’est ce qui se passe les filles ?

Grace en larme : maman, papa, dites-lui que ce n’est pas vrai ! Dites-lui que vous n’aviez rien fait de mal !

Tami : mais de quoi tu parles chérie ?

Julie : est-ce que tu as tué quelqu’un papa ? 

Tami horrifié par ses propos : comment oses-tu penser ça de ton propre père ? 

Julie en colère : on ne sait jamais poser de question sur les raisons de votre silence sur votre passé mais j’avoue que, plus j’en apprends, plus je suis curieuse.   Est-ce normal de savoir en même temps que des inconnus que tu as eu une adolescence difficile ?  Tous ses secrets me laissent à croire que quelque chose de grave c’est passé dans ta vie papa.

Éric : ce soir vous aurez vos réponses mais en attendant, je peux vous promettre que je n’ai jamais tiré, ni même tuer  qui que ce soit.

Monsieur de maire : Éric ! Tami !  Le journaliste vous cherche pour l’interview.

Tami : on arrive.

Journaliste : tout d’abord, nous nous réjouissons de vous revoir coach Taylor. Il semblerait que vous allez  mieux qu’il y a quelques mois de cela ou vous refusiez toute interview.

Éric : ça était dur je ne le cache pas et j’avais besoin avant tout que l’on respecte notre vie privée.   Maintenant, si vous voulez bien qu’on aborde le sujet de cette interview.

Journaliste : en parlant de respect de la vie privé, il semblerait qu’aujourd’hui  vous avez levé le voile sur votre enfance. Pourquoi maintenant ? 

Éric : pour instaurer un climat de confiance, il faut d’abord apprendre à se connaître véritablement. C’est ce que j’ai fait. Je veux qu’ils se confient à moi sans la crainte d’être jugé. 

Tami : je pense que c’est un exemple pour nous tous et ça donne aussi espoir à tous ceux qui croient leur vie foutue parce qu’ils ont pris un mauvais départ dans leur vie.

Journaliste : entre nous, le fait que vous consultiez un psy a sûrement dû influencer votre choix.  Il parait qu’un psy est capable de faire ressortir la plus petite part d’ombre de vous. Est-ce votre cas  coach ?

Éric agacé : je ne répondrai aucunement à cette question qui n’a rien avoir avec notre sujet. 

Journaliste : ça pourra expliquer votre changement radical de vie. 

Éric : curieux comme vous êtes, vous savez mieux que moi que des personnes diagnostiquées  « paraplégique » suite à un accident changent radicalement de vie.

Journaliste : j’en conviens mais vous coach, vous aviez un contrat avec votre ancienne équipe, que vous aviez accepté il me semble, donc, pourquoi ce revirement de situation ?

Tami haussant le ton : vous vouliez une interview pour parler de notre école et maintenant vous piégez mon mari avec vos questions déplacées.  Je suis désolé mais….

Éric : laisse chérie, ce monsieur veut une réponse, il l’aura.  Si un jour vous êtes confronté à la mort, alors vous saurez que rien n’est plus important que de savoir sa famille au plus près de vous.  Le football fera toujours parti de ma vie mais pas dans le but de gagner des championnats, mais plutôt dans un but éducatif, celui qui m’a aidé à m’en sortir. Et ça, je sais que les Lion’s ne me le procuraient pas, ni aucune autre équipe dans tout l’Etat.  Frôler la mort est une expérience terrifiante quand on y pense mais ça vous permet de faire le point sur votre propre vie et de vous recentrez sur les choses essentielles.

Journaliste : merci coach pour cette réponse très complète.

Éric : je vous en prie et dorénavant le sujet est clos.  

Journaliste : alors maintenant, expliquez-nous le but de votre école ? Est-ce plutôt une école pour occuper les cancres et autres marginaux de notre société, ou plutôt une école pour aider à la réinsertion des jeunes dans la société ?

Éric : un peu des deux. Tant qu’un jeune est occupé et encadré, il ne fait pas de grosses bêtises mais le véritable enjeu est de venir en aide à tous les jeunes abandonnés par notre société. 

Journaliste : justement, ce genre d’établissement existe déjà par le biais de camps de redressement ou d’école de la seconde chance.

Éric : le camp de redressement n’est pas la solution, la discipline est trop militaire. Apres, pour les écoles de seconde chance il y a déjà des limites d’âges et une limite de temps aussi et le but est uniquement pour une insertion professionnel, aide à l’obtention d’un diplôme le bien souvent.  Notre école fera aussi bien de l’insertion professionnelle que social.

Tami : ce qui est important avec ce genre de gamin c’est l’écoute et la compréhension. Nous ne sommes pas là pour juger mais pour comprendre pourquoi ils en sont arrivés là, pour ensuite travailler ensemble, sur le problème.

Journaliste : et votre programme de football dans tout ça ?

Éric : par ma propre expérience, je peux affirmer que le football aide à l’insertion sociale. Vous faites partie d’un groupe, vous vous sentez important et utile dans ce groupe, on vous oblige à échanger entre vous et à vous faire confiance. Et puis après vient la notoriété, quand on acclame votre nom, vous sentez qu’on vous respecte en tant qu’être humain et qu’on se fiche complètement d’où vous venez et au fur et à mesure du temps, c’est vous qui oubliez d’où vous venez.  Et puis il y a les valeurs qu’il véhicule comme le respect, la confiance, l’entraide,  le dépassement de soi, qui sont, pour moi, les valeurs fondamentales de notre société.

Journaliste : est-ce que vous comptez jouer à haut niveau avec votre équipe, ou seulement dans un but éducatif ?

Éric : nous jouerons contre des équipes scolaires de la région.

Journaliste : dans ce cas, on ne peut que vous souhaitez bonne chance pour la suite.

Ensuite, place à un apéro dînatoire, avec toujours les mêmes conversations autour du couple Taylor, mais c’était surtout Éric qui était sollicité par la curiosité de beaucoup de citoyen. L’un le questionnait sur sa paraplégie pendant que d’autres, surtout des parents inquiets pour leurs enfants, le sollicitèrent pour des conseils.  Tami était très surprise par le comportement de son mari. Elle ne l’avait jamais vu se confier aussi facilement sur sa propre expérience, mais, elle remarqua quand même la gêne qu’il éprouvait quand il parlait de sa paraplégie récente et son rôle à elle était de le soulager de ces conversations si cela devenait trop embarrassant.

Les festivités prirent fin en milieu d’après-midi. Éric remercia tout le monde de leur présence et donna rendez-vous à tous leurs pensionnaires pour le lendemain matin à 10 H.


chouchou70  (17.04.2017 à 21:43)

chapitre 36 suite

A la maison.

À peine de retour à la maison, Julie questionna son père.

Julie : alors ! Qu’est ce qui s’est passé de  si grave dans ta jeunesse qui nécessite autant de secret de ta part ?

Éric : j’ai participé à un braquage à main armée qui a coûté la vie au gérant de la supérette.  Ce jour-là, le chef de la bande m’a emmené avec lui en ville, j’ignorai complètement ce que nous allions faire jusqu’au moment où il m’a donné l’arme, que j’ai compris ce qu’il avait en tête.  Je ne voulais pas le faire mais bien sûr, en tant que petit nouveau de la bande, il ne m’a pas laissé le choix, sans ça il s’en prendrait à ma nouvelle amie, votre mère.

Julie : vous étiez déjà ensemble ?

Tami : pas vraiment, on était juste ami et voisin.  Disons très clairement les choses, j’étais la petite amie du chef de la bande d’Éric  donc on traînait souvent ensemble et petit à petit  mes sentiments ont changé pour lui. Et c’est l’une des raisons pour laquelle mon petit copain s’acharnait sur votre père et qu’il l’a envoyé à ce braquage pour lui tendre un piège mais malheureusement je l’ai compris seulement aujourd’hui.

Julie : comment ça un piège ?

Éric : il savait parfaitement que je n’avais pas le courage de tirer sur un homme et que la police ne cherchera pas à comprendre et visera celui qui tient l’arme pour protéger l’otage. Et je le savais aussi. 

Julie : tu étais conscient de ta maigre chance de t’en sortir vivant et pourtant tu y es allé ? Pourquoi ?

Éric : tu sais à 16 ans on n’a pas la même vision de la vie qu’à l’âge adulte. Pour moi, ma vie était foutue à 16 ans, et la mort m’est apparue à ce moment-là comme une punition que je devais assumer comme un homme. Et puis il y avait votre mère que je devais protéger.   Donc j’y suis allé et je n’ai pas tiré sur cet homme innocent puisque c’est moi qui ai été pris en otage par un des employés de la supérette.   Ensuite, toutes ses passées très vite, je me suis battu avec l’homme qui me tenait pour l’arme quand j’ai entendu un coup de feu, et puis j’ai vu le gérant parterre et immobile, les yeux ouverts, et mon chef qui me regardait d’un regard glacial et impassible.  Je virais en état de choc quand la police est arrivée sur les lieux, peu de temps après l’incident. J’ai vaguement réalisé que mon coéquipier était plus là.   J’étais seul et effrayé.

Julie : qu’est ce qui s’est passé ensuite ?

Éric : on m’a d’abord emmené à l’hôpital, puis en garde à vue pendant 48H.  Heureusement pour moi, l’employé de la supérette a mentionné mon coéquipier dans l’affaire et ils ont lancé un avis de recherche pour l’interroger également.

Julie : pourquoi tu ne leur as pas dit où le trouver ?  Il s’est quand même enfui, te laissant seul.

Éric : d’un, on ne balance pas ses coéquipiers et de deux, c’est moi qui avais tiré, enfin c’est ce que je croyais. Après l’analyse de mon arme, aucun coup de feu n’a été tiré avec dans un court délai. 

Julie : tu n’as rien fait alors et pourtant tu as été jugé et placé dans un camp de redressement.  Ce n’est pas vraiment juste. Et lui dans tout cela ?

Éric : j’ai été jugé pour port illégal d’arme à feu et participation à un braquage ayant entraîné la mort. Le juge pour enfant a été relativement clément avec moi. J’ai été jugé instable dû au traumatisme familial que je vivais actuellement et victime d’abus de faiblesse d’une bande organisée.  En ce qui concerne le chef de la bande, il a été relaxé, puisque son père était shérif de Houston, il a plaidé la légitime défense que le juge lui a accordée.

Julie offusqué: c’est injuste !

Éric : pour moi, je n’avais ce que je méritais et j’ai assumé les conséquences de mes actes. Je me foutais complètement de ce qui m’arriverait dans ce camp. Je cherchais même la bagarre pour me faire punir d’avoir rien fait pour sauver l’homme qui était mort injustement, jusqu’au jour où j’ai trouvé une raison de vivre.  Votre mère.

Julie : maman est venue te voir ?

Tami : après le procès de votre père, j’étais déçu et en colère. Mon petit copain voulait à tout prix me faire croire qu’Éric avait tout organisé et qu’il avait simplement agi par légitime défense.  Je connais suffisamment votre père pour savoir que tout était faux. Que mon petit copain avait simplement agi par jalousie. Je savais que mon ex pouvait être manipulateur quand il s’agissait de défendre son territoire et Éric en a fait les frais.  Je suis allé voir ses parents pour m’excuser et discuter de leur fils. Cette conversation a été très bénéfique pour nous trois et ils m’ont convaincu de ne pas l’abandonner et c’est ce que j’ai fait. Je suis allé le voir, malheureusement, le gardien ne m’a pas autorisé à entrer.  Alors je me suis promis de l’attendre jusqu'à sa sortie.

Éric : j’avais peur de mes sentiments pour elle mais pourtant, le jour où je l’ai aperçu au dehors du camp, j’ai compris qu’elle était exceptionnelle et qu’elle tenait vraiment à moi. Elle était un rayon de soleil apparut subitement dans ma sombre vie.  J’ai su que je devais tenir pour elle, pour la sauver des griffes de son petit copain et faire ma vie avec elle. Les 10 prochains mois qui me restaient à faire dans ce camp, j’étais un pensionnaire calme et obéissant, ce plaignant jamais des mauvais traitements infligés par les pensionnaires ou même des gardiens. 

Julie : de quel genre ?

Éric :   le genre de chose que vous ne devriez jamais savoir.  C’est sans importance pour moi aujourd’hui et il ne faut plus y penser. Compris les filles ?

Toutes les trois hochèrent la tête et autorisèrent Éric à poursuivre son récit.

Éric : à ma sortie du camp, j’ai été jugé apte à réintégrer une école publique normale.  Manque de pot, ou signe du destin, mon rival était dans ce même lycée toujours en compagnie de Tami.  Après quelques jours, je me suis battu violemment avec lui, j’étais dans un tel état de colère que je l’aurais sans doute tué si les forces de l’ordre n’étaient pas intervenues.  J’ai donc été exclu et renvoyé dans un autre camp pendant trois mois pour réfléchir aux conséquences de mon geste, puis envoyé dans une école de la seconde chance  avec d’autres reprit de justice comme moi. Et la suite vous la connaissez, j’ai rencontré le coach Timothy qui a cru en moi et votre mère me rendait régulièrement visite et nous  sommes sortis ensemble.

Julie : tu as pu quitter ton petit copain ?

Tami : mon ex a déménagé de Houston après la bagarre et moi j’ai changé de lycée pour être plus proche de l’école d’Éric.  On n’a pu vivre notre amour sereinement. 

Julie : et pourquoi vous n’êtes pas resté à Houston si tout allez mieux pour vous ?

Éric : tu imagines bien que ton passé de colle à la peau, malgré que je sois rapidement devenu le quaterback vedette du Texas, même après ma bourse d’étude et mon acceptation à la TMU.  Les parents de Tami n’ont jamais voulu me donner la main de leur fille donc on n’a dû partir. Nous nous sommes rendus à Austin pour nos études respectives.  Puis tu es venu au monde et c’était le plus beau cadeau de ma vie.  Enfin j’avais droit au bonheur et je me suis juré de tout faire pour être un père irréprochable et toujours à l’écoute de mes enfants. 

Julie : c’est pour cette raison que vous n’avez aucunes photos ou souvenirs de votre jeunesse.  Vous vouliez définitivement oublier vos problèmes ?

Tami : nous avions souffert tous les deux  pourtant nous aimions tellement cette ville, nous voulions construise notre nouvelle vie là-bas et mon père a tous gâché. C’était un tel déchirement de partir, mais si on veut avancer dans la vie, il faut faire des choix. 

Julie : vous y êtes retourné depuis à Houston ?

Tami : nous avons souhaité renouveler nos vœux de mariage là-bas.

Julie : j’admire ton courage et ta force de caractère papa ! Je ne sais pas comment tu fais pour retourner sur des lieux qui te rappel de mauvais souvenir ? Moi, je n’ai jamais pu remettre les pieds à la fac après ma mésaventure avec mon prof.

Éric : tu es encore jeune ma puce mais un jour tu comprendras qu’un jour ou l’autre le passé nous rattrape et qu’il est nécessaire de l’affronter.   Depuis mon deuxième coma, je me pose beaucoup de question sur tout, j’ai eu des hauts et des bas comme vous le savent. Bien sûr ma paraplégie n’était pas étrangère à ma dépression, mais il n’y avait pas que ça.  Ça commencer avec Kyle Williams qui m’a balancé en pleine gueule mes propres erreurs, puis les supporters devenus méprisant avec moi, et pour finir, il y a eu cet incident dans cette maison avec Mr Matthew, qui m’a rappelé étrangement la position dans lequel j’étais lors du braquage, un jouet pour arriver à ces fins.  Toute ma vie, je me suis battue pour réparer les injustices, pour aider et écouter mon prochain, et un malheureux accident m’a rappelé brutalement d’où je venais et qui j’étais vraiment au fond de moi.  Je voyais petit à petit, tout le monde me tourner le dos, parce qu’ils se rendaient compte que j’étais une mauvaise personne en fin de compte et que je méritais de rester coincé dans ce fauteuil roulant pour le restant de mes jours.

Grace prenant la parole pour la première fois : tu n’es pas une mauvaise personne papa. Tu as simplement été influencé par de mauvaise personne. Maman le savait aussi et elle ne t’a pas abandonné, comme toi tu ne l’as pas abandonné.  Et contrairement à ce que tu penses papa, tu n’as jamais oublié d’où tu venais, cela, se ressent dans ton travail.  Je vous aime tous les deux et je suis plus que fière d’être votre fille.

Julie : moi aussi je suis fière de porter ton nom papa.  Je suis consciente que ça n’a pas été facile pour vous de nous dire tout cela mais je vous en remercie de l’avoir fait.

Éric invita ses filles à le rejoindre sur ses genoux pour un gros câlin, et sa femme juste derrière lui, ces bras autour de  ses épaules.

Éric : vous êtes tous les trois ce que j’ai de plus chère au monde et je remercie dieu pour avoir mis Tami sur mon chemin et d’avoir mis au monde deux filles remarquable et sublime.   Je me sens très chanceux de vous avoir.


chouchou70  (17.04.2017 à 21:51)

Épisode final

 

Toute la famille se préparait pour la rentrée officielle de la Chicago Taylor School. Nathan était venu chez les Taylor pour la mise au point, avec Éric et Grace, pour le programme de football.

Éric : j’ai reçu vos tenues de coach. Éric donna à chacun, un t-shirt noir, dessus, brodé en or, le nom de l’école, un pantalon beige et une casquette noir avec écrit en  or, sur le devant, les initiales de l’école Chicago Taylor School.  Notre équipe s’appela dorénavant la CTS. Vous aimez ?

Nathan enthousiaste : j’adore ces tenues !

Grace : ça fait bizarre de ce dire que, c’est nos tenues et aussi notre équipe.

Éric : La première tenue de coach est quelque chose d’important dans la vie, tout comme un soldat enfilant son uniforme pour la première fois. Nous sommes une équipe maintenant et je vous demanderai d’en être digne et de respecter quoi qu’il arrive votre position. Vous devez faire preuve de maturité et de discipline sur le terrain. C’est vous les coachs et on vous doit le respect, ce qui ne veut pas dire que vous avez le droit de tout. Vous devez toujours respecter vos joueurs.  C’est seulement comme ça que vous arriverez à instaurer un climat de confiance et que vos joueurs vous suivront.  Compris ?

Nathan : compris, cependant je n’ai jamais été aussi stressé de toute ma vie.

Grace : tu n’es pas le seul Nathan mais ensemble on va se soutenir. Pas vrai papa ?

Éric : ma première fois en tant que coach, j’étais si stressé que je me suis évanoui dans le bureau de mon coach principal. J’avais peur qu’on lise sur mon visage d’où je venais.   

Nathan : je parlai plutôt de notre handicap Éric. Comment peut-on  apprendre le football si l’on n’est pas capable de leur montrer les combinaisons ou un simple mouvement de base ? 

Éric : si tu maîtrises suffisamment ton sujet, tu verras qu’avec de simple mot, tu peux obtenir exactement ce que tu veux.  Tu sais, ça fait des années que je n’ai pas faites de démonstration de placage ou de combinaisons de toute sorte.  Mon expérience confirme qu’il est toujours mieux de faire faire les démonstrations par un joueur, plutôt que soi-même. Un joueur fera rarement la combinaison parfaitement dès la première tentative, donc, tous, pourront voir les erreurs à éviter et toi, tu te sers de son erreur pour argumenter et approfondir vraiment ce que tu attends d’eux.  Et puis, en dernier recourt on n’a toujours le coach Grace ! N’est-ce pas ma puce ?

Grace sourit : bien sûr coach. 

Éric : sérieusement, je sais vraiment ce que vous ressentez à l’heure actuelle et je vous dirai que c’est normal. J’ai confiance en vous deux. Vous avez la passion en vous et la maturité nécessaire pour entraîner. L’expérience viendra avec la pratique. Il faut du temps pour devenir un bon coach. Même moi, encore aujourd’hui, j’apprends énormément sur mon métier.    Je vous demanderai juste une chose, n’hésitez pas à venir me consulter pour quoi que ce soit.  Vous êtes avec moi avant tous pour apprendre le métier  et je ne pourrai pas vous l’apprendre si vous ne me demandez rien. Compris ?

Nathan : compris Éric.

Grace : compris papa. Tu te sens prêt également à réentraîner ?

Éric : ça fait un an que je n’ai pas entraîné d’équipe. J’ai hâte de reprendre une vie professionnelle, cependant, sans rien vous cachez, j’appréhende mon retour.  Mes conditions de travail seront également nouvelles pour moi aussi  mais je sais qu’on fera du bon boulot parce que nous sommes une équipe et une famille.

Grace : ne te fait aucun souci, tous les trois on va assurer.

Nathan : on dirait bien que ça sera notre première à tous les trois. 

Après quelques instants, tout le monde était fin prêt à partir. Tami était très ému de voir son mari et sa petite dernière, en tenue de coach. Julie félicita également sa petite sœur.  Grace avait toujours adoré le football, contrairement à elle. Cette passion n’était pas toujours facile à vivre. Grace était un vrai garçon manqué et souvent on se moquait d’elle, pourtant, elle s’était accrochée à ses rêves et aujourd’hui, elle était en train de le réaliser.  Son père les aimait tous les deux mais, au fond d’elle, elle savait qu’il avait un lien spécial avec sa petite sœur, qu’elle n’aura jamais.

 

Chicago Taylor School.

 

Après une petite réunion rapide entre l’équipe pédagogique, c’était le moment d’y aller. Tous les élèves attendaient bruyamment dans l’une des salles de classe.  Éric était le premier à rentrer dans la classe, suivi par sa femme et le reste de l’équipe.  Tout le monde se tue.

Éric : bonjour Messieurs. Bienvenue à l’école Taylor. Comme vous l’avez sans doute compris, cette école est un projet familial. Ma femme, ici à mes côtés sera votre conseillère, et s’occupera aussi de l’administration. Ma fille, Julie, et son mari viendront temps à autre animer des ateliers « expression », nous y reviendront un peu plus tard. Et ma dernière fille, Grace sera mon coach assistant au sein de notre programme de football, avec Nathan.  En plus de cela, vous aurez Mme James qui sera votre professeur de littérature et animera « l’atelier développement de soi », M. Snow, votre professeur de mathématiques et animera des ateliers sur votre vie professionnelle, et pour finir M. Hobson, professeur d’histoire/géographique et responsable des ateliers sur la vie en communauté. 

Tami : ses ateliers ont un but primordial dans votre future éducation car ils vous permettront de vous réintégrer dans la société, pouvoir vous connaître mieux, afin de mieux vous vendre sur le marché du travail, et aussi connaître vos droits et vos devoirs de citoyen. 

Elève : vos beaux discours vous pouvez les garder pour vous.  N’est-ce pas les mecs ? (tous étaient d’accord).

Éric : quel est ton nom jeune homme ?

Elève : Gary.

Éric : très bien Gary, partage-nous donc ton opinons.

Gary : votre discours d’hier sur votre « soi-disant » délinquance, je n’y crois absolument pas.  Si vous savez vraiment ce que l’on vit au quotidien, vous saurez qu’il est impossible d’en réchapper. C’est la vie, certains sont nés dans une bonne famille et d’autres non.   On ne peut rien n’y changer.

Éric s’adressa à l’ensemble des jeunes : êtes-vous du même avis que votre camarade ?

Tous les jeunes étaient révoltés dans la pièce. Éric, demanda à ses collègues de travail, ainsi que Tami de sortir de la salle. Tami n’était pas d’accord avec ça mais le regard d’Éric en disait long sur ses motivations.  Il ne céderait pas. Tami laissa son mari à contre cœur.

Julie : pourquoi papa ne voulait pas qu’on reste dans la salle ?

Tami : ton père doit convaincre ces jeunes de son histoire, et pour ça, il doit faire remonter la partie sombre de son passé, que nous ne connaissons pas.

Grace : pourtant, il nous a tout dit, hier soir.

Julie : sauf sur ce  qu’il a enduré dans ce fameux camp. Souviens-toi de ce qu’il a dit.  Ça me fait froid dans le dos rien que d’y penser.  Et toi maman, il t’en a déjà parlé en détail ?

Tami : un jour, j’ai voulu le questionner sur ses quelques cicatrices qu’il a dans le dos. Il m’a répondu que ces cicatrisés étaient là pour lui rappeler d’où il venait. Il n’a jamais voulu me dire quand et comment il les avait eus.

Julie : j’ignorai complètement que papa avait des cicatrices.  C’est pour ça qu’il se montre jamais torse nu, ou qu’il ne venait jamais à la piscine avec nous ?

Tami : entre t’autre.  Ne le dites surtout pas à votre père. D’accord les filles ?

Julie : ok maman

Grace avait les larmes aux yeux.

Tami : qu’est ce qui se passe ma chérie ? Pourquoi tu pleures ?

Grace : je crois que j’aurai préféré ne rien savoir du tout.

Tami prit alors ses filles dans ses bras : je sais que cette dernière année fut difficile pour nous tous. Que vous avez découvert beaucoup de chose de votre père que vous n’auriez sans doute jamais découvert s’il n’y avait pas eu cet accident.  Je sais que c’était un choc pour tous les deux mais je ne veux pas que ça change vos rapports avec lui.  Il a vraiment besoin de notre amour et de notre soutien. 

Tami avait les yeux rivés sur la porte de la classe, une larme silencieuse sur sa joue, Julie remarquant sa soudaine détresse et prit alors sa mère dans ses bras. « Je devrais être avec lui, dans cette classe, et l’accompagner dans ses sombres souvenirs»

Julie : tu as peur de ce que tu pourrais découvrir ?

Tami hocha la tête que non: ça fait des années que je me prépare au pire. 

Julie : alors vas-y.  C’est le moment ou jamais.

Tami : tu ne t’en rends pas compte Julie, si je vais là-bas, je trahirai une promesse que je lui ai faite il y a des décennies, celle de ne jamais poser de question sur le camp.  

Julie : depuis quelques semaines, papa se libère d’un poids qui le pèse depuis des années et aujourd’hui, c’est la marche ultime pour lui. Tu devrais aller le rejoindre et franchir ce cap avec lui. Si ça se trouve, il n’attend que ça. Que ça vienne de toi. 

Tami prit son courage à deux mains et partit en direction de la salle de classe ou était Éric, mais elle resta figer devant la porte. De là où elle était, elle pouvait entendre son mari parler, sans aucuns autres bruits dans la pièce.  Ce qu’elle entendu la submergea d’une tristesse immense mais enfin elle allait connaître son lourd secret. 

Pendant ce temps, Éric raconta les détails de son séjour au camp, que seul un pensionnaire aurait pu connaître. La plupart de ces adolescents sortaient de ce genre d’endroit et savaient parfaitement que leur coach ne mentait pas.  Ces camps étaient réputés pour la violence récurrente entre les éducateurs, souvent des soldats recyclés, et les pensionnaires difficiles.  Leurs « éducateurs » étaient là pour leur faire comprendre la gravité de leurs délits. Pour cela, ils avaient souvent recours aux pires traitements qu’un être humain pouvait recevoir. Comme tous les pensionnaires, Éric en avait fait les frais, plus d’une fois même.  Quand un nouveau pensionnaire arrivait, il avait droit à sa purification de son corps et de son esprit. Cela consistait à battre le délinquant avec une ceinture, tout en l’intimidant avec des insultes désobligeantes, qui avaient pour unique but de lui faire comprendre qu’ici, il n’était personne. Après des heures de torture, le pensionnaire était emmené dans une pièce sombre et lugubre, dépourvue d’hygiène. Son tortionnaire attacha une chaîne à sa cheville, et lui donna un peu d’eau et de nourriture pour les 3 prochains jours, voire plus et le laissa complètement seul.

Éric avait passé beaucoup trop de temps dans l’isoloir, par sa faute.  Éric était le seul pensionnaire à ne jamais hurler des coups de ceinture de son bourreau privé. Il était devenu sa tête de truc, mais Éric ne lui a jamais offert la moindre satisfaction. Pour lui, ces coups étaient le prix à payer pour avoir participé à un assassinat et il l’a assumé comme un homme.

 

Gary : vous avez réussi à vous reconstruire en sortant du camp ?

Éric : pas tout de suite. J’ai fait l’immense connerie de garder un esprit de vengeance envers le responsable de mon calvaire.  Dès mon premier jour  au lycée, j’ai déversé sur lui, toute ma haine que j’avais gardé en moi pendant ma torture  J’ai été viré définitivement de l’établissement et jugé trop instable pour m’intégrer dans la vie réelle. Vivre une année entière dans ce type de camp n’a fait que me couper du monde réel, je ne connais plus que la violence physique pour me faire entendre.  Mon seul réconfort, c’était d’avoir retrouvé ma meilleure amie, mais même avec elle, je n’arrivais plus à échanger de simple conversation.  Le juge m’a donc placé dans une école de seconde chance pour les jeunes avec un casier judiciaire comme moi.  Peu à peu, j’ai retrouvé une vie sociale, et j’ai mis mon caractère violent au profit du football.  Le football m’a sauvé la vie.  J’avais enfin trouvé un domaine auquel j’excédai.  Vous n’imaginiez pas ma surprise quand des recruteurs, par dizaine, venaient me voir m’entraîner.  Mon coach était convaincu que j’étais l’espoir du football et le futur quaterback de la NFL. J’étais dans un rêve éveillé, moi, un petit délinquant avec un casier judiciaire et même pas le diplôme de fin d’étude en poche, j’étais demandé par les plus grandes universités du pays et j’avais des tonnes d’article de presse sur moi. La meilleure époque de ma vie. Enfin, je m’autorisai un avenir professionnel mais aussi sentimental puisque ma meilleure amie m’a fait l’honneur d’accepter  ma demande en mariage. 

Élève : vous avez réussi à devenir pro par la suite ?

Éric : je n’ai pas eu la chance d’aller en NFL. À ma dernière année en université, je me suis rompu la coiffe des rotateurs en plein match. C’était le jour où j’ai battu mon propre record de distance de lancer, 40 yards. Je me souviens juste de mettre réveillé à l’hôpital et que je ne sentais plus vraiment mon bras.  On m’a raconté, qu’un joueur m’avait planqué violemment après ma passe.   Malgré des mois de rééducation, je n’ai pas récupéré ma mobilité de l'épaule. C’était la fin de ma très jeune carrière.  Mon coach de l’école de la seconde chance m’a repris en main tout de suite. Il m’a pris dans son équipe en tant que son coach assistant des quaterback.  C’était ma première expérience en tant que coach et j’ai tout de suite su que je ferai ça toute ma vie.  

Élève : votre casier ne vous a jamais gêné ?

Éric : je ne vous cache pas que j’ai eu du mal à trouver un job lorsque j’ai déménagé à Austin, malgré les recommandations de mon ancien coach, alors j’ai dû mentir.  Je n’en suis pas fière aujourd’hui mais bon, à  l’époque, ça m’avait paru une bonne idée.  Et puis, au fur et à mesure que le temps a passé, j’ai fini par croire à mes mensonges et effacé de mon esprit mon adolescence chaotique.  Mais, je n’ai jamais oublié d’où je venais, je n’ai jamais barré la route à mes joueurs ayant des problèmes avec la justice.  Dans ma précédente équipe des Lion’s de Dillon, la plupart avaient un casier et on est devenu champion d’État. Quand on n’y pense, c’est une belle revanche sur la vie. 

Gary : en effet. 

Éric : je suis convaincu qu’à la fin de l’année, vous serez tous différents de ce que vous êtes aujourd’hui. À la fin de l’année, vous irez voir tous ceux qui, un jour, vous ont barré la route et vous leur direz « ne vous avisez plus de me dire que je ne vaux rien ».  À la fin de l’année, je vous vois tous décrocher un emploi, ou même peut-être une bourse d’étude en université si vous voulez continuer à faire carrière dans le football.  On ne sait jamais ce que la vie peut vous réserver, alors ne baissez pas les bras et laissez-moi vous aider. Je crois en chacun d’entre vous.

Élève : vous avez raison coach. On va montrer à cette bande d’abruti qui nous somme et leur dire qu’ils feraient  mieux de se méfier, car un jour, c’est nous qui serons à leur place. Vous êtes d’accord les mecs ?

Tous dans la salle étaient plus que jamais motivés à suivre l’homme devant eux, qu’ils connaissent pourtant à peine, mais qui n’avait pas hésité à leur confier des choses aussi personnelles. En espace de quelques heures, Éric Taylor avait su convaincre et redonner espoirs a des jeunes qui pensaient leur vie foutue. Tous, sauf un seul, Gary.

Éric : encore une chose avant que vous sortiez. Je suis là si vous avez besoin de parler, que ce soit sur l’école, le programme, ou vos problèmes d’ordre privé.  Ma femme aussi est une oreille très attentive mais attention, je vous tiens à l’œil. Tachez de bien vous comportez avec ma femme et mes filles sinon, je vous jure que je vous mets à la porte. C’est bien clair ?

Les garçons acquiescèrent d’un signe de tête puis sortirent tous de la salle de classe.


chouchou70  (17.04.2017 à 22:34)

Tami rentra à son tour, les yeux remplis de larmes et le visage bouffie. Éric savait qu’elle avait tout entendu. Il la regarda s’approcher de lui prudemment.

Tami prit les devant : je sais ce que tu penses en ce moment, j’ai trahi ta confiance et j’en suis désolé. La curiosité a été plus forte que ma promesse. 

Éric l’invita à s’assoir sur ses genoux : je suis content que tu ne m’aies pas écouté pour une fois.

Tami : vraiment ? Tu n’es même pas en colère ?

Éric : ça fait des mois que ce secret me pèse mais je ne savais pas comment t’en parler, ou même si tu étais prête à l’entendre.  Dit moi ce que tu ressens maintenant ?

Tami : j’aurai dû faire plus pour te sortir de ces camps déguiser en prison. J’aurai dû porter plainte chez le juge pour enfant quand j’ai découvert tes cicatrices dans le dos.  Comment peut-on infliger de telles atrocités à un être humain ?  Pourquoi tu n’as jamais témoigné contre ses pratiques scandaleuses ?

Éric : c’était ma parole contre celle d’un officier gradé et reconnu dans sa profession.  Et puis, quand je suis sorti, je voulais tourner cette page de mon histoire et te retrouver au plus vite.

Tami : tu pourrais témoigner contre eux maintenant.

Éric : il y a prescription maintenant.

Tami : tu ne ressens vraiment plus rien par rapport à tout ça ? Ils t’ont quand même marqué à vie.

Éric : ce n’est pas eux les responsables mais moi seul. J’ai fait des mauvais choix et j’en ai assumé les conséquences. Ils n’ont fait que leur travail.

Tami offusqué : comment peux-tu dire une chose pareille ?  Leur travail est de recadrer des jeunes difficiles et non les frapper, les insulter et les fragiliser psychologiquement.  Tu sais que tu m’as fait très peur à ta sortie. Ton regard perdu et sans étincelle de joie, ton silence, tes cauchemars a répétitions, m’ont profondément troublé.  Je me suis souvent posé la question si j'avais perdu le eric que j'aimais tant.

Éric : il est revenu c’est le principal.

Tami : comment peux-tu rester si indifférent ?

Éric : je ne suis pas indifférent quand j’entends tous ses témoignages, ça me révolte même, mais, qu’est-ce que tu veux que je fasse,  à part venir en aide aux gamins qui sortent de ses endroits. Je ne peux rien faire de plus.

Tami : en racontant ton histoire a des journalistes par exemple. Tu es une personne respectée et très influente. Tes témoignages auront plus de poids que n’importe qui d’autres.

Éric : ce que tu me demandes de faire est impossible. Tout à l’heure, j’ai parlé avec mon cœur a ses gamins parce qu’ils en n’avaient besoin,  et tout ce que je viens de dire ne sortira pas de cette pièce, contrairement à ses journalistes. Tu n'as qu’à regarder leurs articles de presse de ce matin, ils spéculent déjà sur mon passé violent, y’en n’a même un qui annonce dans son article que j’aurai soi-disant tabassé un gardien. 

Tami : parles-en à Tyra dans ce cas.

Éric : qu’est-ce que Tyra vient faire là-dedans ?

Tami : tu sais qu’elle travaille sur une thèse contre les différences dans les classes sociales. Elle m’a demandé plusieurs fois si tu étais d’accord  d’aborder le sujet de ta paraplégie avec elle. Il n’y a pas si longtemps, elle m’a demandé si j’étais toujours en contact avec mon ancien ami délinquant, et s’il pouvait témoigner de son parcours.

Éric : tu lui as parlé de moi ?

Tami : j’y ai fait allusion, ce n’est pas pareil. Elle ne sait pas que c’était de toi qu’il s’agissait. Je sais que Tyra veut plus que tout changer les mentalités, et je sais que toi aussi. Je pense que ça serait une bonne idée de vous associez.

Éric : possible. Je te promets d’y réfléchir en tout cas. En contrepartie, s’il te plaît, ne prononce plus le mot journaliste en ma présence.

Tami : oui coach Taylor.  Je tiens aussi à te féliciter pour ton beau discours de tout à l’heure.  Et je pense que tu as gagné leur confiance à tous.

Éric : pas tous. J’ai encore un problème avec ce jeune, Gary. Il m’intrigue beaucoup tu sais, et son histoire me renvoi à la mienne. D’après son dossier, ses parents  le délaissent, trop occuper par leurs métiers dans le monde de la nuit. Il faut que j’arrive à nouer contact avec lui.

Tami : je ne me fais aucun souci à ce sujet mon amour. (Elle se pencha pour l’embrasser)  

 

L’après-midi, Éric et son équipe de coach, Nathan et Grace, présentèrent le programme de football aux jeunes recrues.  Éric procéda à un entraînement spécial pour connaître ses futurs joueurs et à quels postes ils joueraient.  Sans grand étonnement, Gary, était fait pour le poste de quaterback. Ce jeune garçon était comme lui, rempli de haine, mais dans le fond, il lui sentait une grande détresse. 

Éric : Gary, tu peux venir s’il te plaît ?

Gary : oui coach

Éric : est-ce que tu as déjà joué au football avant aujourd’hui ?

Gary : non coach.

Éric : c’est très étonnant

Gary : pourquoi coach ?

Éric : je n’ai jamais vu quelqu’un comprendre aussi vite les combinaisons de base.  Je peux ajouter aussi que ton lancer n’est pas mauvais. Ton chrono est le seul point qui m’inquiète un peu, il faut que tu gagnes en rapidité et que tu sois plus souple sur tes appuis.

Gary : j’ai jamais été rapide vous savez. 

Éric : tu es court sur tes jambes mais tu es agile. On va travailler sur ce point pour contrecarrer ta rapidité.    Et ce que tu connais le poste de quaterback ?

Gary : quaterback ? Vous plaisantez ?

Éric : le quaterback est le meneur d’équipe. Je t’ai observé sur le terrain et ta prise de parole de ce matin m’ont convaincu que tu as les qualités requises pour ce poste.  Je ne te cache pas que ta corpulence peut être un handicap mais pas insurmontable.

Gary : comment vous faites ?

Éric : comment je fais quoi ?

Gary : ça fait une heure qu’on s’entraîne sur le terrain et pourtant vous voyez tant de chose. Comment vous faites ?

Éric : c’est mon travail d’observer le comportement des joueurs sur le terrain.

Gary : alors rien n’est exagéré à votre sujet ?

Éric : qu’est-ce que tu veux dire Gary ?

Gary : quand on m’a obligé à m’inscrire ici, j’ai voulu en savoir plus sur vous.  Je pensais que tous ses articles sur vous étaient quelque peu exagérés. On vous appelle le dénicheur de talent. Je me suis demandé pourquoi un homme comme vous perdrait son temps avec des jeunes comme nous. 

Éric : tu as eu ta réponse Gary ?

Gary : oui

Éric : je ne suis pas convaincu de cela.

Gary : si vraiment, c’est juste que…

Éric : que quoi Gary ?

Gary : je ne me sens pas à la hauteur de vos ambitions pour nous. 

Éric : eh moi je suis sûr du contraire. Tu as juste besoin d’un coup de pouce et qu’on croit en toi.  

Gary : vous êtes vraiment sérieux à propos de la possible carrière dans le football ?

Éric : tout à fait sérieux. Tu as quelque chose de spécial en toi qu’il va falloir exploiter. Si tu suis bien mes conseils et que tu as suffisamment de volonté pour réussir, je te fais la promesse que ta vie changera rapidement.  Ça ne m’étonnerait même pas que tu sois le futur quaterbarck vedette que les universités du pays s’arracheront. À partir d’aujourd’hui, je ne te lâcherai plus jeune homme. Je tiens à te prévenir que tu vas en baver pour les 12 prochains mois.

Gary : je n’ai pas vraiment le choix puisque je suis enfermé ici.

Éric : ce n’est pas une punition d’être ici mais plutôt comme une seconde chance de faire quelque chose de ta vie. Si le maire de Chicago t'a envoyé ici, c’est qu’il savait que tu n’es pas un cas désespéré comme tu peux le penser. Et moi aussi je le crois. Tu sais à qui tu me fais penser, à moi, un petit gars délaissé par ces parents et qui a fait de mauvaise rencontre en traînant dans les rues pour fuir le domicile familial.  Je me trompe ?

Gary : pas vraiment

Éric : alors ne soit pas un obstacle pour toi-même et fais-moi confiance. Le football te tend les mains Gary !

Gary : et si j’échoue ?

Éric : au moins tu auras essayé d’aller jusqu’au bout des choses. Si tu as vraiment fait ses recherches sur moi, tu sais sans doute que je me trompe rarement.

Gary : ok je marche.

Comme pour sceller leur accord, Gary tendit une poignée de main à son coach et repartit s’entraîner sur le terrain. Éric resta en retrait, regardant son élève rejoindre en petit foulée le terrain. En le regardant, il eut un flash. Il se voyait, a son âge, accompagné par l’homme qui lui avait tant donné, après une conversation du même genre qu’il venait d’avoir avec ce gamin. Aujourd’hui, c’était à son tour de transmettre tous son savoir.  C’était comme si la boucle était bouclée, quelques parts.   Puis, il regarda sa fille, ce qui lui fit sourire intérieurement. Elle avait exactement la même position que lui quand il observait ses joueurs, les bras croisés, et le regard immobile.  Il était tellement fière de la jeune fille qu’elle devenait, et quoi qu’il arrive, il savait qu’il pouvait compter sur elle, elle lui avait prouvé lors de cette douloureuse année passée.   Beaucoup de choses avaient changé dans sa vie, à commencer par sa paraplégie qu’il avait mit du temps à vivre avec et à accepter surtout. Mais également des changements positifs, avec la venue de son premier petit-fils et surtout sa très belle rencontre avec Nathan.   Ses yeux se posèrent immédiatement sur lui et il était très content de ce qu’il voyait. Nathan était très à l’aise dans son nouveau rôle. Malgré qu’il soit aussi paraplégique, il n’hésitait pas à donner de sa personne pour guider les joueurs novices. On dirait que tous ces doutes de ce matin s’étaient envolés dès l’instant où il a franchi les portes du vestiaire. 

L’arrivée de sa femme le fit sortir de ses pensées.

Tami passa ses bras autour du cou de son mari : tout ce passe bien chéri ?

Éric : à merveille.

Tami inquiète : qu’est ce qui ne va pas chéri, tu as l’air songeur. Tu n’as pas réussi à parler à Gary ?

Éric : j’ai su gagner sa confiance. En l’observant jouer, je me suis vu rejouer, et j’ai revu aussi Jason. Ce petit a du talent, c’est certain.

Tami : alors il n’aurait pas pu mieux tomber.  Tu vas le former comme tu l’as fait pour Jason et Matt.

Éric : on dirait bien.

Tami : alors qu’est ce qui te tracasse mon chéri ?

Éric : rien du tout. J’étais juste perdu dans mes pensées.

Tami : on peut savoir à quoi tu pensais ?

Éric : à la chance que j’ai de vous avoir. 

Tami : mais nous aussi chéri. 

 

Éric se retourna et embrassa sa femme tendrement, auquel elle lui répondit avec tant de douceur.   Grace regarda discrètement ses parents s’embrasser aux abords du terrain. Elle sourit, à elle-même à la scène devant elle. Ça ne faisait aucun doute, l’amour de ses parents était quelque chose de rare sur cette terre et elle espérait secrètement connaître un amour aussi grand que celui de ses parents. 


chouchou70  (17.04.2017 à 22:44)

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