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The Time Of Love II

Série : One Tree Hill
Création : 02.08.2007 à 13h05
Auteur : stephe 
Statut : Terminée

« Fic complète 2/2 ! Bonne lecture ^^ » stephe 

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13 avril 1912 

Haley se réveilla en sentant les rayons du soleil lui caresser la peau. Elle s’étira et un sourire lui vint aux lèvres en repensant à la soirée de la veille qu’elle avait passé avec Nathan. Elle ferma les yeux et se repassa les images de cette merveilleuse soirée dans sa tête. Après être sorti de la suite de Brooke et Lucas, ils étaient descendus discrètement en troisième classe, leur lieu de rencontrer où ils pouvaient passé quasiment inaperçus. Ils avaient rencontré Peyton avec laquelle ils avaient parlé quelques instants, puis elle les avait laissés en tête à tête. Elle ne se rappelait plus en détail ce qu’ils avaient fait, ni de ce qu’ils s’étaient dit. Elle savait juste qu’elle avait passée la plus belle soirée de sa vie avec lui. Elle l’aimait de plus en plus. En son cœur montait une émotion si puissante qu’il semblait que son cœur allait exploser. Ils n’avaient pas partagé beaucoup de baiser, de ce côté-là, ils restaient timides et purs, ils attendaient le bon moment, le moment où ils pourraient afficher leur amour. Ils étaient ensemble, et c’était tout ce qui comptait. Vers minuit, il l’avait raccompagné et ils avaient partagés un baiser intense devant sa porte, si intense qu’elle avait pensé aller plus loin, vraiment plus loin. Mais elle voulait se garder pour un autre moment, pour lui, pour leur moment magique. Ils s’étaient quittés à regret. Mais ils s’étaient promis de se voir seuls le plus vite possible. Haley ouvrit les yeux en entendant du bruit. Que pouvait faire Bonnie ? se demanda-t-elle. Elle se leva rapidement et découvrit sa mère au milieu du salon.

Mère, que faites-vous là si tôt ? Sa mère se rapprocha ça d’elle.

Haley eut un mouvement de recul devant le regard de méchanceté que lui lança sa mère, mais pas assez pour éviter la gifle de sa mère. Elle poussa un petit cri surpris et posa sur sa joue qui la brulait. Elle regarda sa mère d’un air stupéfait. Mais ce n’était pas fini, sa mère se rapprocha d’elle.

Tu crois que je ne sais pas ce que tu as fais hier soir ? lui demanda-t-elle d’un ton sec.
Je …
Ne dis rien ! Comment oses-tu de comporter comme cela ? Comme une putain ? As-tu pensé à ta famille ? A tes parents ? A tes sœurs ? Te comporter comme cela avec un autre homme que ton fiancé ! Croyais-tu qu’on allait te laisser tout gâcher ? A partir de maintenant, tu vas te tenir à carreau. Tu resteras avec moi, Chris ou Taylor et tu ne le verras plus ! C’est clair ?
Très clair, déclara Haley d’une voix froide. Mais je ne t’écouterais pas ! Je suis désolée Maman, mais Chris n’est pas pour moi !  J’aime Nathan et rien ne nous séparera ! Tu peux dire ce que tu veux.
C’est ce que tu crois ! cria sa mère en lui prenant violemment le bras, mais Chris est l’homme qu’il te faut ! Pas ce Scott. Haley, si tu ne nous obéis pas, tu seras déshéritée, c’est cela que tu veux ?
Non, mais c’est ce que toi tu veux ! 

Sa mère se recula et la gifla à nouveau. Elle la gifla si fort qu’Haley tomba sur la table basse qui se brisa. Un cri accompagna sa chute. Haley s’assit, choquée et massa son poignet douloureux avec lequel elle s’était rattrapée.

Mère … murmura-t-elle, secouée.
Tu vas m’écouter Haley et ne plus jamais me parler sur ce ton ! Je ne t’ai pas élevé comme ça, et tu épouseras qui on te dira ! Rejoins-nous au petit déjeuner ! (Elle sortir sur ses mots).
Jamais ! cria Haley, en larmes. 

Haley se releva et essuya ses larmes. Elle comprit alors que non seulement Chris la surveillait, mais ses parents aussi. Quelqu’un l’avait vu hier avec Nathan et était allé voir ses parents pour tout leur raconter. Que devait-elle faire ? Elle s’habilla mais son poignet la faisait souffrir, les larmes continuaient de couler. Elle s’écroula sur le siège de sa coiffeuse. Bonnie la rejoignit quelques instants plus tard.

Reprenez-vous Madame, lui ordonna-t-elle. Ne laissez pas votre mère gagner.  

Haley la regarda surprise et laissa Bonnie la coiffer et la maquiller pour ne plus voir sa peau rougie par la main de sa mère et les larmes qui avaient embrumées ses yeux. Elle se laissa faire, soudain soumise. Mais ses pensées ne cessaient de tournoyer dans sa tête. Que faire ? Elle ne pouvait aller voir Chris pour lui dire que c’était fini … elle avait peur de sa réaction. Quand Bonnie eut fini, elle prit sa décision et courut voir Brooke. Quand celle-ci lui ouvrit, elle tomba dans ses bras, les larmes revenant. Brooke la fit rentrer et asseoir. Lucas arriva à ce moment-là, il allait partir mais Haley le retint.

Désolée, je me suis disputée avec ma mère.
Ce n’est pas nouveau.
Oui, mais là, c’était pas pareil. Lucas … tu voudrais dire à Nathan de venir ? S’il te plait, j’ai besoin de lui parler.
Bien sur, j’y vais. Je dois lui parler de quelque chose et je te l’amène. Ca va ?
J’ai mal … au poignet, je suis tombée, déclara-t-elle en levant son poignet gonflé.
Qu’est-ce qui s’est passé, s’écria Brooke.
C’est ma mère, elle m’a giflé et je suis tombée sur la table basse.  

Lucas et Brooke la regardèrent, visiblement surpris. Lydia James était l’image même du contrôle de soi. C’était effectivement surprenant de l’imaginer frappant sa fille si fort qu’elle l’a fasse tomber.

Comme quoi on ne connait jamais vraiment sa mère !  

Lucas sortit, les laissant seules. Il se dirigea vers la chambre de son frère. Quand il rentra, son frère le prit dans ses bras.

Ca va ?
Je suis sonné à vrai dire.
Moi aussi, même si évidemment c’est plus dur pour toi. (Ils s’assirent). Tu veux en parler ?
Dis-moi d’abord ce que tu sais et comment ?
Je suis allé les voir un soir et j’ai entendu leur dispute, Dan venait de voir …
Karen.
Oui, Karen.  Mais je suis partie et plus tard j’ai croisé Dan, donc je suis allée voir Maman et elle était en pleurs, c’était douloureux pour elle. Le lendemain, je lui en ai parlé, elle ne voulait pas te le dire mais j’ai insisté, j’ai pensé que tu devais savoir, tu ne m’en veux pas ?
Non, au contraire. Maman me l’a dit hier soir. Je n’ai pas vu Père depuis. C’est pour ça que vous vous disputiez ?
Disons qu’en les entendant, j’ai compris que Dan n’a jamais aimé Maman, mais a beaucoup aimé Karen. C’est pour cela qu’il t’aime plus … mais t’inquiètes, continue. Tu as rencontré Karen ?
Oui, après la discussion avec Maman, c’était court, je la revois après le déjeuner. Je ne suis pas très sur de ce que je dois faire, je devais aller parler à Père. Reparler à Maman. Enfin, … au fait, Haley veut te voir, elle est dans notre suite. Elle s’est disputée avec sa mère. Allez viens, on y a va. 

Les deux frères sortirent et rejoignirent Haley et Brooke qui les attendait. Nathan s’avança vers Haley et Haley lui donna un léger baiser.

Je dois aller déjeuner, sinon ma mère risque de … dérailler ! Nathan, on se retrouve à notre endroit dans une heure. Ca sera dur de m’éclipser mais j’y arriverais.
Je t’attendrais.  

Haley lui sourit ; le cœur de Nathan se gonfla d’amour comme à chaque de ses sourires, à chaque de ses baisers, de ses caresses, de ses gestes. Il ne pouvait plus se passer d’elle. Il la voulait auprès de lui à chaque instant, à chaque moment, ne plus se cacher, ne plus avoir peur, seulement vire, ensemble, pour toujours. Il remercia Brooke et Lucas puis sortit, il prit son déjeuner rapidement et se dirigea vers le lieu de rendez-vous. Il venait de prendre une décision, décision qui allait changer sa vie, il avait besoin d’y réfléchir. Après cela, plus rien ne pourra les séparer. Quand il arriva, il vit Peyton qui dessinait déjà, il sourit à sa vue. Ils avaient vraiment rencontré quelqu’un de spécial. Il la salua et s’installa à côté d’elle. Il ne parla pas tout de suite, laissant ses pensées vagabondaient.

Je vais lui demander de l’épouser, déclara-t-il avec un sourire.  

Il regarda Peyton, attendant sa réaction. Un sourire lui vint, et il sut qu’il avait raison. Peyton était leur conscience, il le sentait. Il n’avait jamais été proche avec une femme et voilà qu’il rencontrait la femme de sa vie et une amie sincère qui l’aidait à avancer.

Je pense que c’est une très bonne idée. Vous formez un très beau couple.
Et toi tu es quelqu’un de spécial, on te l’a déjà dit ?
Non …mais je le savais ! Ils rigolèrent.

Tout en attendant Haley, ils discutèrent naturellement. Haley arriva enfin.

J’ai pu me libérer, enfin ! Lucas est un génie ! Bonjour Peyton. Vous avez l’air de vous amuser.
Bonjour Haley. Oui, on dissertait sur le fait que j’étais spéciale.
On est d’accord !
Qu’as-tu au poignet ? demanda-t-elle en lui montrant celui-ci, bandé.
Je suis tombée … après la gifle de ma mère, ce n’est rien. Une foulure a dit le médecin. Lucas m’a persuadé d’y aller et m’a accompagné, j’ai donc pu m’échapper ! Il a insisté sur le fait que c’était de sa faute pour pouvoir venir avec moi ! Il est donc près de midi. Désolée Nathan.
-Ce n’est pas grave, j’ai discuté avec Peyton.
Je dois être jalouse ? demanda-t-elle, taquine. 

Ils rigolèrent une nouvelle fois. En les regardant de loin, on aurait dit trois amis de longue date qui discutaient. On ne pouvait soupçonner qu’aucun ne se connaissait il y a trois jours. Une complicité naturelle s’était créée, complicité qui allait être mise à l’épreuve. Haley partit peu après pour le déjeuner, Nathan quitta Peyton quelques minutes plus tard. Elle les regarda partir avec le sourire. Elle était heureuse de les avoir rencontrés, elle était heureuse qu’ils se soient rencontrés. Naturellement, ils la faisaient partager leur univers, leur amour, leur sentiments. C’était une belle chose l’amitié. Elle le découvrait aujourd’hui. C’était ses premiers amis. Comme quoi il fallait savoir attendre pour trouver des gens importants. Elle sentit un picotement, elle avait le sentiment qu’on la regardait. Elle regarda autour d’elle et au loin, elle le vit. Il était là, à la regarder … Lucas. Elle ne le voyait qu’à peine mais savait que c’était lui. Son regard la transperçait et elle sentit un frisson montait en elle. Le même désir que la veille monta en elle. Elle se leva, et alla déjeuner elle aussi. Elle ne voulait pas de ce désir qui l’a rendait si … vivante. C’était un homme marié, elle ne pouvait pas se laisser aller, de plus il n’était pas de sa classe, il … Enervée de ses pensées, elle retrouva un ami avec qui elle avait fait connaissance, c’était un jeune père veuf. Elle s’installa avec lui et ils mangèrent en se racontant leur vie. Mais les pensées de Peyton étaient ailleurs, elle n’avait jamais connu d’hommes, elle ne savait accueillir ses sensations. Elle se détestait de ressentir ça pour cet homme, cet homme inaccessible. 

L’homme inaccessible, lui, se dirigeait vers la salle à manger pour rejoindre ses amis, sa femme. Il s’en voulait d’avoir suivi Haley, mais il avait besoin de la revoir. Les voir tous les trois si proches, la voir rire, sourire, même de loin, avait fait monté en lui un désir puissant de la voir de plus près, de la toucher. Il ne comprenait rien de ses sentiments, il était perdu mais ne pouvait s’empêcher de ressentir ces émotions. Etait-ce la même chose que ressentait son frère pour Haley ? De ce qu’avait ressenti son père pour Karen ? Devait-il combattre cette émotion ou combattre l’impossibilité d’accéder à la chose à laquelle il rêvait : elle. Oui, il rêvait d’elle, il la voulait. Ce besoin était incompréhensif mais il était là, en lui, bouillonnant. Il rejoignit sa femme et s’assit avec elle. Elle lui sourit de ce sourire plein de vie, plein d’amour ; il le lui rendit mais en lui-même, son cœur saignait. Il n’avait jamais ressenti de telles choses pour Brooke, pourtant il l’aimait, il ne pouvait le nier. Il participa à toutes les conversations, essayant d’éloigner l’image de cette blonde de ses pensées. Il y réussit presque. Mais dès le repas fini, en marche vers le pont de deuxième classe où il devait revoir Karen, elle refit surface dans son esprit. Il fit soudain un détour pour aller voir sa mère, sa vraie mère, lui expliquer. Il découvrit en elle une force incroyable, sous ses apparences fragiles, elle ne voulait qu’une chose : le bonheur de ses fils. Soulagé, il se dépêcha de retrouver Karen sur le pont C, réservé aux 2ème et 3ème classe, peut-être que … Non, il tourna ses pensées vers cette mère qu’il venait de découvrir. Elle était déjà là, à l’attendre, avec de l’appréhension dans le regard. Il lui fit un sourire qui se fit apaisant et s’assit à côté d’elle.  

Après le déjeuner, Haley réussit à s’éclipser le plus vite possible. Elle fila entre les doigts de ses parents, de Chris et partit rejoindre Nathan à leur point de rendez-vous. Elle sourit quand elle le vit déjà à l’attendre.

Pourquoi m’avoir donné rendez-vous ici ? demanda-t-elle en montrant l’entrée de la chapelle.
Je vais t’expliquer. Ne me coupe pas s’il te plait. Je … (Il respira un grand coup, puis se lança pour de bon). Cela fait seulement quelques jours que l’on se connait mais j’ai l’impression de t’avoir toujours connus, que tu étais là à m’attendre pour que ma vie soit meilleure, pour que je sois enfin heureux. Dès que je t’ai vu, j’ai su, j’ai su que tu étais celle que j’attendais, la femme qu’il me fallait et j’ai su que j’étais l’homme qu’il te fallait. On la senti. On la vécut, rien ne peut nous séparer, et je ne veux que rien n’essaie, n’arrive à nous séparer. Je t’aime. C’est un sentiment si pur et si puissant qu’il ne peut être renié. Je serais toujours là pour toi, on sera ensemble pour toujours … (Il posa un genou à terre). Epouse-moi. (…). Hales ?

Haley essuya ses larmes qui coulaient déjà depuis longtemps et se jeta à son cou en criant un « oui ! ». Il la fit tourner dans ses bras en souriant.

Tu es prête ? demanda-t-il.
Plus que jamais. Il ne nous faut pas des témoins ?
J’ai tout prévu, dit-il en l’embrassant. 

Ils entèrent dans la chapelle où le prêtre, le capitaine, Peyton et un homme qu’Haley ne connaissait pas les attendaient. Peyton vint prendre Haley dans ses bras et l’amena s’habiller et se coiffer. Une demi-heure plus tard, elle ressortait. Quand Nathan la vit s’avancer sur la nef, il crut que son cœur allait s’arrêter de battre. Elle était belle à couper le souffle, elle resplendissait, c’est comme si un halo se formait autour d’elle. Elle lui sourit et son cœur explosa d’amour pour elle, il lui prit la main quand enfin elle fut arrivé devant lui. Il suivit à peine ce que disait le capitaine – pour la cérémonie civile – et le prêtre – pour la cérémonie religieuse. Il était totalement absorbé par Haley, la femme de sa vie, son univers maintenant. Ils improvisèrent leurs vœux, qui firent venir les larmes à Peyton, ils suivirent les recommandations du prêtre et du capitaine et enfin ils s’embrassèrent, en tant que mari et femme. A la sortie de la chapelle, Nathan la prit dans es bras pour la faire tourner encore et encore, heureux. Son rire mélodieux les emporta. Ils remercièrent Peyton et Jake, l’ami de Peyton puis s’en allèrent de la chapelle qui les avait rendus plus heureux que jamais. Haley se laissa emmener dans la chambre de Nathan, ils se firent les plus discrets possibles. En rentrant, elle eut une infime hésitation que Nathan remarqua. Il sourit.

On n’est pas obligé de … murmura-t-il.
Si, j’en ai envie. J’ai juste un peu peur. Je t’aime, je te veux. 

Nathan sourit à nouveau puis la prit dans ses bras. Il l’embrassa tendrement, se contentant d’effleurer ses lèvres, de les caresser. Puis, il se fit plus passionné, plus amoureux, plus pressant. Avec bonheur, Haley répondait à ses avances sans fausse pudeur. Ses mains devinrent aériennes sur le corps d’Haley, caressant ses hanches, ses seins sous la robe de mariée. Haley se pressait contre lui, avide de ressentir le plaisir qu’il lui donnait déjà rien qu’avec ses baisers et ses caresses timides. Il la déshabilla doucement, enlevant sa robe et tout ce qui faisait office de barrières entre leur deux corps. Haley se prit au jeu et entreprit de le déshabiller à son tour. Ils se laissèrent tomber sur le lit, leur corps pouvant enfin sentir la peau de l’autre glisser contre la sienne. Nathan continua à la caresser, faisant monter le plaisir en elle. C’était sa première fois, il ne voulait pas lui faire mal. Il ne lui fit pas mal, il était doux, aimant et passionné. Haley était heureuse, elle ressentait l’envie qu’il avait d’elle, le plaisir qu’il lui donnait … elle l’aimait tant … Ils arrivèrent au paroxysme du plaisir ensemble et retombèrent l’un sur l’autre. Nathan la garda près de lui, comme s’il avait encore peur de la perdre, elle se pelotonna contre  lui, trop heureuse pour songer à fuir et aux conséquences de leurs actes. Il lui embrassa le front et ils tombèrent dans le sommeil … 

Alors que les nouveaux mariés s’endormaient, une femme non loin de là se réveillait de sa sieste. Elle se leva et s’étira puis passa la main sur son ventre qui commençait à s’arrondir, doucement mais surement. Elle sourit, heureuse. Elle regarda autour d’elle, endormie. Elle se leva et décida de partir à la recherche de son mari, il ne passait pas autant de temps ensemble qu’elle le voudrait. Hier soir, elle l’avait senti … différent. Bien sur, il y avait l’histoire avec Déborah qui n’était pas sa mère, mais une autre … Cela devait être horrible de devoir remettre sa vie en question. C’est normal qu’il se sente si perdu et donc plus distant que d’habitude, Brooke ne pouvait lui en vouloir. Elle se leva et s’habilla. Elle allait changer les idées de son mari en se faisant encore plus belle, plus aimante, plus gentille. C’est de ça qu’il avait besoin. Elle espérait qu’il passait du bon temps avec sa nouvelle mère. 

En effet, il passait du bon temps. Avec Karen – il ne pouvait pas encore l’appeler « sa mère » - ils avaient appris à se connaitre, le plus que l’on pouvait en quelques heures. Lucas put comprendre son geste, forcé évidemment. Mais il devait avouer qu’il était déboussolé. Il aimait tellement sa mère et détestait son père. Finalement, sa mère n’était pas sa mère et son père … se trouvait de bonnes raisons d’être ce qu’il était. Comment être quand on enlève l’amour de ta vie ? Cynique, détestable … comme son père. Il pensa à Nathan et sa passion pour Haley. Il savait que son frère allait se battre et il en était heureux, même s’il avait un peu peur qu’avec Christopher Geller, ça ne tourne mal. Il avait entendu des choses pas très rassurantes sur le compte de ce dernier, sur celui de son père et l’entreprise qui semblait faire plus de pertes que de bénéfices. Il n’en avait pas parlé à Brooke, ne voulant pas se mêler des affaires des autres … mais il surveillerait de près cette histoire. Au milieu de l’après-midi, lui et Karen se séparèrent mais se promirent de se revoir le lendemain, Karen lui présenterait alors son mari et ses filles, Lucas lui présenterait Brooke. Lucas se dirigea vers le pont de première classe. Il décida de se promener ici plus longtemps pour ne pas être arrêter sans cesse par des « connaissances », pour profiter de la vue mais aussi … peut-être pour la voir elle. Serait-ce de la chance ? Un coup de pouce du destin ? Ou encore une erreur ? Il ne le savait pas, en tout cas, elle était là, en train de dessiner, ses cheveux blonds tombant d’un côté, ses yeux se plissant sur son dessin et sur son modèle, deux enfants qui jouaient non loin. Il ne voulait pas la rejoindre… mais ce fut plus fort que lui et n’était-ce pas ce qu’il voulait ? La voir, la toucher ? Quand il arriva près d’elle, elle releva sa tête. Il vit dans ses yeux un éclair de désir, un désir vite refoulé mais la même électricité tremblait dans l’air, entre eux, présente, presque rassurante. Elle le regardait toujours, le regard interrogateur. Il lui sourit, ne sachant que dire, puis s’assit à côté d’elle.

Je peux ? (Devant son regard toujours interrogateur, il se reprit). Je peux m’asseoir avec vous … et regarder vos dessins ? Haley a tellement vanté vos talents que je ne peux m’empêcher d’être curieux.  

Il la vit hésiter un instant, et pria pour qu’elle accepte, il en avait besoin. Il la vit se détendre et sourire, puis elle ouvrit son carton à dessin.

Bien sur. Tenez.  

Il regarda ses dessins sans rien dire. Il vit des dessins de tout, mais deux retinrent son attention. Le premier de Nathan et Haley dans une chapelle, les yeux pleins d’amour. Le deuxième, lui et Karen, il y a quelques instants. Ce fut à lui de lever un regard interrogateur vers cette jeune femme qui le charmait tant.

Ceux-là m’interpellent. Que font Nathan et Haley dans une chapelle ? Pure invention ou auraient-ils commis l’irréparable ?
Vous ne pensez pas que c’était une bonne idée ? demanda-t-elle mystérieuse.
- Alors ils l’ont fait ? Je ne suis pas contre mais ils auraient du attendre.
Attendre quoi ? Qu’elle se marie ? C’était le bon moment, un merveilleux moment.
Tu … tu étais présente ? bafouilla-t-il.
J’étais leur témoin, ils ne voulaient pas vous mêler à ça, par rapport à vos familles. Ne me regardez pas comme cela.
Comment je vous regarde ?
Vous le savez très bien, souffla-t-elle.

Lucas garda les yeux rivés à ceux de Peyton, un regard chargé de désir. Il baissa les yeux vers les lèvres de Peyton, ces si belles lèvres. Irrésistiblement, il s’approcha d’elle, de la tentation qu’elle était pour lui. Peyton ne bougeait pas, hypnotisée par cet homme qu’elle désirait tant, qui lui faisait monter en elle une émotion qu’elle ne connaissait pas mais à laquelle elle pouvait mettre un nom : le désir, la passion. Ces entrailles se tordaient, son sang bouillait. Elle le laissa faire, elle en avait tellement envie, tellement besoin … Enfin, ses lèvres caressèrent les siennes, d’abord aériennes, elles se firent bientôt plus pressante. D’abord passive, Peyton devient bientôt active. Ses lèvres se mirent à bouger, sa langue à jouer avec celle de Lucas. Celui-ci l’attira contre lui, plus près, encore plus près, toujours plus près. Il voulait sentir son corps contre le sien, sa peau contre la sienne, son souffle s’entremêlant avec le sien. Sa main se posa sur la cuisse de la jeune fille … mon dieu qu’il l’a voulait, il avait besoin d’elle, de la sentir sous lui, de la sentir aimante, passionnée. Il la voulait, maintenant. Reprenant son souffle, il se rendit compte où ils étaient, sur le bateau, là où tout le monde pouvait les voir, le voir, le reconnaitre. Il leva les yeux vers Peyton, des yeux qui avaient viré au vert sombre. Sa bouche était encore entre-ouverte, elle paraissait surprise de ce qui venait de se passer, elle était surtout… pas remise de ses émotions. Elle n’avait que 20 ans, c’était sa première expérience dans le monde des « adultes », elle était totalement bouleversée.

Pardon, murmura-t-il. Pardon. Tu es tellement … Pardon Pey. Je …
Je dois m’en aller, bafouilla-t-elle en se relevant.
Non ! Attends, écoute-moi, s’il te plait ! (Elle lui tourna le dos pour partir mais il l’attrapa par le bras et la fit venir contre lui). Ecoute-moi … je sais que cela semble dingue, mais je sens comme … une connexion entre nous et je sais que tu ressens la même chose. Je suis aussi perdu que toi, je … j’ai envie de toi. J’ai besoin de toi.
Tu es marié, souffla-t-elle, les larmes aux yeux et l’émotion faisant vibrer sa voix.
Je sais …, souffla-t-il, front contre front, mais dis-moi que tu ressens la même chose. J’ai besoin de ça, de toi, de ta voix, de ton souffle, de ton corps, dis-le moi.
Chut… je … je ressens la même chose, mais je ne le comprends pas, je ne le veux pas non plus, et toi encore moins. Laisse-moi partir. S’il te plait.

Leurs yeux se croisèrent une dernière fois. Il ferma les yeux, lui déposa un doux baiser sur ses lèvres et la laissa partir. Elle se détourna avec un dernier soupir, un dernier regard et regagna sa chambre où elle se jeta sur son lit, complètement déboussolée. Elle revivait à chaque instant ce baiser, ce merveilleux, ce magnifique baiser qui l’avait transporté dans un monde de douceur, de passion et d’amour. Elle laissa couler une larme – elle ne pleurait jamais, pas depuis la mort de son père – une larme qui signifiait qu’elle ne pouvait pas vivre ce désir. Mais ces paroles … les paroles qu’il lui avait dites l’avaient complètement chamboulée. Elle respira un bon coup pour se calmer, mais comment oublier ses lèvres, ses mains, son baiser, ses paroles. Elle ne le pouvait pas.

stephe  (02.08.2007 à 13:22)
Après le départ de Peyton, Lucas resta un moment sur le banc à regarder le soleil se coucher. Quand la sonnerie du diner des premières classes retentit, il se réveilla de ses pensées où juste une femme y figurait. Son image dansait sans cesse devant ses yeux. Il se leva et se mit à courir pour rejoindre sa suite, pour rejoindre sa femme. Il se sentait horriblement coupable, encore plus quand il la rejoignit au diner, très en retard après s’être lavé et habillé convenablement pour le repas, il lut dans ses yeux de l’inquiétude, de la peur, de la tristesse. Il s’assit à côté d’elle, l’embrassa. Il jeta un œil à son frère qui affichait un air serein et à Haley qui elle semblait épanouie. Il était heureux pour eux, inquiets mais aussi déçu que son frère n’est pas fait appel à lui pour être son témoin. Au loin, il vit sa mère qui le regardait, elle-aussi visiblement inquiète. Il la rassura d’un sourire et se tourna vers Brooke.

Désolé mon ange, j’ai passé la journée avec Karen, on n’a pas vu le temps passé. (Une ombre passa dans les yeux de Brooke qu’il ne comprit pas). Désolé, répéta-t-il.
Ce n’est pas grave. J’ai passé mon après-midi avec Haley. Et avec ta mère.  

Elle se renferma dans un mutisme inquiétant. Brooke vit Lucas essayait de participer à la conversation mais elle voyait bien qu’il n’était pas vraiment là. Elle était en colère, vraiment en colère. Contre Lucas, contre Haley, contre Nathan, contre elle-même. Elle était en colère contre Haley qui lui avait menti, qui s’était marié sans elle, qui avait préféré à une inconnue de la soutenir et non à sa meilleure amie. La discussion qu’elle venait d’avoir revint à nouveau à sa mémoire.

On s’est marié ! cria Haley, la main dans celle de Nathan.
Quoi ? Mais …
Je sais, c’est précipité mais on s’aime !
Il ne faut pas des témoins ?
Si, j’ai demandé à Peyton. Ne te fâches pas, je ne voulais pas te mêler à tout ça.
Tu ne voulais pas me mêler à tout ça ? A ton mariage ? cria Brooke. Comment as-tu pu ? Comment as-tu pu te marier dans mon dos, sans moi ! Je croyais qu’on était amie, comme des sœurs et tu demandes à cette inconnue d’être ton témoin !
Brooke … je suis désolée … je pensais …
Que quoi ? Que je te rejetterais ? Comment peux-tu croire ça ? Ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec toi que je ne t’aurais pas soutenue ! Je .. Vas-t-en ! Sors !
Brooke … S’il te plait, pardon, pardon, c’était si précipité, Peyton était là, j’aurais tant aimé que tu sois là !
Pas autant que moi apparemment. Sors maintenant, il faut que je m’habille pour le diner. Sors ! hurla-t-elle. 

Surprise et triste, Haley sortit de sa suite. Elle laissa les larmes couler tout en rejoignant sa chambre. Nathan était sortit au début de la dispute, elle ne lui en voulait pas. Comment avait-elle pu oublier sa meilleure amie ? Tellement absorbée par son bonheur avec Nathan, elle en avait oublié celle qui avait été son pilier pendant toutes ses années. Brooke s’effondra sur son lit en pleurant.  Fin flash back

A table, Brooke regarda Haley qui semblait mi-triste, mi-heureuse. Elle n’arrivait pas à s’en vouloir de lui avoir crié dessus, c’était la première fois. Mais elle sentait sa vie lui passait entre les mains. Haley prenait ses distances, Lucas la délaissait. Mais pour qui ? A l’instant, il venait de lui mentir. Elle savait qu’il n’avait pas passé toute l’après-midi avec Karen. S’inquiétant pour lui, elle était allée trouvée Deb qui avait envoyé un message à Karen pour savoir où était Lucas. Pas avec elle en tout cas. Elle cligna des yeux pour éviter que les larmes ne coulent. Elle n’allait pas se mettre à pleurer devant tout le monde. Hors de question ! Elle reprit son masque de femme heureuse et essaya à son tour de participer à la conversation. 

En face d’elle, un homme était très inquiet. Il avait reçu un télégramme de son père, très mauvais. L’entreprise faisait faillite. Il fallait accélérer le mariage pour que les James mettent de l’argent dans l’entreprise ; après le mariage, ils seraient obligés s’ils ne voulaient pas avoir un gendre ruiné. A ses côtés, sa fiancée avait une ombre de tristesse dans les yeux, pourquoi ? Il l’avait trouvé épanouie. Mais il ne savait où elle passait son temps, il ne pouvait l’accepter. Il jeta un œil à Nathan Scott et vit le regard complice qu’il partageait avec sa fiancée. Il allait reprendre les choses en main, dès ce soir.
Après le dîner, il n’alla pas boire un brandy mais invita Haley à se promener sur le bateau. Elle accepta à contre cœur en jetant un regard désolé à Nathan. Puis elle suivit Chris au dehors. Ils se promenèrent en silence quelques minutes, puis Chris prit la parole.

Ma chère, je dois vous dire que … je suis assez déçue … je pensais que ce voyage allait nous rapprocher, et je vous sens vous éloigner.
Je suis désolée Chris mais … (Haley réfléchit à tout allure, devait-elle lui dire que c’était fini ? Elle s’était promise à elle et à Nathan qu’ils le feraient tous les deux, mais n’était-ce pas le moment ? Elle allait se lancer quand ses parents vinrent les interrompre pour les inviter, après leur promenade, de les rejoindre pour parler du mariage. Haley se sentait acculer mais elle ne pouvait pas faire de scandale maintenant, elle avait besoin de Nathan pour cela). Bien sur, avec plaisir. (Sa mère lui lança un regard appréciateur, son père sourit et ils repartirent, les laissant seuls).
Alors ?
Je suis désolée si j’ai été distante, mais à vrai dire, je n’ai pas très envie de parler de ça pour le moment. Si nous profitions de ce moment ensemble, tout simplement ? 

Chris acquiesça, il voulait en parler mais il se retint. Il ne voulait pas qu’Haley s’énerve et pense à annuler leurs fiançailles, ca serait catastrophique. Ils se promenèrent quelques temps encore puis rejoignirent les parents d’Haley où celle-ci s’ennuya totalement, elle pensait plus à Nathan, à leur mariage, à l’après-midi d’amour qu’ils avaient passé, à ses baisers, à ses caresses … qui lui avait prodigués et qui lui avait donné tant de plaisir. Sa mère la sortit de ses pensées en lui donnant un chiffre approximatif d’invités, invités qu’elle ne connaissait même pas. Mais elle sourit en pensant que ce mariage n’aurait jamais lieu ! Elle était déjà mariée, elle allait être heureuse avec Nathan et non malheureuse avec Chris ! Elle se joignit à la conversation, sachant qu’elle était vaine. 

De son côté, Brooke rentra directement dans sa chambre alors que Lucas restait au « brandy » avec son frère. Mais il la rejoignit dès qu’il pouvait, il avait à s’excuser. Il la retrouva déjà couché.

Brooke ? (…). Brooke ? S’il te plait. Je voulais m’excuser, j’aurais du revenir te prévenir mais … l’après-midi est passé très vite. Et …
J’ai vu Karen, dit Brooke en s’asseyant et en se retournant. Enfin ta mère l’a vu. Je sais que tu n’as pas passé tout l’après-midi alors où tu étais ? (Elle se leva, énervée). J’en ai marre que tout le monde me mente ! Toi, Haley ! Qui d’autres ? Où tu étais ? Dis-le-moi !
Je suis … restée sur le pont de 2ème classe.
Pourquoi ne me l’as pas tu dis ?? Qu’est-ce que tu me caches ? Dis-le-moi Lucas !
Je ne te cache rien !
Tu étais au mariage de Nathan et Haley c’est ça ?
Non, je n’y étais pas, et je n’étais même pas sur qu’ils y étaient.
Qu’est-ce que ça veut dire ?
J’ai … rencontré Peyton et nous avons parlé quelques instants et …
Alors c’est avec elle que tu étais ? Pourquoi tu ne me le dis pas ?
Je te le dis ! C’est juste que ce n’était pas important, je suis resté la plupart de l’après-midi avec Karen, puis seul.
Seul ? A quoi faire ?
Rien ! Brooke, tu t’énerves pour rien, s’exclama-t-il en élevant la voix.
Pour rien ? cria-t-elle d’une voix hystérique. Pour rien alors que tu m’as menti ? Je rêve ! Sors de là ! Va-t-en, je ne veux plus te voir !
Brooke …
Sors ! hurla-t-elle en éclatant en sanglot.  

Elle s’effondra sur le lit en pleurant, Lucas attendit quelques instants et la rejoignit en l’enlaçant en s’excusant sans cesse. Se débattant d’abord, elle se laissa faire et pleura contre lui. Lucas se sentait minable, il lui avait menti, puis l’accuser de je ne sais quoi. Alors que c’était lui et seulement lui le fautif.  

Nathan rejoignit sa mère pour parler de Karen et de Lucas. Avec surprise, elle n’était pas en larmes, elle paraissait plus forte. Ils discutèrent du problème, de son père, de l’enfance de Nathan à toujours vouloir impressionner son père, puis de la haine qui s’était introduit en Dan, en Nathan, l’un vers l’autre. Son père entra, ne sachant que faire, un rictus de dégout sur son visage en les voyants, puis il ressortit. Nathan haussa les épaules, se sentant lui aussi plus fort. Il ne voulait plus de l’amour de son père, il avait celui de sa mère, de sa femme … d’Haley, sa femme. Sur une impulsion, il avoua tout à sa mère. Etonnée et surprise, elle resta silencieuse pendant un instant, Nathan se justifia, de peur de décevoir sa mère, mais elle fut ravie et lui promit de le soutenir. Elle aimait beaucoup Haley, le peu qu’elle en avait vu. Son fils avait l’air si heureux qu’elle ne pouvait être qu’heureuse. Peu importe son mari qui devenait un monstre, elle ne s’en occuperait plus, c’était fini pour elle, pour eux. Après leur discussion, Nathan retourna dans sa suite pour attendre Haley, en espérant qu’elle viendrait. Elle vint bien sur, tard dans la soirée. Chris et ses parents l’avaient retenu longtemps et elle avait attendu avant de ressortir de sa suite. Heureux de se retrouver, et sans plus aucune timidité, ils s’embrassèrent passionnément. Il reprit ses caresses. Plus sur d’elle, Haley en osa d’autres. Leurs habits tombèrent, leur corps se frôlèrent, leurs mains se touchèrent, leur cœur s’emballèrent, leur souffle s’accélérèrent. Ils étaient dans leur monde, un monde où seuls eux, seul le plaisir qu’ils se procuraient l’un à l’autre ne comptaient. Ils tombèrent sur le lit, firent monter le plaisir au paroxysme. Au moment d’en atteindre l’apogée, leurs yeux s’accrochèrent, leur main se joignirent dans un dernier souffle, un dernier gémissement de plaisir avant de retomber, épuisés et heureux de s’être trouver et de pouvoir partager ses moments magiques. Après l’amour, ils restèrent éveillés, dans les bras de Nathan, Haley se sentait la plus heureuse du monde, elle savourait son bonheur. Ils parlèrent de tout et de rien pendant des heures, refaisant le monde avant de se perdre une nouvelle fois dans les bras l’un de l’autre, le désir toujours là, l’envie présente et l’amour éternel.

stephe  (02.08.2007 à 13:29)
14 avril 1912 

Un peu avant l’aube, Haley sortit discrètement de la suite de Nathan pour rejoindre la sienne. Le sourire aux lèvres, elle fit quelques pas de danse sur le pont. Cela lui semblait bizarre de ne voir personne, personne ne pouvait profiter de ce spectacle, du silence, du calme et du soleil qui commençait à pointer sur l’eau. Elle resta quelques instants à regarder le soleil se lever, puis fatiguée et ayant un peu peur de croiser quelqu’un, rentra dans sa suite en chantonnant. Elle s’apprêtait à se déshabiller quand elle sentit une présence dans sa chambre. Son cœur s’emballa. Elle découvrit enfin qui s’était, mi-soulagée, ce n’était que sa mère mais soudain terrifiée. Quelle excuse donner ?

Maman ! Déjà levée aussi ? Je voulais voir le lever du soleil.
Tu t’y es prise très tôt alors, je suis là depuis hier soir. J’avais oublié de te donner quelque chose et tu n’étais pas là alors j’ai attendu … longtemps, très longtemps. Où étais-tu ?
Je crois que tu le sais, murmura Haley.
Pardon ?!
J’étais avec Nathan, Mère, dit-elle, rebelle. J’ai passé la nuit avec lui. Et l’après-midi d’hier. Dans son lit ! Et ne t’avise pas de me gifler, ni de me traiter de putain ! Je me suis mariée avec lui hier, je l’aime, je vais annuler mes fiançailles avec Chris aujourd’hui même.
Tu racontes n’importe quoi ! Tu n’as pas pu faire ça !
Si je l’ai fais ! Hier après-midi. Le certificat est signé par le capitaine, et nous sommes aussi passés devant le prêtre de la chapelle. Nous avons consommé le mariage, vous ne pourrez rien faire. Mère … Ce n’est pas contre toi mais je l’aime ! Tu devrais être heureuse pour moi d’avoir trouvé l’homme de ma vie !
Heureuse ? murmura-t-elle. Heureuse ? répéta-t-elle en élevant la voix. Tu sais combien on a investi dans ton mariage ?
Mais rien n’est vraiment fait encore ! Mère, s’il te plait, soutiens-moi. J’ai besoin de savoir …
Tu veux que je te soutienne après ce que tu nous as fait ?! Comment te pardonner ? Tu nous as trahis, déshonorer ! Ce n’est pas comme cela que l’on t’a élevé !
Mais …
Vas-y, rate ta vie avec ce Scott ! Mais ne viens pas pleurer auprès de nous après ! Tu n’es pas ma fille ! Tu ne l’es plus !
Mère … qu’est-ce que ça veut dire.
Je crois que tu as très bien compris, dit-elle froidement. 

Elle sortit de la suite, laissant une Haley déboussolée. Qu’avait-elle voulu dire ? Qu’elle ne voulait plus la revoir ? Elle se déshabilla mécaniquement, épuisée, puis se coucha sur ses pensées troublantes. En se réveillant, tard, Haley se sentait mal. Elle en voulait à sa mère de lui faire ressentir ses sentiments. Ayant raté le petit-déjeuner, elle se dirigea vers la suite de Brooke, il le fallait. Elle toqua et entra en entendant la voix de Brooke. Celle-ci lui lança un regard qui lui fit mal. 

Brooke … on peut discuter ? Brooke, pardon, je m’en veux, vraiment. Cela s’est tellement fait dans la précipitation que …
Tu n’as pas pensé à moi. Merci, ca me touche.
Brooke … murmura Haley, troublée par sa froideur. J’avoue, je n’ai pensé qu’à moi et à Nathan et j’en suis désolée. J’aurais tellement aimé que tu sois là. J’aurais tellement aimé que tout se passe autrement. Ne pas être obligé de me fiancer avec Chris, de me disputer avec ma mère, avec toi, de me marier en cachette pour être sur de pouvoir vivre mon amour. J’aurais tellement voulu que tout soit différent mais ce n’était pas possible alors j’ai fait … ce que je pensais être la meilleure chose. Même si je réalise maintenant que j’aurais du attendre que tu sois là. Brooke … tu es ma meilleure amie, ma confidente, ma sœur de cœur. Je serais toujours là pour toi et c’est réciproque, je ne veux que rien ne change. On fera une autre cérémonie avec Nathan et tu seras là. S’il te plait, pardonne-moi. Je ne peux pas continuer sans ton soutien et ton amitié. (Sa voix se cassa et les larmes refoulées coulèrent). Que ferais-je sans toi ?
Oh Hales … tu sais t’y prendre, dit-elle la voix plein de larmes, viens par là. Je t’en veux encore un peu de m’avoir écartée mais je te soutiens à 100%. Je vois bien que tu l’aimes mais … savoir que tu as fais appel à Peyton et non à moi ! Comprend que je sois … déçue, vexée.
Je comprends mais … Nathan a tout préparé, il voulait pas vous mêler à ça toi et Lucas. Pardon.
Chut, n’en parlons plus. Comment vas-tu le dire à tes parents ?
Ma mère sait tout. J’ai rejoins Nathan la nuit dernière et au matin, elle m’attendait dans ma chambre. Je crois qu’elle m’a plus ou moins reniée. J’irais la voir ce matin avec Nathan pour en parler aussi à mon père… puis à Chris. On fera ça ensemble. Tu ne m’en veux plus ?
Promis. (…). Mais ne me mens plus jamais, d’accord ? J’en ai marre que tout le monde me mente.
Désolée … mais qui te mens ?
Lucas. Il m’a dit qu’il avait passé l’après-midi avec Karen – sa mère, enfin … tu sais ! Finalement, il a vu Peyton puis est resté seule, je ne sais pas ce que je dois croire.  

Haley se raidit. Lucas avait vu Peyton ? Pourquoi ? Quand ils s’étaient rencontrés, elle avait bien vu l’attirance de Lucas envers sa nouvelle amie, et aussi que c’était réciproque mais … non, Lucas ne ferait pas ça. Pour en être sur, elle irait voir Peyton… Lucas rentra dans la suite, accompagné de Nathan. Les nouveaux époux se partagèrent un sourire lumineux tandis que Lucas et Brooke en échangeait un gêné. Brooke lui en voulait toujours, elle sentait que Lucas lui cachait quelque chose. Lucas se moqua gentiment de Nathan et Haley et du mariage si surprenant et rapide. Puis ils partirent avouer leur mariage aux parents d’Haley et à Chris. Quand ils furent partis, Lucas prit place en face de sa femme. Il devait avoir une discussion à cœur ouvert, il le savait mais il ne pouvait lui avouer le désir qu’il avait pour une autre femme, une envie si douloureuse qui le poursuivait tout le temps, à chaque heure du jour et de la nuit. La discussion ne mena à rien, Lucas n’avouant rien, Brooke se retranchant derrière sa carapace. Il finit par partir et décida d’aller voir son père à qui il n’avait pas parlé depuis la révélation à propos de ses mères. Il le trouva sur le pont en train de fumer. Il s’accouda à côté de lui. Son père parut surpris, mais ne dit rien. Il dut engager la conversation.

Tu n’as rien à me dire ? On pourrait parler de Karen ? De maman, de moi, de Nathan.
Tu sais déjà tout non ?
Non, je n’ai eu la version que de maman et Karen, j’aimerais la tienne papa.
Que dire ? Je suis tombé amoureuse d’une femme qui ne me convenait pas, j’ai eu un enfant. Mes parents ont réglé l’affaire, m’ont trouvé une femme, ont pris le bébé et je n’avais jamais revu Karen depuis.
C’est tout ? Pourquoi ne t’es-tu pas battu ?
Je n’en sais rien, pas la force, pas le courage et peut-être pas l’amour en fin de compte.
Comment ça ?
J’ai parlé à Karen, le soir où tu l’as rencontré. Je croyais toujours l’aimer … je pensais qu’elle m’aimait toujours …quel imbécile ! Elle aime son nouveau mari, moi … je ne suis rien. Je suis un monstre, n’est-ce pas ?
Père …

Sans un mot de plus, son père fit demi-tour et parti. Un monstre ? C’est ce que sa mère, son frère et lui disaient toujours. N’étaient-ils pas injuste finalement ? Il avait juste essayé d’être le meilleur, d’oublier son premier amour …

Haley rentra dans la suite de ses parents après avoir attendu leur signal. Nathan la suivit de près. Sa mère l’avait-elle dit son père ? Vu le regard de sa mère : non, à elle de se débrouiller.

Père, mère. Si vous pouviez vous asseoir, il faut que je vous parle.
Que fait-il là ? demanda sèchement son père.
Père, s’il te plait. Je vais t’expliquer. (Haley attendit que son père s’asseye, elle jeta un regard à Nathan et se lança). Je ne me marierais pas avec Chris, je vais rompre mes fiançailles.
Quoi ? Mais Haley … commença son père.
-Non !  Je ne l’aime pas, je ne veux pas de ses fiançailles. Je ne veux pas qu’il soit mon mari ! J’aurais du le dire avant, mais … je n’en avais pas le courage mais aujourd’hui, j’en ai la force. Je vais les annuler après vous avoir parlé. Car j’ai besoin de votre soutien.
Haley, tu es notre fille, tu n’as même pas 20 ans, tu ne peux décider toute seule ce qui te convient, laisse-nous décider. Chris est un bon parti et …
Père ! Non ! J’ai autre chose à vous dire. Je veux faire ma vie avec Nathan, nous nous sommes mariés hier.
Quoi ? dit celui-ci en se levant. Haley …
Pardon père mais … j’aime Nathan. Pardonne-moi. 

Un silence se fit où le père regarda sa fille, les larmes aux yeux, se tenant droite et fière devant lui, lui avouant son amour pour un homme. Homme qui à ses côtés se tenaient lui aussi droit et près à intervenir si la situation dégénérait. Puis il se rappela … entre lui et sa femme, l’amour avait été là, mais pas le grand, le vrai comme en rêvant sa fille chérie. Elle l’avait trouvé, c’était une chance.

Ma chérie, commença-t-il. Je ne t’en veux pour rien. Si tu as trouvé l’amour, très bien.
Jim !
Lydia, je t’en prie ! Haley a trouvé l’amour et je dois t’avouer que ce Chris me tapait sur les nefs. Bienvenue dans la famille, reprit-il en serrant la main de Nathan, abasourdi.  

Haley resta une seconde figée puis sauta dans les bras de son père qui rigola en chuchotant des merci à l’infini.

Allez voir Chris maintenant les enfants.
Merci Papa ! Je t’adore. Mère … ?
Sors ! Comment peux-tu accepter ça Jim ? On court au scandale !
Mais non Lydia, tu fais toute une histoire pour rien.
Pour rien ? cria-t-elle. Pour rien ? Que vont pensez nos amis de ça ?
Pense à ta fille et non à toi pour une fois !
- J’y pense à ma fille ! Je veux son bonheur moi aussi, mais je ne crois pas qu’elle soit en âge de décider par elle-même de sa vie !
De toute façon il est trop tard, ils se sont mariés. Sortez les enfants, allez voir Chris.  

Haley hésita mais suivit le conseil de son père et sortit main dans la main avec Nathan. Elle était encore surprise de la réaction de son père, surprise mais heureuse.

Tu vois, ce n’était pas si dur, déclara Nathan en souriant.
Oui ! Je n’en reviens pas ! Enfin, il faut allez voir Chris maintenant. Tu es sur de vouloir venir ?
Hors de question que je te laisse seule avec lui ! Qui sait ce qu’il peut faire ?! 

Haley lui offrit un sourire courageux et serra sa main dans la sienne. Nathan redoutait la discussion à venir, non qu’il est peur de Chris Geller mais … Lucas lui avait dit qu’il suspectait celui-ci de se marier à Haley par intérêt pour son entreprise. En voyant cela tomber à l’eau, ne se mettrait-il pas dans une colère noire ? Chassant ses pensées de son esprit, il vit Haley frapper à la porte de celui-ci. Il ouvrit peu de temps après. Il vit un sourire fendre son visage avant de se figer en le remarquant.

Haley ? Nathan ? Un problème ?
Pouvons-nous entrer ? Nous avons à vous parler, déclara Haley.
Mais bien sur, dit-il nerveusement. 

Dès qu’ils furent assis, Haley se lança.

Je suis désolée de devoir vous dire ça Chris mais je compte annuler nos fiançailles. Cela parait soudain, mais … je pense que vous l’avez remarqué que je n’étais pas très enthousiaste et … je romps donc nos fiançailles.
Vous rigolez ? Vous ne pouvez pas !
Si je le peux. J’ai l’accord de mon père pour cela. Nous allons vous laissez. Je suis désolée, dit Haley en se levant.
Qu’a-t-il à voir là-dedans ? demanda-t-il en se levant à son tour.
Chris …
Vous ne pouvez pas faire ça ! cria Chris en attrapant le bras d’Haley sauvagement.
Lâchez-là ! prévint Nathan en posant une main sur le bras de Chris, celui qui tenait Haley.

C’est ma fiancée, ne vous en mêlez pas Scott ! cria une nouvelle fois en le poussant. Haley est à moi ! Elle a intérêt à m’épouser ! Vous m’entendez Haley ? Je n’ai que vous et vous allez faire ce que je vous dis ! 

En hurlant ses mots, Chris la secoua. Haley essaya de se débattre. Mais Chris avait compté sans Nathan. Celui-ci le prit par le haut de sa veste, il fut donc forcer de lâcher Haley qui alla s’écrouler par terre sous la pression. Nathan accola Chris sur le mur.

C’est ma femme ! N’y touchez plus ! cria celui-ci. Jamais !
Votre femme ? Non !! Vous n’avez pas pu faire ça !  

Nathan le relâcha, croyant en avoir fini, mais Chris, conscient d’avoir tout perdu, sa fiancée, son père, l’entreprise, craqua. Il balança son poing dans l’œil de Nathan qui tomba à terre, mais pour peu de temps. Nathan se releva et frappa à son tour Chris au visage. Il s’arrêta en entendant les cris d’Haley qui priait pour qu’ils arrêtent. Nathan le menaça une nouvelle fois, lui conseillant de rester loin d’eux. Il prit Haley et ils sortirent devant des passants qui les dévisageaient. Dans la suite, Chris tomba à terre. Il venait de tout perdre. 

Haley sortit choquée de sa conversation avec Chris.

Ca va Nathan ? Tu es blessé ?
Mais non, ca va Haley. (Il l’enlaça). Tout va pour le mieux maintenant que tu es là et que plus rien n’est un obstacle à notre amour. Je t’aime.
Je t’aime, répéta-t-elle en souriant.  

Ils se promenèrent sur la promenade. Puis Haley se décida à aller voir Peyton pendant que Nathan allait voir son frère. La matinée fila à toute vitesse. Par respect pour Chris, Nathan et Haley décidèrent de garder leur mariage secret, mais Haley ne s’approcha pas de Chris, elle lui en voulait d’avoir frappé Nathan. Mais c’était fini. Le déjeuner se passa bien malgré les nombreuses tensions, que ce soit entre Nathan et Chris, Lucas et Brooke. Après le déjeuner, Lucas alla voir sa mère en compagnie de Brooke, les présentations allaient être faites. Brooke sympathisa de suite avec Karen, Lucas fit de même avec Keith, le mari de celle-ci. Leurs enfants les rejoignirent après, Lucas fit donc la connaissance de ses demi-sœurs, ce qui le troubla au plus haut point. Pour lui, il y avait toujours Nathan et lui, frères, ensemble contre tous, contre Dan. Avec ces révélations, ces rencontres, Lucas se sentait perdu. Brooke, fidèle à elle-même, resta à ses côtés, lui prit la main quand elle sentit qu’il se raidissait, répondait aux questions d’un ton léger quand il ne savait que répondre, c’était la femme parfaite, c’était sa femme. Cela ne l’empêchait pas de regarder furtivement autour de lui pour voir s’il ne voyait pas la jolie blonde qui hantait ses pensées. Il la vit, plus loin, sur son banc. Il savait qu’elle les dessinait, elle était comme ça. Un sourire effleura ses lèvres en pensant à elle et sa passion. Il la regarda de nouveau et leurs yeux se croisèrent, ils étaient loin mais les émotions qu’il ressentit à ce moment-là le persuada qu’ils s’étaient vus, son corps ne lui mentait pas : il la voulait.  

Peyton baissa les yeux sur son dessin, troublée. Comment pouvait-elle ressentir la même chose que quand il était près d’elle alors qu’il était à une dizaine de mètres avec sa famille, avec sa femme. Elle était là depuis le début, les dessins qu’elle en avait fait lui plaisait que moyennement. Elle regarda l’un des derniers, un qui représentait Lucas et sa femme. Elle évitait de penser à elle comme à une personne avec un prénom et aussi comme la meilleure amie d’Haley. Elle se remit dans ses dessins, dessinant un bout de sa vie, sa rencontre avec Haley mais aussi avec Lucas, avec l’ombre de Brooke planant sur eux. Elle se concentra sur ses dessins jusqu’à ce qu’une ombre vienne la gêner, elle releva la tête, surprise et presque énervée qu’on la dérange. Elle tressaillit quand leurs yeux se croisèrent, elle se redressa, cherchant sa femme, sa famille mais il était seul. Elle déglutit difficilement et essaya de sourire.

Vous êtes seul ? risqua-t-elle.
Brooke était fatiguée, elle est partie il y a un moment déjà. Vous étiez tellement concentrée que je n’ai pas voulu vous ennuyer avant mais … Peyton, je sais que ce n’est pas bien ce que je vais dire, reprit-il en s’asseyant près d’elle.
Alors ne dites rien.
Il le faut, je ne veux pas passer ma vie à regretter, à penser à vous et à ne plus jamais vous revoir. Peyton … soupira-t-il en prenant sa main, en resserrant sa prise quand elle voulut l’enlever de son étreinte, je … ne sais pas bien ce que je ressens mais j’ai envie de vous !
Ce n’est que du désir ! Ca vous passera !
C’est bien plus que du désir, et tu le sais ! cria-t-il. C’est plus qu’une envie passagère, c’est un besoin. J’ai besoin de toi. 

Il s’approcha encore plus près d’elle, toujours plus près. Il voyait bien dans son regard troublé qu’elle ressentait la même chose. Mais Peyton hésitait, elle ne pouvait se lancer comme ça … Les paroles d’Haley il y a quelques heures revinrent en sa mémoire. 

Flash back
 

Avec Nathan, j’ai appris qu’il fallait se battre pour ceux qu’on aimait ! Imagine si j’avais renié mes sentiments pour Nate ? Je ne serais pas heureuse, épanouie et pas mariée non plus !
Tu crois ?
Oui, pour l’amour, je braverais montagnes et tempêtes ! Pas toi ? 

Fin flash back
 

Peyton n’avait pas répondu. Elle avait senti Haley mal à l’aise par rapport à Lucas et Brooke, elle avait insisté sur leur amour. Mais ce sont aussi ces paroles qui résonnaient encore dans sa tête qui lui fit prendre cette décision. Qu’avait-elle à perdre ? Rien … Elle n’avait rien. Qu’avait-elle à y gagner ? Tout ! Pourquoi hésiter ? Leurs yeux se croisèrent de nouveau et elle mit sa décision en pratique. Spontanément, et sans se préoccuper des gens qui pouvaient les voir, elle prit son visage troublé entre les mains et l’embrassa. Leurs lèvres se joignirent et leur baiser se fit passionné. Ils avaient un besoin si fort l’un de l’autre qu’ils ne pouvaient s’empêcher de s’embrasser, de se toucher.

Emmène-moi ailleurs, murmura Lucas.

stephe  (02.08.2007 à 13:48)
Elle l’emmena une nouvelle fois dans sa chambre, elle avait demandé à ses « compagnes » de lui laisser libre, de tout façon, elles rentraient souvent tard, restaient aux fêtes de troisième classe. Elle l’embrassa tendrement, lui faisant oublier sa peine, sa culpabilité, et surtout lui faisant oublier Brooke. Il l’enlaça, comme si elle était son radeau de survie, son seul espoir. Il l’embrassa à son tour. La tendresse avait remplacé la passion, entre eux, quelque chose avait changé, cela dépassait le besoin physique. Il prit son temps, la déshabilla, la caressa avec toute la tendresse, tout l’amour qu’il lui portait. Peyton répondait à ses caresses par d’autres caresses qui le laissaient fou d’amour.  

Comment pouvait-on aimer quelqu’un si vite ? C’était la question qu’il se posait alors que Peyton reposait dans ses bras après l’amour. C’était surement parce que c’était Elle. Comme son frère, il venait de trouver la perle rare. C’était la femme de sa vie, mais elle ne lui était pas permise. Quelque part dans le bateau, sa propre femme, qu’il aimait malgré tout, devait pleurer et se morfondre alors que lui prenait du bon temps dans les bras de sa maîtresse. Il se détestait. Mais une force incroyable l’attirait vers Peyton, c’était ni de la faute à Peyton, ni celle de Brooke, juste la sienne mais en présence de Peyton, il ne pouvait contrôler son amour pour elle. 

Brooke errait comme une âme en peine dans le bateau, elle ne savait que faire. Elle était terriblement blessée et ne pouvait empêcher ses larmes de couler. Il lui fallait quelqu’un, il fallait qu’elle trouve Haley. Elle regarda autour d’elle, perdue. Elle était en troisième classe et ne savait plus où elle était. Elle se détourna et un flash détourna son attention, c’était une chapelle. Elle entra, ce n’était pas la chapelle de première classe, mais ça ferait l’affaire. Elle s’installa et se mit à prier, prier pour que sa vie soit belle, que Lucas revienne, qu’il se rende compte qu’il a fait une erreur, que c’est la peur de devenir papa qui l’avait affolé, qu’il ne ressentait rien pour cette fille, cette fille qu’il avait dit avoir besoin ; elle pria aussi pour son enfant, qu’il vive dans un monde beau avec des parents qui s’aimaient. Etait-ce trop demander ? Comment le beau conte de fées qu’elle vivait avait pu se transformer si vite sans qu’elle le voie ? Elle demande à Dieu de veiller sur elle et son enfant, pour Lucas aussi, pour leur famille même si elle venait de se fragiliser. Même si elle venait de tout perdre, il fallait qu’elle soit forte pour pouvoir lui pardonner, pour pouvoir repartir dans un nouveau pays sur de nouvelles bases. 

Nathan frappa encore et encore à la suite d’Haley, sans n’avoir aucune réponse. Il commençait à s’inquiéter. En sortant de la salle de brandy, il l’avait cherché mais ne l’avait pas trouvé. Sa mère l’avait abordé pour lui dire qu’Haley ne se sentait pas bien et qu’elle était allée dormir. Elle avait essayé de le convaincre de ne pas aller frapper à sa chambre, pourquoi ? Méfiant, il y était allé et elle n’était pas là.

Nathan !
Oh, Mme James…
Je vous avais dit de ne pas déranger Haley.
C’est ma femme, j’ai besoin de la voir.
Elle a prit un somnifère, elle ne vous entend pas !
D’accord, désolé. Au revoir. 

Il partit, lui faisant croire qu’il avait cessé de la chercher, mais revint à la charge. Sa porte de chambre était fermée. Qui pouvait en avoir une autre ? Bonnie ! Il alla la chercher dans la chambre réservé aux domestiques de la famille James et la persuada d’ouvrir la porte. Comme il le redoutait, elle n’était pas là. Mais où pouvait-elle être ? Où sa mère l’avait-il emmené. Il repensa alors au fait que Chris n’était pas au brandy et que sa mère adorait Chris. Effrayé, il courut vers la suite de celui-ci. 

Haley ne savait que faire, Chris avait l’air dément. Son discours était effrayant. 

Qu’est-ce que je vais dire à mon père moi ? Que mes fiançailles sont annulées ? Comment tu crois qu’il va prendre la chose ? On est en faillite ! L’argent de ton père devait nous remettre à flot et tu as tout mis par terre pour ce Scott ! Ce minable !
Mais … mon père vous donnera l’argent s’il le faut, mais laissez-moi Chris.
Jamais ! On va se marier, annuler l’autre et c’est tout ! Sinon, tu risques de voir mourir ton cher Scott, s’écria-t-il en passant le revolver sur la tempe d’Haley qui laissa une larme couler sur sa joue. N’aie pas peur, à toi je ne ferais pas de mal, je t’aime. Dis-moi que tu m’aimes.
Jamais ! Vous croyez que vous pouvez m’enfermer et me demander ça ? J’aime Nathan Scott, pas vous ! C’est vous le minable. 

La gifle partit sans qu’Haley l’ait vu venir. Elle tomba sur le côté par la force de Chris. Elle sentit un gout de sang envahir sa bouche.

La ferme petite garce ! cria-t-il. La ferme !

Haley se tut, les larmes aux yeux. Elle se passa la main sur sa joue rougie. Elle donnerait n’importe quoi pour n’avoir pas suivi sa mère qui lui avait tendu un piège, pour être près de Nathan, dans ses bras, en sécurité, et non devant ce fou qu’elle avait failli épouser. Soudain, elle entendit des coups frappés à la porte.

Qui est-ce ? demanda Chris d’une voix tendue.
C’est Nathan Scott. Ouvre !
Je suis occupé ! Dégage !
Je sais qu’Haley est là, tu préfères que j’appelle le capitaine ? 

Chris hésita, il regarda Haley, la peur dans les yeux de voir Nathan rentrer. C’est cela qui lui fit ouvrir la porte. Nathan entra, méfiant, mais ne vit pas le coup venir, seul le cri d’Haley lui fit faire un léger mouvement de recul qui n’empêcha pas Chris de lui assener un coup de crosse sur la tête. Il tomba au sol, inconscient. Haley courut vers lui en criant son nom.

Nathan ! Réveille-toi ! Ordure ! cria-t-elle, pourquoi avez-vous fait ça ?
Il ne m’embêtera plus pour le moment, fit-il, menaçant. Je peux m’occuper de toi. 

Brooke, toujours dans la chapelle, restait assise sur les bancs en face de l’image du fils de Dieu. Il devait être tard, elle était là depuis des heures. Elle ne pleurait plus. Plus aucunes larmes ne pouvaient couler, elle avait trop pleuré. Elle s’en voulait d’être si fragile, de ne pas se battre pour Lucas. Elle aurait du le forcer à la suivre, elle était sa femme, elle en avait le droit mais … elle l’aurait perdu en faisant ça. Non, elle allait le laisser vivre cette aventure stupide sur ce bateau et qui finira arrivés chez eux. Elle se leva, fatiguée, décidant de rentrer dans sa suite. Le bateau vira brusquement Brooke chancela, déséquilibrée, presque rétabli, le bateau heurta quelque chose et Brooke tomba. Sa tête cogna le banc de l’église et Brooke tomba dans l’inconscience.  

Après avoir fait une nouvelle fois l’amour, Peyton et Lucas remontèrent sur le pont pour laisser la chambre à ses occupantes. Main dans la main, ils montèrent les escaliers tout en discutant de Brooke, Lucas ne savait que faire. Peyton était un peu perdue, et bien qu’elle aimait déjà Lucas, elle ne voulait pas être la cause d’une séparation, d’une crise ou de quoique ce soit d’autres.  Ils sentirent le bateau trembler puis virer.

Lucas … murmura Peyton.  

Soudain, ils sentirent le bateau heurter quelque chose et entendirent des cris au dehors. Peyton glissa mais Lucas la rattrapa. Enfin, le bateau se stabilisa.

Qu’est ce qui se passe ? S’exclama-t-elle, effrayée.
Je ne sais pas, montons. 

Ils sortirent, inquiets de voir ce qui s’était passé. Peyton vit des personnes qu’elle connaissait et s’approcha d’eux. Ils leur affirmèrent avoir vu une montagne blanche heurter le bateau, pour confirmer leur version, des bouts de glace glissaient sur le pont. Lucas enlaça Peyton. Le paquebot avait heurté un iceberg, était-ce grave ? Le Titanic était pourtant appelé « l’insubmersible ».  

Haley posa sa main sur la bosse de Nathan et lui murmura un « je t’aime ».  Il lui rendit son sourire. Avec soulagement, elle l’avait vu ouvrir les yeux il y a un moment. Chris les avait acculés dans un coin à l’aide de son revolver. Nathan ne cessait de réfléchir à ce qu’il pouvait faire. Le bateau vira soudain, Chris fut déséquilibré et son arme tomba quand le bateau sembla heurter quelque chose. Nathan en profita et sauta sur Chris. Il envoya le pistolet plus loin, pour éviter tout accident.

Haley va prévenir quelqu’un ! Vite ! cria-t-il en lui lançant la clé qu’il venait de récupérer dans la veste de Chris.  

Haley obéit et sauta sur ses jambes pour courir chercher de l’aide. Mais où aller ? Pas voir ses parents, sa mère l’avait trahi e peut-être que son père était dans le coup aussi. Elle croisa un officier mais pressé il ne s’arrêta même pas à son appel. Au loin, elle vit une silhouette connue, Lucas.

Lucas ! cria-t-elle.
Mon dieu, Haley, tu sais ce qui s’est passé ?
Vite, Chris m’a enfermé dans sa chambre, puis Nathan est arrivé et là il le tient, il faut appeler de l’aide.
Haley, calme-toi, où sont-ils ?
Dans la suite de Chris, vite ! Viens. Il faut trouver quelque chose pour l’attacher, moi, je ne sais pas !
Viens !

Lucas lui prit sa main et suivit Haley dans la suite. Il découvrit son frère, un genou sur le dos de Chris, le maintenant à terre.

- C’est pas trop tôt, ironisa-t-il.
- Qu’est ce qu’on en fait ? demanda Lucas. 

Alors que Lucas et Nathan dissertaient de la façon de se « débarrasser » de Chris qui se débattait, Haley s’assit, sonnée. Peyton, qui était avec Lucas, s’assit à côté d’elle et lui prit la main.

Que fais-tu là Peyton ?
Je… j’étais avec Lucas. (Haley la regarda d’un œil surpris et déçu). Ne me regarde pas comme ça, je l’aime. C’est pareil que pour toi et Nathan.
Je ne t’en veux pas à toi, mais Brooke est ma meilleure amie. 

Peyton baissa la tête sous le regard d’Haley. Haley tourna la tête vers Lucas en l’entendant parler.

De quoi ?
Un iceberg a heurté le paquebot, Haley, répéta-t-il. Il faudrait trouver quelqu’un qui sache ce qui se passe.
Il faudrait aller voir Brooke aussi.
Je sais, j’y vais. Haley … viens.
Comment tu as pu faire ça ? cria-t-elle en sortant de la suite à sa suite. Et Brooke ?
Elle nous a vu.
Quoi ? Oh Luke !
Ne me juge pas Haley, pas toi qui vit quelque chose de fantastique avec Nathan !
Mais aucun de nous n’était marié !
Non, mais tu étais fiancée, Haley. D’accord personne n’aime Chris et …
Oui mais moi je n’aimais pas Chris alors que je croyais que toi tu aimais Brooke.
Je le croyais aussi. 

Arrivés devant la suite, Lucas frappa puis entra.

Elle n’est pas là, déclara Haley.
- Merci, j’ai vu. Qu’est-ce qu’on fait ? 

Un homme rentra, leur donna des gilets de sauvetage et leur ordonna de se rendre dans la salle de réception. Haley et Lucas échangèrent des regards affolés.

Il faut retrouver Brooke.
Allons voir ses parents, dans la salle. Mais avant retrouvons Nathan. Et Peyton. Lucas … Peyton est mon amie, mais Brooke est ma meilleure amie. Tu viens de lui faire du mal, je ne sais pas si …
Ne dis rien. Je sais. 

Ils retrouvèrent Nathan et Peyton qui les attendait dans la suite de Chris. Il lui avait pris son arme et l’avait laissé partir. Haley courut dans les bras de Nathan qui l’embrassa.

Où est Brooke ?
On ne l’a pas trouvé…
- Un officier est venu nous dire d’aller en salle de réception.
Nous aussi. J’ai peur Nate. Il faut retrouver Brooke.
On va la retrouver, venez. 

Ils sortirent tous les quatre, Nathan et Haley, main dans la main ; Peyton et Lucas, proches mais distants. Haley était complètement affolée. Dès qu’elle vit les parents de Brooke, elle courut vers eux mais Nathan la retint.

N’y vas pas, tu vas les inquiéter.
Mais …
Laisse Lucas y aller, il le fera plus sobrement, tu es trop bouleversée.
C’est normal que je sois bouleversée ! cria-t-elle.
Chut, ma puce, viens. 

Il la prit dans ses bras alors qu’Haley laissait les larmes couler. Mais où était Brooke ? Lucas revint, le visage grave.

Ils ne l’ont pas vu de la soirée.
Peut-être qu’elle est toujours en 3ème classe, murmura Peyton. Quand elle est partie, elle n’est pas remontée, peut-être qu’elle s’est perdue ou …
On y va ! s’exclama Lucas.
On reste ensemble, déclara Nathan. Ce n’est pas le  moment de se perdre.
Tu crois que le bateau peut couler ? demanda Peyton, apeurée.

Nathan la regarda mais ne dit rien, il suivit Lucas et Haley qui était déjà parti. 

Ne t’inquiète pas, Peyton. On s’en sortira. Allez viens.  

Elle les suivit, la peur au ventre. Le bateau penchait déjà, elle le sentait. Elle sentait que tout ça allait finir très mal. Mon dieu, ses dessins, il fallait qu’elle les retrouve, elle ne pouvait pas les laisser. Elle rattrapa Lucas et lui en parla.

Hors de question ! cria-t-il en continuant de marcher. Tu veux mourir ?
Mais c’est toute ma vie ces dessins ! Ce sont ma vie !
C’est la vie que tu perdras si tu y retournes Peyton !
Mais non …
Mais si, hurla-t-il. Tu ne comprends pas ? Les parents de Brooke m’ont dit qu’on allait couler ! Il faut monter dans les canots, tu crois qu’ils vont laisser les troisièmes classes sortir avant les premières ? Ils vont vous enfermer ! Tu restes !
Lucas …
Non ! Tais-toi Peyton ! Tu ne peux pas me laisser, je dois retrouver Brooke mais tes dessins, tu en referas d’autres.
C’est ma vie Luke …
Et toi, tu es ma vie Pey ! Viens … 

Il lui tendit la main, les larmes aux yeux, la peur au ventre. Nathan et Haley les regardaient, troublés et touchés malgré eux. Peyton lui tendit la main, pleurant.

Je te suis.  

Mais Lucas, si Brooke est en troisième classe, ils vont l’enfermer, murmura Haley.
Elle n’est surement pas descendu si bas, elle a du rester sur le pont. Ils fermeront les couloirs du bas, pas le pont.
Comment tu sais tout ça ?
J’y suis allé, je connais certaines choses, je me doute !
Mon dieu Luke, regarde la proue. 

Ils rivèrent leur regard sur le point que leur parlait Nathan, la proue était presqu’envahi par les eaux.

Brooke … bredouilla Haley. Il faut la retrouver vite ! 

Nathan la prit dans les bras pour la consoler. Mais lui-même était bouleversé par ce qui se passait, c’était comme irréel, la collision, le prochain naufrage qui semblait les attendre selon Lucas, Brooke disparue et maintenant la proue sous l’eau. Allaient-ils s’en sortir. Il serra la main d’Haley en se promettant qu’ils survivraient pour vivre leur amour. Mais où était Brooke ?

stephe  (02.08.2007 à 14:18)
15 avril 1912 

Brooke se réveilla. Elle se toucha la tête et se demanda où elle pouvait être. Elle avait mal à la tête, au ventre. Apeurée, elle mit une main sur son ventre en regardant autour d’elle. Enfin, elle se rappela. Lucas et Peyton, la fuite, la tristesse, la chapelle, la chute. Elle se releva difficilement, du respirer pour faire évacuer la douleur. Mon dieu qu’elle avait mal. Elle se redressa et marcha vers la sortie. Elle fit le chemin qu’elle avait pris à l’aller, elle se reconnaissait, tant mieux. Arrivée presque à la proue, elle vit que quelque chose n’allait pas, il y avait de l’eau partout. Elle ne pouvait plus passer. Au loin, elle voyait l’escalier mais déjà de l’eau les effleurait, elle essaya de tenter, mais c’était glissant. Elle recula, comment faire ? Apeurée, elle fit demi-tour en essayant de retrouver une autre issue, un escalier. Il y en avait mais il descendait alors qu’il fallait qu’elle monte, qu’elle retourne dans sa classe, dans sa vie, auprès de Lucas, auprès de sa famille. Mais non, elle était là, entourée d’eau qui montait dangereusement, qui la rejoignait inlassablement. 

Haley était au bord de la panique. Ils ne retrouvaient pas Brooke et la proue était complètement sous l’eau. Ils remontèrent en espérant la revoir. Ils croisèrent Taylor, affolée.

Ils font monter les femmes et les enfants dans les canots, à bientôt Haley. Monte vite. 

Taylor embrassa sa sœur et se dirigea vers les canots.

Viens, il faut monter, cria Nathan au dessus de l’agitation qui régnait sur le pont.
Non ! Il faut retrouver Brooke. Je ne partirais pas sans elle, Nathan. Elle doit bien être quelque part !
Haley …
Non ! cria-t-elle. Ne dis pas ça ! Tais-toi, je ne partirais pas sans elle, c’est ma meilleure amie, Nathan. C’est ma sœur de cœur, sans elle, je ne suis rien, tu ne peux pas me demander de monter dans ses canots et l’abandonner.
Je te demande pas de l’abandonner Haley mais elle est surement dans un canot à l’heure qu’il est.
Non … tu mens, tu me mens pour que je monte. De plus, ils ne font que monter les femmes et les enfants, hors de question que je t’abandonne Nate !
N’en parlons pas maintenant, je voudrais voir ma mère avant. 

Nathan se tu, énervé. Il aurait voulu qu’Haley monte dans les canots, pour être sur qu’elle vive, d’un autre coté, il ne voulait pas la quitter. Il chassa le problème de ses pensées et ils repartirent tous les quatre, scrutant la foule, voulant apercevoir amis, famille parmi l’agitation, les gens qui criaient, qui poussaient, qui paniquaient. Nathan tenait la main d’Haley dans la sienne, la peur montait en lui, il cherchait de regard sa mère et enfin la vit.

Maman ! Maman !
Oh Nathan, Lucas, soupira-t-elle en les serrant dans les bras. C’est horrible, le bateau coule ! Il faut monter.
Oui, monte maman, on en prendra un plus tard.
Où est Dan ? Demanda Lucas.
Je ne sais pas, Karen est là pas loin, je l’ai vu. Deux canots sont partis déjà. J’ai peur Nate.
Ne t’en fais pas.  Pendant que Nathan réconfortait sa mère, Lucas partit rejoindre Karen.
Vous allez bien ?
Oh Lucas, oui ca va. Je … panique un peu, Keith n’a pas le droit de monter, mais avec mes filles, on prend le prochain. Monte dès que tu peux.
Je sais. A bientôt, dit-il en la serrant contre lui. Je suis content de t’avoir rencontré.
Oh, ne dis pas ça comme si on n’allait jamais se revoir.
On va se revoir.  

Il retourna vers sa mère qui s’apprêtait à monter dans le canot, la foule se pressait et tout menaçait de tomber.

Vas-y maman, On se revoit plus tard.
Faites attention mes chéries, pleura-t-elle. Je …
Monte ! cria Nathan. Haley, s’il te plait, monte.
Nathan, ne me demande pas ça.
Fais le pour moi Haley, je t’aime, je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose.
Je ne veux pas te quitter Nathan, je reste avec toi.
Haley ! Monte je te dis ! On se retrouvera au port. Tu ne veux pas mourir ! Je ne veux pas que tu meurs. Monte !
Non, hurla-t-elle. 

Elle s’effondra contre lui en pleurant.

Je reste avec toi. Je ne peux pas te quitter. Je ne veux pas. 

Le canot commença à descendre sous leurs yeux. Haley, dans les bras de Nathan, espérait trouver un canot prêt à les accueillir. Mais avant, elle devait retrouver Brooke. Nathan paniquait, même s’il ne le montrait pas, il avait peur, il voulait qu’Haley monte dans un canot et sauve sa vie, même s’il ne voulait pas non plus la quitter. Il sentait monté en lui un mauvais pressentiment. Aucun homme ne montait, qu’allait-il advenir de lui, de son frère ? Des femmes qu’ils aimaient et qui avaient aussi peur qu’eux ? Allaient-ils tous mourir. La fusée de détresse le sortit de ses pensées, il regarda la trainée que celle-ci laissait dans le ciel et espérait que non loin de là un bateau le voit et vienne les sauver tant qu’il en était encore temps.
Peyton sursauta à l’envoie de la première fusée de détresse, elle se serra dans les bras de Lucas. Elle avait peur, peur de mourir, peur de ne plus le voir, ne plus vivre, ne plus l’aimer. Elle écoutait que vaguement la discussion qui se déroulait entre Nathan et Lucas qui essayaient de décider la meilleure chose à faire. Nathan voulait qu’Haley et elle-même monte dans un canot tant qu’il en était encore temps. Mais elle ne voulait pas qu’ils restent sur ce paquebot qui coulait. Elle ne voulait pas perdre Lucas qu’elle venait juste de trouver. Un sentiment de culpabilité lui serra le cœur quand elle pensa à Brooke, la femme de Lucas, la meilleure amie d’Haley qui n’était peut-être plus de ce monde à cause d’elle.  

Brooke pleurait, elle ne savait que faire. Elle était rentrée dans une salle mais le bateau penchait de plus en plus, elle allait mourir, elle le savait maintenant. L’eau commençait à rentrer dans la pièce où elle était, c’était fini. Elle se leva et ouvrit la porte, ce qui fit rentrer encore plus d’eau, le couloir était désert. Que faire ? Rester là ? Attendre la mort ? Elle se décida que non. Elle devait être forte pour elle et pour son enfant. Elle laissa un sanglot lui échapper, son enfant… Elle sentait qu’il ne vivait plus en elle. Quand elle était tombée, son bébé était mort, elle le savait, et puis elle avait perdu du sang. Plus rien ne vivait en elle. Elle avait tout perdu et maintenant elle allait être perdue. Les larmes coulaient. Elle espérait que Lucas serait heureux, qu’Haley surmonterait sa mort, qu’elle serait heureuse avec Nathan. Elle ouvrit une porte et découvrit un escalier et en bas l’eau qui montait peu à peu, bouillonnant, glacée. Elle fit demi-tour mais ne savait plus si elle venait de gauche ou de droite, elle se décida pour la gauche et ouvrit la porte. Telle fut son erreur. Un torrent d’eau se déversa et l’emmena valser au loin. Elle cria mais de l’eau rentra dans sa bouche, elle suffoqua et essaya de sortir la tête de l’eau pour respirer un grand coup. Elle se débattit, elle ne voulait pas mourir comme ça, non. L’eau la cogna contre un mur, ce qui l’assomma presque, son corps sombra au fond de l’eau et malgré son agitation, elle ne put remonter. Elle se sentit oppresser, l’eau rentré en elle, et malgré qu’elle se débatte, son corps coulait au fond de ce couloir désormais rempli d’eau. Il était 1h du matin, une âme venait de quitter le monde, une autre âme, pour toujours. 

Dans une chambre, un homme regardait une photo. La seule photo qu’il avait de cette époque, la seule époque où il avait été vraiment heureux, avec Karen. Il sentait encore une déchirure dans son cœur. Il savait qu’il l’avait perdu. Il se rendait compte maintenant qu’il l’avait perdu le jour où il avait renoncé à elle, le jour où il avait appris à son père qu’elle était enceinte. Il aurait du se battre pour elle, au lieu de ça, il avait laissé son père diriger sa vie, prendre le bébé, lui trouver une femme entre temps. Déborah … Il ne l’avait jamais aimé … elle avait été agréable, une épouse parfaite. Mais elle aimait trop ses fils et elle ne l’aimait pas non plus … Leur vie avait été paisible, ponctué par les disputes concernant Nathan. Il se rappelait du jour où Lucas était, son plus grand bonheur dans la vie. Il avait senti l’amour gonflé dans son cœur, tout son amour, il l’avait mis en Lucas. Quand Nathan était né, il n’avait rien ressenti, tant il était concentré sur Lucas. Il l’avait négligé, il s’en voulait que très peu, malgré tout, grâce à son nom, son influence et sa richesse, son deuxième fils avait réussi, mais pas au même point que son fils adoré. Mais l’un autant que l’autre le détestait, sa femme le détestait, la femme de sa vie aussi. Il était un monstre selon eux. Pour lui, il était seulement un homme qui avait été privé d’amour. Un homme qui allait mourir. Il n’allait pas laisser ce bateau surnommé l’insubmersible le tuer, laisser l’eau le noyer. Il regarda le pistolet qu’il venait de nettoyer, posé sur la table, chargé, près à servir. Il le prit et après un dernier sourire mit fin à ses jours. 

Inconsciemment, Haley avait perdu espoir en ce qui concernait Brooke, ils avaient fait le tour du paquebot et ne l’avait pas trouvé. Soit elle était dans un de ses canots, soit elle … elle ne pouvait l’imaginer parti pour toujours, elle ne pourrait plus avancer sans sa meilleure amie. Elle se pressa un peu plus contre Nathan. Ils attendaient tous les quatre un canot qui les sauverait mais les places étaient chères. Les hommes ne montaient pas, ils n’en avaient pas le droit. Un homme s’approcha de Lucas et Nathan.

- Mrs Scott, nous venons de découvrir le corps de votre père. Dan Scott. Il s’est suicidé. 

Lucas laissa échapper un gémissement de peine. Son père, son père qui n’avait pas su aimer et qu’il n’avait pas su comprendre s’en était allé sans aucune explication, lâchement.

Vous êtes sur ?
Oui messieurs, il a laisse une lettre, tenez.
Merci.

Nathan et Lucas échangèrent un regard peiné. Aucun ne versa une larme pour celui qui les avait tant fait souffrir mais la peine était là, malgré tout, c’était leur père. Haley versa une larme, elle avait peur de mourir. Au loin, elle vit Rachel et Cooper Lee qui partaient, elle les interpella.

Il n’y a plus qu’un canot, c’est fini, dit tristement Cooper. 

Ils partirent, main dans la main. Haley le regarda. Pourquoi baissait-il les bras ? Ils avaient attendu trop longtemps. Peyton pleurait sans cesse dans les bras de Lucas.

On ne peut pas baisser les bras ! Essayons de l’autre côté. 

Ils se mirent à courir, autant qu’ils le purent avec le monde qui s’agitait. Un instant, Nathan perdit de vue son frère mais continua à courir avec Haley. Lucas arriva essoufflé près du dernier canot, il s’approcha de l’homme.

- Laissez-nous montez, s’il vous plait.
- Vous êtes combien ?
- Quatre.
- Lucas …,
l’interrompit Peyton, Nathan et Haley, ils ne sont plus là.
- Quoi ? Nathan ! Haley,
cria-t-il en essayant de les apercevoir.
Il faut vous décider, c’est maintenant … ou jamais.  

Lucas et Peyton échangèrent un regard paniqué et chargé d’émotions.

Qu’est ce qu’on fait Peyton ? Rester c’est mourir mais partir, c’est les abandonner.
Je t’aime, je te suis.  

Lucas regarda une dernière fois pour voir s’il ne voyait pas son frère ou encore Haley, mais rien ne vint. Contenant ses larmes, il monta à bord avec Peyton. Le canot commença à descendre et il enlaça Peyton. Il se sentait tellement coupable de les abandonner. Il espérait qu’ils en auraient fait autant, que tout irait bien pour eux, qu’il les reverrait au port. Il laissa couler les larmes qu’il avait si longtemps retenues, là dans les bras de celle qu’il aimait depuis peu, ils étaient sauvés. Sauvés alors que Brooke, sa femme qu’il aimait était morte, elle et son bébé qu’ils aimaient tant. Ils se sentaient tellement coupable de l’avoir perdu, de l’avoir laissé partir pour rester avec sa maîtresse.  

Qu’est ce qu’on fait ? cria Haley, hystérique. On les a perdus ! Le bateau penche, on va tomber Nate. Nathan !
Je sais ! Montons.
Quoi ?
On va monter au lieu de se faire tomber. Je … viens. Suis-moi. 
Tu ne crois pas qu’on devrait sauter dans l’eau tout de suite ?
Je ne sais pas Haley. Je ne sais pas. 

Il l’enlaça. Il était complètement perdu, il ne savait pas quoi faire. Tous les canots étaient partis, il espérait de tout cœur que Lucas et Peyton l’avaient pris et qu’ils étaient sauvés. Il ne savait que faire, il ne pouvait plus penser. Il embrassa Haley sur le front, seule elle était importante à ses yeux, il ferait tout pour la sauver, pour les sauver. 

Je t’aime. N’oublies jamais ça Haley James Scott. Je t’ai aimé comme personne n’aimera jamais une femme. Même si on ne s’en sort pas, j’aurais vécu les quatre plus beaux jours de ma vie avec toi tu m’entends ?
Dis pas ça, pleura Haley, on ne peut pas mourir, il est trop tôt. Je t‘aime. On ne peut pas t’enlever à moi, Nathan, on survivra.
J’espère. Je t’aime. 

Il l’embrassa à pleine bouche, comme si c’était la dernière fois, comme si c’était la première. Il fit monter le désir en eux, là au milieu de tous ces gens qui couraient, apeurés.

N’oublies jamais ça Haley, ce lien, ce désir, ce besoin, ne nous oublies pas.
Arrête, pleura-t-elle.
Viens, on descend, on va rentrer dans l’eau mais loin de la proue qui nous emmènera sinon, ne lâche pas ma main, tu as compris ?
Oui.
Et nages, ne t’arrête pas de nager. Si tu me perds, nages d’accord ?
D’accord.
Je t’aime, ne l’oublie pas.
Ne l’oublie pas non plus, on vaincra ensemble.
Ensemble.  

Dans leur canot, Peyton et Lucas regardaient le bateau penché. Des larmes coulaient sur leurs joues. Lucas était frigorifié, il serrait Peyton entre ses bras pour se donner mutuellement un peu de chaleur. Mais il se sentait mal, il s’en voulait d’avoir abandonné son frère et Haley, après avoir déjà abandonné Brooke et son bébé. Il avait perdu sa femme, son enfant qui allait naître dans quelques mois. Au loin, il voyait quelques canots, mais ses yeux restaient sur le bateau qui s’élevait de plus en plus dans le ciel. Les lumières clignotaient, ils entendaient les cris, plutôt des hurlements, des pleurs qui s’élevaient dans cette nuit glaciale. Peyton se retourna soudain et essuya ses larmes.

On a fait ce qu’on a pu. Leur amour est fort, ils vont s’en sortir.
J’espère, j’espère, chuchota Lucas.  

Ils se turent, pas besoin de mot pour évoquer leur douleur. Malgré ses mots, Peyton doutait. Comment s’en sortir dans ce paquebot qui coulait et qui était privé de canots ? L’eau était glaciale, rien que l’air la gelait alors rester dans l’eau jusqu’à ce que … jusqu’à ce que quoi ? Qu’un autre paquebot arrive les sauver ? Elle savait qu’elle avait de la chance, si elle n’avait pas rencontré Haley, Nathan et Lucas, elle serait en 3ème classe, peut-être déjà morte si ce n’est très près d’elle. Mais elle était là, dans les bras de Lucas sur un canot, sauvée. La fin approchait, elle le sentait. Elle savait que bientôt elle dessinerait cette scène, le bateau, maintenant presque à l’horizontal qui s’enfonçait peu à peu dans l’eau … Soudain, un bruit déchira la nuit, une des cheminées se brisa et tomba dans l’eau qui engendra une grand vague. Lucas retint un nouveau gémissement en pensant à son frère qui était peut être en dessous, qui essayait de sauver sa vie et celle de sa femme, comme lui aurait du le faire. Les lumières s’éteignirent et cette fois, elles ne se rallumèrent pas. Peyton entendit Lucas gémir contre son oreille. Elle lui serra la main. Elle ne pouvait pas soulager sa peine mais elle serait présente pour le soutenir, elle serait là, tout simplement. 

Sur le bateau, Nathan et Haley descendirent non loin de la proue. Puis, ils s’enfoncèrent dans l’eau et laissèrent l’eau les envahir mais au lieu de se laisser entrainer par le tourbillon, ils commencèrent à nager. Haley laissa un cri sortir de ses lèvres au contact de l’eau. Frigorifiés, ils nageaient avec vigueur. Des centaines de personnes étaient eux aussi dans l’eau, certains se noyaient, d’autres essayaient de nager aussi, encore d’autres paniquaient et s’accrochaient à tout et n’importe quoi, des bouts de bois, ou encore des personnes qu’ils noyaient dans leur panique. Ils entendirent le bateau craquer et, se retournant au bruit, virent la cheminée tomber sur des milliers de gens. Cela créa un tourbillon qui entraina Nathan au fond de l’eau. Nathan se sentit attirer vers le fond. Il nagea, essaya de remonter à la surface mais l’eau rentrait dans sa bouche, ses poumons, il ne pouvait plus remonter … Non, il ne pouvait pas se laisser mourir, Haley l’attendait, là, dehors. Il se fit une dernière poussée et enfin remonta à la surface. Il aspira des goulées d’air, il eut du mal à se remettra à nager. A quelques mètres, il entendit Haley l’appelait. Il se dépêcha de la rejoindre en l’appelant.

- Je suis là. Je suis là …
- Tu étais où, mon dieu Nate …
 

Elle l’enlaça dans l’eau en pleurant, elle avait tellement eu peur de le perdre. Elle avait été enfoncée dans l’eau puis quand elle était remontée à la surface, Nathan n’était nulle part. Mais il était là maintenant. Elle ne le quitterait plus. Il ne la quitterait plus. Plus jamais.

Je suis là, nages maintenant. Ne cesse jamais de nager. D’accord ?
D’accord, grelota-t-elle. 

Haley continua de nager, encore et encore. Comment en était-elle arrivée là ? Là, en train de nager dans une eau plus que glaciale, ayant perdue sa meilleure amie. Pourquoi n’était-elle pas dans un canot, la vie sauvée ? Parce qu’elle avait trouvé l’amour, elle aurait risquée sa vie pour lui, elle mourrait pour que lui vive, mais elle n’en pouvait plus.

Nate … j’en peux plus … pleura-t-elle.
Haley, ne penses pas. On va s’en sortir, ne t’arrêtes pas.
Juste un petit peu.
Non Haley !! Haley … 

Il s’arrêta et la prit dans ses bras. Il la serra contre son cœur et la rassura, lui certifiant qu’il serait toujours là, qu’ils allaient s’en sortir. Elle pleura contre lui, mais Nathan ne voulait pas qu’elle se laisse aller. Ils devaient nager pour vivre. Sur son injonction, ils se remirent à nager, Nathan se retourna, il n’avait que très peu nagé. Ils étaient encore trop près, le bateau était perpendiculaire à la mer. Il allait couler, il ne fallait pas qu’il les entraîne. 

Deb était dans un des canots, Karen avait pris le même que le sien et celle-ci la soutenait. Elle regardait le bateau avec effroi. Ces deux fils étaient dedans, étaient-ils morts ? Les larmes qui coulaient sur ses joues gelaient au fur et à mesure. Le froid était intense, et malgré le corps de Karen contre le sien, elle avait froid, et elle avait peur, peur de ne plus jamais revoir ses fils en vie. Ces fils étaient la lumière de sa vie, son rayon de soleil, ils étaient tout pour elle, les perdre serait mourir avec eux. Elle ne pouvait pas les perdre. Elle sera la main de Karen. A côté de celle-ci, ses deux filles pleuraient. Elles avaient peur pour leur père, comme Karen pour son mari et elle pour ses fils. Leurs yeux s’agrandirent de frayeur quand elles virent le bateau se briser en deux. La partie haute retomba sur l’eau en engendrant une grande vague qu’elles ressentirent jusqu’ici sur leur canot. Emportant par la partie basse, le haut du paquebot se remit à couler doucement. Deb s’effondra dans les bras de Karen, persuadée d’avoir perdue ses fils … pour toujours. 

Soudain Haley sentit une grosse secousse et se retourna. Le paquebot venait de se briser. La partie haute retomba, ce qui cause un mouvement dans l’eau, une vague qui la submergea. Elle fut attirer par le fond, suffoqua. Mais elle remonta à la surface et se retourna. Nathan n’était plus là.

- Nathan ! Nathan !  

Elle regarda autour d’elle mais il n’y avait personne, elle retourna un peu en arrière en continuant à hurler le prénom de Nathan.

- Non ! Nathan ! Réponds-moi, s’il te plait. Nathan.  

Elle s’arrêta, elle ne pouvait s’approcher plus. Les gens la rattraperaient, la noieraient. Elle se souvint des conseils de Nathan et recommença à nager vers les canots.  

Nathan avait lui aussi été emporté par le courant de la vague produit par le paquebot en se brisant. Il n’eut presque pas peur, tout à l’heure, la même chose était arrivée et il avait réussi à sortir de là, à retourner vers l’air libre. Il nagea mais s’était comme s’il nageait à contre courant, il se sentait irrémédiablement attiré par ce tourbillon. Mais il ne voulait pas mourir cette fois-ci non plus, son amour pour Haley était trop fort, son cœur se serra d’amour pour elle. Il suffoqua en sentant l’eau s’engouffrer dans tout son corps, il aspira une dernière respiration sous l’eau avant de se laisser emporter par le fond. Haley … 

Chris avait peur. Il avait rarement eu peur dans sa vie, il était fier, prétentieux et sur de lui. Mais depuis quelques temps, sa vie partait dans tous les sens. Son entreprise – ou plutôt celle de son père – coulait, ses fiançailles étaient rompu, et le voilà proche de la mort dans ce paquebot qui lui avait gâché la vie. S’il n’avait pas mis les pieds sur son bateau, Haley n’aurait jamais rencontré ce Scott et ils se seraient mariés, comme prévu. Il était à la poupe, sur le bateau, le voyant s’enfoncer de plus en plus dans l’eau, voyant l’eau se rapprocher de lui. L’eau n’était plus qu’à quelques mètres. Il prit sa respiration et plongea avec le bateau qui disparut de la vue de tous. Chris essaya de remonter mais il se sentit attirer vers le fond, il ne voulait pas mourir, l’eau rentra dans ses poumons, il suffoqua, essayant de rattraper l’air qu’il pouvait encore prendre pour ne pas mourir, pas encore. Une douleur aigue lui déchira le bras, le bateau l’avait happé, l’hélice l’avait touché, l’avait découpé, déchiré. Après la douleur, Chris ne sentit plus rien. Il était parti rejoindre les centaines de morts qui avaient déjà rejoints leur paradis ou leur enfer.  

Peyton laissa échapper un sanglot quand le paquebot disparut. C’était fini. Le Titanic, l’insubmersible, l’immense, le luxueux paquebot venait de rendre son âme et disparaissait à jamais sous l’océan. Des milliers de personnes venaient de mourir ou allaient mourir dans cette eau glaciale au milieu de l’Atlantique Nord, en cette nuit du 15 avril 1912. Que dire ? Que faire à part pleurer ses amis, sa famille perdue. Peyton serra la main de Lucas, l’embrassa dans le cou puis lui essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. Il avait peur, peur de ne plus jamais revoir son frère, de l’avoir perdu à jamais, de l’avoir abandonner. Il aurait du rester, le protéger, c’était son rôle de grand frère mais il était parti, il s’était lâchement sauvé pour se sauver, pour se sauver et pour sauver la femme qui se tenait à ses côtés et qui sans un mot le réconforter aussi fort qu’elle le pouvait. Elle serait là maintenant, pour toujours.

Pour rester éveiller, Haley parla.

- Nathan, quand on arrivera à New York, quand on reviendra sur la terre ferme, je te ferais promettre de ne plus jamais monter sur un bateau. Jamais. Je veux un enfant, des tas d’enfants qui ne prendront jamais un  bateau. Je t’aime tu sais ? Quand je t’ai vu pour la première fois, j’ai su de suite que tu étais pour moi, c’est comme si tu m’attendais, là avec ton sourire charmeur et tes yeux bleus. Tu m’as réveillé, tu m’as aimé comme personne. Notre mariage a été fabuleux, je ne regretterais jamais rien. S’il te plait, rejoins-moi à New York pour qu’on réalise nos rêves ensemble, pour qu’on soit heureux. S’il te plait, je t’aime tellement, je ne pourrais vivre sans toi désormais, tu es le centre de mon univers, tu es tout pour moi. 

Tout en parlant, elle nageait, nageait, elle était fatiguée, elle avait froid. Elle pleurait. Ses larmes gelaient. Elle venait de perdre sa meilleure amie, au fond d’elle, elle le savait, plus jamais elle ne reverrait  Brooke, si pétillante, si heureuse, si malheureuse pour son dernier jour sur cette terre qui n’amenait que de la tristesse.

- Oh Brooke, pardon, je t’aimais tellement, tu étais ma sœur, ma perle, mon amie, et je t’ai perdu par ma faute, si seulement je n’avais pas rencontré Peyton. On serait dans nos canots avec nos maris. Rien ne s’est passé comme tu l’as voulu, pardon … pardon …  

Puis elle fit une chose qu’elle n’avait pas faite depuis longtemps, elle demande son aide à Dieu.

- Je sais que je ne suis pas une fervente catholique, mais j’ai toujours eu foi en mon avenir. Je te prie de revoir ton jugement, pour Brooke, pour Nathan, pour moi. Je sais, je sens que Lucas et Peyton vont bien mais tu ne peux pas tuer des tas d’innocents. Le Titanic était surnommé l’insubmersible, mais ils ont tort, seul Toi l’est alors aide-nous, ne m’enlève pas Nathan alors que tu viens juste de me le donner. S’il te plait …  

Haley se sentit dériver sur l’eau, elle n’avait plus de force, mais comme un robot, elle nageait encore et toujours. C’était son seul moyen de survie, sa seule porte de sortie. Cela valait-il le coup ? Oui, Nathan l’attendrait au port. Elle le savait. Il serait là avec son sourire, sa tendresse et son amour. C’est pour lui qu’elle nageait, seulement pour lui. Elle sentit le gouffre s’insinuer en elle, tout était noir. Oui tout était noir. Inconsciemment, elle se fit glisser sur le dos. Elle ne sentait plus rien. Elle se sentit dériver sur l’eau, tranquille. Elle n’avait plus de force. Elle sombra dans l’inconscience… Elle allait retrouver Nathan. Nathan … 

Peyton prit la main de Lucas posa le pied sur le Carpathia. Ils étaient sauvés, le paquebot était apparu dans leur champ de vision quelques heures auparavant et il avait fait le tour des canots pour prendre les passagers. Peyton s’effondra dans les bras de Lucas. Ils s’avancèrent pour que des officiers prennent leur nom et leur donnent des couvertures pour se réchauffer. Lucas cherchait du regard des connaissances. Il priait pour que son frère soit parmi eux avec Haley, comme lui et Peyton, qu’il découvre aussi Brooke, confortablement installé, sa main sur son ventre, sa mère, heureuse … avec Karen et sa famille. Au loin, il aperçut une silhouette familière et son cœur se serra. Sans lâcher la main de Peyton il s’élança vers elle en criant. La silhouette se tourna et s’effondra sur un banc en soufflant son nom. En arrivant près de sa mère, il lâcha la main de Peyton et prit sa mère dans ses bras.

- Oh Lucas ! souffla-t-elle, merci mon dieu tu es vivant.
- Toi aussi.  

Il resta enlacer contre sa mère un instant, savourant son bonheur de voir sa mère vivante. A ses côtés, il vit Karen et ses filles à qui il sourit.

-  Comment tu t’en es sorti ? Tu as pu monter sur un canot ?
- Oui, avec Peyton. Mais …
- Nathan ?
- Je l’ai perdu au moment de monter sur le bateau, pardon, pardon.
- C’est rien, il a surement pris celui d’après.
- Maman … il  n’y en avait pas après et …Dan est mort.
- Quoi ? Que … Co …
- Un officier nous l’a dit, il a laissé une lettre.
- Peu importe,
murmura-t-elle. 

Deb posa son regard sur Peyton mais ne dis pas un mot. Elle demanda néanmoins des nouvelles de Brooke et laissa couler des larmes en pensant à la mort plus que probable de sa belle-fille. La vie était décidément injuste, elle enlevait des gens qu’on aimait, qu’on ne reverrait jamais. Elle ne pleurerait pas sur Dan, mais sur Brooke, si innocente et adorable, elle le ferait sans hésiter. Elle vit son fils serrer Karen dans ses bras, et malgré elle, son cœur se serra. Elle sentait qu’elle avait déjà perdu un fils, Nathan ne reviendrait pas. Il s’en était allé, quelques heures après son père. Elle ferait tout pour ne pas perdre Lucas, mais elle s’entendait déjà bien avec Karen, elle ne voyait pas pourquoi son fils la délaisserait. 

stephe  (02.08.2007 à 15:23)
Quelques heures plus tard, réchauffés et restaurés, Lucas et Peyton marchaient tranquillement sur le paquebot. Dans moins d’une heure, il serait à New York. Et toujours aucune nouvelle de Nathan ou d’Haley. Lucas sentait qu’il ne les reverrait plus mais il ne pouvait l’accepter, eux qui semblaient si fort, si amoureux ensemble, ils ne pouvaient pas avoir renoncé à vivre, à s’aimer. Peyton regarda l’horizon, encore deux canots n’avaient pas été retrouvés, elle gardait l’espoir fou que Nathan et Haley soient dedans même si l’espoir était mince. Ils demandèrent une nouvelle fois les noms des personnes sur le bateau mais aucun de leur deux noms apparurent. Peyton laissa ses larmes couler et se cala contre le corps de Lucas. Elle avait tellement envie de les revoir ensemble, si amoureux, comme au premier jour, pour pouvoir tout changer. Mais c’était impossible. Elle le savait … mais une once d’espoir rester ancré en elle. 

Haley se réveilla et recracha l’eau qui bloquait sa respiration. Elle se releva brusquement en suffoquant. Elle sentit des mains chaleureuses la retenir.

- Calmez-vous Mademoiselle. Vous êtes en sécurité.
- Nathan …
- Nous allons monter sur le Carpathia, on va vous donner une couverture et donnez votre nom à la personne qui sera en haut.
- Où … où est Nathan ? Je … Où m’avez-vous trouvé ?
- Dans l’eau, vous nagiez. On a retrouvé que quelques personnes, toutes les autres sont morts.
- Nathan ?
- Je ne connais pas, désolé. Montez maintenant.
 

Haley monta difficilement. Elle se sentait tellement faible. On l’aida à monter et on lui demanda son nom : Haley James Scott, son nouveau nom. Elle voulut demander qui était sur le paquebot mais l’homme partit sans l’écouter. Et là, elle les vit, ils étaient là, main dans la main. Elle sentit des larmes couler sur ses joues et s’approcha d’eux difficilement. L’homme la vit et lâcha sa compagne pour la prendre dans ses bras.

- Mon dieu Haley.
- Lucas … où est Nathan ?
- Il n’est pas avec toi ?
demanda Lucas en sentant son cœur se serrer. 

Lucas la reprit dans ses bras, Peyton s’était approchée et leurs regards se croisèrent. Pour Lucas, tout espoir était anéanti. Chacun raconta ses souvenirs du naufrage, les deniers moments. Haley s’effondra soudain dans les bras de Lucas, vidée de tout espoir, de toute force.

stephe  (02.08.2007 à 15:25)
19 avril 1912

Haley se regarda une dernière fois dans la glace et se retourna vers Peyton, les yeux sombres. Celle-ci s’approcha et l’enlaça. L’avant-veille, des centaines de corps avaient été repêchés. C’était l’heure de l’identification des corps. Haley avait encore une once d’espoir en elle de retrouver Nathan. Au fond d’elle, elle ne voulait pas voir son corps parmi ceux des autres. Elle aurait alors toujours un espoir. Ses trois jours avaient été les plus longs de sa vie. Attendre et encore attendre des nouvelles, l’espoir s’amenuisant petit à petit, avaient été une torture. 

Après s’être effondrée dans les bras de Lucas, celui-ci l’avait emmené voir un médecin. Elle avait un début de pneumonie qu’il fallait surveiller. Ils n’étaient arrivés à New York que la veille, tard le soir. Ils avaient été dormir à l’hôtel et était reparti pour Halifax, là où les corps étaient entreposés le matin même. Peyton avait essayé de la distraire mais elle ne pensait qu’à Nathan et à Brooke, qu’à leur corps flottant dans l’océan. Non, elle ne devait pas penser à cela. Ils avaient une nouvelle fois réservés dans un hôtel avant de s’y rendre. Lucas frappa et rentra pour lui annoncer que leur voiture était prête. Haley se leva, et sans un mot, ils se dirigèrent au dehors. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant un grand bâtiment. Haley n’attendit pas une seconde et sortit de la voiture, suivit de près par Lucas et Peyton. Haley reconnut plusieurs personnes. Mais il lui importait peu, elle voulait juste voir que le corps de Nathan ne se trouvait pas parmi eux. Lucas la rattrapa et la fit ralentir. Ils passèrent entre les cercueils, entre les corps. Lucas reconnut des connaissances, Micro McFadden, Keith Philips – le mari de Karen – plein d’autres, tellement d’autres cadavres qui étaient frigorifiés, qui avaient été repêchés. Désorganisés, ce furent maintenant des femmes qu’ils eurent devant les yeux. Soudain, il entendit Haley laisser échapper un gémissement de douleur. Elle s’approcha d’un cercueil en titubant, il se rapprocha et sentit son cœur se serrer, les larmes coulèrent sur ses joues tandis qu’Haley s’effondrait en hurlant. Brooke … Mon dieu. Lucas se rattrapa à la table pour ne pas tomber, il s’approcha d’elle, cela ne pouvait être elle. Elle était toujours aussi belle dans la mort mais plus aucune vie ne flamboyait en elle. Une sourde douleur comprima son cœur, non pas elle, elle était tellement pure, tellement belle, elle voulait juste être heureuse. Le destin est tellement injuste. Lucas donnerait tout pour qu’elle revivre, il mourrait pour elle. Il l’avait lâchement abandonné. Il ne pouvait accepter cette mort, de la voir là allongé, sans vie … à cause de lui. Il se baissa pour l’embrasser comme pour un dernier adieu. Il lui caressa le front tendrement comme il l’avait fait tant de fois. Non, pas elle, pas cette être si fragile, si innocent, il l’avait aimé, mais comme il aurait du, pas comme il l’aurait pu. Il ne pouvait plus que pleurer et sans vouloir de l’avoir laisser mourir seule et surement terrorisé. Bouleversé, il s’imagina ce qu’avait pu être sa mort, emprisonné par l’eau, sachant qu’elle allait mourir, qu’elle allait se perdre. Les parents de Brooke s’approchèrent et s’écroulèrent à leur tour. Il fit se lever Haley qui pleurait toujours, elle se débattit pour venir embrasser sa meilleure amie.

- Pardon, pardon, murmura-t-elle en lui embrassant le front comme Lucas l’avait fait il y a quelques minutes. Je t’aime, tu seras toujours ma sœur de cœur. 

Haley se recula en titubant pour laisser les Davis s’approcher de Brooke pour lui faire un dernier adieu. Haley ne pouvait y croire. Elle regardait toujours le cadavre de son amie, son amie si blanche, si absente. Elle avait les yeux fixes, vides, ses larmes avaient séchés. Elle s’en voulait tellement, de tout et de rien, de simples choses futiles, de paroles dites et celles non dites. Elle aurait du être plus présente, elle aurait du être là quand elle était partie, elles s’étaient promis un jour de mourir ensemble. Elles étaient si jeunes et innocentes à cette époque. Elles croyaient qu’elles vivraient ensemble, qu’elles partageraient tout. Elles avaient en effet tout partagé jusqu’à cette mort inimaginable. Brooke était si jeune, si innocente, elle avait toujours été là. Lucas l’enlaça mais Haley ne se sentit pas mieux, elle sentait son chagrin mais ne pouvait rien faire pour le rendre moins lourd. Haley savait que Lucas avait aimé Brooke et qu’il s’en voulait autant qu’elle, ils n’avaient pas tenus leur promesse, ils n’avaient pas été fidèle à Brooke, que ce soit en amitié ou en amour, elle en avait été privé pour son dernier jour, pour ses dernières heures… Ne pouvant plus la regarder, ni regarder ses parents se lamenter sur le corps de leur fille, Haley se détourna pour regarder les visages qui l’entouraient, tellement de connus, tellement d’inconnus. Elle baissa les yeux, ne pouvant voir, ne voulant voir l’inévitable, le pire. Elle vit Lucas se rapprocher une dernière fois de Brooke, lui toucher le ventre, ce ventre légèrement arrondi où se cachait la preuve de leur amour, il lui caressa la joue et alla vers un homme réclamer le corps et remplir les papiers administratifs.  

Peyton sentit son cœur se serrer en voyant le geste de Lucas envers sa défunte femme. Tant d’amour dans ce geste. Elle avait le cœur brisé de le voir si triste, elle était désœuvrée face à se malheur qui s’abattait sur lui et sur Haley. Celle-ci ne bougeait plus, ne regardait rien d’autres que les pas des gens qui cherchaient leur famille. Peyton s’approcha et la prit dans ses bras. Elle avait eu peur qu’Haley la rejette, qu’elle l’accuse de la mort de Brooke mais celle-ci l’enlaça à son tour. Elles restèrent ainsi jusqu’au retour de Lucas. En l’attendant, Peyton regarda le monde qui bougeait autour d’elle. Elle ne connaissait personne, tant de mort en troisième classe. Son amour pour Lucas, ou plutôt l’amour de Lucas pour elle l’avait sauvé. Elle vit une jeune femme blonde caresser la joue de son mari – le même geste que Lucas avait prodigué à Brooke – puis se caresser le ventre, des larmes sur ses joues. Elle saura plus tard que c’était Shelly McFadden, une amie d’Haley. Elle vit beaucoup d’autres personnes s’effondrer, pleurer, renier. Elle aperçut Karen près d’un cercueil, entourée de ses deux filles. Elles pleuraient toutes à chaudes larmes. Keith … Peyton sentit les larmes menacer de couler sur ses joues en pensant à toutes ses morts injustes, à toutes ses familles brisées, ses vies détruites. Comment survivre quand son père, son mari, son fils venait de mourir dans une tragédie comme celle-ci ? Comment pardonner au Seigneur de vous l’avoir enlever pour le reste de sa vie ? Comment regarder la vérité en face même si elle était là devant vos yeux, aux yeux de tous ? Comment vivre tout simplement sans l’être que vous aimé, sans l’être qui vous a forcé, sans la chair de votre chair. Lucas revint près d’elle, le regard ravagé. Il ne dit rien, les mots étaient inutiles pour eux. Ils se comprenaient, ils partagés la même peine, le même amour perdu, les mêmes émotions. Lucas vit au loin le même tableau qu’elle avait vu elle-même, Karen et ses filles pleurant l’homme qui était le pilier de leur vie. Un homme qui avait disparu, qui s’était en allé sans un au revoir, sans un adieu, sans un dernier baiser, une dernière caresse, un dernier mot, un dernier regard. Comment savoir que c’est le dernier ? Que plus jamais il n’y aura de regard, de caresse, plus de partage, plus de sentiments, plus rien.  

Lucas voulut rejoindre Karen quand un cri déchira le silence pesant, seulement entrecoupé de reniflements et de prières. Ce n’était pas le premier cri, et ce ne serait pas le dernier. Tous les trois se retournèrent pour voir d’où venait ce cri et tous sentirent leur cœur se serrer. Deb … Lucas ne bougea pas, il était figé devant sa mère qui venait de s’effondrer au pied d’un cercueil, encore un autre. Celui-là, il devinait quel corps il contenait. Il s’accrocha à n’importe quoi, Peyton lui prit la main, la serra pour lui signifier qu’elle était là, toujours mais Lucas ne ressentait plus rien, plus rien à part une énorme douleur, un saignement dans son cœur, encore un autre. Il avait cru mourir en voyant le corps de Brooke, il crut exploser en reconnaissant le visage de son frère quand il finit par s’approcher de sa mère. Il était là, tout comme Brooke, allongé dans son dernier sommeil. Il n’avait pas été là, il n’avait pas joué son rôle de grand frère, il l’avait abandonné, lui aussi. Il aurait du l’attendre dans ce canot, obliger l’officier à les attendre et non partir lâchement comme il l’avait fait, croyant égoïstement que son frère allait s’en sortir. Il était parti, il aurait du rester, être là quand il avait versé son dernier soupir. Etre là à lui tenir la main, à le rassurer dans cette mort qui l’avait fauché si jeune. Il ne pouvait pas croire que son frère si joyeux est pu cesser de vivre, que son cœur si amoureux est pu cesser de battre. Cela devait être un mauvais cauchemar … surement.
Les cris d’Haley le sortir de ses sombres pensées. En voyant Deb s’effondrer, Haley avait compris. Elle avait courut près d’elle pour voir son univers se briser, encore une fois. En voyant ce corps, ce visage qu’elle connaissait tant, elle suffoqua, elle n’arrivait pas à reprendre sa respiration, ce n’était pas possible, pas lui, pas elle, pas eux. Son souffle sortit enfin de ses poumons et elle hurla, elle hurla encore et encore ce nom de l’homme tant aimé, de cet homme qui l’avait rendu heureuse, grâce à lui, à son amour, elle avait été la plus heureuse des femmes. Ce bonheur si longtemps attendu lui était enfin arrivé, mais il venait de lui être arraché brutalement. Elle murmura, hurla son prénoms et nia cette mort exposée devant les yeux. Tout le monde la regardait mais elle ne pouvait s’empêcher d’évacuer sa colère, son chagrin. Comment exprimer cette douleur si aigue qu’elle croyait en mourir ? Par de douces paroles, par de tendres gestes, elle ne le pouvait pas. Lucas s’approcha et aida sa mère à se relever, les médecins vinrent l’aider puis voulut aider Haley, l’éloigner de Nathan. Mais elle se débattit avec rage.

- Lâchez-moi ! hurla-t-elle. Lâchez-moi ! C’est mon mari, laissez-moi avec lui.
- Madame, vous gênez.
- Je gêne qui ? Tous ces gens ont envie de crier, d’hurler leur peine, et bien moi je le fais ! Je me fous de vous et de tout le monde ! Je veux juste qu’on me laisse avec mon mari.
(Elle se détourna et prit la main de Nathan, sa main si froide). Oh Nathan, pourquoi ? Pourquoi m’as-tu laissé affronter ça toute seule ? Pourquoi m’as-tu quitté ? Je t’aime tellement, ne me quittes pas, s’il te plait, reviens-moi. On ne peut pas se quitter comme cela, je croyais que tu étais derrière moi et après … (Sa voix se cassa), tu étais derrière moi et quand le bateau s’est brisé, je cru mourir mais non … mais tu n’étais plus là, alors j’ai nagé pour te retrouver mais je t’ai perdu, oh pardon mon amour. Pardon de t’avoir laissé seul, de t’avoir laissé partir, je ne le voulais, tu le sais ? Tu sais que je t’aimais à la folie, j’aurais voulu mourir avec toi, je veux te rejoindre pour que nous puissions avoir cette vie dont on a parlé, dont on rêvait. Reviens ou laisse-moi partir près de toi, laisse-moi te rejoindre. Laisse-moi t’aimer … jusqu’à ce que …  

Elle s’effondra sur lui en pleurant. Elle ne voulait pas croire à sa mort, elle ne le pouvait pas et ne voulait même pas essayer, pour elle, il était toujours là, près d’elle, à ses côtés, lui tenant la main, l’embrassant dans le cou. Toutes ses petites choses, toutes ses choses merveilleuses qu’ils auraient du vivre s’étaient perdues entre la mer et la terre. Entre le rêve et la dure réalité. Haley ne voulait pas partir, elle voulait rester avec lui pour toujours, elle ne pouvait le quitter.  

Mais Lucas s’approcha et la força à se relever, il lui parla mais ses mots ne la firent pas réagir, elle était perdue, déboussolée, elle ne savait plus où elle était, où elle en était. Elle regarda Lucas, et son regard la terrifia. Les mêmes émotions qu’elle-même ressentait se reflétaient en lui, dans son regard. Elle fut tout chamboulée et éclata en sanglot dans ses bras. Il l’enlaça pour la consoler. Il aurait tellement voulu lui aussi hurler sa peine d’avoir perdu son petit frère, d’avoir perdu sa femme, son bébé, mais il ne le pouvait pas. Il était de ceux qui consolent, qui prennent sur soi, qui explose un jour, plus tard. Mais on avait besoin de lui. Sentir les sanglotements d’Haley lui fendait le cœur, elle était perdue dans ce monde cruel qui lui avait enlevé l’homme qu’elle aimait après seulement quelques jours de bonheur complet.  

Peyton n’osait s’approcher. Comment les aider à surmonter cette peine de perdre les gens qu’ils aimaient, des gens qu’ils avaient aimés, qu’ils avaient vu grandir. Elle-même se sentait horriblement coupable de la mort de Brooke et de celle de Nathan. Si elle n’avait pas été là, Brooke et Lucas ne se seraient pas disputé, Brooke ne se serait jamais perdu en troisième classe ou ailleurs. Elle aurait été en troisième classe avec mari où ils auraient pris ce canot. Elle serait encore en vie, si charmante et innocente. Mais elle avait été là, elle est devenue la maitresse de son mari, celle qui lui avait enlevé, celle qui avait précipité sa chute. Si elle n’avait pas été là, Lucas ne serait pas monté dans la bateau, même si elle ne lui avait pas demandé, il était monté pour elle, sans elle, il serait resté avec son frère et peut-être que … peut-être que Lucas serait mort aussi. Peyton ne pleurait que rarement, mais devant ce couple d’amis désespérés, devant l’amour, ou plutôt la perte de l’amour, elle se sentait désarmée. Mue par une force, une envie, elle s’approcha d’eux. Lucas, sentant sa présence, la prit près d’elle formant un cercle d’amour et de culpabilité duquel ils s’aideront à en sortir.

stephe  (02.08.2007 à 15:30)
Epilogue 

Qu’est-ce l’amour ? Un sentiment créé par la société pour générer un lien entre les personnes ou un sentiment réel, spontané et tellement fort qu’il surprend tout le monde ? Y a-t-il un temps pour l’amour comme pour l’enfance ? Un temps pour l’amitié, un temps pour la famille, et un temps pour l’amour. Ou peut-être que tout se mélange. Toutes ses questions superflues s’envolent dès que l’on rencontre l’amour, quand ça arrive, on oublie tout, on le vit à fond, on est entrainé dans un tourbillon qui mêle amour, passion et tendresse. A ce moment là, l’amitié, la famille et l’amour se mélangent et ne font plus qu’un.  

Parfois, la vie nous donne une chose pour nous la reprendre, vite, trop vite. Certain appelle ça la volonté de Dieu, d’autre seulement le destin. Le destin peut être cruel, mais n’est-ce pas lui qui nous fait avancer ? Doit-on le combattre ou l’assumer ? Il faut juste vivre, et non survivre. Vivre sa vie pour ne pas avoir de regrets, pour se dire à la veille de sa mort que l’on a réussi, que malgré de nombreux obstacles douloureux, on se relève encore plus fort. Entouré de ses amis, de sa famille, on se créé une vie la meilleure possible pour ne rien regretter, pour arriver au but de toute une vie : être heureux. 

Haley se releva de la mort de Nathan et de Brooke. Heureusement, aucun autre membre de sa famille ne fut tué par cette tragédie. Nathan était mort mais il lui avait laissé quelque chose de précieux qui émerveillerait la vie d’Haley jusqu’à la fin. En sortant de l’hôpital où elle avait été admise après l’identification des corps, une voiture l’attendait pour l’amener loin de ce port où elle avait connu tant de malheur. Elle jeta un dernier regard à New York, et monta à la suite de Peyton et Lucas. Pouvait-on conjuguer tristesse et bonheur ? Il fallait bien accepter la douleur qui se présentait à soi, sans pour autant oublier le bonheur qui rythme les jours de notre vie.  

Neuf mois plus tard, Haley accoucha de jumeaux, Jamie et Lorie. Elle avait eu du mal à croire qu’elle était enceinte après avoir traversé autant d’épreuves. C’était les anges de sa vie, ce qui la raccrochait à celle-ci, ce qui la fit garder foi en celle qui l’avait si mal traité. Peyton et Lucas se sont mariés, ils eurent plusieurs enfants qui firent leur joie. Peyton se fit un nom dans le métier de l’art, Lucas et ses enfants en étaient fier.  

La vie n’est pas une longue route tranquille. Il faut souffrir, changer de chemins parfois, pour en sortir plus fort, plus heureux. Il y a toujours des obstacles, il faut être savoir être fort pour les affronter. Affronter sa destinée. Haley repensait tous les jours à cette journée, à ce voyage qui avait totalement changé sa vie, ce voyage qui s’était soldé par un naufrage et par le naufrage de sa vie lui avait apporté, pendant un temps, l’amour qu’il lui fallait pour continuer à vivre. L’amour est éternel, il faut savoir le chérir pour qu’il ne fane pas. Haley le chérira toute sa vie. Elle n’appelait jamais le paquebot le Titanic mais The Time Of Love. Le temps de son amour qu’elle avait chéri toute sa vie. 

stephe  (02.08.2007 à 15:32)
Postface de Sam 

Encore une épreuve, encore une perte, mais l’amour relève les désespérés, aide ceux qui pleurent, soigne les blessures de ceux qui restent, soutiens ceux qui voient partir une partie de leur vie, de leur cœur pour toujours. N’attendez pas de rencontrer l’amour parfait, l’amour n’est jamais parfait, il fait pleurer et souffrir, sa consécration n’est que le bonheur de nos années d’égarements, de nos nuits torturées, de tous ces moments où nous avions perdus espoirs.
 
Rien ne s’achève réellement. Rien ne s’efface des mémoires, n’oubliez jamais votre premier amour, celui qui vous a fait vibrer, celui qui vous a tout offert, celui qui vous a donné un instant le sentiment d’être un être à part vouer à une vie exceptionnelle.

La perte et le désespoir sont les pires tourments de l’amour, ils nous font souffrir et pleurer, mais sachez que la mémoire garde tout, que même les instants les plus éphémères nous définissent, créez notre avenir, aimez, vivez, rêvez, oubliez un instant vos anciens démons, ce jour peut être le dernier, cette heure l’ultime, aucun regret ne doit animer votre âme, c’est la paix des vaincus, le paradis des élus…

L’amour d’un jour, ultime fleure qui éclot un jour de printemps, qui fane un jour d’automne, l’amour d’un jour, l’amour de toujours… *

Si beau et si fragile, le temps d’un automne ou d’un hiver, il grandit, se dévoile s’épanoui, et parfois il meurt vaincu par la vie et les éléments, cherchez le pour toujours…

« Extrait de Remember Of Vietnam » de Nanouee

stephe  (02.08.2007 à 15:34)
Voilà, c'est fini ^^ j'espère que vous avez aimer, j'ai adoré l'écriture même si parfois ça a été dur.
Merci à Sam pour sa postface.
A elle, Milie et Claire pour me pousser à écrire, à me remonter le moral quand je doute, à être là tout simplement pour m'écouter blablater sur ma fic.

Merci.

Lachez vos comms ^^

stephe  (02.08.2007 à 15:36)

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choup37, 06.06.2026 à 12:26

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