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Série : One Tree Hill
Création : 10.04.2008 à 00h05
Auteur : zubera
Statut : Terminée
« C'est la suite et encore pleins de rebondissements.... » zubera
Cette fanfic compte déjà 19 paragraphes
Il est temps pour moi, de reprendre l’écriture de ses pages encore vierges, ces pages encore blanches, mais qui bientôt seront couvertes de mes récits, ces récits, c’est ma vie, c’est ce qui fait l’être que je suis, mais aussi l’être que j’étais et que j’allais devenir. Je ne savais pas encore, que mon existence allait prendre ce tournant, que tout allait s’effondrer, que ma décision entraînerait la chute de tout et que nous allions connaitre malheurs, déceptions, mais aussi de la joie, oui il y en aura. Tout du moins à l’époque je pensais qu’il y aurait une belle fin, que après tout ce que j’avais enduré j’avais le droit de goûter au bonheur, auprès de mes amis, mais aussi du seul qui a su faire battre mon cœur, celui que j’aimais sans conditions, et même si nous étions encore jeunes, insouciants et surtout que nous ne connaissions encore rien de la vie, je savais une chose : que Nathan Scott était l’homme de ma vie, et personne ne pourrait me convaincre du contraire.
C’étaient les derniers jours de l’été, ceux qui précédent la rentrée, ces jours qui sont si précieux, qui retardent le moment où chacun va se séparer, prendre son chemin, son envol, écrire de nouvelles pages de sa vie, mais nous savions que ce que nous avions construit au lycée, ne s’éteindrait pas avec la distance de nos facs, non rien ne se terminait, nos chemins s’entrelaceront, qu’importe le reste.
C’était un soir comme les autres, une douce nuit, l’air était encore chaud, les gens buvaient des tisanes sur leurs terrasses, des enfants courraient encore dans les rues, et les bars tournaient tous à plein, les personnes profitant des terrasses confortables et riant aux éclats. Nous étions tous réunis au Karen’s Café pour fêter notre dernière soirée entre amis. Installés dehors sur une petite table parmi tant d’autres, nous buvions, nous rigolions, nous parlions, essayant de retarder le moment de nos séparations qui étaient inévitables. Mais bien que douloureuses, elles étaient nécessaires, nous devions apprendre à faire notre vie les uns sans les autres pendant un temps, nous séparer pour mieux nous retrouver. Tout du moins j’essayais de m’en convaincre, ce qui était dur car, quand je les regardais, passant mes yeux tantôt sur Peyton qui m’avait dessiné merveilleusement bien et qui peu à peu était devenue une amie sur laquelle je pouvais me reposer, ou alors Brooke qui a été cet été un vrai soutien quand je me prenais à penser à l’abandon de ma fille. Puis Lucas qui était devenu en très peu de temps mon meilleur ami, comme si nos chemins avaient toujours étaient destinés à se croiser, et lui, oui lui mon âme sœur, alors dans ces moments-là, je n’avais plus du tout envie de rentrer à Stanford et de les quitter. Et ma théorie de nous séparer pour mieux nous retrouver me semblait ridicule, vide de sens. Karen vint s’asseoir près de nous, le temps de quelques minutes. Nous étions dans une grande conversation futile à savoir si Nathan avait plus de muscles que Lucas, mais quand elle arriva, son regard se posant sur nous, le silence s’installa.
-Il y aura toujours une part de vous ici, dans cette ville, car n’oubliez pas que c’est ici que vous avez grandi, et que c’est chez vous. Bon en fait je vais vous dire franchement, vous êtes mes clients favoris car c’est vous qui remplissez le plus mes caisses, alors j’aime bien voir vos têtes dans ce café !
Pas besoin de vous dire, qu’une explosion de rires suivit. Personne ne voulait penser, au lendemain, quand nous devrions prendre nos valises, grimper dans notre voiture, et partir dans nos facs, pour prendre possession des lieux, de nos chambres, et découvrir un peu la ville où nous étions avant notre rentrée qui arrivait dans une semaine. Mais seulement, la réalité frappe toujours à un moment, et le moment était arrivé. Nathan se leva de sa chaise et tout le monde fit de même. Le tableau qui se déroulait devant mes yeux, me donnait envie de verser des larmes et de sourire aussi, paradoxe entre la joie de savoir que nous allions faire ce que l’on voulait de nos vies, la joie d’avoir vécu de belles années à leur côtés, mais la tristesse de les quitter, de devoir me séparer d’eux alors que je voulais qu’il reste avec moi. Le couple qui s’était formé durant nos derniers jours de lycée, se prenait la main, Peyton la tête posée sur l’épaule de Lucas, qui lui couvrait le front de doux baisers. Quant à Brooke, ses bras m’entouraient et Nathan me tenait la main. Oui le tableau était émouvant, j’aurai voulu garder un souvenir de cette image, qu’elle reste pour toujours dans ma mémoire, qu’elle me rappelle que les amis sont le plus important. Mais même sans appareil pour glacer cette image sur papier, je garderai dans ma mémoire, ce moment de séparation, nos dernières heures tous ensemble, juste avant de partir à la conquête de nos rêves.
-Personne pleure ? C’est pas drôle, normalement dans les films, c’est toujours la blonde qui pleure non ?
-Miss Davis, je peux te tuer tu sais !
-Ben quoi, Haley aussi est blonde.
-Je ne suis pas blonde, la preuve je pleure pas, alors que Peyton a une larme qui coule le long de sa joue !
-D’accord, je l’avouas, je pleure un petit peu, mais moi je suis pas douée, pour les « au revoir.
-Toute façon, on se retrouvera pendant nos vacances ici, donc je vois pas pourquoi on s’en fait »
-Oh Nathan, tu vois pas que le moment est censé être solennel !
-Mais oui Nathan, trois filles en détresse, c’est un moment solennel !
-Oh Lucas, tais-toi, et embrassa ta meilleure amie avant qu’elle rentre chez elle pour aller dormir avant de prendre la route !
Voilà, nos paroles, retranscrites mot pour mot, je n’ai rien changé, c’est comme ça que les choses se sont passées, aussi naturellement que cela, aussi simplement, et finalement après des bisous et des câlins interminables, comme dans les films, tout le monde se mit à pleurer.
Avec Nathan, on s’était dit qu’on allait faire comme si tout était normal, c’est pourquoi le soir, il me raccompagna devant ma porte, m’embrassa, m’offrit un collier avec un pendentif en forme de cœur et à l’intérieur une petite photo de nous deux. Puis il est parti, sans un regard et je pense que si on s’était regardé, on n’aurait jamais eu la force de se quitter. Même si on se quittait juste pour trois semaines, on avait mal, depuis que nous étions ensemble, on était si proches l’un de l’autre que tout à coup la distance entre nos deux facs nous semblaient être la distance entre deux continents.
J’étais devant ma maison, mes valises posées à côté de moi, des lunettes de soleil chaussant mon crâne, je regardais l’endroit où j’avais vécu surement les plus belles années de ma vie, ces années de jeunesse que l’on ne retrouve jamais par la suite, et même si c’est dans cette ville que j’avais accouché de mon enfant pour ensuite m’en séparer, cet endroit resterait le pilier de mon existence. Mes parents, sortirent de la maison, ils étaient encore en pantoufles, dans leurs pyjamas assortis, mais l’important c’est qu’ils étaient là pour mon départ, qu’ils ne m’avaient pas abandonné suite à mes erreurs, et qu’ils m’aimaient sans conditions.
-Oh ma petite fille, comme tu as grandi. Fais attention sur les routes, il risque d’y avoir beaucoup de circulations.
-Oui maman t’en fais pas, je serai prudente.
-Bon, et avec Nathan vous allez vous voir quand ?
-Dans trois semaines, papa, quand je reviens à Tree Hill pour vous embêter un peu !
-Notre dernière s’envole, à nous la liberté !
-Vous vous êtes jamais privé de liberté même avec des enfants !
-C’est vrai, mais bon dis-nous, Haley, on a été des bons parents ?
-Parfait ! Bon à dans trois semaines, je vous aime !
-D’accord, nous aussi ! Fais attention surtout !
-Oui maman ne t’en fais pas !
Puis ils rentrèrent dans notre maison et je mis mes valises dans le coffre, le refermant d’un coup sec. Cette voiture c’était le cadeau de mes parents, quand j’avais eu mon bac. Une jolie New Beetle bleu métallisé. Je m’apprêtais à monter dans ma voiture, quand celle de Nathan se gara juste devant la mienne, et il en sortit en trombe, me prenant dans ses bras, me soulevant du sol et me faisant danser dans les airs.
-Je t’aime Haley James !
-Nathan, on a dit pas de grandes scènes dramatiques, on se voit dans trois semaines, d’accord ?
-Oui, je sais mais l’envie était plus forte que le reste, j’avais trop besoin de t’embrasser, de te voir, de toucher encore une fois, avant que tu partes dans ton école prestigieuse, que tu voies un garçon plus joli et que tu t’en ailles avec lui je ne sais où !
-Si ce garçon n’est pas toi, il n’a aucune chance !
-Je sais, mais je voulais l’entendre !
Puis nos têtes se rapprochèrent, nos nez se frôlèrent, et je me mis à pleurer, mes yeux qui devinrent humides, des petites larmes, timides, roulant tout doucement sur mes joues. Nathan me les essuya avec sa main, et quelques mots doux furent déposés dans mon oreille, des mots qui resteront pour lui et moi, des moments que je peux pas vraiment écrire, c’était juste une scène de couple qui vira au mélodrame, mais c’était si bon de le sentir tout contre moi encore quelques instants.
Puis dans un dernier baiser intense, passionnel, je montais dans ma voiture, rabattant mes lunettes de soleil sur mes yeux et prenant la route direction Stanford. Lui il devait prendre la route pour Duke, c’était ainsi, et dans trois semaines nos retrouvailles promettaient d’être fabuleuses.
Le soir, j’atterrissais à San Francisco, et me garais dans une rue, prenant mon plan pour repérer l’endroit de ma chambre d’étudiante. Après vingt minutes de recherches, je trouvais enfin le bâtiment, mais un plan restait un plan, maintenant je devais rouler de rues en rues, essayant de ne pas me perdre, ce qui risquait d’être une cause perdue. En effet, les minutes défilaient et je n’arrivais pas du tout à me repérer dans cette immense ville. A cet instant j’aurai tellement voulu me retrouver sur mon lit, blottie dans les bras de Nathan, loin du monde extérieur. Mais en attendant, j’étais dans une rue inconnue, la nuit projetant son voile de plus en plus obscure. J’avais remis mes lunettes de soleil sur ma tête, j’avais laissé la vitre de la voiture ouverte toute la journée, et dans un dernier espoir, je me risquais à demander à un passant mon chemin. Un monsieur, passa à côté de moi, et arrêtée à un feu rouge, je l’interpellais.
-Pardon, pourriez vous m’indiquer où est l’université de Stanford ?
Puis gentiment, il m’indiqua la direction et à ma grande surprise je n’étais plus si loin que ça. Après mes heures de routes interminables, après avoir traversé les rues de San Francisco dans tout les sens, je me garais enfin sur l’un des multiples parkings qui bordaient la faculté. Et quelques mètres plus loin, j’aperçus les bâtiments de chambres universitaires. Je savais que j’avais une colocataire, mais je ne l’avais encore jamais rencontré. Nous nous étions juste échangés un seul mail durant les vacances, et tout ce que je savais d’elle c’est qu’elle s’appelait Anna, qu’elle voulait travailler dans l’économie, elle habitait à Los Angeles, et havait hâte de partir de chez elle et de commencer cette nouvelle vie, loin des siens. Mais je suppose que j’aurai tout le temps de la découvrir au cours de toutes ces années, enfin c’est ce que je pensais quand je mis les pieds dans le bâtiment, à une heure moins dix comme me l’indiquait la grande horloge à l’accueil. J’avais de la chance, il y avait une réceptionniste de nuit, et donc je pus être accueilli.
Elle me fit remplir quelques formulaires, me donna la clef de ma chambre, me rappela quelques règles de conduite dans les bâtiments, m’informa des heures d’ouverture de la salle informatique, et ensuite elle se remit dans la lecture de son magasine, sans même m’adresser un signe.
Je montais les étages avec une valise, le reste attendrait que je vienne les chercher dans le coffre demain matin. Ma chambre était au troisième étage, la troisième porte sur la droite, et j’étais épuisée quand j’arrivais devant la porte de celle ci.
Je ne savais pas si Anna avait déjà emménagé c’est pourquoi je fis le moins de bruit possible en entrant dans la chambre. Mais quand je fus entré, je pus remarquer qu’il n’y avait personne et donc j’allumais la lumière, posant ma valise sur le lit du côté fenêtre. J’inspectais les lieux, et bien que l’endroit ne fût pas très grand, j’étais épanouie. J’étais dans la fac de mes rêves, la fac dont je n’arrêtais pas de parler depuis que j’étais petite, celle qui m’avait fait renoncer au plaisir d’être mère. Deux lits étaient séparés pas une petite table de nuit, et des lumières étaient accrochés au dessus de chacun des lits. Il y avait également deux armoires en bois, de chaque côté de la chambre, et la fenêtre donnait sur une pelouse éclairé par quelques lampadaires. En face de nos lits, il y avait une porte, donnant sur une salle de bain minuscule mais comportant tout de même tout le nécessaire. Voilà dans quel endroit j’allais dormir et travailler jours après jours. L’endroit dont j’avais rêvé, celui pour lequel j’avais si durement travaillé, l’université de mes rêves. Ma nouvelle vie allait commencer, elle n’était qu’à son début, ses premiers instants. Mais déjà j’avais le sourire aux lèvres, une sensation de sérénité me transportait, je ne me sentais pas loin de chez moi, j’avais l’impression de connaitre cet endroit, d’avoir été destiné à atterrir ici, à tracer cette route là. Je déposais mes affaires dans l’armoire, quand Nathan m’appela, je bondissais à toute vitesse sur le téléphone, heureuse d’entendre sa voix et de pouvoir lui parler, lui raconter ce que je vivais.
Lui aussi m’avait raconté qu’il était bien arrivé à Duke et que son colocataire était très sympa et assez solitaire, qui était dans son équipe de basket. Sa chambre correspondait un peu à la description de la mienne, mais son timbre de voix me paraissait un peu tendu, peut être de la tension due au voyage ou à la fatigue, ou tout simplement parce que lui aussi était en train de concrétiser un rêve qui l’avait depuis tellement longtemps souhaité se voir réaliser.
Le lendemain, je me réveillais avec le bruit de la douche en fond sonore. J’attendis que la personne sorte de la salle de bain, et alors je pus découvrir Anna, surement une rencontre qui précipitera mon départ, surement qu’elle fut le point de départ de ce combat, aujourd’hui certaines choses sont floues, mais son visage, et notre amitié je m’en souviens merveilleusement bien. Toutes les deux, on a été ce qu’on appelle de grandes amies, des confidentes, des sœurs de cœur. Ce fut l’une des plus belles rencontres de ma vie, et les quelques temps passés ensemble à la fac resteront dans ma mémoire pour toujours.
-Désoléz, je voulais pas te réveiller, alors c’est toi Haley ?
-Et toi Anna ?
-En personne.
-Ne t’en fais pas pour la douche, c’est aussi la tienne après tout.
-Oui, mais je suppose qu’on devra établir quelques règles pour ne pas déranger l’autre.
-Oui mais je suis sûre que tu dois être épuisée par la route. Tu es arrivée quand ?
-Ce matin, au petit matin, mais j’ai du d’abord me poser à l’hôtel quelques heures, car les portes étaient fermées.
-D’accord. Bon je vais aller prendre ma douche, et si tu veux, on descend à la cafète ensemble après, on pourra apprendre à se connaitre. Enfin si ça te tente bien sûr.
-Oui c’est une bonne idée.
Elle était grande, une taille très fine, une peau mate comme un café au lait, et dans mes souvenirs, elle avait même de longs cheveux noirs qu’elle laissait tout le temps détaché et qui avait tendance à friser sous la pluie. Après ma douche, nous nous étions rendues à la cafétéria et alors j’avais appris à connaitre un peu plus sur elle et elle sur moi. Elle avait un frère qui s’appelait Félix et des parents qui voyageaient tout le temps, un peu comme les miens. A l’époque du lycée, elle avait joué dans son équipe de basket. Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais qu’avec cette fille qui était encore une inconnue, j’avais un tas de points communs, je ne me doutais pas que j’allais nouer une amitié solide avec elle, mais je sentais que le courant passait bien, et que nous allions partager de beaux moments.
Dans une semaine, les cours allaient démarrer et pendant les quelques jours qui nous restaient avec Anna, on était resté toutes les deux, découvrant ainsi quelques coins sympas de la ville, visitant les bâtiments de nos facs et on avait eu nos emplois du temps. On avait quelques cours ensemble, et j’étais heureuse à l’idée de savoir, que je ne serai pas seule dans cette immense ville loin de mes proches, non je n’étais pas seule, et même si je ne connaissais Anna que depuis quelques jours, je me sentais bien avec elle, c’était une belle rencontre.
-Et toi Anna, tu as un amoureux quelque part, dans une autre fac ?
-Non, je n’ai personne, mais c’est plus compliqué que tu ne le penses.
-Tu veux en parler ?
-Peut être un jour. Pour le moment, je vais dormir, demain à nous les cours, à nous la fac !
-Oui tu as raison. Enfin !
-Bonne nuit.
-Ouais, bonne nuit.
J’étais dans le noir, allongée sur le dos et un sentiment de nostalgie m’envahit. Je repensais à mes années de lycée, quand avec mes parents, j’avais atterri à Tree Hill, sans aucuns amis et que peu à peu j’avais découvert des personnes formidables, que j’avais rencontré le garçon qui aujourd’hui fait battre mon cœur. Je repensais aussi à ma rencontre avec Brooke et Peyton quand celle-ci m’avait dessiné dans la bibliothèque. Je me remémorais également ma rencontre avec Lucas, lors de la fête organisé chez Nathan. Je n’aurai jamais pu me douter à ce moment que toutes ces personnes allaient m’aider à grandir, qu’elles allaient devenir mes amis les plus proches, que grâce à elles j’allais passer les plus belles années de ma vie, qu’avec le soutien de ces personnes j’allais pouvoir surmonter le manque de ma fille. Alors que je repensais à Nathan et à notre histoire qui durait depuis maintenant quatre années, je versais quelques larmes en repensant à cette petite fille que j’avais porté durant neuf mois, que je m’étais empêcher d’aimer et qui pourtant avait réussi à prendre une place dans mon cœur, je fermais alors mes yeux, et je revoyais son doux visage, je la tenais dans mes bras, et Nathan et moi lui murmurions tout notre amour, je pouvais de nouveau ressentir cette souffrance, que j’avais enduré lors de notre séparation. Il fallait laisser le passé là où il était et pourtant souvent, quand je me retrouvais seule je la revoyais, son image dansait devant mes yeux, elle me regardait, et alors je me sentais de nouveau coupable, fautive de l’avoir mis au monde, pour l’avoir donné à deux personnes inconnues. Mais je me consolais en me disant que son avenir allait être beau, qu’elle était heureuse et qu’un jour elle trouverait la force de me pardonner. C’est tout ce que je souhaitais au fond, depuis le début je ne voulais que son bonheur, qu’elle puisse s’épanouir dans une famille qu’il l’aimerait mais surtout qui pouvait l’accueillir, et ni Nathan ni moi n’avions pu faire cela. Même si j’avais des regrets, même si parfois je me disais que j’avais fait le mauvais choix, que j’avais prise la mauvaise route, je continuais de tracer ma vie, essayant de ranger cet enfant dans un coin de ma mémoire, mais elle restait présente partout où j’allais, quoi que je fasse, elle était là, si près de moi, et pourtant dans un endroit inconnu peut être loin, peut être que des milliers de kilomètres nous séparaient. Et jamais, je la reprendrai dans mes bras, jamais elle ne saura combien je l’aime, puis peu à peu je me laissais emporter dans le sommeil, faisant une fois de plus taire la souffrance.
Je ne trouve pas vraiment de mots assez forts, pour décrire ma première semaine de cours, la semaine de la découverte. Le premier jour avec des palpitations dans le ventre, le cœur qui bat à toute vitesse, la curiosité de découvrir de nouvelles choses, l’envie d’apprendre et de pénétrer dans les bâtiments jusqu’aux multiples salles de cours. Oui cette première journée, placée sous le soleil avec un grand ciel bleu et aucun nuage pour venir gâcher le spectacle reste mémorable. Je me revois encore traversant des pelouses où des étudiants étaient assis en groupes ou solitaires. Je me revois avec mon sac sur l’épaule, je ressens encore cette détermination qui m’animait. Aujourd’hui j’ai perdu cette étincelle dans mes yeux, cette énergie qui me poussait toujours plus loin. Je me remémore alors mon entrée dans le bâtiment B, je suis tout d’abord allée en bonne étudiante vers le panneau d’informations, je suis ensuite montée pour débuter mon tout premier cours. J’avais choisi de m’orienter dans le journalisme, je voulais voyager dans le monde, transmettre les informations en ne transformant pas la réalité. Mais le chemin était long et semé d’embûches. Avant de toucher cet autre rêve, je devais d’abord travailler dur dans cet endroit pendant deux ans pour décrocher une licence, puis ensuite j’entrerai dans une école de journalisme. Mais autant vous dire, que les beaux projets de cette fille à l’aube de sa vie d’adulte, cette fille avec des rêves et des promesses pleins la tête, qui ne pense qu’au moment présent et profite de son bonheur, oui cette fille là va déchanter, elle va partir dans un combat. Pas un combat qui défraye la chronique, pas un des ces combats dont les gens parlent tout le temps et qui tuent des milliers de personnes, pas un combat qui entraine la chute d’un pays ou de plusieurs. Non ce combat qu’elle va entreprendre est différent, c’est le sien, c’est sa guerre intérieure, sa recherche du bonheur, sa constante insatisfaction de la vie qui la mènera à entreprendre ce combat. Mais ce n’est pas parce qu’il n’est pas inscrit dans les livres d’histoire qu’il n’en reste pas moins important, pour elle, pour la femme que je suis aujourd’hui c’est le combat de ma vie, celui qui a tout changé, qui m’a transformé pour toujours. Ce premier jour de cours, je ne savais pas encore que la route serait aussi dure, que je ferai tout pour la sentir de nouveau dans mes bras.
Cette guerre est la mienne, mais elle aurait pu être celle d’une autre femme qui aime trop son enfant et qui n’arrive pas à se détacher de son passé, qui voit le présent mais qui ne s’en satisfait qu’un temps pour aussitôt replonger dans la nostalgie d’un temps achevé. Si seulement à l’époque j’avais pu savoir ce que l’avenir me réservait, ce qu’il réservait à Nathan, car oui j’allais entreprendre cet autre combat sans me soucier de l’opinion des autres, mais notre vie est faite de l’opinion des autres, et notre destin est lié à d’autres. Mon chemin était indéniablement lié à celui de Nathan et quand je m’étais embarquée dans ce périple j’avais également fait plonger Nathan.
Pour le moment, j’étais juste Haley James, jeune étudiante, et sous cette journée encore chaude d’automne j’entrais dans la salle. Ce n’était pas une salle de lycée, mais un espace beaucoup plus grand. Le cours n’était pas commencé, mais la salle était déjà remplie de nombreuses têtes. Des têtes que je ne connaissais pas, mais ces personnes avaient rejoints ma route pour un temps. On allait suivre les mêmes cours, apprendre les mêmes choses, avoir des peurs communes, peut être que l’on avait des désirs en commun. Je n’apprendrais pas à connaitre toutes ces personnes, mais en passant mes yeux sur l’ensemble de la salle, un large sourire, un sourire bête surement, envahit mon visage. Je me sentais tout simplement heureuse à cet instant, le bonheur de réaliser un rêve de petite fille, de vivre ma vie comme je l’entendais.
C’est ainsi que se déroula mes premières semaines de cours, je prenais de plus en plus mes marques dans cette ville, et dans cette fac. J’étais satisfaite de cette nouvelle vie, mais quand le dernier cours du vendredi arriva j’étais soulagée de pouvoir enfin revoir Nathan et les autres, de revenir dans ma ville, de passer du temps avec les gens que j’aimais le plus.
-Et toi, tu vas faire quoi de ton week-end ?
-Je ne te l’ai pas dit ? Je reste ici.
-Pourquoi tu ne rentres pas chez toi ?
-J’ai pas mal de boulot, je bosserai mieux ici.
-Comme tu veux, mais un jour je te ferai visiter ma ville, elle est géniale, petite mais géniale !
-Ouais, Los Angeles c’est grand et infernal. Tu dois surement être pressée de retrouver Nathan ?
-Oui, je dois t’avouer que les appels téléphoniques pendant trois semaines ne remplacent absolument pas ses bras et ses caresses et…
-Je ne veux pas en savoir plus James !
-Depuis quand tu m’appelles James ?
-Je sais pas, ça m’est venue comme ça.
-Ouais, ouais, c’est ce qu’on dit. Tu m’accompagnes au train ?
-Oui, c’est dans combien de temps ?
-Une heure.
Puis pendant une heure, j’avais tourné en rond dans la chambre, vérifiant que je n’avais rien oublié, me regardant dans le miroir toutes les deux minutes. J’étais tellement pressée de le revoir après toutes ces semaines éloignée de lui, j’avais tellement envie qu’il me dise tout ce qu’il avait vécu dans sa fac et lui raconter aussi comment se passait mes cours, lui décrire Anna en détail, lui raconter tout, mais j’avais surtout envie de passer du temps avec lui, de m’imprégner de son odeur, de ses caresses , car le temps ici semble ralenti, même si je m’amuse, même si les cours sont passionnants et même si au fils des jours j’apprends à découvrir en Anna une amie, rien ne remplaçait Nathan et chaque journée sans lui était dure.
Mais à l’envie de le revoir se mélangeait aussi du stress, je ne sais pas comment l’expliquer mais nous n’avions jamais été séparé et je ne savais pas comment allaient être nos retrouvailles.
Ce fut enfin le moment du départ, et les questions qui me trottaient dans la tête disparurent. On était sur le quai de la gare, le train allait arriver dans quelques minutes, juste le temps de dire au revoir à cette fille qui était entrée dans ma vie et qui avait déjà pris une place importante. Durant ces trois semaines, on avait appris à se découvrir et j’avais passé la plupart de mon temps libre avec elle, tantôt dans la bibliothèque, tantôt dans notre chambre, ou encore en train de se perdre dans les rues de la ville. On se regardait, je me souviens que je ressentais un peu de peine de la laisser toute seule ici pendant trois jours, alors que moi j’allais rejoindre un bout de ma vie ailleurs. Mais les choses étaient ainsi et quand je vis le train arriver, je la pris dans mes bras. Puis après avoir échangé quelques paroles, je disparus dans le train. Derrière le hublot, je l’apercevais, elle repartait en direction du campus et je mis mes écouteurs me laissant bercer par la musique. Dans trois heures mon train arriverait à Tree Hill et je serai dans ses bras.
Comment décrire mes retrouvailles avec Nathan ? Comment vous faire partager les sentiments qui m’avaient animés quand en sortant du train avec ma grosse valise et mon sac à dos, je l’avais vu avec une rose dans la main ? Est ce que seulement vous pouvez comprendre ce que j’ai ressenti pendant trois semaines loin de lui ? Est ce que vous savez combien il m’a manqué quand je me levais et me couchais le soir seule dans mon lit d’étudiante ? Cet amour que j’ai pour lui ne diminue pas avec la distance et le temps, au contraire, quand je suis sortie du train et que nos regards se sont croisés, j’avais l’impression que mon cœur allait exploser dans ma poitrine, j’avais envie de courir pour le rejoindre mais mes jambes tremblaient. Je m’étais avancée de quelques pas parmi la foule, mais lui avait eu la force de courir, et déjà il me prenait dans ses bras, et je laissais ma valise sur le sol, ma sac à dos avait glissé de mes épaules et nous nous embrassions, dans une éternelle étreinte, nous étions seuls au monde, nous ne remarquions plus les passants, je ne voyais que lui, je n’étais là que pour lui. J’avais l’impression que ces trois semaines loin l’un de l’autre, n’avaient fait qu’augmenter mon amour et ma passion pour lui. La flamme était toujours là, et tous mes doutes étaient dissipés. Cette fois, il ne m’avait pas soulevé du sol et fait danser dans les airs, mais il m’avait embrassé, un baiser enflammé, puis un autre plus doux, et puis il m’avait regardé profondément dans les yeux en me caressant les cheveux. Ce ne sont que des détails pour vous, mais moi je m’en souviens parce que ce moment était simple mais tellement beau, on s’était retrouvé, on avait reçu une bouffée d’amour, et pendant dix minutes on était resté dans cet état sur le quai de la gare, puis doucement on était revenu à la réalité et il avait pris ma valise, puis m’avait déposé chez moi.
-Tu ne descends pas ?
-Tu ne veux pas être seule avec tes parents ?
-Non je veux être seule avec toi. Au fait les autres sont ici ?
-Brooke arrive dans la nuit, Peyton demain matin et Lucas aussi.
-Ce qui veut dire que pour le moment il n’y a que toi et moi.
-Et tes parents...
-Non ils seront là demain soir...
Il me suivit à l’intérieur, et on s’étala tout les deux sur mon lit. On regardait le plafond, puis il prit ma main dans la sienne.
-Tu m’as manqué.
-Toi aussi.
-Je deviens fou sans toi, je donne tout dans le sport pour essayer de me canaliser mais c’est dur, je savais pas que ça serait dur comme ça.
-Raconte moi tout, je veux absolument tout savoir.
-Tu me raconteras tout aussi ? Tu me parleras d’Anna.
-Oui mon cher!
Puis on se racontait tout en détail, il me parlait de son colocataire, le fameux Jake, j’apprenais qu’il était un excellent coéquipier au basket, qu’il jouait de la guitare et que Nathan et lui s’entendaient apparemment très bien. Il me parlait avec tellement de fougue, de conviction, de passion que je me laisser transporter dans son univers dans cette fac à Duke, différent de ce que je vivais, mais tout aussi important. Il avait l’air tout comme moi, de sentir très bien là haut, d’être parfaitement dans son élément, et ça me rassurait de savoir que lui aussi vivait son rêve et qu’il faisait de sa vie ce qu’il désirait. C’est dans ces moments que je me disais que nous avions fait les bons choix malgré des erreurs et des difficultés, malgré des peines et des cicatrices pas encore refermées pour certaines, je me disais que finalement nous devions être sur la bonne route puisque nous avions tout ce que nous voulions et que cela faisait déjà deux heures que l’on parlait de ce tout ce qui faisait nos vies maintenant. Je lui avais parlé d’Anna, je lui avais dit qu’elle avait une grande sensibilité, mais qu’elle dégageait une joie de vivre, qu’elle avait fait du basket à l’époque du lycée, que je me sentais vraiment bien avec elle et qu’elle arrivait à me changer les idées quand je pensais à lui .
-Il faut que je rencontre cette fille, elle a l’air génial, en plus elle aime le basket, je vais peut être changé de copine. Aie !
-Je savais que tu m’oublieras.
-Jamais.
Puis il se mit au dessus de moi et je le regardais, je ne parlais plus, je profitais juste de ce moment de silence, puis j’explosais de rire. J’étais tellement bien avec lui, j’aurai voulu que nous restions ensemble tout le temps, qu’on ne soit jamais séparés. J’aurai voulu que ce week-end ne dure pas seulement deux jours et demi, j’aurai voulu que l’on puisse encore plus partager que deux-trois nuits ensemble. Mais je comptais bien profiter de ces instants rien que tout les deux, de m’en imprégner un maximum, de graver ces moments uniques avec lui, des moments éphémères, et pourtant ce sont ces moments qui restent gravés dans ma mémoire, ces courts moments futiles, ce moment où j’avais été prise d’un fou rire en le voyant au dessus de moi avec ses yeux verts qui me transperçait comme s’il lisait dans mes pensées. La nuit était tombée sur notre ville, et ma chambre était seulement éclairée par les lampadaires de la rue, puis comme si on l’avait ressenti tout les deux, il enleva son tee-shirt, et alla s’allonger juste à côté de moi, je retrairais mon jean qui me collait sur les hanches et me faufilais en dessous de ma couverture tout contre lui. J’avais l’envie de dormir mais je parlais avec lui, on parlait de ce qu’on allait faire ce week-end là, de tout et de rien. Puis peu à peu la résistance n’avait plus servi, j’étais partie dans mes rêves, ses bras m’entourant.
Le lendemain, j’avais laissé Nathan seul dans le lit, le laissant dormir, puis je m’étais habillée et avais décidé d’aller sur la plage. J’avais envie de me retrouver un peu dans cette ville que j’avais quittée quelques semaines plus tôt pour partir à la conquête de mon futur, de mon avenir.
Je tenais mes sandales dans mes mains, et je prenais plaisir à fouler mes pieds sur le sable frais du matin. Le soleil commençait à s’élever et je sentais déjà que la journée allait être chaude. La plage était encore déserte, il y avait seulement quelques personnes appréciant ces moments paisibles, des moments de tranquillité où le bruit des moteurs de voitures était remplacé par le crépitement des vagues. C’est alors que je la vis. Je revois très bien assise face à la mer, contemplant la beauté de la nature, avec sa robe en dentelle, ses cheveux qui jouaient avec le vent, je n’aurai pas pu la confondre avec une autre personne. Je la connaissais trop pour pouvoir me tromper, non c’était bien elle, celle qui avait été là pour moi au lycée, l’une de ces personnes qui malgré que les années se sont écoulées, continue d’habiter mes pensées et à toujours une place dans mon cœur. Je précipitais mes pas, puis je me mis à courir, j’avais envie d’être auprès d’elle tout de suite. Quand elle me vit, elle se leva et on se prit dans les bras, dans une forte embrassade, tellement contente de se revoir, de se retrouver. Trois semaines loin l’une de l’autre peuvent vous paraitre dérisoires, mais quand vous avez partagés chaque journée pendant trois ans avec des personnes comme elle, que vous avez vécu des choses fortes, alors trois semaines de séparation vous paraissent bien plus longues.
-Haley ! Je comptais passer vous voir tout à l’heure !
-Brooke ! J’ai tellement de choses à te raconter !
-Et moi donc ! C’est tellement incroyable ce que je vis à Los Angeles, c’est tellement différent d’ici.
-Oui je m’en doute.
-Et toi alors ?
C’est ainsi que nous nous étions tout raconté. Elle était dans sa grande école de mode, elle avait un copain qui s’appelait Marc, elle était tout comme Nathan et moi, heureuse, insouciante, et elle avait toujours ce brin de folie qui la caractérisait tant au lycée. Oui c’était bien la même Brooke Davis que j’avais en face de moi, et ça me faisait du bien de revoir des têtes connues, des têtes que j’aimais. On avait passé toute notre matinée, assises sur la plage à nous raconter ce qu’on avait vécu pendant trois semaines, et elle avait pas arrêté de parler à une vitesse époustouflante. J’avais souri en l’écoutant, ça m’avait fait beaucoup de bien de passer du temps avec elle, et on avait décidé de se revoir au Karen’s Café dans l’après midi avec Peyton et Lucas également.
Je retournais dans ma maison et je vis le van de mes parents garé devant la maison. Nathan était surement en train de prendre le petit déjeuner avec eux, espérant que je revienne au plus vite. Je me précipitais à l’intérieur et dans la cuisine ma mère discutait avec mon père, mais aucune trace de Nathan.
-Nathan dort en haut, il a l’air d’être à son aise.
-Tu peux dire bonjour à ta fille.
-Merci maman.
-Bonjour à ma fille !
Puis je me jetais dans leurs bras. Je me sentais redevenir une petite fille près d’eux. L’odeur du café fumant, le crépitement des céréales dans le lait, les tartines grillées qui sautent du grill, toute l’atmosphère me replongeait dans mon enfance. Mais pour le moment j’avais envie de remonter dans ma chambre et de rejoindre mon petit ami.
-Je vais le réveiller.
Puis mes parents étaient retournés à leurs occupations sans se soucier du reste. Eux non plus n’avaient pas changés. Nathan était assis sur le lit, il avait remis son tee-shirt, et quand je me rappelle de ce moment, je me souviens qu’il avait l’air en colère.
Je m’étais approcher de lui, et il m’avait rapidement embrassé avant de m’annoncer qu’il me rejoindrait au Karen’s Café dans l’après midi car ses parents voulaient absolument le voir un peu. J’étais déçue de ne pas pouvoir rester avec lui, mais quand on parlait de ses parents il était toujours de mauvais poil et je le laissais donc partir, espérant qu’il revienne vite. J’avais partagé un repas avec mes parents, un repas ennuyant, sans aucun intérêt à cette histoire. En début d’après midi, j’étais passée devant la maison de Nathan, espérant le voir ouvrir sa porte et me dire de venir le rejoindre, mais je n’avais eu aucun signe, j’avais donc continué mon chemin. Comme une sorte de pèlerinage je m’étais retrouvée devant la maison de Peyton, puis devant le lycée. J’étais restée quelques minutes devant le bâtiment repensant à tout ce que j’avais vécu dans cet endroit, nous revoyant examiner les listes à la recherche de nos noms pour découvrir si nous avions notre diplôme tant espéré. Je me remémorais tout ce qui avait fait de ce lycée un lycée si particulier, mais en fait ce n’est pas le lycée qui était différent des autres, mais les gens que j’y avais rencontré. Puis je continuais ma route, laissant d’autres personnes écrire leur histoire dans cet endroit et laisser leur empreintes. Nous avions gravés nos initiales dans un arbre d’une cour intérieure du lycée. C’était une manière de montrer que nous étions passés ici, un moyen de laisser nos traces, de laisser quelque chose de nous à ce lieu où nous avions passé des moments formidables tous ensemble.
Je marchais dans les rues que je connaissais par cœur, dans cette ville je ne pouvais pas me perdre, comme je me perdais dans celles de San Francisco, non ici c’était chez moi, je savais où j’allais, je marchais pratiquement à l’aveuglette. Je passais devant le terrain mais il était désert, à l’époque il avait été beaucoup occupé par Lucas, Nathan et leurs amis, maintenant c’était d’autres jeunes qui lançaient des paniers sur ce terrain.
Je détaille cette journée avec beaucoup de précisions parce qu’après ce week-end tout s’enchainera très vite, et il ne me restera plus beaucoup de temps pour profiter d’eux. Après ce week-end, même avec tout l’amour que je leur porte, les pages que j’écris ne les feront plus beaucoup vivre. Pour le moment, je prends mon temps, pour que vous compreniez combien j’étais heureuse de me diriger vers ce café pour aller tous les retrouver, comme cette dernière journée d’été, quand on avait passé notre soirée tous ensemble sur la terrasse. Je voulais revoir mon meilleur ami avec qui j’échangeais plus que quelques mails, je voulais revoir Peyton, ma boucle d’or, je voulais rire encore avec eux comme avant, que l’on partage un peu de nos vies ensemble, car la distance n’aura jamais raison de ce lien qu’on avait construit au lycée. J’étais à quelques mètres du café, et je me précipitais, je voulais tous les prendre dans mes bras, les sentir près de moi.
Je poussais la porte et entrais dans l’endroit chaleureux tenu pas la mère de Lucas. En une seconde j’avais repéré la table où tous les trois étaient installés en train de rire. Je m’avançais vers eux, et Peyton se leva pour me serrer dans ses bras. J’étais tellement heureuse de la revoir après ces quelques semaines passées loin d’elle, loin de celle qui était comme une sœur pour moi. Elle avait plus ses belles boucles rebelles dans se cheveux, maintenant ses cheveux blonds étaient plus courts, et lisses. L’adolescente rebelle que j’avais appris à connaitre se transformait en jeune femme très jolie. Puis ce fut au tour de Lucas de me prendre dans ses bras. Je m’assis à la table. Des détails encore sans importance, juste des moments de ma vie, de simples moments que j’ai gravé pour toujours en moi.
-Trois semaines sans vous voir c’est long. San Francisco c’est bien mais sans vous c’est dur.
-Oui, mais on y arrive quand même, la preuve on est tous là, ensemble comme avant.
-Puis il faut bien qu’on poursuive nos routes.
-Tout les gens partent un jour, pas vrai Haley ?
- Tu as sans doute raison ancienne boucle d’or !
-Eh mes cheveux sont très bien comme ça.
-Je n’ai pas dit le contraire.
Ce dont je me souviens de ce moment, c’est que il y avait eu des rires, des confidences, des regards, juste des amis qui se retrouvent avant de devoir repartir chacun sur sa route. Oui tout était parfait et je me sentais vraiment bien avec eux dans cette ville dans cet endroit, mais mes yeux regardaient souvent par la fenêtre à la recherche de Nathan. Il aurait du être là, la bande ne serait jamais complète sans lui. Il manquait quelqu’un autour de cette table pour que le tableau soit parfait.
Puis c’est à ce moment qu’il arriva, au moment où je prenais mon portable pour l’appeler je le vis s’avancer vers notre table, mais il n’avait pas le sourire que je lui connaissais à certain moment. Il s’assit autour de la table, et adressa un bref salut à ses amis, sans même un regard pour moi.
J’essayais de captiver son regard, de comprendre sa réaction mais il avait apparemment aucune envie de venir me parler.
-Je vois que mon frère est de bonne humeur.
-Désolé, si je gâche l’ambiance.
-Nathan, tu sais j’ai des huiles relaxantes.
-Brooke tu es super marrante, mais je suis pas vraiment d’humeur.
-Calme toi Nathan , on va pas se prendre la tête alors que ça fait trois semaines qu’on s’est pas vu hein ?
-Bien sur que non boucle d’or. Enfin sans les boucles maintenant.
Puis l’atmosphère redevint moins pensante, mais je sentais que Nathan était mal, que quelque chose le tracassait et j’aurai voulu comprendre, pouvoir l’aider, qu’il vienne se confier. On avait passé toute l’après midi au café, savourant ces retrouvailles. Nathan avait même retrouvé sa bonne humeur. Le soir je rentrais chez moi avec lui. Tout le monde était retourné chez soi, et je savais que Lucas et Peyton repartaient le lendemain dans la matinée, on passerait donc la journée avec Brooke.
J’étais devant ma porte avec Nathan et j’entrais à l’intérieur pensant que comme à son habitude il allait me suivre et qu’amoureusement il me prendrait la main pour m’emmener dans ma chambre. Mais cette fois il était resté sur le pas de la porte.
-Tu vas m’expliquer ce qui se passe.
- Je dois rentrer chez moi cette nuit.
-Non Nathan, tu vas pas t’en sortir comme ça. Je veux comprendre.
-Comprendre quoi ? On n’est pas mariés, avec obligation de dormir tout le temps ensemble si ?
-Très bien, alors rentre chez toi et laisse moi !
Je lui fermais la porte au nez, et je n’avais qu’une envie courir dans ma chambre et m’allonger sur mon lit pour oublier cette dispute dont je n’en comprenais pas mêmes les causes. Je me cachais sous mes couettes, j’étais dans le noir, dans ma chambre. Nathan et moi on s’était jamais vraiment disputés, excepté la période où j’étais tombée enceinte et qu’il avait fallu décider de l’avenir de l’enfant et du notre. Mais sinon, on avait jamais eu de vraies disputes, juste des chamailleries sans jamais aucune importance. Cette nuit là, je lui en voulais vraiment, on avait déjà pas beaucoup de temps pour nous retrouver alors pourquoi user ce temps à nous disputer ? Je savais que quelque chose le tracassait, mais pour moi notre relation était maintenant assez sincère et forte pour surmonter ce genre d’obstacles ensemble, pour qu’il vienne me parler, et que je puisse l’aider.
Le lendemain, j’entendis ma mère parler avec Brooke et je descendis les marches pour me retrouver en face de mon amie, toujours souriante, apportant son éternelle bonne humeur et joie de vivre, son côté optimiste, un rayon de soleil dans la journée.
Après avoir parlé ensemble dans ma chambre de ma dispute avec Nathan, sur ses conseils je décidais d’aller faire les boutiques avec elle ce qui normalement devraient m’enlever tout soucis de la tête. Je n’étais pas convaincue de sa théorie mais j’étais assez contente de pouvoir passer un peu de temps juste avec elle, de pouvoir me changer les idées, et peut être que ma colère de la nuit dernière s’estomperait et qu’en rentrant chez moi en fin de matinée, je trouverai Nathan sur mon lit, me demandant de l’excuser et me parlant de ses problèmes. En attendant, j’étais au centre commercial avec une amie qui arrivait à me faire sourire et à me remonter le moral. J’étais vraiment heureuse de la connaitre, et je me rendais compte que Brooke, tout comme Peyton, avait pris des places importantes dans ma vie et je me demandais si pour Anna ça serait la même chose. Si un jour, sa présence suffirait à faire naître un sourire sur mes lèvres, si un jour elle prendra une place dans mon cœur et qu’elle comptera parmi mes amies, qu’elle m’aidera comme Brooke et Peyton ou encore Lucas ont su le faire, qu’elle me fera rire et passer des nuits blanches comme je l’ai si souvent fait avec ces deux filles rencontrées au lycée.
Après une matinée placée sous le signe du rire avec Brooke, je rentrais chez moi et montais dans ma chambre évitant de devoir parler avec mes parents. Mais je n’avais pas été assez rapide, et ma mère vint vers moi.
-On a entendu une dispute hier. On n’a pas voulu te déranger, mais si tu veux parler je suis ta mère, je peux t’écouter.
-C’est juste une petite dispute de couple. Tu sais des broutilles.
-Il t’attend dans ta chambre.
Au moment où elle a dit cette phrase, j’avais été dans ma chambre au plus vite, et je m’étais avancée vers lui refermant la porte sur mon passage. Je n’osais pas vraiment le regarder, je n’osais pas non plus parler ou faire quelque chose, je me sentais gênée, de lui avoir parlé durement hier soir, de lui avoir claqué la porte au nez, de l’avoir repoussé, et en même temps je lui en voulais encore de m’avoir écarté de cette manière, et lui aussi avait été dur envers moi.
Je m’étais posée près de lui, et j’avais la tête baissé, attendant qu’il rompe le silence et qu’il dise quelque qui puisse nous réconcilier, qu’il me prenne dans ses bras et me dise qu’il m’aime toujours comme avant. Mais j’avais senti en entrant dans cette pièce que quelque chose n’allait pas, j’avais un mauvais pressentiment, comme si je savais que je n’allais pas aimer comment se termine la fin. Je commençais à avoir une boule dans ma gorge. Les larmes voulaient monter mais je les retenais, ce n’était pas le moment de craquer. Il ne parlait pas, mais je sentais son regard posé sur moi comme perdu quelque part. Mais où était mon Nathan, celui que j’aime, celui qui depuis la seconde a su me convaincre que l’amour existe et qui me le prouve chaque jour ?
-Nathan, parle moi, je n’en peux plus.
-Je sais Haley, je suis un abruti, j’ai honte, je devrais pas te faire ça.
-Me faire quoi ?
-Te donner envie de pleurer.
-Tu sais pourquoi j’ai envie de pleurer ? J’a i envie de pleurer parce que le garçon que j’aime souffre et que je me sens impuissante parce qu’il m’écarte de sa vie. Il ne veut pas me dire ce qui se passe, il me repousse quand j’essaye de comprendre, il vient chez moi mais ne parle pas, il reste planté sur un lit et ne me dit rien, absolument rien ! Voilà pourquoi j’ai envie de pleurer !
-Je sais pas quoi te dire.
-Mais Nathan ! Parle-moi.
Je me sentais désarmée, je ne savais pas quoi dire pour qu’il réagisse, il avait l’air complètement ailleurs, il était présent, tout près de moi, mais pourtant je savais qu’il était loin. Je voulais comprendre, j’avais mal pour lui, je ne voulais pas qu’il nous abandonne. Ce n’était pas possible notre histoire ne pouvait pas en arriver à sa fin. On s’aimait et l’amour est toujours le plus important, c’est l’amour qui nous sauve de tout.
Je me postais devant lui et le faisais se relever, puis je me laissais aller contre son torse et il referma ses bras sur moi, m’entourant, me rapprochant de lui, je pouvais l’entendre respirer, sentir son souffle sur ma nuque. Mais je ne voulais pas qu’il reste muet, me laissant dans l’incompréhension, non je voulais qu’il se confie, qu’il arrête de me faire souffrir. Je retenais toujours mes larmes, je tenais bon, je restais forte, pour lui et nous.
- Pardonne-moi, je t’aime tellement.
-Mais qu’est ce qui va pas ? Pourquoi tu étais de mauvaise humeur au café hier, et pourquoi tu m’as parlé comme ça hier soir, tu m’aimes toujours, tu es sûr Nathan ?
-Ne doute pas de ça. Hier midi j’ai mangé avec mes parents, et mon père n’a pas arrêté de me mettre la pression, sur tout, sur les cours que je suis à Duke, sur les matchs à venir, j’ai quitté la table et je suis allé au river court, j’ai joué tout seul, j’ai lancé des paniers, encore et encore, et je me suis rendu compte que tant que je ne serai pas professionnel, je ne serai jamais assez bien aux yeux de mon père. Je vais tout faire pour réussir Haley. C’est pour ça que j’étais de mauvaise humeur au café. Et le soir, j’avais envie de dormir avec toi, de passer la nuit dans tes bras, de te regarder dormir, mais je devais avoir une discussion avec mon père, je devais lui dire tout ce que je me suis retenu de lui dire toutes ces années où je vivais sous son toit. Je n’avais plus envie de le laisser me dominer, il l’a trop fait, mais maintenant je suis majeur et indépendant, et je ne veux plus qu’il me traite comme le gosse que j’étais au lycée. Mais ça n’excuse pas que je t’ai parlé de cette façon. J’étais tellement mal de te laisser pour aller voir mon père, c’est sorti tout seul, et je m’en suis voulu, j’étais encore plus énervé contre mon père, car hier il était la cause de toute ma mauvaise humeur. Je suis allé le voir, je suis rentré dans la maison, il était avec ma mère dans la cuisine, et quand ils m’ont vu, mon père a cru que je venais lui faire des excuses, que j’étais encore ce petit garçon en admiration devant le héros qu’il n’est pas. Je lui ai balancé toute ma colère, tout le dégoût qu’il avait fait naître en moi au cours de toutes ces années. J’ai rompu toutes les années de silence, j’ai dit tout ce que j’avais sur le cœur, puis j’ai regardé ma mère en pleurs, je sentais que je venais de lui faire à elle aussi du mal involontairement, mais je ne l’ai pas prise dans mes bras, je ne me suis pas excusé, j’ai juste tourné le dos à mes parents et avec mes valises je suis parti chez Lucas. Il était avec Peyton, et je lui ai tout expliqué. Il m’a laissé dormir chez lui, puis ce matin quand il est parti avec Peyton, je suis venu ici. Je m’en veux Haley. Plus jamais je laisserai mon père m’atteindre, je voulais le rendre fier mais il ne le sera jamais.
-J’ai eu peur, je croyais que tu allais m’annoncer la fin de notre histoire, je pensais que tu avais envie de prendre du recul, de continuer un temps, ta route, seul et que tu voulais t’éloigner de moi.
-Non, je veux que l’on reste ensemble, et souviens toi de mes promesses Haley. Quand on aura terminés nos études, je veux que l’on se marie, je veux vivre avec toi un jour, n’oublis pas ces promesses, parce que moi j’y pense toujours.
Je me blottissais dans ses bras. J’étais soulagée, j’avais eu peur, la peur de le perdre, de devoir continuer ma route sans lui, j’avais eu un mauvais pressentiment en entrant dans cette chambre, je n’avais pas trouvé de réconfort dans les premières minutes assis tout les deux sur le lit dans un silence de plomb. J’étais bien dans ses bras, je me sentais en sécurité près de lui, il me donnait de la force, du courage, de l’espoir. J’aurai tant voulu que nos vies restent paisibles comme à cet instant, que le bonheur nous berce encore, mais je vous l’ai dit, la jeune femme que j’étais à l’époque n’a pas su se satisfaire de cette vie d’étudiante. Quand je me replonge dans mon passé en écrivant ce journal, quand je vous écris ces lignes de ma vie, et que je repense à tout le chemin que j’ai parcouru, je me dis que j’aurai du faire les choses autrement, que j’aurai du être moins passionnée et plus réfléchie, mais finalement la passion l’a emporté sur la raison, et rien n’a jamais pu m’arrêter. C’était un combat inévitable, mais dans cette chambre, dans les bras de Nathan, je ne le savais pas encore, je pensais que j’avais de belles années à vivre, que j’allais découvrir doucement la vraie vie et entrer tranquillement dans le monde des adultes, j’avais encore cette naïveté que même la perte de ma fille ne m’avait pas prise. Certaines choses sont inexplicables, aujourd’hui je ne comprends toujours pas certains choix que j’ai fait, je sais simplement que je les ai fait, et que ce tempérament fait partie de moi. J’ai tout lâché, tout abandonner juste pour cet enfant que j’avais mis au monde, j’ai sacrifié les belles années de ma vie. J’ai laissé mes rêves de côté, j’ai voulu réparer mes erreurs, effacer certaines décisions du passé.
Il ne me restait plus que quelques mois, quelques mois de ma jeunesse insouciante, et ensuite tout débutera. Les procès, les avocats, la patience, les attentes douloureuses, oui encore quelques mois avant que je ne connaisse tout ça.
Dans quelques jours on allait fêter noël, moi à Tree Hill avec mes amis et ma famille et Anna à Los Angeles. San Francisco était recouvert par la neige, et les rues étaient agitées par cette période de fête. Un mois plus tôt, j’avais invité Anna chez moi pour passer le week-end et elle avait rencontré Nathan. Elle avait rencontré l’autre partie de ma vie, mes amis et ma ville où j’avais grandi. J’avais été heureuse de pouvoir lui faire découvrir tous ceux dont je lui parlais si souvent. Anna était devenue au fil des mois une amie, une confidente. Je me souviens encore très bien d’elle même si les années se sont écoulées depuis que je ne l’ai pas vu. Elle reste gravée dans ma mémoire car elle m’a beaucoup appris sur moi, et elle était différente des autres filles du campus. Elle était ma colocataire, mon amie la plus proche, la seule que j’ai réellement appris à connaitre dans cette immense ville. Je me souviens d’une nuit où elle m’avait réveillé, j’avais de suite compris qu’elle était enfin prête à me parler, qu’elle allait me confier quelque chose qu’elle n’avait pas encore eu le courage de me dire. J’avais attendu qu’elle se sente prête à venir m’en parler, je lui avais dit que quand elle en aurait envie, je serai là, que dès qu’elle le voulait, je serai l’oreille dont elle a besoin. Et cette nuit était le moment qu’elle avait choisi. Elle avait allumé les deux petites lampes au dessus de nos lits, puis assise sur son lit, les genoux relevés contre sa poitrine, elle m’avait regardé. Je ne voulais pas la brusquer, je voulais qu’elle prenne son temps, rien ne pressait, le sommeil pouvait attendre. Je la regardais, j’attendais qu’elle se confie, j’essayais de percer son regard, de la rassurer. Je voyais qu’elle était tremblante, je savais que ce qu’elle allait me confier dans cette chambre, lors d’une belle nuit de décembre où les flocons tombaient sur les routes de la ville, était lourd pour elle. Elle avait surement peur de ma réaction, de mon jugement lorsque j’apprendrai son secret, elle avait peur que notre amitié ne soit plus la même et que je ne la regarde plus de la même façon. Pourtant j’étais son amie, non un juge, juste une épaule, une confidente, un soutien, je voulais qu’elle puisse me faire confiance, car moi je me sentais en confiance avec elle. Je n’avais pas peur de lui confier mes rêves les plus fous, ceux que l’on confie aux personnes dont on est sûr qu’elles ne nous jugeront pas, qu’elles ne nous prendront pas pour une personne aliénée, je n’avais pas peur de lui parler de mes craintes, de mes peines et de mes joies. D’ailleurs, souvent je lui avais parlé de ma fille, lorsque l’on restait dans notre chambre, je lui avais raconté mes souvenirs de cet enfant, je lui avais fait partagé ma peine, la douleur que j’avais ressentie à l’époque. Je lui avais tout dit, elle savait tout de ma vie, elle connaissait mes amis, mes parents. Elle savait quelle personne j’étais, elle partageait maintenant ma vie, car nos chemins s’étaient croisés, c’était ainsi. Elle, c’était plus qu’une colocataire de chambre et cela dès le premier jour je l’avais su. J’avais prédit qu’elle deviendrait une personne importante pour moi, qu’elle occuperait une place dans mon cœur, et qu’elle vivrait dans mes souvenirs, où que j’aille, elle serait toujours présente, j’emporterai toujours une partie d’elle avec moi. Elle leva ses yeux, accrochant mon regard au sien.
-Ne me juge pas. Je te considère comme une amie et sans cela je n’aurai jamais pu te confier ce que je vais te dire. J’espère juste que rien ne changera, et que tu considèreras toujours comme ton amie. Il n’y a que mon frère et quelques amis de Los Angeles qui le savent, et j’ai besoin de t’en parler. Tu mérites de le savoir, et je me sentirais mieux une fois que tu seras au courant. Je te cache cette chose depuis tout ce temps, pourtant ça fait partie de moi, depuis toujours. Je le sais depuis quelques années, mais je m’en doutais depuis l’enfance, seulement je ne m’y intéressais pas, je faisais semblant de rien savoir, et aujourd’hui je n’en ai plus honte aujourd’hui, je ne crains plus les moqueries des autres, mais quand je me sens proche de quelqu’un la peur de lui dire revient. Je crains que la personne me tourne le dos et de perdre une amie. Je suis lesbienne Haley.
-C’est bien que tu m’en ais parlé, tu peux avoir une totale confiance, et ne t’en fais pas, ça ne change rien pour moi, tu es toujours la Anna que je connais, et ton orientation sexuelle ne te transforme pas. Je ne te tournerai pas le dos, je suis là et tu vas devoir me supporter encore un bout de temps.
Elle me prit dans ses bras. Elle murmura des « mercis » à l’oreille. Mais elle n’avait pas besoin de me remercier, c’était naturel, je l’acceptais telle qu’elle l’était, qu’elle aime les filles ou les garçons, ne changeait pas ce que je pensais d’elle. Je crois que cette nuit là, notre amitié se souda réellement, car à partir de ce moment on avait toutes les deux une totale confiance en l’autre, et elle n’avait plus ce fardeau à porter, elle n’avait plus à me cacher quelque chose, elle ne vivait plus dans la crainte de me voir partir, de ne pas comprendre ce qu’elle était, de refuser d’avoir une amie de ce genre là, elle avait tout simplement peur de tomber sur une personne étroite d’esprit qui n’accepte pas la différence. Oui elle me connaissait pourtant, et avant qu’elle ne me révèle cela, on était déjà amis, mais elle avait tellement été déçue par certains de ses proches dans le passé, qu’elle se méfiait maintenant des nouvelles rencontres. Depuis que j’avais appris qu’elle était lesbienne, elle était beaucoup plus ouverte, je la sentais moins renfermée, je découvrais ce que j’ignorais encore d’elle. Chaque jour j’avais l’impression de me rapprocher d’elle. Mais bien que je me sois fait cette nouvelle amitié, bien que ma vie me plaise et que rien ne venait troubler mon bonheur, j’avais un manque permanent. Celui de le retrouver chaque nuit, de me réveiller dans ses bras, et de passer mes journées avec lui. Parfois pendant plusieurs semaines, on se voyait pas, on devenait des fantômes l’un pour l’autre. J’essayais de me convaincre que la distance renforce les liens, et que ce sont des épreuves comme ça qui prouvent la solidité d’un couple. On voit si deux personnes s’aiment quand elles traversent des passes difficiles, mais j’en avais marre de cette distance, j’avais un vide sans lui et un vide sans eux tous. Eux qui avaient été là au lycée et qui maintenant construisaient leur propre route et écrivaient la suite de leur histoire. Même si je les voyais quelques week-end, je trouvais dure d’être séparé d’eux tous les autres jours, de ne plus les voir pour qu’ils me fassent rire. J’avais l’impression que tout ce qu’on avait vécu au lycée ne comptait plus, que cela appartenait au passé, et que nous devions ranger cette période de notre vie dans un coin de notre mémoire. Mais pour moi, cette période du lycée, ces années resteront certainement les plus douloureuses mais aussi les plus belles, et je ne voulais pas perdre le contact avec eux, je ne voulais pas qu’elles partent de ma vie naturellement. L’amitié à besoin d’être nourrie, rien n’est jamais acquis et j’en subissais la dure leçon. J’avais cru qu’en les voyant quelques fois dans le mois, cela suffirait, que nos liens étaient assez forts pour surmonter la distance, que nous n’avions pas besoin de nous appeler tout les jours pour savoir que l’on est là les uns pour les autres. Mais à force de négliger ceux qui comptent le plus pour moi, je commençais à me demander s’ils étaient encore là, si à eux aussi je leur manquais et pourquoi cela faisait un mois que je n’avais pas entendu le son de leurs voix.
Nathan, lui, c’était différent, on s’appelait plusieurs fois dans la journée, on restait des heures au téléphone à se raconter des détails de notre journée, on voulait essayer de rejoindre l’autre par la pensée, d’imaginer sa présence à nos côtés. Heureusement dans deux journées, les vacances débuteront et je retrouverai ma ville et mes amis. Je rentrerai chez moi durant trois semaines, et je pourrai me retrouver et les retrouver. Tout redeviendrait normal.
Si seulement j’avais su qu’après ce noël, plus rien ne serait pareil, je ne savais pas encore que ce noël déclarait ma guerre, que c’était la dernière note joyeuse avant le combat.
Je vais tenter de vous expliquer au mieux comment je suis arrivée à vouloir tout perdre juste pour la récupérer. Ma mémoire est encore bonne, je me souviendrai jusqu’à ma mort de tout les détails, de toutes les journées, je me souviendrai toujours de cette bataille. J’ai trop souffert, j’ai trop donné, j’ai sacrifié trop de choses, pour oublier cette partie de ma vie. Je ne peux pas oublier comment j’en suis arrivée là et ce que j’ai enduré, ce que j’ai causé comme dégâts autour de moi, des erreurs que sans doute jamais je ne réparerai. Des paroles que sans doute jamais on ne me pardonnera, des choix que tout le monde n’a pas suivis. J’ai vu des gens me tourner le dos, des amis qui me fermaient leurs portes, mais je ne leur en veux plus, oui fut un temps où je leur en aie voulu, fut un temps où j’avais de la colère contre eux, mais avec le temps, avec l’âge, j’ai compris. Ils avaient eux aussi une vie, une jeunesse, et ils ne pouvaient pas tout me sacrifier, ils ne pouvaient pas me suivre dans mes choix. Ils ont essayé mais cette histoire n’était pas la leur, et même si je pensais que l’amitié comme l’amour pouvait tout se donner sans conditions, je pensais que l’on devait toujours répondre présent aux malheurs des gens qu’on aime, mais aujourd’hui je ne pense plus ainsi et je suis heureuse que finalement ils ne m’aient pas suivi jusqu’au bout. Ils avaient raison, mais moi je n’avais pas eu le choix, cette envie de la retrouver s’était imposée à moi. Il fallait qu’elle me revienne, car sans elle je sentirai toujours un vide que rien ni personne ne comblera. Sans elle je me sentais dépérir. Elle était mon oxygène sans que je le sache, mais il parait que c’est quand on perd ceux qui nous tiennent qu’on se rend compte de l’importance qu’ils avaient. Et jamais je n’aurais pu m’imaginer, que je l’aimais tant. A vrai dire, tout n’a pas débuté après les fêtes de noël, non déjà quelques semaines avant noël, quand j’étais encore à San Francisco, je pensais de plus en plus souvent à elle. Son image s’imposait devant mes yeux, et je me déconnectais de mes cours, mon esprit repartait à Tree Hill dans cet hôpital, je la tenais de nouveau dans mes bras. Et lorsque la sonnerie retentissait, j’avais l’impression d’atterrir dans l’amphithéâtre avec toutes ces personnes, comme si je revenais de très loin. Au départ je m’étais dit, que ce n’était rien de grave, que c’était du au fait que Nathan et tout le reste me manquait, mais le doute persistait. Un soir j’avais décidé d’en parler à Nathan, il devait savoir, mais surtout moi aussi je devais savoir si de son côté il pensait à elle, si lui aussi il la voyait et se laissait emporter dans ses rêveries avec elle et avec moi.
Un soir que j’étudiais tard dans la bibliothèque et que je relisais mes cours, je l’avais vu. Elle était au milieu des rangées de livres poussiéreux, allongée dans son berceau, et je la regardais, j’étais émerveillée devant ce petit être. Elle me souriait, ses yeux étaient étincelants et pour parfaire le tableau, Nathan arrivait derrière moi, il me prenait par la taille et je lui sourirais, lui montrant notre petit ange. Aujourd’hui je pense que c’est ce moment là qui a tout déclenché, cet instant d’égarement dans la bibliothèque où j’ai vu ce que pourrait être le bonheur parfait. Et le combat, c’était la recherche de cette scène dans la bibliothèque, une douce chimère que j’avais voulu connaitre.
J’avais rangé mes affaires et je m’étais précipitée dehors, arpentant les rues de cette ville que je connaissais mieux, mais qui n’était pas et ne serait jamais la mienne. Je me sentais troublée, j’étais perdue, je me posais des tonnes de questions, je ne comprenais pas ce qui m’arrivé, j’avais pourtant fait mon deuil cet été, j’avais tout fait pour la ranger dans un coin de ma mémoire et voilà qu’elle était de nouveau là devant moi, qu’elle me regardait.
Je me sentais mal, j’avais l’impression que tout s’écroulait autour de moi et quand je suis arrivée dans ma chambre, je m’allongeais sur le lit. Anna n’était pas là, elle était surement avec quelques uns de ses camarades en train de s’amuser dans un bar pour fêter noël en avance. Je pris le portable dans ma poche, et composais le numéro de Nathan, le son de sa voix m’apaiserait surement.
Après quelques sonneries je l’entendis enfin répondre, il avait l’air endormi et je m’en voulais un peu de le sortir de son sommeil, je me demandais alors si c’était le bon moment pour lui parler de mes soucis, mais si je ne le faisais pas maintenant je ne savais pas si j’en aurai encore le courage après.
-Je te réveille, je suis désolée, je voulais pas te déranger.
-Tu sais bien que je suis toujours heureux de t’entendre. Dis-moi, tu viens de rentrer avec Anna d’un bar bondé de machos bourrés ?
-Non Anna n’est pas là, je suis seule et il faut que je te parle.
-C’est grave ?
-Je ne sais pas.
-Tu me fais peur...Haley tout va bien ?
-Non, Nathan la vérité c’est que ça ne va pas du tout. Tu me manques Nathan, j’en peux plus
-Haley...
-Non laisse moi terminer. Tout ce qu’on vivait au lycée me manque, j’ai l’impression que je vais tous vous perdre, je pensais que je serais forte, mais je suis peut-être la plus fragile. Mais le réel problème, c’est que je pense à elle constamment, et je ne fais pas juste y penser, je la vois, elle me regarde, elle est près de moi, je peux sentir sa présence, c’est comme si tout était réel et pourtant c’est juste de simples rêves ou quand je m’évade. Mais ce n’est pas de temps en temps, ça peut m’arriver plusieurs fois par jour, n’importe quand. J’ai peur Nathan, je me demande si je ne deviens pas folle, peut être que je n’arriverai jamais à passer au dessus de tout ça. Je ne sais plus quoi faire, je dors mal, je me sens mal tout le temps, Nathan aide-moi, j’ai besoin de toi.
-Ce n’est rien Haley, c’est juste un petit coup de nostalgie, ça arrive. Moi aussi quand je me sens un peu seul, je repense à elle, moi aussi je revois ses magnifiques yeux, et ses petites mains. Ne t’en fais, après demain tu seras de nouveau à Tree Hill et on sera tout les deux avec tout nos amis. On va passer les fêtes ensemble, on va s’amuser et ton moral reviendra. Tu es forte Haley, je le sais, alors arrête de t’en faire, profite de San Francisco et ne pense plus à elle. Elle est notre passé, on doit la laisser là où elle est, rien ne la fera revenir. On a fait des choix, et on doit les assumer. Même si on l’aime, même si un petit bout d’elle sera toujours en nous, tu dois la laisser partir, et tu peux le faire. Je sais ce que c’est, j’ai souffert et je souffre encore parfois, parce qu’elle me manque et que je me demande si je ne serai pas plus heureux avec elle à nos côtés, mais on réalise nos rêves, on a des amis et on est toujours ensemble. Alors je trouve qu’on s’en sort pas trop mal. D’accord ma puce ?
-Merci, je t’aime.
-Moi aussi, alors s’il te plait, ne t’en fais plus, et j’ai hâte de te revoir. Bonne nuit.
Le fait d’avoir entendu sa voix, et d’avoir pu tout lui confier m’avait calmé. Il répondait toujours présent, et lui jusqu’au bout il sera là, il a tout enduré avec moi, même si ça a été dur, même s’il a eu des moments de faiblesse, même s’il a douté, il a été là, il ne m’a jamais abandonné. Il l’est l’un des seuls qui a vécu mes douleurs, qui a porté le fardeau avec moi, et jamais je n’oublierais tout cet amour qu’il m’a donné, tout cette confiance qu’il a mis en moi, je ne l’oublierai jamais.
Je m’étais finalement endormie, j’avais rangé mes soucis dans un coin de ma tête et je m’étais laissé emporter par la fatigue.
Au petit matin j’avais entendu Anna rentrer mais je m’étais rendormie de suite. Le lendemain j’avais passé la journée en cours puis j’avais préparé mes affaires et Anna avait fait de même.
La journée avait finalement passé très vite contrairement à ce que je m’attendais et il ne me restait plus qu’à monter dans ma voiture et prendre la route pour retrouver mes amis et ma famille et pouvoir passer un très bon noël avec eux.
Je regardais la petite chambre et c’est là que je l’ai vu. De toute la journée j’avais réussi à ne pas penser à elle, je l’avais occulté de mon esprit et là dans ce moment d’égarement, debout en face de mon lit, je la voyais. Je détournais les yeux et essuyais mes larmes puis je pris mes affaires et partit rejoindre Anna à la cafétéria juste avant de partir. On avait décidé de se dire au revoir et je devais lui offrir son cadeau.
Je descendais les marches, dans une main ma lourde valise, mon sac à dos sur les épaules et l’autre main tenait une espèce de gros sac fourre tout qu’Anna m’avait conseillé d’acheter et qui s’était révélé assez pratique. Après avoir déposé les sacs dans ma voiture, je m’approchais de la table avec son cadeau que je tenais précieusement dans mes mains. Encore un au revoir, j’allais devoir une fois de plus passer du temps loin d’elle pour faire comme toujours rejoindre cette autre partie de ma vie. Elle m’avait offert une paire de boucles d’oreilles magnifiques et moi un pendentif en argent avec un petit cœur qui encerclait une jolie clef. Puis on était allées au parking et c’est là qu’on s’est séparé. Elle m’avait prise dans ses bras, puis elle s’était mise à pleurer. Cette fois moi je ne pleurais pas, bien sur que j’avais de la peine de passer un noël loin d’elle et de ne pas la voir durant trois semaines, mais j’étais si heureuse de les revoir, je me disais que en passant du temps avec eux, j’arriverai surement à ne plus penser à ma fille et que je ne la verrai plus apparaitre devant moi. Une image qui me semblait réelle et qui pourtant n’était qu’un leurre. J’avais besoin qu’elle arrête de me hanter, car à chaque fois que je la voyais, que je sentais sa présence, je culpabilisais, je ne pouvais plus supporter de voir des scènes de ce qu’aurait pu être ma vie avec elle à mes côtés. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et j’avais l’impression de devenir folle. Voilà pourquoi j’avais tant besoin de me retrouver, et le seul moyen c’était de revenir à Tree Hill et de pouvoir passer du temps avec eux. C’était les seuls qui pouvaient me comprendre et m’aider. Ils savaient tout de mon passé, et eux seuls pourraient me faire tout oublier. J’avais besoin de les voir sourire, d’entendre leur voix, de voir leurs visages, de faire des trucs débiles avec eux juste pour qu’il me rappelle que la vie est belle. Alors oui, même si Anna était une amie, elle n’avait pas été là quand j’avais du enduré mes mois de grossesse et quand j’avais du me séparer de ma fille quelques minutes après sa naissance. Elle n’était pas là à l’époque quand j’avais passé des nuits à pleurer, quand j’avais déprimé, quand j’avais été en colère contre le monde entier. Eux avaient été là quand il avait fallu me soutenir, quand il avait fallu qu’ils passent des nuits sans dormir pour veiller sur moi.
Après tout s’enchaina très vite, elle me fit un sourire et me regarda les yeux encore embués par les larmes, des yeux brillants que je n’oublierai jamais. Elle me prit la main et me souhaita un très joyeux noël en avance, la neige tombait dans le ciel, le sol était recouvert depuis quelques journées de cette couleur blanche et j’avais froid mais je ne la lâchais pas sa main, je la tenais fermement, je la regardais, elle allait me manquer, mais je pensais aux belles journées que j’allais passer, aux soirées au coin du feu en train de parler avec eux. Puis je montais dans ma voiture et elle dans la sienne, sa voiture démarra quelques minutes plus tard, et elle disparut empruntant un itinéraire différent du mien qui nous mènerait à deux destinations différentes.
J’étais prudente sur la route, je ne voulais pas avoir un accident et ne plus les revoir. J’ai toujours eu peur de rouler, cette peur, c’est ma mère qui me l’avait transmise à toujours me dire d’être prudente, de faire attention, de rouler doucement, je l’avais tellement bien écoutée que j’étais arrivée à Tree Hill deux heures plus tard que je n’aurai du. Je ne pourrai vous dire l’heure exactement, mais ce dont je me souviens, c’est que je suis montée dans ma chambre et que je me suis endormie toute habillée dans mon lit. Le lendemain, le bruit que faisaient mes parents me réveilla. Je m’avançais vers ma fenêtre et regardais le paysage. Ici aussi la neige tombait, quelques personnes passaient dans ma rue, le soleil ne se manifestait pas mais la neige devenait de plus en plus forte, et j’aimais la contempler. Les périodes de noël m’avaient toujours plu, c’était le moment où je pouvais passer du temps avec mes parents, et les gens que j’aime. Je me demande parfois comment je fais pour me souvenir de tout ces moments mais je crois que je m’en souviens encore bien parce que c’est l’un de mes plus beaux noël, c’est le dernier noël que j’ai passé en compagnie de toutes les personnes que j’aimais le plus, c’est aussi le noël juste avant que je parte dans ma bataille, c’est le noël où j’ai compris certaines choses, alors je pense que c’est pour ça que je ne peux pas l’oublier, qu’il reste ancré dans ma mémoire, que je peux encore me remémorer comment se sont déroulées ses vacances si belles en apparence, ces vacances qui auraient du m’apporter la paix enfin, mais non rien ne s’est déroulé comme je l’avais prévu et chaque jour que je passais me rapprochais un peu plus de ce choix. Chaque journée où je rigolais était une journée où je comprenais que quelque chose n’allait pas. J’entendais mes parents mais je ne comprenais pas ce qu’ils disaient, de toute façon depuis que j’étais née je m’étais habituée à les entendre parler plus fort que les autres personnes, à les voir s’embrasser toutes les 30 secondes, à les voir partir pour se retrouver en couple. J’avais des parents exceptionnels que j’aimais vraiment, mais parfois je me demandais comment c’était d’avoir des parents un peu plus dans la norme. Une mère comme celle de Lucas par exemple. Une fois que je m’étais habillée avec de nouvelles affaires, et que j’avais fait un rapide tour dans la salle de bain, j’avais descendue les marches, me préparant à affronter l’ouragan parental.
Je m’assis sur la dernière marche et je les aperçus dans le salon en train de mettre le sapin. Eux, ils ne me voyaient pas mais moi je pouvais admirer le spectacle. Je souriais et je me laisser aller comme des années plus tôt quand j’étais une petite fille, quand je n’habitais pas encore dans cette ville et que je mettais le sapin avec ma maman pendant que mon père nous prenait en photos. Puis je les regardais, je ne me lassais pas de les voir s’activer autour du sapin, l’ornant de boules colorées, de guirlandes brillantes, de petits accessoires que j’avais fait quand j’étais plus petite. Ils riaient, ils se chamaillaient, restant deux éternels adolescents enfermés dans des corps d’adultes. J’avais grandi baigné dans leur amour, je les avais vu s’aimer passionnément, et je les vois encore aujourd’hui avec cette flamme qui ne s’étend pas. Je suis le témoin vivant de toute la passion et l’amour qui les dévore toujours plus grande et plus fort à chaque instant. Ma mère était le modèle de la femme qui ne se laisse pas faire, elle n’était pas non plus une grande féministe, mais elle savait répondre à mon père et elle ne s’était jamais laissée dicter sa conduite. Mon père lui avait toujours été un papa poule, quand je pense à mon père, je vois l’homme qui me lit des histoires pour m’endormir, qui m’invente un monde pour me faire rire, qui me poursuit dans toute la maison en sa faisant passer pour un grand méchant loup. J’avais envie de rire quand je les entendais ce matin là.
-Dépêche toi, je veux que tout soit prêt quand elle se réveillera.
-Lydia, je peux pas aller plus vite que ça, toute façon avec tout ce raffut, elle doit déjà être debout.
-Non, elle est surement très fatiguée, je l’ai entendu rentrer hier, et il était très tôt ou très tard.
Je m’approchais d’eux à pas feutrés et quand ils se retournèrent, mon père explosa de rire, et ma mère me sauta dans les bras. Je pense qu’ils étaient contents de me voir dans cette maison et j’allais pouvoir les aider à finir le sapin comme la petite famille qu’on formait avant. Mon père alla chercher l’appareil photo et ma mère et moi mettions les guirlandes électriques. J’avais pu passer une très bonne matinée avec mes parents, mais après avoir monté le sapin et affirmer à ma mère que je me nourrissais très bien à San Francisco, j’étais partie à la recherche de mes amis. En fait la seule personne que je voulais absolument voir en premier, c’était Nathan, mais je savais qu’il arriverait que ce soir donc j’allais chez Peyton où il devait surement y avoir Lucas et Brooke. Je ne vais pas vous raconter tout en détail, autrement ce récit deviendrait lassant, et puis de toute manière il n’y a pas grand chose à dire, si ce n’est que ils m’ont tous pris dans leur bras et que j’ai passé toute la journée avec eux, qu’on a tous parlés en même temps de nos facs, que l’on a pas arrêté de rire et que j’étais sur un petit nuage de tous les revoir. Chaque visage, chaque sourire, chaque moment passé avec eux est gravé dans ma mémoire, ils sont dans mon cœur pour toujours, même aujourd’hui, même si je ne les vois plus, si je sais pas ce qu’ils sont aujourd’hui, où ils habitent et si leur vie est belle, ils sont toujours là au fond de moi. Je ne peux pas les oublier, jamais ils disparaitront, les souvenirs les feront toujours vivre qu’importe le présent, qu’importe que le temps passe, le temps n’efface pas tout, il ne les effacera jamais.
J’étais avec eux sur le quai de la gare, attendant impatiemment qu’il arrive. Son train avait du retard je me souviens d’ailleurs très bien que je commençais à perdre patience dans ce froid hivernal. Mes amis eux rigolaient en me voyant faire les cent pas de long en large.
-J’espère qu’il ne lui ait rien arrivé.
-Hales calme toi.
-Non je ne me calme pas ça fait quinze minutes qu’il devrait être avec nous, je veux savoir ce qui va pas.
-Ce n’est quand même pas la première fois qu’un train a du retard.
-Je sais Brooke, mais ...Vous vous moquez de moi hein ?
-Juste un petit peu.
On se mit tous à rire, je me détendais en voyant leurs visage serein. Quelques minutes plus tard, son train arriva, et je regardais toutes ces personnes qui descendaient partant rejoindre leurs amis et leurs familles. Moi je ne voulais que lui, une seule personne parmi tout ces gens. Je le vis et je courrais pour tomber dans ses bras. Puis tout le monde est venu nous rejoindre, Peyton m’entourant, Brooke l’entourant lui et Lucas restait en retrait pour prendre une photo, qu’aujourd’hui je regarde encore quand j’ai envie de sourire, je la prends et un sourire nostalgique se dessine sur mes lèvres.
Nathan était trop épuisé pour faire la fête ce soir, c’est pourquoi on les avait quittés, leur promettant de les retrouver sur la plage le lendemain après midi. Il était temps pour nous qu’on se retrouve, qu’on puisse passer du temps ensemble, que je puisse lui dire combien je l’aime, qu’il ressente que ce soir il est ma priorité.
Dans les rues, le silence était couvert pas le bruit de sa grosse valise à roulette, je lui tenais l’autre main, et nous marchions. On se dirigeait vers chez lui. Je n’avais pas vraiment envie de me retrouver en face de son père, mais il voulait voir sa mère, et je voulais rester avec lui. Je tournais mes yeux vers son visage, et il me regarda un sourire parcourant ses lèvres. Je me sentais bien à ses côtés, j’avais envie qu’on monte dans sa chambre, j’avais envie de me serrer contre son torse, que ses bras m’entourent pour sentir la chaleur de son corps, entendre les battements de son cœur, sentir son souffle dans ma nuque.
On arrivait devant chez lui et comme pour se donner du courage, il m’embrassa, laissant sa valise sur le sol, oubliant le froid, il m’embrassa tendrement, ses lèvres contre les miennes, tout les deux encore une fois, juste lui et moi, juste notre amour, les kilomètres ne nous séparant plus, le temps ne jouant plus contre nous, enfin réunis. J’aurai voulu qu’il prolonge le baiser, qu’il me fasse vibrer encore un peu, mais il avait ouvert la porte et nous avions pénétré dans sa maison, cette maison que dans le passé j’avais surnommé un château, cette maison que j’avais toujours trouvée très belle mais qui dès le départ m’était apparue froide comme sans vie. Et ce soir là quand j’y pénétrais, j’avais de nouveau ressentie cette atmosphère glaciale. Le château bien triste de la famille Scott.
On monta dans sa chambre, puis de retour en bas, il m’emmena dans la cuisine. Son père ne bougea pas quand il nous vit mais sa mère lui sauta dans les bras comme la mienne l’avait fait. Même après toutes ces années où je sortais avec Nathan, je ne connaissais pas très bien ses parents. Je savais que son père était un homme odieux qui lui avait gâché son enfance et qui n’avait pas su l’aimer. Quant à sa mère, c’était une femme aimante, et une mère comblée par son fils, sa famille était la seule chose qui comptait. Sa mère m’avait toujours apprécié quant à son père il n’avait jamais pris la peine de me parler et j’avais préféré m’abstenir de le connaitre. Je restais en retrait dans le coin de la pièce, regardant Deb qui ne voulait plus lâcher son petit garçon, elle pleurait, je ne saurais dire si elle lui demandait pardon au creux de l’oreille, mais la scène m’avait émue. Puis Nathan salua son père comme un signe de politesse dénué de toute sensibilité, de toute affection, de tout amour. Moi j’avais enlacée sa mère et puis nous étions montés dans sa chambre, seul endroit de cette maison qui n’était pas froid comme de la pierre. Je connaissais bien la chambre de Nathan où les murs étaient ornés de posters de basket, de médailles et les étagères de coupe. Un bureau qui n’avait jamais beaucoup servi était installé dans un coin et accroché sur le mur en face de son lit, il y avait un grand lecteur cd. Mais moi je me fichais du décor, je ne voyais que Nathan dans cette pièce, le reste m’importait peu. Il avait l’air fatigué, mais j’avais pas envie que l’on s’endorme comme ça sans rien se dire. Il était allé s’enfermer dans la salle de bain pour prendre une douche et moi j’avais mis une nuisette que j’avais laissée chez lui. J’avais toujours laissé des vêtements à moi chez lui, c’était plus pratique. Je m’étais mise sous les couettes et je l’attendais, je n’entendis plus la douche et je le vis sortir une serviette entourant sa taille, ses cheveux encore trempés, l’eau ruisselant sur son torse, il cherchait quelque chose apparemment.
Puis quand il trouva son rasoir dans sa valise il repartir dans la salle de bain me laissant seule. En le voyant dans la chambre, j’avais souhaité qu’il me rejoigne dans le lit, une once de désir me parcourant. Cela faisait trop longtemps que nous n’avions pas eu de rapports, non que ce soit la seule chose qui importe dans un couple, mais j’en venais à me demander s’il me désirait encore comme avant, si je lui faisais encore de l’effet. Peut être qu’il me connaissait trop et qu’il n’avait plus ce désir, peut être que cet enfant était encore un cloquage pour lui. On l’avait refait depuis la naissance de notre fille, mais tellement peu de fois, et puis avec les cours, ça devenait de plus en plus rare. Je savais qu’il m’aimait et je ne doutais absolument pas de cela, mais il m’avait à peine regardé depuis son retour, et quand il était sorti de la douche et qu’il m’avait vu sur le lit dans ma nuisette, son visage n’avait traduit aucune expression.
Il fallait que je sache s’il avait encore envie de moi, ce qui n’aillait pas. Quand il revint dans la chambre, je le regardais essayant de captiver son attention. Puis il se mit sous les couettes et me tourna le dos après un bref baiser. Alors qu’il allait éteindra la lumière je l’arrêtai. Il se retourna vers moi et me regarda. Au moins j’avais réussi à ce qu’il pose ses yeux sur moi.
-Qu’est ce qu’il y a ?
-Tu m’aimes ?
-Quelle question ! Je t’aime plus que tout !
-Tu me trouves belle ?
-Bien plus encore. Haley...Pourquoi tu me demandes ça ?
-Regarde-moi Nathan, tu ne m’as pas regardé depuis que tu es descendu de ce train, tu ne m’as pas fait l’amour depuis des semaines, tu ne me désires plus. Je suis sûre que tu n’as plus envie de moi. Mais pourquoi ! Pourquoi ?
La colère et la peine avaient pris le dessus, des larmes s’échappaient des mes yeux, je voulais des réponses, qu’est ce que j’avais fait pour qu’il ne veuille plus de moi comme avant ?
Il me prit dans ses bras, me couvant de baisers, il essayait d’essuyer mes larmes mais c’était trop tard, j’étais vraiment triste d’avoir du lui demander s’il voulait encore de moi. Comment j’avais pu en arriver là ?
-Tu es magnifique, et si tu crois que je ne t’ai pas regardé, tu te trompes. J’ai remarqué tes nouvelles boucles d’oreilles, j’ai remarqué que tu avais coupé tes cheveux et que tu t’étais fait des mèches blondes qui font ressortir tes yeux. Et j’ai remarqué cette nuisette que tu portes et qui te rend terriblement attirante. Ne pense pas que je ne te désire pas, ne pense pas que tu n’es pas assez bien pour moi, tu es parfaite.
-Alors pourquoi Nathan ? Pourquoi tu éteins la lumière sans même m’accorder plus qu’un simple baiser ? Pourquoi quand on se voit le week-end, tu me donnes moins qu’avant ? Qu’est ce qui a changé ?
-Tu me disais que tu la vois parfois, ben moi je ne la vois pas comme toi, mais moi c’est quand je te fais l’amour que je souffre. Non, ne pleure pas, tu vas comprendre pourquoi je dis ça. J’aime faire ça avec toi parce que je t’aime et que je suis le plus heureux des hommes dans tes bras, mais quand je le fais j’ai peur, peur de revivre un cauchemar, peur que tu retombes enceinte encore une fois. Alors j’essaye de me contenir, de résister à mes envies, c’est dur, crois-moi Haley c’est vraiment dur. J’en peux plus moi aussi de cette situation. J’ai envie de toi.
-Alors arrête d’avoir peur Nathan, je t’en prie Nathan, reviens-moi comme avant.
Puis il avait enlevé son tee-shirt, il avait soulevé ma nuisette, passant sa main sur mes hanches, faisant vibrer chaque parcelle de mon corps, je lui avais enlevé son caleçon, nos deux corps nus frémissaient de désir l’un contre l’autre, on se cherchait, on se trouvait, on s’aimait. Il descendait ses lèvres de ma poitrine, passant par mon ventre, des frissons me parcourant de part et d’autre. Ses mains étaient accrochées aux miennes, les bras tendus au dessus de ma tête, je le laissais me guider, je lui offrais tout, je le laissais me pénétrer et sortir, le jeu était excitant, j’aurais voulu que rien ne s’arrête. Nos langues jouaient ensemble, jouant au jeu du chat et de la souris, j’étais parfaitement bien, il était parfait cette nuit là, et quand nous avions finis, je l’avais embrassé, un baiser sauvage , puis mon corps encore chaud, mon corps encore parcouru par des frissons je m’étais blottie dans ses bras, ma tête posée sur son torse, il caressait mon dos avec sa main. J’étais heureuse.
Les jours qui suivirent furent comme des suites de rêves éveillés. J’étais entourée des personnes qui m’étaient le plus proche, j’avais retrouvé ma moitié, et je passais tout mon temps avec eux tous. Les journées, on faisait tout et n’importe quoi, ensemble ou par groupe, on allait au Karen’s café pour le plus grand bonheur de Karen, on avait passé deux soirées au tric dansant comme des fous, je retrouvais mes deux meilleures amies avec qui je me laissais embarquer dans des journées de shopping, puis on se posait sur un banc du river court, regardant Nathan et Lucas jouer des matchs. Nathan jouait avec toute la passion qu’il avait pour ce sport, un sport qu’il l’avait poussé à aller à la fac de Duke, un sport qu’il chérissait et pour lequel il donnait tout. Quant à nos soirées elles se passaient le plus souvent chez Peyton, assis au coin de sa cheminée à boire du chocolat chaud comme des enfants, et se raconter toutes sortes de choses. On essayait de rattraper tout le temps perdu, toutes ces semaines loin les uns de autres, tout ces moments où on était plus ensemble, on se parlait de nos facs, de ce qu’on faisait là haut, des personnes qu’on avait rencontré, de ceux qui étaient devenus nos amis au fil du temps et bien évidemment je leur parlai souvent de Anna qu’ils avaient déjà vu une fois auparavant. On se retrouvait aussi de temps en temps au Karen’s café où l’ambiance était toujours aussi chaleureuse qu’avant.
Pendant une semaine, tout s’était bien passé, j’avais même réussi à ne plus y penser, je ne la voyais plus, mes pensées n’étaient plus tournées vers elle et je pensais que tout était parti, qu’elle me laissait enfin en paix, qu’elle était partie et que je ne la reverrai plus apparaitre devant moi, image dansante qui me semblait vivre sous mes yeux comme la réalité que je côtois à chaque instant et qui pourtant se révélait n’être qu’un simple mirage, rien qu’un tour que mon cerveau me jouais pour me faire culpabiliser, pour que je regrette mes actes, pour que je pleure et que j’ai mal, mais depuis une semaine elle ne se manifestait plus. Demain ça serait noël et on avait décidé de le fêter au tric, c’était une grande salle qui permettrait de se retrouver tous ensemble. Il y’aurait Karen qui s’occuperait du repas aidé par Brooke et moi. Nathan et Lucas eux devaient se charger des boissons, et Peyton de décorer la pièce et de nous trouver de la bonne musique et pour ces deux choses là tout le monde lui faisait confiance. Mes parents seraient également des nôtres apportant un peu de bon vin et leur bonne humeur habituelle. Il y aurait également Deb et Dan. Je n’avais pas vraiment été enchanté d’apprendre que Dan serait là mais Nathan voulait que sa mère soit présente, et sa mère ne viendrait jamais sans dan. On avait donc décidé de faire une trêve pour cette soirée de noël et de laisser entrer dans notre monde juste une nuit. Le plus dur avait été de convaincre Karen, mais c’était une femme bien, elle savait que pour Nathan c’était important que sa mère soit présente, qu’il puisse passer un noël auprès d’elle, et qu’elle ne se sente pas exclue à cause du fait qu’elle ait choisi un mari minable. Karen avait donc accepté avec bien du mal mais elle avait pensé au bonheur des autres avant le sien comme toujours.
Tout le monde s’affairait pour que la fête soit parfaite. Je peux encore me voir dans la cuisine avec Brooke, je peux encore nous revoir nous lancer de la farine et Karen faire semblant de nous disputer. Le soir on avait été rejoindre Peyton au tric, elle nous avait pas vu arriver, elle finissait de décorer le sapin qu’elle avait mis dans la pièce et qu’elle avait décoré toute seule. D’ailleurs tout le tric était changé. C’était magnifique, un vrai décor, digne des plus beaux contes de fées. Des guirlandes électriques ornaient les murs, des étoiles pendaient un peu partout, des stores diffusant des lumières roses et jaunes vifs étaient disposés dans les coins de la pièce et enfin pour couronner le tout, un immense sapin s’élevant très haut était mis sur la scène. Il était recouvert de neige artificielle, de boules et de guirlandes qui brillaient, et de petites étoiles bleues clignotaient de part et d’autre du sapin. Une musique de « vive le vent » envahissait la pièce, et Peyton aspergeait le sapin de poudre dorée. C’était un endroit magique, parfait pour passer un noël et retrouver son âme d’enfant.
Avec Brooke, on était médusé par tout le travail que Peyton avait produit, comment en une journée elle avait réussi à transformer le tric en réelle salle de fête pour noël. On s’était approché d’elle et elle nous avait souri nous prenant dans ses bras et nous montrant ce qu’elle avait fait, elle cherchait de la fierté dans nos regards et elle en trouva, oui on était fière d’elle, on savait qu’elle ferait de cet endroit une pure merveille pour l’évènement de demain. Il ne restait plus qu’à dresser l’immense table que Deb nous prêtait pour l’occasion et à l’installer au centre de la pièce. Les garçons devaient, avec Dan, l’avoir mise dans le camion et ils devraient arriver d’une minute à l’autre pour la déposer dans la salle et que la touche finale soit apposée. En attendant Peyton avait monté le son de sa compile de chansons « spéciales noël » et on dansait comme des diablesses dessus pour faire passer le temps mais aussi pour partager quelque chose juste nous trois.
On n’avait même pas entendu Lucas nous appeler pour nous demander de l’aide pour la table. Il avait du éteindre la musique pour que nos mouvements s’arrêtent et qu’on tourne toutes les trois la tête vers lui, le fusillant du regard.
-Désolé d’interrompre ce moment de grande folie féminine, mais les hommes aussi costauds soient-ils ont besoin de votre aide pour descendre cette table.
-Ah ! Ils peuvent vraiment rien faire sans nous.
-Bien dis, James, ils sont désemparés sans nous.
-Comme tu dis, Sawyer, de pauvres petits être sans défense sans les filles.
-C’est bon, vous pouvez venir maintenant drôles de dames ?
Puis on les avait rejoints en haut. Dan et Nathan se tournaient le dos, ne voulant pas se regarder, j’espérais que Dan ne viendrait pas gâcher ce noël et que nous pourrions, le temps d’une soirée, mettre toute la colère de côté. Ils portaient tous la table, et moi je les guidais, on était passé par une autre entrée et le chemin était un peu plus long, mais on arriva enfin au centre de la pièce et dans un dernier effort commun, ils posèrent la table et amenèrent le bon nombres de chaises.
Dan repartit avec son camion et sa rancœur, et moi je m’étais approchée de Nathan que je n’avais pas vu de la journée. Peyton et Lucas se chamaillaient comme des enfants dans un coin, et Brooke était partie rejoindre Karen pour l’aider à transporter les plats jusqu’au tric.
La soirée de demain promettait d’être parfaite, tout le monde avait apporté son coup de main. Lucas et Peyton partirent une fois que Karen et Brooke aient apporté les plats et qu’on les avait mis dans un frigo. Demain il faudrait encore préparer quelques plats avec Karen, mais j’étais contente de pouvoir l’aider et de partager du temps avec elle. Brooke rentra chez elle et Nathan et moi allions dans ma chambre après un repas avec mes parents discutant de la soirée de demain.
Depuis que les vacances étaient commencées, ça nous faisait du bien avec Nathan de se retrouver, de se voir et de ne pas seulement se parler à travers un téléphone et quelques mails en pagaille. On s’était beaucoup rapproché depuis quelques jours et pourtant cette nuit là, elle est revenue. Allongée sous mes couettes, dans les bras de Nathan profondément endormi et moi l’écoutant respirer, je l’ai revu. A vrai dire aujourd’hui j’ai du mal à en parler, mes souvenirs sont parfois flous pour certaines choses, et je ne saurais dire si c’était un rêve pendant que je dormais mais elle était de nouveau dans mon esprit, et elle occupait de nouveau mes pensées. Je ne pouvais pas l’ignorer, quand je la voyais je la regardais, je restais émerveillée devant elle, elle restait le petit bébé que j’avais tenu à la maternité.
Je décidais de ne pas en parler à Nathan, je ne voulais pas l’inquiéter encore une fois, alors que demain on allait passer une merveilleuse soirée tous ensemble.
Le lendemain, avec Nathan on était resté au lit toute la matinée, rien que tous les deux, profitant de ce moment de tranquillité, et que personne pouvait venir nous déranger. Pourtant je connaissais bien Peyton et Brooke et j’aurais du me douter qu’elles n’étaient pas des filles qui respectent ma vie intime et mon besoin de me retrouver avec Nathan. J’aurais du savoir que j’avais deux amies complètement folles qui ne me laisseraient jamais rester au lit contre Nathan, non car mes deux vraies amies voulaient passer du temps avec moi, et me faire un relooking complet pour la soirée. C’est pourquoi je peux encore me rappeler la scène qui se déroula dans ma chambre ce matin là. Alors que j’embrassais Nathan, elles rentrèrent dans ma chambre avec de grands yeux. Puis elles me sortirent de mon lit, m’obligeant à quitter mon cocon tout chaud et à enfiler mes vêtements pour sortir dehors dans le froid avec elle. Nathan me sourit, il me narguait, je crois bien, puis il disparut derrière la porte de ma chambre, et moi je descendais les marches avec Peyton et Brooke qui me tenaient chacune une main comme si je ne pouvais pas me déplacer toute seule. Mais je me prêtais au jeu quand elles me mirent un foulard autour des yeux et me firent monter dans la voiture de Peyton pour aller je ne savais où.
Elles me firent asseoir sur un siège confortable et la seule chose que je su c’était que j’étais chez le coiffeur. J’avais une totale confiance en elles, mais je leur suppliais de ne pas me faire quelque chose de fou dans ma chevelure que j’aimais tellement. Je me souviens que ça avait été long, que ce foulard qui me cachait la vue m’avait agacé, et que quand elles m’enlevèrent le foulard je pus admirer ma nouvelle tête.
J’avais un dégradé avec une frange sur le côté, et mes cheveux étaient bouclés, les mèches n’avaient pas changé. Je les regardais et je souriais, elles aussi s’étaient bouclés les cheveux pour que, toutes les trois, on est quelque chose en commun, comme un signe de notre amitié. C’était très joli, je les remerciais de ce qu’elles venaient de faire croyant que je pourrai enfin rentrer et rejoindre Nathan au chaud. Mais j’étais naïve de croire qu’elles voulaient simplement changer ma coiffure. On a ensuite été au centre commercial allant de magasins en magasins pour que toutes les trois, on se trouve des tenues. Je n’avais pas prévu d’acheter quoi que ce soit pour l’occasion, j’avais eu l’idée de mettre ma petite robe noire qui m’avait déjà servie quelques fois. Mais c’est elles qui voulaient me payer une robe, et finalement après une bonne centaine de magasins, bon peut être que j’exagère mais je peux vous assurer, que le centre commercial ne pourra pas oublier nos têtes. Peyton avait donc trouvée une robe bleue à reflet qui lui allait à merveille, Brooke porterait une robe verte en soie qui était ravissante et moi j’avais choisie une robe rouge et noire qui dessinait parfaitement mes formes.
Elles me raccompagnèrent chez moi et quand je rentrais, j’avais retrouvé Nathan assis avec mes parents dans la cuisine prenant le petit déjeuner habituel de ma famille.
Je les avais rejoint, l’embrassant encore une fois et partageant ce moment familial. Tout le monde m’avait dit que ma coupe était ravissante et ma mère préparait un gâteau pour ce soir même si je lui avais dit que Karen en avait déjà préparé un, mais elle tenait à faire quelque chose pour cette soirée.
Je n’oubliais pas ce qui m’était arrivé cette nuit, ce rêve ou cette fausse réalité où je l’avais encore vu mais je voulais pas que cela vienne gâcher ma journée de noël. Le soir arriva enfin et je vais une fois de plus passer les détails pour ne retenir que l’essentiel. Car finalement c’est ça qui compte l’essentiel, les détails ne me feront pourtant pas retourner dans le passé, ils ne me feront pas revivre ces moments près d’eux, je ne pourrai pas encore passer un noël comme celui ci avec eux, alors à quoi bon tout détailler si ce n’est pour souffrir en repensant à tout ce que j’ai perdu ?
J’ai pris la décision d’écrire ces lignes pourtant je ne veux pas avoir à rendre un compte rendu de ma vie, je veux juste écrire ce qui a fait la personne que je suis. Vous raconter le combat d’une mère, vous faire partager ma vie, mais cette soirée de noël n’a pas besoin d’être décrite dans les moindres détails. Je peux cependant vous dire que Dan avait tenu promesse et n’avait pas semé le trouble, que on avait ri comme des fous, que mes parents n’avaient pas arrêté de nous raconter leurs récits de voyage aux quatre coins du pays. Nathan et moi n’avions pas arrêté de nous échanger des regards complices, et les filles avaient submergé la salle par leurs éclats de rire. On avait mangé comme des rois, Karen pouvait être fière de tout ce qu’elle avait préparé aidé par nous, et Peyton pouvait se féliciter de ce qu’elle avait fait de l’endroit. Les musiques défilaient les unes après les autres laissant chacune sur leur passage leur petite touche de magie.
En arrivant, chacun avait déposé des cadeaux au pied du sapin, et à la fin du repas on s’était tous réunis autour pour les ouvrir. Je ne vais pas faire la liste de ce que tout le monde reçut autrement je pourrai écrire un autre roman dessus, mais juste de ce que j’ai offert à chacun d’eux. J’avais offert à Karen une paire de boucles d’oreilles assorties avec un collier et un bracelet. A mes parents, un voyage d’une semaine dans un centre de massage et relaxation, à mes deux amies, ma boucle d’or et ma Brooke je nous offrais des places pour aller voir Tyler Hilton en concert, on l’avait découvert ensemble, on l’avait toujours écouté ensemble depuis notre dernière année de lycée et enfin on allait pouvoir le voir sur scène, dans son concert. Peyton sautillait dans tout les sens, embrassant Lucas puis moi et Brooke. Quant à mon meilleur ami, celui qui m’avait toujours soutenu, celui que j’avais été voir quand Nathan et moi avions appris que j’étais enceinte et que j’avais besoin de son réconfort, à lui je lui offrais un costume qui lui servirait pour sa future carrière d’avocat. Et enfin pour Nathan, je lui laissé comme cadeau la veste en cuir qu’il avait vu dans une vitrine et qui lui avait fait tellement envie. Je me souviens qu’il m’avait dit quand on avait vu cette veste « Je paraitrai tellement dangereux et sexy avec cette veste que tu ne me résisteras pas », alors j’avais eu l’idée de lui acheter.
Je ne vais pas vous mentir en vous disant que j’ai connu que des moments de misères dans ma vie, que tout mon existence se résume à un tableau noir, car non au départ tout allait si bien, j’avais tellement de chance de connaître ces personnes, d’avoir eu ce parcours. Je ne pourrai jamais vous faire vivre ces années de bonheur, je ne peux que vous laisser apercevoir mon monde à travers ses lignes, je ne peux pas vous y intégrer. Mais je ne veux pas que vous me preniez pour une martyre, je ne veux pas que vous ayez de la peine pour moi, j’ai choisi cette vie, je l’ai voulu, et croyez-moi, j’ai été heureuse, bien sûr qu’après ce noël tout va être différent. Je peux vous dire que j’en ai passé des nuits à ne plus dormir, des journées à attendre des réponses qui ne venaient pas, des semaines à pleurer, à ne plus vouloir vivre, à vouloir tout abandonner parce que j’en avais trop marre, que je ne supportais plus, que je ne me sentais plus assez forte, tout s’effondrait autour de moi. Je voyais mes amis s’épanouir à la fac, vivre comme des insouciants, profiter du moment, et moi je me retrouvais seule, je me sentais tellement mal parfois. J’ai connu des mois d’espoir et de désillusions, j’allais de bonnes en mauvaises nouvelles, vivant au rythme des procès, tout changeait en quelques secondes. Mais pour le moment c’était noël, je venais de passer une soirée inoubliable avec mes amis, j’avais revu mes parents avant qu’ils ne repartent encore dans un endroit pour se retrouver et vivre leur amour inconsommable.
Dans six jours, on fêterait une nouvelle année, une année qu’à l’époque j’espérais remplie de rêves, de réussites, j’avais tellement de projets, tellement de choses à réaliser. Une année nouvelle c’était aussi un pas de plus dans ma relation avec Nathan, une relation d’amour, de passion, de tendresse. Depuis l’enfance, l’image que je me faisais de l’amour était celle que je voyais à travers mes parents et j’aimerai que mon coupe ressemble au leur, deux êtres qui s’aiment sans se poser de questions, juste guidés pas leur cœur.
Pour fêter ce nouvel an, on avait décidé de se retrouver qu’entre nous cinq, chez Peyton, pour passer encore du temps ensemble avant de repartir dans nos villes éloignées, nos facs différentes car on avait tous des envies et des rêves différents.
Après cette soirée, les jours qui suivirent furent banales, je ne m’en rappelle plus vraiment, je me souviens vaguement d’une bataille de neige que j’avais faite avec eux comme si l’on redevenait des enfants, des enfants que l’on ne voulait pas vraiment quitter car cette époque était peut-être la plus belle, en tout cas la moins compliquée. La seule chose dont je me souviens parfaitement avant ce nouvel an chez Peyton c’est cette discussion avec Nathan. Une discussion que j’avais pourtant voulu éviter, j’avais essayé de l’épargner, de pas lui infliger de devoir parler d’elle et de devoir souffrir en pensant à ce qu’on avait perdu, à côté de quoi on était passé. Mais après cette soirée au tric je l’avais revu à différents moments, j’avais voulu la chasser de ma vie, de mes pensées, mais elle restait comme pour me faire passer un message. Je me demandais si depuis qu’elle était revenue me hanter d’abord à San Francisco puis ici, ce n’était pas pour que je comprenne quelque chose. Et au fils des semaines, peu à peu j’avais compris, je me rendais compte tout doucement que j’allais prendre une décision qui allait tout changer, qui allait bouleverser ma vie encore une fois.
Cette conversation entre Nathan et moi remonte à la veille de la nouvelle année. On était tout les deux dans ma chambre, je regardais des photos que l’on avait prises cet été, et lui écoutait de la musique allongé sur mon lit. Cette nuit-là, je n’étais pas encore prête à m’avouer la vérité, le fond de mes pensées, tout ce que je savais c’est que je voulais que Nathan et moi, on parle d’elle, qu’on ne fasse pas semblant qu’elle n’ait jamais existée. Je le regardais, je peux encore fermer les yeux et le voir me sourire, me perdre dans ses yeux bleus, la première chose qui m’avait séduite chez lui en une seconde. Parfois je retournerais bien dans le passé, juste pour pouvoir les revoir, revivre des moments avec eux, m’amuser rien qu’une dernière fois. Est-ce que j’ai des regrets ? Oui, j’en ai beaucoup, mais je suis aussi fière d’avoir eu tant de détermination à mon âge, tant de force de caractère, de m’être toujours battue pour mes convictions. Seulement j’ai beaucoup sacrifié, j’ai beaucoup donné et j’y ai aussi beaucoup perdu.
J’avais refermé l’album photo que j’avais longuement regardé revivant au fil des pages des journées de mon été, celui où on vivait encore tous à Tree Hill ensemble. Il me regarda et il enleva ses écouteurs, me regardant dans les yeux, cherchant des réponses dans mon regard. Je ne savais par où commencer. Il n’était pas préparé et je ne voulais pas tout gâcher, nous faire passer de mauvaises vacances, alors qu’après demain, on allait devoir se quitter, mais je ne savais pas comment empêcher cette discussion, elle était comme inévitable, je n’avais rien préparé, je voulais juste que lui aussi me parle d’elle, qu’il me dise qu’elle lui manquait tout comme elle me manquait. Mais ce soir là, je n’entendis pas les bonnes paroles, celles qui auraient du être dites, celles que j’aurai voulu entendre. Je ne désirais pas qu’il me dise la vérité, qu’il me parle avec raison, entendre des choses que je savais déjà, je voulais simplement qu’il soit de mon côté.
-Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je suis si beau que ça ?
-Nathan...
-J’aime pas t’entendre me dire Nathan de cette manière, qu’est ce qu’il y a ?
-Rien ne s’arrange. C’est de pire en pire.
-Tu parles d’elle, hein ?
-On ne connait même pas son prénom. Elle, on dit toujours elle, comme si elle n’était rien pour nous, comme si c’était juste une inconnue sans importance.
-Mais Haley, on ne connait rien d’elle.
-C’est notre fille, Nathan !
-Non ! Elle est la fille de ses gens, nous on sera jamais rien de plus que des parents qui ne sont pas occupés d’elle et qui l’ont laissés à ces gens ! Haley...
-Je la vois tout le temps, même ici auprès de nous, elle reste avec moi où que j’aille. Je pensais que les vacances arrangeraient tout, que c’était juste l’histoire de quelques temps mais c’est plus fort que moi, elle apparait et disparait au gré de ses envies.
-Ne lui prête pas d’attention, dès que tu la vois, concentre-toi sur autre chose, tourne la page, tu n’as pas le choix. Je sais que c’est pas facile de tirer un trait sur l’enfant que tu as porté neuf mois, mais on a pris une décision, tu voulais vivre ta vie, te construire et réaliser tes projets avant de créer une famille, n’oublies pas ça.
-C’est toujours ce que je veux, mais je regrette qu’elle ne fasse pas partie de mes projets. Si on s’était trompé ? Tu y penses toi parfois ? Si je t’avais écouté ? L’autre version de l’histoire ?
-Ne fais pas ça Haley. On avance pas avec des « si », on ne saura jamais car on a fait des choix, il faut qu’on les assume. Je t’ai soutenu, je te soutiendrai toujours car je t’aime et qu’au fond tu avais raison, c’était la meilleure solution pour nous tous et surtout pour elle.
-Pourquoi toi tu la vois jamais ? Pourquoi c’est plus dur pour moi ?
-Arrête ! Tu crois que tu es la seule à souffrir, la seule pour qui c’est le plus dur, tu crois que je n’ai jamais pleuré ! Je ne la vois peut être pas comme toi, mais elle est chaque jour dans mes pensées, et son visage restera gravé dans ma mémoire, jamais je n’oublierais que quelque part il y a un bout de moi qui vit avec des personnes que je ne connais pas. Seulement moi, contrairement à toi, je vis, je continue à tracer ma route et j’assume ce que j’ai fait !
-Pourquoi tu es si dur ? Je savais que je n’aurai pas du t’en parler.
-Tu peux me parler de tout Haley, je serais toujours là, mais tu sais que la seule solution c’est de passer à autre chose, on doit tourner la page ! Erreur ou non, ce qu’on a fait ne permet pas de retour en arrière.
-Et si on le pouvait ?
-Retourner en arrière ?
-Oui...
-On ne le peut pas Haley...A quoi bon se poser des questions qui ne mèneront nulle part ? On a fait le bon choix, on n’était pas prêt à être parent. Elle est heureuse là où elle est. Ils l’aiment j’en suis sur.
-Nous aussi on l’aime...
-Oui, mais l’amour ne suffit pas toujours.
-Entre nous, il suffit n’est ce pas ?
-C’est différent, toi non seulement je t’aime, mais tu m’apportes tellement. Je sais que tu es celle que certains attendent toute leur vie. Je t’ai trouvé, et jamais je ne te laisserai partir.
-Pourquoi tu es toujours si parfait avec moi ? Je ne te mérite pas.
-Bien sur que si, je suis à toi pour toujours.
-Promesse ?
-Promesse.
Des promesses qu’il essaiera de tenir, des promesses qu’on avait cru longtemps, mais les promesses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent être. Et comme il l’avait dit, l’amour ne suffit pas toujours, l’amour n’est pas la solution à tout problème.
Après cette nuit là, dans ma tête tout était confus et pourtant dans deux journées, tout deviendrait parfaitement clair.
J’avais été soulagé d’en parler avec lui, pourtant je sentais bien qu’il ne pensait pas comme moi, que nos chemins s’écartaient dans un sens et aujourd’hui je sais que ce n’était pas son combat, lui il avait réussi à trouver la paix sans elle, à reprendre une vie sans connaitre son prénom, mais moi je n’aurais pas pu continuer comme lui. Je pensais que la paix je ne la trouverai qu’en la prenant dans mes bras comme à l’hôpital, qu’en la voyant pas une simple illusion, mais réellement.
Ce soir là, je me posais des milliers de questions, j’étais perdue au milieu de mes sentiments, de ma raison, de Nathan et du reste. Je ne savais plus quoi faire. Je me demandais où était ma voie ? Comment faire pour arrêter de la voir, pour ne plus culpabiliser, pour arrêter de regretter, pour tourner cette fameuse page de ma vie qui restait le chapitre essentiel de mon existence. Je me retournais dans mon lit, lui dormait, il avait trouvé le sommeil, il ne vivait pas la même chose que moi, il souffrait différemment, il ne pouvait pas comprendre ce que je ressentais. Je ne pense que vous non plus vous ne comprenez pas vraiment ce qui me fait si mal. Vous vous dites qu’encore une fois je vais tout gâcher, que j’ai déjà assez fait de mal comme ça, que je suis égoïste, oui je l’étais à l’époque. Je pensais aux autres, je voulais le bonheur de Nathan et de mes amis mais quelque chose me poussait dans le passé. J’étais une battante et toutes mes pensées étaient tournées vers elle. J’aimerai tellement que vous ne me jugiez pas, mais les autres jugent tout le temps, c’est ainsi qu’est fait l’Homme, de jugements et d’apriori.
Je ne suis pas parfaite, je n’ai pas toujours fait les bons choix, et mon parcours n’est pas un exemple, mais j’ai fait ce en quoi je croyais, je ne cherchais pas à me rendre intéressante. Je crois que mon désir était de faire taire la douleur et d’être heureuse. N’est-ce pas ce que l’on cherche tous, malgré les générations qui nous séparent, vous aussi vous cherchez à être heureux, vous chercher votre voie dans ce monde, votre raison d’avancer, de vivre. J’étais pareille que vous, à la quête de ce qui ferait ma joie, de ce qui me rendrait heureuse.
Nathan et mes amis, ma fac et Anna, me rendaient bien évidemment épanouie, mais vous ne savez pas ce que c’est de lever la tête et de voir une petite fille vous regarder puis disparaitre.
Après cette nuit, rien n’était plus pareil. Je sentais que cette conversation avait changé quelque chose en moi, je me sentais différente et cette dernière journée marque la fin de ma jeunesse dorée, de ma jeunesse insouciante, de ma vie d’étudiante. C’est le commencement de la guerre. Une guerre n’est pas un terme trop fort, car je vous assure que les avocats se battent comme des soldats, et que dans ces procès, j’ai du me forger une carapace pour ne pas fléchir.
Le soir, près du feu chez Peyton, on parlait de nos vacances, et on prenait des photos ; déguisés avec de veilles affaires. Quelques bouteilles d’alcool accompagnaient notre soirée, et des paquets de chips, de gâteaux et autres cochonneries jonchaient le sol. On avait même fait des brochettes de chamallow au coin du feu. On s’amusait comme des fous, j’oubliais tous mes soucis près d’eux, je redevenais normale. On était bien tous ensemble, on pensait que ça serait toujours ainsi la vie, nous cinq, se retrouvant comme toujours, unis par l’amitié.
On avait une vision idéaliste, on était jeune, on avait la vie devant nous et depuis la seconde on s’était trouvé, alors pourquoi on aurait du voir les choses différemment ? Pour une fois qu’une chose nous semblait simple, cette amitié peut-être que vous la vivez avec des personnes, peut-être que vous comprenez très bien de quoi je parle quand je vous décris nos liens, quand je vous confis combien elles comptent pour moi. J’espère pour vous que vous avez des amis comme ça dans votre entourage, des personnes qui vous font sourire rien qu’en les voyant, qui vous donne envie de rire, qui vous font oublier la dureté de la vie, qui savent se montrer présent dans les pires moments.
Vous comprendrez qu’ils ne m’ont pas abandonnés, qu’ils ont juste continué. Le lendemain c’est là que tout s’est compliqué, mais ma décision était prise.
Après avoir bu toute la nuit et avoir dormi une grande partie de ma journée, j’avais été sur la plage, je voulais faire le point, et tout m’était apparu clairement.
Je comprenais ce que je devais faire et les larmes roulèrent sur mes joues en pensant au mal que j’allais répandre avec cette nouvelle, à la déception que j’allais causer, mais c’était ce qui m’apparaissait comme le meilleur choix. Je m’effondrais sur le sable, je repensais à tout ce que j’allais perdre, tout ce pour quoi je m’étais tant battue, et Anna que j’allais devoir quitter. Je regardais l’horizon, cherchant une réponse, mais quelle réponse ?
Brooke et Peyton s’assirent à côté de moi ce jour là sur la plage. Quand elles me virent pleurer, elles me prirent dans leurs bras, ne comprenant pas, mais ne posant pas de questions. Je les serrais fort, je voulais les tenir avant qu’elles ne partent, les regarder avant de les décevoir.
J’essuyais mes larmes qui coulaient sur mes joues, rien n’est jamais simple dans la vie, et leur annoncer que j’allais partir à sa recherche a surement été l’une des choses les plus dures. Quand je me remémore l’expression de leurs visages, que je revois leurs yeux, l’incompréhension dans leurs regards, car malgré l’amitié certaines choses ne peuvent se comprendre et je crois que même si elles ont essayé, que même si elles ont été là, elles n’ont jamais réellement compris mes choix. Mais je ne leur en voulais pas, elles ne pouvaient pas, elles étaient trop jeunes, trop insouciantes encore, et je leur enviais cette douce jeunesse qu’elles menaient.
-Je vais partir.
-Nous aussi ma belle, mais ne te met pas dans des états pareils.
-On va se revoir, ne t’en fais pas.
-Vous ne comprenez pas.
-Explique-nous Hales.
-Je pars pas à Stanford. Je ne peux plus suivre cette voie, ce n’est pas la bonne, ce n’est pas une décision irréfléchie, au contraire, ça fait des semaines que je rumine ça dans ma tête, des semaines que j’y pense, et aujourd’hui je sais ce que je dois faire.
-Tu dois faire quoi Haley ?
-La retrouver.
-Ta fille ?
-Oui Peyton, ma fille. Ne me regardez pas de cette façon, je ne suis pas un monstre, vous ne pouvez pas comprendre, vous vivez dans l’ignorance, vous ne savez pas ce que j’endure depuis qu’elle n’est plus avec moi, vous m’avez vu pleurer cet été, mais désormais c’est pire, je ne pleure même plus, mais je vis avec une douleur qui ne me quitte pas, et je la vois, juste avant que je revienne à Tree Hill pour les vacances, elle est revenue, et elle apparaît souvent. J’en ai parlé à Nathan de ces visions, et il me dit qu’il faut que je tourne la page, mais je ne pourrai jamais. Je ne suis pas comme lui, moi je dois la retrouver, c’est elle que je veux, j’ai fait une erreur d’accoucher sous X, et je veux qu’elle me revienne.
-Mais Haley ? Qu’est ce que tu dis ? Tu te rends compte, tu ne peux pas faire ça ? Tu as pensé à ton avenir, à Nathan et…
-A nous ?
-Ca ne change rien pour nous, Brooke, je vous aime toujours autant et pour mon avenir, je le vois bien sombre sans elle. Nathan comprendra il m’aime. Dites-moi juste que vous êtes toujours là pour moi ? Que je suis toujours votre amie ?
-Evidemment, mais j’ai du mal à te comprendre, tu vas tout gâcher Haley !
-C’est toi qui avait voulu ça pourtant !
-Il faut que j’aille le voir. Je suis désolé.
-Pas autant que nous.
Je les laissais sur la plage. Ca me faisait mal de devoir les quitter, qu’elles ne me comprennent pas, mais la plus dure discussion restait celle avec Nathan. J’irai voir Lucas ensuite, je devais d’abord parler avec Nathan, j’avais tellement besoin de lui, je me sentirais plus forte à ses côtés. J’avais l’espoir fou qu’une fois de plus il me comprenne, qu’il me suive oubliant lui aussi sa carrière pendant un temps. J’allais à toute vitesse chez lui, il devait être dans sa chambre, attendant que je le rejoigne, et je le retrouvais sur son lit en train de dormir. J’aurai voulu le laisser ainsi, ne pas le perturber, et je pensais pas que tout allait se passait si mal. Sa valise était prête rangée dans un coin de sa chambre, prêt à repartir. J’espérais qu’il allait rester pour se battre avec moi.
Je le réveillais doucement, je voulais prendre mon temps, lui expliquer mes choix, il était important qu’il me comprenne, sans lui je n’aurai jamais la force de tout affronter toute seule. Il était le seul qui pouvait vraiment m’aider, c’était aussi sa fille, il me comprendrait.
J’avais essayé de ne pas pleurer, mais une larme roula sur ma joue, il la remarqua, et son sourire se crispa.
-Je suis désolé Nathan. Je t’aime tellement. Je ne veux pas que tu souffres, je ne voulais pas que ça se passe comme ça.
-Haley...Calme-toi, explique-moi.
-Tu sais j’ai repassé les solutions dans ma tête des dizaines de fois, je sais que je suis folle de vouloir faire ça, que j’ai surement aucune chance de gagner, mais je peux pas faire autrement, je sens que c’est ce que je dois faire, que c’est le seul moyen de retrouver le bonheur comme avant.
-De quoi tu parles ?
-D’un paradis perdu.
-Haley...On est heureux non ?
-Oui on l’est, mais il me manque quelque chose, je suis heureuse avec vous, mais tu ne comprends pas l’enfer que je vis, tiraillé entre ma raison et mon coeur. Je...Je...Ce n’est pas facile de te le dire, j’ai peur que tu me tournes le dos, que tu prennes la fuite, que tu t’en ailles, que tu m’en veuilles, que tu ne m’aimes plus. Mais je n’imagine pas ma vie sans toi, c’es trop dur, je pourrais pas sans toi. Nathan, je veux que l’on me rende ma fille, notre fille.
-Haley arrête !
-Nathan, je ne retourne pas à Stanford, je vais me battre, je vais faire valoir mes droits, je suis sa mère et c’est une erreur ce qu’on a fait. Tu m’entends une erreur de jeunesse !
-Tu as perdu la tête ! Tu vas faire quoi de ta vie ? Tu penses à ta carrière de journaliste ? Tu penses à nos rêves ! Tu penses encore une fois à toi, et nous tu t’en fiches !
-Non ! Je t’aime Nathan, ça ne change rien, c’est toi que j’aime ! J’en ai rien à foutre du journalisme, je te parle de notre fille ! Tu avais raison du moment qu’on est une famille c’est ça le plus important. Nathan reste avec moi.
-Je peux pas...J’ai ma fac ! Je voulais Haley, j’étais prêt à partir avec elle et toi. Mais c’est trop tard.
-Non...
-J’aimerai te comprendre, pouvoir soulager ta douleur, mais tout ce que je vois c’est que tu prends les décisions seules, que tu ne te demande pas si notre couple va surmonter ça, tu marches sans te soucier du mal que tu me fais. J’espère que tu vas vite prendre conscience de tout ce que tu détruis. Tu gâches tout, Haley !
-Nathan...On s’aime non ?
-Oui, on s’aime, mais j’ai besoin de prendre mes distances, je dois partir Haley. Faisons une pause, le temps que l’on réfléchisse. C’est ce qu’il y a de mieux à faire pour nous deux. Je peux pas te parler, je suis trop en colère, je veux pas dire des choses que je regretterai. Mais je ne peux pas te suivre, pas cette fois. Tu dois choisir Haley. Elle ou moi.
-Ne le prends pas comme ça.
-Comment veux tu que je le prenne ? Tu voudrai entendre que je vais une fois de plus te suivre, que je vais abandonner Duke et tout ce que j’ai construit pour retrouver une fille que l’on a décidé de faire adopter ? Si tu veux entendre ça haley, je ne suis pas prêt à te le dire, je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir, mais pour une fois je vais faire comme toi, je vais penser à ce que je veux et ce qui fera mon bonheur. J’aurai juste aimé, que l’on prenne le même chemin.
-Nathan...
-Je t’aime, promesse.
Il me regarda, prit son sac et partit. Je regardais par la fenêtre et je vis sa voiture, il mit sa valise dans le coffre, leva la tête vers moi, il pleurait, je venais de tout détruire et ce n’était que le début. Puis sa voiture disparut de mon champ de vision, il partait rejoindre son rêve.
Je me laissais tomber sur son lit, prenant un cadre de nous deux dans mes mains. Je me demandais ce que je venais de faire. J’étais recroquevillée, je tremblais en sanglotant. Mon univers s’effondrait, personne ne me comprenait. Je n’avais pas eu la force ce jour là d’aller annoncer la nouvelle à mon meilleur ami. Il avait tout appris par Peyton et il était venu me rejoindre chez Nathan quand tout le monde avait repris la route. Il m’avait trouvé sur le lit, dans la même position depuis des heures, versant des larmes qui ne voulaient pas s’arrêter de couler, mon visage était froid, mes yeux étaient rougies, je me maudissais intérieurement.
Il ne m’avait pas parlé, il m’avait juste pris dans ses bras, sans me juger, il m’avait raccompagné chez moi, me déposant sur mon lit, me bordant, puis il m’avait fait un signe d’au revoir. Je ne savais pas quand je le reverrais, mais je savais qu’il serait toujours présent.
Lui non plus ne devait pas me comprendre, il devait être en colère contre moi, mais j’étais sa meilleure amie. Cette nuit là, je ne dormis pas, je me retrouvais seule pour commencer le combat et j’avais vraiment peur. Pour la première fois mon futur me semblait incertain.
Maintenant vous en savez plus sur moi, et sur ma vie. Vous comprenez peut être ce qui me pousse à agir de cette manière, et si vous êtes comme ceux qui m’ont tournés le dos, qui n’ont pas cherché à comprendre alors je ne vous en veux pas.
J’étais aux portes du long chemin que j’allais emprunter, un chemin qui sera éprouvant, mais qui m’offrira de belles surprises.
J’avais appris la nouvelle à mes parents, qui quelques jours plus tard m’avaient rejoints, ma mère m’avait giflé, puis elle m’avait prise dans ces bras pour se faire pardonner. Elle voulait mon bonheur, et pour elle ce n’était pas le bon choix, elle essayait de me convaincre de retourner à Stanford, mais je lui disais que je pouvais pas. Mon père, quant à lui, ne savait pas quoi dire devant mon désarroi. Ils avaient décidé de m’aider. Et après une semaine à rester cloitrée dans ma maison, à ruminer toute ma peine, à pleurer, à essayer de joindre Nathan, avec mes parents nous avions décidé d’entamer un procès.
Si seulement j’avais su tout ce qui m’attendait. Cette première visite chez cet avocat, n’était que le long début d’un combat sans fin. Bientôt tout va commencer