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Série : Glee
Création : 23.10.2011 à 22h53
Auteur : gossipglee
Statut : Terminée
« La saison 2 revisité. » gossipglee
Cette fanfic compte déjà 24 paragraphes
4. Déjeuner à la cafétéria
Artie, Brittany, Mike, Tina, Mercedes et Kurt étaient assis à l’une des tables de la cafétéria du lycée, et papotaient joyeusement.
Depuis qu’il était avec Brittany, Artie avait complètement oublié Tina et il était même devenu ami avec Mike. Tous les quatre ils formaient les « Four Lovers », comme ils aimaient s’appeler.
Artie aimait vraiment Brittany. Tout le monde disait qu’elle était stupide, mais il la trouvait drôle et maligne. Il avait découvert que, bien qu’ayant couché avec tous les garçons du lycée, elle n’était jamais sortie avec un garçon. Ils ne s’intéressaient à elle que pour le sexe et n’avaient jamais pris la peine de découvrir qui elle était vraiment. Artie avait eu un pincement au cœur pour elle, parce que personne ne mérite ça.
Kurt et Mercedes se sentaient un peu à part de ce quatuor, mais aimaient déjeuner avec leurs amis, ce qui leur permettait de commérer sur tout le monde au lycée. Le sujet du jour était Rachel et Andrew. Après s’être ridiculisé devant Andrew en le prenant pour un gay, Kurt s’était excusé et lui avait dit qu’il était content pour eux deux. Il lui avait proposé de prendre un café ensemble, mais il s’était rendu compte de son erreur et Andrew avait rigolé et décliné gentiment.
Mercedes était triste de voir que la plupart de ses amis étaient en couple, alors qu’elle était toute seule depuis … Depuis toujours en fait. Elle ne savait pas ce que c’était d’être amoureuse, de se tenir la main en public, de manger des pop-corn dans le même pot au cinéma, elle donnerait tout pour avoir ça maintenant. La vérité était qu’aucun garçon ne s’intéressait à elle. Seul Puck avait voulu sortir avec elle l’année dernière, mais c’était juste pour faire remonter sa côte de popularité.
-Alors qu’est-ce que vous pensez d’Andrew et Rachel ? demanda Tina.
-Je trouve qu’ils sont mignons, dit Kurt.
-Ils vont nous voler la vedette, et avec Artie on pourra jamais faire de duo aux concours ! se plaignit Brittany.
-On n’a pas besoin de concours pour faire des duos, la rassura Artie.
-Mais de quoi on a besoin alors ?
-On sait tous qu’ils vont devenir les nouveaux Finn et Rachel de la chorale, déclara Mercedes. Ils seront les seuls à chanter aux concours et monopoliseront l’attention sur eux. Mais je suis contente pour Rachel, elle est mieux quand elle est avec quelqu’un, en plus Andrew à l’air d’être vraiment génial avec elle. Je n’arrive pas à croire que je vais dire ça, mais je l’envie parfois…
-Oh moi aussi ! souffla Kurt.
-Hey salut tout le monde ! lança Rachel en s’asseyant à la table, suivit d’Andrew. De quoi vous parlez ?
-On disait que toi et Andrew, allez bien ensemble, lui dit Tina.
-Vous êtes trop mignons ! Regardez ce qu’Andrew m’a offert tout à l’heure.
Les autres se penchèrent sur Rachel pour voir le cadeau de son petit ami. Ils déclarèrent tous que c’était magnifique et tellement romantique. C’était un collier en or jaune, avec un pendentif en étoile où, derrière, étaient gravées leurs initiales. Il lui avait donné dans le couloir, le bijou emballé dans une jolie petite boîte rose et blanche. Rachel lui avait sauté au cou et s’était senti mal de ne pas avoir de cadeau pour lui. Après tout, ce n’était pas la saint Valentin où son anniversaire, alors il n’y avait pas de raison de lui acheter un cadeau.
-Où sont les autres du Glee Club ? demanda Andrew.
-A la table juste derrière, lui dit Mike en désignant la table de sa tête.
En effet, à quelques mètres d’eux, Finn, Puck, Sam, Quinn, Santana et quelques autres athlètes parlaient et rigolaient à une table. C’était assez fréquent au lycée : les élèves déjeunaient par « classes ». Il y avait les athlètes populaires, les mathématiciens, les babas cool, les gens dont personne ne veut à leur table, les gens sans problèmes particuliers, et enfin le Glee Club. Même si Mike et Brittany faisaient partis de la première catégorie, ils préféraient manger avec leurs amis et petits-amis. Par contre, les autres, tenaient toujours à être parmi les élèves les plus populaires de McKinley et devaient, par conséquent, manger avec les autres athlètes.
-C’est triste qu’ils n’assument toujours pas d’être au Glee Club ! dit Kurt.
-Ils assument, je pense, mais ils veulent garder une part de « coolitude », pour ne pas être complètement des losers, déclara Tina.
-J’ai une idée ! lança Rachel en se levant et montant sur la table.
♫ Rachel (Party Rock Anthem_LMFAO) :
Party rock!
Yeah
Woo!!!
Let's go
Tous les élèves
Party rock is in the house tonight
Everybody just have a good time
And we gonna make you loose your mind (wooo!)
Everybody just have a good time
Party rock is in the house tonight (ooww!)
Everybody just have a good time
And we gonna make you loose your mind (yeah!)
We just wanna sayin'...
Shake that!
Artie :
In the club party rock
Look a pretty girl she on my jock (huh!)
Non-stop when we in the spot
Booty on the way like she on the block (wooo!)
With a drink I gots' to know
Tight jeans, tattoos, cause I'm rock n' roll
Half black, half white, domino
Gain the money out the door
YOO!!!
I'm runnin' through these hoes like drano
I got that devilish flow rock n' roll, no halo
We party rock!!!
Yeah, that's the crew that I'm reppin'
On the rise to the stop no led in our zeppelin (heeeey!)
Les cinq autres étaient assis à leur table et regardaient leurs camarades chanter et danser, ils n’osaient pas se lever pour les rejoindre. Rachel passa à côté d’eux en sautillant et Brittany grimpa sur leur table et dansa dans tous les sens. Finn se leva sous le regard surpris de ses « amis » sportifs et de Puck, Sam, Quinn et Santana. Il prit ces dernières par la main et les entraina avec lui pour rejoindre le club. Sam et Puck les suivirent, juste après. Le Glee Club était au complet et tout le monde chantait.
Tous les élèves :
Party rock is in the house tonight (wooo!)
Everybody just have a good time (hey!)
And we gon' make you loose your mind
Everybody just have a good time (let's go!)
Party rock is in the house tonight
Everybody just have a good time
And we gon' make you loose your mind
We just wanna sayin'...
Sam & Mike :
Shake that!
Everyday i'm shuffl'in
shuffl'in shuffl'in
Step up fast & be the first girl to make me throw this cash
We gettin' money, don't be mad now stop. hating is bad
One more shot for us
Another round (another round!)
Please fill up my cup (don't mess around!)
Bitches wanna' see (you shake it now!)
Now you wanna be (you're naked now!!!)
Tous les élèves
Get up
Get down
Put your hands up to the sound (x5)
Party rock !
A la fin de la chanson, tous les élèves présents dans la cantine dansaient et aucun ne mangeait. Les joueurs de l’équipe de hockey s’approchèrent du Glee Club, et sans que le groupe ne s’en rende compte, ils étaient recouverts de slushies rouge. Alors que les garçons s’apprêtaient à aller se battre avec ceux qui les avaient humiliés, le principal Figgins arriva à ce moment dans la cantine et s’interposa.
-Les élèves du Glee Club, dans mon bureau tout de suite ! cria-t-il.
Les jeunes chanteurs l’écoutèrent et marchèrent le long du couloir dégoulinant de liquide rouge et leurs chaussures accrochaient le sol à cause de tout le sucre qui était présent dans la boisson. Une fois entassé dans le bureau, Will arriva et les regarda d’un œil mécontent. Personne n’osait parler et Figgins commença sa morale.
-Qu’est-ce-qui vous a pris de faire ça ? En plein milieu du déjeuner ! Je vous rappelle que le self est un lieu pour manger et non pour se défouler.
-Nous voulions juste apporter de la bonne humeur, dit Rachel, tentant de défendre tout le monde.
-C’est une raison pour sauter sur les tables, détruite les chaises et bien sûr salir la cantine avec ces boissons rouges ?
-Pour notre défense Principal Figgins, ce sont les joueurs de hockey qui nous ont attaqué, continua Rachel.
-Will vous ne pouvez pas surveillez vos élèves ?
-Excusez-moi, mais j’étais en train de corriger des copies dans mon bureau. Si j’avais su ça, j’aurai tout arrêté de suite.
-Vous êtes tous punis !
Les élèves se mirent à parler en même temps, si bien qu’à la fin le bureau devenait une basse-cour. Chacun essayait de défendre le Glee Club en insistant sur le fait qu’on les avait attaqués. Will se prit la tête entre les mains et Figgins, excédé, tapa sur son bureau avec un dictionnaire. Le bruit s’arrêta aussi vite qu’il avait commencé.
-Je suspends le Glee Club jusqu’à la fin de la semaine. Je ne veux pas entendre une parole de chanson dans l’établissement.
-Mais… commença Will.
-Vous les défendez Shuester ? interrompit le principal.
-Je veux juste dire qu’ils ne sont pas les seuls coupables dans l’affaire et que les joueurs doivent être punis aussi.
-Si vos élèves n’avaient pas chanté, les joueurs ne les auraient pas attaqués.
-C’est… tenta Will.
-L’affaire est réglée Will. Je suis désolé d’en arriver là, mais je dois prendre une décision. Aller, vous pouvez tous tenir une semaine sans le Glee Club !
-J’espère que vous êtes fiers de vous ! leur dit Will, dès qu’ils furent sortis du bureau. Pourquoi vous avez fait ça ?
-Monsieur Shuester, c’était une idée stupide de notre part. En fait, on voulait que Finn, Puck, Quinn, Sam et Santana chantent avec nous pour assumer le fait qu’ils sont au Glee Club.
-C’est pour ça que vous avez chanté ? demanda Quinn. Et c’est à cause de vous que je suis glacée de la tête aux pieds ?
-Ecoute hobbit, j’assume très bien de faire partie du Glee Club, excepté quand je suis dans la même pièce que toi.
-Rachel on assume tous de faire partie du club, mais on aime bien faire partie de l’équipe de foot et des Cheerios pour les filles, dit Finn.
-Eh bien comme ça, vous aurez une semaine entière pour vous consacrez à votre équipe ! lança Rachel.
-Stop ! Ça suffit, vous m’avez déjà assez embarrassé, je n’ai pas besoin de vos chamailleries dans le couloir, intervint Will. On se revoit à la fin de la semaine, et soyez sages !
Will tourna les talons et retourna dans son bureau, laissant le groupe d’élèves au milieu du couloir. Personne n’ajouta un mot et ils se regardèrent en silence. Kurt, Mercedes, Tina et Mike partirent ensemble, Quinn, Sam, Puck, Finn, Santana et Brittany allèrent à leur entraînement, Andrew attrapa la main de Rachel, dont les yeux devenaient humides.
-Rachel, qu’est-ce qui se passe ?
-Ils me détestent tous ! J’essaie qu’on soit un groupe soudé, qu’on s’amuse et que les autres ne nous prennent pas pour des losers, mais à chaque fois ça retombe sur moi, pleura la jeune fille.
-Ton idée était super, mais peut être que ce n’était pas le bon moment où le bon endroit.
-Non, ça sera toujours comme ça ! On ne sera jamais aimé !
-Je t’aime… lui murmura Andrew.
-Moi aussi, lui répondit-elle en reniflant.
-Tu veux aller prendre un café ?
Rachel acquiesça de la tête et ils sortirent du lycée, main dans la main.
5. Le dîner (1)
Will ajusta sa cravate et toqua à la porte de l’appartement d’Emma. Elle lui ouvrit en souriant et lui proposa d’entrer. Elle portait une robe rouge et avait attaché ses cheveux en chignon. Elle lui rappellait cette fois, où il l’avait accompagné dans le magasin de robes de mariée et qu’ils avaient dansé. Pendant cet instant, plus rien n’avait existé autour d’eux. Plus de vendeuses, plus de clientes, plus de Terri et de Ken, plus de lycée. Juste eux, leurs yeux cellés pendant quelques minutes intenses. Puis la chanson s’était finie, de même que leur danse. Emma lui avait conseillé de partir, et il était rentré chez lui, accueilli par sa fausse femme enceinte. Tandis qu’Emma était restée dans la cabine, assise par terre en pleurant, ignorant la voix de la vendeuse qui lui demandait si tout allait bien.
-Tu es très élégante ce soir, la complimenta Will.
-Oh merci ! Toi aussi, répondit-elle en souriant.
-On y va ? On va être en retard.
-Oui bien sûr !
Ils montèrent dans la voiture de Will et ce dernier alluma le poste de radio. Il savait que le trajet ne serait pas très animé et il détestait ce genre de silence. Emma regardait par la fenêtre, pensive, ses yeux suivant les maisons de la ville. Elle ne savait pas quoi dire : est-ce qu’elle devait parler de Carl ? Ou bien du lycée ? Elle préféra se taire et écouter la chanson.
Will avait les yeux rivés sur la route comme lui avait appris son père, « Une seconde d’inattention, et tout bascule », disait-il. Il n’osait pas regarder Emma et encore moins parler.
Soudain, une nouvelle chanson commença à la radio et Emma se raidit sur son siège. Will ne comprit pas pourquoi cela la mettait dans cet état. Puis il comprit. Les premières de « I Could Have Danced All Night » s’élevaient dans la voiture qui était plus silencieuse que jamais.
-Je suis contente que tu t’entendes bien avec Carl, dit Emma en brisant enfin le silence. Tu sais après tout ce qu’il s’est passé…
-Euh… Oui, c’est normal. Et puis, il a l’air vraiment sympa.
-Will je veux que tu saches que ce n’est pas de ta faute si je suis partie. Je n’étais pas prête à avoir une relation aussi sérieuse, surtout après tout ce que tu avais subi avec Terri.
-J’ai été stupide. J’aurai dû…
-Non Will. C’est peut-être mieux comme ça. Je suis sûre que tu trouveras quelqu’un qui te rend aussi heureux que Carl me rend heureuse.
-J’avais cru trouver la bonne personne, murmurra-t-il.
Le reste du voyage se passa encore dans le silence et Emma fredonna les dernières notes de la chanson.
Ils arrivèrent chez Carl au bout de vingt minutes, et celui-ci avait préparé une belle table et une odeur de soufflé se dégageait du four. Il fit visiter à Will sa maison et lui montra son garage, où plutôt son temple de la musique. Will fut sous le choc en découvrant cette pièce remplit de CD, de posters, de vinyles, de vieilles radios. Une batterie était installée dans le fond et à côté se trouvait un grand fauteuil en cuir.
-C’est un peu mon jardin secret. J’aime bien m’y retrouver quand je vais pas bien.
-C’est impressionnant, je n’ai jamais rien vu d’aussi grand ! dit Will en marchant dans la pièce.
Il parcourait les étagères où étaient rangés des CD, par artistes et par genres, il feuilleta aussi un livre sur les Beatles, qui était le groupe préféré de Carl. Mais ce fut quelque chose qui n’avait aucun rapport à la musique qui attira l’œil de Will : un cadre posé sur une table. Sur la photo Will reconnu Carl, plus jeune, souriant. A côté de lui se trouvait une jeune femme blonde, les cheveux flottant dans l’air, les bras autour du cou de Carl. Leur regard était puissant et plein d’amour, comme si rien ne pouvait les séparer.
-C’est Rebecca, ma femme.
-Ta femme ?
-Elle est morte il y a dix ans.
-Oh je suis désolé.
-Tu n’as pas à l’être, c’est de la faute d'une seule personne.
-Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? demanda Will.
Carl lui montra le fauteuil d’un signe de tête, les deux hommes s’assirent, et il commença son histoire.
-Rebecca c’était l’amour de ma vie. Quand on s’est rencontré on n’avait que six ans, c’était ma voisine à l’époque. On a toujours été copains, et ça a duré jusqu’à ce qu’elle déménage quand elle avait douze ans. On avait continué à s’écrire, mais tu sais quand on grandit, quand on est ado, on a d’autres préoccupations que nos copains d’enfants qui habitent à plusieurs milliers de kilomètres. Par contre, on s’écrivait à chacun de nos anniversaires.
Puis je suis rentré en fac de médecine à New York. Le premier jour, j’étais dans un grand amphithéâtre, quand en plein milieu du cours, une fille est rentrée en courant et a dit qu’elle était en retard. Elle est montée, puis s’est assise à côté de moi. La première phrase qu’elle m’a dit c’était « Je ne comprendrais jamais rien au métro New Yorkais ! », puis elle a tourné sa tête vers moi et je l’ai reconnu. Ses yeux verts, ses cheveux dorés, son sourire parfait, c’était Rebecca. Elle m’a reconnu aussi et on s’est pris dans les bras en plein cours.
La première année est passée et on était toujours ensemble, à traîner dans la ville, à prendre le métro dans le mauvais sens. On était deux étrangers dans une ville de fou, mais ensemble on était plus fort que tout. J’ai choisi de faire dentiste, elle a choisi de devenir pédiatre. Et puis, on s’est rendu compte qu’on s’aimait. Après nos études, on s’est installé dans une petite maison à Greewich Village, et on s’est marié.
On avait la vie dont on avait toujours rêvé. On essayait d’avoir un enfant, mais on avait du mal, mais au bout d’un an, le miracle est arrivé : Rebecca était enceinte. On a appris que c’était une petite fille, on était les plus heureux du monde.
Mais un soir tout a basculé. J’étais rentré tôt à la maison, et Rebecca n’était toujours pas là, elle avait pris son congé maternité et elle restait à la maison. Je pensais qu’elle avait été faire une course, mais mon téléphone sonna et à l’autre bout, une infirmière me parlait. Elle m’informa que Rebecca s’était faite renversée par une voiture et qu’elle était à l’hôpital. Je suis sorti en courant de la maison, et j’ai couru le plus vite possible pour la rejoindre. En arrivant je l’ai vu, elle était allongée sur son lit, les yeux fermés, les tuyaux dans tout son corps. J’étais dévasté ! Je lui avais dit au revoir le matin, et je la retrouvais là, inconsciente.
Les médecins m’expliquèrent que Lily, notre petite fille, était morte. Il n’avait pas pu la sauver, elle était encore trop jeune pour aller en couveuse. Ils m’expliquèrent aussi que les chances que Rebecca survive étaient très faibles. Mais je ne voulais pas y croire, je voulais qu’elle se réveille et que tout redevienne comme avant. Je suis restée des semaines à son chevet, à lui parler, à la regarder, à prier.
Puis j’ai compris… J’ai compris qu’elle ne reviendrait jamais, qu’elle m’avait quitté pour toujours. J’ai donné mon accord aux médecins pour la débrancher et donner ses organes. J'en voulais au monde entier, et plus particulièrement à celui qui l'avait tué. Son enterrement est un trou noir pour moi. La seule chose dont je me rappelle c’est les deux cercueils, celui de Rebecca et le minuscule de Lily. Au moins elles étaient ensemble.
Après je ne pouvais plus rester dans la maison et à New York, alors un jour j’ai pris mes affaires et j’ai roulé jusque ici. Je ne connaissais pas cette ville, mais pourtant je m’y sentais bien. J’ai ouvert mon cabinet, mon affaire marchait bien, j’ai repris la musique, mais je ne pouvais pas m’imaginer avec une autre femme. Je suis resté dix ans sans personne.
Et il y a deux moins, Emma est apparue, elle n’était pas comme les autres femmes que j’avais rencontré. Même si j’aime beaucoup Emma et que j’ai fait mon deuil de Rebecca, elle restera la femme de ma vie. Mais Emma m’aide beaucoup, elle me donne de la joie de vivre, et moi je l’aide avec ses problèmes. On est complémentaires.
6. Le dîner (2)
Après avoir écouté l’histoire de Carl, Will était profondément touché. Il n’aurait jamais pensé que cet homme avait un passé aussi lourd, et il s’en voulu d’avoir été aussi froid au début.
Il apprenait à ses élèves de ne pas se fier aux apparences et de ne pas juger au premier abord, mais c’était exactement ce qu’il avait fait en voyant Carl, et il regrettait.
Emma, Carl et Will dînait tout en parlant de musique. Carl posait pleins de questions à Will sur le Glee Club.
-Alors si j’ai bien compris, tu as repris le Glee Club alors qu’il était presque mort et que tout le monde le détestait.
-Ouais, c’est ça, dit Will en rigolant. Tu sais je ne pensais pas du tout à la popularité en prenant le Glee Club, je voulais apprendre aux élèves que la musique est l’une des meilleures façons de s’exprimer.
-Tu as complètement raison ! A la mort de Rebecca, je me suis plongé dans la musique.
-Et ce qui est génial, c’est qu’au fil des séances je leur apprends une leçon différente. Je pense que ces gamins seront, plus tard, contents de ce qu’ils sont devenus.
-Grâce à toi Will, ajouta Emma en souriant. Tu savais que Carl avait fait partie d’une comédie musicale ?
-Sérieux ? demanda Will curieux.
-Oui, j’étais un remplaçant quand on a fait Grease au lycée. Mais Danny a perdu sa voix la veille de la représentation, et j’ai dû le remplacer. J’ai adoré ça, c’est mon meilleur souvenir de lycée.
-Moi j’étais Tony dans West Side Story, je me rappelle exactement le trac que j’avais avant de rentrer sur scène. Mais quand j’y étais, tout est parti, et c’était magique.
-Et si vous chantiez une chanson ? déclara Emma joyeusement.
-Oh non… Non ! dit Carl. Ça fait longtemps que j’ai pas chanté.
-Menteur ! Tu m’as chanté « Everything I Do » la semaine dernière. Aller, s’il vous plait ! les supplia-t-elle avec ses yeux de panda malheureux.
-Très bien ! Mais une seule chanson, déclara Carl en se levant et déposant un baiser sur son front.
-Qu’est-ce que tu veux chanter ? demanda Will.
-Tu connais ça?
-Bien sûr !
♫ (Every time you say goodbye_Gary Jules) :
Carl :
Every time you say goodbye
It breaks my heart a little
And for every time of made you cry
You know I die a little
Because I love you...
I love you like the thunder loves the lightning...
Like the wind loves the rain
Will :
Every time you say goodbye
I see the love is...
I see the love is a strenght and a weakness
And for every time I've made you cry
I feel the tenderness
And the love that's between us
Carl & Will
Oh when you're walking in the shadow of the valley
Oh I'll be walking right beside you
To take the darkness away... ♫
Emma applaudit et se leva pour embrasser Carl. Ce dernier avait un bras autour de sa taille et Emma donna une petite tape sur l’épaule de Will en signe d’encouragement. Puis ils allèrent dans le salon et burent un café, tout en parlant de différents sujets comme la politique, l’enseignement, la chanson. Vers vingt-trois heures, Will commença à sentir la fatigue l’envahir et décida qu’il était temps pour lui de rentrer. Carl lui serra la main et alla dans la cuisine pour ranger la vaisselle, tandis qu’Emma le raccompagnait à la porte.
-Tu ne veux pas que je te raccompagne ? lui demanda Will.
-Non merci, je vais rester ici ce soir. Carl m’emmènera au lycée demain matin.
-D’accord, euh… Bonne nuit alors !
-Bonne nuit et fais attention sur la route, lui conseilla Emma et elle lui donna un baiser sur la joue.
Elle disparut derrière la porte et Will rentra dans sa voiture. Il essayait de ne pas penser à Carl et Emma dans le même lit… Cette image le rendait malade et jaloux.
Une fois rentré chez lui, il s’affala sur son canapé avec une bière fraîche et alluma la télé. Comme par hasard, il tomba sur Sue qui finissait sa rubrique : « Et n’oubliez pas, ça Sue le sait ! ».
Même s’il avait passé un soirée agréable, et qu’il avait découvert que Carl n’était pas aussi prétentieux qu’il pensait, il ne pouvait s’empêcher de penser à Emma. Il pensa en souriant qu’il n’avait pas de chance avec les femmes…