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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 01.01.2015 à 10h50
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Carter condamné à la réclusion à perpétuité dans une prison de haute sécurité, l’avenir semble enfin sourire à Steve et Kelly... Un grand merci à Lyne qui me suit :) J'écris seule » mesange
Cette fanfic compte déjà 32 paragraphes
11
Il se dirigeait vers le QG quand il reçut un appel de Danny :
« T’es où ? »
« J’arrive au QG. »
« Je t’attends au parking, on a un cadavre sur les bras. Chin et Kono sont déjà en route ainsi que Max. »
Steve appuya alors sur l’accélérateur et arrivé au parking, sourit en voyant Danny déjà installé sur le siège passager de la Camaro… Dès qu’il s’installa au volant, Danny lui dit :
« Pali-Hwy, direction le golf club de Ko’olau » avant de demander :
« Alors, ça a donné quoi avec Catherine ? »
« Elle a bien compris que c’est terminé entre nous » mais en voyant la moue dubitative de son ami, il demanda : « Quoi ? »
« Rien… C’est que tu sembles bien sûr de toi, c’est tout… »
« On a pu avoir une discussion productive… »
« Productive ? »
« Exactement, productive ! »
« Et tu penses qu’elle va en rester là ? »
« Elle sait que c’est avec Kelly que je veux être, j’ai été très clair. »
« Tu sais, les femmes sont des êtres à part, des êtres très compliqués et Dieu seul sait ce qui peuvent leur passer par la tête… »
« Que voudrais-tu qu’elle fasse encore ? »
Steve le regarda, soudain inquiet, avant de reporter son attention sur la route, réfléchissant aux dernières paroles de son ami…
« Elle a quand même lu son dossier… »
« Elle l’a fait pour une raison bien précise. »
« Pour te récupérer et ça n’a pas marché ! Tu veux que j’te dise ? » demanda alors Danny.
« Si j’te dis non, tu vas te taire ? » répondit ironiquement le seal.
« Elle n’aurait jamais dû franchir ce pas, elle connaissait les risques… »
« Elle pensait pas se faire prendre ! »
« Tu veux bien me laisser continuer, oui ? Merci… C’est comme quand un homme trompe sa femme. Le plus dur, c’est la première fois. Ensuite… »
« Où tu veux en venir ? » le coupa Steve.
« Si tu me coupais pas la parole à tout bout de champ, je pourrais te le dire ! » rétorqua en gesticulant Danny.
Steve soupira mais le laissa poursuivre :
« Catherine connaissait les risques en piratant le dossier de Kelly et ça aurait déjà dû l’arrêter. A la rigueur, elle pouvait penser qu’elle ne porterait pas plainte mais elle ne pouvait savoir ce que ferait la psy et je te rappelle que c’est quand même Laura qui a réussi à la convaincre de calquer sa position sur celle de Kelly… Malgré tout, ça ne l’a pas empêchée de le faire et tu sais pourquoi ? Parce qu’elle est obsédée par toi ! Et la question que je me pose maintenant, c’est de savoir jusqu’où cette obsession la mènera ! »
Ils se regardèrent un bref instant…
« Tu crois qu’elle va se servir de ce qu’elle a lu dans son dossier pour chercher à la discréditer à mes yeux, voire aux vôtres ? » demanda Steve, inquiet. « C’est pas son genre pourtant d’agir ainsi… »
« Tu l’aurais cru capable de pirater son dossier ? »
« Non » admit le seal du bout des lèvres.
« Je pense vraiment que seule une aide professionnelle pourra lui faire lâcher prise à condition qu’elle l’accepte… Je serais vraiment surpris si Kelly portait plainte mais peut-être que Laura pourrait exiger un suivi psychologique en échange d’un non lieu… »
Et c’est sur ces paroles qu’ils arrivèrent sur le lieu du crime.
« Alors qu’est-ce qu’on a ? » demanda Steve comme les cousins venaient à sa rencontre.
« Lindsay Logan, trente-six ans, épouse du directeur d’une agence de marketing. Son corps a été retrouvé à cent mètres de sa voiture. » Steve et Danny tournèrent la tête vers le véhicule stationné en contrebas de la chaussée. « Charlie ne devrait pas tarder pour relever les empreintes » ajouta Chin.
« Bonjour Max » dirent en chœur Steve et Danny en arrivant près du corps qu’examinait toujours le médecin légiste.
« Bonjour Commandant… Lieutenant. »
« Que peux-tu nous dire ? » demanda Steve en regardant les marques sur le cou de la jeune femme.
« D’après mes premières constatations, la mort doit remonter à plus ou moins six heures. La victime a été violée et la cause de sa mort est vraisemblablement la strangulation comme vous pouvez voir les marques qu’elle porte autour du cou. Seul un examen plus poussé pourra vous le confirmer. »
« Bien » répondit Steve.
« Qu’est-ce qu’elle faisait seule à quatre heures du matin ? » demanda Danny.
« Et pourquoi s’est-elle arrêtée en pleine nuit ? » demanda Chin.
« Qui l’a découverte ? » demanda Steve.
« L’homme qui est là-bas. Il promenait son chien et comme il ne revenait pas en l’appelant, il est venu voir et a découvert le corps caché dans les buissons » répondit Chin.
« Des nouvelles du mari ? » demanda le seal.
« J’ai essayé de le joindre mais sans succès et pour cause, il a été hospitalisé ce matin aux petites heures et n’aurait pas encore repris connaissance suite aux coups qu’il a reçus. »
« Où a-t-il été retrouvé ? » demanda Danny.
« Près de sa voiture selon les secours. »
Steve se dirigea vers le véhicule, suivi de ses équipiers et émit un scénario :
« Ils se sont arrêtés sur le bas-côté de la route et n’ont pas dû se méfier. Le mari a été rué de coups et sa femme se serait enfuie avant d’être rattrapée, violée et tuée. Le tueur devait pas être seul… »
« Et ils ont dû repartir avec leur propre véhicule » commenta Chin.
« Et pas de caméra de surveillance dans ce coin perdu » dit Kono.
« C’est quoi ça ? » demanda Danny en montrant ce qu’il tenait à la main à Steve :
« On dirait un embout métallique de bottes de cow-boy. »
« Il l’a peut-être perdu en se battant ? » dit Kono.
« A moins que ça n’appartienne à Logan » rétorqua Chin.
« Laissons Charlie examiner la voiture et les environs. Nous, on va aller voir si Logan est en état de parler. Vous deux, passez au Golf Club puis rentrez au QG et voyez ce que vous pouvez trouver sur elle et son mari. On se retrouve là-bas. »
Et une demi-heure plus tard, ils arrivèrent à l’hôpital où un médecin leur appris que Victor Logan avait repris connaissance.
« Il est encore faible » les avertit le médecin.
Ils entrèrent dans la chambre et l’homme tourna aussitôt la tête vers eux pour leur demander d’une voix pressante :
« Ma femme ? Où est ma femme ? »
Steve soupira et lui annonça la terrible nouvelle en omettant toutefois le viol. Il laissa l’homme se reprendre avant de poser quelques questions. Ils apprirent ainsi que sa femme et lui avaient quitté le golf club vers trois heures trente du matin après avoir participé à une soirée de bienfaisance et s’étaient arrêtés sur le bas-côté de la route en apercevant une camionnette en panne. Il avait demandé s’il leur fallait de l’aide et un des hommes (ils étaient deux) lui avait demandé s’il s’y connaissait en mécanique. Comme c’était le cas, il était sorti de sa voiture et avait été jeter un œil. C’est là qu’il a reçu un premier coup sur la tête suivi d’autres et il avait perdu connaissance, se réveillant sur un lit d’hôpital.
« Pourriez-vous nous décrire ces hommes ? » demanda Steve.
12
« L’un était de taille plutôt moyenne, brun, style hispanique et l’autre était plutôt costaud, grand, blond. Il avait aussi des tatouages sur les avant-bras : une suite de poissons qui se terminait au niveau du poignet par une sorte de vague déferlante. »
« Une inscription ? »
« Non mais il faisait noir. J’ai juste vu ses bras dans la lumière des phares et j’ai trouvé ça original. »
« Vous pourriez les reconnaître ? » demanda Steve.
« Oui. »
« Vous ont-ils dit ce qu’ils voulaient ? »
« Non. »
« Aviez-vous de l’argent avec vous ? Une montre de valeur ? Des bijoux ? » demanda Danny.
« J’avais un peu moins de cinq cent dollars sur moi. Ma veste… »
« Elle est là » dit Steve à l'intention de Danny qui la remit au blessé.
Logan fouilla ses poches et prit son portefeuille : l’argent avait disparu et il ne trouva pas trace de sa montre.
« Ma femme portait… » et sa voix se brisa mais il se reprit : « Elle portait un collier style artisanat indien d’une valeur de sept mille dollars. »
Steve et Danny se regardèrent.
« On va vous laisser vous reposer » déclara Steve.
« Retrouvez ces salopards ! » dit Logan.
Steve fit oui de la tête et allait partir quand Danny se retourna :
« Vous reconnaissez ceci ? » en lui montrant l’embout de bottes.
« C’est un embout de bottes de cow-boy » répondit-il.
« C’est à vous ? »
« Non, je porte pas ce genre de chaussures. »
Et ils quittèrent alors Logan.
« Il avait l’air assez secoué par la mort de sa femme » dit Danny. « J’ai pas l’impression qu’il joue la comédie. »
« Il semblait sincère » répondit Steve en hochant la tête « mais il est encore trop tôt pour l’écarter. »
Le trajet se poursuivit en silence jusqu’au moment où le portable de Danny émit un bip et il sourit en voyant la photo de sa fille s’afficher sur son écran.
« C’est Grace. Elle dit qu’ils sont ravis du retour de Kelly. Regarde la photo qu’elle a envoyée. »
Steve vit Kelly entourée de ses élèves qui s’étaient tous regroupés autour d’elle et le sourire qu’elle affichait lui fit chaud au cœur.
« Au moins, de ce côté-là, ça se passe bien. »
« Comment comptes-tu lui dire pour Cath ? »
« J’en sais rien, Danny. »
Ce dernier jeta un œil vers lui mais n’ajouta rien et une demi-heure plus tard, ils arrivèrent au QG où ils retrouvèrent Chin et Kono autour de la table tactile.
« Vous avez appris quelque chose ? »
« Rien de bien intéressant : c’était une soirée de bienfaisance prévue depuis deux mois déjà rassemblant le gratin de l’île et le couple Logan a été le dernier à quitter le club. »
« Les employés n’ont rien remarqué en quittant à leur tour ? La voiture sur le côté ne les a pas alertés ? » demanda Danny.
« Non, parce qu’ils ont pris la direction d’Auloa Road. »
« Donc, nos lascars ont entendu parler de cette soirée, y ont vu un bon moyen de se faire du fric facilement. Ils ont simplement attendu que le dernier invité s’en aille et ce sont les Logan qui ont tiré le gros lot » dit Danny.
« Ils volent assez bas et je parie qu’ils vont vouloir caser leur collier et la montre » dit Steve. « A propos, que donnent vos recherches sur le tatouage ? »
« Rien » répondit Chin.
« Va falloir faire le tour des salons de tatouage » dit Kono. « Et rien de tel qu’un haolé prêt à tout pour faire plaisir à une jolie locale » dit-elle, coquine, à l’adresse de Danny qui la regarda, surpris, sous les regards amusés de Steve et Chin.
« Euh…Pourquoi ne pas y aller et poser simplement la question ? »
« Parce que dans ce milieu, certains parlent difficilement aux flics » répondit Chin, un sourire aux lèvres.
« Et pourquoi moi et pas toi ? Ou toi ? D’ailleurs avec tes tatouages, tu serais le … »
« Une suite de poissons n’iraient pas du tout avec les miens » rétorqua Steve.
« Alors, tu viens beau blond ? » fit Kono soudainement aguicheuse.
« Demandé comme ça… » répliqua alors tout sourire Danny avant de lancer aux autres : « Je sens que ça va me plaire finalement… » et il partit en passant son bras autour de la taille de Kono sous les regards amusés des deux autres qui, eux, se rendirent chez Kamekona :
« Hello mes frères. Vous tombez à pic pour goûter ma nouvelle spécialité : soupe de crevettes au gingembre. »
« Euh… Une prochaine fois, Kame » dit Steve.
« Vous savez pas ce que vous ratez. Cette soupe est une bombe, les mecs ! »
« On n’en doute pas une seconde » sourit Chin.
« A qui on s’adresse pour revendre un collier style artisanat indien d’une valeur de sept mille dollars ? » demanda aussitôt Steve.
« Je connais bien deux-trois adresses qui pourraient faire l’affaire mais je commencerais par Chavez. C’est un crétin si vous voyez ce que je veux dire mais il reconnaît tout de suite si c’est une bonne affaire ou pas et s’il a vu ce collier… » répondit Kamekona en hochant de la tête.
« Et on le trouve où ce crétin ? » demanda Steve.
« Huapala Street. »
« Merci. »
Et ils s'en allèrent...
Le premier tatoueur que Danny et Kono consultèrent ne faisait pas ce genre de tatouages. Ils remontèrent dans la Camaro pour se rendre à la deuxième adresse. Kono brisa le silence :
« Comment Steve a-t-il réagi quand il a su pour Cath ? »
« Il est parti furieux du QG mais ils ont pu discuter sans se disputer, c’est déjà ça. »
« Elle me fait de la peine, elle a vraiment du mal à passer à autre chose… »
« C’est pas une raison pour faire n’importe quoi non plus ! »
« Tu lui en veux toujours, hein ? »
« Pas toi ? »
« Quand tu réfléchis bien, cette histoire de double personnalité aurait pu être crédible… »
« Oui mais elle ne l’est pas et va savoir quels dégâts va encore causer cette histoire maintenant… Kelly a déjà assez souffert, tu crois pas ? »
Kono le regarda, étonnée de son ton virulent.
« Elle avait pas besoin de ça en effet » répondit-elle. « Mais Catherine aussi va avoir besoin de soutien. »
« Tu la vois pas lâcher comme ça, toi non plus ? » demanda-t-il en la regardant du coin de l'oeil.
« J’espère que Steve aura trouvé les bons mots. »
« Steve, trouver les bons mots ?! Je t’avoue que moi, je serais plus rassuré de la savoir prise en charge par un psy. »
« Tu penses que Kelly va porter plainte ? »
« Ca m’étonnerait et je pense que Catherine le sait très bien et risque d’en profiter. »
Kono soupira :
« Que veux-tu qu’elle fasse ? »
« Mais c’est pas vrai ! T’es aussi aveugle que Steve, ma parole ! »
« Je te trouve bien protecteur envers Kelly » et devant le regard indigné de Danny, ajouta : « Attention, je l’aime beaucoup moi aussi et j’ai pas envie de la voir souffrir mais elle a Steve à ses côtés pour l’aider ainsi que nous tandis que Cath risque de se retrouver bien seule… »
« Sauf si elle réussit à remettre la main sur Steve… J’ai un mauvais pressentiment, Kono… » soupira-t-il. Elle le regarda mais n’ajouta rien.
13
Steve et Chin entrèrent dans la boutique :
« Chavez ? » demanda Steve.
« Il est absent. Que puis-je faire pour vous, messieurs ? » demanda alors un petit trapu hispanique qui correspondait tout à fait au portrait que leur en avait fait Kamekona.
« Bien sûr et moi, je suis le père Noël » rétorqua Steve en montrant sa plaque.
« On sait jamais à qui on a affaire » se justifia alors l’homme.
« Nous sommes à la recherche d’un collier indien qui vaudrait dans les sept mille dollars et d’une montre qui en vaut autant… »
« J’ai jamais vu un tel collier » répondit toutefois un peu vite l’Hispanique.
« Et pour la montre ? »
« Quel modèle ? »
« Une Rolex en or. »
« Désolé, pas vu non plus. »
« Pas vu un hispanique qui porte des bottes de cow-boy et un grand blond avec des tatouages sur les bras ? » questionna encore Steve.
« Jamais vu le grand blond ni le Porto-Ricain… »
« Qui t’a dit qu’il était Porto-Ricain » le coupa aussitôt Chin.
« Euh… Ben, c’est vous ! »
« Ah non, on n’a jamais mentionné ce détail » rétorqua-t-il.
« Ils sont recherchés pour meurtre avec violence et si tu veux pas être accusé de complicité, t’as intérêt à nous dire ce que tu sais » dit alors Steve.
« Je sais pas grand-chose. Ils sont venus une fois et ils m’ont montré le collier. Je leur en ai offert mille dollars et comme ils repartaient, j’ai proposé trois mille et ils ont pris l’argent et sont partis. »
« Alors comment sais-tu que c’est un Porto-Ricain ? »
Il soupira :
« J’ai reconnu l’accent » tenta-t-il mais devant l’air menaçant du seal, il soupira : « Il est déjà venu quelques fois… »
« Un nom ? »
« Vous rigolez ? On donne jamais de nom dans ce genre de… »
« Où est le collier ? » demanda alors Steve.
« Dans mon coffre… »
Et devant son regard peu amène, il alla le chercher tandis que Chin lui criait :
« Oublie pas la montre. »
« Je suppose que… » commença-t-il en revenant avec le collier et la montre.
« C’est le risque avec des biens volés » sourit Chin.
« Et encore, c’est pas cher payé comparé à ce que tu pourrais casquer si on t’arrêtait » renchérit Steve.
« Je vous assure que j’ai dit tout ce que je sais. »
« Tu sais pas où ils traînent ? »
« Comment je le saurais ? »
« Si la mémoire te revient ou s’ils repointaient leur nez ici, voici notre carte et tu ferais bien de nous appeler si tu veux pas finir derrière les barreaux » le prévint Chin.
Et ils le laissèrent…
Kono, suspendue au bras de Danny, entra dans un deuxième salon.
« Bonjour » dit alors Danny. « Ma copine raffole des tatouages et on nous a dit que c’était chez vous qu’on trouverait ce qu’elle veut. »
« C’est pas le choix qui manque en effet » répondit la femme. « Je vous laisse jeter un œil au catalogue… »
Ils le feuilletèrent mais ne trouvèrent pas le motif qu’ils cherchaient.
« En fait, elle voudrait quelque chose de bien précis. »
« Ouais, j’aime le surf et les poissons » dit alors Kono. « Vous aurez pas quelque chose comme des poissons sur une vague qui déferle ? »
« Ca ma jolie, c’est à Macao qu’il faut aller. »
« A Macao ? »
« Y’a qu’un marin pour se faire un tel tatouage ! »
« Vous auriez pas l’adresse par hasard ? »
La femme le regarda étonnée :
« Macao, mon coco, c’est en Chine. »
« Ah ce Macao là » répondit Danny.
« Y a que là qu’on fait ça ? » demanda Kono, faussement déçue.
« J’ai jamais vu ça par ici en tout cas. »
« Oh zut » fit Kono en regardant Danny avec un air de chien battu qui lui fit demander : « Euh… Vous connaîtriez pas quelqu’un qui pourrait nous renseigner ? »
« Vous pouvez toujours faire le tour des quais… »
« Merci beaucoup » répondit Danny qui dit à l’intention de Kono : « Sois pas triste. Un petit tour à Macao te tenterait ? »
« Tu ferais ça pour moi ? Oh comme… » mais la porte se ferma et la femme n’entendit pas la fin de la phrase…
Une fois dans la voiture, Danny appela Steve :
« Apparemment, on aurait affaire à un marin et c’est le genre de tatouages qu’on se fait à Macao. »
« A Macao ? » demanda Steve.
« Ouais, en Chine ! » crut bon de préciser Danny.
« Ca va, je sais où c’est Macao. »
« En traînant sur les quais, on pourrait peut-être apercevoir notre homme ? » dit Kono.
« Rentrez au QG. On va voir ce que donnent les caméras de surveillance du port, on ne sait jamais. »
« Et de votre côté ? » demanda Danny.
« On sait qu’il s’agit d’un Porto-Ricain mais rien de plus. »
Et ils rentrèrent au QG. Kono et Chin épluchèrent les vidéos surveillance du port tandis que Steve et Danny partaient voir Kamekona.
« Alors, mon frère, la pêche a été bonne ? »
« Si on veut » répondit Steve. « On ignore toujours où trouver nos deux lascars. »
« Si j’étais vous, j’irais voir Miss Lily. S’ils se baladent dans le quartier, elle saura vous renseigner. »
« Tu pouvais pas le dire plus tôt ? Je reviens de là ! »
« Hey, tu m’as demandé qui aller voir pour fourguer un collier et je t’ai répondu, mec. »
Steve leva les yeux au ciel et Danny demanda :
« On peut avoir son adresse ? »
Arrivés à l’adresse indiquée par Kamekona, ils entrèrent dans un immeuble miteux et se rendirent au numéro de chambre renseigné. Danny frappa à la porte et une voix féminine leur répondit :
« C’est ouvert. »
Ils entrèrent prudemment en jetant un œil dans la pièce et ne virent qu’une épave dans un fauteuil. Danny repéra une photo sur un meuble : une très jolie jeune femme, un micro à la main.
« Je vous présente Miss Lily » dit alors la voix rauque de la dame. « Un beau brin de fille, hein » et elle se mit à rire. Elle avait manifestement déjà pas mal bu...
« C’est vous ? » demanda alors Danny.
« Qui d’autre, beau gosse ? »
« On nous a dit que vous pourriez nous renseigner sur deux hommes que nous recherchons » commença Steve.
« Vous êtes des flics ? Pourquoi je vous aiderais ? La police m’a jamais fait de cadeaux, elle ! »
« On recherche un grand blond avec des tatouages sur les bras… »
« Par ici, ils ont que ça, des tatouages sur les bras ! »
« Une suite de poissons qui se termine sur une vague déferlante et l’autre est un Porto-Ricain portant des bottes de cow-boy. »
« Qu’est-ce qu’ils ont fait ? »
« Ils ont violé une femme et l’ont tuée… »
Elle regarda Steve attentivement et finit par dire :
« Je savais que votre visage m’était pas inconnu. Vous êtes le petit ami de la fille qui a été violée et qui est passée dans tous les journaux télé, hein ? »
Il ne répondit pas et reposa sa question :
« Vous avez déjà vu ces hommes ? »
« Ouais, ça me dit quelque chose » répondit-elle « mais avec l’âge, ma mémoire en a pris un coup… »
Danny regarda son ami et Steve sortit son portefeuille :
« Et avec ça, elle vous revient ? »
Elle prit les billets, les compta et lâcha :
« Vous êtes pas généreux, c’est le moins qu’on puisse dire… »
Il tendit deux autres billets en faisant la moue sous le regard goguenard de son ami et elle sourit :
« Attendez, je crois bien que… Oui, il me semble que le petit brun fréquente un bar un peu plus loin. »
« Et l’autre ? »
« Lui, c’est un marin mais il est plutôt du genre à se faire discret. »
« Vous ne connaîtriez pas leur nom ? »
« Désolée » et elle but une nouvelle gorgée de whisky…
« Si d’autres détails vous revenaient ou si vous les voyez traîner par ici, vous pouvez nous prévenir ? Voici ma carte » demanda Danny.
Elle prit la carte et lut tout haut :
« Lieutenant Daniel Williams… J’ai connu un Williams il y a très très longtemps… » et elle but une nouvelle gorgée de whisky…
Une fois dehors, ils se dirigèrent vers le bar mais aucune trace de leur Porto-Ricain. Steve demanda à Duke d’envoyer une patrouille de surveillance dans un véhicule banalisé et de les avertir s’ils voyaient leurs hommes se pointer. Ils repartirent au QG rejoindre les deux cousins et les mirent au courant. Il regarda l’heure :
« Kelly va pas tarder à rentrer » et il soupira en lâchant : « J’y vais. Tenez-moi au courant s’il y a du nouveau. »
14
Et il quitta le QG sous les regards compatissants de ses amis et vit que Kelly était déjà rentrée quand il arriva chez lui. Il tourna la poignée mais fut surpris de voir la porte fermée et il râla en cherchant sa clé. Kelly, en l’entendant, alla aussitôt à sa rencontre :
« Tu peux me dire pourquoi t’as fermé la porte à clé ? »
« Bonjour Commandant McGarrett » répondit-elle en venant l’embrasser, ignorant sa question et il oublia la porte et la serra tout contre lui.
« La journée s’est bien passée, on dirait » dit-il en voyant son large sourire.
« Oui, je pouvais pas espérer mieux ! Regarde le joli bouquet que mes collègues m’ont offert et Eric m’a gâtée avec une boîte de chocolat Lindt, mon préféré ! »
« Je dois être jaloux ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Pas tant que tu vois cette magnifique bague à ce doigt » rit-elle en lui montrant sa main.
« Ah au fait, Grace a envoyé une photo ce matin à Danny » et il la lui montra puis la taquina : « Heureusement qu’elle est là parce que je pouvais encore attendre un sms de ta part… »
Elle le regarda, penaude :
« C’est vrai, j’aurais dû t’en envoyer au moins un. Je suis vraiment désolée. Tu m’en veux pas trop ? » demanda-t-elle en faisant une petit grimace.
Il fit mine de réfléchir et elle lui fit un petit bisou sur la joue en murmurant :
« Je saurai me faire pardonner ce soir. »
« Là, ça devient intéressant… »
« Mais à ma décharge, j’ai pas eu une minute à moi ! Les enfants m’ont pas lâchée de toute la récréation ni du temps de midi et puis, j’ai aussi été appelée chez la directrice. »
« Ah ? »
Elle lui expliqua alors que l’institutrice de dernière année primaire prenait sa retraite l’année prochaine et que la directrice lui avait demandé si elle accepterait de s’occuper des grands.
« Et j’ai dit oui ! Grace va devoir me supporter un an de plus. »
« Elle en a de la chance. »
« Elle est pas la seule : toi, c’est pas un an de plus mais tout le restant de ta vie » et avant qu’il ne dise quoi que ce soit, elle ajouta : « Si tu savais à quel point ça fait du bien de retrouver une vie normale. Je sais qu’il y a encore du boulot mais je me sens si heureuse, si tu savais ! » Et elle passa ses bras autour du cou du seal.
« Je vois ça » sourit-il. Elle se serra contre lui avant de venir chercher ses lèvres et ils s’embrassèrent. Quand elle reprit son souffle, elle lui chuchota à l’oreille :
« Pourquoi attendre ce soir pour me faire pardonner ? On… »
« On quoi ? » demanda-t-il, les yeux pétillants mais son portable se mit alors à sonner et il soupira en voyant le nom de Laura s’afficher.
« C’est Laura, tu réponds pas ? » lui demanda-t-elle en apercevant le nom du procureur.
« Ca peut attendre… » répondit-il, contrarié.
« Qu’est-ce qui se passe ? Vous vous êtes encore chamaillés ? »
« Non. »
Elle fronça les sourcils :
« Steve ? »
Il soupira, s’en voulant de gâcher sa journée mais il devait lui dire.
« Il s’est passé quelque chose en notre absence et… »
« Carter ? »
« Non, pas lui. C’est autre chose. »
Elle le regarda :
« Tu te souviens que ta psy a essayé de te joindre… »
« Zut, j’ai complètement oublié de la rappeler ! Je vais le... »
« C’est pas la peine. Je sais pourquoi elle a appelé. »
« Et ? » demanda-t-elle en fronçant à nouveau les sourcils.
« Ton dossier a été piraté » dit-il en guettant avec appréhension sa réaction.
« Quoi ? Comment ça, pirater ? Mais pour quelle raison ? » Et avant qu’il ne puisse répondre, elle demanda d’une voix blanche : « Pour Carter, c’est ça ? »
« Non, c’est pas ça » et il préféra garder pour lui l’épisode du gardien.
« Un journaliste ? » demanda-t-elle alors.
« Non » répondit-il en se grattant le front du pouce et elle posa la question qu’il redoutait…
« Alors là, je comprends plus rien. Si c’est pas Carter, pas un journaliste, qui pourrait être intéressé par mon dossier ? Vous savez qui est derrière ça au moins ? Ou… »
« C’est Catherine… »
Kelly le regarda, ne s’attendant pas du tout à ça et elle mit quelques instants avant de pouvoir parler :
« Je… Je comprends pas. Tout le monde sait ce qui m’est arrivé et elle, elle a même lu mon dossier sur ton bureau et… et il lui fallait en plus le dossier de ma thérapie ? » Elle le regarda soupirer…
« Elle a pas renoncé à toi et ce qu’elle voulait, c’était trouver quelque chose pour s’en servir contre moi ! C’est ça, hein ? »
Steve fit oui de la tête. Elle ferma les yeux un bref instant, essayant de contrôler le flux de ses émotions :
« Comment ils ont su que… que mon dossier avait été… »
« Le cabinet venait d’installer un tout nouveau système de protection et c’est comme ça que… »
« Elle n’a pas pu avoir accès au contenu alors ? Si ? »
« Malheureusement si. »
Kelly baissa la tête tandis que Steve gardait le silence, ne sachant pas très bien quoi dire…
« Elle est où ? En prison ? »
« Non… »
« Non ? On l’a relâchée ? »
« Non, personne n’est au courant à part nous, Laura et Chambers. »
« Elle a enfreint la loi en piratant mon dossier et personne ne fait rien ? »
« D’après ce que je sais, ta psy voulait porter plainte mais Laura a réussi à la persuader d’attendre et de calquer sa position sur celle que toi, tu prendras. »
« Donc, si je te suis bien, son sort ne dépend que de moi. Si je porte plainte, Chambers aussi. Sinon, elle va s’en sortir…juste comme ça. »
Il soupira, le cœur lourd en voyant les larmes perler à ses yeux :
« Elle risque la cour martiale et son renvoi de l’armée, sans parler d’une peine de prison si... »
« Mais ça l’a pas arrêtée ! Et on sait très bien pourquoi ! Tu es son ex, elle savait qu’elle ne risquait pas grand-chose en fait parce qu’elle te connaît bien et sait que tu vas la protéger » siffla Kelly.
« Je la protège pas. Je l’excuse même pas ! Ce… »
« Manquerait plus que ça encore ! » s’emporta-t-elle alors.
Il se tut…
« Même Laura n’a rien fait ! Tout le monde attend ma décision ? Mais vous l’avez déjà prise pour moi ! »
« Personne n’a pris de décision à ta place. Tu… »
« Ah non ? Tu crois vraiment que j’ai mon mot à dire ? »
« C’est évident ! » asséna-t-il en fronçant les sourcils.
« Alors pourquoi elle est pas derrière les barreaux ? Ne serait-ce qu’en attendant ma décision ! Le fait d’être ton ex lui donne-t-elle plus de droits qu’à un autre ? Justement si c’était quelqu’un d’autre à sa place, il serait déjà en prison, pas vrai ? PAS VRAI ? »
« Oui » dut-il admettre.
« Mais pas elle ! PAS ELLE ! »
« Catherine a dépassé les limites, elle n’aurait jamais dû aller aussi loin et tout le monde lui en veut, qu’est-ce que tu crois ! On lui a tous dit notre façon de penser. Elle sait qu’elle a mal agi… »
« Mal agi ? ELLE A MAL AGI ? Tu sais ce que MOI, je ressens ? Je me bats tous les jours pour retrouver une vie décente ! J’ai longtemps hésité à aller voir une psy et tu peux même pas imaginer les efforts que ça m’a demandés ! Il aurait été bien plus facile de sombrer, de me droguer, de boire ou de me suicider ! Mais je me suis battue jour après jour et je me bats encore ! Tiens, rien que tout à l’heure, quand Eric m’a offert ces chocolats et m’a serrée contre lui, un geste purement amical, je me suis raidie, j’ai eu peur ! »
Elle passa une main rageuse sur ses yeux pour essuyer les larmes qui coulaient tandis qu’il maudissait Catherine pour le mal qu’elle leur infligeait.
« J’ai été violée physiquement et comme si ça suffisait pas encore, voilà que c’est psychologiquement ! J’ai livré à Chambers tout ce que j’avais de plus intime dans le seul but de me donner une chance de m’en sortir malgré tout… Pas pour qu’on m’humilie à nouveau !!! »
15
Il s’approcha d’elle lentement, mit les mains sur ses épaules avant de relever son menton pour qu’elle le regarde :
« Hey, je suis de ton côté. Si tu souhaites porter plainte, fais-le ! Tu n’as de comptes à rendre à personne. »
« Mais tu espères que ce ne sera pas le cas... »
« C’est vrai, je le reconnais mais je te soutiendrai même si tu le fais. »
« Tu peux me jurer que tu ne me le reprocheras pas ? »
Il fit la moue et se tut, ce qui fit dire à Kelly :
« Ton silence est éloquent… »
Il cherchait en fait ses mots mais elle fut plus rapide que lui et déclara, résignée :
« Quoi que je fasse, tu seras au milieu, partagé entre tes sentiments pour elle et pour moi…»
Ils se regardèrent et elle soupira :
« Tu sais, je ne veux pas l’envoyer en prison. Tu disais te sentir un peu responsable mais à vrai dire, je ne suis pas sans reproches moi non plus… »
Il fronça les sourcils, curieux d’entendre la suite :
« Je voyais bien que je ne te laissais pas indifférent et même si je n’ai rien fait pour te séduire, je n’ai rien fait non plus pour te repousser, d’autant plus quand j’ai su pour Catherine. »
Il ouvrait la bouche pour protester mais elle le fit taire …
« Je peux comprendre qu’elle m’en veuille mais après ce qu’elle a fait, je suis pas sûre que la laisser s’en tirer comme ça soit une bonne chose pour elle quand même… »
« Au contraire, je crois que la laisser reprendre son travail est ce qui pourrait l’aider à accepter notre rupture. Il n’y a rien de tel que pour se changer les idées. Tu l’as dit toi-même, si tu n’avais pas repris des études pour être institutrice et… »
« T’es sûr qu’elle en restera là maintenant ? » le coupa-t-elle.
« Je l’espère… »
« Tu vois, tu peux pas le certifier comme tu peux pas dire jusqu’où elle pourrait aller la prochaine fois si jamais il devait y avoir une prochaine fois. »
Il se frotta le front du pouce et admit :
« C’est vrai, je ne suis sûr de rien mais je la connais. C’est pas une mauvaise personne. Elle est juste blessée et elle voyait dans ton dossier un moyen de peut-être me récupérer. Elle sait maintenant que ça n’arrivera pas et qui sait, après tout, pirater ton dossier, c’était peut-être un mal pour un bien ? »
Ils se regardèrent et elle finit par dire :
« Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c’est que je me sens mise à nu, humiliée mais c’est vrai que moi, je t’ai à mes côtés et j’ai déjà surmonté tellement de choses grâce à toi, je surmonterai encore bien celle-ci, non ? »
Un grand sourire s’afficha sur le visage de son fiancé :
« Je n’ai aucun doute là-dessus. D’ailleurs, si ma mémoire est bonne, tu parlais de te faire pardonner… »
« J’ai dit ça ? M’en souviens plus ! » répondit-elle, un sourire aux lèvres.
« Si, si, on était même en train de monter quand Laura a appelé… Ca te revient maintenant ? » dit-il en la prenant dans ses bras, approchant ses lèvres des siennes, tout heureux de la tournure que prenait leur conversation.
« Je te promets de me faire pardonner dès qu’on sera revenu de chez Catherine » dit-elle alors, en posant un léger baiser sur sa bouche.
« Tu veux aller chez Catherine ? Maintenant ? » demanda-t-il, soudain contrarié.
« Evidemment ! Elle n’attend pas ma décision ? »
« Si mais c’est pas nécessaire que ce soit toi qui… »
« Attends, c’est quand même moi la première concernée, non ? Je porterai pas plainte mais c’est pas pour autant que je ne lui dirai pas ma façon de penser ! »
« C’est peut-être pas ce qu’il y a de plus judicieux à faire en ce moment. C’est vrai quoi ! Elle a déjà du mal à me laisser partir. Comment crois-tu qu’elle va réagir en t’entendant l’accuser ? Sans parler de nous voir tous les deux ? »
« Donc, tu veux que je ferme les yeux et que je la laisse tranquille ? » demanda-t-elle, surprise.
« Je pense que l’affronter maintenant serait malvenu. Je comprends que tu veuilles lui dire ce que tu penses mais…
Et son téléphone se mit à sonner : cette fois, c’est Danny qui l’appela et il décrocha en faisant signe à Kelly de patienter :
« Steve, le HPD a repéré notre homme. Je suis déjà en route, je passe te chercher ? »
« Euh… C’est pas vraiment le moment. Tu peux pas y aller avec Chin ? »
Et cette fois, c’est à la porte qu’on sonna :
« Attends une minute, tu veux » et il vit alors entrer Laura à qui Kelly avait ouvert la porte.
« Tu peux y aller, t’inquiète, je vais rien faire d’irréfléchi si c’est ça qui t’ennuie » dit Kelly, la mine renfrognée.
Celui-ci la regarda en faisant la moue, pas très convaincu…
« Si vous devez partir, allez-y, Steve » intervint alors Laura. « Je resterai avec Kelly jusqu’à votre retour. »
Steve la regarda, reconnaissant tandis que Kelly levait les yeux au ciel en les voyant hésiter à la laisser seule comme si elle était encore une enfant sur laquelle il fallait veiller pour pas qu’elle fasse de bêtises.
« Je serai sage comme une image » lâcha-t-elle, narquoise.
Il fit à nouveau la moue et dit à Danny :
« Ca va, je viens » et il remercia Laura. Pendant qu’il s’apprêtait, Kelly proposa un thé au procureur et alla le préparer dans la cuisine laissant Steve et Laura seuls. Il en profita pour l’avertir :
« Elle sait pas pour les soupçons de double personnalité mais elle voulait aller chez Cath et j’essayais de l’en dissuader quand vous êtes arrivée. »
Un coup de klaxon se fit alors entendre et Kelly revint dans le salon. Il lui dit :
« Ca ne devrait pas être trop long » et il l’embrassa rapidement avant de partir. Il prit les commandes de la Camaro et prit la direction du bar.
« Alors, comment ça s’est passé ? » demanda Danny.
« Ben, finalement, mieux que je ne l’espérais. »
« Elle porte pas plainte alors ? »
« Non. »
Danny hocha la tête et Steve le regarda :
« Quoi ? Tu sembles déçu. »
« Non, pas du tout, je m’y attendais mais je me demande juste si la laisser s’en tirer comme ça, c’est… »
« Je crois entendre Kelly ! »
« Elle est lucide… Plus que toi à mon avis. »
« Le mieux pour Cath est de reprendre le boulot et de repartir en mer, ça lui occupera l’esprit et l’aidera à passer à autre chose. »
« Qui essaies-tu de convaincre ? Toi ou Moi ? » demanda Danny.
Steve soupira mais ne répondit rien, se disant que son ami avait toujours tendance à tout voir en noir et le reste du trajet se passa en silence.
16
Steve se gara le long du trottoir et ils entrèrent dans le bar, le seal allant d’un côté et Danny d’un autre. C’est lui qui remarqua le premier le Porto-Ricain installé au bar. Il jeta un œil à ses pieds et constata qu’il manquait l’embout. Il s’assit deux tabourets plus loin et fit glisser cet embout sur le comptoir en déclarant :
« Félicitations Cendrillon, la pantoufle de vair te va parfaitement. »
Le Porto-Ricain tourna la tête, surpris par ces propos et son attention fut attirée par la plaque de Danny. Il se leva aussitôt et poussa son tabouret en direction de Danny qui, en voulant l’éviter, se cogna le coude contre le coin d’une table, ce qui lui tira un juron. Il envoya valser les tabourets et se mit aussitôt à la poursuite de leur homme, entravé par les gens qui essayaient de sortir comme ils avaient vu le fuyard, un couteau à la main. Steve, de l’autre côté de la salle, fut alerté par le bruit et les cris. Il grimpa sur une table et l’aperçut mais il n’osa pas tirer de peur de blesser des innocents. Il vit alors Danny se frayer un passage tant bien que mal. Il sauta à terre et essaya de prendre le Porto-Ricain à revers. Celui-ci se rendant compte qu’il n’y avait pas d’issue dans le fond, prit alors en otage une jeune femme, menaçant de lui trancher la gorge quand il vit Danny s’approcher et le tenir en joue avec son arme.
« Si j’étais toi, je ferais pas ça » l’avertit Danny. « Allez, lâche ton couteau. Tu ne fais qu’aggraver ton cas et… »
« Si vous avancez, je l’égorge » cria l’homme aux abois alors que la jeune femme sanglotait.
« Ca m’étonnerait » dit une voix derrière lui et il sentit sur sa tempe le canon d’une arme. « Lâche ton couteau si tu veux pas sortir d’ici les pieds devant » dit alors Steve.
« Il plaisante pas, il sait d’ailleurs pas ce que c’est » renchérit Danny. « T’auras même pas le temps de bouger le petit doigt que tu seras déjà mort. »
L’homme préféra obtempérer : il laissa partir la fille et laissa tomber son couteau. Steve le menotta aussitôt comme Danny essayait de réconforter la jeune femme sous le choc. Quand Duke et son équipier arrivèrent, le seal leur confia leur homme :
« Emmenez-le au Palais. »
Laura avait suivi Kelly dans la cuisine et observait, en silence, la jeune femme en train de lui préparer une tasse de thé : ses gestes trahissaient une certaine nervosité, son visage était fermé. Kelly déposa la tasse devant Laura en lui demandant :
« Un sucre ? »
« Oui, merci. »
« Je suppose que vous êtes là pour connaître ma décision » dit alors la jeune femme.
« Non, celle qui me préoccupe, c’est toi ! Je suis là pour voir comment tu vas. Catherine peut bien se ronger les sangs encore un moment » répondit Laura.
« Parce que vous croyez qu’elle s’inquiète ? » riposta Kelly, ce qui fit soupirer Laura :
« Elle savait ce qu’elle faisait, je te l’accorde et la laisser s’en tirer comme ça est injuste par rapport au préjudice que toi, tu as subi. »
« Si au moins, j’avais la certitude qu’elle en resterait là… »
« Que veux-tu dire ? »
« Elle s’était déjà incrustée lors du barbecue et elle s’est encore pointée au procès quand Steve témoignait et voilà maintenant qu’elle pirate mon dossier. Il est clair qu’elle n’a pas renoncé à lui et je me demande ce que va être la suite… J’ignore d’ailleurs ce qu’elle a dit à Steve, si elle a trouvé quelque chose qui… »
« C’est ça qui t’inquiète ? » Et devant le silence de Kelly, Laura fronça les sourcils : « Kelly ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Rien. »
« Pas à moi… »
Kelly soupira :
« C’est rien… C’est moi qui extrapole sûrement… »
Laura fronça les sourcils tandis que Kelly poursuivait :
« Si elle a piraté mon dossier, c’était pour trouver quelque chose qui pourrait l’aider à récupérer Steve et si c’est apparemment pas encore le cas, ça pourrait le devenir. »
« Comment ça ? »
« Avec ce qu’elle sait, elle pourrait s’en servir pour me déstabiliser… Chaque jour, je me bats contre moi-même. Ce qui paraît simple pour les autres est encore une épreuve pour moi, en tout cas quand je suis seule. Elle connaît maintenant mes failles, mes points faibles. Elle veut Steve, Laura et elle semble prête à tout pour y arriver. Il a beau être rassurant, moi, je suis pas sûre qu’elle nous laissera enfin tranquilles. »
Laura l’avait écoutée attentivement et hocha la tête avant de suggérer après réflexion :
« On peut ne pas porter plainte mais on peut l’obliger par contre à suivre une psychothérapie. Qu’en penses-tu ? »
Kelly apprécia le « on » et devant le regard interrogatif de Laura répondit :
« Oui, ce serait pas mal. Ca peut pas lui faire de tort de toute façon. »
« En effet, ça ne peut que lui faire du bien même. On part là-dessus ? »
Kelly fit oui de la tête.
« Bien. Il est un peu tard ce soir mais j’irai la voir dès demain. »
« J’aimerais vous accompagner. »
« Je sais mais il vaut mieux que tu restes en retrait. »
« Vous vous êtes concertés avec Steve, c’est ça ? » demanda Kelly, vexée d’entendre le même conseil que celui qu’il lui avait donné peu avant de partir.
« Je comprends que tu aies envie de lui dire ce que tu penses mais ça aurait probablement l’effet inverse à celui recherché » répondit Laura d’un ton ferme.
Kelly soupira et la procureur sourit en voyant sa mine à nouveau renfrognée. Un bref instant, elle revit sa jeune sœur devant elle. Elle se racla la gorge et préféra changer de sujet :
« Au fait, comment s’est passée cette semaine à Maui ? »
Elle vit le visage de la jeune femme s’éclairer et elles papotèrent un long moment avant que Kelly ne regarde sa montre.
« Il est temps de préparer à dîner. Vous restez manger avec nous ? » proposa-t-elle.
« Pourquoi pas ? » répondit Laura, heureuse de passer un peu de temps avec elle. « Qu’as-tu prévu ? »
Et les deux femmes se mirent aux fourneaux comme Laura insistait pour l’aider…
Catherine, après le départ de Steve, passa une main sur ses lèvres en repensant au doux baiser qu’ils avaient échangé avant qu’il ne la repousse, gentiment mais fermement, la ramenant brutalement à la réalité. Elle avait espéré qu’il y réponde comme il le faisait avant mais il ne l’avait pas fait. Elle prit alors conscience qu’elle l’avait bel et bien perdu… Pourquoi s’acharner ? Ce combat l’épuisait, nerveusement et physiquement. Pourtant, une petite voix intérieure lui soufflait : « Qui sait par après ? Tu as lu son dossier, c’est une femme encore extrêmement fragile et tu l’as vu aussi, sa plus grande ennemie, c’est avant tout elle-même… » Elle soupira et à nouveau au bord de la nausée, se rendit dans la salle de bains où elle vit son visage pâle et cerné dans le miroir. Non, il fallait qu’elle arrête de s’accrocher à une relation qui n’existait déjà plus et qu’elle se reprenne en mains ! Elle s’aspergea le visage d’un peu d’eau et alla s’étendre sur son lit : si elle commençait à accepter l’idée qu’il appartenait maintenant à Kelly, elle savait pas trop comment elle réagirait en la voyant plus tard avec lui et c’est en pleurant qu’elle finit par s’endormir…
17
Steve et Danny allèrent retrouver les deux cousins qui visionnaient de nouvelles vidéos provenant des docks.
« Alors ? » demanda aussitôt Steve.
« Rien » répondit sombrement Kono.
« Et sur notre homme ? » demanda Danny.
« Miguel Gago Fernandez est une petite frappe bien connue de la police. Voyez par vous-mêmes… » dit Chin.
« Eh ben dis donc… Il passe plus son temps en prison qu’en dehors celui-là » constata Danny.
« Si son ADN correspond à celui retrouvé sur Lindsay Logan, il est pas près d’en sortir cette fois » dit Steve. « Allez, on descend interroger notre gars » et à l’intention de Chin : « Logan va pas tarder à arriver pour identifier notre suspect. »
« Je te l’amènerai. »
Les deux policiers entrèrent dans la cellule où se trouvait, menotté à une chaise, leur suspect. Danny commença l’interrogatoire :
« On peut dire que tu sais comment t’attirer des ennuis, toi… »
L’autre le regarda mais ne dit rien.
« Trente-quatre ans et déjà six séjours en prison à ton actif…» continua Danny.
Le prévenu le jaugea des pieds à la tête mais garda le silence tandis qu'il poursuivait :
« Tu connais pas un type blond couvert de tatouages ? »
Nouveau silence.
« Où est-ce que t’étais cette nuit vers trois heures trente ? »
Chin passa alors la tête dans la cellule et Steve le rejoignit dehors :
« On a un problème : Logan dit qu’il n’a jamais vu cet homme. »
« QUOI ? Il en est sûr ? On peut l’amener ici et… »
« Il a été catégorique, Steve… »
Le seal soupira.
« Il y a autre chose : je viens d’avoir Charlie, l’ADN ne correspond pas avec celui retrouvé sur la victime. »
Steve se frotta le front du pouce :
« On se serait trompé de gars ? Il y a pourtant cet embout de bottes… »
« Ou c’est pas lui qui l’a violée mais l’autre » rétorqua Chin.
Steve le regarda et dit :
« Continuez vos recherches. Je préviens Danny » et il rentra dans la cellule où il entendit son ami dire :
« Tu sais quoi ? Tu es le type le plus souriant, le plus ouvert et le plus sympa qui s’est présenté ici et je t’aime tellement que je vais te garder. »
Il vit Steve l’appeler discrètement et quand celui-ci le mit au courant, il ne put s’empêcher de s’étonner lui aussi.
« Quoi ? Je suis certain que c’est un de nos deux gars ! »
Et ils sortirent, laissant le prévenu seul.
« Attends une minute, on va pas le relâcher quand même ? »
« Le témoin l’a pas identifié, Danny. »
« On peut le garder pour présomption de meurtre, non ? »
« L’ADN correspond pas. On n’a rien contre lui… »
« Mais c’est lui le coupable et tu le sais aussi bien que moi ! »
« On n’obtiendra jamais un mandat d’arrêt dans ces conditions ! »
« Et depuis quand ça te gêne ? On a l’immunité, non ? »
Steve soupira : « En le relâchant, il nous mènera peut-être à son complice… »
« Tu penses le filer ? »
« J’ai demandé à Chin de placer un mouchard dans son portefeuille et son portable. »
Chin revint peu après avec les affaires personnelles de Gago et Steve le relâcha.
Ils retrouvèrent Kono au QG et regardèrent le point se déplacer sur la carte affichée sur le grand écran.
« Il a pas l’air de prendre la direction du port » remarqua Kono et dix minutes plus tard :
« C’est bizarre, il bouge plus. »
Cinq minutes passèrent sans changement et quatre minutes plus tard, Steve reçut un appel de Duke.
« Quoi ? Comment ça ? Il y a des témoins ?... OK, on arrive tout de suite » Et à l’intention de Danny :
« Gago a été abattu ! »
Arrivés sur place, Steve se dirigea aussitôt vers Duke :
« Des témoins ? »
« Un seul mais pas très fiable » répondit le vieux policier en faisant un signe de tête en direction du poivrot à quelques mètres d’eux. « Tout s’est passé très vite : une voiture dont il ne peut dire la marque, encore moins la plaque, s’est arrêtée à hauteur de Gago et un coup de feu est parti. La voiture a redémarré en trombe. »
« La couleur ? »
« C’est un SDF. Il a même pas de quoi se payer des lunettes. Il dit avoir été ébloui par les phares. »
« Son complice aurait appris son arrestation et l’aurait attendu et descendu ? » dit Danny. « Ou alors, ce gars était mêlé à autre chose et on a voulu s’assurer qu’il parlerait pas… »
« Laissons Max autopsier le corps et Charlie analyser la balle. Merci Duke » et Steve se dirigea vers la Camaro. Il appela les cousins :
« On sait pas grand-chose, il faut attendre les rapports de Max et Charlie. Rentrez chez vous. On se retrouve demain matin. »
« A demain » dirent en chœur Chin et Kono.
Il appela Kelly pour lui dire qu’il rentrait.
« J’ai proposé à Laura de manger avec nous » lui apprit-elle.
« Ca te dit de manger un bout à la maison ? » souffla alors Steve à Danny mais Kelly avait entendu et l’encouragea à dire oui.
« Demandé comme ça, je ne peux qu’accepter » répondit Danny en regardant en souriant son ami.
« Super ! Je mets un couvert en plus. » Et elle raccrocha.
« Elle a l’air détendue. Laura sait apparemment s’y prendre avec elle » dit alors Danny.
« Qu’est-ce que je dois comprendre ? » demanda Steve en levant un sourcil.
« Pour une fois, rien. C’était un simple constat… »
« C’est vrai, elles s’entendent bien toutes les deux » admit Steve.
Après avoir mis un couvert en plus et en attendant les deux hommes, Kelly demanda à Laura :
« Je peux vous poser une question ? »
« Oui ? »
18
« Comment était la mère de Steve ? »
« Steve ne t’en a jamais parlé ? »
« Si, il m’a raconté certains souvenirs et j’ai eu l’impression qu’il était plus proche d’elle que de son père… En fait, il ne m’a pas encore beaucoup parlé de John… »
Laura soupira : « Ca m’étonne pas… Doris était une excellente maman, toujours attentive au bien-être de ses enfants qui le lui rendaient bien. D’après John, c’était aussi une institutrice très appréciée… Mais en tant que femme, je suis jamais arrivée à la cerner. Quelque chose en elle me dérangeait sans savoir exactement quoi. Je me souviens qu’elle était très habile à détourner certains sujets de conversation mais comme nous n’étions pas proches, je n’ai jamais eu l’occasion de revenir dessus et c’est un sujet que j’évitais avec John. »
« Pourquoi s’est-il séparé de ses enfants quand… »
Laura soupira, réfléchissant quelques instants avant de lui répondre : « J’avoue que je me suis souvent posée la question. On ne sait jamais comment réagissent les gens après un deuil mais se séparer de ses enfants qui avaient plus que jamais besoin de lui après ce drame, j’ai pas compris… J’ai essayé de le raisonner, Joe aussi mais rien à faire, on parlait à un mur. » Elle soupira à nouveau : « A partir de ce moment, il s’est refermé sur lui et s’est plongé dans le boulot et je dirais que former Chin Ho Kelly lui a été salutaire. Je ne sais pas si tu le sais mais Chin a perdu son père qui était policier comme lui. Il a été abattu lors d’un hold-up dans une épicerie alors qu’il n’était pas en service. John l’a beaucoup soutenu à l’époque, tout comme Malia et puis il y a eu cette jeune fille dont le père a été abattu lui aussi. John n’a jamais rien voulu me dire mais j’ai compris qu’à travers eux, il essayait de compenser le mal qu’il avait fait à ses propres enfants, il essayait de se racheter en quelque sorte… Inutile de te dire combien Steve et Mary ont souffert et souffrent encore d’avoir été rejetés et séparés… »
Kelly soupira elle aussi : « Je comprends mieux pourquoi il ne parle pas beaucoup de son père alors qu’il ne tarit pas d’éloges sur Joe. »
« Joe a pris son rôle très à cœur et il s’est énormément attaché à Steve qui le lui rendait bien d’ailleurs. Il l’appelait Oncle Joe à l’époque mais il aurait dit « Papa » que ça ne m’aurait pas étonnée plus que ça… »
Elle se tut un instant et Kelly dit d’une voix triste :
« Le pire dans tout ça, c’est qu’il ne saura jamais ce qui a poussé son père à agir de cette façon et il doit s’en poser des questions ! »
« Son père l’aimait, les aimait énormément tous les deux, ça, il ne doit pas en douter même s’il n’a pas ce sentiment. »
« John vous l’a dit ? »
Laura ne répondit pas tout de suite, perdue visiblement dans ses souvenirs : « Oui… » Et elle regarda Kelly avant de lui dire, les yeux humides :
« Ne le juge pas mal, John était vraiment quelqu’un de bien. J’ignore toujours ce qui l’a poussé à agir ainsi mais la culpabilité le rongeait de l’intérieur, ça, je peux te le garantir ! »
« Vous étiez très proche de lui, n’est-ce pas ? » demanda Kelly, touchée par les larmes qui perlaient aux cils de Laura qui ne put toutefois répondre comme une voiture s’arrêtait. Kelly alla vite ouvrir la porte et eut un sourire contrit en voyant Steve chercher à nouveau ses clés tandis que Danny lâchait ironiquement :
« Au moins, on ne rentre plus chez toi comme dans un moulin », ce qui lui attira un regard noir de son ami et il embrassa Kelly :
« Hey, t’as pris des couleurs, toi ! »
« Ouais mais pas la bonne » rit-elle en ajoutant : « Enfin ça commence à tourner légèrement au brun. »
« Tu sais, y a des crèmes solaires pour… » intervint alors Laura qui s’était reprise.
« Oui, mais vous la connaissez pas encore ! Elle, elle est plutôt du style à se croire au-dessus de tout ça » se moqua Steve.
« C’est pas vrai ! » s’offusqua sa fiancée.
« Ah non ? Et qui refusait d’apprendre le solfège parce qu’elle se croyait… » demanda-t-il.
« Tu mélanges tout ! Ca n’a rien à voir ! » se défendit Kelly.
« Attends, attends, je vous suis pas là. C’est quoi cette histoire de solfège ? » demanda Danny et Steve leur raconta ce que lui avait dit Kelly qui, quand il eut terminé, lui dit en faisant mine de bouder :
« Je te raconterais plus rien à toi ! » et pour toute réponse, il passa son bras autour de ses épaules et l’attira contre lui, tout sourire en lâchant :
« Mmm… Ca sent bon » Avant de demander à Danny : « Une bière ? »
Ils s’installèrent peu après à table et Kelly fit part de la décision qu’elle avait prise avec Laura qui l’annoncerait elle-même le lendemain matin à Catherine.
« C’est pas plus mal » dit Danny. « En tout cas, ça ne pourra que lui faire du bien. »
Kelly regarda Steve hocher la tête en signe d’approbation mais il demanda toutefois :
« Le fait de consulter un psy de la Navy ne lui portera pas préjudice ? Enfin, je veux dire que…»
« Ils sont tenus par le secret professionnel si c’est ça qui t’inquiète » répondit Laura.
« Vous conseillez des psys dans ces cas-là ? » demanda Danny.
« On n’exige rien sauf un rapport du médecin choisi nous attestant de la présence et de la bonne volonté de la personne contrainte. »
« Et il ne doit pas faire part à ses supérieurs qu’il est tenu de… ? » demanda encore Steve.
« Non » le coupa Laura. « Mais rien ne l’empêche d’aller voir quelqu’un d’autre si elle a peur que ça ne s’apprenne. »
Kelly se leva alors de table pour aller rechercher de la viande comme les deux hommes avaient déjà terminé mais Danny lui dit :
« Attends, je t’amène les assiettes. »
« Pas pour moi » dit Laura et il prit la sienne et celle de Steve qui profita de cet intermède pour demander à Laura :
« Vous lui avez pas dit pour… »
« Bien sûr que non ! »
« Elle a demandé à aller… »
« Oui mais je pense qu’elle a compris que ce n’était pas une bonne idée. »
Et c’est soulagé qu’il lui fit part alors de leur enquête tandis que dans la cuisine, Danny demandait à Kelly :
« Ca va ? »
« Oui, pourquoi ? »
« Tu t’es levée comme ça et on peut pas dire que Steve soit… »
« Il culpabilise pour ce qu’elle a fait et il vaut mieux qu’elle n’ait pas de problèmes avec son boulot. »
Elle ajouta devant son regard étonné :
« Mais je dois avouer que plus vite, elle sera en mer et mieux, je me porterai. »
« Je sais… Catherine a vraiment été trop loin et il est temps qu’elle vous laisse tranquilles tous les deux ! »
Elle le regarda, touchée.
« Steve a beaucoup de chance de t’avoir pour ami… Moi aussi d’ailleurs » ajouta-t-elle en lui souriant.
« C’est Steve qui a beaucoup de chance » répondit-il en lui faisant un clin d’œil avant de demander : « Et où en sont les préparatifs du mariage ? »
« Pratiquement au point mort » répondit-elle. « J’ai promis à Mary de l’attendre pour mettre tout ça au point avec elle mais on a prévu d’aller samedi choisir la robe toutes ensemble si Malia peut prendre congé toutefois. A ce propos, tu crois que Grace pourrait venir ? »
« Et comment ! Elle voudrait rater ça pour rien au monde ! » Avant d’ajouter, un léger sourire aux lèvres : « Mais tout dépendra des devoirs et des leçons que lui donnera son institutrice… »
« Ca devrait aller, je pense » rit Kelly quand elle entendit Steve les rappeler à l’ordre :
« Vous en mettez du temps ! »
« Oh, si je te connaissais pas, je jurerais que t’es jaloux ! » rétorqua Danny, moqueur tandis que Kelly, souriante, déposait l’assiette de Steve devant lui sous le regard amusé de Laura.
« N’importe quoi ! » et il mangea à nouveau de bon appétit, ce qui fit dire à Kelly :
« Je crois qu’il avait surtout faim » Et elle rit en voyant la moue qu’il faisait.
Le reste du repas se passa dans la bonne humeur, les deux hommes se cherchant l’un l’autre comme à leur habitude. Danny et Laura ne s’attardèrent toutefois pas et tandis que Kelly montait, à son tour, se doucher, après avoir débarrassé la table et rangé la cuisine, Steve vint éteindre les lumières, brancha l’alarme et remonta rejoindre sa fiancée qu’il trouva en train d’admirer sa bague. Il sourit en allant s’étendre à ses côtés et elle vint se blottir dans le creux de son épaule tout en continuant d’admirer sa bague.
« Elle est magnifique. »
« Il n’y a pas qu’elle » répondit Steve en l’embrassant sur les cheveux. Elle releva alors la tête, tout sourire. Il s’empara de ses lèvres et il n’en fallut pas plus pour que leurs corps s’embrasent et ne forment plus qu’un…
19
Danny rentra chez lui et venait à peine de déposer ses clés que son portable sonna. Il ne reconnut pas le numéro et décrocha tout en se demandant qui pouvait bien l’appeler à cette heure :
« Allô ? »
« N’est-ce pas plutôt aloha à Hawaii ? »
« Tim ! Je me demandais si t’allais me rappeler un jour ! »
« Tu sais ce que c’est, on note le message sur un bout de papier que l’on retrouve une semaine plus tard avec un peu de chance… Comment vas-tu, vieux frère ? Pas trop dure la vie à Hawaii ? »
« Oh tu sais, si ça ne tenait qu’à moi… »
« Tu rentrerais par le premier avion » le coupa son ami. « J’ai toujours dit que quelque chose n’allait pas chez toi. On échange nos places quand tu veux ! »
« C’est ça, ouais, tu tiendrais pas deux jours ici ! » et il entendit son ami rire avant de reprendre son sérieux et de lui demander :
« Dis-moi, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »
Danny soupira :
« Tu…Tu as appris pour Ricky ? »
« Ricky ? Ca fait des années que j’ai plus de ses nouvelles. Depuis qu’il… »
« Il est mort » le coupa Danny.
« Mort ? »
Et Danny lui raconta dans les grandes lignes toute l’histoire…
« T’as rien à te reprocher, t’étais plus toi-même » essaya de le réconforter son ami sous le choc de ces révélations.
« C’est facile à dire mais n’empêche que c’est moi qui ai appuyé sur la détente. J’ai beau dire qu’il le méritait, ça… »
« Tu sais, Ricky a beaucoup changé après cette sale histoire dans laquelle il a tué par accident un gosse. Il… »
« C’était donc vrai ? »
« Oui. Il a été blanchi mais ça l’a démoli…»
« Au point de devenir un tueur à gages ? »
Tim soupira : « Je sais qu’il s’est mis à boire, qu’il est devenu violent et son couple n’a pas résisté. Il a remis sa démission peu après. Je l’ai appelé quelques fois puis il n’a plus répondu et je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles jusqu’à maintenant. » Il se tut un bref moment puis lâcha : « Mais j’arrive pas à croire qu’il ait pu s’en prendre à toi ! »
« Si je t’ai appelé, c’est parce que je me disais que peut-être t’aurais pu m’aider à comprendre… Mendola, ça te dit quelque chose ? »
« Le grand patron du cartel de Medellin ? Qu’est-ce qu’il a à voir avec Moreno ? »
« C’est ce que j’aimerais savoir… Au fait, tu connais le nom de son ex ? »
« Inès Gonzalez. »
« Tu peux me la décrire ? »
« Bah, le style de Ricky : grande, brune, mince, très jolie, tout ce qu’il faut là où il faut. »
« Ils ont eu un enfant ensemble ? »
« Aucune idée. Après cette sale histoire, il a coupé tout contact et je n’en ai plus eu non plus avec Inès. Elle est passée par de sales moments, tu sais, mais elle a tout fait pour essayer de l’aider à l’époque, en vain... Elle n’a même pas porté plainte pour coups et blessures. J’ai vu peu après qu’ils avaient mis la maison en vente. Tamara l’a appelée quelques fois mais comme elle ne la rappelait jamais, elle a laissé tomber. »
« A quand remonte leur séparation ? »
« Il doit bien y avoir quatre ans maintenant. Pourquoi ? »
« Lisa Kendall, ça te dit quelque chose ? »
« Non, rien du tout. Ca devrait ? »
« Il m’a dit que c’était elle son ex. »
Et il raconta brièvement à son ami comment leurs recherches avaient mis en danger cette femme. Il se tut un instant avant de demander : « T’aurais pas une photo d’Inès quand ils étaient encore ensemble par hasard ? »
« Euh… Peut-être qu’en fouillant un peu, je pourrais en retrouver une, oui… Mais pourquoi ? »
« J’essaie juste de comprendre et de reconstituer le puzzle. Chaque pièce me paraît essentielle. Je peux te demander autre chose ? »
« Quoi ? »
« Tu pourrais trouver où elle vit maintenant ? »
« Ecoute, je suis sur une grosse affaire qui me prend pas mal de temps mais je fais ça dès que je peux, ça te va ? »
« Oui, oui, de toute façon, ça le fera pas revenir... » Et il ajouta : « Hey, merci, vieux ! »
« On se tient au courant, ok ? J’aimerais aussi connaître le dernier mot de cette histoire. »
Et ils raccrochèrent, laissant Danny plus perplexe que jamais…
Le lendemain matin, Laura passa chez Catherine comme prévu et trouva la jeune femme cernée et bien pâle et se dit que finalement, elle avait peut-être pris conscience de la gravité de son geste et se souciait des suites…
« Bonjour, lieutenant » dit Laura. « Je peux entrer ? » demanda-t-elle comme Catherine ne bougeait pas.
« Oui, bien sûr… » répondit le lieutenant avant de lui demander : « Vous êtes seule ? »
« Oui. »
Laura entra, fit quelques pas puis entra directement dans le vif du sujet sans prendre de gants :
« Je ne vous apprends rien en vous disant que Kelly ne portera pas plainte. J’ai eu le Docteur Chambers en ligne qui m’a confirmé qu’elle ne porterait dès lors pas plainte non plus. » Elle se tut un instant pour observer la réaction de Catherine qui ne broncha pas et elle poursuivit :
« Si l’autre jour, je penchais plutôt pour un acte impulsif et irréfléchi de votre part, ce n’est plus le cas aujourd’hui étant donné que vous ne vous êtes pas contentée de pirater qu’une seule fois son dossier. Il s’agissait donc bien d’un acte prémédité et je peux vous assurer que vous avez beaucoup de chance. Vous vous doutez bien que s’il s’était agi d’une autre, j’aurais été beaucoup moins conciliante… Enfin bref ! » Laura s’interrompit un instant en voyant la jeune femme se passer une main lasse sur le front et poursuivit d’une voix moins cassante : « Renoncer à l’homme qu’on aime n’est pas facile, loin de là… Je comprends votre rancœur et ne minimise en aucun cas votre douleur… »
« Mais » dit alors Catherine.
« Steve a fait son choix et il est temps pour vous de l’accepter et de passer à autre chose. »
« C’est bien ce que j’ai l’intention de faire » dit Catherine.
Laura l’observa quelques instants avant de déclarer :
« Je suis contente de vous l’entendre dire mais vous comprendrez que j’ai besoin de plus que des mots… »
« Que voulez-vous que je vous dise de plus ? J’ai compris que c’était fini et, rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de m’incruster… »
« Une aide extérieure vous aidera à y parvenir. »
« Une aide extérieure ? Vous parlez d’un psy ? demanda le lieutenant incrédule.
« Oui, c’est bien ce dont je parle. »
« C’est gentil de vous préoccuper de moi » ironisa Cath « Mais je pense être la mieux placée pour savoir ce qui me… »
« Ce n’est pas une suggestion » la coupa Laura « mais une injonction. »
20
Catherine la regarda, n’en croyant pas ses oreilles :
« Vous avez dit qu’aucune plainte ne serait portée mais… »
« Ce qui ne veut pas dire que nous fermerons purement et simplement les yeux sur ce que vous avez fait. Il y a une contrepartie… »
Catherine sourit jaune et ne put s’empêcher de dire :
« C’est tout ce qu’elle a trouvé pour se venger : vous envoyer chez moi pour… »
« Etes-vous sûre de vouloir vous lancer sur ce terrain ? » la coupa alors Laura en plissant les yeux et Catherine soupira, résignée à entendre la suite :
« Sachez bien que ce n’est pas l’envie qui lui manquait de venir vous dire ce qu’elle pensait mais un affrontement entre vous deux n’aurait finalement rien apporté, ni à l’une ni à l’autre. Les choses sont allées assez loin comme ça, pas la peine d’en rajouter. Elle l’a compris et j’espère que vous aussi ! » asséna plus durement Laura avant de reprendre d’une voix moins dure : « Vous faire aider par un professionnel pour passer ce cap difficile ne peut pas vous faire de tort de toute façon. Je vous laisse libre de choisir le psychologue ou le psychiatre que vous souhaitez. Ce qui se dira chez lui restera évidemment strictement confidentiel. Tout ce que j’exige, c’est un rapport de présence et de coopération de votre part. »
« Et si je refuse ? » demanda Catherine. « Vous êtes peut-être la procureur générale mais si aucune plainte n’est portée, vous n’avez pas le droit de m’obl… »
« Nous appelons ça un arrangement et pour répondre à votre question, si vous refusez, vous serez appelée devant une cour martiale pour répondre de vos actes. A vous de voir… »
« Vous avez pensé à tout » déclara Catherine d’un ton acerbe.
« Je peux vous assurer que tout cela restera strictement entre nous et n’aura aucune répercussion sur votre job » dit alors Laura, ignorant l’intervention de la jeune femme.
« Combien de séances ? »
« C’est surtout votre compliance à ces séances qui m’importe et non le nombre. » Et en voyant la moue du lieutenant, elle ajouta d’une voix moins sévère : « Ne voyez pas cette injonction comme une punition mais plutôt comme un moyen de vous venir en aide… »
« Quand dois-je commencer ? »
« Le plus tôt sera le mieux. Je vous laisse quelques jours pour trouver le psy qui vous conviendra et vous demanderai juste de m’avertir quand ce sera fait et de me donner la date de votre premier rendez-vous. »
« Si je choisis un psy de la Navy, est-ce que mes supérieurs… »
« Non, il est tenu au secret professionnel. De plus, c’est un arrangement entre vous et moi et il n’a pas à connaître la raison de mon injonction. Vous avez d’autres questions ? »
« Je crois pas, non… »
« Bien. Une dernière chose tout de même : laissez Kelly tranquille car toute nouvelle infraction de votre part au code pénal entraînera cette fois bel et bien des poursuites judiciaires et votre sort ne sera plus entre ses mains. »
Elle observa un bref instant Catherine et termina leur entrevue par un :
« C’est tout ce que j’avais à vous dire. J’attends maintenant de vos nouvelles… » et elle prit congé sous le regard lasse du lieutenant Rollins…
Pendant ce temps, Steve, après avoir été nager ses dix kilomètres et pris une douche, redescendit retrouver Kelly pour le petit-déjeuner.
« Mmm, des œufs et du bacon, rien de tel pour bien commencer la journée » dit-il en venant l’embrasser dans le cou.
« Ta sœur a téléphoné, elle rentre ce soir » lui apprit Kelly d’une voix enjouée.
« Je crois bien que je vais aller squatter chez Danny pour vous laisser tranquilles toutes les deux. »
« Pas question ! T’as ton mot à dire aussi pour le mariage. »
« Je te fais entièrement confiance pour tout ça » et devant sa moue désapprobatrice : « Je suis sûr que tout sera parfait ! »
« Faudra pas te plaindre après » le prévint-elle en essayant de ne pas sourire.
« Tant que tu dis oui le moment venu, c’est tout ce que je veux. »
Un léger sourire aux lèvres, elle demanda :
« Tu ne verras donc aucun inconvénient à ce qu’on fasse un petit discours avant d’échanger nos vœux… » Et son sourire s’élargit en voyant l’expression ennuyée apparaître sur le visage de son fiancé qui répondit néanmoins :
« Dresse une feuille de route et après, je raye ce qui me convient pas, ça te va ? »
« Allez, mange au lieu de dire des bêtises » et elle déposa son assiette sur la table avant de s’installer en face de lui. Le petit-déjeuner se passa dans la bonne humeur et une demi-heure plus tard, Steve montait dans son pick-up pour rejoindre le QG alors que Kelly montait dans sa voiture pour se rendre à l’école…
Quand le seal arriva, son équipe le regardèrent, un sourire aux lèvres. Il leur demanda en fronçant les sourcils :
« Quoi ? »
« T’es pas encore marié et t’arrives déjà le dernier… » sourit Danny. « C’était quoi ce matin ? Des pancakes ? Des… »
« Des œufs au bacon... » répliqua Steve en souriant.
« A ce régime, tu vas bientôt perdre tes tablettes, boss » dit Kono.
Steve fit la moue et demanda :
« Bon, alors, vous avez eu le rapport de Charlie ? »
« Oui » répondit la jeune Asiatique. « La balle est une 45 ACP »
« Un colt 1911 » conclut Steve.
« Une arme des plus communes sur le marché civil » dit Chin.
« On a commencé à répertorier les propriétaires de cette arme » dit alors Danny.
« Ca donne quoi ? » demanda Steve.
« Pour l’instant, pas grand-chose. »
« OK, continuez vos recherches. »
« Steve, tu trouves pas bizarre que Logan n’ait pas identifié notre suspect ? Tout semblait concorder pourtant : le portrait fait par Chavez, l’embout métallique…» dit Chin.
« Peut-être qu’on s’est laissé justement influencer par cet embout qui pouvait se trouver sur les lieux sans pour autant que Gago ait quelque chose à y voir ? » répondit le seal.
« Oui mais ce serait pas le premier à vouloir faire justice lui-même… » dit Kono.
« Pas faux » rétorqua Danny.
« Chin, peux-tu voir si Logan aurait déclaré une telle arme ? »
Et peu de temps après, Chin s’exclama : « Bingo ! »
« Je demande un mandat d’arrêt » dit Steve en prenant son portable et en ordonnant : « Danny, on y va. Kono, continue les vidéos surveillance et Chin, vois ce que tu peux trouver sur Logan. Cette histoire n’est peut-être pas un simple malheureux concours de circonstances…»
Ils se rendirent donc chez lui mais il n’était pas là et sa maison fut placée sous surveillance. Ils passèrent aussi à son bureau mais personne ne l’avait vu depuis la mort de sa femme…