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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
"C'est d'accord... Du moment qu'il dort beaucoup... Je ne veux pas qu'il gâche le temps un peu spécial que je vais passer avec ma magnifique femme."
"Un peu spécial ?"
"Oui... Tu n'auras pas à porter beaucoup de vêtements, cela dit !"
Il se pencha en avant et chuchota avec envie : "En fait... J'ai prévu que nous soyons le moins vêtus possible."
"Sully !" s'exclama Michaela avec embarras, malgré la lueur dans ses yeux.
"Juste toi et moi, Michaela... faisant ce que la nature a prévu..."
Il l'attira contre son torse et les bras de Michaela l'entourèrent automatiquement.
"Si tu es d'accord." ajouta-t-il en souriant.
Elle le regarda à nouveau dans les yeux.
"Eh bien..." traîna-t-elle pour le taquiner. "Si tu ne peux pas faire mieux," conclut-elle doucement avec un sourire coquin avant d'essayer de ne pas éclater de rire.
Il lui lança un regard de regrets.
"Eh bien, si tu ne veux pas," dit-il, faisant semblant d'être blessé.
Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa.
"Oh, je le veux," affirma-t-elle. "Beaucoup... En fait, je suis très impatiente... Tu penses que cela dérangerait les enfants si nous montions directement dans notre chambre ?"
"Je crois que ça n'a pas d'importance si c'est également ce qu'ils font..." conseilla-t-il avec un sourire.
"Le feu est allumé... Nous pouvons étendre la couette sur le sol... et se tenir au chaud."
"Oh, j'ai déjà assez chaud," le rassura Michaela.
"Très chaud." Dit-il.
Elle lui prit la main.
"Viens," dit-elle avec urgence avant d'ouvrir la porte et de le précéder à l'intérieur.
Chapitre 23 :
Michaela souleva le couvercle de la boîte en carton et y jeta la rose déplaisante avec les autres, qui avaient atteint un degré varié de détérioration.
Après son voyage à Denver, elle avait décidé qu'elle ne pouvait plus continuer à accepter les roses sans rien dire, car son consentement muet représentait peut-être un message qu'elle ne voulait pas envoyer à Adrian.
Avec la rose d'aujourd'hui, blanche cette fois, le total s'élevait à huit roses, en deux semaines.
Elle inspira profondément et avec nervosité.
Et aujourd'hui, elle comptait faire quelque chose.
Elle laissa la boîte sur la table d'examen et marcha rapidement vers son bureau où elle prit un bout de ficelle et une lettre pliée dans un tiroir.
Elle revint vers la table, posa la lettre sur les roses et remit le couvercle en vitesse afin de ne pas changer d'avis.
Elle coupa deux longueurs de ficelle et fit le tour de la boîte pour que le couvercle ne tombe pas.
Comme si elle était empoisonnée, elle prit la boîte, retourna à son bureau, la posa dessus et s'affala dans sa chaise, se sentant soudain bien moins sûre d'elle.
D'après ses expériences passées, elle savait que sa réaction allait prendre l'une des deux directions possibles et, bizarrement, elle avait peur des deux.
Elle avait eu des doutes déchirants quant au contenu de la lettre durant plusieurs jours, essayant de trouver les bons mots dans sa tête avant de les coucher sur le papier.
De nombreuses fois, elle avait déchiré le papier avec dégoût et l'avait jeté dans la corbeille, avant de recommencer à nouveau.
Comment faut-il se comporter avec quelqu'un qui semble inconscient du dégoût que vous lui portez, qui continue sans relâche, malgré les protestations et le manque évident d'intérêt que vous avez pour lui ?
Comment faut-il agir avec quelqu'un qui peut passer du prétendant impatient à un homme violent en un clignement de paupières ?
Personne ne savait ce qu'elle avait vécu il y avait des années, même pas ses parents ni Miriam.
Même si les incidents avaient été brefs et heureusement pas débilitants, ils lui avaient fait peur, mentalement en tout cas.
Elle en était bien consciente.
Si seulement Sully savait qu'Adrian était l'une des raisons pour lesquelles elle avait été si hésitante à être près de lui au début.
Durant ces dernières semaines, elle avait caressé l'idée de tout dire à Sully, mais avait à chaque fois changé d'avis.
Parfois, elle se disait qu'elle était ridicule – il était son mari et donc, il devrait savoir.
D'autres fois, elle évitait la confrontation évidente, à la fois entre elle et Sully et ensuite entre Sully et Adrian, car elle savait, aussi sûrement que le soleil se lève chaque matin, que tôt ou tard, les deux hommes se rencontreraient.
Elle avait vu et apprécié le côté protecteur de Sully dans le passé et donc, elle savait de quoi il était capable pour la défendre...
C'est pour cela qu'elle avait décidé de rester passive au début.
Son regard se fixa sur la boîte posée sur son bureau devant elle.
Dans sa lettre, elle informait Adrian, aussi poliment que possible, qu'elle n'appréciait pas ses attentions, qu'elle était une femme mariée épanouie et heureuse et qu'elle comptait le rester; bien que les roses soient jolies, elle ne les accueillait pas comme une femme célibataire le ferait peut-être, et elle disait qu'elle n'aimait pas que quelqu'un entre dans la clinique alors qu'il était évident qu'elle était fermée aux étrangers.
Elle se radossa à sa chaise et fronça les sourcils.
Elle ne savait toujours pas comment il faisait cela.
Chaque fois qu'elle quittait la clinique, elle s'assurait que la porte de devant et celle de derrière soient bien fermées, que les fenêtres soient baissées, et pourtant, lorsqu'elle revenait, la rose était sur son bureau.
C'était comme s'il avait une clef !
Mais ce n'était pas possible.
Il y avait seulement quatre clefs au total.
Andrew et Colleen en avaient chacun une, puisque la clinique était leur maison. Elle portait toujours la sienne dans la poche de sa jupe et la quatrième était dans un tiroir du buffet à la maison, au cas où Sully aurait besoin d'entrer ou quoi que ce soit.
Se sentant paranoïaque, elle avait même vérifié dans le buffet pour voir si elle y était toujours, ce qui était le cas.
Donc, comment entrait-il ?
Elle aurait aimé trouver une excuse pour faire changer les serrures, une excuse qui n'éveillerait pas la suspicion de sa fille et de son gendre, ou même de Sully, mais elle n'avait rien trouvé.
Elle jeta un autre coup d'oeil au déplaisant paquet.
Maintenant, tout ce qui lui restait à faire, c'était de trouver l'opportunité pour frapper.
Le moyen par lequel elle allait délivrer le paquet au Château l'avait inquiété pendant un moment.
La dernière chose qu'elle voulait, c'était qu'un membre de la famille le fasse.
Elle ne pouvait seulement qu'imaginer la réaction d'Adrian si c'était quelqu'un qui lui était proche qui lui remettait le paquet en mains propres.
Non, ce serait bien mieux si c'était quelqu'un de complètement neutre qui le faisait et qui considérait cela comme normal.
Durant environ une heure, Michaela essaya de se concentrer sur ses patients et leurs dossiers, mais elle surveillait souvent l'horloge, attendant. Enfin, le coup tant attendu fut frappé à la porte et Freddy McFarlane passa la tête dans la pièce.
"Je peux entrer, Dr Mike ?" demanda-t-il. "J'ai votre courrier..."
Elle bondit de sa chaise.
"Bien sûr, Freddy," répondit-elle avec un sourire.
Le jeune homme entra, lui tendit une petite pile de lettres et un paquet, puis, comme il le faisait toujours, il balaya furtivement la pièce du regard.
Michaela ne put s'empêcher de sourire.
"J'ai bien peur qu'elle ait accompagné Andrew au Château ce matin... pour aller voir Myra," expliqua Michaela, sachant parfaitement la personne qu'il cherchait.
Il rougit, comme toujours.
Il haussa les épaules et marmonna : "Oh, eh bien..."
Il se tourna pour partir, mais Michaela l'appela : "Ah, Freddy... Pensez-vous aller au Château aujourd'hui ?" demanda-t-elle, aussi nonchalamment que possible.
Il se tourna vers elle.
"Probablement cet après-midi, Dr Mike... Horace aime que j'attende le train de l'après-midi et ensuite, je rassemble tout le courrier et les paquets..." répondit-il.
Elle hocha la tête et demanda : "Je me demande si vous pouviez faire quelque chose pour moi..."
"Bien sûr, ce que vous voulez," répondit-il tout de suite.
Elle inspira profondément, se tourna vers le bureau et prit le paquet.
"Pourriez-vous... remettre ceci à Mr Tilson pour moi ?" demanda-t-elle.
Il vint immédiatement prendre le paquet.
"Pas de problème," répondit-il.
"J'aimerais qu'il lui soit remis en personne, si c'est possible..."
"S'il est là-bas, je m'assurerai qu'il l'ait, Dr Mike," répondit Freddy.
Il câla le paquet sous son bras.
"Je ferais mieux d'y aller... Horace se demande où je suis quand je m'attarde..."
Il sourit, lui dit au revoir et sortit de la clinique.
Alors que la porte se refermait, Michaela s'assit dans sa chaise.
Oh mon Dieu, qu'avait-elle fait ? Qu'allait être sa réaction ?
Un coup soudain à la porte la ramena dans le présent, elle lissa en hâte sa jupe, passa une main dans ses cheveux et tenta de sourire avant d'ouvrir la porte pour accueillir le prochain patient.
"Est-ce que ça va, Michaela ?" demanda un Sully inquiet, assis en face d'elle à l'heure du déjeuner, dans le restaurant de Grace.
"Oui, oui... bien sûr," répondit-elle en se redressant sur sa chaise et en souriant.
Il fronça les sourcils.
"Tu ne sembles pas être toi-même... comme si tu t'inquiétais au sujet de quelque chose," dit-il.
"Je vais bien... peut-être un peu fatiguée... J'ai eu du travail à la clinique ce matin," expliqua-t-elle sans vraiment de conviction.
"Tu en fais trop, n'est-ce pas ?" demanda-t-il avec inquiétude. "Je suis sûr qu'Andrew..."
"Andrew en a assez à faire," coupa-t-elle. "Je vais bien... Je vais me reposer cet après-midi, à la maison..."
"Mais tu dois encore travailler demain matin," dit Sully.
"Et je serai en pleine forme d'ici là..." conclut-elle avec détermination.
Réalisant qu'il n'allait pas pouvoir en apprendre davantage en lui posant ce genre de questions, il s'adossa à sa chaise.
"Donc, tu vas y retourner cet après-midi ou tu as fini le travail pour la journée ?" demanda-t-il avec espoir.
Elle soupira.
"J'ai terminé pour aujourd'hui... Donc, dès que nous avons fini notre repas, nous pouvons rentrer à la maison..."
Quelque chose derrière lui attira son attention et elle sourit.
Sully se retourna pour voir qui elle regardait et revint face à elle avec les yeux brillants.
"On dirait que les choses s'améliorent," dit-il avec satisfaction.
Michaela regarda Jake et Teresa Slicker, bras dessus, bras dessous, se diriger vers une table.
Jake tira une chaise et aida sa femme à s'asseoir.
Il était évident qu'ils étaient bien plus proches qu'auparavant.
Lorsqu'ils commencèrent à bavarder, le barbier ne put s'empêcher de tendre la main pour la poser sur celle de Teresa et elle lui fit un sourire chaleureux en retour.
"Oh... J'espère vraiment que tout est arrangé," soupira Michaela avec préoccupation. "Je me faisais du souci au sujet de leur bébé qui n'arrivait pas... Ils sont mariés depuis plus d'un an..."
"Eh bien, si le fait de se rapprocher aide, alors ils sont sur la bonne voie,' songea Sully. "Je ne serai pas surpris si ça arrivait bientôt..."
"Qu'est-ce qui te fait dire ça ?"
Il haussa les épaules.
"Parfois, je crois que les choses arrivent d'une certaine façon parce qu'elles doivent suivre un schéma précis... Comme par exemple, si Teresa avait été enceinte alors qu'ils ne se comprenaient pas très bien tous les deux, avoir le bébé aurait peut-être empiré les choses... Maintenant, si ça arrive, ils pourront en parler ensemble... et comprendre encore mieux ce qui leur arrive," expliqua Sully. "Je pense que les Esprits le prévoient de cette façon quelques fois."
Michaela tendit la main et la posa sur la sienne.
"Tu vois les choses si clairement parfois, Sully... et pourtant, si différemment de beaucoup d'autres..."
Elle se pencha en avant. "Et je t'aime pour ça," ajouta-t-elle.
Il sourit et lui caressa la main.
"Le sentiment est réciproque," répondit-il.
Il la regarda un moment et, les yeux étincelants, murmura : "Après-demain, Michaela... C'est notre anniversaire... Juste toi et moi..."
Ses yeux prirent une lueur de séduction qui lui coupa le souffle, elle rougit et hocha la tête.
"Est-ce que tu as prévu ce que nous allons faire ?" demanda-t-elle doucement.
"Oui... Je me suis occupé de tout..."
Il leva doucement sa main à ses lèvres.
"Espérons que ce beau temps va durer... Parce qu'une partie de mes plans seront gâchés si ce n'est pas le cas."
Michaela sourit.
"Cela n'aura pas d'importance pour moi, Sully... Nous pouvons tout aussi bien rester à la maison... Du moment que je peux passer la journée entière avec toi, à fêter cela..."
"C'est ce que nous allons faire, Michaela... célébrer," répondit Sully d'un air charmeur.
Tandis que Grace s'approchait pour prendre leur commande, il se redressa sur sa chaise et libéra la main de sa femme. "
Je suis affamé... Qu'y a-t-il de bon à manger, Grace ?"
La propriétaire du restaurant rit et le regard qu'elle porta sur le couple assis laissait bien savoir qu'elle avait une idée de ce qui s'était passé à cette table.
"D'accord..." annonça-t-elle avec un grand sourire. "Assez de tout ça... Je suis une femme occupée... Le plat du jour est du poulet fri."
Freddy stoppa le buggy dans l'avant-cour du Château, sauta à terre et se dirigea à l'arrière pour prendre les nombreux paquets et le courrier qui devaient être livrés au bureau de l'entrée.
Il repéra le paquet du Dr Mike et décida de faire un autre voyage avec celui-là pour qu'il ne le confonde pas avec les autres.
A l'intérieur, il donna le courrier à Josiah au bureau et retourna au buggy pour le paquet du Dr Mike.
L'employé fut évidemment surpris de le voir réapparaître dans l'entrée quelques minutes plus tard.
Freddy expliqua : "Le Dr Mike veut que je donne ceci à Monsieur Tilson... Est-il par ici ?"
Josiah tendit la main vers le paquet. "Je lui donnerai," offrit-il avec amabilité.
"Elle a dit que s'il était ici, je devais lui donner en personne," répondit Freddy.
Josiah hocha la tête et se retira dans le bureau derrière la réception.
Adrian apparut presque immédiatement.
"Vous avez quelque chose pour moi, jeune homme ?" demanda-t-il avec un sourire ravi. "De la part du Docteur Mike vous avez dit ?"
Freddy hocha la tête.
"Oui monsieur... Elle m'a demandé de l'apporter ici..."
Freddy tendit le paquet au directeur qui le prit avec impatience.
Oubliant qu'il avait deux spectateurs, Adrian retira avec hâte la ficelle et souleva le couvercle de la boîte.
Dès qu'il en vit le contenu, sa mâchoire se serra et ses yeux se plissèrent avec colère.
Il prit rapidement la lettre et referma le couvercle.
Levant les yeux, il réalisa qu'il avait un public intéressé.
"Qu'est-ce que vous regardez comme ça tous les deux ?" lança-t-il avec colère. "Je suis certain que vous avez beaucoup de travail à faire."
Les deux jeunes hommes rougirent et s'en allèrent rapidement.
Alors que Freddy descendait les marches du Château, baigné par le soleil, il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions sur le contenu du paquet.
Il aurait pu jurer qu'il avait vu des fleurs !
Quel genre de femmes offrait des fleurs à un homme qui (et c'était pire) n'était pas son mari ?
Il ne connaissait le Dr Mike depuis longtemps, mais il pensait qu'il en savait assez à son sujet pour savoir qu'elle ne ferait jamais quelque chose d'incorrect.
Donc, soit il se trompait ou soit il se passait quelque chose de très étrange, quelque chose qu'il ne comprenait pas.
Tout cela était en rapport avec le regard méchant, presque effrayant, qu'avait eu Mr Tilson en ouvrant le paquet.
Freddy secoua la tête.
Il n'avait pas aimé cet homme à l'instant même où il l'avait rencontré, mais il aurait aimé savoir pourquoi il avait eu ce sentiment.
"La journée est presque trop belle pour avoir à travailler," gémit Michaela alors qu'elle et Sully entraient dans la clinique le matin suivant.
"C'est certain," acquiesça Sully. "Tu n'es pas obligée de travailler," la taquina-t-il.
Michaela fronça les sourcils et sourit. "Je te connais," répondit-elle. "C'est le seul matin de la semaine où Colleen et Andrew ont l'occasion de faire quelque chose ensemble."
Sully hocha la tête avec résignation. "Je vais installer William à l'étage pour toi... Et, j'irai chez Matthew ensuite," l'informa-t-il.
Il commença à monter les escaliers, mais fut arrêté par Hank qui criait avec urgence : "Michaela ! Michaela !"
Le tenancier du saloon ne prit pas la peine de faire tinter la cloche ni même de frapper.
Il ouvrit simplement la porte en grand et entra en poussant un soupir en la voyant.
"J'attendais votre arrivée," dit-il avec une pointe de colère dans la voix. "Il faut que vous veniez à la Pépite d'Or, avec votre sac."
"Est-ce que quelqu'un est blessé, Hank ? Ou malade ?" demanda immédiatement Michaela en prenant son sac médical et en suivant Hank.
"Mais je ne veux pas que vous en fassiez toute une affaire, Michaela," l'avertit-il alors qu'ils esquivaient un chariot bien rempli dans la rue agitée.
"L'une de mes filles est blessée, c'est tout... Ce n'est pas très méchant... Mais j'ai pensé que vous pourriez y jeter un coup d'oeil."
Sans autre explication, il la conduisit jusqu'au fond du saloon et lui fit monter quelques marches qui donnaient sur un étroit couloir de portes fermées avec une fenêtre au fond.
Vers le milieu du couloir, il s'arrêta, frappa à la porte et entra.
Il se tourna et recula pour que le médecin puisse voir sa nouvelle patiente.
Michaela eut le souffle coupé lorsqu'elle vit l'état de la jeune femme, assise avec découragement sur l'un des bords du lit défait.
Elle détendit ses traits pour rester neutre et s'avança rapidement vers elle mais elle ne put s'empêcher de s'exclamer en voyant le visage de la jeune femme : "Qui vous a fait ça ?"
La jeune femme haussa les épaules et Hank la réprimanda de derrière : "Je vous ai dit de ne pas vous occuper de ça, Michaela... Sophie ira très bien... Essayez juste de... de la réparer du mieux que vous pouvez."
"Ce n'est pas une chaise cassée, Hank !" s'exclama Michaela, furieuse. "Je ne peux pas seulement la 'réparer' et je suis celle qui doit dire si elle ira bien ou non... Elle a plusieurs bleus sérieux et cette coupure aura peut-être besoin de points de suture."
Elle commença précautionneusement à examiner le visage de cette pauvre femme qui avait apparemment été battue.
Son oeil droit était presque fermé tellement il était enflé et le gonflement formait un mélange de rouge et de violet.
Sa paupière était si défformée qu'elle n'était pas reconnaissable.
Elle avait une coupure sur le haut de la joue gauche, peut-être dûe à une bague, et la peau autour était également meurtrie et enflée.
Sa lèvre était coupée, ce qui lui donnait un côté asymétrique, et elle avait des marques de doigts noires et bleues sur les épaules et le haut des bras.
Michaela grimaça et demanda à Sophie avec inquiétude : "Est-ce tout ce qu'il vous a fait ? Il n'a pas..." Sophie secoua immédiatement la tête et Michaela soupira de soulagement.
Elle demanda ensuite : "Qui vous a fait cela ? Il devra être jugé pour cela..."
Sophie grimaça et répondit : "Ce n'est rien, Dr Mike..."
"Rien !" s'exclama-t-elle. "Il vous a frappé, violemment !"
"Je ne dirai rien," affirma Sophie avec obstination. "C'est un client régulier et il paye bien..."
"Donc cela excuse tout ?" demanda Michaela.
La jeune fille haussa à nouveau les épaules.
"Cela n'est jamais arrivé avant... En fait, il me traite très bien d'habitude..."
Elle gémit lorsque Michaela étudia sa pommette gauche, puis elle respira profondément.
"Quelque chose l'avait agacé avant qu'il ne vienne ici hier soir... Il était très en colère..."
"Et il s'est défoulé sur vous," ajouta Michaela avec dégoût.
Sophie baissa les yeux et murmura "ça n'arrivera probablement plus... Comme j'ai dit... Il n'avait jamais été comme ça avant..."
Michaela soupira.
"Peut-être qu'il va y prendre goût," dit-elle.
Elle regarda Hank. "Vous savez qui a fait ça ?" demanda-t-elle d'un ton péremptoire.
"Je connais tous mes clients," répondit-il dans le vague.
"Donc, qu'allez-vous faire ?" demanda-t-elle.
"Comme Sophie l'a dit... ça ne se reproduira certainement plus..."
"Et si vous vous trompez ? Et s'il la mutile la prochaine fois ? Ou pire ?"
Hank garda les mâchoires serrées.
"Je vous ai dit de ne pas vous en mêler... Et je le pense vraiment... C'est mon affaire," dit-il avec un air de menace.
"Vous ne pouvez pas le laisser s'en sortir comme ça !" s'exclama-t-elle en ne tenant pas compte de son regard noir.
"Vous n'en savez pas assez, Michaela..."
"Je sais que si c'est quelqu'un qui peut faire ça... juste parce qu'il est en colère, ce n'est pas le genre de personnes que vous devriez avoir par ici... Surtout s'il veut...euh... s'associer avec vos filles," répondit-elle avec force.
Conscient de la situation précaire de Myra en tant que nouvelle employée au Château et étant au courant de la position de l'auteur de ce méfait, Hank marmonna pour l'avertir : "Les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'elles le paraissent, Michaela..."
"Et pourquoi cela ?" demanda-t-elle. "Il a violé la loi... ça me semble plutôt simple... Et l'on devrait faire quelque chose contre cela..."
Elle tenta une nouvelle fois avec Sophie.
"Pourquoi ne me dites-vous pas qui vous a fait cela pour que nous puissions envoyer un télégramme au marshal fédéral ?"
Sophie secoua la tête.
"Je vous l'ai dit, Dr Mike... Il paye très bien et... je l'aime bien," répondit-elle.
"Quelque chose a provoqué ça chez lui... Mais ce n'était pas moi... Et je ne vais rien faire... Je suis d'accord avec Hank, laissez les choses comme elles sont."
"Mais vous ne voyez pas ? Il a défoulé sa colère sur vous... Vous n'avez aucun moyen de savoir ce qu'il va faire ensuite... ni quand..." la supplia Michaela, consciente qu'elle livrait un combat perdu d'avance.
Hank en avait assez.
"Ecoutez, Michaela... Le sujet est clos. Vous ne connaissez pas tous les faits. Allez-vous finir d'aider Sophie ou est-ce qu'on doit attendre Andrew ?"
Michaela soupira d'exaspération.
"Elle aura besoin de repos, Hank," dit-elle sur un ton de défaite. "Je ne vais pas recoudre la coupure, mais le pansement aura besoin d'être régulièrement changé... Et un bon bain chaud devrait soulager quelques douleurs et des raideurs dûes aux bleus."
Pensant recevoir une nouvelle réponse négative, Michaela fut surprise lorsqu'il acquiesça d'un hochement de tête.
"Alors, vous êtes d'accord ?" ne put-elle s'empêcher d'ajouter.
Il hocha à nouveau la tête. "C'est vous le docteur," répondit-il. "Un bon docteur... Jusqu'à ce que vous commenciez à vous mêler de tout."
Elle secoua tristement la tête.
"Eh bien... Je dois dire que je suis un peu surprise... Je semble me souvenir d'un temps où vous auriez forcé Sophie à retourner au saloon la nuit même... Avec le visage gonflé et tout ce qui va avec..."
Il haussa les épaules sans s'en rendre compte.
"Peut-être que j'ai appris certaines choses avec les années..."
Elle se leva et s'étira ses jambes qui s'étaient endormies à force d'être agenouillée devant sa patiente.
Elle jeta alors un coup d'oeil dans la chambre de la jeune femme.
"Hum... Les logements se sont améliorés aussi," remarqua-t-elle presque pour elle. "Il était temps."
"Ecoutez, si vous restez là à me critiquer, moi et la Pépite d'Or, vous pouvez partir," grogna-t-il les dents serrées. "C'est mon établissement, et je le dirige comme bon me semble."
Elle leva les sourcils et dit avec désinvolture : "Mais ce n'était pas une critique, Hank... J'étais juste surprise qu'après toutes ces années vous ayez fait des améliorations... Je ne fermerai certainement jamais les yeux sur les activités qui se déroulent ici, mais je suis contente que les filles aient au moins de meilleures conditions de travail maintenant..."
Il poussa un soupir exagéré.
"Très bien... Vous avez fait votre discours ? C'est fini maintenant ? Je veux dire, avec Sophie ? Je sais que vous n'avez jamais fini de parler," dit-il d'un ton sardonique.
Cette fois, les mâchoires de Michaela se serrèrent.
"Oui, j'en ai fini pour maintenant... Mais je crois toujours que quelque chose devrait être fait contre l'homme qui a fait cela... Si jamais je découvre qui il est..." Sa voix traîna.
"Alors quoi ?" railla Hank.
Il se recula et lui montra la porte.
"Venez... J'en ai assez de vos manières guindées..."
Tandis que Michaela le suivait dans le couloir, il se tourna vers Sophie. "Je vais chercher Berta pour qu'elle te prépare un bain chaud... Peut-être que ses huiles te feront du bien..."
Il referma la porte et demanda à Michaela de le suivre alors qu'ils traversaient le couloir pour sortir du saloon.
Chapitre 24 :
Elle sortit de l'impressionnant hall de la bibliothèque de l'université, avec une pile de lourds ouvrages médicaux dans les bras, et soupira d'exaspération lorsqu'elle vit la pluie.
De la bruine et un ciel gris : un temps typique de Philadelphie !
C'est pour cela qu'elle n'était pas impressionnée par la pensée de faire un trajet de deux immeubles sans parapluie.
Elle blottit les livres contre sa poitrine, baissa la tête et passa sous le portique de marbre ; le sol était glissant à cause de la pluie et de la boue que les gens amenaient avec eux.
Elle atteignit les marches menant au trottoir et elle hésita.
Elle savait que ses bottes en cuir glissaient facilement sur les marches de pierre lisse et, à cause des livres qu'elle tenait sous le bras, elle ne pouvait pas se tenir à la rampe de fer.
Elle inspira profondément et commença à descendre les marches lorsqu'on lui donna un imperceptible coup de coude par derrière.
Elle eut presque l'impression que ses pieds allaient lâcher prise.
Durant une seconde, la sensation de ne rien sentir la fit paniquer, son coeur s'accéléra tandis qu'elle réalisait qu'elle allait violemment s'écrouler sur les marches de marbre.
Les livres médicaux dans son bras volèrent dans les airs et elle atterrit sur les marches avec un bruit sourd et un craquement d'os.
Puis, emportée, elle dégringola une autre marche, puis encore une autre.
Ses bras et ses jambes se tordirent et elle ressentit des douleurs atroces dans les genoux, le dos, les hanches et les coudes.
Elle cria et gémit de douleur et de colère.
Puis, le silence retomba, comme si le monde autour d'elle s'était arrêté.
Comme si elle pouvait le voir, elle était consciente que quelqu'un se tenait derrière elle, en haut des marches, sous le portique, quelqu'un qui l'avait calmement regardé tomber, glisser et s'écraser sur le trottoir.
Sa chute prit enfin fin, mais chaque os de son corps l'élançait très fort et elle n'arrivait pas à reprendre son souffle.
Elle leva les yeux, juste à temps pour le voir lui tourner cruellement le dos avant de partir, et elle savait !
Sa respiration se bloqua dans sa gorge et la peur remplaça les douleurs de son corps.
Elle avait besoin de quelqu'un pour l'aider et elle hurla, encore et encore, car elle savait que la seule personne qu'elle connaissait ne la laisserait pas tomber... "Sully ! Sully ! Aide-moi !"
"Chut... chut... Michaela... Tout va bien... C'était juste un mauvais rêve," la consola Sully, réveillé par ses déchirants cris d'angoisse.
Toujours désorientée, elle s'agrippa à lui et gémit : "Il m'a poussée, Sully... Il m'a poussée..."
Il la serra contre lui et lui caressa tendrement les cheveux.
"C'était un cauchemar, Michaela," répéta-t-il doucement, inquiet par le tremblement de ses bras. "Personne ne t'a poussé... Tu es à la maison, au lit... C'était juste un rêve," fredonna-t-il.
En retour, elle inspira profondément et le regarda, les yeux brillants de larmes, mais avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, un long gémissement se fit entendre au pied du lit, dans le berceau.
Elle se redressa dans le lit et s'exclama avec anxiété : "Oh mon Dieu, je lui ai fait peur."
Elle était sur le point de bondir hors du lit lorsque Sully l'arrêta.
"Ce n'est rien... Je vais le chercher, reste ici," dit-il en passant les jambes hors des draps pour aller vers le berceau.
Il prit William dans les bras et le blottit avec amour contre son torse nu.
"Tout va bien, petit bonhomme," dit-il doucement. "Tout va bien... Maman a fait un mauvais rêve, c'est tout..."
Il revint vers le lit et tendit le bébé à Michaela qui lui tendait les bras.
Elle le serra immédiatement contre elle et le berça pour l'apaiser.
"Je suis désolée," murmura-t-elle. "Je suis désolée mon coeur, je ne voulais pas te faire peur..."
Petit à petit, les pleurs du petit se transformèrent en hoquets et sa respiration rapide ralentit.
"C'est ça," dit-elle. "Rendors-toi, mon amour... Tout va bien..."
Elle jeta un coup d'oeil à Sully qui la regardait intensément grâce au clair de lune.
"Quelle heure est-il, d'après toi ? Est-ce qu'il va vouloir boire du lait si tôt ?"
Sully secoua la tête.
"Le soleil ne s'est pas encore levé... Même s'il ne va pas tarder... Il devrait dormir encore un peu..."
Il se pencha et tendit les bras vers le bébé.
"Viens, donne-le moi... Comme ça, tu pourras te prélasser sous les couvertures un peu plus longtemps."
Michaela regarda le visage paisible de son minuscule fils.
"Est-ce que tu crois que ça va aller ?" demanda-t-elle, inquiète.
Sully sourit.
"Bien sûr que oui... Si le fait de se réveiller en plein milieu de la nuit de temps en temps est la seule chose qu'il ait à craindre, ce n'est rien..." la rassura-t-il. "Maintenant, donne-le-moi..."
Michaela embrassa son petit front et le donna à Sully qui le posa sur son torse.
Une fois installé, il entoura d'un bras son petit garçon qui s'était rendormi et étendit son autre bras vers Michaela, l'invitant à venir se blottir contre lui.