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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Par conséquent, lorsqu'ils furent prêts à partir, elle était de nouveau elle-même, remerciant tout le monde de tout coeur pour leur participation à l'anniversaire de Katie.
Elle enlaça Grace.
"Merci encore pour toute votre aide," dit-elle en souriant. "Katie a passé un incroyable moment..."
Elle jeta un coup d'oeil à sa fille qui s'était endormie dans les bras de son père, avec son nouveau chapeau posé de travers sur sa tête.
Grace rit.
"Nous avons tous passé du bon temps, Dr Mike... Il n'y a rien de plus beau que de voir un petit bout s'émerveiller pour son anniversaire, ou à Noël... ça réchauffe l'âme," répondit-elle.
Elle hocha la tête vers Katie et rit.
"Je crois qu'elle va bien dormir ce soir !"
Michaela sourit.
"Je pense que vous avez raison... Même si elle voudra probablement continuer à faire la fête après sa sieste," répondit Michaela avec indulgence.
"Tout est dans le chariot," appela Matthew en approchant. "Vous êtes prêts ?"
Katleen, qui tenait William endormi dans les bras, les rejoignit et répondit à la place de Michaela : "Nous ferions mieux de rentrer à la maison... Une autre petite personne va aussi avoir besoin de beaucoup d'attention bientôt..."
Elle enlaça également Grace et poussa gentiment tout le monde vers le chariot.
Dorothy vint faire la queue devant la fenêtre du bureau du télégraphe tout en arrangeant mentalement les deux télégrammes qu'elle désirait envoyer.
Ce fut enfin son tour et elle fut presque soulagée de constater que ce serait le jeune homme, Freddy McFarlane, qui allait s'occuper d'elle.
Elle avait eu peur qu'Horace soit curieux à propos du contenu étrange des télégrammes, mais Freddy n'était pas en ville depuis longtemps et ne poserait aucune question sur l'information qu'ils contenaient.
Après qu'elle ait dicté les deux missives assez longues et que Freddy les lui ait relues, elle fouilla dans sa bourse et sortit les cinquante cents demandés.
"Merci, Freddy," dit-elle en souriant. "Ils partiront aujourd'hui, n'est-ce pas ?"
"Bien sûr, Mrs Jennings," répondit le jeune homme, réussissant à cacher sa curiosité envers ces étranges télégrammes.
Dorothy hocha la tête et se recula de la fenêtre tandis que Freddy s'installait devant le télégraphe.
Avant de le transmettre, il relut leur contenu une nouvelle fois.
Il semblait qu'il n'était pas le seul à être curieux, et peut-être même prudent, au sujet du propriétaire du Château.
Puis, il secoua la tête.
Peut-être que Mrs Jennings écrivait un article sur cet homme, même si elle se donnait beaucoup de mal pour si peu, si c'était le cas.
Il commença à taper les messages, le premier à l'éditeur du Philadelphia Post et le second à Mrs Rebecca Marchand, à Boston.
Tout en le faisant, son esprit s'agitait.
Lorsqu'il eut fini, il resta assis un moment, essayant de savoir s'il devait vraiment faire ce à quoi il venait de penser.
Enfin, il commença à envoyer un autre message – à son père, à St. Louis.
Peut-être que, pour une fois, la richesse et l'influence de son père allaient l'aider au lieu de le gêner.
Sully s'assit sur le tabouret devant la cheminée, dans leur chambre, et regarda Michaela se brosser les cheveux jusqu'à ce qu'ils brillent.
Préoccupé par le souci qu'il se faisait pour elle, il retira ses bottes et sortit sa chemise de son pantalon de daim.
Il avait espéré qu'elle dise quelque chose, n'importe quoi, au sujet de l'incident cet après-midi, mais elle avait complètement évité le sujet.
Le diable à ressort de Tilson était maintenant assis au milieu des jouets de Katie dans sa chambre et elle avait insisté pour jouer encore une fois avec avant de s'endormir.
C'était un cadeau très cher de la part d'une simple connaissance pour une enfant qu'il connaissait à peine.
Bizarrement, ce cadeau le rendait perplexe et pas en colère.
Il passa la main dans ses cheveux et observa Michaela avec inquiétude.
Quelque chose se passait et il était temps qu'il sache quoi.
Il inspira profondément et dit d'une traite : "Est-ce que tu vas me dire ce qui se passe, Michaela ?"
La brosse s'immobilisa dans ses mains, mais elle ne se tourna pas vers lui.
Enfin, elle dit doucement : "Ce qui se passe ?" avant de recommencer à se peigner.
"Tu sais ce que je veux dire..."
"Non, non... Je ne sais pas..." répondit-elle sans s'arrêter.
"J'ai vu ta tête cet après-midi..."
La brosse s'arrêta à nouveau.
"Je... Je... ne vois toujours pas ce que tu veux dire," dit-elle d'une voix étouffée.
"Quand Andrew a donné à Katie le cadeau de Tilson..." expliqua-t-il, commençant déjà à perdre patience.
"J'ai.... J'ai eu peur..." Elle recommença à se brosser les cheveux.
"Je ne veux pas dire 'après' que tu aies ouvert la boîte... Je veux dire lorsque tu as entendu que le cadeau venait de Tilson, avant même qu'il soit déballé..."
Elle posa la brosse sur la coiffeuse, mais refusa de se retourner.
"Tu t'imagines des choses, Sully," dit-elle, désormais bien moins sûre d'elle.
"Non... Je t'ai vue... Tu avais peur, Michaela... Pourquoi ?"
"Peur ?" demanda-t-elle, sceptique.
"Oui... C'était dans tes yeux... Comme s'il y avait quelque chose dans la boîte qui aurait pu blesser Katie... Qu'est-ce que c'était ?"
Elle inspira profondément.
Il vit ses épaules se lever et s'abaisser.
"Ce n'était rien, Sully," dit-elle, espérant désespérément qu'il allait vite changer de sujet.
"Ce n'est jamais rien quand ça implique ma fille, notre fille," répliqua-t-il, la voix un peu plus nerveuse qu'il ne l'aurait voulue.
Il se leva et s'avança jusqu'à elle avant de poser les mains sur ses épaules.
"J'ai besoin que tu me dises," l'incita-t-il. "Tu agis d'une façon bizarre depuis que cet homme est arrivé en ville."
Elle leva les yeux pour regarder son reflet dans le miroir et Sully eut le souffle coupé lorsqu'il vit qu'ils étaient remplis de larmes.
Il fit le tour et s'agenouilla devant elle.
"Que se passe-t-il ?" demanda-t-il à nouveau, d'une façon bien plus douce.
Elle détourna la tête, comme si elle avait honte.
Il tendit gentiment la main et la posa sur son visage pour la forcer à le regarder dans les yeux.
"Tu peux me le dire," l'implora-t-il.
Elle avala sa salive et essuya la seule larme qui s'était échappée et qui coulait sur sa joue en silence.
Enfin, elle murmura : "Il me fait peur, Sully..."
Il lui saisit les deux mains et les serra très fort.
"Est-ce qu'il t'a fait du mal ?" demanda-t-il, sentant déjà la colère monter en lui.
Elle secoua la tête et lâcha d'un ton évasif : "Nous nous sommes à peine rencontrés depuis qu'il est arrivé en ville..."
Il fronça les sourcils.
"Alors, pourquoi as-tu peur ?" demanda-t-il, déconcerté.
Elle fronça également les sourcils.
"C'est juste que... Il n'a rien fait... et si je te disais ce qu'il fait, tu penserais que je suis stupide de me sentir effrayée..."
"Je ne penserais jamais ça," répondit-il tout de suite.
"Cela ne te ressemble pas d'avoir peur pour un rien... Raconte-moi..."
Elle baissa le regard vers ses genoux. Puis, elle dit : "Il m'observe..."
"Il t'observe ?"
"Oui... J'ai le sentiment qu'il connait chacun de mes gestes quand je suis en ville... Il se tient sous le porche du saloon et il me regarde..."
Elle leva vers lui un regard empli de douleur.
"Est-ce que tu sais à quel point ça peut être dérangeant ?" demanda-t-elle, avec une pointe de colère.
Lorsqu'il secoua la tête, elle reprit sans s'arrêter : "Il n'était pas à Denver pour acheter des tissus, c'était une excuse, comme toutes les autres fois... Il m'observait, restait près de moi... Il avait l'habitude de le faire durant ma dernière année à l'université... Peu importe le nombre de fois où je lui ai dit que j'avais un prétendant à Boston... Il ne tenait même pas compte du fait que je rejetais sa compagnie lors du trajet jusqu'au pensionnat... ou lors de soirées mondaines... Il était toujours là, à m'observer et à venir vers moi..."
Elle secoua la tête, déjà désolée de s'être emportée.
"Tu vois, je te l'ai dit... Tu vas penser que je suis bête."
Il lui pressa les mains pour la rassurer.
"Je ne pense pas ça, Michaela... Comme je l'ai dit, tu n'es pas le genre de personnes à prendre quelque chose au sérieux si ça n'en vaut pas la peine..."
Il s'arrêta et réfléchit.
Il ajouta finalement : "Mais ça n'explique pas la façon dont tu as réagi à propos du cadeau... comme si tu avais peur qu'il y ait quelque chose qui blesse Katie..."
Elle baissa à nouveau le regard, hésitante à en dire davantage.
"C'est difficile à expliquer, Sully," dit-elle doucement.
"Essaye," la pria-t-il.
"Je... Je lui ai dit que je n'aimais pas ses attentions, il y a quelques jours..."
"Tu lui as dit ? Comment ? Tu as dit que tu lui avais à peine parlé ?"
"Je lui ai écrit un mot pour lui dire... J'ai pensé qu'il serait peut-être en colère," murmura-t-elle, le visage rouge.
"Assez pour s'en prendre à Katie ?" demanda-t-il avec incrédulité.
Elle haussa les épaules.
"Il est imprévisible, Sully... Je ne savais pas..."
"Donc, des choses se sont passées avant ?" demanda-t-il avec une voix qui contenait à nouveau une colère refoulée.
Elle hocha la tête.
"Je ne le comprends pas, Sully... Je suppose que c'est pour ça qu'il me fait peur..." admit-elle.
Sully se leva soudain et traversa la pièce pour se tenir devant le feu qui dansait, avant de se tourner vers elle.
"Tu veux que je lui parle ? Parce que je le ferai, si tu le veux..."
Elle secoua immédiatement la tête.
"Non, s'il te plaît, non... Après tout, qu'a-t-il vraiment fait ? Me regarder du porche du saloon, donner à Katie un cadeau très cher... Il ne va pas être expulsé de la ville juste pour ça..." affirma-t-elle, essayant d'ajouter de l'humour à la situation et passant consciemment à côté de l'histoire des roses.
Sully plissa les yeux.
"Je crois toujours qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas..."
Il s'avança vers elle. "Je t'écoute," offrit-il.
Elle secoua à nouveau la tête et se leva. "Je suis certaine qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter... Je vais juste devoir surmonter mon aversion pour cet homme," l'assura-t-elle avec un sourire. "Mais merci d'être aussi galant..."
Elle commença à poser sa robe.
"Tu es prêt pour aller au lit ?"
Le sujet était à nouveau clos.
Au moins cette fois, il avait quelques réponses, aussi maigres soient-elles.
Il allait continuer à garder un oeil sur ce Tilson... et à faire davantage attention à Michaela.
Si elle courait le moindre danger, il devait s'assurer qu'elle soit protégée.
Il ne savait pas encore comment il allait s'y prendre, mais la nuit lui porterait peut-être conseil.
Bien sûr, ce qu'il désirait le plus, c'était aller au Château et parler à cet homme en personne. Il n'avait aucun droit d'observer et de faire peur à sa femme. En vérité, il aurait aimé faire plus que parler.
Il serra les poings mais il devrait respecter la volonté de Michaela... pour le moment.
Il s'avança vers le berceau de William pour vérifier s'il était bien couvert et se tourna vers Michaela. "Oui, je suis prêt pour aller au lit," dit-il. "Couche-toi et je vais éteindre les lampes."
Chapitre 26 :
Michaela descendit les escaliers et pénétra dans la pièce principale de la clinique, en marchant à grandes enjambées, afin de prendre son sac.
"William est profondément endormi, Colleen," dit-elle. "Je vais chez Hank voir Sophie avant mon premier patient."
Elle ne s'arrêta pas et ouvrit la porte de la clinique.
"Je vais quand même rester attentive au cas où il se réveille, maman," l'assura Colleen en posant une bouteille en verre à moitié vide sur une étagère.
"Merci, Colleen," répondit Michaela. "Je ne serai pas longue."
Elle referma la porte et s'arrêta sur le porche, attendant que ses yeux s'ajustent à la lumière brillante du printemps.
Parce que c'était devenu une habitude, elle jeta un coup d'oeil vers le porche du saloon avant de descendre et de traverser la rue.
Bien sûr, Adrian n'était pas là.
Il n'était jamais si matinal.
Elle supposa qu'il était toujours occupé si tôt le matin au Château, mais elle n'allait certainement pas s'en plaindre.
Elle avait remarqué, les deux jours précédents, que le regard de Sully s'était dirigé vers le même endroit lorsqu'il l'avait déposée ici avant de se rendre chez Matthew et, bien sûr, son regard était d'autant plus perçant lorsqu'il venait la chercher pour le déjeuner car, la plupart du temps, Adrian était là et regardait.
Elle se sentait mieux depuis qu'elle avait confié certaines choses à Sully.
Elle se sentait plus légère en quelque sorte, même si elle éprouvait un peu de culpabilité à ne lui avoir pas tout dit.
Elle n'avait simplement pas pu.
Adrian était le frère de sa chère amie Miriam et, aussi longtemps qu'il ne ferait rien envers elle, elle ne trahirait pas son amie.
Elle attendit que quelques cavaliers passent et se dirigea rapidement et avec détermination vers le saloon.
Sophie aurait dû venir la voir pour une visite de contrôle la veille, mais elle avait manqué son rendez-vous et Michaela s'inquiétait pour elle.
Elle poussa les portes battantes et, en entrant, vit Hank appuyé contre le bar, comptant sa recette de la nuit dernière. Il leva les sourcils lorsqu'il la vit et lui demanda laconiquement : "Vous cherchez quelque chose, Michaela ?"
Elle s'arrêta et lui fit face. "Sophie n'est pas venue à sa visite de contrôle, hier, Hank," dit-elle avec une pointe d'accusation dans la voix.
Il haussa les épaules. "Sophie est une grande fille... Elle peut décider toute seule de ce genre de choses," dit-il avec désinvolture.
Michaela se mordit la langue et demanda aussi calmement que possible : "Est-ce que vous savez si elle est dans sa chambre ?"
"Je ne l'ai pas vue sortir ce matin," répondit-il. "Alors je crois que oui." Il s'inclina légèrement et lui indiqua avec un air moqueur qu'elle pouvait aller dans le couloir des chambres.
Elle ne répondit rien, hocha la tête et se remit à marcher.
Elle s'arrêta devant la chambre de la jeune femme, frappa légèrement et ouvrit la porte.
Sophie descendit maladroitement de son lit et enfila une robe légère.
"Ah... Dr Mike... Je ne vous attendais pas," marmonna-t-elle en se passant les doigts dans ses cheveux chatains, naturellement bouclés et en désordre.
"Eh bien... J'ai pensé que puisque vous n'étiez pas venue me voir, eh bien, ça serait moi qui viendrais," répondit Michaela en s'avançant dans le centre de la chambre.
Elle fut soulagée de constater que, même si Sophie avait été déconcertée par son arrivée imprévue, elle n'avait pas été agressée de nouveau.
Elle s'approcha de la jeune femme.
"Je voulais juste vérifier vos blessures... savoir si vous guérissiez, c'est tout," dit-elle gentiment.
Sophie s'affala sur le bord du lit.
"Je vais bien, Dr Mike," répondit-elle. "Très bien..."
Michaela s'accroupit et examina le visage couvert de bleus de la pauvre jeune femme.
Elle tendit la main et lui toucha doucement sa pommette, juste en-dessous de l'oeil, où un bleu avait finalement pris une étrange coloration jaune et marron.
"Les bleus s'améliorent, c'est sûr," murmura-t-elle. "Et apparemment, votre orbite n'a pas été touchée... Vous avez eu beaucoup de chance..."
"Combien de temps ça va prendre pour que les bleus s'en aillent, Dr Mike ?" demanda Sophie. "C'est plutôt moche..."
"Oh... Ça va probablement encore prendre une semaine," répondit Michaela avant de sourire.
"Ils vont encore devoir prendre plusieurs nuances de couleurs avant de disparaître complètement... Maintenant, laissez-moi voir cette coupure."
Elle releva délicatement le vêtement et hocha la tête d'approbation.
"Ça guérit très bien aussi..."
Elle se rappuya sur les talons et fixa Sophie dans les yeux.
"Je suppose que vous n'avez pas revu votre agresseur ?" demanda-t-elle.
La jeune femme détourna tout de suite le regard.
"Sophie... Il n'est pas revenu, n'est-ce pas ?" demanda Michaela avec inquiétude.
"Il est passé," répondit Sophie tout bas avant de se redresser.
"En fait, il est venu me dire qu'il était désolé... Il m'a même apporté des fleurs..."
Elle fit un signe de tête vers un vase de pâquerettes sur la coiffeuse.
"Il était vraiment très gentil... Il a promis qu'il ne me frapperait plus jamais..."
"Vous ne le croyez pas, n'est-ce pas ?" demanda Michaela avec incrédulité.
"Je n'ai pas de raisons de ne pas le croire," répondit Sophie avec un air de défi. "Comme j'ai dit... Il était très gentil... et vraiment désolé..."
"Mon expérience en tant que médecin me suggère qu'un homme qui a abusé... agressé une femme, est susceptible de recommencer... Peu importe le nombre de fois où il dit qu'il ne le refera pas," expliqua Michaela, le visage devenant rouge de colère.
"Ecoutez, Dr Mike... Je vous l'ai dit... Je l'aime bien, il me traite très bien," dit Sophie avec patience, baissant le regard lorsqu'elle vit le feu dans les yeux de Michaela.
"Il était vraiment fou, ce jour-là," continua-t-elle, "et quand il est venu ici, après, il n'était plus du tout le même homme... Il était calme, comme d'habitude."
Elle se leva soudain et traversa la pièce, nu pied, jusqu'au vase de fleurs sur la coiffeuse.
"Personne ne m'avait encore jamais offert de fleurs... Vous savez ce qu'on ressent ?" Elle se tourna pour regarder Michaela. "Bien sûr que oui... Mais moi non, jusqu'à ce que ça arrive..."
Elle serra sa robe autour d'elle, comme pour se protéger.
"Dans mon travail, il faut prendre le bien comme le mal," dit-elle d'une voix et d'une expression dure, pour anticiper les protestations de Michaela.
Michaela plissa les yeux.
Il semblait qu'elle ne pouvait pas dire grand chose pour convaincre la jeune femme que quelque chose devait être intenté contre son agresseur.
Elle se leva et prit son sac avant de dire avec résignation : "Promettez-moi de me le dire si... quand... il le refera à nouveau..."
Sophie serra les dents. "Ça n'arrivera plus, je vous l'ai dit..."
Michaela haussa les épaules.
"Pensez ce que vous voulez," dit-elle avec lassitude. "Mais vous pourriez vous éviter de traverser tout ça, vous savez..."
La jeune femme secoua la tête.
"Ce n'est pas comme ça que ça marche, Dr Mike... Vous ne savez rien de ce qui se passe ici... Vous, avec votre joli mari et vos enfants tout mignons..."
Elle sembla soudain regretter son ton de mépris.
"Je suis désolée... J'ai été grossière... Merci d'être venue... Mais ça va aller. Je peux retourner travailler maintenant ?"
"Je préfèrerais que non," répondit Michaela en fronçant les sourcils.
"Mais mon état ne m'empêche pas de le faire," finit Sophie avec satisfaction.
Michaela ne répondit pas.
D'une certaine façon, donner la permission à une fille d'aller vendre son corps allait contre tout ce en quoi elle croyait.
Elle ouvrit la porte et sortit, découragée.
Sully regarda Michaela traverser la rue jusqu'à chez Hank et disparaître derrière les portes battantes.
Elle lui avait raconté l'histoire de cette fille qui s'était faite frappée et elle lui avait dit qu'elle voulait vérifier son état aujourd'hui.
Il attendit pour voir si elle ne ressortait pas et, après quelques secondes, il gravit les marches du porche de la clinique et entra, sans frapper.
Colleen entendit les bruits de pas et la porte qui s'ouvrit et elle fit un grand sourire lorsqu'elle découvrit son visiteur.
"Hé, Sully !" dit-elle chaleureusement. "Maman vient juste de partir à la Pépite d'Or pour aller voir un patient."
Sully sourit à son tour. "Je sais, Colleen... Je l'ai vue partir..."
Il s'avança un peu plus dans la pièce. "En fait, c'est à toi que je voulais parler."
La jeune femme arrêta immédiatement de faire ce qu'elle faisait et s'approcha de lui.
"Vous avez l'air sérieux, papa... Quelque chose ne va pas ?"
Il haussa les épaules.
"Pour être honnête, je n'en suis pas sûr..."
Il s'appuya contre la table d'examen, les jambes croisées et inspira profondément.
"Tu... Tu vois beaucoup ce Tilson par ici ?" demanda-t-il avec hésitation.
Colleen plissa les yeux.
"Pas ici, dans la clinique..." répondit-elle "mais au saloon, presque tous les jours..."
Elle sembla réfléchir à cela.
"En fait, les jours où maman est en ville," ajouta-t-elle, comme si elle venait de réaliser ce fait.
"Donc, il ne vient pas ici ?" demanda à nouveau Sully, en la regardant fixement.
Elle fronça les sourcils en réfléchissant.
"Je l'ai vu de ce côté de la rue quelques fois... Mais maman n'était pas là..." songea-t-elle.
"Je l'ai vu un jour... Je revenais de l'atelier de Robert E... C'était comme s'il venait juste de sortir d'ici, mais quand je suis arrivée, la porte était bien fermée... J'avais dû me tromper..."
Elle se rapprocha de Sully.
"Vous vous inquiétez pour lui et maman, n'est-ce pas ?"
"Peut-être pas de la façon dont tu penses, Colleen," répondit Sully tout en réfléchissant à toute vitesse.
"Je ne pense pas que maman l'aime bien," suggéra Colleen.
"Qu'est-ce qui te fait dire ça ?"
Elle haussa les épaules.
"C'est la façon dont elle agit quand il est près d'elle... Comme si elle se sentait mal à l'aise et qu'elle voulait être n'importe où sauf avec lui..."
"Ça s'est passé comme ça à Denver ?"
"Oui... Elle n'arrêtait pas d'essayer de s'éloigner de lui... Ça m'a pris du temps pour découvrir ce qu'il se passait," répondit-elle avant de froncer les sourcils. "Je ne l'aime pas beaucoup non plus..."
"Pourquoi ça ?"
"A cause de la manière dont il la regarde, papa... Durant ce souper à Denver, c'était comme si Kathleen et moi n'étions pas à leur table... Il se penchait vers elle, lui souriait... On voyait clairement qu'elle se sentait mal."
Il hocha la tête. "Elle me l'a dit," dit-il.
"Alors... Vous allez aller lui parler ?" demander Colleen d'un air candide.
Il rit avec regret. "J'aimerais bien..." admit-il.
"Mais ?"
"Mais ta mère ne veut pas que je le fasse... Elle dit qu'il ne fait que la regarder..." répliqua-t-il.
"Il n'en a pas le droit !" ajouta-t-il avec véhémence.
Colleen s'appuya contre la table d'examen à côté de lui.
"Alors, qu'est-ce qu'on peut faire ?" demanda-t-elle.
"C'est pour ça que je suis venu te parler, Colleen," affirma Sully en se tournant vers elle.
"J'ai le sentiment qu'il est plus dangereux qu'il en a l'air... Alors, je me demandais si tu pouvais faire quelque chose pour moi..."
"Bien sûr, papa... Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?"
"Rester près d'elle," répondit-il immédiatement.
"Quand elle travaille ici à la clinique... Je sais que ça ne va pas être réjouissant pour toi, mais je m'inquiète pour elle..."
"Comment est-ce que ça va l'aider ?" demanda-t-elle, un peu surprise par sa requête.
Sully serra les mâchoires et son regard sembla se perdre dans le lointain.
"J'ai le sentiment qu'il ne fera rien, ou ne dira rien, s'il y a quelqu'un autour," suggéra-t-il.
"Est-ce que tu as remarqué qu'il ne traverse jamais la rue pour venir te parler ? Il regarde juste du porche, là-bas... La seule fois où je l'ai vu parler à ta mère – et elle en était bouleversée – c'était quand il l'avait trouvée seule, au Château..."
"Nous étions trois au souper, à Denver," lui rappela-t-elle.
"C'est vrai... Mais il a quand même dû faire attention à ce qu'il disait, n'est-ce pas ?" demanda-t-il.
Colleen hocha la tête.
"Je resterai près d'elle," promit-elle. "Personne n'a le droit de la blesser..."
Elle prit la main de Sully. "Ou de vous blesser," ajouta-t-elle.
Il lui serra la main.
"Merci Colleen," dit-il sincèrement.
"Ta mère a assez de choses à s'occuper en ce moment, avec William et tout ça..."
Colleen hocha à nouveau la tête.
"Elle a l'air fatiguée... Je suppose que Mr Tilson y est pour quelque chose," songea-t-elle.
"Tu penses qu'elle a repris le travail trop tôt après la naissance de William ?" demanda-t-il avec inquiétude.
Colleen rit.
"Oh, c'était impossible de la dissuader," dit-elle. "J'ai essayé de la convaincre qu'elle n'avait pas à travailler quatre matins par semaine, mais vous connaissez maman..."
Cette fois, Sully rit aussi. "Oh oui," acquiesça-t-il.
Colleen lui lança un regard circonspect.
"Andrew pourrait s'occuper à nouveau de la clinique," dit-elle d'un ton neutre. "Il l'a fait pendant plus de trois mois avant et après la naissance de William..."
"Qu'est-ce que tu essayes de me dire, Colleen ?" demanda Sully, étonné.
"Je suggère juste que cela pourrait être bien pour elle, et pour vous, de vous éloigner un peu, c'est tout," dit-elle.
"Quand moi et Andrew partiront à Philadelphie en septembre, vous n'aurez plus cette possibilité... Elle devra travailler à la clinique tous les jours..."
Il secoua la tête, même si ses yeux brillaient.
"Je n'arriverais jamais à la convaincre," dit-il, tout en réfléchissant.
"Emmenez-la dans un endroit où elle n'est encore jamais allée... ou un endroit qu'elle aimerait découvrir, comme San Francisco, pour aller voir Miriam..." proposa-t-elle.
Il secoua la tête.
"Mais je ne pourrais pas y aller, pas maintenant... Je ne peux pas laisser tomber Matthew à nouveau..."
Colleen sourit, c'était typiquement Sully !
"Matthew m'a dit l'autre jour que vous étiez largement en avance sur vos plans... Depuis que Hank vous aide très souvent..."
"C'est vrai," acquiesça Sully. "Mais, elle ne sera jamais d'accord..."
"Je vous ai déjà vu la persuader pour d'autres choses avant... Essayez seulement," lui conseilla Colleen.
Il se pencha soudain pour l'embrasser sur le front.
"Tu as raison," dit-il avec un sourire. "L'emmener au loin l'empêchera de tomber dans les griffes de Tilson... Et ça lui donnera un peu de temps pour se reposer un peu... Je vais voir ce que je peux faire...Merci Colleen."
Il se redressa avec un air très optimiste.
"De rien, papa, et bonne chance !" Répondit-elle, ravie qu'il se soit confié à elle.
Il s'avança vers la porte.
"Ah... Colleen... Ne parle de ça à personne, d'accord ? Si nous partons, j'aimerais autant que Tilson ne le sache pas... Je ne veux pas que ça se passe comme à Denver."
Elle fronça les sourcils.
"San Francisco est bien plus loin que Denver, papa... Je doute qu'il puisse s'absenter du Château pour un si long voyage... Lorsqu'il est venu à Denver, c'était juste pour quelques nuits."
Il hocha la tête.
"Tu as raison... Mais je préfèrerais quand même que tu ne dises rien... S'il apprenait qu'on va voir sa soeur..."
Elle hocha la tête.
"Ça pourrait lui donner le prétexte qu'il recherche," finit-elle pour lui.
Elle le suivit jusqu'à la porte. "Je ne dirai rien, promis..."
Il se tourna à nouveau pour l'embrasser sur le front.
"Merci encore, Colleen," dit-il en ouvrant la porte avant de sortir.