Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic ne convient pas aux lecteurs de moins de 16 ans. Elle peut contenir des passages où la violence est suggérée, utiliser un langage susceptible de choquer ou comporter des scènes de sexe non explicites.
Ce pop-up te demande, lors de ta première connexion sur cette fanfic, de certifier que tu es âgé de plus de 16 ans pour pouvoir la lire. Si tu valides, ce pop-up n'apparaîtra plus. Si tu annules, ce pop-up réapparaîtra lors de ta prochaine visite.
Nous comptons sur ta franchise pour cliquer sur le bouton approprié :
Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Chapitre 35 :
Adrian se tenait dans le clair de lune et scrutait les fenêtres sombres et anonymes de la maison Beauchamp.
Il avait passé ces trois derniers jours frustrants à essayer de découvrir où se trouvait Michaela, car sa soeur avait été réticente à lui dire.
Il l'avait bien eue cependant !
Cet après-midi, quand elle avait été évasive au sujet de sa destination, il l'avait suivie jusqu'ici et avait aperçu elle et Michaela, marchant dans les jardins derrière et à côté de la maison.
Il savait enfin où le riche ami de Michaela, celui qui leur avait prêté la voiture si luxueuse, vivait et, quelques questions au bon endroit lui avaient révélées le nom de cet homme et son activité.
Il devait admettre qu'il avait été un peu abasourdi, au départ, par la richesse et l'influence de cette connaissance de Michaela.
Il n'arrivait toujours pas à croire qu'elle et son mari, décidément très bucolique, connaissaient un homme pareil, sans compter qu'ils étaient de bons amis puisqu'il les avait invités à partager sa maison.
Il serra soudain les dents et les poings, le long de son flanc.
Il se sentait toujours à la fois en colère et humilié par ce serviteur chinois qui avait refusé de le faire entrer dans la maison cet après-midi.
Bien qu'il ait insisté et dit qu'il devait parler de toute urgence à Miriam et Michaela, il n'avait pas été invité à entrer.
En fait, il avait dû attendre sur le seuil, comme un vulgaire marchand de porte à porte, pendant que le maître de maison était mis au courant.
Puis, alors qu'il perdait patience, le subalterne était revenu en offrant de donner sa carte aux dames, mais qu'il n'était pas autorisé à franchir le seuil.
A qui croyait-il parler ?
Il avait essayé à nouveau en insistant qu'il voulait parler à Monsieur Beauchamp lui-même, mais avait encore essuyé un refus sous le prétexte qu'aucun étranger ne pouvait entrer.
On lui avait offert un rendez-vous s'il ne voulait pas donner sa carte, mais c'était tout ce que le Chinois voulait entendre.
Bien sûr, il avait décliné le rendez-vous et, considérant que c'était dégradant de donner sa carte ainsi, il avait également refusé.
Il était resté immobile sur le seuil lorsque la lourde porte s'était refermée juste devant son nez et il avait bouillonné de colère.
Comment quelqu'un osait-il l'empêcher de voir Michaela quand il en avait envie ?
Il avait traîné près du portail en fer forgé encore un moment après cela, réfléchissant à ses options.
Finalement, il avait décidé qu'il ferait mieux de ne pas être vu dans les environs de la maison Beauchamp par Miriam, il était monté avec frustration dans le buggy qu'il avait loué et était rentré en ville, arrivant chez sa soeur une heure avant elle.
Ah, Miriam !
Il serra à nouveau des mâchoires.
Il semblait qu'elle avait l'intention de garder Michaela rien que pour elle, mais il avait quelques surprises pour elle !
Durant les trois jours passés, tout comme aujourd'hui, à chaque fois que Miriam était sortie sans explicitement dire sa destination, il l'avait suivie et avait découvert des informations intéressantes et utiles.
Il se demanda comment Robert, son mari arrogant, réagirait s'il mentionnait au passage dans la conversation le fait que Miriam travaillait dans une clinique gratuite dans le centre-ville.
Il sourit de bonheur.
En réalité, il ne savait plus très bien pourquoi il était ici.
L'air marin était assez fraîs par rapport à la chaude journée qu'ils avaient eue et les quelques whiskys qu'il avait bus avant de venir ici avaient affecté son équilibre.
Il savait juste qu'il avait besoin de la voir... une dernière fois avant d'entreprendre cet épuisant voyage en train jusqu'à Colorado Springs, le lendemain.
Il bouillonna soudain de rage à nouveau.
C'était ce qu'il avait essayé de faire cet après-midi, la voir une dernière fois, lorsque ce Chinois l'avait arrêté.
Il plissa les yeux, qui brillaient dans le clair de lune.
C'était peut-être le mari de Michaela, Byron Sully, qui avait donné ces ordres, afin de l'empêcher de la voir.
Il avait remarqué le regard de ce nigaud quand il avait interrompu leur discussion dans le parloir de Miriam, l'autre jour.
Sully avait essayé d'être poli, mais ses yeux l'avaient trahi.
Cet homme était toujours dans le chemin, il le serait toujours, jusqu'à ce qu'elle réalise son erreur de l'avoir épousé et qu'elle reconnaisse l'affection pour le seul homme qui l'avait toujours aimée !
Il inspira profondément et ne fit aucun effort pour réprimer la fureur et l'indignation qui montaient en lui.
Se sentir en colère le rendait encore plus vivant, lui donnait de la force.
Il ramassa soudain l'une des grosses pierres qui bordaient l'allée, courut vers la maison et la lança, avec toute la force qu'il put rassembler, à travers la grande fenêtre décorée, à gauche de la porte d'entrée.
Le choc qui suivit résonna triomphalement dans l'air de la nuit, mais lorsque de petites volutes de feu commencèrent à s'élever au-dessus du niveau de la fenêtre, il écarquilla les yeux de stupéfaction ; et, après être resté immobile, les pieds plantés dans le sol pendant quelques secondes, il redescendit rapidement l'allée, ouvrit le portail en grand et sauta dans son buggy avant que quelqu'un ait pu repérer qui était le véritable auteur du méfait.
Sully s'assit tout droit dans le lit et cela prit seulement une seconde à sa conscience pour comprendre que cela avait été le bruit de verre brisé dans la pièce sous la leur qui l'avait réveillé.
Il sauta immédiatement du lit et prit ses vêtements.
Michaela se réveilla aussi en sursaut lorsqu'elle entendit le bruit et resta stupéfaite devant la réaction soudaine de Sully.
"Qu'est-ce que c'était ?" demanda-t-elle avec angoisse, réalisant que Sully peinait à enfiler son pantalon de daim et à mettre ses mocassins dans la pénombre.
"Quelque chose s'est cassé en bas... Reste ici et surveille William. Je vais voir," répondit Sully en se dirigeant vers la porte avec urgence.
Avant qu'elle puisse répondre, il était déjà parti.
Il descendit l'escalier tournant en faisant de petits bonds pressés et arriva dans l'entrée en quelques secondes.
Il se dirigea immédiatement vers la pièce d'où le bruit était venu.
Il ouvrit la porte et son coeur fit un bond lorsqu'il vit les flammes ramper furtivement sur les épais rideaux de velours de la fenêtre cassée.
Sans réfléchir davantage, il courut dans la pièce et commença à tirer sur les lourds rideaux, s'efforçant de les faire tomber de leur tringle, haute de vingt pieds.
Les flammes, montant de plus en plus haut et s'intensifiant à chaque seconde, commençaient à apprécier leur festin, sautaient gaiement vers le haut, alimentées par la lampe à huile brisée et la brise d'été, et grimpaient le long de la table en noyer poli avant de s'attaquer aux meubles en bois.
Un dernier coup, presque désespéré, finit par arracher les rideaux qui tombèrent au sol, en le blessant à l'épaule au passage.
Avec ses mains nues, il s'efforça, dans la pénombre et la fumée, de replier le rideau sur lui-même pour étouffer le feu.
Il fut à peine conscient d'un mouvement derrière lui tandis qu'il continuait à lutter pour éteindre les rideaux en feu.
Enfin, les flammes se réduisirent à de petites langues de feu qu'il éteignit complètement avec ses pieds, pendant qu'à côté de lui Monsieur Beauchamp et Yi faisaient de leur mieux pour contenir le feu qui commençait à brûler la table en noyer et qui allait presque entamer le sol.
En inondant les flammes avec de l'eau venant de plusieurs vases qui décoraient la pièce et en les étouffant avec la section intacte des rideaux, ils réussirent à tout éteindre, laissant la table brûlée et salement abîmée.
Sully, finalement satisfait que le feu était maintenant éteint, avec peu de chances de pouvoir resurgir, se pencha en avant, posa précautionneusement les mains sur ses genoux et inspira de profondes bouffées d'air pour se calmer.
Son coeur battait toujours aussi vite et, maintenant que l'urgence était passée, la douleur cuisante de son épaule brûlée et de ses mains commençait à se faire sentir.
"Sully ?" appela Monsieur Beauchamp, avec une respiration hâchée. "Est-ce que vous allez bien ?"
Ne se croyant pas capable de parler, il hocha la tête et se redressa petit à petit, la douleur pénétrant la chair de son épaule.
"Et vous ?" demanda-t-il enfin, la voix étouffée et rauque à cause de la fumée.
Le vieil homme hocha la tête et, grâce au clair de lune qui entrait à travers la fenêtre cassée, il observa les dégâts de cette pièce élégante.
Il avala sa salive et dit, la voix basse et douloureuse : "Qui ferait une chose pareille ?"
Sully, l'expression peinée, regarda aussi les dégâts : la vitre, les rideaux coûteux, le sol en bois poli, le tapis oriental et la table en noyer.
Il se pencha pour ramasser la grosse pierre qui avait fracassé la vitre et deux barres de bois.
"Quelqu'un de vraiment en colère," marmonna-t-il dans sa barbe.
Il se tourna pour faire face à Monsieur Beauchamp.
"Ce genre de chose est déjà arrivé auparavant ?" demanda-t-il.
L'homme, qui semblait avoir pris dix ans depuis le souper, secoua la tête.
"Non... jamais," répondit-il avec abattement.
Il s'affala soudain dans une grande chaise et posa la tête sur le tissu.
"Ça a toujours été si paisible ici," murmura-t-il. "Je ne vois personne qui puisse s'abaisser à ça..."
Sully regarda inconsciemment ses mains noircies et pleines d'ampoules, à peine visibles dans la pièce peu éclairée.
"Moi si," dit-il tout bas.
"Que voulez-vous dire ?" demanda Monsieur Beauchamp, avec indignation.
Sully fronça les sourcils, trouvant cela difficile de rencontrer le regard de son hôte.
"Nous avons renvoyé quelqu'un cet après-midi... Quelqu'un qui voulait entrer ici... et nous ne voulions pas le laisser entrer..." résuma-t-il doucement.
"Vous parlez de cette connaissance de Michaela ? Cet homme qui l'embête ?" s'enquit le vieil homme d'un ton qui montrait à quel point il était choqué. "Il aurait fait cela ?"
Sully haussa les épaules et grimaça soudain de douleur.
"Je ne sais pas... Mais ça semble être une étrange coïncidence, vous ne trouvez pas ?"
Une petite voix pleine d'angoisse venant de la porte interrompit les hypothèses des deux hommes.
"Tu ne m'avais pas dit qu'Adrian était ici cet après-midi," accusa froidement Michaela, les yeux bien brillants.
Les deux hommes se retournèrent et virent sa silhouette dans l'encadrement de la porte, les bras croisés sur sa poitrine, comme pour se protéger.
"Tu aurais dû me le dire..."
Sully fit quelques pas vers elle, cachant ses mains cuisantes de douleur dans son dos.
"Tu étais avec Miriam... Tu savais qu'on avait décidé de ne pas le laisser entrer s'il se montrait..." rationalisa-t-il tout bas.
"Tu aurais quand même dû le mentionner," insista-t-elle.
Elle fronça les sourcils en essayant de retenir ses larmes.
"Tu le crois vraiment capable de faire ça ?" demanda-t-elle en regardant enfin les dégâts de la pièce quelque peu carbonisée.
"Je ne sais pas," répondit-il rapidement. "Tu le connais mieux que tout le monde... Qu'en penses-tu ?"
Elle inspira profondément. "Je ne sais pas non plus... Je t'ai dit qu'il était imprévisible..."
"Est-ce que tu l'as déjà vu violent avant ? ... Lorsqu'il n'a pas ce qu'il veut ?" insista Sully.
Elle avala sa salive. "Peut-être," répondit-elle d'une petite voix.
"Peut-être ?!" s'exclama-t-il en haussant la voix.
"Je ne sais pas, Sully," répondit-elle d'une voix plaintive. "Je l'ai soupçonné... mais je n'ai jamais vraiment su..."
Elle s'avança dans la pièce et s'immobilisa, ne sachant apparemment pas quoi dire ni faire.
Sully remarqua son désarroi et la colère qui avait commencé à monter en lui se dissipa brusquement.
"Les enfants ?" demanda-t-il. "Ils vont bien ?"
Elle hocha la tête en silence.
Il fit un pas de plus vers elle. "Ils se sont réveillés... avec le bruit ?"
Elle avala sa salive.
"Brian, oui... Il a senti la fumée, donc il a pris Katie et il est venu me chercher... J'ai fait la même chose avec William... Quand j'ai découvert qu'il y avait le feu en bas, je lui ai dit de rester en haut avec les petits," répondit-elle platement.
Elle pénétra pleinement dans la pièce cette fois et une larme descendit rapidement sa joue.
Elle murmura : "Oh, mon Dieu, Sully... C'est de ma faute."
"Non, pas du tout, Michaela..." dit-il. "Nous ne savons pas qui a fait ça... C'était seulement une supposition."
Monsieur Beauchamp se leva soudain.
"Sully a raison, Michaela... Nous n'avons aucune idée de la personne qui a vraiment fait cela... et même si c'est cet homme dont vous parlez, c'est lui qui l'a fait, pas vous..."
"Mais si nous n'avions pas été là..."
"J'ai apprécié la compagnie de votre famille plus que je peux le dire, Michaela, Sully... Ces dégâts peuvent facilement être réparés... ce n'est pas important," l'assura-t-il avec toute la sincérité qu'il put rassembler.
Sully ouvrit la bouche pour parler, mais n'en eut pas l'opportunité puisque Yi entra dans la pièce.
"Il n'y a personne dehors, Monsieur Beauchamp," répondit-il. "Mais le portail est ouvert..."
Losque son patron hocha la tête, il demanda : "Vous voulez que je place des planches sur la fenêtre ?"
Pendant un instant, le vieil homme resta immobile, le regard plongé dans la nuit éclairée par le clair de lune.
"Non," répondit-il enfin. "Nous avons de la chance que cette nuit soit chaude et sèche... j'appellerai quelqu'un pour réparer ça demain..."
"J'aimerais vous aider pour ça, monsieur," offrit doucement Sully. "Et pour la table... Je ne vais pas pouvoir faire grand chose pour les rideaux, cela dit..."
Il sourit tristement.
"Si moi et Michaela sommes responsables d'une certaine manière... j'aimerais vous aider le plus possible..."
"Comme je l'ai déjà dit, Sully, je ne vous tiens pas pour responsables du tout... mais si vous voulez superviser les réparations, alors c'est d'accord..." répondit Monsieur Beauchamp avant de porter les mains à ses yeux.
"Est-ce que vous allez bien, monsieur ?" demanda immédiatement Michaela.
"Mes yeux me font un peu mal à cause de la fumée, c'est tout..." répondit-il d'un air fatigué. "Le manque de sommeil pourrait aussi en être la raison..."
De retour dans un domaine familier, Michaela s'avança.
"Rincez vos yeux avec de l'eau fraîche avant d'aller au lit," dit-elle avec inquiétude. "Il se peut que vous ayez un corps étranger... à cause du feu..."
Il hocha la tête.
"Je le ferai," dit-il avec lassitude. "Je crois qu'il n'y a rien que nous puissions faire ici avant demain matin... Je pense que je vais retourner me coucher..."
"Vous voulez que je reste ici ?" demanda Yi, toujours visiblement inquiet à cause de cette fenêtre cassée.
"Non... quiconque a fait cela est loin depuis longtemps... Retournez également vous coucher, Yi," lui ordonna Monsieur Beauchamp.
Il se tourna vers ses invités.
"Sully... J'aimerais vous remercier d'avoir été aussi rapide... si vous n'étiez pas descendu ici aussi rapidement, les dégâts auraient pu être bien pires... tragiques, peut-être."
Sully haussa inconsciemment les épaules et grimaça à nouveau de douleur.
Après une profonde inspiration, il dit : "Je pense que Michaela et moi allons retourner chez nous demain ou après-demain... aucun de nous ne pourrait le supporter si autre chose arrivait..."
"Miriam a dit qu'Adrian rentrait chez lui par le train de demain matin," le coupa Michaela, la voix étouffée.
"Peut-on être sûr de ça ?" demanda tristement Sully. "Tu as dit qu'il était imprévisible..."
"Oui..." répondit-elle, découragée. "Nous devrions peut-être partir demain matin aussi..."
Monsieur Beauchamp secoua la tête.
"Votre mari a déjà offert de surveiller les réparations demain... en plus, j'aurais pensé que vous auriez voulu évité la moindre chance de vous retrouver dans le même train que lui..."
Michaela frissonna involontairement et ajouta : "Vous avez été si hospitalier... Je... Nous..."
"J'aime votre présence ici," interrompit le vieil homme avec détermination. "Nous sommes tous fatigués et un peu harassés... les choses ne nous paraîtront pas aussi horribles demain matin... Bonne nuit Michaela, Sully..." Et après cela, il sortit de la pièce avec son air digne habituel.
Sully plongea ses mains brûlées et pleines d'ampoules dans la bassine en porcelaine remplie d'eau, posée sur la coiffeuse, et ne sut pas s'il devait soupirer ou gémir de douleur.
L'eau était à la fois calmante et atroce.
Derrière lui, il réalisa que Michaela était en train d'allumer les lampes.
"Ce n'est pas la peine," dit-il tout bas.
"Tu dois te laver," dit-elle d'une voix étouffée.
"William va se réveiller..."
"Ça ne lui prendra pas longtemps pour se rendormir..."
Lorsqu'elle s'approcha de lui, il se prépara aux inévitables exclamations lorsqu'elle verrait son épaule.
Il n'avait pas besoin de regarder pour savoir qu'il avait déjà des ampoules ; la douleur était déjà constante et lui donnait presque envie de vomir.
Comme il s'y attendait, il entendit qu'elle eut le souffle coupé et, à sa grande surprise, elle quitta la pièce en fermant doucement la porte derrière elle.
Il soupira de soulagement.
Son corps entier était lourd de fatigue et il avait l'esprit embrouillé, réagissant seulement maintenant au traumatisme de la demi-heure passée.
Du mieux qu'il put, il enleva la suie de ses mains et examina ses paumes et ses doigts.
Les ampoules étaient déjà serrées et gonflées, mais pas aussi grosses et aussi laides qu'il s'y était attendu.
Il se tourna légèrement de façon à voir son épaule dans le miroir de la coiffeuse et il prit une profonde inspiration.
Peut-être que ses mains n'étaient pas aussi mal en point qu'il avait pensé, mais pour son épaule, c'était tout le contraire.
Il y avait non seulement de grosses ampoules, mais à certains endroits, la peau s'était arrachée, révélant la chair rouge et presque liquide en dessous.
Il ne savait pas du tout quoi faire.
Essayer d'atteindre la peau endommâgée était affreux et en plus, ses ampoules aux doigts l'empêchaient de faire quoi que ce soit.
Il se pencha en avant, mit les coudes sur la coiffeuse et respira profondément en essayant de se calmer.
Il releva la tête lorsqu'il entendit Michaela entrer à nouveau dans la chambre.
Leurs regards se croisèrent pendant seulement une seconde, mais cela lui suffit à comprendre qu'elle avait pleuré.
Elle traversa la pièce en portant avec elle une bassine couverte d'un linge et une pile de linge doux.
"Assieds-toi sur le bord du lit," dit-elle doucement.
Trop fatigué pour résister ou pour demander ce qu'elle comptait faire, il s'assit et eut l'impression d'être tout chiffonné.
Elle s'assit derrière lui et il l'entendit égoutter un linge avant de le poser sur la peau brûlée.
Il en eut le souffle coupé, tout son corps se tendit en réaction à cette attaque et il se tourna pour découvrir que l'eau dans la bassine contenait plusieurs gros morceaux de glace.
"On doit refroidir tout ça, Sully," dit-elle tout bas en laissant le linge quelques secondes de plus avant de l'enlever pour recommencer à nouveau l'opération.
Petit à petit, tandis que la férocité de la blessure diminuait, elle laissa le linge humide et froid plus longtemps sur la zone touchée.
Elle ne parla pas, n'essaya pas de le réconforter, mais après un certain temps, elle lui passa la main au-dessus de la hanche et posa la joue sur son autre épaule.
"Je suis désolée," murmura-t-elle enfin.
Il lui prit la main comme il put et répondit avec fatigue : "Ce n'est pas de ta faute..."
Elle se recula, changea le linge et reprit sa place, tout près derrière lui.
"J'ai l'impression que si," murmura-t-elle. Il sentit une larme couler le long de son dos et elle ajouta : "C'est entre Adrian et moi... Mais ça t'a affecté toi... Monsieur Beauchamp et Miriam..."
Il inspira profondément.
"Tu ne peux pas dire ça, Michaela... Tout ce qui te touche me touche, tu le sais bien... Et, pour Monsieur Beauchamp et Miriam, ils ne te blâment pas pour quoi que ce soit..."
Elle descendit du lit et se leva.
"Peut-être qu'ils devraient," répondit-elle d'une voix abattue en se déplaçant pour venir devant lui.
Elle lui leva les mains pour les examiner et des larmes se formèrent à nouveau dans ses yeux.
Elle trempa un autre linge dans l'eau glacée et le posa sur sa main gauche avant de refaire la même chose avec la droite.
Il aurait tant voulu la serrer contre lui, la prendre dans ses bras et lui dire que tout allait s'arranger.
Mais au lieu de cela, il resta inutilement assis sur le rebord du lit, couvert de linges froids et humides, à la regarder souffrir.
Elle marcha vers son sac médical, le prit, fouilla dedans la boîte d'onguent qu'elle cherchait et revint vers lui pour lui frotter doucement la crème sur les ampoules de ses mains et de son épaule.
Puis, elle enveloppa ses mains sans trop serrer avec un bandage blanc et propre.
"Si tu fais attention, tes mains devraient guérir rapidement," dit-elle. "Tu devras garder la peau propre..."
Elle attacha le bandage et se leva.
"Cela dit, je ne vais pas mettre un bandage à ton épaule... pas encore... Il faut encore que l'air fasse son travail... Demain, si tu portes l'une de tes chemises les plus légères, ça devrait rester assez propre tout en respirant."
Il hocha la tête, regarda ses mains bandées et soupira.
"Si tu veux... je vais t'aider avec ton pantalon," dit-elle doucement sans cet air séducteur qu'elle prenait parfois.
Il la laissa faire et une fois débarassé de ses moccassins et de son pantalon, il s'allongea difficilement contre les oreillers avant de se touner du côté gauche.
Michaela traversa rapidement la chambre pour aller voir si William allait bien et pour éteindre les lampes.
Lorsque la pièce fut à nouveau seulement éclairée par la lune, elle posa sa robe de chambre et grimpa avec fatigue dans le lit, derrière lui.
Un petit moment plus tard, elle s'avança et se mit en cuillère contre son dos, la main tendrement posée sur sa taille.
Il leva légèrement le bras et avança le sien pour le câler avant de se préparer à dormir.
Cela ne mit pas longtemps du tout avant qu'elle sente la respiration de Sully devenir calme et profonde, mais pour Michaela, la nuit allait être longue tandis qu'elle réfléchissait à ce qu'elle pouvait faire au sujet de Monsieur Adrian Tilson.
Chapitre 36 :
Madame Green traversa le hall en traînant des pieds et se dirigea vers la porte où quelqu'un frappait avec insistance.
Elle l'ouvrit en grand et son visage s'illumina d'un joyeux sourire. "Monsieur Sully !" s'exclama-t-elle. "Entrez..."
Sully franchit le seuil et demanda d'un ton péremptoire : "Je me demandais si Monsieur Tilson était ici..."
Elle s'arrêta et se tourna vers lui. "Non, non... Je crois qu'il est parti par le train de ce matin..." répondit-elle.
"Attendez ici et je vais prévenir madame..."
Elle re-traversa le hall avec hâte en se dirigeant vers l'arrière de la maison.
Même si Sully ne voulait pas vraiment parler à Miriam maintenant, il avait besoin de savoir si Tilson avait effectivement quitté la ville pour Colorado Springs.
Une colère commençait à monter en lui et il n'était pas sûr de pouvoir la contrôler et, ayant réalisé que sa famille, et surtout Michaela, pouvait être en danger par la faute de cet homme irrationnel, il devait savoir où il était et, s'il était encore à San Francisco, il voulait s'expliquer avec lui.
Les Cheyennes lui avaient appris à toujours connaître la localisation d'un ennemi afin d'éliminer toute chance d'attaque surprise, alors, sans l'avoir dit à Michaela, il avait décidé de venir ici, chez son amie, en quête d'informations.
Il désirait tellement une opportunité d'affronter Tilson, de le voir se tortiller lorsqu'il lui dirait quelques vérités au sujet de sa non-existence dans la vie de Michaela.
Il serra les poings et prit quelques bouffées d'air.
Miriam remonta rapidement le hall en s'essuyant les mains sur son tablier.
"Bonjour, Sully," dit-elle avec un sourire. "Est-ce que Michaela est avec vous ?"
Elle lui tendit une main et fut surprise lorsqu'il lui montra ses mains bandées avec un air d'excuse.
"Qu'avez-vous fait ?" s'exclama-t-elle avec inquiétude.
"Euh... Il y a eu un petit accident à la maison, hier soir... ce n'est rien," répondit-il avec embarras, le corps tendu.
"Michaela et les enfants sont là-bas... Je... Je me demandais si je pouvais parler avec votre frère..." ajouta-t-il.
Miriam fronça les sourcils.
"Michaela ne vous l'a pas dit ? Il est parti pour Colorado Springs par le train de ce matin," répondit-elle.
Il se mordit la lèvre et demanda d'un ton mordant : "Vous l'avez vu à la gare ?"
"Eh bien, non... mais Billy l'a conduit là-bas," répondit-elle. "Que se passe-t-il, Sully ?"
"En vérité, je ne suis pas sûr," marmonna-t-il avec prudence. Mais décidant d'être honnête, il demanda avec une pointe d'accusation dans la voix : "Saviez-vous qu'il était venu chez Monsieur Beauchamp pendant que vous y étiez avec Michaela hier ?"
Elle leva les sourcils de surprise.
"Non, non..." répondit-elle. "Il ne m'a rien dit... Je ne savais pas qu'il était au courant pour votre ami... Je ne lui ai pas dit où j'allais, en tout cas..."
"Il a dû vous suivre... Il a été très en colère quand Yi ne l'a pas laissé entrer."
Elle inspira profondément.
"A-t-il fait quelque chose, Sully ? Est-ce pour cela que vous voulez lui parler ?"
"Sincèrement, je ne suis pas sûr..." répondit-il. "Je pourrais me tromper de direction... mais quelque chose me dit que ce n'est pas le cas..."
Miriam indiqua d'un signe de la main qu'il pouvait entrer dans le parloir.
"Vous feriez peut-être mieux de me dire ce qu'il se passe," dit-elle avec inquiétude avant de s'asseoir dans la chaise à bascule en face de lui.
Lorsqu'il demeura silencieux, elle continua : "Qu'est-il arrivé à vos mains exactement ?"
Il inspira profondément.
"Il y a eu un incendie... vers minuit," répondit-il brièvement.
"Un incendie ?! Est-ce que quelqu'un a été blessé ? Est-ce que Michaela et les enfants vont bien ?" demanda-t-elle avec angoisse.
Il leva sa main bandée pour la faire taire.
"Ils vont bien," la rassura-t-il. "Nous avons réussi à éteindre le feu assez rapidement."
"Donc, vos mains sont brûlées ?"
"Oui... Michaela dit que ça ne va pas mettre longtemps à guérir, cela dit..."
Elle hocha la tête et baissa le regard vers ses propres mains qui étaient crispées sur ses genoux.
Enfin, elle dit froidement : "Et vous pensez qu'Adrian a quelque chose à voir avec l'incendie..."
"Nous ne savons pas vraiment... C'est juste une étrange coïncidence... surtout que ce n'est jamais arrivé à Monsieur Beauchamp auparavant..."
"C'est un homme riche et puissant, Sully," dit-elle tout bas. "Les hommes puissants se font des ennemis."
"Ça pourrait être le cas... Mais c'est encore une coïncidence étrange," répondit-il.
Il la regarda dans les yeux.
"Alors, Tilson était ici hier soir ?" demanda-t-il avec un peu d'énervement dans la voix.
Elle détourna immédiatement les yeux.
Et finalement, elle dit d'une petite voix : "Il est sorti..."
"Quand ?"
Elle haussa les épaules. "Après le souper..."
"Est-ce que vous l'avez entendu rentrer ?"
Elle secoua négativement la tête.
"Il a tendance à rentrer tard... Je ne l'attends pas... et je ne lui demande pas où il a été... Il a toujours détesté qu'on fasse ça..." répondit-elle.
"Comment l'incendie a-t-il commencé ?" demanda-t-elle sans prévenir.
"Quelqu'un a lancé une pierre dans une fenêtre de devant... Ça a heurté une lampe... et les rideaux ont pris feu," répondit-il, très terre-à-terre.
Elle secoua la tête.
"J'espère sincèrement que ce n'était pas Adrian," murmura-t-elle avant d'avaler sa salive.
"Est-ce que vous l'avez déjà connu violent avant ?" demanda-t-il.
"Non !" répondit-elle d'un ton intransigeant avant de nuancer sa réponse : "Bien sûr... ça fait plus de quinze ans que j'ai déménagé ici..."
"Et, quand il était enfant ?"
"Il était un enfant calme, presque timide..." songea-t-elle.
"Il n'avait pas beaucoup d'amis, mais il était dévoué à son petit chien... un épagneul... Je me souviens du jour où la petite bête est morte... Il l'a emportée dans la maison en la tenant blottie contre lui... Il pleurait, il était inconsolable..."
"Comment ce chien est-il mort ?"
Elle fronça les sourcils en réfléchissant.
"Je ne me rappelle pas," dit-elle. "Un chariot lui a peut-être roulé dessus ou autre chose..."
"Vous ne l'avez jamais vu le blesser ou même blesser un autre enfant ?"
"Non, jamais... Il avait mauvais caractère, j'en étais bien consciente... Je ne pourrais vous dire le nombre de fois où j'ai eu des soucis avec mes parents après qu'il ait dit des mensonges... Mais je ne l'ai jamais vu faire quoi que ce soit de violent," répondit-elle.
Elle rougit soudain. "Je me sens terriblement mal de parler de mon frère comme cela," dit-elle tout bas. "Mais je sais qu'il embête Michaela... elle me l'a dit hier..."
"Je dois vous dire, Miriam... si jamais je découvre que c'est lui qui a jeté cette pierre la nuit dernière et qui a commencé l'incendie..." confessa Sully. "Je... Je..."
Elle tendit la main et la posa sur la sienne, enveloppée de bandes.
"Comme je l'ai dit, j'espère sincèrement que ce n'est pas le cas... Je trouve cela difficile à croire qu'il soit tombé si bas," dit-elle doucement. "Mais je ne peux pas vous blâmer d'être en colère... Votre famille était en danger."
"Oui, elle l'était. Nous l'étions tous," dit-il avec colère. "Y compris notre hôte..."
Miriam se pencha à nouveau vers lui.
"Vous devez vous rappeler que vous supposez uniquement que c'était Adrian," dit-elle. "Il se peut que ce ne soit pas lui... Il se peut qu'il soit innocent..."
Sully fronça les sourcils et acquiésça à ses paroles en hochant la tête.
Elle se rassit en arrière avant de demander : "Alors, quels sont vos plans maintenant ?"
"Je me suis proposé d'aider pour les réparations de la maison de Monsieur Beauchamp... C'est le moins que je puisse faire... Et puis, nous repartirons probablement chez nous," dit-il, le corps tendu.
Miriam hocha la tête.
"J'essaierai de venir rendre visite à Michaela cet après-midi... Elle doit se sentir bouleversée après ce qu'il s'est passé la nuit dernière..."
Elle s'arrêta et ajouta : "J'ai horreur de le faire... mais je vais parler avec Billy pour savoir si mon frère est vraiment allé à la gare ce matin... Si j'ai quelque raison de penser qu'il est peut-être encore à San Francisco, je vous le ferai savoir cet après-midi, d'accord ?"
Sully se leva soudain.
"Merci Miriam," dit-il avec reconnaissance. "Je comprends que ça soit vraiment dur pour vous... Mais je veux que vous sachiez que Michaela tient profondément à votre amitié..."
Miriam se leva aussi et se tint devant lui.
"Nous sommes amies depuis longtemps, Sully... Elle m'est très chère... Je lui ai dit hier que j'étais inquiète au sujet d'Adrian et de ce qu'il faisait à Colorado Springs..."
Il se recula vers la porte.
"Je ferais mieux d'y aller... Je suis supposé me procurer les choses dont nous avons besoin pour réparer la fenêtre et la table..."
Lorsque Miriam ouvrit en grand la porte d'entrée, il ajouta doucement : "Vous avez raison... Michaela est vraiment bouleversée... elle pense que tout est de sa faute... Je suis sûr qu'elle sera contente de vous voir cet après-midi... Oh, et ne lui dites pas que je suis venu ici ce matin..."
Miriam hocha la tête et le regarda d'un air pensif descendre la rue à grands pas et s'éloigner de la maison.
Sully, depuis sa bonne position en haut d'une échelle, devant la fenêtre du parloir, regardait Michaela et Miriam se promener dans les jardins sur le côté de la maison, avec une Katie enjouée sautillant à leurs côtés.
Accompagné des coups de marteau de Stephens, le charpentier engagé pour faire les réparations, il réfléchit à la situation actuelle.
Il était inquiet pour Michaela.
Cela ne lui ressemblait pas de se renfermer dans une coquille et pourtant, c'était bien ce qui se produisait.
Elle était habituellement celle qui sortait les griffes pour se battre lorsque l'adversité se présentait.
Il fallait bien reconnaître, cependant, qu'il l'avait déjà vue comme cela avant : après Washita et lorsque ce dérangé lui avait tiré dessus parce qu'il voulait se venger des médecins.
Il fronça les sourcils. Il ne voulait jamais revivre cela à nouveau.
Il changea légèrement de position, essayant d'apaiser la douleur dans ses mains et son épaule tandis qu'il portait le nouveau panneau de verre en place afin que les finitions soient faites par Stephens.
Il se concentra à nouveau sur les deux femmes.
Michaela avait été silencieuse toute la journée.
Quelqu'un qui ne la connaissait pas bien aurait probablement attribué sa léthargie à cette nuit traumatisante, mais il savait que ce n'était pas cela.
Au bout d'un moment, il lui avait suggéré d'aller à la recherche de Tilson ce matin, au moins pour avoir une réaction de sa part.
Juste durant une seconde, ce feu familier avait brillé dans ses yeux, mais il s'était évaporé aussi vite qu'il était arrivé.
Elle lui avait platement demandé si c'était ce qu'il avait fait, n'avait montré que peu ou aucune réaction aux nouvelles qu'il n'avait pas et avait apparemment perdu tout intérêt.
Il serra les mâchoires.
Il y avait eu des fois, durant cette journée, où sa colère contre Tilson et les ravages qu'il avait faits, avait failli déborder...
Il fit la grimace lorsque le fait de soulever les bras pour soutenir le nouveau panneau de verre étira la peau de son épaule brûlée et il ressentit une grande douleur.
Il ferma momentanément les yeux et inspira profondément avant de les rouvrir à nouveau pour voir les deux femmes assises sur un banc de bois, à l'ombre d'un des ormes géants.
Michaela berçait William qui avait été un petit peu agité ce matin, réagissant peut-être à la tension de sa mère.
A la demande de Miriam, Michaela le lui donna et il regarda les deux femmes roucouler devant le bébé.
Pendant que Miriam le faisait bondir sur ses genoux, elles discutaient et puis, Miriam tendit la main et prit celle de Michaela pour la réconforter.
Peut-être qu'elle s'en sortait avec plus de succès avec son amie, car il n'avait pas réussi faire cela aujourd'hui.
"Papa... Laisse-moi faire ça... Porter ça doit être pénible pour tes mains et ton épaule," proposa Brian avec inquiétude, dans le dos de Sully.
Sully se tourna difficilement pour regarder le garçon qui se tenait au pied de l'échelle.
"Je ne savais pas que tu étais rentré, fiston," dit-il avec un faible sourire. "Tu as passé une bonne matinée ?"
Le visage du garçon s'éclaira d'un grand sourire.
"C'était fantastique, papa... Monsieur Beauchamp m'a fait visiter un bateau appelé 'Le Mistral.' Il est en train d'être chargé pour partir pour les Iles Hawaii demain..."
Sully hocha la tête et demanda : "Monsieur Beauchamp est revenu avec toi ?"
Brian secoua la tête.